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#1 24-10-2012 21:04:32

jeanjacques
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[Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

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Super poney

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#2 24-10-2012 21:06:05

jeanjacques
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

PCT ?

Le Pacific Crest Trail est un chemin de rando long de 4200km. Il relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne en restant au plus près des "crêtes du Pacifique", traversant la Californie, l'Oregon et l'état de Washington en étant en moyenne à 200km de l'océan.
Les milieux rencontrés sont nombreux, du désert à la haute montagne en passant par la plaine et la forêt. Les écarts de température sont également important, plus de 40°C en Californie du sud avec des températures proche de 0°C la nuit et négative en Californie du nord. L'équipement doit donc être prévu en conséquence et être assez solide pour ne pas lâcher au milieu de nulle part. 
L'écart entre les villes varie entre 4 jours à plus de 1 semaine et celles ci sont rarement présentes sur le trail, des détours sont donc obligatoires. 
Les "trails Angels" font la particularité des grands trails américain. Bénévoles, ils aident les "hikers" dans leur périple et laissent parfois des "trails magics" sur le chemin, composés de canettes de soda, fruits ou encore gâteaux en tout genre smile

PCR ?

La Pacific Coast Road n'est pas un itinéraire défini, elle est surtout composée de la route 1 en Californie et de la 101 ensuite. Mais des routes sont plus proches de l'océan, et tout le jeu consiste donc à ne pas le lâcher d'une semelle pour pouvoir admirer les couchers de soleil à l'horizon smile
Comme le PCT, elle rejoint le Mexique au Canada.
Les petites routes traversant de nombreux parcs naturels, le contact avec la civilisation n'est pas trop oppressant malgré quelque portions de "highway", les autoroutes américaines. Il est donc souvent possible de rouler complètement seul pendant des heures sans croiser une seule voiture ni trace d'humains, hormis la route.
Le ravitaillement, à l'inverse du PCT, est aisé, du fait de la vitesse de déplacement que permet le vélo.

Dernière modification par jeanjacques (24-10-2012 21:45:53)


Super poney

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#3 24-10-2012 21:07:22

jeanjacques
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

I/ Récit
II/ Matériel
III/ Nourriture

Dernière modification par jeanjacques (24-10-2012 21:51:19)


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#4 24-10-2012 21:08:29

jeanjacques
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

I/ Récit

Je pense à ce trail depuis environ 2ans. Je souhaitai le faire l'année dernière mais finalement divers événement m'ont fait partir sur la HRP avec Fred.

La préparation a commencé à proprement parler environ 1mois et demi après Noël, avec comme base en plus d'internet, le Yogi's book, véritable "bible" de la préparation de ce trail. Soit environ 2 mois et demi de préparation en dilettante.
Un des points les plus importants pour moi était la finalisation de ma liste de matos (chose déjà bien entamée dés la fin de la HRP), car c'est elle qui me permet d'avancer comme je le souhaite et j'y consacrerai donc encore beaucoup d'heures.

Le reste de la préparation a été dans mon cas réduite au minimum: papiers administratifs (visa, permis (entrée Canada, PCT, feu), assurance), imprimer les cartes (merci Elise), établir un petit plan de ravitaillement ainsi que la liste de choses à mettre dans la boite postale.
A voir la préparation que les hikers font normalement pour ce trail (5 mois de nourriture répartis dans chaque bureau de poste par exemple), je suis bien heureux de ne pas avoir suivi leur exemple wink

Je prends contact par mail avec des trails angels habitant San Diego, c'est presque une coutume que de passer par chez eux smile
Nous convenons donc d'un rendez vous le 5 mai avec un départ sur le trail le 6, car en effet, en plus de venir chercher les hikers a l'aéroport ils les emmènent sur le trail à plus d'1h de voiture de la ville.

Apres une fin d'année mouvementée à Montreal et trois nuits blanches d'affilées pour finir des dossiers, départ pour San Diego. Je pars avec mon sac de rando en cabine ainsi qu'avec un carton contenant de la nourriture et divers équipements dans la soute

Le ciel est dégagé et la vue de l'avion est grandiose

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J'ai besoin de quelques jours pour finaliser mes colis de nourriture ainsi que pour récupérer un peu physiquement du manque du sommeil et du décalage horaire, j'arrive donc à San Diego 2 jours avant que les trails angels ne viennent me chercher.

A part le PCT en lui même je n'ai pas prévu grand chose et arrive donc dans cette ville avec strictement aucune information et un anglais assez approximatif. Quelques discussions plus tard à propos d'un motel "best price, near here" et une navette coopérative à 5$, j'ai une chambre pour les nuits à venir.

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Le lendemain je profite de la recherche d'un coiffeur pour visiter  un peu San Diego.
La vitrine inchangée depuis 20ans d'un barber shop m'attire. Nous parlons un peu et assez rapidement il me met en garde contre les ours et va ensuite me chercher ses "couteaux de survie" smile

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Le lendemain je fais la connaissance de Sandy, venue me chercher avec le fameux pompon vert à sa fenêtre. Elle a déjà récupéré une randonneuse et nous allons chercher à l'aéroport un autre couple de hiker.
Un autre hiker se joint à nous à la fin du repas, nous serons donc 5 à partir demain.

Départ sur le trail un peu avant 8h

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Je démarre en trombe, j'ai du mal à retenir mes jambes, j'ai envie de courir. Je suis parti en premier, je ne pouvais plus attendre. Je rigole tout seul, ça y est, j'y suis.
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Je m'arrête un instant et laisse l'australien me rejoindre, il a un bon rythme et une très grosse expérience des trips au long cours. Nous arrivons à 13h30 à Lake Morena, après 20miles (32km) parcourus. Nous continuons la journée ensemble et nous discutons pas mal. J'apprend qu'il a prévu d'enchainer les trois grands trails américains (PCT, CDT, AT) en une année smile

Nous nous séparons vers les 19h pour le bivouac, j'ai repéré un coin bien plat sous les arbres à moins de 20 mètres du trail, parfait smile
La tente est inutile ici et il serait dommage de se priver du plafond étoilé !

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J'ai décidé de ne pas commencer progressivement ce voyage, je préfère être directement dans le bain et cette journée à 35miles (56km) est parfaite pour cela. 

Par contre mes pieds ne sont pas trop de cet avis et j'ai déjà pas mal d'ampoules. J'en fais toujours à la pelle mais là, la chaleur a l'air d'empirer le phénomène hmm
(Problème de semelle intérieure non adaptée également, voulant amoindrir un problème de voute j'ai changé les originales. Apres 3 jours j'ai remis les normales et les échauffements ont été bien moindres).

Le climat est en effet désertique, la végétation est composée de broussailles mais elle est encore assez dense comparé à la suite du périple.

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Le trail est vraiment vallonné, limite montagneux, j'avais bien lu sur beaucoup de récits l'enchainement de "up and down" mais il sont plus nombreux que ce que j'imaginais.
A mon retour, je me rendrai compte que mon dénivelé positif (D+) journalier est de 1500m en moyenne.

L'avantage étant les changements de végétation que cela entraine, la forêt permettant d'éviter l'ardeur des parties désertiques et son couvert ombragé est salutaire.

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Quelque temps plus tard, le paysage s'est encore transformé:

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Le mot "crest" (crête) prend ici tout son sens wink

En fin de journée et après avoir bien dépassé les 100km parcourus sur ce trail, j'atteins mon premier "campground", un espace plat où il est possible de bivouaquer. La végétation ainsi que la topographie rendent la recherche d'un tel espace vraiment ardue ici. Celui ci est donc marqué sur ma carte. Il n'y a bien sûr aucune installation ni route, il s'agit simplement d'un ancien lit de rivière.

Le lendemain la végétation se fait vraiment rare, l'eau également.

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Le style est discutable mais la protection qu'offre ce système sera enviée par beaucoup de monde wink

Une cache d'eau bienvenue:

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Et la fameuse "PCT scissor cache", un petit délire américain big_smile
Elle est située à proximité de la hwy 78 qui mène à Julian (12 miles W).

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La race de lézard la plus sympa du trail. Les autres fuient rapidement et sont impossibles à observer, alors que ceux là restent souvent placidement sur place.

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Malgré le ton enjoué du récit, ce sera pour moi une journée vraiment peu évidente. Depuis le matin je contourne par les crêtes une plaine toute plate… Le tracé du PCT s'avère totalement stupide (ce que je partagerai plus tard avec d'autres hiker), je me tape du D+ à la pelle alors que la majorité du temps une route toute plate et droite se situe juste en contre bas. A cela s'ajoute du zigzag horizontal, particularité du coin, la montagne est en forme de grosse étoile et donc en tournant autour on ne fait que du zigzag en voyant à chaque fois le trail repartir de l'autre coté. C'est épuisant moralement et j'arrive à la cache d'eau la gorge noué et la larme à l'oeil… En plus je dois porter pas mal d'eau sans pouvoir la boire car les points d'eau sont rares et je ne sais pas encore gérer parfaitement ma consommation.

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La plus grosse cache d'eau du PCT.

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Au niveau des ampoules, j'en suis à un peu moins d'une dizaine, cela commence à devenir douloureux hmm

En fin de matinée j'ai le droit à un peu de plat, j'en profite avec plaisir.

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Je croise deux personnes sur cette plaine, depuis le début du trail je rencontre ou vois moins de 5 personnes par jour.

Rocher de l'aigle:

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Et chevaux en liberté au loin

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Je passe à proximité de Warner Spring et je rencontre des hikers qui vont chercher leurs colis là bas. Ma "vitesse de croisière" me permet d'espacer mes points de ravitaillement et je ne suis pas contraint comme eux de jouer avec les horaires des postes wink

Apres un peu de D+, je trouve des arbres et suffisamment d'eau pour faire trempette, c'est la première fois que cela arrive, et c'est génial ! big_smile

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Je continue encore un peu dans ce sous bois et je découvre un papier par terre mentionnant la présence de "black berry", et disant également que cette plante n'est pas du "poison oak" (plante urticante) et que les fruits sont comestibles.
Cette pratique de laisser des mots est assez courante pour parler aux hikers qui suivent, que se soit pour aider à trouver le bon chemin, pour signaler les ruches, les plants de "poodle brush" (plante extrêmement urticante) ou encore pour parler des trails angels.

Je fais encore une quinzaine de kilomètre et rejoins une source où je prends mon eau pour la nuit. Sauf qu'en voulant retourner sur le PCT, je me paume… A part le PCT, aucun chemin n'est couramment emprunté ici et ma carte diffère beaucoup du terrain.
Je continue malgré tout et, étant sur de retomber sur le trail, je continue d'avancer. J'arrive à une petite maison isolée et par acquis de conscience je demande ma position exacte.
C'est un couple accompagné d'une dizaine de chiens qui me répond et qui veulent me garder chez eux ! Une histoire de cougar qui rode à cette heure là big_smile
J'accepte et passe la soirée avec eux. Il me cuisine des tas de trucs et j'ai même droit à la confiture qu'ils viennent de réaliser aujourd'hui.

Par contre, dans les points négatifs, je commence à avoir réellement mal aux pieds et je profite de la maison pour faire un état des lieux.

La video de mes ampoules n'est pas forcément utile, je me contenterai de cette petite sélection des plus jolies en photo big_smile

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(les deux talons sont dans le même état)

Apres une bonne nuit il me ramène sur le trail, le départ est un peu précipité le matin et je n'ai pas le temps de voir où est la prochaine source et surtout je n'ai pas le temps de me remplir le bide avec 1 à 2L.
Erreur vraiment chiante car le prochain point d'eau est vraiment loin.

"Rattle snake":
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Video: http://youtu.be/cbPvt557ny4

J'en croise un autre une petite demi heure plus tard. Il est bon de resté vigilant dans le coin.

Le trail traverse de nombreuse zones incendiées. La végétation reprend le dessus mais de nombreuses traces sont encore présentes:

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Apres 24km parcourus, j'arrive finalement au fire tank et prend 4,5L d'eau.

Comme vu plus haut, j'applique maintenant toujours la même stratégie, à savoir boire beaucoup près du point d'eau pour porter moins par la suite. Ici l'objectif est aussi de récupérer du manque d'eau des heures précédentes et de boire 2L dans une demi-heure (temps d'action des pastilles).

Normalement 2l sont amplement suffisants pour faire ces 15miles mais en ayant bien bu au préalable, ce que je n'avais pas eu le temps de faire là.

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Dispositif de pompage dans le fire tank.

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La race de serpent que je croiserai le plus souvent

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Selon l'heure de la journée ils sont plus ou moins actifs, ce qui entrainera quelques jolis bonds de ma part quand je les remarque au dernier moment…

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Apres les ampoules, c'est mon genou gauche qui vient de me lâcher. Normalement la douleur disparait après 30min / 1h de marche mais là je ne peux strictement plus déplier mon genoux et passe ma journée à claudiquer la jambe à demi pliée et à compenser mon boitement à gauche par des plus grands pas avec la jambe droite ce qui me déglingue la hanche...
De toute façon, c'est assez simple, je n'ai pas le choix. Je ne peux pas planter mon bivouac là au milieu de nulle part avec la possibilité qu'en refroidissant la douleur soit encore pire. Et il y a également le problème de l'eau. Je serre les dents et marche donc mes 55km quotidiens pour descendre à Idyllwild à la tombé de la nuit.
Je marche tellement bizarrement que les gens viennent me voir pour savoir si j'ai besoin d'aide big_smile
Je trouve un petit hôtel, enfin plus exactement des "cabins", sorte de petite cabane au charme assez désuet mais confortable.

La ville émane un sentiment de quiétude fort, maison et forêt se mêlent pour former un ensemble paisible où apparemment et aux dires des habitants que je rencontre, il fait bon vivre malgré les hivers rigoureux.

Je prends là une journée et demi off pour reposer mon genou et en profite pour visiter une galerie d'art un peu alternative.

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Le départ le lendemain en début d'aprem est encore un peu douloureux mais cela va mieux. J'ai passé un "pacte" avec mon corps, soit il m'interdit de bouger avec quelque chose de vraiment sérieux, soit il me laisse tranquille. La douleur au genou était sûrement une forme de rébellion pour tester ma motivation wink

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J'ai prévu de faire 15-20miles dans l'aprem (24-32km) et j'ai pris 5 jours de nourriture pour rejoindre ma prochaine ville de ravitaillement.

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Arrivé sur les hauteurs des San Jacinto Mountains, je suis assez surpris de traverser des petites plaques de neige.

Première fois que l'eau est vraiment facile à trouver, je traverse de nombreux petits ruisseaux dûs à leur fonte.
Etre en foret à l'ombre est également extrêmement agréable smile

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Et toujours autant de montagnes…

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…Avec le contraste du désert en contre-bas

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Le soleil commence à disparaitre et laisse place au brouillard qui envahit doucement la vallée face à moi. Cela sera le décor d'un bivouac grandiose.

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Retardateur et une petite course permettent de donner l'échelle de ce fauteuil de pierre

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Le soleil est suffisamment bas pour poser le bivouac. Quelques explorations autour du trail permettront de découvrir cette place dissimulée sur les hauteurs

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Je n'ai même pas envie de manger et préfère passer mon temps à contempler la chute du soleil

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Et histoire de trancher avec la beauté du paysage, mes chaussettes + guêtre en mode "yaduvent"

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Le lendemain la forêt laisse place tellement rapidement au désert que je n'ai même pas le temps de voir le changement et de prendre de l'eau en conséquence. Le rationnement sera de rigueur hmm

Le désert a également ses habitants…

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Après encore un crotale ce matin, je découvre cette nouvelle espèce, "désert boa".

Le tracé du trail est toujours aussi stupide…
http://youtu.be/-eysZkZsIUg

Finalement j'arrive au bout de ce chemin et trouve enfin un point d'eau. Le litre que j'ai récolté dans un trou plus haut ayant vraiment un gout dégueulasse.
Je rencontre ici d'autres hikers et nous sommes rejoints par ceux que j'ai croisé sur le chemin. Nous discutons longuement et ils sont tout autant frustrés que moi par le tracé du trail...

La vue sur la montagne que je viens de quitter

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C'est le retour dans le désert et le vent m'accueille dans mes premiers champs d'éoliennes.

Grosse surprise en passant sous une highway: de la bouffe !! Enfin au moins des glacières qui devaient en contenir, finalement il n'y a que quelques canettes de Pepsi sans sucre… Bon c'est déjà pas mal !

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Trail magic seconde édition ! Et oui, de nouvelles glaciaires… big_smile

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Profitant de ma canette, un autre hiker avec qui j'avais un peu marché précédemment me rejoint. Nous repartons ensemble et quelques minutes plus tard une voiture vient dans notre direction sur la piste de terre. Une vitre s'ouvre: "vous avez faim ?" Ha bha oui ! C'est une trail angels qui vient amener de la nourriture ! Des pâtes ! Des tomates ! Du poulet ! Des gâteaux ! Yeah Ha !

Apres avoir bien discuté je reprends le trail, je passe à coté de la maison d'un couple de trail angels bien connu: ZIggy and The Bear situé dans la petit village de Cabazon. Je ne sais pas trop pourquoi mais je ne le sens pas, sans doute une erreur, je continue donc mon chemin.

A 16h, un petit coup d'oeil à ma carte motivé par mes cuisses qui chauffent un peu, m'apprend que, parti de 2600pieds d'altitude, je suis actuellement à 8000pieds, soit 5400 pieds (1600m) de différence sans compter tous les up and down ! Et la journée n'est pas encore finie big_smile

Arrivé à un autre point d'eau près d'une petite centrale éolienne, je rencontre un type venu chercher sa tente qu'il a oublié là 1h plus tôt…
Je repars seul car même sans sac il marche vraiment doucement hmm

Plus tard je rencontre son pote qui l'attend, assez désespéré quand je lui dit où il se trouve. Nous sympathisons et finalement il décide de m'accompagner à la rivière qui se situe à un peu moins d'une heure.
Une flèche tracée dans le sable à l'attention de son pote et nous nous mettons en route. Il est déjà tard et nous devons tenir un bon rythme pour arriver avant la nuit.
Mon sac retient son attention et il me pose pas mal de questions, ce type est vraiment sympa et c'est un plaisir de bavarder avec lui.
Nous arrivons à l'espace plat que j'avais anticipé sur la carte mais il est occupé par trois autres hikers, pas grave, il y a de la place. A peine le temps de les saluer que je suis déjà dans la rivière ! En godasse, short, tee-shirt, juste viré l'APN ! Enfin de l'eau avec un peu de débit après toute cette chaleur !

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Photo prise au lever du soleil le lendemain.

Le tracé du PCT continue à faire n'importe quoi et je fais du zigzag dans tous les sens, aussi bien sur les crêtes que dans les fonds de vallées. Toujours assez frustrant de voir l'endroit où on se situait 30min avant, quelques mètres en dessous…

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Finalement le PCT reste pour de bon dans une vallée que je remonterai pendant plusieurs heures en longeant une petite rivière

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Je marche encore pas mal et profite du soleil qui décline sur les vallons

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Je grimpe toujours et je suis maintenant proche du sommet de la montagne sur laquelle je me trouve. Des espaces un peu moins pentus se dégagent et après un peu de terrassement j'obtiens un espace de bivouac fort convenable.

Le temps de m'installer, je claque déjà des dents, la différence de température entre la journée et la nuit est de l'ordre de 35 degrés...

La journée du lendemain commence bien, Trail Magic sur canapé !

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Je retrouve le type super sympa que j'ai dépanné en bouffe hier. Il fume son médicament… big_smile Et selon lui cela lui réussi bien car il peut continuer à marcher malgré ses jambes dans un drôle d'état, cf son trail name: "bow leg"

Le hiker, marcheur forcené sous le soleil, se prend parfois à rêver de vitesse et de cheveux aux vents dans une décapotable…

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Je me ravitaille en vitesse à Big Bear et repars sur le trail à la tombée de la nuit.

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Le lendemain je suis encore dans des anciennes zones incendiées mais cette fois recouvertes de fleurs

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Et de nouveau de l'eau, pause lavage / lessivage / baignage big_smile

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Premier king sneak:
http://youtu.be/JZWWSq5yiCs

J'apprendrai plus tard que c'est le seul serpent qui arrive à tuer les rattle-snake.

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Je passe toute la fin d'aprem sur le flan d'un canyon grandiose, les plages paradisiaques inaccessibles en contre-bas s'enchainent mais pas l'ombre d'un seul petit espace plat pour poser le bivouac.

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Il y a assez loin les sources chaudes de Deep creek et deux hikers croisés sur le trail me disent qu'ils s'y rendent. Nous cheminons ensemble à bonne allure pour arriver avant la nuit.
Finalement, l'endroit s'avère connu et fréquenté et en conséquence c'est sale. Je préfère continuer malgré que la carte n'indique rien d'intéressant à plusieurs miles.
Je m'engage dans la nuit et effectue une rencontre salvatrice avec un randonneur très sympa qui retourne à sa voiture, il me parle d'une plage à environ 4km sous un pont, "sauvé" smile
Arrivé sur place, deux hikers sont déjà présents autour d'un feu. Je les rejoints et monte mon bivouac à la lueur des flammes.

Le lendemain matin:

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Cette journée commence mal, mes ampoules me font un mal de chien et une m'empêche littéralement de marcher. Je serre les dents mais je suis contraint de m'arrêter après un peu plus d'une heure.
Cette seule ampoule me fait plus mal que toutes les autres réunies. J'ai la gorge nouée à cause de la douleur, je m'assoie par terre sans savoir quoi faire… Encore une fois, pas trop le choix et je n'ai pas envie de me laisser abattre par une putain d'ampoule, je continue.

Au passage, à l'endroit où j'ai fais cette pause forcée (Mojave river forks reservoir), le trail est vraiment compliqué à trouver. Il faut en fait longer l'eau sous les arbres et ne pas partir sur la droite vers la route.

Apres avoir pris de l'eau dans une sorte de sortie d'égoût, je continue ma route. Le goût est infect malgré et à cause des aquatabs. J'essaye d'en boire un minimum quand j'arrive finalement à un immense lac dû au barrage en aval.

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Fin de journée et soleil rasant

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Cette journée se déroule en mode Flamby…
J'ai trainé la douleur de ce matin une bonne partie de la journée. Je ne marche pas à mon rythme et ce n'est qu'à 17h que la douleur s'estompe. Je peux enfin passer la seconde et je ferai le tiers de ma journée à partir de cette heure là.

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Il est vraiment difficile de trouver un espace pour bivouaquer dans cette végétation, finalement se sera une petite alcôve juste à coté du trail après 40km parcourus. Comparés au plus de 55km de hier, ce n'est pas génial hmm Ce sera ma plus petite journée en dehors de celles consacrées au repos de gnou et à certains ravitos éloignés.

Vu la difficulté de trouver un coin pour dormir ici, c'est sans surprise que le lendemain je tombe, dans la seule clairière du coin, sur une dizaine de hikers agglutinés.

Ils sont sur le départ quand je les croise et ils me rattrapent lorsque je fais le plein d'eau. Nous faisons connaissance et nous ferons la route ensemble jusqu'au mac do de Cajon Pass ! Initialement je ne pensais pas m'y arrêter, mais là je suis en bonne compagnie donc je me permets un petit extra.
Il est tôt et ils ne servent que des breakfast, pas grave ce sera déjà bien en attendant les big macs ! big_smile
C'est vraiment le carrefour de rencontre des hikers, au fur et a mesure la salle se remplie de sacs à dos ! Nous discutons pas mal et c'est après plus d'1h30 et deux big mac (petit joueur je sais) que je reprends le trail.

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Le plein d'eau fait au mac do, c'est un peu plus de 30km sans aucune source ni water cache qui m'attend, comme à mon habitude je ne prends que 2L et bois beaucoup au mac do ainsi qu'à la water cache située 2km plus loin. Mais les big mac reprennent leur liberté (…) emmenant avec eux ma précieuse flotte hmm

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Je rattrape un petit groupe de hiker sur le chemin de détour qui évite une portion du trail où sont présents trop de plants de Poodle dog bush, une plante extrêmement urticante.
Ils sont assis sur le bord du chemin et l'un d'eux avant même que je dise quoi que ce soit me regarde avec un grand sourire et me dit avec un beau accent: "Enchanté" big_smile Je ne sais vraiment pas comment il se passe l'info, mais il m'a reconnu comme étant le français alors que je ne l'ai jamais croisé big_smile

Je continue mon chemin en rationnant mon eau mais je commence à voir des bidons d'eau derrière les arbres, pas bon signe hmm Je garde un fond d'urgence au cas où et c'est infernal de l'entendre bouger dans ma bouteille…

Et soudain au détour d'un virage...

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Tellement heureux de voir ce panneau !! Enfin je parviens à ma ville de ravitaillement, Wrighwood ! Et en plus avec un jour d'avance sur mes prévisions ! J'imagine déjà le Coca… Une petite gorgé de mon fond d'urgence et je m'élance sur l'Acorn trail qui rejoint la ville. Il est vraiment tard et le temps de descendre dans la vallée, il fait nuit.
Une de mes motivations consistant à prendre une douche, je m'autorise un petit excès et prend une chambre de motel pour la nuit. Elle est crade mais j'en ai rien à taper big_smile

Sommet du "Mount Baden Powell" à 9399pieds (2864m) le lendemain et son arbre qui aurait 1500ans

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Malgré la faible hauteur de ce sommet, le chemin pour y monter est impressionnant:
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Je ne prendrai pas beaucoup de photos de cette journée mais passerai de très bons moments sous les arbres pour finalement faire un bivouac avec une vue splendide sur les montagnes. Pour une fois je prendrai de l'eau à une source (Little Jimmy Spring) et je n'aurai pas à purifier !

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Photo de mon espace de campement en contre bas le lendemain

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Un peu après cette photo je discuterai avec plusieurs hikers dont un connait mon prénom, encore une fois ils se passent le mot sans que je sache comment… big_smile

Il y a là un détour pour éviter de passer sur le territoire d'une espèce de grenouille protégée. C'est un peu compliqué à expliquer, si des personnes veulent des précisions, mp wink

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Les trois stades d'une plante que je croiserai assez souvent.

En fin de journée, je marche assez vite au milieu des poodle dog brush car j'aimerai arrivé au prochain point d'eau et y faire mon bivouac.
J'arrive en trombe à une intersection et tombe sur deux types vraiment sympas, il m'apprennent que l'itinéraire normal a été fermé pour incendie et qu'il faut faire un détour par une piste. Finalement nous sympathisons et marchons ensemble 2 heures. D'un coté un jeune américain qui quitte les joies de la ville avec une bible dans le sac. De l'autre, un jeune israélien qui vient de finir son service militaire. Ces deux gars feront parti de mes meilleures rencontres, nous discutons de tout et de rien, de nos familles, du pourquoi nous sommes là, de ce que nous voulons faire plus tard, etc smile
Nous arrivons finalement à la station de ranger de Mill Creek qui est également le seul point d'eau dans les environs.
Chose rigolote, après avoir posé mon SDC à terre ils viennent m'entourer et se mettent chacun d'un coté big_smile

Le lendemain le trail est encore saturé de puddle brush et c'est vraiment ennuyant de les éviter constamment.

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Je loupe une bifurcation et me retrouve dans une ancienne grande caserne de pompier incendiée. Ambiance garantie big_smile

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Un peu plus loin sur le trail

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La journée se déroule pour le mieux et mon rythme me permet d'envisager d'aller voir un couple de trail angels connu, les Saufley. J'en suis encore assez loin mais découvrir le "hiker heaven" et y passer une nuit me branche pas mal. Je redécouvre les sensations du premier jour et ressens beaucoup moins mes douleurs diverses. C'est donc en courant que je fais la fin du parcours pour éviter l'arrivée de nuit smile

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Visage ?

Depuis le début du trail je suis assez constant dans les distances parcourues, même trop à mon goût. Hier j'ai fait comme d'hab mes 35miles et le petit moment de course à pied d'aujourd'hui me permet d'arriver chez eux après un peu moins de 40miles parcourus (64km) dont une partie en hors sentier ayant perdu le trail en cours de route big_smile
Ils ont une installation assez incroyable pour les hikers: plusieurs barnums avec lit de camp, plusieurs machines à laver, des panneaux informatifs un peu partout, des fringues de prêt le temps de laver ceux du trail, une cuisine rien que pour les hikers ect, c'est vraiment le grand luxe !
C'est également l'endroit idéal pour rencontrer du monde. Mon sac dénote beaucoup et quand ma date de départ se répand dans le camp je ne manque pas de personnes à qui parler smile

Après le diner je m'installe un peu à l'écart du reste de la troupe, près des chevaux. Pour une fois je m'approche vraiment du "cowboy camping" (nom local pour le bivouac à la belle étoile)

Le lendemain j'effectue mon ravitaillement dans la petite supérette d'Agua Dulce. Plus d'1h à déambuler dans les rayons sans trop d'inspiration. Le temps de virer les emballages inutiles et de reconditionner ce qui doit l'être, je repars sur le trail.

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J'arrive à l'une des caches les plus connues, j'avais vu quelques photos de ce flamand rose et c'est avec plaisir que je le découvre pour de vrai.

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C'est la cache de trail angels bien connu: les Anderson.
Il y a là nombre de canettes de soda et de bières qui flottent sur un lit de glaçons smile

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Cette journée est assez pénible, encore beaucoup de zigzag horizontaux sous une chaleur accablante et le ravitaillement m'empêche de me faire plaisir en faisant une bonne journée.

Arrivé à une route en fin d'aprem, un hiker me propose de l'accompagner chez les Andersons, j'accepte.
C'est déjà pas moins d'une vingtaine de hikers qui sont avachis sur les sofas et canapés présents un peu partout.
Apres un geuleton mémorable je découvre que tout leur jardin est truffé de petits espaces plats sous les arbres pour accueillir tout le monde smile

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La nuit est bien venteuse et je me réveille plusieurs fois craignant de me prendre une branche sur le coin du nez. Prèmice de ce qui m'attend plus tard.

Le matin,  tournée de pancake général !

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Comment un trail angles ramène t-il 10 bidons à sa voiture ?

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A cette pause je rencontre le sac le plus léger que je verrai sur le trail, 2,7kilos de base ainsi que sa porteuse qui trouve son matelas de 3mm très confortable big_smile

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Un pote avec qui j'ai déjà passé du temps hier soir et ce matin me rejoint en fin d'aprem. Il me dit que je l'ai galvanisé aujourd'hui et que c'est pour ça qu'il a avancé comme ça big_smile Je suis le premier surpris de la journée qu'il a réussi à faire smile
Nous passons la soirée ensemble, enfin ce qu'il en reste vu qu'il fait déjà nuit wink

Et pour finir la poésie cotonneuse vue précédemment, retour à la réalité avec de l'eau bien jaunâtre prise à la tombée de la nuit dans la mare de Pine canyon, le water tank (WR511b) étant vide.
Un habitant est d'ailleurs venu avec moi…

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Le gout n'est pas top et je pense me rattraper le lendemain matin en prenant de l'eau dans le canal

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Manque de bol, apreè les proteines de la veille, j'ai  droit à de la verdure…

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Ce qui pourrait ressembler à une route est en fait la conduite d'eau qui rejoint Los Angeles. La piste à coté dessert les rares habitations présentes ici. Il fait une chaleur monstre mais au moins c'est plat, du moins pour l'instant...

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Doit pas être cool pour les coussinets le béton frais…

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J'arrive dans un champ d'éoliens et l'énorme galère avec le vent commence. J'avance penché, casquette bouclée à fond, impossible de m'entendre marcher, impossible de penser, juste rester sur le chemin, serrer les dents et avancer.

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Même dans les montagnes cela ne se calme pas. A chaque changement de flan j'espère une acalmie qui n'arrivera jamais.

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En fin de journée je suis un peu plus en altitude et le vent a empiré. Il me balaye totalement, j'ai un mal de chien à marcher et je manque de tomber à chaque rafale.
Je ne trouve aucun espace protégé et continue de marcher pour finalement me caler entre deux buissons et arrime comme je peux mes affaires.

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En récompense, j'aurais le droit à une vue grandiose.

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Apres un peu plus de 37miles parcourus (60km) il me reste encore assez de temps pour rejoindre une ville de ravitaillement, Tehachapi ou Mojave à égale distance. Mais ces villes se rejoignent en faisant du stop et comme j'ai l'intention d'y prendre un motel, je ne souhaite pas arriver à 22h et ne pas en profiter smile
J'ai tout mon temps et décide donc d'écourter cette journée. Il ne me reste que 6 ou 7miles sur le trail à faire demain. L'idée de me prélasser tout le reste de la journée me va très bien !

Protection improvisée

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La nuit est vraiment venteuse, mon sac de couchage est complètement aplati par les rafales. J'ai du mal à réchauffer mes pieds et un bref séjour dans mon sac à dos résout le problème en faisant VBL. La nuit se passe plutôt bien malgré le fait que je dois changer de coté en fonction du vent pour ne pas l'avoir de face. Le ciel extrêmement étoilé est un vrai bonheur à regarder smile
Au réveil, ma montre à l'abri du vent indique 2°C...

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J'arrive le matin dans la ville de Tehachapi, ville qui offre un choix plus important de commerces et d'hôtels.

Je prends une chambre à l'hôtel et pars faire mon ravitaillement.

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Avant de m'en séparer, je prends en photo quelques cartes au zigzags mémorables.

Le lendemain, retour dans le vent
http://youtu.be/iyvPtlYLPO0

Le type qui me prend en video avance de rocher en rocher. Son sac est bien gros et la prise au vent de l'ensemble l'empêche d'avancer. Il attend donc les brèves accalmies pour passer d'abri en abri. Encore un avantage au petit sac wink

Je ne prends aucune photo de la journée, occupé que je suis à lutter contre le vent...

Bivouac abrité dans les taillis

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Vivres pour 3 - 4 jours

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Début de journée sur les hauteurs

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Descendu de la foret, retour dans le désert et cache d'eau bien utile en cette fin de journée.

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Trouver un bivouac s'avère encore une fois compliqué, énormément d'arbustes à épines et aucune surface plate. Mais je suis persuadé que je vais en trouver un plus loin alors que hier je m'étais arrêté par sécurité ne "sentant" pas de bivouac plus loin.
Je continue donc jusqu'à 19h50 et trouve après un peu plus de 35miles parcourus (56km) un espace parfait pour admirer le coucher de soleil sur les montagnes. C'est plat et seul l'arbre à épines au dessus de moi m'oblige à faire attention à mes déplacements.

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A gauche le pied nettoyé, a droite le sale. Grosse différence hein ? big_smile

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Le matin, ma montre affiche cette fois 2°C, il faisait plus de 105°F (40°C) la veille…

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(Non je n'ai pas fait une grasse matinée, les deux lignes de chiffres sont les pressions atmosphériques wink )

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Un boa en vidéo: http://youtu.be/frrK2TYV1Xc

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Pour accompagner les douilles éparpillées, une petite ration militaire

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Je pensais prendre de l'eau à la source de Mclvers en face de cette petite cabane mais l'odeur qui s'en dégage ne m'inspire pas et je préfère me rationner et attendre le prochain point d'eau. Comme d'hab, j'ai toujours mon fond d'urgence pour gérer les imprévus comme celui là.

Je continue donc jusqu'au campground de Walker pass situé à une dizaine de km et je suis accueilli par une bande de hikers qui me tendent de suite une bière smile
Mon sac fait encore sont effet et je passe pour un randonneur à la journée. Je passe la soirée avec eux à faire griller des burgers et des schamallows.

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Le lendemain je croise un membre de l'association du PCT. Nous discutons longuement et il m'apprend qu'il enlève les grosses pierres, les branches et autre chose gênante du trail sur cette partie… Mouai… Cela n'arrange pas mon ressenti sur ce trail hmm

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Au moment où je prends la photo suivante, un ours commence à courir juste au dessus de moi ! Surement entrain de m'observer, il a dû croire que je l'avais vu big_smile

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C'est le deuxième que je vois. Le premier j'ai pu le voir de plus près car avec le vent il ne m'avait ni entendu ni senti arriver. Je l'ai donc observé se promener tranquillement smile

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Un magnifique…

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… étron séché !

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Trail Magic Frais !

Petite nuit sans rien de spécial, le lendemain est agréable, j'ai tout mon temps car je ne suis pas loin de Kennedy Meadows. J'ai préféré finalement ne pas y arriver ce soir et prendre la journée du lendemain pour faire mon ravitaillement et me reposer un peu.

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Il y a enfin une petite rivière et j'en profite pour une très longue pause lavage / lessivage / baignage…

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Arrivé à Kennedy Meadows  (702miles, 1130km) au bout de 24 jours de marche dont 2 de pause et je suis en pleine forme smile Mes ampoules vont beaucoup mieux et mon genou me laisse tranquille. Mon corps a enfin compris ce que j'attend de lui et ne rechigne plus trop big_smile

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Je me dirige vers "Tom's Place", le trail angels bien connu de cette ville.

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L'endroit est assez dingue, des caravanes en pagaille, des hamacs aussi nombreux que les canapés disposés un peu partout. Et en plus un accès à internet.

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Apparemment nous ne sommes que 3 cette année à rallier KM dans ce genre de labs de temps, Suami avec qui j'ai fait mon premier jour et Blink qui en est à son 15eme PCT. Comme chez d'autres trail angels, je ne manque pas de personnes avec qui discuter quand la nouvelle se répand smile
Mais le soir même Dwain me vole la vedette big_smile Il arrive ici en 21 jours !

Haa Dwain ! Une vrai rencontre qui m'a beaucoup marqué. Dwain est vraiment un sacré personnage ! Dwain déjà porte non pas un, mais deux sacs ! Son matos dans son osprey sans ages derrière , et devant, dans un sac d'écolier de super marché, sa bouffe. Ses deux bâtons sont tordus et pas à la même hauteur, cela ne le dérange pas. Et même si il possède 4 pantalons et 7 chemises, c'est en caleçon camouflé qu'il se balade...
Dwain marche à son rythme, c'est à dire vraiment lentement. Mais Dwain n'a besoin que de 4 à 5h de sommeil. Alors il marche la journée ainsi que la nuit… Et dort n'importe où dans son sac poubelle de container:

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Ce n'est pas son coup d'essai… Il a déjà fait le CDT avec ce même sac...

Forcément nous sympathisons tout de suite. Nous partageons la même vision de la marche et du temps passé dehors. Chose difficile à décrire. En tout cas c'est la première personne sur le trail avec qui je peux vraiment discuter. Oui nous marchons beaucoup, oui le corps souffre, mais ptain qu'est ce que c'est bon de juste marcher sans se trainer, de voir le paysage défilé, ne pas se brider, lâcher les chevaux jusqu'à ce que le corps ne suive plus…

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Les sacs de Dwain smile

Dwain n'a pas beaucoup prévu la suite du parcours... J'ai décidé d'arrêté le trail et n'ai donc plus besoin de mon "plan de course", je lui donne donc le mien pour qu'il puisse planifier ses ravitaillements.

Le lendemain matin d'autres hikers sont sur le départ

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Dwain décide de partir fin d'aprem après une bonne journée de repos, il repart avec son bear canister dans son sac de devant avec l'idée de marcher une bonne partie de la nuit big_smile

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Perso je reste encore une nuit et squatte un canapé.

Je n'ai pas besoin de ma bear canister et la revend donc à un hiker et fais mon sac en essayant de prendre le plus de nourriture possible présent dans ma boite postale pour mon trip à venir.

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Je suis près à partir et quitte Tom's place avec mon sac sur le dos et mon colis sous le bras. Colis contenant les affaires que je n'aurais pas besoin et que je souhaite renvoyer en France.

Le stop m'a l'air vraiment difficile vu le très peu de nombre de voiture qui passe dans la rue principale. Nous sommes le 1er mais plus j'attends le pouce levé et plus la proposition d'un type à l'épicerie de m'amener demain me parait attrayante. Pas grave pour la date, je partirais le 2.

Bien m'en n'a pris car le fait que j'arrête le trail et que je commence autre chose à fait le tour du campement et j'apprends qu'une fille présente ici a déjà pas mal roulé aux US. Je rencontre donc "Rabbit" qui me donne pas mal de bon plans.
Cette fille, une des rares hikeuses randonnant seule, possède une souris dans une petite boite sur la bretelle de son sac "comme ça je ne suis jamais seule" smile

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Je re-rencontre également les gars que j'ai croisé un peu avant sur le trail, c'est vraiment un plaisir de les revoir et de passer une dernière soirée avec eux. Je n'aurais jamais cru pouvoir me lier d'amitié avec des types aussi rapidement.

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L'israélien revient comme à son habitude posé son SDC juste à coté du mien big_smile

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Il a bien commencé son allégement, virer les trucs inutiles et changer son enclume de matelas par un Xlite.

Départ donc le lendemain matin avec le type rencontré la veille pour faire le plein chez lui. Il n'y a pas de station service et chacun stocke des bidons chez lui.
La vue devant sa maison:

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Avant de continuer ma petite histoire, revenons un peu sur tous les événements qui me conduisent à faire du stop sur une route inconnue par 40°C.

J'ai donc atteint Kennedy Meadows après un peu plus de 1100km parcourus et franchement comme tous les hikers le disent, c'est vraiment la partie la plus chiante du PCT. Je sais donc que ce que je vais dire par la suite n'est pas objectif.

Comme je l'ai évoqué plus haut, la monotonie du trail commençait à me déplaire. Je sais que cela peut paraitre fou de dire cela, en effet les paysages ne sont jamais les mêmes, les rencontres toutes plus géniales et enrichissantes les unes que les autres, mais rester sur le trail, toujours ce même chemin, sans réel défi d'orientation, en sachant où j'allais trouver ma flotte, où trouver ma nourriture devenait lassant. Je savais même en regardant la topographie du terrain qui m'attendait combien de kilomètres j'allais pouvoir parcourir ! Le seul défi était d'arriver à se lever de bonne heure le matin pour ne pas perdre la journée. Même les trails magics et trail angels me semblaient trop institués. En bref je ne me sentais plus libre.

Tout cela j'ai commencé à mettre des mots dessus en discutant avec un hiker qui avait déjà fait le CDT. Il avait le même ressenti bizarre comparé au CDT qui est plus sauvage, comparable à la HRP en (beaucoup) plus grand. Je me suis trompé de trail, j'aurais du partir sur le CDT hmm

Pour ceux qui hésiteraient comme moi, il faut savoir que les américains sont habitués au sentier bien tracé, que la rando pour eux se déroule comme cela. Les difficultés du PCT, aussi bien au niveau de la préparation que pendant le trail sont réelles, mais vu du regard d'un américain elles paraissent énormes et comme la majorité des retours sur internet est fournie par eux, il est difficile d'avoir un autre regard. Le CDT se retrouve donc être comme quelque chose d'insurmontable. Alors que c'est exactement cela que je recherchais, mais vu avec leur regard, le CDT me paraissait inaccessible. L'association de ce trail se casse la gueule, il n'est pas marqué à plein d'endroits, il faut de bonnes connaissances d'orientation et peu de monde le tente. Exactement ce que je souhaitais.

Enfin bref, je souhaitais donc rester dans ce pays mais en le découvrant d'une autre façon. J'ai donc commencé à penser à divers projets, comme traverser l'Oregon où il est possible de faire 5 à 10 miles de plus par jour du fait de l'absence de D+, ou encore aller dans les grands parcs américains. Mais ce genre d'idée m'écarte de mon projet initial, traverser les Etats Unis. Je ne veux pas d'un projet dépareillé. Je veux que cela est un sens.

J'ai donc pensé au vélo, y voyant un gage de plus grande liberté malgré mon inexpérience dans la rando avec ce moyen de locomotion.

C'est donc en une petite journée que toutes ces réflexions se bousculent et je pars donc du trail vers San Francisco, la grande ville la plus proche, avec strictement aucune préparation ni idée précise de ce que je vais faire. Ma seule grande idée est de trouver un vélo pas cher, j'improviserais par la suite.
Et c'est avec moins de 5 photos d'écran des routes me séparant de San Francisco que je m'engage dans ce nouveau projet.

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Retour donc au type qui me prend en stop et me dépose sur la route qui apparemment va me permettre de rejoindre une plus grande ville (Bakerfield) où je peux trouver des bus pour SF.

J'ai prévu des bouts de carton pour le stop pour parcourir les 160km qui me sépare de cette ville mais au bout de 3h d'attente, toujours rien. Avec pancarte, sans pancarte, avec sac un peu dissimulé, avec sac sur le dos, avec sourire, avec grand sourire, rien n'y fait.

Finalement, un couple de mexicain s'arrête, super sympa je me cale à coté des enfants et la femme m'offre tout de suite une bouteille de fanta et un paquet de chips, royal ! Et encore meilleure nouvelle, ils vont direct à Bakerfield ! Ils ne parlent pas beaucoup anglais et finalement ne parlent presque pas. Le type conduit bien et je n'arrive pas à lutter contre le sommeil, je m'endors.

Bakerfield s'avère être une ville beaucoup plus importante que prévu. Je suis déposé en plein quartier latino. A voir comment on me regarde, je ne suis pas forcément à ma place…
Grâce à la photo de google map j'arrive à peu près à me repérer et après 3h de marche j'arrive finalement au bus Greyhound qui se situe dans les downtowns. Il est 17h, le prochain bus pour SF est à 3h30 du mat… Pas grand chose à faire, je pars me promener avant de pioncer comme je peux dans la gare de bus avec un agent de sécurité un peu trop zélé…

Après un changement de bus, j'en intègre un bondé, une seule place de libre à coté d'une fille qui dort. Je sers d'appui tête une partie de la nuit et à son réveil nous engageons la conversation. C'est une allemande qui revient d'un trip avec des amis. Elle a déjà fait un tour à SF et reprend son avion là bas. Elle a des cartes de la ville en trop et m'en donne une, YES ! Et en plus deux adresses pour des auberges de jeunesse, re YES !

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Nous arrivons en fin de matinée à SF

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Et je me dirige tout droit vers l'"International Hostel". Il leur reste de la place, 25$ la nuit dans une chambre partagée avec petit dej inclus.

J'étudie les cartes de la ville quand, quelques minutes plus tard, arrive un français et un québécois venus ici après 2000km parcourus en vélo, nous sympathisons et prévoyons de nous revoir plus tard.

La visite de certains musées est gratuite aujourd'hui, je me décide donc pour celui d'art asiatique et y passe l'aprem

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Je suis toujours surpris de l'importance de la pauvreté dans les grandes villes. Ici c'est presque 1 personne sur 3 qui est sans abri ou avec un problème mental et je n'ai jamais vu autant de personnes amputées hmm
Je ne détonne pas avec mes habits tout crade, personne ne me demande de l'argent et je sympathise même avec quelques sans abri qui me donnent des bons plans pour gagner de l'argent facilement ou des endroit pas cher pour dormir smile

L'auberge dispose d'un ordi et je commence donc à mettre mon projet sur pied.
Ayant monté un pignon fixe pièce par pièce cette année au Québec, j'ai déjà un peu de connaissance mais aucune concernant les système de vitesse et les spécificités des voyages longs. Je me renseigne donc au maximum.

Je repère également le plus de boutiques de vélo possibles, et je commence dès le lendemain à sillonner la ville de long en large.
Je pousse l'exploration jusqu'à l'océan:

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Je passe la soirée avec les cyclistes et repars le lendemain en quête de mon vélo. Cela s'avère bien plus difficile que prévu. Un vélo d'occasion vaut le prix d'un neuf en magasin. Aucun vélo bon marché style D4. Et sur internet je ne peux juger de l'état et encore moins me déplacer pour tous les voir.

Le lendemain, un nouveau tour dans les boutiques non visitées ne donne rien. C'est assez dépité que je regarde encore une fois sur Craiglist (le bon coin local) pour un vélo d'occase et, coup de bol, un type apparemment d'un certain âge  vient de mettre le sien en vente. Le texte donne confiance et le type à l'air expérimenté. A l'essai il me convient et je l'obtiens pour la moitié du prix neuf, je pars avec.

Je récupère mes affaires à l'auberge et pose mon sac blindé de bouffe sur le porte bagages. Je n'ai jamais roulé avec un porte bagages et le centre de gravité haut me fait chuté aussi bien à pied que sur le vélo… J'ai l'air malin… Il me faut des sacoches. Je connais toutes les boutiques et je sais donc où en trouver pour pas cher.
Le type me montre rapidement comment les installer, en mets une sur le vélo, scanne l'autre et finalement m'en fait payer qu'une seule big_smile

Une dernières petites galères pour trouver une carte routière et je pars enfin sur les routes en fin d'aprem, direction le Golden Bridge.

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Je m'arrête finalement seulement 2h après être parti. Ma carte routière a une définition trop grande et c'est un vrai bordel pour s'orienter. Je passe un temps fou à tourner pour rien et préfère remettre au lendemain mon "vrai" départ.

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Le lendemain après avoir roulé un peu je dois prendre une décision sur mon itinéraire. Soit aller vers l'intérieur des terres, vers yellowstone, mon premier plan. Soit longer l'océan vers la frontière canadienne. J'opte pour la seconde destination, au moins je continue un peu l'objectif du PCT smile

Je commence donc à suivre la côte et me rend compte de, un, que c'est beaucoup moins plat que ce que j'imaginais, beaucoup de "up and down" et de deux, que je me prends un vent de face incroyable…
J'apprendrais par la suite que 90% des cyclistes empruntent cet itinéraire vers le sud pour justement avoir ce vent dans le dos… Dans les faits je ne verrais que 3 autres cyclistes allant vers le nord et j'en croiserais une bonne cargaison allant vers le sud…

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J'abandonne donc la lutte après seulement 50miles (80km) et me réfugie sous un couvert d'arbres pour me couper un peu du vent. Apres l'avoir eu de face, j'ai le vent de coté et par deux fois j'ai fini dans le fossé…

Même en premier pignon, premier plateau, je n'avance pas… Je suis obligé de pédaler dans les descentes sinon je n'avance pas. Je pense avoir une bonne condition physique et je me fais rétamer par du vent… A chaque montée je suis obligé de faire des pauses, je fais même des "pré-pauses" avant les côtes parce que je sais que je ne vais pas y arriver…

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Retour sur la côte le lendemain, toujours autant de vent mais les paysages sont superbes.
En me rendant à un office de tourisme et à une station de ranger, j'apprendrais que ce vent est inhabituel. Normalement ça souffle mais pas à ce point là. Ils prévoient encore 3 jours comme ça…

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La vue à quelques mètres de mon bivouac du soir

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Encore une journée de lutte infernale contre le vent. C'était déjà pénible à pied mais ce n'est rien comparé à vélo.
En descente, il suffit d'une rafale pour me faire passer de 20miles à 10miles à l'heure...
Hier je m'étais juré de ne plus mouliner dans le vide et de ne plus utiliser le premier plateau. Je tiens ma parole et fais des pauses à la place...

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A défaut d'avancer, je vais profiter du vélo pour récupérer du gras big_smile

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Une course cycliste est organisé sur une partie de la route où je suis. Il y a des stands de ravitaillement et vu que je suis également à vélo, je m'y rend.
Les gens sont super sympathiques et après avoir pas mal discuté avec tout le monde, une des femmes présentes tient à ce que je reparte avec un bagel au saumon bien emballé et des oranges smile

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A quelques encablures de là je trouve une rivière bordée d'une grande plage de sable blanc, le rêve.

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Je grimpe pendant 1h et me retrouve en pleine forêt. L'ambiance est magique, cela fait déjà plusieurs semaines que j'attend ce genre de forêt. Jamais vu une densité d'arbres pareil.
En plus il n'y a quasiment personne, je croise une à deux voitures par heure.

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J'atteint en fin d' aprem le "drive thru tree" situé dans la ville de Leggett, un arbre dans lequel a été creusé un tunnel où une voiture peut passer. Ma nouvelle carte mémoire rend l'âme au même moment, pas de photo.

Le soir j'aperçois un panneau indiquant une école et c'est un endroit que j'apprécie particulièrement pour dormir. C'est normalement assez calme avec du gazon bien plat smile
En arrivant sur place je trouve derrière l'école une vielle serre abandonnée. Il y a encore pas mal de vent et ce sera donc un abri parfait. La charpente à l'air en bon état et les environs sont calmes. Une bonne bonne nuit en prévision.

Le lendemain, je commence à rentrer dans les forêts aux Reds Woods dans le Humboldt state park. Ce sont des arbres gigantesques et j'ai vraiment l'impression de ne pas être à l'échelle. Pédaler dans ce décor est tout simplement hallucinant.

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La fin d' aprem se passera par contre sur une highway bien fréquentée, longue et ennuyeuse, à proximité de la ville dEureka. Cela a au moins l'intérêt de me faire tenir un bon rythme et je dépasse les 90miles (144km) parcourus.
La nuit près de l'école ayant été très bonne, quand je vois l'indication d'un collège à la prochaine sortie je le sens plutôt bien. Et en effet, je trouve un collège désert et un petit coin d'herbe isolé et discret parfait pour un bivouac.
Le lendemain je me réveille tranquillement et j'aperçois le jardiner au loin. Il m'a vu, il est temps de partir.

Encore un peu de highway avant de trouver un autre itinéraire qui passe par les campagnes.

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C'est assez dingue, je vois plus d'animaux sauvages depuis que je suis sur les routes que quand j'étais sur le PCT…

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(Cette photo rendra dingue un petit groupe de chasseurs que je rencontrerais plus tard).

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Le soir j'arrive dans la prairie des erks, nom local de ces cervidés, située dans le Redwood national park

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Il sont entièrement sauvages et sont souvent présents ici. Un campground est situé à proximité et pour 5$ je pourrais avoir une douche et un espace plat dans la forêt.
Je n'aime pas payer pour dormir dehors mais je ferais exception de temps en temps car entre la forêt impraticable, les terrains privés clôturés (avec les panneaux "Armed response") et la proximité de la route, trouver un espace de bivouac est parfois vraiment difficile.

La plupart de ces campgrounds sont vraiment inscrits dans la forêt et l'espace réservé au randonneur ou cycliste est toujours le plus sauvage, à l'autre bout du camp sans installation proche. Les prix sont abordables et j'en profiterais 5 fois en un peu moins de 20 jours de voyage.

Par contre, cela fait quelques jours que je suis assailli par les moustiques. Il m'est même difficile de m'arrêter pour boire. Ce matin, après une lutte vaine contre eux, je ferais mon sac dans les douches…

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Je sympathise avec un ranger et il m'emmène voir un arbre complètement brulé à l'intérieur. Il forme une cheminé gigantesque et pourtant il vit encore.

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Et je quitte enfin la Californie !!!

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Il y a encore un vent énorme ce soir près de la côte. Apres 10km à manger du sable, j'abandonne et trouve refuge dans un toilette publique de Gold beach. Bivouac mémorable mais c'est toujours mieux que d'être dans le vent.

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J'attise la curiosité d'un troupeau de vaches smile

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La vue de mon "bivouac" de ce soir

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Il y a deux jours, un type s'est arrêté en voiture et m’a tendu une carte de visite par la fenêtre de sa voiture, en gros il racole des cyclistes pour son auberge en cours de construction big_smile
Pour l'instant il ne fait rien payer et veux juste se faire connaitre. Le type est hyper sympathique et me propose de m'amener à la prochaine ville en mettant le vélo dans son pick-up. Ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de vent et que je ruisselle de partout à cause de la pluie que je vais accepter tout de même ! big_smile

J'ai donc continué ma route tranquillement en me disant que je passerai une nuit dans son auberge.
Sauf que j'arrive à son auberge aujourd'hui mais en fin de matinée, je souhaite donc continuer mais vais tout de même le saluer. Nous sympathisons beaucoup et il me propose d'aller dormir chez lui à plusieurs dizaines de miles d'ici car là il part en vacance smile
Il me parle de son jardin et de ses chiens de garde qui sont en fait très sympa. Je m'imagine donc avoir une belle pelouse pour dormir. Il me parle aussi de son pote qui travaille là-bas et d'autres trucs que je ne comprends pas trop hmm
Enfin bref, je le remercie vivement et, après avoir amadoué les "molosses" avec une poignée de cookies, j'arrive chez lui et son pote me fait « vas-y »  la maison est ouverte, tu peux aller prendre une douche" !
Ok, donc quand le type m'a dit "fais comme chez toi", c'était l’exacte vérité ! big_smile

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Mes compagnons de jeu de la matinée.

Moi qui pensais que la côte était plate…

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J'ai vraiment l'impression de faire un remake de "Yes Man", encore aujourd'hui, je n'ai pas pu m'empêcher de dire oui à un panneau "voulez-vous découvrir un centre ornithologique ?" big_smile

Et c'est comme ça tous les jours ! En plus je fais la connerie d'acheter une carte routière avec des infos pour les touristes… Donc à chaque fois que je vois sur ma carte des infos du style "dans ce bled paumé, une des plus belle vue sur la côte…" bah je m'y rends…

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Remarquez le panneau avec le type. Il ne se baigne pas, non c'est beaucoup trop froid pour ça et il est penché en avant, normal, il lutte contre le vent…

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Je suis juste à côté de l'océan et pour la première fois je vais piquer une tête dans ce décor sublime...

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J'ai roulé pendant 2h en fin d'aprèm, avec un anglais en pignon fixe ! Nous allons dans la même direction et c'est donc naturellement que nous avons commencé à nous relayer pour essayer de minimiser l'impact du vent.

Ce type est un grand malade, il vient de faire plus de 130miles (210km)… Perso je finis beaucoup plus modestement à 109miles (175km), je me rassure en m'étant cela sur le dos du tourisme et des grasses matinées…

Nous dormons au même campground mais repartons le lendemain chacun de notre côté.

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Remarquez encore une fois la position du bonhomme. Voilà exactement comment on roule en Oregon…

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Le soir je retrouve mon copain l'anglais ! Nous n'avons pas roulé ensemble aujourd'hui mais nous avons fait la même distance et nous posons notre bivouac au même campground.

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Le lendemain il me demande si je veux rouler avec lui et nous partons donc tous les deux. Mais après à peine 10miles nous commençons les pauses dans un petit café pour un bon breakfast. Nous enchainons 1mile plus loin par la fabrique de fromages bien connue dans la région, celle de Tillamook, dans la ville portant le même nom, où l’on propose des dégustations gratuites… Pas un truc à faire avec deux types affamés ça… big_smile
Nous feignons d'être intéressés par tous les fromages, plusieurs fois par les mêmes d'ailleurs ! Nous testons aussi les sauces barbecues, les moutardes et les sauces salades sur des gâteaux apéro !

Nous repartons et il continue de pleuvoir, nous avançons cependant bien en nous relayant.

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Nous échangeons nos victuailles et nous voilà prêt pour une nouvelle pause gastronomique...

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En fin d'aprèm, il pleut toujours et nous sommes trempés jusqu'à l'os. C'est le moment d'une nouvelle pause dans un petit resto au bord de la route smile
Et coup de bol, c' est pâtes en "all you can eat" aujourd'hui !

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Avec toutes ces pauses nous finissons la journée avec 76miles (122km) et les moustiques sont toujours omniprésents.

Arrivés à la fin de l'Oregon, il nous reste à traverser le pont Astoria long de 6,5km pour rentrer en Washington.

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Entrée en Washington, certainement pas la fin de la pluie...

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La petite route qui longe la côte est déserte, comme souvent sur les itinéraires reculés, loin des highway.

Nous arrivons en début de soirée à un campground aussez moche et petit. L'espace réservé au cycliste est à l'écart et remonte un peu l'image du reste. L'anglais fini sa journée avec 99,5 miles et moi avec 100, j'ai préféré rouler encore un peu pour le plaisir de mon compteur smile

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Dernier "petit dej" ensemble. Il part vers Seattle alors que je continue à longer l'océan.
Nous avons vraiment sympathisé, faire de la route sous la pluie cela crée des liens…
Une bonne poignée de main chaleureuse et nous nous séparons.

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Apres avoir longé un peu la mer, retour dans la forêt et retour de la pluie. Il s'agit là de la seule forêt humide des Etats Unis située sur les bords des montagnes Olympiques.

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En fin d'aprem j'arrive dans une réserve indienne et dans le regard des gens se lit une hostilité certaine. Les indications de ma carte s'arrêtent et à part la 101, aucune route ni chemin ne sont indiqués.

Trouver un espace pour dormir s'avère encore une fois ardue et je n'ai pas trop envie de me faire réveiller par un propriétaire indien mécontent que je dorme chez lui (chose naturelle cependant).

Il commence à se faire tard et toujours pas l'ombre d'un bivouac accueillant. Finalement je roule à coté d'une école après 106miles (170km) parcourus. Les voitures garées devant me donne une idée. Je vais aller leur demander si je peux dormir là smile

Le directeur est en réunion, il me fait patienter et à sa sortie il se révèle être une personne extrêmement sympathique. Nous discutons pas mal et il m'explique l'accueil des indiens en pointant un doigt sur sa joue " white skin". Il me dit qu'il faut simplement du temps pour se faire accepter mais qu'ensuite ce qui est acquis est sincère.

Il m'autorise à dormir dans l'enceinte de l'école et je rejoins donc mon aire de bivouac.  J'ai même eu droit au reste du repas de midi réchauffé par Mr le Directeur en personne !

Bivouac coloré:
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Le matin, ma copine vient prendre son petit dej avec moi big_smile

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Les victuailles sont prêtes smile

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Armée de sous marin…
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Arriver ici j'ai l'occasion d'aller au point le plus au nord ouest du bloc Etats Unis. Seulement il s'agit d'un aller retour sur une même route et la distance a l'air importante sur la carte. Mais je trouverai cela vraiment dommage d'avoir suivi la côte pacifique sans aller jusqu'à ce point et je m'engage donc sur cette route.
Le premier panneau qui m'accueille n'est pas très rassurant.

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Ce sera finalement une de mes meilleures décisions grâce à des paysages grandioses et des rencontres mémorables.

Cela commence par une vue sur l'ile de Vancouver, de l'autre coté du bras de mer:

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Il commence à se faire tard et j'ai encore beaucoup de mal à trouver un espace pour dormir. D'un coté une forêt humide en pente impénétrable et de l'autre, un bord de mer sans réelle plage.
Finalement j'aperçois quelques camping-car et tentes sur un replat un peu au dessus de la route. Je m'y dirige et aperçois 3 gaillards autour d'un vieux tambour de machine à laver où un feu est entrain de crépiter.
J'entame la discussion mais me fais un peu remballer "le camping est plus loin, ici c'est pour les vieux"…

J'insiste pour discuter avec eux et après 5-10 mn d'échange, il s'avère que l'on s'entend vachement bien ! L'un d'entre eux me tend une bière et m'invite à m'asseoir !
Nous rigolons comme pas possible, ce sont vraiment 3 joyeux lurons venus ici pécher et passer du temps entre potes big_smile Ils ont attrapé des clams (coquillage) le matin et je suis invité au diner smile Je les fait bien marrer avec mes histoires de voyage et vu qu'ils savent que je cherche un espace pour dormir ils me disent de planter ma tente à coté de la leur pour ne rien avoir à payer !
Aprés les hamburgers cuit sur le feu, les clams sont un vrai délice !
Mais pas aussi bon que la tarte faite maison recouverte de chantilly !

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Au delà du repas, c'est vraiment la rencontre de ces types qui est formidable. La nourriture n'est finalement que secondaire comparé au plaisir que j'ai eu à partager ces moments avec eux. Ils m'ont accueilli d'une façon que je ne pourrais pas oublier.

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Je reste à discuter avec l'un des gars jusqu'à 2h30 du mat, fin d'une soirée incroyable...

Vue depuis ma tente

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Le matin ils refusent de me laisser partir le ventre vide et allume le barbecue pour me faire un petit dej génial à base de bacon, oeuf et fromage fondu sur du pain grillé…

Je prends la route un peu fatigué mais heureux, et me dirige vers le "Cape Flattery Trail", petit chemin de rando qui devrait me conduire jusqu'au point le plus au nord ouest des Etats Unis.
Comme d'hab je me dis que rejoindre un cap en longeant la côte devrait être un chemin tranquille et plat… Et comme d'hab je me retrouve en danseuse sur mon vélo à lutter avec une côte !

Arrivé sur le petit parking au bout de la route, je me décide à prendre un second ptit dej et m'installe par terre. Et à ma seconde tartine de Nutella arrive un couple de néerlandais qui m'invite à déjeuner près de leur camping car ! big_smile
Une fois table et chaises sorties dehors je reste avec eux 1h à discuter autour d'un café. Ils voyagent pour la seconde ou troisième fois ici et toujours en louant un camping car.
Au moment de partir je reçois un paquet de pain, un coca et une pomme, c'est dingue autant de rencontres en si peu de temps !

Je m'engage dans le trail et me retrouve rapidement proche de l'océan, sur une côte somptueuse…

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Pas évident de jouer avec le retardateur d'à peine 10 secondes tout en prenant une pause à peu près détendue !!

De retour sur la route, un peu de pain donné par le couple me fait envie, sauf que je me rends compte qu'elle m'a fait de véritables sandwichs ! big_smile

Je roule jusqu'à la petite ville de Neah Bay où je reprends une pause pour déguster la fin du sac de carottes donné par les trois copains la veille.

Encore un peu de route et retour à mon point de départ de la veille, à la fin de la 113, en 35miles depuis le parking du trail, soit 70miles l'aller retour, Un beau "détour " de 112km qui en valait vraiment la peine wink

La suite de la route 112 est vraiment longue et monotone jusqu'à Port Angeles, 38miles (61km) de dénivelés en apercevant la côte qu'à de rares moments.

L'arrivée à la bourgade de Joyce permet de s'occuper un peu l'esprit en observant les maisons et les habitants, peu nombreux certes vu le temps grisâtre…

Je me console en observant les montagnes Olympic apparaitre à l'horizon sous un ciel chargé.

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J'arrive finalement à Port Angeles en fin d'aprém et me rends compte qu'il s'agit d'une ville plus importante que je ne l'imaginais.
Je souhaite continuer mon objectif de longer au plus près l'océan et me dirige donc vers le port et la promenade en bordure de mer.

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Il fait moche et j'ai envie de dormir ici cette nuit. Je ne me sens pas à l'aise en ville et me résigne à dormir dans du dur depuis que je suis en vélo.
Apres moult péripétie je me retrouve dans une auberge familiale. 15$ la nuit en chambre partagée, parfait.
Je fais la connaissance des personnes déjà présentes et il s'avère que l'un d'entre eux à commencé le PCT cette année et a abandonné après 100miles pour se lancer dans un truc qu'il connait: le vélo ! J'avais en effet remarqué sa monture dans le jardin wink Nous passons une soirée sympa et bizarrement c'est dans une maison que je passe ma nuit avec le moins d'intimité ! Mon lit est à la hauteur de la fenêtre sans rideau ni volet !

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10 minutes après mon départ le matin il se met à pleuvoir… Un déluge qui ne cessera  qu'en toute fin d'aprem…
Et comble de la joie je dois me farcir une grosse portion de highway pour rejoindre Port Townsend où un ferry devrait me permettre de rejoindre la plus grande iles des "San Juan Island".
Heureusement la route alterne avec une piste cyclable déserte dans les bois smile

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Je suis complètement détrempé. Je n'ai pas mis ma veste imper sous laquelle j'étouffe à l'effort et je suis resté comme d'habitude avec mon coupe vent. Je n'ai pas froid tant que je m'active mais à l'arrêt c'est bien diffèrent.
Avant de prendre le ferry je m'arrête dans un petit resto pour obtenir les horaires des ferry et me sécher un peu. Un bateau part toutes les 30min, je n'ai donc pas à me presser.

Je repars sous la pluie et embarque sans difficulté sur le ferry moyennant quelques dollars. J'en profite pour piquer un somme, avachi au dessus de la mare de flotte qui sort de mes fringues...

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J'arrive à Deception Pass, toujours sous la pluie.

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Les deux ponts sont longs et extrêmement étroit. Je n'ai pas du tout envie de passer sur la route et je passe par le coté piéton où il n'y a pas assez de place pour moi et mon vélo en largeur…

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Il commence à se faire tard et je cherche donc un endroit où dormir à Bay View.

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Ca donne envie hein ? big_smile

Il continue de pleuvoir. C'est la première fois que j'ai une journée de pluie continue.
L'avantage étant que je ne fais aucune pause et roule sans discontinuer, donc malgré le resto et le ferry j'arrive dans ce petit village après 88miles humides (141km).

J'ai avisé un campground mais le prix est le plus élevé que j'ai rencontré jusqu'à présent. 10$ l'emplacement et douche payante. Payer ce prix pour dormir dans ma tente ne me convient guère et je décide de partir, j'ai repéré des granges et des garages à proximité.

Aprés quelques dizaines de mètres parcourus, j'aperçois de l'autre coté de la route un espace de pique-nique couvert appartenant au parc.
C'est l'endroit idéal pour dormir au sec mais je suis sûr que des types du parc font des rondes. Je retourne donc voir le garde qui m'a donné les tarifs pour lui parler de cet espace. Sauf que j'ai réduit mes chances en lui disant que son parc était un des plus chers de la côte.

Enfin bref, je ne sais pas si c'est mon état assez pitoyable ou mon argumentation franche qui fait avancer les choses mais le type me tend une main de sa guérite, me serre la main et me souhaite une bonne nuit.
Je peux aller dormir là bas sans rien payer.

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Le lendemain je me paume un peu et je me fais donc quelques kilomètres dans les îles avant de revenir sur mes pas pour retrouver la bonne route. Toujours ce même problème de carte avec une échelle trop grande hmm

J'en profite pour admirer le symbole des Etats Unis, un pygargue à tête blanche posé sur un pilonne. Sauf que je me rends compte qu'un deuxième est présent juste à coté, et un troisième un peu plus loin, tous les pylônes sur 100 mètres sont occupés par ces oiseaux ! Moi qui croyais voir un oiseau rare, je me retrouve au milieu d'un champ où pas moins d'une trentaine de pygargue sont présents !

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D'autres voitures s'arrêtent et quelqu'un me dit qu'ils sont là pour faire sécher leurs ailes après la nuit pluvieuse.

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Le reste de la journée est assez chiant, toujours sous la pluie et le froid je me perds souvent.
Ce coin est peuplé et cela me déplait.
Après avoir demandé mon chemin plein de fois j'arrive finalement dans la ville de Ferndale où je me dirige droit vers l'office de tourisme pour avoir une carte. Marre d'être dépendant des indications des gens. L'office est ouvert aux 4 vents et il n'y a personne, je me sers dans le bac à prospectus et repars avec une carte doté d'une échelle enfin adaptée !

La route est toujours aussi chiante, je manque de me faire percuter par un abruti qui double juste en face de moi, je finis dans le fossé…

Le temps d'une petite photo à Birch Bay, je continue ensuite à Blaine où m'attend la frontière avec le Canada.

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J'avais imaginé l'arrivée à la frontière sous le soleil, joyeux, à rigoler avec les douaniers et peut être même à prendre une photo avec eux… Oui on s'imagine plein de trucs cons pendant les heures de pédalage…
Car la réalité est toute autre…

Video de l'arrivée: http://youtu.be/PiIWYR_zmKk

Ils font leur job mais le discernement devrait également être une qualité à avoir. Enfin bref je passe dans le parc de la frontière par les pelouses et arrive tout de même à avoir ma photo des deux drapeaux et la côte en toile de fond…

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La photo au bord de la route ne me convenant guère…

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En repartant un douanier américain m'interpelle et me demande comment je suis arrivé là, il ne m'a pas vu et crois que je fraude, encore un… Finalement je n'y couperais pas et dois aller décliner mon identité au poste frontière…

Je finis donc ce projet avec 1345miles (2164km) parcourus en 16 jours à vélo. Avec les 702miles (1130km) parcourus à pied j'ai fait un peu plus de 2000miles sur la côte ouest des Etats Unis. Je suis assez heureux mais ce genre de chose s'arrête toujours trop tôt, j'aurais voulu continuer...

Je dois maintenant trouver un aéroport et un moyen de m'y rendre pour rentrer en France. On est samedi, tout est fermé et à force de rester statique avec tous ces contrôles je commence à avoir froid. Je décide donc de me faire ma première nuit en motel ici.

Le lendemain le ciel est un peu plus dégagé et je repars vers Bellingham, une ville plus importante par laquelle je suis déjà passé à l'aller.
Je décide d'emprunter un autre chemin et passe par la forêt.

Sur la route je trouve une chouette qui a été percutée par une voiture. Elle est mal en point et pas mal amochée. Je l'attrape donc avec un sac plastique après avoir posé mon vélo dans le bas coté. Je ne peux pas rouler et la tenir en même temps et part donc à pied chercher une maison. Elle a des yeux magnifiques, un regard presque humain avec ses grands cils.
Finalement j'arrive à trouver une maison où les gens et surtout les enfants ont l'air effrayés en la voyant, ils vivent pourtant en lisière de forêt… Je leur demande de chercher un centre pour animaux et de les appeler. Ils en trouvent un et une personne du centre est en route pour venir la chercher. Je la place dans une boite et retourne à mon vélo.

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Quelques centaines de mètres plus loin j'aide un chevreuil coincé dans du grillage à rejoindre son pote situé de l'autre coté…

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Arrivé à Bellingham je pars en quête d'un accès internet. Il me faut trouver une auberge de jeunesse pour ce soir et un moyen de rentrer en France. Sauf que nous sommes dimanche et que l'office de tourisme ainsi que les librairies sont fermés. Je demande donc dans la rue si un cybercafé est présent dans la ville. Coup de bol incroyable, le premier couple à qui je m'adresse, le gars me dis qu'il bosse pas loin d'ici et que son collègue peut me laisser utiliser leur ordi !

J'apprends que la ville n'a aucun hébergement pas cher mais que Seatlle en possède beaucoup. Décision prise en 5 minutes, je me rends à Seatlle aujourd'hui !

Je pars donc chercher un moyen de rejoindre cette ville et me rends à la gare routière qui s'avère également être la gare de train smile
Je peux donc comparer les deux moyens de locomotion. Mettre le vélo dans le bus est une vrai galère car il me demande de le mettre en carton (ce que je savais déjà mais certaine gare font apparemment l'impasse pour des trajets pas trop long). Je vais donc voir les trains et me rend compte qu'en plus d'être moins cher, il peuvent prendre mon vélo sans rien démonter et pour juste 5$ de plus. Le voyage me coûte avec le vélo un peu plus de 20$, hyper raisonnable donc.
Le départ est dans 3h et j'en profite pour découvrir la ville.
L'arboretum n'est pas des plus intéressants et surtout il est perché sur une grosse colline hmm
Je vais donc sur la plage et rencontre là un couple avec lequel je passerais 1 heure à discuter de choses diverses et variées.

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Pouvoir porter mon vélo chargé sans aucune difficulté m'a permis une grande liberté dans le choix de mes bivouacs.

J'embarque sur le train et me félicite de ce choix. Le train longe en effet au plus proche la côte. De la fenêtre il est difficile de voir la berge et j'ai l'impression d'être sur l'eau.

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Et retour au bord de l'eau

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Je sympathise avec le personnel de bord et l'un d'entre eux veux me prendre en photo avec mon pot de Nutella de 750g et mon pain (mon repas quotidien depuis 1semaine) !

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Video: http://youtu.be/5B1N7XMj2Gk

J'arrive à Seatlle de nuit avec comme seule info, une adresse sur un post-it. Heureusement que j'ai mon vélo, il est plus agréable de pédaler ici que de se balader à pied à mon goût.
Deux trois passants croisés et interrogés plus tard, j'arrive devant l'auberge qui s'avère être pleine. Il me refile une autre adresse et surtout un plan. Ok, en chinois, mais c'est pas grave big_smile
Il reste de la place dans cette auberge et je m'installe rapidement dans ma chambre partagée avec 7 autres personnes. Rideau pour ce soir, on verra demain pour le reste.

Je visite la ville et profite de l'accès à internet de l'auberge pour décider de la suite des événements. Mais des événements familiaux me poussent à rentrer et je décide donc de prendre l'avion ici. Cela s'avère la solution la plus économique. Un vol en partance de Las Vegas coute moins cher mais est compensé par le prix pour m'y rendre.
Le vol le plus économique part dans 2 jours, j'ai donc un peu de temps pour visiter la ville.

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J'apprends qu'une expo sur les pharaons et plus particulièrement sur Toutânkhamon se déroule en ce moment même dans la ville. C'est apparemment la dernière tournée de certaines pièces importantes avant leur retour en Egypte.
Je m'y rends donc et en profite pour découvrir le centre des sciences dans lequel se déroule l'expo.

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Ha ouai quand même big_smile Je comprend mieux l'envie de Nutella !

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Axolotls.

L'expo sur l'Egypte est assez imposante, plein de photos sont dispos sur le net donc il n'est pas utile que j'en mette ici wink Ou alors juste une…

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La visite finie, je continue à me promener en ville à vélo. Pas évident vu certaines côtes…

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J'en profite également pour aller voir la boutique de Feathered Friends (http://www.featheredfriends.com/), des équipements en duvets réalisés dans l'atelier juste à coté.

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Cette ville ne me plait guère, pas de réel centre ville, trop d'attrape touristes à mon goût et pas une ambiance des plus chaleureuse. San Francisco m'a paru bien plus agréable à vivre en comparaison.

Je visite encore quelques musées et je finis mon séjour chez un vélociste où je récupère un carton pour ramener mon vélo en France.
Contrairement à ce que je pensais à l'origine, il est préférable que je le conserve. Je ne l'ai pas payé une fortune mais en racheter un comme celui ci en France me couterais une blinde. Autant donc conserver celui là.

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Et oui j'ai toujours les mêmes bouteilles d'eau depuis 3000km smile

J'arrive à l'aéroport, le sac sur le dos, si je n'avais pas cette énorme carton à transporter, j'aurais l'impression de repartir pour un nouveau trip.

Tous ces kilomètres parcourus, je n'arrive pas à réaliser. Même des semaines après cela n'a toujours pas "décanter". Je me raccroche à des petites anecdotes, à des moments fugaces, quelques secondes de marche, je vois mes pieds qui avancent, je lève la tête et regarde le soleil décliné sur la montagne en face et un autre souvenir émerge, une rencontre, quelques mots échangés, un partage des mêmes sensations et aspirations.
Puis je suis à vélo, je sens l'eau perler contre mes jambes. Le coeur qui s'accélère pour franchir cette côte, puis la douce pente qui mène à l'océan.
Et ainsi de suite.
Je dois repartir.

Dernière modification par jeanjacques (13-11-2012 12:04:34)


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#5 24-10-2012 21:45:32

jeanjacques
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

II/ Matériel

Comme vu dans la rapide présentation fait en introduction, le PCT passe dans beaucoup de milieux diffèrents. Les deux principaux qui entrainent des choix particuliers sont le désert et la montagne.
Pour l'un il faut prévoir des températures de plus de 40°C et une protection efficace contre le soleil. Et dans l'autre, il faut pouvoir gérer des températures négatives, de la pluie et du vent.
Il ne faut pas non plus négliger le confort et la durabilité vu que l'ensemble du matos doit permettre de vivre 3 mois au minimum sur le terrain.

La liste ci-dessous a donc été pensée pour répondre à tous ces paramètres et se révèle donc bien trop lourde et "blindée" pour la portion que j'ai fait. Il y a donc moyen de descendre sous les 2kg.
A titre d'exemple, cette liste s'est avérée parfaitement adaptée pour grimper au sommet des Rouies et dormir sur son glacier.


1- Sac à dos en cuben hybride (cuben + nylon en surface), toujours le même principe, aucune armature, un compartiment principal, deux poches de coté pour l'eau et une poche en filet sur le devant. C'est simple et rustique.
Je passe sur le confort, avec une liste de base à ce poids, même avec le plein d'eau et de nourriture, le sac ne peut être que confortable wink
Aucun problème pour courir et aucune douleur en fin de journée.
Cette matière est assez résistante mais j'ai tendance à préférer le nylon (simple ou tramé dynemma) pour avoir une plus grande résistance à l'abrasion mais surtout pour le coté souple, silencieux et l'aspect général. Le cuben hybride fait vite sale et vieux je trouve.
Attention aux coutures avec cette matière, c'est vraiment son point faible.

2- Abri: pas énormément servi sur le PCT mais presque toutes les nuits en vélo. J'avais peur de l'espace habitable mais cela s'est avéré suffisant pour moi. Pas de problème particulier en cas de pluie. Je n'ai pas pu tester la résistance au vent fort et ne me prononcerai donc pas sur ce point.
C'est un abri ouvert, cela demande donc quelques précautions ainsi que de jouer avec le terrain.
La matière (cuben) rend l'abri plus difficile à monter de part sa rigidité qui ne pardonne pas un montage irrégulier.

3- Sardines: mix de solide pour les points d'ancrage sollicités et de plus légères pour les points secondaires.

4-Tapis de sol:  sert également de protection de pluie pour les jambes.

5- Matelas: un auto-gonflant court et un mousse, un peu trop luxueux et lourd à mon goût mais mon dos n'accepte toujours pas la mousse seule.

6- Sac de couchage et housse étanche: 370g de duvet dans une commande spéciale. Pas de capuche vu que j'ai celle de la doudoune. La coupe est bien large et longue, encore une fois je trouve cela un peu trop confortable, un sac plus étroit ou un quilt sont des solutions plus légères.
Avec la doudoune, j'estime sa température de confort (pour moi, peu frileux) à -7°C.

7- Popote: en métal de bonne contenance. D'autres solutions plus légères existent: fond de bouteille, bol en plastique, canette en cas de passage sur le feu, etc.

8- Purification eau: j'avais prévu deux sortes différentes, l'une en tablette et l'autre composée de deux liquides à mélanger. Comme je l'imaginais, j'ai eu la flemme d'avance de faire le mélange et je suis parti de San Diego avec juste les plaques de cachet.
A plusieurs reprises j'ai du pré-filtrer l'eau avec mon bandana.

9- Trousse à pharmacie: pour quelque chose de vraiment grave, ce n'est pas du matos en plus qui fera la différence, seule une aide extérieure via une rencontre ou un appel sera nécessaire. Le plus important reste à mon sens une formation au premier secours (j'ai un PSE 1 et 2, formez vous !).
Pour le moins grave, cela peut attendre la prochaine route/ville/ravitaillement.
Reste donc la bobologie: 1 aspirine, 1 smecta, 1 plaquette d'antihistaminique, 2 plaquettes d'antidiaréique (indispensable AMHA dans cet environnement), 1 unidose de biseptine, 1 gaze, 1 plaquette de steri-strip, 1 pierre noire des pères blancs (effet psychologique en 1er et en 2nd peut être l'effet réel), une paire de gant vynile.
Encore une fois il est question ici d'adaptation, de détournement d'objet, etc.

10- Sparadrap: du Leukotape, le plus résistant que j'ai trouvé à ce jour. Une fois bien collé, il se garde plusieurs jours sans que la peau ne devienne blanche. Le problème de cette porosité est le fait que la colle a tendance à passer à travers.

11- Veste imper/respi: coupe pull-over, j'ai retiré l'unique poche qui m'était inutile. Peu utilisée pour sa fonction première sur le PCT, je m'en servais plutôt comme couche chaude le soir et le matin. Elle m'a aussi servi comme coussin pour les jambes ou pour combler les troues/pentes sous le SDC.
En vélo je m'en suis pas mal servi mais uniquement contre la pluie, sa respirabilité étant suffisante à pied mais pas à l'effort produit sur le vélo.

12- Doudoune: prototype de la Melba produit par Nutz et adapté à ce que je souhaitais.
L'isolant, même de faible grammage, apporte un gain thermique non négligeable sans être excessif (utilisable en marchant).
Le travail est hyper soigné. Malgré que cela soit un proto, pas un fil ne dépasse. A souligner les manches raglans, moins évident à faire mais bien utile pour ne pas avoir de coutures mal placées.
Par contre le tissu est vraiment fin, peut être que je passerai à un grammage un peu plus élevé pour la couche extérieure sur la prochaine doudoune que je lui demanderais.

13- Pantalon: j'aurais vraiment pu m'en passer. A la base je ne devais pas le prendre mais je me suis laissé convaincre par les autres hikers à San Diego. Jamais utilisé pendant la marche, il m'a par contre évité de me nettoyer les jambes le soir avant de rentrer dans mon SDC.

14- Chargeur APN: j'aurais pu me l'envoyer de poste en poste comme certain font mais je préfère être autonome.

15- Moustiquaire de tête: jamais utilisée à pied, beaucoup plus à vélo. Pas évident de dormir avec sans que le tissu ne touche le visage et annule ainsi la protection.

16- Haut manche longue à capuche et passe-pouces: génial. La protection qu'offre ce système est juste bluffante. Pour preuve, le nombre de hikers qui m'ont demandé d'où venait ce haut ainsi que le fait que je n'ai eu aucun coup de soleil à déplorer. Je passais quasiment 24/24 avec la capuche et les passes pouces en place. Je ne changeai que la fermeture du bouton du col. Merci Thierry pour la découverte wink
Seul point négatif, la capuche qui devient gênante quand non utilisée comme à vélo.

17- Short: première fois pour moi que j'utilise ce vêtement en rando. C'est un short de running, donc pas besoin de caleçon en plus. Ravi de ce choix, j'ai maintenant un mal de chien à randonner en pantalon. Aucun frottement ni échauffement seul l'aspect social en ville est un peu embêtant. Avec les cyclistes nous nous sommes fait refoulés à un bar à San Francisco. Mais j'aurais pu m'acheter un pantalon à quelques dollars en arrivant.

18- Guêtres: autant je trouve cela superflue en pantalon, en short, cela me parait extrêmement utile, surtout dans les terrains sablonneux que j'ai pu parcourir.

19- Chaussures: toujours autant satisfait des trails. Celles-ci on fait 1100km d'une traite sans broncher et auraient sûrement voulu encore continuer. 

20- Bandana: sert à tout et n'importe quoi, de filtrer l'eau à essuyer la gamelle le soir (permet de stocker de la nourriture dedans big_smile ).

21- Bâtons: j'ai appris que le type qui faisait les records sur le PCT n'en utilisait pas et Suami n'en utilisait pas non plus. Perso j'aime marcher avec mais je pourrais surement m'en passer. L'intérêt réside plus dans le fait que je ne porte pas dans mon dos les arceaux de ma tente wink

22- APN: modèle premier prix, vraiment léger mais tout de même reconnu pour la qualité de ces images (Lumix S3) mais inutilisable en basse lumière.

23- Couteau: présent dans la liste malgré le fait que je l'ai pommé le premier jour. Ne m'a jamais manqué mais j'en ai tout de même racheté un pour la partie vélo.


Contenu du carton que j'ai récupéré pour la première fois à Kennedy Meadows (aucun envoi avant):

14jours de nourriture pour Kennedy Meadows (7j) et Echo lake (7j)
Chaussures x2 pairs
Chaussettes x3 pairs
Chargeur tel
Pharmacie
Photocopie papiers importants
Pastilles eau
Pq
Sardines
Savon
Ziplock
Scotch pour fermer boite
Duct-tape
Vitamines
Bouillon cube
Pince à ongles
Sparadrap
Briquet
Pile lithium
Poche eau
Data book
Yogi's Handbook
Marqueur


Rajouts pour la partie vélo:

-Un intérieur moustiquaire, je m'en serais passé à pied mais là, le surpoids n'avait pas d'importance.
-Changement de tee-shirt pour un plus moulant qui ne fait pas FLAP FLAP FLAP…
-Un coupe vent, l'effort est trop intense pour porter ma veste imper / respi.
-Un caleçon cuissard.
-Un casque.
-Des gants.
-De quoi réparer des avaries éventuelles (multi-tool, kit rustine, chambre à air, pompe…).
-Un cadenas U.


Ce qui m'a manqué:

Sur le PCT: rien.
Sur la PCR: un smartphone. Il est vraiment difficile de trouver un ordinateur alors que les points wifi sont omniprésents.


Ce que je souhaite changer:

A pied:
Comme je l'avais déjà écrit à la fin de la HRP: aller vers encore moins d'objet, toujours plus de simplicité.
Aujourd'hui je rajouterai un autre élément: le volume. C'est ce point qui va surement orienter mes prochaines démarches de changement de matériel. Pouvoir passer pour un type lambda qui se balade sans que personne puisse imaginer que je vais camper quelques minutes plus tard.

En rando vélo:
C'est encore un domaine nouveau pour moi, j'ai beaucoup à apprendre mais je sais déjà que je souhaite un vélo plus léger mais surtout plus simple. Surement un pignon fixe de quelques kilos ou à minima n'avoir qu'un seul plateau et 5 ou 6 vitesses, cela me semble suffisant.
Même à vélo, ne pas passer pour un randonneur me parait important pour gagner en liberté.


Edit: à la page 4, un pavé concernant la gestion de l'eau, divers infos sur le PCT, le pourquoi des longues journées, etc: https://www.randonner-leger.org/forum/v … 59#p276259

Dernière modification par jeanjacques (30-05-2017 21:15:04)


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#6 24-10-2012 21:49:55

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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

III/ Nourriture

Comme vu dans la partie matos, j'ai fait le choix de ne pas prendre de réchaud. Je n'avais jamais expérimenté auparavant de manger froid à tous les repas mais plusieurs choses m'ont fait sauter le pas. Premièrement, en rando, je mange chaud seulement le soir, la majorité de mes repas sont donc froids. Il suffisait donc que je change un seul repas, perspective pas trop traumatisante (surtout devant mon ordi devant un bon plat de pâte bien chaude quand j'ai pris cette décision tongue ). Le second point est la facilité de fabriquer un réchaud à partir d'une canette qui me permettait en cas de besoin de me faire un réchaud n'importe où (je pouvais également faire un petit feu). Et troisième point qui fut décisif: la simplicité. Autant le soir, pas besoin d'attente avant de manger et possibilité de se poser n'importe où (pas de risque de feu), que pendant les ravitaillements où je n'avais qu'à me préoccuper de ma nourriture et pas à chercher de l'alcool.

Il ne s'agissait donc pas d'économiser du poids. Un réchaud de type mini P3RS alu fait moins de 10g et l'alcool plus son contenant doit pesés 3 gorgées d'eau (nouvelle unité de mesure).
Je n'ai eu aucun problème à manger froid pendant tout ce temps et je n'ai eu que très rarement l'envie d'un plat chaud. La preuve la plus flagrante est qu'une fois à vélo où la capacité de portage est bien plus importante, j'ai continué à manger froid.

Mais la question la plus intéressante est bien "quoi manger ?".

Malgré les goûts qui changent au fur et à mesure des semaines, à pied ce fut assez constant.
Jamais de petit déjeuner à proprement parlé comme j'avais pu le faire sur la HRP avec des céréales et du lait en poudre, là, cela a toujours été un mix de gâteaux, les mêmes que je mangeai pendant la journée. En majorité des cookies et des oreos accompagnés de barres de céréale ou de gâteaux secs aux fruits.

En cours de journée, c'était donc des gâteaux mais également des chips broyés (plein de goût diffèrents), du jerki (viande de boeuf séché) et du fromage (cheddar).

Le soir j'ai toujours mangé exactement la même chose, de la purée. 2 mois de purée et en rentrant chez moi, je me suis refait de la purée… big_smile
Pour varier un peu, je mettais parfois du thon en sachet (style pâté pour chat) et de l'huile d'olive presque tout le temps.

J'ai beaucoup apprécié les barres énergétiques "Clif", plein de goûts différents et vraiment bourratif. Une simple barre tient vraiment au ventre pas comme les Snikers, qui malgré leur pouvoir calorique, tiennent moins bien au corps pour moi.

Ce descriptif est la version papier, en réalité, je mangeai un peu de tout n'importe quand. J'ai fais des petits dejs seulement à base de jerki et de chips, j'ai passé des journées à manger que du sucré, etc. A force de faire des randos, j'arrive à savoir très exactement ce qu'a besoin mon corps et j'ajuste donc jour par jour mon alimentation.
A vélo, j'ai par exemple mangé quasi exclusivement du Nuttela et du pain de mie (le pourquoi de mes sacoches énormes, 2 paquets prennent une place monstre), ainsi que des pains de cheddar de 1 kilo.
Dans les trucs pas mal que je n'ai trouvé que rarement, du beurre de cacahuète au chocolat ! Le pot avait du mal à dépasser la journée hmm

Concernant l'appétit, la chaleur du désert l'a réduit drastiquement, j'arrivais à chaque ravitaillement avec de la nourriture en trop. En moyenne je portais et je comptais à chaque ravitaillement, 700 à 900g de nourriture par jour de marche.

A vélo, cela a été l'inverse, je n'ai jamais autant mangé en rando. La majorité de mes journées étaient rythmées par les pauses nourriture. Je me surprenais moi même quand j'arrivais à pédaler plus de 2h sans rien manger. Ma consommation quotidienne de 5000 à 8000kcal m'obligeait à me ravitailler tous les 2 à 3 jours.

Bref, à refaire je ferais le même choix de nourriture froide. C'est véritablement un gage de simplicité et hors condition hivernale je n'y vois pas d'inconvénient.

Dernière modification par jeanjacques (12-11-2012 00:01:18)


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#7 25-10-2012 00:55:17

ventcalme
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Voici le début d'un récit tant attendu smile

Les marques d'attention des Américains (bouteilles d'eau, nourriture, boîte à ciseaux, etc ....) sont surement bien réconfortantes pour ceux qui se sont lancés dans cette rando exceptionnelle.

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#8 25-10-2012 07:13:26

wax
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Tres beau début de récit. On sent l'ambiance du PCT.

Merci ! wink

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#9 25-10-2012 07:33:26

florencia
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Hâte de lire la suite  smile

C'est sûr que la gestion de l'eau et de la chaleur du désert, dans cette première partie du PCT, ne doit pas être facile et un peu stressant...
J'utilise souvent la méthode du "chameau" (boire beaucoup au point d'eau) pour porter moins, sauf que dans ces conditions c'est un impératif   big_smile

Impressionnantes tes ampoules!  yikes
Pourquoi ne pas prendre plus de précaution en faisant par exemple moins de distance les premiers jours? si tu sais que tu y es sujet; et au final après quelques jours probablement la même distance parcourue et des souffrances en moins, non?

En tout cas merci de prendre le temps de faire ce retour car c'est du boulot!...  smile

Flo

Edit: mignonnes tes guêtres "dirty girl"  big_smile

Dernière modification par florencia (25-10-2012 07:39:35)


Réalisations DIY
_ _ _ _ _ _ _ _ _


« Chaque jour de plus est un jour en moins. Vis chaque jour à fond, tu n’as rien à perdre alors voyage, explore, profite, crie, cours, et ne t’arrête surtout pas. Demain, il sera trop tard » D.Flori

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#10 25-10-2012 07:49:00

enduser
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Super récit merci, j'attends la suite avec impatience ;-)


West Coast Trail - GR20 - Islande Nord-Sud - Kerry Way - Cap Wrath Trail

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#11 25-10-2012 08:49:54

ovisgmelini
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Ahhh ! Enfin ce retour tant attendu smile !

florencia a écrit :

Impressionnantes tes ampoules ! Pourquoi ne pas prendre plus de précaution en faisant par exemple moins de distance les premiers jours? si tu sais que tu y es sujet; et au final après quelques jours probablement la même distance parcourue et des souffrances en moins, non ?

Même questionnement... même si je suis également du genre à partir bille en tête au début de chacune de mes sorties big_smile

Et une autre petite question concernant le trajet du PCT "qui fait n'importe quoi" : est-ce si gênant que ça ? Au delà de la compréhensible frustration première, si le but n'est pas de faire le trail en un minimum de temps, chrono en main, le bonheur n'est-il pas d'abord de passer le plus de temps, le plus de kilomètres possibles à marcher ? Enfin, c'est comme ça que je vois la marche et comme ça qu'elle m'apporte le plus mais c'est très personnel...

SP

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#12 25-10-2012 09:17:51

randoignon
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Retour très intéressant et de belles images, on s'y croit presque à marcher à tes côtés. big_smile

Juste une petite suggestion pour la suite, est-ce que tu peux ajouter un récap quotidien "jour N, km X" de façon à suivre la progression plus régulièrement ? wink


Les pauvres fous, ils ne savaient pas que c'était impossible.
Alors ils l'ont fait.
--
Participez au concours photo des mul ! big_smile

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#13 25-10-2012 09:20:10

xackurush
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

ovisgmelini a écrit :

Et une autre petite question concernant le trajet du PCT "qui fait n'importe quoi" : est-ce si gênant que ça ? Au delà de la compréhensible frustration première, si le but n'est pas de faire le trail en un minimum de temps, chrono en main, le bonheur n'est-il pas d'abord de passer le plus de temps, le plus de kilomètres possibles à marcher ? Enfin, c'est comme ça que je vois la marche et comme ça qu'elle m'apporte le plus mais c'est très personnel...

Personnellement je réagirai de la même façon que jeanjacques. Si je faisais le PCT c'est pour voir le plus possible de paysages et découvrir de nouveaux lieux. Si le trajet te fais revenir sur tes pas, tu "perds" du temps qui pourrait te permettre de découvrir d'autres lieux, faire de nouvelles découvertes. C'est très exagéré, mais avec un parcours comme ça autant aller faire des tours de stade... big_smile  Attendons la suite du récit de jeanjacques pour voir si les choses s'améliorent au niveau du tracé!
En tout cas bravo pour ton récit et toutes ses photos, c'est vraiment sympa à lire!

Dernière modification par xackurush (25-10-2012 09:23:39)

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#14 25-10-2012 10:07:02

Guybrush84
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Génial, merci Seb !

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#15 25-10-2012 10:27:37

René94
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Enfin le récit tant attendu wink

Une info importante pour moi car pas encore captée dans d'autres récits : "Le tracé du PCT s'avère totalement stupide".


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#16 25-10-2012 15:42:33

Kam
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Merci pour ce début de récit, j'attends la suite.

Je suis partagé en te lisant. Je ne sais pas trop quoi penser du côté hyper organisé qui semble se dégager du PCT, avec les dépôts de flotte et tout le bordel (même si j'aurais été le premier à sauter dessus - quand on a soif...). D'un côté je trouve le coup des "trail angels" génial, d'un autre côté, je ne sais pas s'il n'y aurait pas beaucoup trop d'organisation à mon goût. J'aime bien quand c'est un peu à l'arrache. big_smile

Sinon, juste une question parce que je ne me rends pas bien compte: tu passes combien de temps en moyenne entre deux bleds (avec une épicerie)? Ca me fait toujours halluciner de voir tous ces mois de bouffe envoyés par la poste par les thru-hikers...

Dernière modification par Kam (25-10-2012 15:43:27)

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#17 25-10-2012 17:35:12

thierry
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Merci jeanjacques pour le boulot. smile

Ton récit est vraiment très agréable à lire. wink

Dernière modification par thierry (25-10-2012 22:57:17)

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#18 25-10-2012 18:25:14

beud
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

super vivement la suite !

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#19 25-10-2012 19:06:41

shyguy
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Hello,

la photo que tu as pris pour illustrer le pacific crest trail est magnifique...


<- mes photos sur Flickr en cliquant sur "Site Web".

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#20 25-10-2012 19:10:08

fredlafouine
Fouinez!
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

jeanjacques a écrit :

Le hiker, marcheur forcené sous le soleil, se prend parfois à rêver de vitesse et de cheveux aux vents dans une décapotable…

J'adore! lol

Vraiment hâte de lire la suite, j'ai pris beaucoup de plaisir à enfin découvrir cette balade sur laquelle nous avons beaucoup échangé, sans de mon côté appréhender ton feedback (émotionnel comme matériel).

Allez fais péter la suite, et puis le retour matos aussi : Photos de la patrol, habitabilité, tenue au vent, ton couchage Zpacks (ultra-moche la couleur au passage tongue), la solidité de ton sac cuben hybride, tout ça tout ça.

smile


´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

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#21 25-10-2012 21:05:15

cédric
Allez hop ... chargeons la MUL !
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Un pur moment d'évasion ... merci et vivement la suite  big_smile

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#22 25-10-2012 22:00:02

fiannae
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

ovisgmelini a écrit :
florencia a écrit :

Impressionnantes tes ampoules ! ?

Même questionnement... même si je suis également du genre à partir bille en tête au début de chacune de mes sorties big_smile

Bsr JJ,

Une question : sachant, dès décembre, que tu partais début mai , et l'hypersensiblité de la peau de tes pieds aux frottements, pourquoi ne pas les avoir, apparemment, préparés ? Par exemple en
les massant au moins 1 mois avant, chaque jour, avec une crème ad hoc ?

Je trouve qu'une information manque à ton titre : la période, à savoir de mai à ?

Le portrait en peinture ressemble à Iggy Pop, cela me rappelle aussi son addiction à certaines substances...

F.

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#23 25-10-2012 22:52:00

jeanjacques
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Salut,

Vos commentaires me font vraiment chaud au coeur smile

Un peu de plagiat:

Myrtille88 a écrit :

C'est vrai que ça demande du temps de faire un compte-rendu mais ça permet de garder un souvenir concret et de se remémorer un tas de moments et de sensations et de faire partager aussi, donc pas du tout une perte de temps

J'ai repoussé beaucoup la publication de ce récit mais là maintenant j'ai envie de le finir le plus rapidement possible !

La suite après la photo de la "décapotable" vient d'être ajoutée wink

Je prendrai ensuite le temps de répondre à chacun de vous, beaucoup de questions intéressantes qui méritent des réponses.

Dernière modification par jeanjacques (25-10-2012 22:53:25)


Super poney

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#24 25-10-2012 22:56:41

thierry
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

fiannae a écrit :

[...] Le portrait en peinture ressemble à Iggy Pop, cela me rappelle aussi son addiction à certaines substances...

Bravo, tu es très physionomiste ... mais pour la suite c'est vraiment de la calomnie smile , Iggy est aujourd'hui âgé de 65 ans et il a toujours un corps de jeune homme et court comme un lapin. C'est donc qu'il a mené une vie très saine comme Mike et Keith qui pètent le feu à bientôt 70 ans. Pour Brian, Jim, Jimmy ou Janis, je ne dis pas ... wink

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#25 25-10-2012 23:13:59

jeanjacques
.
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Re : [Récit + liste] PCT - PCR: 3300km sur la Côte Ouest des Etats-Unis

Et avez vous reconnu le second portrait ? wink


Super poney

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