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#1 01-11-2010 17:18:51

Iksarfighter
Voyageur nordique allégé
Lieu : Toulouse ou Ariège
Inscription : 18-05-2009
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Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Voici le récit de cet Été, sans photos, donc pour les "purs" littéraires si il en reste ! Trop la flemme de sélectionner 200/2500 photos et de les insérer. Pis j'ai un souci à un œil quand je bosse avec trop d'application sur mon PC faut que je vois l'ophtalmo. Je reprendrai peut-être cela dans quelques années avec la digestion et la nostalgie.

N'hésitez pas à commenter ou à poser des questions car c'est du boulot de "pondre" un long texte comme ça pour partager une aventure et ça réclame aussi des encouragements.

Merci à tous en tout cas pour tous les conseils et encouragements prodigués sur ce forum sans lesquels je serais sans doute bêtement resté dans mon coin plutôt que de partir à l'aventure pour mon plus grand bonheur en 2009 et en 2010 !

Attention il y en a une tartine...

EDIT : Orthographe.

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Samedi 19 Juin 2010 : Oslo

    Oslo 0h:30, 8°C, fortes bourrasques. L'avion descend inexorablement vers la piste dans un air perturbé. Cela fait déjà un moment que nous sommes ballotés. J'échange un regard avec ma voisine et j'y lis quelque chose d'assez indéfinissable. L'atterrissage est violent, sonore et suivi de suite par le puissant freinage. Ma voisine se met à pleurer en poussant des cris rauques et se blottit dans les bras de son mec qui semble assez pâle lui aussi, il faut dire qu'il y a de quoi.

    Je récupère mes 2 bagages en soute, le gros sac et le châssis du caddie qui voyage soigneusement emballé. J'avais fait un nœud lâche au cordon du sac à dos pour décourager un peu les voleurs éventuels, le nœud est maintenant serré à mort, dur comme du bois. Un agent de sécurité a du en chier pour le défaire, surtout avec ses gants en latex, et ce petit con pour se venger a serré le cordon à mort ! Encore heureux qu'il ne se soit pas vengé sur mon matos. Le sac a été fouillé en effet, la popote a changé d'orientation.

     A 1h du mat obligé de batailler pour ouvrir le sac ! Évidemment mon opinel se trouve DANS le sac ! Heureusement j'ai un mini coupe-ongles dans une poche latérale et je coupe le cordon avec. Je rafistole comme je peux et maintenant j'ai à nouveau un cordon mais trop court et je ne peux pas ouvrir très grand le sac et ça me fera chier pendant 10jours le temps de retrouver une ficelle ad hoc ! Je remonte le caddie avec ses roues et le sac dessus, puis je file dehors pour attendre mon train du matin qui est à 7h.

     Dehors il fait froid et il y a un sacré vent irrégulier. Je m'habille le plus chaud possible, c'est-à-dire petite polaire et K-Way, et je me dirige vers le coin tranquille sous les arbres que j'avais repéré l'an dernier. Mais on n'y voit pas si bien que ça la nuit à Oslo en Eté lorsque le ciel est bien couvert ! Et je renonce à planter la tente. C'est sec et je pose mon duvet sur l'Arkmat que je déroule. Mais au bout d'un moment j'ai froid et en plus je reçois quelquefois des gouttes. 8°C en plein vent c'est en dessous du maximum confort avec mon Marmot Never Winter 30 je pense. Je range tout mon bazar et je me réfugie à l'intérieur de l'aérogare, il est 3h. Sacré accueil la Norvège cette année !

     Dans l'aéroport je trouve 3 places assises alignées où je déroule mon Arkmat et je m'allonge pour une longue veille, la tête sur mon petit sac à dos Deuter air 30L qui contient tous mes effets précieux. Je dois dormir quelques microsecondes en attendant 7h et mon train pour Oslo, je sens que la journée va être difficile et longue pour mon corps et mon esprit.

     7h34, je prends le train pour Oslo et j'y suis en 10min. La gare est ensommeillée, un jeune comate par terre, on dirait qu'il est mort ou agonisant, les gens passent près de lui sans trop s'étonner. Paraît que la drogue bat son plein autour de la gare depuis quelques temps, misère des grandes villes.

     9h, je change 300€ contre 2200NOK environ et je mets le cash dans ma ceinture spéciale. Parce que je n'ai pas encore eu le temps de vous dire que j'ai perdu mon code de carte Visa 2 jours avant le départ et que dans la panique je me suis fait bouffer la carte par un automate ! Je trimballe donc du liquide dans une ceinture que j'ai payée 6€ chez Intersport. Mon frère doit me renvoyer ma nouvelle carte via un contact à Trondheim dans 15j.

     Je comptais visiter un peu Oslo avant mon train de 16h, mais dans l'état de fatigue où je suis, je me contente de faire péniblement le tour des magasins de sport et quincailleries à la recherche d'une cartouche de gaz. Je ne trouve rien ! Ils sont tous en rupture, sauf un droguiste qui n'a que des grosses CV 470 à 90NOK (12€!), et tant pis pour la légèreté, je prends ça, et merde... Au fait, on trouve souvent des cartouches de gaz dans les stations-services là-bas.

     Le vent et le froid n'ont pas l'air de gêner les jolies norvégiennes qui marchent dans les rues en minijupe et tee-shirt, je m'imagine que ce n'est que pour rapidement passer d'un espace fermé et chauffé à un autre. Enfin nanti de ma cartouche, je fais quelques courses alimentaires puis je retourne à la gare où je traîne, je dîne à Midi, puis je mets Arkmat + Autogonflant sur 3 places et je m'allonge.

     Je remercie les responsables de la gare de ne m'avoir envoyé un flic qu'au bout d'un moment, j'ai pu comme ça prendre un petit temps de repos. En effet, secoué par l'épaule, je me redresse pour voir un policier s'éloigner en me pointant sévèrement du doigt, je crois que ce qui les a le plus énervé c'est le masque de sommeil sur mes yeux !

     Le temps a passé trop lentement et vers 16h je suis enfin dans le train de Bergen. On sort de la zone urbaine, ouf ! Quel soulagement. Le paysage est splendide, le trajet parsemé de tunnels, et j'alterne contemplation et photos avec allongements et tentatives de comatage, au moins le sang remonte des jambes ainsi. La fin du trajet avant Myrdal est splendide, le lac gelé de Finse à 1100m est impressionnant sous le soleil. Je descends du train à 20h45 à Myrdal. Il y a juste une gare, quelques bâtiments et la montagne norvégienne.

     Myrdal, 5°C, du vent, mais temps très clair. A côté des toilettes de la gare je découvre une douche ! Mais il faut une pièce de 20NOK pour l'eau chaude et je n'en ai pas, Je me résous à prendre une douche froide, elle doit être froide l'eau froide ici ! Miracle ! L'eau chaude marche sans mettre de sous ! Et je me prends une méga douche tout en piétinant mes fringues souillées de 36h de pérégrinations depuis Toulouse, Bordeaux, l'avion, la nuit à l'aéroport, la journée à la gare et dans le train. Tout cela me semble n'avoir jamais existé tellement je suis content de me trouver à pied d'œuvre au cœur de la Norvège, après une bonne douche et avoir enfilé des vêtements propres !

     Maintenant un problème, dehors il fait 5°C et du vent, je sors d'une douche chaude, mon pantalon (unique) est en séchage après lavage, comment faire ? Je sors alors le collant de femme DIM et je le mets par-dessous mon Carline D4 pantalon de nuit/bivouac, petite polaire, K-Way, et une fois tout prêt, je rush la sortie et l'air frais d'un pas décidé.

     Après une petite ronde d'orientation, je repère le départ du sentier pour Flåm et je m'y engage. Je n'ai pas froid, la combo collant+Carline marche à merveille, pourtant je marche contre le vent glacé. Le sentier est très raviné et caillouteux, je traîne le caddie en le tenant à deux mains dans le dos, c'est fou comme il est stable de cette façon et j'utiliserai cette technique pendant tout mon voyage lors de terrains praticables mais difficiles. Surtout que c'est le modèle prévu pour personnes de grande taille et on ne se le prend pas dans les pieds du tout.

     Au bout d'une heure de descente, j'atteints dans un virage de la piste, une petite esplanade herbue qui semble être là spécialement pour ma Laser Comp et je m'installe et m'endors à 23h. Je suis réveillé par le froid quelques heures plus tard, il fait 3°C, je me mets alors dans le Thermolite 2.0, puis dans le duvet. On a une sensation d'humidité mais le confort thermique est revenu et je me rendors.

     Fin du premier jour, un peu marathon, mais je suis finalement bien rendu au cœur de la Norvège, propre et avec tout mon équipement et mes provisions dans un endroit exceptionnel et tranquille !

Dimanche 20 Juin 2010 : Retrouvailles

     Je me lève vers 9h, je plie le camp, il est temps, des randonneurs épars commencent à passer sur le chemin, en montant, en descendant, on se salue cordialement. A un moment, fluctuation statistique, c'est une foule qui se croise devant mon bivouac, je les regarde c'est rigolo, plus de salut cordiaux on retrouve le masque de la vie en foule, en ville... Beurk !!!

    La Norvège est toujours aussi belle, l'air aussi pur, l'eau abondante fait gronder les torrents et zèbre de bleu le paysage à travers les sapins. Arrivé en bas de la côte, le chemin raviné fait place à une piste large et propre que je suivrai la moitié de la journée avant d'arriver au bitume que j'arpenterai un peu avant de planter le camp près de la rivière. Lavage à l'éponge près de l'eau à 8°C puis dodo après un frugal repas. Il y a même du muguet « sauvage » au bord du chemin.

Lundi 21 Juin 2010 : Pearl Harbour

     Réveillé tôt, la tente est trempée de condensation et de rosée, je plie tout en vrac et je décolle, même journée que la veille, lente descente dans un paysage magnifique, en ignorant les gares de la Flåmbahnen, lequel on voit dès fois passer dans un sens ou dans l'autre, je descends presque jusqu'à Flåm car j'ai un peu mal aux pieds et je suis pris en stop 4Km avant le village.

     A Flåm j'achète des cartes postales et des timbres, je recharge mes batteries à une prise de courant, je me rase aussi, je fais sécher mon matos au soleil sur le quai en tendant la Laser entre un banc et le caddie, quelques touristes semblent admirer mon matos, bof !

     C'est truffé de Japonais comme lors de mon premier passage en 1993... Je rebaptise Flåm : Pearl Harbour ! Mais ils sont gentils comme tout et toujours souriants !

     Je fais mes courses dans un supermarché où un type se met à tousser à côté de moi, argh une sale toux et je n'ai aucun moyen de ne pas inhaler ses postillons, espérons que son virus n'est pas trop mauvais... J'achète du saucisson de renne, du fromage, des bananes... Une fois tout prêt, je prends le catamaran express pour Balestrand pour la somme de 225NOK. Et c'est une splendide croisière à 55Km/h au soleil dans les fjords avec moultes photos. Je descends à Balestrand et je recule devant le prix du bateau pour Fjærland 205NOK ! Marre de payer aussi cher et je décide de changer de route, de faire du stop.

     Balestrand c'est un peu friqué et je vois une limousine et un Hummer pour donner l'ambiance... Le stop ne marche pas très bien et je fais la moitié du tour du fjord de Balestrand à pied. Finalement il se fait tard, une piste s'offre à moi, je la suis jusqu'à un champ de tir, eh oui en Norvège il y en a plein, les norvégiens sont fanas de tir et de chasse. Le lieu est désert, je casse la croûte, je me lave à un petit ruisseau bien venu et je plante la tente dans un coin tranquille un peu en retrait. Au moment de dormir la gorge me racle, je crois que j'ai chopé la crève du mec du supermarché !

Mardi 22 Juin 2010 : Rallye

     Je me réveille, j'ai l'arrière gorge et les fosses nasales comme un caillou, grrrr ! Cela promet pour les jours à venir ! Je marche en faisant du stop, mais personne ne me prends, le site est superbe et je vois dans les prés une concentration de marguerites encore jamais rencontrée. J'ai mal aux pieds, une belle ampoule est en train de se former sur le dos de mon gros orteil, il faut absolument que j'arrête bientôt de marcher.

     J'arrive presque à Dragsvik et prends la route de montagne qui va vers Viksdalen, je me pose un peu après le carrefour et je tape le stop. Une heure après je suis pris par une femme qui m'amène quelques kilomètres plus loin, à un spot devant chez elle où je passerai 5h ! Il fait frais, il y a du vent, je me drape dans le Thermolite. Au bout de deux heures, je m'abrite au soleil derrière une grange et je dîne, puis je retourne à mon spot.

     Enfin je suis pris par des jeunes un peu destroy, mais pas métallo-punks quand même ! Ils conduisent comme des dingues, genre dépassements en côte, mais on survivra et ils me déposeront bien gentiment à Førde devant la mairie. Cette route est superbe, mais malheureusement installé à l'arrière, je n'ai pas pu en profiter pleinement ni prendre de photos.

     Je fais le plein à un supermarché puis je sors un peu de la ville direction Skei (chéï) histoire de trouver un coin où camper. Une piste à gauche m'amène près du fleuve dans un bois où je trouve facilement un emplacement bien planqué pour mon bivouac. Le soir venu j'inspecte mes pieds et l'ampoule qui m'inquiétait s'est séchée et semble en bonne voie de guérison. En fait il ne faut surtout pas que la peau s'en aille, sinon la gêne peut durer des semaines et ficher en l'air des vacances.

Mercredi 23 Juin 2010 : Itinérance

     Décollage de Førde grâce à une aimable jeune fille qui part en randonnée et qui me laisse 10Km plus loin où je suis pris par un fourgon qui m'amène à Skei à travers de superbes paysages.

     Je tape mon stop tranquille à un carrefour avec mon sourire idiot et béat quand je vois au loin une fille petite et un peu malingre faisant vraiment enfant sortir d'un bâtiment et monter dans une grande auto sur un parking, je me dis "Ca conduit une voiture ça ?". Voilà-t-il pas qu'elle s'arrête pour me prendre, ça t'apprendra ducon à penser des conneries sur les gens... Elle me laisse à Byrkjelo, toujours après avoir traversé des endroits magnifiques.

     Je suis rapidement chargé par un semi-remorque de 50 tonnes qui transporte du bitume à 140°. C'est marrant le moteur chauffe surtout dans les descentes car il faut freiner. Tout ça je le sais car mon chauffeur n'arrête pas de me raconter plein de trucs dans un Anglais parfait. Il me laisse à Olden où je commence à avancer un peu dans la vallée de Briksdal pour voir le glacier. J'arrive à un endroit d'où a été prise la photo, piquée sur Panoramio qui me sert de fond d'écran depuis 6mois. Mais mon APN n'a pas un champ assez grand pour arriver à prendre la même, et le niveau du lac a baissé et la barque est bien plus bas. Puis je fais du stop et au bout de 5mn un fourgon m'amène jusqu'au fond de la vallée

     A Briksdal il y a un gros business avec plein de japonais qui arrivent par bus entiers pour voir le glacier Briksdalbreen et que l'on amène au pied de celui-ci avec des voiturettes qui gravissent la piste en très bon état. Une grosse boutique de souvenirs et c'est tout. Ah oui, il y a aussi un camping.

     Bref je gravis le chemin de 2Km en tirant le caddie jusqu'au pied du glacier, je traîne un peu dans le coin, puis ayant trouvé un pont bien caché pour traverser la rivière, je plante la tente de l'autre côté au calme, avec vue sur le glacier qui de temps en temps émet des bruits d'explosions, c'est très impressionnant. Dans l'eau je trouve un petit cristal que je ramène comme souvenir ! Je me lave dans un petit ruisseau en surveillant les moustiques puis bouffe et dodo.

Jeudi 24 Juin 2010 : Premier de cordée

     Décollage à 8h30, je croise le premier chargement de japs qui monte, ils me font tous un sacré bonjour ! Puis je quitte Briksdal, je passe devant le départ du chemin qui mène au Brenndalsbreen qui est en fait plus intéressant car on peut le toucher du doigt, mais j'ai la flemme et je remets ça à l'année prochaine. Je marche un peu, j'investis un arrêt de bus, celui-ci s'arrête, je lui demande combien pour Olden à 18Km, 47NOK ! Va te faire voir ! Et il repart sans moi. Dans le pré en face, un agriculteur fauche et charge directement l'herbe verte, car en Norvège il est très difficile de faire sécher le foin, alors on pratique à 99% l'ensilage. Derrière lui, une biche pas effrayée du tout broute l'herbe tranquillement ou nous fait de temps en temps quelques cavalcades gracieuses.

     Après 2h de stop infructueuses, je continue à marcher sur le bitume environ 3Km puis je m'arrête à nouveau et miracle une voiture s'arrête ! "What the hell are you doing here ?" C'est un jeune guide de glacier, il m'avoue s'appeler Briksdal d'ailleurs, sûrement un des fils de la famille qui vit de ce business. Il est très sympa et me laisse après Olden sur la route qui va à Stryn.

     Une heure d'attente et un fourgon conduit par un gars très gentil m'amène enfin à Stryn où je fais quelques courses, surfe sur Internet au turism office, me rase à une prise électrique dans un centre commercial, puis je repars direction Geiranger. Un artisan m'amène près de chez lui 25Km plus loin. Après une heure de stop sans résultat je décide de bivouaquer et après une heure de recherche, une piste à péage (pour les voitures) m'amène à un joli spot où je plante la Laser entre deux averses.

Vendredi 25 Juin 2010 : Sans même demander

     Le lendemain, 5h de stop sous quelques petites averses, des obèses en 4x4 lèvent les deux bras au ciel en me voyant, j'interprète ça comme "Je peux à peine lever les bras !", un conducteur de Jaguar hollandais m'engueule que j'ose faire du stop sur son passage. Finalement décollage avec un gars très gentil et hyper serviable auquel je ferai un grand merci bouddhiste en le quittant et qui me le retournera avec grande aisance lol ! Je suis sur la route de Geiranger, enfin un endroit que je connais, et je ne suis pas loin de Kilstivatnet, endroit que j'adore.

     Je marche contre le vent, le froid et la pluie fine, à 800m d'altitude, d'un pas décidé, le parapluie en avant en traînant le caddie. Je suis bien, Geiranger est à 20Km, mais je suis trop content d'être arrivé là. Puis j'entends des coups de klaxon ! Un couple de norvégiens âgés très inquiets pour moi m'invitent à monter dans leur voiture ! Et je parcours avec eux 12Km, il fait trop chaud dans leur caisse mais je n'ose pas le leur dire. Ils veulent sans doute me réchauffer et ont mis le chauffage à fond lol. On rencontre un lac gelé à 900m ! Je les quitte 6Km avant le village car je veux absolument faire l'approche à pied pour le paysage et prendre des photos.

     Après 2Km, je plante la tente sous la pluie, planqué dans un sous-bois détrempé et ça sera une nuit très humide !

Samedi 26 Juin 2010 : Retour à Kilstivatnet

     Descente à pied très sympa avec une belle vue sur le fjord, malheureusement le temps n'est pas terrible pour les photos. Dans une chicane j'entends des coups de klaxon ! Ce sont mes sauveteurs d'hier qui repartent de Geiranger en tractant une caravane et qui me croisent ! Grands bonjours et moultes sourires, les braves gens !

     Au camping je demande la permission de prendre une douche contre paiement des 10NOK qui servent de jeton et après acceptation, je me prends rahhhhhh qu'elle était bonne cette douche !!! Plein des gourdes au robinet du camping, courses au supermarché puis je saute dans l'autobus qui va à Andalsnes pour descendre au carrefour de Kilsti à 15Km et il m'en coûte 50NOK, mais en stop l'an dernier au même endroit je m'étais découragé, et il y a un col à 800m à passer depuis le fond du fjord.

    Déposé par le bus au croisement de la route de Kilsti, j'attaque celle-ci avec joie, malgré le vent, l'humidité et le froid qui est un peu vif, 9°C. Arrivé au kafé, j'ai froid, je suis trempé de sueur et je pause dans l'abri d'un garage où je me mets à casser la dalle. Je salue le gars du kafé qui à un moment sort au balcon et il est tout étonné, puis il se rappelle m'avoir l'an dernier aimablement chargé avec mon caddie sur cette même route et amené à Kilsti ! Il est très heureux que son coin me plaise et que j'y retourne. Pour lui la saison va bientôt commencer, il compte ouvrir la semaine prochaine.

     Je repars une fois le repas terminé et la sueur séchée et je finis le trajet jusqu'à mon petit lac de Kilstivatnet. La pluie s'est complètement arrêtée et j'étends tout ce qui est mouillé en l'accrochant dans les arbres. Une fois en état, la Laser est montée sur la presqu'île à l'abri des troupeaux de chèvres qui pourraient la détériorer.

     Je me promène de façon très détendue dans le coin, j'admire les fleurs des baies sauvages que j'ai mangées l'an dernier fin Juillet, je visite l'extérieur de la maison du lac où j'ai d'agréables surprises visuelles, puis bouffe et dodo, demain grand beau temps annoncé, on attaque le mont Grøtet où l'on a échoué l'an dernier !

Dimanche 27 Juin 2010 : Le mont Grøtet

     EDIT 2014 : La balade en images.

     Cette montagne ne pose aucune difficulté technique particulière, un sentier qui part derrière les granges qui sont au bout du lac à 500m mène jusqu'à une épaule vers les 800m, il faut ensuite crapahuter vers la gauche un peu hors sentier jusqu'à un grand panneau hertzien à 1100m, et ensuite tracer droit vers le sommet (1500m) dans la rocaille et les névés.

     En montant je lève un jeune lagopède qui me fait une danse d'intimidation, je suis terrorisé ! Puis je me tape une montée dans un névé jusqu'au sommet où un cairn et une superbe vue m'attendent. Après un petit casse-croûte et moultes photos et vidéos, je redescends confortablement 400m de neige non sans surprendre un aigle royal au repos sur un rocher et dont je filmerai l'envol. Puis redescente jusqu'au bivouac à 13h, repas et sieste !

     Plus tard, lavage avec un sac poubelle comme baquet (la baignade est interdite dans le lac car il sert de réserve d'eau potable), petite promenade détente autour du lac, puis souper et dodo.

Lundi 28 Juin 2010 : Repos

     Journée de repos dans le cadre charmant de Kilstivatnet, juste une petite virée photos jusqu'a une grande antenne relais sur une colline.

Mardi 29 et Mercredi 30 Juin 2010 : Ce qu'il ne faut surtout pas faire

     Pour redescendre à Eidsdal, j'emprunte depuis le bout de la route de Kilsti un petit sentier très mal entretenu que j'ai eu la chance de trouver et de ne pas perdre en route, mais qui m'économise un large détour par la route goudronnée. A Eidsdal je fais le plein de provisions, je marchande la traversée avec le conducteur de bus qui veut me faire payer 60NOK pour aller à Valldal que l'on voit juste de l'autre côté du fjord via le ferry. "I make it 30NOK for you OK ?" Et il fourre un peu énervé mon caddie dans le coffre de son bus.

     Mon projet suivant est la traversée avec tout le matériel sur le dos, de plusieurs vallées glaciaires entre Muldal et Brøste, soit environ 30Km. A Valldal je tape le stop à l'entrée du tunnel qui va vers Tafjord et je suis rapidement pris et déposé 10Km plus loin devant le chemin qui monte à Muldal.

     (Je copie-colle ici le récit de mon aventure dans la Muldalen smile

     Muldal est un petit hameau situé entre Tafjord et Valdall dans la région du Møre og Romsdal en Norvège. On y accède par une petite piste en lacets très agréable qui nous amène en partant du fjord à 0m à une altitude de 350m. De Muldal part un long sentier de 35Km jusqu'au hameau de Brøste près de Bjorli en parcourant successivement la Muldalen, l'Ulvådalen et la Brøstdalen. L'altitude maximum (Au col) doit être de 1100m.

     J'adore cette partie de la Norvège et j'ai repéré cette traversée cet hiver 2009 grâce à Goggle Earth et http://www.atlas.no/Default.aspx?mode=a … %20Norddal

     Le 29 Juin 2010 à 14h, arrivé en stop de Valldal au pied de la petite route, j'entreprends la traversée seul, sans connaitre le chemin et avec une carte succincte car dans un excès de MULitude (Philosophie de la Marche Ultra Légère où je ne suis qu'un débutant) je n'ai imprimé qu'une seule feuille à grande échelle de la traversée. Je m'attendais à un large sentier, voire une piste. Le chemin est en fait assez étroit, balisé régulièrement, mais recouvert par endroits de névés d'avalanches, et d'arbrisseaux couchés par celles-ci.

     Je traine le caddie derrière moi pendant 2 ou 3 Km, en l'allégeant progressivement, mais je finis par mettre tout sur mon dos et c'est bien plus pratique car le sentier est chaotique. Les « T » rouges se succèdent sur les pierres du chemin, en longeant la rivière et sont parfois renforcés par un tissu rouge dans une branche d'arbre, sans doute pour les randonnées avec neige.

     Au bout de 8? Km, je perds le balisage du chemin mais je continue en suivant la rivière, la progression est assez facile. Toutefois, dans ma solitude je progresse de façon extrêmement prudente dans les névés où parfois le pied s'enfonce et se tord dans les blocs sous-jacents, mais ces plaques de neiges avalancheuses sont toutefois assez bien tassées et je ne dois faire vraiment attention qu'à l'entrée et la sortie. Les traversées de champs de blocs glissants et instables sont aussi effectuées avec une grande vigilance.

     Je finis par bivouaquer à un endroit plaisant. J'ai en tête que si je me blesse les membres inférieurs, ou si j'ai une crise d'appendicite ou autre chose, je crève ici. C'est la première fois de ma vie que je suis aussi isolé, je suis peut-être imbécile, mais je suis grisé, je suis au cœur de la nature norvégienne, près d'un cours d'eau vigoureux de fonte des neiges. Il me semble voir des signes rouges sur des pierres de l'autre coté de la rivière… Y aurait-il un autre chemin ? Le chemin aurait-il traversé la rivière ?

     Le lendemain je plie la Laser mouillée de condensation et d'une légère bruine qui commence à tomber, et je repars. Ayant perdu la piste, je progresse dans des tourbières, des amas de blocs et 3 terrasses que je dois escalader après avoir recherché la passe, je traverse des gués.

     Finalement j'arrive devant un torrent dévalant impossible à traverser, du moins avec mes deux sacs. Je le remonte sur 100m, à un endroit il se divise en 3 et je peux sauter les bras avec prudence. Je me tape maintenant une progression sur des blocs en devers, instables et rendus glissants par la pluie qui commence à tomber.

     J'arrive enfin au pied du verrou du lac et j'abandonne devant ce qui me semble être au loin dans la brume un mur neigeux à escalader  en me disant que si c'est encore la même m… pendant 25Km ce n'est pas la peine de continuer. Et le pire est que je commence à penser que je me suis trompé de vallée ! Si c'est le cas je suis sacrément perdu.

     Je décide de traverser la rivière car je vois très bien les signes du sentier de l'autre coté, et un refuge est aussi présent sur l'autre rive. Un pont de neige s'offre à moi, si je tombe à l'eau avec mes sacs je suis mort, je traverse donc à vide prudemment en tâtant la neige avec mon bâton avant d'avancer et ça se passe bien. Je reviens chercher le petit sac ventral que je traine derrière moi, ouf c'est passé ! Je retourne chercher le grand sac que je traine aussi et cela se passe bien.

     Je vais vers la maisonnette, elle est cadenassée, verrouillée !!! Je comptais dessus pour une petite pause pour reprendre mes esprits. Il pleut et il fait 8°C. Je repars donc en sens inverse de ma venue mais sur l'autre rive. Le chemin est présent et bien balisé.

     Toujours avec mon parapluie, et mes deux sacs, je perds au bout d'un moment le sentier, mais c'est bizarre, sur l'autre rive il y a un tissu rouge noué à une branche, mais impossible de traverser ce torrent en crue… Je dois alors progresser dans des tourbières, me faufiler dans des arbrisseaux dégoulinants d'eau de pluie qui me trempent copieusement, traverser des champs de blocs instables et glissants qui n'attendent qu'un faux pas de ma part et des champs de névés où le pied s'enfonce dès fois brusquement avant se de tordre au fond dans les cailloux.

     Je traverse des gués avec de l'eau jusqu'aux genoux, les chaussures en cuir achetées à Patbald font maintenant « chlurrpp » à chaque pas. Je fais fuir une biche ! Tiens un peu de vie ici ! Je progresse avec une prudence extrême, très concentré sur chaque pas, en luttant contre la fatigue et la panique qui commence à m'envahir.

     Je me rapproche de la rivière, et je vois un autre pont de neige, je décide de retraverser, je devrais normalement retrouver le chemin par lequel  je suis venu. Même technique de traversée, même résultat heureux. Je suis à présent dans des blocs, pas de trace du chemin… J'arrive à calmer la folie intérieure qui couve en moi et je remonte 30m dans les blocs, puis je tombe sur… un chemin ! Et des grands « T » rouges sur les cailloux ! Je suis sauvé, je vais m'en sortir !

     Je redescends les 7? Km de sentier à travers les arbrisseaux détrempés qui me mouillent à chaque fois.

     Je retrouve le hameau de Muldal où je me réfugie sous une terrasse. Mes doigts qui sont trempés et frigorifiés sont comme paralysés. Je casse difficilement la graine en essayant de me changer et de ranger le barda, remonter le caddie, …etc.

     Je redescends ensuite la piste sinueuse mais carrossable jusqu'au fjord où je suis pris en stop de suite et ramené à Valldal où je déballerai tout mon matos pour séchage et repos deux heures avant de refaire du stop pour Ålesund où je dormirai ce soir-là.

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    Moralité : La rando en Norvège ce n'est pas rien, les sentiers sont parfois difficiles, peu entretenus et la Norvège est 12 fois moins peuplée que la France, donc vous êtes tout seul !!!

     Le truc c'était que le chemin à un moment traverse la rivière !!! A un endroit où on est loin de supposer un gué ! De plus je suis arrivé trop tôt dans la saison et j'ai eu affaire à des torrents en crue et à des champs de neige avalancheuse. Surtout que La Norvège a connu un hiver hyper froid et neigeux cette année (Comme nous).

     A échelle moindre, la carte http://www.atlas.no/Default.aspx?mode=a … %20Norddal montre bien que le chemin traverse le cours d'eau, mais à l'échelle où j'avais mis la carte, il longe celui-ci tout le temps sur la rive gauche…

     Voilà je m'en suis sorti entier, espérons que la leçon portera ses fruits. En tout cas je suis arrivé à rester calme et à ne pas m'affoler ou paniquer c'est déjà ça, même si je suis inconscient…

     Je compte me venger l'année prochaine avec une meilleure préparation et dans une période où il y a moins d'eau et où le sentier est davantage parcouru !

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     Après séchage du matos et quelques emplettes, je suis donc rapidement pris en stop par un beau 4x4 jusqu'à un petit lac 10Km avant Ålesund, je plante la tente dans une tourbière et arrivent plein de midges. Je me mets dans la tente à l'abri pour cuisiner puis dodo, au matin l'espace entre les deux toiles sera constellé de midges collées par la condensation.

Jeudi 1 Juillet 2010 : Ålesund

     Lever, migration vers un endroit dégagé et un peu ensoleillé, sans midges, où je peux un peu faire sécher le matos, puis auto-stop et arrivée au centre d' Ålesund la plus belle ville de Norvège concours 2009 !

     J'ai mon train pour Bodø/Lofoten le 6 Juillet à Åndalsnes, j'ai donc pas mal de temps à perdre dans le coin, mais je ne resterai que quelques heures dans cette ville. Je recharge mes batteries au turism office, je me rase branché après permission sur un gros compresseur dans un chantier près du port ! Je repars, j'ai quelques difficultés à quitter le secteur en stop car je me fais piéger sur une voie rapide, mais avec de la chance, pris sur une bretelle, une femme m'amènera à Tomra.

     Je fais le plein des gourdes sur un terrain de foot, je trouve assez vite une piste sur la droite qui se perd dans une forêt et je plante la tente dans les myrtillers près d'un glou-glou où je pourrai me laver tranquille.

Vendredi 2 Juillet 2010 : Retour à Åndalsnes

     En deux voitures j'arrive à Åndalsnes bien en avance pour mon train du 6 ! Je trouve toutefois un spot pas mal du tout bien planqué et agréable à 1Km de la gare, avec petit glou-glou à côté et tout et j'y resterai 3 nuits. Le seul souci c'est une voie rapide qui passe pas assez loin au-dessus, et aux heures de pointe c'est un peu bruyant.
     
Samedi 3 Juillet 2010 : Retour à Trollstigen

     Que faire pendant 3 jours ? Je décide de faire une petite virée à Trollstigen. Deux blacks norvégiens dans une longue voiture m'amènent au croisement, puis je marche un peu, des voitures avec plein de place ne s'arrêtent pas, et puis une petite voiture neuve bondée s'arrête ! Un couple de polonais adorables avec leur petite fille réorganisent leur chargement pour que je puisse rentrer à l'arrière avec le caddie sur les genoux ! On se fait donc la montée de Trollstigen. Le conducteur cale souvent, il m'explique que ça fait 3 mois qu'il a le permis, mais avec une petite voiture très chargée et la route tortueuse et pentue ya de quoi.

     Arrivés au site, le mec bombarde par surprise sa nana de boules de neige, on rigole bien ! Puis on se perd dans la foule et au bout d'un moment je refais du stop à l'envers pour rentrer à Åndalsnes. Très vite je suis pris et je rentre au village.

Dimanche 4 Juillet 2010 : La Brøstdalen

     Je décide d'aller voir tranquillement ce qu'il y a de l'autre côté de la Muldalen, et après avoir remonté en partie la magnifique vallée de la Rauma, j'arrive assez vite en stop à l'embranchement de la route de Brøste, à droite avant Bjørli.

     Je marche sur une route bitumée très jolie qui devient ensuite une piste à péage pour les voitures. Je la suis sur 10Km, puis je bivouaque dans un petit bois. Les cloches des vaches et des brebis me réveilleront plusieurs fois dans la "nuit"...

Lundi 5 Juillet 2010 : Un jour à perdre

     Retour à Åndalsnes et dernier jour à perdre en attendant le train !

Mardi 6 Juillet 2010 : Le rendez-vous !

     Après m'être rasé à une borne nautique sur le petit port, je prends la superbe Rauma Line à 16h16, puis je monte dans le train pour Trondheim à 18h24. A Trondheim je suis accueilli par deux membres du forum www.norvege-fr.com avec qui j'avais rendez-vous, et on se boit un pot dans un bar branché de la ville, près du joli pont à côté de la cathédrale Nidaros. Un des gars devait me remettre ma nouvelle carte Visa mais mon frère s'est un peu mélangé les pédales et ne lui a pas envoyé la carte, ce n'est que partie remise pour plus tard

     Puis après, avec une bonne pinte de bière dans l'estomac, je monte dans mon train de nuit. Mais comme toujours, impossible pour moi de dormir dans ces conditions, même avec le kit de sommeil et le siège inclinable. Une nana devant moi n'arrête pas de tousser et c'est avec le masque antigrippe que je passerai la nuit, j'ai déjà donné et je sors à peine de 10jours de rhume !

Mercredi 7 Juillet 2010 : Repos à Mørkved

     J'ai prévu de m'arrêter juste avant Bodø dans un petit bled pour pouvoir me reposer du train de nuit. J'arrive donc à Mørkved comme prévu à 09h01 ! Comme d'habitude je ne reconnais pas l'endroit où je suis et je ne peux donc pas rejoindre la petite rivière aux berges accueillantes repérée sur Goggle Earth. Je marche donc jusqu'à ce que je trouve un coin pour camper dans une tourbière pleine de midges mais il n'y a que ça de tranquille, et je passe le reste de la journée à comater dans la tente jusqu'au soir où je dors profondément.

Jeudi 8 Juillet 2010 : Retour à Væroy

     Je décolle tranquille en stop et je suis à Bodø en 15min grâce à un camionneur très sympa. C'est fou tous les lilas en fleurs que je vois depuis le camion, ça me rappelle ce téléfilm "La demoiselle d'Avignon" sur le royaume scandinave imaginaire de Kurlande ! Ils annoncent dans les pays nordiques le retour des beaux jours.

     Je change du fric à La Poste, je fais des courses, je me rase aux toilettes de la gare (oui on peut !), puis je prends le ferry pour Væroy.

     Un peu de roulis, léger mal de mer, passage à Røst, superbe ! Puis arrivée à Væroy à 22h45, j'investis le jardin des gens qui m'avaient dépanné l'an dernier pour bivouaquer.

Vendredi 9 Juillet 2010 : Møstad

     Je fais Sørland - Norland à pied, le stop ne marchant pas bien, puis je me tape le sentier côtier jusqu'à Møstad, superbe balade. A Møstad il y a un point d'eau et je plante la tente un peu avant, au départ du chemin abrupt qui mène à la crête et aux macareux.

     Il y a beaucoup de coups de vent et la tente danse un peu. Dans la nuit la pluie viendra éteindre le vent.

Samedi 10 Juillet 2010 : Promenade

     Je ne fais pas la balade des macareux, le sentier est vertigineux et rendu glissant par la pluie de la nuit et je suis un peu fatigué, il me faut aussi refaire le sentier par lequel je suis venu.

     Je rentre de Møstad, puis je suis pris en stop jusqu'à Sørland. Je fais le chemin de balade détente super bien aménagé qui se trouve dans la vallée du village et je finis à la plage de galets de Sørlandshagen où je plante la tente, avec des cailloux sur les sardines vu les coups de vent alternant avec un calme absolu.

Dimanche 11 Juillet 2010 : Moskenes

     Promenade sur les crêtes de Væroy.

     Départ pour Moskenes le soir. J'arrive à Sørvagen à Minuit passé, je me douche au camping moyennant 10NOK, puis je plante la tente en sauvage en sortant de suite du camping en montant à gauche dans le bois, il y a quelques spots bien plats, cachés et gratuits !

Lundi 12 Juillet 2010 : Retour à Reine

     Auto-stop jusqu'à Reine où je plante la tente tout près des séchoirs à morue dans ma planque habituelle comme une hirondelle.

Mardi 13 Juillet 2010 : Horseid

     Bateau jusqu'à Kjerjkfjord, puis rando jusqu'à la plage de Horseid, puis retour au carrefour des chemins où je bivouaque et suis réveillé à 2h du matin par une tempête pluvieuse qui m'empêchera de dormir toute la nuit, vu la violence du vent. Un brin d'arceau de la Laser sera légèrement tordu au matin.

Mercredi 14 Juillet 2010 : Le fjord des empafés

     Pliage de très bonne heure de la tente trempée, passage du col vers Sel, puis crapahut dans les rocs et les tourbières et les flaques jusqu'à une piste où une voiture de Français ayant reconnu ma nationalité à mon sac Millet me chargera pour m'amener à la route principale. Encore une fois mes chaussures sont trempées. Après dîner, je repars vers Nesland, personne ne me prend en stop, sauf un charmant couple âgé d'Anglais vers la fin avec une classe terrible, sauf la difficulté de conduire à droite cette voiture de location. Un superbe spot herbu en bord de mer juste avant Nesland me servira de bivouac.

     Je suis en contrebas de la route, je n'aime pas trop ça, trop visible aussi, mais c'est vraiment une piste au bout du monde dans un endroit vraiment très tranquille, les Lofoten...

     Vers 21h je regarde mes cartes dans la tente, quand j'entends une voiture qui s'arrête, des rires, des appels, un genre de compte à rebours puis deux impacts très violents sur ma Laser à 300€... La surprise passée, je sors la tête et je vois une voiture de sauvageons blonds qui repartent en trombe en se payant ma tête ! Je sors voir les dégâts, la Laser n'a rien, elle a reçu deux bouteilles de Coca de 50cl à moitié pleines, mais lancées très violemment.

Jeudi 15 Juillet 2010 : Finalement Skrova

     Je fais le sentier côtier Nesland - Nusfjord, je trouve une douche en arrivant. Nusfjord est joli mais payant, pas pour moi qui arrive d'un sentier. Encore un couple d'Anglais me sort de là et me ramène à la route principale. Je suis de suite pris par un couple de vieux locaux qui m'amènent à Leknes, puis après 2h de stop je finis par faire 15Km, une heure de plus et une voiture s'arrête et me porte à Svolvaer.

     Je suis un peu fatigué et je décide de faire un crochet chez mes amis qui sont sur le continent juste en face, je pourrai vider mes cartes flash de l'APN qui commencent à être pleines, peut-être leur emprunter de l'argent pour monter au Cap Nord, et me retaper un peu.

     Il est trop tard pour le ferry pour Skutvik, mais je peux encore aller à Skrova et ça sera une très bonne chose.

     Arrivée sur l'île, je marche un peu puis je prends l'embranchement des sentiers et je plante la tente 300m après. Je téléphone à mes amis, coup de bol ils sont là et m'attendent donc.

Vendredi 16 Juillet 2010 : Retout à Ulvsvåg

     Je me promène un peu sur Skrova qui est géniale, puis ferry de fin d'après-midi jusqu'à Skutvik. Je tente l'auto-stop, un minibus payant s'arrête et me porte gratos jusqu'à Ulvsvåg ou je retrouve mes amis, apéro, souper, machine à laver, séchoir, douche et un bon lit !

Samedi 17 Juillet : Ulvsvåg

     Visite d'un marché dans un bled alentour, Vidar me prête 1500NOK pour que je puisse finir mon voyage, je le rembourserai au retour avec ma nouvelle carte Visa que mon frère va lui envoyer en recommandé, super solution !

     Je grave toutes mes photos sur DVD et je fais aussi une copie sur ma clé USB, mes cartes Flash sont enfin à nouveau vides et leur capacité totalement disponible.

     Je consulte la météo pour la semaine à venir et elle est vraiment exécrable sur la côte. Par contre en Suède, vers Kiruna et le Finnmark, le temps ne sera pas aussi épouvantable bien au contraire et je décide d'inverser ma boucle de voyage. Après contact téléphonique, mon ami Bjorn de Narvik est prêt à me recevoir demain soir.

Dimanche 18 Juillet 2010 : Narvik

     Je décolle après dîner et Vidar m'emmène au ferry de Bognes, le seul ferry restant sur la E10 entre Oslo et Kirkenes ! A la sortie de celui-ci c'est évidemment la galère, et après avoir vu passer toutes les voitures du ferry devant mon pouce tendu, je décide de m'avancer un peu et je marche 3 ou 4 km jusqu'à un parking où j'attends.

     Rien avant le ferry suivant ! Et le train de voiture passe devant moi juste au moment d'une méga averse et c'est recroquevillé sous mon parapluie avec mon panneau "Narvik" que je tape le stop ! Mais un gars super sympa s'arrête et m'amène à Narvik où mon pote vient me chercher, me fait visiter un peu la ville sous la pluie, notamment les cimetières militaires, puis on s'en met plein la lampe chez lui et on se fait un raid de meuporg Everquest sur Internet en sirotant un Whisky, puis dodo !
     
Lundi 19 Juillet 2010 : Le Finnmark, bonjour les moustiques !

     Bjorn ne travaille pas cet aprèm et il m'amène à Abisko en Suède à 120 km ! Il en profitera pour faire le plein de produits suédois bien moins chers qu'en Norvège. A Abisko, après les emplettes, on se casse une croûte au bord de la rivière qui longe le départ de la Kungsleden, puis on se sépare (snif).

     Je suis assez vite pris par un semi qui m'amènera après Kiruna à Svappavaara. Je marche un peu sur la route de Vittangi, puis je m'enfonce dans les bois pour camper. Au bout d'un moment j'ai 30 moustiques sur moi et motivés en plus ! Je sors la moustiquaire de tête, je monte la tente rapidement puis je me mets à l'abri. J'ai chaud mais je ne peux pas aérer, je cuisine dans l'abside à travers le mesh entrouvert, puis dodo !
     
Mardi 20 Juillet 2010 : Lakselv

     Je suis pris par la première voiture qui passe. Ah Français ?! Citroën !!! Me fait le vieux en tapant fièrement sur son volant. Je suis mort de rire ! Il me laisse à Vittangi où je marche un peu.

     Je demande de l'eau à une maison et un autre vieux me rapporte ma bouteille pleine + une bouteille de 1,5l de cidre en bonus ! Vraiment sympas les gens dans ce coin !

     Après 4km de marche je trouve un spot où je tape le stop 2h et finalement un VW Westfalia rouge s'arrête, c'est la version camping du minibus VW, il a un kayak de chaque côté du toit. Le jeune allemand est très sympa, il aide son père qui monte depuis Kiel vers le Cap Nord à vélo, et finalement nous rencontrons celui-ci un peu plus loin dans son étape, nous pausons puis repartons.

     Quand il en aura fini avec le périple de son père, il doit rejoindre sa copine qui arrivera en avion à Harstad pour une visite des Lofoten et de la Norvège. Il me laisse un peu avant Karesuando (Kaaresuvanto) à la fontière avec la Finlande. "On se reverra aux Lofoten !!!" Qu'il me dit en partant !

     Je passe la frontière à pied, les épilobes sont en fleur ici et sont superbes. Je tape le stop avec la moustiquaire de tête car il y a des moustiques et des petites mouches noires encore jamais vues mais que je semble beaucoup intéresser...

     Malgré ma drôle de coiffure, je suis pris au bout de 45mn par une grand-mère arctique qui, coup de bol, m'amène jusqu'à Enontekio !

     Et c'est avec une charmante jeune femme que je ferai la suite du trajet jusqu'à Lakselv. Les moustiques et consorts me dégoutent de m'arrêter avant et je n'ai qu'une envie, c'est de quitter le Finnmark le plus vite possible !

     Elle me raconte qu'elle vient de s'acheter un gros fusil pour chasser l'élan, sacrée bonne femme !

     Sur la route à un moment, un très jeune renardeau nous oblige à nous arrêter, il est couché en posture de soumission, la langue sortie et une patte levée pour ne pas que la voiture le mange ! Il est extrêmement mignon, je me demande où est la mère ? Puis il rampe vers le bas-côté et nous repartons.

     A Lakselv il flotte grave et je reste une heure sous l'abri d'une station-service avant d'aller faire des courses, tenter le stop vers le Cap Nord qui n'est plus qu'à 200km, et finalement quitter la ville à pied pour aller bivouaquer dans les tourbières, avec même un gros caillou sous ma tente que je n'ai même pas vu au plantage ! Mais même lové autour du rocher je m'endors rapidement.     

Mercredi 21 Juillet 2010 : NK + HF

     Décollage avec un semi très sympa mais avec la radio naze du coin à fond ! Mais je n'ose rien dire, il va à Høningsvåg et cela fait que je suis presque arrivé au Nordkapp !

     Il râle après un camping-car allemand qui se traîne devant lui depuis 50km, celui-ci finit enfin par se ranger et il le dépasse dans un furieux concert de klaxon ! Hahaha !

     On passe le tunnel sous-marin où je dois débourser 47NOK comme passager; puis on arrive à Høningsvåg où je pénètrerai très peu, le temps de dîner sous un abri bus. Il fait soleil, mais froid et il y a du vent et des petites averses. Puis je reprends le stop vers Nordkapp. Au bout d'une heure je monte avec un gars sympa qui m'invite chez lui à Skarsvåg pour goûter sa soupe de poisson. J'en profite pour lui taxer une douche et un rasage...

     Il est très fier car il a participé à un reportage sur le Finnmark fait par une télé française et ce film doit passer en France cet automne. Si j'arrive à le choper je le lui enverrai là-bas après l'avoir visionné.

     Sa femme travaille au North Cap Center et il m'amène là-bas en allant la chercher vers 16h et en plus nous entrons gratuitement comme il est de la famille du personnel. Le prix est normalement de 235NOK par personne...

     C'est fou le nombre de vélos qui vont au Cap Nord, la plupart super bien équipés, mais quel périple, surtout ceux qui passent par la Norvège, avec les routes étroites, le vent et la pluie.

     Je ne resterai au Cap Nord que le temps d'envoyer une carte postale à des amis chers et voyageurs et de faire un tour sur l'esplanade, tellement que c'est infesté de touristes qui arrivent et repartent dans des trains d'autobus. De plus le temps doit se dégrader assez vite et j'ai hâte de filer d'ici. Il fait plein soleil, 7°C et un vent à 40Km/h. Une forte pluie est annoncée, un vent à 60Km/h ainsi qu'une chute à 4°C des températures.

     Impossible donc pour moi de faire le vrai Cap Nord (Knivskjelodden), l'aller-retour à pied est de 18km. J'aurais bivouaqué en chemin, mais me réveiller sous la tempête à 4°C ne me dit rien du tout.

     Je tape donc le stop à la sortie du centre et je suis immédiatement pris par un VW minibus aménagé home made qui m'amènera, après avoir repayé 47NOK pour le tunnel, jusqu'à Hammerfest où je passerai la nuit dans un parc au milieu des rennes !

Jeudi 22 Juillet 2010 : Alta +

     Réveil sous la pluie battante, j'ose même pas sortir pour pisser. Je fais pipi couché sur le côté et malheureusement je pisse sans m'en apercevoir entre le Polycree et l'Arkmat...

     Je plie tout, je démonte l'intérieur de la Laser, je m'équipe, je sors et je pars. Je parcours 2km jusqu'à l'église qui est à la sortie de la ville et je tape le stop par 7°C, vent violent et pluie battante. Le parapluie se retourne plusieurs fois, je me gèle et personne ne s'arrête... Je hurle un bon coup ! Ensuite il y a des vieux qui me matent par leur fenêtre, très inquiets lol. Au bout d'une heure je décroche et je me réfugie dans l'église où je casse la croûte. Une personne travaille le Clavier Bien Tempéré de Bach au piano dans la cave, j'irais bien la voir bosser.

     Puis finalement un peu séché et réchauffé, je ressors, je sors le pouce et un camion s'arrête ! Miracle ? Pourtant je n'ai pas prié ! J'avais même envie de foutre le feu à leur église de salopards qui laissent les auto-stoppeurs sous la pluie et le froid !

    Le conducteur est un jeune suédois super sympa et super bien dans sa peau et il me descendra de 400km jusqu'en dessous d'Alta à un carrefour où je camperai pas loin dans l'herbe détrempée pour une nuit pluvieuse à 8°C.

Vendredi 23 Juillet 2010 : Lyngen

     Réveil, pliage de la tente entre deux averses, mais pas assez vite malheureusement ! Du mal à démarrer en stop, puis une voiture m'amène à Olderdalen où je fais des courses et bois un café gratuit à la table des invités du supermarché. Le cookie maison offert n'est pas mal non plus. Puis je prends le ferry pour Lyngen.

     J'attaque la traversée de Lyngen par la route, puis je bivouaque au tiers du chemin, près d'un sentier où je rencontrerai le crétin des Alpes de Lyngen.

Samedi 24 Juillet 2010 : Tromsø + Sommarøy

     Décollage, marche pendant 6km puis pris en stop par une auto qui m'amène via l'autre ferry, jusqu'à Tromsø !

     Squattage du syndicat d'initiative, puis marche jusqu'au jardin botanique. J'y reste 2h et je repars en marchant vers la sortie Ouest de la ville qui est très loin... Avec en plus un méga pont à traverser. Je prends finalement un bus qui m'amène vers la route de Senja, hors de toute ce délire urbain que je déteste !

     Un fourgon de Lithuaniens s'arrête et me porte un peu plus loin au carrefour de la route du ferry. Très vite je suis amené un peu plus loin à un autre carrefour et je choisis de camper sur la magnifique plage qui s'offre à moi.

Dimanche 25 Juillet 2010 : Sommarøy

     Je passe une journée et une nuit de plus sur cette magnifique plage.

Lundi 26 Juillet 2010 : Palestine vaincra...

     Je marche jusqu'au ferry, soit environ 5km, en regardant les horaires avec un couple je suis invité spontanément à boire le café par un couple qui est à côté de moi. Le gars très méditerranéen me dit "On réveille les enfants et on vous appelle !".

     Tout en déjeunant j'apprends qu'il est d'origine palestinienne, chrétien, et qu'après avoir été prof de math il s'occupe de tutorat à l'université. Il a connu sa compagne néerlandaise en Angleterre et il lui a fait 3 garçons charmants dont un fan de Zidane content d'avoir un Français avec lui !

     On discute évidemment de la misère de ce peuple déshérité pendant un bon moment. On papote ensuite avec un pêcheur Français du 95 inconditionnel de la Norvège en camping-car. Il a l'accent bien parisien et le pif bien rouge et nous donne des conseils de pêche et de préparation du poisson.

     Puis vient le moment d'embarquer dans le ferry qui vient d'arriver, mais mes potes, bien qu'arrivés les premiers au terminal ne se sont pas mis dans la bonne file d'attente de l'embarquement, et ça semble bien mal parti pour eux car le ferry va surement être complet. Néanmoins, en tant que piéton, j'y vais de mon témoignage véhément auprès du placeur qui ne semble pas trop apprécier ces situations sans doute assz fréquentes, puis j'embarque et m'installe au salon. Le ferry démarre sans que je ne voie mes amis me rejoindre et je me mets à philosopher à nouveau "Pauvre palestiniens, vraiment...". Puis au bout d'un moment ils apparaissent finalement au salon et me remercient du coup de pouce diplomatique. "Finalement ils nous ont laissé embarquer, tu vois Manu, le malheur perpétuel du peuple palestinien" il me dit en plaisantant. "C'est ce que j'étais juste en train de me dire !".

     Ferry un peu cher, il ne fonctionne que l'Eté et sert surtout au tourisme. Puis arrivée à Bothnam, je me sépare de mes amis et fais quelques courses au shop du coin. Je déjeune ensuite sur une table devant le super marché avec un cycliste Polonais et un autre Belge avec lesquels je partage mon litron de lait entier (miam!). Je leur dis qu'ils ont de la chance d'être à vélo, comme ça ils peuvent se faire toutes les petites routes de Senja qui ont l'air de toutes aller à des endroits super. Mais ils ne partagent vraiment pas mon enthousiasme, pour eux 20Km de plus par jour ce n'est pas rien, déjà qu'ils doivent rentrer du Cap Nord jusqu'à chez eux ! Finalement on en est tous à peu près au même point.

     Je marche 4Km, je passe devant la route de Husøy que je regrette de ne pas avoir prise !, puis je suis pris en stop jusqu'au début de la route côtière, puis par un monospace qui m'amènera à Mefjordvær via Senjahopen. La route est vraiment sublime et je regrette de ne pas pouvoir faire de photos tranquillement hors de la voiture.

     Joli village avec une belle promenade sur la digue, puis derrière, un chemin qui mène à une plage de rochers où je camperai après un lavage rapide à l'éponge dans une flaque propre d'eau de pluie, malgré les moustiques et les midges. Le lieu est sublime, mais je ne peux pas sortir de la tente pour méditer et contempler... Je compte l'ombre de 80 moustiques d'excellente qualité posés malgré le vent sur la porte extérieure de la Laser...

Mardi 27 Juillet 2010 : Senjatrolle
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     Départ à pied en faisant du stop, je parcours 4Km, je traverse Senjahopen, puis je refais du stop une heure sans succès à l'entrée du tunnel, alors je me fais finalement ses 2,5Km à pied en chantant "La ci la darem la maaaanooo !", ça résonne super bien.

     Sortie du tunnel, je marche encore 1,5Km, puis je rejoins un parking de campeurs près de la plage d'Ersfjord. Un gamin rapide avec une épaisse tignasse passe devant moi, Karim ! Le camping-car hollandais est là, retrouvailles, petit déjeuner... Puis on fera 20Km ensemble avant de se séparer car je partirai sur Gryllefjord pour le ferry d'Andenes, et eux à Finnses pour leur séance de piscine périodique.

     Je marche vers Gryllefjord, tout en m'apercevant que je ne suis vraiment pas loin de Senjatrollet, le parc des trolls où l'on trouve le plus gros troll du monde pesant 1500 tonnes ! Je marche donc 4Km et arrive au parc des trolls en tenant à la main un énorme bolet orangé ramassé sur le bord de la route.

     Je croise le patron du parc qui semble horrifié par mon champignon, pourtant son parc est plein de monstres en tous genres ! Les norvégiens ont une peur bleue des bolets, mais ramassent toutefois les chanterelles (girolles).

     Je finis par balancer mon champi car il est en fait un peu vieux et véreux, et je campe près d'un torrent et d'une passe à saumons. C'est infesté de moustiques et de midges, il pleut un peu. Malgré cela je trouve le moyen de sortir en slip de la tente pour aller me laver en vitesse à l'éponge dans l'eau à 10°C. Je retourne aussi vite dans la tente où je me barricade contre les moustiques, puis je mange et je m'endors tout propre sous la pluie battante et 11°C.

Mercredi 28 Juillet 2010 : Andenes +

     La pluie s'est arrêtée, je plie le matos toutefois bien humide et je marche 2Km avant d'être pris par un jeune sympa qui va bosser justement à Gryllefjord, il fait 180Km AR par jour pour cela depuis Finnses, je me demande comment ça va se passer pour lui cet hiver. Il me laisse au terminal du ferry où je suis 5h en avance.

     Shopping, séchage/étalage du matos, cassage de croûte, puis embarquement dans cet autre ferry, lui aussi touristique et cher (60% plus cher qu'un ferry ordinaire), mais bon, 150NOK pour traverser jusqu'aux îles Vesteralen ça me va.

     Arrivée à Andenes, petite visite du tourism office près de la tour du phare, puis je file au Sud à pied, je marche 5Km puis je plante la tente près d'une plage, pas loin de champs d'antenne très bizarres et surréalistes. Le Whale Safari à 850NOK ne m'a pas tenté !

Jeudi 29 Juillet 2010 : Nøss +

     Je marche jusqu'à Bleik où il y a un petit camping, je squatte les douches qui sont aussi celles du stade de foot. Charmant petit camping où l'on trouve appuyé à un poteau un vélo dédié aux courses en libre service avec un panier et un plan du village scotché dessus ! Que nous sommes loin de notre belle et magnifique France latine où l'on ne peut rien laisser traîner dehors...

     Je repars, passe par l'épicerie du village où un jeune garçon employé obèse fait vraiment pitié, puis je commence le stop dans le virage. Une nana que j'avais vue au camping arrive et se poste 50m avant moi... Pas chiée la nana, mais elle ne m'a certainement pas vu. Une voiture s'arrête pour la prendre et... Me prend aussi, et nous roulons sur la côte jusqu'à Nøss où le conducteur nous débarque. La nana n'est pas mal et a l'air sympa mais elle schlingue, donc je décline son invite de visiter une galerie d'art ensemble et je continue mon chemin... Vous allez me dire ben quoi Manu tu es gonflé, c'est une routarde comme toi ! Oui mais au camping il y avait des douches gratuites, donc pas d'excuses pour elle... !

     Après 3Km de marche, je plante la tente en contrebas du cimetière, sur la plage herbue, dans un superbe site.

Vendredi 30 Juillet 2010 : Orages sur les Vesteralen, Ô Capitaine, mon capitaine !

     Je suis réveillé par le tonnerre et la tente qui danse un peu en tous sens, étonnant un temps orageux sous ces latitudes, mais cela semble toutefois arriver. Pliage de la tente et départ, je vide la vieille eau de ma gourde dans l'herbe en marchant vers le cimetière pour refaire le plein et malheureusement le robinet n'est finalement pour une fois qu'un goutte à goutte qui remplit une barrique douteuse, et du coup je n'ai plus d'eau... Comme quoi on n'apprend jamais à être suffisamment prudent en tout !

     Un peu plus loin un maigre ruisseau qui sourd de la montagne me permet heureusement de remplir une gourde avec une pastille d'Aquatabs. Je traverse Bo, je filme au zoom des bébés mouettes dans un pré sous les cris affolés de la mère qui essaye de m'intimider en me piquant dessus, puis je marche 2Km jusqu'à un espace désert avec un parking où je tape le stop pendant 2h, finalement un Argentin m'emmène 8Km plus loin, je marche 1,5Km, puis je suis pris par un 4x4 qui tracte une remorque à chevaux, ça m'aurait tellement étonné qu'il me prenne que je ne me suis aperçu qu'au bout d'un moment qu'il s'était arrêté derrière moi pour me charger ! Le gars et sa fille emmènent le cheval se faire ferrer à Harstad. Ils me laisseront au pont de Sortland que je dois traverser car mon objectif est le port fantôme de Nyksund au Nord de l'île de …

     Le pont est impressionnant et je suis obligé de le faire à pied sur un trottoir étroit de dalles qui dès fois branlent un peu au-dessus des 30->40m de haut. Des caravanes me frôlent, et la traversée est un calvaire, je ne décolle pas la main de la main courante. Depuis le pont on voit deux beaux bateaux militaires "Kystvakt" de la sécurité maritime.

     De l'autre côté je suis très vite pris par le capitaine d'un des navires, il rentre chez lui à Myre et est très sympa ! Clope au bec il tousse souvent. Il me raconte aussi que travaillant actuellement en collaboration avec des militaires Français et Anglais, il s'étonne de la hiérarchie anglaise, très compartimentée. Quand il a besoin, lui, de parler directement avec le matelot tout en bas de l'échelle, il ne se gène pas, et l'inverse arrive aussi souvent, et c'est bien plus efficace comme ça qu'il dit !

     Il tombe des cordes sous les éclairs et le capitaine n'en revient pas ! 7 ans qu'il n'avait pas vu un temps pareil. Du coup il m'invite dans son garage à goûter et je m'en mets plein la lampe, je fais le plein de flotte et j'accueille avec plaisir les barres chocolatées qu'il me refile pour la route ! Son cousin arrive ensuite, sacré gaillard aussi et nous discutons des salaires en France, il y a une sacrée différence entre les SMIC ! Puis le capitaine me confie à son cousin qui doit lui taxer sa voiture et celui-ci m'emmène sur la route de Nyksund non sans passer par le port local où il me montre son gros bateau de pêche car évidemment il est lui aussi capitaine ! J'ai loupé une question fatidique à poser "You taking passengers ???"

     Je monte avec un mec qui me raconte que sa famille possède tout le coin avant Nyksund et on s'arrête à une stèle en hommage à son grand-père qui a sauvé 35 personnes d'un naufrage grâce à sa barque ! Il me laisse 4Km avant le petit port.

     Je suis ensuite pris pas une très jolie norvégienne qui parle très bien Français et qui a vécu à Lyon ! Elle me raconte qu'elle organise un concert ce soir et qu'il faut absolument venir ! En plus ce n'est pas cher, 100NOK, ce qui est ridicule pour un concert en Norvège. Je l'aide à transporter des chaises et puis je la laisse et pars visiter et repérer le village.

     Très joli Nyksund, un endroit exceptionnel...

     Le soir donc j'assiste au concert des 4 nanas qui chantent, jouent de la guitare, du piano ou de la guimbarde, et puis je plante ma tente à l'entrée du village, en contrebas de la "Route de la Reine" sur un spot bien plat et herbu.

Samedi 31 Juillet 2010 : Bo

     Après avoir chargé tout le barda sur mon dos je m'engage sur le sentier formidable qui démarre un peu avant le village et mène à Nyksund. Arrivé au col on a le choix entre le chemin court et le long, je choisis le court et j'arrive à Stø juste avant la pluie. Je me réfugie dans un hangar et je casse la croûte.

     Je traverse Stø et suis pris en stop par deux vieux à la sortie du village, ils m'amèneront à Myre au supermarché. Je fais mes courses et m'installe à la table des invités pour m'enfiler mon litron de lait entier aux biscuits ! Je croise au supermarché la nana qui organisait le concert. J'ai oublié de lui dire "A l'année prochaine !".

     Je quitte ensuite la ville à pied en faisant du stop mais ça ne marche pas trop bien et il me faudra 3h pour finalement voir s'arrêter une voiture d'Anglais très sympas qui m'amèneront sur la route de la commune de Bø.

     Je suis ensuite pris immédiatement par un gars un peu bizarre mais très gentil, il fait de très longs "slurrps" en sirotant son chocolat "Statoil" ! Il m'emmène un peu avant Bø où je me fais déposer dans la campagne pour chercher un spot de camping. Puis je plante la tente dans la lande.

Dimanche 1 Août 2010 : Back to the Lofoten

     Je marche un peu puis je suis pris par un vieux norvégien qui ne parle pas un mot d'Anglais ! Il finit par m'emmener chez son fils qui le parle, et il me laisse à Vinje où je ferai du stop pendant 2h dans un vent très très frais ! Et drapé dans mon Thermolite je commence à désespérer. Ah comme j'aimerais retourner aux Lofoten et surtout à Unstad où je pourrai me reposer.

     Un fourgon finit par s'arrêter, il y a eu une fête hier soir à Bø et il s'était chargé de la sonorisation. Le gars rentre chez lui près du musée Viking des Lofoten, à 8Km d'Unstad !!! Il m'amènera même jusqu'à la plage du petit village, malgré avoir déjà parcouru 200Km.

     Je tape à la porte d'un gars que j'avais rencontré sur la plage l'an dernier pour lui demander la permission de planter la tente au bout de son terrain herbu en bord de mer, car le sable c'est bof bof pour camper. Je le regretterai un peu d'ailleurs car la plage un peu en contrebas est à l'abri du vent.

     Il fait toutefois soleil et je rends visite à mon spot de lavage à l'eau douce, le petit ruisseau au Nord-est, et mes cabinets personnels pas loin bien planqués...

Lundi 2 Août  2010 : Unstad

     Temps couvert et venteux, je me repose et fais des petites balades, je visite notamment le petit bois et il est adorable ! Je me gave aussi de myrtilles et autres baies juteuses.

     Je remets à une autre année la rando Unstad-Eggum, je commence à être fatigué, surtout des tendons d'Achille.

Mardi 3 Août  2010 : Skrova la magnifique

     Je décolle de suite en stop et un couple de norvégiens super sympas m'amène à Kabelvåg ! Et je fais plein de photos dans le joli port de pêche. Puis je me fais la route jusqu'à Svolvær à pied (5km), après m'être arrêté à la belle église pour casser la croûte en compagnie d'un magnifique chat hyper sympa qui partagera mon Servelat !

     Je suis bien en avance pour le ferry et je dois patienter debout à l'abri dans l'entrée du resto car je ne veux même pas payer un café ici c'est trop cher ! Puis nous appareillons pour Skrova où je descends et je plante la tente au même endroit qu'il y a un mois !

Mercredi 4 Août  2010 : Skrova

     Il y a un robinet d'eau potable au ponton avant le départ des chemins de l'île et c'est excellent. Toutefois je remplis mon sac poubelle avec 10L d'eau du petit ruisseau à l'eau pas très claire, mais assez claire pour se laver et je mets le sac noir au soleil. Ce soir bain chaud !

     J'escalade le sommet, il y a même une corde genre main courante, bien pratique surtout pour la descente. La vue est sublime avec le beau temps, inoubliable, je n'oublie pas non plus de signer le petit livre dans la boîte en fer.

Jeudi 5 Août  2010 : Skrova

     Je fais le tour de l'île, en fait la première fois, il faut tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre vu que le balisage est un peu défectueux. Et ainsi on trouve assez bien le chemin.

Vendedi 6 Août  2010 : Ulvsvåg

     Je décolle de Skrova en ferry vers 16h et j'arrive à Skutvik à 18h30, je marche 5Km avant d'être pris en stop par un camping-car d'allemandes ! Jusqu'à Ulvsvåg chez mes amis.

Samedi 7 Août  2010 : Ulvsvåg

    Chouchoutage, lavage, lessivage, barbecuage, promenage, picolage, ordisurfage, bref que du plaisir après un mois de coquillettes au fromage sous la tente et les moustiques !

Dimanche 8 Août  2010 : Ulvsvåg

    Même chose...
     
Lundi 9 Août  2010 : Fauske

    Je me mets sur la E6 pour taper le stop direction Fauske. Au bout d'un moment je vois au loin un fourgon rouge '"Ca pourrait être un minibus VW je me dis en riant !" Tiens il a un toit blanc ça pourrait être un "Westfalia", Mais ! Il a deux kayaks de chaque côtés et le temps que je me mette à lire la plaque effectivement allemande il a déjà ralenti et s'arrête et je suis époustouflé ! C'est mon allemand du Finnmark qui a récupéré sa copine à Harstad, ils ont visité les Lofoten et ils rentrent sur Kiel !!!

    Retrouvailles, et après 150Km ils me déposent devant la gare de Fauske et je les regarde longtemps s'éloigner toujours trop étonné de cette coïncidence qui avait en plus été prédite !

    Squattage des toilettes de la gare puis recherche vers l'Est d'un coin pépère pour planter la tente

    Je suis en avance de 6 jours sur mon planning et donc sur mon train de retour ! Je pense que je vais descendre en auto-stop jusqu'au moins Trondheim en prenant mon temps. J'ai prévu d'aller voir le Saltstraumen près de Bodø.

Mardi 10 Août  2010 : Saltstraumen +

    Je décolle en stop de Fauske après une nuit dans un endroit un poil plus calme que l'an dernier (j'avais dormi près du container terminalen qui bosse de 4h du mat à minuit !). Un bon spot pour démarrer est devant le cimetière sur la route de Bodø, au bout de 700m, en plus il y a de l'eau pour faire le plein.

    On me dépose au départ de la nouvelle route qui mène notamment au fameux maelström et je suis pris très vite par une charmante fille très rigolote et très bavarde avec laquelle j'ai peut-être raté une super occase, mais j'étais si fatigué et sale d'avoir marché 2j que je n'avais à l'esprit que de me retrouver seul pour me reposer et me rénover ! Et puis on devient si con avec l'âge !

    La fifille me laisse au Saltstraumen qui est effectivement impressionnant. Sous un grand pont très élancé, les deux bras d'une jonction mer-fjord, étroits d'une centaine de mètres sont le lieu d'un phénomène de marée très puissant.

    Un courant très fort et rapide et qui change de sens toutes les 6h les parcourt. Une embarcation puissante promène dessus en tous sens sa vingtaine de touristes bien harnachés, puis repart au loin sur l'autre rive en chercher d'autres.

    Les pêcheurs sont nombreux et les prises très fréquentes. L'île qui sépare les eux bras et sur laquelle l'un des piliers du pont repose abrite des oiseaux et leurs nids qui doivent apprécier la proximité et l'abondance des poissons en ce lieu !

    Je ne m'attarde pas trop, et après avoir déjeuné à l'abri du petit vent frais contre un pilier, je remonte et je traverse le pont à pied. Il est moins impressionnant et bien moins dangereux que celui de Sortland et j'ai juste à ne pas trop regarder en bas ! A la sortie il y a un supermarché, mais je n'ai besoin de rien, alors je continue, je passe un autre pont qui est aussi une petite torture, puis après avoir parcouru 500m sur une route sans trottoir, j'arrive enfin au carrefour qui mène à la route côtière et notamment au glacier Svartisen.

    Ayant le temps j'avais décidé de suivre la petite route côtière qui permet de rejoindre le sud, après moultes ferries. Elle permet notamment d'approcher le glacier Svartisen. Mais l'auto-stop ne marche pas trop et je suis un peu fatigué, j'ai aussi mal aux tendons d'Achille, qui me taquinent depuis le début du voyage en fait, malgré mes cures de repos et de Solupred.

    Finalement au bout d'une heure de stop je décide d'abandonner la route côtière et d'essayer de rejoindre la E6 par l'autre petite route de ce carrefour, et après 500m de marche je monte dans une Mercedes avec un gars qui est de Senja ! Son frère travaille même dans le ferry que j'ai pris pour rejoindre l'île. Dans un tunnel, bien au frais, des moutons sont couchés sur la route dans la pénombre, mais il semble que les accidents doivent être rares, car les norvégiens sont des conducteurs très prudents quand ils n'ont pas bu ! Il me laisse à un carrefour mais il m'a bien rapproché de la E6.

    Je marche un peu en tapant le stop, je découvre une petite plage de graviers au soleil près d'un lac, je me paye un lavage intégral à l'éponge et je repars gonflé à bloc. Plus loin une aire de détente très joliment entretenu, sur le parking un gars d'une soixantaine d'années, descendu d'un camping-car, il se traîne sur deux béquilles comme si ses jambes étaient paralysées ou atrophiées. Et moi j'arrive de nulle part avec mon caddie au même endroit. Il me fera de grands gestes en repartant, pourtant on s'est juste salués sur le parking.

    300m plus loin, un pré puis un petit bois, je plante la tente. Comme d'habitude il y a quelques moustiques affamés.

Mercredi 11 Août  2010 : Steinkjer +

    Très tôt je plie et je rejoins la route. Le "vieux" du matin est là et me prend de suite (souvent tôt le matin j'ai été pris par un homme d'âge mûr ce qui m'a bien dépanné !). Il parle très peu Anglais mais il connait la "i sixe" (E6). Il y a un peu de brouillard/bruine et mon chauffeur âgé roule très doucement, surtout avec les moutons qui roupillent de temps en temps sur le bitume sans aucune crainte des voitures.

    Et puis on y voit de moins en moins et mon gars ralentit de plus en plus, penché sur son volant en écarquillant les yeux. On finit par rouler à 15Km/h quand je m'aperçois par un coin du pare-brise bien abrité qu'en fait de la bruine s'est insidieusement déposée sur celui-ci et que de lancer les essuie-glaces nous arrangerait bien. Et finalement on repart avec une visibilité normale de brouillard léger et ça roule !

    Il me laisse à une bretelle de la E6 que je rejoins à pied, je passe sous le pont, je marche 500m et je rejoins une aire de stationnement où je suis très bien installé pour faire du stop.

    Très vite, une charmante jeune femme au volant d'un minibus tout neuf s'arrête, elle transporte des jeunes filles d'origine africaine et maghrébine, sans doute un genre de service social. Je trouve une place à l'arrière juste sous un haut-parleur qui se met à cracher du rap à fond ! Je mets mes bouchons d'oreille et je reste zen. Je suis déposé avec élégance à la sortie de Mo i Rana où je casse la croûte devant un supermarché.

    Je me poste à la sortie de la ville, direction sud et au bout d'une demi-heure un camping-car tout neuf s'arrête devant moi (J'ai pris l'habitude de me poster de telle façon que les véhicules puissent s'arrêter devant moi et non systématiquement après). Je fais le signe "C'est pour moi?", le conducteur me sourit "Oui oui !".

    La splendide chienne de berger 3 couleurs à l'œil bleu me grogne et m'aboie, elle est hyper exclusive, cela est dû à sa race m'expliquent-ils, elles défend la meute et se méfie des étrangers ! Moi qui adore les bêtes j'ai bien envie de la caresser mais cela m'est fortement déconseillé.

    Mes hôtes allemands sont des anciens auto-stoppeurs ! Et me traitent comme un prince héhé. Lui a fait la Norvège en stop et s'est perdu dans la neige au Jotunheim pendant sa jeunesse. Nous nous arrêtons en chemin à une cascade superbe en bord de la E6 où nous passons un moment. La toutoune grogne et aboie à chaque personne que nous croisons, boudu ! Quel caractère ! J'ai envie de dire "Elle fait son travail, et comme elle est allemande, elle le fait bien ! lol !"

    Ils étaient en vacances à Steigen où vit la sœur du mec, mariée à un norvégien. J'évoque le fameux canon, mais cela semble les mettre mal à l'aise, alors je change de sujet...

    (A Steigen, on peut encore voir l'appui en béton où pendant l'occupation les Allemands avaient installé un canon géant capable de tirer par dessus les Lofoten depuis les côtes de Norvège ! Si je peux j'irai un jour visiter ce coin qui est très joli, et le site historique par la même occasion)

    Ensuite nous nous arrêtons 1h30 à Mosjøen qui est une ville qui mérite vraiment le détour avec ses jolies maisons et son adorable bord de fjord qui est à peine salé. Des enfants se baignent en jouant avec un chien entre les maisons sur les petites plages. Nous prenons un thé accompagné de gaufres sur une terrasse pour pas très cher en fait pour la Norvège.

    Puis nous repartons et je passe à l'avant près du conducteur. La chienne a sa place entre les deux sièges et je dois résister à l'envie de lui gratouiller la tête. "Vous ne devez pas aller vers elle, mais attendre qu'elle vienne vers vous !" Me dit mon ami allemand (Je dois dire que ces vacances m'ont complètement réconcilié avec le peuple teuton que je connaissais bien mal et sur lequel j'avais de terribles aprioris). Ce conseil je pense aussi qu'il peut s'appliquer aux relations humaines lorsque l'on a affaire à quelqu'un que l'on peut trouver distant ou un poil agressif.

    Au bout d'une demi-heure, la chienne me lance de temps en temps des regards puis semble se détendre "Now she wants you !" me dit-on, mais j'attendrai tout de même encore un peu avant de commencer à la gratouiller et il faudra une demi-heure de plus pour nous échangions enfin gratouillages, caresses et regards amoureux !

    Plus loin, après petits fours et petits toasts, nos routes divergentes je me fais abandonner près d'une colline boisée après Steinkjer, sur la route de Mosvik. Je suis assez triste de quitter comme ça des gens si sympas... On se dit peut-être à demain ! Car ils reprennent la route du Sud le lendemain en fin de matinée, mais je ne les reverrai pas.

    Je grimpe dans le bois et sous mes pieds il y a quelques girolles un poil desséchées, je les ramasse quand même. Plus loin, c'est un véritable banc de superbes et fraîches chanterelles qui s'offrent à moi. Je jette les vieilles et je cueille de quoi me faire une pleine gamelle au bivouac ! Il y a aussi de superbes cercles de sorcière de différents types de champignons dans ce bois.

    200m plus loin je plante la tente, je ramasse deux cèpes super frais. Je suis étonné il n'y a pas un moustique !!! Quel répit, et je déguste mes champis tranquillou au souper. Je retrouve une nuit un obscure dans ce sous-bois, la saison a avancé et je suis aussi redescendu vers le Sud.

    Objectif de demain : Røros, ancienne ville minière, un des joyaux de la Norvège, j'ai finalement la chance de passer assez près pour pouvoir m'y rendre ainsi que d'avoir le temps de traîner un peu dans le secteur.

Jeudi 12 Août  2010 : Vers Røros (Messieurs les professeurs!)

    Levage du camp, je me paye la traversée du bois en descente tellement qu'il est joli et plein de champignons, puis je rejoins le bitume et le petit échangeur, mauvais endroit mal placé où je ferai du stop pendant 1h30 pour rien avant de découvrir une voie piétonne pour rejoindre la E6 un peu plus loin à un meilleur spot où je serai pris de suite.

    Mon hôte est très sympa (C'est fou le nombre de braves gens que j'aurai rencontré en stop cette année-là, ça vaut bien toutes les galères et les longues attentes dans le vent et la pluie ! Il faut dire aussi que je n'ai jamais autant fait de stop de ma vie, ni avec autant de patience et d'opiniâtreté).

    Il va ramasser des mûres arctiques dans un petit coin qu'il connaît vers Trondheim pour faire des confitures ! En chemin je me rends compte qu'il y a une petite route qui permet de rejoindre Røros tout en se promenant dans la campagne plutôt que de suivre la E6 puis la route principale menant à la ville minière.

    Il me confirme effectivement que cette petite route est extra et il me laisse à son départ près de la ville de "Hell" !!! Et oui j'ai traversé l'enfer !

   Je suis pris de suite par un agriculteur qui emmène ses enfants à la garderie. Il veut absolument faire un petit détour pour me montrer sa ferme et ses superbes bœufs croisés de Charolais Français !!! Il me dépose plus loin, en me laissant son email dans un tout petit village près de l'église et du cimetière où je fais le plein d'eau fraîche et pure.

   Au bout de 20 min je monte dans la voiture d'un ancien prof de math-physique de l'université de Trondheim très gentil qui m'épèlera pendant 80Km tous les mots norvégiens que pourra évoquer le paysage lol !

    Il s'engage dans une route à péage et me laisse à un embranchement près de la rivière où je casserai la croûte avant de faire 5km en voiture jusqu'au village où je patienterai 1h avant de voir une voiture s'arrêter sans trop se serrer, un gars âgé énergique, un peu échevelé, au regard bleu doux et profond en descendre pour ouvrir le coffre à mon sac-caddie.

    C'est un ancien prof de métallurgie et il va à Røros. Il a fait l'Europe en stop pendant sa jeunesse. Il est content car il a découvert à Røros une civilisation qui a travaillé le fer 1000 ans avant les Vikings, datation au carbone à l'appui.

    Je suis un peu inquiet car quand il me parle il me regarde et nous nous mettons à rouler à gauche et il faut les coups de klaxon des autres voitures pour nous remettre dans le droit chemin. Il n'entend pas très bien malgré un appareil auditif impressionnant.

    Il parle plein de langues différentes, dont le Français qu'il parle très correctement, malgré qu'il cherche un peu ses mots. Il me dit avoir appris 20 chansons Françaises à l'école dans les années 50 ! Et nous nous mettons à chanter "Marbourg s'en va-t-en guerre !", "Auprès de ma blonde", au cœur de la Norvège en roulant à gauche sur la route de Røros !

    Je me fais déposer 8Km avant la ville pour pouvoir bivouaquer tranquille et visiter celle-ci le lendemain. Je plante la tente en haut d'une petite colline sur une autoroute de fourmis que je ne découvrirai qu'après, mais la tente est étanche aux insectes heureusement.

Vendedi 13 Août  2010 : Rena

    Je suis réveillé par une fourmi rouge qui me mord la lèvre. C'est par là qu'elles doivent commencer à nous bouffer, c'est tendre. Elle a dû s'introduire en douce alors que la porte était ouverte, ou avec le sac de bouffe que j'ai entré dans la tente avant de dormir. 20min d'auto-stop me conduisent à la gare de Røros dans un petit camion. Toilettes payantes 10NOK ! Mais super luxueuses.

    Un marchand de plein vent vend des saucissons en tous genres et je lui achète 5 tout petits saucissons de renne pour ramener en France et offrir, le cadeau MUL quoi !

    Røros est très jolie, je casse la croûte près d'une jolie cloche en face du musée et des terrils puis après déambulation dans les belles rues infestées de touristes, je reprends la route direction Oslo.

    Après 25min de stop une voiture s'arrête, c'est mon vieux prof ! J'essayerai de ne pas trop le faire parler pendant les 30Km, pour qu'il regarde la route et roule à droite. Il me laisse dans un petit bled où je suis rapidement pris par un couple de jeunes dans un minibus VW aménagé maison ! Ils sont très gentils. Il y a un chapelet suspendu au rétroviseur et une sainte vierge installée sur le tableau de bord.
   
    Je suis bien en avance sur mon planning mais la météo se dégrade et ça ne me donne pas envie de traîner, je me fais déposer à Rena repérée sur la carte comme un petit village. On loupe la bretelle d'entrée de Rena et la conductrice après un rapide coup d'œil alentour et un rire "balance" brusquement son minibus dans une bretelle à contre-voie pour rattraper l'entrée du village ! Faut entendre le klaxon du poids-lourd qui nous suivait se déchaîner !

    Déposé au centre village, je suis surpris par la joliesse de l'église en bois. Les toilettes de la gare sont moins chères qu'à Røros, seulement 5NOK... Je traîne pas mal dans le village en cherchant un spot de camping, la pluie se met à tomber et ça tourne à l'orage. Je progresse toutefois sous mon parapluie et je ne trouve que le bord d'un terrain de foot comme seul endroit potable pour camper, exposé aux regards mais bon il n'y a rien d'autre.

    Les averses se succèdent et j'attends 45min debout sous mon parapluie que la pluie s'arrête et je profite finalement d'une accalmie pour monter la tente en vitesse, j'y arrive juste avant une autre averse, ça tape fort, il bruine légèrement sous le double-toit, l'imperméabilité de la Laser atteint un peu ses limites. Puis je m'endors malgré les averses et les coups de tonnerre.

Samedi 14 Août  2010 : Eidsvoll

    Brouillard matinal mais la pluie a cessé. Je quitte le village après avoir plié la tente bien essuyée à l'éponge. Je marche 1km avant de trouver un spot d'auto-stop. Je monte dans une poubelle, il y a des os de poulet dans les réceptacles à gobelets des portes ainsi que des fraises chantilly qui semblent fossilisées. L'odeur dans la bagnole est assez exotique aussi. Je suis déposé à Elverum où je n'ai qu'à parcourir 200m pour me trouver sur la route d'Oslo.

    Au bout de 30 min un gars s'arrête, il a 35ans et vient d'être amputé du pied gauche pour cause de diabète. Il va rejoindre sa copine au sud d'Oslo. Ce sera mon dernier conducteur de ce long périple en auto-stop. Il me déposera à la bretelle qui part sur Eidsvoll. Je parcours les 6Km restant à pied pour le plaisir vu que je suis arrivé à destination.

    A l'arrivée, une surprise déplaisante m'attend. Mon petit bois refuge de l'an dernier près de la gare a été à moitié rasé suite à la construction d'un accès supplémentaire aux voies de chemin de fer. Un moment désorienté, j'arrive tout de même à trouver un endroit potable et bien planqué dans ce qui reste du petit bois, mais bien moins joli que celui de l'an dernier. Je ressens alors ce que doivent subir les animaux sauvages qui voient leur espace vital se réduire sans arrêt suite à des envahissements humains…

    Comme il fait enfin beau et ensoleillé, je me fais après quelques courses, un stage séchage et j'étends tout mon matos. Sous le soleil et le léger vent, tout est sec très vite et je repars monter mon bivouac dans le bois.

    Je passerai donc 6 nuits à Eidsvoll en attendant mon avion pour Bordeaux qui décolle de l'aéroport Gardermoen à 12Km, et ça sera un peu long. Mais je n'ai plus la force ni le goût de bouger et de galérer. J'ai un bivouac tranquille et abrité, la gare à 400m pour les toilettes et l'eau chaude, un ponton pour l'eau fraîche, des supermarchés pour les courses et un accès Internet d'une heure par jour à la bibliothèque du village ! Quel confort !!!

Dimanche 15 Août  2010 : Eidsvoll


Lundi 16 Août  2010 : Eidsvoll


Mardi 17 Août  2010 : Eidsvoll


Mercredi 18 Août  2010 : Eidsvoll


Jeudi 19 Août  2010 : Eidsvoll

   
Vendredi 20 Août  2010 : Bordeaux

    Jour du départ, je quitte Eidsvoll en train pour l'aéroport vers 14h et pour 60NOK. Je fourre le caddie complet en bagage enregistré, ça m'est égal maintenant que les bagagistes le bousillent, mon périple est terminé. Je rencontre et sympathise avec un jeune bordelais qui rentre de Lyngen/Tromsø. Arrivés à Bordeaux un ami l'attend en voiture et ils m'emmèneront à la gare.

    Finalement j'arrive bien assez tôt pour choper le dernier TGV pour Toulouse, mais comme j'ai un billet Preums pour le lendemain matin 6h ça me fait trop chier de repayer 34€ et je passe la nuit sur place, mauvais choix en fait, vu la fatigue que cela va me causer ajouté à la canicule.

    A Bordeaux les gens sont aux terrasses des cafés à 23h, il fait 27°C, ça change de la Norvège ! Je me paye un kébab-frites à 3€50 et je m'en mets plein la lampe pour pas cher, ça aussi ça change !

Samedi 21 Août 2010 : Toulouse

    Je passe la nuit sur le quai, entre le sol et la salle d'attente qui ferme de 1h à 4h30, je suis crevé. Je monte finalement dans mon TGV et j'arrive à Toulouse vers 8h, évidemment pour m'alléger au maximum je n'ai pas pris la clé d'entrée de mon immeuble et je passe encore 30min à poireauter en bas en attendant que quelqu'un passe ouvrir.

     Impossible de dormir, il fait trop chaud et la journée est annoncée à 36°C. Après un peu de repos je refous le camp vers la gare où je prends le premier train vers la montagne et chez moi. Le wagon est très chaud et je passerai le voyage à mouiller mon éponge avec ma gourde et à me la presser sur le crâne. Je passe pour un fou mais tant pis. L'eau est fraîche est agréable quand elle arrive sur mon crâne, mais elle est déjà brûlante quand elle coule sur mes joues !!!

    Ce soir-là se déclarera encore un autre rhume, sans doute chopé à la gare Matabiau où une espèce de connard toussait sur tout le monde dans la foule pour qu'on le plaigne. J'arrive enfin à m'endormir dans la fraîcheur de ma maison de montagne à 1100m.

    Finalement j'ai survécu, mais des retours comme ça je n'en veux plus. Il me faudra mieux m'organiser la prochaine fois. Si seulement ce con d'avion arrivait à Bordeaux plus tôt...

Dernière modification par Iksarfighter (18-01-2015 11:26:51)


Randonnez en Norvège !

Plus on part doucement et plus on va loin !

Hors ligne

#2 01-11-2010 20:26:11

denq
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Sacrée virée! Ca donne envie d'y retourner! ("Très joli Nyksund, un endroit exceptionnel".. => + 1 , excellent souvenir) smile


Vaut mieux être un peu titane qu'un grand mulet...

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#3 01-11-2010 20:26:14

shalero
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Norvège by foot, le retour ! Pas besoin de photos, en fait, ton texte se suffit à lui-même et ça laisse
de la place à l'imagination, on voyage avec toi   cool  C'est un parcours impressionnant, une épopée,
surtout dans ces conditions où tu es quasi tout le temps en sauvage, 2 mois de marche au long cours, chapeau !
Surtout qu'en fait de météo, cette année a été particulièrement mauvaise, on n'a pas eu de bol, c'est peu de le dire, tu m'as remis
en mémoire des coups de stress le matin à entendre les gouttes de pluie commencer à tomber petit à petit, à replier tout le barda en 4è vitesse,
et à faire des conneries en voulant aller vite : j'ai pété une lanière de sac de compression comme ça un matin, merci le SAV de Millet
qui me l'a renvoyé recousu en septembre.
Le stop c'est quand même bien aléatoire là-haut ; j'ai pas mal pesté aussi cet été en attendant le pouce levé, ou même en voyant
les réactions de certains conducteurs qui se fichent presque de ta poire à l'abri de leur habitacle, les abrutis.  Jusqu'à ce qu'un entreprenør qui m'a amené au ferry de Fiskebøl
m'explique que depuis quelques années ils ont des soucis avec des travellers russes, baltes ou des "pays de l'est" qui viennent fourguer de la dope…
alors les gens sont de plus en plus méfiants.  Enfin ce serait plutôt dans le sud du pays d'après ce que j'ai compris.

Tak pour ce récit, qui fait bien voyager, sourire…..et envie de repartir  smile

PS : tes liens vers la muldalen sur atlas.no ne sont pas passés

PS2 : c'est qui le crétin des Alpes de Lyngen ?

PS3 : pour tous les accrocs au voyage, une lecture fabuleuse : le dernier roman d'Olga Tokarczuk "Les pérégrins"

XBOX 360 (c'est nul) : je confirme, les allemands sont sympas


walk / don't walk

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#4 01-11-2010 20:51:12

Iksarfighter
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Plus jeune je lisais beaucoup et cela me faisait bien davantage rêver que les films ou les BD.

Clair qu'ils ont dès fois des tronches de cakes dans leurs voitures qui ne s'arrêtent pas dans ce pays, surtout certains jeunes qui se payent ta gueule lol
Je ne savais pas pour les histoires de dope.
A Lyngen j'ai demandé à un paysan si je pouvais camper sur un terrain, il s'est mis à bafouiller et gesticuler, je l'ai baptisé le crétin des Alpes... de Lyngen ! lol

L'an prochain si je peux repartir je n'irai pas si haut, sans doute pas plus haut que les Vesteralen, en espérant aussi que l'Eté sera moins degeu et froid que cette année, quoiqu'il y a tout de même eu de très belles journées.
Moins froid et moins au Nord, donc je pourrai un peu rogner sur le matos.


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#5 17-04-2011 22:24:06

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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Iksarfighter a écrit :

N'hésitez pas à commenter ou à poser des questions car c'est du boulot de "pondre" un long texte comme ça pour partager une aventure et ça réclame aussi des encouragements.

C'est clair! Ca fait 3 quarts d'heure que je lis ton histoire et je n'en suis qu'au premier juillet!! Ca me rappelle l'énorme texte de ton voyage de 93 => le style est toujours le même!

J'arrête ici pour ce soir, suis crevé! Je reprends demain!

En tout cas merci d'avoir pris autant de temps pour raconter tout ça aussi bien!

Y a des moments bien marrants, comme le coup du masque de sommeil et des policiers (ça me rappelle le controleur de train en Norvège qui m'avait réveillé par un "gentil" coup de pied parce que je dormais dans une soute à bagages! big_smile ), mais surtout, ce que t'as l'air d'en avoir chié! C'est tout le temps froid, fatigue, dangers pendant la marche, déception (le refuge fermé!!! Je crois que j'aurais pété un cable à ta place!), etc. mais paysage magnifiques!!

A demain alors!

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#6 24-04-2011 01:33:26

Iksarfighter
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Oops j'avais zappé ton commentaire !

J'en ai chié mais qu'est-ce que c'était bon tongue ! C'est là qu'on vit vraiment big_smile ! (Sauf la mise en danger idiote dans la Muldalen, mais bon je ne m'attendais pas à ça).
J'aime la fraîcheur et l'humidité, et je commence à être bien équipé et préparé pour cela.

Merci Rudy  wink

Dernière modification par Iksarfighter (24-04-2011 01:35:05)


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#7 24-04-2011 09:29:07

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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Pas de problème!

Je n'ai pas moi-même tenu ma promesse et n'ai pas encore fini de lire ton récit... roll  Entre les études et les gens que j'ai reçu cette semaine, ça m'était un peu sorti de la tête wink

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#8 24-04-2011 09:34:17

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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Iksarfighter a écrit :

J'en ai chié mais qu'est-ce que c'était bon tongue ! C'est là qu'on vit vraiment big_smile ! (Sauf la mise en danger idiote dans la Muldalen, mais bon je ne m'attendais pas à ça).
J'aime la fraîcheur et l'humidité, et je commence à être bien équipé et préparé pour cela.

En effet, il me semble que tu commences à avoir un matos assez confortable! Laser comp et Lite Line 400 pour ce que je me rappelle. Pour quelle solution as-tu adopté maintenant contre la pluie? Parce que le coup du parapluie, bien qu'il y ait quelques partisans sur le forum - qui ont certainement de bonnes raisons -, ça me semble assez peu pratique, surtout si ton autre main doit s'occuper seule de ton caddie.

A ce sujet, as-tu le projet de l'optimiser encore? Je suppose que tu connais le système de "pulka" avec une roue qui s'attache à la taille.

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#9 24-04-2011 17:24:18

Iksarfighter
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Cette année je ne monte pas plus haut que Narvik, j'aurai moins de froid et de moustiques. Apprécier le paysage à travers la moustiquaire c'est nul.

Le parapluie c'est très bien et économique. Bien sûr si il y a trop de vent ça craint un peu. Mais si le temps est vraiment pourri je bivouaque et j'attends l'accalmie.

Pour le caddie allégé, je n'arrive pas à penser un système de béquille fiable pour qu'il tienne debout tout seul quand on le lâche ce qui est un plus certain. Je risque de partir avec le caddie Andersen Alustar standard de 1,5Kg (1,4Kg si je mets les petites roues) si je ne trouve pas de solution béquille pour ma version allégée à 900g.

En plus je peux prendre le caddie standard en cabine, alors que la version bricolée inquiète les SS (services de sécurité) à l’embarquement. Pourquoi en cabine c'est mieux ? Pour pas qu'on me le bousille en soute avec leurs GBI (gros bras idiots). Caddie bousillé = voyage saboté.


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#10 28-04-2011 05:11:25

arofarn
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Ca donne envie d'y être déjà!

Mais ça me fait un peu peur aussi, j'ai l'impression qu'il pleuvait 80% du temps!!!


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#11 28-04-2011 07:46:37

Iksarfighter
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Non, je pense seulement 50% couvert ou pluvieux dont 20% de pluie pénible.
Mais il faut bien alimenter le magnifique spectacle des torrents impétueux, des lacs, des chutes d'eau, de la mousse, des champignons, des sapins qui poussent sur la roche, de l'herbe sur les toits smile
Paysage qui devient absolument fou dès que le soleil pointe son nez.

Sinon, pendant votre passage en Suède vous aurez davantage de soleil.

Dernière modification par Iksarfighter (28-04-2011 08:16:08)


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#12 22-05-2011 15:34:11

Iksarfighter
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Re : Eté 2010 : 60jours en Norvège avec un caddie de 1500g

Quelques petites photos non encore postées sur ce site : (J'essayerai d'en rajouter à mesure)

Mon petit coin sacré de Kilstivatnet près de Geiranger fin Juin :

P1140156tr.jpg

L'ascension du mont Grøtet (1500m) au-dessus de Kilstivatnet.

P1140091tr.jpg

La neige en Norvège est vraiment blanche, pas de feux de montagne, peu de pollens, pas de pollution, pas de poussières, pas de sable du Sahara...

Værøy i Lofoten vers le 11 Juillet, pas encore d'épilobes en fleur mais un max de boutons d'or dans les prés.

P1140544tcr.jpg

P1140546tcr.jpg

La plage avant sommarøy à Senja vers le 25 Juillet :

P1150119tr.jpg

Le village portuaire de Mefjordvær à Senja :

P1150228tr.jpg

Un coin du port de la magnifique île de Skrova i Lofoten début Août, là on a des épilobes en fleur ! :
(La photo est un peu "kitsh" mais c'est joli lol )

P1150890tr.jpg

Dernière modification par Iksarfighter (22-05-2011 19:01:59)


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