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#1 18-07-2014 14:51:24

Oliviereide
Membre
Lieu : Marseille
Inscription : 14-04-2013
Messages : 117

[Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Me voilà rentré depuis quelques jours, je vous remercie encore pour toutes vos interventions qui m’ont permis des réflexions sur la façon d’aborder ce projet. https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=26333
Je vous livre la liste définitive et un « récit » de cette virée corse.
Les distances communiquées sont prises sur un logiciel de cartographie GPS et les dénivelés sont ceux du Topo guide de la FFR. J’ai constaté quelques incohérences entre les valeurs de dénivelés cumulés du topoguide et celles du logiciel de cartographie. En effet, le logiciel donne des cumulés plus importants. Ne sachant pas qui a raison, j’ai mis les cumulé en défaut (ceux de la FFR).
J’essaierais aussi de faire un petit retour sur la liste de matériel.

Jour 1 : Calinzana – Refuge Ortu di i Piobbu, 4h10, 10.8 km, D+ 1360m, D- 60m
Rémy et moi débarquons sur le tarmac de l’aéroport de Calvi, vers 10h30, il y fait une chaleur étouffante. On observe au loin les sommets visibles et notre hâte de fouler ces terrains est véritablement palpable. Les crampons des chaussures frétillent.
Une fois le matos récupéré, on commence une petite séance de stop pour rejoindre Calinzana,  nous serons pris par 2 fois par des locaux qui sont habitués à ce petit manège. Bien sûr la discussion dans la voiture tourne autour du GR, de sa beauté, de sa difficulté. On les sent amusés par notre intérêt pour ce sentier qu’ils n’ont pas parcouru pour leur part. Ils nous souhaitent bon courage.
Voilà, on y est, on fait le plein d’eau à la fontaine, près de l’église du village et on commence  à marcher sous cette chaleur caniculaire! Le chemin naissant est assez roulant, pavé par endroit et offrant des tonnelles de verdure dans un premier temps, cette fraicheur est agréable. On progresse par la suite à découvert, la végétation se pare de cistes, de châtaigniers, de magnifiques et majestueux pins. Derrière nous s’étend la baie de Calvi et ses couleurs dignes d’un lagon. On marche depuis seulement 2 :00 et je sens déjà un premier frottement au talon, à la pause repas, j’inspecte mes pieds et je constate un début d’ampoule. Je mets un compeed, nous repartons.

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Le chemin est ascendant mais agréable car linéaire jusqu’à Bocca à u Saltu. Ce col passé, on évolue dans une forêt de fougères et de pins laricio (endémiques de l’île). L’ambiance qui est digne des Cévennes devient un peu plus minérale alors que l’on chemine sous Capu Ghiovu. Un premier passage avec chaine se présente (pas de difficulté majeure, juste une dalle en dévers). A l’approche  des crêtes de Fucu, des « masses d’air » se forment et nous plongent dans une ambiance shakespearienne, la visibilité s’affaiblit. Elles nous suivrons jusqu’au refuge.

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La gardienne nous reçoit un peu sèchement, on prend notre place de bivouac à 7€, on lui demande quelques infos sur la météo qu’elle prétend ne pas connaitre mais nous assure qu’il ne pleuvra pas cette nuit. Je sors du refuge un peu dubitatif quant à la teneur de ses propos.

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On trouve un spot ; on monte nos poncho-tarps. J’opte pour une configuration demi-tipi. Le temps se fait de plus en plus menaçant, il pleuvra cette nuit. L’absence de vent, me permet de ne pas être trop mouillé, j’ai replié sur moi la moitié de la feuille de polycree, c’est efficace mais de la condensation se forme assez rapidement. Je comprends tout de suite les limites de notre système de couchage, je ne dormirai que 2h00 cette nuit-là. Je pense à tous les commentaires du forum sur ce point. Au matin, tout est humide,  je replis après avoir tout épongé avec mon buff et ma serviette.

Jour 2 : Refuge Ortu di i Piobbu – Refuge de Carrozzu, 3h50, 6.7 km, D+ 750m, D- 917m
Lever 5h30, on se régale avec nos céréales et un thé bien chaud. Décollage à 6h30 dans une ambiance humide et voilée, on ironise sur le « cette nuit, il ne pleuvra pas de la gardienne ».
L’ascension se fait dans un premier temps en forêt, le terrain est constitué de blocs de pierres et de parties roulantes, assez courtes, où on met un peu les gaz avec les bâtons. Très rapidement, le sentier se fait descendant, on croise les ruines de la Bergerie de la Mandriaccia qui offre de beaux spots de bivouac. La progression à couvert se termine. Nous avançons vers  Punta Pisciaghia dans un dédale de gros blocs de granit qui ralentissent notre ascension, les arbres ont disparus et le soleil se met à taper, on perd le GR un instant. Rémy me dit qu’on est parti trop fort ce matin, je lui réponds que je le suis et que c’est sa faute, un peu de mauvaise foi de bon matin…
Une fois le col passé, le paysage se fait complètement minéral, on chemine sur les crêtes pour atteindre la Bocca Innominata et attaquer la descente, assez éprouvante, vers Carrozzu. On passe le refuge et on décide de passer un moment de farniente sous la passerelle de la Spasimata. Nous y mangeons et faisons sécher le matos pendant une petite heure. L’endroit est sublime et apaisant. Je fais un nouveau point pied, les ampoules se forment aux 2 talons, je mets du compeed et renforce avec du sparadrap pendant que Rémy fait un dodo.

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Refuge de carrozzu – Refuge d’Ascu Stagnu, 3h30, 4.2 km, D+ 790m, D- 638m
C’est dur de quitter ce coin paradisiaque, mais bon, il faut y aller.
On remonte le long de la rivière Spasimata, tout un canyon s’est formé, c’est vraiment magnifique. Du lichen recouvre les rochers, sa teinte verte se mêle au gris et à l’ocre  du granit pour donner un rendu frais et très particulier. On progresse sur de grandes dalles surplombant les piscines et petites cascades de la Spasimata. A l’approche du Capu di a Marcia, le terrain se transforme en éboulis, le chemin s’incline positivement et présente des ravinements importants. Nous passons le Lac de la Muvrella pour atteindre le col et son rocher en forme de masque africain, la montée nous sèche bien. On prend la direction de Bocca di stagnu, quelques passages de cette traversée nécessitent les mains. Nous descendons, enfin, vers Ascu Stagnu par un terrain, fait de grandes marches, éprouvant pour les cuisses.

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Nous arrivons au refuge. Il offre pas mal de commodités, on peut y recharger son portable, une belle salle hors sac. L’accueil est correct, on répond à nos questions sans se faire expédier. Ce soir, se tient France-Nigéria mais nous préférons discuter avec les autres randonneurs et aller nous coucher tôt.
La nuit se passe bien et nous ressource contrairement à hier.

Jour 3 : Refuge d’Ascu Stagnu – Refuge de Tighjettu, 3h50, 6.2 km, D+ 1059m, D- 798m
Aujourd’hui, nous passons par le fameux Cirque de la Solitude, je dois avouer qu’on est un peu excité. On se questionne sur notre capacité à le franchir, sur nos réactions face à cette difficulté. Il y a encore quelques jours, toutes les chaines n’étaient pas encore visibles du fait de névés persistants mais désormais la voie est libre à en croire le site conditions.montagnesdecorse.com sur lequel j’ai suivi les évolutions de l’enneigement avant de partir.
On quitte,  vers 6h10, sous un beau soleil, notre espace de bivouac par une large piste de ski, pour trouver difficilement le sentier forestier qui doit nous conduire à la Bocca Tumasginesca. Le sentier est plutôt vers l’est au départ, il est assez roulant, nous franchissons plusieurs  névés afin d’accéder au col. E Cascettoni ou le Cirque de la Solitude s’offre à nous, minéralité quand tu nous tiens…On mange quelques amandes et on boit un petit peu d’eau histoire de prendre des forces mais aussi pour laisser le temps au groupe qui est devant nous de prendre le large, en effet devant les chaines ça bouchonne un peu.

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J’aimerais vous conter une épopée épique, une traversée digne des plus grands moments de la montagne mais il n’en est rien. Rémy me demande de ne pas lui parler durant les passages avec chaine pour se concentrer. Très vite, nous reprenons nos papotages car la tension mentale que nous pensions subir n’est pas présente. En effet, il fait beau, le terrain est sec, nos sacs sont légers, nous avons une bonne visibilité et surtout notre crainte de vertige n’est pas avérée. Les passages sont certes verticaux mais pas vertigineux ou trop exposés. Alors, bien sûr, il ne faut pas tomber mais le contexte nous est très favorable, nous sommes confiants et traversons le cirque assez rapidement et sans encombre, on s’en était fait toute une montagne wink

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On plonge vers Tighjettu par de grandes dalles qui chauffent bien les cuisses en discutant avec le groupe qui nous précédait dans le cirque. Ils sont sympas, nous nous accordons tous sur la réputation un peu surfaite de ce passage. Nous sommes accueillis au refuge par le gardien, très sympathique et qui modère aussi la réputation d’extrême difficulté du cirque. Il temporise, cependant, en évoquant que selon la météo, il faut rester vigilant. On fait le plein d’eau, on lui dit un grand merci et on repart.

Refuge de Tighjettu – Bergerie E Radule, 4h35, 10.2 km, D+ 680m, D- 678m
Après une courte descente, le chemin devient vraiment roulant, c’est la première fois qu’on peut vraiment accélérer autant le pas et utiliser les bâtons en propulsion. On chemine tantôt à flanc de coteaux, tantôt en sous-bois, il fait toujours aussi chaud. Après une pause en compagnie du groupe près d’un beau cours d’eau, on reprend le sentier qui mute tranquillement en bloc de pierre avec des torrents en contre bas et qui devient de plus en plus ascendant.

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On arrive au col, nous nous séparons du groupe de « jeunes » et nous rejoignons rapidement le refuge de Ciottulu di i Mori, encerclé au nord par le Capu Tufanatu. On décide de continuer un peu le tracé car la journée de demain sera Longue. On pousse donc tranquillement vers la bergerie d’E Radule. La descente est une fois de plus riche en vasques et cours d’eau, c’est toujours aussi magique.

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On arrive à la bergerie et  on se baigne sous une cascade en buvant une bière. Le soleil mourant lèchera les dernières perles d’eau sur notre peau alors que nous plaisantons du comportement d’un cavalier corse, menant un convoi de ravitaillement, nous ayant grondé parce qu’il risquait d’apparaitre sur une de nos photos. Malgré les efforts physiques, on a vraiment l’impression d’être en vacances et de se reposer. On va très bien dormir cette nuit-là.

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Jour 4 : Bergerie E Radule – Refuge de Manganu, 4h30, 18.7 km, D+ 583m, D- 433m
Départ à 6h10 par un chemin très roulant, en sous-bois jusqu’à Castel de Vergio où l’on retrouve le groupe de la journée précédente. Pendant la nuit, l’un d’eux s’est fait pincer la main par un renard. Il parait que ce spot est connu pour cela, vraisemblablement il n’est pas choqué et ce n’est pas grave selon ses amis. On progresse dans la forêt vers la Bocca San Pedru, toujours aussi roulant, ça change ! On poursuit aussi aisément jusqu’au Lac de Nino. On se demande comment un bout d’Ireland a pu arriver ici. Tout est vert, des chevaux prennent la pose, on se demande si c’est le Parc Naturel Régional Corse qui les déposent là pour les touristes tellement ça semble idyllique. On chemine en prenant soin de suivre le sentier afin de respecter les pozzines et tout l’écosystème présent. On fait une halte à la bergerie de Vaccaghia pour prendre un fromage car nous n’en avons toujours pas goûté un depuis notre atterrissage. On fait connaissance avec Noël, le berger/fromager. Il nous offre un pain avec le fromage car il n’est plus très frais et il n’aime pas gaspiller la nourriture, on apprécie son geste et on papote un peu avec lui et un guide qui accompagne un couple. La conversation fut très drôle, Rémy et moi sommes comme 2 écoliers de CM1 qui posent leurs questions. Pourquoi ne voit-on pas de brebis dans la montagne ? Pourquoi une partie importante des pins que nous croisons semble brûlée en leur centre ? Pourquoi le fromage de chèvre est-il si gros ? Noël et le guide se prêtent volontiers au jeu des réponses, leur accent et leur intonation sont vraiment étonnants. Rémy tente parfois de parler avec l’accent local mais je lui dis de se calmer un peu car on va se prendre un coup de fusil. Je pose la dernière question à Noël, pourquoi les lézards sont-ils  si gros en Corse ? Il me répond que c’est à force de manger les gens qui viennent de France. On éclate tous de rire. Il a du mal à croire qu’on arrive de Marseille car on a peu l’accent, il nous confie qu’il connait bien cette ville et que c’est un peu un bout de Corse en plaisantant. On se remet en route après l’avoir remercié et passé un moment simple qui nous a paru authentique. On arrive rapidement à Manganu. On s’installe près d’un point d’eau pour manger un petit bout de fromage de Noël, petit bout après petit bout nous le mangeons, il était excellent, on sent peu la chèvre par contre c’est un une explosion de fraicheur et d’aromates.

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Refuge de Manganu – Refuge de Pietra Piana, 4h50, 8.7km, D+ 830m, D- 589m
On part vers la brèche de Capitello/ Bocca alle Porta, on croise des cascades magnifiques à 20 min du refuge et on se dit que ça aurait été pas mal pour pic niquer, on le saura pour la prochaine fois. L’accès à la brèche passe par plusieurs névés, aisément franchissables. Une fois la brèche passée, nous avons une vue sympathique sur les lacs Capitello et Mélo. On longe plein sud, sur un névé assez exposé, mais équipé d’un câble la Punta alle Porta. On apprendra, au refuge de Pietra Piana par un randonneur, que quelques jours auparavant, 2 personnes ont glissé et sont décédé à cet endroit. Cependant, je ne trouve aucune information sur le net concernant ce triste fait, à vérifier donc. La progression sur la crête est assez lente, on passe une chaine assez verticale mais pas vertigineuse, on poursuit lentement jusqu’au col de Rinoso en gardant un œil ému devant ces deux saphirs  dans leur écrin minéral que sont ces 2 lacs d’altitude.  Nous progressons jusqu’au col de Muzzella presque exclusivement sur des névés, ce qui nous amuse beaucoup. S’en suit une traversée puis la descente interminable sur Pietra Piana qui est bien casse patte après cette longue journée.

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On arrive au refuge où il y a un bon vent frais, on prend notre emplacement et on découvre le repas de ceux qui y mangent : un grand saladier plein de lentilles avec 2 ou 3 morceaux de lardons, pas franchement fantastique. On fait un brin de toilette à la rivière, on monte le camp et on se régale avec nos lyophillisés. C’est un des premiers refuges à avoir été construit dans le parc. Il rappelle ceux des Alpes. L’emplacement est un petit plateau cerclé par les montagnes, plein sud on a une vue fabuleuse sur le Monte D’Oro qui, alors que le soleil décline, se pare d’un rose pastel. Rémy saisira un cliché que je n’ai pas encore en ma possession alors que je tape ces lignes, j’espère qu’il retranscrira l’émotion qu’on a ressenti devant ce spectacle de la nature.  Avant de se coucher, on aperçoit un renard en phase d’approche, on se dit qu’on aura peut-être une visite cette nuit.

Jour 5 : Refuge de Pietra Piana – Refuge de L’Onda, 2h45,  6.8 km, D+ 490m, D- 902m
Pas de renard à apprivoiser cette nuit, mais quel vent glacial ! Toute la nuit ça a soufflé, nos abris ont donné des signes de faiblesse, les bâtons se retrouvant au sol. On galère pour faire chauffer l’eau avec notre P3RS malgré le pare vent en alu mais on y arrive après 30 min…On se régale avec un thé chaud avant de prendre la route pour la variante alpine. On chemine comme des chamois par les crêtes, le vent d’ouest est tellement froid et fort qu’on ne s’entend pas parler, on ne fait donc que marcher. On plaisante de la différence d’ambiance en fonction de l’exposition des crêtes. A l’ouest, c’est le vent hivernal et son bruit dans les oreilles. A l’est, le soleil se lève, sa chaleur nous caresse, pas un bruit, un silence de cathérale, en 2h45 la messe est dite, on passe l’Onda qui est en contre-bas du sentier.

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Refuge de L’Onda – Vizzavona  gare, 4h30, 10.1 km, D+ 711m, D- 1221m
On monte vers la Punta Muratello, que c’est raide ! Je crois que c’est l’ascension qui m’a le plus calmé sur le GR,  le sentier est terreux puis se transforme en une succession de grandes marches, alternant pierres fixes, pierres roulantes mais aussi des étagements formés par les vaches et taureaux que l’on croise en chemin. Heureusement, il ne fait pas trop chaud car on n’a pas fait de ravito en eau et on est un peu juste. Un fois le col passé, on descend vers Vizzavona. C’est plein d’eau, on micropure un peu pour ne pas être à sec. Cette vallée est pleine de cascades, de vasques, de jaillissements d’eau. On fera une petite pause dans un coin à l’écart pour se restaurer. Un peu plus bas dans la vallée nous nous amuserons à cheminer sur l’Agone, de rochers en rochers. On perd un peu de temps en se baignant mais c’est tellement fun et puis depuis quelques heures on se dit qu’à Vizzavona ; on pourrait se faire un resto alors tout prend un air de fête !

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Voilà, on arrive à Vizzavona. On se retrouve sur un terrain qui loue des emplacements de bivouac. Il propose des douches/WC sommaires, un coin hors sac/point gaz non couvert et la possibilité d’accéder à l’électricité pour diverses recharges. La construction récente présente, sur sa dalle, des fers en attente, surement qu’un auvent sera posé pour couvrir et protéger les accès et coin hors sac/point gaz. Y a pas mal de possibilités de se ravitailler ici, un gars sympathique près de la gare propose de la nourriture mais aussi un peu de matériel de camping, de réparation, d’hygiène… On décide donc d’aller manger en ville. On y mange correctement tout en discutant avec les voisins de table du GR of course.


Jour 6 : Vizzavona  gare – Refuge E Capanelle, 3h50, 15.8 km, D+ 890m, D- 224m
Champagne, on décolle pour la première fois à 6h00 ! On se dirige vers Bocca Palmente par une sente forestière très roulante, les chemins sont à couvert dans une ambiance fougère et immenses pins Laricio. On passe le col et le chemin « cheville friendly » se poursuit jusqu’au refuge d’E Capannelle, situé près d’une station de ski. Nous croiserons en chemin de jolies bergeries aux volets rouges et des chevaux en liberté. Le ciel est un peu voilé, c’est dommage. Nous rencontrons au refuge un traileur qui fait le GR en 6 jours, on papotte un peu puis nous le laissons manger tranquille.

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Refuge E Capanelle – Refuge de Prati, 4h50, 17.2 km, D+ 890m, D- 590m
Le ciel étant voilé on décide de ne pas faire la variante alpine qui passe par le Monte Renoso. On poursuit donc sur le tracé par le sentier forestier, toujours au milieu des pins larico. C’est toujours aussi roulant mais quelque peu monotone. Le traileur rencontré plus tôt nous rejoint, Rémy accélère le pas avec lui. Ils me laissent sur place les coquins, voilà, je suis seul sur le sentier. Je les rejoins un peu plus tard sur le sentier pour la pause repas. Il nous explique qu’il a déjà 2 GR20 à son actif et qu’il aime revenir sur ce sentier, on le comprend, c’est si beau. Il nous quitte car il a pas mal de chemin à faire encore, on lui souhaite bonne route smile

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On reprend le sentier vers la Bocca d’Oru par une montée par piste forestière à l’inclinaison ahurissante, comment les camions de débardage peuvent-ils passer par là ? Ca grimpe fort, pour finir par un raidillon plein de blocs de pierre à découvert, ça nous manquait…On arrive au refuge de Prati, il est posé sur un plateau avec une belle vue sur l’étang d’Urbino à l’est. On a le sentiment d’un remake du premier soir, il y a une ambiance londonienne, un vent chargé d’humidité nous balaye. Le gardien et son aide sont sympas et nous donnent des infos sur la météo. Il ne pleuvra pas ce soir ! Je sors du refuge en disant à Rémy, tu crois que c’est un « il ne pleuvra pas ce soir » digne d’Ortu di i Piobbu, on rigole et on monte nos tarps plutôt bas, au plus près des aulnes qui coupent un peu le vent. Effectivement, il ne pleuvra pas mais le vent est tellement chargé d’humidité que tout est humide. Mon matos est mouillé mais pas moi. Au petit matin, le vent est toujours présent moins chargé en humidité. On essuie comme on peut avec buff et serviette, on fera sécher plus tard dans la journée au cours d’une pause.

Jour 7 : Refuge de Prati – Refuge d’Usciolu, 3h40, 10.8 km, D+ 697m, D-747m
6h00, on décolle sous un vent toujours conséquent. Le chemin passe par les crêtes, on se retrouve dans l’ambiance de l’étape Pietra piana- Onda. Côté ouest des crêtes, vaut mieux attacher sa ceinture et côté est, c’est calme. On arrive rapidement à Usciolu, il y a vraiment des passages sympas et de beaux panoramas dans le Monte Formicola. On a le sentiment d’être très haut en altitude car les sommets dépassent les nuages moutonneux. J’ai adoré la succession de tous ces petits cols dans cette ambiance, ça me fait penser aux Andes, bien que je n’y sois jamais allé.

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On fait une petite pause au refuge d’Usciolu, le gardien est absent mais ses aides sont là. On papote un peu de la nouvelle trace du GR pour accéder à Asinau, l’aide nous dit qu’il n’y a pas grand-chose à voir, que c’est plus pour faire tourner les bergeries et que ça rallonge pas mal.

Refuge d’Usciolu – Refuge d’A Maltaza, 3h30, 10.7 km, D+380m, D-640m
Le départ d’Usciolu  jusqu’à la la Bocca di Agone se fait à 90% par des crêtes, on pénètre par la suite dans une forêt qui, vue la forme des arbres, est souvent exposée au vent.  La bocca di Agone est un croisement, à l’est on part sur l’ancien GR en direction du col de Luana et un passage par crête pour l’accès à l’Incudine, à l’ouest on passe par les bergeries de Bassetta, A. Maltaza et Croci. On opte pour ce choix. Le chemin est assez roulant et couvert. On passe quelques points d’eau. Les vaches, cochons sauvages sont légion. On arrive à la bergerie de Bassetta, le type est sympa et souriant, des enfants sont fiers de nous indiquer la suite du parcours. On poursuit, toujours sur du super roulant pour arriver à A. Maltaza, nous ne nous y arrêterons pas. Ces 2 bergeries ne nous enchantent pas par leur authenticité, elles sont toutes 2 accessibles par route/piste, des tauds sont tendus et abritent pas mal de monde. Le refuge PNRC serait en construction à cet endroit.

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Refuge d’A Maltaza- Refuge d’Asinau, 3h00, 8.8 km, D+650m, D- 545m
On marche sur une large piste de 4x4 ou DFCI depuis quelques minutes qui va se transformer en sentier plus étroit et terreux, pour notre grand plaisir. On croise énormément de cochons sauvages, le sont-ils finalement ? On accède à la bergerie de Croci qui des 3 est la plus jolie. Elle est faite de belles pierres apparentes mais elle se trouve assez près d’Asinau finalement… Le « berger » est sympa, il nous interpelle au passage et discutons quelques minutes avant de repartir sur une large piste, oui, celle-là aussi à un bel accès routier. On accède à la bocca di Chiralba et nous commençons l’ascension vers la bocca Stazzunara, légèrement au sud du Monte Incudine. Une fois atteinte, on plonge vers Asinau et sa descente faite de gros blocs de pierre qui sollicitent fortement genoux et quadriceps.
On prend une bière en terrasse et nous discutons avec un couple qui arrive du col de Bavella en ayant fait la variante alpine, ce que nous avons prévu de faire demain. Ils nous vantent les panoramas de cet itinéraire, nous avons hâte d’y être. Ce soir, nous utiliserons le coin hors sac pour faire chauffer. Le site d’Asinau est pourvu de nombreux emplacements pour tentes, disposés en restanques, ça donne un côté Favella, sympa smile . Je m’endors en me disant que le passage par les crêtes avec accès à l’Incudine aurait été peut-être plus cool que ces bergeries un peu fades.

Jour 8 : Refuge d’Asinau – Refuge D’I Paliri, 5h00, 11.3 km, D+429m, D-910m
On quitte notre favella pour Bavella, ce matin. C’est vraiment une portion agréable dès que l’on commence à s’élever au milieu des pins laricio. L’accès jusqu’à la bocca di u Pargulu se fait par un sentier forestier sinueux fortement incliné, d’abord terreux puis caillouteux. Une fois ce col passé, on se retrouve vraiment au sein des aiguilles de Bavella. Le contraste entre la végétation et ces aiguilles qui s’étirent vers le ciel est saisissant. La roche est creusée par endroit en nid d’abeille. On progresse tranquillement jusqu’au passage en dalle chaîné, il ne présente pas de difficulté particulière par temps sec.

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Nous gagnons le col de Bavella, il est temps pour Rémy et moi de nous séparer. Rémy repart sur Asinau par le tracé normal pour rejoindre Quenza et retrouver sa famille un peu plus à l’ouest, vers Propriano. Nous prenons un cola au col en évoquant  avec le sourire cette petite escapade corse, on se fait le bisou et on se remet sur le sentier, chacun de son côté…je poursuis vers I Paliri par des sentiers forestiers plutôt roulants, j’y croise pas mal de traileurs. Une belle source m’attend juste avant le refuge, je m’y désaltère longuement mais oublie de faire le plein en pensant qu’il y en a une sur la prochaine étape, ce sera une erreur.

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Refuge D’I Paliri – Conca, 4h10, 13.2 km, D+160m, D-963m
Le refuge et les dortoirs sont plutôt jolis avec leurs pierres apparentes, ils s’intègrent bien dans la topographie du site et la vue qu’ils offrent sur les aiguilles est vraiment chouette. Je me prends à rester,  une petite demi-heure, à regarder les nuages s’éventrer, tels des navires, contre les aiguilles. Je me motive difficilement  à repartir en direction de Conca tant le site porte la rêverie. Le chemin est très roulant, une bonne terre au milieu des fougères est des pins laricio qui semblent presque se perdre dans les nuages. Dès que l’on s’extrait de ce toit de verdure et que l’on prend un peu de hauteur, on peut admirer les ocres des aiguilles qui percent la verdure. Je regrette à ce moment-là que le ciel ne soit pas bleu tant toutes ces couleurs mêlées eurent été agréables à regarder.

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Le sentier se cabre violemment formant de courts lacets avant la bocca di u Sordu, le col passé, on peut sur la droite admirer la roche qui forme un cochon, un peu plus loin je croise une roche en forme d’éléphant, je commence à me demander, médusé à mon tour, s’il y en a d’autres. Mes yeux scrutent alors tous les rochers alentours mais la liste du bestiaire ne s’allongera pas. Si vous en voyez à votre tour, tenez-moi au courant.

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Mes yeux reprennent leur position habituelle, regarder où vont se poser mes pieds sur le sentier. Ce dernier se fait descendant, dans des ravines sablonneuses qui ne sont pas très agréables. Je gagne les ruines de Cappedu, un panneau indique une source. Ca tombe bien, je suis presque à sec, le soleil a dissipé les nuages et il fait une chaleur torride. Ma recherche sera vaine. Je repars un peu sec.
Une dernière ascension après le ruisseau de Punta Pinzuta qui offre un bon coin baignade et je me retrouve à suivre les courbes de niveau jusqu’au dernier col, la Bocca d’Usciolu que je suis content de voir apparaitre car je suis sec de chez sec. La descente vers Conca me parait interminable tellement j’ai soif !

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Voilà, j’arrive à Conca, je me tire le portrait devant le panneau  de félicitations avec sa belle faute d’orthographe et je commande une eau pétillante avec du sirop de menthe. Je bois enfin, c’est agréable d’étancher sa soif. Je délasse mes chaussures, le serveur passe à côté de moi, le sourire en coin. Je me dis qu’il doit voir ce spectacle assez souvent et que ça doit l’amuser, je souris aussi. Je reste là un moment avant de rejoindre le gîte Les Tonnelles. J’y prends une chambre, une bonne douche et après avoir inspecté mes pieds,  je me prends à rêver de sable fin et de tongs…

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Un regard a postériori sur la liste définitive de matériel

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L’abri : Poncho tarp Arklight Design
Je crois que c’était le point le plus discutable et discuté de cette liste. En effet, pour partir un peu plus light nous avions laissé tomber la Scout UL Big Agnes (Abri mono paroi fermé) au profit de 2 ponchos- tarps, le STS Ultra Sil Nano pour Rémy et le Arklight pour ma part. Je ne parlerais, donc, que de celui-ci.
Autant être direct, pour une durée excédant 2 nuits sans connaitre la météo, je ne reprendrais plus ce système d’abri, trop météo/montage dépendant. En effet, dès la première nuit où nous avons eu de la pluie sans vent, j’en ai compris les limites et j’ai pensé au post du forum : risque de finir trempé, difficulté à se reposer dans ces conditions. Par beau temps ou vent, pas de souci mais mieux vaut avoir un système de couchage (duvet/quilt/pied d’éléphant/couette/doudoune) qui soit perméable au vent. Pour une nuit, un WE, en connaissant la météo, je trouve le poncho intéressant.
Avant de partir, j’avais imperméabilisé les coutures de la capuche avec du Silnet, afin de ne pas avoir d’entrées d’eau. Je n’en ai pas eu par la capuche mais par les coutures des trois velcros qui permettent de raccourcir la cape, sur sa partie arrière, lorsqu’elle est en monde poncho. J’ai pratiqué que des montages lean to et demi tipi, ce faisant sous le vent un des bâtons est tombé est la mine à percé légèrement le poncho, je serais plus vigilant ou mettrais des bouchons sur les mines la prochaine fois. Enfin, un midi en voulant faire sécher le poncho, je l’ai calé étendu sur une dalle, sous de petites pierres aux angles. Il y avait un peu de vent et du soleil, 10minutes d’expo il était sec mais quand j’ai enlevé les pierres, il y avait quelques abrasions donc une avait eu raison de la perméabilité en faisant un trou. J’ai donc Siliconé en rentrant tous ces endroits.

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Non utilisé en mode poncho en montagne. J’ai, cependant,  marché en plaine avec sous la pluie sans vent, juste à signaler la forte chaleur au niveau de la tête et du cou, protège bien le sac.
Ainsi, pour une durée courte avec météo connue oui mais pour une météo incertaine avec un trip au « long cours » à méditer ou à coupler avec un bivy bag.

Couette 500W et doudoune Incredilite Cumulus
J’en suis très satisfait, je n’ai regretté à aucun moment la doudoune. Nous avons eu beaucoup de vent et des nuits fraiches. Au bivouac, c’est vraiment agréable de se sentir au chaud.  Concernant la couette, idem, j’ai apprécié pouvoir sortir les jambes quand la température montait un peu.
Avec l’expérience et pour gagner du poids, je pense qu’un combo quilt ou pied d’éléphant avec grammage en duvet moins important + doudoune peuvent suffire amplement pour du 3 saisons. Je vais m’y intéresser.

P3RS Pignon
Très léger, facile à réaliser et à utiliser. Les seuls bémols, chauffer pour 2 prend un peu plus de temps et il faut vraiment bien se protéger du vent. On avait réalisé un pare-vent avec des canettes en aluminium qui a bien fait son office. Enfin, il lui arrive d’être un peu capricieux et de s’éteindre, il faut donc toujours avoir un œil dessus.

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Alpisack KS Ultralight Gear
J’en ai été enchanté. Résiste bien aux frottements sur les rochers, confortable au niveau du dos et des épaules (j’ai eu max 13kg sur le dos).
Un seul reproche, on peut utiliser le sac avec ou sans top lid. Le clip de fermeture du sac lorsqu’il est utilisé sans top lid se trouve au niveau du dos du sac, près de la poignée dorsale du sac, ce clip n’est pas amovible. En fonction du réglage des courroies,  il arrive qu’il gêne au niveau de la nuque. Je l’ai coincé avec un cordon élastique.

Hygiène
Je ne prendrai plus de Nok qui ne m’a servi à rien mais je garde l’huile à l’arnica car je trouve que complète bien les étirements, surtout au niveau des cuisses.
Concernant la crème solaire, j’ai utilisé 40 mg en 8 jours en me badigeonnant abondamment.
Le papier toilette était une bonne idée smile

Sécurité
On a utilisé surtout des compeed, du sparadrap et du strap.
Si mon tarp avait vraiment été endommagé je pense que j’aurai regretté de ne pas avoir de Sil-seam, cependant j’avais du DUCT tape que j’ai appliqué une fois la toile sèche sur le trou et il n’a pas bougé du séjour, mais nous n’avons pas eu de grosses pluies. Le Sil seam peut aussi servir aux chaussures, ça me fait penser à la Shoe Goo pour ceux qui ont fait/font du skate, à méditer…
J’ai gardé le Topo guide, honte à moi !

Nourriture
J’étais parti sur une base autour de 2400 kcal/j, ça a suffi.
L’association protéines/muesli a bien fonctionné, pas de trouble digestif et pas d’écœurement au fil des jours. J’ai tout consommé. A 10h00, on faisait un petit encas salé.
Concernant le grignotage, je ne reprendrais plus de figues qui se sont trop écrasées et qui s’apparentées plus à de la confiture qu’autre chose. Note pour plus tard, bien lire les étiquettes et prendre des pruneaux dénoyautés. Les amandes c’est super mais ça lasse un peu. Osez la diversité la prochaine fois. Rémy avait opté pour des mélanges de fruits secs, fruits séchés, du salé, du sucré au final c’était plus agréable et moins monotone.
Déjeuner, on a alterné avec mon jambon et le saucisson et la coppa de Rémy. On rajoutait à cela des amandes et du pain/waza/galettes de riz. Je suis mitigé sur les galettes de riz, elles prennent vite l’humidité et ne sont plus trop craquantes, je préfère les waza qui durent mieux dans le temps. Je pense que c’était le repas le moins calorique de la journée.
Le dîner, ah le dîner…c’était un peu la fête à chaque fois. On se faisait tous les deux un  lyophillisé puis une soupe pour Rémy, et un féculent pour moi (riz ou pâtes). Au bout de quelques soirs, sur une suggestion de Rémy j’ai incorporé dans les pâtes/riz natures un peu de lyophilisé de sa soupe et là je ne vous raconte même pas le restaurant 3 étoiles qui venait d’ouvrir ses portes rue de mes papilles gustatives ! Comme quoi avoir des enfants qui regardent Top Chef, ça aide. Tout ça pour dire qu’à l’instar du grignotage, un peu de diversité ne fait pas de mal et que la logique comptable des calories c’est bien mais le goût c’est mieux !

Eau
J’ai eu des micro-fuites sur ma Platypus 1 litre toute neuve, un peu déçu. Celle de 2 litres n’a pas montré de signes de faiblesse. Peut-être était-elle trop serrée dans la poche latérale. Je la mettais dans un zip loc afin ça ne coule pas et ne mouille pas l’intérieur du sac.

Chaussures Salewa Alp Trainer GTX
C’était un second choix. Je devais partir avec des Saucony Exodus. Cependant, une entorse à la cheville quelques mois avant de partir m’a poussé à prendre des montantes par précaution…
Elles ont pris l’eau très rapidement, au niveau de la jonction de du pare pierre et de la bande tissu qui est sensée le prolonger. On voit d’ailleurs que ça c’est décollé. A chaque sortie de névé j’avais les pieds mouillés. Niveau confort, en fin de journée je sentais les chocs au niveau du talon, surement lié aussi à la fatigue. Le pare-pierre fait bien son office, j’ai tapé quelques fois dans des rochers et je n’ai pas eu de douleur, l’adhérence sur dalle sèche est au rendez-vous. La climbing zone sur l’avant du pied offre peu de sensation, n’espérez pas vous poser sur un graton. Le fait qu’elles soient mid est un peu gênant en dévers sur dalle et lors de sauts de rochers en rochers avec réception sur l’avant du pied car le déroulé de la cheville est un peu bloqué, on a moins d’amplitude. Ces chaussures ont 200km, j’ai fait 2 randonnées à la journée pour les casser avant le GR. Je trouve qu’à 170€ la paire c’est un peu limite. Tout ça me pousse à passer le pas vers des basses non gore-tex, même si j’appréhende la pluie avec ce type de shoes…
Le 05/09/14, mes chaussures sont parties en SAV en Juillet. Après leurs tests la membrane gore tex s'est avérée perméable. J'ai eu droit à un bon d'achat du montant intégral dans le magasin où j'avais fait leur acquisition.

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Chaussettes Woolpower 200
J’ai eu le sentiment de glisser un peu dans la chaussure avec. J’ai bien macéré dedans. Peut-être ont-elles favorisé l’apparition d’ampoules ? Je ne peux pas le certifier, peut-être, était-ce l’association des chaussettes et des chaussures…
Elles ont joué leur rôle de retardant dans l’apparition d’odeur nauséabonde.

Conclusion
Concernant la difficulté, le poids du sac y est pour beaucoup. On peut faire plein de formules différentes sur le GR, autonomie totale, partielle, gîte et couverts, il suffit de trouver celle qui vous correspond, ainsi on se charge en conséquence. Le terrain est assez cassant et rend la progression plus lente et difficile mais ce n’est pas non plus insurmontable. Un peu d’entrainement et de la motivation sont suffisants pour en venir à bout. Enfin, concernant les passages techniques, ils sont, certes, verticaux mais pas vertigineux. Une fois de plus, être léger lors de ces mouvements est un atout. Enfin, les aborder par temps sec les rend plus accessibles.
L’accueil qui nous a été fait, dans les gîtes/refuges, est comme toujours personne dépendant. Ce qui a été vrai pour nous ne le sera pas forcément pour vous. J’ai donné mon ressenti mais ne vous formalisez pas dessus.
Un peu moins de 10500m D+ et autour de 180 km de marche, voilà pour les stats. Les paysages sont au rendez-vous, j’en ai encore plein les yeux, j’ai passé un bon moment sur ce sentier de randonnée.

Edit 1 : 05/09/14 concernant les chaussures Salewa

Dernière modification par Oliviereide (05-09-2014 22:00:00)


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#2 18-07-2014 18:17:53

sqfp
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Photos sympas qui rendent bien... dans la brume ça a un style que ne donnerait pas un grand ciel bleu sous un soleil écrasant, miam tongue
Merci pour ce compte-rendu. Question concernant les 2400kcal : vous vous êtes pesé avant/après ? perte de poids ou pas ?

(et dommage de pas avoir jeté un oeil au trou du Tafunatu, et son record à l'échelle ouest-méditerranéenne. L'accès est simplissime - cf. wikipedia - ce qui demande certes de perdre de vue les traces rouge-blanc l'espace d'une heure ou deux wink)

Dernière modification par sqfp (18-07-2014 18:22:15)

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#3 19-07-2014 16:48:18

Oliviereide
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Merci pour tes commentaires.
J'ai perdu un peu moins de 2 kgs sur 8 jours.
Je te remercie pour l'information sur le trou de Tafunatu. Ce sera pour une prochaine fois en Corse ou par une version alternative du GR20.


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#4 19-07-2014 19:46:35

ventcalme
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Merci pour ce récit. Je n'ai pas encore fait cette rando, meme si je sais qu'elle fait partie des beaux chemins à parcourir. J'étais resté sur des images de randonneurs en file indienne et je vois qu'il est possible de trouver de l'espace sur le GR20. Est-ce en partie grâce à un timing décalé, facilité par votre autonomie alimentaire ?

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#5 19-07-2014 21:16:32

guichen
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Le site d’Asinau est pourvu de nombreux emplacements pour tentes, disposés en restanques, ça donne un côté Favella, sympa smile . Je m’endors en me disant que le passage par les crêtes avec accès à l’Incudine aurait été peut-être plus cool que ces bergeries un peu fades.

Je te confirme...il vaut mieux passer par l'ancien GR et donc par l'Incudine... smile
Sauf si éléments contraires:

Je reviens du GR SUD (départ mercredi de Vizzavona, ce midi à Conca)...
Avant hier, parti de Prati, avant Pedinieddi au bas de l'Incudine, vers 14h00, gros nuages noirs sur sommet...direction la bergerie d'I Croci à 40 minutes...faute de dormir à Asinau et terminer à Conca le lendemain soir...
Le lendemain, têtu comme une bourrique au grand dam d'un guide, reparti vers l'ancien GR...très beau parcours avec source au 1er tiers...

Pour la Solitude, même si beau temps, il vaut mieux être physiquement et psychologiquement affûté...

Merci pour le retour... smile

NB: en te lisant, j'étais malheureux pour toi et les satanés ampoules... wink

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#6 19-07-2014 21:35:57

profil supprimé 13
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

Tout ça me pousse à passer le pas vers des basses non gore-tex, même si j’appréhende la pluie avec ce type de shoes…

T'inquiètes pas, ça prends très bien l'eau, mais du coup ça ne la retient pas non plus.  wink
(A condition d'avoir des trails bien aérées avec du mesh et de bonnes chaussettes synthétiques)
Pas du tout de sensation de marcher avec des éponges même complétement trempé.

Seul inconvénient (pour moi) c'est la souplesse de ce genre de chaussures pour passer les névés,
je me fatigue souvent le pied à faire ma trace, des fois j'apprécierai une semelle plus dure.


profil supprimé à la demande de l'auteur.

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#7 20-07-2014 12:21:37

Oliviereide
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

ventcalme a écrit :

J'étais resté sur des images de randonneurs en file indienne et je vois qu'il est possible de trouver de l'espace sur le GR20. Est-ce en partie grâce à un timing décalé, facilité par votre autonomie alimentaire ?

On a constaté 2 choses en randonnant :
- En partant autour de 6h00 et avec notre cadence/poids léger, nous étions souvent parmi les premiers à partir et on doublait assez rapidement ceux qui étaient plus chargés et partis avant. On était rarement rattrapé.
- Beaucoup de randonneurs font, en début de saison estivale, le GR dans le sens sud-nord pour éviter les éventuels névés tardifs du nord et car il semblerait que ce soit plus facile ou du moins qu'on se chauffe un peu sur des sentiers plus roulants. C'est un débat smile

Par rapport à l'autonomie alimentaire, on faisait toujours une étape plus longue le matin, sauf le 2ème jour, donc on mangeait le midi à l'écart des sentiers et donc du monde mais pas le soir où on se sociabilisait.

@ Guichem : Oui pour l'Incudine, il faut faire attention en cas d'orage et de foudre car c'est très exposé comme bcp de passages au final. Crocci-Conca, ça fait un bon bout, qu'as-tu pensé de cette bergerie?
Mes pieds vont mieux, au final je n'ai vraiment souffert des ampoules que le dernier jour.

@ Waldganger : Merci pour l'info sur les shoes. J'ai des Brooks Cascadia 8, en fin de vie et des Saucony Xodus 4 qui étaient les shoes prévues au départ. Mon acolyte sur le GR avait justement ces Saucony. Il n'a eu que des petites glissades dans les névés inclinés. Sur un passage, je lui ai un peu recreusé les traces déjà présentes. Sur la fin, il avait quelques décollements par endroit au niveau de la semelle mais aucune usure sur le mesh, que ce soit sur le devant ou les parties latérales du pied. Il en a était donc très satisfait.


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#8 27-07-2014 10:51:12

jerem066
Jerem
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Re : [Récit + liste] GR 20 sur 8 jours, juillet 2014

j'ai fais le GR nord en septembre dernier, super moment !
toutes les étapes sont aussi belles

avec les risque d'orage je partai tôt le matin surtout pour le cirque de la solitude, à 8h dedans !
Et mieux vaut y être tôt avec le monde dès 9h / 9h30, il y a souvent des chutes de pierre ! abusé


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