Me voilà de retour dans cette région méconnue du Val d'Aran après l'avoir traversée l'été dernier lorsque nous avons fait la HRP. Cette fois-ci je suis avec Stéphanie et Lolo, on se donne deux jours pour monter du village d'Isil au lac d'Airoto et pour redescendre par la vallée voisine jusqu'au village en ruine d'Arreu. +1000m/-1000m de dénivelée. Cool, donc!
Sur la carte au 50.000 on repère la ruelle qui nous mène derrière
le village d'Isil. Au départ on emprunte un chemin agricole, à une
intersection un petit rondin barre le chemin de droite, on prend à gauche.
La montée est régulière, balisée par quelques cairns.
On monte sous les arbres avec parfois le bruit du ruisseau qui coule à
droite, c'est très agréable.
Plus haut, la pente se redresse et le sentier quitte les sous-bois. Il n'y a pas de vent, on se met à suer à grosses gouttes. Le chemin se perd et se divise parfois quand la végétation devient plus dense mais chaque fois on retrouve le bon.
On quitte progressivement la végétation méridionale pour
les sapins et l'herbe grasse. La pente s'adoucit un peu avant d'arriver au refuge
d'Airoto, on croise les premiers randonneurs de la matinée. Le voilà
enfin ce refuge que nous avions cherché en vain l'année dernière
en se fiant à des renseignements plutôts vagues. Il est très
mignon, mais petit (5 places) et déjà plein: on ne tarde pas à
aller s'installer près du lac d'Airoto.
C'est un lac plutôt grand, cerné par des éboulis sauf sur
la rive où l'on se trouve.
Je reste un moment pensif à me remémorer l'itinéraire que
nous avions suivi pour contournant le lac par les éboulis face à
nous. Alors que Steph et Lolo se repose, je vais faire un tour et commence par
longer la berge vers le sud.
Je cherche un emplacement où bivouaquer, quand je découvre une toute
petite île avec trois arbres dessus et quelques cailloux pour y accéder
sans se mouiller les pieds. Il y a aussi un merveilleux emplacement de bivouac
sur la rive près de l'île.
Je retourne vite chercher les deux autres, et on s'installe sur l'île pour
une après-midi de farniente !
Les trois arbres sont idéalement placés pour fixer un hamac... Je
ne résiste pas et tente un bricolage avec l'abri de rando.
Pour ne pas abimer la toile, il faut qu'elle soit tenue sur toute sa largeur.
Je fais donc un gros noeud à chaque extrémité de la toile
après l'avoir passée dans le bas de mes jambes de pantalon pour
la protéger de la corde que je noue autour de chaque noeud. Suspense, ça
tient !
Le pied !!!
On en profite chacun son tour toute l'après-midi, chauffés par
le Soleil et bercés par les vaguelettes... Le paradis, quoi !
L'eau est à peine fraiche (18°C ?), j'en profite pour piquer une tête.
Le soir le vent tombe, on fait un feu pour se réchauffer et chasser les moustiques, des pêcheurs irréductibles restent de l'autre côté du lac jusqu'à la tombée de la nuit.
Au matin il y a une condensation incroyable sous l'abri: ça ruisselle le
long des parois jusqu'au sol. Mais dans la tente de Lolo c'est pire: ça
coule du double toit sur la toile intérieure, la traverse et coule sur
son sac...
Quand je sors, il y a du givre un peu partout sur l'herbe, et l'eau qui coule
de l'abri gèle par terre. Toutes les conditions étaient donc réunies
pour que ça condense: froid, humidité (on est à 6m du lac)
et absence de vent.
On part vers l'Ouest pour passer un petit col entre deux collines qui nous donnera
accès à la vallée qui descend vers Arreu.
C'est sauvage et beau, l'essentiel de la descente jusqu'au lac Rosari d'Arreu
se fait hors piste.
On ne croise personne avant d'arriver au village en ruine d'Arreu. Certaines
maisons tiennent encore debout, c'est émouvant de penser aux gens qui ont
vécu là et à la vie qui règnait autrefois entre ces
murs...
Juste avant de rejoindre la route, on traverse un vieux pont très joli.
Il ne reste plus alors que 20 minutes de marche (ou 2 d'auto-stop) pour revenir
à la voiture.