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#1 25-08-2019 21:57:29

Guiloup
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[Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Bonjour à tous,

De retour le 03/08/2019 de notre aventure au sein du parc national du Mercantour et plus largement au sein de la région Provence Alpes Cotes d’Azur, je me suis dit que j’allais vous donner un petit aperçu visuel et également un petit récit pour ceux qui auraient envie de se lancer dans l’aventure.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, petite présentation rapide : les deux « aventuriers » ici présents s’appellent Guillaume (moi) et Franck (pas moi). Nous avons la trentaine et sommes tous les deux des pratiquants réguliers de randonnée et surtout des amoureux de la montagne. Notre terrain de jeux est principalement les Vosges en raison de la proximité géographique (nous habitons tous deux à Metz). Nous avons plutôt une expérience confortable des terrains forestiers/humides et des temps pluvieux, on ne peut en revanche pas en dire autant pour la haute montagne.

Coté trekking, nous n’en sommes pas à notre coup d’essai : Nous sommes partis 5 jours dans les dolomites en autonomie l’an dernier et avons chacun quelques expériences autres (Chemins de Compostelle, courses d’alpinisme, pratique d’autres activités de montagne… Etc…).
Nous en sommes venus au Mercantour à la suite de la découverte de ce « nouvel » itinéraire crée il y a quelques années : l’occasion parfaite pour nous de se plonger dans la nature et de dévorer les paysages des yeux. Spoiler alerte : nous n’avons pas été déçu. Coté chiffre, ce trek est un assemblage de plusieurs GR mythique (GR5, GR52…) pour environ 210KM de distance et +13K/-14K de dénivelés cumulés (les guides ne sont pas tous d’accord sur les chiffres).

Coté Matos : Franck n’est clairement pas MUL, c’est le genre de gaillard très solide (1ere ligne de Rugby) capable de porter un sac de 18kg sans la ceinture abdominale et surtout sans broncher.
De mon côté, je ne me considère clairement pas non plus comme un randonneur léger/ultra léger mais je suis grandement attiré par votre philosophie et me suis beaucoup inspiré de quelques idées/concept que vous développez sur ce site. Sur ces 10 jours, je me suis évertué à ne pas dépasser 12/13kg max (Eau et Nourriture comprise) et j’avoue ne pas l’avoir regretté. Je ferais une partie retour d’expérience sur le matériel un peu plus bas.
Cela étant dit, passons aux choses sérieuses…

Jour 1 – 20/07/2019 :
Enfin le grand jour est arrivé… Après des mois d’attente, de préparation, de rêves… Nous n’avons maintenant « plus qu’à » prendre notre avion et nous mettre à marcher… Enfin presque… Il faut d’abord, à la descente de l’avion, se faire arnaquer par un taxi (qui se plaignait 5 minutes plus tôt de la concurrence de Uber) pour aller chercher une bouteille de gaz, manquer de se faire arnaquer au resto le soir même et passer une mauvaise nuit dans un camping à Cagnes Sur Mer… Le sud coté touristique peut être parfois un peu rude quand on n’est pas plié aux us et coutumes locales (je parle bien entendu ici du sud « touristique » et pas des sudistes, qui se révèleront dans 99% des cas des personnes formidables avec lesquels nous avons passés de super moments « avec lesquels mes échanges ont été aussi divers qu’enrichissant » pour ceux qui connaissent  )

Jour 2 – 21/07/2019 :
Nous nous réveillons vers 6h00 avec l’Energie du misanthrope qui s’en va faire sa retraite spirituelle dans le désert Mongolien, nous prenons notre bus sans encombre et remontons-les plusieurs dizaines de kilomètres qui séparent Nice de Entraunes, notre point de départ. Cette fois ci les choses sérieuses commencent, nous faisons le plein de flotte car la canicule montre déjà le bout de son nez et avalons les 3h de marches données entre Entraunes (1100m) et Estenc avant d’atteindre rapidement les premiers contreforts de la vallée de l’Estrop. La montée au col de Gialorgues (2519m) nous parait interminable et entame sérieusement notre Energie : Nous avons commencé à marcher à 11h00 (à cause des horaires de bus), il fait très chaud, la météo tire vers l’orage, nous sommes en pleine vallée a découvert et nous avalons 1400 mètres de dénivelés positifs en 5 heures. La vue du col nous fait néanmoins l’effet d’une nuit de sommeil dans un 5 étoiles : c’est éblouissant, une palette de couleurs sans pareil, le magnifique lac de Privola en contrebas… ça y est, nous sommes bien en haute montagne et nous touchons du doigt ce que nous imaginions depuis plusieurs mois. Après une bonne gorgée d’eau, nous descendons tranquillement la vallée pour passer à côté du refuge (non gardé) de Gialorgues ou d’autres trekkeurs ont posés leur bivouac et décidons de nous installer un peu plus bas, le long d’un marais nommé La Sagne et avec comme chaperon la cime de la Gorgia d’une part et le sommet de Gialorgues d’autre part. Nous montons les tentes, faisons un brin de toilette, mangeons un bon lyophilisé, recevons la visite d’un berger et ses chiens « en formation » super sympa et nous couchons après cette journée éprouvante. Coté moral, Franck morfle un peu, l’intensité de cette journée nous a rappelé à quel point ce trek allait être exigeant et sème les graines du doute dans nos tète.

Jour 3 – 22/07/2019
Je me réveil vers 6h00 après une succession de sieste de 1 à 2h mais néanmoins bien reposé. Je profite du lever de soleil sur les géants de pierre qui nous entourent tout en préparant mes pansements en prévention des ampoules et faisant chauffer l’eau pour le sacro-saint café (lyophilisé lui aussi…). Pour l’une des dernières fois du séjour, Franck se réveillera un peu après moi. Nous avalons rapidement notre petit dej car nous entamons une course effrénée contre le soleil qui annonce une journée très chaude aujourd’hui. Nous descendons la vallée par une route sans vrai intérêt en direction de Saint-Delmas-Le-Selvage (1500m), que nous rallions sur les coups de 9h30. Malgré notre départ matinal, nous avons déjà fortement souffert du soleil, il fait déjà très chaud et nous avons hâte de rejoindre le village afin de boire un bon café, un jus d’orange frais, acheter quelques fruits… Quelque chose de revigorant quoi… Nous entrons dans le village et tout est fermé… Cette situation nous met un véritable coup de massue sur la tête car nous sommes sur le point d’attaquer le col de la Colombière (2232m) et avaler les 700m de dénivelés qui séparent notre position actuelle de celui-ci. Nous prenons une bonne pause a l’ombre et repartons donc dans la foulée. Ce col nous en fait bavé autant que nous l’avions prédit. La montée n’est pas particulièrement raide ni technique mais longue, très longue et exposée plein soleil, très exposée… Nous arrivons en haut rincé mais apercevons au loin dans la vallée qui s’offre à nous des petits parasoles au bord de la route montant au col de la bonnette (2800m). Cela nous fait l’effet d’un mirage en plein désert… Regonflé à bloc par le bon coca et l’assiette de crudité qui nous y attendra surement, nous profitons une dernière fois du panorama splendide avant de nous mettre en marche pour dévaler les 500 m de dénivelés négatifs qui nous séparent du hameau de Bousiéyas. Nous faisons une longue pause à l’ombre des parasols de l’auberge et ne comptons pas les boissons que nous buvons pour se rafraichir et reprendre des forces. Un couple de voyageur avec des ânes se renseignent sur le passage du col de la Colombière auprès de la restauratrice. Une partie du chemin s’est affaissé et peut rendre le passage compliqué pour des ânes bâtés mais ils tentent tout de même le coup. De notre côté, nous partons sur les coups de 14h30 pour la dernière épreuve de la journée, le col des Fourches (2261m). La montée, comme à l’accoutumé, est harassante… Ecrasé par le soleil, nous profitons des rares brises qui caressent ce flanc déchiré par la route montant au col de la bonnette, quelques centaines de mètres plus haut. Nous croisons en chemin des randonneurs sur la descente qui ont un équipement que je ne manquerais pas d’acheter pour l’avenir : des ombrelles réfléchissantes (dispo notamment chez Zpacks je crois et Six Moon Design…). L’arrivé au col des Fourches est magistral et restera pour ma part le point d’orgue de ce voyage : la gamme de couleur est enivrante, la focale qu’offre le col oblige à tourner la tête pour avoir l’intégralité du paysage offert à nos yeux, la vallée est sauvage, brute, minérale et alpine, une véritable merveille. Les nuages viennent ajouter à ce tableau de maitre une diversité de lumière sans égale. Je pense que jamais, du refuge Vallot à la pointe de l’aiguille du tour en passant par le sommet du Grand ballon ou du Hohneck je n’avais vu une pareille beauté. Nous restons bouche bée devant se spectacle pendant au moins 15 minutes, comme hébété… Et somme tirée de notre rêverie contemplative par une réalité des plus terre à terre : le ruisseau en contrebas semble à sec, ce qui compliquera grandement notre bivouac de ce soir. La descente dans la vallée nous donne tort, nous trouvons un filet d’eau dans ce qui semblait autrefois être un immense torrent ravageur. Nous montons les tentes, faisons une petite lessive, et mangeons dans la plus belle terrasse de restaurant que nous ne pourrons jamais avoir avec en guise de passant, quelques marmottes. Le moral est remonté, il est temps de dormir désormais.

Jour 4 – 23/07/2019 :
Le réveil s’effectue dans un tonnerre de couleurs qui s’étale sur les massifs environnants. La Salse Morene et les Roabines Négres sont d’une beauté sans nom. Nous repartons ce jour sur les coups de 7h00 pour atteindre le col de Pouriac (2506m) qui nous fait passer en Italie. Les 300m de dénivelés nous ont mis en jambes et les paysages dévoilés au fur et à mesure des cols qui séparent le col de Pouriac et le hameau de Ferrière (1880m) sont tout aussi éblouissants les uns que les autres. Nous croisons sur le chemin des VTTistes, des fermiers patibulaires mais étrangement sympathique malgré tout, des autres randonneurs presque nus entrain de cramer sous un soleil de plomb. Cette rencontre me fait penser à un deuxième point matos : je devrais vraiment tester les chemises légère type Columbia, la protection du soleil et la polyvalence permettrons surement d’atténuer les effets du soleil, à méditer. Nous rejoignons donc Ferrière sur les coups de 11h00 après une descente très jolie mais assez longue et exposée également. Nous prenons un coca à l’auberge du village et nous faisons confirmer que là encore… Pas d’épicerie, pas moyen de manger un truc « frais » type croquer quelques carottes ou manger une bonne pèche bien mure… Rien… Nous devrons nous contenter donc de notre couscous/sauciflar qui commence un peu à nous courir sur le haricot (c’est le cas de le dire). Nous attaquons sur les coups de 12h00 les 700m de dénivelés qui nous séparent du col du Fer (2588m), clé du refuge et des lacs de Vens ainsi que frontière avec la France à nouveau. La montée est là encore, très exposée au soleil et surtout très longue (presque 3h de bonne grimpette). Chaque « collet » cache un cirque rocheux encore plus profond qu’il faut gravir pour ensuite retomber sur un autre cirque rocheux et ainsi de suite… C’est un peu déprimant mais à force de persévérance nous parvenons au col sous un ciel qui se fait de plus en plus menaçant. Après une pause bien mérité et quelques M&M’s ingurgité, nous décidons de ne pas trop trainer sentant la météo tourner au mauvais. Nous redescendons rapidement vers le refuge de Vens (2366m) ou nous resteront bien 2/3 heures afin de laisser passer un orage qui fendra les cieux de ces éclaires et lacérera la terre de grêlons. Nous décidons une fois l’orage passé (et quelques boissons et une soupe chaude) de poursuivre 20 minutes le long du chemin pour atteindre les lacs mineurs de Vens en contrebas et planter le Bivouac. Ce ne sera pas la soirée de notre vie : Je me suis coupé le plat du pied en voulant me laver dans une rivière et le coin est infesté de moustique. De plus, l’humidité ambiante n’incite vraiment pas à la fête et nous décidons de mettre la viande dans le torchon rapidement. Fin de cette journée éprouvante physiquement (20Km de parcourus et 2 cols) et mentalement.

Jour 5 – 24/07/2019 :
Le réveil est bien moins bucolique et chantant que les derniers jours ce matin. Les moustiques nous pourrissent tellement la vie que nous nous mettons en route sans même déjeuner. Nous grimpons une arrête assez raide menant vers le lac Babarottes (2433m) et rencontrons en chemin un sympathique randonneur avec qui nous tapons un brin de causette, nous y prenons le petit déjeuner, tout de même harcelé par des moustiques. Il nous indique qu’il était à ISOLA 2000 avant-hier et que ce n’est plus bien loin, cette perspective nous remonte un petit peu le moral car après 4 jours de Bivouac, nous (et surement les gens qui nous croisent) rêvons d’une vraie douche et d’un lit moelleux afin de se débarrasser de l’odeur d’écurie qui nous suit depuis quelques temps. Aujourd’hui, ce n’est pas mon jour, je ne suis pas en forme, rien dans les jambes, le mentale ne suit pas, madame et mon chat me manque, je broie un peu du noir et pour couronner le tout, j’ai un début de diarrhée. Mais cela devrait s’arranger puisque nous redescendons le pierrier de Baussayer afin de rejoindre le chemin de l’Energie, magnifique chemin en balcon tout plat permettant de relier facilement le refuge de Vens et de Rabuons au moyen d’une super belle balade, les yeux plongés dans les montagnes environnantes… Enfin ça, c’était avant d’arriver au plan de Tenibre, vaste cirque à partir duquel le chemin est dévié pour cause de travaux vers un itinéraire de déviation passant par le lac Fer. Ce sentier, si on peut l’appeler comme ça, a été un véritable chemin de croix… Imaginez-vous une falaise rocailleuse et dessinez-y un trait quasi-droit sur environs 200m de dénivelés dans des amas de terre glaise fragilisées par l’orage de la veille. Pas un pas n’est sûr, les appuis sont branlants, nous parvenons au prix de gros efforts à ce collet en jurant comme des poissonniers. Nous croisons un groupe a la descente qui n’avait pas l’air en bonne posture non plus. Dans la redescente vers le chemin de l’Energie en contrebas, Franck se paie la première gamelle de la rando. Nous finissons au refuge de Rabuons sur les coups de 12h30/13h00, mangeons une bonne soupe de légumes et buvons quelques sirops à l’eau. Le refuge est splendide et les gardiens super sympa. Ceux-ci nous indiquent que notre plan de demain peut être modifié pour un itinéraire plus joli et nous permettrais d’atteindre ISOLA 2000 en 1 jours en passant par le chemin des crètes. Nous prenons les infos et reprenons la route sous la menace d’un ciel qui se charge de plus en plus. Je marche la tête dans les baskets, je suis en pilote automatique et marche derrière Franck qui prend les commandes pour cette partie de la rando. Nous croisons une bifurcation « Saint-Etienne-De-Thinnée », si Franck n’avait pas été-là, je serais redescendu. Nous avançons à marche forcé sous la menace d’un orage qui nous colle aux basques tout le long du sentier et bivouaquerons au lac de Colle Longue. Sur le chemin, nous faisons une rencontre effrayante, deux gros patous blanc foncent vers nous sur un sentier tellement étroit que nous ne pouvons les éviter ni les contourner. Fort heureusement, ils ne nous voulaient pas de mal et nous ont simplement escortés sur 100m. Nous n’en menions pas large à ce moment-là. L’orage part finalement en direction de la cote, nous arrivons péniblement au lac de colle Longue (2428m) vers 20h00 et faisons connaissance avec notre voisin, un Briançonnais qui connait la montagne comme sa poche en trek dans le coin avec ses deux chiens. Il est adorable avec nous et nous prodigue un nombre incalculable de conseils sur les prochains jours et sur l’étape qui nous attend le lendemain. C’est un MUL dans sa version la plus totale : il dort à la belle étoile sur un ZLITE et son duvet, il bivouac toujours non loin d’un abri au cas où il pleuvrait et connais toutes les cabanes des environs. Nous montons nos tentes au bord du lac, mangeons sous le regard bienveillant de la border coli adorable de notre voisin et nous endormons paisiblement après cette journée éprouvante physiquement (presque 12h00 de marche) et mentalement (pour moi surtout).

Jour 6 – 25/07/2019 :
Le réveil est tardif ce matin et la nuit a été réparatrice. Les blessures de la veille (mon pied) ont bien guéri et la perspective d’un retour à la civilisation (ISOLA 2000) soigne les bobos de l’esprit. Nous nous mettons en route sur les coups de 9h00 non sans avoir écouté encore 2/3 dernier conseils de notre compagnons d’un soir et ses coéquipiers a 4 pattes. Nous partons avec un litre de flotte chacun : il y aurait soi-disant une source un peu plus bas le long du chemin. Nous ne la trouverons jamais mais décidons tout de même de poursuivre se disant que, que diable, ya d’la flotte partout dans ces montagnes… Nous abordons un sentier vraiment très technique du même acabit de la déviation du chemin de l’Energie. Certaines parties vous font prendre 200m de gaz dans la vue sur quelques rochers sur lesquels vous n’avez pas la place pour mettre les 2 pieds cote a cote. Une seule solution pour ne pas tétaniser et avancer : débrancher le cerveau et se dire que si d’autres passent, ça passera aussi. Nous parvenons à la crète de l’Autaret sur les coups de 10h30/11h00. Il fait très chaud et nous prenons conscience du sentier que nous venons de passer. Nous longeons ensuite une série de col et de pas (Col de la Guercha, Pas du Bœuf, Col de Saboule) par une série de pierriers instables et interminables. Je suis plus à l’aise que Franck sur ce terrain, il affronte clairement aujourd’hui le même type de journée que j’ai dû affronter moi la veille. Pour ne rien arranger, nous commençons à manquer d’eau dans la montée du pas du Bœuf. Heureusement, nous pouvons nous refaire deux litres de flotte dans un marécage avant le col de Saboule au prix d’efforts conséquents (la poche a eau Sawyer fournit s’est mise à fuir de tous les côtés) qui nous permettrons de pousser jusqu’au lac du Lauzsfer. La pause de midi au bord du lac du Lauzsfer (2357) est accueilli comme une corne d’abondance. Nous buvons et mangeons à notre soif sous le soleil de plomb de midi et clou du spectacle, deux majestueux aigles nous survolent à 10 mètres au-dessus de nos tète. Nous nous en mettons pleins les yeux, remplissons nos gourdes au max et repartons direction le pas de Saint Anne (2308m) duquel nous rejoignons le lac en contrebas (1980m de tète, la carte ne l’indique pas) duquel nous remontons sur la crète de la Lausetta. Il fait grand beau, la fatigue de la journée est éclipsée temporairement par le panorama absolument majestueux sur les très boisées cimes de Méné, Merlier et Sistron côté Français et les très minérales M. della Valetta et Cima d’Origials côté Italien. Le spectacle est à couper le souffle et nous marchons tel des funambules deux bonnes heures durant dans ce paysage de rêve avant d’atteindre le col de Lombarde duquel nous rejoindrons Isola 2000 au moyen d’une piste de ski bien casse pattes. Nous trouvons refuge au sein de l’hôtel Le Druot que je me permets de citer ici tant la gérante a fait preuve d’une gentillesse toute particulière à notre égard. Autre point important niveau logistique : contrairement à beaucoup de régions alpines ou non, les refuges ne prennent pas la carte comme moyen de paiement. Attendez-vous donc à devoir avoir pas mal de liquide, ce qui n’était pas notre cas. Nous avons donc refait « le plein » de flouz a Isola 2000 pour le reste du voyage. Une bonne pizza, une bonne douche, la gérante nous a fait gentiment une lessive, nous nous endormons comme dans un nuage.

Jour 7 – 26/07/2019 :
Nous décidons de nous accorder une journée de repos à Isola 2000. Nous buvons quelques bières, faisons des courses, quelques parties d’échecs… On profite et on se repose. Les prévisions météo pour les jours à venir sont mauvaise a catastrophiques. Nous apprendrons plus tard qu’elles étaient en réalité catastrophistes.

Jour 8 – 27/07/2019 :
Après un super petit dej, nous quittons notre havre de paix pour reprendre la route mais en déviant de l’itinéraire de la GTM à cause des prévisions météos, préférant rester maitre de notre voyage en cas d’épisode orageux violent et pouvoir écourter au besoin. De gros orages sont annoncés l’après-midi et le lendemain, nous partons donc tôt et décidons de suivre un sentier en vallée menant à Saint-Martin-de-Vésubie (1000m) en passant par le Col Mercière (2342m), le col de Salese (2031m) et le Boréon (1470m). L’orage éclate lorsque nous sommes à hauteur du col de Salese. Heureusement, la partie de ce tronçon est très boisée, bien à l’abris, pas de risque particulier si ce n’est une pluie absolument diluvienne. Nous rencontrons un randonneur en chemin au niveau du col qui sentant le vent tourner, s’équipe également contre les éléments (ce point aura son importance plus loin). Nous rejoignons le Boréon sous un déluge incroyable de grêle, d’eau et accompagné par les éclaires et le tonnerre striant le ciel. Nous atteignons le Boréons vers 14h00 et buvons un verre dans le gite. L’atmosphère est morose malgré les gardiens très sympa. Les gens ne sont pas tranquilles à cause de la météo. La suite de la journée va s’avérer très pénible. Apparemment sans difficulté particulière, le sentier entre le Boreon et Saint-Martin-de-Vesubie s’est révélé être un véritable calvaire fait d’un tout petit sentier forestier à flanc de falaise jonché de racines et de pierres glissantes comme de la glace, des travaux forestiers récents avaient couchés des arbres en travers de la route et l’itinéraire présentait pour conclure un dénivelé non négligeable avec aucuns points de vus récompensant l’effort. Nous ne prendrons pas loin de 4h00 à rejoindre Saint Martin et croiseront un gros groupe de randonneurs épuisés et sous équipés avec lesquels nous échangeront quelques mots. Nous prenons le premier hôtel que nous trouvons à Saint Martin, trempé, la tête des mauvais jours, le moral dans les chaussettes. Nous allons nous coucher le soir en pensant que les vacances étaient désormais finies et que la météo allait nous pousser à arrêter.

Jour 9 – 28/07/2019:
Nous nous levons tard et l’air maussade. Il pleut encore dehors, et la perspective de devoir abandonner le trek à cause de la météo nous sape le moral. Nous descendons vers 11h00 à la réception pour rendre la clé quand l’aubergiste nous annonce que la météo annonce une nette amélioration pour les prochains jours, que le gros des orages est maintenant passé et que nous pouvons y retourner. Problème : les navettes du jour sont déjà passées. Nous décidons de prendre un bus pour Roquebillière (600m), dormir au camping et prendre une navette pour le fond de la vallée du Gordolasque le lendemain. Nous nous rendrons compte une fois à Roquebillière que les navettes ne circulent que du Vendredi au Dimanche… Or nous sommes Dimanche soir… Nous nous couchons très déçu de devoir vraisemblablement zapper l’étape du refuge de Nice et Valée des Merveilles car nous manquerions de temps pour remonter à vallée à pied.

Jour 10 – 29/07/2019 :
Nous appelons un taxi au réveil pour connaitre le prix de la course pour le fond de la Gordolasque : 40€ pour 2 personnes, banco. Le taxi passe nous chercher vers 10h30 à Roquebillière et nous emmène au pont du Countet (1682m), près de la maison de Belle et Sébastien (pour les plus « matures » d’entre vous wink). Nous sommes remontés à bloc, nous allons pouvoir voir cette légendaire vallée des merveilles érigée en apothéose de ce trek par tous les guides que nous avons lu. Mais d’abord, nous avalons avec entrain les 400m de dénivelé qui nous séparent du refuge de Nice (2100m), dans lequel nous feront notre pause repas accompagné d’un bon café. Nous attaquons ensuite la fameuse baisse du Basto (2693m), plus amusante que technique à mon gout du fait de la diversité de terrain rencontré. Seule la fin peut être un petit peu compliqué si l’on ne s’est pas bien économisé avant. Nous avons ensuite le droit à une foule de petits bouquetins qui nous regardent passer comme des vaches dans un pré pour rejoindre le sentier surplombant le lac du Basto. Nous passons ensuite la Baisse de Valmasque (2532m) pour redescendre dans la vallée des Merveilles. Hé bien pour une fois, les brochures n’avaient pas tort, il s’agit vraiment la d’une vallée splendide. De moins point de vu, pas tant pour ses gravures (que les vandalisassions à répétitions ont ternis) que nous la beauté de ses pierres de toutes les couleurs, de ces rochers polis par des millénaires d’érosion glaciaires… Nous n’avons en plus découvert en fin d’après-midi, pas un chat sur le sentier, je garde de ce lieu un souvenir vraiment magique. Nous poussons ensuite vers le refuge des merveilles (2200m) ou là en revanche, malgré toute la bonne humeur déployée par les gardiens, on ne peut s’empêcher d’étouffer. Une foule de personne est présente et le bivouac étant réglementé dans tout le parc, tout le monde est parqué au même endroit. Ça fait un peu camping… Pas la meilleure des expériences. Nous boirons une bière, planterons les tentes et iront nous coucher assez vite.

Jour 11 – 30/07/2019
Nous levons le camp vers 8h30 en prenant notre temps, sachant que la redescente vers la cote commence ici et que le calendrier est maintenant conforté. Nous montons rapidement vers le Pas du Diable (2400m) ou nous attends une magnifique vue sur la vallée en contrebas. Une raide et longue descente encore une fois très exposée nous attends maintenant jusqu’à camp d’argent. Franck est dans le mal ce jour, quelques problèmes de genoux l’empêchent d’être tout à fait à l’aise dans les descentes et la longueur du voyage commence à se faire sentir mentalement également. Nous atteignons en 3h le bastion de la Redoute (2000m) duquel nous avons une vue particulièrement poétique sur toute la vallée noyée aléatoirement dans une mer de nuage mystérieuse. Nous payons également cher en sueur cette étape ou la chaleur recommence à pointer le bout de son nez. Nous continuons vers camp d’argent, accompagné par les nuages qui aléatoirement drapent nos pas d’un voile envoutant. Arrivé à camp d’argent (1740) vers 15h00 et constatant que la station de ski n’était clairement pas très attrayante ni en termes d’hospitalité pour le bivouac, ni en termes d’animation, nous prenons la décision d’emprunter le GR52A qui descend à Moulinet (830m). Après un démarrage difficile (balisage imprécis au col Turini), nous nous engageons sur un chemin très long et très pentu (heureusement pas technique) dans un état de fatigue avancé. Avec le recul, ce fut une erreur, Franck a clairement puisé dans ses réserves lors de cette descente et bien que Moulinet soit un magnifique petit village encore bien préservé de la folie touristique du sud, nous arrivâmes totalement défait sur les coups de 19h00 au bourg. Nous prendrons un lit au gite rural (dernier étage de la mairie, 14€/personnes) et mangerons un festin de taboulé/3D ben et nuits et nectarine pour nous remettre de nos émotions.

Jour 12- 31/07/2019
Nous partons vers 8h30 de Moulinet après une nuit très réparatrice pour moi. Franck pour sa part n’a dormi que 6h. Le départ est tranquille avec une petite côte remontant à flanc de colline via le GR52A.
Le reste de la journée de marche vers Sospel sera ponctué de passage dans le maquis, dans des arbustes sous une chaleur accablante. La encore, pas un point d’eau sur le chemin mais heureusement, nous avons prévu le coup ce matin en emportant une grosse quantité d’eau. Nous arrivons vers 14h00 à Sospel, grillé comme des merguez après une bonne heure de marche sur le bitume brulant d’une départementale en fin de route. Le camping est fermé jusqu’à 16h30, nous en profiteront pour aller boire quelques bières en terrasse et manger une bonne pizza.
Nous sommes vite rejoins par une figure familière : le randonneur que nous avions déjà croisé sous l’orage. Nous sympathisons et discutons bien 2 heures à la terrasse du café. D’a comme un accord, nous décidons de continuer ensemble la dernière étape de demain jusqu’à la mer. Cela remet du baume au cœur à Franck qui était à deux doigt de prendre un bus pour zapper cette étape. Nous passons la soirée, après avoir monté le camp à Sospel, à visiter cette superbe petite ville.

Jour 13 – 01/08/2019
C’est parti pour la dernière étape. Nous partons à deux ce matin sur les coups de 7h00 pour éviter le gros de la chaleur. Une étape longue et harassante nous attend, particulièrement la descente finale jusqu’à Menton qui est décrit partout comme une grosse étape coupe patte.
La encore, nous évoluons dans des paysages bien connus qui nous rappel les Vosges, foret d’épineux, rien de technique. Cette étape est un peu plus mélancolique, je me souviens des derniers jours ou je n’avais qu’une envie c’était que ça s’arrête et là, d’un coup, lorsque je vois la mer, je me rends compte que c’est vraiment la fin de cette aventure. Une sensation étrange m’envahit, entre le sentiment d’accomplissement et la tristesse de la fin du chemin. Nous sommes rejoins par Bruno en cours de chemin, il ne marche pas, il vol… Et tout ça avec un sac de 14kg sur le dos… Il n’en est pas à son premier GR et nous papotons tout le long de la descente. A l’approche de la fin, dans les ruelles de Menton, un soudain mutisme nous frappe tous, nous apprécions chacun a notre manière les derniers pas de cette superbe aventure.
Nous rejoignons la balise « 1 » du GR52 et partageons un bon coca bien frais avant de nous dire au revoir.
Nous passons ensuite 2 jours a Menton et Nice avant de nous envoler a nouveau pour le Luxembourg et rejoindre nos chez nous respectifs.

Conclusion:
Une aventure haute en couleur qui pour ma part en appellera d’autres. Les quelques points que nous notons :
-    Le parcours de de la GTM est encore très préservé du flux touristique sur la partie Nord (celle que nous avons préféré personnellement).
-    Les différents hameaux et villages ne sont pas du tout prêt à accueillir les voyageurs en mode itinérance/bivouac encore. Niveau ravitaillement c’est vraiment compliqué de même que la logistique pour la carte bancaire.
-    Le parcours est vraiment difficile, notre compagnon en fin de parcours qui avait fait presque tous les « gros » GR en France nous indiquait qu’il avait trouvé le GR52 particulièrement exigeant tant techniquement que physiquement. La comparaison la plus proche qu’il nous amenait était la HRP et la partie Ariégeoise.
-    Les deux étapes finales, hormis la traversé de Moulinet et Sospel qui sont de superbes petites villes, est relativement sans intérêt, pas de points d’eaux en route, et assez casse patte.

Coté matos, voici ma liste

Voici à chaud quelques réflexions que je me suis fait :
-    Remplacer les TSMC par une chemise (plus versatile en cas de grosse chaleur par exemple, évite de se barbouiller de crème solaire…)
-    Achat d’une ombrelle à prévoir pour les randos estivales dans les paysages exposés au-dessus de 2000
-    MSR Hubba Hubba : Super mais trop pour moi, achat d’une six Moon design Lunar Solo pour les trips solo et garder la Hubba Hubba pour les sorties avec madame
-    Chaussures : même si j’ai un peu maudit mes grosses groles, je n’aurais pas été à l’aise en trail et surtout je les aurais défoncés en 1 semaine vu le terrain rencontré. A voir pour trouver une chaussure plus typée été plus aéré mais toujours avec la stabilité d’une semelle rigide (Vibram si possible)
-    Sac à dos : Parfait !
-    Filtre : la poche a eau vendue avec le Sawyer est juste bonne à mettre à la poubelle, elle n’est pas résistante pour un sou. De plus, je pense prendre un Katadyn pour le coté pratique (plus de débit et membrane qui se nettoie sans besoin de la seringue).
-    Couche thermique : clairement overkill doudoune + polaire. La prochaine fois je ne prends que la doudoune.
-    Bouffe : je ne sais toujours pas gérer la quantité… J’ai de nouveau fini le trek en portant facile 3 à 4 jours de nourriture dans le sac. A travailler.

Et enfin… Quelques photos :
Mercantour 2019
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#2 25-08-2019 22:37:43

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Guiloup,

merci pour ce super retour plein de pêche;

je lis en même temps celui d'hervé27 et c'est rigolo de passer aux mêmes endroits (avec les yeux).

à mon avis, après un tel trek, Frank est mûr pour la MUL.

L.

Dernière modification par laxmimittal (25-08-2019 22:38:14)


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#3 26-08-2019 08:43:16

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Salut Laxmimittal,

Un grand merci, c'est la première fois que je rédige ce genre de retour, j'espère que ce n'est pas trop ennuyeux à lire et que ça ne fait pas trop "pavé".

Oui effectivement j'ai également lu celui d'Hervé, nous avons du nous croiser de peu smile

Concernant Franck, hé bien figure toi que pas du tout lol il s'est juste convaincu que les sorties de plus d'une semaine, ce n'était pas pour lui. Mais bon... Chacun son chemin comme on dit smile si il est a l'aise comme ça...

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#4 26-08-2019 09:18:59

Hervé27
éMULe
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Salut Guiloup,

J'étais en pause au chaud et au sec le 27 à Valdeblore (et une escapade motorisée à St Martin pour le ravito) pendant que vous vous tapiez l'orage à Salèse (la configuration des lieux leur donne toujours une intensité particulière dans ce vallon, j'en aurai à raconter mais tu as pu t'en rendre compte in situ …), mais alors que tu faisais la grass'mat le 28 à St Martin, je me faisais redéposer dans le Boréon sous la pluie … On s'est croisés de peu, ! J'aurai plein de commentaires d'itinéraires à faire, car il y avait de belles alternatives aux tronçons que tu as pu trouver - à juste titre - harassants ou sans intérêt, et notamment des moyens de rallier les Merveilles depuis St Martin sans en passer par les bus ou taxis.

Du côté de ta liste et comme tu t'en doutes, il y aurait beaucoup de choses à dire … Le côté positif c'est que tu es certain d'avoir de quoi progresser dans l'allègement  wink !


“La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les laisse où elles sont. C’est mieux” Pierre Bourgault
Hervé27-éMULe - ma liste 3.2 kg / 3 saisons
GTA2017 Menton-Modane 12j
HRP2018 Hendaye-Cerbère 35j
HRA2019 Menton-St Gingolph 24j

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#5 26-08-2019 10:22:37

pmnx
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Bonjour, j'étais dans le Mercantour la semaine dernière pour des randos à la journée (camping à Saint Etienne de Tinée).
J'ai fait le parcours refuges Rabuons Vens non pas par le chemin de l'énergie mais par le mont Ténibre, c'est-à-dire par le un sentier non officiellement balisé. Et je confirme que la vallée du Ténibre et ses deux lacs est éprouvante physiquement et mentalement (je suis passé plus haut que vous apparemment) avec ses immenses pierriers à traverser à vue. Je m'y suis perdu plusieurs fois mais je l'ai un peu cherché.
Je n'ai pas eu de moustiques sur ce parcours mi-août. Ils ont aparrement gaché votre passage aux lacs de Vens qui à eux seuls méritent le voyage.
Je confirme que le Mercantour est une montagne très sauvage mais aussi très belle, les sentiers balisés restent accessibles. La déviation du sentier de l'énergie a probablement du vous couper les pattes et le moral, je ne l'ai pas faite.
Je pense que la clé pour ce type de randonnée, il est important de très bien préparer son parcours (et prévoir des possibles déviations) et de partir ultra-léger. La méteo, le poids et le manque de sommeil ont dû jouer sur votre moral.
Perso, après avoir arpenté des bouts de Tinée et Vésubie, je projette de faire une traversée Tinée Vésubie l'an prochain en août en autonomie.
Dernière chose, j'ai vu des traces de loups tous les jours (crottes) sur les sentiers et près du col de la Bonette, j'ai vu des vautours fauves bouffer une brebis.

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#6 26-08-2019 11:23:48

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

@Hervé:
Hé oui dommage!! Remarque franchement l'orage n'était pas si terrible car nous étions bien a l'abris d'une foret dense... Le pire était vraiment la portion Boréon/Saint Martin pour le coup.
Niveau Matos, comme tu l'as bien souligné, j'ai effectivement pas mal d'axes d'améliorations... Les principaux que je vois pour l'instant sont:
- La tente pour les trips "solo": J'ai acheté une Lunar Solo que j'ai testé ce week end: Impecable j'ai trouvé mon bonheur!
- La polaire/doudoune: l'une d'elle était vraiment de trop
- La gestion de la bouffe

Sur la tente, j'ai gagné 1KG, sur la polaire/doudoune j'aurais eu 360gr a gagner et sur la bouffe, facile 500gr... Ce qui fait déja un beau gain de presque 2KG pour la prochaine rando smile. Je pense aussi revoir pour les chaussures mais pour l'instant je n'ai pas encore trouvé mon bonheur (Basse/mid, très aerés limite avec du Mesh, semelles rigide Vibram, pas de gore tex...).

Par contre l'autre point positif, c'est que a part la doublette doudoune/polaire, tous mes objets m'ont vraiment servit (ex: l'évier portable de 50gr STS c'est vraiment super en bivouac pour faire un brin de toilette loin des court d'eau, faire une lessive, les chaussures de recup salomon également quand on a des "grosses" de montagne bien rigides comme mes scarpa ça n'a pas de prix...). Je ne partirais pas non plus sans mon pantalon de pluie que j'ai adoré car il me permettait de faire également coupe-vent lors des matins un peu frisquet...

@Pmnx:
Comme tu le dis, la déviation nous a non seulement coupé les pattes mais nous l'avons trouvé particulièrement instable et dangereuse. Je pense qu'il serait préférable qu'ils n'indiquent au niveau de la déviation pour que les gens sachent dans quoi ils s'engagent (car a la base, le sentier de l'energie étant très roulant, on peut s'attendre a y voir des gens pas super experimentés).

Edit: précisions

Dernière modification par Guiloup (26-08-2019 11:26:27)

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#7 26-08-2019 11:44:40

Heiervang
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Beau compte rendu ! J'étais dans le coin (Valdeblore - Menton) juste un peu plus tard, tout début aout smile

Aux pieds j'avais des Quechua MH 500 Fresh. Tu les as déjà essayées ? Elles ont été - pour moi - absolument parfaites sur cette rando, comme sur les trois ou quatre autres que j'ai fait avec la même paire depuis un an ou deux. Légères, confortables, sèchent super vite (au point de prendre plaisir à traverser les torrents avec pour se rafraîchir les pieds - 15 min de marche plus tard elles sont sèches) bon maintient du pied, etc. Pour 50 euros. Aucun soucis avec le terrain rocailleux du Mercantour.
Solides aussi, même s'il faut faire gaffe au mesh. J'ai fini par défoncer les miennes en faisant un foot à Sospel  lol La chaussure est concue pour la marche/trail (en tout cas pas de signe d'usure particulier constaté en les utilisant commme ca), mais par contre le mesh a pris cher sur les gros appuis latéraux et changement brutaux de direction au foot.

Edit : lien

Dernière modification par Heiervang (26-08-2019 11:59:31)

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#8 26-08-2019 11:53:41

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Salut Heiervang,

Merci smile

Euuuh je ne trouve pas ces chaussures sur le site D4 et non je ne les ais jamais essayée. Je vais noter ça pour mon prochain passage en magasin wink.

J'avais repéré une paire de Merell pas mal mais trop souple pour de la montagne (c'est surement une question d'habitude mais j'aime les semelles rigides sur du sentier caillouteux et technique)

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#9 26-08-2019 12:06:06

Heiervang
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

J'avais copié/collé un lien qui n'avait rien à voir dans mon précédent message... édit avec le bon lien vers les pommpes en question.

La semelle est moins rigide/épaisse que sur des grosses boots facon tracteur, tu sens un peu le terrain sous tes pieds c'est sûr. Jamais douloureux ni même gênant pour moi, au contraire, je trouve que la plus fine sensibilité au terrain permet au pied de s'y adapter plus naturellement et rapidement, donc avec moins de report de contrainte dans la cheville, ce qui est pour moi plus agréable et pour des tiges basses sans doute un atout en termes de sécurité. Après, les goûts et les couleurss... smile

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#10 26-08-2019 12:21:13

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

@Heiervang:
Merci pour l'idée! Niveau accroche elles sont satisfaisante?

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#11 26-08-2019 14:32:47

pmnx
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

@guillou 
J'ai porté les D4 MH500 cette année qui ont la même semelle, j'ai surtout marché dans de la caillasse, du pierrier et du rocher (escalade simple). La semelle est excellente, adhérente et accrocheuse, usure faible après 21 grosses journées. La chaussure est respirante et sèche vite si passage torrent. A part quelques griffures sur le caoutchouc, elles sont bonnes pour une deuxième saison.
Elle est adaptée aux pieds larges et, suivant ton type de serrage/lacage, le talon demandera quelques jours de rodage.
Il existe une version moins "alpine" et surtout moins large à 30 euros mais avec les mêmes qualités, la MH100.

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#12 26-08-2019 15:58:59

Heiervang
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Tout pareil que pmnx  smile
J'ai le pied plutôt fin, et aucun soucis pour ces chaussures là.

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#13 26-08-2019 16:02:19

Guiloup
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Bon hé bien j'irais essayer un de ces 4!

En plus elles ne sont pas cher alors du coup... J'ai juste un a priori sur le grip D4 car les 3/4 paires que j'avais eu (nottament MH100 mid) était vraiment pas top comparé a mes semelles Vibram que j'ai eu après sur mes autres "grosses" (Meindl et Scarpa) avec lesquels tu peux sans problème grimpé des dalles rocheuses mouillés.


Edit: ils indiquent cette chaussure pas adapté à la rando en montagne sur le site

Dernière modification par Guiloup (26-08-2019 16:04:39)

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#14 26-08-2019 21:19:03

Lutosa
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Re : [Récit + liste] Grande Traversée du Mercantour

Guiloup a écrit :

#537230Edit: ils indiquent cette chaussure pas adapté à la rando en montagne sur le site

Le contraire serait étonnant, il faut bien qu’ils continuent à vendre le reste de leur gamme...


« Il semble que la perfection soit atteinte, non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retrancher » Saint-Exupéry

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