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#1 24-09-2014 14:30:44

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[Récit + liste] Mon tour du Queyras... raccourci! (juillet 2014)

L’opportunité s’est présentée à moi de partir en solo à la mi-juillet pour découvrir le Queyras. Si initialement mon tour devait durer une semaine, en suivant grosso modo le tracé classique du GR58, de gros orages m’ont incité à raccourcir le parcours de deux étapes dans la partie occidentale du Queyras. Cela ne m’a pas empêché de profiter pleinement de cette magnifique région et de réaliser ma plus longue expérience à ce jour de rando-bivouac en autonomie.

Pas de liste pour le moment, de toute façon je n’avais pas de balance sous la main durant mes préparatifs ! J’ajouterai plus tard quelques remarques sur la nourriture et le matériel emportés.

Prologue

Je quitte la Lorraine assez tard dans la matinée du 14 juillet, direction Embrun. Ce point de chute n’est pas choisi au hasard : il me permet de découvrir un peu mieux une ville entrevue en mars, lors d’un séjour au ski dans les environs et me donne l’occasion de profiter d’un beau feu d’artifice. Après une délicieuse glace artisanale, je reprends de nuit ma voiture pour remonter la Durance sur quelques kilomètres, direction le lac de Siguret, endroit que j’avais trouvé magnifique à la sortie de l’hiver, avec sa vue sur les sommets enneigés et la vallée de la Durance. Le ciel est dégagé, je me contente de suspendre mon hamac entre les pins qui poussent sur le petit promontoire rocheux dominant le lac. Je passe une bonne nuit malgré le vent qui forcit et apporte une certaine fraicheur au petit matin, mais au moins, je suis déjà dans l'ambiance!

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Petit-déjeuner, derniers préparatifs et je reprends la route direction Guillestre, avant de remonter l’impressionnante gorge conduisant à Ceillac, point de départ de mon tour du Queyras.

1ère journée – Ceillac - Lac de la Blanche

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Je laisse ma voiture à proximité immédiate du village, et après quelques minutes à en admirer l’église, son clocher pour le moins original, ses fresques et la fontaine sur la place, j’entame ma montée vers le col des Estronques avant 9h. Par moment, la pente se fait bien raide, mais le fait d’avancer aussi (voire plus) vite que des randonneurs à la journée a quelque chose de motivant ! Le col est tellement balayé par le vent que je prends quelques minutes de pause légèrement en contrebas, avant d’entamer ma descente vers la vallée de Saint-Véran. Dès les premiers mètres, et malgré le soutien de mes bâtons, une violente douleur au genou survient. Une vieille connaissance… Elle ne me lâchera pas avant deux jours de marche.

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Je casse-croûte au pied d’une jolie chute d’eau, avec un petit bassin aménagé pour tremper ses pieds, en compagnie d’un mul solitaire (?) avec son équipement de trail et son petit sac Osprey (un Talon) et d’un couple de jeunes mulets, avec des sacs énormes et déjà des ampoules au pied pour l’homme ! C’est à regret que je quitte le sentier bien ombragé du fond de vallée pour gagner le village de Saint-Véran, étape touristique incontournable. L’occasion de racheter un petit tube de crème solaire au prix d’un grand (celui emporté, déjà entamé, était beaucoup moins rempli que je ne le pensais…), d’écrire ma seule carte postale du périple et de visiter les lieux (panneaux pédagogiques bien faits sur la vie traditionnelle dans le plus haut village d’Europe). Au passage, j’admire le petit cimetière en contrebas du village, avec son mur de pierre et ses croix en bois perdues au milieu des herbes folles et des fleurs de montagne. Un avant goût du paradis, sur Terre ?

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Je ressors du village et regagne le torrent de l’Aigue Blanche que je vais longer pendant un long moment. A noter la présence d’une fontaine au niveau du parking d’où partent les navettes de minibus qui desservent en été la chapelle de Clausis, et d’une autre fontaine à mi-parcours. Le ciel devient gris, mon genou est très douloureux, même en montée. La chapelle aperçue à un moment ne semble pas vouloir se rapprocher. De plus, la fontaine située au bord de la route en contrebas est à sec. Dommage, je comptais y faire le plein pour la nuit. Parvenu enfin à la chapelle, je constate qu’elle est fermée, comme toutes celles que je croiserai sur mon chemin, ou presque. Un panneau m’informe qu’elle fait l’objet d’un pèlerinage tous les 16 juillet… soit le lendemain ! Je me console en admirant mes premières marmottes, qui semblent peu farouches en fin de journée.

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Le soleil est revenu et il est grand temps de rejoindre le lac de la Blanche où je compte bivouaquer. Mais sur le bord du chemin, je vois un minuscule panneau qui indique le refuge, avec un pictogramme précisant que le camping y est interdit ! Trop fatigué pour chercher un autre point de chute, je repère un joli spot dans la cuvette en contrebas de la piste de 4x4 menant au refuge. Une sorte d’îlot cerné par des ruisseaux, avec de l’herbe tendre et un superbe paysage à 360°. Le verrou glaciaire masque le refuge. J’ai de l’eau en abondance. J’en profite pour faire ma toilette et me laisser sécher par les rayons du soleil qui descend à l’ouest au-dessus des Écrins. Je suis content d’être là !

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2e jour – Lac de la Blanche- Ristolas

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La nuit est calme, même si j’ai la surprise d’entendre la pluie tomber, alors que le ciel ne laissait rien présager de tel la veille. L’autre surprise est de découvrir en me levant de fines couches de glace en bas de ma toile. La nuit a été fraîche, mais je ne m’en suis pas rendu compte, tellement j’étais bien dans mon duvet ! L’essentiel est que le soleil soit revenu. Je prends mon petit-déjeuner, range mon matériel et repars en m’offrant un bel exercice de lecture du terrain. En raison des températures matinales pour le moins basses, je ne suis en effet pas très motivé pour retraverser à gué le ruisseau franchi la veille avec beaucoup de plaisir. Il s’agit donc de remonter les multiples ramifications des ruisseaux pour pouvoir les enjamber, contourner les zones où l’herbe est totalement gorgée d’eau, profiter des touffes plus élevées, etc. comme dans une tourbière. Les bâtons s’avèrent bien utiles. Je finis par atteindre le verrou glaciaire en contrebas du lac. L’occasion de tomber nez à nez avec une marmotte qui prend le soleil. Je suis vite au refuge où je reprends de l’eau à la fontaine. Deux tentes sont plantées à l’extérieur, peut-être destinées à la location.

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Je monte ensuite vers le col de Saint-Véran. Les derniers mètres se font à travers quelques plaques de neige. Le soleil brille au col, où je fais une pause, même si le mont Viso est, à mon grand regret, dans les nuages. Je suis rejoins par un couple de Français, venus pour le pèlerinage à la chapelle de Clausis. Ils ont pu emprunter la route depuis Saint-Véran, réservée le reste de l’été aux navettes de minibus, et sont montés au col de bonne heure en attendant de redescendre pour la messe. Nous voyons arriver deux marcheurs du côté italien. Eux aussi viennent pour le pèlerinage, comme le faisaient leurs aïeux. La notion de frontière en prend une nouvelle fois un sacré coup…

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Un chemin pierreux me conduit ensuite vers le col de Chamoussière, d’où j’aperçois le refuge Napoléon en contrebas. J’emboite le pas à deux sympathiques marcheurs qui viennent de monter au pic de Caranantran et redescendent pour monter au pic de Foréant. Équipés de jumelles, ils me permettent d’observer un chamois sur une crête. Je les quitte pour gagner le col Agnel où je procède à une séance photo avec un couple de Flamands d’âge avancé, qui viennent de gravir le col à vélo. Tous les deux parlent français. Je les avais aperçu sur la route et avait été impressionné par leur vitesse. Si l’homme est un grand cycliste, en parfaite condition physique, sa femme le suit aisément grâce à son vélo à assistance électrique. Bluffant !

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Je n’ai pas envie de redescendre au parking du refuge pour reprendre le GR. Je prends un sentier non balisé qui me mène au pied du Pain de Sucre, où j’aperçois de nombreuses silhouettes, semblables à des fourmis, qui montent ou descendent. Je m’estime encore trop chargé pour en faire l’ascension. De toute façon, la vue est toujours bouchée côté italien. Je rejoins donc le lac Foréant au bord duquel je pique-nique. Pendant mon repas, le temps s’est couvert et rafraichi. Je reprends la marche sous quelques gouttes de pluie et même quelques grêlons. Un orage approche, ce qui ne semble pas inquiéter les nombreux randonneurs à la journée qui continuent de monter, parfois avec des enfants, et sans le moindre vêtement chaud ou la moindre protection contre la pluie !

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Je presse le pas, mais la pluie me rattrape au bord du lac Égorgéou, et cette fois-ci, il ne s’agit plus de petites gouttes éparses. Du coup pas de photo, j’enfile ma veste de pluie, et me joins au long chapelet de marcheurs qui redescendent vers la vallée, alors que les éclairs s’abattent plus haut. C’est d’autant plus frustrant de marcher tête baissée, de faire attention à ne pas glisser à cause de la boue, que le chemin parait très agréable, avec beaucoup d’arbres, quelques prairies herbeuses, de jolis paysages. A refaire sous le soleil ! Finalement, celui-ci revient et j’en profite pour faire une pause, faire sécher mes affaires, au niveau d’un chalet privé (la cabane Peyroun) avec vue sur le torrent. Un peu plus bas, au niveau du chalet de la Médille, j’observe le travail d’un berger et de ses chiens, avec un troupeau de moutons. Décidément, ce chemin me plait beaucoup, et c’est à regret que j’atteins le torrent du Guil et le hameau de l’Échalp.

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Si le soleil est là, la chaleur est moite et la météo annonce des orages pour la nuit. Le temps ne tarde pas à changer. Le ciel noircit et c’est sous une pluie fine que je me remets en marche après avoir fait le plein d’eau. Dois-je aller jusqu’à Ristolas ? La question du lieu bivouac se pose, même si la carte indique quelques endroits boisés et plats en bordure du torrent. Je dépasse une petite tente qu’un randonneur a planté tout au bord du chemin. Mais je n’ai pas très envie de dormir là. J’opte pour une petite île au milieu du Guil, à laquelle j’accède par un bras à sec du torrent. La hauteur de la rive me rassure : pas de risque d’être inondé, ou coincé au milieu des flots, même en cas de gros orage. Les mélèzes et les saules m’isolent visuellement de la route et du GR et créent une ambiance scandinave bien agréable. Je commence à monter la tente sous la pluie, dans une jolie clairière. Mais les choses se passent moins bien que prévues car le sol est extrêmement sableux. Le mât de mon tipi s’enfonce dans le sol dès que je tends la toile : une pierre plate règle ce premier problème. En revanche, je réalise vite que mes petites sardines, même lestées de cailloux, ne feront pas l’affaire. J’entreprends donc de tailler des morceaux de saule de 40 cm de long qui s’avèrent beaucoup plus efficaces. Je suis satisfait du résultat et m’allonge au sec, fourbu au terme de cette deuxième journée de marche. Il était temps, puisque l’orage arrive et que la pluie redouble.

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Et là, je connais un moment d’inquiétude. Sous l’effet de la pluie battante, j’ai l’impression que m’a tente est équipée d’un brumisateur. De fines gouttelettes d’eau me tombent dessus. S’il s’agit d’un problème d’étanchéité de ma Shangri-La, le reste de ma randonnée est fortement compromis ! Je ne comprends pas, je n’ai pas eu de signes avant-coureurs, et je ne vois pas de source de fuite sur les coutures que j’examine minutieusement. Au bout d’un quart d’heure, le phénomène de brumisation disparait… et j’en comprends l’origine ! Je n’avais tout simplement pas eu le temps de faire sécher l’intérieur de ma toile, restée humide de la nuit précédente. C’est cette humidité qui se transformait en fines gouttelettes, sous l’effet des grosses gouttes de pluie à l’extérieur… Le tonnerre et les éclairs, la pluie battante, m’accompagneront de 18h à 20h, me dissuadant de sortir pour satisfaire un besoin naturel pressant. Finalement, je fais un usage détourné de l’emballage du plat lyophilisé que j’avais dégusté pour mon repas du soir !!!

3e jour – Ristolas – Lac du Malrif

Au réveil, mes affaires sont très humides, sous l’effet combiné de la pluie de la nuit et de ma localisation en fond de vallée et à proximité du cours d’eau. Mais la journée s’annonce belle et ensoleillée. J’essaie de secouer au maximum la toile avant de la ranger. Il faut aussi éviter qu’elle ne touche les fins grains de sable noir qui constituaient un matelas agréable, mais ont une fâcheuse tendance à coller au silnylon mouillé. Je reprends le chemin qui longe tranquillement le Guil en direction d’Abriès. En réalité, ce chemin n’est pas si tranquille, car le torrent a rongé les berges et fait disparaitre le chemin en de nombreux endroits, sans parler des passerelles emportées. Après un ou deux passages scabreux, en équilibre instable sur le talus (merci les bâtons), j’arrive en vue d’Abriès et en profite pour passer quelques coups de fil et faire sécher mon matériel. J’achète du pain frais, quelques tomates et abricots, fais le tour du village, et m’installe pour manger dans la cour très agréablement aménagée aux abords de la magnifique église du village, connue pour son cadran solaire.

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Je rejoins le GR en direction du lac du Malrif. La reprise, en tout début d’après-midi, sous un soleil de plomb, et en pleine digestion, est un peu dure. J’ai bien fait de mouiller mon carré synthétique qui me tient lieu de gant de toilette et de serviette au bivouac, mais que je coince dans ma casquette pour me rafraichir la nuque et la protéger du soleil. Le chemin est plaisant, notamment aux abords du hameau du Malrif, où plusieurs maisons font, comme la chapelle, l’objet de restaurations. De nombreux petits ruisseaux ou fontaines bordent opportunément le chemin, qui finit par donner accès au torrent du Malrif, jusque là trop encaissé. Avant le lieu-dit les Bertins, je repère des endroits de bivouac potentiels magnifiques. Mais il est encore tôt et j’ai prévu de monter jusqu’au lac du Malrif.

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Après une montée un peu plus rude, j’atteins mon objectif. La vue s’annonce superbe, surtout si le mont Viso se découvre, comme je l’espère. Par contre, je ne serai pas seul ce soir : une joyeuse bande d’étudiants, dont quelques habitués, a déjà investi les lieux. Je plante mon abri un peu en retrait, mais ils ne tardent pas à m’inviter pour l’apéro. Après deux ti’punchs, je me sens tellement à l’aise avec eux que j’accepte de partager leur repas. Il faut dire que venus en voiture jusqu’à une bergerie proche, ils sont suréquipés : des anti-muls avec tentes familiales, réchaud double feu, grosse bonbonne de gaz… et cocotte-minute !!! Avant la tombée du jour, un renard peu farouche fait sensation en venant tourner à quelques mètres autour de nous, dans l’espoir de grappiller quelques miettes. Quant à moi, je suis heureux de n’avoir que quelques pas à faire pour regagner mon sac de couchage, à l’issue d’une veillée conviviale contrastant avec l’ascétisme et la solitude des jours précédents !

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4e jour – Lac du Malrif – Lac de Roue

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Je me réveille spontanément à 6 heures du matin, alors que le jour se lève. Je salue deux de mes voisins eux aussi matinaux et pars faire le tour du lac du Malrif (ou Grand Laus), encore à l’ombre, avant de monter au Lac Mézan situé un peu plus haut. Même sans sac, je ne me sens pas super bien dans cette montée pourtant facile. Je suis à jeun, légèrement déshydraté et fatigué, la soirée ayant été un peu arrosée et la nuit un peu plus courte que les autres ! Je renonce à poursuivre la montée jusqu’au lac du Petit Laus. La vue sur le bivouac en contrebas est pourtant bien jolie sous le soleil levant et le mont Viso est bien dégagé. Je redescends prendre mon petit-déjeuner, range mon matériel, salue une dernière fois mes voisins d’une nuit qui émergent progressivement de leurs tentes et entreprends le passage du col situé à l’ouest du Pic du Malrif. Vu du bas, le passage du col parait hasardeux, puisque des restes de congères semblent barrer le passage, mais une fois en haut, je suis rassuré en voyant que je peux aisément contourner les endroits enneigés. Quelques semaines plus tôt, l’exercice aurait sans doute été moins facile !

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Je reste un bon moment sur la crête à admirer le lac du Malrif en contrebas, le mont Viso au loin, puis je bascule sur l’autre versant, très pierreux. La vallée où courre le torrent de Pierre Rouge n’a en effet rien à voir avec celle du torrent du Malrif. Elle offre un paysage lunaire, sans arbres. La descente me semble du coup un peu lassante, d’autant plus que le soleil cogne fort.

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J’arrive en fin de matinée au hameau des Fonts, dont j’admire les vieux chalets en bois. Passant à côté du gîte d’étape, une délicieuse odeur d’agneau rôti vient chatouiller mes narines. Même s’il n’est pas encore l’heure de déjeuner, je craque et m’installe sous un parasol en terrasse où je savoure ma première bière tout en lisant pour attendre le service. Si le service est un peu lent, le repas (formule complète) est délicieux et très copieux pour le prix (18€). Cela me change de mes repas habituels, mais je comprends en me levant que la reprise sera difficile ! Il fait très chaud, j’ai bien trop mangé et je me sens complètement déshydraté (repas trop gras ou trop salé ?). Heureusement que j’ai fait le plein à la fontaine avant de quitter le hameau. La montée au col de Péas me semble du coup bien pénible, mais je ne regrette pas pour autant mon écart gastronomique ! Au col, je croise un randonneur en solo. Nous discutons quelques minutes. Rendu curieux par son sac à dos (un OMM Vilain), je lui demande s’il est membre du forum RL, mais sa réponse est négative. Dommage, c’eut été amusant !

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La vallée de Péas que longe le sentier offre un panorama impressionnant. La fin du parcours, à proximité de Souliers, se fait sous les mélèzes, dans une atmosphère très méditerranéenne. Complètement à sec, je refais le plein à la fontaine du village, avant de m’engager sur la piste qui mène au lac de Roue, près duquel j’ai prévu de bivouaquer, au lieu de poursuivre en direction de Brunissard et d’Arvieux comme initialement prévu. En effet, la météo annonce avec de plus en plus de certitude de gros orages dès le lendemain après-midi (samedi) et toute la journée du dimanche. Je juge plus judicieux d’écourter mon tour du Queyras en sacrifiant deux étapes et de regagner Ceillac directement le lendemain.

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J’arrive au lac de Roue en même temps que de nombreuses voitures d’habitants du cru, qui viennent en famille pour débuter leur week-end par un barbecue. En plus de leurs sacs de provisions, ils amènent leurs grilles, leur bois déjà coupé, et investissent les nombreux emplacements prévus pour faire du feu, sous les mélèzes, avec vue sur le lac. L’endroit étant décidément trop fréquenté, je décide de changer mes habitudes en prenant mon repas avant d’aller chercher un lieu de bivouac plus loin dans la forêt. Je m’installe à une table baignée par les rayons du soleil qui décline et arrose le lac et les arbres d’une très belle lumière. Je sors mon réchaud pour me préparer un repas chaud, suivi d’une tisane. J’ai chauffé un peu plus d’eau pour laver mes cheveux qui en ont grand besoin après 5 jours sans shampoing… La journée, ma casquette cache la misère, et la nuit j’enfile mon buff comme un bonnet de nuit, pour ne pas graisser mon duvet, mais tout de même ! La scène du shampoing au savon d’Alep (on fait mieux niveau mousse, mais ça passe) et du rinçage, assis torse nu sur un banc, semble beaucoup amuser les familles attablées plus loin. Mais personne n’aura pitié de moi au point de m’offrir une merguez ou un verre de rosé… Dommage ! Je fais peut-être peur à ces braves gens !!!

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Je reprends mon sac et gagne en 10 minutes le secteur repéré sur la carte pour planter ma tente, à quelques dizaines de mètres des belvédères donnant sur la vallée. Le coin est beaucoup plus tranquille, et très agréable, offrant une sorte de pelouse bien verte sous de hauts mélèzes. Je passe une nuit calme, bien qu’un peu chaude pour mon duvet que je laisse largement ouvert. Il est vrai que je suis assez bas en altitude, que les températures diurnes ont été élevées et que l’on sent que le temps va devenir orageux. Au moins ma toile sera parfaitement sèche le lendemain au réveil, pour la seule fois de ma randonnée !

5e jour – Lac de Roue – Lac Miroir

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Le réveil sous les arbres et le soleil levant est très agréable. J’attaque la descente vers Château-Queyras d’un bon pas, en suivant le GR5. Mon sac ne m’a jamais paru aussi léger, puisque mes provisions sont déjà bien entamées. Je suis amusé par un troupeau de vaches qui paissent en pleine forêt, profitant de l’herbe bien verte qui pousse en sous-bois. Il est trop tôt pour visiter l’impressionnante forteresse, aussi je me contente de reprendre de l’eau à la fontaine du village avant d’attaquer la remontée du torrent de Bramousse. Le long du chemin, je me régale de fraises des bois et fais quelques pauses contemplatives. Il faut dire qu’il commence à faire très chaud…

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Je prends mon repas dans l’enclos très bien aménagé de la Fontaine Rouge, auquel ne manque qu’un peu d’ombre. De toute façon, l’arrivée d’un groupe de marcheurs belges d’un certain âge, enchainant les randos à la journée dans le secteur avec navette en bus, me décide à fuir les lieux ! Je reprends la montée en passant au pied des Pointes de la Selle et de Rassis et m’amuse un peu dans les dolines et les buttes qui bordent le chemin dans cette zone visiblement très calcaire. Le passage au-dessus du bien nommé ravin de Ruine Blanche est particulièrement impressionnant en termes d’érosion…

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J’atteins le col Fromage vers 14 h. J’y paresse un moment au soleil, en contemplant la vallée de Ceillac et la crête des Veyres. Je commence à mettre en doute les prévisions météo qui annonçaient des orages dès l’après-midi et je n’ai pas très envie de regagner Ceillac par le sentier emprunté quelques jours plus tôt. Du coup, je me décide à prendre le sentier qui passe par la crête des Chambrettes. Au bout de dix minutes à peine, je suis bien forcé de reconnaitre que le temps peut changer très vite en montagne : le ciel s’est considérablement obscurci et de gros nuages d’orage commencent à s’accumuler au-dessus de la crête des Veyres.

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Pas question pour moi de faire demi-tour vers le col Fromage. J’accélère la cadence pour atteindre l’ancien poste optique à 2582 m, mais ne m’y attarde pas, bien que la vue sur les deux vallées y soit imprenable. A peine engagé dans la redescente vers col de Bramousse, de petites gouttes éparses me font encore presser le pas. Heureusement que le sentier qui fait de grands lacets est particulièrement « roulant ». Je ne m’autorise pas de petit détour pour aller voir les ruines du Château Jean Grossan, tandis qu’à ma grande surprise, je croise des marcheurs qui continuent à monter, visiblement moins inquiets que moi face aux risques d’orage…

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J’arrive à Ceillac du côté de l’église Sainte-Cécile, malheureusement fermée. Il tombe toujours quelques gouttes éparses, bien agréables dans la chaleur de l’après-midi. Je retrouve ma voiture, y dépose mon sac, et vais prendre un verre à la terrasse d’un café où se désaltèrent plusieurs groupes de randonneurs. J’y apprends que la vallée est coupée avant Guillestre en raison de l’arrivée du Tour de France, le jour même, à Risoul. Je suis donc coincé à Ceillac pour au moins une nuit. Comme je n’ai pas envie de passer la nuit dans la promiscuité d’un camping après cette série de bivouacs en pleine nature, et que de plus le soleil est revenu sur la vallée, je me décide à reprendre mon sac à dos vers 17h30, pour gagner le lac Miroir. Je me dis qu’avec un peu de chance, en me levant tôt le lendemain matin, je pourrais monter au lac Sainte-Anne et redescendre avant les orages qui sont toujours annoncés...

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Après avoir déplacé ma voiture au pied du Mélezet, je remonte l’impressionnant torrent de la Pisse. En chemin, j’évite de peu un accident. Une grosse pierre vient rebondir à 1,50 m de moi dans un virage. Heureusement, j’avais entendu le départ de l’éboulis et étais resté « à l’abri »… J’arrive finalement au lac des Prés Soubeyrand, plus connu sous le nom de Lac Miroir, en raison de la crête de Veyres qui s’y reflète. L’endroit est désert et très silencieux. J’imagine la beauté du lieu sous le soleil, malheureusement absent. Je monte mon abri dans un coin de bivouac idéal, où visiblement, de nombreux campeurs moins scrupuleux que moi ont l’habitude de faire des feux de camp, malgré l’interdiction rappelée par un panneau un peu plus bas… sans parler des bouteilles de vin abandonnées derrière des rochers !

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Après un bon repas, je rejoins mon sac de couchage. Malgré la fatigue, je dors d’un sommeil léger toute la nuit. A plusieurs reprises, j’entends le grondement du tonnerre au loin et perçois quelques éclairs. Le bruit est impressionnant, les montagnes faisant caisse de résonnance. Je me rassure en estimant la distance à 10 ou 15 kilomètres, mais me tiens quand même prêt à tout replier si l’orage se rapproche.

Le lendemain matin, la tendance est à la pluie. Je renonce au Lac Sainte Anne, d’autant que les orages reviennent. Le temps de déjeuner, de replier mes affaires, il se met à pleuvoir. L’orage arrive sur moi. J’ai à peine atteins le sommet du télésiège de Girardin, envisagé dès la veille comme solution de repli, que le déluge s’abat. L’auberge-cafétéria n’offre aucun abri, et je n’ai pas très envie de rester en plein vent sous la station amont du télésiège. Heureusement, je repère une remise à bois derrière l’auberge. Elle est ouverte du côté le plus exposé au vent, mais je réussis à boucher l’entrée en y plaçant un gros rouleau d’isolant type laine de verre, stocké sur place. De belles planches de bois m’offrent une agréable banquette, tandis que je me prépare un café pour patienter.

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Au bout d’une demi-heure, les éléments se calment de manière sensible, et je redescends au Mélezet par les pistes de ski. Je passe au pied de la Cascade de la Pisse, qui coule à bon régime après la pluie. Je l’imagine l’hiver, prise par les glaces, sous les assauts des grimpeurs… De retour à ma voiture, je me décide à quitter le Queyras. Le temps est vraiment trop mauvais et ne me donne pas envie de faire du tourisme culturel comme je l’avais un moment envisagé. Cap au sud, direction les gorges du Verdon, en passant par le col d’Allos… Le temps est mitigé, mais ce que je peux apercevoir de ma voiture me donne vraiment envie de revenir randonner au sud de Barcelonnette !

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Dernière modification par highlight (24-09-2014 20:43:36)


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. [...] J'irai par la forêt, j'irai par la montagne... (Victor Hugo)

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#2 24-09-2014 16:51:03

yplusx
Banni(e)
Lieu : Hautes Alpes
Inscription : 20-07-2014
Messages : 646

Re : [Récit + liste] Mon tour du Queyras... raccourci! (juillet 2014)

Quel bel endroit !, merci.

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#3 24-09-2014 22:38:31

ThiX
Ermite sociable
Lieu : Far East (Lorraine)
Inscription : 24-07-2012
Messages : 474

Re : [Récit + liste] Mon tour du Queyras... raccourci! (juillet 2014)

Ah bin tiens, j'ai lu le CR cet après-midi et il n'y avait pas encore les photos... c'est plus parlant avec  tongue

Merci pour ce retour. J'attends les retours sur le matériel.


En éMULation
Trombi

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#4 26-09-2014 14:39:10

jerem066
Jerem
Lieu : PACA - Gap
Inscription : 08-04-2013
Messages : 291

Re : [Récit + liste] Mon tour du Queyras... raccourci! (juillet 2014)

le queyras est magnifique, vous devriez tous y aller
il est caché par son voisin des écrins mais il est tout aussi beau !

C'est rempli de marmottes en plus :-)


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