Journée un peu bizarre, petit coup de blues le soir pour moi. Peu
de dénivellée aujourd'hui: le sentier (très bien marqué)
longe la frontière à flanc entre le pic de Burcq et (presque)
le refuge d'Arlet. Un compagnon inattendu a failli finir l'étape avec
nous.
Bivouac sympa ce soir, près d'un lac à
30min du refuge d'Arlet, conseillé par
le gardien.

Lever 1h plus tard de d'habitude pour laisser plus de temps aux organismes pour
récupérer de la fantastique journée d'hier. Les bergers arrivent
peu après. On les salue, il s'agit du père et du fils apparemment,
l'ancien vient nous parler des Aiguilles d'Ansabères, de cailles sauvages
et de leur troupeau. J'adore. J'en profite pour complimenter en souriant le professionnalisme
de son patou avec qui on a eu affaire la veille. Il en est fier et rigole.
Départ à 8h, on suit les indications du berger: un chemin de tracteur
nous permet de rejoindre les cabanes d'Ansabère sans descendre jusqu'à
la piste. Les aiguilles me donnent vraiment envie d'y grimper, un jour peut-être.
Des cabanes on monte au lac d'Ansabère où
on s'arrête pour admirer le panorama: Table
des Trois Rois, Aiguilles d'Ansabère.
Des randonneurs ont dormi là sous tente, l'un d'eux partage le même
rêve que nous: traverser les Pyrénées. Ils nous racontent
le violent orage qu'ils ont subi hier soir presque à la même heure
que nous.
On repart en les saluant, nous revoilà en Espagne. Alors qu'on remonte
vers le col de Pau, je me rends compte que j'ai oublié mon chapeau dans
la descente. C'est ma spécialité... Demi-tour, je remonte en trottant,
dépassant plusieurs groupes. Un randonneur à la tête de l'un
d'eux m'interpelle alors que je passe en dessous mais il parle espagnol. Je ne
comprends rien mais au ton employé, ça ne lui plait apparemment
pas de me voir courir...
J'arrive enfin au lieu de notre dernière pause, le chapeau est toujours
là. Sans m'arrêter je le mets sur ma tête et repars dans la
descente, bien sûr voilà à nouveau le randonneur. Il fait
des gestes, se montre scandalisé toujours en me parlant espagnol. Je pointe
le doigt vers ma tête -où le chapeau a repris sa place- pour lui
montrer l'objet de ma course. Il ne comprend pas et interprète mal mon
geste: il croit que je le traite de fou! Je m'en aperçoit tout de suite
et avant qu'il s'énerve vraiment je prends la bordure du chapeau et l'agite.
Il se tait, comprend et éclate de rire puis me salue.
D'autres gromelleront à mon passage pourtant je les remercie quand ils
s'arrêtent, m'excuse et j'arrête de courir lors des rares fois où
je suis obligé de passer sur le chemin en les croisant.
Je retrouve Nico en train de bronzer après 30 min de course mais avec le
précieux objet.
Bien qu'indiqué en pointillé sur la
carte le sentier est très bien marqué.
Les paysages sont beaux, surtout la vue près
du Pic de Burcq.
Peu après le col de la Cuarde, un troupeau est sur le sentier, on repère
tout de suite le patou. Il est un peu plus bas et commence déjà
à monter vers nous. On s'arrête, attendant de nouveaux aboiements.
Mais celui là est différent de celui de Pédain: il s'avance
jusqu'à nous la queue basse et cherche des caresses! On traverse le troupeau
sans qu'il bronche, il nous suit même, apparemment tout content de faire
une petite balade.
On marche 5 puis 10 minutes avec ce nouveau compagnon. De temps en temps il s'arrête,
regarde son troupeau au loin un instant puis repart. Il marche parfois devant
comme pour nous montrer la route. On essaie de lui faire comprendre qu'il doit
retourner près des brebis, mais chaque fois il revient.
On arrive au col de Saoubathou, le chien nous suit depuis 30 minutes et on change
de vallée. Cette fois on se dit qu'il va nous suivre jusqu'à Arlet
alors je me montre plus ferme, il finit pas retourner faire son devoir.
Voilà le refuge d'Arlet. Dans la montée, à 2000m on crève
de chaud, c'est pénible...
Le gardien arrive avec des provisions exceptionnellement montée par ane.
On discute et il nous indique deux cabanes et un coin sympa où bivouaquer
près d'un petit lac un peu plus loin "caché derrière
la butte en forme de pain de sucre".
La première cabane est fermée, la
deuxième (Caillaous) en sale état,
on marche jusqu'au petit lac où on découvre
effectivement un site super pour planter la tente,
derrière la butte décrite.
J'ai un coup de blues ce soir et cette après midi, peut-être le
contre coup de la journée exaltante d'hier.
Le gardien nous a annoncé que la cabane du Cap de Pount est certainement
occupée. Zut, on pensait pouvoir s'y reposer avant l'Ossau.
Deuxième grosse lessive cette après-midi,
on est arrivés tôt.