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#1 29-09-2012 13:36:17

beus
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Messages : 346

[Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

Petit retour sur une randonnée de 10 jours en cyclotourisme léger.

Je précise que cette expérience comprenait beaucoup de "premières" pour moi, aussi ce n'était pas "ultra léger".
(Vous me pardonnerez la qualité des photos, prises avec mon téléphone.)

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Ainsi, du 3 au 14 septembre 2012, je me suis engagé dans un trip qui s’annonçait un beau challenge pour moi. J'ai suivi le roadbook d'un guide "lonely planet: la France à vélo", qui doit daté de 2001. L'idée étant de relier la côte Atlantique (Hendaye) et la Côte méditerranéenne (Perpignan), en passant par les grands cols des Pyrénées (Aubisque, Tourmalet...) en 10 jours. Le programme était alléchant car je n'avais jamais fais de vélo en montagne smile Du coup, enchaîner plusieurs journées avec le matériel de bivouac se révélait être une ballade aussi passionnante qu’intriguante sur mes propre capacités.
Bien évidemment, je ne suis pas parti novice. J'ai fais mes premières rando à vélo avec des potes à 20 ans (aujourd'hui 35 ans) avec 45kg (bagages+vélo). Puis vers 28 ans et la découverte de RL, j'ai pris conscience qu'il était possible de partir marcher à la découverte des montagnes, sans subir des blocages de dos et autres bavantes traumatisantes. Depuis quelques années, j'ai repris les randos à vélo en utilisant le matériel patiemment accumulé au fil des ans (tipi, sac de couchage...). 2012 fut pour moi une année orientée vers le cyclisme avec plusieurs sorties courtes par semaine près de chez moi (piste de boulogne et vallée de chevreuse) et quelques courtes randos de 4/5 jours en Loire/Mayenne, dans le Morvan, tour du Lubéron, ainsi qu'un peu de VTT, afin de se roder et de se faire plaisir dans de belles régions, soit environ 5000kms (janvier à fin aout), sans compter le vélotaf quotidien.

La raison de cette année "vélo" est l'acquisition en février d'un vélo au budget qui me paraissais totalement inimaginable il y a encore un an: un vélo route Van Nicholas (cadre titane) Yukon, trouvé tout équipé pour randonner, en occasion presque neuve sur le site trocvélo. Ce jour là, j'ai complétement craqué et acheté ce vélo en pensant à toutes les nouvelles perspectives qu'il m'offrirait.

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Après de minimes modifications, tout équipé (garde boue, porte bagage tubus Airy, pédales et selle brooks) je suis sous la barre des 10kg, ce qui, pour une randonneuse, est considéré comme léger.
(je n'ai qu'une balance de cuisine et ne suis pas capable de vous donner le poids exact, mais ce doit être autour des 9kg-9kg500 max).
Un peu inquiet avant de partir, j'ai changé la cassette 11/23 pour une 11/28 (avec un pédalier 42/32/24). Je ne l'ai pas regretté tongue

LES BAGAGES:
Le matériel qui l'accompagne est un compromis entre légerté et fonctionnalité. Aussi, une sacoche de guidon Ortlieb ultimate 5 (650gr) pour le petit matériel de la journée (opinel, crème solaire, lunette de vue, buff, PQ, 250ml alcool, téléphone/photos...) et le porte-carte (photocopies de carte routière), des sacoches Ortlieb (1kg444 les 2) sur le porte bagage arrière (d'un côté le matériel de bivouac avec sac de couchage (M.H.ultralaminate32 (850gr)), matelas (neoair 413gr), sac en soie, moustiquaire(decath(183gr)), vêtements de rechange/nuit (pantalon montane, tee-shirt merinos ML decath, bonnet merinos, chaussette  et slip de rechange, PO BPL, veste coupe vent cyclisme) dans l'autre la nourriture , popote (mug titane+P3RS) et vêtements de pluie (veste cycliste, bermuda VTT imper, sur-chaussure en néoprène) et un grand boudin Ortlieb (182gr) avec le matelas mousse (Arklight), le polycree et le tipi (sierra design origami2, 940gr+mât de 287gr!)).
Il vous manque des détails du genre cornières MSR (5*15gr, 19cm, de vrais ancres face à la tramontane), contenant alcool (Vargo 250ml 32gr), micro- pharmacie dans ziploc... je n'ai pas le courage de mettre tous les détails  wink
Franchement, je pourrai travailler à devenir "ultra" léger, mais ainsi, je voyage et bivouac en 3 étoiles.
Avoir autant de volume de rangement est un avantage qui permet, par exemple d'embarquer un gros pain et des fruits, sans rien laisser dépasser de l'extérieur (j'ai déjà perdu des arceaux de tente pour cette raison...)

LA ROUTE:
Sans m’appesantir sur chaque journée, je dirai que les moments forts furent le deuxième jour, avec mon premier vrai col ( j'en avais déjà franchis qquns en Drôme, Hérault... mais c'était très occasionnel) avec dès le début les trois premiers km à plus de 10% de moyenne (col de Burdincurucheta). Autant dire qu'au bout de 500m, le souffle, le cœur, les jambes et le mental avait déjà explosés: grosse rigolade en imaginant la suite... Ce fut si difficile que je gérai la suite avec précaution, mais le plus dur était passé wink


Le troisième jour, mon premier grand col avec l'Aubisque, le quatrième mon premier 2000 avec le Tourmalet et la petite larme d'émotion dans les derniers kilomètres.


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Le col du Tourmalet.

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L'arrivée du col d'Aspin

D'un naturel très prudent, j'étais un peu inquiet pour les descentes, mais je me suis fais plaisir dès la première, avec toutefois pas mal de marge de sécurité. C'est vrai que c'était grisant de lâcher les freins et de doubler les camions ou de suivre les voitures qui ouvraient la voie smile

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Sur la fin du parcours, quelques cols passés dans les nuages, avec des arrivées sous la pluie et le vent. Enfin les deux derniers jours sous la tramontane. Là, c'était un calvaire que d'anticiper (ce qui est évidement impossible) chaque rafale pour éviter d'être projeter au milieu ou en dehors de la route. C'est pourquoi après le dernier col, j'ai coupé court à l'idée de rejoindre la mer et de remonter vers Toulouse. Direction au plus court: la gare de Perpignan.

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Bivouac dans un pré. Le linge sèche entre deux averses...

A part deux bivouacs sauvages où j'étais loin de tout, j'ai préféré miser un maximum sur la récupération -> le sommeil -> prendre des douches -> campings. Toujours moins de 10 euros. Je transpire beaucoup à vélo et cela m'apportait un réel confort d'être propre, au détriment de spots plus sauvages. C'est un inconvénient, mais je ne regrette pas.
Je ne détaille pas toute la nourriture. En gros, je suis parti avec un ziploc de crème petit déjeuner d'A.Roche, du lait en poudre premier âge, des barres céréales maison, qqs fruits secs, saucisson/fromage... Le reste se trouvait facilement dans les boulangeries, épicerie et supermarchés qui jalonnaient le parcours. Ce qui ne m'avait pas empêché de partir avec trop de réserves roll

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St Béat

Franchement, si l'émotion et les défis d'un tel parcours me grisaient les premiers jours, j'étais sceptique sur la fin.
Dubitatif de l'intérêt de passer ces journées à enchaîner autant de montées pour redescendre si vite: une fatigue profonde s'accumulait au fil des jours.
Un peu chagriner de passer en montagne, sur certains cols grandioses, et où je me trouvait entouré de camping-cars, motards et autres véhicules de tourisme: pollutions sonore, respiratoire et aussi visuelle.
Un détail très personnel, mais étant assez solitaire dans la vie et en randonnée, la belle donzelle avec qui je me suis mis en couple à J-3 du départ, m'a proposée à  J-1 de la rejoindre à mi-parcours pour passer le we dans un chalet. Cette proposition qui m’enchantait à eu une incidence inévitable sur l'aspect psychologique de mon périple. Quand tu pars en solitaire, tes pensées flânent au gré des paysages... Là, il était difficile de faire le vide. Très motivé dans la première partie du parcours, doux petit break, la motivation s'est lentement dissipée au fil des jours restant.
Cet épisode à forcement joué sur mes humeurs, la gestion, les sensations et émotions. D'un autre côté, je ne me plains pas big_smile

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C'est encore très frais, mais je crois que c'est mon seul périple pratiqué que je n'ai pas envie de renouveler dans le futur. A vélo, j'aime tellement le calme et les paysages champêtres, tels ceux Morvan...
Ce n'était pas un calvaire pour autant. Avec patiente, on franchis les cols, mais les jours s'effilant, cela perdait en saveur.
Je n'ai pas non plus été poussé dans mes retranchements, grâce aux entrainements et aux nombreux bivouacs déjà effectués par le passé.
Je ne sais juger pour le moment les enseignements apportés. En tout cas, c'était une randonnées que je devais faire (vélo de route en montagne) ici ou dans les Alpes, et le plaisir fut tout de même immense d'arriver au Tourmalet et de repenser aux images des arrivées du tour de France, dans mon enfance, où ces hommes me semblaient touché les nuages au travers d'exploits que je n'imaginais pas un jour réaliser. Au bout du compte, une fois réalisés, on relativise cette notion "d'exploit".
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Vue depuis le Tourmalet

Sur le chemin, j'ai croisé énormément de cyclo sur des machines de guerre (compétition wink ) qui me semblaient être présent que pour exploser le chrono, la plus part, le visage fermé. Beaucoup d'étrangers en groupe avec une camionnette logistique. En prenant mon café/crème -et ma clope- au col de Peyresourde le patron m'expliquait qu'il voyait de plus en plus ce type de pratiquants et de moins en moins de cyclotouristes (donc avec bagages). Cela ne m'a pas empêché d'en croiser quelque uns. Un jeune retraité italien qui avait parcouru 1800kms, un couple australien qui finissait un tour de 3 mois (Espagne/Portugal/Maroc/Pyrénées) et une dizaine de cyclotouristes qui s'étaient engagés sur la route des cols. PAS un français ! Que des Hollandais, Allemands, Anglais !! Et le concept de légerté, ils ne connaissaient pas.
Sérieux, vous êtes où les cyclos ?  tongue


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DES CHIFFRES:
820km
18800 D+ (d’après le site openrunner)
51h de pédalage.
16km/h vitesse moyenne.
64km/h vitesse max. (record perso)
5,7km/h vitesse min. (c'était encore jouable, bien que le virage suivant paraisse loin...)
0 crevaison.
1 changement d'un jeu de patin de frein arrière en chemin. Avant et arrière à changer au retour smile
2 bivouacs sauvages.



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Petits comiques...

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L'adieu à la montagne et le chemin de la gare

Ainsi, à travers ce post, mon intention est de rendre un peu de tout ce que RL a pu m'apporter, et espérer, pourquoi pas, qu'une personne se dise: "s'il s'est donné les moyens et le temps de le faire, pourquoi pas moi". OUI ! JUST DO IT !!  wink

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#2 29-09-2012 13:52:19

velox
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Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

smile  smile  smile

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#3 30-09-2012 19:45:43

oligue
Membre
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Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

Merci pour le récit ! wink
J'avais hésité à faire ce raid (via le même Lonely Planet) mais la peur d'être embusqué entre campings cars et voitures m'ont toujours freiné. Ton histoire me confirme qu'en effet, le Morvan et d'autres belles régions tranquilles valent largement les cols à répétition des Pyrénées. Et d'ailleurs, dès que je peux, je préfère suivre des GR à VTT sur plusieurs jours, bivouaquer au fil des étapes que de me coltiner du goudron.
Merci encore, tes mots et photos donnent des fourmis aux jambes !  big_smile

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#4 01-10-2012 10:47:05

Greewy
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Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

Bien sympa ton petit retour !

Grands cols, ok, c'est fait !  big_smile

Quels sont tes projets maintenant ? Sinon pour éviter les colonnes de motos et camping-car, il y a de plus petits cols avec des temps de pause entre chaque  wink


Bien sympa ta randonneuse, j'ai un pote qui s'en est montée une sur le même cadre, il en est aussi ravi ! Comment fixes-tu l'éclairage dessus ? Tu as quoi comme lumières ?

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#5 01-10-2012 13:17:35

depannezvous
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Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

Super ton récit, pour tes photos elles sont superbes (étonnant ce que ces petites caméra intégrées aux cellulaires peuvent réaliser)

Je trouve que le noir et blanc apporte une certaine ambiance, et c'est sûrement moins lourd  wink

A+

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#6 01-10-2012 14:25:44

Noucho
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Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

beus a écrit :

D'un naturel très prudent, j'étais un peu inquiet pour les descentes, mais je me suis fais plaisir dès la première, avec toutefois pas mal de marge de sécurité. C'est vrai que c'était grisant de lâcher les freins et de doubler les camions ou de suivre les voitures qui ouvraient la voie smile

Sur le chemin, j'ai croisé énormément de cyclo sur des machines de guerre (compétition wink ) qui me semblaient être présent que pour exploser le chrono, la plus part, le visage fermé. Beaucoup d'étrangers en groupe avec une camionnette logistique. En prenant mon café/crème -et ma clope- au col de Peyresourde le patron m'expliquait qu'il voyait de plus en plus ce type de pratiquants et de moins en moins de cyclotouristes (donc avec bagages). Cela ne m'a pas empêché d'en croiser quelque uns. Un jeune retraité italien qui avait parcouru 1800kms, un couple australien qui finissait un tour de 3 mois (Espagne/Portugal/Maroc/Pyrénées) et une dizaine de cyclotouristes qui s'étaient engagés sur la route des cols. PAS un français ! Que des Hollandais, Allemands, Anglais !! Et le concept de légerté, ils ne connaissaient pas.
Sérieux, vous êtes où les cyclos ?  tongue

Waouh ! Je me retrouve vachement dans ton récit, et ces deux paragraphes en particulier. Même scenario dans les Alpes (oui au fait, je suis ton voisin de [Récit+liste] tongue). Visages fermés, camionettes logistiques... y s'la pètent un peu, quand même, ces cyclistes sportifs.
Une bonne dose de motos aussi de ce côté du Rhône : presque plus que de vélos ! J'en ai même vu un se croûter en direct dans le col d'Izoard. Rien de cassé mais il faisait la tronche... Dans les villages de l'ascension, des panneaux "Non à la moto en montagne", "stop le bruit", etc.

Et puis, oui, arriver à suivre une voiture ça fait grave plaisir ! Même si on leur dit bye-bye au premier bout de ligne droite... smile

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#7 03-10-2012 13:26:02

beus
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Inscription : 04-01-2007
Messages : 346

Re : [Récit + liste] route des cols Pyrénéens à vélo

Merci pour tous les smilies  smile


Oligue: Bon, c'est vrai que je n'ai pas trop apprécié les grands cols de part la grande fréquentation des véhicules à moteur, mais j'ai aussi fais pas mal de cols de moindre renomé en étant très tranquille, genre 5 voitures/heure. Contraste étonnant. C'était tt de même très supportable. La majorité des vehicules étant de tourisme, ils prenaient le temps et ne roulaient pas comme des dingues.

Dépannezvous: La magie du numérique. Effectivement, on est entré dans une autre pratique de la photographie grâce à cet outil. Menfin, pour présenter ces qqs photos, j'en ai pris plus de 200...

Greewy a écrit :

Comment fixes-tu l'éclairage dessus ? Tu as quoi comme lumières ?

De la quoi..? De la lumière ? Ou ?
J'ai pour le moment zéro lumière. C'est une réflexion que je vais aborder pour la fin de l'année. En rando, j'aime partir tôt le matin et rouler le plus longtemps possible. Aux belles saisons, je profite de la nuit pour me reposer  tongue donc pas besoin d'éclairage ( et gains de poids...). Je vais réflechir à cet aspect pour, peut être pouvoir rouler en novembre. D'un autre côté, sans gillet jaune et sans lumières, je n'étais pas fièr de moi en roulant dans les nuages avec une sale visibilité...

Les projets ? aucun pour le moment. Pour les prochains mois, des petits bivouacs d'une nuit ou deux, peut être. Je garde mes réflexion pour le creux de l'hivers. Et toi ?
J'ai croisé Polochon777 hier. Il semble motivé pour du vtt à meudon, bientôt. As-tu récupérée physiquement et psychologiquement pour être de la partie ? (pas avant fin octobre, je lancerai un mail).

Noucho: C'est une sacrée rando que tu as faites. Beau mélange des genres et certainement de grands moments d'émotions  wink


ajout: Je me suis rendu compte après coup, que mon pneu arrière était mort de chez mort. Des trous (5/6) dans la gomme ! pfff, plus rien sur près d'un centimètre, juste le maillage en dessous. Et pourtant pas de crevaison. Je vais passer au Durano S, pour voir.

Dernière modification par beus (03-10-2012 13:31:05)

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