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#1 12-12-2016 23:53:06

Ada
Membre
Inscription : 14-12-2014
Messages : 68

[Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Bonjour à tous,

Je m'attelle enfin à ce récit dont je ressors la première partie de mes cartons trois ans après smile

Très beau sentier parcouru avec ma soeur, en deux parties :
- La première moitié, de Port-la-Nouvelle à Quillan, en 6 jours début juillet 2013. A l'époque, c'est l'une de nos premières vraies randonnées itinérantes et on choisit par facilité de dormir en gîte.
- La seconde moitié, de Saint-Paul-de-Fenouillet à Foix, en 6 jours également au mois de juin 2016. Nous optons cette fois-ci pour un mélange bivouac/camping/gîte au gré de nos envies et de la météo.

Le tracé du sentier cathare propose au choix une variante nord par Bugarach et Quillan ou une variante sud par Puilaurens et Axat. L'un des avantages de faire le sentier en deux fois est qu'on peut ainsi parcourir les deux variantes.
Pour la petite histoire, le sentier cathare est devenu en 2014 un GR "officiel", le GR367, et dispose donc maintenant de son marquage rouge et blanc comme tous les autres GR. L'ancien marquage du sentier, orange et bleu avec un point rouge pour le soleil levant, avait aussi son charme !

Première partie du récit (été 2013) ci-dessous, seconde partie ici.


5 juillet 2013 - Port-la-Nouvelle -> Durban-Corbières
29,7 km

Réveil matinal à Narbonne. Nous avons prévu de prendre le train pour Port-la-Nouvelle aussi tôt que possible afin de commencer à marcher avant que la chaleur ne soit trop forte. Le train part vers 7h de Narbonne et arrive un quart d’heure plus tard à Port-la-Nouvelle. Le trajet dure quelques minutes à peine à travers les étangs côtiers, dans le soleil rasant du petit matin ; la voie de chemin de fer passe sur une mince bande de terre au milieu de l’eau et le calme matinal des étangs sert d’introduction à notre voyage qui va démarrer bientôt.

A Port-la-Nouvelle, la ville semble déserte à cette heure matinale. Nous aimerions bien manger quelque chose avant de partir, mais les commerces ouverts à cette heure-ci ne se bousculent pas et nous ne trouvons qu'un bar qui nous sert deux cafés mais qui n’a rien à nous offrir à manger. Qu’à cela ne tienne, nous avons quelques provisions que nous grignoterons en route.

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Au revoir Port-la-Nouvelle...

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Euh vous êtes sûrs pour le golf...? smile

A la sortie de la ville, le sentier monte immédiatement sur un plateau qui surplombe Port-la-Nouvelle. Une table d’orientation qui nous décrit le panorama : devant nous, la mer au bord de laquelle s’étale la ville et son terminal pétrolier plutôt disgracieux ; à droite et à gauche, la côte qui s’étire d’un côté vers Leucate puis les Pyrénées et l’Espagne, de l’autre vers Agde ; et derrière nous enfin la terre, et le piémont pyrénéen qui nous attend.

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Le plateau étale sa garrigue devant nous. Il fait déjà chaud malgré l’heure matinale. Nous traversons une rangée d’éoliennes où des panneaux explicatifs nous apprennent que l’une des éoliennes un peu à l’écart et à l’aspect un peu désuet est paraît-il la plus ancienne éolienne de France.

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C'est elle !

Juste après, le chemin plonge abruptement du plateau ; la garrigue sèche cède la place aux vignes et aux champs et nous atteignons Roquefort-des-Corbières après un passage par le bitume un peu morne.

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Roquefort à l'heure de la sieste

Nous entrons dans Roquefort-des-Corbières sous un soleil pesant. Il est près de midi, le ciel est entièrement bleu et il n’y a pas un souffle de vent. Le village est comme assoupi dans la chaleur. Nous traversons les ruelles presque désertes, faisons le plein d’eau à un robinet public à l’intersection de deux rues. Nous faisons les chameaux et buvons sur place avant de remplir nos bouteilles : il va faire très chaud et il n'y a pas d'autre point d'eau avant Durban. Nous sortons de Roquefort par une petite route bitumée qui monte doucement vers un second plateau que nous apercevons devant nous. Le chemin est exposé au soleil, le bitume renforce l’impression de chaleur et nous avançons lentement.

Nous faisons une pause déjeuner vers 13h. Nous nous enfonçons dans les fourrés qui bordent le chemin pour trouver de l’ombre et en profitons pour faire une sieste. Lorsque nous repartons, il est 14h et le soleil est à son apogée, le sentier est exposé au soleil et avec très peu de végétation : mais nous devons quand même avancer si nous voulons arriver à Durban pas trop tard. Nous montons sur le Plat des Courbines, où le chemin file tout droit dans une garrigue basse et sèche, quelque peu inhospitalière.

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Ambiance...

Nous avançons à allure lente mais régulière, profitant de la très rare ombre des quelques arbres du plateau, secs et tordus par le vent. Au loin à droite se trouve une autre rangée d’éoliennes massives. Le chemin bifurque, passe près des ruines d’une bergerie puis arrive au bord du plateau, où nous faisons une petite pause aussi bien pour admirer le paysage que pour nous reposer de la chaleur.

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Le sentier dévale la pente abrupte en quelques instants. Nous regagnons le plat, traversons une route puis nous engageons dans une combe. Le sentier monte et descend régulièrement ; ce ne sont que de tous petits dénivelés, mais conjugués à la chaleur écrasante ils achèvent de nous casser les jambes. Durban est normalement toute proche, mais le chemin semble toujours avoir une montée supplémentaire à nous présenter. Enfin, au bout de ce qui nous semble être de longues minutes, nous arrivons à l'entrée de Durban-Corbières.

La ville s’étire tout en longueur le long de la Berre, que traversent quelques petits ponts surplombant l’étroit cours d’eau et ses rives où se prélassent quelques promeneurs. Nous avons réservé notre nuit dans un gîte qui surplombe la rivière ; notre hôte nous sert un copieux repas dans le jardin puis nous montons faire un tour au château de Durban, qui surplombe la ville. Nous faisons rapidement le tour des ruines qui s’illuminent dans le soleil couchant, puis rentrons sagement nous coucher.

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Le château de Durban-Corbières


6 juillet 2013 - Durban-Corbières -> Tuchan
28,7 km

Un peu éprouvées par la chaleur de la veille, nous partons aussi tôt que possible aujourd’hui pour tenter de faire autant de chemin que nous le pouvons dans la fraîcheur de la matinée. Nous faisons un solide petit déjeuner au gîte et quittons Durban-Corbières en continuant sur la rue principale qui nous a hier amenées jusqu’ici.

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L'étape du jour... on n'ira d'ailleurs que jusqu'à Tuchan, qui est quand même à 30km d'ici

Très vite cependant, le sentier quitte le bitume et oblique sur la gauche, s’élevant doucement sur les hauteurs de Durban. Nous montons entre vignes et champs tandis que la lumière rasante du petit matin illumine la brume et colore de jaunes et de verts la campagne environnante.

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Le sentier chemine à flanc de colline, entre des taillis et des vignes. La campagne est d’un calme absolu sous un ciel matinal sans nuage ; seul un tracteur au loin fait monter un peu de poussière.

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Nous prenons quelques photos pour profiter de la douceur de la lumière et du relief, puis continuons et montons sur la colline de la Récaufa où la statue de Sainte-Raphine nous attend au sommet après une montée un peu abrupte.

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Sainte-Raphine

La première chose que nous voyons avant même d’arriver en bas de la statue, d'ailleurs, c’est un fauteuil blanc défoncé que des petits malins ont dû amener là par plaisanterie, bien que je suppose que monter le fauteuil ici n’a pas dû être une mince affaire.

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Pas très MUL le fauteuil, mais j'vous jure que c'est pas nous qui l'avons monté ici... tongue

Du pied de la statue, la vue sur les environs est très belle et le regard porte loin : au sud-ouest se profilent les Pyrénées et le Canigou, plein est nous voyons les éoliennes de Port-la-Nouvelle où nous avons commencé à marcher hier. Le sentier descend ensuite lentement et agréablement par une crête, qui nous conduit ensuite dans un vallon puis une autre crête qui finit par nous amener au village d’Embres-et-Castelmaure, que nous atteignons vers midi.

Embres-et-Castelmaure est un petit village : une rue principale, une place de la mairie et quelques maisons éparses. Il y a une épicerie qui fait dépôt de pain et un robinet public sur la place de la mairie où nous remplissons nos bouteilles et faisons une petite pause. Au sortir d’Embres, le sentier suit une route goudronnée pendant un long moment. Nous avançons avec impatience, guettant la fin du goudron, mais la route monte doucement et n’en finit pas. Nous finissons par trouver un endroit pour faire notre pause déjeuner, mais ce n'est pas très confortable et nous repartons assez rapidement. Le paysage alentour est assez monotone : des collines recouvertes d’un taillis uniforme, peu d’arbres, et toujours le soleil qui tape en ce début d’après-midi.

Le chemin finit par abandonner le goudron et nous entrons peu après dans la Forêt Domaniale des Corbières Orientales. Nous avançons sous le soleil, mais manquons un peu de motivation : la forêt basse nous bouche la vue, la progression est pénible à cause de la chaleur, ce sentier à flanc de colline n’en finit pas. Enfin nous franchissons un petit col bas et descendons tout droit à travers champs vers le hameau de Nouvelle. A Nouvelle, à nouveau un peu de bitume sans intérêt jusqu'à apercevoir devant nous, au sommet d'une hauteur, les ruines du château d'Aguilar, précédées au détour d'une vigne par celles du château de Domneuve.

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Ruines de Domneuve

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Aguilar sur son pog et Tuchan en contrebas

Nous sommes en fin d’après-midi : les derniers visiteurs que nous voyons partent alors que nous approchons. Il y a une guérite à l’entrée du site, où une dame charmante nous vend les billets pour la visite, offre de garder nos sacs pendant que nous visitons le château et nous prête un classeur d’écolier qui fait office de guide touristique. Depuis le haut du mur d’enceinte, la vue embrasse la plaine de Tuchan et les montagnes environnantes ; tout au loin, les Pyrénées se profilent à l’horizon.

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Après la visite, nous récupérons nos sacs, achetons des cannettes bien fraîches qui sont une véritable bénédiction après l’eau tiède de nos bouteilles et dévalons le pog vers Tuchan où nous faisons quelques courses pour le dîner. Le gîte où nous allons est en dehors de la ville, mais nous nous faisons prendre inopinément en stop par notre hôte qui venait à notre rencontre en voiture. Nous partageons un dortoir de 4 personnes avec deux autres jeunes filles, des Belges, qui font également le Sentier Cathare mais qui sont elles parties d’Embres-et-Castelmaure ce matin même.


7 juillet 2013 - Tuchan -> Duilhac-sous-Peyrepertuse
24,3 km

Nous avons prévu comme la veille de partir aussitôt que possible afin de marcher à la fraîche avant la chaleur de la journée. Nous nous réveillons vers 6h mais nous profitons quand même de la terrasse du gîte pour prendre un petit déjeuner face à la plaine et au jour qui se lève. Le petit déjeuner et le départ traînent un peu en longueur, et nous finissons par prendre la route vers 7h30. La lumière, alors que nous descendons vers Tuchan, est comme les jours précédents superbe : douce et rasante en ce petit matin, illuminant la campagne environnante de couleurs pastel.

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Nous traversons Tuchan encore endormie, puis nous quittons la route sur la droite pour passer au milieu des champs. Sur notre droite nous surplombe la Montagne du Tauch qui s’allonge sur plusieurs kilomètres jusqu’au Grau de Padern vers lequel nous nous dirigeons, droit devant nous. Le sentier s'élève au-dessus de la plaine pour cheminer ensuite en balcon au-dessus de la vallée encaissée du Verdouble. Au détour d'une avancée rocheuse apparaît devant nous le défilé rocheux du Grau de Padern.

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Le Grau de Padern

Le sentier descend doucement le long de la paroi rocheuse pour rejoindre la route à l’endroit où celle-ci enjambe le Verdouble sur un pont à arches en pierre qui cadre parfaitement avec le paysage rocheux.

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Nous suivons la route un moment jusqu’à Padern, petit village tout en hauteur le long d’une des rives escarpées du Verdouble. Nous faisons le plein d’eau à une fontaine municipale et en profitons pour nous reposer quelques instants, avant de reprendre le chemin qui bifurque sur la gauche en s’éloignant de la rivière pour grimper vers le château.

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Le village de Padern

Le village est calme, nous croisons peu de gens ; quelques rues et un escalier plus haut, nous arrivons aux ruines du château de Padern qui surplombe le bourg.

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Les ruines du château de Padern tout en haut

Nous passons sans nous y arrêter – un écriteau nous avertit que les ruines ne sont pas sécurisées et donc potentiellement dangereuses – et continuons à flanc de coteau à longer la vallée. Le chemin en terre est large et sans beaucoup d’ombre ; la chaleur de la fin de matinée commence à se faire sentir. Au bout de quelques centaines de mètres de plat, le sentier finit par monter en direction de la ligne de crête qui doit nous emmener jusqu'au château de Quéribus. Le chemin est heureusement boisé pendant une grande partie de la montée. Nous passons les ruines du prieuré de Molhet, qui ne sont plus que quelques pignons en pierre dressés au milieu des arbres, et nous faisons rattraper par une randonneuse que nous avons aperçue de loin la veille au château d’Aguilar. Nous faisons un brin de causette : elle fait également le sentier cathare, en solitaire. Elle est plus rapide que nous et part devant, nous laissant prendre des photos de la vue sur la vallée qui commence à porter assez loin.

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Le panorama : le village de Cucugnan en bas dans la vallée, le château de Peyrepertuse sur sa crête rocheuse au fond à droite et le Pech de Bugarach tout au fond au milieu

Encore un peu de montée sous le soleil, et nous voici au col où nous posons nos sacs pour quelques minutes le temps de reprendre quelques forces. Le vent, que nous n’avions pas senti jusque-là, est très fort sur la crête et menace de faire s’envoler tout ce à quoi nous ne nous agrippons pas fermement. Nous contemplons le paysage un moment puis repartons avec l’idée de trouver un peu plus loin un endroit ombragé où déjeuner. Le sentier redescend légèrement de l’autre côté de la crête vers le château de Quéribus, que nous ne voyons pas encore. La végétation est basse et peu abondante, le soleil ardent ; nous ne trouvons pas d’endroit suffisamment abrité pour nous arrêter avant d’avoir parcouru un bout de chemin qui nous semble très long dans la chaleur de ce milieu de journée. Enfin, nous finissons par longer un petit bois de jeunes pins suffisamment grands pour que nous puissions nous asseoir à leur ombre. Nous nous installons confortablement dans l'herbe, cassons la croûte et faisons même une petite sieste avant de repartir.

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Depuis la crête

Le sentier devient un chemin de crête et bientôt apparaît devant nous, perché sur son piton rocheux, le château de Quéribus. Nous connaissons déjà le château pour l'avoir visité à plusieurs reprises - j'ai un souvenir de visite par temps venteux particulièrement épique - mais voir à nouveau la silhouette du donjon massif et des murs d’enceinte faisant corps avec le rocher se dresser sur le ciel bleu constitue toujours un moment particulier.

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Quéribus

Le chemin de crête nous conduit, toujours sous la silhouette de Quéribus, jusqu'à l'entrée du château, d'où nous pourrions monter visiter les ruines. Mais nous les connaissons déjà et avons encore un peu de chemin à faire et préférons donc continuer directement vers Cucugnan puis Duilhac-sous-Peyrepertuse. Il y a un peu de monde sur le parking, un mélange de touristes d’origines diverses – hormis les français, beaucoup d’européens de toutes sortes. Nous prenons quelques photos du château mais quittons rapidement l’endroit, un peu trop peuplé à notre goût. Le sentier vers Cucugnan descend directement depuis le parking et est orné d'un avertissement pour les randonneurs.

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On a testé pour vous : c'est effectivement un peu casse-pattes smile

Nous partons hardiment dans la pente et dérapons de plus belle sur le chemin qui est effectivement très raide et caillouteux. Je me retrouve sur les fesses suite à un dérapage non contrôlé, mais nous finissons par retrouver le fond de la vallée et nous dirigeons vers Cucugnan sur sa petite colline.

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C'est quand même beau même si c'est raide...

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Cucugnan

Nous ne nous attardons pas dans le village, qui est néanmoins joli, petit et ramassé sur son promontoire, avec une activité touristique due sans doute à Alphonse Daudet et son fameux curé... Après Cucugnan, un peu de goudron nous amène en vue de Duilhac-sous-Peyrepertuse, niché à flanc de colline sous le château qui lui donne son nom. Le chemin finit par couper à travers champs pour déboucher dans le village, où nous nous perdons quelque peu en cherchant notre gîte que nous finissons quand même par trouver. Un mini coup de pub ici : on a rencontré plein de gens très sympa sur le chemin et nos hôtes ont toujours été super, mais peu d'entre eux ont été d'une gentillesse aussi peu commune et autant aux petits soins que Marie-Christine qui nous a hébergées au gîte des Lavandes (le petit déjeuner XXL "spécial randonneurs" avec vue sur Peyrepertuse est pas mal non plus !). Donc avis à ceux que ça intéresserait, et fin de la page de pub smile


8 juillet 2013 - Duilhac-sous-Peyrepertuse -> Camps-sur-l'Agly
16,1 km

Comme d'habitude maintenant, réveil matinal pour avoir le temps de marcher avant la chaleur de la journée. Dehors, le jour commence à poindre et le soleil levant teinte délicatement de rose pâle la montagne alentour. Le chemin monte pour passer en contrebas du château, dont le site n'est pas encore ouvert à cette heure matinale : nous ne le visiterons donc pas. Nous nous arrêtons cependant pour prendre quelques photos du paysage dans la brume.

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Au loin, de l’autre côté de la vallée, la silhouette de Quéribus se dresse à flanc de montagne, son profil émergeant nettement de la crête rocheuse.

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Quéribus au loin

Nous restons un moment à contempler la vue puis continuons notre chemin. Le sentier court en balcon sur une petite distance avant d’atteindre un petit col qui ferme la vallée que nous longeons. Nous croisons un unique randonneur qui vient en sens inverse, et sommes seules sinon.

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Sur le col, nous bifurquons sur notre droite pour suivre le sentier qui continue à flanc de montagne mais à présent sous le couvert de la forêt. La fraîcheur des arbres est extrêmement agréable ; nous montons doucement dans une petite combe, passons un ruisseau et émergeons finalement sur le Pla de Brézou, un petit plat herbeux qui aurait fait un parfait emplacement de bivouac.

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On est aussi sur le GR36

Devant nous se dresse le Pech d'Auroux, dont nous entamons l'ascension. Le sentier monte de manière assez raide en suivant la ligne de crête. Le chemin de terre est abrupt mais est protégé du soleil par une végétation assez dense. Au fur et à mesure que nous montons, le panorama sur le relief avoisinant se dévoile : crêtes rocheuses, forêts rases, pâturages vert tendre.

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En montant au Pech d'Auroux

Avant l’arrivée au sommet, le sentier devient encore plus abrupt, nous devons mettre les mains par endroits. Enfin nous arrivons au sommet du Pech, qui est plat et pierreux et offre un superbe endroit pour faire une pause. Nous sommes au point le plus haut à des kilomètres à la ronde et avons une vue à 360° sur la région alentour.

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Au sommet

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Saint-Paul-de-Fenouillet et la Clue de la Fou

Nous prenons le temps de faire une pause, de grignoter un peu et d’admirer le paysage, puis nous quittons à regret le sommet du Pech d’Auroux pour continuer tout droit et redescendre de l’autre côté, vers les gorges de Galamus. Le sentier descend rapidement à travers une végétation rase, nous avançons rapidement. Nous rencontrons, venant en sens inverse, une famille avec un jeune enfant qui nous demande à quelle distance nous sommes du sommet. Il n’est pas très éloigné, mais ils n’ont que très peu d’eau, ne sont pas bien équipés pour marcher et le soleil tape fort. Nous nous inquiétons à mi-voix, leur proposons de l’eau, mais le père de famille nous dit que tout ira bien. Nous les laissons partir tandis que nous prenons le chemin d’où ils viennent.

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Le Pech de Bugarach, toujours lui, au fond

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Le haut des gorges de Galamus

Au bout d’une longue descente, nous arrivons finalement au niveau du Moulin de Cubières. Nous avons un petit kilomètre à faire sur le goudron, que nous décidons d’avaler au pas de charge. Nous n’avons pas encore déjeuné et souhaitons nous arrêter dans un endroit sympathique. Enfin nous retrouvons un sentier, enjambons le Ruisseau de Cubières puis passons l'Agly à gué. Sur l’autre rive se trouve un petit ponton en bois qui nous semble être l’endroit idéal pour nous arrêter : nous posons donc nos affaires et grignotons nos provisions, les pieds dans l’eau.

De là où nous sommes, il ne reste que quelques petits kilomètres jusqu’à Camps-sur-l’Agly où nous nous arrêtons ce soir en gîte. Nous les parcourons sans hâte, entre les champs et les bottes de foin, pour finalement arriver à Camps qui est un tout petit village perché sur une éminence rocheuse surmontée d’une chapelle. Il est encore tôt : nous profitons tranquillement de la fin de notre après-midi pour nous promener dans le village et nous reposer.

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Camps-sur-l'Agly


9 juillet 2013 - Camps-sur-l'Agly -> Saint-Julia-de-Bec
25,9 km

Départ encore plus matinal que les autres jours ce matin : nous avons une étape assez longue devant nous. Il fait encore nuit quand nous nous levons ; nous déjeunons rapidement puis faisons nos sacs et partons alors que l'aube commence tout juste à poindre. Il y a juste ce qu'il faut de lumière pour voir où nous mettons les pieds sans avoir besoin de sortir nos frontales. Il est tôt, nous sommes en pleine forme et nous avalons la distance sur la route en profitant de l'éveil de la campagne tout autour de nous.

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Petit matin sur les Corbières

Sur notre gauche, le Pech de Bugarach nous surplombe et nous ne tardons pas à prendre un chemin qui monte à l'assaut de ses flancs. La montée se fait en sous-bois, dans la fraîcheur et le calme quasi-absolu du petit matin. Nous ne montons pas au Pech lui-même, mais visons un petit col un peu en dessous du sommet qui permet de descendre ensuite vers le village de Bugarach. Il est environ 8h quand nous arrivons au col, qui est couvert d'une prairie aux herbes folles où nous posons nos sacs quelques minutes pour reprendre notre souffle et surtout admirer la vue, qui s'étend maintenant très loin vers les Pyrénées dont nous apercevons les sommets enneigés au loin.

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Sur notre droite, derrière l'arête qui continue à grimper perpendiculairement à notre chemin, se profile le sommet du Pech de Bugarach, dont on ne voit d'ici que le haut rocheux. Nous restons un bon moment à contempler le paysage, puis décidons qu'il est temps de reprendre la route.

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Sur les flancs du Pech de Bugarach

Le sentier bordé d'arbres descend doucement à travers une prairie pour arriver aux ruines de Campeau, un hameau au bord d'un petit lac à présent abandonné. Quelques maisons en ruine marquent l'endroit, étonnamment calme dans le soleil matinal.

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Les ruines de Campeau

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Puis nous quittons le replat de Campeau pour plonger dans la vallée sur un sentier à moitié couvert par les arbres. Nous descendons rapidement, arrivons dans un pâturage où paissent une douzaine de chevaux.

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Nous nous arrêtons pour prendre quelques photos, puis nous repartons droit vers Bugarach dans une longue descente. Le soleil commence à être haut dans le ciel et sa chaleur commence à se faire sentir. Il est temps de rejoindre le village pour pouvoir faire le plein d'eau : nous y arrivons vers 11h30.
Ma soeur et moi sommes très curieuses de voir à quoi ressemble le fameux village de Bugarach, dont on a tant parlé fin 2012 au moment où les rumeurs de fin du monde avaient laissé entendre que le Pech de Bugarach serait le seul endroit épargné par un éventuel cataclysme. D'après les médias, ces rumeurs avaient visiblement transformé à ce moment le petit village tranquille en foire touristico-médiatique attirant avec le même succès fous mystiques, touristes curieux et chasseurs d'extraterrestres en tous genres : nous nous attendons donc à être surprises (mais sans savoir exactement par quoi smile ).
Quand nous entrons dans Bugarach, c'est un petit village aux rues tranquilles endormies sous le soleil. Nous ne voyons que peu de monde, et aucune trace de l'agitation médiatique : si le village a été chamboulé, il s'est depuis remis de ses émotions. Nous ne pouvons pas nous empêcher d'être un peu déçues : on espérait vraiment y trouver quelque chose d'un peu hors du commun, mais c'est apparemment juste un village des Corbières aussi charmant et normal que les autres.

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Dans les rues de Bugarach

Il nous faut de l'eau et de quoi renflouer nos provisions. Pas de point d'eau dans le village, il nous reste à aller à l'un des seuls commerces ouverts qui est une épicerie à l'entrée du village qui fait également office de syndicat d'initiative et de café-restaurant. Nous achetons un peu de pain, de la terrine à tartiner et remplissons nos bouteilles d'eau. Nous faisons un peu de causette avec le gérant. Il nous explique que le pain est bio, fabriqué sur place, de même que tout ce qu'il vend dans sa boutique. Il nous explique que la faune et la flore de la région sont exceptionnelles, qu'il y a une grande quantité d'herbes médicinales dans les environs et nous parle des ballades qu'il fait pour aller observer les oiseaux. C'est l'archétype de l'activiste écolo qui a quitté Paris pour venir ouvrir une boutique à la campagne.
Puis la conversation passe sur Einstein et la relativité, sur laquelle notre interlocuteur se montre très assuré et bavard. Je suis rapidement larguée devant les concepts dont il parle et me contente de hocher la tête de temps en temps comme si je comprenais.
Puis il commence à parler des trous noirs et de plein de choses liées à l'astrophysique. Je pige de moins en moins ce qu'il raconte, me dis qu'il serait peut-être temps de prendre poliment congé et d'aller manger notre terrine au soleil.
Puis il se met à disserter sur la mémoire de l'eau. Ça doit bien faire 20 minutes qu'on parle, il est intarissable et ma soeur et moi avons depuis longtemps laissé tomber l'espoir de comprendre ce qu'il nous explique avec beaucoup de conviction. Il va falloir commencer à chercher une excuse pour s'en aller sans passer pour des malotrues.
C'est à peu près à ce moment-là que la conversation arrive sur les voyageurs du temps et les extraterrestres qui ont désynchronisé l'espace-temps.
Booooooon va falloir qu'on y aille là Monsieur (dit-elle en essayant de ne pas éclater de rire). C'est pas tout ça mais il nous reste du chemin à faire hein. Bonne journée à vous et merci pour cette conversation passionnante big_smile

On sort de la boutique, on tourne au coin de la rue et on éclate simultanément de rire avec ma soeur. On aura finalement trouvé ce qu'on s'attendait à trouver à Bugarach, à tel point que nous nous demandons si le gars n'est pas un acteur payé par l'office du tourisme pour amuser les visiteurs de passage... Quoi qu'il en soit, la montée en puissance de l'étrangeté de la conversation avec notre interlocuteur était absolument parfaite et nous en rirons encore longtemps après avoir quitté Bugarach, non sans nous demander si l'épicier n'aurait pas par hasard mis des substances illicites dans la terrine qu'il nous a vendue.

Nous quittons Bugarach de très bonne humeur sous le soleil de midi et prenons un sentier qui monte tout droit vers le Col du Vent, un peu plus loin et plus haut sur la crête. Le chemin monte en lacets dans les bois ; au bout d'un moment, nous nous rendons compte que nous ne voyons plus les balises du sentier, et accusons immédiatement les extraterrestres d'avoir désynchronisé l'espace-temps. Ah non, c'est juste qu'on s'est planté de chemin. Quelques minutes après, nous arrivons au Col du Vent et faisons une pause à l'ombre pour déjeuner avec les provisions que nous avons achetées à l'épicier de Bugarach.

Après une petite sieste, nous reprenons le sentier qui se transforme à ce moment en large piste forestière. La piste descend doucement et sans grand intérêt pendant plusieurs kilomètres. Nous passons un petit col large et apercevons juste en-dessous de nous le village du Bézu, constitué de quelques maisons au bord d'une petite route en lacets.

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Au fond, c'est toujours le Pech de Bugarach

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Le Bézu

Après le Bézu et sa route principale très en pente, il nous faut marcher sur une portion de route goudronnée et sans intérêt, qui nous donne encore plus chaud sur le bitume ensoleillé. Nous arrivons à Saint-Just-et-le-Bézu, puis un petit sentier nous fait enfin quitter le goudron et couper à travers champs jusqu'à Saint-Julia-de-Bec où nous nous arrêtons ce soir.


10 juillet 2013 - Saint-Julia-de-Bec -> Quillan
10 km

Le réveil n'est pour une fois pas trop matinal. Nous avons un train à attraper à la mi-journée à Quillan et seulement une dizaine de kilomètres à faire.

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Saint-Julia-de-Bec au petit matin

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Sur la route

Le chemin quitte doucement Saint-Julia-de-Bec et descend par une piste en terre jusqu'à croiser un ruisseau, puis remonte de l'autre côté pour rejoindre une route goudronnée. La température est fraîche, agréable et nous marchons vite. Au bout de quelques minutes sur cette route peu passante, le sentier bifurque sur la gauche en une piste forestière qui monte en petits lacets serrés au milieu de la forêt. Le sentier continue ensuite à flanc de colline jusqu'à atteindre le Col des Trois Quilles, ainsi nommé pour les trois petits sommets qui dépassent de la crête que nous longeons. De l'autre côté du col, nous apercevons la vallée de l'Aude et derrière elle une brèche dans le rocher appelé le Trou du Curé.

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Le Trou du Curé

Les derniers kilomètres jusqu'à Quillan se font sans problème et bientôt nous descendons une sente raide qui pique droit sur la ville. Le retour à la civilisation se fait sentir. Les abords de la ville sont sans véritable intérêt ; la carte indique un château à visiter, mais nous sommes déçues par ce quadrilatère de muraille à la cour remplie de déchets et décorée de graffitis. Nous descendons donc vers le centre-ville et profitons du marché pour faire quelques emplettes de produits locaux avant de prendre notre train. Ainsi s'achève la première partie de notre promenade cathare smile

Dernière modification par Ada (20-12-2016 21:50:43)


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#2 13-12-2016 09:37:20

Rouquemoute
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Salut

Ah tiens ! Les sentiers cathares...
L’Aude en été, c'est courageux... Il doit faire pas loin de 40 ° dès 10 h du matin...
D'un autre côté, ça permet de camper avec le minimum, car j'imagine que les nuits devaient être encore bien tempérées.
Vous n'avez pas eu de problèmes avec les feu de forêts ?

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#3 13-12-2016 13:30:50

ollé ollé
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

smile ben comme quoi , nul n'est  besoin  d'aller loin pour se dépayser et faire rêver...
merci


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#4 13-12-2016 13:51:25

yplusx
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

On voit clairement le côté plus aride que le pays Cathare Ariègeois.

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#5 13-12-2016 18:31:13

Ada
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Rouquemoute a écrit :

D'un autre côté, ça permet de camper avec le minimum, car j'imagine que les nuits devaient être encore bien tempérées.
Vous n'avez pas eu de problèmes avec les feu de forêts ?

La partie qu'on faite en bivouac était la deuxième moitié, donc plus vers l'Ariège et un peu plus tôt dans l'année (juin). On a même eu une ou deux nuits assez fraîches au-dessus de 1000m où je ne faisais pas la maligne dans mon duvet 0°C (mais bon je suis une grande frileuse...).
Mais si on avait fait la première partie en bivouac en juillet, il aurait effectivement fallu faire très gaffe avec le réchaud pour ne pas mettre le feu à la moitié des Corbières tongue


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#6 13-12-2016 23:06:19

Rouquemoute
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Très souvent de gros incendies sont provoqués par de simples mégots, alors le réchaud... ça semble risqué avec la sécheresse et le vent.

Mais en fait, je me demandais si vous n'aviez pas été confronté à des incendies, ou forcé de changer de chemin. Il y en a eu plusieurs cet été. En 2014 je ne me souviens plus.

Les sentiers cathares ça me plairait bien, mais je pense que je préférerais le faire en automne, avec les vignes multicolores, moins de chaleur et moins de risques incendies. smile

Dernière modification par Rouquemoute (13-12-2016 23:07:16)

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#7 14-12-2016 08:48:55

Oeuf
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Je confirme, cet été plusieurs incendies, dont un notamment (à Montalba je crois) créé par un barbecue de randonneur. Les locaux étaient en panique en voyant des randonneurs, ils allaient les voir en leur disant de ne surtout pas faire la moindre étincelle. Ca à l'air bien mignon ce sentier Cathare, j'ajoute à ma liste  big_smile

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#8 14-12-2016 09:56:08

JV/JVpas
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Ton récit et tes photos me rappel des souvenirs . smile
J'avais parcouru ce chemin à la même époque mais à vtt , et je n'avais pas pris d'appareil photo avec moi : revoir ces images me replonge en plein dans les Corbières sous un soleil de plomb .
Tu décrit la montée sur Récaufa comme "abrupt" c'est le moins que l'on puisse dire !


♫♪♪♫ smile ♫♪♪♫

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#9 14-12-2016 16:03:50

Ada
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

JV/JVpas a écrit :

Tu décrit la montée sur Récaufa comme "abrupt" c'est le moins que l'on puisse dire !

A pied c'est abrupt. En VTT je sais pas si ça a un nom big_smile


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#10 20-12-2016 21:48:52

Ada
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Seconde partie (été 2016)
(Première partie ici)

Trois ans après la première partie, nous voici de retour sur les chemins cathares pour finir ce que nous avions commencé smile
Nous partons cette fois-ci avec un état d'esprit un peu différent de la fois précédente : pas d'étapes prédéfinies, de quoi bivouaquer dans nos sacs et une préparation qui se limite à peu près à l'achat de nos billets de train aller et retour avec 7 jours entre les deux dates. Il faut dire que depuis notre premier épisode cathare, nous avons toutes les deux eu l'occasion d'accumuler un peu d'expérience. Signe qui ne trompe pas, nos sacs sont de la même taille voire plus petits que pour la première partie alors que cette fois-ci nous emportons également le matériel de bivouac : pas de doute, la MULisation est en cours wink


11 juin 2016 - Saint-Paul-de-Fenouillet -> Caudiès-de-Fenouillèdes
15,2 km

Après le train depuis Paris (la seuneuceufeu nous a fait craindre le pire en annulant notre train, mais pour des raisons incompréhensibles du commun des mortels ça nous a finalement permis de voyager dans le suivant en première classe...), le bus de Perpignan nous dépose ma soeur et moi sur la place principale de Saint-Paul-de-Fenouillèdes. Il est 15 heures passées, c'est parti pour une petite première journée qui nous permettra de nous mettre en jambe !

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On the road agaiiin...

Nous sortons du bourg de Saint-Paul et rejoignons une petite route de campagne qui longe l’Agly, petite rivière calme vers les gorges de laquelle nous nous dirigeons. Il fait bon marcher, devant nous s’annonce le relief des Fenouillèdes qui borde la plaine centrale dont nous venons. Nous quittons le chemin carrossable et montons vers les gorges de Galamus pour nous hisser sur la route qui les traverse avec pour objectif de visiter l'ermitage Saint-Antoine.

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Saint-Paul-de-Fenouillet et la Clue de la Fou. Tiens, j'ai déjà écrit ça dans la première partie smile

Une fois sur la route, nous passons devant un petit oratoire après avoir jeté un coup d’oeil en arrière sur la plaine de Saint-Paul puis gagnons un parking où se trouve une buvette avec quelques vacanciers assoiffés. Du bout du parking, nous avons une belle vue sur les gorges et sur l’ermitage Saint-Antoine de Galamus, accroché à flanc de rocher dans cet environnement gris et vert sombre.

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L'ermitage

Un sentier qui descend le long des gorges mène à l’ermitage. Nous descendons une série de petits lacets puis arrivons en une dizaine de minutes à l’entrée de l’oratoire.

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Nous admirons d’abord la chapelle, grotte naturelle haute et étroite aménagée d’un autel et de bancs et meublée de divers statues, ex-votos et autres ornements. L’endroit est très calme, éclairé uniquement par la lumière du jour qui parvient par une large ouverture au-dessus de l’entrée. La lumière est très douce, c’est un bel endroit.

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La chapelle

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Saint-Antoine contemplatif

A l’extérieur de la chapelle, il y a d’autres oeuvres d’art, une minuscule boutique de souvenirs. Nous traversons l’ermitage et sortons par l’autre accès qui remonte au niveau de la route, que nous reprenons pour revenir sur nos pas et rejoindre le sentier par lequel nous redescendons vers l'Agly. Le sentier débouche en bord de rivière, juste en aval d’un petit barrage. L’Agly est à cet endroit large et peu profond, s’étalant en une sorte de piscine naturelle aux eaux claires qui donne très envie de se baigner. Nous devons traverser à gué, retirons chaussures et chaussettes et plongeons dans l'eau très froide qui nous monte jusqu'aux genoux en essayant de ne pas déraper sur les cailloux recouverts d'algues.

Après le barrage, le chemin suit pendant quelques centaines de mètres la route goudronnée puis bifurque vers la gauche sur une piste, dans un petit vallon désert. Le temps est à présent meilleur, le soleil brille entre les nuages qui se font plus épars. Nous sommes toutes seules sur le sentier. Nous passons un petit col boisé qui nous emmène dans un second vallon également calme et désert. Nous continuons jusqu'à Prugnanes où nous arrivons vers 19h. C’est un tout petit village niché au milieu des collines. Nous passons devant le gîte d’étape, faisons le plein d’eau à la fontaine de la place du village après avoir demandé aux deux grands-mères en train de discuter sur un banc si l’eau est bien potable (”Bien sûr !”), puis reprenons notre route. La lumière qui commence à décliner est superbe.

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Nous rejoignons bientôt une route que nous suivons sur quelques centaines de mètres, puis nous prenons un sentier à flanc de colline. Nous commençons à chercher des emplacements de bivouac, mais n’en trouvons pas beaucoup : trop de végétation, pas d’endroits plats où poser une tente. Nous commençons à fatiguer un peu : il est près de 20h et nous nous sommes levées tôt ce matin. Enfin, un petit kilomètre avant Caudiès, nous trouvons un champ couvert de hautes herbes qui semble convenir. L'emplacement n'est pas idéal (pile entre deux collines, donc avec du vent), mais ça fera l'affaire. Nous montons rapidement le bivouac et alors que nous commençons à sortir les provisions pour manger, nous sentons quelques gouttes de pluie nous tomber dessus. Zut, nous qui espérions profiter tranquillement de notre soirée... Au final ce ne seront que des gouttes éparses, mais nous rentrons dans la tente rapidement après avoir mangé.


12 juin 2016 - Caudiès-de-Fenouillèdes -> Axat
23,9 km

Nous nous réveillons vers 6h. La nuit n’a pas été très bonne, le vent a beaucoup fait remuer la tente. Nous replions le bivouac rapidement et partons sans petit déjeuner : l’endroit n’est pas très propice à poser un réchaud pour faire le café, nous visons plutôt une chapelle située après Caudiès où nous pourrons nous poser plus confortablement.

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Au petit matin

Le sentier devient route et file à travers champs vers Caudiès. Le village est endormi, nous ne croisons quasiment personne en traversant les petites rues du centre ville. Nous apercevons une boulangerie ouverte et en profitons pour acheter un peu de pain et des viennoiseries pour le petit déjeuner. Nous sortons de Caudiès, marchons encore un peu à travers champs et arrivons bientôt à côté de la chapelle Notre-Dame de Laval. Il y a une aire de pique-nique aménagée avec des tables, un point d’eau, des poubelles : nous posons nos affaires, faisons chauffer l’eau et prenons notre petit déjeuner. Le soleil commence à pointer son nez à travers les arbres ; nous sommes quasiment seules, nous croisons uniquement un autre campeur et un promeneur avec son chien.

Le petit déjeuner terminé, nous entrons dans les gorges de Saint-Jaume. Le sentier est un chemin étroit creusé à flanc de rocher dans les gorges qui ne font que quelques mètres de large. L’endroit est très agréable, le torrent qui coule en contrebas en fait un havre de fraîcheur.

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Les gorges de Saint-Jaume

Le chemin sort des gorges au niveau du petit village de La Vilasse et prend un peu de hauteur. Nous avons une belle vue sur les deux châteaux en ruines qui le surplombent, chacun perché sur son promontoire rocheux : le château Saint-Pierre et le Castel Sabarda.

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Le château Saint-Pierre

Le temps est à présent au beau fixe, le soleil commence à taper même s’il n’est que 10h. Nous nous enfonçons dans le vallon d’Aigues-Bonnes par une large piste forestière. Le vallon est boisé, nous avançons vite, le paysage est joli mais sans intérêt extraordinaire autre que le plaisir de se retrouver un peu à l’écart des habitations. Nous atteignons le minuscule hameau d’Aigues-Bonnes où nous sommes saluées par les aboiements des chiens et passons un petit col donnant sur la vallée de Puilaurens et son château.

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Le vallon d'Aigues-Bonnes

Nous faisons une pause au col, grignotons quelques fruits secs, profitons du paysage. Nous croisons un couple de randonneurs qui font aussi le sentier cathare en autonomie, dans le sens opposé au nôtre. Nous reprenons le sentier, qui part dans les fourrés avant de déboucher sur une piste forestière que nous empruntons pour descendre à flanc de montagne. Nous descendons un moment et apercevons pour la première fois le château de Puilaurens entre les arbres, perché sur son pic rocheux. Arrivées dans une petite clairière, nous avons le choix entre deux pistes et hésitons sur le chemin à suivre. Le balisage est invisible, nous essayons une piste puis l'autre mais elles deviennent toutes les deux rapidement mal entretenues et impraticables. Nous sommes perplexes et revenons sur nos pas pour retrouver le marquage du sentier : nous avons en fait raté le bon chemin au niveau du col, il nous faut donc y remonter pour le retrouver sad. Nous n'aurions jamais dû prendre la piste, le vrai sentier est un chemin étroit qui descend assez raide entre les arbres et qui est beaucoup plus sympathique qu'une piste forestière.

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Arrivée à Puilaurens

Nous entrons dans le village de Puilaurens et faisons une petite pause à l’ombre sur un banc. Il nous reste une montée avant le château, que nous grimpons tranquillement avec l'intention de déjeuner avant de visiter le château. Nous profitons du guichet du château pour acheter des boissons fraîches, délice absolu vu que le soleil tape un peu, et nous installons sur des tables de pique-nique à l’ombre de grands pins. Nous prenons notre temps pour grignoter nos provisions, confortablement installées à l'ombre.

Une fois le déjeuner remballé, nous prenons nos billets pour visiter le château et en profitons pour laisser nos sacs à la billetterie. Le sentier qui y monte est empierré, il faut faire attention où l’on met les pieds. Nous franchissons les chicanes successives du chemin d’accès pour déboucher dans la cour du château, tapis d’herbe verte entourée de hauts murs de pierre grise. L’ensemble est imposant et assez esthétique.

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Montée au château

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Nous restons une bonne heure dans le château, à en visiter les nombreux recoins assez bien conservés. Plusieurs points de vue sur les deux vallées qui se rejoignent à angle droit en contrebas du château nous offrent de beaux paysages et permettent d’apprécier le relief environnant, avec le Canigou qui se profile au loin entre deux versants.

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Lapradelle et la vallée de la Boulzane

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Le Canigou loin derrière...

Nous redescendons du château sur les coups de 16h. Il y a 5 à 6 km à parcourir avant d'arriver à Axat. Nous avons l'intention de nous arrêter un peu avant, peut-être à un camping que nous ont recommandé les deux randonneurs croisés ce matin. Le chemin suit une large piste forestière, quasiment plate, qui fait des lacets à flanc de colline. Nous nous ennuyons un peu et mettons le pilote automatique avec l'envie d'arriver rapidement. Le camping est isolé et quasiment vide, nous avons l'embarras du choix pour nous installer. Douche, lessive, dîner et dodo vers 21h.


13 juin 2016 - Axat -> Nébias
28,1 km

La nuit a été confortable au camping. Nous replions rapidement notre campement, sans petit déjeuner car nous envisageons de nous payer un vrai café à Axat, deux kilomètres plus loin. La ville est nichée tout en longueur dans la vallée de l’Aude et est encore dans l'ombre à cette heure matinale.

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Axat

Nous achetons quelques fruits, du fromage et du pain ainsi que des viennoiseries que nous mangeons quelques mètres plus loin, attablées à la terrasse d’un café au bord de l'Aude devant deux grands cafés crème. Le soleil est apparu, la terrasse en bordure de l’Aude, qui n’est encore qu’un large torrent, est un havre de fraîcheur et de calme. Nous quittons Axat vers 9h et prenons un chemin qui grimpe au-dessus de la ville et nous fait quitter la vallée de l’Aude pour un petit vallon perpendiculaire.

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Au fur et à mesure que nous avançons, nous voyons le ciel se couvrir de nuages ; nous espérons que nous n’aurons pas trop de pluie pour la suite de la journée. Nous atteignons bientôt le petit hameau de La Prade et ses belles maisons en pierre, puis apercevons devant nous le village de Cailla perché sur son promontoire.

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Cailla. Ça se couvre...

Nous rejoignons la route qui nous amène à Cailla. Quelques gouttes se mettent à tomber, pas encore suffisamment pour nous inquiéter, mais il ne faudrait pas que cela empire. Nous voulons faire une petite pause et allons nous poser à l’église, tout au bout du village qui surplombe ce qui est à présent la vallée de la Rebenty. Devant la petite église il y a une personne en train d’entretenir les plate-bandes ; nous voyant nous arrêter devant le porche, il nous demande si nous voulons rentrer et sans vraiment attendre notre réponse va nous chercher la clé pour nous ouvrir l’église. L’intérieur de l’église est refait à neuf, fraîchement peint en blanc et bleu.

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L'église de Cailla

Nous discutons un peu avec le "jardinier" qui a aussi participé à la réfection de l’église et qui nous invite à en faire le tour. Sur sa recommandation, nous montons même dans la chaire en nous imaginant à la place du curé en train de faire son sermon. Dehors la pluie a recommencé à tomber : nous traînons donc un peu à l’intérieur, écrivons un petit mot sur le livre d’or, grignotons quelques fruits secs. Nous finissons par repartir après avoir remercié le jardinier.

Depuis Cailla, il y a environ 4km à parcourir pour arriver au village d’après, Marsa. Le sentier chemine à flanc de versant dans la forêt : c’est agréable et nous sommes toujours seules. Il pleut un peu de temps en temps, mais nous ne sentons rien sous les arbres.

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Nous arrivons à Marsa après une heure de marche. Le village est en fond de vallée, sur la Rebenty ; il y a également une petite église trapue vers laquelle nous nous dirigeons instinctivement pour faire une pause avant la montée vers Quirbajou. Nous commençons par nous poser sur les marches à l’extérieur mais la pluie se met à tomber et nous allons nous installer sous son porche, à l'abri.

En repartant, nous passons le petit pont sur la Rebenty et prenons une piste qui monte rapidement à flanc de montagne, entièrement sous les arbres. Au fur et à mesure que nous montons, quelques éclaircies dans le couvert des arbres nous donnent de belles échappées sur la vallée boisée de la Rebenty, malheureusement un peu gâchées par un plafond assez bas. C’est par là que nous sommes arrivées tout à l’heure, bien qu’il soit impossible de distinguer le chemin sous les arbres. Nous voyons en revanche au bout de la vallée le pic rocheux à la forme caractéristique qui se dressait hier face au château de Puilaurens.

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C'est boisé smile

La pluie continue à tomber par intermittence. Après une petite heure de montée, nous arrivons à l’entrée de Quirbajou, au moment où la pluie redouble d’intensité. Nous nous mettons à l’abri sous un arbre mais nous comprenons rapidement devant le rideau de pluie qu’il ne s’agit cette fois-ci pas d’une simple averse. Nous commençons à nous faire mouiller sous notre arbre qui nous goutte dessus et scrutons attentivement la pluie pour détecter une accalmie qui ne vient pas. Nous sommes un peu crevées et avons très envie de nous poser pour déjeuner, mais il pleut tant et plus et nous n’avons pas le courage de sortir nos vestes imper de nos sacs pour faire les dernières centaines de mètres avant Quirbajou. Enfin, la pluie semble diminuer un peu d’intensité et nous sortons de sous notre arbre comme un diable de sa boîte pour filer vers le village et tenter de nous mettre à l'abri avant que la pluie ne recommence à tomber de plus belle. Nous trouvons sans peine l'église du village - les églises sont devenues notre lieu de pause presque systématique - et nous installons sous son petit porche. Sous le ciel gris et très lumineux, les maisons alentour ont presque un air breton smile

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Cailla depuis Quirbajou

Nous grignotons notre déjeuner en regardant la pluie tomber. Face à nous, l’autre côté de la vallée se découvre et se couvre au gré de l’avancée des nuages. Aucune amélioration ne semble se profiler à l’horizon, qui reste encombré de gros nuages bas et gris sombre, et la pluie tombe sans discontinuer. Sous notre porche d’église, l’ambiance est un peu morose, nous n’avons pas très envie de reprendre le chemin sous cette pluie.

La pluie ne donnant vraiment pas l’air de vouloir s’arrêter, nous finissons à contrecœur par sortir nos vestes imper et par quitter notre porche d'église. Après Quirbajou, le sentier monte doucement à découvert vers le fond d’un vallon. Nous avançons tête baissée sous la pluie, le plus rapidement possible. Miracle, au bout de deux kilomètres à peine la pluie diminue puis cesse complètement pour céder la place à un ciel à éclaircies et à une chaleur un peu lourde. Sous le soleil, les couleurs ont maintenant cet aspect éclatant laissé par le passage de la pluie. Le chemin continue en sous-bois, passe à côté d'un col répondant au doux nom de Casse-Crabides et débouche sur un petit replat couvert d’une herbe épaisse et verte et d'arbres aux fleurs blanches. C'est beau, on se croirait dans un film de Miyazaki.

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Après ce replat, le sentier replonge sous les bois et nous devons faire face à un autre inconvénient du temps pluvieux : la boue. Le chemin en sous-bois est complètement défoncé, nous devons faire attention à chaque pas pour ne pas déraper et nous étaler de tout notre long. En revanche, le soleil qui chauffe la terre humide de pluie produit sous les arbres une brume qui donne à la forêt un aspect de carte postale.

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Nous atteignons finalement le col de Camelier (on cherche toujours l'origine du nom, pas sûr qu'il y ait eu beaucoup de chameaux dans la région smile ) et prenons une large piste qui descend vers Coudons. Après la boue, nous prenons beaucoup de plaisir à descendre le chemin à présent sec sous un grand soleil.

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Coudons

Nous nous arrêtons quelques minutes à Coudons mais ne nous y attardons pas. Après Coudons, le chemin traverse un petit replat puis descend dans la plaine où se trouvent Nébias et le château de Puivert. Ce sera camping à nouveau pour la nuit, il y en a un près de Nébias. Les derniers kilomètres dans la plaine n’en finissent pas et le ciel est à nouveau menaçant, mais nous finissons par y arriver.

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Nous causons un peu avec le patron qui nous dit que la fréquentation du Sentier Cathare a beaucoup baissé ces dernières années ; le camping est très peu occupé, il nous donne un emplacement bien abrité du vent qui souffle pas mal à certains endroits. Je sors la tente et vais la faire sécher un peu au vent avant de la monter : voyant cela le patron nous propose carrément de nous installer pour le même prix dans l’un des bungalows en toile du camping. Nous le remercions mais refusons gentiment, notre tente fera parfaitement l’affaire.

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Là-bas c'est Puivert !



14 juin 2016 - Nébias -> Plateau de Languerail
32,1 km

Réveil après une bonne nuit, le linge est sec et il fait beau : la journée s’annonce bien, même si la météo prévoit du mauvais temps pour la suite. Nous quittons le camping vers 8h30 et prenons la direction du château de Puivert. Le chemin évite Nébias et monte sur une petite arête où les arbres nous cachent malheureusement le paysage. Au bout de l'arête se trouve le château que nous atteignons une petite heure et demie après notre départ.

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Nous prenons nos billets à l’accueil et y laissons nos sacs. Le château est assez bien conservé : le donjon en particulier est en excellent état et nous pouvons visiter tous ses niveaux, meublés comme à l’époque.

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Nous prenons notre temps pour visiter le donjon puis montons sur son toit qui offre une vue à 360° sur la campagne environnante. Il y a d’un côté le Pech de Bugarach au loin, de l’autre côté les contreforts des Pyrénées encore un peu enneigées et le village de Puivert en contrebas.

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Le Pech de Bugarach au loin... encore lui

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Le village de Puivert en bas

Nous récupérons nos sacs et descendons un petit bout de chemin pour arriver au village. Nous nous arrêtons faire quelques courses à l’unique épicerie et faisons une petite pause sur la place de l’église. Nous repartons à midi passées, avec pour intention de déjeuner une fois arrivées au village bien nommé de l’Escale.

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Puivert, le village

Après Puivert, le sentier file plein sud à travers les champs de coquelicots avant de monter vers le village de l’Escale que nous atteignons vers 14h.

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Nous pique-niquons assises sur un muret (l'église n'a pas de porche, scandale ! smile ) et ne tardons pas à repartir sous un ciel qui commence à se couvrir de manière inquiétante. Après l’Escale, le sentier continue à monter en lacets dans la forêt. Nous passons le col au Chandelier, le Pas de l’Ours et redescendons vers le plateau de Sault. Le plafond nuageux est devenu vraiment bas et nous nous disons que nous avons toutes les chances de bivouaquer sous la pluie ce soir... La perspective n'est pas très réjouissante, mais nous continuons à avancer vers le plateau de Languerail où nous avons prévu de nous arrêter ce soir.

Du plateau de Sault, nous ne retiendrons pas grand chose : c’est plat, il fait moche, les pistes sont inintéressantes au plus haut point, nous avançons donc le plus vite possible. Enfin nous arrivons au pied du sentier qui monte par une crête sur le plateau de Languerail. Il est 18h, nous sommes un peu crevées, nous avons hâte de trouver un endroit tranquille où dormir ce soir. Il y a bien une cabane forestière à 8km d'ici qui nous permettrait éventuellement de dormir au sec, mais c'est un peu loin et impossible de savoir si elle est ouverte ou non. On s'arrêtera donc sans doute avant. Bonne surprise, au fur et à mesure de notre montée le ciel semble vouloir se dégager et le soleil refait son apparition. Lorsque nous débouchons sur le plateau c'est sous un ciel bleu.

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Le plateau de Languerail

Le paysage du plateau de Languerail est beaucoup plus sauvage et isolé que le plateau de Sault en contrebas. Nous avons une belle vue sur les montagnes environnantes, et la lumière du jour qui commence à décliner rend l’ensemble très beau. Nous franchissons une clôture et ne tardons pas à tomber sur un grand troupeau de moutons escorté par ses patous, puis sur le berger et la bergère à côté de leur 4x4. Nous demandons au berger s’il connaît un bon coin pour bivouaquer, mais il n'a pas trop d'idée. Nous franchissons une seconde clôture et nous retrouvons cette fois en compagnie de plusieurs troupeaux de vaches. Sur notre droite, sous un ciel quasiment sans nuages, le pog de Montségur dresse sa silhouette au-dessus du Pays d'Olmes.

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Nous finissons par nous arrêter en bord de chemin, un peu en contrebas du plateau, à côté de quelques troncs coupés qui feront une excellente table à pique-nique.

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Nous montons le bivouac en écoutant le tintement lointain des cloches des vaches et en espérant qu'elles ne viendront pas trop nous embêter. Peine perdue, à peine avons-nous sorti le pain et le fromage que nous entendons les cloches se rapprocher et voyons apparaître l’un des troupeaux juste au-dessus de nous sur la crête. Les vaches nous regardent, nous regardons les vaches. Au bout d'un moment le troupeau semble avoir décidé que nous ne représentons pas de danger immédiat et commence à descendre la pente dans notre direction. Zuuuut, on remballe en quatrième vitesse toutes nos affaires éparpillées dans l'herbe et on les fourre dans la tente. J'espère que nous n'avons pas eu l'idée saugrenue de monter notre bivouac à l'endroit où elles passent habituellement la nuit smile Au moment de rentrer mon matelas dans la tente, je décide de le garder à la main et de l’agiter pour essayer d'éloigner les vaches, avant de me dire que sa magnifique couleur orange va peut-être au contraire les exciter, puis de me souvenir qu'en fait les vaches ne voient pas les couleurs, puis de me dire qu'au final j'ai l'air d'une andouille à agiter mon matelas. Je le range dans la tente avec le reste des affaires smile Pendant ce temps-là le troupeau est descendu de la crête au prix de quelques dérapages dans la pente raide et s’est approché gentiment de nous. Les vaches continuent à nous scruter intensément, puis décident de nous ignorer royalement et continuent à descendre le long du chemin jusqu'à être hors de vue. Salut les copines !
Nous ressortons le pain et le fromage, nous asseyons à nouveau sur les troncs et entendons le troupeau qui remonte vers nous. Elles en veulent à notre fromage, on est foutues smile Le troupeau passe à nouveau tranquillement et remonte sur la crête d'où il est arrivé tout à l'heure. On ressort une troisième fois le pain et le fromage en s’attendant à moitié à devoir les remballer dans la minute qui suit, mais cette fois-ci on est tranquilles et on arrive à finir de dîner sans autre visite.

Pour finir, on aura aussi droit dans la nuit à un concert d'aboiement de renards qui ont décidé de discuter entre eux tout près de notre tente. Les joies du bivouac smile


15 juin 2016 - Plateau de Languerail -> Montségur
24,2 km

Réveil vers 6h du matin. Nous plions rapidement le bivouac et nous remettons en route après un petit déjeuner rapide. Le ciel est nuageux, il a plu un peu pendant la nuit et nous plions la tente encore mouillée. Une fois rejoint le sentier principal, nous continuons à monter à travers prés sur un chemin à peine marqué tout en regardant le soleil se lever à travers les nuages.

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Le chemin quitte bientôt les prés pour rentrer dans la forêt. Nous passons près de la cabane forestière où nous avions envisagé dormir, qui est bien ouverte mais très petite. Puis nous montons par une piste vers le col de la Gargante, qui avec ses 1352m d'altitude est le point culminant du sentier cathare. Cette portion du chemin surplombe les gorges de la Frau et une éclaircie dans les arbres qui bordent le chemin nous fournit un beau point de vue sur la Montagne de la Frau en face et à nouveau sur Montségur un peu plus loin.

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Le ciel est quant à lui devenu presque entièrement bleu : la matinée s’annonce finalement très belle. Au col de la Gargante, nous prenons quelques photos souvenir puis repartons sur le chemin qui descendra à présent pendant une bonne partie de la journée. Après le col, les arbres se font plus épars et nous passons au milieu des alpages. Le paysage a insensiblement changé par rapport aux jours précédents, on se sent tout d'un coup beaucoup plus proche de la montagne. Pas très loin devant nous se dresse le pic Saint-Barthélémy au sommet encore enneigé.

Au milieu des prés, nous arrivons à Comus, accroché à flanc de montagne. C’est ici que le Sentier Cathare et le Chemin des Bonshommes se rejoignent. Il est environ 9h et nous aimerions bien prendre un café. Les rues sont quasiment désertes, mais nous nous dirigeons vers le gîte d'étape où les gérants s'affairent à des travaux de rénovation. Pas de problème pour prendre un café, et la patronne nous sert aussi de délicieux roulés à la cannelle en s'excusant presque de n'avoir que cela à nous proposer.

De Comus, nous prenons une piste qui s'enfonce dans les gorges de la Frau. Le début des gorges est large, le chemin serpente en fond de vallée au milieu des hautes herbes. Puis le sentier devient plus étroit et accidenté à l'endroit où les gorges se resserrent. Il fait beaucoup plus frais, le soleil n’atteint pas toujours le fond de la gorge.

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Au bout d’un moment, les gorges s'élargissent à nouveau et le chemin rejoint une voie carrossable. Nous faisons une pause avant de quitter les gorges pour nous diriger vers Montségur, notre étape de ce soir. Le temps est plus couvert et la météo annonce que ça va empirer d'ici ce soir : le confort d'un hébergement en dur nous tente, nous espérons qu'il y aura de la place en gîte.

La montée pour sortir des gorges se fait dans la forêt et très rapidement, nous commençons à marcher dans la boue. Nous essayons au début d’éviter les flaques de boue mais très vite nous n’avons plus d’autre choix que de nous enfoncer jusqu’à la cheville dans la gadoue. Nous avançons avec une lenteur désespérante, dérapant à chaque pas dans une montée assez raide et pénible qui n'en finit pas. Enfin le chemin redevient un peu plus sec et nous finissons par redescendre en sous-bois sur le village de Montségur.

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Le petit village est bardé de magasins d’artisanat d’art, de quelques boutiques de première nécessité et de plusieurs restaurants et bars : on sent qu’on est dans une zone touristique. Nous nous arrêtons dans une épicerie pour refaire nos provisions mais il n'y a pas grand chose de disponible et nous achetons seulement un paquet de gâteaux et des cacahuètes. L'un des gîtes du village a de la place et la patronne nous montre nos lits dans un grand dortoir aux lits superposés. Comme nous n'avons pas déjeuné et que la boulangerie du village est fermée jusqu'à demain matin, nous demandons à notre hôtesse si elle a quelque chose à manger : elle nous sert deux parts de gâteau à l'ananas qui nous permettront d'attendre tranquillement le repas du soir.

Nous laissons nos affaires au gîte et montons visiter le château qui surplombe le village de plusieurs centaines de mètres. La montée est un peu laborieuse : nous sommes un peu crevées et avons du mal à nous remettre en route après la pause au village, et le sentier qui monte en sous-bois au château est lui aussi bien boueux et accidenté. Nous croisons beaucoup de visiteurs qui se débrouillent avec plus ou moins de succès dans la montée. Enfin nous arrivons au château, dont il ne reste que l'enceinte qui enserre tout le haut du pic rocheux. Mais l'intérêt est surtout dans la vue à 360° qui s’offre à nous une fois arrivées au sommet. Même si le ciel est nuageux, la vue n’en est pas moins saisissante.

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Le village de Montségur en bas

Nous prenons le temps de profiter du paysage puis redescendons par le même chemin. De retour au gîte, douche, lessive rendue très nécessaire par la quantité de boue amassée aujourd'hui, puis dîner copieux avec les autres clients du gîte autour de la grande table commune avant de nous écrouler dans nos sacs de couchage.


16 juin 2016 - Montségur -> Roquefixade
18,1 km

Réveil assez tardif aujourd’hui : le petit déjeuner n’est pas prévu avant 8h. Nous avons rangé toutes nos affaires quand nous nous attablons autour d'un petit déjeuner simple mais copieux. Après le déjeuner, nous quittons le gîte après avoir salué nos convives et nos hôtes.

Le sentier quitte Montségur vers le haut, bifurquant au niveau du parking du château pour continuer vers l’ouest. Le temps est gris, uniformément couvert. Nous laissons le château derrière nous et plongeons dans un chemin en sous-bois qui longe un ruisseau. Il y a une route pas très loin, le chemin est agréable et bucolique mais on se sent à moitié revenues dans la civilisation.

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Ça descend, nous avançons d’un bon pas et ne tardons pas à arriver à Montferrier.

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Nous filons dans les rues du village, par ailleurs très pittoresque avec son alignement tout en longueur en fond de vallée et sa rivière, pour trouver le bureau de poste qui est à peu près notre seule possibilité de retirer un peu d'argent liquide pour finir le voyage (on a mal visé à quelques euros près...). Le bureau de poste est minuscule et désert : la postière semble contente de voir des gens et nous papotons un peu tandis que nous retirons de l’argent et achetons quelques cartes postales.

Le chemin monte un peu pour sortir de Montferrier, puis redescend à nouveau pour gagner une autre vallée. Derrière nous, Montségur domine toujours le paysage du haut de son pog.

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Nous faisons une pause déjeuner vers 13h, puis repartons vers Roquefixade, bastide installée à flanc de colline au-dessus d'une vallée large et basse.

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Comme la météo est mauvaise, nous préférons comme hier nous arrêter en gîte à Roquefixade et prendre le temps de visiter le château. Nous pourrions presque pousser jusqu'à Foix ce soir, mais notre train n'est que demain et nous préférons du coup traîner en route. Il y a un seul gîte à Roquefixade qui nous accueille cette fois dans une petite chambre double. Nous y laissons nos affaires et montons au château, dont l'entrée est libre et les ruines très peu aménagées pour les visiteurs.

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Nous profitons du paysage mais ne nous attardons pas trop car les nuages sont de plus en plus menaçants. Alors que nous redescendons vers Roquefixade, la pluie se met effectivement à tomber et c'est bientôt un rideau de pluie que nous regardons tomber à travers les fenêtres du gîte, pas fâchées d'être au sec pour la nuit. Nous pique-niquons avec le reste de nos provisions et nous allons nous coucher comme la veille rapidement.


17 juin 2016 - Roquefixade -> Foix
17,6 km

Il a plu une bonne partie de la nuit mais ce matin le ciel est bleu et le soleil brille. Dernier jour aujourd’hui et petite étape pour rejoindre Foix, tout au bout de la vallée que domine Roquefixade : nous ne sommes pas très pressées. Avant le petit déjeuner, que nous prenons au gîte, nous faisons un petit tour du village en compagnie de quelques-uns des autres randonneurs du gîte. La clarté de l’air nous offre une belle vue sur les environs, de Montségur que l'on voit encore à l’est jusqu’à (probablement) le Pic des Trois Seigneurs à l’ouest.

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Le petit déjeuner est une fois encore très copieux. Nous nous mettons en route sous un beau soleil. Le sentier démarre à flanc de colline par une petite sente étroite qui nous offre une belle vue sur la vallée, avant de descendre sur le village de Leychert.

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Jeu : trouver Montségur sur la photo smile

Après Leychert, le chemin alterne piste forestières et passages à découvert à travers des prairies. Le temps est toujours au beau fixe mais se couvre rapidement de gros nuages. Le chemin est agréable mais n’a rien d’extraordinaire ; bientôt nous commençons à entendre les bruits de l’arrivée sur Foix : circulation de grande route, bruits industriels divers… Le retour à la civilisation se profile.

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Une dernière dose de verdure...

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...avant de redescendre vers la civilisation

Enfin c’est la dernière descente, un peu raide, sur Foix dominée par son château.

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Nous prenons le temps de visiter le château et la vieille ville.

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C'est la fin de notre aventure cathare... Le retour à Paris est comme toujours un peu rude après une semaine de randonnée...!

Dernière modification par Ada (23-12-2016 19:36:59)


Utere, non numera

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#11 21-12-2016 21:08:53

Jobig
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

bonsoir Ada,  smile

Je viens de lire l'intégrale provisoire de ton récit sur le sentier cathare. Je m'abonne à la suite avec plaisir. La partie ariégeoise du parcours est-elle aussi bitumée ?

Jobig


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#12 23-12-2016 19:48:29

Ada
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Bonsoir Jobig, et merci smile

La partie ariégeoise est à mon sens plus sauvage que la section dans les Corbières : un peu plus montagneuse, un peu moins sur les sentiers battus... Après, le sentier cathare reste un itinéraire très "civilisé" qui a vocation à rester proche des villages - et des châteaux cathares - ce qui oblige malheureusement à faire régulièrement un peu de bitume...

Au final, la partie la plus sauvage du sentier, et ma préférée, est je pense celle entre Axat et Montségur. On n'échappe pas à un peu de goudron de temps en temps, mais ça reste limité, il y a de belles échappées vers les Pyrénées et on se sent un peu plus "ailleurs" smile


Utere, non numera

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#13 23-12-2016 21:28:06

Jobig
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Bonsoir Ada,  smile

Je pensais bien, pour y avoir séjourné brièvement, que le magnifique pays d'Olm (Puyvert/Montségur) était un peu plus champêtre. N'avez-vous pas essayé de travailler la cartographie en amont afin de réduire un peu ces portions d'enrobé ?

Allez, je me plonge dans ton récit ! big_smile

Jobig

PS : prévois-tu une liste en fin de parcours ?


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#14 23-12-2016 22:17:21

Ada
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Jobig a écrit :

N'avez-vous pas essayé de travailler la cartographie en amont afin de réduire un peu ces portions d'enrobé ?

Le bitume, c'est toute une question smile Plusieurs remarques me viennent à l'esprit en ce qui concerne le sentier cathare :
- La plupart des châteaux cathares à proximité du chemin sont des endroits relativement touristiques, donc on retombe inévitablement dans la civilisation si on veut les visiter. C'était l'un de nos objectifs assumés vu qu'on n'en connaissait aucun hormis Quéribus - et on ne regrette absolument pas - mais du coup ça oblige souvent à un peu de goudron avant le château !
- Les portions de route sont rarement très longues : la plupart du temps, c'est juste pour traverser ou pour suivre la route sur quelques centaines de mètres avant de reprendre un chemin. Les endroits où on a fait du bitume sur plus d'un ou deux km sont au final assez rares. En revanche, c'est vrai que c'est relativement fréquent. Et du coup le mot bitume revient souvent dans mon compte-rendu, ce qui me fait personnellement tiquer quand je le lis dans un autre récit wink La fréquence des portions de route n'est au final pas très étonnante dans la mesure où la région est quand même assez peuplée : on ne peut pas faire de très grande distance sans avoir à traverser une route de temps en temps smile
- Clairement, ce n'est pas l'itinéraire à faire si on veut se sentir seul en pleine nature pendant un mois... Mais c'est en revanche à choisir si on veut profiter du patrimoine historique très riche de la région : châteaux bien sûr mais également toute l'histoire et la culture du catharisme qui vont avec, les bastides, etc...

La liste est en cours de constitution sur mon trombi.


Utere, non numera

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#15 28-12-2016 23:52:08

MFrançois
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Ada a écrit :

Au moment de rentrer mon matelas dans la tente, je décide de le garder à la main et de l’agiter pour essayer d'éloigner les vaches, avant de me dire que sa magnifique couleur orange va peut-être au contraire les exciter, puis de me souvenir qu'en fait les vaches ne voient pas les couleurs, puis de me dire qu'au final j'ai l'air d'une andouille à agiter mon matelas.

Pas d'inquiétude : les vaches ne voient pas les andouilles :-)
Mais les couleurs, il y a des chances.

Merci pour ton récit qui est un vrai plaisir à lire.

Dernière modification par MFrançois (28-12-2016 23:52:38)

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#16 04-01-2017 02:25:25

tembia
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

J'habite dans les Corbières et m'étonne un peu qu'Ada trouve la région assez peuplée ; on peut marcher des journées entières sans voir personne , sauf au pic du Bugarach , bien entendu ( et aussi des châteaux , pompes à tirer l'argent des touristes ). J'ai bien apprécié son récit car j' ai l'intention de faire prochainement la partie Ariège que je ne connais pas .
     Pour ceux qui sont intéressés par la région et la solitude , il  est assez facile de bivouaquer en paix , hors saison de chasse , mais à cause de la désertification rurale , il y a peu d'épiceries . Les Corbières sont sèches et il est nécessaire d'aller se ravitailler en eau dans les villages .Tout cela a un poids !
    Autre problème , les risques de feu , surtout avec le vent : il vaut mieux manger froid que mettre le feu à la garrigue , parfois . Je me pose d'ailleurs la question : quel est le meilleur moyen de se chauffer un peu d'eau le matin sans flammes partant en tous sens et plus léger qu'un réchaud à gaz ?

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#17 04-01-2017 07:59:10

Rouquemoute
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Salut

Si tu randonnes dans les Corbières en été tu peux largement te passer de réchaud. Il fait déjà assez chaud comme ça  lol

Pour tout savoir sur les réchauds: https://www.randonner-leger.org/wiki/do … on_rechaud

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#18 04-01-2017 10:22:19

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

tembia a écrit :

Je me pose d'ailleurs la question : quel est le meilleur moyen de se chauffer un peu d'eau le matin sans flammes partant en tous sens et plus léger qu'un réchaud à gaz ?

Esbit? Alcool? Voir Choisir son réchaud.

Afin de laisser cette discussion centrée sur son thème initial, je t'invite, si la lecture du wiki et du forum ne t'apporte pas les réponses souhaitées, à poser tes questions dans un fil dédié.


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher! |k|
« Strong, light, cheap, pick two' » (Keith Bontrager)

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#19 06-01-2017 09:50:17

Myrtille88
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Bonjour Ada,
Bonne idée ce compte-rendu smile
J'ai l'idée d'aller faire un tour dans le coin et je voulais voir à quoi ça ressemblait.
J'ai beaucoup aimé ton récit, merci pour tous les détails
Vous avez bien eu du courage à affronter la chaleur de l'été, par contre il doit pleuvoir plus dans le 2ème secteur. roll
Les châteaux me semblent donner un vrai intérêt au circuit.
Certains lieux sont superbes comme le sommet de St Pech, ou l'Ermitage St Antoine
J'ai préféré la 2ème partie car plus boisée et encaissée (du côté de Cailla tongue )même si la campagne du début est très jolie surtout dans les brumes matinales smile
j'ai aussi craqué pour le lieu Casse-Crabides où tu as fait une superbe photo
ainsi que la photo de bivouac à Caudiès tongue

et bravo pour la "Mulisation" big_smile

Myrtille

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#20 07-01-2017 20:11:07

tembia
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

bonjour Myrtille ,
   Je te conseille de suivre tes envies et de venir faire le sentier cathare , en évitant juillet-aôut si tu le peux . C'est tout à fait tranquille hors-saison ; j'ai rencontré en septembre dernier 4 femmes qui marchaient depuis 5 jours :  j'étais leur première rencontre !
  Une petite remarque sur le climat : j'habite à 400m dans les Corbières , il peut y avoir des gelées blanches jusqu'à la mi-mai ; en juin , les journées peuvent être torrides mais au petit matin , il peut faire dans les 5 à 10 degrés ; la région est très venteuse aussi , le sers vaut bien le mistral et pour finir l'Ariège est très pluvieuse . C'est ici très variable du jour au lendemain : entre Noel et le jour de l'An , on pouvait manger dehors à midi mais avec  -5°C le matin mais sans vent , autrement dit , un temps génial pour marcher !
  Avec la déperdition agricole , la région s'embroussaille beaucoup et si tu veux éviter les portions de goudron , prends plutôt les chemins que les sentiers des cartes IGN , c'est souvent cul-de-sac et fringues en lambeaux , un peu ennuyeux quand on veut tracer sa route ! Enfin , ce n'est qu'une opinion , on peut penser differement !
  A bientôt , peut-être , par ici ...

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#21 13-01-2017 20:41:45

BBQ
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Messages : 53

Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Merci Ada pour ce merveilleux récit ainsi que pour ces très belles photos ...et ces anecdotes, j'ai bien rigolé !

tembia a écrit :

Une petite remarque sur le climat : j'habite à 400m dans les Corbières , il peut y avoir des gelées blanches jusqu'à la mi-mai ; en juin , les journées peuvent être torrides mais au petit matin , il peut faire dans les 5 à 10 degrés ; la région est très venteuse aussi , le sers vaut bien le mistral et pour finir l'Ariège est très pluvieuse . C'est ici très variable du jour au lendemain

Bonjour tembia, je rebondi sur ta petite remarque car en effet j'ai prévu avec deux potos de faire une partie de ce sentier à la mi-Mai justement. Je pense que ce sera dans le secteur de "Queribus à Puivert" A peux de choses prés ! Nous n'avons que 5 jours de marche. sad
Si tu as d'autres infos n'hésite pas je suis preneur. Lieux à ne pas rater par exemple.
Je me permet d'ailleurs de te poser déjà une question: trouvent-on facilement des points d'eau pour se ravitailler dans ce secteur à cette période? sachant que je filtre avec un mini Sawyer.
Ha oui ! pourquoi ces question ? et bien je vis dans les Hauts de France, pauvre de moi.  hmm

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#22 14-01-2017 09:22:05

tembia
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

Bonjour BBQ ,

          Il n'y a pas de souci avec l'eau sur le sentier cathare , le tracé passe par le maximum de villages possibles et tu pourras  y faire provision ; s'il n'y a pas de fontaine , il suffit de demander aux habitants  . Sinon , depuis l'année dernière , les rivières sont au plus bas et les ruisseaux à secs ; il peut pleuvoir en mars-avril (espoir) mais ne compte pas trop là-dessus . Un seul point : si l'abreuvoir du lieu dit  "les cols" , entre Duilhac et le Pla du Brézou  coule , il ne faut pas boire cette eau , il est alimenté par une flaque très fréquenté par les animaux , c'est bien crado .

   Si tu veux faire Queribus -Puivert , je présume que tu partiras de Tuchan , il y a 3 châteaux à visiter sur le chemin jusqu'à Duilhac ; on peut visiter le château de Padern malgré le panneau d'interdiction : les maires des petits villages interdisent les baignades et les lieux un peu risqués pour ne pas avoir de procès en cas d'accident , c'est tout ; sinon ils font payer très cher l'entrée ( Quéribus et Peyrepertuse )
Ceci dit , en cas de grand vent , on peut toujours se prendre un caillou sur le crâne dans les ruines laissées à l'abandon  , à chacun de voir !

  Pour visiter les gorges de Galamus , c'est goudron obligatoire , mais ça vaut le coup .

Pour rejoindre Campeau , avant le pech du Bugarach , je préfère passer par le Roc Paradet , un superbe point de vue sur les Pyrénées ; décoiffant les jours de vent !

  Campeau est un hameau abandonné où il est interdit de camper ( beaucoup de vaches et chevaux ) , mais il y a dans les ruines un petit corps de bâtiment qui peut faire un excellent abri ( bien sûr , je n'ai rien dit , les très friqués propriétaires des lieux n'ont pas l'air d'apprécier les randonneurs , mais ils n'habitent pas sur le site et ne rendent apparemment pas visite aux vaches  la nuit et le moins possible le jour , sauf erreur ...)

Après Campeau , soit tu redescends sur Caudies pour te diriger vers le très beau site du château de Puilaurens , soit tu passes par le Bugarach . La montée au Bugarach par le col du Linas est facile  ( sentier grimpant dans la forêt ) , par l'autre côté ( voie de la fenêtre ) un peu plus sportive .

  Je connais moins entre Bugarach et Puivert , mais , par le sud ou le nord , tu devrais te régaler .

  Il y a une brochure détaillant de manière exhaustive les commerces , hébergements , restaus ... il me semble qu'on peut la télécharger sur le site du sentier cathare .
Pour le ravitaillement , l'ouverture des épiceries de village est parfois aléatoires . A Tuchan , il y a une superette et 2 boulangeries .  A Cucugnan , sous le moulin , une excellente boulangerie mais à des prix pour touristes ; l'épicerie de Duilhac est fermée le matin...
A saint-Paul de Fenouillet : supermarché, ainsi qu'à Quillan ; si tu ne manges pas dans les gites , c'est peut être mieux de faire le détour par Saint-Paul parcequ'entre Tuchan et Quillan , ce n'est pas évident .


J'espère t'avoir un peu aidé . Amitiés des Bas-de-France aux Hauts-de-France  !

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#23 14-01-2017 21:00:13

Myrtille88
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

merci tembia pour tes conseils
en hiver et au printemps finalement c'est pas mal non plus

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#24 15-01-2017 12:20:26

boitagateau
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

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tembia a écrit :

Campeau est un hameau abandonné où il est interdit de camper ( beaucoup de vaches et chevaux ) , mais il y a dans les ruines un petit corps de bâtiment qui peut faire un excellent abri ( bien sûr , je n'ai rien dit , les très friqués propriétaires des lieux n'ont pas l'air d'apprécier les randonneurs , mais ils n'habitent pas sur le site et ne rendent apparemment pas visite aux vaches  la nuit et le moins possible le jour , sauf erreur ...)

Je retiens l'info, car quand nous y étions passé (avec une bonne pose),
je m'étais dit que si je devais y revenir, ce serait pour y bivouaquer !



tembia a écrit :

Je connais moins entre Bugarach et Puivert , mais , par le sud ou le nord ,
tu devrais te régaler.

Nous avions fait une boucle dans le secteur, empruntant en parti ces
variantes nord et sud, et je donnerais une petite préférence pour le
sud, avec entre autre le (court) passage des gorges de St Jaume.

.


Penser le changement... plutôt que changer le pansement.
Si à cinquante ans, on ne peux pas se passer de montre, on a quand même raté sa vie ! (inspiré par J.S.)

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#25 16-01-2017 13:44:47

BBQ
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Re : [Récit + liste] Deux étés sur le sentier cathare

tembia a écrit :

J'espère t'avoir un peu aidé . Amitiés des Bas-de-France aux Hauts-de-France  !

Ho que oui ! voilà de précieuses informations.
Merci d'avoir consacré de ton temps pour me répondre.
A bientôt !

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