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#26 19-08-2019 16:27:35

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Salut Magne2 et merci  wink

Tiens, une carte en complément pour comprendre les 2 temps de la formation de la frontière entre 1860 et 1947 :

7wlMe1FCQ.Comt-de-Nice.jpeg

(source wikipedia)


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
Hervé27-éMULe - ma liste 3.2 kg / 3 saisons
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#27 19-08-2019 16:42:25

azerty
Membre
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

en préface je viens de relire l'épilogue de ta HRP, tu aspirais à moins d'exploit et plus de méditation.
et là paf !!! jour 1  : 30 km / D+ 2 479 m. je vois que tu as vite retrouvé tes esprits  lol  lol  lol
hâte de lire les prochaines étapes , il faut que je choisisse pour l'année prochaine entre les Alpes et les Pyrénées.


profil / trombi ici

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#28 19-08-2019 18:36:55

Serval
Carpe diem
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Chouette, la troisième saison du feuilleton de fin d'été vient de commencer !  cool


Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai faits seul, et à pied. (J.-J. Rousseau)
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#29 19-08-2019 19:36:20

laxmimittal
Membre
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Ahh le Hervé27 saison III

"Je m'immerge dans la vasque, m'y savonne avec quelques gouttes de savon d'Alep, y lave mon linge (T-shirt, cuissard, chaussettes)"

Tout me plait... smile smile smile smile

... sauf le savon ...  hmm

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#30 19-08-2019 20:08:20

trois flèches
idéaliste mul
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Cool, vivement la suite  smile . Il y avait une très belle émission hier sur les combats dans les alpes durant la seconde guerre mondiale mais pas d'anecdote rigolote comme celle de ton capitaine.


"La morale, c'est comme la brosse à dents, chacun la sienne."  Charlie Bauer

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#31 19-08-2019 20:43:22

gergy
Membre
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Messages : 199

Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

laxmimittal a écrit :

#536385Tout me plait... smile smile smile smile ... sauf le savon ...  hmm L.

J'allais le dire mad ... Que se passe-t-il, Hervé, on oublie les bases roll ?
Merci quand même pour le CR  big_smile !

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#32 20-08-2019 10:26:29

Hervé27
éMULe
Lieu : Normandie
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Salut à tous et merci de votre passage et mots sympathiques  wink

@laxmimittal & gergy
Avant que de me porter au bûcher quant à mon usage irraisonné d'un produit détergent, quelques précisions :

1) 90% du décrassage de ma toilette / lessive est effectuée à grande eau (si fontaine / cours d'eau / lac à proximité) sans aucun usage de savon
2) la lessive proprement dite s'effectue dans un grand ziplock afin de diluer le moins possible le savon, contenant que je vide en pleine terre et non dans le ruisseau (idem pour le 1er rinçage)
3) j'utilise du savon d'Alep liquide, totalement naturel et biodégradable
4) les quantités sont infinitésimales, je crois avoir consommé moins de 15 g en 24 jours, pour 40 g emportés
5) lorsque je me savonne avec mon gant microfibre, la quantité de savon est si faible que je ne prends même pas la peine de me rincer (le gant fait des allers-retours dans le ziplock d'eau savonneuse)

A me relire j'ai pu laisser penser que j'avais fait mousser ma baignoire naturelle : il n'en est rien ! Je n'ai point contribué à l'eutrophisation de nos cours d'eau ... Je n'aurai point du écrire "m'y savonne", mais quelque chose comme "profite de son eau pour me savonner", et préciser que c'était avec parcimonie et dans le respect des principes … Voilà ce qui se passe quand on veut faire court …

@azerty
attends le deuxième épisode ...


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#33 20-08-2019 10:54:26

Lutosa
Membre
Lieu : 50ieme parallèle N
Inscription : 21-11-2018
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Ouf, on a eu chaud ! Feuilleton à suspens mais aussi plein de rebondissements entre les épisodes smile

Vu la méticulosité dans la préparation dont tu as fait preuve jusqu'à présent, je suppose que tu as fait un comparatif pour décider de la taille optimale du zip-lock pour économiser la lessive tout en restant pratique / efficace ? 8l ?

Blague à part, c'est vraiment un plaisir de te lire, j'attends la suite avec impatience !


« Il semble que la perfection soit atteinte, non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retrancher » Saint-Exupéry

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#34 20-08-2019 11:15:48

Hervé27
éMULe
Lieu : Normandie
Inscription : 01-11-2017
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

@lutosa

sacs 27 x 28 cm Domédia. Il faudra que je cherche plus costaud, car au bout de quelques jours le zip ne ferme plus vraiment, puis le plastique se perce / déchire (à renforcer / réparer au duct tape). Suffisant sur une sortie d'1 à 2 semaines, mais il faut en avoir en réserve au-delà. De fait je recyclais au fur et à mesure d'autres ziplocks vidés de leur alimentaire.

j'y verse ~3/4 à 1 litre d'eau pour 1 lavage (T-shirt, Cuissard). Je lave les chaussettes séparément dans l'eau savonneuse restante. Rinçage avec la même quantité d'eau, là aussi chaussettes à part.

La lessive consomme ainsi moins de 2 litres d'eau. Comme je pouvais charger jusqu'à 4 litres avant un bivouac, j'ai ainsi pu faire des lessives sur des bivouacs "secs".


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#35 20-08-2019 11:26:29

Amateur38
Membre
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Messages : 44

Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Quel pied, merci !
Passé dans le coin il y a 15 jours (en road trip... chut roll ), merci aussi pour l'explication historique qui permet de mieux comprendre ces curieuses architectures.
Je vais suivre assidûment.

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#36 20-08-2019 12:54:44

Eric le rouge
AnthropoMUL[ET]
Inscription : 13-04-2018
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Merci Hervé27 pour ce début de récit comme de coutume si détaillé. J'aime beaucoup l'aparté historique qui ne semble être qu'un début : quand ta "petite" histoire rencontre la grande smile
Je savoure d'autant plus ce début du côté de la verte Roya que je n'ai découvert qu'il y a quelques jours cette belle vallée frontière (pour un p'tit détour canyoning - j'ai pu goûter aux délices des vasques turquoises wink - sur le chemin italien pour un séjour grimpe au Corno Stella : autant dire que je n'étais pas en mode UL yikes ).
Ce coin m'a fortement tapé dans l'oeil en mode "ça devrait être top de faire une grande randonnée légère à partir d'ici".
Comme toi, j'ai senti la forte présence policière (on était en van et on a eu droit aux contrôles), signes bien tangibles d'un tout autre type d'itinérance, si loin de nos mobilités d'agrément.

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#37 20-08-2019 16:32:29

Hervé27
éMULe
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Messages : 894

Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J02 - 23 juillet : du vallon de Dreje au pied du Saccarel

Sans avoir mis de réveil et après quelques heures d'un demi-sommeil, la Lune à 1 ou 2 jours du dernier quartier vient éclaircir le ciel suffisamment pour modifier la perception de mon environnement et me sortir de ma torpeur. Je mets immédiatement un café à chauffer : il est 1h30 du matin, et pendant la chauffe je m'habille et remballe mon léger bivouac. Les vêtements ont bien séché sur la pierre chaude, même si ils sont encore un peu humides. Dès 2 h je suis prêt à repartir et m'engage légèrement aidé de la frontale sur le petit chemin qui m'a conduit ici. Il y a quelques passages où il faut combiner pieds et mains, c'était plus simple en plein jour ! Je suis très prudent et tout se passe très bien. A un moment, un frottement sur mes pieds me laisse croire qu'un vêtement est tombé de mon sac … Il n'en est rien : quelque animal à fourrure que j'aurai surpris vient de se faufiler rapidement et m'a caressé les chevilles … Pour un peu et si j'avais pris peur, il aurait pu me faire glisser dans la gorge que je suis en train de longer.

J'aime beaucoup la petite Petzl e-lite car sa lumière légère est juste suffisante pour voir où l'on met les pieds, mais n'est en rien éblouissante. Dès que je l'éteins je retrouve une pleine vision nocturne, sans passer par les longues minutes de réadaptation oculaire imposées par une lampe plus puissante. Cette nuit je n'utilise la frontale que dans les portions forestières les plus sombres, le clair de Lune étant bien suffisant partout ailleurs. Un autre critère m'en fait limiter l'usage : la police aux frontières cantonne juste de l'autre côté de la Roya, je ne tiens pas à me faire remarquer et à susciter un dérangement inutile par un éclairage intempestif, même si je n'enfreins aucune loi et que j'ai mes papiers ...

Le chemin principal une fois rejoint, juste en amont du pont qui surplombe le torrent où je me suis savonné passé à l'eau avec un usage parcimonieux de mon savon d'Alep que je n'ai pas rincé dans le cours d'eau afin d'en éviter l'eutrophisation, je remonte progressivement vers le village de Libre, longeant à faible distance le hameau de Giasteve. Dans la nuit je confonds deux directions sur mon GPS et commence une fausse route qui m'aurait fait redescendre dans la Roya, mais c'est vite corrigé et me voilà traversant le village silencieux. De temps à autre une ombre féline se faufile entre les murs à mon approche. Ma discrétion / timidité naturelle me fait craindre à tout instant de réveiller bruyamment un molosse aboyeur qui ouvrirait alors le concert canin auquel j'ai si souvent droit, mais tout reste silencieux.

Au centre du village je fais le plein d'eau (4 litres, encore !) à la fontaine. Elle est bruyante car munie d'un bouton poussoir : à chaque utilisation je rompt le charme silencieux du village endormi dans l'ombre. J'avais envisagé pour un éventuel bivouac les abords de la chapelle St Jean Baptiste, mais les lieux ne ressemblent en rien à ce que j'avais imaginé sur cartes où je croyais voir des prés cachés du village par la chapelle et quelques arbres. Tout cela est bien trop près des maisons et visible. Mon choix du vallon de Dreje était décidément excellent. Mes repérages pour le ravitaillement en eau aujourd'hui m'indiquent que je ne peux pas compter en trouver avec certitude avant la hauteur du Monte Pietravecchia, évaluée à presque 30km et ~10h00 de marche. Comme hier, j'ai obligation de parcourir cette distance avec mon fardeau aquatique sur les épaules. Au premier abord j'aurai pu croire qu'après la montée en crête le dénivelé serait faible, mais mon repérage m'a appris que je vais passer mon temps à faire du yoyo : au moins jusqu'au prochain point d'eau, je dois tabler sur un D+ cumulé de 3 000 m ! Pour couronner le tout, l'orage de fin de journée est à craindre et il me faut être en mesure de m'en protéger : heureusement, les innombrables fortifications / casernements / ruines offrent un vaste choix de couverts, sans même compter sur les quelques refuges privés et fermes du parcours.

Passé Libre et une petite portion forestière, le chemin rejoint une crête ascendante et dégagée. Les vues au clair de Lune y sont très belles, mais malheureusement pour vous mon téléphone est peu sensible aux faibles lumières et aucune photo n'est possible avant que l'aube ne s'installe.

Clair de Lune
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pas terrible, mais c'est le mieux que mon téléphone pouvait rendre après photoshopage (photo prise à 5h01)
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La fraicheur relative de la nuit (il fait très doux) procure un immense plaisir dans cette longue ascension, et lorsque j'atteins le Pas de Sausson après 1 000 m de D+ avalés en 2h15 depuis Libre, le levant est déjà flamboyant et j'y trouve une motivation pour presser le pas et trouver un point de vue imprenable pour ne pas manquer le lever du Soleil tout proche. Pour que plus rien ne me barre la vue vers l'arrivée de l'astre du jour, je dois atteindre le pied de la tête d'Alpe afin d'avoir une bonne vue vers le Nord-Est. Je crains de manquer l'horaire, mais au final je suis dans les temps.

Dès que j'ai trouvé mon point de vue, je m'installe sur le bord du chemin (déjà une confortable piste car c'est ici que je rejoins l'Alta Via dei Monti Liguri) et lance déjà mon second café du jour. A mon grand regret je ne peux réaliser de timelapse car mes batteries sont faibles, conséquence de la marche sous couvert forestier d'hier après-midi d'une part, et à la nuit de ce matin d'autre part. Je n'aurai plus ce souci une fois définitivement en altitude et au-delà de la limite des arbres.

Impression Soleil Levant 1
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Impression Soleil Levant 2
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Impression Soleil Levant 3
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Après 1 heure sur place à chauffer et siroter mon café (je crois même en avoir chauffé deux …), je repars à 7 heures et commence alors une longue promenade à cheval entre France et Italie. Sur de nombreux kilomètres, le chemin EST la frontière. Lorsqu'il ne l'est pas, c'est qu'il existe sur le versant français un sentier alternatif, tandis que la piste / route progresse sur le versant italien. Il y a ainsi régulièrement le choix d'opter entre les vues ligures sur un confortable itinéraire où il n'est guère nécessaire de surveiller où l'on pose ses pieds, où un tracé plus abrupt et sauvage côté français où le dénivelé est plus fort, agrémenté de nombreuses falaises. Cela permet de doser l'effort et varier les plaisirs.

Le chemin EST la frontière (notez que la numérotation italienne décroît en allant vers le Nord)
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Pas d'erreur possible pour le marquage de l'Alta Via
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Un petit air de Haut Jura, sauf que nous ne sommes clairement pas en terre huguenotte
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Au Colle Scarassan, le chemin quitte la frontière
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A partir du Col de Muraton (1 157 m, je suis bien redescendu depuis les 1 500 m de la Tête d'Alpe … autant à remonter par la suite), il est plus fréquent d'échapper au couvert forestier pour découvrir des vues inconnues pour moi avant ce jour. L'Est du département était pour moi une terra incognita que je découvre.

Unique rencontre avant la mi-journée, celle d'un vieil italien de 85 ans (il m'a livré son âge) accompagné de quelqu'un dont je n'ai pas compris s'il s'agissait de son fils, d'un ami ou d'un guide. Echange sympathique sur ce que chacun de nous fait là. J'ai le temps d'apprendre que le monsieur avait travaillé en France pour prendre un travail en Algérie, 2 semaines seulement avant l'Indépendance … Il m'encourage pour ce que je fais, et de mon côté j'espère être encore comme lui sur les chemins à son âge wink

Entre les cols Muraton et du Corbeau, par le versant français. En regardant bien, vous apercevrez le chemin à flanc. Le Monte Pietravecchia (2 039 m) et le Monte Toraggio (1 972 m) sont respectivement au fond à gauche et au milieu
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Cette ancienne via militare italienne (aujourd'hui en France) a été bien réduite par la végétation et les chutes de pierre. Comme ici, on marche souvent sur l'ancien mur de soutènement, le chemin ayant été enseveli sur presque toute sa largeur
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Au col du Corbeau (1 404 m) et par un étroit passage, je retrouve l'Alta Via
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De retour sur le versant italien et par un excellent sentier dont on a étendu les lacets sur les flancs herbeux, je pars à l'assaut du Monte Toraggio
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L'approche du Monte Toraggio, point culminant programmé de ma journée, se fait par un très bon sentier d'abord à flanc, puis en larges lacets une fois rejointes les prairies herbeuses sur le flanc Est de la montagne. Tout est simple et facile jusqu'à l'arrivée au Passo di Fonte Dragurina (1 810 m), d'où l'itinéraire vers le sommet n'est plus qu'une montée directe et presque verticale dans les rochers, avec des points rouges de peinture pour se guider. Rien de réellement difficile, mais l'usage des pieds et des mains sur ces 150 m de montée contraste avec les longs kilomètres roulants effectués depuis mon départ au milieu de la nuit. C'est donc après un peu de transpiration que j'atteins l'étroit sommet.

Toraggio vu du Passo di Fonte Dragurina : c'est direct !
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Au sommet
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Le sommet est étroit et tout en longueur. J'avais un moment caressé l'idée d'y faire un bivouac aux étoiles, mais maintenant sur place je me rends compte de l'inconséquence d'une telle option : c'est terriblement exposé, et si le mauvais temps arrive brutalement on n'a pas d'autre choix que d'emprunter les raides passages d'accès dans les pires conditions pour s'en extraire. Il faut donc être vraiment sûr de son coup et de la météo. De toute façon et sur mon itinéraire, les points d'eau sont après le Monte Toraggio, impossible sauf à faire demi-tour d'être au sommet avec la réserve d'eau requise pour un bivouac.

Si j'avais trouvé la montée raide, que dire de la descente ? Celle-ci s'effectue dans un couloir mi-herbeux, mi-boisé, que l'on oserait à peine descendre sur les fesses s'il n'était équipé de cordes et câbles métalliques tendus d'un arbre à l'autre pour accompagner un imprudent solitaire comme moi. Je précise que le passage par le sommet n'avait rien d'obligatoire, puisque le sentier en fait le tour depuis le passo Dragurina.

Descente directe, après m'être retourné, et je suis encore loin d'avoir rejoint le chemin
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A partir d'ici j'entame un secteur un peu plus fréquenté, ce qui me change de la presque totale solitude éprouvée depuis mon départ de la veille. C'est d'abord un groupe de 3 italiens, détournés par un sentier fermé pour cause d'éboulement, qui cherchent maintenant à atteindre le Monte Toraggio par le côté d'où j'en suis descendu. Je les avertis que c'est raide à monter comme à descendre, mais qu'à 3 ils sauront bien s'entraider … Vient ensuite un français qui lui aussi cherchait à grimper au Toraggio, mais a fait erreur et a fait l'ascension du Pietravecchia voisin. Nous avisons tous deux la météo qui s'assombrit, et il convient qu'il n'est plus l'heure de doubler sa première ascension de celle du Toraggio. Il pense qu'il n'y aura pas d'orage, je suis d'avis que les jeux ne sont pas encore faits : nous avons tous les deux raison …

Du pas de l'Incise (1 684 m) et ses belles falaises (vautours, bouquetins …) je rejoins rapidement le passo della Valletta (1 909 m), d'où je retrouve la piste de l'Alta Via. J'ai hésité à prendre un itinéraire beaucoup plus long par le versant italien, qui au prix d'une redescente et remontée m'aurait donné accès à 2 points d'eau pérennes. Il n'est cependant que 14h30 et bien que marchant depuis 2h du matin (avec plusieurs pauses substantielles), je ne me sens pas limité par une quelconque fatigue. Je suis donc d'humeur à pousser les feux et à viser les points d'eau suivants par le chemin le plus direct, d'autant qu'il me reste 1.5 litres des 4 litres embarqués.

L'Alta Via devient la Via Marenca, piste scénique carrossable prisée des cyclistes, motards et quelques automobilistes. Il convient donc de repérer les différentes alternatives qui permettent d'éviter le flux motorisé (épars) qui s'y engage. Les options ne manquent pas, il suffit de consulter sa carte. Je croise quelques VTTistes, une famille en promenade, mais rien qui me permette de me plaindre d'une sur-fréquentation.

Vue arrière vers le Monte Toraggio
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Falaises au Pas de l'Incise (1 684 m)
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J'ai l'illusion de pouvoir trouver de l'eau au Rifugio Silvio Lepanto / Monte Grai, sans réaliser avant d'y être que ce n'est plus pour l'essentiel qu'une ruine avec peut-être encore un espace privé aménagé, mais cadenassé. Aucun point d'eau visible en extérieur dans un environnement essentiellement rocheux et qui plus est calcaire. Je commence à regretter d'avoir brûlé les ponts en faisant la fine bouche sur les sources qui m'auraient coûté un détour. Je poursuis par la piste et enchaîne les kilomètres dans un paysage qui se nappe de brumes, avant que d'affronter une petite pluie. C'est vrai qu'il n'y a pas d'orage. C'est vrai aussi que les jeux n'étaient pas faits : il pleut. Enfin, il pleuvine : je ne ressens même pas le besoin d'enfiler la veste de pluie. J'y viendrai quand même après un moment.

Rifugio Silvio Lepanto : sèche et triste bâtisse surplombant une piste poussiéreuse
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Prochain objectif "H2O" à la Baisse de Sanson, moyennant le détour par une route forestière vers une fontaine mentionnée sur Opencyclemap. Au final je parviens si rapidement à ce large col verdoyant et boisé que je décide de poursuivre à la même allure vers le point ultime que j'envisageais possible pour aujourd'hui, une fontaine mentionnée au pied du Mont Saccarel. J'en ai une image en tête issue d'une video YouTube et je me dis que son environnement est idéal pour le bivouac … et j'ai encore de l'eau avec moi (1 litre).

Cette fois-ci, un faux air de Pays Basque, ne manque qu'un crépi blanc sur les murs (Vacherie sous la cime de Marta - 2 137 m)
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Arrivé sur place à 18h00 (la pluie a cessé), je guette le son de l'eau de l'eau qui court. Rien. Rien de rien. Je parcours les lieux du regard et si je vois une citerne plastique où stagnent quelques centimètres d'une eau croupie, je ne vois rien de la belle fontaine en bois que j'avais cru repérer sur en vidéo. C'est juste que la vidéo montrait un autre endroit sur l'Alta Via … Pourtant ma carte indique bien une fontaine, et je trouve le tuyau qui aurait dû l'alimenter, émergeant d'une terre desséchée et inapte à me ravitailler. Sur le coup je passe en mode "gestion de crise" : avec seulement 1/2 litre d'eau, le besoin de me réhydrater et encore une journée sur les crêtes demain, hors de question d'en rester là. J'envisage les options aux alentours : toutes supposent soit une profonde redescente en vallée pour atteindre un torrent, un hameau ou un village, un long retour en arrière ou une folle poursuite en avant (il reste 3 heures de jour). Si j'ai bien encaissé ma marche de 2h00 du matin à 18h00, et si je peux admettre que la nécessité me pousse encore au-delà, le coup au moral est rude.

Pour couronner le tout, le couvert forestier et le temps maussade de cet après-midi ont empêché la recharge suffisante de mes batteries. Je n'ai que quelques % de charge disponible sur l'iPhone, et la powerbank est vide.

Ma chance résidera dans le fait d'avoir un peu de réseau, me permettant sur Iphigénie de basculer sur un fond de carte IGN plutôt qu'OpenTopo : y figure la source qui en temps normal aurait du alimenter la fontaine absente, et je réalise que selon toute probabilité le tuyau vu tout à l'heure doit y mener. Elle se trouve le long de la piste carrossable qui devient dès lors ma meilleure option de l'instant. Je m'y engage donc avec ce tuyau noir et bleu qui est ma ligne de vie pour ce soir : encore un peu plus de marche et de dénivelé sur une longue, très longue journée, quand enfin et après 20 mn de marche soutenue je constate que la piste poussiéreuse est soudain boueuse à quelques mètres. Le soulagement d'un glougloutement m'emplit de joie, mais cette prise d'eau où s'engouffre le tuyau noir et bleu m'offre-t-elle un accès au précieux liquide ? J'escalade les pierres en ignorant les orties (qui, elles, ne m'ignorent pas), et trouve enfin l'objet de tous mes désirs de l'instant : une belle eau cristalline et glacée surgissant d'un tube d'acier, au milieu d'une tuyauterie plastique débranchée. Je m'interroge quelques instants pour savoir s'il m'appartient de rebrancher ces tuyaux, mais finit par me dire qu'il y a tout autour des bergers qui gèrent cette eau et ont leur raisons de brancher ou débrancher un tuyau. Je me contente donc de me rafraichir, faire le plein d'eau et me mettre en quête d'un espace ou planter (pour la 1ère fois en itinérance) le Pioulou wink .

Source salvatrice
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Mon chemin de demain étant au collet où je croyais trouver ma fontaine, c'est dans cette direction que je retourne pour trouver l'emplacement plat et avec vue dont je rêve. Mon bonheur se trouvera juste au-dessus d'un virage de la piste, où je vais pouvoir planter l'abri en restant parfaitement invisible. En prime, la vue directe sur le massif du Mercantour, que je n'avais jamais admiré sous cet angle, d'autant plus beau que c'est là que se couche le soleil pour ce soir.

Baptême du feu pour le Pioulou. C'est mon buff qui s'aère à son faîte
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Ce soir commence mon apprentissage de l'usage d'un abri monotoile. Il me faudra plusieurs bivouacs avant de savoir anticiper par des montages adaptés une nuit humide, ventée, fraîche etc.

Je peux exposer mon Tomtop aux feux du couchant durant 2 bonnes heures, ce qui me permet de regagner des précieux % de charge qui me seront utiles demain matin. A partir de là, hormis un léger faux contact du câble de la powerbank, je n'aurai plus de souci de charge pendant un long moment (ça reviendra, mais chaque chose en son temps).

Avec les 4 litres chargés à la source, je peux en sacrifier 2 à ma toilette et lessive. Voir technique dans post précédent. Je suspends le linge aux haubans du Pioulou, on verra demain si je les renfile secs ou mouillés ...



Au compteur : 45.5 km / D+ 3 320 m / D- 1 853 m / marche 12h30

Je tiens à préciser que j'ai repris ces chiffres plusieurs fois sur calculitineraires.fr. Ils sont bien calibrés sur le même mode de calcul que tous ceux de ma HRP2018. J'ai bien eu ce jour-là le sentiment de faire beaucoup de yoyo, mais si l'on m'avait demandé une estimation je n'aurai jamais osé sortir de tels chiffres … Si ils sont faux, tous les autres le sont dans la même proportion ...

J'ai aimé smile  :
- la marche au Clair de Lune
- le lever de Soleil sur les Monts Ligures
- une montagne verdoyante & fleurie alors que je m'attendais à des prairies desséchées
- les difficultés inattendues mais toutes surmontées : montée / descente du Toraggio, la frayeur finale d'une absence de point d'eau …
- un beau bivouac avec une vue magnifique vers la suite du programme

J'ai détesté sad  :
- un brin d'inconscience à négliger les points d'eau qui m'auraient fait faire un détour. J'ai été chanceux.
- l'absence d'aménagement en points d'eau sur l'Alta Via (captage systématique par les fermes / vacheries / bergeries). J'en ai trouvé moins que ceux espérés dans mon repérage préalable.

Si c'était à refaire :
- fait différemment, ce n'aurait pas vraiment été moi. Je me retrouve avec mes qualités et défauts dans mes choix du jour

Le bonhomme :
- les bénéfices de ma préparation physique qui ne laissent que la durée du jour comme limite à mon temps de marche

Le matériel :
- le KS m'aura bien tiré sur les épaules. Plus qu'une journée de surcharge aquatique à tenir. En revanche je commence déjà à ressentir l'allègement de la nourriture que je consomme.
- insuffisance déjà signalée du Tomtop dans les sous bois, mais très efficace sous une lumière plus vive
- facilité de montage du Pioulou, j'y gagne un temps fou sur la Nemo Blaze
- grand confort de mes TS MC et Cuissard Under Armour (encore confirmé après 24 jours)
- lampe frontale : la Petzl e-lite est vraiment ce qui me convient. J'aime à marcher de nuit avec le minimum de support lumineux et le maximum d'adaptation oculaire (mon expérience d'astronome amateur, sans doute). Insuffisant pour suivre une marque de peinture, mais si l'on a son GPS et une trace pré-établie, suffisant pour repérer où l'on met les pieds sans se priver des vues nocturnes.

Itinéraire / Profil / Progression
Crédits : www.calculitineraires.fr

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7wn2pGVo7.Progression-02.jpeg


La vidéo : J02

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EDITs :
- typo, correction des dénivelés et temps effectifs de marche sur base enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index
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Dernière modification par Hervé27 (27-10-2019 06:20:41)


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
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#38 20-08-2019 17:58:32

Pif
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Magnifique journée, ça me donne de plus en plus envie d'aller me balader dans ce coin !

Merci pour le récit, je suis impressionné par cette très longue étape sans même être fatigué  smile

Pour avoir dû marcher il y a quelques jours à la frontale avec la e+lite sous un ciel nuageux donc sans lune, on ne voit quand même pas bien loin ! J'étais content d'être avec quelqu'un qui avait une frontale plus puissante.

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#39 20-08-2019 18:03:42

Magne2
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Sacré étape  smile


kalo taxidi alias bon voyage en Grec bien sur

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#40 20-08-2019 19:00:37

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Pif a écrit :

#536497Magnifique journée, ça me donne de plus en plus envie d'aller me balader dans ce coin !

Merci pour le récit, je suis impressionné par cette très longue étape sans même être fatigué  smile


Merci Pif wink

Attends le 3ème épisode et tu seras définitivement décidé cool !

Pas fatigué, je n'ai pas dit ça, j'étais rincé roll ... mais si la nécessité avait requis d'aller chercher l'eau là où elle était, je l'aurai fait avec la grimace, mais fait tout de même...

J'aurai un autre trip de folie plus tard dans la traversée, mais patience. Les autres journées ont été en général plus sages au regard de celle-ci, qui restera pour moi longtemps un record en terme de dénivelé cumulé. Je pense quand même que sur ce coup, calculitineraire.fr gonfle un peu la réalité.


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#41 20-08-2019 19:37:55

florencia
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Salut Hervé27,

Très sympa ce début d'itinéraire au plus près des crêtes, je ne pourrais pas suivre en direct tous les futurs épisodes, mais merci par avance pour ce retour alpin smile

Flo


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_ _ _ _ _ _ _ _ _

"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#42 20-08-2019 19:59:19

gergy
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

>>> Au compteur : 45.5 km - D+ 4 914 m
T'as pas amusé le terrain, on frôle les 70-80 km plats ! yikes

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#43 21-08-2019 14:15:30

Serval
Carpe diem
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Allons bon. On a vu passer le TGV Grande Loutre dans les Pyrénées, et voilà maintenant l'Express Hervé27 dans les Alpes...  wink

Attention les yeux ! (et pas les tendons, j'espère, par la suite...)


Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai faits seul, et à pied. (J.-J. Rousseau)
Trombinoscope | Tour de Bretagne (GR 34) - De Concarneau à Auray

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#44 21-08-2019 16:16:11

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J03 24 juillet : du pied du Saccarel au Fort dei Pepino

Cette nuit j'ai combiné un montage haut du Pioulou (donc ventilé) avec un léger vent. La nuit s'avère donc globalement sèche et avec peu de condensation intérieure, mais j'ai eu de l'air sur le visage la plupart du temps. A l'extérieur mon linge est resté bien humide : je renfile mouillé !

C'est ici que commence la règle que je me suis fixé : réveil 5:00 & départ 6:00... Café pris du fond du duvet, avec pleine vue sur le Mercantour qui émerge dans l'aube.

Le Mercantour juste avant le lever du Soleil, depuis le Pioulou ...
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… et juste après, depuis la source
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Ce matin le départ se fait d'abord en direction de la source où il me faut refaire le plein. Le temps de l'aller-retour le départ véritable est à 6:30. Je n'ai repris que 2 litres car cette fois je sais pouvoir ravitailler au Rifugio Don Barbera, le sac commence donc à redevenir confortable avec 2 jours de vivres et 2 litres en moins ...

Les 600 m d'ascension vers la Cime du Saccarel (2 200 m) sont faciles et sur un sentier agréable dans la pente herbeuse, d'autant plus que je suis maintenant loin au-dessus des chaleurs de la côte et de la vallée. Je commence à remarquer que la montagne est encore particulièrement fleurie pour une fin juillet. De fait toute la floraison a un mois de retard.

La montagne fleurit tard, cette année
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L'ombre du Saccarel s'étend encore sur la vallée
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J'arrive rapidement à la Cime, 600 m de D+ en 1 h tongue  ! Arrêt photo rapide à la stèle pour de très belles vues. La piste qui monte d'Italie a permis à des camping caristes de passer la nuit tout près du sommet. A seulement 7h30, je ne veux pas déranger.

Ultime montée vers la cime (matérialisée par la stèle) dans la prairie
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Plein Sud, les vallées italiennes se noient dans les brumes marines de la Méditerranée
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La suite de mon chemin vue du Saccarel. La Punta Marguareis (2 651 m) domine, en arrière plan, la moitié gauche de l'image. Tout ce qui est à gauche des crêtes et du Marguareis est italien.
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Je m'engage rapidement sur la splendide promenade en crêtes qui doit me mener à la Punta Marguareis à la mi-journée, d'où je vais obliquer d'une direction plein Nord empruntée depuis Menton au plein Ouest qui va me faire traverser le Mercantour pendant les jours suivants. Encore donc un peu de yoyo devant moi, mais sauf sur un court passage au niveau du Monte Tanarello, le chemin est évident, dégagé et bien roulant. J'en profite pour enrichir ma collection photographique de bornes frontières. J'ai du mal à mettre en mots le bonheur des ~5h que je vais passer à rejoindre paisiblement le rifugio Don Barbera au pied du Marguareis. J'espère que la série de photos ci-après convoiera une partie de ce sentiment de flotter sur une douce montagne.

Vue vers la France, la Haute Vallée de la Roya, le Mercantour et le Col de Tende. Les minuscules nuages montent d'Italie.
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Heureuse époque où la frontière n'est plus défendue que par une clôture à moutons roll ...
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Douces vallées ligures ...
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Au centre, La Brigue. A droite, le Mercantour. A gauche, la ligne de crêtes menant à l'Authion (tracé du GR52)
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Dans un environnement de plus en plus calcaire à l'approche du massif du Marguareis, quelques antres souterraines affleurent au jour ...
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Spectaculaires plissements du Mont Bertrand (2 482 m)
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Je loupe la montée directe au Mont Bertrand trompé par le fléchage, et passe à son pied dans un chaos rocheux annonciateur du Mercantour. J'aurai pu rejoindre son sommet depuis l'autre côté au prix d'un court A/R sur une crête bien facile, mais finalement je suis pressé de me poser pour le déjeuner, ce que je fais un peu plus loin à la descente de la Cima di Velega (2 384 m). Je confirme que mes chaussures ne sont absolument pas respirantes, mes pieds s'abiment même si les ampoules ne deviendront jamais handicapantes.

Au pied du Mont Bertrand, la plus haute montagne s'annonce
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Si vous avez bien suivi la numérotation (italienne), vous conviendrez que je vous ai épargné une grande partie des bornes photographiées en chemin ...
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Opération séchage / déjeuner / café / chocolat : l'ombre d'un arbre pour le marcheur, du soleil intense pour tout le reste
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Allez, encore une p'tiote borne pour la route
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Depuis des VTTistes rapidement croisés hier sur l'Alta Via et jusqu'à l'approche du Rifugio Don Barbera au pied du Col del Lago dei Signori et sa route carrossable, je n'ai croisé strictement personne. Toute cette montagne ensoleillée fut ce soir et ce matin là pour moi seul cool . Naturellement la possibilité d'accès motorisé change la donne, et dans la descente vers les lieux sus-cités je croise un randonneur et son chien en pleine sieste, puis plus bas un panneau indicateur de randonnée transformé en porte-manteau pour motard (mais sans signe du motard). Le Col et le refuge ne sont pas fréquentés de manière déraisonnable, mais mes 3 derniers jours de sanglier solitaire voient ce contraste comme une agression insupportable.

Cette année la montagne s'équipe de porte-manteaux
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Je ne m'attarde donc pas au refuge où je me contente d'un stop à la fontaine (sur la terrasse du restaurant) à l’heure du repas des motards, cyclistes, automobilistes, marcheurs de parkings … Bien reposé par ma confortable pause-déjeuner prise juste avant l'entrée dans ces lieux de perdition, j'enquille direct sur la montée à la Punta Marguareis (et hop, 560 m de D+ en supplément tongue ).

Le changement d'environnement est spectaculaire : j'ai quelque part l'impression de retrouver l'environnement du Pic d'Anie et du Val d'Anaye, en plus minéral encore si c'est possible. Les entrées de gouffres parsèment les environs, certaines sont barrées de poutres pour limiter les risques de chute. Tout le massif est un paradis de spéléologue, avec si j'en crois ma carte des cavités nommées Bergère, Chardon, Gaspi, Pentothal ( lol ), Méningite ( lol  lol ), Khazad-Dum ( roll lol cool ) …

En approche du Rifugio Don Barbera
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On devine que c'est truffé de trous
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D'où viennent-ils ? Je n'ai croisé personne en chemin ...
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Précaution précaire (il y a d'autres poutres plus bas dans la cavité) ...
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Arrivé assez rapidement au Passo della Gaina, je me vois proposer deux directions pour la cime : la "diretta" en 40 mn, et la "normale" en 50 mn. Econome de mon énergie, j'opte pour la "normale" qui ne me coûtera que 35 mn … Je croise un randonneur italien à la descente (par la "normale", monté par la "diretta"), ex-parapentiste qui trouve le temps de m’exposer les coutures issues de ses multiples accidents : un fracassé au sens littéral… Nous nous comprenons à moitié dans nos langues respectives avant de nous souhaiter bonne continuation.

Tout droit plus vite ou par derrière un peu moins vite ? Finalement par derrière encore plus vite ...
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1er névé de la traversée smile !
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Au sommet, point culminant de ma traversée jusqu'à présent, je trouve une vue magnifique et un soleil de plomb. Vite séché de ma transpiration qui jusqu'ici réfléchissait (un peu) les UV, je chauffe rapidement et pour la première fois depuis Menton je me badigeonne de crème solaire, tout en enfilant des manches longues et en couvrant mes jambes de mon bout d'Arkmat, tandis que chauffe la 3ème opération café / chocolat de la journée … Il n'est que 14 heures, j'ai encore de quoi progresser aujourd'hui !

De la croix sommitale, j'ai la vue vertigineuse de deux alpinistes sur une étroite arête en rasoir en progression vers le sommet… J'entends les pierres qui se décrochent sous leurs pieds.

Croix sommitale du Marguareis
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Deux alpinistes sur un rasoir (cherchez bien)
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Des groupes arrivent et repartent du sommet, dont un composé de quelques vingtenaires très fiers de leur exploit (torse nu, baskets, pas de sac …). Je réalise alors qu'un sexagénaire mulet jusqu'à l'os fait partie du groupe et que, visiblement, c'est lui qui porte pour tout le monde. Roulez jeunesse !

A l'heure de descendre et de suivre ma trace GPS sur le versant français (la montagne a grosso-modo et de par sa position charnière 3 versants italiens et 1 français), c'est la surprise car je ne vois dans un premier temps aucun chemin ou cairn, ce qui n'est pas pour me rassurer car le ressenti est raide ! En suivant scrupuleusement ma trace GPS issue d'Opentopo en qui j'ai appris à faire confiance, je tombe finalement sur des marques de peinture orange régulièrement espacées … sauf qu'elles sont orientées pour n'être bien visibles qu'à la montée ! A la descente je ne les repère la plupart du temps qu'en me retournant après les avoir dépassé, la belle affaire roll ... Je navigue donc au GPS mais ce premier véritable hors sentier se fait encore bien. Je crois être libéré en arrivant vers la côte 2 280 où la trace passe à flanc, mais je déchante et le jeu de piste se poursuit dans le chaos minéral calcaire, truffé de gouffres. Je suis heureux quand enfin je retrouve du chemin roulant, après l'ultime obstacle d'un troupeau de vaches. Sans GPS j'eus immanquablement perdu la trace et circulé à l'aveugle.

Un chemin bordé de marques orange se dirige vers la droite de cette photo. Sauras-tu le retrouver ?
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Vois-tu les marques orange que j'ai suivi pour arriver jusqu'ici depuis le collet maintenant dans la brume ?
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La fin du dédale se profile
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Dernier obstacle
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Maintenant au fond de ce vallon karstique enclavé sur 3 côtés (Est, Nord, Ouest) par l'Italie, et tandis que derrière les crêtes la brume monte d’Italie, l'heure qui avance me force à "penser" mes options de bivouacs. Le chemin est redevenu visible et roulant, et l'option la plus proche est celle de la Capanna Morgantini sur le versant italien du prochain col. A son approche et constatant que la zone est dans la brume tandis que les vallées françaises sont ensoleillées, peu à peu je me fixe l’idée de bivouaquer au fort dei Pepino, moyennant encore quelques heures de marche … Heureusement pour moi une source captée proche de la Capanna Morgantini (source du torrent Réfréi qui irrigue le vallon du versant français) offre un bon débit d'eau potable, et je recharge au max (4 litres …), afin de parer à tous les besoins. Le site du Fort dei Pepino (Fort Pépin en français, mais la fortification fut italienne à l'origine), aperçu de loin est susceptible de m’offrir une double vue vers le couchant et le levant, serait idéal pour un bivouac. Après un peu de yoyo de col en col sur les anciennes et confortables "via militare", parfois dans la brume italienne, j'arrive à 20h00 sur le site convoité, avec des vues sur la presque totalité de mon immense itinéraire semi-circulaire du jour.

Les replats herbeux sont moins plats et moins larges qu'espérés, mais face à la Haute Roya et sur le bord du fossé je trouve un emplacement convenable grassement garni en herbe (et quelques chardons, ouch !), avec une vue à 270° de la Punta Marguareis au Col de Tende. Le Mercantour s'est bien rapproché, c'est pour demain avec une pleine journée d'avance prise en 3 jours. J'ai un super réseau en 4G lorsque je plante la tente et des batteries bien remplies par l'abondant soleil du jour … mais dès que le Pioulou est planté il n'y a plus rien. Mystère … Je vous aurai volontiers adressé une carte postale depuis ce superbe spot ! J'ai assez d'eau pour une petite lessive et une toilette que j'engage derechef avant que la fraicheur ne s'installe.

M'attendant à du vent j'ai monté court, mais gardé les portes ouvertes pour profiter des étoiles ( tongue ). La nuit sera en fait humide et la toile trempée de condensation ...

Les brumes montent d'Italie (pour une fois à l'Ouest de la France !)
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Approche de Fort Pépin. Les replats herbeux sont prometteurs
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Pioulou Marguareis
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Pioulou Mercantour
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Bonne nuit !
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A noter car ce sera une contrainte importante pour les 2 jours à suivre, j'ai profité d'un peu de réseau pour confirmer à ma Maman que je pourrais être dans le Boréon dès vendredi en fin d'après-midi, fixant même 17h comme objectif (nous sommes mercredi). Samedi ne l'arrange pas. Il faut dire que ce RDV lui pose beaucoup de contraintes (je suis quinqua donc ma Maman ne l'est plus …) et qu'elle a besoin d'un maximum de précisions … Cet engagement formel va me presser pour les 2 jours qui suivent, me poussant à des corrections d'itinéraires pour ne pas risquer de la faire se déplacer / s'inquiéter pour rien. Une fois dans le Mercantour, je n'aurai guère de réseau pour la prévenir d'un imprévu… Je vais donc privilégier la rapidité / sécurité sur la diversité pour les prochaines 48 h.


Au compteur : 35 km / D+ 2 734 m / D- 2 165 m / marche ~10h30

J'ai aimé smile : pfiou ! Tout ?

J'ai détesté sad : rien

Si c'était à refaire hmm :
- La Capanna Morgantini, même dans la brume, aurait sans doute mérité une exploration pour un bivouac. Mais j'avais encore de la ressource, pourquoi s'en priver ?
- encore plus de chocolat ?

Le matériel :
Chaussures sad
Tomtop smile maintenant que je suis sous un grand soleil d'altitude

Le bonhomme :
Va bene, va bene ...


Itinéraire / Profil / Progression
Crédits www.calculitineraires.fr

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7woVvDOlk.Profil-J03.jpeg

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La Vidéo J03


EDIT :
- correction des dénivelés et temps de marche effectifs sur base enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index
- lien vers la vidéo

Dernière modification par Hervé27 (27-10-2019 12:02:12)


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#45 21-08-2019 16:31:46

Hervé27
éMULe
Lieu : Normandie
Inscription : 01-11-2017
Messages : 894

Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Serval a écrit :

#536578Allons bon. On a vu passer le TGV Grande Loutre dans les Pyrénées, et voilà maintenant l'Express Hervé27 dans les Alpes...  wink

Attention les yeux ! (et pas les tendons, j'espère, par la suite...)


J'avoue que GrandeLoutre m'a un peu encouragé à aller chercher ce que j'avais dans le ventre, d'autant que mon entraînement physique depuis le début de l'année a été intensif. Je m'en sentais capable et j'en avais envie, pourquoi se priver ? En réalité tout est plus facile quand on démarre sa journée très tôt : à 14h, un MUL qui a démarré à 6h00 a déjà fait plus de route que dans toute la journée d'un mulet qui a quitté le refuge à 9h … et en juillet il lui reste 7 h de jour dont il peut profiter, de quoi faire des doubles journées. Mes sorties sportives quotidiennes m'ont en outre accoutumé à l'endurance, et économisé l'habituelle phase d'adaptation de début d'itinérance. A plusieurs reprises et de plus en plus en approchant de la fin, j'ai constaté que j'avalais les D+ plus vite que les mulets ne les descendaient tongue ...

Je suis le premier dubitatif sur les chiffres de dénivelés de calculitineraires.fr sur cette portion. Il me semble que sur les itinéraires en crête et presque "plats", l'algorithme crée des D- compensés par des D+ qui n'ont pas lieu d'être (les lignes de niveau sont lissées sur la carte, mais pas sur le terrain !). Je pense retravailler mes enregistrements Iphigénie (eux-mêmes imparfaits) pour donner une version alternative plus acceptable.

Pour les tendons, c'est le seul point positif que j'accorde à mes chaussures : ma tendinite a disparu au cours de cette traversée alors que j'avais commencé avec  smile


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#46 22-08-2019 08:56:59

tacheton
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hello,

C'est superbe et j'aime beaucoup jouer à "cherche les alpinistes" ou "cherche les marques oranges" dans tes photos. Tu parles de cartes et de photos. Vu les distances de fous et tes repérages de sources, tu navigues avec quoi et comment ?
- Cartes+ GPS ?
- Tu avais prévu ton chemin jour par jour ? ou tu improvise en regardant de temps en temps ?

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#47 22-08-2019 09:03:33

René94
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hervé27 a écrit :

#536603
Je suis le premier dubitatif sur les chiffres de dénivelés de calculitineraires.fr sur cette portion. Il me semble que sur les itinéraires en crête et presque "plats", l'algorithme crée des D- compensés par des D+ qui n'ont pas lieu d'être (les lignes de niveau sont lissées sur la carte, mais pas sur le terrain !). Je pense retravailler mes enregistrements Iphigénie (eux-mêmes imparfaits) pour donner une version alternative plus acceptable.

Essaie avec Gpsies.
J'ai testé plusieurs sites et c'est celui qui me semble globalement  le plus réaliste pour le calcul du dénivelé.

Merci pour le partage smile


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#48 22-08-2019 09:12:34

Shanx
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Bravo pour cette belle performance, à la fois physique et aussi dans le choix de l'itinéraire smile

Tu aurais des traces GPX ? Ça pourrait être intéressant de les tester dans plusieurs sites / logiciels de lecture de traces pour voir un peu ce que ça donne et comparer.


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#49 22-08-2019 12:02:09

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

tacheton a écrit :

#536674Hello,

C'est superbe et j'aime beaucoup jouer à "cherche les alpinistes" ou "cherche les marques oranges" dans tes photos. Tu parles de cartes et de photos. Vu les distances de fous et tes repérages de sources, tu navigues avec quoi et comment ?
- Cartes+ GPS ?
- Tu avais prévu ton chemin jour par jour ? ou tu improvise en regardant de temps en temps ?


Salut Tacheton,

Navigation sur une trace GPS prévisionnelle préparée sur calculitineraires.fr sous OpenTopo & Opencycle, dont les positionnements sont très précis au GPS.

En marche c’est IPhiGéNie sur mon tél, et bien sûr la liberté d’opter pour d’autres chemins que ceux que j’avais sélectionné sur plans. Toujours fonds de carte OpenTopo, très dépouillés et lisibles d’une part, fournissant une base unique et homogène quel que soit le côté de la frontière où je me trouve.

Pas d’étapes pré-déterminées, mais quand même quelques « intuitions » de zones où je pourrais atterrir en soirée pour bivouaquer. J’ai donc en permanence la liberté de m’arrêter tôt comme de poursuivre tard, selon forme, envies et possibilités du terrain / de la météo. J’ai en permanence en tête un Plan A et un plan B pour le soir, le reste est affaire d’adaptation...

En revanche je garde toujours un œil sur ma date d’arrivée finale, puisqu’en fonction de mon allure et du nombre d’heures marchées par jour, et connaissant ce qui reste à parcourir, j’arrive à en avoir une assez bonne idée.


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
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#50 22-08-2019 12:11:34

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Shanx a écrit :

#536676Bravo pour cette belle performance, à la fois physique et aussi dans le choix de l'itinéraire smile

Tu aurais des traces GPX ? Ça pourrait être intéressant de les tester dans plusieurs sites / logiciels de lecture de traces pour voir un peu ce que ça donne et comparer.

En raison de mes soucis de tél en fin de parcours j’ai eu du mal à les récupérer, mais c’est chose faite depuis ce matin. J’ai eu le temps de jeter un œil sur cette énorme deuxième étape, et la trace enregistrée pointe plutôt vers un D+ de 3 300 m qui me paraît plus cohérent. Quelques correctifs à faire dessus, car dans les zones à très forte déclivité le GPS n’enregistre pas assez de mouvement horizontal, et IPhiGéNie l’interprète comme une interruption de la trace. En revanche le même tracé calculé par IPhiGéNie est très largement sous évalué, ce que j’ai toujours constaté avec cette application.


J’y reviendrai mais faut quand même que je bosse un peu aujourd’hui lol


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