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#51 22-08-2019 12:26:42

Shanx
Sanglier MUL
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Mais quel est l’intérêt d'activer le suivi avec iphigénie ? Ça consomme énormément de batterie mais ça n'apporte pas beaucoup d'infos utiles...


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#52 22-08-2019 13:06:53

tolliv
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Quel beau récit !
Pour les distances/cumulées, j'utilise Runalyze qui est gratuit et qui est couplé avec ma montre Spartan.
Tu peux choisir les algorithmes et les seuils de lissage.

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#53 22-08-2019 13:19:33

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Shanx a écrit :

#536713Mais quel est l’intérêt d'activer le suivi avec iphigénie ? Ça consomme énormément de batterie mais ça n'apporte pas beaucoup d'infos utiles...

J'avais besoin d'un outil de mesure objectif pour bien calibrer ma progression et tenir la cadence de 10h00 effectivement marchées par jour pour tenir le calendrier. J'ai aussi utilisé la fonction balise à l'intention de ma famille (ludique d'un côté, permet de faire partir un "ping" rassurant dès qu'un peu de réseau apparait).

Effectivement pas indispensable et énergivore, mais au global j'avais plus qu'il ne m'en fallait avec le Tomtop en plein soleil  et ce n'est pas cela qui m'a handicapé sur les autres usages, mais plutôt mes mauvaises manips et/ou mes connections mal vérifiées ... En pratique j'ai mesuré que sur mon iPhone SE l'utilisation d'Iphigénie en carto + trace + balise consomme en moyenne 6% par heure, soit 100 mAh, et ~4% en carto seule. C'est d'ailleurs plutôt le fait de ne pas être en mode avion qui consomme dans ces configurations, mais c'était un choix de ma part, généralement compatible avec ma source d'énergie (un peu tendu les 2 premiers jours)...


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
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#54 22-08-2019 14:32:49

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Super chouette ton récit smile.

Nous ne nous serons finalement pas croisé alors!

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#55 22-08-2019 15:48:22

Amateur38
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Pour la quantité de détails restitués, est-ce le résultat d'une excellente mémoire ou d'une importante prise de notes ?
(ou peut-être les deux...)

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#56 22-08-2019 19:08:26

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Amateur38 a écrit :

#536746Pour la quantité de détails restitués, est-ce le résultat d'une excellente mémoire ou d'une importante prise de notes ?
(ou peut-être les deux...)

Salut Amateur38,

C'est rigolo, on m'avait déjà posé la même question dans les récits précédents ...

Quelques notes
La cartographie pour se remémorer les passages empruntés
Beaucoup de photos
Des vidéos où j'exprime des ressentis / impressions, mes intentions de l'instant etc
L'intensité de la vie en itinérance qui aide chaque instant à s'imprimer dans la mémoire
La rareté des rencontres qui aide à se souvenir des détails de chacune …

Au moment de la rédaction il est important d'avoir passé en revue tous ces éléments et de les garder sous la main, car alors la mémoire afflue et, par association, des éléments qui seraient restés enfouis refont surface.


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#57 22-08-2019 19:10:46

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Guiloup a écrit :

#536736Super chouette ton récit smile.

Nous ne nous serons finalement pas croisé alors!

Si, si : tu as du sentir passer un coup de vent un soir  lol


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
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#58 23-08-2019 00:06:12

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J4 - 25 juillet : de Fort Pépin au Lago Bianco dell'Agnel

J'ai monté bas m'attendant à du vent, laissé les portes ouvertes pour admirer les étoiles, mais dans une herbe très humide et la brume du soir, je n'ai pas échappé à une importante condensation. En cours de nuit j'ai frotté et un peu mouillé le sac de couchage sur la toile, mais j'ai le ressenti qu'avec le tissu Toray Airstatic il en faut plus pour que la mouille atteigne le duvet. Absolument pas eu froid pour ce bivouac à 2 250 m contre 1 600 la veille.

Le chant du grillon (mon choix de sonnerie) me fait émerger à 5h00, et après avoir replié je me décale vers la façade Est de Fort Pépin pour réaliser un timelapse du lever du Soleil sur la Punta Marguareis. Pendant que le timelapse bouffe ma batterie amplement chargée au soleil de la veille, je me fais chauffer coup sur coup 2 cafés.

Le soleil se lève juste à droite de la Punta Marguareis
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L'astre du jour dûment filmé et dans la boîte, son horaire plus tardif que le mien ne me permet de me mettre en route qu'à 6h30, avec pour premier objectif le Col de Tende et un nécessaire ravitaillement en eau.

Plus de Pépin après cette vue
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Je m'imaginais cette portion d'itinéraire faite de pistes largement fréquentées et aménagées au profit du domaine skiable de Limone. Il n'en est rien et le parcours reste très agréable, avec de belles vues avant/arrière et latérales. J'aperçois mes premiers lacs de la traversée, et profite de belles vues sur le Mercantour, inhabituelles pour moi sous cet angle. Je constate en particulier que le Mont Bégo, loin d'être le point culminant de la chaîne (respectivement 400 et 300 m sous l'Argentera et le Gélas), parait y régner en maître depuis mon point de vue. Je comprends mieux le caractère particulier qu'il devait avoir pour les habitants de la vallée au néolithique, matérialisé par les gravures qui parsèment ses flancs (bien au-delà du seul périmètre de la Vallée des Merveilles, il faut le savoir).

Le Bégo règne sur ses sujets
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Petits lacs à l'arrière de la Cime du Bec
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La descente proprement dite vers le Col de Tende finit par s'amorcer, avec des passages presque aériens avant que de rejoindre la piste qui me mènera à l'auberge où je cherche ma fontaine. Un trajet en crête reste possible via le Fort Central et est bien plus direct vers le Col, mais nécessité fait loi et il me faut avant tout ravitailler en eau. Il m'en coûte un peu de piste de graviers d'abord (un berger dans une vieille 4L parait tout surpris de m'y croiser à cette heure), une remontée par la route goudronnée du Col d'autre part.

ça va plonger
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L'auberge encore fermée est calibrée pour les cyclistes : fontaine, borne de recharge de vélos électriques (tricheurs !), kit d'entretien / réparation (outils dûment enchaînés au mur …)
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Si la route du Col du versant italien est goudronnée et en très bon état, sur la ligne même de la frontière elle se transforme en mauvaise piste pour redescendre en étroits lacets côté français. Le passage motorisé du Col se fait beaucoup plus bas, par un étroit tunnel en circulation alternée. Le bon côté est que le Col proprement dit évite ainsi une désagréable surfréquentation.

Sur le parking, un minibus déverse son lot de cyclistes (ben pourquoi, y a plus rien à monter ?!), et quelques randonneurs à la journée se mettent en chemin. Croyant saluer un payse immatriculé en 76, je m'entends répondre en allemand … Voiture de location … De tout ce petit monde vite distancé sur le chemin, je ne recroiserai plus personne aujourd'hui.

En vue arrière, des brumes matinales s'accrochent aux versants italiens. Fort Pépin tout à droite.
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Vue de Fort Pernant, je dois rejoindre le Fort de Giaure en bout de crête à gauche. La Rocca dell'Abisso (2 755 m) flirte déjà avec les premiers nuages
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J'avais programmé de suivre les lacets de la vieille via militare pour atteindre le Fort de Giaure, mais le marquage me fait comprendre que ce n'est plus l'itinéraire recommandé. De plus haut je verrai un peu plus tard que des éboulements ont eu raison du chemin. A la place il faut aller plus avant dans le vallon, ce qui me permet de profiter d'un petit lac pour une courte pause de reconfiguration (j'ai marché ce matin avec la Montane Minimus smock en guise de coupe-vent, et de baptême pédiluve pour célébrer le 1er lac de la traversée. Je suis rejoint par un couple italien avec son chien, lequel profite illico du lac pour sa propre baignade. Mes affaires éparpillées auront droit à un ébrouage canin lol  !

L'ancienne Strada militare, désaffectée, est encore visible. Pour contourner la portion disparue, il faut aller tout à droite jusqu'au lac, puis revenir rattraper le dernier lacet
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La prochaine session est pour moi !
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Ayant rejoint l'ancienne route là où elle est encore praticable, je relève plusieurs tentes à l'écart les unes des autres dans les anciens virages maintenant enherbés. Dans ces chaos rocheux, les emplacements plats permettant de piquer les sardines sont rares et souvent de fabrication humaine.

J'atteins rapidement le fort de Giaure et procède à cette occasion à un 1er arbitrage d'itinéraire qui me fait renoncer à l'une des attractions de la journée. Plutôt que de monter à la Rocca dell'Abisso et en redescendre par les lacs de Peirefique, j'opte pour le raccourci de la descente dans le vallon de Caramagne avant remontée vers la crête de Barchenzane. J'ai des regrets quant à ce choix, mais sur l'instant ma motivation est double : l'aléa météo d'abord, car la formation précoce de nébulosité me fait craindre un temps orageux pour cet après-midi, et je voudrais avoir basculé dès aujourd'hui de la Haute Roya vers l'un ou l'autre versant desservant le Gélas (en gros, versant français côté Gordolasque / refuge de Nice, ou Italien côté refuge de Pagari). Je dois ensuite assurer une arrivée dans le Boréon pour demain en fin d'après-midi (RDV Maman), et ce n'est pas gagné connaissant l'itinéraire du Glacier du Gélas / refuge Pagari qui à cette heure est encore mon Plan A. De plus, après l'expérience Toraggio d'avant-hier, je n'ai aucune information sur la qualité de la trace qui descend de la Rocca dell'Abisso vers le vallon et les lacs de Peirefique. Une légère crainte d'avoir à quitter ma zone de confort m'envahit.

Bref, me voilà descendu dans le très joli vallon de Caramagne. Quel plaisir de croiser des torrents après 3 jours de préoccupations sur le ravitaillement en eau. A partir de ces retrouvailles avec l'élément liquide, je me limiterai à une petite bouteille d'1/2 litre pour l'emport courant. Ayant dépassé la mi-parcours vers mon 1er ravitaillement (qui plus est avancé d'une journée par rapport au programme), l'allègement du sac est susbstantiel et j'ai retrouvé tout le confort MUL du KS.

Je croise un randonneur accompagné (selon toute évidence) de sa fille. Le papa est mulet jusqu'au moindre détail, chaussettes blanches sur les mollets. Cela fleure bon le D4 tout neuf, et j'ai un peu l'impression que Papa a voulu montrer à sa fille la fière allure d'un randonneur à la conquête des cimes. Ladite fille semble suivre mollement … Après un salut d'usage une discussion débute, très classique, avant de basculer dans le quiproquo :

"Vous venez du Rocher de l'Abysse ?"
     " Ben non, je viens justement de le court-circuiter"
"Vous arrivez d'où ?"
     "de Menton"
(sourire contrit au pauvre gars qui n'a pas compris la question) "Non, votre voiture, vous l'avez garé où ?"
     "Je n'en ai pas, je suis parti de Menton lundi"
"A pied ??"
     "Oui, je traverse les Alpes, jusqu'au Léman. L'année dernière, c'était les Pyrénées"
"Ah … heu … bon … Ben bonne randonnée alors …"

Désolé d'avoir peut-être émaillé une fierté paternelle … En tout cas, fifille rigolait bien quand on s'est croisés lol

Après les retrouvailles avec mon itinéraire prévisionnel en aval des lacs (que je n'aurai donc pas visité, sniff), je remonte en sous bois vers la crête de Barchenzane, qu'il me faut ensuite suivre pour rejoindre la Cime puis le Col de Sabion. Jusqu'ici sur un excellent chemin, je n'avais pas envisagé repasser en quasi hors sentier : une faible trace est parfois visible à même la crête, mais il vaut mieux considérer que la crête EST le chemin. Quelques passages aériens pour parfois contourner par un côté ou l'autre un amoncellement rocheux, mais rien de compliqué car dans le doute, on remonte sur la crête et on y voit tout de suite plus clair.

La crête EST le chemin
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En arrière, le vallon de Caramagne
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En contrebas, les petits lacs au Col de Sabion. Dominant la scène, le Monte Carbone (2 857 m) ?
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Plus à droite, la Valmasque et toute sa couronne. Je suis noyé ...
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De la Cime de Sabion (où il n'est pas requis de monter), descendait autrefois un bon chemin avec de larges lacets. Ceux-ci sont aujourd'hui à peine visibles et largement enherbés. Je finis par tirer droit vers les 3 petits lacs qui occupent le Col de Sabion, car ils constituent un spot idéal pour ma pause déjeuner. Un groupe squatte déjà l'un d'eux, j'en prends un autre, on ne va pas se bousculer.

L'eau est hélas plutôt trouble et vaseuse, car elle doit collecter le ruissellement des pâtures à mouton qui entourent le col. Je me trouve néanmoins un espace herbeux confortable, où pour la première fois je fais usage du Pioulou en abri de plage pour rester protégé d'un soleil ardent ! Je déploie tout mon couchage pour un séchage salvateur après sa nuit humide. Il en va de même pour mes chaussures / chaussettes, dont l'odeur de macération est à fuir sad .

Pioulou plage
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Reposé, rassasié, réhydraté, également rassuré sur une météo qui ne semble pas basculer vers l'orage, je m'extrait à regret de ce bel emplacement pour poursuivre mon périple. Je remonte d'abord vers des bergeries (où je croise 2 chamois, qui auront été plutôt rares cette année pour moi), avant d'entamer la descente vers la Valmasque. Je peux reprendre de l'eau à une source, je ne serai plus en défaut jusqu'au Léman. Le groupe qui occupait l'autre lac est loin en dessous de moi, je ne les rattraperai pas dans cette longue descente.

J'aurai plutôt vu de telles bordures dans les Causses
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Descente douce d'abord ...
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… puis plus raide vers la Valmasque
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Je ne vais pas jusqu'au fond du vallon, puisqu'un peu en dessous de 2 000 m, j'entame la remontée qui va me mener au Lac de l'Agnel (~2 420 m) puis au Pas éponyme (2 564 m). La remontée est beaucoup plus minérale, avant de retrouver un peu d'herbe après le passage du verrou rocheux en contrebas du lac et jusqu'au barrage qui l'a agrandi.

Lac de l'Agnel, le Pas de l'Agnel au fond
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J'aperçois de plus en plus de neige, un peu trop à mon goût en une fin juillet pour aller chercher de la plus haute altitude sans crampons ni piolets. J'espérais un peu croiser des randonneurs qui arriveraient de Pagari pour me renseigner sur les névés du Gélas, mais je ne vois personne dans un sens comme dans l'autre. J'exclus d'emblée de bifurquer aujourd'hui ou demain vers la Gordolasque et le Refuge de Nice, car l'itinéraire du Collet de la Charnassère (2 757 m) et du Pas de la Fous (2 828 m) me semble d'ici bien trop encombré de larges névés pentus. Pas question en tout cas de m'y engager seul sans équipement, qui plus est en soirée. Les options restantes sont de l'autre côté du Pas de l'Agnel, facilement atteint sur le chemin très minéral qui surplombe le lac.

vue arrière vers le lac de l'Agnel, cherchez le caprin
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Pas de l'Agnel. L'Italie est brumeuse, comme d'habitude
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Il est 17h30 quand je me pose au Pas de l'Agnel, et le Refuge de Pagari où je pourrai trouver de l'informatio sur les pentes Nord du Gélas est encore donné à 2 h de marche. Si je m'y rends je vais me sentir contraint d'y dormir, or j'aime encore trop mon indépendance pour cela. J'avise alors à la descente le Lago Bianco dell'Agnel, bel écrin sauvage dont le déversoir offre quelques emplacements pour mon abri. Va donc, après quelques passages de petits névés sans risques pour un bivouac à 18h30 et "seulement" 9h30 de marche pour aujourd'hui (je crois avoir un peu d'avance, renforcée par mon contournement de la Rocca dell'Abisso). L'espace est confortable, la vue est belle (c'est peu dire), j'ai l'eau courante et peut ainsi décrasser linge et bonhomme.

Lago Bianco  dell'Agnel et sa banquise
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Pioulou lacustre
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Après toilette et lessive, la soirée est un enchantement : j'ai droit à un coucher de soleil à répétition, car la course de l'astre du jour suit (vu de mon abri) la crête descendante du Gélas. Je le vois donc disparaitre et réapparaitre pendant près d'une heure, tandis que la brume monte et estompe les lumières. Cela suffit déjà à mon bonheur, mais pendant que je dîne un bouquetin mâle descend placidement le chemin, remarque ma présence mais ne s'en émeut guère, et broute quelques fleurs qu'il semble affectionner. Il est rejoint par deux femelles et deux jeunes (de l'an dernier, je dirai), qui l'accompagnent en broutant dans sa lente descente vespérale. Ils sont à 20 m. J'interrompt mon dîner pour ne pas faire de geste susceptible de les effaroucher, et après 10 mn les voilà disparus. C'est alors qu'une autre femelle descend, suivie d'un tout jeune, à coup sûr de cette année. La présence de ce dernier fait de ma présence un danger potentiel aux yeux de la mère, et se plante face à moi (à 10 m), sans me quitter des yeux tant que son petit n'est pas passé. Je crois en avoir fini alors que mon dîner a refroidi (mmmh, la bonne semoule froide tongue ), et voilà qu'un autre mâle, plus jeune que le premier, arrive par l'autre côté (à 5 m), m'observe intrigué, puis passe devant moi pour disparaitre enfin …

Coucher de Soleil oblique
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dé-coucher de Soleil. Le beau cumulo-nimbus donnera un spectacle tout en lumière cette nuit, à distance de sécurité confortable
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8ème et dernier bouquetin du soir
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Au compteur : 28 km / D+ 1 888 m / D- 1 862 / marche ~8:10

J'ai aimé  smile  : faites votre choix !

J'ai détesté sad  :

Si c'était à refaire hmm : ne pas me priver du Rocher de l'Abysse, attraction de l'entrée dans le Mercantour, quitte à bivouaquer plus tard au même endroit, ou plus tôt plus en amont

Le matériel : RAS

Le bonhomme : heu-reux !


Itinéraire / Profil / Progression
Crédits : www.calculitineraires.fr

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La Vidéo J05


EDIT :
- correction des dénivelés et temps de marche effectifs sur base des enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index
- lien vidéo

Dernière modification par Hervé27 (28-10-2019 11:21:49)


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#59 23-08-2019 08:17:37

trois flèches
idéaliste mul
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J'ai beaucoup aimé cette étape, si je peux m'exprimer ainsi  smile , la portion du Fort Pernant au Fort de Giaure doit être magnifique.

Peux-tu confirmer qu'à partir de là tu n'auras plus besoin de stocker de l'eau ?


"La morale, c'est comme la brosse à dents, chacun la sienne."  Charlie Bauer

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#60 23-08-2019 09:39:03

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

trois flèches a écrit :

#536839J'ai beaucoup aimé cette étape, si je peux m'exprimer ainsi  smile , la portion du Fort Pernant au Fort de Giaure doit être magnifique.

Peux-tu confirmer qu'à partir de là tu n'auras plus besoin de stocker de l'eau ?

Salut trois flèches  smile

Oui, de l’eau partout, et jusqu’au Léman rares furent les vrais besoins de faire usage du filtre, que j’ai pour l’essentiel réservé à l’eau des lacs, comme par exemple dans l’environnement très calcaire du Chambeyron où les cours d’eau sont souterrains et seuls les lacs affleurent.

Ceci étant dit, avec un parcours d’altitude, on a toujours la préoccupation de l’eau pour ne pas se retrouver « piégé » : j’ai donc évité de compter sur ma bonne étoile, et à chaque opportunité je buvais abondamment et recomplétait ma 1/2 bouteille, qui fut rarement longtemps vide.


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#61 24-08-2019 10:49:52

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J05 - 26 juillet : du Lago Bianco dell'Agnel au Boréon

Dans la nuit je suis réveillé par des lumières, et ayant fermé la toile pour éviter que les remontées de brume ne me créent trop de condensation (peine perdue), il me faut un certain temps dans mon demi-sommeil pour comprendre qu'il y a de l'orage … Bien que n'entendant aucun tonnerre, je suis persuadé que l'orage sera sur moi en quelques instants et je passe vite en revue ce que je risque : a priori pas exposé au ruissellement sur mon emplacement, j'ai planté l'abri assez bas ce qui me protègera de la pluie, j'ai tendu tous les haubans mais je n'ai pas renforcé les ancrages avec des blocs de pierre … j'ai laissé sécher mon linge dehors à la chaleur résiduelle des rochers, calé par des pierres … au pire je vais le récupérer très mouillé plutôt qu'un peu mouillé … on y survit …

Je prends le risque d'ouvrir un pan de la toile pour voir ce qui se passe, et je suis fasciné par le spectacle : le beau cumulo-nimbus aperçu au coucher du soleil n'a pas changé de place, et au faible clair de Lune de cette fin de nuit (le dernier quartier est dépassé), la belle colonne en chou-fleur s'illumine tel un lampion à intervalles très courts (toutes les 1 à 2 secondes). Aucun son, il doit être à plus de 20 km, je pense à niveau de Borgo San Dalmazzo donc au-dessus de la Plaine du Pô là où elle rencontre le Piémont. Je profite de ce spectacle au chaud dans mon duvet jusqu'aux premières lueurs du jour et le chant (numérique) des grillons de mon iPhone.

très pâle rendu du spectacle tout en lumière qui m'est offert
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Tandis que je remballe je soupèse les 3 options d'itinéraire encore disponibles :

1) mon plan initial du tour du Gélas, mais je n'ai aucune info sur les névés qui se trouvent habituellement après le Passage du Glacier (qui, comme son nom ne l'indique pas, est tout en rochers). Il y a quelques années et dans l'autre sens ils m'avaient fait renoncer (j'étais mulet, pas équipé en crampons et piolets, et je pesais 20 kilos de plus …). Ce que j'ai pu voir hier me dit que les restants de neige sont nombreux et que selon toute probabilité les névés seront présents.

2) passer le Pas de Pagari et de là descendre dans la Gordolasque pour reprendre l'itinéraire GR52 (Pas du Colomb et de la rejoindre le Col de Fenestre pour basculer dans le Boréon via le Pas des Ladres), mais le Pas de Pagari est lui-même à 2 800 m et un névé gênant est également possible, et surtout je connais déjà très bien l'autre côté et aimerait découvrir autre chose. C'est aussi et enfin beaucoup plus long (en temps) et physiquement exigeant que la solution suivante que je vais retenir …

3) mettre en œuvre l'échappatoire de la longue redescente en vallée en Italie jusqu'à San Giacomo (1 100 m de D- depuis ma position) et de là la longue remontée au Col de Fenestre (1 200 m de D+ …), le tout sur du chemin roulant et sans surprise. Avec mon RDV familial pour ce soir, cette troisième et dernière option est la moins aléatoire en terme de difficulté et de temps de parcours, et tant pis si elle me fait "décrocher" des belles altitudes où je circule. Je ressens probablement aussi et inconsciemment le besoin d'un peu plus de facilité après 4 journées où j'ai beaucoup poussé mon organisme, avec en ligne de mire un peu de repos en famille.

A regrets mais soulagé de ce choix de la facilité et après avoir remballé et bu mon café, je me mets en route à 6h00. A noter que j'ai eu le plaisir de renfiler des vêtements bien secs smile , malgré un abri trempé de l'intérieur et de l'extérieur. La chaleur du rocher a efficacement séché mes affaires et prévenu le dépôt de la rosée.

L'orage au loin s'est dissipé avec l'arrivée du jour
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Ce qui devait être mon étape phare du Mercantour s'est transformée en simple étape de transition, mais elle n'en est pas moins très belle. Je découvre une vallée que je ne connaissais pas, et par certains aspects je retrouve un peu les cirques pyrénéens tant appréciés l'an dernier. Je commence tout d'abord par retrouver mes copains bouquetins de la veille, nichés dans un thalweg en contrebas du lac et attendant le soleil pour remonter en altitude. Evidemment je les dérange et ce petit monde s'égaille à mon arrivée.

Salut les copains !
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Derrière moi, le Pas de l'Agnel. Mon lac d'une nuit s'est déjà caché.
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C'est tout de même une longue descente rien que pour rejoindre le fond de vallée et, enfin, emprunter la piste qui me permettra de passer San Giacomo à l'heure du petit déjeuner des colonies de vacances (les odeurs de pain frais, café et chocolat chauds mettent en relief mes besoins caloriques …).

San Giacomo est derrière le piton sombre au confluent des vallées en contrebas. On remonte à Fenestre par la vallée derrière la crête
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Je croise mon premier bipède depuis la mi-journée d'hier tandis que je négocie les ultimes lacets de la descente vers le lit du torrent. Equipé trail c'est un marcheur déjà bien en sueur que je croise, mais il n'y aura rien de plus qu'un buongiorno. Une passerelle sur le torrent a été emportée par une crue, une autre « d’urgence » a été installée un peu plus haut, mais y accéder semble plus dangereux que de risquer la traversée directe du torrent, cherchez l'erreur …

Plus loin je commencerai à rencontrer des VTTistes, et ici où là des tentes montées dans les alluvions du torrent, mais l’affluence matinale reste très faible.
Chaque fois que je me retourne le spectacle est magnifique, avec des vues sans pareille sur ce cirque de montagnes partiellement enneigées.

une fois en bas, après 2 heures de descente (et je ne crois pas avoir traîné …)
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Juste après avoir traversé un troupeau de vaches (avec leurs veaux, je suis de ce fait très prudent, pas envie de prendre un coup de corne d'une mère protectrice), c’est tout un groupe de chamois que je trouve en train de paître dans un pré, mais hélas mon approche les fait s’enfuir dans le sous-bois tout proche.

Ici, il faut un permis pour taquiner l'espèce endémique du chamois piscicole...
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… de toute façon, je n'avais pas ma canne à pêche lol
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Dans les hauteurs sur ma droite, très haut dans la vallée, un chien aboie : il dialogue avec un autre qui lui répond de la bergerie que je croise. Que peuvent-ils bien se raconter à mon sujet roll ?

San Giacomo ne peut pas être qualifié de village : on y trouve un parking de départ de randonnée, au moins une colonie de vacances, un camping, un refuge, un hôtel restaurant (peut-être d’ailleurs fusionné avec le refuge qu’il jouxte). Sous le soleil matinal et entre les ombrages boisés et les cascades, les environs sont très reposants.
Passé le pont qui marque le point bas de ma journée ainsi que de ma traversée jusqu’à ma descente sur Modane dans 10 jours, j’attaque derechef la piste à circulation règlementée qui dessert le vallon du Gesso della Barra et me mènera au Col de Fenestre après 1 200 m de dénivelé. Je ne veux pas trainer afin de remonter le vallon autant que possible avant que celui-ci ne soit écrasé de soleil. Je commence aussi à entrevoir que je suis largement dans les temps pour rejoindre le Boréon ce soir (avantage de se lever tôt), et que j’ai de quoi m’offrir de confortables pauses une fois de retour en altitude. Une prise d’eau à une source en bord de route me délivre une belle eau fraîche sur laquelle je n’ai pas de questions à me poser, c’est pratique.

Colonie de vacances à San Giacomo : le sous-bois se parfume d'odeurs de pain frais, de chocolat chaud, de café ...
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San Giacomo : le camping accueille avec originalité, j'aime cool !
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San Giacomo : refuge & bar-restaurant … nouvelle dose d'odeurs alléchantes
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Sous cet angle, les névés du Gélas semblent bien présents
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Les ânes de randonnée n'ont besoin de personne pour rentrer chez eux après avoir soulagé et accompagné les mulets
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Derrière moi, tandis que la piste vient de passer de l'ombre fraîche du matin à la lumière chaude de la mi-journée. Notez les chèvres un peu sur la droite : elles se sont regroupées sur le toit d'une grange ...
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L’heure avançant, je croise / suit / précède d’autres randonneurs sur cette vallée bien belle et à ce titre abondamment fréquentée en cette saison. Ce n’est pas rédhibitoire et on ne franchit pas ce matin le seuil de l’insupportable (surtout quand je repense aujourd’hui à ce qui suivra 2 semaines plus tard …).

Sur ma gauche les flancs du Gélas se révèlent, et bien que je ne puisse pas situer avec précision le passage du chemin que j’aurai dû emprunter, il me semble bien que les 3 névés fatidiques sont bien là pour le couper. Le temps est magnifique et il serait splendide d’être là-haut, mais je dois assumer mon choix d’être léger sans crampons ni piolet, et d’avoir privilégié la progression rapide sur l’adrénaline des parcours techniques (je serai servi malgré tout par la suite …).

Passait ? Passait pas ? Pas moyen de savoir si on n'a pas essayé ...
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Je marche à bon rythme (que c’est bon d’avoir du souffle et tellement de kilos en moins sur soi et dans son sac …), et vers 10h30 je suis aux abords du refuge dont je ne m’approche pas. J’avise un large rocher en bord de chemin qui m’offre une ombre bienvenue, denrée qui semble se faire rare tandis que l’heure avance. Un jeune couple qui me suivait à bonne distance depuis San Giacomo s’arrête aussi à quelques dizaines de mètres, mais en plein soleil : je ne pourrai pas, il me faut vraiment de l’ombre pour bien me reposer / ventiler / rafraichir. La pause pieds déchaussés, le café, le chocolat, les barres d’Isostar font leur œuvre, et 1/2h plus tard je peux repartir au mieux de ma forme.
La montée se fait maintenant par l’ancien sentier militaire, lequel n’a plus la largeur et la facilité de la piste qui a précédé. Cela n’en reste pas moins un bon chemin, permettant de conserver un souffle régulier dans la montée qui maintenant se raidit pour attaquer l’ascension (facile) du Col de Fenestre. A une bifurcation je retrouve le petit sentier de mon itinéraire « Gélas », je suis éphémèrement de retour sur ma trace puisque celle-ci ne prévoyait pas un passage par le Boréon, mais une remontée vers le Col de Fenestrelle (2 463 m), le Refuge de Gênes, le Col du Brocan (2 892 m), une courte incursion en France au Lac du Mercantour etc., jusqu’aux abord d’Isola 2000. Tous ces plans sont désormais escamotés et cette grande section sera à vous faire découvrir une autre fois.

Refuge Soria Ellena. En semaine, à cette heure, je me réjouis d'être loin de l'heure d'affluence, car le site est très beau
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Refuge Soria Ellena, cette fois en me retournant. A gauche le Col de Fenestrelle qui aurait dû être mon itinéraire
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Je serai toujours admiratif du savoir-faire des Alpinis pour apprivoiser les chaos rocheux et y tracer de larges et bons chemins (celui-ci ne mène plus nulle part …)
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A l’arrivée au Col je vois que je me rapproche de la civilisation touristique, car la proximité des parkings de la Madone de Fenestre (versant français) alimente l’affluence.
2 bébés bouquetins s’amusent dans les éboulis aux abords de l’ancien casernement du Col, avec leur public (dont je suis …) qui les observe, photographie, filme … A un moment je vois leur mère pointer son museau par une fenêtre du bâtiment, puis sortir pour les appeler / rassurer / surveiller. Scène tendre …

Ultime approche du Col de Fenestre
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Bouquetins de l'année sur leur aire de jeux ...
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… tandis que de sa fenêtre, Maman veille au grain
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Je passe vite le Col parce qu’incommode avec le passage incessant des marcheurs, et j’enchaine vite avec le chemin de liaison essentiellement à flanc qui le relie au col voisin du Pas des Ladres. Je ne retrouve pas mes marques depuis mes souvenirs, car les chemins au-dessus de la Madone de Fenestre ont été profondément réaménagés au fil des années pour accueillir l’affluence, et la petite sente oubliée dont j’avais le souvenir est finalement bien plus large et entretenue que ce que je croyais (re)trouver. Le résultat est cependant esthétiquement réussi, et l’on a là un joli sentier aérien offrant de belles vues.

Du Col de Fenestre, vue en direction du Pas du Colomb (au centre), beau passage du GR52 et de la GTA
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Aménagement réussi pour le sentier de liaison du Col de Fenestre au Pas des Ladres
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Du Pas des Ladres, la descente sur le Lac de Trécoulpes
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L’horaire rend incontournable d’établir ma longue pause de la mi-journée au Lac de Trécoulpes, que je trouve déjà bien occupé par une masse de marcheurs à la journée. Paradoxalement c’est à ces moments-là que la solitude de l’itinérance me pèse le plus : 2 randonneurs qui se rencontreraient ainsi dans un tel site chercheraient à se saluer, se parler, communiquer, échanger … 100 marcheurs du dimanche vont au contraire chercher à s’isoler les uns des autres, à s’ignorer, à se réserver leurs quelques mètres carrés de villégiature d’un instant … Bref, tout seul au pied d’un arbre (pourquoi suis-je le seul à chercher l’ombre ?), j’étale mes affaires pour le séchage, quadrille les alentours de mes chaussures, chaussettes et semelles pour faire fuir d’horreur les importuns, et pille honteusement ce qui reste de mes réserves car ce soir je ravitaille !

Lac de Trécoulpes, son île, son gué … Le cadrage de ma photo ne rend pas compte de l'affluence de l'heure ...
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D’ailleurs et le temps de cette pause, petit bilan de ma consommation calorique de ces 5 premiers jours :

-    J’avais prévu pour 6 jours ½  (i.e. pour 7 journées de marche et 6 dîners)  en vue d'un ravitaillement qui aurait pu n'être qu'à Isola 2000 (hypothèse extrême si je n’avais pu combiner de RDV avec ma mère). Je n’en suis qu’au 5ème jour et j’ai par conséquent trop porté.

-    J’ai délaissé mes noix et fruits secs à peine entamés (ils me dureront jusqu'à Montgenèvre), pour "carburer" de jour sur le support des Isostar et de mon chocolat (3 tablettes au départ, que j’achève ici avec gourmandise)

-    J’ai aussi délaissé mon huile d’olive : je n’ai pas encore suffisamment entamé mes réserves corporelles de graisse pour avoir faim de graisses additionnelles. Je pense ne plus en emporter à l'avenir, car de plus cela complique pour dégraisser les "gobelaits" au moment de faire la vaisselle à l'eau froide. De fait je ne consommerai que la moitié du flacon de 150 ml sur les 24 jours.

Au global, il reste ~1.5 kg de mes presque 4 kg de vivres, la moitié de ce reste étant dû à mon avance sur mon ravitaillement tel qu’initialement prévu. Je n’ai eu recours à aucun apport extérieur (commerce, refuge …) autre que quelques myrtilles glanées ici ou là (c’est maigre), et n’en ai pas ressenti le besoin. Je m’attends donc à un résultat assez spectaculaire sur la balance, car le « déficit » alimentaire a dû être de l’ordre de 4 000 kCal par jour. J’ai vécu de mes réserves propres …

Au lac de Trécoulpes, j’explore le gué pour mettre brièvement le pied sur l’île (surpeuplée aujourd’hui). Je souris de la population très diverse qui fait de même, plus ou moins à l’aise, parfois paniquée, parfois ridicule dans sa gaucherie … Et moi, à quoi est-ce que je ressemblais quand j’ai traversé ? Qu’ont-ils pensé de moi, ces marcheurs du dimanche ?

Je me détends et me repose longuement, et cale mon départ afin d’atteindre le lac du Boréon, lieu du RDV, à l’heure prévue de 17h. Comme à mon habitude après avoir atteint le torrent du Boréon, j’opte pour la variante du GR52 (en fait, l’ancien tracé) qui suit la rive droite. Elle n’est fréquentée que par de rares marcheurs, lesquels ont pris la peine de consulter une carte pour tenter de sortir des sentiers battus. Ici j’ai toujours pu facilement me lier de conversation avec mes rencontres, tandis que je n’en ai aucune envie sur l’autre rive, surfréquentée , où le chemin est labouré et élargi à l'extrême par l’afflux de marcheurs, et par la suite facilement raviné par les pluies d’orage.

Le petit chemin est très bon hormis une section un peu raide lorsqu’il faut accompagner les cascades du Boréon. Il se transforme ensuite, et toujours sous le couvert forestier, en beau chemin à flanc de montagne jusqu’à atteindre l’aplomb du refuge du Boréon. Là il descend en lacets rapides et finit sur une pente raide (et bétonnée) au milieu des chalets avant que d’atteindre la route de Salèse. Je longe cette dernière, passe au pied de l’école d’escalade et son mur (totalement artificiel) impressionnant de hauteur, la billetterie du parc Alpha (parc à loups : à faire, surtout avec des enfants) et des autres animations du secteur, je longe le parking puis le lac. A la minute même où j’atteins le lieu de RDV la voiture arrive, Maman amenant des amies de toujours que je suis heureux de retrouver. Nous passons quelque temps sur les lieux pour pêcher quelques truites pour les agapes prévues ce soir et demain. J’ai décidé d’opter pour une totale journée de repos, ce qui m’arrange bien puisque la météo de demain est presque entièrement à l’orage.

Cascade du Boréon par la rive droite
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Nous partageons de l’eau pétillante pour moi, chaude pour les autres, à la terrasse du café / restaurant voisin. J’apprends qu’une randonneuse s’est tuée sur les pentes du Gélas il y a quelques jours, les névés seraient en cause mais je n’ai pas les détails. Les derniers regrets de mes choix s’effacent. Pendant que Maman et notre amie nourrissent les truites du bassin à se faire manger leurs appâts sans ramener de prise, je me réhydrate avec délectation et commence à faire relâche.

Nourrissage des truites ...
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Demain, repos !

Au compteur : 30 km / D+ 1 676 m / D- 2 476 m / marche ~8h20

J’ai aimé :
-    La découverte de ces vallées italiennes que je n’avais jamais vu que d’en haut
-    Une très belle lumière du matin sur des montagnes encore bien parsemées de neige
-    La sauvagerie des flancs du Gélas dont je n’ai parcouru ici qu’une petite partie
-    Un horaire qui jusqu’à la mi-journée m’a épargné le pire de la fréquentation

J’ai détesté :
-    Beaucoup de regrets d’avoir escamoté toute ma belle section d’altitude . Avec le mauvais temps des 48 heures suivantes, je ne reprendrai mon itinéraire prévisionnel qu’à partir d’Isola 2000. J’ai donc activé ~2 jours d’itinéraire « de secours » en faisant ce choix de ravitaillement familial, mais pouvais-je affectivement faire autrement ?

Si c’était à refaire :
-    Réintégrer mon itinéraire d’origine, évidemment. J’aurai aussi eu l’option d’embarquer crampons et piolet et de les abandonner à Valdeblore, mais au vu des ~11 kg du départ (3kg de base, 4kg de vivres, 4 litres d’eau), j’en frémis …
-    Portion manquante à prévoir sur une sortie « courte », légèrement hors saison ? (06chamois, tiens-toi prêt !)

Le matériel :
-    Toujours pas eu froid malgré un bivouac humide à 2 300 m. J’ai ressenti l’humidité mais pas à en avoir froid. J’arrive à quelque chose d’à peu près au point pour mon couchage.
-    Pour la condensation, j’ai résolu de garder mon gant de toilette DIY en microfibre à portée de main. Un essuyage régulier dans les phases d’insomnie réduit de beaucoup la gêne et la crainte de mouiller son couchage
-    Efficacité du séchage nocturne sur pierre préalablement chauffée au soleil dans la journée
-    Moyennant un lavage quotidien avec une goutte (si, si, une seule goutte) de savon d’Alep, mes 3 éléments vestimentaires principaux (TS MC, Cuissard, chaussettes) ne semblent pas pour l’instant accumuler trop d’odeurs. Lorsque plus tard je prendrai plus de liberté avec le lavage (tous les deux jours), ce sera olfactivement moins satisfaisant. C’est que tous les soirs et en vue du matin qui va suivre, il faut arbitrer entre deux déplaisirs : s’habiller mouillé, ou s’habiller puant …

Le bonhomme : que du bonheur !
- les craintes de tendinite d'avant le départ s'estompent. Au contraire, mes symptômes régressent, ce que je pourrai constater "à froid" au cours de la journée de repos à suivre. Plus aucun signe non plus depuis mon retour il y a 10 jours.

Itinéraire / Profil / Progression
Crédits www.calculitineraires.fr

(en vert, la trace prévisionnelle initiale)
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La Vidéo J04


EDIT :
- correction des dénivelés et temps de marche effectifs sur base des enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index

Dernière modification par Hervé27 (28-10-2019 11:23:47)


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
Hervé27-éMULe - ma liste 3.2 kg / 3 saisons
GTA2017 Menton-Modane 12j
HRP2018 Hendaye-Cerbère 35j
HRA2019 Menton-St Gingolph 24j

Hors ligne

#62 24-08-2019 17:27:34

Hervé27
éMULe
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Inscription : 01-11-2017
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

27 juillet : jour de repos

De l'orage est prévu dès 11h00, il n'attendra que 12h00 pour débuter et la pluie durera jusqu'au lendemain matin. Autant donc profiter de ces retrouvailles en famille plutôt que d'essayer de progresser en vain face au mauvais temps. C'est ma 3ème traversée, et à chaque fois ma journée de repos, qu'elle ait été programmée à l'avance ou improvisée, s'est calée sur une journée d'orage.

La matinée est consacrée à un A/R à St Martin Vésubie pour ravitailler. Il me faut de l'alcool ménager (les versions parfumées que j'aperçois dans les placards de la maison ne m'inspirent pas …), des barres de céréales (pas d'Isostar, on fera avec les barres très standard du petit commerce), de la semoule (pas de la complète hélas, je ferai avec du couscous …), du chocolat (bon, là, je trouve tout ce qu'il me faut …), des soupes (zut, uniquement les 2 mêmes variétés que celles des 1ers jours, moi qui cherchait à diversifier …), des TUC (ça m'avait manqué !), du saucisson, du café … N'ayant pratiquement pas touché mes noix et  fruits secs, je ne recomplète pas. Je prends à nouveau de quoi tenir globalement 6 jours en totale autonomie, mais je me plante dans mon calcul : en effet j'avais programmé 2 x 6 jours pour rallier Menton à Montgenèvre et un stop J+6 à Isola, or je m'arrête à Valdeblore à J+5, ce qui laisse encore Montgenèvre à J+7 … Je serai juste, juste et ne le réaliserai qu'à mi-parcours, loin de tout commerce …

Comme j'ai eu à consommer de la crème solaire les jours précédents, je crois nécessaire de recompléter mon flacon de quelques grammes et en rachète (pour abandonner le flacon à peine entamé dans l'étagère familiale). De fait je n'en utiliserai plus une goutte jusqu'à l'arrivée, mon épiderme étant maintenant bien adapté.

Dans la journée je flemmarde, recharge (littéralement) mes batteries, décharge mes photos / vidéos déjà acquises sur ma Dropbox, mets à jour quelques notes, grignote, me réhydrate ...

En soirée nous passons un agréable dîner avec un collectif d'amis randonneurs, rameutés pour l'occasion car il y a beaucoup d'intérêt pour mon sac à 3 kg. Je toucherai peu à l'apéro sad , occupé que je suis à déployer ma revue de sac  wink .

Pour le fun, je retrouve au fond d'un placard le sac à dos de mon enfance, un petit Lafuma rouge, que ce matin-là je prends sur mes épaules pour aller faire mes courses … Il a bien supporté le passage du temps ...

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J06 - 28 juillet : du Boréon aux Lacs Lausfer

La météo du matin est à la pluie et ne doit se dégager que progressivement, avec de l'orage à nouveau prévu dans l'après-midi. Il semble donc inutile de se presser et ce n'est qu'à 8h15 que ma Maman me dépose sur la route de Salèse, encore sous la pluie. Le parking d'habitude rempli en cette saison est presque vide, tout est calme au son des arbres qui s'égouttent.

Si le plan avait été de remonter tout de suite en crête via le Lac du Mercantour ou ceux de Fremamorte, j'oublie cette option car en altitude tout reste bien bouché. Inutile de risquer des pierres qui glissent ou se décrochent, juste pour le plaisir de dire qu'on y était alors que dans la brume et sous la pluie il n'y a rien à y voir …

J'active donc l'itinéraire bis, celui qui me fait passer à moyenne altitude par les Cols de Salèse et Mercière par de très agréables pistes sous les mélèzes, parsemées de torrents qui coupent le chemin.

parking de la route de Salèse, 8h15, au pic de la saison
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Voilà bien des années que Smaug garde le chemin
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A Salèse, 60 ans après le percement de la route qui dessert le village de Molières, une action de revégétalisation est en cours. Souvenir des pauses pique-nique sur l'herbe de mon enfance, avec un certain sac à dos rouge ...
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Ambiance bouchée sur le Lac Nègre et la Caïre Pounchu … Sans regrets pour l'itinéraire bis sous les mélèzes
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MUL se satisfaisant de ce qu'il a
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En tout cas, malgré sa légèreté et son aspect "K-Way", l'imper-Respi Montane Minimus Smock fait son office. Sur cette marche presque à plat j'avance avec polaire et Montane, et je reste bien au chaud et au sec en-dessous. L'humidité de la respiration ne semble pas s'accumuler et je suis très à l'aise. Sous une grosse averse rien n'empêchera d'être mouillé, mais sous une pluie régulière comme aujourd'hui je suis très confortable et respire à mon aise.

A mi-chemin du Col Mercière je croise deux randonneuses bien équipées (ni mulets ni MUL), unique rencontre de ce parcours. Elles viennent de faire demi-tour au Col Mercière, alors que leur programme de la journée devait les mener au refuge San Bernolfo. Voyant le temps bouché, elles préfèrent retourner à leur voiture et se rapprocher de leur cible par la route. Passé une petite discussion et un prêche d'évangélisation MUL, nous poursuivons en sens opposés, bien qu'allant au final dans la même direction …

Sauf erreur de ma part, cet avion en détresse s'est trouvé contraint de lâcher ses bombes en survolant Valdeblore, ce qui aujourd'hui encore fait remonter les peurs de petite fille de ma Maman qui s'y trouvait alors … Les restes d'aluminium de la carlingue furent recyclés par les gens du pays en casseroles, couverts et instruments divers … Il en traîne encore dans les tiroirs des vieilles cuisines ...
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Lépiote élevée (ou Coulemelle). Le champignon mythique de mon enfance. Son chapeau peut dépasser 30 cm de diamètre (galéjade : et servir de parapluie !). Succulent tongue
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Au fond de la vallée, le village de Molières (Commune de Valdeblore), italien jusqu'en 1947, malgré les liens familiaux et patrimoniaux avec Valdeblore et l'isolement de l'Italie 4 à 6 mois sur 12
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Si le plafond reste bas, la pluie s'arrête progressivement et le temps se fait un peu plus lumineux. J'arrive vers 11h30 au pied du Col Mercière, et décide de marquer ma pause juste avant le Col afin de ne pas avoir à subir la vue affligeante de la station d'Isola 2000. Cela coïncide avec le retour du soleil, suffisant pour que je recherche l'ombre du mur d'un ancien casernement, mais aussi pour mettre chaussures et chaussettes au séchage.

Col Mercière au fond à gauche. Le temps n'est plus couvert que pour peu de temps
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Un pan de mur pour me donner un peu d'ombre, car le soleil déchire le voile
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Le plafond s'est levé, un peu de ciel bleu vient du Nord (une fois n'est pas coutume)
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Une fois au Col Mercière après ma pause je croise un kéké et sa cagolle venant de la station, un gros husky avançant devant eux sans laisse. Je fais remarquer qu'ils entrent dans le Parc et que leur chien en liberté n'y a pas sa place. "Mais non, on reste sur la crête, il n'y a pas de problème". C'est sûr, il ne tordra le cou que des seules marmottes d'Isola 2000, il sait différencier la gauche de sa droite, l'animal, tout comme conceptualiser la nature d'un Parc National, son marquage et sa règlementation … Il y a des pays comme ça où les règles n'existent que pour les autres mad  ...

Un peu plus dégoûté que je ne l'étais déjà à transiter par la station, et au vu du temps qui s'est largement dégagé (tout le contraire de ce que virent mes deux sympathiques randonneuses précédentes), je me dis qu'il est temps de quitter l'itinéraire bis et de reprendre la trace d'altitude que j'avais si patiemment préparé. Je bifurque donc vers les lacs des Terres Rouges plutôt que de descendre vers Isola 2000, c'est de loin la meilleure décision prise ce jour là, la suite est éblouissante  cool  !

Dès la décision prise de revenir sur le "bon" itinéraire, Isola 2000 disparait du champ. Tant mieux !
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1er (petit) lac de Terres Rouges et la Baisse de Druos par laquelle j'aurai dû arriver si la météo s'y était prêtée
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Un deuxième (petit) lac de Terres Rouges et les Pas du Loup Ouest (2 665 m) et Est (je passe par l'Ouest). Devinez l'origine du nom des lacs wink
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Au Pas du Loup (Ouest) je renoue avec la frontière (notez la date indicatrice des longues et difficiles tractations - non achevées à ce jour - pour en arrêter en tous points le tracé exact) et les vues vers l'Italie
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Dans ce paysage de sommets et d'arêtes déchiquetées, je suis surpris de la bonne facture des sentiers que je trouve, adoucissant agréablement le passage des cols aux sommets et inversement. C'est bien plus facilement que je ne l'aurai pensé que je parviens à la Cime de la Lombarde, nouveau point culminant de ma traversée, à peine 2h30 après avoir quitté le Col Mercière.

Regard en arrière depuis la Cime de Vermeil (2 778 m) vers le Pas du Loup d'où je viens, et le Malinvern (2 931 m)
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Cime de la Lombarde 2 800 m. Je vous ai déjà dit que j'étais content d'être là ? Entre la Croix et le Malinvern, l'Argentera (3 297 m)
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Sous le plafond nuageux la vue est nette et porte loin, très loin. Je crois avoir aperçu le Gran Paradiso et ses glaciers sans hélas pouvoir le rendre en photo
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Le Col de la Lombarde (2 351 m) semble tout proche ...
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… mais il faut en passer par une descente directe là-dedans. C'est (relativement) stable, mais ça fatigue ...
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Enfin arrivé au col de la Lombarde après une petite heure de descente prudente, je renoue avec la foule (pensez donc, j'ai croisé au moins 50 personnes pendant l'heure passée à proximité des lieux ! 1/4 heure de marche au-delà du Col, la solitude la plus profonde se réinstalle, et pour me remonter le moral j'avise une ancienne casemate pour me poser à l'ombre, chauffer un café et savourer engloutir un peu beaucoup de chocolat.

et dans ce pays de cocagne, les bouquetins tout frais éclos de leurs œufs broutent les arbres à pizzas, pendant que les chamois piscicoles font des bulles dans les torrents. N'importe nawak roll @azerty : peut-être qu'un lâcher de marmottes vengeresses ...
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Programme d'ici le bivouac ? Crête, frontière, bornes, kilomètres …(et qu'est-ce que c'était beau !)
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Tandis que je collectionne les photos de bornes frontières (soirée diapo obligatoire pour tout le monde, j'ai réservé le Grand Rex), il semble de plus en plus évident que l'orage ne se mettra pas en place ce soir. J'ai donc tout loisir de progresser pour atteindre le bivouac que j'ai en tête, et tenir mon quota d'heures de marche malgré le départ tardif.

Récapitulons : on a dit des crêtes. Check !
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On a dit des bornes et des kilomètres : check !
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A l'abord du Pas de Sainte Anne et à l'aplomb du Sanctuaire de Sainte Anne de Vinadio, le chemin est bordé de petits oratoires assemblés des pierres du bord du chemin. Il y en a des dizaines et on ne peut que respecter la ferveur qui a été exprimée à les ériger ici. Certes en moindre concentration que sur cet important itinéraire de pélerinage, je trouverai de tels petits oratoires un peu partout au cours de mon périple.

Vous voyez un chemin de pierres bordé de cailloux ?
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C'est une forêt d'oratoires et d'ex-votos
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Sainte Anne de Vinadio
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Au Pas de Sainte Anne (2 308 m)
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Montée au Col Lausfer (2 430 m)
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Il est pas bien, mon bivouac acheté sur plans ?
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Il est 19h00 quand j'atterris au bord d'un des lacs Lausfer pour y planter le Pioulou, mais je n'ose m'installer face au Mont Mounier de l'autre côté de la Tinée car le vent monte de la vallée. Il est encore assez tôt et les températures sont assez douces pour me permettre une lessive à-l'aide-d'une-seule-goutte-de-savon-d'Alep-parcimonieusement-versée-dans-un-ziplock-que-je-vide-en-pleine-terre-pour-éviter-l'eutrophisation-de-nos-cours-d'eau et une baignade (après avoir trouvé un accès m'évitant de m'enfoncer dans 30 cm de vase, beurk).

Ma situation sur un isthme entre deux lacs me donnera droit à ma nuit sans doute la plus humide de la traversée, mais même pas froid malgré les 2 370 m d'altitude.

Quand on bivouaque au bord de l'eau, comme tout est beau ...
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Plantage dos au vent, assez haut pour tenter de ventiler et limiter la condensation (raté!). Admirez les cordes à linge (c'est qu'il faut je les utilise, mes micro-pinces à linge à 1g pièce !)
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Bonne nuit !


Au compteur : 29 km / D+ 2 202 m / D- 1 491 m / marche ~8h20

J'ai aimé smile :
- la pluie, le soleil, la vie …
- le superbe environnement du Malinvern et de la Cime de la Lombarde, si proches de mes bases et dont j'ignorais tout

J'ai détesté sad :
- frôler, même de loin, une station de ski : ville dans la montagne qui ignore tout de cette dernière, et la couvre d'asphalte et de béton pour la rendre familière
- croiser la foule (un très court moment) mais me sentir tout seul

Si c'était à refaire hmm :
- le tronçon manquant de mon itinéraire initial va du Col de Fenestre à la Baisse de Druos en passant par l'Italie. Cela pourra faire 2 journées sympas pour les amateurs MULs du coin (je ferai signe !), pour peu qu'une organisation logistique permette de partir de la Madone pour se faire récupérer à Isola ou au Col de la Lombarde (je referai bien la Cime, tant elle m'a tapé dans l'œil …).

Le matériel :
- Montane minimus smock : ok  smile
- Chaussures Merrell Chameleon 7 sad  (déjà dit mais elles m'ont pourri les pieds). A tout prendre j'aurai mieux fait de reprendre les Merrell All Out Blaze 2 dont j'avais été si content dans les Pyrénées (mais je leur ai, peut-être à tort, attribué mon début de tendinite)
- Pioulou smile : montage / démontage express, c'est du temps gagné. Je l'apprivoise jour après jour ...
- Cumulus X-Lite 200 smile : toujours pas froid, malgré des bivouacs toujours un peu plus haut, et très humides. Réflexion faite je regrette la capuche, même si j'arrive à m'enserrer la tête dans le duvet malgré tout. Je me console de ce léger inconfort avec le poids gagné  wink

Le bonhomme : jusqu'ici tout va bien. Je ressens de plus en plus le besoin de faire des rencontres, de discuter, de partager, de marcher de concert ... mais déjà qu'en 2017 sur la GTA je ne rencontrais pas grand monde, et encore moins allant comme moi dans le sens Sud-Nord, sur mon itinéraire c'est le grand désert. Sur les 24 jours, en tout et pour tout, je ne vais rencontrer et discuter (brièvement) qu'avec 3 itinérants longue distance, tous en sens inverse.


Itinéraire / Profil / Progression
Crédits www.calculitineraires.fr

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La Vidéo J06


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EDIT :
- correction des dénivelés et temps de marche effectifs sur base des enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index
- lien vers la vidéo

Dernière modification par Hervé27 (28-10-2019 18:34:47)


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
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#63 24-08-2019 21:26:43

NikoJorj
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Merci du récit que je suis avec attention, friand de parcours de crêtes... C'est pour quand la soirée au Rex que je note sur mon agenda?


Quotation, n: The act of repeating erroneously the words of another.”
― Ambrose Bierce, The Unabridged Devil's Dictionary

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#64 24-08-2019 21:37:13

Magne2
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Des photos au texte, on passe un bon moment à te suivre, merci pour le beau travail.


kalo taxidi alias bon voyage en Grec bien sur

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#65 24-08-2019 22:35:00

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

NikoJorj a écrit :

#537020Merci du récit que je suis avec attention, friand de parcours de crêtes... C'est pour quand la soirée au Rex que je note sur mon agenda?

1er avril

On jouera au Mille Bornes lol


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#66 25-08-2019 00:07:53

SandraDL
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Quelle organisation ! Merci pour ce récit détaillé, j'habite pas loin et ce parcours me dit bien également.

Sandra

[Modération] Lien publicitaire supprimé.

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#67 25-08-2019 07:51:28

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Merci à tous de votre passage et de vos encouragements  smile  ! Chaque mot fait chaud au cœur et donne un sens à ce travail d'écriture, qui n'est alors plus tout à fait narcissique. J'espère retranscrire un peu de l'exaltation que m'apportent ces moments de vie itinérante depuis (seulement !) 2 ans, contribuer un peu à faire franchir le pas à d'autres, ou juste vous emmener en promenade.

A mon sens, la rédaction du récit fait partie intégrante de la traversée … Tout en marchant me viennent à l'esprit des moments, impressions, vues, anecdotes etc. qui pourraient ainsi être rapportées dans un journal. Si je prends quelques notes, c'est surtout par les photos et quelques vidéos que j'essaye de marquer qu'à un moment et à un endroit précis (chaque prise de vue étant exactement datée / localisée par la technologie) j'ai pensé à quelque chose de particulier qui pourrait être raconté, ne serait-ce qu'un bonheur contemplatif devant un paysage. La mémoire (avec ses défaillances et ses reconstructions) fait le reste.

Passer à la rédaction / illustration / mise en forme / publication est certes un gros investissement de temps (on ne va pas se le cacher, il me faut tout le temps quotidien disponible en dehors de mon travail pour raconter convenablement une seule journée !), mais je ne peux pas imaginer laisser le temps et l'oubli effacer des moments aussi intenses.

Avec vous et à ce rythme d'un épisode par jour (ça ne va pas toujours être possible, je préviens les impatients …), j'ai la joie de revivre en détails et avec lenteur mon périple et j'en prolonge un peu le bonheur. Ce temps passé permet de clore l'aventure (d'aucuns diraient d'en faire le deuil ?), avant que de me projeter vers la suivante.

L'attente d'un nouveau départ étant insupportable (je ne suis pas moi-même d'un caractère patient), rester quelque temps sur l'aventure précédente réduit le temps d'attente de la suivante et me rend moins insupportable ...


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#68 25-08-2019 09:13:17

Lutosa
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hervé27 a écrit :

#537034… J'espère retranscrire un peu de l'exaltation que m'apportent ces moments de vie itinérante depuis (seulement !) 2 ans, contribuer un peu à faire franchir le pas à d'autres, ou juste vous emmener en promenade…

Salut Hervé,

Je te confirme que tu as fortement contribué, par tes récits, à ce que je franchisse le pas cet été:  vallée de la Roya - Modane en 13 jours... ça te rappelle sans doute quelque chose  wink

Un TOUT GRAND MERCI, ainsi qu’à RL.


« Il semble que la perfection soit atteinte, non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retrancher » Saint-Exupéry

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#69 25-08-2019 09:52:47

Scaramouche
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hervé27 a écrit :

#537006 il semble de plus en plus évident que l'orage ne se mettra pas en place ce soir.

Ah tiens, sur quoi te bases-tu pour faire cette estimation ?
Pour ma part j'essaie d'abord de déterminer le sens d'avancée des nuages en m'aidant d'un repère fixe, au besoin je tiens un de mes bâtons dans le ciel, je ne bouge plus et je regarde comment se déplacent les nuages par rapport à ce point fixe.
Ensuite je sais ou crois savoir le coin du ciel d'où va venir "la suite" et qu'il faut donc surveiller, si c'est lourd de nuages noirs je me dis qu'il va finir par pleuvoir tôt ou tard mais dans pas trop longtemps, si c'est dégagé ou presque, je me dis qu'il va faire de plus en plus beau ou de moins en moins pire.

Mais je dois avouer que ces estimations sont très approximatives.

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#70 25-08-2019 10:46:25

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

coucou hervé

on sent que tu t’es éclaté.

je suis surprise que tu aies tant de condensation dans le pioulou. moi, en une dizaine d’utilisations sur terrains variés je n’en ai jamais eu, ce qui est chaque fois un motif d’étonnement pour moi.

je laisse qq cm entre les deux pans recouverts de la porte pour permettre une ventilation haute. j’ai remarqué que c’est trés efficace.

L.

Dernière modification par laxmimittal (25-08-2019 10:47:01)


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#71 25-08-2019 10:56:49

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

@scaramouche

En haut de la Cime de la Lombarde j’étais encore persuadé que l’orage allait se reformer, mais le temps passant et la luminosité augmentant, les nuages ne montraient plus le caractère menaçant que je leur avais précédemment trouvé. C’est aussi simple que ça.

Tant que je suis par là bas et « sur mes terres », je peux me prévaloir d’un prétentieux ressenti « intuitif » de comment la météo va tourner, pour peu qu’il ne s’agisse que d’observer une situation « locale ». Cela me réussit assez bien pour l’anticipation d’un orage local de milieu ou fin de journée. Cette intuition est évidemment inopérante si la perturbation arrive de l’extérieur, auquel cas l’orage peut frapper à toute heure.


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#72 25-08-2019 14:24:04

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

J07 29 juillet : Lacs Lausfer - Lac des Babarottes

Psychologiquement, après les 5 jours jusqu'au Boréon et Valdeblore qui passent pour une "mise en jambes", et le redémarrage d'hier après une journée de repos, c'est maintenant que j'estime rentrer dans le cœur de mon sujet, et pour les peut-être 10 jours qui me séparent de Modane et la fin de mon itinéraire en frontières. Aujourd'hui en particulier, je vais être servi !

Comme déjà raconté hier, cette nuit a compté parmi les plus humides, coincé que j'étais entre deux lacs et la brume du soir. Je remballe un ensemble bien détrempé, et compte sur une journée ensoleillée pour retrouver ce soir un couchage sec. Les doigts engourdis et ralentis par la manipulation d'un pioulou et d'un polycree trempés d'eau froide, je suis légèrement moins efficace que les jours précédents et ne démarre "qu'à" 6h20 … Pas grave : les journées sont encore longues même si elles raccourcissent, j'arriverai bien à faire mon quota !

1er objectif au Col du Saboulé (2 460 m) avec donc un faible dénivelé à franchir, pour de là garder les crêtes jusqu'au Pas de Barbacane, c'est-à-dire tant que j'ai sur ma carte une trace me disant que je peux le faire ...

Après démontage du Pioulou et à l'instant du départ, 1er rayon de soleil sur le Mont Mounier (2 817 m), plus haut sommet des Alpes Maritimes avant la rectification de frontière de 1947, remarque qu'il me fallait faire étant donné le thême de l'itinéraire ...
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En chemin pour le Col du Saboulé tout proche, je passe le plus grand des Lacs Lausfer
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Au Col du Saboulé, retrouvailles avec les bornes frontières et les vues sur l'Italie
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Pour moi qui ne suis pas un habitué des hors-sentiers et aime pouvoir suivre une trace bien matérialisée au sol, ce choix délibéré d'un itinéraire "aérien" a pour objectif de tester / évaluer / repousser mes limites de confort. De visu cette première portion est beaucoup plus douce que ce à quoi je m'attendais sur cartes, et c'est donc avec une relative facilité que je progresse en direction de la Testa Rognosa della Guercia (2 693 m) et son "anticime" qui la précède (2 685 m). Les vues sur l'arc alpin sont extraordinaires, il m'a manqué mon réflex et son objectif 300 mm … Il me faudra moins d'1h30 pour y être, trop facile ...

Une crête apparemment toute en douceur
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Des points rouges et des cairns pour me guider
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le Mont Viso Montagne Solitaire, est-ce là l'antre de Smaug croisé hier ?
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Légèrement excentré sur la droite, le Chambeyron(?), et plus à gauche, à peine visible en arrière-plan, les Ecrins (?)
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Vers l'Est, l'humidité stagne sur la Plaine du Pô
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La crête est le chemin, pleine vue sur le Mounier
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Les restants de neige épousent les ombres du matin, sous la surveillance lointaine du Viso
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Mon repérage sur cartes OpenTopo m'avait fait programmer un tracé direct vers le Col de la Guercha (2 458 m) : DANGER !!! Il existe peut-être un passage mais pour ce que j'en ai vu, le meilleur équipement serait le parachute … Il est infiniment recommandé de rejoindre légèrement en contrebas le Passo del Bue tout proche, comme je l'ai fait après observation et réflexion, et dont la descente proposée est déjà bien assez raide (plus raide et ce serait vertical). D'en bas et après une pénible descente, je n'ai rien vu de la première option citée ...

En ce point ma trace prévisionnelle me faisait continuer tout droit ...
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… rejoindre de préférence le Passo del Bue …
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… pour une descente par une sente très aérienne, mais au moins il y a un chemin ...
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… vers le Passo della Guercha en contrebas
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Au Col je jette un œil aux anciens baraquements dont la toiture semble tenir. Comme toujours l'intérieur respire le passage des bouquetins, mais fournit un abri respectable en cas de mauvaises conditions, bien qu'ouvert à tous vents.

De là je quitte un temps la crête pour suivre le sentier à flanc de montagne, jusqu'à un petit collet sans nom qui me permet de basculer vers le vallon de San Bernolfo. De l'autre côté je descends vers un chaos rocheux, que je traverse pour rejoindre un lacet de la piste qui remonte vers le Pas de Colle Longue. Un chemin le long de l'éboulis permettait de tirer peut-être légèrement plus direct, mais bien que je l'aperçoive un peu plus tard, j'en ai manqué la bifurcation.

Derniers mètres avant le collet. Toujours aussi admiratif pour ceux qui ont tracé / consolidé ces passages ...
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Un dénommé Emile se serait-il attribué le droit de nommer les lieux wink ?
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Vallon de San Bernolfo
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Je ne rejoins pas le Pas de Colle Longue mais descends et m'arrête sur les rives du 1er des lacs de Colle Longue, où j'ai besoin de marquer la pause et étendre mes affaires au séchage après un peu plus de 4 heures de marche depuis les Lacs Lausfer. Quelques dizaines de mètres plus loin se pose un autre randonneur, 1ère rencontre depuis le Col de la Lombarde hier, mais nous ne nous saluerons pas plus que d'un signe de main. Je m'arrêterai une bonne heure avant que de repartir, toujours par les crêtes, en direction cette fois de la Cime de Colle Longue (2 760 m).

Je croise rapidement deux adeptes du Mountain Bike, et compte tenu de la nature des crêtes que je viens déjà de traverser je leur lance que je ne m'attendais pas particulièrement à croiser des cyclistes. Une sympathique discussion s'engage, car en effet ils ont passé bien plus de temps à porter leurs vélos (en plus de leurs sacs à la journée plus lourds que le mien !) qu'à pédaler. Nous passerons peut-être 20 à 30 mn à parler marche, sac et MUL. Bien sympas, mais il a bien fallu se résoudre à reprendre le chemin …

Très beau lac de Colle Longue au pied du Pas éponyme
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J'ai ici une pensée pour cette randonneuse décédée dans les environs il y a quelques semaines dans le mauvais temps. Je passe en ces mêmes lieux par une météo magnifique et plein de joie. La montagne n'a pas de sentiments à notre égard. La nature, les éléments, le hasard prélèvent leur quota sur les étrangers de passage qui les traversent. Carpe diem !

Les deux lacs en perspective
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La Cime de Colle Longue est rapidement atteinte en moins d'une heure. J'y profite d'un panorama splendide, malgré quelques nuages qui parsèment le ciel. Passé la Cime, je n'ai plus de cairns, plus d'indications, encore une fois la crête est le chemin.

De la Cime de Colle Longue. En arrière, le Massif du Mercantour, l'Argentera et le Gélas s'éloignent rapidement
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Sur une courte distance je n'ai que la crête pour main courante. Le Pas de Barbacane que je dois rejoindre est caché par la petite éminence la plus proche.
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Vue arrière sur la crête déjà parcourue. Jusqu'ici tout va bien.
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C'est ici qu'il faut plonger. Appréhension ...
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Un cairn substantiel indique le point où il faut entamer la plongée vers le Pas de Barbacane. Je n'y vois pas un passage, mais un lancer à l'aveugle dans un chaos rocheux très raide. De fait je ne trouverai pas d'itinéraire sûr me permettant d'atteindre le Col, et je ferai tant bien que mal mon chemin directement vers le vallon, cherchant de l'autre côté une sente évanescente qui toujours s'évanouira sous mes pas. C'est là en effet que je quitte la crête faute de trace référencée (ça se voit bien !), pour rejoindre plusieurs centaines de mètres plus bas le tracé des "Balcons du Mercantour" / Grande Traversée du Mercantour.

Dans cette descente je croise un couple qui souhaitait monter au Pas de Barbacane, mais qui face à la difficulté a fait demi-tour. Visiblement ce Pas de Barbacane se mérite, car bien qu'en étant passé tout près et pouvant presque lire le panneau indicateur (il y avait d'ailleurs quelqu'un monté du versant italien), je n'ai pas discerné d'accès évident ...

Après avoir manqué le Pas de Barbacane. Vu comme ça, ça avait l'air facile
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Presque au bout de la longue descente vers le tracé de la GTM, visible en contrebas
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Sur la GTM
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Je n'éprouve pas beaucoup de plaisir sur cette portion, malgré les vues spectaculaires en balcon vers la Tinée en contrebas. A cette heure de la journée (il est 15h00) le chemin très exposé est écrasé de Soleil, d'autant plus lourd à supporter que je viens de redescendre de 400 m en altitude. Le paysage change lorsque je m'engage dans le vallon de la Clapière qui précède l'écrin du Lac de Rabuons, mais je n'en profite pas car je suis rincé par les efforts de la journée et la chaleur. Mon Hallux Valgus s'est aussi réveillé (déformation du pied qui pousse les orteils vers l'extérieur et fait saillir l'os sur le côté du pied) et me fait souffrir. Le réveil de la douleur est en général dû chez moi à un mauvais laçage, trop serré sur l'avant du pied. Je parviens à trouver un gros rocher un peu en surplomb pour me fournir de l'ombre et une assise convenable, et m'y installe pour souffler … Seules des fourmis un peu agressives viendront troubler ma tranquillité tandis que mon café chauffe et que mes pieds sèchent ...

Pause d'aération. Les photos ne sont pas olfactives, c'eut été une expérience à partager tongue
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Arrivée à Rabuons, on a tiré sur l'eau de la retenue cette année ...
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Je n'ai pas de plan précis quand j'arrive au refuge de Rabuons. Je refais un plein d'eau et me pose brièvement à une table pour reconfigurer mon sac, tout en entamant une discussion avec plusieurs marcheurs attablés aux alentours. A 18h c'est la fin de journée et déjà l'attente du repas. On regarde mon sac avec curiosité, on m'interroge sur ma destination … Certains sortent leur téléphone et prennent une photo. J'ai l'impression d'être une bête de foire.

Je trouve qu'il est encore un peu tôt pour m'arrêter, mais que d'un autre côté la suite de mon programme par le Mont Ténibre n'est pas envisageable à cette heure avancée, ne serait-ce que pour m'en rapprocher puisque le plafond nuageux accroche maintenant les reliefs. Dois-je attendre ici de pouvoir m'y engager demain ? Finalement germe une autre option, qui est d'exclure cette portion d'altitude de l'itinéraire, et me faire un "trip" en soirée le long du très facile et roulant Chemin de l'Energie pour me rapprocher le plus possible des Lacs de Vens. Ainsi je m'avancerai efficacement dans ma Traversée, certes au prix de l'abandon d'un "3 000 m", mais avec la récompense d'un bivouac dans l'environnement plus attractif des lacs de Vens. Si je marche encore 3 h sur du bon chemin direct et jusqu'à la tombée du jour, c'est presque 1/2 journée que je gagnerai sur l'arrivée finale, me donnant ainsi plus de marge de manœuvre.

Emballé c'est pesé, me voilà parti ! A peine quitté le refuge, je croise une randonneuse qui y arrive et me souhaite "Bonne descente !". "Euh, ben non … " mais à quoi bon vouloir rectifier …

Je suis averti que le Chemin de l'Energie est coupé sur une longue portion, suite à l'accident qui en 2013 (je crois) avait causé la mort d'un ouvrier travaillant à la consolidation de la voûte de l'un des tunnels. Une déviation fait contourner cette portion marquée de plusieurs effondrements (techniquement franchissables, mais trop dangereux à autoriser à l'intense fréquentation de randonneurs de la pleine saison). En conséquence un arrêté préfectoral interdit le passage. La déviation fait remonter jusqu'au lac du Fer puis redescendre pour reprendre la section ouverte.

Tant que je suis sur le Chemin de l'Energie j'avance avec célérité, avec des vues en soirée sur la Tinée de toute beauté. Il y avait longtemps que je n'avais plus emprunté ce chemin, qui m'avait fait rêver tant il est à la fois facile (large chemin à flanc pratiquement sans dénivelé), scénique (en balcon sur la Tinée, parfois taillé à flanc de rocher) et ludique (des tunnels pour les randonneurs !).

"La voie est close"
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L'un des tunnels encore autorisés avant la déviation
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Beau, juste beau ...
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Restes des antiques portiques qui permirent de hisser les matériaux de construction des lacs de retenue de Rabuons et Vens. Le bois de mélèze résiste extraordinairement bien au temps
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A surveiller l'horaire, le soleil couchant, le temps de jour qui me reste et mes cartes, je fixe ma cible de bivouac au petit Lac des Babarottes, sans me souvenir précisément si un espace permet d'y bivouaquer. Juste avant d'entamer l'ultime grimpette qui, au bout du Chemin de l'Energie, me permettra de franchir le petit col qui surplombe le lac, je fais la rencontre improbable d'un couple de randonneurs engoncés dans leurs sacs de couchage dans un creux d'herbe coincé entre les rochers, sur le bord du chemin. Rabuons était trop loin à leur goût, mais à seulement 1/2 h ils auraient disposé d'un joli vallon avec petit lac, eau courante, vastes plats herbeux, là où la déviation du Chemin de l'Energie redescend du Lac du Fer.

J'admets qu'il m'a fallu, au terme de cette longue journée entamée à 6h et que je termine à 21h, puiser dans mes ressources pour franchir les derniers 200 m de dénivelé et m'affaler dans l'herbe sur une terrasse herbeuse à quelques dizaines de mètres des rives du lac. Le cérémonial du bivouac doit vite s'aider d'une frontale, et je ne demande pas mon reste pour me fourrer dans mon duvet et disparaitre sous le Pioulou ...

Ambiance éthérée à quelques minutes de poser le bivouac
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La brume va bientôt envelopper le Lac des Babarottes : il est temps (enfin !) de planter le bivouac !
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Au compteur : 33 km / D+ 2 381 m / D- 2 331 m / marche ~10h00

J'ai aimé smile :
- les crêtes
- repousser (un peu) ma limite de confort

J'ai détesté sad :
- repousser un peu trop ma limite de confort (Pas de Barbacane)
- que des lieux aussi enchanteurs aient pu réclamer tant de vies au fil du temps

Si c'était à refaire wink :
- pour une prochaine fois, le Ténibre. Un horaire quotidien plus léger m'aurait fait bivouaquer à Rabuons (mais les lieux ne me plaisaient pas)

Le matériel :
- besoin de chaussures plus larges, plus légères et plus respirantes

Le bonhomme :
- mon hallux valgus ne me fera pas souffrir comme en 2017, c'est juste une question de laçage d'une part, de respecter des repos substantiels d'autre part


Itinéraire / Profil / Progression
Crédits : www.calculitineraires.fr

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La Vidéo J07


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EDIT :
- correction des dénivelés et des temps de marche effectifs sur base des enregistrements Iphigénie
- lien vers l'Index
- lien vers la vidéo

Dernière modification par Hervé27 (29-10-2019 14:58:29)


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#73 25-08-2019 14:31:35

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

laxmimittal a écrit :

#537057coucou hervé

on sent que tu t’es éclaté.

je suis surprise que tu aies tant de condensation dans le pioulou. moi, en une dizaine d’utilisations sur terrains variés je n’en ai jamais eu, ce qui est chaque fois un motif d’étonnement pour moi.

je laisse qq cm entre les deux pans recouverts de la porte pour permettre une ventilation haute. j’ai remarqué que c’est trés efficace.

L.

Bonjour Laurence smile ,

Encore une bonne recette laxmimittal à expérimenter … J'ai cru bon de n'emporter qu'un seul piquet pour fermer les 2 portes, ne me permettant pas ce montage, mais maintenant que tu le dis … Ceci étant, le principal coupable de cette condensation c'était moi et mes choix de bivouac : proche de l'eau, montages approximatifs (j'ai de l'humidité quand je m'attends à du vent et l'inverse, je veux regarder les étoiles quand il faudrait empêcher l'air humide du soir de s'accumuler dans l'abri etc...).

Pour l'éclate, ça aura été une progression de jour en jour jusqu'au Thabor … Plus laborieux ensuite, mais chaque chose en son temps  wink


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#74 26-08-2019 13:05:18

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hervé27 a écrit :

#536789

Guiloup a écrit :

#536736Super chouette ton récit smile.

Nous ne nous serons finalement pas croisé alors!

Si, si : tu as du sentir passer un coup de vent un soir  lol

Ah enfaite je sais!! C'était toi qui randonnais de nuit les bruits autour de notre Bivouac  lol

Les 2 principales difficultés que nous avons rencontrés étaient la montée au "collet Emile" (donc toi sa redescente) et la montée au lac de Fer (donc toi sa redescente également). Par contre je ne vois pas mention de quelconque difficultés. Deux options:
- Moi et mon potes ont est tout pourri
- Tu es croisé avec un chamois


Je te laisse choisir ta réponse smile


Edit: Ajout

Dernière modification par Guiloup (26-08-2019 14:42:52)

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#75 26-08-2019 13:49:19

Amateur38
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Messages : 44

Re : [Récit + liste] Menton-St Gingolph par les frontières 24j

Hervé27 a écrit :

#536788

Amateur38 a écrit :

#536746Pour la quantité de détails restitués, est-ce le résultat d'une excellente mémoire ou d'une importante prise de notes ?
(ou peut-être les deux...)

Salut Amateur38,

C'est rigolo, on m'avait déjà posé la même question dans les récits précédents ...

Quelques notes
La cartographie pour se remémorer les passages empruntés
Beaucoup de photos
Des vidéos où j'exprime des ressentis / impressions, mes intentions de l'instant etc
L'intensité de la vie en itinérance qui aide chaque instant à s'imprimer dans la mémoire
La rareté des rencontres qui aide à se souvenir des détails de chacune …

Au moment de la rédaction il est important d'avoir passé en revue tous ces éléments et de les garder sous la main, car alors la mémoire afflue et, par association, des éléments qui seraient restés enfouis refont surface.

Parce que la quantité de détails est étonnante !
Désolé de ne pas avoir imprimé à la lecture de tes précédentes frasques et merci d'avoir pris la peine de répéter (bonnet d'âne !)

Ne l'ayant jamais fait après mes (petites) virées, il ne m'en reste que les photos et des impressions. C'est vrai que c'est un peu du gâchis...

N'empêche, c'est un sacré boulot que tu t'es mis sur le dos.
Bon courage et merci d'avance
Signé : un lecteur lambda parmi d'innombrables


Edit : mise en page

Dernière modification par Amateur38 (26-08-2019 13:50:41)

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