Notre but dans cette traversée a été d'arriver
en bonne santé, en prenant un maximum de plaisir à marcher avec
des sacs hypers-légers: exactement le contraire de ce que nous avions vécu
en Islande !
On le fait aussi bien sûr pour rencontrer des gens et admirer la beauté
des Pyrénées mais aussi pour apprendre: sur la montagne et sur nous.
Ni gîte ni repas en refuge gardé et surtout pas d'auto-stop ou autre
(quelle horreur).
Il existe bien sûr une infinité de façons de traverser les
Pyrénées à pied. Trois sont "prédéfinis":
le GR10 (côté français), le GR11 (côté
espagnol) et la HRP (Haute Route Pyrénéenne). Je mets -prédéfinis-
entre guillemets car ces trois itinéraires comportent plusieurs variantes.
Le point de départ dans la construction de notre itinéraire a été
la HRP. Nous avons commencé par la repérer sur les cartes
, elle y est en général indiquée, avec plus ou moins de précision.
Puis nous avons cherché la liste des étapes sur le web,
deux récits sont disponibles. L' un
quasi-complet mais ancien de J. Pascual, l' autre
incomplet mais plus récent. On trouve aussi des infos sur le site
d'Alain Zimmermann.
De nouveaux sites sont apparus en 2003: une traversée entre GR10 et HRP
en 6 semaines ( site
).
LE bouquin de référence en France pour identifier
l'itinéraire est le livre de George Véron.
Nous avons fait sans ce livre, avant et pendant la traversée pour
deux raisons. La principale étant qu'il était indisponible avant
notre départ (en cours de réédition) là où
nous pensions le trouver. L'autre raison étant une légère
réticence à l'utilisation de guide en rando (d'où le fait
qu'on s'y soit pris tardivement pour le trouver!).
Avant de construire notre itinéraire nous avons donc découvert
la HRP à partir des cartes et de la liste d'étapes du site de Pascual.
Sachant que nous voulions le faire avec des sacs hypers-légers (<7kg),
nous avons ensuite regardé quelles variantes hors HRP cette approche
nous permettrait de faire.
Le choix des variantes s'est fait pour diverses raisons. Certains raccourcissaient
la distance à parcourir mais pas toujours la durée (itinéraires
techniques). Si une étape permettait de gagner du temps, c'était
toujours dans le but de préparer une portion plus difficile (ou longue)
que celle prévue sur la HRP. D'autres choix me permettaient de découvrir
des coins qui me trottaient dans la tête depuis quelques temps, ou de redécouvrir
avec Nico des sites que j'adore.
D'autres variantes nous ont permis d'éviter des portions d'étapes
chiantes (pas d'autre mot) de la HRP.
Un exemple: après Ardanne, Véron passe
par la Pierre St Martin avec au programme 3h de bitume sous le soleil
de plomb espagnol (peu résistent à l'auto-stop), nous sommes passés
plus au sud dans un des coins les plus sauvages de notre traversée pour
rejoindre le col d'Anaye, passer la Table des 3 Rois et descendre
sur les cabanes de Pédain. Journée fantastique ( lire
le récit ).
Certains sommets (Vignemale, Mont Perdu, Aneto) ont aussi été des
raisons de quitter la HRP autant pour le simple plaisir d'atteindre ces
sommets que parce que les voies choisies pour les atteindre ou en redescendre
nous ont donné des bonheurs immenses.
Enfin, une fois notre itinéraire défini, avec beaucoup
de "si" (entre autre parce que passer par les sommets nécessite
de bonnes conditions météo), il a fallu faire le découpage:
trouver les lieux de bivouac .
Nous avons donc estimé et comparé quelles distances
seraient parcourues par jour avec les sacs légers, sachant que nous disposions
d'environ 35 jours maxi pour faire la traversée. C'est beaucoup
moins que le temps prévu par Véron (43 jours).
Mais on pouvait raisonnablement penser aller vraiment plus loin chaque jour avec
6 kg au lieu de 20kg, soit parce qu'on irait plus vite, soit parce qu'on irait
plus longtemps: marcher 10h quand le sac est léger, ne devrait
pas être un problème après une ou deux semaines "d'échauffement"!
Menfin... tout cela ne pouvait rester que des suppositions, il y a tellement
de paramètres et en plus il nous manquait les cartes de certaines
portions de la traversée.
On arrive finalement à une trentaine de jours, plus ou moins 2
jours selon: les conditions météo, notre santé, les problèmes
matériels, etc.
Petites précisions: nous avons rencontré un couple qui prenait 2
mois pour le faire et le gardien du dernier refuge nous a parlé de
deux ultra-marathoniens qui l'ont fait en 15 jours -avec logistique-
pour préparer un raid gauloise! Nous avons aussi rencontré un hollandais
qui l'a fait en 27 jours et d'autres qui suivaient le rythme du bouquin de Véron
en 43 jours (sans compter les jours de pose). La durée est donc
très variable, à chacun de trouver celle qui lui convient.
Voir la liste des étapes que l'on a faites.
Les principales divergences avec la HRP se situent:
pour
l'Aneto et les étapes Gourgs Blancs, Portillon: la météo
y a eu son rôle à nouveau.Mais enfin avant de vivre tout ça, rien n'était sûr: il restait à voir quelles possibilités de ravitaillement nous avions.
Selon les renseignements glanés par-ci et par-là, sur la HRP la
plus longue durée parcourue sans possibilité de ravitaillement est
de 5 jours. Super, ça correspond à la durée d'autonomie
maximale que je pense avoir avec mon sac de 20L (voir liste
matériel )... Sauf que nos variantes nous écartent de plusieurs
points de ravitaillement (Gavarnie, Pierre St Martin, etc) et on a dit non
à l'auto-stop donc pas de possibilité d'aller ravitailler en
vallée.
D'autre part, nous savions que les problèmes de ravitaillement disparaissent
à partir des Pyrénées Orientales: tous les 2 ou 3 jours on
passe par un village ou à un col avec épicerie (ou hyper-marché!).
Or notre arrivée en vue des Pyrénées Orientales (Pas de la
Case) était prévu après 22 jours de marche.
Reste donc à trouver la meilleure solution bouffe pour les 22
premiers jours!
Il existe quelques épiceries sur notre route (Aldudes, Bielsa...), mais
elles sont rares et devant les incertitudes concernant ce que nous allions y trouver
et le prix, nous avons décidé de déposer des sacs de
bouffe sur le trajet et éventuellement agrémenter notre quotidien
de fruits frais lorsqu'on croisera une épicerie.
Combien de dépôts? Pas plus de quatre, pour aller de Hendaye
au Pas de la Case.
Où les mettre... Nous voulions aussi pouvoir faire les quatre
dépôts en une journée de voiture le jour avant le départ
d'Hendaye. Donc il fallait les mettre près d'une route sans qu'on ait
à faire un détour lors de la traversée pour les récupérer
bien sûr.
Logiquement nous avons choisi:
Normalement 4, 5 ou 6 jours maximum devrait nous suffire à marcher d'un dépôt au suivant.
Déposer et cacher les quatre ravitaillements de la Bonaigua à
Hendaye en voiture nous a pris 12h (dont 7 ou 8h de route).
Technique pour cacher les dépôts:
Nous avions pris une pelle pour enterrer nos sacs poubelle remplis de
vivres, elle n'a que peu servi: le sol était tellement dur qu'elle
y rentrait à peine. Fallait voir notre allure: la gueule qu'on a le matin
après avoir à peine dormi, une pelle sur l'épaule et deux
sacs poubelle dans les mains en train de jetter des regards louches à droite
à gauche pour voir si quelqu'un nous voyait rentrer dans les buissons...!
La meilleure solution que nous avons trouvée pour enfouir les
sacs poubelles est de trouver un ébouli de pierres plutôt
grosses, de déceler une cavité entre plusieurs d'entre elles y mettre
les sacs et boucher les ouvertures avec des petites pierres, des feuilles, de
la mousse ou autre. S'il n'y pas d'éboulis, avant de s'acharner à
creuser un trou, chercher une grosse pierre à moitié enterrée,
déterrez la et agrandissez le trou avec la pelle: la terre sera plus meuble
sous la pierre. Remettez ensuite la pierre, la terre, l'herbe, etc.
Il y a bien sûr d'autres cachettes: on nous a raconté qu'un gars avait planqué sa bouffe sur le dessus de cabines téléphoniques par exemple!
Nous avons choisi des sacs poubelles, mais des sacs à gravat
seraient mieux (plus costauds).
Pour éviter que des bêtes ou les insectes ne viennent se régaler,
ce serait peut-être bien de mettre un répulsif, on y a pensé
après coup mais on n'a pas eu de problème.
Que faire des déchets des ravitaillements (sacs, etc)? A Port
Larrau nous les avons incinérés dans le trou (penser à mettre
quelques pastilles d'alcool pour aider), tout est parti en fumée et en
cendre au fond du trou (sauf un peu d'alu) que nous avons ensuite rebouché.
Les trois autres dépôts se trouvaient non loin d'une poubelle, donc
pas de problème.
Dans ces ravitaillements se trouvaient: la nourriture pour 5 jours (idem
liste ), et des extras à
manger tout de suite ou le soir même pour changer un peu du quotidien:
cake aux fruits, saladières, compotes, sodas, thon en sachet, etc. Bref
on se régalait à chaque dépôt puis on rechargeait les
sacs. A part la bouffe il y avait aussi une cartouche de gaz de rechange
(les petites à env. 100g de gaz), trois pellicules photo, du PQ, du savon,
éléments pharmacie (pansements, etc) et les cartes des étapes
suivantes, jusqu'au prochain dépôt.
Les cartouches de gaz étaient loin d'être terminées quand
on arrivait au dépôt suivant, on a estimé qu'on avait en fait
7 ou 8 jours d'autonomie avec chaque. Celle entamée était en général
déposée dans un refuge non gardé dans le coin bougies et
vivres.
Ce système de dépôt c'est avéré idéal. Les autres possibilités sont de fixer des rendez vous avec des personnes qui monteraient des vivres; d'utiliser la poste (peut-être) ou bien sûr d'acheter sur place s'il y a assez de commerçants sur la route. L'intérêt des dépôts est qu'on choisit par avance quels vivres et autres (gaz) nous aurons (plus de choix, moins cher), on sait où on va les trouver (si on les bien planqués bien sûr!), pas de rendez vous à gérer (ne sont pas toujours évidents en montagne). Rien n'empêche ensuite de compléter en produits frais chez le commerçant local.
| Jour | Type de bivouac | Confort | |
| 1 | Sous l'abri près d'une grange à Lizuniaga (construire l' abri ) | ||
| 2 | Partie supérieure d'une grange. | Rustique. | |
| 3 | Sous l'abri, à côté de la cabane de Lindus, fermée... | ||
| 4 | Dans la remise du refuge d'Egurguy (fermé). | Rustique. | |
| 5 | Refuge d'Ardanne. | Grand confort. | |
| 6 | Cabane de berger de Pédain. | Confort. | |
| 7 | Sous l'abri près d'un lac à l'est d'Arlet (cabane en ruine à côté) | ||
| 8 | Cabane du Cap de Pount (annexe de maison de berger) | Grand confort. | Photo |
| 9 | Sous l'abri près du lac d'Arrémoulit (abri sous roche à côté). | Photo | |
| 10 | Sous l'abri près du lac d'Arratille. | Photo | |
| 11 | A la belle, près de la Pique longue (Vignemale). Grottes à côté. | Photo | |
| 12 | Grotte à la brèche de Roland. | Rustique. | Photo1 Photo2 |
| 13 | Sous l'abri près de la rivière à l'ouest de Bielsa. | Photo | |
| 14 | Cabane d'Añescruzes. | Confort. | |
| 15 | Orry de Coronas. | Très rustique. | Photo |
| 16 | Cabane d'Anglos. | Grand confort. | Photo |
| 17 | Sous l'abri près du lac ? à l'est du refuge de Colomer. | Photo | |
| 18 | Sous l'abri au col d'Airoto (cabane grand confort plus bas). | ||
| 19 | Sous l'abri près du lac plus que l'abri Pujol (complet). | ||
| 20 | Refuge Barbote. | Luxe! | Photo |
| 21 | Refuge Sorteny. | Grand confort. | |
| 22 | Sous l'abri. Après le Pas de la Case. | Photo | |
| 23 | Cabane au sud des Bouillouses. | Confort. | |
| 24 | Orry près d'Ulldeter. | Rustique. | Photo |
| 25 | Cabane Arago (Canigou). | Rustique. | Photo |
| 26 | Camping d'Amélie les Bains. A la belle étoile! | ||
| 27 | Grange à St Martin de l'Albère. | Rustique. | Photo |
| 28 | Dans le train! |
Au total 10 fois dans l'abri dont seulement 4 parce qu'on n'avait pas le choix (1 fois parce que la cabane où l'on devait dormir était fermée: au Lindus).
2 fois à la belle étoile. Les sacs de couchage étaient couverts de rosée le matin au Vignemale et un peu humides à Amélie.
Pour le reste, nous avons dormi dans: granges, cabanes, refuges, Orry ou grotte, les Pyrénées en regorgent et c'est aussi pour ça que je les aime.
Nico préférait dormir sous notre abri, mais j'ai toujours préféré dormir dans granges, grotte, orry, etc plutôt que sous les tentes. Même si en général c'est plus sale, on peut souvent s'y tenir debout, ça reste calme même quand le vent souffle dehors et il n'y a pas à monter et démonter la tente.
Aucun problème particulier pour en trouver tout au long de la traversée
sauf en des endroits bien précis (au 6ème jour, lors de l'étape
d'Ulldeter et avant Amélie Les Bains, par exemple). Voir le récit.
Au pays basque, quand il y a peu ou pas de ruisseaux on trouve des sources aménagées.
Nous avions des pastilles purificatrices (Aqua-tabs), surtout utilisées
au pays basque. 30 min et n'importe quelle eau claire devient potable.
Nous avons fait quasiment toute la traversée avec au maximum 1L d'eau dans
la gourde pour moi et 800mL pour Nico, sauf exceptions: pour monter bivouaquer
à la brèche par exemple.
Modèle utilisé: Salomon Raid Race 2

Plus de 800km et plus de 40.000m de dénivellée sur tout type de terrain: pierriers, neige, éboulis, route, sentier, hors sentier (sur lapiaz, en forêt), herbe trempée, etc. Un excellent test pour ces chaussures de trail!
Le principal avantage des trails que je retire de cette expérience est qu'on se fatigue beaucoup moins avec. Marcher avec 500g de moins à chaque pied, c'est énorme. A ceux qui marchent en grosse: ajoutez 500g à vos chaussures de running et faites quelques pas, en montée, descente ou sur le plat. Vous verrez que oui le poids des chaussures joue énormément sur la fatigue musculaire.
Deuxième gros avantage: on sue beaucoup moins dedans. Donc moins d'humidité, les pieds sont plus au sec la plupart du temps (à supposer une rando où il fait plus souvent beau qu'il ne pleut!).
Troisième: liberté cheville et meilleur travail du pied (propulsion).
Bilan extrèmement positif. Sur la plupart des itinéraires
de rando pyrénéens, les trails auraient ma préférence.
S'il y a un peu de tout comme terrain, faut que chacun pèse le pour et
le contre. Je prendrai les montantes lorsqu'il y a plus de 30% de parties sur
neige ou pierriers pénibles ou de mauvaises conditions météo
prévues (mais ça j'évite !).
Quand le terrain devient délicat, ce type de chaussure est quand même
réservé à ceux qui ont déjà l'habitude
de marcher en terrain difficile, il faut d'abord avoir le fameux "pied
sûr".
Dans quel état elles ont terminé? Malgré un traitement
impitoyable, le plus dur que j'ai jamais infligé à des godasses,
nous les examinions tous les soirs complètements épatés
par leur résistance et de plus en plus admiratifs!
Elles seraient prêtes à repartir, un peu de gomme en moins quand
même.
A noter: nous avons mis des semelles amortissantes dedans (Noène pour
Nico), talonnettes Sorbotane pour moi.
A part quelques exceptions, nous sommes partis avec le matériel listé
dans la rubrique Matériel (voir la liste
).
Les exceptions sont: pas pris de bonnet (la capuche de la doudoune suffisait),
ajouté une chemise de nuit (en soie, 70g) pris un matelas
plus épais (10mm) et pas pris de gants.
Nous avions sur nous la plupart du temps: chapeau, chemise, caleçon,
short, chaussettes.
Dans le sac, pas grand chose comme fringues: une doudoune synthétique,
un blouson imper-respirant, les jambes zippables au short, une paire de chaussettes
et une chemise du soir.
Exceptionnellement, pas de bonnet: ma doudoune avait une capuche doublée
(excellent en fait ce modèle: "blouson Guronz" de Vertical).
Exceptionnellement aussi, j'avais une chemise du soir. Trouvée la veille
du départ, super fine elle est en soie, moche
mais elle pèse 70g (record!). Après 2 jours sans être
lavée, la chemise de marche était un peu "grasse" (sans
sentir mauvais), c'était plus agréable de mettre cette chemise en
soie le soir.
Comment si peu de fringues pour 28 jours de marche? Sans puer en plus, si si!
(bon sauf une fois ou deux admettons ;-) )
Nous faisions une bonne toilette chaque soir à poil (même
quand on a dormi au Vignemale, la neige ça décrasse bien... ). Ca
faisait parti de notre challenge, parce qu'il faut parfois plus de courage pour
cette toilette du soir que pour la rando du jour...
Attention photo rando léger extrème !
C'était essentiel: on a beau changer de fringue le lendemain, si on est crade quand on recommence à suer, les mauvaises odeurs se développent. Ajouter à ça une lessive tous les 3 jours en gros, parfois 4, souvent 2: pour le caleçon et les chaussettes en tout cas. Nous avions choisi des vêtements anti-bactérien, celà a sans doute aidé à éviter les mauvaises odeurs.
Pas de T-shirts: j'ai compris maintenant que la chemise n'a
que des avantages par rapport au T-shirt. On a choisi des chemises manches longues
que l'on peut retrousser.
Avantages en vrac: on a le choix manches ou pas manches. Manches quand
il fait frais ou quand ça tape et qu'il fait pas trop chaud (altitude),
ça évite de mettre de la crême solaire. Il y a un col: protège
également du froid (un peu) et du soleil (surtout). On peut l'ouvrir et
quand il fait vraiment chaud c'est très très appréciable
comparé au T-shirt. Les chemises ont des poches: on peut y mettre boussole,
crème labiale, lunettes de soleil, etc. Ouverte pour sécher, elle
sèche super vite.
Ah oui j'oubliais: les manches et col permettent aussi de se protéger des
insectes (moustiques et autres mouches piquantes).
Aucun souci particulier, content de l'avoir amené, il a pas mal servi. Un truc quand il y a de la condensation: un coup de serviette éponge vers minuit, après on est peinard.
Il a fait chaud globalement, mais selon les endroits la neige était
plus ou moins présente que d'habitude. Le lac Glacé près
du Mont Perdu était presque complètement gelé par exemple
alors que la glace était bien visible sur le glacier du Vignemale.
Nous n'avions pas de crampons, mais un piolet: le Ghost. Il
a été un réel élément de sécurité
sur plusieurs passages où une chute aurait été difficilement
enrayée avec les bâtons seuls.
Seul un passage était limite: lorsque nous avons entamé
la partie à l'ombre (tôt le matin) du névé menant au
col de Coronas dans l'ascension de l'Aneto.
La neige était gelée (pas de glace) sur une bonne épaisseur:
6 à 8cm. Les traces étaient à peine marquée, il nous
a fallu progresser prudemment en taillant des marches au piolet (à l'ancienne!).
Des crampons auraient été bien.
Globalement, à part sous Coronas, la neige que nous avons trouvée
le long de notre traversée était fondue en surface et rendait
les crampons peu utiles, en tout cas non nécessaires.
Une technique est à maîtriser parce que très utile: descendre en ramasse avec les bâtons (voir le site Pasgliss ).
Gain de temps, sécurité sur terrain glissant (permet maintenir l'équilibre en cas de légère glissade) et fun quand la pente est ok (ni trop ni trop peu).
Pas de gants, nous avions prévu de mettre les chaussettes (!) de rechange aux mains si le froid le nécessitait. Ca n'a jamais été le cas.
Les bâtons ont été extrèment utiles: pour l'abri, pour la ramasse, en montée en descente, pour tater le terrain (dans les marais), pour bloquer les pieds en traversée sur neige, pour faire tomber la rosée des herbes tôt le matin et garder les pieds plus secs et pour pousser les vaches ;-)!
Nous n'avons eu qu'une seule casse: un bâton de marche... Grosse chute de Nico le 18ème jour, il se relève indemne mais pas son bâton, cassé 10cm sous le haut de la partie basse. Il terminera la journée avec un seul bâton malgré un terrain difficile. Le soir on bricole et on finit par le réparer en faisant tout simplement une atèle avec ficelle et duck tape (qui tiendra jusqu'au bout).
Je ne rachèterai pas ce modèle Salomon (nous avions les mêmes): l'alu n'est pas assez résistant. J'ai tordu deux fois les miens en marchant dessus accidentellement, je les ai remis droit en forcant à peine. Rien à voir avec les Giprons que j'avais avant, bétons.
J'avais le modèle de marque REI indiqué dans
la liste . 930g, 420g de duvet
700cuin. Jamais eu vraiment froid.
Nico avait le Raidlight de Pyrénex. Un peu froid 2 soirs (au Vignemale
et à la brèche).
Pour s'adapter à l'amplitude des températures rencontrées,
il a fallu jongler avec les différents réglages des sacs. S'il fait
chaud: on l'utilise en couverture, puis quand la température baisse, on
se met dedans et on règle l'ouverture de la fermeture éclair, penser
qu'on peut fermer en haut et ouvrir en bas si c'est un double zip. Quand ça
caille, on serre la collerette de coup et seule la bouche dépasse (ne pas
respirer dedans à cause de l'humidité). J'ai dormi deux fois seulement
avec la doudoune sur moi.
En dormant à la belle étoile au Vignemale on s'est réveillés
avec l'extérieur des duvets trempés de condensation. Quelques
plumes collaient au tissu, nous avons commencé à les faire sécher
30min le matin avant de partir, le soir ils étaient bien humides et avaient
perdu une bonne partie de leur gonflant. Nous dormions à la brèche,
Nico a eu froid mais pas moi. Le lendemain soir nous avons eu le temps de les
faire sécher, ils semblaient avoir retrouvé leur gonflant après
2h de séchage.
Globalement donc le Pyrénex semblait moins chaud. Ils ont le même
poids garnissage à peu près mais il avait un construction à
coutures transversales (pas le
REI), apparaissaient donc surement des points froids.
Deux Salomon: le Fasttrack 20L pour moi et le Raid 30L pour Nico.
Pas de problème de confort particulier. Quand on les chargait
à bloc après les dépôts ils pesaient un peu, mais on
passait brusquement de sacs de 4kg à environ 8kg avec l'eau...
Ils semblaient lourds! :-)
Concernant leur résistance: ils ont été mis à
rude épreuve lors d'un hors piste en forêt ( 6ème
jour ), il nous a fallu nous frayer un passage parmi les branches. Le matelas
de sol de Nico placé en bas du sac s'accrochait partout, il fallait qu'il
force de tout son poids parfois pour passer: les sangles de ceintures ont commencé
à s'arracher mais ont finalement tenu jusqu'au bout.
Pas de problème avec le 20L, attention à la fermeture éclair
quand même (ils en ont mis une plus robuste sur le modèle 2003).
Un 20L léger du même type mais sans fermeture éclair existe:
le Karrimor Marathon 25, quelqu'un l'a essayé?
Elles par contre ont morflé! Les lavages intensifs auxquels on les soumettaient
n'ont rien arrangé. Les deux paires que j'avais sont un modèle
à double chaussette (Rywan) et un modèle fin (X-socks).
J'ai utilisé les Rywan la plupart du temps: les X-socks étaient
trop fines. Elles sèchent vite, sont confortables, fraiches et aérées
mais pas assez épaisses et résistantes à l'usure. Du coup
je ne les mettais que quand je risquais d'avoir les pieds mouillés.
Le fabriquant annonce que les X-socks ont une structure à double chaussette,
eh bien pas sur ce modèle en tout cas... Du coup les Rywan ont
fini quasiment mortes. J'ai trouvé ce système de double
chaussette vraiment super, quel confort. Mais elles sèchent très
lentement!
Difficile à définir parce qu'elles ont toutes été
différentes.
Debout 6h30 parce qu'on n'a pas entendu le réveil à 6h (des fois
c'était pire), on se grouille pour partir à 7h quand même.
250g de céréales dans le bide, on part à 7h10... Bon en fait
pour les longues étapes, on partait vers 6h/6h30 (debout à 5h45).
La lumière était suffisante pour commencer à marcher sans
frontale vers 5h30 en gros (plus tôt au pays basque, plus tard dans les
P.O.).
On marche bien jusqu'à 11h, il fait "bon". Lors des pauses on
grignote: fruits secs, barres de céréales, assez peu en fait et
on boit beaucoup. Les biscuits on les gardait pour la fin de la journée.
Pause un peu plus longue vers midi.
On s'arrêtait de marcher à des heures très variables: entre
14h30 (4ème soir) et 22h (!) le dernier soir. Si on pouvait on faisait
une lessive, puis le rituel: la toilette quotidienne. On s'était juré
de se laver tous les jours peu importe les conditions.
Je restais souvent seul un moment pour regarder la montagne autour de moi.
Le soir on étudiait (ou on élaborait parfois) le trajet du lendemain.
Un peu d'écriture dans le carnet et dodo vers 22h.
Bien sûr, toute la journée des oh et des ah devant la beauté
des Pyrénées.
Certains jours ont été des bavantes: moins jolies, on en a profité
pour speeder un peu. D'autres on a pris le temps de savourer, parce que c'était
beau ou bien parce que c'était technique (escalade, orientation, etc),
ou encore parce qu'on rencontrait des gens sympas.
J'aime bien les deux: l'effort physique des bavantes et les journées
plus cool où on prend le temps.
Euh... minime pour moi (manque de temps). 3 footings, deux randos (5h)
en mai/juin. A part l'escalade, pas de sports pratiqués régulièrement
pour moi. Nico a fait davantage de footings et sortait d'une préparation
au concours de pompier.
On avait décidé de commencer la traversée cool pour
pas avoir les mêmes problèmes qu'en Islande: première étape
idem HRP sans la Rhune. Puis on rallonge progressivement. Ca a marché,
malgré le manque d'entrainement.
Pas mal d'ampoules pour moi mais sans qu'elles posent vraiment problème
comme en Islande. Les pansements ampoule sont toujours aussi peu efficaces: ils
tiennent quelques heures puis partent en vrac. Par contre les pansements préventifs
(lisses) sont bien, nous en avions quasiment toujours au pied qu'on changait régulièrement.
Nico a explosé ses deux ongles de gros orteils le premier jour: chaussures
trop petites. On a vite réglé le problème en enlevant les
semelles de propreté.
Nous avons tous les deux rajouté des semelles amortissantes: Noène
pour Nico et talonnettes sorbotane pour moi. Je pense que c'est vraiment utile.
Les premiers jours, le soir nous sentions nos pieds très fatigués
musculairement: ils travaillent beaucoup plus dans les chaussures
raid . Puis après une semaine, on a senti qu'ils s'étaient musclés
et habitués à travailler. Plus tard nous avions l'impression de
marcher sur des ressorts :-) ...
Par moments nous avons ressenti des douleurs type tendinite: aux tendons
d'Achille (nous deux), sur le dessus de la cheville dans le prolongement
du tibia (Nico) et côté interne du genou droit (moi). Sur
le conseil d'un des gardiens de refuge, nous buvions beaucoup d'eau les soirs
où on sentait ces douleurs (4L parfois), elles disparaissaient toutes seules.
Nous avons rencontré un vendeur du Vieux Campeur (qui faisait aussi la
traversée), il nous disait ressentir lui aussi des douleurs au tendon d'Achille.
Ses chaussures? Un modèle haut de gamme de chez La Sportiva. Peu importe
les chaussures apparemment, ça doit faire parti des douleurs qui peuvent
arriver lors de marches aussi intensives. Tant qu'elles ne persistent pas...
Pas de mal au dos, ni aux hanches. Un peu aux épaules pour Nico juste après les ravitaillements, mais il n'osait pas mettre trop de poids sur la ceinture, endommagée lors du hors piste en forêt le 6ème jour.
Nous n'avons pas fait de jour de pose, deux anciens qui faisaient la HRP en 43 jours nous ont dit s'être emmerdé pendant la première journée pose qu'ils ont faite, pour la deuxième des potes les ont rejoint et ils en ont fait plus ce jour là que pendant les autres (avec des petits sacs). Donc...
Beau temps en général et chaud avec pas mal d'orages.
Mais on s'arrangeait pour arriver avant qu'ils ne pètent.
Sauf :
Pas de vents violents sauf au-dessus du Pas de La Case.
En résumé plus de bonnes surprises que de mauvaises, ce qui aurait
pu s'inverser si nous n'avions pas fait attention à arriver tôt
quand ça menaçait.
Nous ne sommes partis qu'avec les cartes pour nous diriger (pas de guide),
ce qui nous a rendu très tributaires de leur précision. Très
correcte du côté français: seuls quelques indications
d'itinéraire étaient périmées ou approximatives voire
aberrante concernant certaines annotations "HRP". A noter que nous sommes
passés par des chemins indiqués sur les anciennes cartes qui ont
disparu sur les nouvelles.
Quand aux cartes espagnoles, tous les chemins sont mis en rouge
qu'ils soit entretenus, balisés ou pas, avec quelques fois "HRP"
ou "GR11" indiqué ce qui ne les rend pas faciles à
repérer. D'autre part, seules les courbes de niveau, les rivières
et les batiments sont indiquées. Pas de végétation, ni de
zones rocheuses.
Nous avons utilisé les 2 cartes vendues ensemble: "Batzan Bidasoa"
N°1124 qui couvrent en gros de la Rhune à Roncevalles. Elles étaient
encore nécessaires en 2003, peut-être que les nouvelles "Rando
édition" couvriront cette zone.
La référence ici c'est le "Véron": Haute Randonnée
Pyrénéenne, aux éditions Rando Edition. Nouvelle édition
sortie le 1er juillet (stupide) 2003, le jour de notre départ.
Nous l'avons feuilleté un soir durant la traversée, des HRPistes
se l'était fait monter par des amis.
Il
existe aussi des guides HRP dans d'autres langues dont un en Hollandais
que j'ai préféré au "Véron":
Il s'agit du guide de Ton Joosten:
La traversée est aussi décrite en 43 étapes avec variantes, mais les étapes n'ont pas été choisies pour arriver en refuge gardé comme le fait quasi-systématiquement Véron. Quand c'était possible il a plutôt choisi des cabanes ou refuges non gardés. D'autre part, chaque abri, chaque orry qui se trouve sur l'itinéraire y est précisément décrit ce qui permet de savoir comment y écourter (ou bien rallonger) sa journée si nécessaire.
A quand sa traduction en Français!
Le "Véron" nouvelle édition a tout de même un gros avantage: il contient tous les extraits de carte IGN de la traversée.
Nous sommes descendus en voiture pour faire les dépôts, puis nous
l'avons laissée à Hendaye devant le commissariat après leur
avoir demandé l'autorisation (accordée) pour une trentaine
de jours: une voiture n'ayant pas le droit de rester plus de quelques jours au
même endroit.
Pas la peine de leur demander, nous avons retrouvé la voiture à
la fourrière! Ca s'est arrangé mais ils ne diront pas oui une
deuxième fois...
La gare de Hendaye est assez proche du départ de la traversée (45min)
et encore plus près à Banyuls.
Ou alors venez en auto-stop: Micha, le Hollandais qu'on a rencontré est
arrivé à Hendaye à 18h après être parti
de son pays en stop le matin même... Incroyable hein?
Voilà, j'espére que l'aventure vous tentera (si ce n'est déjà fait) et que vous prendrez autant (ou plus) de plaisir que nous.
Si vous voulez critiquer, poser des questions ou me faire part de vos expériences, pas d'hésitation: