Objectif Arizkun, nous avons la bonne surprise de partir sans douleur de la veille. Il y avait pas mal de sources, dommage qu'elles n'aient pas été indiquées sur la carte. Le pays basque est décidément très vert, c'est chouette. Premières averses et premier contact nocturne avec les vaches!
Après avoir trouvé un compromis la veille pour un départ
à 7h et un lever à 6h, on se réveille à... 6h20. Bon
là on n'a pas entendu les bip des montres et le patron sera pas là
pour nous taper sur les doigts donc c'est pas grave :-).
Le ciel est couvert mais le voile est fin. C'est l'idéal. Il fait bon,
on marche bien sans ressentir de douleur de la veille.
La traversée rejoint le GR11 que l'on suivra quelques temps.
Cette fois on a pris 2L d'eau chacun. Mais 1h plus tard, en passant près
des palombières d'Etxalar (près de la borne frontière 46),
on tombe sur une source non indiquée. Dommage, ça nous aurait épargné
de porter 2kg chacun et d'économiser quatre pastilles d'eau .
On descend côté espagnol après avoir longé la frontière.
1km environ après le lieu dit Gorra, là où le GR11 tourne
plein sud, on trouve une autre source: un tuyau en hauteur avec robinet d'où
sort de l'eau. On boit (potable?) et on se rafraîchit, il fait très
chaud.
Il n'y a personne, c'est un peu décevant. On croise enfin deux randonneurs
(ni français ni espagnols), mais le mec nous dit à peine bonjour.
Après le collado de Achuela il nous manque une partie de la carte mais
on suit le GR11 donc ça va.
On fait des pauses régulièrement, vraiment pas l'impression de bourriner.

On croise quelques cabanes du site abri et cabanes des Pyrénées .
Après avoir un peu hésité sur les crêtes (près
du pic d'Atxuela) au dessus d'Azpilkueta, on descend tranquillement par une crête
très sympa. Le village est très pittoresque.
14h on arrive à Arizkun. Les maisons sont jolies. Il fait chaud, longue
pause à l'ombre près de l'église, on y fait de l'eau.
" Pas de pain " dans le village on nous répond, il y a cependant
un petit restaurant.
On décide de continuer : ça raccourcira l'étape de demain (Lindus). Du coup c'est vraiment cool : on fait du bonus et ça nous redonne la patate!

On fait très attention à notre physique, aux bobos. Ma chaussure
gauche frotte un peu sur la malléole interne: j'ai mis un pansement préventif,
plus de problème. Le petit orteil gauche a son ampoule bien formée,
mais je sais qu'il faut qu'elle se fasse après elle devient de la corne.
Le pied droit est ok. Nico est ok aussi, il n'a plus mal aux orteils depuis que
je lui ai suggéré d'enlever les semelles de propreté de ses
godasses trop petites.
On sait que le HRP passe par Les Aldudes (ce sera pour demain) mais entre Arizkun
et les Aldudes, on n'a aucune idée de par où passer. On décide
de passer par le vallon où coule l'Inarbegiko Erreka.
1km après Arizkun on passe près d'un prunier, chouette elles sont
mures: on en cueille quelques unes.
Il y a pas mal de granges sur la route, le temps devient menaçant ce serait
peut-être mieux d'en trouver une pour y dormir.
On en passe une, puis deux, trois, etc. Elles sont pleines de bouses, l'odeur
est trop forte. Il y a de nombreux ruisseaux qui traversent le chemin, on fait
de l'eau et on la traite. Finalement on trouve une grange avec un étage
où ça pue moins.
J'y grimpe, Nico hésite pour l'odeur que je trouve pas du tout dérangeante
en fait mais il finit par accepter qu'on dorme là.
Il part se laver, à peine revenu il se met à pleuvoir. Ah quand
même, ça faisait 2h qu'on s'y attendait. 30 min plus tard, ça
s'arrête, j'en profite pour aller me laver. A mon retour ça reprend.
C'est génial de regarder la pluie tomber assis à l'abri à
l'entrée de la grange en savourant nos prunes.
0h30. Des bruits et des grognements me réveillent. Merde les vaches. Elles
ont du s'approcher de la grange. Je réveille Nico, il dormait à
poings fermés. " Putain merde " On entend maintenant un souffle
tout près. Nico me dit: " J'ai l'impression de revivre une scène
de Jurassic Park ! " On éclate de rire, c'est exactement ça
(la scène où ils sont cachés dans la cuisine). En fait les
vaches sont juste sous nous, à 1m ! On se rendort rapidement quand même.