#1 06-08-2020 12:07:08

bigej
Membre
Inscription : 14-05-2020
Messages : 6

[Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Bonjour à tous,

J'ai effectué une HRP ce Juillet et ayant piqué pas mal d'informations sur le forum depuis sa découverte, ça me fait plaisir de l'enrichir à mon tour en partageant un petit compte rendu à chaud !

MAJ 11/09/20 le film est terminé ! https://www.youtube.com/watch?v=qhpqPA_JgU8&t=524s

Petite présentation brève : 25 ans, sportif assidu et diversifié dans la pratique des activités de montagne, moniteur de ski et étudiant ingénieur, petite expérience de la marche de longues distances avec une traversée du Népal par le Great Himalaya Trail sur 90 jours avec 3 copains en 2018 et un sac de 15 kg wink (https://m.youtube.com/watch?v=WI-t785qp … e=youtu.be)

À l'origine de ce projet de marche légère dans un massif français, il y a un livre : la Marche dans le Ciel de Sylvain Tesson et Alexandre Poussin. Lorsque j'ai vu qu'ils avaient fait une traversée de l'Himalaya (intégrale qui plus est) avec des sacs de 6 kg, soit près de 10 kg de moins que nous en 2018, je me suis dit qu'il y avait une piste sérieuse à creuser pour réduire considérablement le poids de mon sac et augmenter le rendement de mes journées de marche. Et puis je suis tombé sur Randonner Léger  Mon stage étant repoussé à septembre à cause du Covid, je décide, assez tard (Avril) de me lancer dans ce projet de HRP. Je pique des idées par-ci par-là, je lis des CR, je prépare un itinéraire me permettant de rester léger et autonome grâce aux listes de points de ravitaillement présentes sur le forum. Je ne prévois pas d'étapes ni de durée fixe, car je sais d'expérience qu'un tel projet est fait d'imprévus. Je m'imagine une trentaine de jours. Je n'organise ni dépose ni ravitaillement par un tiers car cela sortirait de ma vision de l'aventure qui est de dépendre complètement de ce que je trouve sur ma route. Une semaine avant le départ j’apprends que mon stage est annulé. Je me pose la question de reporter. La HRP n'est pas le meilleur endroit pour faire une recherche de stage. Finalement je me ravise. Rester c'est attendre, sans garantie, que quelque chose arrive.

Détours/sommets/variantes :

  • La Rhune (905 m)

  • Variante par Ariskun (ravitaillement)

  • Variante au Sud du Balaïtous par le col d'Arrémoulit et col de la Fache

  • Grande Fache (3005m)

  • Petit Vignemale (3032 m)

  • Brèche de Roland par Pic d'Entre Deux Ports puis redescente par Echelle de Sarradets dans le cirque

  • Variante par Col de la Munia (2853m) puis Parzan (ravitaillement)

  • Petite variante par le lac de Pouchergues pour ne pas descendre à la Soula

  • Tuc de Molières (3010 m)

  • Salardu (ravitaillement) puis Tuc de Marimanha (2679 m) pour rejoindre Airoto par les crêtes

  • J'ai pris un col plus au sud du Col de Cornella sans faire exprès

  • Tavascan (ravitaillement)

  • Variante par Baborte, Col de Boet, col de Rat

  • Variante par la cabane de Besali

  • Variante au Nord du Pont de Baladosa pour rejoindre directement Juclar

  • L'Hospitalet près l'Andorre (ravitaillement)

Voici comment le CR est organisé :

1) Liste matériel
2) Retour matériel
3) CR jour par jour en essayant de faire assez bref pour éviter les indigestions !

1) Liste matériel

Comme j'ai décidé de me lancer dans ce projet assez tard, l'idée était de rester dans du petit budget et faire avec ce que je possédais déjà ! En mettant un peu le prix, je pense qu'on peut gagner encore 1 kg et passer sur du 3,5 kg !




PortageSac à dosFastpack 35 Ultimate Direction729
CeintureSalomon Pulse104
CouchageMatelasArkMat 127 coupé en 263
Ensemble couchageSac de couchage Forclaz Trek900 0/-5 + drap de soie Forclaz + sac étanche Sea to Summit Sil 8L1030
Bâche au solPolycree recoupé26
AbrisTarp Forclaz Trek900 + 7 sardines + 4 aubans462
Vêtements dans le sacVeste de pluieKalenji Run Rain273
DoudouneQuechua (6 ans)254
Tour de coupGuidetti30
Caleçon de changeKalenji50
Chaussettes de changeKalenji24
Sac étancheSea To Summit 8L33
Lunettes de vue + sachet33
HygièneSavonArtisanal32
Brosse à dent + dentifriceRecoupée25
PQ48
Trousse secours/réparationbriquet, 1 bout de strap, 8 dolipranes, sparadrap, 1 compresse, bouchons, masque, tire tique, anti dhiarée 3 jours, fil et aiguille, 4 plaques Micropurs fortes60
ServietteKalenji recoupée32
ElectroniqueCaméraGopro Hero5 + batterie166
Deuxième batterie24
Frontale + pilemodèle/marque ?42
Mémoire4 cartes SD5
CâblesGoPro, Téléphone, Batterie, Prise double USB81
TrépiedPedco Ultrapod I50
BatterieLDLC 20000 mAh445
Nourriture/hydratationCuillèreSea To Summit5
CouteauOpinel n°2 sans la chaîne4
Contenants1 sac poubelle + 3 ziblocks21
Gourdes2 flasks Salomon 500 mL75
DiversCartes75 cartes réalisées sur IPhiGéNie et imprimées en recto/verso (consommable) dans ziblock + feuille de protection218
Argent/papiers15
Carnet + crayon39
TOTAL4498
Sur soiShortKalenji
T-shirtOdlo
ChaussettesKalenji
CaleçonKalenji
Casquette  saharienneForclaz
ChaussuresBrooks Cascadia 14
BâtonsGuidetti bois 2 brins
Lunettes de soleilJulbo glacier cat 4

2) Retour matériel

Sac de couchage : J'ai longuement hésité à investir dans un Wilsa Ultralight Down 300 (retours pas très positifs) ou dans un Cumulus liteline 300 voir 400. Au final je suis resté dans le low budget en achetant celui de Décath. Un peu lourd certes mais très content. Jamais eu froid (2 degrés au minimum) et au final j'ai apprécié la forme très sarcophage. La taille est L, sachant que je mesure 1m70, j'aurai pu partir sur un M pour quasi 100g de moins mais il n'était pas disponible et ça aurait été très juste. Peut-être des avis sur la question ?

Drap de soie : pas trouvé plus léger. J'aurai pu y découper pour gagner quelques grammes mais bon...

Matelas : la grande découverte. L'intermédiaire parfait entre un matelas classique et pas de matelas. Un peu mal aux hanches les 2-3 premiers jours puis totalement habitué. J'ai fais l'effort de dormir chaque soir sur l'herbe. Il fortifie l'armature du sac à dos et peut me servir de couche supérieure en l'enroulant autour du buste si ça caille vraiment.

Abris : Très satisfait. J'ai pu tester plein de montages mais j'ai beaucoup utiliser celui-ci :

7FqoXy1rV.GOPR1642.jpeg

Beaucoup de place en étant tout seul. J'ai par contre été surpris de l'humidité des Pyrénées et je me suis réveillé plusieurs fois complètement humide avec l'intérieur du tarp trempé. Le vent tourne pas mal également et ça a été un petit facteur de stress pendant la nuit lorsque ça se mettait à tirer fort. Quelques attaques de moustiques mais c'est le risque. On peut trouver plus léger !

Bâche au sol : j'ai fais la grave erreur de la découper à coup de ciseaux et elle s'est vite déchirée. La prochaine fois je ne la couperai peut-être pas pour avoir de la place pour mon sac. Sinon je l'ai utilisée en sursac lors d'averses et ça fait très bien l'affaire. Mon pote Aubin l'a utilisée en jupe de pluie.

Sac à dos : Il existe plus léger mais j'avais celui-ci typé raid multisport qui convient parfaitement. Les gourdes à l'avant sont devenues indispensable sinon je ne bois pas assez ! Pas mal utilisé donc limite niveau imperméabilité...

Ceinture : Très pratique pour garder les papiers sur soi et m'a permis d'y ranger une flask et d'utiliser une poche à flask du sac à dos pour y ranger la GoPro. Niveau solidité, pas top, j'ai fini avec des épingles à nourrice pour fermer la poche zip.

Bâtons : il m'en fallait des costauds et réglables pour monter l'abri. J'avais ceux-là qui traînaient (qui ne sont plus en vente) et ils ont été mis à rude épreuve : casse des deux pointes et d'une dragonne... Mais ça a fait l'affaire.

Chaussures : ce sont les chaussures que j'utilise en trail depuis quelques années. Normalement j'arrive à faire 900 km (en terrain agressif) avant que le mesh ne se troue. Là elles se sont progressivement désintégrées après 600 km... La faute à l'humidité, la neige et les cailloux j'imagine. Heureusement j'ai pu trouver de la super glue qui m'a bien dépannée !

Veste de pluie : Vieille veste Kalenji (3 ans) qui a fait ses preuves mais imperméabilité devenue médiocre. On peut faire beaucoup plus léger ! Le deuxième jour sous l'orage j'ai été trempé. Mais vu la violence et la durée de l'averse, j'ai du mal à croire qu'une veste aurait pu me garder au sec... Dans ce cas peut-être ne rien garder sous la veste ?

Doudoune : Vieille doudoune Quechua (6 ans), assez légère mais pas très chaude qui a largement suffit étant données les températures mais on peut trouver beaucoup mieux. Je m'en servais d'oreiller la nuit.

Casquette : Nickel niveau protection. Un peu chaud en mode "Sahara".

Couteau : largement suffisant pour pain, saucisson, fromage,... Trop fragile pour ouvrir une boite de conserve nécessitant un ouvre boite.

Batterie : je n'y connais pas grand chose. Celle-ci avait fait ses preuves au Népal et permet de charger une bonne dizaine de fois le téléphone ou la GoPro en entier. Assez lourde, il y a peut-être plus léger ? Je l'ai rechargée deux fois au cours des 23 jours mais j'ai beaucoup filmé (150 Go) et un peu utilisé mon téléphone qui se vide rapidement.

Montre suunto vector : achetée à 25€ sur Vinted avant de partir, au top. Juste la sonnerie pas assez élevée en volume, j'étais obligé d'utiliser le réveil de mon téléphone et donc de le laisser allumer la nuit...

Lunettes de soleil : utilisées ponctuellement, tôt le matin et dans les zones enneigées. La catégorie 4 n'est pas nécessaire mais ce sont les seules que j'ai à ma vue.

Short/T-shirt/caleçons/chaussettes : de ce qu'on fait de plus basique pour le sport. Rien à dire si ce n'est que ça fini par puer et que j'ai troué une chaussette !

Sacs étanches : bien utiles pour compartimenter et garder ses affaires au sec. Un peu lourd par rapport à un sac nylofume mais ça me gênait de faire venir juste ce petit truc des US... Peut-on le trouver en France ?

Serviette : pas besoin de plus mais peut-être de moins.

Trousse à pharmacie/réparation : médicaments peu utilisés (juste deux dolipranes), sparadrap utilisé pour ampoules/frottements, savon un peu gros, fil/aiguille utilisé pour recoudre chaussettes et chaussures, achat de super glue en route, pince à tique utilisée une fois. Je repartirai globalement avec la même.

GoPro : top. J'aurai pu prendre qu'une seule batterie mais pour 25g j'avais une solution si l'une des deux me lâchait.

Trépied : top. Me servait également de petite perche pour tenir la caméra. Scratch utile pour attacher aux arbres/poteaux/bâtons. Un peu court mais on ne peut pas tout avoir !

Cartes : utilisées à 90% du temps. Compliqué pour le Pays Basque... Très satisfaisant de s’en débarrasser au fur et à mesure de l’avancée.

Frontale : suffisante. On peut faire plus léger pour l'utilisation que j'en ai eu.

Gourdes : à part au début et à la fin ça devrait passer avec juste 500 mL !

3) CR

Jour 1 : Hendaye – Fontaine sur le GR11 un peu après Lakaingo Lepoa (11 juillet 2020)
35 km 2145 d+

Mon ami Aubin m'accompagne pour ces 4 premiers jours (we prolongé du 14 juillet). La première étape est donc de nous rendre de chez lui à St Jean de Luz jusqu'à Hendaye. À peine nous levons le pouce qu'on nous prend en stop pour nous déposer à l'ancien casino. Magnifique ! Départ sur les coups de 8h à travers la ville où nous achetons quelques victuailles en boulangerie pour les deux prochains repas. En tout nous pouvons tenir 2 jours. Je découvre, stupéfait, les nombreux chevaux basques à mesure que nous montons vers la Rhune. L'orientation à la carte est assez galère et nous sortons régulièrement Maps.me sur laquelle j'ai chargé une trace du parcours de Véron et de nombreuses variantes grâce au site https://lesblogsdefranck.jimdofree.com/ … n%C3%A9es/. Très peu d'eau sur le parcours, nous accueillons avec joie la fontaine de Lizuniaga où nous buvons chacun près de 1,5 L. Technique du marcheur léger qui n'a qu'un litre de contenance d'eau : fêter chaque fontaine à grands coups de cul sec pour pallier à d’éventuelles prochaines difficultés d'hydratation. Après 9h de marche, nous nous arrêtons près d'une fontaine propice au bivouac et faisons la rencontre de nos tout premiers HRPistes  dont la tente est déjà installée. Ce soir, c'est nouilles chinoises crues face au soleil couchant !

7FqpAYMhX.GOPR0862.jpeg

Jour 2 : Fontaine – Cabane de Turon
42 km 2300 d+

La pluie nous oblige a rester dans nos sacs jusqu'à 6h30. Nous sommes pris d'un doute. Il est dimanche, l'épicerie d'Arizkun sera-t'elle ouverte à notre passage ? Très vite les premières gouttes se font sentir. Mode jupe de pluie avec le liner activé pour Aubin qui met un point d'honneur à exploiter chaque fonctionnalité de son matériel. L'averse tourne à l'orage alors que nous sommes sur les crêtes avant Arizkun. Le brouillard se lève, ça pète dans tout les sens. On active le mode sauve qui peut et on se met à courir pour rallier le village au plus vite. Sur les coups de 11h, nous sommes devant l'épicerie, ouverte, complètement trempés. On achète de quoi tenir à nouveau deux jours et on tente de sécher devant l'église.. Rien n'y fait, on repart autant mouillés qu'à notre arrivée. On suit la variante au gps qui nous emmène dans des champs immenses de fougères complètement en hors sentier... Aux Aldudes, j’achète un sandwich au café ouvert un dimanche après-midi. On décide de poursuivre la marche. Au fur et à mesure que nous avançons sur les longues crêtes vallonnées le temps se couvre à nouveau et nous voulons pousser jusqu'à la cabane de Lindus pour dormir au sec. Le jour décroît et sur place, aucune cabane.. ! Finalement, en continuant une quarantaine de minutes nous tombons sur une cabane de chasseur ouverte sur les coups de 22h. Aubin dort au sol et moi sur la table.

7FqpIoXcd.GOPR0946.jpeg

Jour 3 : Cabane de Turon – Crêtes d'Orgambidesca au dessus des Chalets d'Iraty
40km 2100 d+

Panne de réveil. On décolle vers 8h sous un temps humide. Le sentier est parfois très boueux. On tire droit en hors sentier pour rejoindre les crêtes d'Urculu 400m plus haut. Le single et les couleurs sont magnifiques. Au lac d'Urbeltza, on boit un coca et on achète un sandwich pour le soir. Dans la dernière montée vers les Chalets d'Iraty, nous croisons Eric Clavéry dans sa tentative de record du GR10. Il en est à son 8ème jour. Après une bonne discussion avec le gérant de l'épicerie, nous trouvons un emplacement assez peinard sur les crêtes au dessus. Nous ne sommes qu'à 1500m mais ça caille et Aubin, avec son sac de couchage 15 degrés confort est obligé de dormir dans son sac à dos.

7FqpO3WmM.GOPR0968.jpeg

Jour 4 : Crêtes d'Orgambidesca – La Pierre St Martin
28 km 1400 d+

5 degrés au réveil. On loupe l'intersection pour monter au Pic d'Orhy alors on tente un nouvel itinéraire par le sud qui passe nickel pour rejoindre la brêche d'Alupina passée sans encombre. Pas mal de monde au pic et ça souffle. A Larrau, le temps se couvre dangereusement mais on décide de s'engager tout de même sur les crêtes d'un pas décidé. On ne voit rien et ça souffle plein Nord. Ambiance apocalyptique. Au bout de 3h dans le brouillard complet on ne sait plus dans quelle direction on marche ni dans quel pays on se trouve ! Finalement, nous rejoignons la route du Col de la Pierre St Martin sans encombre. Il est prévue que la maman d'Aubin vienne le récupérer vers le col. Au final, nous la voyons arriver en voiture très rapidement. Section courte de voiture donc pour passer le col. Pour les puristes, la traversée n'est donc pas homologuée wink
Départ d'Aubin et petit coup au moral. Il est 17h, on n'y voit pas à deux mètres, c'est très humide. Le départ d'Aubin s'est fait assez brutalement et je viens de « tricher » en prenant la voiture sur une section bitumée... Je ne me sens pas de dormir dehors ce soir alors je prend la nuit au refuge Jeandel (petite épicerie en plus). Ce sera la seule nuit en refuge de la traversée et je rencontre mon premier MUL de RL qui fait le GR10, Bruno @manche ! Première nuit au sec, ça fait du bien, c'est humide le Pays Basque !!

7FqpZNXcU.GOPR1006.jpeg

Jour 5 : La Pierre St Martin – Las Foras
30 km 1850 d+

Première journée solo et pour changer, départ dans le brouillard et sous une pluie fine. Je m'imaginais monter à la Table des trois Rois mais je crois que c'est raté pour cette fois-ci. Je suis à nouveau vite mouillé et ça caille au passage du col des Anies, j'ai presque l'onglet ! Je croise presque personne et tente un chemin noir qui longe le Lauga en rive gauche. Ça passe et après une rencontre avec un renardeau je me retrouve du côté du pont de Lauga où je retrouve l'itinéraire de Véron. Sur la route je réfléchis et je ne me vois pas passer la nuit dehors, mes chaussures font "splotch", je n'en peux plus de toute cette humidité. Aux cabanes d'Ansabère, je rencontre 3 HRPistes qui hésitent à continuer et comptent dormir dans la cabane non gardée. Il y a 4 lits en plus... Il est 16h, c'est encore tôt. On discute, ils hallucinent en voyant mon sac et au bout d'une demi heure je vois un gars passer qui ne se pose pas 30 000 questions et se jette dans le brouillard à l'assaut du col. Aller je me lance. Quel hold-up ! Au passage du col, les nuages s'écartent et il fait presque beau ! Je suis trop content d'avoir continué ! Je dors sous le col de Pau dans une grande plaine avec pas mal de vent.

7Fqq6u4Tm.G0031114.jpeg

Jour 6 : Las Foras – Sous le col des Moines
31km 1700 d+

Le sentier de la liberté après le col de Pau est magnifique. Au fur et à mesure que je m'approche du Col du Somport, je croise de plus en plus de randonneurs à la journée. Je croise également les premiers HRPistes qui terminent dans l'autre sens ! Ils sont partis mi-juin et on discute un peu de l'itinéraire. Apparemment je vais avoir de la neige du côté du col de la Fache et des Gourgs Blancs. A midi, il fait très chaud et je tente un lavage T-shirt/short mais je repars avec mes affaires humides qui n'ont pas eu le temps de sécher. Il fait très chaud dans la montée vers le col du Somport et l'épicerie en haut est minuscule alors que je dois prendre 4 jours de nourriture pour jusqu'à Gavarnie... Je tente les sardines au piment et des petits pâtés. Heureusement ils ont du pain. Tant qu'il y a du pain tout va bien;) Je poursuis jusqu'à Astun par la route et je prends un premier gros coup de chaud. La montée vers le lac d'Escalar est terrible. J'ai mal au crâne et je n'avance pas. A chaque passage de ruisseau je plonge la tête dedans. Avant le col, un espagnol me dit que de l'autre côté il ne fait pas beau. Il ne m'en faut pas plus, je m'écarte à peine du chemin et m'écroule par terre. Montage de tarp avec vue. Je dors comme un bébé !

7FqqdDL40.GOPR1203.jpeg

Jour 7 : Col des Moines – Lac du Campo Plano
29 km 2300 d+

A 7h je passe le col complètement seul au monde avec vue sur le pic du Midi d'Ossau. L'un des souvenirs marquant de cette traversée, c'est vraiment grandiose. Après une montée bien raide mais à la fraîche vers le col de Peyreget, je passe à Pombie. 1000 m plus bas, je plonge dans la rivière du côté de Soques avant de remonter au col d'Arrious. Passage d'Arteig vertigineux et assez plaisant avant le Col d'Arrémoulit. Premier vrai hors sentier de ce périple. Redescente abrupte sur les lacs d'Ariel magnifiquement bleus sous le Balaïtous. Section très très belle. Plus loin je rencontre deux HRPistes de 65 et 74 ans ! L'un d'eux n'a pas pris de duvet !! Il dort avec tout ses habits sur lui et sa couverture de survie. Respect. On discute pas mal jusqu'au refuge de Respomuso où je décide de continuer. Je souhaite dormir au lac de Campo Plano mais il souffle un vent terrible ! Je n'arrive pas à monter le tarp. Finalement je fais un montage « tempête » dans un marécage... seul endroit un peu protégé.

7Fqqk3kna.GOPR1248.jpeg

Jour 8 : Lac de Campo Plano – Barrage d'Ossoue
30 km 2500 d+ (2800 d-)

Nuit la plus fraîche de la traversée avec 2 degrés à la montre. Passage au col de la Fache à plus de 2600m où subsistent quelques névés. En soit ils ne représentent pas de difficultés particulières mais c'est glacé à l'heure où je passe et c'est mal tracé. Je fais gaffe avec mes baskets et assure bien mes pas et ça passe. Au pire j'aurais fini dans le lac.. Faut que je passe les prochains hauts cols plus tard. Petit aller-retour assez technique à la Grande Fache (3005 m) avec quelques passages verticaux. J'y croise une famille avec leurs deux enfants d'une dizaine d'années assez expérimentés apparemment ! Quelques grands névés dans la descente déjà bien ramollis que je passe en mode « ski » puis j'arrive du côté du refuge Wallon en travaux. Je remonte à un bon rythme jusqu'au col d'Arratille et bascule du côté espagnol sous un soleil de plomb qui semble avoir fait rougir toutes les roches ! Passage du col des Mulets puis redescente vers Oulettes de Gaube. Je croise une jeune espagnole qui fait la hrp et qui la joue « secure » en mettant les crampons à chaque névé. Je poursuis le yoyo avec la montée vers Hourquette d'Ossoue, 4 ème col de la journée ! Je me permet même un AR au Petit Vignemale (3032 m) qui ne présente pas de difficulté particulière si ce n'est une bonne raideur et une forte instabilité des cailloux au sol. Longue descente et une rencontre de proximité avec un isard peu farouche. Au lac d'Ossoue j'arrive complètement cuit et avec des petites douleurs devant les genoux. Je me dis que c'est normal étant donné le dénivelé que j'ai avalé dans la journée.

7FqquJQYV.GOPR1376.jpeg

Jour 9 : Barrage d'Ossoue – Cabane d'Alans
25 km 2100 d+

Il me reste seulement 5 barres énergétiques pour la journée. Il ne faut pas que je traîne si je veux passer à la brèche de Roland avant Gavarnie. Les genoux vont bien, je tente la variante à partir de la cabane de Sausse Dessus. Pas de sentier, pas de cairns. Je vise les crêtes et monte dré dans le pentu. De grands vautours fauves m’accueillent au sommet, d'où j'aperçois au loin la brèche ! Je suis la ligne de crête vers le sud pour rejoindre le Pic d'Entre les Ports puis le sentier de la brèche. Je croise beaucoup de monde dans la montée vers le refuge (fermé). Il y a pas mal de neige mais en milieu de journée, ça passe bien sans matériel. Je fais l'aller retour vers ce symbole pyrénéen que je ne voulais pas louper. Impressionnant ce trou quand même... Je fais toute la descente en mode « ski » sous le regard ahuris des nombreux randonneurs. Ah ça a des avantages d'être mono de ski wink J’enchaîne avec la descente terrible, abominable que dis-je par les échelles de Sarradets. Je ne comprenais pas pourquoi ce sentier ne figurait pas dans le topo mais plus tard on m'a dit qu'on ne le faisait pas dans le sens de la descente et j'ai bien compris pourquoi ! Des espèces de grandes marches très raides pendant 1000m de d-. J'arrive dans le cirque un peu sur les rotules et surtout j'ai faim ! Énormément de monde sur le sentier qui mène au village, je ne me sens pas du tout à ma place. Je me ravitaille à Gavarnie pour deux jours et avale 4 pommes d'un coup. J'adore les pommes. Je m’arrête près de la cabane d'Alans pour passer la nuit. Ce soir c'est salades de crudités !!

7FqqE7z3e.GOPR1436.jpeg

Jour 10 : Cabane d'Alans – Parzan
36 km 1900 d+

Ce matin j'ai super mal sous et sur un pied comme si un tendon était pincé. Ca passe avec la marche. J'avais repéré le col de la Munia en cas de beau temps mais j'ai quelques doutes vis à vis de la neige comme on arrive par le Nord. Je passe au refuge des Espuguettes pour essayer de glaner des informations mais ça ne donne rien. Avant Hourquette d'Alans, je croise un espagnol HRPiste qui arrive tout droit du Mont Perdu par la brêche de Tuquerouye. Sur le moment ça ne me parle pas mais maintenant je me dis qu'il y a surement quelque chose à faire pour éviter la descente vers le lac des Gloriettes soit en passant par la brèche puis le lac glacé soit par le col qu'on voit très bien depuis Hourquette d'Alans au nord de la Pointe de Forcarral. Vers 10h30 je croise des locaux et je peux enfin avoir quelques informations sur la Munia. D'après eux ça passe bien mais ils ne connaissent pas les conditions de neige en ce moment. L'un d'eux me dit « tu vois le nuage là-haut ? Ca ça veut dire orage à 15h. ». Aie. Je décide de tracer pour passer le col avant l'orage sachant qu'il me reste du chemin. Dans le cirque de Troumouse, vers 12h30 je suis au départ de la sente qui part vers le col. Je commence à appréhender. Je suis seul, les orages sont annoncés, il y a sûrement de la neige, le topo indiquent un passage vertical de 5 m qui peut nécessiter une corde. Ca commence à faire beaucoup de paramètres à prendre en compte alors je me dis qu'au moindre doute, si je le sens pas je fais demi tour pour passer par la trace normale de Hourquette d'Héas. Le sentier est bien tracé au travers de gros éboulis puis il se frait un passage au sein d'enormes barres rocheuses noires. Un gros névé obstrue le passage mais il reste une bande bien raide d'un mètre de large sur le côté entre la falaise et la neige. Ca passe sans problème et je monte vite, le temps est en train de tourner. Je me retrouve face au passage vertical (3a-3b) mais avec mon petit sac je n'en fais qu'une bouchée. Je traverse de longues bandes de neige pas trop raides pour déboucher sur le col à bout de souffle. J'ai tout donné ! Je croise même un couple qui attendent des amis partis faire le pic. Vers 14h30 je m'autorise enfin une pause repas et à 15h30 ça pète. Mais je suis déjà loin sur la longue piste forestière qui mène à Parzan. Grosse épicerie que je dévalise comme il se doit puis je m'en vais dormir dans les fourrés.

Jour 11 : Parzan – Vallon d'Aygues Tortes
29km 2450 d+

Départ long et tranquille sur route puis piste forestière. Je croise Paco, espagnol retraité avec qui je marche une bonne heure et me rend compte que mes cours d'espagnol sont très très loin. Je remarque qu'à chaque cours d'eau, il perd une dizaine de mètres. En me retournant je me rend compte qu'il ne porte pas d'eau mais un gobelet et il boit trois verres à chaque ruisseau rencontré ! Après le refuge de Vielha, il fait à nouveau très chaud et j'ai un gros coup de moins bien dans la montée vers Aygues Tortes. Soit le col est difficile soit je suis cuit. Un peu des deux sans doute. Dans la descente je me met une grosse chute que je prend comme un signe. Assez pour aujourd'hui, je vais me mettre du côté des lacs dans le vallon.

7Fqr05Dnh.G0081520.jpeg

Jour 12 : Vallon d'Aygues Tortes – La Renclusa
29km 1850 d+

Sûrement la journée la moins roulante de la traversée ! Après une nuit mouvementée (vent et orage pas loin) je repars direction col des Gourgs Blancs. Je prend une variante par le lac de  Pouchergues par un sentier balcon joli et atypique avec de vieux rails et un téléphérique pour monter le matériel pour l'exploitation hydroélectrique du lac de Caillaouas. Au barrage je croise un collègue étudiant à Grenoble INP qui fait son stage de deuxième année. Le monde est petit. S'en suit une montée très difficile, « à la Belledonne », à travers des immenses éboulis de grosses pierres au sein desquels il faut se frayer un passage en suivant les cairns. J'avance vraiment pas vite mais bizarrement j'apprécie l'austérité du milieu qui m'entoure. Un petit névé et me voilà au col des Gourgs Blancs à environ 2900 m. Je rallie le Portillon où je retrouve trois jeunes HRPistes équipés avec piolets crampons qui partent pour le col du Litérole (2980 m). Je me joins à eux au début de la montée puis je les devance voyant que nous n'avançons pas au même rythme. Un gros névé bien raide et inévitable attend les randonneurs sur le versant espagnol. Je fais attention, enfonçant bien mes pieds dans la neige puis active le mode skieur pour rejoindre les lacs. L'orage n'est vraiment pas loin, je m'active. Grosse portion de hors sentier où tout se ressemble pour finalement me retrouver dans le cirque de Remune. Je m’arrête le soir près de la Rencluse et monte le tarp rapidement au vu de l'orage qui peut arriver. S'en suit l'une des pires soirées de la traversée. 21H je me couche. 21H30 le vent tourne et gonfle le tarp jusqu'à sortir les sardines du sol ! Je ne peux pas rester là. Je sors de mon duvet et démonte tout pour décaler à un endroit plus protégé. 22H je me fais attaquer comme jamais par les moustiques. Ils rentrent dans mes oreilles et mes narines c'est horrible. Je pète un câble (ça devait être drôle à voir...) et lève à nouveau le camp avec l'idée de marcher le plus loin possible de cet endroit. Il fait nuit noir quand je me couche un peu plus loin au milieu des bouses de vaches mais épargnés par les moustiques.

7FqrbhR65.GOPR1613.jpeg

Jour 13 : La Rencluse – Lac deth Cap deth Port
28km 2300 d+

Je repars à la fraiche et croise deux HRPistes espagnols dans l'autre sens. Ils m'expliquent s'être fait mangé leurs affaires par un sanglier dès leur première nuit à la belle étoile à Banyuls. La montée est régulière et je passe par le Tuc de Molières (3010m) avant de descendre au col. Un névé court mais raide m'attend de l'autre côté. Ce sera le dernier de cette traversée ! Longue descente au cours de laquelle je m'aperçois que mes semelles de chaussures se décollent... A l'Espitau de Vielha, je croise un couple qui vient de récupérer une dépose. La femme me dit qu'elle a croisé un ours du côté de Enric Pujol ! Longue montée par le GR11 au cours de laquelle je croise des trekkeurs/HRPistes qui me prennent pour un fou avec mon sac puis je me fraie un chemin au travers d'un enorme troupeau de brebis sous l’œil du berger. Quelques coups de tonnerre au très beau lac d'Arrius et je rejoins le refuge de la Restanca. Je rencontre Benjamin HRPiste dans le sens inverse et on discute bien de ce qui attend chacun. Je prend conscience pour la première fois que je suis plus proche de la fin que du début ! Je me fais l'un des plus beau bivouacs de cette marche sur les bords du lac Cap del Port.

7Fqrh8ZFH.GOPR1657.jpeg

Jour 14 : Lac deth Cap deth Port – Lac d'Airoto
37 km 2000 d+

Départ très humide, seul et avec une belle lumière. Je profite. Du refuge Colomers je pars en direction de Salardu par un sentier très humide puis une route sans interet. Au village je mange 2 salades, une tablette de chocolat et 4 bananes. Un coup de super glue sur les chaussures et direction le Tuc de Marimanha et sa montée très très raide en hors sentier puis les crêtes magnifiques pour finalement rejoindre le lac d'Airoto. Je perd les cairns et pars rive droite (la mauvaise). Je m'obstine à travers les pierriers et juste avant d'atteindre l'autre côté du lac, je trébuche et tombe dedans tête la première ! J'ai juste le temps de mettre les mains mais je me retrouve avec la tête dans l'eau et ma baguette de pain qui passe par dessus mes épaules se retrouve à l'eau également... Bon ce n'est pas grave, pas de bobos graves juste des égratignures. Je passe au refuge non gardé mais bien occupé et monte le tarp pas loin du lac.

7FqrnnmJC.GOPR1669.jpeg

Jour 15 : Lac d'Airoto – Camping Bordes de Graus
30 km 1850 d+

Je me réveille trempé alors qu'il n'a pas plu... En plus j'ai mal dormi et j'ai fait une fixette sur l'ours avec le côté ouvert de mon tarp qui donnait sur la forêt wink Le col de Moredo une fois derrière moi, j'entame la descente vers Alos d'Isil. Une catastrophe niveau orientation. Je me retrouve sur des sentiers qui n'existent plus à galérer dans les orties complètement trempés. J'arrive au village dans un état lamentable alors  qu'il n'est pas encore 10h. La remontée de l'autre côté me fait passer par une propriété privée avec un enjambement de portail au programme. Ensuite il faut jouer à pile ou face pour suivre la bonne sente à vache... A la sortie de la forêt je rattrape deux HRPistes dans le même état que moi qui ont étalé devant eux, les cartes, le topo et le gps pour faire le point. Finalement je suis les cairns jusqu'à un col qui n'est même pas le bon avant de redescendre vers le lac de la Tartera où je fais une pause bien méritée aux côtés de deux nouveaux HRPistes. Je fais une descente assez laborieuse par le refuge Enric Pujol au cours de laquelle je ne me sens plus du tout lucide. J'ai l'impression d'être un pantin qui suit ses baskets... Je décide d'aller au camping pour charger batterie, prendre une douche et un repas chaud !

7FqrwLPrS.GOPR1681.jpeg

Jour 16 : Camping Bordes de Graus – Lac de Medecourbe
30 km 2300 d+

Je descend me ravitailler à Tavascan puis repars sur une piste où je rencontre un MUL de RL "Tountin" ? avec qui je discute 1h30, c'était bien sympa ! Un premier col me permet de redescendre sur la lac de Baborte puis un deuxième me permet de rejoindre le lac de Medecourbe par une sente très raide surtout que je suis dans le même état de lucidité que la vieille.

Jour 17 : Lac de Medecourbe – Source un peu après le refuge de Coms de Jan
25 km 2050 d+

Ce matin j'ai rien dans les jambes et dans la montée du col de Rat j'ai l'impression d'entendre des cloches d’Églises qui sonnent. Je fais une bonne grosse pause au restaurant de la station d'Arcalis et j'achète trois sandwichs. Ça va mieux. Je repars en évitant El Serrat par le Nord et tombe sur un distributeur de boissons fraîches près d'un parking. Nickel pour la pause de midi ! Je discute longuemment avec Tony, guide touristique et moniteur de ski l'hiver. Trop cool. C'est le jour et la nuit avec mon état du matin, je dégomme littéralement le col de la Mine et entame la redescente tranquillement vers le refuge Coms de Jan occupé par une bande de jeunes andoriens. Je m'arrete un peu plus loin près d'une source et comme on est en Andorre, j'ai de la 4g. J’apprends que j'ai deux entretiens de stages dans 2 et 3 jours ! Je réfléchi un peu, regarde les cartes. Font Romeu ça peut le faire en un jour et demi. En plus mon papa a prévu de venir me voir par là bas.

7FqrGriBS.GOPR1701.jpeg

Jour 18 :  Source un peu après le refuge de Coms de Jan – Lac Loumoux
31km 2500 d+

Je décide de partir tôt pour assurer le coup vis à vis de mes entretiens mais vers 6h j'aperçois une frontale d'un marcheur qui passe le chemin. Bizarre. Je me mets en tête de le rattraper et au col je fais la rencontre avec Pierre, HRPiste qui se retrouve seul après que sa copine et son cousin l'ait abandonné temporairement. On décide de faire la route ensemble. Il a un sac de 17kg mais me suit bien ! On passe par le magnifique refuge non gardé de Sorda puis celui de Juclar avant le col de l'Albe. A l'Hospitalet, on boit un coup et on se motive pour passer le prochain col dans la journée. C'est un peu cuits que vers 20h nous basculons côté Loumoux. C'est le premier soir où je bivouaque en compagnie de quelqu'un ! Ça fait plaisir et il y a vraiment un bon feeling entre nous !

7FqG2c6Ib.AAD26D81-7A6B-4DFB-8CCD-E6F007.jpeg

Jour 19 : Lac Loumoux – Font Romeu
21 km 500 d+

Nous repartons ensemble direction le lac de Bouillouses alors que le soleil se lève. Nous croisons de plus en plus de gens au fur et à mesure que nous descendons. Un peu après le barrage nous nous séparons après une journée et demie de partagée. Lui retrouve sa copine à Bolquère pour repartir ensemble dans quelques jours et je dois retrouver mon papa à Font Romeu avec un premier entretien qui m'attend à 18h ! Je croise énormément de monde et comme toujours le retour à la civilisation est agressif et me fait plus de mal que de bien. 24H de pause sont donc prévues à la station et nous prenons une chambre d’hôtel grand confort ! Achat de t-shirt et rasage et me voilà fin prêt pour la première visio.




Jour 20 : Font Romeu – Valter 2000
28 km 1850 d+

Le deuxième entretien de fait à 10h, je reprend la route sur les coups de 11h30 en direction de Eyne sous une chaleur étouffante. Dans la vallée je retrouve mon papa qui m'a devancé en voiture, nous mangeons et marchons un peu ensemble avant qu'il ne me laisse grimper en direction du col de Nuria. Je traverse toutes les crêtes magnifiques en fin de journée pour terminer sur le domaine skiable de Valter 2000. Montage tempête ce soir !

7FqGfRgMg.05A07CD9-8824-40AD-A435-0A7148.jpeg

Jour 21 : Valter 2000 – Refuge Batera
48km 1850 d+

Départ à l'aube avec un beau lever de soleil qui m'indique la direction à suivre. De longues crêtes me permettent d'atteindre le pied de la montée du Canigou. J'y croise un HRPiste dans l'autre sens qui compte faire la traversée en 18 jours mais qui a déjà un jour de retard à cause d'ampoules aux pieds. J'attaque les 1000 mètres de dénivelé sous le soleil et je diminue bien le rythme dans la deuxième partie car je commence à fatiguer. Mes chaussures commencent à ressembler à des sandalettes et j'ai bientôt les deux gros orteils qui sortent dans les devers. La cheminée du Canigou, plus longue que difficile me permet d'atteindre ce sommet mythique. J'arrive à joindre mon papa qui s'est pris au jeu de me suivre en voiture et qui se trouve au refuge de Batera. En regardant la carte je me dis que ça le fait et je lui laisse entendre que j'arriverrai vers 19h30. De son côté, il reserve le repas chaud. Que du bon quoi. Vers 18h30, je subis un nouveau coup de chaud après le refuge des Cortalets et commence à me dire que je vais dormir sur le bord du sentier vu mon état. A 19h30 ça va mieux mais gros coup au mental, j'arrive à un panneau qui m'indique Batera à 3h ! J’appelle mon père qui annule le repas. Je compte quand même le rejoindre le soir donc je presse le pas. En quelques instants le repas chaud s'est transformé en nouilles chinoises crues que j'avale par poignées en marchant. En 1h30 j'arrive au refuge où je déguste un fondant au chocolat magnifique.

7FqGjr9nF.4F2B18A4-73BF-4236-8E6F-7DC4D2.jpeg

Jour 22 : Refuge Batera – Las Illas
33km 1250 d+

La journée de la vieille a laissé des traces. J'ai les voûtes plantaires en feu. Je strape le tout et repars direction Amélie. C'est encore long et il fait très chaud. J'arrive à la ville en sueur où je retrouve mon papa dans un café. Le gérant m'offre un coca et me remplit mes gourdes avec du sirop, trop cool. La montée qui suit en direction du Pic de France est un long calvaire. Difficile, sans vue, sans air, sans eau et avec plein de moucherons. Je suis assoiffé. Un peu avant le col, j'aperçois une source qui coule goutte à goutte à travers une mousse. Je presse directement la mousse dans la gourde et bois tout cul sec. La descente par les salices est assez longues et j'arrive à las Illas juste avant un gros orage avec pas mal de grêle. Mon papa est toujours présent et on va boire un coup au restaurant. Le tonnerre fait vibrer les vitres c'est impressionnant. Je rencontre un couple qui hallucine complètement en voyant mon sac en disant qu'ils vont raconter ça à leurs enfants. Vu la météo je décide de ne pas aller plus loin et de partir tôt le lendemain pour rejoindre Banyuls.

7FqGniytU.FE1A6927-2234-4EE5-BB5C-764629.jpeg

Jour 23 : Las Illas – Banyuls
47 km 1850 d+

Je pars sur les coups de 5h30 par la route et le GR10. Alors que le jour se lève j'aperçois trois énormes sangliers que je prends d'abord pour des vaches. J'avale rapidement la piste menant au Perthus. Un panini au nutella et me voilà loin de cette ville qui grouille de monde, de magasins et de voitures. La montée vers le pic de Neulos est cette fois-ci roulante. Du sommet je vois la mer et me dis que c'est fini. Banyuls est indiqué à 7h30 et je comprends pourquoi. Les crêtes sont très vallonnées et le vent est très violent. J'en deviens fou, j'ai l'impression de ne pas m'entendre penser et de marcher à l'horizontal. C'est infernal ce vent. La descente, raide et escarpée, fini de me lacérer les dessous de pieds. Mais malgré tout cela j'arrive à profiter et je me remémore tout ces moments sur ces sentiers pyrénéens. Je ne réalise pas vraiment que j'arrive à Banyuls et je retrouve mon père sur une plage bondée. Ça y est j'ai enfilé toutes les perles du collier pyrénéen ! Au final j'ai mis 23 jours alors que je m'imaginais 30 mais je pense que c'est justement parce que je n'avais ni programme ni timing établis que tout s'est déroulé comme ça. Je n'étais jamais venu dans les Pyrénées et j'ai vraiment été comblé par la diversité des paysages et des climats rencontrés.

7FqGqFZtk.AFF6F70C-897B-4F0E-8F2F-FD2530.jpeg

Total :

742 km
44 900 d+

Dernière modification par bigej (11-09-2020 15:56:20)

Hors ligne

#2 06-08-2020 15:45:05

Manche
Membre
Inscription : 27-08-2018
Messages : 663

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Bonjour bigej,
Je suis content de te retrouver ici après ce moment d'échange cet été.
Pour un premier message sur le forum, tu ne fais pas les choses à moitié !
Bravo pour ta traversée et merci pour ton partage d'expérience !
As tu reçu mon MP ?

Hors ligne

#3 06-08-2020 16:40:45

gui3gui
Membre
Inscription : 22-10-2014
Messages : 1 605

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Bravo pour ce beau récit sportif.


Pour le coup du réveil, je ne sais pas quel est ton téléphone mais en général sur les téléphones récents, il est possible de configurer le réveil puis d'éteindre le tel qui s'allumera une minute avant l'alarme.

Pour les échelles de Saradets, je les ai fais une fois sous un orage et même en montant c'est déjà un peu sportif.

Hors ligne

#4 06-08-2020 18:28:21

Joy Supertramp
Membre
Inscription : 25-03-2019
Messages : 647

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Ah cool, les premiers récits de HRP arrivent ! C'est chouette smile Ton récit est aussi rapide que ta traversée  !
Cette année, ça court dans les Pyrénées ! J'ai l'impression que tu as croisé beaucoup de hrpistes, en tout cas brave 1 celui qui t'a suivi 1vec 17 kg sur le dos smile


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

Hors ligne

#5 06-08-2020 18:30:03

zorey
HRP addict
Lieu : Pyrénées, Aure et Louron.
Inscription : 07-06-2011
Messages : 2 182

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Salut !
Bravo !
Merci !
Go to the wiki ! cool

bigej a écrit :

CR jour par jour en essayant de faire assez bref pour éviter les indigestions !

Bof j'en reprendrai bien un petit peu... tongue


La nature nous a donné deux oreilles et une bouche pour écouter le double de ce que l'on dit.

Ourson Power

Hors ligne

#6 06-08-2020 21:44:31

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
Inscription : 09-06-2014
Messages : 2 883

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Bravo pour cette HRP à un rythme élevé. Avec un peu de pression pour corser (se faire interviewer pour son stage au 2/3 de la HRP, il faut le faire !)

Merci pour ce CR concis et vivant. Juste un Arkmat 127 retaillé, bravo la jeunesse. lol


bigej a écrit :

#580150Gourdes : à part au début et à la fin ça devrait passer avec juste 500 mL !

Personnellement je ne descends pas en dessous de 1,2 litres, donc chapeau!


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
L'objet le moins lourd est celui qu'on ne prend pas.
« Strong, light, cheap, pick two » (*)

| k

Hors ligne

#7 06-08-2020 22:14:03

bigej
Membre
Inscription : 14-05-2020
Messages : 6

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Manche a écrit :

#580169Bonjour bigej,
Je suis content de te retrouver ici après ce moment d'échange cet été.
Pour un premier message sur le forum, tu ne fais pas les choses à moitié !
Bravo pour ta traversée et merci pour ton partage d'expérience !
As tu reçu mon MP ?


Salut !
Merci pour ton message, content qu’on se soit retrouvés ! J’ai bien reçu ton mp auquel je vais répondre ! Le réseau Limousin est alternatif ?

Hors ligne

#8 06-08-2020 22:16:40

bigej
Membre
Inscription : 14-05-2020
Messages : 6

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

gui3gui a écrit :

#580174Bravo pour ce beau récit sportif.


Pour le coup du réveil, je ne sais pas quel est ton téléphone mais en général sur les téléphones récents, il est possible de configurer le réveil puis d'éteindre le tel qui s'allumera une minute avant l'alarme.

Pour les échelles de Saradets, je les ai fais une fois sous un orage et même en montant c'est déjà un peu sportif.


Merci pour ton message.
Avec mon ancien je pouvais mais je n’ai pas connaissance de cette fonction chez Apple... il faudrait que je cherche ! Car mine de rien, même en laissant le téléphone dans le sac de couchage, cela m’est arrivé de perdre jusqu’à 20% de batterie en une nuit !

Hors ligne

#9 06-08-2020 22:19:12

Redfish
Chat schizophrène...
Lieu : Marseille
Inscription : 16-11-2017
Messages : 5 473
Site Web

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Chouette récit, belles photos, le tout très complet et agréable à lire... what else !
cool

bigej a écrit :

#580150Sac de couchage : J'ai longuement hésité à investir dans un Wilsa Ultralight Down 300 (retours pas très positifs) ou dans un Cumulus liteline 300 voir 400. Au final je suis resté dans le low budget en achetant celui de Décath. Un peu lourd certes mais très content. Jamais eu froid (2 degrés au minimum) et au final j'ai apprécié la forme très sarcophage. La taille est L, sachant que je mesure 1m70, j'aurai pu partir sur un M pour quasi 100g de moins mais il n'était pas disponible et ça aurait été très juste. Peut-être des avis sur la question ?

Si tu comptes pourvoir l'utiliser aussi en hivernal (en le boostant avec un quilt apex ou un SOL escape bivy), il peut être intéressant d'avoir un L.
Ca te permet de stocker au niveau des pieds ce que tu veux garder au chaud (change, eau pour éviter qu'elle ne gèle, filtre, cartouche de gaz, etc...) voir faire sécher du linge un peu humide.
wink

bigej a écrit :

#580150Veste de pluie : Vieille veste Kalenji (3 ans) qui a fait ses preuves mais imperméabilité devenue médiocre. On peut faire beaucoup plus léger ! Le deuxième jour sous l'orage j'ai été trempé. Mais vu la violence et la durée de l'averse, j'ai du mal à croire qu'une veste aurait pu me garder au sec... Dans ce cas peut-être ne rien garder sous la veste ?

Une des techniques, si il ne fait pas trop chaud, est de porter uniquement une micro-polaire dessous.
La polaire étant hydrophobe, elle ne vas pas s'imbiber d'eau venant de la veste, tout en continuant à évacuer ta transpiration.
Même si elle s'humidifie un peu, elle ne sera pas désagréable à porter (pas de sensation de froid) et séchera très vite une fois que tu seras au bivouac.
Tu gardes ainsi ton t-shirt sec pour le soir au bivouac (et la doudoune par dessus suffira à rester au chaud).
wink

bigej a écrit :

#580150Batterie : je n'y connais pas grand chose. Celle-ci avait fait ses preuves au Népal et permet de charger une bonne dizaine de fois le téléphone ou la GoPro en entier. Assez lourde, il y a peut-être plus léger ? Je l'ai rechargée deux fois au cours des 23 jours mais j'ai beaucoup filmé (150 Go) et un peu utilisé mon téléphone qui se vide rapidement.

En 10.000mAh, les modèles légers font dans les 180gr environ... donc en effet, bien plus léger que ton modèle à 400gr (d'ailleurs, avec ce poids, ça ne serait pas plutôt une 20.000mAh ?).

bigej a écrit :

#580150BMontre suunto vector : achetée à 25€ sur Vinted avant de partir, au top. Juste la sonnerie pas assez élevée en volume, j'étais obligé d'utiliser le réveil de mon téléphone et donc de le laisser allumer la nuit...

Laisser le tel allumé pendant la nuit ne devrait pas être trop gênant.
On était plusieurs à avoir fait le test sur un topic, en mode avion et mode eco, on tournait entre 1 et 2% de conso pour une nuit complète (sans toucher le tel).

bigej a écrit :

#580150Short/T-shirt/caleçons/chaussettes : de ce qu'on fait de plus basique pour le sport. Rien à dire si ce n'est que ça fini par puer et que j'ai troué une chaussette !

Bon, faut que tu passes au mérinos alors.
big_smile

bigej a écrit :

#58015022H je me fais attaquer comme jamais par les moustiques. Ils rentrent dans mes oreilles et mes narines c'est horrible. Je pète un câble (ça devait être drôle à voir...)

Une petite moustiquaire de tête (20gr), ça peut te sauver une nuit.
smile

En ligne

#10 06-08-2020 22:21:14

bigej
Membre
Inscription : 14-05-2020
Messages : 6

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

kodiak a écrit :

#580205Bravo pour cette HRP à un rythme élevé. Avec un peu de pression pour corser (se faire interviewer pour son stage au 2/3 de la HRP, il faut le faire !)

Merci pour ce CR concis et vivant. Juste un Arkmat 127 retaillé, bravo la jeunesse. lol


bigej a écrit :

#580150Gourdes : à part au début et à la fin ça devrait passer avec juste 500 mL !

Personnellement je ne descends pas en dessous de 1,2 litres, donc chapeau!


Merci ! C’est vrai que ces entretiens ont ajouté un peu de piquant original. Je vais m’en souvenir longtemps !

Pour les 500 mL c’est juste une parole, je ne sais pas si j’en prendrais le risque ? mais pour dire qu’on peut avoir 1 L et remplir que 500 mL, on trouve de l’eau très souvent !

Hors ligne

#11 06-08-2020 22:36:14

bigej
Membre
Inscription : 14-05-2020
Messages : 6

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

Redfish a écrit :

#580211Chouette récit, belles photos, le tout très complet et agréable à lire... what else !
cool

Merci pour ton message et toutes ces petites info/trucs dont je raffole !

Redfish a écrit :

#580211En 10.000mAh, les modèles légers font dans les 180gr environ... donc en effet, bien plus léger que ton modèle à 400gr (d'ailleurs, avec ce poids, ça ne serait pas plutôt une 20.000mAh ?).

Effectivement, j’ai fais une erreur, il s´agit bien d’une 20000 mAh ! Je modifie.

Redfish a écrit :

#580211Laisser le tel allumé pendant la nuit ne devrait pas être trop gênant.
On était plusieurs à avoir fait le test sur un topic, en mode avion et mode eco, on tournait entre 1 et 2% de conso pour une nuit complète (sans toucher le tel).

J’ai perdu jusqu’à 20% de mon côté... D’une part mon téléphone est ancien (IPhone qui a 5 ans) et c’est possible qu’avec la fatigue j’ai zappé de fermer les applications...

Redfish a écrit :

#580211Une petite moustiquaire de tête (20gr), ça peut te sauver une nuit.
smile

Carrément j’y penserai !!

Hors ligne

#12 06-08-2020 23:07:50

Redfish
Chat schizophrène...
Lieu : Marseille
Inscription : 16-11-2017
Messages : 5 473
Site Web

Re : [Récit + liste] HRP 2020 - Sur le fil Pyrénéen (23 jours)

bigej a écrit :

#580213Effectivement, j’ai fais une erreur, il s´agit bien d’une 20000 mAh ! Je modifie.

Dans ce cas, les modèles légers sont dans les 330gr si je ne me trompe pas.
Après, peut être voir pour une 10.000mAh à 180gr et un panneau solaire 5w dans les 70gr, pour un total de 250gr.
Mais ça implique de prend un peu temps pour se poser à midi ou ne pas arriver après le couché du soleil pour monter le bivouac (à défaut, laisser charger sur le sac à dos pendant la marche).
smile

En ligne

Pied de page des forums