#1 12-10-2020 20:49:13

Eric le rouge
AnthropoMUL[ET]
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Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Après un article sur la place et la relation au milieu forestier dans la randonnée légère, j'ai le plaisir (et la pression big_smile) de partager un autre texte (en lien avec ma casquette anthropomul(et)).

Cet article décrit la MUL comme une culture du détachement, avec l'idée que faire l'apprentissage du détachement matériel est lié à, et peut susciter, un détachement plus subjectif (simplicité, ascétisme...) qui n'est pas écho avec questionnement (parfois ambigu) de la surconsommation.

C'est ici :
https://www.randonner-leger.org/forum/d … on_rl2.pdf

Bon c'est un partage un peu piégé : l'article est en anglais. Pas de snobisme de ma part, mais les chemins universitaires sont ainsi fait que l'on est amener à écrire et publier aussi dans la langue de Shakespeare. Je m'excuse d'avance auprès des curieux et curieuses que la langue rebuterait.

Une nouvelle fois, je remercie tous les membres de RL avec qui j'ai échangé en entretiens (et trop peu cités dans ce texte) et tous les autres pour la richesse des échanges et partages ici même, et la bienveillance de l'accueil qui m'est accordé ici.

Pour donner une idée de l'article (teasing... ah mince, encore un anglicisme  roll), j'ai traduit l'introduction (en supprimant la plupart des références et notes).

C'est là :

Le minimalisme (souvent associé à la notion de simplicité volontaire) est une démarche consumériste de détachement délibéré de ses besoins matériels et de ses achats mêlant déconsommation, recherche de durabilité et libération de l’accumulation et du gaspillage. Bien que minoritaire et pluriel (en relation avec d’autres orientations de la nébuleuse des consommations engagées : décroissance, frugalité, écoresponsabilité, zéro déchet, etc.,), ce mouvement fait aujourd’hui l’objet d’une attention médiatique croissante et d’un engouement avéré dans de nombreux domaines d’activité, aboutissant parfois à l’engagement de ses adeptes dans un véritable style de vie fondé sur le détachement.

Pour comprendre ces phénomènes, il est intéressant de s’appuyer notamment sur les travaux développés par Goulet et Vinck (2012, 2016 & 2017) autour des innovations par retrait, réagencements sociotechniques aujourd’hui nombreux où le détachement d’éléments préexistants et bien établis constitue « l'objectif même des transformations impulsées ». L’intérêt de ce cadre est qu’il permet de penser le minimalisme comme un processus de retrait, fruit d’une activité critique (des concepteurs aux consommateurs) visant à rendre problématiques et indésirables des existants (qu’ils s’agissent d’acteurs humains ou non humains) et de faire de leur disparition une solution. Pour ces auteurs, le retrait et la désintermédiation seraient une tendance lourde aujourd’hui (après une période moderniste basée sur l’introduction et la multiplication des nouveaux produits et nouvelles entités), s’incarnant dans de nombreux comportements de consommation : produit « sans » (sucre ajouté, gluten, OGM, paraben…), circuit court, vente directe, photo non retouchée dans la presse…

Au premier regard, l’industrie et la distribution d’articles sportifs semblent aujourd’hui loin de ces reconfigurations. Ils constituent en effet un marché de masse particulièrement concurrentiel fondés sur une recherche d’attachement des consommateurs par une surenchère aux perfectionnements techniques. Ce domaine économique se caractérise par un régime intensif de novation, « passage, certes inachevé, d’une économie d’échelle à une économie de l’innovation, où la différenciation des produits, leur moindre durée de vie et la variété des gammes deviennent la norme » (Gaglio, 2011). Un des ressorts récents de l’attachement des consommateurs est le développement de gammes d’équipements sportifs centrés sur l’allègement (light, voire ultra light), basées majoritairement sur des innovations par retrait. Par un ensemble de procédés sociotechniques (épurer les formes et enlever de la matière, utiliser des matériaux/tissus/assemblages plus fins et légers, simplifier les fonctions…), il s’agit de produire des objets toujours plus légers, mais bien souvent plus fragiles ou perçus comme tel.

Devenir consommateur d’objets ultra-light pourrait corroborer une des formes de détachement des consommateurs (suggérée par Candea et al 2015) liée à une faible attention [carelessness] et un ensemble de dispositions, favorisées ici par certaines médiations marchandes, de faible attachement aux objets, de renouvellement accélérés des biens, de régulier wasting. Cependant, au regard des mouvements de consommation engagée décrit précédemment, il est possible aussi de penser de manière symétrique le détachement comme un mouvement inverse de désengagement de dispositions à surconsommer (accumuler ou jeter), un découplage d’équipements et de besoins inutiles… Est-ce que ce type d’arrangement alternatif de marché se retrouve dans le domaine sportif ?

Une telle question s’inscrit dans le fil de travaux qui ont montré combien certains consommateurs sportifs (qu’ils soient utilisateurs pionniers ou utilisateurs ordinaires) se caractérisaient par leurs fortes capacités à s’approprier, détourner, réinventer et dans une certaine mesure se détacher des offres manufacturées et des pratiques préexistantes (Lüthje, 2002 ; Von Hippel, 2005 ; Pantzar et Shove, 2010).

Ce texte interroge un cas particulier de minimalisme qui s’est développé dans le secteur sportif autour d’une stylisation de la pratique de la randonnée par le détachement : la « Marche Ultra-Légère » (MUL, i.e. ultralight or lightweight backpacking). L’originalité de ce cas – une activité sportive ordinaire fondée sur une technique du corps apparemment rudimentaire (la marche) – est qu’il est au départ centré sur une problématique matérialiste (moins et mieux porter) pour des raisons assez pragmatiques (moins souffrir, compenser ses faiblesses, améliorer ses performances…). Or s’il ne s’inscrit pas à l’origine et explicitement dans une démarche politique, le détachement a de nombreuses conséquences dans ce domaine.

La MUL est un mouvement ayant émergé en France dans les années 2000, porté et légitimé par des pratiques communautaires en ligne autour de www.randonner-leger.org, foyer principal de cette mouvance en France*. Il vise et promeut un allègement matériel radical (en général diviser par trois le poids de son sac à dos) pour randonner en autonomie avec des finalités variables : plus confortablement, plus loin, plus longtemps, plus vite ou dans des milieux plus difficiles ou aventureux. La MUL se pratique majoritairement en modalité « itinérante », c’est-à-dire en passant des nuits dans la nature (moyenne et haute montagne, forêt, désert…). Cela implique de jouer avec des contraintes matérielles inhabituelles (bien que variablement dosées selon les formes de pratiques) : nécessité de se déplacer, se nourrir, s’abriter en portant soi-même tout (ou presque) des équipements, aliments et abris dans un environnement naturel peu, voire pas, aménagé. Ces principes posent clairement les enjeux pragmatiques du poids, de la transportabilité (volume, encombrement) et de la durabilité (solidité, réparabilité) pour des randonneurs légers qui vont développer une culture matérielle originale fondée sur le minimalisme et les innovations par retrait : se détacher des besoins et des matériels superflus pour être le plus sobre possible (les pratiquants répètent à l’envie que « le plus léger, c’est ce que l’on ne prend pas »), viser la non-redondance et la polyvalence, remplacer des équipements par des éléments plus légers, être créatif pour reconcevoir, bricoler voire inventer objets et techniques, diffuser et partager gratuitement ces savoirs…

On commencera par décrire en quoi alléger ses équipements implique l’acquisition d’une véritable culture matérielle du détachement. On verra que cette enculturation va de pair avec un allègement de soi, subjectivation alternative des pratiquants basée sur une certaine forme d’ascétisme et de simplicité. On montrera pour finir en quoi une telle stylisation minimaliste n’est pas sans conséquences politiques, participant (non sans paradoxes) à reconfigurer ou renouveler conduites, normes, valeurs de consommation à l’aune de marchés alternatifs, c’est à dire en se détachant partiellement des relations marchandes usuelles.

Bon, la suite in english... Sorry

* : Précision = il ne s'agit pas de dire que l'allègement (ultra) a commencé à ce moment-là dans les loisirs itinérants (et encore moins dans les itinérances tout court). Mais qu'un "collectif" s'est progressivement constitué explicitement autour de cette notion. Cf échange avec Yno ici.

Dernière modification par Eric le rouge (14-10-2020 08:47:15)

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#2 12-10-2020 22:06:58

pap35
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Salut Eric,

Bon plutôt que de mater ce soir une n-ieme série, j'ai tout lu, et j'ai trouvé ça très interessant.

La démarche MUL reste tout en paradoxe.

Dans son aboutissement, c'est la simplicité même, i.e. savoir vivre plusieurs semaines dans la nature avec 4kg sur le dos.

Mais dans son cheminement, pour certains d'entre nous, parmi lesquels je me compte, c'est aussi tout un tâtonnement, un enchaînement d'essais qui peut aussi impliquer pas mal d'achats de matos successifs jusqu'à trouver "le bon". Plutôt très consumériste à première vue ça... Ainsi, qui n'a pas ici dans ses armoires une collection complète de sacs à dos de toutes tailles... On pourrait même craindre de conduire à créer de nouveaux "geek de la MUL", même si ce profil ne me semble pas trop présent ici sur RL. A contrario, pour modérer mon propos, comme tu le soulignes dans l'article, RL c'est aussi un espace de débrouille, de promotion du bricolage et du DIY, soit plutôt un pas en direction de la sobriété donc.

Et je te rejoins sur l'importance de la communauté bienveillante, qui vise par l'échange d'expériences pratiques à faire évoluer nos approches individuelles et collectives. Avec toujours un credo : la démarche et le résultat sont propres à chacun, du sur mesure individuel sans imposition d'un modèle mais juste l'idée d'un questionnement permanent. Personnellement, avant de découvrir RL, je n'avais jamais mis en question mes besoins ou la performance de mon matériel, je me fiais au discours dominant (et plutôt consumériste au final); désormais derrière les questions techniques c'est bien toujours la question de "est-ce un vrai besoin ou est-ce un besoin fictif qui a été imposé à mon imaginaire?"

Tout cela ouvre le débat. Tous les MUL ne sont pas décroissants mais les décroissants ne sont ils pas tous MUL?

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#3 13-10-2020 06:43:09

thierry
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Je croyais être sur RL ... mais non, j'ai dû cliquer sur academia.edu ! sad

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#4 13-10-2020 11:51:45

bilqis
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Très intéressant , un grand merci  big_smile
Pour info, j'ai regardé rapidement en diagonale (avant de lire ce soir) et sachez que certains d'entre vous sont mentionnés dans le cadre d'exemples donnés des échanges du forum  wink
(je sens que y'en a qui vont se mettre à l'anglais  roll )

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#5 14-10-2020 09:49:42

SionBhravi
Mul Nul
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Salut,

Eric le rouge a écrit :

#587737alléger ses équipements implique l’acquisition d’une véritable culture matérielle du détachement.

Mon cas ne sera absolument pas représentatif (heureusement cool) mais je ne m'y reconnais pas du tout.
Alors qu'auparavant je prêtais peu d'attention à mon matériel de randonnée (peu de regards sur la qualité, renouvellement uniquement lorsque absolument nécessaire, etc.), je suis devenu un vrai geek du matos depuis que j'approche la MUL : forte montée en gamme (et donc en prix), renouvellements abusifs (par exemple avec l'apparition de nouveaux modèles et avant que mes exemplaires soient usés), veille technologique, etc.

Mais je me soigne. roll


Et toujours, partout, cet irrésistible besoin d'aller voir ce qu'il y a après, surtout si on ne peut s'y rendre qu'à pied.

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#6 14-10-2020 10:41:55

Ytreza
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Merci pour le partage. J'avais justement dans l'idée d'écrire un trombi sur la "vie ultra-légère"... Mon but étant actuellement de faire rentrer toutes mes possessions matérielles dans un sac à dos 50L et une valise cabine. Aussi, tout comme on le fait dans le processus MUL, j'établis une liste exhaustive de tout ce que je possède.

Il y a d'abord une motivation pratique : je peux déménager quand je veux où je veux, ce qui fait que je me sens plus libre. Mais surtout, c'est un véritable allègement de l'esprit, comme d'autres que tu cites l'ont maintes fois expérimenté au cours de leurs marches. Quand j'ai construit ma première liste légère l'été dernier, j'avais, en plus du poids total, une case "nombre d'items", et je m'attachais tout autant à réduire ce nombre que le poids. J'ai noté la référence à Latour 1991 au sujet de la "purification", il faudra que je creuse ça un de ces jours smile

En lisant l'introduction, j'ai été quelque peu sceptique par rapport au "détachement" auquel tu fais référence. J'ai l'impression que c'est une notion ambiguë : certes la démarche MUL ou "VUL" nécessite de se détacher de l'accumulation d'objets et de ses habitudes, mais d'un autre côté, moins j'ai d'objets, plus je m'attache à ce que j'ai. Par définition de la démarche, chaque objet paraît indispensable, et d'autant plus précieux qu'on a parfois expérimenté longtemps avant de dénicher la perle qui répondra parfaitement à notre besoin. A cela s'ajoute l'aspect "anti-consumériste" de la question : pour ne pas avoir à acheter un nouveau duvet, je prends grand soin de celui que j'ai. De manière générale, je m'attache à ne pas "consommer" mes objets.

Dans la marche comme dans la vie, l'idée est de faire plus avec moins, pour se libérer le corps et l'esprit.

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#7 14-10-2020 10:49:21

bilqis
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Re bonjour,

J'ai à peu près tout lu hier. "À peu près" car la lecture soutenue sur écran m'est difficile et j'ai tendance à lire un peu en diagonale et rater certaines choses.

Tu ne mentionnes pas du tout (il me semble) le Covid. Tu as dû commencer à travailler à ce projet avant la pandémie probablement?
Pour ma part, si la démarche MUL avait commencé avant, c'est clairement le Covid - en fait tous ces confinements et privations de liberté plutôt que le virus en lui-même - qui a généré le passage de l'intention à l'action.
Ca serait intéressant de comparer la fréquentation de nouveaux membres (ou nouveaux visiteurs)  du forum avant et après le début de la pandémie. (Sachant qu’il est normal que dès le début du confinement la fréquentation augmente – d’où recherche plutôt de nouveaux visiteurs).

Je me retrouve complètement dans la volonté de décroissance que tu mentionnes.
D'ailleurs, Covid oblige, je quitte mon appart 3 pièces, où je vis seule depuis des années avec mes propres meubles, dont certaines antiquités familiales dont je n'aurais jamais cru vouloir m'en débarrasser.
Et ben... je bazarde tout... ne vais garder que les tapis, des livres et mes objets bédouins/orientaux (justement, c'est fait pour les nomades wink ).

Et je veux pas ouvrir une polémique avec les fans d'Ali baba express, mais tant que je peux, je n'achèterai pas sur ces sites. GAFA et Alibabaxpress, pour moi c’est le même schéma. On te rend accro avec des prix très bas, une extraordinaire facilité d’achat et un rappel constant de ce que tu pourrais encore acheter… Et tu fais moins marcher ton commerce local (au sens large).

En bref, je me retrouve très bien dans ce que tu décris, aussi de l’évolution du matériel et du coté participatif très bienveillant.
Quand je compare ma première liste publiée avec celle d’aujourd’hui, je me suis bien alignée sur les conseils donnés sur RL.
Redfish, en grand Manitou de la critique (constructive!) des listes m’a convaincu de changer certaines choses, mais surtout donné d’excellentes alternatives (que j’arrive petit à petit à dénicher en dehors d’Alibaba tongue )
Florencia, avec laquelle je n’ai pas encore échangé, m’a pourtant beaucoup appris. Alors que je suis absolument pas manuelle, me suis fabriquée des sandales de 10 gr (pas encore complètement abouti, je publierai et demanderai probablement conseil). Sur les sandales, un fil dédié m’y a aussi bcp aidé.

Autre chose : es tu intéressé à diffuser cet article ? Puisqu’il est en anglais, je peux l’envoyer sur un autre groupe UL, non francophone, dont je fais partie.

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#8 14-10-2020 10:51:44

Hobbit
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Bonjour Eric le rouge,
J'ai bien rigolé, merci pour ce moment!  big_smile
Il faut dire que je suis Ethnologue de formation et me trouver ainsi du côté de la tribu observée et analysée au lieu d'être du côté des observateurs me fait un effet tout drôle!
Claude Lévi-Strauss est devenu celèbre avec son fameux triangle structuraliste culinaire : le cru, le cuit et le pourri. Le triangle structuraliste des MUL tourne clairement autour des termes suivants : le lourd, le leger et le superflu. lol

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#9 14-10-2020 11:39:09

anatta
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Eric le rouge : merci pour le partage. J’ai tout lu avec beaucoup de plaisir  tongue

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#10 14-10-2020 14:38:36

ith
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Merci pour ce beau travail.  smile


C'est avec intérêt que j'ai parcouru les liens donnés. Et deux réflexions me sont venues à l'esprit.


Premièrement, j'ai noté que dans ton article tu me faisais l'honneur de me citer dans un propos relatif au "Bullshit marketing". Je souhaitais préciser qu'il ne faudrait pas se méprendre sur ce propos. Ce n'était pas une condamnation du marketing en lui-même (pour information : je suis en 6ème section) mais plutôt une critique du "mauvais marketing".

Par ailleurs, j'ai parcouru le cahier GHFF que tu mettais en lien. Mon attention s'est naturellement portée sur l'article "Les forêts à l’épreuve du tourisme. deux siècles d’interactions dans les Pyrénées (XIXe siècle-années 1960) de Steve Hagimont. Il est vrai que je suis partie prenante, culturellement et géographiquement, du problème que traite l'article et que les exemples traitées me sont très directement parlant.

Voici donc un passage que j'ai trouvé extrêmement moderne dans la mesure où il me semble être une réponse pertinente à certain propos, que l'on peut parfois entendre de nos jours, critiquant les autochtones de nos montagnes, leurs pratiques, leur mode vie et remettant en cause leurs moyens de subsistance....

Hagimont S. (2020). CAHIER DU GHFF FORÊT ENVIRONNEMENT ET SOCIÉTÉ, N° 30. P. 26-27

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la forêt entre néanmoins au coeur des préoccupations touristiques (telles que les rendent les guides et récits de voyage) : une forêt qui n’est pas tant le support de pratiques ludiques que d’angoisses écologiques et sociales. Le tourisme est alors pénétré par un discours catastrophiste, que porte tout particulièrement l’administration des Eaux et Forêts, et qui jette le discrédit sur l’économie agropastorale et les droits d’usages locaux.
L’agropastoralisme se trouve désormais assez seul en montagne : les prélèvements en bois de la marine ont largement disparu, la métallurgie au bois en pleine déshérence est remplacée par les hauts fourneaux au charbon de terre. Derniers usagers, les paysans et leurs troupeaux sont donc rendus responsables d’un déboisement en réalité très ancien et aux racines complexes.
Les grandes associations touristiques qui naissent (le CAF en 1874 et le TCF en 1890), où les forestiers sont en bonne place, diffusent alors largement ce discours environnemental : les montagnards, enfermés dans la routine et l’archaïsme, détruisent les forêts, modifient le régime de pluies et favorisent autant la désertification que les pluies torrentielles et les grandes inondations qui s’ensuivent.

.../...

L’angoisse de la déforestation prend une forme obsessionnelle et envahit alors la littérature touristique et la presse. La montagne forestière de la nation touristique est menacée. Ce « culte » de la forêt en montagne, porté par les forestiers, le Club alpin français et le Touring club, est une forme d’écologie politique. Il relie l’évolution de l’environnement aux conditions sociales et politiques qui l’ont produit.
Mais cette écologie est déconnectée de l’évolution réelle du couvert forestier, marqué par un regain spontané dès ces années du fait de l’exode rural. Il accompagne un discours de pouvoir sur les populations autochtones, dont le terroir de travail et de vie a changé radicalement de sens et de fonction : il est devenu un patrimoine touristique, l’espace ludique des populations urbaines.

(les caractères gras sont un ajout de ma part.)

.... Finalement, rien de nouveau sous le soleil.  wink


"The more you carry in your bag, the less you carry on your head"

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#11 15-10-2020 12:20:52

Naxh
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Dommage que je n'ai pas vu ton message hier, ça aurait très bien occupé ma soirée smile
J'ai hâte de tout lire !

Puis-je partager sur un autre support ton texte ?

Dernière modification par Naxh (15-10-2020 12:23:33)


« L'homme qui va à pied, préparé à camper à toute place et par tout temps est le plus indépendant sur terre. »
Mon trombi de Marmotte ici.

Liste de base, 3 saisons : https://lighterpack.com/r/7km93j

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#12 16-10-2020 09:07:23

Eric le rouge
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Merci beaucoup à toutes et tous pour vos lectures courageuses et retours. Que de réflexivité et de grains à moudre chez vous : c’est un plaisir d’exposer ses élucubrations ici smile .

@thierry : Ah oui, là, c’est au moins du academia, voire jargonus.univ. lol
Mes réponses à tou.te.s (ci-dessous) ne vont pas arranger les choses : c’est loooong. Fuyez. lol lol

@pap35 : Tu as bien raison sur les paradoxes, car la MUL reste en première intention une démarche centrée sur des problématiques matérielles, et donc en lien avec une quête passionnée du matériel « parfait » (le plus souvent acheté).
Essai-erreur ; achat-accumulation (et parfois revente) ; goût pour les nouveautés… Faute de place dans cet article, je passe un peu trop rapidement sur cette dimension « consumériste » (pas de jugement de valeur, je mets des guillemets).
D’ailleurs, par certains côtés, RL ressemble un peu à un « Que choisir » du matos de randonnée (alerte spoiler jargon : en sociologie, on appelle cela un « tiers consumériste »), qui fait la promotion d’une conception éclairée et raisonnée des choix de consommation (retour d’expérience, évaluation et comparaison, conseil, dénonciation).

@SionBhravi : ton retour est super intéressant : Merci…
Ce côté « geek du matos » n’est pas si rare (je dois avouer que depuis que je traîne ici, j’y suis exposé et que je dois parfois me raisonner pour ne pas succomber aux sirènes des ventes). C’est un peu le prix de la passion. Est-ce que ce côté « geek » ne va pas s’atténuer quand tu vas « stabiliser » ton allègement ?
J’aime bien ce petit soupçon de « culpabilité » noté avec humour et recul (un classique ici).

@Ytreza : Chouette expression que cette « vie ultra-légère » smile . Poule ou œuf ? : la MUL résonne pour toi avec une démarche globale de minimalisme.
Tes remarques sur le détachement sont justes. Je n’ai pas assez précisé cela vu l’angle du papier, mais le détachement va de pair avec temps d’attachement (parfois très fort) à d’autres objets, habitudes, etc. Mais l’idée, c’est que la MUL (telle que promue ici) implique une démarche « critique » des besoins et attachements que l’on a jusqu’alors : c’est un peu une inversion par rapport à la société de (sur)consommation.

@Bilqis : Pour le Covid, oui, le texte a été écrit avant. Et je serai bien embêté s’il fallait que j’écrive des choses dessus, tant il y a eu des vécus différents de cette période, qui n’est pas finie ni digérée. On devine dans certains retours ici une attention au « plus proche ». J’ai recueilli des témoignages de gens qui ont accéléré un changement de vie à cette occasion. Mais j’aurai du mal à en dire plus pour le moment.
Pour les plateformes (Ali and co), c’est un point d’attention (et parfois de controverses) sur le forum, sur lequel les avis divergent d’ailleurs (un peu évoqué dans l’article). Par contre, il est sûr que leur montée en puissance (visible dans les retours matos, certains conseils ou promotions, certaines critiques) contribue à modifier le rapport au matériel et aux achats…
Pour la diffusion sur un groupe anglophone, si tu penses cela intéressant n’hésite pas (passe moi le lien en MP si possible). Par contre, pour avoir fureté sur certains sites ou forums anglophones, j’ai l’impression que le rapport au matériel et à l’allègement est parfois assez différent.

@ Hobbit :
Merci pour le clin d’œil ethno : j’avais déjà eu une vanne de Bilbox lors de mon coming out-trombi https://www.randonner-leger.org/forum/v … 56#p518956

@Anatta : merci… Depuis notre sortie, je crois par contre je vais sombrer à un travers consumériste pour m’acheter (m'attacher) un togg-frogg

@ith : Merci pour l’avis…  et la précision sur le « bullshit » : je l’avais bien comprise ainsi (et c’est donc que mon propos n’était pas clair). (Et salutation au voisin de la 6ème).
#HS forêt et autochtones : en effet, beaucoup de choses encore d’actualité #HS

@Naxh : Ne t’emballe pas : je ne t’ai pas encore assommée lol lol
Pas de souci pour partager (fais moi un p’tit MP pour me dire où)

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#13 16-10-2020 10:06:00

thierry
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Eric le rouge a écrit :

#587995Merci beaucoup à toutes et tous pour vos lectures courageuses et retours. Que de réflexivité et de grains à moudre chez vous : c’est un plaisir d’exposer ses élucubrations ici smile .

@thierry : Ah oui, là, c’est au moins du academia, voire jargonus.univ. lol
Mes réponses à tou.te.s (ci-dessous) ne vont pas arranger les choses : c’est loooong. Fuyez. lol lol

Je ne suis pas allé au bout de l'article. Je trouve que les citations pléthoriques rende[nt] le propos totalement incohérent pour les profanes comme moi qui ne connaissent pas la biblio sur le bout des doigts (ou qui font semblant).

Et surtout, je rejette l'idée du postulat de base : allègement = détachement. De mon point de vue, c'est exactement le contraire. L'allègement entraîne une hyper-spécialisation du matériel qui doit se diversifier en fonction de la variété des situations rencontrées. Une personnalité que tu cites, A. Skurka change une partie de son matériel sur ses randonnées (e.g. PCT) en fonction des terrains traversés. De plus la fragilité du matériel "light", oblige à un renouvellement fréquent ce qui est contraire à l'esprit de la simplicité volontaire qui transparaît aussi dans ton article.

En ce qui me concerne je dirais que plus je m'allège, plus j'ai de matériel ! Certes, il n'est pas dans mon sac mais dans mes placards.

Pour finir, je dirais que je te rejoins dans ton analyse sur un point : le matériel étant plus fragile et moins durable, on ne s'y attache plus comme avant, c'est donc une forme de détachement induit par l'allègement. Fini le temps ou une paire de grosses faisait une vie. J'avais une amie qui avait gardé ses chaussures de randonnée à semelles Vibram plus de 30 ans. Chaque année lorsque nous nous retrouvions dans les Alpes, elle nous montrait les réparations effectuées : semelles, crochets voire pièces en cuir. Et quand enfin, elle les a remplacées, elle nous a avoué les avoir enterrées car elle n'avait pas pu se résoudre à les jeter. Inhumer un morceau de cuben ou de silnylon n'aurait aucun sens.

Dernière modification par thierry (16-10-2020 11:53:22)

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#14 16-10-2020 10:27:29

Ytreza
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

@Eric le rouge : l’œuf ou la poule, bonne question. Je pense que ma rando de l'été dernier a été un catalyseur, mais je vivais déjà avec pas grand-chose avant, en faisant attention de ne pas succomber aux sirènes des achats inutiles. Ce qui change désormais c'est que j'applique les principes MUL à ma vie de tous les jours, par exemple faire une liste de tout ce que je possède, et en supprimant vraiment (je donne ou je jette) le surplus (alors qu'auparavant je me contentais de stocker l'inutile dans un placard). Il y a aussi une dimension psychologique : tout autant que l'impression de liberté, j'ai aimé la simplicité que m'a apporté la rando légère pendant 2 mois. Marcher, manger, penser, lire, écrire, dormir et recommencer. Ma vie a un sens : le nord. Plus de questionnement métaphysique, plus de prise de tête. Et désormais j'essaie de supprimer aussi tout ce qui me prend la tête. Je me détache des petites problématiques du quotidien.

@thierry
On peut être léger non extrémiste avec du matos polyvalent et robuste ! Certes, difficile de nos jours de trouver du matos qui tient une vie. Mais ce n'est pas spécifique à l'équipement UL... Le problème d'une paire de chaussures qui tient 30 ans, c'est que le client ne remet pas souvent les pieds dans le magasin hmm

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#15 16-10-2020 10:39:33

Pala2
MUL frites
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

thierry a écrit :

#588008
Et surtout, je rejette l'idée du postulat de base : allègement = détachement.

J'allais dire que tu n'avais peut-être pas la même notion de détachement qu'Eric le rouge dans son article, mais en recherchant s'il y avait une définition dans l'article lui-même, je trouve des mentions qui vont dans le même sens que toi:

Yet, with regard to the responsible consumerism movements described above, it is also possible to symmetrically consider detachment as a reverse movement of
disengagement from dispositions to overconsume (accumulate or throw away), a decoupling of unnecessary equipment and unnecessary needs

Mais aussi l'utilisation dans un autre sens (celui de séparer l'objet de sa fonction et d'évaluer l'objet au regard de la façon dont il remplit sa fonction plutôt que ce qu'il représente):

Detachment from the traditional high hiking shoe is also characteristic of such complex operations. MULs have called this equipment into question on account of the problems it causes: it is a heavy weight to be lifted with each step, rigid and above the ankle (limited flexibility and reduced sensations). Over and beyond its traditional safety purpose, this item is a true emblem of hiking and it is not easy to break the link.

Bref, c'est pas encore clair cette affaire, et finalement j'aurais surtout fait attention aux âges et professions des membres du forum cités dans l'article lol


Pierre

(C'est comme ça que je m'appelle dans la vraie vie)

Mon trombi, parce que je sais jamais comment le retrouver facilement...

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#16 16-10-2020 10:54:39

Ytreza
Têtu comme un mulet
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

J'imagine que le "détachement" est une notion philosophique précise et bien définie au sein de la communauté scientifique à laquelle appartient Eric. J'ai l'impression que c'est plutôt un détachement par rapport aux acquis (matériels mais aussi les idées reçues) qu'un détachement par rapport au matériel en lui-même. Pour le commun des mortels, l'article manque d'une définition précise de ces deux notions, détachement matériel et détachement subjectif smile Peut-être Eric peut-il nous éclairer sans qu'on ait à fouiller les références ? smile

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#17 16-10-2020 11:06:26

Adrienne
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Pala2 a écrit :

#588014
Bref, c'est pas encore clair cette affaire, et finalement j'aurais surtout fait attention aux âges et professions des membres du forum cités dans l'article lol

Fais gaffe, Eric a commencé ses entretiens il y a longtemps mais nous a laissé nos âges de l'époque, on est donc beauuuuuucoup plus vieux que ce que tu crois ! big_smile


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#18 16-10-2020 12:05:54

thierry
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Pala2 a écrit :

#588014 J'allais dire que tu n'avais peut-être pas la même notion de détachement qu'Eric le rouge dans son article[...]

Je n'en doute pas mais sans vouloir me faire sociologue, j'aurais tendance à penser et même à croire que ce sont des personnes préalablement en quête de détachement et pratiquant la randonnée dans ce but ; l'allègement étant tout au plus un cofacteur.

nomadecueilleur aurait peut-être pu nous éclairer factuellement sur ce point ?

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#19 16-10-2020 12:10:59

thierry
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

Ytreza a écrit :

#588011@Eric le rouge : l’œuf ou la poule, bonne question.

la réponse est connue : l'œuf étant une structure de reproduction bien antérieure à la poule, la première poule est sortie d'un œuf. wink

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#20 16-10-2020 14:33:55

Doc
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

#captainpremierdegré

Dernière modification par Doc (16-10-2020 14:34:28)


Arguing that you don't care about privacy because you have nothing to hide is no different than saying you don't care about free speech because you have nothing to say.
- Edward Snowden -

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#21 16-10-2020 16:25:36

thierry
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

#ilfauttuerlechevalblanc

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#22 16-10-2020 22:51:16

laxmimittal
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Re : Partage article : du détachement matériel au détachement subjectif

thierry a écrit :

#588008

Eric le rouge a écrit :

#587995Merci beaucoup à toutes et tous pour vos lectures courageuses et retours. Que de réflexivité et de grains à moudre chez vous : c’est un plaisir d’exposer ses élucubrations ici smile .

@thierry : Ah oui, là, c’est au moins du academia, voire jargonus.univ. lol
Mes réponses à tou.te.s (ci-dessous) ne vont pas arranger les choses : c’est loooong. Fuyez. lol lol

Je ne suis pas allé au bout de l'article. Je trouve que les citations pléthoriques rende[nt] le propos totalement incohérent pour les profanes comme moi qui ne connaissent pas la biblio sur le bout des doigts (ou qui font semblant).

Et surtout, je rejette l'idée du postulat de base : allègement = détachement. De mon point de vue, c'est exactement le contraire. L'allègement entraîne une hyper-spécialisation du matériel qui doit se diversifier en fonction de la variété des situations rencontrées. Une personnalité que tu cites, A. Skurka change une partie de son matériel sur ses randonnées (e.g. PCT) en fonction des terrains traversés. De plus la fragilité du matériel "light", oblige à un renouvellement fréquent ce qui est contraire à l'esprit de la simplicité volontaire qui transparaît aussi dans ton article.

En ce qui me concerne je dirais que plus je m'allège, plus j'ai de matériel ! Certes, il n'est pas dans mon sac mais dans mes placards.

Pour finir, je dirais que je te rejoins dans ton analyse sur un point : le matériel étant plus fragile et moins durable, on ne s'y attache plus comme avant, c'est donc une forme de détachement induit par l'allègement. Fini le temps ou une paire de grosses faisait une vie. J'avais une amie qui avait gardé ses chaussures de randonnée à semelles Vibram plus de 30 ans. Chaque année lorsque nous nous retrouvions dans les Alpes, elle nous montrait les réparations effectuées : semelles, crochets voire pièces en cuir. Et quand enfin, elle les a remplacées, elle nous a avoué les avoir enterrées car elle n'avait pas pu se résoudre à les jeter. Inhumer un morceau de cuben ou de silnylon n'aurait aucun sens.

@thierry,

tu touche un pount sensible.

j’ai cassé ma tirelire pour m’offrir une super tente en DFC qui allége min couchage de 500 g et je n’arrive pas à l’aimer car je ne veux pas « quitter » ma tente hilleberg.

c’est totalement irrationnel mais je constate .

@eric,

sur cette histoire d’accumulation : il faut souvent acheter le matériel pour le voir.

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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