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#1 16-11-2012 18:24:40

Ontheroad33
Pandabruti
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[Récit + liste] Voyage léger en Amérique

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INTRODUCTION
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Raconter un voyage est sans doute plus dur que de voyager. Si seulement je pouvrais mettre des mots sur tout ce que j'ai vu, tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai ressenti... Si seulement, j'arrivais à mettre ces mots dans le bon ordre de manière à retranscrire la vie qui anime cet homme qui prend la route... Si seulement je pouvais poster LA photo qui illustre parfaitement la situation unique du moment... Mais non. Le voyage est une succession d'imperfections qui construit petit à petit l'expérience parfaite. Le voyage se suffit à lui-même et c'est pour ça que je l'aime tant.

Il ne s'agit pas d'une marche long cours mais d'un voyage avec différents moyens de transport (marche, stop, bus, train, bateau, vélo...). Certains se demandent peut-être ce que ça fout sur RL. Je défends vigoureusement l'idée qu'être léger en voyage est aussi important qu'en randonnée. Il y a de plus en plus de petits nouveaux qui s'inscrivent chez nous pour préparer leur sac de voyage, plutôt que pour la rando pure. Les analogies sont nombreuses et la démarche similaire. Ma démarche d'allègement a beaucoup avancé durant cette année. La mobilité quotidienne et le niveau de vie précaire fait qu'on est confronté en permanence à son matériel. Cette expérience longue et variée m'a permis de mieux me connaître et donc de définir mes besoins. Comme on le dit souvent, il n'y a pas de solution universelle. A chacun son chemin vers la légèreté...

Comme je ne suis pas écrivain, j'ai décidé d'écrire ce récit comme je le raconterais autour d'un feu, de bonnes bouteilles, entre potes, juste pour passer un bon moment. Il y a donc à boire et à manger... wink 99,9% des photos sont de moi et ont été prises en mode auto-intelligent à partir d'un appareil numérique compact, c'est à dire de la manière la plus simple possible. Si vous trouvez déjà les photos belles, imaginez-vous la scène avec vos yeux nus. Si vous les trouvez moches, imaginez-les avec un APN digne de ce nom. Quoiqu'il en soit, ce fut beau, très beau...

J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à sélectionner les anecdotes que j'allais vous conter ou les photos que j'allais vous montrer. Ceci n'est qu'une petite partie de mon aventure, bien d'autres choses se sont passées. Il y en a que je réserve à mon entourage, d'autres que j'ai oubliées et d'autres que je garderai sans doute à jamais pour moi... Je vous livre également une partie de mon intimité, mon jardin secret. En parler, l'écrire, est quelquechose de très nouveau pour moi. C'est le fruit d'un long travail intérieur que j'ai eu pendant ce voyage qui m'a permis de l'assumer. Je vous prie donc d'être très tolérant sur ce sujet. C'est sans doute un peu lourdingue pour certains mais j'en avais besoin. Cette quête du soi est une des caractéristiques très importantes de cette expérience donc je ne pouvais pas éviter le sujet. Je suis parti principalement pour ça donc le titre de ce récit n'est pas là pour faire joli.

En écrivant ce récit, mon objectif est double. Si cela pouvait susciter chez quelqu'un ne serait-ce qu'un microgramme d'envie de prendre son sac et de partir vers l'inconnu, alors je serais satisfait. Cette année de voyage a été tellement kiffante et épanouissante que j'ai envie de le crier au monde entier ! Ensuite, j'aimerais que la légèreté en voyage continue à faire son petit bonhomme de chemin dans les nouvelles mentalités et je pense que RL est l'outil le plus pertinent pour ça, tant au niveau de la quantité/qualité des infos qu'au niveau du MUL spirit. La rando c'est avant tout un voyage, ne l'oublions pas.

J'ai pris beaucoup de plaisir à partager le mien avec vous et j'espère que vous en aurez autant à le lire. C'est long, voire même un peu lourd à digérer (bah oui ce n'est pas mon métier... wink ) donc installez-vous bien, prenez de quoi grignoter, de quoi "boire" et ça va passer tout seul, en petits bouts... On se revoit à la fin, si vous tenez jusque là ! lol

La discussion consacrée à l'élaboration de ma liste de matériel se trouve ici. C'était dans l'ensemble une bonne liste, avec du matos performant. Cependant, avec mon expérience d'aujourd'hui, je partirais sur une liste tout à fait différente, plus légère et sans doute moins onéreuse. Je développe tout ça dans ce récit, notamment dans le post sur les infos pratiques...


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PLAN
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PRESENTATION : Où, quand, comment... Terminé
INFOS PRATIQUES : Pour tout savoir... Terminé
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ALASKA : La terre des extrêmes... Terminé
CANADA : Grand comme un continent... En cours
USA : La conquête de l'Ouest... En cours
MEXIQUE : Le choc... En cours
SALVADOR / BELIZE : Peut-être une autre fois... En cours
GUATEMALA : Chaud comme ses volcans... En cours
HONDURAS : La découverte d'un nouveau monde... En cours
NICARAGUA : Un petit coin de paradis... En cours
COSTA RICA : Bip bip ! En cours
PANAMA : Le pays des contrastes... En cours
COLOMBIE : Comment rester un mois de plus... En cours
EQUATEUR : Un concentré de l'Amérique du Sud... En cours
PEROU : Un pays en altituuuuuuuuude ! En cours
BOLIVIE : Niveau paysages, "au-dessus c'est le soleil, il n'y a rien..." (Dieudonné) En cours
CHILI : L'heure du bilan... En cours
ARGENTINE : A bientôt... En cours
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BILAN En cours

Dernière modification par Ontheroad33 (29-09-2013 08:30:49)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#2 16-11-2012 18:25:54

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

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PRESENTATION : Où, quand, comment...
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Où ?
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Difficile de décider où l'on part. Si vous êtes comme moi, il y a quasiment tous les pays de la planète qui vous font rêver. J'ai donc pris une carte et j'ai pointé tous les pays qui me faisaient vibrer, sans recherches préalables, juste à l'idée que je me faisais de ces pays. Comme il y en avait trop, j'ai tout viré et j'ai recommencé en me posant la question : "Quels sont les pays que je regretterais de ne pas avoir visité si j'étais demain dans l'incapacité de le faire ?". Dur, dur... Après quelques minutes, ça s'est un peu éclairci mais il y en a avait encore partout sur toute la surface du globe. Je me suis par contre aperçu qu'il y en avait plus sur le continent américain (Alaska, Canada, Costa Rica, Pérou, Bolivie...). Bingo j'ai trouvé ! Ce sera : Traversée du continent américain de l'Alaska (USA) a la Terre de Feu (Argentine). cool

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Quand et combien de temps ?
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Je veux absolument finir mes études avant de partir car je sais que, si je pars avant la fin (sous la forme d'une coupure ou autre cesure), je n'y reviendrai jamais. Mes derniers oraux sont en Novembre 2011. Ok donc pas avant. Et après ? Ben c'est difficile de faire de la rando en Alaska sans expérience du grand froid avant juin. Comme il me manque un peu d'argent pour finaliser mon budget, ça se goupirait. Ok, va pour juin alors. smile

Ensuite, combien de temps ai-je besoin pour faire ça. Difficile a dire. Je n'ai aucune expérience en la matière. Je ne connais pas mon "rythme de voyage". Je me dis au pifomètre qu'un an ça devrait le faire. Ni trop long, ni trop court. Ca devrait coller avec mon budget. On verra bien...

Départ : 4 juin 2012
Arrivée prévue : Juin 2013
Arrivée réelle : 7 juin 2013 et pas à destination... wink

Itinéraire et planning au départ
En gros hein parce que les plannings, ca va, ca vient, c'est comme la queue du chien... wink
- Juin : Alaska
- Juillet : Canada
- Août : Canada
- Septembre : USA
- Octobre : USA
- Novembre : Mexique
- Decembre : Belize / Guatemala / Salvador
- Janvier : Honduras / Nicaragua
- Février : Panama / Colombie
- Mars : Equateur / Perou
- Avril : Bolivie
- Mai : Chili
- Juin : Argentine
Je découvrirais ensuite que c'était trop ambitieux avec ma manière de voyager. wink

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Comment ?
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Pour répondre a cette question, il faut déjà savoir ce que l'on va rechercher dans son voyage. Pour ma part, ma priorité était la liberté, la simplicité, les paysages (pour faire de la rando) et les gens (je découvrirai par la suite quel type de gens j'avais en fait envie de rencontrer).

J'ai un fourgon aménagé en France et je kifferais vraiment voyager plusieurs mois avec. Mais ça sous-entend des frais importants, des potentiels soucis techniques, l'angoisse perpétuelle de te le faire voler ou braquer (surtout si tu pars en rando plusieurs jours) et tuti quanti... Donc non. Et le vélo ? Economique, écologique, son propre moyen de locomotion... Alléchant, pour quoi pas pour essayer. Pour moi, la liberté passe par peu de matériel. La simplicité aussi. Les contacts me paraissent plus faciles et naturels quand tu es seul avec ton sac a dos. Deal... big_smile Avec juste mon sac, surtout s'il est léger, je pourrai changer de mode de transport facilement et en tester des nouveaux. Par contre, je n'ai pas envie de faire 100% de marche. J'ai vraiment envie de tester plusieurs choses et peut-être trouver mon favori.

Tous les modes de transport non aériens seront donc mes moteurs (marche, bus, vélo, bateau, canoë, cheval, lama... big_smile ).

Pourquoi pas d'avion ? Pour être sur de passer partout, parce que ça pollue plus que le reste, parce que ça coûte cher, parce que ça fait moins Indiana Jones, parce que c'est moins flexible... hmm

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Pourquoi ?
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On m'a posé souvent cette question et je ne savais jamais quoi répondre. Pas bien facile de mettre des mots sur des émotions et pas de réponse universelle. J'ai réfléchi un peu à la question. Pour faire court, j'avais l'impression d'étouffer.

J'allais terminer mes études et entrer dans la vie active. C'était donc un moment charnière de ma vie. J'avais une vie bien remplie (études et travail) qui me prenait tout mon énergie, mon temps et mon esprit. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. Le modèle social que l'on me proposait ne me faisait pas vibrer sur le papier. Il fallait que je sorte la tête du guidon, que je vois autre chose, que je prenne du recul...  Je me sentais pas bien. J'aimais mon métier mais je bossais comme un âne et dans une boite aux valeurs légères. J'avais toujours ressentu une grande frustration due à un manque de temps et de liberté, par une grande curiosité, par un grand pessimisme pour tout ce qui m'entoure et par un grand manque d'estime pour moi-même... Ca faisait 7 ans que je déprimais en silence. Il était temps de faire quelquechose, ça ne pouvait plus durer. J'ai décidé d'être heureux, d'aimer la vie. Je ne vois pas pourquoi ça n'arriverait qu'aux autres. Par contre, comme je n'avais jamais aimé ma vie auparavant, ni les gens ni moi-même, je ne savais pas par où commencer. Je devrais apprendre.

Apprendre à vivre pleinement, lentement et librement ; apprendre à me connaître, mon corps et mon esprit ; apprendre à écouter, lui, elle, eux, moi, la Nature, le ciel, les animaux, les plantes, tout le monde ; apprendre à aimer, pas seulement ma famille et mes amis, tout le monde, y compris moi-même ; apprendre à écouter mes sentiments, apprendre à pleurer, apprendre à accepter, apprendre à m’indigner, apprendre à tolérer ; apprendre à tendre la main et à la recevoir ; apprendre à apprécier ce que j’ai et non à envier ce possède l'autre ; apprendre de toutes les personnes que je croiserais, apprendre de tous les paysages que je contemplerais, apprendre de tous les chemins que je suivrais… Apprendre à être celui que je souhaite devenir, apprendre à être heureux… J'aime comparer ce voyage à un rite initiatique de l'entrée dans la vie adulte.

Voyager pour apprendre à aimer... Telle a été ma ligne de conduite.

Et puis, il y a un moment où il faut se jeter a l'eau...
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La détente parait bonne mais, je vous rassure, c'est un effet d'optique... lol

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Dernière modification par Ontheroad33 (13-09-2013 17:40:04)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#3 16-11-2012 18:26:59

Ontheroad33
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

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INFOS PRATIQUES : Pour tout savoir...
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GENERALITES
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PAYSAGES
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- Oulala que c'est beau !
Ca faisait quelques temps que je faisais de la rando (y compris à l'étranger) et ben, il y a de très belles choses à voir partout ! Chaque nouvelle région a été un nouvel émerveillement. Rien qu'en Amérique du Nord, il y a des trucs vraiment incroyables ! Je pense aux canyons de l'Utah (USA), aux arbres centenaires (ou millénaires) de la Californie (USA), des geysers de Yellowstone (USA), des cactus géants en Baja (Mexique), des lacs canadiens (Canada wink )... En passant en Amérique Centrale, on change de ton avec volcans, jungle et cocotiers. Puis on termine par Andes avec ses lagunes et ses glaciers, saupoudrés de déserts. Bref, il y en a pour tous les goûts. Et je ne suis même pas allé en Amazonie... wink

- Et ça change tout le temps...
Quand on bouffe du km, c'est sûr que le paysage change d'un extrême à un autre, surtout en Amérique du Sud. J'ai beaucoup aimé ça. On ne tombe jamais dans l'habitude et la découverte est totale à chaque fois. Je me suis vu maintes fois comme un bébé, avec la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés et la bave aux lèvres... lol Par contre, au niveau du matériel et du corps, ça demande une certaine adaptation.

Au niveau du corps, il n'y a pas grand chose à faire si ce n'est de ralentir le rythme pour se laisser imprégner du nouvel environnement. Pour moi, facile, je ne suis pas un violent... lol

Au niveau matos, quand on se balade avec son sac a dos, il est difficile de l'adapter à 100%, enfin pas autant qu'on aimerait... Oui moi geek matos ! lol Amha, le sac le plus optimisé pour ce type de voyage serait de partir avec une base solide et bien réfléchie (sac, couchage, abri <2kg) que l'on ne change pas et de changer régulièrement les vêtements en fonction des conditions. Se balader dans le désert avec un pantalon qui ne respire pas ou sous la pluie avec une veste poreuse, je crois qu'on est tous d'accord, c'est désagreable. Plus que de dormir avec 100g de duvet en trop par exemple selon moi. Kam disait qu'il est important de ne pas être attaché à son matos (financièrement ou sentimentalement) si on veut pouvoir s'en séparer (et donc s'adapter). Archi d'accord.

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RENCONTRES
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- Les locaux sont comme nous, ou pas...
Sans aucun doute les rencontres les plus enrichissantes mais ce n'est pas toujours évident. Je m'explique.

Pour apprendre d'une rencontre, c'est quand même plus facile si on comprend la personne en face de soi. La langue joue donc un rôle capital. Alors oui, parfois, avec un sourire, un geste etc on arrive à faire passer des choses mais ça reste quand même limité. Avec la langue, tu peux aller beaucoup plus loin. Les gens te parlent de leur vie, de leur famille, de leurs émotions, de leurs peurs, de leurs envies... Tu vas en profondeur quoi. La découverte d'une nouvelle culture et le tissage de liens peut alors prendre forme. Quand ca opère, c'est juste magique. Au Mexique par exemple, la lassitude voire la haine envers les américains fait qu'un blanc qui parle espagnol va changer de statut vis à vis de la population locale. Le sourire apparait sur les visages et la chaleur mexicaine reprend sa vraie place. Mais, de base, pour beaucoup de gens, les blancs sont des américains donc riches et cons.
Sur le continent américain, il y a 4 langues officielles (sans compter les milliers de dialectes locaux hein... Rien qu'au Mexique, il y en a 200. hmm ) : l'anglais (Canada Ouest, USA), le français (Canada Est, Guyane + îles), le portuguais (Brésil) et l'espagnol (ben tous les autres pays...). J'ai eu qu'à parler anglais, espagnol et français car je suis resté sur la côté Ouest du continent.

Ensuite, il ne suffit pas d'adresser la parole à quelqu'un, même si on parle la langue, pour développer une relation, même si vous êtes humbles, polis et gentils. Certains voyageurs génèrent l'envie de s'en approcher, d'autres non. Moi, j'attire surtout les emmerdeurs, les autres ont peur de moi (je suis plus grand et plus costaud que 90% des latinos) lol. Un sourire pas sincère n'a pas plus d'influence qu'une assiette en plastique. Si vous êtes content d'être là, montrez le, ça fait sourire et on a alors envie de vous rencontrer et même de vous aider. Certains appellent ça l'énergie positive.

Outre l'attitude et la langue, le temps est également très important pour avoir une réelle relation avec un local. Dans certains endroits, comme les Caraïbes, il faut compter en mois pour être accepté. J'ai voyagé trop vite pour ça. J'ai du coup rencontré beaucoup de voyageurs. Et je crois que j'avais besoin de rencontrer ce type de personnes, pleines d'aventures, d'histoire, de rebellion, de quête etc, pour m'aider à y voir clair dans ce que je voulais faire de ma vie. Maintenant, par contre, j'ai vraiment envie de ralentir mon rythme de voyage pour pouvoir intégrer des communautés et vivre selon leur mode de vie.

Pour finir, j'ai trouvé que nous étions tous pareils dans le fond (mais pas forcément en surface). Tout le continent américain a une culture occidentale, assez loin de la culture orientale d'après ce qu'on a pu m'en dire. La façon où sont faites les villes, le look, les envies... De manière générale, j'ai trouvé que nous concevions les choses de la même manière, parallèlement au milieu social. Par contre, nous n'avons pas les mêmes codes de conduite. Ca peut disons... irriter ! Klaxon à chaque croisement, la loi de la jungle dans la file d'attente, la musique à fond dans tous les restos... Je ne crois que le bruit ne fait pas partie des nuisances en Amérique Latine. Autre exemple : je n'ai jamais vu un Latino me dire "Je ne sais pas". Même s'il ne sait pas quand tu lui poses une question, il te dira toujours un truc, même si c'est faux. S'il ne répond pas à la question dans le seconde, vous pouvez être sûr que c'est du baratin. Au début, ça énerve puis en fait on prend du recul et, à la fin, on s'en tamponne. Ben oui on a le temps ! big_smile De toute manière, s'énerver verrouille encore plus la situation. Patience...

- Les voyageurs, nos mirroirs...
Plein d'enseignements aussi. Certains voyagent depuis plusieurs années, d'autres voyagent quelques semaines... A chacun son voyage. Il y a autant de voyages que de voyageurs. Tous ne s'entendent pas mais tous ont envie de fun et d'inconnu donc ça rigole facilement. Avec le temps, en 3 minutes, je suis capable de savoir, avec une bon ratio de réussite, si je vais accrocher avec quelqu'un ou pas. Comme on rencontre beaucoup de gens, ça permet de gagner du temps. Je sais, c'est assez réducteur mais je fonctionne comme ça. Bon, il y en a très peu que je ne peux pas blairer... lol Faut vraiment que ça touche à mes valeurs.

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ALIMENTATION
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- Manger froid, miam miam ?
J’ai choisi de partir sans réchaud pour plusieurs raisons : plus léger, plus pratique, plus rapide, moins d'objets, pas de gestion du combustible... Je mange froid la plupart du temps au quotidien, même en hiver. Je mange froid aussi en rando 3 saisons (avril-octobre) en montagne avec bivouac jusqu'à 2500 m. Le café chaud du matin ne me manque pas car je n'en bois pas dans ma vie de tous les jours (ni d'autres boissons chaudes d'ailleurs). Bref, pour du long cours, c'était bien pratique et ça colle pas mal avec ma manière de vivre.

Cependant, j'ai acheté un réchaud au bout d'1,5 mois. Pourquoi ? Pour des raisons économiques et gustatives. En France, il est facile de trouver des produits froids délicieux. Je pense au saucisson, chorizo, fromage, pain, olives... Bref, nous avons bien de la chance ! En Alaska et au Canada, j'ai eu du mal à trouver des trucs sympas. En fait, je ne me suis jamais régalé. En passant au réchaud, j'ai pu me faire des pâtes et du riz avec des épices ou des sauces, du fromage fondu... Bref, j'ai gagné un peu en saveur. Et même en Alaska, un paquet de pâtes (chinoises par exemple) reste abordable au niveau du prix. Je me rappelle la première fois que je suis allé au supermarché en Alaska pour m'acheter du pain "français", je me suis liquéfié en voyant le pain de 300g à 5€. L'achat du réchaud a donc été très vite rentabilisé. Je ne pense pas avoir perdu tant que ça en poids car, sur une semaine, les aliments secs sont bien moins lourds.

J'ai également profité de son pouvoir réchauffant, que je sous-estimais je l'avoue. J'aurais pu m'en passer mais un thé chaud quand tu te lèves à -5°C, j'admets que c'est réconfortant. Ce fut aussi l'occasion de partager une boisson chaude avec des personnes rencontrées sur place qui grelottaient le matin.

Néanmoins, arrivé au Mexique ou la nourriture est très abordable, où je vais moins camper, et où il fait plus chaud, je me suis séparé de mon réchaud pour manger froid à nouveau. Aucun regret.

Je ne connaissais pas vraiment le P3RS avant de partir. J'avais uniquement utilisé le gaz et un peu le bois avant de partir donc j'ai acheté le gaz. A refaire, je pense que je prendrais l'alcool (genre Groovestove), plus simple à trouver et sans doute moins cher.

- Petit budget ne signifie pas serrage de ceinture...
La bouffe pour un gros mangeur comme moi peut représenter un budget important, notamment en Amérique du Nord. Ou que l'on soit, les pâtes et le riz sont toujours meilleur marché que le reste. Ca remplit le ventre, donne la pêche et peut être savoureux avec un assaisonnement bien choisi.

J'ai suivi ces quelques astuces (plus du bon sens a vrai dire mais on n'y pense pas tout le temps) :
- Faire les courses après avoir mangé
- Se faire plaisir régulièrement (par exemple fromage sympa toutes les semaines) et très plaisir de temps en temps (1 pot de nutella tous les 2 mois wink ) pour ne pas tomber dans la frustration. C'est comme un vase qui se remplit. S'il déborde, on tue quelqu'un instantanément ! lol
- Demander à plusieurs personnes les endroits les moins chers sur votre itinéraire pour pouvoir anticiper
- Ne jamais refuser lorsque l'on vous propose quelquechose à manger, même si vous venez de vous faire 400g... tongue

Après, dès que cela devient meilleur marché (Amérique Centrale et du Sud), je me suis laché. Ensuite, tu te fais plaisir et tu gères tranquillement sans trop te prendre la tête car ca devient une part moindre de ton budget.

- Le problème du Français (ils ont toujours un problème ces Français wink )...
Ce paragraphe est juste là pour dire qu'on est chanceux en France de manger si bien. Autant les touristes étrangers apprécient cette cuisine quand ils sont en voyage en France, autant le touriste français peut rapidement souffrir d'être loin de sa culture culinaire et de sa mère du coup... lol C'est un avis très personnel je le conçois. Je l'ai ressenti assez rapidement. Il est vrai que je ne mangeais pas très bien dans le nord du continent et ça a sans doute accentué le phénomène. Ca m'aura appris à prendre du recul et à comprendre que j'ai un réel besoin de saveurs pour me sentir bien. Un bon repas et le moral remonte en 2 secondes. J'ai envie de me mettre à la cuisine pour pouvoir me faire plaisir avec peu de matos et à moindre frais. Ca permet d'épater les filles aussi accessoirement... big_smile

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TRANSPORT
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- Stop, plus qu'un mode de transport...
J'en avais fait un peu avant. Je n'ai fait que ça en Alaska et au Canada. Plus qu'un moyen économique de se déplacer, c'est une philosophie je dirais. On ne sait pas combien de temps on va attendre, on ne sait pas sur qui on va tomber et on ne sait pas quand on va arriver. Soit on aime, soit on n'aime pas. Je n'avais pas prévu de faire du stop en fait. Le premier endroit où j'ai voulu aller m'en a obligé. Il me restait 10 km à faire après l'arrêt de bus. J'ai commencé à marcher. J'ai tendu le pouce. 10 secondes plus tard, un pick-up s'est arrêté. J'étais tellement surpris que quelqu'un s'arrête si vite que je ne pensais pas que c'était pour moi. Le gars était super sympa, la soixantaine, une grosse barbe. J'étais content de rencontrer ce gars un peu atypique et de susciter de l'admiration à travers ses yeux. J'ai continué pendant 3 mois. J'ai adoré. La définition même de l'inconnu, avec un soupçon de liberté. Des rencontres très fortes, une confiance en autrui...

Aujourd'hui, ça me manque mais, au bout de 3 mois, j'en avais ma claque. Toujours répéter les mêmes choses, attendre parfois plusieurs heures qu'une voiture ou n'importe quoi passe sur cette putain de route... Ca ne me faisait plus rire, j'étais fatigué. J'ai continué par d'autres moyens. J'aurais repris si j'avais pu.

- Bus, toujours du bus...
L'Europe est le continent du train, l'Amérique de l'avion et du bus. Comme je ne voulais pas d'avion, j'ai pris le bus. Je n'ose comptabiliser le nombre d'heures que j'ai pu bouffer. Avec des sessions de plus de 24h d'affilées, je n'aurais jamais cru pouvoir tenir, sachant que je n'avais rien pour me distraire. Juste un papier et un stylo. Faut être créatif ! Aujourd'hui, 8h de SNCF me paraissent une formalité. On s'habitue.

En Amérique du Nord, hormis l'Alaska et le Nord du Canada où ils sont inexistants, le bus relie uniquement les grandes villes. Il est basique, relativement moderne, cher et emprunté par la "populasse" principalement immigrée qui ont peu de moyens. C'est devenu une attraction touristique. Combien de voyageurs m'ont dit : "J'ai pris une fois un bus Greyhound pour vivre l'expérience." Je ne voulais pas de voiture, plus faire de stop, qui ne fonctionnait pas très bien de toute manière aux USA. Par contre, lorsque je vois les prix pratiqués en comparaison des locs, je dirais que c'est plus intéressant de louer une bagnole à partir de 2 personnes. Le moyen le plus économique de visiter l'Amérique du Nord (hormis la marche et le vélo), est de louer une voiture, de camper et de faire ses courses au Wallmart.

En Amérique Centrale, le bus ne coûte rien (1$ de l'heure). Au Mexique, c'est entre les USA et l'Amérique Centrale, il y a de tout, c'est une transition. les bus vous emmènent n'importe où. Ce sont les Chicken Bus. Ce sont de vieux cars scolaires canadiens ou ricains que l'on a peints (surtout au Guatemala) dans lesquels on accueille deux fois plus de personnes que de sièges. Personnes, animaux, marchandises... Il y fait chaud, ça pue, la musique hurle, c'est inconfortable (surtout pour un grand)... C'est génial ! big_smile

En Amérique du Sud, les bus sont partout également. Ce sont de vieux bus mais à peu près confortables. Il existe, au Pérou par exemple, des bus haut de gamme. Un énorme siège, une bibliothèque à bord, repas, boissons, films avec casques audio perso, inclinaison 160°, WIFI... De la bombe ! C'est vachement plus cher mais ça vaut le coût pour les grands trajets ou lorsqu'on est fatigué.

Contrairement aux locaux, j'ai du mal à passer une vraie nuit dans un bus (sauf dans les haut de gamme). Faut voir les mecs secoués comme des prunes avec la tête pendante qui ronfle comme des loirs... Oh les salops ! lol Il y a toujours une douleur qui m'empêchera de me relâcher totalement. Je peux somnoler tout au plus. Ca dépanne cela dit. Parfois, Dieu me bénissait en laissant libre le siège d'à côté pour m'allonger. 

- Train, ou pas...
Quasiment jamais pris. Il y a quelques lignes en Alaska notamment la ligne entre Anchorage et Fairbanks. Le train canadien se trouve dans le Sud et roule sur une ligne Est-Ouest. Il paraît qu'il est trèèèèèèès lent. Aux USA, il est assez lent et parfois moins cher que le bus. Par contre, niveau confort, rien à voir avec la SNCF ! Super silencieux et super spacieux...
En Amérique du Sud, il existe encore des lignes historiques qui montent jusqu'à 5000m d'altitude ! Ils traversent ponts, tunnels ou autres cols vertigineux. Il était possible de monter sur le toit pour payer moins cher ! Suite à divers accidents, la plupart des lignes ont été fermées. Après rénovation, elles ont été réouvertes au tourisme en pontillés, donc à un prix hallucinant (genre 200$ pour 3h de train) ! Pas eu l'occasion d'en emprunter un (El Tren a las Nubes, El Nariz del Diablo...). Tant pis...

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LOGEMENT
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- Camping, la solution économique...
Très répandu en Amérique du Nord, il est le moyen officiel de se loger le plus économique. Il est basique, très peu aménagé. Pas de piscine ou de resto comme en France. Tous les emplacements sont immenses et présentent une table de picnic avec un barbecue (un rond de métal avec une grille fixe). A l'entrée des parcs nationaux, ils n'ont souvent pas de douches (ou alors payantes) ou d'électricité.
Au Mexique, il n'y en a quasiment plus. En Amérique Centrale, plus du tout, sauf dans certaines auberges où on peut planter la tente ou tendre son hamac pour un prix dérisoire. En Amérique du Sud, on trouve des campings uniquement dans les parcs nationaux. Le logement étant tellement abordable que trop peu de touristes s'embêteraient à camper.

- Camping sauvage, encadré...
En Amérique du Nord, dans la plupart des parcs nationaux, il faut s'enregistrer au Visitor Center, réserver son emplacement aux campgrounds (à cause des quotats) répandus un peu partout dans le parc et surtout ne pas camper ailleurs. Très chiant. Soit on s'adapte au système, soit on hurle ! lol Donc le camping sauvage n'est pas vraiment sauvage. Après, libre à chacun de respecter la loi... wink En déhors des parcs nationaux, c'est le plus souvent interdit et les flics ricains ne rigolent pas. Je l'ai quand même fait mais je me suis caché.
En Amérique Centrale, je l'ai peu fait car j'étais fatigué de camper, j'étais seul dans des coins qui craignent la nuit et l'hébergement était bon marché. Pas grand chose à dire du coup. En Amérique du Sud, les Andes sont un beau terrain de jeu. Le reste, je n'ai pas testé.

- Chez l'habitant, big_smile...
On m'a parlé du Couchsurfing pendant mon voyage. Je n'ai jamais essayé mais il parait que c'est sympa et que ça marche bien. C'est gratuit mais souvent les invités offrent des cadeaux pour remercier. Je n'ai jamais testé mais ça semble être un très bon système dans les grandes villes d'Amérique du Nord. Moi qui n'aime pas les grandes villes, ça me permettrait de la découvrir avec un local et à moindre coût. L'hébergement dans les grandes villes est souvent cher et les auberges de jeunesse peuplées de voyageurs avec qui j'ai peu d'affinités. En Amérique Latine, on peut trouver des familles qui louent des chambres bon marché et proposent parfois des repas. Sympa pour rentrer dans l'ambiance. Ensuite, on peut parfois se faire inviter mais il n'y a pas de règles. wink

- Les auberges, la plaque-tournante des voyageurs...
Très fréquentées par les voyageurs de moins de 30 ans. Meilleur marché qu'un hôtel car on s'entasse dans des lits superposés, c'est aussi l'occasion de rencontrer des gens comme nous qui voyagent. Il y a tous les types d'auberges, de la archi basique à la super classe (et le prix qui va avec). En quelques minutes, je peux maintenant dire si une auberge a été fondée par un voyageur ou par un businessman. Les petites attentions qui rendent la vie plus pratique... J'ai vraiment vécu de super moments dans certaines auberges. L'ambiance est souvent bonne et pépère.
Dans les grandes villes, les auberges sont souvent des dortoirs à fêtards. Si on n'est pas dans ce délire, ça devient irritant. J'ai passé peu de temps dans ces auberges et je ne m'y suis pas fait beaucoup de potes. Je recommande également d'éviter les auberges du LonelyPlanet (le Routard ricain). La renommée que cela leur confère leur assure une certaine fréquentation et donc un service se cassant la gueule et un prix gonflé à l'hélium.

- Les hôtels, pour faire un break...
Avec notre vue occidentale, dans les pays très bon marché, il n'y a parfois pas beaucoup de différence entre une nuit à l'hôtel et à l'auberge. En Bolivie, je me rappelle avoir payer 7€ une chambre privée avec SDB privée alors qu'une auberge coûtait 4€. A deux, c'est souvent moins cher qu'en auberge, même en Amérique du Nord. Dès que l'on est prêt d'un endroit touristique où d'une grande ville, c'est minimum 100$ pour un motel pourri tenu par des indiens mais si on s'écarte, on peut trouver beaucoup moins cher (25/30$ la chambre)...

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INTERNET
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- Les cybercafés, quitte ou double...
En Amérique du Nord (comme en Europe), il n'y en a quasiment plus ! Ou alors à un prix montrant l'absence de concurrence... lol J'ai payé jusqu'à 12$ de l'heure ! Dans chaque ville, la bibliothèque propose une heure gratuite d'accès à Internet pour n'importe qui. Pouce en l'air ! big_smile Suffisant pour checker ses mails et donner des news. Pas assez par contre pour trier et uploader ses photos.

En Amérique Latine, il y a des cybers partout. Du matériel vétuste, un débit parfois très lent mais dans l'ensemble très correct, à un prix souvent tout pitit...

- WIFI is everywhere...
J'ai été surpris. En Amérique du Nord, il y en a partout (restos, terminaux de bus, cafés, bibli...). En Amérique Latine, il y en a partout également dans les zones touristiques. 99% des auberges le proposent gratuitement. Ca ne marche pas toujours très bien et ça ne va pas toujours dans toutes les chambres mais c'est fonctionnel.
Si vous mangez du internet comme moi, je conseille d'avoir un petit appareil pour surfer. Vous gagnerez en confort et temps. Pas indispensable cela dit car les cybercafés sont fréquents. Pour ma part, ce sera mon petit confort pour la prochaine fois.

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SANTE
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- Les vaccins
Je les ai tous faits, même celui de la rage. C'est cher mais ça m'a semblé important. Aucun n'est obligatoire cela dit. wink

- L'hygiène corporelle...
Je l'avais un peu délaissé et je me suis retrouvé avec des inflammations ou des irritations, notamment au niveau des parties intimes. Bon, ça m'a donné une leçon. Son corps c'est son moyen de locomotion. Il me semble important d'en prendre soin. Et on se sent idiot quand on glande dans son lit alors qu'il aurait suffit de faire un peu attention. Même en Alaska, j'aurais dû me rincer plus souvent dans la flotte, même si elle est glaciale. brrr yikes

Par contre, pas la peine d'utiliser un max de savon selon moi. Juste de quoi nettoyer les parties intimes et sentir bon. Oui je sais, je ne suis pas un grand défendeur du savon en rando mais ce la ne signifie pas que je n'en utilise jamais non plus ! Pour ma part, j'ai juste une brosse à dents et du savon dans ma trousse de toilette. J'aurais parfois aimé avoir un déo mais bon je suis resté les bras le long du corps... lol

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BUDGET
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- Alors, combien ?
Tout compris (assurance, vaccins, avion, matos...), mon voyage m'a coûté environ 11 000€. Mes dépenses ont été régulières, c'est à dire constantes quelquesoit le pays traversé. Ce n'était pas prévu, ça s'est fait naturellement.
En Amérique du Nord, j'ai fait du stop, de la rando et du camping. Je suis allé dans des bars de temps en temps mais c'était rare. A part la location d'un canoë pendant une semaine (120$ rentabilisé par du bivouac sauvage gratuit pendant une semaine), je n'ai fait aucune activité autre que de la rando. Il y avait les frais des parcs nationaux mais cela reste abordable.
En Amérique Centrale, le niveau de vie est bien moins élevé mais j'ai pris les transports en commun, j'ai mangé davantage à l'extérieur, je suis sorti plus souvent et dormi dans du dur la plupart du temps. Même si ce n'est pas cher, la différence avec l'Amérique du Nord n'était pas si énorme que ça. Ensuite, j'ai dépensé environ 600€ en plongée sous-marine.
En Amérique du Sud, j'avais le même mode de vie qu'Amérique Centrale sauf en Bolivie où je me suis offert beaucoup d'activités. C'était le pays le moins mais c'est celui qui m'a coûté le plus cher sans doute. Comme j'étais fatigué, j'ai élevé le confort de vie.
A l'arrivée, j'ai beaucoup moins dépensé que prévu (Du coup, je repars... big_smile).

On peut faire moins cher et plus cher. Il n'y a pas de règle, c'est très perso. La prochaine fois, je ne budgétiserai pas. Je partirai avec ce que j'ai pu dégager comme économies et je me baladerai jusqu'à être à sec ou jusqu'à en avoir marre.

J'avais fait le choix de ne pas travailler pendant ce voyage. Bon j'ai gardé un chien un weekend... lol J'avais beaucoup bossé les 3 dernières années et j'étais cuit. Bizarre venant d'un minot de 24 ans, vous allez me dire... Je vous vois déjà "Alors les jeunes maintenant sont en mousse. Si t'appuies un peu dessus, tu les sèches. Moi, à ton âge, bla bla bla...". Je n'ai pas de réponse à vous donner. Mon travail était stressant mais je n'ai surtout pas su le gérer. Manque d'expérience, envie de trop bien faire, absorption de la charge de travail sans nuance, pas assez de confiance en moi pour dire non... Plein de trucs sans doute. Je me suis fait submergé. Bref, j'étais cuit nerveusement. Le dernier mois de travail, je me suis évanoui 3 fois : une fois au milieu d'une voie d'escalade, une fois chez un pote après une bière, et la dernière en marchant sur le parking du boulot. Flippant. En plus, je détestais les études, pas le sujet mais la manière où c'était enseigné. Ca m'a coûté beaucoup de tension et d'énergie pour tenir le coup. A mon avis, si je n'étais pas parti, j'aurais fait un burn out dans les mois qui suivent. Il a fallu que j'attende 3 bons mois (dont un mois en Alaska) pour à nouveau me sentir plein d'énergie. C'est difficile à décrire cet état d'épuisement. Plus rien, vide. Plus jamais ça...

- Mais t'as gagné au loto ?
Pour dégager ce budget, c'est très simple :
=> Logement gratuit
Les 8 derniers mois, dont 6 en CDD avec un salaire "normal", j'ai logé chez mes parents. Au final, j'ai financé la plus grosse partie de mon voyage pendant ce laps de temps. Je n'avais plus de loyer à payer et de nourriture à acheter donc mon salaire était presque de l'argent de poche. J'éprouve donc une infinie gratitude envers mes parents qui m'ont permis de partir aussi rapidement après mes études. Ma chance n'est pas d'avoir voyagé mais d'avoir pu le faire aussi rapidement grâce à mes parents. Attendre pour ce genre de chose, je trouve ça terrible. On a tendance à se démoraliser si on n'est pas déterminé à 100%. A chaque fois que mon moral baissait, chose très fréquente avec mon travail qui me bouffait, je m'imaginais en Alaska et ça me donnait un gros coup de pied au cul.
=> Peu d'extras
Je sortais très peu. Je me contentais d'aller rendre visite à mes amis sur Bordeaux et pas à perpette. J'essayais de réduire l'alcool et l'essence au minimum. J'ai donc abaissé au maximum mon budget loisir/sorties. Comme je bossais comme un dingue, ça n'a pas été si dur que ça. Mine de rien, ça fait une sacrée somme. Par contre, je fumais comme un pompier mais j'essayais de m'approvisionner ailleurs qu'en France. Je n'avais pas réussi à arrêter. Je n'arrivais pas à gérer mon stress. Un gros fumeur, disons 1 paquet/jour, dépense aujourd'hui 6.3€ x 365 = 2300€ dans l'année. Donc c'est un excellent moyen de dégager du cash.
=> Petites économies
J'ai toujours travaillé. Quand j'étais étudiant, j'ai travaillé 1,5 ans dans un supermarché et j'ai ensuite fait 3 ans d'alternance où j'avais un petit salaire. 100-200€ par ci par là tous les mois sur 4,5 ans, ça fait vite une somme (et je me suis acheté un fourgon entre temps). Je faisais des économies sans vraiment avoir de projet très clair. Je savais juste que j'avais un projet important et que j'aurai besoin d'argent pour le réaliser. Par contre, il faut mettre de côté au début du mois et s'accrocher pour tenir jusqu'à la fin et non l'inverse. Je trouve que dans l'autre sens, ça ne marche pas. C'est très difficile de se dire "Je fais attention et je mets de côté ce qu'il me reste à la fin.". Ce n'est que mon avis... wink

J'avais dégagé un héritage de mon arrière-grand-mère mais je ne l'ai finalement pas utilisé. J'étais content de ne pas l'utiliser d'ailleurs pour ne pas entendre dire que c'est grâce à lui que j'avais pu voyager. Non, mon voyage a été financé par du travail et du sacrifice. Maintenant, par contre, je repars avec cet héritage. Ce serait con de ne pas en profiter... lol Mais je ne repars que 3 mois, cette arrière-grand-mère n'était pas mamie zinzin... lol La connaissant, je ne suis pas sûr qu'elle aurait aimé que j'utilise cet argent pour ça mais je la remercie chaleureusement tout de même.

- Phénomène du "Je ne paie pas"
Quand on voyage petit budget, on gratte le moindre dol et on finit par être radin et ne plus rien vouloir payer. Je suis passé par cette phase mais j'ai fini par me rendre compte que c'était malsain et contre-productif pour moi. Vivre simplement suffit à ne pas trop dépenser. Et l'énergie et le temps passé à gratter n'en vaut peut-être pas la peine. Je ne dis pas qu'il fait faire chauffer la CB en permanence mais de trouver son équilibre entre dépenser peu d'argent pour voyager longtemps et se faire plaisir. Je me suis trouvé con au début à refuser une invit à aller boire un coup dans un bar alors que j'avais beaucoup sympathisé à les gars (et les filles... tongue ). Je pense qu'il ne faut pas tomber dans les extrêmes. Maintenant, j'arrive à mieux évaluer si mon argent sera rentabilisé par le plaisir que ce que je paie me donnera. Par exemple, ce n'est pas parce que je prends une chambre d'hôtel que je vais forcément bien dormir. C'est le résultat de plusieurs soirées bidon (vous savez les plans galère wink ), de visites que j'ai détestées ou de nuits blanches...

- A chacun sa gestion...
Quand on se met à bouger avec d'autres voyageurs, la manière de dépenser son argent va devenir rapidement la clé du succès de cette nouvelle collaboration. Si ton pote préfère loger dans un taudis et boire des bières alors que tu préfères mettre un peu dans un logement calme et propre, quitte à faire l'impasse sur les sorties, ça va vite créer des étincelles.
Au début, je me suis senti coupable d'utiliser plus d'argent que d'autres. C'était idiot. Le gars n'avait pas du tout le même projet et la même expérience que moi.
Donc, voilà, trouver son équilibre est difficile au début mais ensuite tout roule.

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C'EST QUOI LA PARTICULARITE DU VOYAGE LONG COURS ?
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LE TEMPS
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Gros coup de coeur pour moi : le temps. Avoir le temps. J'ai mis du temps à comprendre que j'avais le temps. Tu rencontres quelqu'un. Il te dit : "Ca te dirait d'aller à tel endroit passer la journée ?". Le réflexe : "Ah non désolé je dois aller à... Heu en fait non j'irai demain..." Plus besoin d'avoir des objectifs puisque l'on peut plus tard. J'ai surkiffé cette sensation de liberté. Aucun stress à l'horizon, pas la queue d'un... (Oui parce que les stress ont des queues dans mon monde... lol )

Mais, car il y a un mais, je n'avais pas tant de temps que ça. Mes parents puis une amie sont venus me rendre visite et avaient besoin d'une date et un lieu pour réserver un peu à l'avance leurs billets d'avion. Normal. Du coup, j'avais des échéances assez espacées mais présentes tout de même. J'ai donc perdu un peu de liberté. J'ai dû quitter des endroits ou des gens que j'appréciais parce qu'il fallait que j'avance. Par contre, j'ai adoré que des gens importants dans ma vie viennent vivre un petit morceau de mon rêve. Le bonheur de partager ça n'avait aucun prix. Pas de regret mais à prendre en compte la prochaine fois.

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LA FATIGUE
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"Comment ça t'es fatigué ? Ca fait un an que tu ne bosses pas !" On me l'a sortie quelques fois, souvent sous un ton humoristique mais pas tout le temps. Alors oui on se fait plaisir, on n'a pas d'emploi du temps, on ne bosse pas etc mais ce n'est pas non plus un an de oisivité. Je vais peut-être cassé un mythe mais voyager pendant un an, ce n'est pas que du plaisir. Ce n'est pas que les photos que vous voyez sur Facebook. Entre les photos, il y a quand même quelques galères. On se fait plaisir, oui, mais peut-être 10% du temps. On n'a pas d'emploi du temps, oui, mais on doit se lever à 3h du mat pour choper un bus inconfortable qui va nous remuer pendant 8h. On ne travaille pas, oui, bon là d'accord. lol On vit en mouvement en permanence dans des environnements que l'on ne connait pas. L'énergie dépensée dans l'adaptation est énorme. Même sans faire de rando, j'ai perdu beaucoup de poids, uniquement parce que je bougeais tout le temps et que je cogitais tout le temps. Apprendre et parler une langue étrangère en permanence demande une certaine concentration. On s'habitue par contre à

Il faut prévoir de temps en temps un jour ou deux de repos. Ca ressemble un peu à une rando long cours en plus facile. Au début, je faisais un jour off (où je ne fous rien du tout... wink ) toutes les 3-4 semaines, puis toutes les 2-3 semaines, puis toutes les semaines puis 2 fois par semaine. Lorsque j'ai réalisé mon aventure en haute altitude en Bolivie, physiquement, j'avais une pêche d'enfer. Mais au retour, musculairement tout allait bien mais j'ai ressenti une grande fatigue donc j'ai glandé dans La Paz pendant plusieurs jours à aller sur Internet et à mater des séries à la télé...

Enfin, étant un gros dormeur, mes nuits étaient rarement suffisantes. Le bruit du soir et du matin m'imposaient des nuits plus courtes. Je profitais donc de n'importe quel moment mort pour fermer les yeux et faire une micro sieste voire une vraie sieste si la situation le permet. J'ai trouvé cette technique assez efficace.

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LE MORAL
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Le moral est influencé par plein de choses. Certains facteurs le tirent vers le bas et d'autres vers le haut. En solo, on ne peut se reposer sur son compagnon de voyage pour vous faire rire ou vous donner un coup de pied au c**. Je me suis appuyé sur d'autres choses.

Le facteur positif le plus important était les rencontres. Quand tu es fatigué, que tu galères dans les bus et que tu trouves que de la bouffe que tu ne peux plus avaler, tu te lasses forcément. Puis, le soir venu, tu rencontres quelqu'un de super sympa avec qui tu te tapes des bavantes toute la soirée et là t'oublies tout de suite tout le reste.
Le facteur négatif le plus important était la fatigue. Je parle de la fatigue psychologique, nerveuse. Quand j'étais dans cet état, mon esprit partait en France et se focalisait sur les choses qui me manquaient comme mes amis, ma famille ou la bouffe.

Une chose est sûre, c'est que le moral remonte toujours à un moment ou un autre. C'est tout con à dire mais si on n'y croit vraiment, c'est une arme fabuleuse contre les baisses de moral. C'est une sorte de croyance en sa bonne étoile. On est sûr que ça va s'arranger. Je me suis rentré cette idée dans la tête et je relativise beaucoup plus les coup de mou.

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ET LE MATOS DANS TOUT CA ?
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Comme je me déplaçais beaucoup, j'étais en permanence confronté à mon matos. Et moi, je suis un obsédé du pratique. Un truc pas pratique va vite me rendre dingue y compris chez les autres. La maison de mes grands-parents par exemple est surchargée de trucs inutiles et les trucs utiles sont les trucs les moins pratiques que j'ai pu voir dans ma vie. Je suis conscient que c'est moi et pas tout le monde. Je n'ai pas besoin d'avoir le must du must du matos mais il faut que je ne galère pas pour l'utiliser. Par exemple, ma tente était trop courte en longueur m'obligeant à me recroqueviller par temps de pluie. Et en Alaska, il pleut ! Ce n'est pas grand chose me direz-vous, mais moi c'est le genre de truc que met sur les nerfs.

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LA LEGERETE
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Je n'ai pas croisé un seul voyageur léger. Aucun, pas l'ombre d'un. Enfin si, il y avait plein qui "n'arrivaient pas à alléger leur sac". C'est sûr que si tu considères un lisseur à cheveux comme un indispensable, ça va être long. lol Je me moque mais c'était bon enfant. On s'est tapés de bonnes tranches de rires en comparant notre matos et on se foutait de la gueule l'un de l'autre dans un bon esprit. C'était cool. Certains voulaient s'alléger, d'autres ne comprenaient pas l'intérêt... Chacun son trip...

PS : J'ai rencontré un MUL américain qui traversait les USA à pattes par le Continental Divide Trail. Je n'ai pas vu son sac mais il m'a dit qu'il pesait 9kg plein d'eau et de nourriture. Il n'avait pas trop l'air d'avoir envie de parler matos. Du coup, on a bu des bières... tongue

- Les avantages
Bah les mêmes qu'en marchant tout d'abord : moins de fatigue, facilité de mouvement, sentiment de liberté, plaisir accru, plus pratique...
Ensuite, je rajouterai la possibilité de changer rapidement et simplement de mode de transport. Au sud du Canada, après 3 mois de stop, je me suis acheté un vélo avec un porte-bagage et zou ! Avec beaucoup de matos, il m'aurait fallu prendre des sacoches et tutti quanti.

Autre avantage, la sécurité de ses biens. On peut garder un petit sac avec soi en permanence notamment dans les transports en commun. Il y a régulièrement des vols commis dans les bus d'Amérique Centrale par exemple. On ne doit pas faire la queue pendant des plombes pour enregistrer son bagage à l'aéroport ou l'attendre à l'arrivée. On n'est pas obligés de laisser son gros sac chez des gens qu'on ne connait pas après le check-out pour occuper les heures restantes avant de prendre un bus. Outre la sécurité, c'est aussi un moyen d'économiser de l'argent car on peut prendre des compagnies aériennes low cost avec un unique sac en cabine. A l'aller ou au retour en Europe, c'est fort appréciable. Au retour entre autres, j'ai pu rendre visite à ma soeur au Maroc depuis Francfort pour 30€. J'avais un sac de 45L, ce qui me semble être le volume maximum pour cela (passage en cabine, entreposage aux pieds dans le bus...). Maintenant, je voyage avec 30L, encore mieux... big_smile

On gagne également beaucoup de temps en logistique. Le sac n'est que le prolongement de notre corps donc on ne fait jamais de détours pour cause de matos genre "Attends, on passe d'abord à l'auberge en taxi, et après on revient ici pour voir ce truc...". Non, on l'oublie tout simplement.

Comme nous sommes tout de même des ovni pour la plupart des gens, avoir un petit sac est aussi un formidable outil de communication. Il amène des remarques (donc le premier contact), des félicitations, des interrogations, parfois même de l'admiration... donc un intérêt. Ensuite, dans un pays pauvre, notre image de richousse en vacances perd en intensité. Au Nicaragua, un mendiant m'a même dit "Mais j'ai plus de choses que toi !". Difficilement comparable ceci dit...

- Les inconvénients
J'en vois peu mais il est vrai que j'aurais parfois aimé plus de confort matériel parfois (une tablette, un MP3, des chaussures de rechange, quelques fringues...) mais bon cette sensation passe assez vite, surtout quand on se sert chez les mulets... lol Plus sérieusement, les petites gênes seront vite gommées lors de mes prochains voyages car mes listes de matériel seront plus proches de mes envies...

Bref, je ne vois pas l'intérêt d'avoir plus de 5kg sur soi (sauf destinations particulières bien sûr). A ce poids, on peut déjà prendre pas mal de trucs et profiter d'un petit confort appréciable. Même pour une semaine de road trip en voiture, je ne prends pas plus...

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SI JE DEVAIS REFAIRE LE MEME VOYAGE
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Si je devais repartir pour le même voyage (même itinéraire, même saison, même temps, même budget...), je ne prendrais pas les mêmes choses. Forcément, la démarche ne s'arrête jamais... wink

- Plus léger
Bah oui, toujours plus léger, faut pas déconner... big_smile J'aimerais un sac que j'oublie totalement dans le dos et qui ne m'empêche jamais de faire telle ou telle chose.

- Plus petit
Maximum 30L voire 25L pour faciliter les déplacements (marchés, bus...). Presque aussi important que le poids amha.

- Moins cher
Voyager avec moins d'argent sur moi est important sur moi. Ca permet également de se séparer de matériel sans trop de scrupules...

- Une tablinette (c'est une petite tablette lol ) ou rien !
Je ne prends aucun plaisir à faire des photos donc je ne vois plus l'intérêt de me trimballer mon APN. Ca a fait plaisir à mon entourage quand je postais mes photos sur FB ceci dit. J'aime bien internet et la musique. Je pense donc qu'une petite tablette (ou un gros téléphone) serait l'idéal. u loisir, de la musique, internet et quelques photos. Pas moins, pas plus... Je n'ai pas encore testé cette solution. Sinon je partirais sans aucun électronique. Plus simple à gérer.

- Abri différent mais quoi ?
J'en ai eu deux pendant mon voyage. Une tente double-paroi en Amérique du Nord et un tarp en Amérique du sud. Le premier était trop lourd, trop fragile, trop cher, trop petit et pas 100% étanche, le deuxième était trop difficile à monter sans mâts. En Alaska et au Canada, les précipitations abondantes et les moustiques recommandent un abri double-paroi ou équivalent. Prévoir de se séparer de la moustiquaire en descendant plus vers le sud, pourquoi pas... Comme je n'utilise pas de bâtons et n'aime vraiment pas ça, je réfléchis de plus en plus au sursac. Volume, espace au sol et poids minime. La simplicité à l'état pur. Je pense que ça pourrait me correspondre. A tester...

- Tout en synthétique
Cycle de compression important, humidité, prix, usure forte... Le synthétique semble être une matière appropriée au long cours sur ce continent. J'essaierais de partir avec une liste 100% synthétique la prochaine fois ou quelquechose de proche. Le mérinos est cher et fragile donc je ne le prendrais que si je tombe sur une promo, ou un mélange avec du synthétique, et uniquement pour des destinations où il apporterait un vrai plus. Le duvet, je ne le prendrais que si les températures sont souvent négatives (ce qui a été souvent le cas en Amérique du Nord). Au-dessus de 0°C, la différence de poids n'est plus si importante.

Les prix du synthétique sont souvent plus abordables que les matières naturelles. Ca tombe bien, c'est ce que je recherche aussi... wink

- Fringues pas chères
Pour pouvoir les abandonner et les changer souvent. Adapter les vêtements aux nouvelles conditions climatiques rencontrées est un confort très appréciable. Je ne repartirais donc pas avec des vêtements si techniques, enfin si possible, car l'Alaska est exigent envers les vêtements.

En terme de résistance, j'ai également été déçu par mes fringues haut-de-gamme. Ca n'a pas duré plus qu'un vêtement D4, au contraire. Du coup, ça ne m'encourage pas de renouveler l'expérience. Quand on fait des sorties weekend en France, même une fringue qui s'use vite dure plusieurs saisons. Au long cours, en la portant tous les jours, on voit ses fringues dépérir à une vitesse effrayante. Le problème se pose pour l'Alaska car, pour moi, des fringues anti-moustiques s'imposent pour être confort et je ne suis pas sûr qu'elle existent bon marché.


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TOP 3
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Ce sont les items que je pense prendre dans mon sac quelquesoit ma destination dans le monde car je suis un fan inconditionnel... big_smile

- Micropolaire
Agréable à porter, se trouve partout, pas chère, indestructible, respirante... Si je pouvais me marier avec, je le ferais... lol

- Chech
Agréable au toucher, multi-usages, léger, séchage rapide, pas cher... Pour moi, c'est l'arme absolue du voyageur long cours. Les utilisations sont multiples : serviette, couvre-chef, oreiller, drap, daypack, filtre, attache... J'achète les miens au Maroc. Ils sont en coton très fin. 10 min en plain cagnard et ils sont quasiment secs. Par contre, je passe mon temps à les perdre !

- Couette
De notre ami CSC. De la bombe. J'ai adoré. 430g de duvet, ça m'a permis de n'avoir jamais froid même à -8°C que je pense être le minimum que j'ai eu. Ensuite, grâce à la ventilation et aux coutures transversales permettant de déplacer le duvet, cela en fait une arme extrêmement modulable. Quand il fait très froid, je remontais le duvet sur le dessus et calais le tissu restant sous mon corps. Quand il faisait plus chaud, je déplaçais le duvet sur le côté pour pouvoir profiter d'une faible épaisseur. S'il fait vraiment chaud, on peut sortir les jambes. On n'étouffe donc jamais.
Si c'était à refaire, j'aurais peut-être pris une couette moins chargée et une doudoune en plus pour compenser pour être plus à l'aise à certains bivouacs et donc gagner encore en modularité. Mais quoi qu'il en soit, couette, couette, couette, couette !! big_smile

- Lampe autonome
2 LED, une petite dynamo et un petit panneau solaire pour la recharger. C'est un modèle D4 à 6€ que je ne retrouve pas sur le site. Une lampe dont on ne se préoccupe pas et qui amène largement assez de lumière pour bidouiller sous l'abri. Faut pas espérer marcher avec bien entendu.

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FLOP 3
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Ce sont les items qui m'ont déçu...

- Veste imper
Je suis parti avec une MARMOT Mica qui n'a pas tenu 3 semaines. Je ne l'ai pas trouvée respirante, ni imperméable. Au niveau du dos et des épaules, les couches se sont barrées. Bref, je ne la trouve pas faite pour du long cours.

- Tente
Achetée près de 350€, elle est morte après 150 nuits. Très très déçu... Je l'avais prise autoportante pour faciliter le montage, ce fut le cas mais pas vraiment si important que ça. Un arceau a pété après 1,5 mois mais j'ai pu le réparé. Le moindre frottement et la toile se déchirait. Les bords étaient trop relevés et ça faisait rire le spash effect. Le tapis de sol a rapidement été troué. En longueur, je touchais la tête et les pieds. Bref, pas du tout faite pour moi. Je ne connaissais pas les alternatives à l'époque donc j'ai acheté une tente double-paroi "ultralight" et très chère qui avait que très peu de retours sur le net. Ce fut une mauvaise idée. Expérience à ne pas renouveler.

- Sardines
En titane, fines. La moitié étaient tellement fines qu'elles ne tenaient pas au sol et se tordaient à la moindre tension. L'autre moitié étaient galère à attacher au hauban et la tête se cassaient au moindre coup de caillou. Bref, c'est quelquechose que j'avais négligé car cela ne me semblait pas important. En fait, je pense que ça l'est vraiment, surtout quand on voit plein de terrains et de conditions différentes.

J'en ai perdues beaucoup, la couleur grise n'aidant pas... J'ai racheté des sardines en V couleur bleu fluo en Alaska et je les ai données avant de prendre l'avion au Chili. 1,5 dollards/pièce, aucune idée du poids mais vraiment très bien.


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Dernière modification par Ontheroad33 (20-09-2013 00:24:05)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#4 16-11-2012 18:28:05

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

ALASKA : La terre des extrêmes...
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Ca y est, j’y suis…

Arrivé fracassé à l'aéroport de Anchorage vers 9h du mat. Décalage horaire, temps de travail, nuit blanche à Roissy, malade puis 3 jours... Bref, je ne dois pas être beau à voir. Il me tarde de choper ce putain de bus et me pieuter à l'auberge. J'admire les monts enneigés par la fenêtre pendant que je fais la queue à la douane. Je passe devant l'ours empaillé au milieu du hall et je sors. Pas bien grand cet aéroport dis donc... Il fait un beau ciel bleu un peu frisquet, le temps que je préfère. Je cherche un peu et ne trouve pas le bus en question. Je vais à l'accueil, baragouine quelques mots en anglais et reçois la réponse que je ne voulais pas : "Il n'y a pas de bus avant 2h. Le bus ne rend pas la monnaie (je n'ai que des billets de 20$) et la machine là-bas qui en donne habituellement est en panne. Bonne journée." Pfff allez c'est parti pour marcher 1h30. Pas envie. Je n'ai pas de carte mais je me rappelle un peu de GoogleMaps que j'avais zieuté avant de partir. Je dépasse des pick-ups plus gros que des tanks. Je passe une ligne de fast-foods qui montrent des menus taille familiale pour une personne. C’est le début du dépaysement. L'aventure alaskane commence...

Non pas vraiment. Je suis crevé donc je dors les 2 premiers jours. Je me balade un peu mais au bout d'une heure ou deux je rentre à l'auberge. Je sais où je vais ensuite mais quelque chose me retient dans cette auberge. Je crois que j'ai peur. Qu'est-ce qu'il y a 10 km plus loin ? Qu'est-ce que je fous là sérieux ? Mais quelle idée j'ai eue ? Je ne suis pas Rambo moi. J'ai grandi en banlieue ouest de Bordeaux toute propre où "on attrape plus de médicaments que de maladies" (Coluche). Je me suis peut-être un peu enflammé. Si je n'étais pas capable ? Si je rentrais ? La fatigue m'emporte avant que je continue à m'embrouiller l'esprit. Je finis par partir. Je prends un bus qui sort de la ville puis à une intersection je tends le pouce pour atteindre le parc de Chugach. Pas le choix, il n'y a pas de bus après.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Ca y est, là, j’y suis vraiment…

3 jours pour commencer c’est bien ça non ? J'ai décidé de commencer l'aventure par le parc Chugach sans trop savoir ce que je vais trouver. On verra bien. Je demande des infos à l'entrée du parc. Sur 3 jours, je suis obligé de faire un aller-retour car, plus haut, le col est bouché par la neige. Pas grave, mes 110 kg préfèreront un truc tranquille pour entrer doucement en matière.

Je me badigeonne de produit anti-moustiques, je prends mon sac et c'est parti mon kiki... smile On m'a dit : « Surtout, fais du bruit en marchant, ça t'évitera de tomber nez à nez avec un ours... ». Ok, les alaskans se font un malin plaisir de me faire flipper. Je me lance donc sur le chemin en beuglant du Bob Marley à pleine voix. Je ne connais même pas les paroles mais on s'en tape. Après un virage, je stoppe net... Il y a un gros truc devant, là, à 10 metres, dans les herbes hautes. C'est quoi ce machin ? Je commence à essayer de rassembler mes idées pour me rappeler des règles de sécurité concernant les rencontres avec les ours. Quelques secondes après, le truc bouge et lève la tête. C'est un élan ! Avec un petit... C'est trop mignon... Trop cool... Par contre, je suis super près la, je vais reculer un peu... Là, c'est sûr, je suis en Alaska ! Je réalise enfin que quelque chose est différent, que quelque chose se passe. On ne peut pas être tout à fait le même homme après avoir vu un élan…

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

La verte c’est cool mais j’suis pas mûr…

3 heures de marche seulement pour cette première journée. Je m'installe au bord de la rivière, comme je me l'imaginais dans mes rêves de gosse. Alors que je fais un peu de toilette, je sursaute lorsqu'un jeune élan sort du bush pour aller boire en face de moi... Ben dis donc, si c'est tous les jours comme ça, je sens que je vais kiffer cet endroit.

Je suis vite fatigué donc les journées de marche sont courtes. Même sur du plat, je sue comme un boeuf et, quand le pente prend 0,1%, j'ai le coeur qui s'emballe. Oh nom de dieu, ce que j'en chie quand ça monte. Je fais demi-tour très vite. Je refais un bivouac après une journée de 4h de marche où j'ai eu l'occasion de traverser mon premier gué. L'eau glaciale aux genoux, les cailloux qui bougent, le courant, la largeur de la rivière... Je l'ai traversée calmement sans problème. C'était cool. Ca fait aventurier... Les moustiques me saoulent deja ! Il y en a que quelques dizaines et ils me rendent déjà fou. Pas un moment de répit. Et ils se marrent bien en voyant mon TS mérinos comme seule protection. Obligé de mettre la veste imper respi. Trop chaud...

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Le dépucelage de l’eau vive…

Je le sais qu’elle est là, le ranger me l’a dit avant de partir. Je presse le pas car je suis trop impatient. En même temps, j’ai un peu les chocottes… Je vais traverser ma première rivière à gué, une vraie, puissante, dangereuse, majestueuse… J’imagine la photo dans ma tête, moi avec de l’eau sous les aisselles, les bras autour de la tête pour sauver mon sac de la flotte, le visage déterminé tel un grand explorateur, avec en fond un élan qui boit tranquillement, un grizzly qui pêche à coup de paluche et en fond une montagne enneigée entourée d’un trait subtil de nuages pas finis. Ce serait une chouette photo. C’est le genre de photo qui fait rêver et j’ai rêvé sur ce genre de photos. C’est plus grâce à des dessins que je suis là en réalité. J’étais un grand fan de Yakari, la bande dessinée. Ce petit indien possède le don de parler à tous les animaux et, à chaque tome, il rencontre un nouvel animal, l’aide dans une belle aventure et devient son ami. Le rêve absolu… Avec ce don, je pourrais découvrir l’intimité des animaux et en admirer la beauté. Il vit dans les décors magnifiques de l’Amérique du Nord un peu partout entre l’Alaska, le Canada et les States. Je voulais voir ces dessins en vrai.

Alors que je suis perché dans mes souvenirs de gamin, la rivière s’ouvre à moi. 50 m de large, du courant, des remous, des cailloux… Gloups. Bah t’as lu plein de trucs sur la traversée de rivière, tu vas bien y arriver. J’essaye d’estimer la profondeur, de lire les mouvements d’eau et d’en déduire les passages les plus faciles à emprunter. Ce ne sont pas forcément les moins profonds, où ceux où il y en a le moins de courant. Ce sont ceux qui représentent le meilleur compromis entre ces deux paramètres et la qualité du sol, voire même la distance à parcourir et le passage de sortie de l’autre côté. Pendant que je fais mes calculs, je vire mon futal, mes chaussettes, ma polaire… Je ne garde en bas que mon cuissard et mes chaussures. J’ai l’air con du coup… Je ramasse un bon bâton. Bon allez je me lance !

J’ai le cœur qui bat la chamade comme une première fois. J’attends ce moment depuis tellement longtemps que je suis excité comme un lapin. Je veux bien faire. J’introduis mon pied dans l’eau mais le ressors aussitôt. C’est froid enfoiré. De la bonne neige qui fond et qui te fracasse. Je sautille un peu pour faire circuler le sang. C’est tellement froid que ça en est douloureux. Moi qui trouvais l’eau des ruisseaux pyrénéens froid en été, je reverrai mon jugement lors de ma prochaine sortie. Bon allez, t’es pas une lavette, ton mollet est encore sec. Je me relance.

C’est toujours aussi froid mais je continue. Un pied l’un après l’autre, le bâton pour m’aider. J’arrive au tiers du parcours. J’ai de l’eau mi-cuisses et le courant est à son plus fort. Ca ne paraît pas haut mais quand on est dedans, on se rend compte de la difficulté à maintenir l’équilibre. Heureusement que j’ai pris ce bâton et que j’ai lu plusieurs pages sur le sujet. A chaque pas, des pierres se barrent au fond, un peu comme sur un tapis roulant. Je continue lentement. Le froid commence à être vraiment douloureux. Vivement que je sorte de ce truc. Je finis par remonter un peu et le déplacement devient bien plus aisé. Je sors de l’eau, les guiboles rouges vifs. Le vent glacial en rajoute une couche. Par curiosité ou instinct de survie, je pars à la recherche de mon pénis. Les projections d’eau glacée l’ont encouragé à rester au chaud et à ne sortir que la tête. Je le traite de lâche. On n’abandonne pas son pote dans l’adversité. Je me réchauffe, me sèche au chech (les chaussettes de l’archi duchesse…) et remets mes pompes encore mouillées. Ca sèchera bien en marchant.

C’était une belle première fois. Le cadre aurait pu être plus joli mais c’était sympa. J’aurais pu avoir plus de style mais l’essentiel a été fait. J’aurais pu être plus performant mais j’ai assuré. Je souris comme si je venais de faire quelque chose de grand. Ca y est maintenant je peux dire que je suis un aventurier.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Le stop, sinon rien…

Les alaskans sont vraiment cool pour te prendre en voiture. La première fois que j’ai tendu le pouce, je l’ai fait timidement. J’avais l’impression de déranger. La première voiture s’était arrêtée et j’avais eu droit à un naturel tel que j’ai cru que je connaissais le gars depuis minot. J’ai bien envie de réessayer pour voir… Je prends la route 3. Quelques heures après, je me retrouve à boire des bières à mon chauffeur (ou chauffeuse plutôt big_smile ) tatoué et percé dans un bar crasseux de routiers où la serveuse bien en chair et maquillée plus vulgaire que Madame Bigard me demande ce que je veux avec "What's up, honey ?". Ce fut un chouette aprem.

Le lendemain, un couple de jeunes californiens me prend dans leur voiture. Zach a ses parents qui vivent à côté et, étant étudiant, il vient bosser sur les bateaux de pêche de saumons pour payer ses frais, et Kinu vient lui rendre visite. On papote et ils me proposent de me joindre à eux pour la journée. Ils vont passer la journée à Talkeetna à buller et voir un ami. Je refuse poliment, comme un réflexe. Quelques minutes plus tard, au niveau de l'intersection, ils me reproposent. J'allais décliner à nouveau quand une décharge électrique me traverse le corps. Pourquoi tu n'irais pas ? T'es pas à quelques heures près et le feeling passe bien... C'est vrai. Bon, ben, soyons fous, allons-y. Je crois que c'est la première fois que je fais ce genre de trucs. Je me sens vulnérable mais l'inconnu commence à m'exciter. On arrive sur place. Un petit village fait de quelques maisons en bois. C'est de là que partent pas mal d'expés vers le Mont Mc Kinley. Hé bé, comme disait mon grand-père, "soum pa denguera riba" ("on n'est pas déjà arrivés" en patois limousin). On va se poser à l'extérieur d'une brasserie locale et on commence à boire des bières. Zach va payer l'addition alors que j'avais le dos tourné à papoter avec Kinu. Ils m'emmènent manger des dumplings, une tuerie en boulettes, dans le boui-boui de leur pote. Bonne ambiance, bonne bouffe. Je n'avais pas mangé de repas chaud depuis presque 2 semaines. Zach va chercher une grosse bouteille d'un gallon (4L à la louche) et va la remplir à la brasserie. On va se poser sur le bord de la rivière. On picole, on fume et on papote de tout et de rien. J'en chie en anglais mais j'arrive à me faire comprendre. On parle de nos différents systèmes politiques et sociales, des études, de la vie, du voyage... Avec les barres de rire de temps en temps, le temps passe très vite. A 17h, ils décident qu'ils rentrent mais je les oblige à s'installer à la brasserie pour prendre une dernière bière et me déposent pompette sur le bord de la route. Le 4x4 s'éloigne et je tombe dans le silence caractéristique de l'Alaska. Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Déjà les alaskans des jours précédents avaient été très chaleureux mais alors eux putain ils ont été énormes... C'est hallucinant. Ils me prennent au bord de la route, m'emmènent avec eux, me nourrissent et m'abreuvent gratos puis me redéposent sans rien de me demander. J'ai même eu le droit à un papelar avec leurs coordonnées si des fois je passe en Californie. Je découvre un nouveau monde, celui de l'hospitalité et de l’imprévu. Putain, j’adore le stop.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Parfois quand ça veut pas, ça veut pas…

J'ai vu sur le net qu'il y avait un sentier de 3-4 jours gratuit sur la route pour le fameux Denali National Park. Ok, deal ! Je commence sous la flotte, la vraie flotte, celle qui s'infiltre partout, qui te glace le sang, qui te pourrit un bivouac... Je reste donc près de 18h sous la tente, à peine plus grande que moi, à espérer que la pluie cesse. Le lendemain, je me lève. Dire que tout est détrempé serait un doux euphémisme. Le début du sentier est bien raide dans une forêt dense qui te trempe encore plus. Pas une super partie de plaisir... Une fois sur la crête, le paysage se dégage et la vue est superbe.  La pluie s'arrête mais le vent se lève. Je bouge pour me chauffer un peu car le vent glace mon corps tout mouillé. Après quelques heures, voyant des nuages bien noirs qui se ramènent, je décide de planter la tente. J'ai bien fait, c'était de la grêle. La tente, très pentue, a bien résisté.

Je ne saurais dire pourquoi maintenant mais j'ai envie de remercier mes parents. Peut-être parce que j'ai le temps de le faire bien, peut-être que le trop plein d'émotions qui bouillonne en moi a besoin de sortir... Qu'importe. Je décide de faire une petite vidéo de moi avec un joli paysage en fond. J'appuie sur le bouton, je vais m'assoir en face. Je lâche quelques mots et, immédiatement, les larmes me montent aux yeux. Ca m'arrête net, comme une voiture dans un platane. Je souffle un bon coup et je reprends. Je ressors quelques bribes de phrases et les larmes remontent à nouveau. J'essaie plusieurs fois en vain. Impossible de sortir quoique ce soit de plus de 3 mots de 2 syllabes chacun. Ca fait court pour s'exprimer quand même. Même un bébé a plus de vocabulaire ! Je n'ai jamais vraiment pleuré dans ma vie. La dernière fois remontait 7 ans en arrière lors d'une rupture amoureuse et avant je ne me souviens même pas. C’est flippant. Je verrai ça plus tard…

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Un pote de marche ? Pourquoi pas…

Le sentier redescend dans la forêt. Enfin le sentier... Au bout du 10° arbre en travers du chemin où je lutte entre marécages et moustiques pour les contourner, j'arrête de compter (Ben oui j'ai que 10 doigts et il faudrait que je marche pieds nus pour continuer a compter... Et le sol, ça pique... ) Je remonte ensuite une pente bien raide. Les alaskans ne connaissent pas les zig-zags. Ca ne m'arrange pas, j'ai l'impression que je vais crever. Les muscles, le souffle, le cœur... Je suis vraiment en sur-régime par rapport à ma condition tellement basse, il faudrait creuser pour la trouver. Je fais une petite sieste. Je reprends la marche pour 2 petites heures et pose mon bivouac. Un belge débarque 1h après avec un sac presque plus gros que lui. On passe la soirée ensemble à papoter. Il y a du vent mais unidirectionnel. Je place donc la tente dans le bon sens et me couche sereinement alors que le soleil lui ne se couchera toujours pas. 1h après, le vent s'intensifie et tourne dans tous les sens. Je suis secoué comme un glaçon dans un shaker. A chaque rafale, la toile intérieur de ma tente me colle au visage. Le bruit n'arrange rien. Autrement dit, je ne ferme pas l'oeil de la nuit. A 7h, le vent stoppe net. Je dors 2h et Tim me réveille. Je finirai la rando avec lui. Après tout pourquoi pas ?

Il est vrai que les relations sociales me pèsent. Je ne sais pas vraiment d’où ça vient. Je n’arrive pas à être moi-même quand je suis avec beaucoup de gens alors qu’avec d’autres c’est naturel. C’est le cas avec Tim. Ce gars n’essaie pas de m’impressionner alors qu’il pourrait facilement. Il s’en tamponne et j’aime ça. Moi j’en ai ma claque d’essayer d’être à la hauteur. Quelle hauteur d’ailleurs ? Qu’est-ce que je veux montrer ? Qui j’aimerais être ? Être seul c’est la liberté d’être soi-même, loin de toute forme de pression. Vais-je trouver ma liberté dans la solitude ?

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Dis-moi que tu m’aimes…

En sortant du parc, Tim et moi faisons du stop pour aller camper près d'un point d'eau. On fera la rencontre de 2 allemands qui voyagent à vélo vers le sud. Soirée sympa avec une vue superbe mais pas totalement dégagée sur le Mont Denali. Lui est à la retraite, elle déprimait. Ils avaient le même projet, ont pris le même avion mais ne se connaissaient pas avant. A l'aéroport, ils ont récupérés leur vélos respectifs et ont décidé de faire la route ensemble. Tim et moi on les surprendra en train de se bécoter. C'est mignon. L'histoire fera que je revois l'allemand dans une auberge à San Diego quelques mois plus tard, mais sans madame. Je quitte mon ami belge le lendemain matin pour aller voir le fameux "parc génialissime". Mouais, je demande à voir parce que lui il est payant.

Avant d'y arriver, je fais une pause dans un camping pour une nuit le temps de faire des courses et la lessive. J'ai donc un aprem de libre pour bouquiner et glander, chose que je fais très bien. Surtout glander... Je décide de reprendre mon histoire de remerciements pour mes parents car ça ne peut en rester là. Comme je n'arrive pas à faire cette putain de vidéo, je me dis que leur écrire une carte postale serait plus simple. C'est court, concis, précis, ça ira très bien. En fait, je vais mettre presque 1h à écrire cette carte ! Les larmes montent toutes seules sans rien demander et là je ne retiens plus. Faut que ça sorte car je n'en peux plus. Je ne saurais vraiment dire pourquoi je chiale comme une madeleine. J'ai une bousculade d'émotions depuis le début de ce voyage qui me perturbent complètement. Mes parents m'ont toujours activement soutenu dans tout ce que j'ai fait, même si c'était contraire à leur philosophie. Ils ont dépassé leur rôle de parents. Ils auraient pu même se contenter de me soutenir moralement mais, à la place, ils ont tout fait pour que je puisse réaliser mes projets. Si je suis là aujourd'hui, c'est en partie grâce à eux. Bon, bien sûr, comme j'ai toujours eu des idées un peu originales, ça a parfois pris du temps mais c'est toujours arrivé à la même fin.

On ne se dit jamais qu'on s'aime dans la famille, c'est plutôt sous-entendu dans les actes. Les remerciements sont toujours très polis. Je ne le reproche pas vraiment, c'est juste une question de fonctionnement. Je crois que j'ai envie que ça devienne audible et tactile. J'ai envie de le crier fort, que ce soit explicite ! Je voudrais de l'enthousiasme et de la passion. Le problème est que ce n'est pas naturel du tout du coup chez moi et je suis un peu perdu. L'écrire en toutes lettres est déjà une sacrée réussite. Va falloir que j'arrive à le dire à voix haute maintenant. Bon, en attendant, faut que j'aille chercher ma lessive...

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Tu veux mon planning pour aller aux chiottes aussi ?

A l'entrée du parc, je me dirige dans une petite guitoune de 30m² tout au plus. Un ranger m'accueille avec le sourire, comme tous les rangers. Le mien porte des chaussures montantes, un pantalon vert foncé, une chemise beige kaki ornée fièrement de la médaille des rangers et des petits yeux verts perdus au milieu de longs cheveux frisés et d'une longue barbe de plusieurs mois voire plusieurs années. Et le chapeau alors ?

Il m'invite à regarder une vidéo dans le fond de la pièce où on m'explique comment me comporter dans le parc (bivouac, marche, traversée des rivières, vie sauvage et particulièrement des ours, dangers, météo...). Ensuite on m'invite à choisir les endroits où je souhaite marcher. Qu'est-ce que j'en sais moi ? Le ranger me montre un classeur dont chaque page décrit une parcelle du parc (appelée "unit", environ 50 je crois en tout). On y trouve quelques photos, le type de terrain, les traversées éventuelles de gués, le type de végétation... Les rangers sont toujours super sympas et sont de bons conseils. On sent vraiment qu'ils sont passionnés par ce qu'ils font. Et ils sont de vrais puits de savoir, ce qui les rend particulièrement intéressants. Après de longues minutes de papotage, je finis par prendre un peu au hasard, car trop de choix tuent le choix.  Chaque unit peut accueillir un nombre limité et prédéfini de campeurs. Je définis donc avec le ranger toutes les units dans lesquelles je vais camper, lieux et dates qui figurent sur mon permis, en fonction des disponibilités. Perso, je déteste ça mad ! Je ne planifie rien ou presque, encore moins en ce moment où la quête de liberté est plus forte que tout. Mais soit. Devant les éloges faites sur le parc par mes rencontres en Alaska, je prends sur moi... Une fois le périple planifié, je remplis une feuille de renseignements (en cas de recherches), j'achète une carte de la zone, j'écoute le speech mécanique du ranger et je prends le "Bear Resistant Container" (boite anti-ours prêtée gratuitement mais obligatoire pour stocker tous les produits odorants et particulièrement la bouffe). "C'est tout Monsieur le Ranger ?" "Oui, c'est tout. Bon voyage." me répond-il. Enfin !

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

La solitude ou mon amie imaginaire…

Je décide de passer la nuit dans le camping à l’entrée du parc où je me fais harceler par les écureuils. P'tain ils sont excités comme Zamy dans Nos Voisins les Hommes...  Je prends le bus du lendemain matin. Au bout de 3h de bus, le chauffeur s'arrête au milieu de nulle part. "Ok mec, c'est là que tu descends. Bonne marche, amuses toi bien et gaffe aux ours !". Je descends. Le bus s'en va, je prends de la poussière plein la gueule. Après quelques virages, je ne le vois plus et ne l'entends plus. Je me retrouve au milieu de nulle part dans un grand silence qui surprend après le grondement du bus. Je jette un coup d'œil sur la carte. "Bon ben on y va !".

Pas de sentiers, qu'une barre de petites montagnes devant moi. Je regarde où la pente est la moins forte et je m'y dirige tout droit. Je vois le lit d'une rivière qui semble y aller facilement. Ok je descends la berge, ça a l'air simple et je remonterai de l'autre côté. Je marche sur de la mousse, trop facile. "Splotch..." "Pu... de c... de m... !" Mon pied s'est enfoncé dans une sorte de marécage. Mon pied, chaussure et chaussette sont trempés, après seulement 15 min de marche. La mousse cache bien des misères. Boue, eau, cacas sauvages et moustiques se bousculent au portillon. Bon, ce n'est pas si facile que ça en fait. Ce sera plus simple au niveau de la rivière, il n'y a que des cailloux et ça je connais bien. Je commence à descendre et je m'enfonce dans le bush constitué de petits arbres. Après 20 min de lutte junglistique, en sueur, les pieds trempés, le visage giflé et dévoré par les moustiques, je renonce et je remonte par une pente de pierriers à 70%. Je m'effondre en haut, la langue pendante et le cœur jouant de la hardtech. Je vois un élan au loin qui se balade tranquille en souplesse, sans aucune force à travers ce bordel que je n'ai pas réussi à traverser. "Frimeur !" lui cris-je. "Bon et si tu réfléchissez un peu toi plutôt que d'insulter cette pauvre bête ?". Je reprends mes esprits, fais un large détour, monte le premier dôme. Que c'est beau ! Comme quoi, quand on prend le temps...

Il en sera de même pendant les 3 petits jours restants.  Je ne verrai aucun être humain pendant ma marche, uniquement des caribous, une maman ours avec ses deux petits et quelques marmottes arctiques. On apprend à se déplacer hors sentier, on s'habitue même à évoluer à travers la montagne ou les plaines mais je n'arrive pas à m'habituer au fait qu'à tout moment, une bête de 400 kg peut surgir derrière un rocher malgré les chansons de Elvis Presley et de Ray Charles que je beugle à tue-tête pour éviter la confrontation. Je deviens parano. A chaque bruit inhabituel, je sursaute. Ce n'est pas la première rando en Alaska mais, comme je sais qu'ici il y en a moult, je suis prudent. La communication sur les ours est omniprésente en Alaska et les gars qui me prennent en stop se font un plaisir de me faire flipper, moi qui étais si détendu sur le sujet avant de venir. Je fais le rituel du bivouac avec rigueur tous les soirs. Je suis un bon élève. En même temps, tu risques un peu plus qu'une bonne fessée.

J’aime bien la solitude. C’est un peu ma pote imaginaire. Je peux lui parler autant que je veux sans la saouler, je n’ai pas besoin de me faire passer pour quelqu’un d’autre pour qu’elle me trouve intéressant, elle va à mon rythme, elle ne fait pas de bruit, elle m’a vu dans mon plus simple appareil, dans mes moments forts, dans mes faiblesses, on se comprend, j’ai confiance en elle, je sais qu’elle sera toujours là pour moi si j’en ai besoin… Je n’ai pas ressenti ça pour quelqu’un depuis longtemps, depuis toujours peut-être. J’aime bien la voir de temps à temps. On part souvent en rando ensemble et on admire les paysages et le monde vivant ensemble sans parler. Je ne sais même pas quel âge elle a. En même temps, on s’en fout.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Le monde est petit…

Le 3° jour de marche, je rejoins la route, m'assois sur mon sac et attends qu'un bus vert passe. 15 min plus tard, je monte dans le bus pour aller au camping de Wonder Lake tout au bout du parc. Je n'ai plus beaucoup de nourriture pour les deux jours qu'il me reste à passer dans le parc et je n'ai aucun moyen de me ravitailler. Tant pis, j'aurai faim, je n'ai rien prévu de très costaud de toute manière.

Je fais un court passage par Wonderlake. C'est farci de moustiques donc je me mets en mode ninja : veste imper et chech sur la tête. J'assiste à une présentation du parc à l'heure du souper par le ranger. J'ai l'occasion de voir des cacas dans des bocaux. C'est fou comment on peut s'extasier devant une merde. Je prends le bus en fin de matinée. En l'attendant, je rencontre Jeff, un français. On se reconnait vite entre français partout dans le monde. On a un accent de merde et on porte du Quechua ! Après quelques minutes de discussion, je me rends compte que ce gars est le meilleur ami des voisins de mes parents et que je devais le rencontrer juste avant de partir (j'avais dû zapper l'invit car j'étais cloué au lit) ! Putain c'est dingue ! Il part vers le sud, moi vers le nord donc on se sépare avec avoir passé la journée à se balader ensemble. Je reprends la route vers Fairbanks, là où je dois retrouver ju_belledonne.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Rencontre sur internet, c’est vrai que ça marche ?

Je ne sais pas à quoi il ressemble mais nos échanges par mail et par téléphone semblaient montrer que c'est un gars sympa ce ju_belledonne, alias Julien. Il ne sait pas à quoi je ressemble mais il me trouve facilement en reconnaissant le graphisme de mon écran, celui de RL. On récupère Piia, sa copine finlandaise partie acheter quelques bières, et on prend la route. Ils logent dans une cabin, sur le terrain de leur patron, perdue au milieu de nulle part. Pas d'eau courante, pas de douche, pas d'électricité, les chiottes à l'extérieur, des moustiques partout... J'imagine cet endroit l'hiver (genre des mètres de neige, l'obscurité, des températures qui plongent jusqu'à -50°C...) et je me dis : "Mais ils sont branques ou quoi ? Je suis chez les fous." lol Mon anglais n'est pas du tout rodé donc j'ai du mal à m'exprimer comme je le voudrais avec Piia. Et pour la première fois de ma vie, je parle anglais avec un français pour que nous puissions tous nous comprendre. Ca me fait vraiment bizarre et ça me freine encore plus. Au bout de quelques heures, j'arrive à me détendre un peu et à papoter plus naturellement. ju_belledonne m'emmène nourrir les poules, les chèvres et les chiens. Oui en Alaska, ils ont rarement un seul chien. Ca se compte souvent en dizaines... Pour le repas du soir, ils ont prévu des hot dogs au barbecue. Je découvre alors la salade alaskane et le fromage en spray. Dépaysement total ! Comme nous sommes en milieu de semaine et que mes hôtes bossent, julien me file les cartes d'un itinéraire qu'il a préparé pour une rando d'une semaine. Le plan est simple : je marcherai seul les premiers jours et ils me rejoindront le weekend. C'est nickel, je n'en demandais pas tant. Je devrais peut-être me socialiser avec les gens du forum plus souvent…

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Photo de ju_belledonne
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Photo de ju_belledonne

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Tu préfères la pluie ou les moustiques ?

Julien et Piia me déposent au départ de la rando. Le temps de les saluer, je prends directement la marche. Je commence par emprunter une large piste de quad ou chiens de traineaux jalonnée de bornes milistique. J'ai à peine fait 100m dans les bois que je me fais démonté la gueule par des millions de moustiques, et je suis sûr que je n'exagère pas le nombre. Insupportable. Mon pantalon est anti-moustiques, j'enfile ma veste imper et je coiffe mon chech pour me protéger le visage. Quand je marche, je ne dois lutter qu'avec les plus rapides, mais quand je m'arrête, il ne me reste que peu de temps avec que l'armée ne s'abatte sur mon moi. Je marche donc en permanence avec un bourdonnement à quelques mètres derrière moi. La pente s'accélère et j'ai besoin de reprendre mon souffle. Je m'arrête et je compte. 1... 2... 3... 4... bzzzzz bzzzzz bzzzz bzzzzz C'est Beyrouth ! "Non pire Dunkerque !" (Florence Foresti). Je repars donc à vive allure et me force à garder le rythme afin d'éviter les cannibales. Le salut, si on peut appeler ça un salut, arrive une heure après. La flotte. Une pluie épaisse me tombe dessus comme un saut se renverserait sur ma tronche. Et le pire c'est qu'elle ne va pas s'arrêter de la journée et de la nuit.

Je suis censé monter cette piste puis couper en hors sentier pour récupérer une crête. J'avais prévu de dormir à cette intersection après 20 km de marche. Je l'atteins alors que plus un cm² de mes fringues n'est sec. Ma veste n'a pas tenu plus de 1h30. C’est de la daube ces vestes légères. Je vois sur ma carte que si je continue un peu la piste en descendant sur 3 ou 4 km, il y a une sorte de refuge. Comme je suis complètement trempé, que le sol lui même n'arrive pas à absorber toute l'eau et que je suis fatigué, je décide d'aller voir cette cabane de plus près. J'y parviens assez rapidement. Elle est ouverte et personne ne l'occupe. Je trouve un panneau qui explique qu'il faut réserver sur le net ou par téléphone. Bon ben si des gens se ramènent, je leur demanderai l'hospitalité ou l'autorisation de camper sous le porche et si je suis seul, je squouaterai et paierai plus tard. Je m'installe. Je sors tout. Il y reste du bois à l'intérieur donc j'allume le poêle pour tout faire sécher. Je fais le ménage, je range, j'écris des conneries sur le cahier, je médite, je bouffe... bref je m'occupe. Je regarde par les fenêtres la piste qui est en train de se remplir d'eau et de dégueuler partout. Je récupère l'eau qui ruisselle sur le toit pour éviter se sortir sous la drache en quête d'un ruisseau dont j'ignore totalement la localisation et qui doit ressembler à un torrent boueux. Personne ne viendra troubler ma tranquillité.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Le réveil alaskan…

Des pas sur la terrasse en bois me réveillent. Je sursaute d'un bon 15 cm et m'habille à vitesse grand V. Je déteste cette sensation. Lorsque l'adrénaline me tire du lit alors que mes muscles y sont encore. Je m'attends à ce qu'on ouvre la porte mais personne ne montre son blair. Je jette un oeil par la fenêtre et me retrouve nez à nez avec un élan ! Je sursaute encore une fois. J'ai à peine le temps d'immortaliser ce moment avec mon appareil photo mais j'ai tout de même la chance de l'admirer pendant quelques précieuses secondes. Malgré son poids et sa taille, c'est un animal assez élégant je trouve. Son corps a l'air d'être une erreur de l'évolution. "Tout le monde ne peut pas être sorti de la cuisine à Jupiter." (Coluche). En quelques pas agiles, il disparait dans le bush. Je le recroiserai un peu plus tard en allant chercher de l'eau. La pluie a cessé mais il ne fait pas beau pour autant. C'était un réveil spécial. Ce n'est pas tous les jours que je suis réveillé par ce genre de bestiau.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Abandon or not abandon ?

Le hors-sentier alaskan est éprouvant. J'ai le coeur qui joue les tambours du Bronx et le souffle coupé. Les rochers acérés et la végétation dense auront raison de mes pompes. Bah je les réparerai bien ce soir sous la tente. Je croise une micro cabane où je m'installe pour bouffer un truc et faire une petite sieste. J'en profite pour prendre de l'eau dans un saut rouillé à l'extérieur. Curieusement, j'éprouve de la difficulté à trouver de l'eau ici. Tout est gorgé d'eau mais aucun ruisseau d'eau claire n'est visible. Je continue un peu et m'installe sur la crête. Je monte ma tente comme une machine et fais quelques photos. Les moustiques sont de la partie. Même sur la crête, ils sont des milliers. Le brouillard remonte les collines et m'envahit. Comme s'il ne faisait pas assez humide... Bon ben je crois qu'il vaudrait mieux rentrer au chaud. Je tente de réparer mes chaussures pendant les 2h qui suivent. Mon ignorance trouve mon travail relativement réussi.

Le lendemain, le brouillard est encore plus épais. J'empacte tout et me casse. J'avance à la boussole. Pas de sentier et pas assez de visibilité pour apercevoir les cairns à plus de 10m. Super exercice. J'ai des courbatures et les jambes lourdes donc j'essaie d'optimiser mes déplacements  en évitant le plus possible les pentes positives. Au bout de 15 min, les réparations de la veille opérées sur mes chaussures pètent. Mes semelles ortho se démembrent. Mes chaussures ne sont plus que des sandales déguisées. L'Alaska n'est vraiment pas un pays pour les trails. 120€ qui partent en fumée sous mes yeux en seulement 3 ou 4 semaines. Ca fait cher la semelle. En même temps, j'avais pris des trails avec une part très importante de mesh pour le côté respirant. Je ne pensais pas que le hors-sentier serait aussi rude. Je récupère le sentier comme prévu qui descend jusqu'à la route. Je rentre dans les bois. Il n'y a plus de brouillard mais il pleut, encore. J'attends la route complètement trempé encore une fois. Il y a un parking avec des chiottes. Cool, je vais pouvoir souffler un peu au sec. Mauvaise idée, les moustiques avaient eu la même... pfff

Je ressors. Je longe la route pour récupérer le sentier de l'autre côté. Je lève les yeux. L'idée était de remonter sur la crête en face mais je la vois perdue dans le brouillard. Tout ce qui m'attend c'est de la grimpette sous la flotte et un bivouac dans le brouillard, tout ça avec des pompes déguisées en tongs. Génial. Allez j'en ai ma claque, je rentre. ..

- La petit diable : Tu es venu ici pour vivre l’aventure et tu abandonnes dès que ça devient un peu corsé. C’est quoi ce mental faiblard ?
- Le petit ange : Ne t’en fais pas, tu t’en balances de ce que pensent les autres. T’es là pour te faire plaisir. T’es fatigué nerveusement de ton ancienne vie, tu n’es pas affûté physiquement, tes pompes sont ouvertes comme des sandales, ta veste prend l’eau, il fait un temps de merde… Faudrait être stupide pour continuer.
- Le petit diable : Ahaha c’est le discours typique du faible. Faut se battre dans la vie enfin. Il n’a pas traversé le globe pour voir des routes et des voitures. Mon gars, si tu veux voir l’Alaska, l’authentique, faudra proposer mieux que tes 110 kg et ton matos high-tech tout poreux. Qu’est-ce que tu diras quand ils te demanderont comment c’était ?
- Le petit ange :  Laisse le, il ne sait pas ce qu’il dit. La vie n’est pas un éternel combat. Quand tu seras mieux dans ta tête et dans ton corps, tu pourras tirer un peu plus sur la corde. Et même ce n’est pas une obligation de repousser ses limites, c’est un choix tout au plus. Pense à ce soir et la soirée sympa que tu vas passer avec Julien et Piia.

Le petit ange a gagné.

Je tends le pouce. Une voiture passe toutes les 10 minutes. Les pick-ups me balancent une nouvelle rasade de flotte à chaque fois. La pluie s'intensifie. Je suis trempé, fatigué, je commence à avoir froid, j'ai faim, j'ai mal aux jambes mais curieusement je souris. Je me surprends même à danser dans les flaques, comme un gamin. C'est con mais je suis content d'être là. Je me sens tellement vivant. Je lève les bras et la tête vers le ciel, ferme les yeux et laisse les gouttes de pluie s'abattre sur mon visage. Que c'est bon. En fait, j'étais là pour ça. C'était ce genre de moments que je voulais vivre lorsque j'avais décidé de partir. Marre de la facilité, marre du confort, marre des plannings... J'avais besoin de perdre le contrôle pendant quelques temps pour me retrouver. Au bout de 2h d'attente, deux chasseurs s'arrêtent enfin. Je m'installe sur la banquette arrière à côté d'un gros chien qui me regarde comme s'il voulait jouer à la baballe avec mes couilles et une paire de fusils qui pointent vers mon visage. Tout va bien. Les gus ont un tel accent que je ne pige pas 3 mots de ce qu'ils me disent. Je parviens à leur expliquer où je souhaite aller. Ils me déposent au bord de la piste qui mène à la maison. Je mettrai bien 30 min avant de l'atteindre. Déjà que la route est perdue dans le trou du cul de l'Alaska, la maison est encore plus profonde.

Julien et Piia ne sont toujours pas rentrés. Je fais alors la connaissance de la propriétaire des lieux. Elle m'offre du thé chaud (Mon Dieu que c'est bon dans ces moments là !) et on papote. La fille est là aussi. Elle est mignonne mais elle semble complètement bargeot ! En même temps, vivre autant reculé doit déconnecter un peu du monde. Il est l'heure de nourrir les chiens. Elle ouvre la porte et une bonne dizaine de chiens s'engouffrent comme les taureaux dans les rues de Pampelune pendant la feria pour se jeter sur la bouffe. Je suis emporté par la vague mais j'arrive à récupérer mon équilibre à attrapant la porte. C'est quoi ce truc de dingues ! Ce fut un chouette abandon…

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

La valse des chaussures commence…

Aujourd’hui, c’est vendredi. Ils annoncent un temps correct pour le weekend donc notre sortie prévue à 3 est maintenue. Julien et Piia bossent le matin et on part après. Je leur demande donc de me déposer à Fairbanks pour que je trouve une paire de pompes. Je vois 3 magasins assez espacés les uns des autres donc je cours toute la matinée pour les voir. Aucun n'a ma pointure 48 dans leur gamme de chaussures basses. Dans le dernier, je trouve une paire à 180$ façon rangers ou trappeurs, qui montent presque à mi-mollet. Pas vraiment le choix, je les prends, le bus part dans 5 min. Elles sont très moches, très raides et très lourdes. Ca fait 3 semaines que j'ai les pieds mouillés en permanence. J'espère que ces pompes me garderont au moins au sec. Dès que je sors du magasin, je sais que je vais en chier. Qu'est-ce qui m'a pris putain ? Bon c'est trop tard maintenant. Je suis à la bourre. On verra après ce weekend.

[… le weekend …]

Ce weekend m’aura vanné. Je passe quelques jours à Fairbanks pour me reposer,  sortir un peu et faire un peu de ménage dans le matos. J'en profite également pour régler ce problème de chaussures. Les pompes de ranger, ce n'est vraiment pas possible ! J’ai encore les pieds douloureux et les ampoules à vif. Mes tendons sont bien durs et chaque muscle du pied prie pour un massage. Ces chaussures censées être indestructibles sont déjà bousillées après 2 jours de marche en plus. Faut que je m’en débarrasse…

Je vais au supermarché et je trouve un grand 47 running Nike pour 40$. Première étape : done. Je vais ensuite au magasin de pompes de chasseurs. Avant de rentrer, je souffle un bon coup. Je croise les doigts pour qu'ils me les reprennent. Je prends mon air le plus dur, prépare mes phrases en anglais et pousse la porte. Je pose sèchement mes groles sur le comptoir. L'impact fait sauter des morceaux de boue encore humide un peu partout. Je fronce les sourcils pour durcir un peu mon visage. « Je ne suis vraiment pas content... ». Le gars me regarde d'un air ahuri. A priori, ça ne doit pas se passer comme ça habituellement. Le gars ne pose même pas de questions, me reprend les chaussures et me rembourse. Je bénie le ciel...

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Ze burger…

Sur la route, j'invite mes deux compères à manger un burger. On s’arrête dans un resto typique des bords de route. Je choisis le burger Lance MACKEY. Julien m'interpelle : "Tu ne peux pas prendre ce burger si tu ne connais pas l'histoire de ce mec." Ah, d’accord. J'écoute donc avec attention et découvre alors un nouveau monde... celui des chiens de traineaux. Julien connait un peu depuis qu'il y a bossé en Finlande et qu'il vit en Alaska, dans le bled où sont réunis les meilleurs mushers au monde.

Lance MACKEY est né dans cet univers. Son père était l'un des fondateurs et des premiers vainqueurs de la plus grande course de chiens de traineaux d'Alaska, l'Iditarod Road, un itinéraire de 1200 miles à travers le wilderness par des températures à -50°C et des quantités de neige à faire écrouler un building. Son frère gagna également l'Iditarod quelques années plus tard. Le rêve de Lance de gagner aussi un jour cette course devait disparaître en 2001 quand on lui diagnostique un cancer de la gorge. Mais rien ne l'arrêta et l'année suivante, il commença la course avec encore un tube dans l'estomac. Il perd ou abandonne plusieurs années de suite. Il existe également une autre course très réputée au Canada, appelée la Yukon Quest, au moins aussi dingue. Lance la gagne pour sa première année puis encore quelques fois par la suite. En 2007, il réalise l'impossible : gagner l'Iditarod et la Yukon Quest la même année, avec seulement 2 semaines de repos entre les deux. Il réitère l'exploit l'année d'après. En 2009, il gagne l'Iditarod à nouveau dans des conditions extrêmement difficiles. Outre ses titres, il a été très souvent récompensé sur ces 2 courses pour être celui qui prend le mieux soin de ses chiens. C'est le genre mec qui préfère nourrir et protéger ses chiens avant d'aller à l'infirmerie soigner ses gelures. Voilà qui est Lance MACKEY, un mec qui bat un cancer pour repousser les limites de la nature humaine...

Je regarde mon burger qui arrive sur la table. Je ne me sens pas digne de le manger. Quand j'entends les gens m'encenser pour mon voyage avec des mots comme « courage » ou « exceptionnel », je me sens bien con maintenant. Je ne serai jamais ce genre d'hommes. Je mangerai donc ce burger par admiration, humilité et respect. Je ne sais pas si c'est le discours de Julien ou un hasard mais j'ai adoré ce burger, sans doute l'un des meilleurs que j'ai mangé pendant ce voyage. Plutôt épicé. M'étonne pas en même temps vu le bonhomme...

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Première rando avec un MUL (modéré hein sinon il va me taper)…
« J’en ai encore les fesses qui font bravo… » (Elie Semoun)

On commence à marcher assez tard dans la journée mais on s'en tape car il fait jamais nuit en cette période. Sur les premières centaines de mètres, le terrain est plat mais, vu le rythme auquel ils marchent, je sais déjà que je vais en chier avec eux. La piste devient ensuite méchamment pentue. Très rapidement, je me fais distancer. Mon coeur tape contre ma poitrine à en faire péter les côtes. Je dois m'arrêter très souvent pour reprendre mon souffle. Je culpabilise déjà de les faire attendre. Faut dire que Julien a fait du sport de haut niveau pendant longtemps. Il a donc des prédispositions physiques assez hors-normes. Lors de sa traversée de la Laponie, il faisait régulièrement des étapes à plus de 50 km avec des pointes à 70 ! Je leur avais répété que j'étais charrette et mon corps parlait pour moi mais ça n'avait pas l'air de les embêter plus que ça, du moins pas sur une aussi petite période. Ils sont très patients et en profitent pour faire des photos. C'est une passion qu'ils ont maintenant en commun. Moi, j'y connais kedal mais je suis curieux.

Quelques heures après, on installe le camp. Le soleil pointe son nez et nous offre une belle vue sur les environs. Ya pas trop de moustiques. Le sol est relativement sec et le vent assez calme. Difficile d'avoir de meilleures conditions en Alaska. On papote tranquille. Julien et Piia se battent, comme d'habitude, pour s'amuser... Julien est plus fort mais Piia est tenace et n'a peur de rien. On se couche assez tôt car demain on a une grosse journée.

On décolle tôt. Julien et Piia ont les jambes qui démangent alors que moi j'ai les yeux qui collent. Vraiment pas du matin... Cette journée est exténuante. Qu'est-ce que j'en chie putain ! Oui parce que, pour les deux loustics, c'est une promenade de santé. Déjà, nous marchons 10h (pauses non comprises) alors que je ne marche pas plus de 5 ou 6h (pauses comprises) depuis le début du voyage (pas de condition physique et problème de bassin). Ensuite, bien qu'on ne soit pas haut en altitude, le terrain vallonné fait la montagne russe du genre +300 -200 +200 -300 +100 -200. A l'arrivée, il doit bien y avoir 2000m de D+ je suis sûr. Quoi qu'il en soit, je suis raide. La différence de condition physique est énorme. Plus la journée avance et plus ils m'attendent. Pour couronner le tout, mes chaussures de warrior sont super inconfortables et des ampoules me font souffrir le martyre. En plus, ces pompes ne sont même pas imperméables ! Mes deux camarades finissent par avoir pitié de moi et stoppent sur une crête. L'aventure ne s'arrête pas là.

Problème n°1 >>>>>
Alors que je réunis mes dernières forces pour sortir mes affaires du sac et monter mon bivouac, je découvre qu'il me manque le V arrière de ma tente. Putain de biiiiip de biiiiiip sa mère la biiiip de fils de biiiip ! J'ai envie de hurler ! J'ai dû l'oublier au dernier bivouac. Je tourne autour du désastre et fais marcher la boite à cerveau. Je fais le tour du camp et improvise un mât arrière avec des pierres. Ca ne ressemble à rien. "On dirait un cheval qui a raté une haie. On vous abattrait sur un champ de courses." (François Pignon alias Jacques Villeret dans Diner de Cons). Je suis trop fatigué pour essayer de faire mieux. Je prie pour qu'il ne pleuve pas trop et que le vent ne se lève pas. Sinon cela pourrait être la journée la plus longue de ma vie...

Problème n°2 >>>>>
Pas d'eau. Nos réserves sont quasiment épuisées et on n'a pas croisé un ruisseau de la journée. On est restés sur les crêtes. Le pire c'est qu'on n'en a même pas vu pendant la marche malgré la vue dégagée. Julien suggère qu'on descende en hors-sentier le long de la face Nord. Piia est d'accord. Moi, je suis mort, je ne sais pas combien de temps on va mettre à trouver, mais je les suis. J'ai fait les 3/4 de la journée au mental, je peux bien faire le reste. Au point où j'en suis... Nous ferons l'aller/retour en 1h30 de mémoire sans difficulté particulière à part la pente bien raide. Piia porte les 6L d'eau à elle toute seule. Oui, Julien et moi sommes des mecs très galants... En réalité, c'est elle qui a insisté. Une vraie guerrière... Elle n'est pas plus haute que 3 pommes, ne pèse pas plus lourd qu'un merle mais elle est énergique comme une pile Duracell, trace comme un isard et a un mental dur comme du marbre. C'est son caractère, elle a été élevée un peu comme ça. Respect, madame !

Les abris montés, les bidons remplis, le ventre plein, on papote tranquillement en matant le paysage. Enfin tranquillement façon Alaska, c'est à dire habillé de partout y compris les chaussures (n'oublions les ampoules et les 10h de marche... avec en plus un filet sur la tronche et du produit sur la peau restante parce que 300 000 enfoirés de moustiques se croient à Ibiza ! Rapidement, Piia migre sous la tente. Julien et moi continuons à discuter, en français du coup. Rapidement, les sujets et les heures s'enchainent comme des perles. Je découvre un peu Julien, une sorte de fou mélangé avec un sage, fruit d'un passé très fort. Oui je sais le mélange n'est pas possible mais pourtant c'est ce que je vois en lui. Fou parce qu'il ne conçoit pas sa vie à plus de 200 km du cercle arctique et sage car son esprit suit une logique très structurée. Avec lui, il y a le noir, le blanc ou l'indifférence mais pas le gris. Ses idées sont tranchées alors qu'en ce moment, rien n'a jamais été aussi flou dans ma vie. Bref, c'est un gars atypique et c'est exactement ce genre de personnes que je voulais rencontrer dans mon voyage. Je lui fais part de mon histoire, de mes peurs, de mes envies... J'ai tellement envie de sortir tout ça que l'exercice n'est pas difficile et je blablatte comme une ado accrochée à son portable. On crache volontiers ensemble sur certaines mentalités hors d'âge que l'on peut encore trouver chez nous en Europe et plus particulièrement en France. Comme le soleil ne nous arrête pas, l'heure s'en charge. Je me couche à 1h, éreinté mais satisfait de cette journée. J'aurais tué pour une bonne bouteille d'armagnac...

Nous levons le camp relativement tôt le lendemain matin. J'en chie de plus belle mais la journée sera courte. Nous continuons de faire le tour des crêtes puis redescendons à la voiture. Un deal se pose à moi. Est-ce que je dors près du parking et remonte chercher mon arceau de tente manquant demain ou est-ce que je rentre avec eux et reviens en stop demain ? Je choisis la deuxième solution.

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

"Très souvent, c’est quand nous croyons essuyer un échec que nous remportons notre plus grande victoire." (Françoise Gourdon)

Le lendemain, alors que les deux loustics sont déjà partis bosser, je me réveille après une petite grasse mat. Je rejoins la route et tends le pouce. Mission : retrouver ce petit arceau pour récupérer ma tente à 350€ boules ! J’en ai presque honte. Je me sens con dans ces moments là. J’ai l’impression que ça n’arrive qu’à moi. Je suis maladroit. Je le suis dans la vie de tous les jours, avec mon corps, mon esprit ou mes mots. Être agile me demande une concentration et une énergie que je n’arrive pas à mettre. J’y préfère le rêve et le vide.

Pas une bagnole aujourd'hui. Il me faudra 2h30 avant qu'une jolie blonde s'arrête. "Vous n'êtes pas armé ?" me demande-t-elle. "Non, je suis français. J'ai bien un couteau mais nous nous en servons uniquement pour couper du fromage..." Elle sourit, j'ai fait mouche.

Comme elle repart sur Fairbanks le soir, ma destination, elle propose de me ramener. Une occasion en or comme ça ne se refuse pas, surtout en si bonne compagnie. C'est donc à vive allure que je pars en quête. Très essoufflé dans la grimpette, je continue à balle, ce qui ne veut pas dire que je vais vite, juste que j'en chie. lol Il faut absolument que je sois revenu dans 5h. La pluie débarque. Un déluge. Je suis trempé en 10 min. Ma veste imper est vraiment de la grosse daube sur laquelle on aurait déposé des excrément tous frais. Grrrrrr. Le ciel dégage au moment où j'arrive sur zone. Problème : Comment trouver un V noir de 30 cm en pleine nature ? Comme nous sommes de bons randonneurs wink , et que le terrain s'y prête bien, je ne trouve aucune trace du bivouac. Je tourne en rond pendant 20 min. Il me faut un repère pour réduire le rayon des recherches car sinon j'y serai encore pendant une semaine. Quoi comme repère ? Tout se ressemble. Alors que je plonge mes mains dans les poches pour réfléchir, je touche mon APN. C'est alors que la petite ampoule au-dessus de ma tête s'allume. Mais oui ! J'ai pris des photos du bivouac. Avec les angles différents, je devrais pouvoir retrouver l'emplacement exact du bivouac. "En voilà une idée qu'elle est bonne !" (Coluche). 3 min après je suis sur le lieu du campement et je trouve le graal en contre-bas. Victoire !

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Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Aaaaah Natasha…

« J’ai rien prévu pour demain…
Mais c’est déjà bien d’y penser…
Et je pense que demain matin…
J’aurai du mal à me lever… »
(Tryo, extrait de J’ai rien prévu pour demain, Album Mamagubida, 1998)

C’est tout ce qui me vient là tout de suite entre deux nuages de fumée. C’est con qu’on soit en été car j’aurais bien maté les étoiles en même temps. C’est super confo l’herbe dis donc, je n’ai pas mal au dos du tout et j’ai une énorme flemme de bouger. Dave, t’es tombé du ciel avec ton thé. Je suis bien. Il fait 28°C aujourd’hui à Fairbanks. Tout le monde sue. Les chiens en chient grave. Z’ont pas l’habitude tous ces êtres du froid. Moi je suis à l’ombre avec une petite bouteille de coca pour contrer les effets du thé qui rend la bouche sèche.

Je suis cramé. Ce weekend fut physiquement rude. Julien et Piia sont de vraies chèvres de montagne. Ils ont pompé toute l’énergie que j’avais. Les pompes de ranger ont fait le reste. Je vais rester dans cette auberge quelques jours avant de reprendre la route. Pas de marche et surtout pas de moustiques… Ca me permettra de faire ma lessive, de manger des légumes et de prendre une douche. Je n’ai rien de prévu et pour la première fois de ma vie, je m’en fous. Par contre, l’autre effet du thé c’est la faim. Fait chier j’étais bien là. Faut que je bouge. 5 min encore. J’ai envie de pisser. Fait chier j’étais bien là. Faut que je bouge. Je l’ai déjà dit non ? Allez encore 5 min et je me lève. Zzzzzzz…

C’est mon estomac qui aura le dernier mot. Je m’extrais du sol dans une violence proche d’un attentat à la bombe dans une école maternelle à Bagdad. « Le monde est bien bas » aurait dit mon grand-père. Alors que c’est en zombie, le froc à moitié dehors et la trace de l’herbe sur la joue, que j’entre dans la cuisine de l’auberge pour vider mes provisions du frigo, elle est là… 1,70, une petite tête ronde éclairé par des yeux marrons en amande, le teint naturellement halé, de jolis cheveux longs… Bref, un joyau tombé directement du ciel avec des ailes d’ange pour venir embellir ce monde… J’en perds mon anglais pendant quelques secondes comme si j’étais dans un état second. Jonah Lomu a dû me planquer sans que je m’en rende compte parce que je suis KO. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je n’ai pas touché ou même regardé une femme depuis presque 7 ans et là je me sens tout drôle. Et puis pourquoi c’est toujours au moment où t’es le moins, disons, disposé que ce genre de choses arrive ?

Au bout d’une minute, je reprends le dessus. Je prépare ma bouffe en vitesse. Je m’assoie et je tape la causette au groupe. Rapidement, je pose quelques questions à ma belle et on finit par s’extraire du groupe pour papoter. Elle est encore plus belle de près. Elle illumine la pièce. Elle s’appelle Natasha, elle est danoise d’un père d’origine de Hong Kong d’où ce métissage à désaper un curé. « Je pars demain matin tôt. On a loué une voiture à 4 et on part vers le parc Denali. » Merde putain, je vais vers le Canada moi. Tant pis, c’était cool. Je retourne sous ma tente avec un sourire de môme sur la tronche. Je suis bien.

7h. Je déteste les réveils mais là c’est pour la bonne cause. Avant de m’endormir, j’ai décidé de revoir Natasha avant qu’elle parte. Je donne tout pour sortir de ma couette. Je ne suis vraiment pas du matin. Elle est assise sur le banc en bois devant la porte d’entrée avec un bouquin dans les mains. Elle porte un jogging banal et s’est attaché les cheveux. Elle est encore plus belle comme ça. Je m’assois.
- Qu’est-ce que tu lis ?
- Hey, je ne pensais pas te voir ce matin. On s’était dit aurevoir hier soir.
- Je sais mais je n’avais plus sommeil (mensonge) donc je me suis levé plus tôt. Je ne pensais pas te voir non plus (mensonge), vous n’êtes pas encore partis ?
- Non, j’attends les garçons. Ce n’est pas les filles qui sont censées être longues le matin ?
- Ils doivent se faire beaux pour toi, ça prend du temps.
- Non je crois qu’ils sont gays. Ils se font peut-être beaux pour toi.
- Qui sait ? Mais ils partent avec toi, pas avec moi.
- Vrai.
- Tu n’as pas répondu à ma question.
- Quelle question ?
- Qu’est-ce que tu lis ?

Alors qu’on commence parler d’un peu de tout, les israéliens débarquent et le danois surgit derrière. Ca annonce la fin. « Tu viendras me voir après avoir vu tes pingouins ? J’aurai fini mon année à Hong Kong. ». Ne me tente pas, je suis assez stupide pour te prendre au mot, même si c’est dans un an. Je me connais trop bien. Dans le genre enflammade, je suis champion olympique. Ca m’a coûté 7 ans, 30 kg et 5 addictions. « Calme toi Georges-André, calme toi… » (Elie Semoun).

Il ne s’est rien passé entre nous mais quelque chose s’est passé en moi. Ca fait 7 ans que je me dis que je suis mieux tout seul et qu’il faut être sacrément stupide pour aller essayer de régler des problèmes de ocuple qu’on aurait jamais eu tout seul. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de penser ça. Je vois des bisounours et des papillons autour de moi. Je vois Natasha habillée d’une robe blanche qui court au ralenti dans un champ de coquelicots. Putain je suis complètement envoûtée. Je souris.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Toi, ma belle étoile…

Ca caille un congélo. Evitons les banalités. Ca caille un congélo quand on est en tee-shirt. Mouais toujours une banalité. Ca caille un congélo mais si on s’active à soulever de la bidoche, même en tee-shirt, on n’a pas froid. Ah voilà c’est toujours une banalité mais il y a un message derrière. Tout est une question de point de vue. Je me rends compte que je suis toujours pessimiste. Ca me permet de ne jamais être déçu puisque je m’attends à ce que rien ne fonctionne. Par contre, ça rend ma vie grise, sans goût. C’est une protection je suppose, une sorte barrière qui tente de me complaire dans la négativité. Le problème c’est que la négativité attire la négativité. Vous ne vous êtes jamais rendu compte que les galères s’accumulent toujours en même temps ? Que c’est toujours quand t’es crevé que quelque chose vous gêne pour passer ? Que c’est toujours quand vous avez la dalle que le magasin est fermé ? La loi de l’emmerdement maximum est tellement visible quand on voyage que ça en devient presque drôle. C’est un cercle vicieux dans lequel on ne veut pas tomber. C’est malheureusement si facile d’y sombrer. C’est fou ce à quoi on peut penser dans un congélo… Y’a que le stop pour se retrouver dans un congélo. J’adore le stop.

Alors que je sors de ma prison de glace avec mon petit chariot chargé de plusieurs dizaines de kg de viande, je continue à penser. C’est extrêmement positif tout ce qui se passe en ce moment dans ma vie. Comment je pourrais être pessimiste maintenant ? Ce serait stupide. Pourtant je le suis encore. Difficile de briser ses réflexes. Pensée positive. Tu penses au verre à moitié plein. Tu vois la lumière et tourne le dos à l’ombre. Pensée positive. Pensée positive. Pensée positive. Je suis où là ? Ah oui en Alaska. C’est beau l’Alaska. Bzzzz. C’est grand, c’est bzzzzz sauvage, c’est pur bzzzzz. J’aime bzzzz bien les bzzzzz ours et les élans bzzzzz. C’est cool de pouvoir les approcher de p… Putain de moustiques de merde !! Non non… Pensée positive bzzzzz. Pensée bzzzz positive. Bzzzzz.

Je rejoins Christine. C’est elle qui m’a pris en stop. Comme je n’avais plus rien de prévu en Alaska, j’ai pris la route du Canada. J’en ai pour 600 bornes. Je vous parle de Christine parce que ce qu’elle m’a dit m’a marqué. C’est une ancienne hippie de 60 ans un peu perchée qui vit tranquille avec 39 chiens. Normal, on est en Alaska. Il y avait si peu de bagnoles que je m’étais mis à douter que quelqu’un s’arrêterait. Pourtant un pick-up s’est arrêté, celui de Christine. . Pourquoi elle s’est arrêtée ? Elle n’était pas dans le bon sens. Elle a fait demi-tour pour se mettre à ma hauteur et dans le bon sens pour me dire. « Si tu n’as pas peur des chiens, tu peux partager la place avec elle. Elle ne mord pas dans la plupart des cas. » Effectivement, y’a un gros husky sur le siège passager. Ca me va, j’aime bien les chiens. J’ai toujours eu un truc avec les mammifères. Je les aime tellement qu’ils doivent le sentir et me faire confiance. Je commençais la lutte gréco-romaine avec Snowy pour gagner de la surface pour mes fesses quand Christine s’est mis à papoter comme quelqu’un qui n’avait pas parlé à un humain depuis un long moment. Avec la chienne, comme un accord, on a décidé que le mieux était que je m’asseye sur le siège et qu’elle s’asseye sur moi. C’est lourd un husky. J’ai protégé mes balloches au cas où elle poserait une patte un peu lourde dessus et en ferait péter une. Après plusieurs minutes, Christine m’a montré une petite carte qui se trouvait sur le rétroviseur. Y’avait un bouddha dessus et plein de couleurs. « Je t’ai vu mais je n’avais pas prévu de te prendre car il n’y avait pas de place avec le chien. A peine je t’ai dépassé, la carte est tombée. J’ai compris qu’il fallait que je fasse demi-tour. Il y a une bonne étoile qui veille sur toi mon gars… » Pfff mais bien sûr. Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu… J’ai envie de rire tellement cela me parait absurde.

En même temps, si c’était vrai ? Enfin, on ne pourra peut-être jamais le prouver scientifiquement mais après tout il suffirait d’y croire pour que ça arrive non ? Si on savait qu’une bonne étoile nous protégeait, la vie ne serait-elle pas plus belle ? C’est dur pour moi d’y croire. Va falloir plus pour que j’y crois. Ca impliquerait que je ne me base plus uniquement sur des concepts cartésiens prouvés scientifiquement pour croire en quelque chose. On appelle ça de la spiritualité non ? Qu’est-ce que ça m’apporterait ? Ca m’aiderait à y voir plus clair ?

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

L’habit et le moine…

Je salive. Ce soir, je suis invité à manger chez une nana qui m’a pris en stop. On a parlé cuisine pendant tout le trajet retour sur Fairbanks. Elle adore cuisiner soi-disant mais elle n’aurait pas l’occasion de le faire. Bon, je veux bien jouer les cobayes. Je résiste à la tentation de fantasmer sur ce repas. J’imagine un magret de canard au barbecue avec une sauce crème fraîche, moutarde à l’ancienne et miel dont le gras a été récupéré pour faire revenir les patates et les cèpes dans un petit nuage d’ail et de persil… La probabilité d’avoir ce repas est proche de nul donc je ne sais pas pourquoi je laisse mon esprit partir. Ca fait du bien. On dirait que ma mère me manque déjà, ou alors j’ai déjà perdu beaucoup de poids.

Je suis assis sur une sorte de bite en béton. Il fait très chaud aujourd’hui. Le panneau numérique à l’entrée du campus indique 84°F. L’abri bus me fait un peu d’ombre. Ca fait du bien.
- Tiens bois un peu d’eau.
- Non merci c’est gentil.
- Il fait chaud aujourd’hui, tu dois d’hydrater. C’est quand la dernière fois que tu as bu ?
- J’en sais rien, il y a 2 heures peut-être.
- Tu vas faire un malaise si tu ne bois pas et dans ta situation ça pourrait t’être fatal.

Mais de quoi elle me parle elle ? Quelle situation ? Je n’ai pas 90 ans, je devrais pouvoir tenir en ville à une pseudo canicule. Putain me casse pas les couilles, reprends ton pick-up de merde et vas voir ailleurs si j’y suis ! Ca c’est que je pense, vous l’aurez compris. Dans les faits, je suis bien éduqué. J’insiste poliment sur le fait que tout va bien et elle finit par me lâcher.

C’est là que je comprends. La vitrine du salon de coiffure en face renvoie mon reflet. Je porte toujours les mêmes fringues, un pantalon Fjällraven en polycoton marron et un tee-shirt mix merinos et polyester à manches longues. C’est ça de voyager léger et j’y accommode parfaitement. Je ne me pose même plus la question du coup le matin. Ca fait un mois que je les porte non stop. Le tee-shirt a des petits trous un peu partout et il boulloche surtout au niveau des épaules. Sa couleur grise, son aspect gratté et la détente du tissu le rendent crado. Mon pantalon marron, mes cheveux et ma barbe de 4 mois complètent parfaitement la panoplie du SDF. For God’s sake mais bien sûr ! Elle m’a pris pour un gars de la rue !

Au moins on ne viendra pas me casser les couilles pour me vendre un truc. Ouais mais on ne me prendra pas en stop non plus ! Bon c’est décidé demain je viens dans ce même salon et je fais un petit ménage du poil. Chouette, avec tous mes cheveux et ma barbe, je devrais gagner un bon 100 g…

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… Clap !

Encore, encore, encore !!

Le stop, c’est aussi des heures d’attente, seul, avec soi-même. Ce temps me permet de faire le point sur le début de cette aventure. Que j'aime cette vie nomade ! Une vie simple, pleine de rencontres, de paysages, de découvertes, d'angoisses, de joie, de sueur... Je me sens tellement vivant ! Je tends le pouce pour me déplacer, campe pour dormir, mange des conserves froides pour me nourrir. J'ai parfois soif, souvent faim mais que c'est bon... Je retrouve aussi les fondamentaux dans le plaisir de manger un repas chaud, prendre une douche et mettre des vêtements propres après plusieurs jours de vadrouille. J'avais oublié tout ça. La condition physique n'est pas encore au rendez-vous mais elle s'améliore de jour en jour. L'Alaska est douée pour cela. C'est une terre vraiment particulière, tellement grande, tellement sauvage, tellement belle et hostile à la fois, un mix entre Paradis et Enfer. Il faut parfois lutter pour boire une bière avec Saint Pierre. .. Je dis merci à la vie de m’avoir permis d’être là, sincèrement. Je continue. Si tout ce voyage est comme ça, ça va être un truc de malade !! Putain j’ai hâte. Voiture ! Voiture ! Vite je veux la suite…

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Dernière modification par Ontheroad33 (01-05-2014 17:45:17)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#5 16-11-2012 18:29:05

Ontheroad33
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

CANADA : Grand comme un continent...
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Le passage de frontière est assez drôle. La nana qui me prend en stop me dit qu'elle va me déposer avant la frontière car, la dernière fois, avec un pote, elle avait eu des problèmes. Les gentils messieurs les avaient harcelés de questions. Ils avaient failli de faire refouler. Comme il n'y a rien avant à part Chicken, une bourgade peuplée de 3 personnes en hiver (chiffres véridiques !), elle a pitié de moi, d'autant plus qu'en la frontière et la première ville, il n'y a rien et les voitures sont assez espacées dans le temps. On tente le coup. Officiellement, on s'arrange pour dire que je suis un pote qui est venu lui rendre visite et qu'on veut aller se balader dans le Yukon. Là commence l'interrogatoire. Comme je suis à l'autre bout de la voiture, que j'entends rien à travers la fenêtre à moitié ouverte et que je ne maitrise toujours pas la langue, l'entretien donne un truc comme ça :
Ranger : Bonjour. Vous allez où ?
Moi : Je suis français.
Ranger : Vous allez rester combien de temps ?
Moi : Il y a 3 semaines environ.
Ranger : Quand est votre avion de retour ?
Moi : Rien à signaler dans mon sac.
Ranger : Première fois au Canada ?
Moi : Je dois avoir 20$ sur moi tout au plus.
Ranger : Ok je vais tamponner votre passeport. Bon voyage.
Moi : Merci.
Dialogue de sourds... lol Je comprends tout à côté et il ne comprend que quelques uns de mes mots. La ricaine est pliée de rire. Moi, j'essaie de le cacher. Elle qui pensait que ce serait compliqué... J'oublie même de lui mentionner que j'ai une bombe anti-ours... Ca faisait 6h que je discutais avec l'alaskane et je n'ai pas pipé 3 mots à ce que le gars me disait. L'accent peut-être...

Dawson City, la soif de l'or...

J'arrive à Dawson City, ville qui a connu son apogée à l'époque de la ruée vers l'eau autour de 1900. Ils ont tout gardé du style. Les routes sont en terre, bien larges, les habitations en bois peint avec un petit balcon à l'étage et les saloons présentent des portes battantes. Il y a même parfois de quoi attacher son cheval. Bref, on est au Far West ! Quand je rentre dans les baraques, je m'attends à voir des cowboys buvant du sky en machouillant du tabac. Je me balade un peu. J'adore l'ambiance et le décor. Je m'installe au camping à l'extérieur de la ville. Le soir, je fais le point sur mon pognon. Il me reste 18$ US que je peux utiliser encore ici bien qu'on soit au Canada. Comme je n'ai pas fait de gros écarts encore depuis le début, je décide d'aller faire la tour des bars. Enfin, avec ça, je ne vais pas aller très loin dans ce trou perdu.

Je rentre dans un bar aux portes battantes. Tout est en bois. Des portraits de légendes de la musique ont été peints sur les murs tels que Bob Marley, B.B King, Eric Clapton ou Jimmy Hendrix. Je sens que je vais bien m'y plaire. Je commande une bière et je commence à écrire une jolie lettre pour un couple de très bons amis qui se marient bientôt. Vite tombée, je demande à la jolie barmade australienne si elle ne connaît pas une bière sympa. Une voix à ma gauche m'interpelle : "Tu peux essayer la Gold, c'est une bière locale fabriquée au Yukon, mec...". Je me retourne et vois un indien au bout du bar. Il est obèse, peu en beauté, les cheveux gras, des gros doigts boudinés et sales, habillé en ouech ma gueule (casquette sur le côté, grosse chaîne en argent, baggy...). Là, voyant le tableau et irrité qu'un mec intervienne alors que je discute avec madame, mon premier réflexe est de répondre "Je t'emmerde !" mais, un quart de seconde avant de l'envoyer chier, je change d'avis et lui dis : "Ok cool merci. T'en veux une ?" C'est vrai quoi, je suis là pour changer de vie et rencontrer de nouvelles têtes donc c'est une bonne occase. Il répond positivement à mon invit et se rapproche. Je sens le tabouret grincer sous son poids. Il doit faire plus de 150 kg le gonz. C'est très impressionnant de près. On commence à papoter. Je ne sais pas encore que cette rencontre va marquer mon voyage...

Il s'appelle Johnny. Il habite habituellement Whitehorse, capitale du Yukon, mais il est venu chercher du taf dans les mines d'or pour mettre de l'argent de côté pour un projet. Cool. Les sujets basiques autour de la météo et du tourisme suffisent à faire tomber la bière. 3 bières (2+1) + pourboire = 18$. "Bon allez je me casse. C'était cool de faire ta connaissance. Bonne chance." "Attends mec. A mon tour de t'offrir une bière." Comment refuser ? Je l'aime bien cette bière et le gars est cool. On parle alors de nos projets. Le sien est de monter un studio d'enregistrement de hip hop à Whitehorse pour les jeunes artistes. Pourquoi pas ? Il me demande si je connais le hip hop. Pfff bien sûr que je connais. Genre ce gars là... Non ? Ah c'est du rap d'accord. Et lui là... Non plus ? Ragga machin bidule ? Ok bon. Lui là je suis sûr. Toujours pas ? Bon ben dis moi alors si t'es si malin ! Alors que je m'attends à une vieille bouz, le gars me sort toute l'histoire du hip hop, de ses débuts dans le Bronx dans les années 70 jusqu'à son mélange actuel avec plusieurs styles, en passant par son impact socio-culturel très fort sur les classes populaires nord-américaines. Putain, je suis sur le cul. Ce gars, que je prenais pour le dernier des tebés, est une encyclopédie vivante version hip hop. Ce n'était pas un truc qui me branchait vraiment mais l'entendre parler de sa passion attise ma curiosité. Je boie ses paroles comme ma binouse. Une fois terminée, je me lève à nouveau, remercie mon pote et me prépare à bouger. "Attends mon pote, t'es pressé ? Reste encore un peu, je te remets une bière." Je commence à me sentir bien. On commence à parler des indiens du Canada, leur manière de vivre, leur place dans la société. Franchement, avant d'y aller, je ne savais même pas qu'il y en avait des indiens ici. Johnny est choqué. Ben quoi, tout ce que je connais du Canada, c'est des sportifs ou des séries TV et ya pas d'indiens. Je découvre alors le clivage indien/blanc qui existe au Canada. Avec un peu d'alcool dans le sens, on a la critique facile. Le sujet est profond, j'aime bien. A la 7° bière, je ne me souviens plus des sujets et j'arrête de compter. Je me rappelle juste avoir changer de bar au moins une fois, d'être rentré dans un bar en faisant claquer les portes pour que tout le monde me regarde et d'avoir dit avec une voix de trappeur : "What's up dudes ?". Barre de rire. Je me rappelle aussi avoir chanté avec une bande de bûcherons dont la carrure me faisait passer pour une brindille et leur voix pour un castré. Alors que j'arrive à sortir une blague en anglais qui attire les rires rauques de ces grands gaillards, une paluche énorme et caleuse s'éclate sur un de mes omoplates, façon amicale pour un rustre de te montrer sa sympathie. Je suis bourré mais ça brûle putain... lol Johnny continue à m'arroser d'alcool et de clopes. Il me fait goûter des shots et 2 ou 3 Caesars. Je finis par lui demander pourquoi il fait tout ça alors qu'il n'a pas de tunes. Ca devient gênant. Il m'explique qu'il croit au Karma et qu'il espère qu'un jour, quelqu'un l'accueillera dans un pays étranger comme il m'a accueilli. Il ajoute qu'au Canada beaucoup pensent à la théorie de la chaîne. Si quelqu'un est sympa avec moi, je suis sympa avec quelqu'un. Et ce quelqu'un le sera alors avec quelqu'un d'autre, et ainsi de suite. Au final, tout le monde est sympa avec toute le monde. Pas con. Et je n'ai jamais rencontré de gens aussi chaleureux qu'au Canada. Il développe un peu sa philosophie de vie. Je suis à nouveau scotché. Ce mec a des valeurs et me donne une vraie leçon de vie. Je me sens vraiment très con de l'avoir jugé avant de le connaître. Je suis content de l'avoir rencontré et je passe une putain de bonne soirée ! big_smile

Plus tôt dans la journée, j'avais élaboré ma stratégie du lendemain pour aller à Tombstone. Comme il n'y a qu'une route goudronnée qui sort de la ville et que la première ville est Whitehorse à 500 km au Sud-Est, je présume que les gens vont partir tôt le matin pour arriver en fin d'aprem. Je prévoyais donc de me lever à l'aube pour profiter de ce flux, même si je n'ai que 40 km à parcourir avant de bifurquer vers le Nord sur la Dempster Highway, piste en terre qui monte jusqu'à Inuvik, seule ville au-dessus du cercle arctique accessible en voiture. Avec la rencontre de Johnny, mes plans me sont, dirons-nous, sortis de la tête...

Je ne me souviens pas à quelle heure je suis rentré, ni comment je suis parvenu jusqu'au camping à 2 km. Je me réveille le matin car j'ai froid au cul. Les yeux collés et embués, je me redresse un peu. Un filet de bave me relie encore au sol et le soleil m'aggresse. Je comprends mieux. J'étais tellement rond comme une queue de pelle hier qu'à peine la tente ouverte, je me suis effondré de face à plat ventre sur le matelas sans prendre la peine de rentrer le reste de mon corps. J'ai donc la tête et les épaules dans la tente et les guiboles à l'extérieur. Les gens qui quittent le camping me sourient. Je regarde ma montre. Il est 11h31. Et merde...

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Tombstone Provincial Park, ou comment aimer la pluie...

Je tends le pouce pour ce parc sans trop savoir à quoi m'attendre. Comme tous les touristes sont partis, je galère. Les gens qui me prennent en stop sont des ouvriers dans les mines. J'avance donc à saut de puce. Au bout d'une longue attente dans la poussière, un pick-up avec une énorme caravane s'arrête. C'est un indien avec une moustache, des lunettes de soleil et une casquette. Je galère pour comprendre mais j'y parviens. Ce brave homme vient de terminer une boulot de 3 mois et, pour fêter ça, il est venu boire pendant une semaine. Cool, un compère qui me sauve la mise... big_smile Il me lâche au début de la Dempster Higway. Pas une bagnole passera pendant 1 bonne heure... Une voiture venant de l'autre sens s'arrête à ma hauteur. "Où tu vas ? Tu n'as pas de voiture ?" 3 madames jeunes retraités semblent interloquées par ma présence ici. Je raconte mon histoire. "On peut te prendre en photo ?" Heeeuuu oui mais je ne vois pas trop l'intér... Click. "Bonne chance !"

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Il flotte, des trombes d'eau. Je décide de décaler ma rando d'une journée. Je glande dans la pièce commune du camping et fais connaissance avec tout le monde. A coup de papotages, jeux de cartes, présentation des insectes du Yukon par des scientifiques, la journée file. Le lendemain, je rejoinds le départ et commence à marcher. La pluie ne s'est pas beaucoup ralentie. La première étape est censée faire environ 8h. J'en mettrai 4h30. Les canadiens sont-ils prudents ou ma condition physique est bien meilleure ? En fait, c'est les deux. Je me sens bien. Mon coeur n'explose plus autant et mes jambes tiennent bon. Toujours ce foutu mal au bassin... Il ne fait vraiment pas beau. La vue est bouchée. Je double un couple de tchèques mulets et super sympas avec qui je tracerai les jours suivants. Je crois les doigts pour que demain soit ensoleillé. En attendant, bivouac et papotage à Grizzly Lake. Il y a du monde sur ce campground dis donc. Je parfais mon accent québécois.

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Je suis réveillé par des ground squirrels qui viennent gratter ma tente à la recherche de je ne sais quoi car toute ma bouffe est dans les coffres à 100m de là. Je comprends que ma nuit est terminée car ces bestioles sont encore plus bêtes que mon chat. Il y a encore du brouillard. Et merde. Je rassemble mes affaires, avale un petit déj et commence la marche. Les tchèques sont partis avant moi mais je les rattrape rapidement. C'est une bonne grimpette qui nous attend. C'est là que je comprends que ma condition s'est nettement améliorée. Je ne m'arrête qu'une fois. J'arrive fatigué en haut mais pas à bout. Je lâche un sourire. Ca y est, le calvaire est terminé. Arrivé au col, la vue est spendide et les nuages se dissipent un peu laissant place à un horizon dégagé. La descente a l'air folklo. C'est très raide et le sol n'est qu'un tas de gravillons ou de petits cailloux. Alors que mes compères amorcent la descente prudemment, c'est à pleine balle que je descends avec un style mix course-marche-glissade. Je trace, je dérape, je saute... Quel pied ! C'est la première fois que je fais ça sur une distance aussi longue. Merci au petit sac. Les tchèques font respectivement 45 et 60 kg et leur sac doit faire dans les 25 kg (alors qu'ils se déplacement en voiture...) donc forcément ils ne peuvent pas trop d'amuser à gambader comme un lapin. On arrive rapidement au second lac, le Divide Lake. Le soleil montre son nez, c'est très agréable. On arrive ensuite à Talus Lake après avoir perdu maintes fois le sentier. Bouah c'est de la toundra donc tout droit ça passe... Il fait super beau maintenant, doux et pas un moustique ! Je mets tout à sécher, garde juste le calebute car madame n'est pas loin et m'allonge le banc de bois avec un fond de John Lee Hooker que mon téléphone avait en mémoire... Aaaaah, que c'est bon... Le froid me réveille. Les nuages ont débarqué, le vent se lève et les premières gouttes d'eau glaciale me dressent les tétons. Trasos a la tienda ! Merci la vie pour cette parenthèse.

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Le chemin du retour fut très chiant. Déjà, je n'aime pas refaire le même chemin dans l'autre sens. Je voulais me tenter un hors sentier mais je n'ai pas voulu acheté une nouvelle carte hors de prix et le temps était pourave. Sur le retour, il a plu presque tout le temps. Le pire moment fut la remontée au col. C'est là qu'il a plu le plus et, autant descendre en courant dans les graviers c'est drôle, autant remonter sous la pluie une pente super raide avec des petits cailloux c'est horrible ! Je pose un pied, je descends de 2. C'est éreintant ! Les tchèques ne semblent pas autant gênés que moi avec leurs bâtons... On profite d'un rayon de soleil dans la dernière partie pour faire une pose chocolat. Il pleuvra ensuite des trombes d'eau. Le retour dans les bois finiront de nous tremper. Je retourne au camping essayer de faire sécher tout ça. Je n'ai plus rien à manger depuis ce matin et aucune possibilité de me ravitailler. J'ai une dalle monumentale. Avec l'humidité et la fatigue, j'ai froid. Ca ira mieux demain.

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Inuvik, au bout du monde...

Le lendemain matin, le ciel est complètement bouché et tout est détrempé. Je sors du camping pour faire du stop. Là, une idée m'envahit. Je la chasse de mon esprit mais elle persistait. Et si j'allais au Nord à Inuvik ? L'appel du Nord... Le Nord m'a toujours fasciné, une sorte de fantasme de la pureté, de la beauté et de la liberté. C'est là, tout près. C'est une super occase d'aller voir au-delà du cercle arctique. Il y a au moins 600 bornes de piste, je n'ai plus rien à manger, j'ai froid, je suis fatigué et pas une bagnole va monter car j'ai entendu les gens râler à cause de la fermeture jusqu'à nouvel ordre des ferries qui font traverser les deux fleuves. Avec tout ce qu'il a plu depuis une semaine, les cours d'eau auraient gonflé de 6m et la route se serait effondrée à plusieurs endroits. Pour le moment, il est impossible d'accéder à Inuvik par la terre. Bref, si je tente, je vais sans doute galérer. Malgré ça, je jette les dés de la fatalité. Je fais du stop jusqu'à midi et si personne ne me prend, je traverse la route et pars dans l'autre sens. Les minutes puis les heures passent. Je regarde ma montre. Il est 11h51. Alors que je me résigne, un camping-car arrive. Je tends le pouce sans réel espoir mais le CC s'arrête. "On essaie d'aller à Inuvik. Tu es le bienvenu mais on n'a pas de places avec une ceinture de sécurité." "Pas de souci mes amis..."

La chance a voulu que Bob et Janet soient sur mon chemin. Ce sont des gens formidables et je me mords encore les doigts d'avoir perdu leurs coordonnées. La piste est détrempée mais le CC tient bien la route. On ne dépasse pas le 50 km/h. Au bout de 2h de route, assis en position semi-allongée sur la banquette à l'arrière, je finis par m'effondrer de fatigue. La boue s'accumule à l'arrière du bahut pour former une énorme croûte qui occulte la lumière des fenêtres arrière. Bob et Janet souhaitent passer la nuit à Eagle Plains, à mi-chemin. Ce n'est pas une ville, ni même un village mais juste un camping-motel-resto-station service, une sorte de relais des temps modernes. A mon grand regret, aucune épicerie. J'ai toujours faim. Mon estomac vide gargouille en permanence et me tiraille. Janet qui a attendu le message de mon ventre me propose un petit sandwich. Je le dévore. Ca me soulage 1h puis la faim me reprend au bide. J'essaie de penser à autre chose mais c'est maintenant tout mon corps qui attend la prochaine assiette.

Je m'installe au camping. Alors que je suis en train de laver ma suspicion de gêne odorante envers Bob et Janet par une douche et une lessive, un déluge s'abat sur ma tente. Le sol étant dur, c'est splash effect assuré. "Heureusement que j'ai laissé mon duvet dans son sac étanche." Alors que je me dis cette phrase dans ma tête depuis la "terrasse" abritée devant les chiottes, je tape la discut avec un cycliste. C'est un français, Tommy de Lyon. Il est parti de Whitehorse et prévoit un voyage jusqu'en Patagonie en 2 ans. Tout ça à vélo ? Chapeau... Il est rentré il y a un an d'un voyage de 3 ans en Océanie et en Asie. Sacré CV. Je profite pleinement de son expérience. On papote un peu en même temps que l'on réalise nos tâches ménagères. On se fait même du troc et des dons. Tommy voyage vraiment super low budget. Il gratte le moindre dollard sur n'importe quoi. Il m'explique comment il fonctionne. Comme on s'attend bien, on va boire une bière et j'en profite pour prendre un petit sandwich. C'est cher mais faut vraiment que je calme cette sensation de faim car sinon je n'arriverai jamais à dormir. Lorsqu'on ressort du bar de routiers juste décoré d'animaux empaillés, je suis pompette. Je suis plus qu'à jeun là donc la bière est monté tout droit taquiner l'éponge de la boite crânienne. Tommy m'offre un bon plat de pâtes épicées qu'il a récupérées gratos quelques heures avant. Merci Tommy, ça soulage. La pluie a cessé et le soleil de minuit perce derrière les fireweeds. Ces fleurs roses en brosse sont les premiers végétaux à sortir après un incendie, d'où leur nom. On discute avec des routiers québécois bourrés. J'ai côtoyé beaucoup de routiers dans mon dernier métier. Déjà, le routier ce n'est pas évident à comprendre en français. Ils ont un langage un peu particulier qui demande quelques temps d'adaptation. C'est un peu comme les gitans que Brad Pitt imite très bien dans Snatch. Ben ce n'est à côté du routier québécois ! Le degré de compréhension étant proportionnelle au degré d'alcool dans le sang de l'émetteur et du récepteur, on met un certain moment avant d'arriver à enchaine quelques phrases... lol Ils nous confirment qu'il est encore impossible d'aller à Inuvik car les ferries sont HS à cause de la montée des eaux. Bon ben on verra demain. Les gars attendent dans ce trou perdu depuis 7 jours ! Et le pire c'est qu'ils ne sont pas payés. Ce n'est pas la France ici... Ils font des allers/retours depuis la ville de Québec située à plus de 7000 km de là ! Métier de fou ! Je suis vanné, je vais me coucher. Avant je prends rdv avec Tommy à Inuvik d'ici quelques jours. Enfin on ne sait pas vraiment quand chacun arrivera mais on se dit qu'on se croisera bien dans le coin. Il est 2h de mat. Putain, faut que je me lève à 5h demain... Pffff

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3 heures de sommeil plus tard, les poches sous les yeux, l'estomac qui recommence à me tirailler, je rejoinds Bob et Janet. Nous recevons déjà la mauvaise nouvelle. Les ferries ne sont toujours pas remis en service et aucune date est avancée. Janet propose d'avancer tout de même un peu pour aller jusqu'au cercle arctique. On n'y arrive rapidement. La piste est dégueulasse et le CC n'adhère pas beaucoup. On prend quelques photos. Il ne fait pas beau mais il ne pleut pas. Bob propose de continuer un peu plus loin. Au bout de quelques km, ils décident de s'arrêter là et de faire demi-tour. Je leur demande de me lâcher au campground que nous venons de dépasser. Je ne veux pas abandonner, je continue. Après de chaleureux aurevoirs, je me retrouve sur le bord de la piste à me faire dévorer par les moustiques. Au bout de 30 min, je vois un CC qui arrive. C'est Bob et Janet ! "On nous a dit que les ferries étaient repartis. Monte vite, on va essayer d'être dans les premiers." Situation un peu cocasse que nous prenons plaisir à commenter et humoriser. Nous arrivons au niveau du premier ferry. Déjà plusieurs dizaines de véhicules attendent. Avec Bob, nous partons chercher des infos. La rumeur était déformée. Une pelleteuse est en train de refaire le ponton avec du gravat et ce n'est pas prêt d'être fini. Va falloir s'armer de patience mais on a une chance de passer dans quelques heures. Le soleil se lève donc j'en profite pour faire sécher tout mon matos. 4 heures plus tard, alors que je lisais un bouquin que m'avait filé Tommy, Bob arrive en courant. "C'est reparti !" On se rend ensuite au second ferry. Bob et Janet décident de ne pas s'arrêter pour la nuit et de tracer jusqu'à Inuvik. Ca me convient très bien. On y parvient à minuit dans une ambiance de finale de coupe du monde 98 alors que le soleil est haut dans le ciel. Ici, il se couche pas du tout en cette période.

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Le lendemain, je cours au supermarché. Je me fais un énorme gueuleton, pot de nutella compris ! Que c'est bon de manger. C'est la première fois que j'ai eu faim, vraiment faim. Je ne parle pas de petit gargoulli qui nous prend à 19h. Non je parle de la faim qui prend au bide puis au corps tout entier et qui rend fou. Depuis que j'ai vécu cette sensation, je comprends tout à fait les récits que j'ai pu lire sur les naufragés qui s'entre-tuent pour se bouffer entre eux. Et pourtant, j'ai quand même mangé un peu pendant cette petite période. Mais la rando et le reste ont bouffé de l'énergie et la faim s'était installé. C'est horrible cette sensation, une vraie souffrance. On n'a tendance à oublier la chance que l'on a de manger à notre faim. Moi je l'avais oublié. Je crois que ce serait bon que tout le monde ressente ça une fois dans sa vie.

Le ventre plein, je fais la connaissance d'autres jeunes qui

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Objectif du jour : trouver un ride ou plusieurs pour Whitehorse. Je suis au bord de la route à l'aube. Un petit ride par un camion me ramène sur la route principale. Tommy est déjà là. Il me dit de m'éloigner car il est "prioritaire". Qu'il est con parfois. Tant pis, on va glander à 20m d'écart. C'est blindé de moustiques putain de merde. Je me mets en mode apiculteur avec la moustiquaire de tête en prime. Pour augmenter mes chances de prise, je décide de me découvrir à chaque passage de bagnole. A chaque fois donc, dès qu'un pare-choc apparaît au loin, j'enlève ma capuche et ma moustiquaire de tête en une demi-seconde pour montrer un large sourire et un pouce joyeux. Heureusement, il n'y a pas non plus 10 000 bagnoles qui passent. Il y a uniquement les camions et quelques voitures qui font des AR entre la ville et la carrière à 10 km. Pas un pelo qui prend la route de Whitehorse. Pas un. L'attente moustiqueuse devient interminable. Au bout de 8h d'attente, je pète une durite. Je décide de changer de technique. Je vais aller prospecter dans le camping en comptant sur ma tchache pour trouver une âme charitable. Alors que je dis aurevoir à Tommy, un pick-up s'arrête. On se comprime pour rentrer. Merci seigneur...

Ce ride est mémorable. C'est ce qui fait que j'aime le stop. Forest Gump dirait "Le stop, c'est comme une boite de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber." Là, le chocolat c'est une petite vieille obèse alaskane, vétéran du Vietnam, fan de Geocaching avec son pick-up débordant de matériel en tout genre qui m'opresse. C'est de pire en pire cette sensation. Quand je rentre dans une maison avec plein de bibelots ou de meubles, j'ai envie de sortir. Ca va finir par devenir un toc ce truc. De toute manière, faut être un peu barré pour kiffer RL... lol Le problème de cette dame est qu'elle est physiquement incapable de se déplacer de plus de 10m sans être essoufflée. Du coup, pour la remercier pour son aide, nous nous chargeons de trouver sans relâche toutes ces foutues boites . Le stop c'est gratuit mais il faut chercher des boites ! Une boite, c'est barre de rires. 3 boîtes, c'est drôle. 8, tu souris encore. A la 15°, Hannibal Lecter est ton nouvel idôle. J'ai cru que j'allais péter un câble. En fait, je ne peux pas la blairer, l'excès de Geocaching mis à part. Elle se croit plus maline que les autres et essaie de te convaincre en se foutant de ta gueule sans retenue. j'ai horreur de ça.

Le pire est l'avant-dernière où je dois l'accompagner faire une marche de 2 km en boucle. 60 marches d'escalier à descendre, 1 km de plat et la même chose dans le sens inverse. Voyant comment elle souffrait entre la pompe à essence et la boutique, je fais tout pour la décourager mais en vain. En courant, je peux lui ramener la boite en quelques minutes mais elle insiste. Nous mettrons exactement 107 minutes pour accomplir ce périple soit une moyenne de 1,12 km/h.


Après quelques heures, le soleil descend lentement devant nous et change le couleur du décor. C'est magique. Tommy branche sa tablette sur les enceintes et nous sort On The Road Again de Canned Heat. Je souris. Je regarde par la fenêtre. La voiture fonce à toute allure sur cette piste de graviers au milieu des sapins et des collines multi-color. Le soleil couchant m'éblouit. Je suis bien...

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Le fleuve Yukon, un long fleuve tranquille...

Arrivé a Whitehorse, le temps d'une nuit, je repars le lendemain. Bercé toute mon enfance par les lectures de Yakari, le petit indien qui parle aux animaux, je decouvre le CUL. Non pas la sexe, le Canoë Ultra Léger... lol Trop facile... Me voilà donc sur la Yukon River vers le Nord, au rythme tres lent d'un canotage approximatif. Les 6 jours de beau temps rendront cette nouvelle experience magique. J'ai pu gouter entre autres a un bivouac sans moustiques sur une plage de galets et un bain dans le lac Laberge. Tellement bon ! Le seul jour de mauvais temps sera meme ponctue de la rencontre d'une ours noir sur la berge, en proie avec un dilemme pour deloger un castor. Belle experience...

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Kluane National Park

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Chilkoot Historical Park

Comme au Yukon, tous les chemins mènent à Whitehorse, me voilà de retour dans cette ville banale mais que j'apprécie assez. Je retends le pouce vers Haines Junction, porte d'entrée du Parc National Kluane. Après une randonnee tres decevante, sentiment fortement accentué par le mauvais temps, j'arrive tant bien que mal à rejoindre Haines en Alaska. Le douanier ne doit pas aimer mon humour. Le temps de quelques amplettes, je prends un ferry pour Skagway. De là, je débute une randonnée archi touristique mais que tout le monde m'a vantée. L'argent que je dois sortir de ma poche pour emprunter ce sentier me fait débuter la rando avec un goût amer, celui du pigeon. Je suis pourtant habitué. Ici, l'accès à la nature est payant. Le soleil m'a fait l'honneur de sa présence et transforme mon amertume en miel. J'ai été ébloui par les paysages. Cela me fait du bien car je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle du Vieux Continent qui me prend la tête. Pour revenir à la civilisation, je prends un train, une pâle copie de l'époque de la ruée vers l'or, encore une fois excessivement cher. Les paysages et la rencontre d'un ours avec son petiot rendront toutefois le voyage agréable.

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Jasper National Park

Encore une fois de retour à Whitehorse, je me dirige maintenant vers les Rocheuses, toujours avec le pouce. J'arrive en sueur à Jasper et prépare une rando de 6 jours dans le Parc National, alors que le thermomètre affiche 34°C.

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Les 2 premiers jours sont chauds et fades. Ils se terminent par des violents orages avec lesquels je dois lutter. Contrairement à ce que je pensais, les nuits sont glaciales (sous la barre de 0°C ou à peine au-dessus). Je n'ai jamais vu une humidité pareille, mon duvet non plus. Les nuits sont longues mais le sommeil cours. Je suis content d'avoir acheté un réchaud à Whitehorse. Même si je l'ai acheté pour des raisons financières, j'ai apprecié son pouvoir réchauffant, que je sous-estimais. Les noodles et le riz instantané sont mes nouveaux amis. Mon budget sourit. Le 5° jour, une averse de neige confirme bien ce que je pensais : il a bien neigé sur les sommets environnants cette nuit.

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Calgary - Frontière américaine

Au retour, je fais de belles rencontres et je termine mes rides à Calgary, à une poignée de kilomètres de la frontière des USA, ma prochaine destination. Le retour à la civilisation est rude. Des gratte-ciels, des gens qui font la gueule, du bruit, des mèches et des jeans serrés... A peine suis-je arrivé que j'ai envie de repartir. Mais bon j'ai une mission importante à accomplir et Calgary est le meilleur endroit pour cela. Tout est full en ce lundi. Je dois me payer une chambre a 90 dollards. Tous ces efforts pour gratter le moindre dollard et voila que je me retrouve dans un lit plus grand que moi en longueur et en largeur. Apres 80 nuits de camping, je me sens tout drole ! J'en profite pour faire ma lessive dans la baignoire, choper les savons, le PQ et le café, me mater des séries américaines pour me reposer et me faire péter le bide avec le buffet du petit déj pour me rassasier. J'avais de rester quelques jours en ville pour faire un break mais, avec cette sortie d'argent, je vais écourter.

Tous les témoignages s'accordent à dire que le stop et les USA ça fait deux et que les bus font le lien uniquement entre les grandes villes. Comment me rendre dans les parcs nationaux alors ? J'ai envie de changement. 3 mois de stop, c'est bien mais je veux voir autre chose. Je me rends donc au Canadian Tire et je m'achete un velo a 120 euros et les accessoires qui vont avec. C'est decide, je traverse les USA a velo ! Je ne veux pas tout le tralala des sacoches. Un velo, un porte bagage, je pose mon sac et basta ! Quelques petits materiels de reparation tout de meme... C'est ca aussi l'avantage d'etre MUL. Tu peux facilement t'adapter a tous les moyens de transport. Pour les longues distances, je prendrai peut-etre le bus. On verra bien de quoi demain sera fait.

Une fois mon velo achete, je me lance dans cette nouvelle aventure dont je ne connais pas grand chose puisque c'est une premiere. Comme j'ai acces a un ordi, je me planifie une premiere journee pepere. Sur google maps, je vois une grosse tache verte avec une petite route qui la traverse. Ca a l'air sympa. Je me dis que 60 km pour une premiere journee, ca ira tres bien. cool L'Alberta, l'etat dont Calgary est la capitale, ressemble au Montana, enfin a l'idee que je m'en fais car a ce moment la, je ne connais pas encore le Montana. Je m'attends a un relief plat, des prairies a perte de vue, des ranchs partout, des chevaux, des vaches, des cowboys, des rodeos... Bref, un western modernise. wink

Apres avoir fait quelques bornes, je sors de l'agglomeration de Calgary et me retrouve dans la cambrousse. De memoire, je trouve la petite route en question et m'y engage malgre le panneau "No trespassing" a l'entree. Il y a plein pas mal de voitures qui n'y pretent pas attention alors je suis. Au bout de 15 min, alors que je crache mes poumons dans une bonne grimpette, une voiture se met a ma hauteur, ouvre la femetre passager et une tete indienne me demande : "Tu sais lire ?". Merde, la je crois que j'ai fait une connerie en prenant cette route. Je me rappelle d'une technique que m'avait donnee mon oncle. Je prends mon plus bel accent franchouillard et je reponds : "Not very good...". Le gars me dit que je n'ai pas le droit d'etre la car c'est une reserve indienne et les blancs ne sont pas les bienvenus. Je suis un peu sur le cul mais j'ai rencontre plein d'indiens au Canada donc je connais un peu leur histoire. Ok, je me casse. "Et depeche-toi de te casser car si la police te chope, tu vas te taper une amende de 1000 dollards." Holly chite ! mad Ca c'est pas bon du tout. Je fais demi-tour et m'engage dans la descente comme une bombe. C'est du gravier donc je ne freine pas. J'ai l'impression que mon velo va se demembrer mais je m'accroche a mon guidon qui vibre comme un anus apres un cassoulet. Au bout de 5 min, une voiture se met a ma hauteur. Je tourne la tete et je vois le giro qui clignote. Et merde, la police de la reserve... Bon Romain, tu n'as pas bosse comme un chien pour filer ta tune a des poulets. Je rigole interieurement en pensant au gars en string avec 2 plumes sur la tete en train d'imiter un poulet. Je tente la meme technique que la derniere fois. Avec un accent encore pire, j'explique en faisant volontairement des erreurs de grammaire et en faisant style de ne pas trouver mes mots que quelqu'un m'a prevenu, que je suis vraiment super mega giga desole, que je fais marche arriere et que je ne connaissais pas la definition du panneau. Il me regarde, je le regarde, il me regarde, je le regarde... Putain, qu'est-ce qu'il fout ? Il me la met la carotte ou pas ? Au bout de quelques secondes, il leve la main et me montre un pouce bien en l'air. Ouf... roll 1000 dollards de sauves. Je reprends la route. Bon ben, je peux ajouter 30 km a ma journee car je vais faire un sacre detour. sad

Il fait chaud, de l'ordre de 25 degres et c'est sec. L'herbe est jaune, les vaches maigres. On est loin des bonnes grosses vaches limousines que j'avais l'habitude de cotoyer dans mon enfance. Je continue. Il y a un vent a decorner un boeuf. Les collines s'enchainent. Je fais peter mes cuisses pour les gravir. Pas si plat que ca ce pays dis donc... Au bout de quelques heures, j'ai super mal au cul. Putain, ca grimpe ! En meme temps, je longe les Rocheuses donc c'est logique. Le vent est de plus en plus fort. Je n'en peux plus. Je m'arrete pour manger un truc. Une rafale de vent fait tomber mon velo qui, dans sa chute me racle la peau du mollet sur 10 cm. Je hurle, j'insulte la terre entiere : les indiens pour leur putain de reserve, les blancs pour etre a l'origine de ces putains de reserves, les chinois parce qu'ils sont trop nombreux, les noirs parce que... parce que... parce que c'est comme ca, les juifs pour les memes raisons, les insectes parce qu'ils ne sont pas beaux, le vent parce qu'il souffle, les vaches parce qu'elles sont la, le goudron parce qu'il pue... Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!! mad yikes Ah, ca fait du bien ! Je reprends mes esprits. Je n'ai pas de carte mais je me dis que je ne dois plus etre tres loin. Je cherche confirmation aupres d'un gars qui s'arrete au croisement. Il me dit que j'en ai encore pour 40 km ! Je ne vais jamais y arriver. Le vent continue a me secher au sens litteral du terme. Apres deux nouvelles heures, je demande a un autre gars ma direction. Il me dit de retourner en arriere... Je vais me le faire... tongue J'aiguise ma machette, me prepare a la boucherie mais, avant le massacre, il me dit : "Mais il y a un raccourci par la, la route n'est pas super mais c'est juste 6 km et c'est plat." Je range ma lame. J'ai envie de lui rouler une galoche au vieux malgre le tabac qu'il machouille et qu'il crache toutes les 30 secondes. Je reprends la route en danseuse, mes fesses etant plus proches de la tortilla que de la chair et des os. J'arrive finalement au camping. Les hosts m'accueillent avec un grand sourire et m'offrent de la glace a la vanille sur un lit de tarte aux pommes. Je kiffe les canadiens. big_smile Je decide de prendre un jour de repos apres cette journee eprouvante ou j'ai bien du depasser les 100 bornes. Le camping est cher mais ca ira bien. Le lendemain, je ne peux plus m'assoir, vraiment. J'avais pourtant achete une sur-selle en gel. Je me sens ridicule mais ca ne me fait plus grand chose. hmm

Je reprends donc la route. Je me dis que les premieres douleurs d'adaptation (epaules, dos, cul, coudes, mains...) passeront assez rapidement, et mes jambes tournent comme une horloge. Les grimpettes sont fatiguantes mais rien d'insurmontable. Ma condition physique est bonne. Mais ce vent ! Cet enfoire souffle toujours sans s'arreter. Il vient du Sud et moi je vais au Sud. Je l'ai en pleine face toute la journee, me faisant perdre bien 10 km/h. Les rafales manquent de m'envoyer dans le decor dans le meilleur des cas ou de me faire gouter au pare-choc des pick-ups qui me doublent a fond toute la journee dans le pire. J'ai du mal a faire plus de 60 km par jour. J'en ai marre. Je ne prends pas de plaisir et je m'ennuie. Il ne se passe plus rien. Apres 3 mois de stop, ca perd en intensite. Heureusement que je rencontre des gens enormes dans quelques campgrounds car, sinon, ce serait le vide total. Je decide quand meme de passer la frontiere ricaine avec ma bicyclette comme disent les quebecois, juste pour le kiff. Je choisis le poste frontiere en haut du col, Chief Mountain. Le douanier americain trouve que je ne ressemble pas a la photo. J'ai 23 kg en moins, le visage crame par le soleil, une bonne touffasse sur la tete et une barbe bien epaisse. Il appelle son collegue qui lui dit que c'est ok, en se referant a mes yeux, mon pif et mes paumettes. Ca y est, je suis aux states !

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Dernière modification par Ontheroad33 (29-09-2013 00:03:24)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

Hors ligne

#6 16-11-2012 18:30:08

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

USA : La conquête de l'Ouest...
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Aurevoir Jolly Jumper

Yellowstone National Park, un monde tout en couleurs...

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Redwood National and State Park, the Bigfoot country...

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Photos modfiee par une amie pour lui donner un cote mystique...
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Photo prise depuis un iPhone. Le gros truc derriere, c'est un arbre...

Yosemite, pays de John Muir

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Zion Canyon National Park, le paradis des Mormons...

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Bryce Canyon National Park, le canyon pate-a-modeler...

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"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#7 16-11-2012 18:32:21

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

MEXIQUE : Le choc...
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Un nouveau compagnon de route

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Parque Nacional San Pedro Martir

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Le désert de Catavina

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La mer de Cortez

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Guadalajara, 5 millions d'âmes et Kakopaidi


La Reserva de las Mariposas Monarcas

Désolé les photos sont pourries. Sur la première, on arrive tout de même à voir un peu les "poches" de papillons. Imaginez cela sur des dizaines d'arbres.
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Une parenthèse qui fait du bien

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"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#8 16-11-2012 18:34:12

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

SALVADOR / BELIZE : Peut-être une autre fois...




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#9 16-11-2012 18:35:43

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

GUATEMALA : Chaud comme ses volcans...
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#10 16-11-2012 18:36:52

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

HONDURAS : La découverte d'un nouveau monde...

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#11 16-11-2012 18:38:08

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

NICARAGUA : Un petit coin de paradis...

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#12 16-11-2012 18:39:50

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

COSTA RICA : Bip bip !


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#13 16-11-2012 18:42:22

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

PANAMA : Le pays des contrastes...

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#14 16-11-2012 18:48:22

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

COLOMBIE : Comment rester un mois de plus...

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#15 16-11-2012 18:49:45

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

EQUATEUR : Un concentré de l'Amérique du Sud...

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#16 16-11-2012 18:52:29

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

PEROU : Un pays en altituuuuuuuuude !

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Cusco
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Choque
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#17 16-11-2012 18:57:52

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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

BOLIVIE : Niveau paysages, "au-dessus c'est le soleil, il n'y a rien..." (Dieudonné)

Lac Titicaca
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La Route de La Mort
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Huayna Potosi
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Tupiza
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Sud Lipez
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"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#18 16-11-2012 18:59:00

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

CHILI : L'heure du bilan...



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"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#19 16-11-2012 19:00:26

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

ARGENTINE : A bientôt...


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"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#20 16-11-2012 19:01:35

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

BILAN

Nouvel esprit
Nouveau corps
Nouveaux projets (plongée, créer son entreprise)
Beaucoup de fatigue
Du voyage encore oui, et toujours ?



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Ontheroad33, voyageur léger vers de nouveaux horizons... big_smile
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En espérant que vous ayez passé un bon moment, ou encore mieux que vous ayez eu envie d'aller faire un tour par là-bas ou de vous lancer dans l'aventure... Si vous avez des questions, n'hésitez pas sur ce fil ou en MP, je serai content de vous aider...

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Dernière modification par Ontheroad33 (08-09-2013 15:42:24)


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#21 19-11-2012 19:05:12

Matt81
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Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

Comme c'est beau ... bonne route, en attendant ton prochain résumer !

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#22 19-11-2012 19:16:31

wwwfabien
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Messages : 835

Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

Encore un récit qui va me faire rêver et me rappeler des souvenirs  smile
Vivement la suite !

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#23 29-09-2013 08:39:39

Ontheroad33
Pandabruti
Lieu : Bordeaux
Inscription : 15-08-2011
Messages : 3 128

Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

Bon j'ai mon avion dans 1,5h et, avant de partir, je voulais partager le début de mon récit. smile
Il n'y a que l'intro, les infos utiles, l'Alaska et le début du Canada. Dediou que c'est long ! Et je ne mets même pas tout... hmm

J'ai, par contre, uploadé la quasi-totalité des photos pour pouvoir imaginer la suite. héhé smile

Je vous souhaite une bonne lecture et la suite dans 3 mois. wink


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#24 29-09-2013 12:41:02

ventcalme
Membre
Lieu : Bzh
Inscription : 29-10-2011
Messages : 1 552

Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

Wow !  cool

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#25 29-09-2013 13:17:36

oli_v_ier
Administrateur
Inscription : 24-01-2005
Messages : 12 087
Site Web

Re : [Récit + liste] Voyage léger en Amérique

Big Merci ! cool

Ontheroad33 a écrit :

Je vous souhaite une bonne lecture et la suite dans 3 mois. wink

Arg ...


La marche ultra-légère n'est pas un but, mais un moyen. "Un sac lourd est un sac bourré d'angoisse."
Mon équipement pour l'Islande 2008 en détail.

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