#26 06-10-2018 23:55:37

wax
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Merci à tous les deux pour vos réponses. C'est vrai que je connaissais le site cité par Serval mais je me suis toujours demandé si cette méthode était vraiment efficace. Surtout quand il y a du vent. hmm

Shanx, ton CR est vraiment une super mine d'infos ! Merci encore pour le récit, les conseils pratiques et ... les photos ! big_smile

w.


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#27 07-10-2018 10:17:17

Serval
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

wax a écrit :

Merci à tous les deux pour vos réponses. C'est vrai que je connaissais le site cité par Serval mais je me suis toujours demandé si cette méthode était vraiment efficace. Surtout quand il y a du vent. hmm

Pas de miracle : quand il y a du vent, le parapluie c’est galère, même tenu à la main. Fixé au sac c’est pire, tu ne peux pas adapter rapidement son orientation.

En revanche, c’est vraiment utile dans ma pratique, pour marcher tranquille sous la pluie continue et sous le cagnard.


Modification non justifiée = orthographe, typo, etc.

Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai faits seul, et à pied. (J.-J. Rousseau)
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#28 07-10-2018 16:11:49

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Au nord de Silver City se trouve la seconde variante officielle (la première est une variante pour le point de départ que plus personne ne prend depuis qu'il y a une navette pour aller à Crazy Cook). Nous avons le choix entre la Gila et les montagnes noires. Ces dernières sont l'itinéraire officiel, mais c'est plus long, très sec et peu fréquenté (donc pas de cache d'eau pour le pauvre randonneur assoiffé). La variante de la Gila suit pendant une grosse centaine de kilomètre le canyon de la Gila. C'est considéré comme le premier "highlight" du CDT, même si ça implique de traverser environ 200 fois (littéralement) la rivière.

Nous attendons ça avec impatience, mais avant ça il faut quitter Silver City. Le matin nous faisons quelques courses complémentaires, et en prévision de mes chaussures mouillées j'achète une paire de tongs pour le bivouac (oui, on est encore assez feignant pour arriver assez tôt au bivouac et apprécier de retirer nos chaussures). Ensuite nous devons tenter de nous motiver pour partir. Un café plus tard, nous décidons d'aller prendre un burger. Il est donc environ midi quand nous arrivons à partir. Malheureusement, la première partie est sur route et franchement inintéressante. Au fur et à mesure nous quittons la civilisation pour rejoindre une belle forêt pleine de rochers. Nous devons faire 16mi/25km pour avoir de l'eau, donc c'est finalement une assez longue journée, surtout que c'est relativement vallonné. Il fait presque nuit quand nous arrivons au livre d'or laissé là par un ermite vivant dans la forêt. Nous sommes content de ne pas le croiser, car il a la réputation d'être très, très bavard. En même temps il ne doit pas croiser grand monde dans ce coin... Nous avons un ou deux kilomètres à faire jusqu'à l'eau. Après plusieurs déceptions, nous la trouvons enfin sous la forme d'un fin ruisseau. Aujourd'hui fut la première fois que nous croisons de l'eau courante, après 8 jours de marche.

Une nouvelle nuit à la belle étoile plus tard, nous voilà en train de passer le premier col d'importance (c'est à dire avec environ 200m de dénivelé - oui, c'est plutôt plat tout ça). Nous basculons dans la vallée de l'un des affluents de la Gila. Nous mangeons une fois au bord de la rivière (C'est beau ! C'est frais ! C'est humide !), puis nous la traversons en sautant un peu partout pour ne pas se mouiller les pieds. Environ 200m plus loin on arrive au bord de la Gila, que nous devons traverser. Bon, bah on mouille les pieds. C'est la première traversée, pas la dernière. Nos pieds seront toujours mouillés pour les 5 prochains jours.

Le programme est maintenant très simple : il suffit de remonter la rivière en essayant de ne pas trop perdre le sentier, qui zigzag d'une rive à l'autre. La rivière serpente dans une étroite vallée qui se transforme en canyon. C'est vert et luxuriant, ça change vraiment. Au milieu se trouve Doc Campbell's, un endroit avec des sources chaudes et un magasin de souvenir avec à peine de quoi faire un ravito. C'est notre objectif pour demain, et nous espérons y arriver tôt pour avoir une après-midi de détente.

L'avantage de cette section, c'est qu'on ne peut pas vraiment se perdre (plus tard, j'apprendrais qu'un groupe a commencé à descendre la rivière, faisant plusieurs kilomètres dans la mauvaise direction. Vu qu'on a pas besoin de consulter les cartes ici, ils ont mis un moment à s'en rendre compte...). Par contre, la progression est lente, le chemin se perd souvent, les crues arrachent des arbres et couchent les herbes... En chemin nous croisons un autre randonneur dont le filtre a été emporté par la rivière. Il est bien embêté, donc nous lui donnons des pastilles. Du coup, Casper et moi partons en grande discussion philosophique sur la gentillesse : est-ce que ça existe vraiment, ou est-ce que tous nos actes sont motivés par une raison égoïste (en l'occurrence, avoir bonne réputation sur le chemin, préparer le terrain pour le jour où nous avons besoin d'aide, etc.) ? Au moins, ça fait passer le temps.

Comme prévu, nous arrivons assez tôt à Doc Campbell's. Le magasin propose vraiment le strict minimum et la plupart des randonneurs s'envoie un colis de ravitaillement ici, mais ça demande une organisation que ni Casper ni moi n'avons. Heureusement, les autres autour de nous l'ont, et en plus ils avaient les yeux plus gros que le ventre. Du coup, nous récupérons les surplus, et finalement nous avons un ravitaillement plus que décent.

Le lendemain, nous avalons les 5mi/8km sur route avant le centre d'accueil du parc. Il y a des vestiges "pueblo" (bâtiments pré-amérindiens) dans le coin, mais nous découvrons qu'ils sont encore plusieurs kilomètres plus loin, en dehors du chemin. Nous décidons d'aller les voir, surtout que nous pouvons ensuite couper à travers les collines pour rejoindre la Gila. Nous ne le regrettons pas. Dans une vallée secondaire, sous les falaises se nichent de vieux bâtiments en pierre datant de plus de 700 ans. C'est vraiment sympa à voir, et c'est un très bon rappel concernant l'histoire avant la colonisation (oui, il y avait une histoire avant "les cow-boys contre les indiens") (attention à ne jamais utiliser ce mot aux US : on dit "native americans").

Après notre visite, nous revenons un petit peu sur nos pas avant de monter sur les collines. De l'autre côté, nous redescendons dans une petite vallée qui se termine en canyon. Les derniers cent mètres sont vraiment étroits, puis nous débouchons dans le canyon de la Gila. C'est vraiment magique. Nous reprenons notre remontée de la rivière en direction de Jordan Hot Spring, une source chaude perdue au milieu de ce canyon. Nous y passons un long moment, et j'en profite pour trouver la fuite sur mon matelas qui m'empêche de passer de bonnes nuits.

Les jours suivants se suivent et se ressemblent. Comme nous sommes dans un canyon, il fait plus froid que dans les plaines et il gèle la nuit. Nos chaussures et chaussettes sont gelées le matin, et nous devons les tremper dans la rivière pour pouvoir les mettre. Les 10 premières minutes de marche sont parmi les plus difficiles que j'ai jamais faites. À part ça, la progression est sans histoire, et pas très rapide. Trois jours après Doc Campbell's, nous arrivons à Snow Lake, qui marque la fin de notre remontée de la Gila. Il y a un camping, mais il est encore fermé donc pas d'eau, et l'eau du lac ne fait pas tellement envie. La Gila et son eau claire nous manquent déjà. sad Il est temps de sortir une technique de randonneur : le "yogi-ing", qui est l'art de demander quelque chose à quelqu'un, mais sans lui demander. Nous allons donc voir des pêcheurs pour leur demander où trouver de l'eau à boire, alors que nous savons qu'il n'y en a pas. Ça nous permet d'engager la conversation, et nous terminons avec de l'eau, deux bières chacun ("Vous préférez de la Bud ou de la Coors ?" "On est européen, on ne connait pas..." "Alors prenez les deux et goutez-les !") et des burritos maison. Loin de la diabolisation des américains moyen qui votent Trump (ce qui était très probablement le cas de ces pêcheurs), ils sont aussi d'une générosité sans faille.

16-04-2018
Premiers vestiges miniers
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Jolie forêt
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L'ermite a bien choisi son coin
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Magie
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17-04-2018
Un arbre blanc (j'ai décidé de commenter toutes les photos, alors voilà)
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Première traversée de la Gila
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Ce n'est pas encore vraiment un canyon
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Des fois c'est plus rapide de juste marcher dans la rivière
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18-04-2018
Parfois les pentes sont un peu plus abruptes
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Portion sans eau
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Dès qu'on s'éloigne de la rivière, c'est sec
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Retour sur la Gila
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19-04-2018
Gila Cliff Dwellings National Monument
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Vestige des Mongollon datant du XIIIè siècle
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Ils étaient pas si mal ici
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On est loin de l'image des indiens sous les tipis
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Je suis aussi jaloux de la vue
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Les marcheurs sont bien accueillis
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Un totem géant !
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Dans le canyon de la Gila
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De belles falaises
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Les pieds ne sont jamais secs
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Jordan Hot Spring
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Le canyon se resserre
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Tout n'est pas rose, mais c'est quand même le pied
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20-04-2018
C'est dur de repartir...
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La rivière devient de plus en plus petite (mais suffisante pour que nos pieds restent continuellement trempés)
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Voilà
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21-04-2018
Fin du canyon et castors
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Sortie du canyon
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Randonneurs contents
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Après Snow Lake c'est toujours sympa
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Paysage steppesque
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C'est beau hein ?
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De retour sur une piste pour Jeep
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Un arbre
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#29 08-10-2018 12:13:23

You
Ptit lapin givré
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Rhââââ c'est chouette !


There is a curse. They say : "May You Live in Interesting Times" (Terry Pratchett)
"Le froid est pour moi le prix de la liberté" (Elsa, Reine des Neiges) / "La météo, c'est dans la tête" / φ / (⧖)
Si Edition sans raison indiquée : GolgOrth, Saint Taxe, petites précisions diverses...

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#30 08-10-2018 14:10:38

vacuithe
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

cool magnifique, merci pour le partage !

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#31 08-10-2018 15:26:33

claudius
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

récit très intéressant à lire et des belles photos;merci de partager.

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#32 08-10-2018 23:02:05

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Youhou, 3 messages ! Vous méritez bien une petite suite, allez smile

Attention, la section qui va suivre n'était pas la plus intéressante au niveau des paysages. Après ça ira mieux.

Section 04 : Snow Lake - Grants (165mi/267km, 9.5 jours dont 1 jour de repos)
Après Snow Lake, il y a une dernière section plutôt jolie, puis c'est de la piste jusqu'à Pie Town. Rien de particulier à dire, à part qu'il fait chaud et qu'il n'y a pas tant d'eau que ça. Cette partie n'est pas folichonne, même si parfois, le matin ou le soir, les couleurs sont jolies. Et voilà qu'en 3 phrases, j'ai résumé 4 jours et 160km de marche... En revenant sur cette partie après la fin, je me rends compte qu'on était lent, à peine 40km par jour. Je pense que j'avais déjà les capacités pour faire plus, mais j'avais encore une sorte de blocage psychologique vu qu'avant de partir je m'attendais à faire 40km pour les plus grosses journées. Bref, le cerveau est aussi important que les jambes.

Pie Town, c'est 62 habitants, 6 églises, 4 restaurants, 0 magasins de nourriture. C'est aussi l'une des étapes incontournables du chemin. Il y a 20 ans, Nita, une habitante de Pie Town, a vu un cycliste qui passait devant chez elle. Ils ont discuté, et elle lui a proposé de passer la nuit chez elle avec sa famille. C'est devenu une habitude pour elle de proposer l'abri aux voyageurs. Lorsqu'elle a déménagé à quelques kilomètres de Pie Town, elle a conservé la maison en la laissant ouverte pour les cyclistes et randonneurs. Pas de réservation ou quoi que ce soit, prix libre, et atmosphère absolument fantastique. De très loin le meilleur endroit où passer la nuit sur le chemin. Nous avons d'ailleurs décidé - comme beaucoup de gens - de prendre un zéro ici, c'est à dire un jour de repos complet. Le premier, et c'est tellement bon.

Nous y rencontrons beaucoup de monde, et ce serait trop long de tous les lister. Les plus notables sont Perpermint Skunk (qui avait commencé avec Casper), Dodgy, Larry Boy et Da Bear. Ce sont ceux qui vont marcher plus ou moins avec nous jusqu'au Colorado (mais ça on ne le sait pas encore). Nous rencontrons aussi un voisin qui a été déployé en Afganhistan et qui depuis consomme et vend un peu tout ce que vous pouvez imaginer (mais avec lui la weed est gratuite pour les randonneurs #bonplan). Il nous explique longuement comment, s'il ne fume pas avant de dormir, il se réveille au milieu de la nuit en se pensant de retour en Afghanistan. La pitié pourrait être le premier sentiment qu'on ressent s'il ne se baladait pas avec un énorme revolver à la ceinture ; du coup c'est plutôt l'incompréhension qui domine. Comment quelqu'un qui avoue de lui-même avoir des problèmes psychiatriques peut avoir le droit de porter ça ? Lui ne voit pas le problème : les policiers les plus proches étant à 1h30 de route, il faut avoir de quoi se défendre, et au moins lui a eu une formation aux armes. Le débat sur les armes à feu est vraiment complexe, et les européens ont souvent ce type de discussion sur le chemin (Lone Star, en bon texan, possède 17 armes à feu, donc il était la personne idéale pour que Casper et moi puissions débattre du contrôle des armes à feu avec un connaisseur).

La section suivante est connue pour être l'une des moins intéressante du chemin, donc nous prenons un raccourci. Ce n'est que de la piste, mais au moins c'est plus court. Nous marchons avec Dodgy et Larry Boy ; ce dernier étant un baptiste très pratiquant, ça nous permet de changer de sujet de débat (Dieu/la religion/le libre arbitre). Mais même le débat le plus passionnant ne peut pas complétement faire passer le temps au milieu de ces plaines sans fin, donc je continue et finis mes Harry Potter en livres audio. Nous subissons notre premier orage : il pleut pendant au moins 10 minutes. Bon, je vais vous lâcher un scoop : encore une fois, j'aurais été extrémement chanceux avec la météo tout au long de la rando, avec moins de 10 jours de mauvais temps. J'ai aussi trouvé une bougie d'anniversaire à la Toaster House, et plantée sur un cinnamon roll c'est un parfait gateau d'anniversaire pour Casper. En guise de cadeau, Dodgy partage sa weed (mais vu qu'il partage toujours, je ne sais pas trop si ça compte). J'avais prévu de ramener de la bière, mais malheureusement les canettes n'ont pas passé la seconde nuit à la Toaster House. D'après les cartes, nous sommes dans un coin utilisé par les traficants pour larguer des colis de drogue par avion, donc déconseillé pour y dormir. Heureusement, durant la nuit seuls les coyotes s'échangent leurs jappements.

Nous montons au bord d'une falaise qui surplombe les badlands, une grande plaine de lave. La redescente en hors-sentier face à une grande arche me rapppelle mes meilleurs moments dans les Alpes, dommage que ce soit si court. Sur le parking où nous faisons une pause, une famille prend pité de nous et nous offre DES POMMES. Miam ! Un peu de route plus tard, et nous retrouvons le chemin officiel. À l'intersection se trouve une cache d'eau maintenue par des trail angels. Sans ça, cette section serait très difficile à gérer du point de vue l'eau, donc un grand merci à eux (qui ne liront jamais ce retour en français). Nous avons décidé de suivre le chemin officiel dans la mauvaise direction (c'est à dire revenir vers le sud, même si le chemin va vers l'ouest). C'est un peu compliqué à expliquer, mais au final nous devons traverser le champ de lave pendant une dizaine de kilomètres. C'est beau, mais c'est pas facile.

De l'autre côté du champ de lave, autre parking. Cette fois-ci on nous offre des myrtilles. Puis c'est reparti sur de la piste (une autre variante officielle), mais au moins on est dans une vallée/canyon, donc ça change un peu. Après un puit-moulin-à-vent (avec de l'eau superbement claire) nous retrouvons Larry Boy qui est déjà installé pour une nuit à la belle étoile. Je pense que 90% de mes nuits au Nouveau-Mexique se sont faite sans la tente. C'est un tel plaisir de ne pas avoir à monter l'abri et de voir les étoiles (même si j'ai pris beaucoup moins de photo de ciel étoilé que ce que je pensais, vu à quel point j'étais fatigué en fin de journée). L'arrivée vers Grants est interminable, sur une route avec des milliards de chiens dans les jardins qui nous aboient dessus. Grants est très étendue (9000 habitants), et le consensus est que c'est la pire ville sur le chemin (le seul qui a bien aimé cette ville était un allemand d'une cinquantaine d'année - est-ce qu'elle lui rappelait l'ex-RDA ? tongue ). Nous arrivons du côté du McDo, donc nous participons à la relance du capitalisme américain avant d'aller à la Poste, ou nous retrouvons Perpermint Skunk. Il cherchait à se motiver à partir, mais nous le remettons dans le droit chemin et il passe la journée avec nous pour repartir le lendemain matin.

Nous passons la nuit dans un hôtel juste à côté du Walmart, donc notre ravitaillement est une autre occasion de soutenir un fleuron du capitalisme. Pour oublier ça, nous allons à Outlaws, qui est probablement le seul bar ouvert ce soir. Bonne soirée, qui augure un départ difficile demain.

22-04-2018
Maintenant c'est environ 200km comme ça. Oui.
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Zone brûlée
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23-04-2018
On n'est pas les seuls à avoir besoin d'eau
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Heureusement qu'il y a des couchers de soleil
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24-04-2018
Regal horned lizard (je crois)
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25-04-2018
Toaster House - j'aime
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27-04-2018
Le truc que je veux pas croiser quand je dors
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Un groupe s'est formé
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Un orage se forme aussi
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28-04-2018
Les coyotes ont hurlé toute la nuit
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J'aime bien cet abri - merci à Bruno
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L'eau est bien claire, c'est cool
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C'est plat.
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C'est long.
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Vieille cabane tout juste bonne en cas de grosse tempête
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L'orage se forme doucement
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Entre les averses
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29-04-2018
Les premiers cactus en fleur
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El Mapais national monument ("mauvaises terres"), un immense champ de lave
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La descente. On ne dirait pas, mais ce fut un peu funky.
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La fameuse arche
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Premier serpent
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Arrivée dans la lave
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Contrastes
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Contrastes bis
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Des fois ça avance bien
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Des fois c'est plus long
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De la bonne eau !
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30-04-2018
Au moins le paysage est sympa...
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Mélange des époques
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#33 09-10-2018 10:39:22

Archimboldi
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Ça a tout de même un charme fou, les déserts ! La suiiite ! big_smile

Still I'm pushing onward, alone I can't deny
My presence fills the desert, my spirit never dies
As the world awakens me so hard, my values have been changed
I make a promise to myself: Never again


"Life is full of wonders for someone who is prepared to accept them." Moominpappa

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#34 09-10-2018 23:46:08

martie
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Shanx a écrit :

Youhou, 3 messages ! Vous méritez bien une petite suite, allez

Et ce n'est pas parce qu'on ne met pas de message qu'on ne suit pas!

on ne va tout de m^me pas mettre un message à chquaque fois pour dire que c'est super!

On le dit une fois et ça vaut pour tous les épisodes!

Merci Shanx!

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#35 10-10-2018 08:35:53

tacheton
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

+1. On suit attentivement, et comme je me suis fais bacher je m'abstiens de trop poster.

Un petit plus serait de mettre un extrait de carte. Question du type qui aime se perdre :  Tu fais toute la navigation avec ton tel ? Des bouts de cartes ? ou c'est vraiment simple ou bien balisé ? ou alors tu avais tout bien repéré avant ?
les petites marque CDT comme sur ta première photo sont fréquentes ?
Parceque si la grande piste en ligne droite ou suivre une rivière est assez simple, un désert sans repères visuels ça doit être coton...

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#36 10-10-2018 11:24:01

Amateur38
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

++1
Faut surtout pas mollir, stp  smile

Texte, photos, tout me botte.

Non seulement c'est un régal, mais en plus j'en profite pour suivre ton retour du CDT en parallèle avec celui de "Wired" en 2013.
https://www.walkingwithwired.com/cdt-2013

Signé : un autre lecteur qui profite honteusement sans le dire... jusqu'à présent.

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#37 10-10-2018 11:37:32

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Merci pour les messages smile

Amateur38 a écrit :

Non seulement c'est un régal, mais en plus j'en profite pour suivre ton retour du CDT en parallèle avec celui de "Wired" en 2013.
https://www.walkingwithwired.com/cdt-2013

J'ai pas mal lu le retour de Wired avant mon départ. Du coup c'était assez marrant de voir à quel point le chemin a changé (meilleur chemin, appli de navigation, meilleur wi-fi en ville, etc.).

D'ailleurs, concernant la navigation, je ferais un retour un peu complet plus tard. wink


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#38 10-10-2018 14:42:50

discret
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Hello,
+1 lecteur... discret.

Tu retranscris avec talent le ressenti au fil du chemin. Et bravo pour ces belles images.

C'est un bonheur de faire le CDT par procuration.

Continue à nous faire rêver  cool


discret n'est pas l'un des 7 nains.

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#39 10-10-2018 18:22:04

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Partie 05 : Grants - Cuba (109mi/175km, 4.5 jours)
Comme prévu, le réveil est difficile. Après moins d'un mois de marche, je sens déjà que je ne tiens plus aussi bien l'alcool qu'avant. C'est finalement assez important à savoir vu la qualité des bières des micro-brasseries américaines. Elles sont vraiment pas mal, mais du coup faut faire gaffe. Enfin bref, on traine pour partir, d'autant que les premiers kilomètres sont sur une route sans ombre. De grands panneaux annoncent qu'il ne faut pas prendre d'auto-stoppeur à cause de la prison que nous croisons. Heureusement (ah bon ?), nous sommes du genre à marcher. (Quand je dis "nous", le groupe est maintenant Casper, Skunk et moi).

Finalement nous arrivons au départ du sentier. Le CDT a la réputation d'être à partir de maintenant beaucoup mieux (plus de paysages, de reliefs et de variété). Nous quittons la route pour attaquer une bonne petite montée jusqu'au plateau de la mesa (d'après Wikipédia : "une élévation de terre dont le dessus est plat et les côtés constitués de versants" ; les plus connues sont dans Monument Valley, et y'en a dans tous les westerns). Le temps se couvre petit à petit, et la progression est difficile (gueule de bois, chaleur et rando ne font pas très bon ménage). Au vue de la météo annoncée, Casper et moi décidons de zapper le sommet du Mt Taylor (premier sommet à plus de 3000) et de rester sur le tracé officiel. Skunk n'est pas du genre à se décourager pour si peu, donc il part devant pour bivouaquer un peu plus haut que nous (il ne le sait pas encore, mais il va profondément regretter cette décision).

Le lendemain matin il neige. On est passé de températures caniculaires à environ 0 en une journée. Le vent s'est aussi levé, et si Casper et moi sommes confortablement à l'abri des arbres, nous pensons très fort à Skunk. Plus tard il nous racontera que la tempête (parce que ça en est bien une - je ne dis pas ça pour faire senstation, c'est juste comme ça que les américains l'appelaient) l'a rattrapé lorsqu'il était au sommet, et qu'il a choisi de couper dans la pente plutôt que de suivre le chemin de crête, d'où une importante perte de temps (et une perte de sensibilité pour ses mains). Même pour Casper et moi, la journée n'est pas très rigolote, surtout qu'assez rapidement nous quittons les arbres pour nous retrouver sur un plateau sans grande protection contre la grêle horizontale qui nous arrive dessus. Heureusement ça se dégage dans l'après-midi et la fin de journée est belle, même si toujours fraiche.

Le lendemain nous arrivons de l'autre côté de la mesa. Le paysage est magnifique, digne d'un western. Nous redescendons dans la plaine et slalomons lentement autour des mesa. La fin de journée est magique. Rien de plus à ajouter, voyez les photos par vous même. En tout cas, le désert de ce côté est bien plus beau que ce qu'on a pu avoir depuis le début. Nous dormons au pied d'une mesa en nous demandant où est Skunk, que nous n'avons pas revu depuis qu'il nous a quitté pour monter sur le Mt Taylor (le fou). Au matin nous montons sur la mesa puis nous suivons le bord toute la journée. Les points de vue et les couleurs des roches sont fantastiques, et pour couronner le tout les petits cactus sont maintenant en fleur. Skunk nous rattrape en fin d'après-midi en me faisant une peur folle : je ne l'entends pas arriver derrière moi, et un grand allemand brûlé par le soleil qui te saute dessus au milieu de nulle part, ça fait son petit effet. Nous allons bivouaquer près d'une source au fond d'un petit canyon ; Casper était loin devant moi, mais pas de souci pour se retrouver pour le campement vu le peu d'endroit avec de l'eau dans ce coin. Alors que la nuit est tombée et que nous nous couchons, nous entendons de drôles de bruits qui ressemblent à quelqu'un qui chante (faux). C'est Dodgy qui nous a enfin rattrapé (et qui se doutait que nous serions là, encore une fois à cause de l'eau).

Nous partons assez tôt pour arriver pour le repas de midi à Cuba (oui, finalement on a tellement marché qu'on a fait comme Moïse et on a traversé la mer des Caraïbes - haha neutral ). Le début est sympa, mais ensuite c'est long, surtout qu'on termine sur la route. Même si c'est la dernière route goudronnée qu'on aura à suivre avant un bon moment, ces 5mi/8km paraissent bien longs. Comme souvent, je passe le temps en appelant la famille et des amis, et ils commencent à comprendre que si j'appelle, c'est que je marche sur de la route.

Cuba n'est vraiment pas grande, mais il y a un McDo et de quoi faire un bon ravito, donc c'est pas si mal (oui, McDo est devenu ma référence : pour 7$ j'ai un repas qui me câle bien). Nous dormons chez un gars qui loue des chambres pour 20$ avec douche et lessive. Ces prix vont nous manquer quand on sera dans le Colorado.

01-05-2018
Sur le plateau de la Mesa (avec la gueule de bois et avant la tempête)
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02-05-2018
Gris sur gris
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On est vraiment à la limite de la neige
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Accalmie
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Le ciel bleu revient
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Restes de neige
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Restes de neige bis
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03-05-2018
Vue sur la plaine et sur les mesa
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Comme dans les western
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Panorama
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Lonesome walker
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Aka le marcheur solitaire
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Rivière de sable
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Autoportrait au coucher de soleil
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04-05-2018
Cailloux
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Sculptures
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Contemplation depuis le bord de la mesa
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Suivez les cairns
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Aménagements
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Nouveau-Mexique cœur cœur
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Dalles et couleurs chaudes
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Le soleil est de plus en plus bas
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Retrouvailles avec Skunk (qui a bien cramé)
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Ambiance
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Ambiance 2
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05-05-2018
Mini mesa
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#40 10-10-2018 18:22:39

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Doublon

Dernière modification par Shanx (13-10-2018 19:27:14)


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#41 10-10-2018 19:47:13

Bilbox
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Shanx a écrit :

comme si les US étaient la panacée pour eux.

J'imagine que tu as bien tripé, ne serait-ce que par l'ampleur du parcours, qu'est-ce qui t'as poussé vers l'american dream? big_smile

Pourtant perso quand je vois les photos du CDT et du PCT, et que je compare à ce que j'ai vu dans le Karakorum, en Himalaya, au niveau paysages -et dépaysement culturel, je trouve que ce n'est pas comparable, c'est beau mais ça n'a pas la majesté et le grandiose des montagnes. Sans parler du Caucase et de la Cordillère. Par contre on peut faire beaucoup de bornes d'un coup, ce qui n'est pas possible dans les paysages de pure haute montagne, sans parler des galères administratives. sad

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#42 10-10-2018 20:52:23

wax
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Salut Shanx !

Toujours aussi  cool  ton retour.
Je ne sais pas si c'est ma gueule de bois mais je vois ton dernier post en double !  wink

La suite, la suite, la suite ! big_smile

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#43 10-10-2018 21:36:36

balto38
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

+1 lecteur... discret.

idem pour le double

Super, pourquoi ne pas mélanger le texte et les photos.....

Les paysages sont super Keep on...

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#44 10-10-2018 21:41:25

chouxrave
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Bilbox a écrit :

Pourtant perso quand je vois les photos du CDT et du PCT, et que je compare à ce que j'ai vu dans le Karakorum, en Himalaya, au niveau paysages -et dépaysement culturel, je trouve que ce n'est pas comparable, c'est beau mais ça n'a pas la majesté et le grandiose des montagnes. Sans parler du Caucase et de la Cordillère. Par contre on peut faire beaucoup de bornes d'un coup, ce qui n'est pas possible dans les paysages de pure haute montagne, sans parler des galères administratives. sad

Karakorum, Himalaya, Caucase, Cordillère, c'est sûr que c'est fantastiquement beau ; on y est écrasé par toute cette beauté mais …
C'est comme si tu vas au Crazy Horse (Ça existe encore oui ?) ! Toutes ces belles filles aussi c'est fantastiquement beau ; on y est écrasé par toute cette beauté, mais…
Regarder et ne pas toucher !
Et c'est bien le problème de ces hautes montagnes. Sommets et pentes réservés à quelques-uns ; les autres se contentent de passer à leur pied, écrasés par tant de beauté et peut-être pas si sûr d'y être à leur place.

Alors que dans ces paysages immenses, soit disant monotones et pas si scéniques que ça, je trouve qu'on s'y sent vraiment Homo Sapiens, de celui qui veux aller voir au-delà de cet horizon lointain. Au milieu de ces paysages, où la vue peut porter à des dizaines de kilomètres, là je me sens infiniment à ma place. Je m'y sens grand, avec une infinité de possibilités à portée de main et à ma mesure.

Alors vivement la suite ! Et puis ce post en double, c'est cool ; on passe et on retourne. Y a pas mieux !  cool

Dernière modification par chouxrave (10-10-2018 21:42:35)

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#45 11-10-2018 10:21:45

Oisans38
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Bravo pour cette traversée qui doit être dure moralement….tant d’immensité parfois bien désertique. J’étais dans l’ouest américain en septembre mais en voiture et sur ma route, j’ai vu plusieurs fois des panneaux « continental divide « dans le montana, le wyoming, le colorado. Les paysages sont tellement grandioses, sauvages et variés d’un Etat à l’autre que je me demande si à pied, on peut se rendre compte de cette immensité et de la diversité ?  Pour ma part, j'ai trouvé que ça se prêtait plus au road trip qu'à la rando à part dans quelques parcs comme Rocky mountain ou Grand téton et encore). Même si les montagnes américaines n’ont pas la majesté des montagnes de l’Himalaya (ni même celle des Alpes) je trouve qu’il y a un sentiment de liberté qui émane de ces paysages infinis qui fait que tout parait possible dans ce pays. Je n’ai fait que quelques petites randos à la journée mais la présence d’ours n’est pas très rassurante. La plupart des américains rencontrés étaient équipés de clochette (est-ce bien efficace pour le bruit !) et d’une bombe à poivre à la ceinture. Et aussi, j’imagine bien que le macdo est devenu le graal car j’ai pu constater que tout en étant motorisé, ce n’était pas toujours évident pour s’approvisionner même dans certaines petites villes.

Dernière modification par Oisans38 (11-10-2018 10:25:30)

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#46 11-10-2018 15:11:58

ici_ou_la
ici? là?
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

un autre lecteur discret...

magnifiques photos.


je sais que je ne sais rien et même ça je n'en suis pas sûr...

ici_ou_là

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#47 13-10-2018 19:38:03

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Bilbox a écrit :
Shanx a écrit :

comme si les US étaient la panacée pour eux.

J'imagine que tu as bien tripé, ne serait-ce que par l'ampleur du parcours, qu'est-ce qui t'as poussé vers l'american dream? big_smile

Pourtant perso quand je vois les photos du CDT et du PCT, et que je compare à ce que j'ai vu dans le Karakorum, en Himalaya, au niveau paysages -et dépaysement culturel, je trouve que ce n'est pas comparable, c'est beau mais ça n'a pas la majesté et le grandiose des montagnes. Sans parler du Caucase et de la Cordillère. Par contre on peut faire beaucoup de bornes d'un coup, ce qui n'est pas possible dans les paysages de pure haute montagne, sans parler des galères administratives. sad

Il y aura toujours mieux ailleurs, ça c'est sûr.

En fait à la base je voulais faire le PCT, depuis longtemps. Les différents retours et photos (notamment celui de Nolok) m'avaient donné envie de découvrir les paysages américains qui font partie de notre imaginaire collectif (merci Hollywood) à pied. L'idée de partir sur une si longue durée était aussi un défi intéressant, tant physiquement que mentalement, comme je l'ai dit dans le premier message de ce fil. Enfin, j'ai commencé la rando par St Jacques. Si le camino est facile et les paysages loin d'être assez sauvages pour me plaire, j'avais adoré l'ambiance qui y régnait et la camaraderie entre compagnons de marche. En faisant le PCT, je savais que j'allais retrouver cette atmosphère si spéciale, qu'on ne trouvera pas au milieu du Karakorum.

Puis le film Wild est sorti, et la fréquentation du PCT a explosé. Je voulais rencontrer des gens, mais pas qu'on se marche sur les pieds. Former un groupe, oui ; une troupe (un troupeau), non merci. C'est pourquoi j'ai changé de plan et j'ai décidé de faire le CDT. Ceci dit, pour être honnête, après avoir parlé à pas mal de gens qui ont fait le PCT, c'est finalement assez facile de rester seul aussi, ne serait-ce qu'en marchant à contre-courant (nord -> sud).

Enfin bref, pour résumer, comparer le CDT (ou le PCT) à l'Himalaya ou aux Andes, c'est un peu comme comparer une HRP et le chemin de St Jacques. C'est facile d'avoir une préférence, mais la comparaison n'a pas vraiment de sens vu qu'on ne se lance pas sur ces chemins en recherchant les mêmes choses.

L'Himalaya est très haut dans ma liste des destinations futures, mais je ne regrette absolument pas d'avoir fait le CDT. Ce chemin m'a apporté des choses que le plus long des treks dans l'Himalaya ne m'apporterait pas (et l'inverse est bien entendu vrai).


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#48 13-10-2018 19:42:13

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Oisans38 a écrit :

Bravo pour cette traversée qui doit être dure moralement….tant d’immensité parfois bien désertique. J’étais dans l’ouest américain en septembre mais en voiture et sur ma route, j’ai vu plusieurs fois des panneaux « continental divide « dans le montana, le wyoming, le colorado. Les paysages sont tellement grandioses, sauvages et variés d’un Etat à l’autre que je me demande si à pied, on peut se rendre compte de cette immensité et de la diversité ?  Pour ma part, j'ai trouvé que ça se prêtait plus au road trip qu'à la rando à part dans quelques parcs comme Rocky mountain ou Grand téton et encore).

J'avoue ne pas trop comprendre... Comment on ne peut pas se rendre compte de cette immensité à pied ? Comment la voiture peut-être plus adaptée sur ce point spécifique ?

Par contre, c'est sûr qu'à pied on fait plus de sacrifices qu'en voiture. Par exemple, je ne suis pas allé voir Grand Teton (qui n'est pas sur le CDT) par manque de temps ; en voiture, c'est plus facile de sélectionner les sections où passer du temps.

Je n’ai fait que quelques petites randos à la journée mais la présence d’ours n’est pas très rassurante. La plupart des américains rencontrés étaient équipés de clochette (est-ce bien efficace pour le bruit !) et d’une bombe à poivre à la ceinture.

Nous avions tous (ou presque) une bombe anti-ours. Par contre, les clochettes sont complétement inutiles. Les ours ont plus ou moins la même ouïe que nous, et plusieurs fois je n'ai pas entendu les clochettes avant d'entendre ou de voir les randonneurs.


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#49 13-10-2018 19:45:10

Shanx
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

balto38 a écrit :

Super, pourquoi ne pas mélanger le texte et les photos.....

La raison principale est que je ne voulais pas trop saucissonner le texte. En temps que lecteur, je préfère lire des blocs compacts et logiques plutôt que de petits bouts disséminés ici ou là. En temps qu'auteur, je trouve l'idée de raconter une histoire sur plusieurs jours bien plus attirante, plutôt que de ne mettre que des instantanés coupés les uns des autres.

La raison secondaire est que c'est bien plus facile pour moi comme ça. big_smile


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#50 13-10-2018 21:38:06

chouxrave
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Re : Continental Divide Trail - le matériel

Shanx a écrit :

J'avoue ne pas trop comprendre... Comment on ne peut pas se rendre compte de cette immensité à pied ? Comment la voiture peut-être plus adaptée sur ce point spécifique ?

Je plussoie ++. Lewis et Clarke ont traversé ce continent à pied et en canoë et ils ne parlent que d'immensité.
L'immensité n'est pas faite des kilomètres d'un paysage, mais du temps passé à le traverser.

Le continent traversé au rythme d'un moteur sur un ruban de bitume ? Une simple collection de paysages trop vite dépassés, étriqués.

Dernière modification par chouxrave (13-10-2018 21:40:43)

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