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#1 12-08-2023 17:41:55

Clem_Ly
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[Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Une quasi-traversée de l’île de la Réunion : du 22 au 30 juillet 2023

J’ai réalisé cette traversée (ou plutôt quasi-traversée, un petit pépin de santé m’ayant obligé à m’arrêter une journée plus tôt que prévu) sur 9 jours, en partant de la Providence, à Saint-Denis, jusqu’aux abords du volcan du Piton de la Fournaise.

Mon tracé suivait majoritairement le GR R2, quelques tronçons du R3 et quelques sentiers non balisés GR.

Une fois n’est pas coutume, je commence mon récit par ma liste, tâche qui me rebute toujours un peu mais importante pour suivre sa progression et voir l’adaptation bonhomme/matériel !

CatégorieDescriptionQtéSàDSur moiConsommables
SAC A DOS
Sac à dosOsprey Levity 451830
Liner en nylofume127
857
VETEMENTS/MATERIEL SUR MOI
CasquetteD4147
Buff protection soleilBuff UPF 50+133
Sifflet avec cordeletteSOL16
Chemise manches longuesD4 Desert 9001172
Pantalon modulable (short)D4 Trek 100 - short seul (jambes dans sac)1246
Boxer merinosD4172
ChaussettesDarn Tough light hiker with cushion161
ChaussuresD4 Evadict MT21630
TéléphoneXiaomi Redmi Note 7 avec coque1224
Bâtons de randonnéeMT 9001550
Lunettes de soleilOu de vue : 24 g137
2078
VETEMENTS DANS LE SAC
Sac étanche pour vêtementsStS 8L130
Doudoune manches longues avec capucheD4 MT 100 en duvet1279
Bonnet merinosD4131
Polaire 140 g/m²D4 MH20 modèle femme1143
T-shirt merinos manches longues 200 g/m²Odlo 100% Merinos Warm - pour bivouac1215
Pantalon modulable (jambes)D4 Trek 100 - jambes1100
Boxer merinosOrtovox Competition Light M148
ChaussettesD4151
GantsD4 Forclaz151
Buff merinosBuff149
CollantD4 Running Run Warm - pour bivouac1179
Veste de pluie imper-respiranteHaglofs LIM Comp1213
Jupe de pluie3F1101
Étui à lunettes123
Lunettes de vueOu de soleil : 37 g124
1537
BIVOUAC ET COUCHAGE
Tente double-paroiX-mid 1p V11824
Tapis de solFeuille Polycree149
Matelas gonflableStS Ultralight Insulated S1453
Oreiller gonflableBig Agnes AXL Air Pillow147
Quilt -2° confortHyberg Loner Lite 4501650
Sangles quiltHyberg130
Sac étanche 20LSea to summit ultra sil150
Sardines filD4 – MT500 x81120
2223
HYDRATATION
Bouteille plastique50 cl222
Poche souple 2LEvernew 2L142
Filtre à eauKatadyn BeFree Tactical 1L187
151
CUISINE
Tupperware500 ml1100
Cuillière plastiqueD4 Quechua17
Couteau plastiqueD4 Quechua17
Sac étanche nourritureLighterHike130
144
ELECTRONIQUE - DIVERS
Lampe frontaleNitecore NU25 avec bandeau ultra léger131
Chargeur + fil153
Batterie externe 10 000 MahNitecore NU100001151
Kit réparationDuct tape + Super glue + élastiques + match matelas135
Mousqueton17
Porte-monnaieHyberg avec CB+Carte vitale+Carte identité+billets124
Ziplock 3LLidl – Poubelle19
MulesArklight163
Fourre-toutAtelier Longue Distance - XPAC129
402
HYGIENE
Ziplock 1LLidl16
Savon de Marseille130
Déodorant solideLamazuna17
Papier toilette135
Gant de toilette microfibreDIY111
Serviette micro fibreD4 Nabaji recoupée124
Brosse à dent112
DentifriceVademecum, fin de tube130
Ziplock 3LLidl – sachet pour faire la lessive19
Crème solaireD4150
Boules quiesHema15
219
PHARMACIE
Ziplock 1LLidl17
Compresse de gaze stérile1x214
Compresse de nettoyagex115
Pansementsx413
Pansements anti-ampoulesx315
Rouleau de strap120
Stéri-strips15
Dafalgan 1000 mgx417
Anti-diarrhéique1 plaquette15
Tire-tiques12
Pince à épiler18
Anti-inflammatoire dosx417
78
CONSOMMABLES
Eau11000
Nourriture4 jours12500
3500
LOISIRS
Crayon de bois12
Mots fléchés180
Livre poche1150
232
TOTAL561120783732

Explications sur certains choix opérés:

Sac à dos : Je suis repassé pour cette randonnée à mon Osprey Levity 45 au lieu de mon Superior Wilderness Movement 40L. Plusieurs considérations m’y ont amenées. La première, très pragmatique, concernait sa taille puisque je voyageais sans bagage en soute et c’était celui le plus approchant des limites imposées par les compagnies aériennes (léger dépassement en hauteur mais d’un petit cm, j’ai pris le risque). Le Movement est plus fin mais plus haut et me paraissait limite pour passer sans souci. La seconde, c’était pour une question de confort, le Levity étant doté d’un filet tendu.

Tente : Ici encore, l’absence de bagage en soute m’a conduit à partir sur ma X-mid 1P, puisque ma Tarptent Aeon Li est doté de plusieurs mâts dont le passage en cabine me paraissait risqué. De plus, la X-mid est bien plus compacte que la Aeon Li et j’avais besoin d’un peu plus de place pour quelques affaires « civiles » prises en plus pour le reste de mes vacances post-rando.

Sardines : Je n’ai pas pris mes propres sardines au cas où un agent de la douane les classifient comme objets pointus ou contondants. Un proche m’en a donc acheté sur l’île, j’ai choisi les moins chères, les MT500 au lieu du modèle plus light, n’étant pas certains de les remporter. Au final, je les ai prises au retour et elles sont passées sans aucune remarque. Leur bout n’est pas trop pointu. Elles étaient quelque peu « overkill » pour le sol réunionnais, hormis un endroit où j’ai été content de leur solidité et de pouvoir taper dessus comme un sourd.

Cuisine : Pour les mêmes raisons que citées précédemment, exit le réchaud et la cartouche de gaz, j’ai donc tenté la réhydratation à froid, que je valide pour la randonnée estivale. Je n’ai pas innové par rapport à mes précédentes sorties, le soir c’était semoule/soupe à froid, agrémenté de cacahuètes, saucisson, etc. J’ai profité de gîtes ou restaurants pour manger chaud certains soirs. Je n’ai pas pu peser le tupperware emprunté à ma famille sur place, je l’estime à la louche à une centaine de grammes.

Bâtons : MT900, empruntés sur place et non pesés, estimés à 550 grammes (poids D4)


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#2 12-08-2023 18:02:28

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 1 : De la Providence (Saint-Denis) au sommet de la Roche Ecrite – 18,3 km, 2211 m de D+, 17 m de D-

Départ matinal de la Providence à 7h00 du matin, pour entamer une première étape conséquente, puisqu’en montagne il n’y a pas de secrets, pour arriver dans les hauteurs il faut grimper ! Je suis déposé en voiture par une personne de ma famille qui me prodiguera un dernier conseil sous la forme d’un dicton créole du coin : « Qui va p’tit pas finit p’tit pas ».

Les 800 premiers mètres de la montée se font dans la fraîcheur, à l’ombre de nombreux arbres, fougères ou encore bambous, jusqu’au Brûlé. Nous sommes samedi et j’y croise quasi-exclusivement des traileurs, en grand nombre, ce qui n'est pas des plus agréable car ma progression est alors hachée.

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Montée vers le Brûlé

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Montée vers le Brûlé au milieu des bambous

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Eglise du Brûlé

La suite m’amène vers des virages en lacets asphaltés, puis heureusement dans des petits sentiers forestiers, pour atteindre Mamode Camp, qui constitue le principal parking d’accès pour les randonneurs qui vont vers la Roche Ecrite. J’y suis vers 10h et pas mal de monde s’apprête à s’élancer. Je ne m’arrête pas et poursuis mon chemin vers le gîte qui se situe à environ 2h de là. Le sentier qui y mène est boueux et je progresse avec attention puisque le vide n’est pas très loin sur certaines sections.

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Vers la plaine des Chicots

J’atteins la plaine des Chicots et le gîte vers 12h30, après une rapide pause repas dans la montée.

Le soleil matinal s’est vu progressivement remplacé par la grisaille et ce sont désormais quelques gouttes de pluie qui s’invitent dans le ciel.

J’ai déjà près de 1800 mètres de dénivelé positif dans les jambes mais encore pas mal de jus, aussi je décide d’entamer l’ascension du sommet de la Roche Ecrite non sans avoir préalablement fait un plein de 3L d’eau au robinet situé à proximité du gîte.

La Roche Ecrite est le domaine des randonneurs mais également celui du Tuit-Tuit, petit oiseau endémique de l’île. Il est malheureusement menacé de disparition à cause de la prolifération de rats, qui se nourrissent notamment des déchets organiques laissés par l’homme. En 2021, seuls 48 couples étaient recensés mais des actions de préservation sont menées en sa faveur. Espérons qu’elles portent leurs fruits.

Dans la montée vers le sommet, culminant à 2276 m, la grisaille s’intensifie, une brume s’installe avec une pluie fine qui chasse. La vue sur l’horizon est bouchée de toute part mais heureusement la visibilité est bonne sur au moins 50 à 100 mètres et le marquage est très régulier.

Arrivée en haut, j’entends des voix ! Non pas un saint ou mon esprit qui déraillerait, mais d’autres personnes décidées à bivouaquer ici, alors que je pensais être le seul par ce temps. Il est 14h30 et au vu de la météo, je décide de monter la tente sur un des rares emplacements disponibles, la terre et la roche se partageant le petit plateau sommital.

Je m’abrite à l’intérieur de ma X-mid le temps de laisser passer une bonne averse avant de faire la connaissance des deux randonneurs qui partagent mon lieu de bivouac. Ils ont choisi un tarp 3x3 qui m’a paru bien protecteur et nous passerons une très bonne soirée ensemble à discuter matériel, randonnée à la Réunion et d’un peu de tout et de rien. Ce soir, je mangerais également chaud puisque quand je leur parlerais de mon expérimentation du « cold soaking », ils m’inviteront à mixer ma semoule à leur repas du soir pour manger chaud. La pluie n’ayant pas spécialement décidé de nous donner du répit pour ce soir, j’accepte avec plaisir cette proposition ; j’ai droit à un vrai repas : oignons, ail, tomates, pommes de terre, soupe de légumes, mélange auquel s’additionne ma semoule, pour donner une tambouille roborative !

J'irai dormir vers 21h00, sentant venir la fraîcheur du soir (la nuit est déjà tombée depuis 18h30). La nuit sera quelque peu agitée puisque le vent au départ inexistant se mettra à souffler d’un peu tous les côtés pendant la nuit.

L’une de mes sardines étant mal plantée, ce qui devait arriver arriva, elle sauta pendant la nuit et mon bâton décida de la suivre, ce qui m’obligea à sortir en pleine nuit pour remettre de l’ordre dans mon installation.

Une leçon apprise : Ne pas céder à la paresse ! Pour une nuit sur un sommet, je plante normalement en plus des 4 sardines des coins de la tente deux autres pour les deux haubans situés aux extrémités, ainsi qu’une sardine sur chaque grand pan de la X-mid pour limiter l’effet « voile » en cas de grand vent. Leçon retenue désormais !

Dernière modification par Clem_Ly (12-08-2023 21:34:29)


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#3 12-08-2023 19:59:07

UG
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Inscription : 21-08-2021

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Ohh la réunion !  Je rêve d'y retourner. Alors je vais rêver un peu a travers ton récit ! Top

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#4 12-08-2023 20:16:53

Prkl
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Inscription : 05-04-2021

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Programme qui donne envie !

Question à deux francs : Si la question du bagage cabine ne s'était pas posée, serais-tu quand même partis avec ton Levity ?

(oui j'essaie de me conforter dans l'idée que je ne suis pas le seul à ne pas arriver à trouver un digne remplaçant à ce sac malgré tous ses petits défauts !  lol )

Et puis même question pour la x-mid / Aeon Li pendant qu'on y est !  big_smile

Dernière modification par Prkl (12-08-2023 20:17:48)


Liste PCT 2022

"Carry as little as possible, but choose that little with care." Earl Shaffer

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#5 12-08-2023 20:29:00

ASM
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Une végétation luxuriante qui est tout de suite très dépaysante.
Et une sacrée grosse première journée niveau D+ eek

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#6 12-08-2023 21:29:41

Clem_Ly
Membre
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Merci pour vos messages.  smile

@UG : Content que tu puisses revivre un peu ton parcours ! Nos chemins ont peut-être été similaires ?


@Prkl :
Sur la question du sac à dos, j'hésite ! Le filet tendu a vraiment été un plus, l'effort varie souvent et du côté des cirques il y a un effet montagne russe et c'est vraiment agréable d'avoir le dos qui n'est pas collé au sac.

Son principal défaut pour moi reste la forme de "banane" mais qui est inhérente à tous les sacs à filet tendu qui ne facilite pas le rangement.

Le Levity reste quand même un très bon sac et je l'ai cette fois bien mieux exploité que sur mes premières randonnées.

Pour la tente je serais parti sans hésitation avec la Aeon Li puisque même si c'est l'hiver là-bas, les conditions sont plutôt estivales, bien que j'ai eu plusieurs nuits proche de zéro voire en dessous.

@ASM :
Oui c'est vraiment dépaysant ! Et encore pour cette première journée je n'ai pas eu véritablement de vue dégagée sur les paysages de l'île, le ciel s'est rapidement bouché et la végétation est assez dense sur ce tronçon. La seule vue que j'aurais pu avoir aurait été à la Roche Ecrite mais les nuages ne se sont même pas levés à la tombée de la nuit.

Dernière modification par Clem_Ly (12-08-2023 21:31:04)


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#7 13-08-2023 07:45:02

ludof
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Salut Clem_Ly,

merci pour ce début de récit bien dépaysant !
2200 m de D+, bel échauffement pour un premier jour de rando  eek  eek

J'ai un souvenir de la Réunion en février il y a quelques années (déplacement professionnel) comme un enfer brulant, dès 8h30 du matin on se terrait à l'intérieur car dehors c'était limite insupportable. Alors certes juillet c'est l'hiver, et tu étais en altitude, mais je me suis quand même posé la question en voyant ta liste : est ce que collant + mérinos ML + polaire + doudoune + bonnet ce n'est pas un peu overkill pour ce genre de climat ? As tu tout utilisé au final ?

Ludovic

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#8 13-08-2023 08:43:58

Clem_Ly
Membre
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Hello Ludof, merci pour ton passage.  smile

Étant un peu frileux, tous les vêtements ont été utilisés oui ! big_smile

Pour la nuit ma base au coucher c'est le collant et le t-shirt merinos avec le buff merinos en tour de cou. L'article que je pourrais éventuellement supprimer ce serait le bonnet, encore que pour une soirée/nuit plus lointaine dans le récit j'étais bien content de l'avoir.

Quand le froid tombe un peu je remonte le buff sur ma tête façon cagoule et plus tard, si besoin, j'ajoute la doudoune et le bonnet voire, si extrêmement froid, la polaire.

Avec tout cela, j'ai passé des nuits confortables mais je sentais que j'étais parfois à la limite pour certaines nuits.

La journée, c'est chemise/short convertible/casquette+buff. J'ai parfois mis les jambes quand le soleil chauffait trop. Le temps que le soleil se lève, la polaire était appréciable et je pense que la supprimer pour marcher avec la doudoune aurait été un peu trop !

En général j'ai peur d'avoir froid et j'ai rarement pensé avoir pris trop de vêtements !


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#9 13-08-2023 09:18:08

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 2 : Du sommet de la Roche Ecrite à la rivière des galets, sous Dos D’Âne – 19,9 km, 353 m de D+, 2345 m de D-

Je me réveille avec les premières lueurs du jour vers 6h20. J’ai assez peu dormi et me suis surtout assoupi passé 4h du matin, une fois l’épisode venteux de la nuit passé. Si la qualité de mon sommeil n’a pas été exceptionnelle, ma nuit au sommet est récompensée au matin par un superbe point de vue sur le cirque de Salazie.

Nous en profitons avec mes deux comparses de bivouac une dizaine de minutes avant qu’un flot de randonneurs venant du gîte n’arrive pour contempler également le lever de soleil.

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Vue sur le cirque de Salazie

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Lever de soleil derrière les nuages

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Vue sur le Grand Bénare

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Vue sur l'océan - on peut distinguer Saint-Denis plus bas dans l'ombre

Plusieurs Tec-Tec (encore appelés Tarier de la Réunion) sont présents ce matin et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas farouches. Ils se distinguent du Tuit-Tuit par une robe beige sur le ventre et brune sur la tête et les ailes, avec quelques variations selon les individus. J’en croiserai régulièrement pendant ma traversée et il s’avère qu’ils ont bien compris que les randonneurs étaient des pourvoyeurs de nourriture, aussi je veille à bien remporter l’ensemble de mes restes quels qu’ils soient.

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Tec-Tec

Je décolle vers 8h00 après un petit déjeuner et un café chaud offert par mes compagnons. Je les remercie encore de leur accueil et redescend vers le gîte de la Roche Ecrite. Le soleil est de retour mais les nuages sont bien présents à l’horizon, il faut que je profite au maximum de la fenêtre de beau temps qui m’est impartie pour avancer.

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Dans la descente de la Roche Ecrite

En principe, l’hiver austral se caractérise par un temps sec et beau, avec des températures plus basses que l’été austral, mais sans commune mesure avec notre hiver métropolitain. Pour vous donner un aperçu de « l’hiver », la température oscillait entre 23 et 28° en journée et tombait entre 0° et 10° la nuit environ, selon l’altitude. Désormais, le climat est plus incertain et il n’est pas rare d’avoir des épisodes pluvieux même l’hiver. Les températures évoluent par contre assez peu.

La pluie de la nuit a bien arrosé les sols et ce qui ne constituait que de petites flaques à l’aller s’est transformé en belles mares au retour. Inévitablement, mes chaussures de trail prennent l’eau. Foutu pour foutu, je n’essaie plus d’esquiver les passages boueux et mouillés et peut avancer un peu plus rapidement.

Hier c'était une belle journée de montée qui m'attendait, aujourd'hui, c'est une sacrée descente !

Le sentier menant à Dos D’Âne relève davantage de la patinoire que du chemin de randonnée mais en progressant prudemment, j’avance sans trop déraper. Vers 10h30, les nuages commencent déjà à se lever et une fine pluie vient me rafraîchir. La balance « effort physique/précipitations » m’évite de sortir la veste de pluie sur ce tronçon.

Après deux heures de marche, je croise davantage de monde et pour cause, j’approche d’un endroit plus touristique, le point de vue du sentier de Roche Verre Bouteille. Facilement accessible en voiture et de courte durée, la balade permet au plus grand nombre d’admirer le cirque de Mafate, les crêtes d’Aurère et de Marianne et, par beau temps, le Grand Bénare qui est le 2ème plus haut sommet de l’île (2898 m) – que j’ai eu l’occasion de monter pour m’échauffer avant ma traversée. Une partie du sentier est fermé pour cause d’éboulis, ce qui n’empêche pas un certain nombre d’inconscients de braver l’interdit. Certains me prenant apparemment pour un guide touristique me demandent si malgré l’énorme panneau « fermé » le sentier est bien fermé ! roll

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Vue sur les crètes d'Aurère et de Marianne - malgré le ciel nuageux, le paysage est magnifique

Pour midi, je vise un petit restaurant au village de Dos D’Âne, ma journée d’hier m’ayant ouvert l’appétit mais déception en y arrivant, le restaurant est « exceptionnellement fermé ce jour ». Pas de chance, la pluie redouble et c’est sous un abribus que je ferais une pause repas plus austère qu’espérée, avec mon triptyque pain/saucisson/comté, ainsi qu’un peu de chocolat. Une randonneuse retraitée arrive et l’on discute de nos parcours respectifs. Sans faire la traversée de l’île, elle tente d’en faire plusieurs sections notamment dans les cirques, en itinérance mais sans sac.  Elle s’arrête pour aujourd’hui dans un gîte non loin au vu des conditions météo.

Pour ma part j’hésite un peu car la pluie n’a pas l’air de vouloir s’arrêter et j’ai une belle descente de plus de 700 m de dénivelé, assez abrupte, à parcourir d’ici la fin de journée. Je décide tout de même de poursuivre mon trajet, en prenant mon temps. Je fais le plein d'eau pour cet après-midi et ce soir au robinet situé juste avant le sentier qui serpente vers la rivière des galets en contrebas. Je dois ici encore veiller à ne pas glisser. Certains passages avec main courante ou échelles demandent plus d’attention et quelques croix discrètes rappellent le triste sort de certains randonneurs malchanceux. La pluie s’est heureusement affaiblie au cours de la descente, ce qui m’évite de trop me refroidir.

Le spot de bivouac que je visais pour ce soir n’est pas accessible, il va me falloir trouver un plan B. Une petite aire de repos est normalement ouverte aux randonneurs avec possibilité d’une restauration légère, mais aujourd’hui, elle est cadenassée et le terrain n’a pas l’air entretenu. Serait-il abandonné ?

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L'aire de repos n'a vraiment que l'air de repos !

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Une porte d'un terrain privé dans la descente de Dos d’Âne - la peinture mériterait d'être un peu retravaillée, ça ne m'a pas incité à rester dans le coin lol

En regardant ma carte, je pars du constat que je ne trouverais aucun emplacement proche en me dirigeant dès à présent vers le cirque de Mafate, il faut que je reste à proximité de la rivière des galets pour m’installer. Un ballet incessant de 4x4 fait route entre l’entrée du cirque et le reste de l’île. En moyenne, un 4x4 passe toutes les 5-10 minutes, je n’en imaginais pas autant.

Je traverse un gué et ne trouve aucun accès vers la rive, en revanche il y a plusieurs allées perpendiculaires à la voie principale et je les explore pour essayer de trouver un lieu de bivouac. Ces chemins ne sont pas cartographiés mais ils forment comme un îlet (les villages de montagne réunionnais, qui historiquement ont servis de refuges aux esclaves qui s’enfuyaient des villes côtières, les marrons) officieux. Je demande à un habitant du coin s’il est possible de s’installer dans les parages et il me répond par l'affirmative. Dans l’une des allées proches de la voie principale, je trouve un terrain bien plat, sous les arbres, qui me paraît correct à défaut de m’offrir un cadre de rêve. Même à cette distance, j’entends le grondement de la rivière et suis bien content de ne pas être plus proche de l’eau pour ce soir.

Dernière modification par Clem_Ly (14-08-2023 18:04:22)


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#10 14-08-2023 18:02:45

Clem_Ly
Membre
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 3 : De la rivière des galets à Grand Place les Hauts – 15,5 km, 1349 m de D+, 748 m de D-

La nuit a été bonne et je me lève de bonne heure vers 5h30, pour profiter au maximum du beau temps, le ciel étant davantage nuageux l'après-midi à la Réunion.

Je démarre ma journée de marche vers 7h00 du matin. Au programme, entrer dans le cirque de Mafate – celui le plus préservé de l'île et le moins accessible en véhicule motorisé – et m'y arrêter quelque part pour y passer la nuit.

Je ressens le besoin de bien recharger mes batteries physiques aujourd'hui, aussi je prévois une journée un peu plus courte, environ 6h de marche, et je téléphone dès le matin à un gîte pour tenter de passer une nuit en dur et manger un repas consistant ce soir. Je trouve assez facilement une place dans un gîte de l'îlet de Grand Place les Hauts.

Le début de la matinée consiste à passer une série de gués sur la rivière des galets. Si j'arrive à esquiver le trempage de pieds au départ, je dois me résoudre à les immerger sur certains passages et un léger "floc floc" me suivra quelques heures le temps que mes pieds sèchent.

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Passage à gué de la rivière des galets
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Entrée dans le cirque de Mafate
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Montée au frais vers Aurère
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La lumière du jour dresse un nouveau tableau des paysages réunionnais

Si la grisaille dominait ces deux derniers jours, le temps est aujourd'hui magnifique et cela me remonte le moral. Il fait frais au milieu des sentiers encaissés de Mafate, la marche y est très agréable.

J'atteins le premier îlet de mon parcours, Aurère, en milieu de matinée. J'y trouve une ambiance de village très coloré et coupé du monde, comme dans ceux qui suivront.

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Vers le "centre-ville" d'Aurère

Plutôt que de suivre la voie directe du GR R2, je bifurque vers le bassin de la Noix, sentier un peu plus technique mais tout à fait faisable, qui permet de descendre au fond d'une ravine et du cours d'eau qui y coule pour remonter ensuite sur le sentier principal menant à l'îlet à Malheur.

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En remontant du bassin de la Noix

Une belle vue m'y attend, sur une crête ou un piton que je ne saurais identifier.

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Vue dégagée depuis l'îlet à Malheur

Au détour du chemin, un mandarinier déborde d'un terrain privé avec à sa portée un fruit bien juteux, j'en ai bien besoin pour compléter mes provisions "sèches" et agrémenter mon repas de midi.

Je prends ma pause à l'îlet à Bourse en compagnie d'un couple de randonneurs qui s'arrêtera également à Grand Place tout à l'heure, mais pas au même gîte que moi.

J'en profite pour sécher sur l'herbe mes affaires (tente, quilt, veste de pluie, entre autres) car la pluie et l'absence de soleil de ces deux premiers jours ne m'en ont pas donné l'occasion jusqu'à présent.

Je poursuis ensuite ma route sur une montée un peu raide mais heureusement en lacets, pour arriver vers 14h30 au gîte réservé.

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Dans la montée avant Grand Place

Une petite famille très sympathique partagera mon dortoir pour ce soir. Avant de prendre une douche bien mérité, je prends le temps de faire le tour de l'îlet, libéré de mon sac à dos, et visite les deux gîtes/boutiques à proximité pour compléter mes provisions de midi. Les choix sont assez limités et conçus pour les randonneurs à la journée : ni semoule ou autres aliments à réchauffer, ni fromage ou saucisson, essentiellement des gâteaux et conserves non périssables.

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Promenade dans l'îlet de Grand Place - celui-ci est très étendu

Le soir, les typiques cari poulet et rougail saucisse seront de la partie pour me redonner les forces dont j'ai besoin pour continuer cette aventure.

Dernière modification par Clem_Ly (14-08-2023 18:05:53)


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#11 14-08-2023 20:36:14

ludof
Membre
Lieu : Lyon
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Merci pour cette suite, toujours aussi dépaysante pouce
Ca me rappelle quelques souvenirs de la seule rando que j'avais faite lors de mon déplacement professionnel à la Réunion ... qui m'avait mené sur le sentier de Roche Verre Bouteille  wink

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#12 15-08-2023 05:43:55

Krauser
Nomade
Lieu : Montreuil
Inscription : 04-12-2011

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Très belles photos, merci Clem ! Je ne connais pas la Reunion, mais ca donne envie.

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#13 15-08-2023 13:24:37

Eric le rouge
AnthropoMUL[ET]
Inscription : 13-04-2018

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Salut Clem. Merci pour ton récit et ce retour précis que je lis avec grand plaisir. Merci pour les petites indications culturelles qui enrichissent la découverte des jolis paysages.
C'est sûr que tu n'as pas fait dans la dentelle dès le premier jour en termes de D+ yikes (ni le second en termes de D-)

Sinon, sur ce J2 bien pluvieux, ton combo a bien fonctionné ? Tu as pu sécher vite dans les conditions réunionnaises?


Mon trombi schizo, mi-Mul mi-anthropologue, avec un sommaire de mes récits de sortie bavards et de mes articles indigestes big_smile sur la Mul

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#14 15-08-2023 15:38:31

ASM
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Inscription : 22-09-2016

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Un récit toujours très agréable à lire et bien illustré  pouce

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#15 15-08-2023 15:58:55

Clem_Ly
Membre
Inscription : 27-08-2020

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Merci pour vos commentaires !  smile

@Ludof : oui c'est un sentier assez  prisé et il faut dire que le point de vue est assez impressionnant. À mon avis tu as pu faire la "grande" boucle jusqu'au Cap Noir (il y a un passage avec des échelles), où c'est encore mieux paraît-il.

@Krauser : c'est un belle destination pour la rando, avec une grande variété de terrains entre les forêts tropicales, montagnes, terres volcaniques, etc. C'est également très "cardio", avec du dénivelé en escalier, assez cassant. Je ne peux pas comparer avec les Pyrénées où je ne suis pas encore allé, mais je trouve les sentiers des Alpes et pré-Alpes bien plus doux que ceux de la Réunion.

@Eric le rouge : oui la veste imper-respirante + la jupe de pluie est le système qui me convient le mieux et j'ai réussi à rester au sec (si ce n'est un peu de transpiration, inévitable) dans ces conditions.

En journée dès qu'il y a du soleil ça peut très vite chauffer et dans ce cas là toutes les affaires peuvent rapidement sécher.

@ASM : Merci ! À défaut de photos de grande qualité (ça reste des photos de portable), j'essaie de sélectionner les paysages qui m'ont le plus marqué.


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#16 15-08-2023 16:40:01

Clem_Ly
Membre
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 4 : De Grand Place les Hauts aux Trois Roches – 15,2 km, 1474 m de D+, 1071 m de D-

De belles lumières m'accompagnent au lever du jour. La nuit a été réparatrice et je peux rester au lit jusqu'à 7h, heure du petit déjeuner, pour un départ aux environs de 8h.

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Vue du gîte au matin

Une bonne journée de marche m'attend car je souhaite dépasser Roche Plate et bifurquer sur le GR R3 pour bivouaquer ce soir aux Trois Roches.

C'est donc sans traîner que je me mets en route d'abord vers Grand Place Cayenne puis vers la passerelle des Lataniers.

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Un piton que je n'ai su identifier

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La passerelle des Lataniers – une pancarte très rassurante prévient le randonneur de ne passer qu'à une personne à la fois

Je fais ensuite un léger crochet par l'îlet des Orangers, beaucoup plus petit que ceux précédents, puis me dirige vers La Brèche le long d'un système de canalisations alimentant en eau potable les habitants de l'île.

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Dans la ravine Grand-Mère – pourquoi ce nom ? Mystère ! Pas de vieille à l'horizon

Je redescends ensuite sur l'îlet de Roche Plate pour y déjeuner près d'un robinet qui me permet de me ravitailler pour la fin de la journée.

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Arrivée à l'îlet de Roche Plate. Pour une fois le piton du même nom est facilement reconnaissable car il est... plat.

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Végétation réunionnaise – les fleurs violettes seraient du "faux patchouli",  pour l'arbuste à feuilles rouges je cherche toujours

J'entame ici une section de montée en plein  soleil, c'est un peu rude pour reprendre après la pause méridienne !

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Une bibe – l'une des plus nombreuses araignées réunionnaises, on en croise partout. Elles lézardent sur leur toile au soleil sans bouger, mais je ne me suis jamais attardé trop longtemps !

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Sur le chemin menant aux Trois Roches

J'arrive enfin en milieu d'après-midi aux Trois Roches, suffisamment tôt pour y choisir mon emplacement. J'ai un temps hésité à me placer sur les hauteurs, sans vue particulière sur ces cascades qui plongent sur 80 mètres de vide, pour préférer un spot en surplomb du cours d'eau, un peu plus proche et me permettant de profiter des lieux cette fin de journée.

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Cascade des Trois Roches

Le ciel se fait menaçant et je monte ma tente vers 15h30. À peine dressée, une pluie légère commence à tomber et je m'y abrite pour la laisser passer. Le ciel reviendra heureusement au beau pour le reste de la journée.

Dès le coucher du soleil, c'est un concert de crapauds qui démarre aux abords de la rivière, le bruit est impressionnant ! Placé à l'écart, il n'est pas gênant et j'ai de toute manière le bruit des chutes pour me bercer cette nuit.

Dernière modification par Clem_Ly (15-08-2023 16:43:03)


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#17 16-08-2023 10:32:25

UG
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

En effet cela me rappelle des souvenirs, deux voyage ema la réunion.
Plusieurs semaines a chaque fois.

Ile magnifique, j'avais fait le tour de Mafate a pied, le volcan évidement. Et plusieurs autre rando sur 1 a 4 jours.

Seul regret, ne pas avoir pu faire le piton des neiges.

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#18 16-08-2023 20:13:03

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

UG a écrit :

#688591En effet cela me rappelle des souvenirs, deux voyage ema la réunion.
Plusieurs semaines a chaque fois.

Ile magnifique, j'avais fait le tour de Mafate a pied, le volcan évidement. Et plusieurs autre rando sur 1 a 4 jours.

Seul regret, ne pas avoir pu faire le piton des neiges.

Mafate est le lieu que j'ai préféré de ma traversée.
Le Piton des Neiges est très sympa à faire également, mais surtout pour la vue impressionnante.
Pour le Piton de la Fournaise, je n'ai pas pu entrer dans l'enclos à cause des éruptions en cours, j'imagine que ce doit être chouette là haut aussi !


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#19 16-08-2023 20:49:07

Clem_Ly
Membre
Inscription : 27-08-2020

Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 5 : Des Trois Roches à Cilaos – 22,3 km, 1601 m de D+, 1692 m de D-

La nuit n'a pas été très chaude, non pas tant du fait de la température réelle que de l'humidité ambiante, même en étant à une cinquantaine de mètres du cours d'eau. La doudoune était de rigueur aux premières heures du matin, en complément du quilt.

Je ne me lasse pas des lumières mordorées qui éclairent chaque matin les crêtes et paysages que je rencontre, avec en prime ici le bruit de l'eau à proximité.

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Bivouac des Trois Roches au matin – j'ai honteusement orienté la photo en ma faveur pour masquer un pan de la X-mid très mal monté big_smile

Plutôt que de rejoindre Marla en suivant directement le GR R3 et regagner le R2, j'emprunte le chemin des écoliers en montant vers la plaine aux Sables (à ne pas confondre avec la plaine des Sables, près du piton de la Fournaise !). Comme réveil matinal sportif, c'est plutôt pas mal : 200 m de dénivelé positif sur environ 1km, de quoi me mettre en jambes pour la suite de la journée. La plaine aux Sables est une jolie savane, qui détonne dans ces paysages de roches et de végétation luxuriante. Deux randonneuses démontent tranquillement leur tente dans un coin ; il est vrai que le spot est très sympa et me fait presque regretter mon bivouac aux Trois Roches. Ce qui est nettement moins idyllique, c'est le "doux" son d'un hélicoptère qui passe non loin. À mon sens, un fléau sonore dans le ciel réunionnais : il en passe des dizaines chaque matinée...

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La plaine aux Sables

Je poursuis ma route dans les forêts de fougère où la rosée me rafraîchit agréablement sur mon passage, jusqu'à l'intersection entre l'îlet de La Nouvelle et celui de Marla.

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Un peu de fraîcheur après la Plaine aux Sables

Je prends la direction de ce dernier car j'ai justement évité La Nouvelle pour privilégier le passage aux Trois Roches ; de plus La Nouvelle est apparemment un îlet assez "festif", moins charmant que les autres, m'a-t-on dit.

Le fait de regagner le GR R2 ici me permet également de passer par la passerelle Joset Ethève, du nom d'un grand bâtisseur de l'île, et sa jolie cascade.

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Passerelle Ethève

Je rejoins ensuite Marla où à défaut d'un deuxième petit-déjeuner complet, j'y avale une viennoiserie pour monter au col du Taïbit, situé à 2030 m d'altitude, montée soit-disant assez rude.

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Malheureusement pas possible à Marla ce matin !

L'ascension présente certes du dénivelé mais les nombreux virages la facilitent grandement, si bien que je devance largement les indications du panneau annonçant 1h30 de montée ; 45 minutes pour moi sans me presser. Le constat est partagé par d'autres randonneurs !

Le point de vue depuis le col est superbe. D'un côté à l'est, le cirque de Cilaos et la ville du même nom, de l'autre au nord-ouest Marla et le cirque de Mafate. Une réunionnaise prend gentiment le temps de me situer les différents pitons que nous voyons. Elle me rassure un peu, au bout de 30 ans, il lui arrive encore de se tromper.

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Cilaos depuis le col du Taïbit

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Vue arrière vers Mafate

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J'entame ensuite la longue descente vers Cilaos. Le chemin est facile mais le ressenti en terme de durée est interminable ! La montée du Taïbit dans ce sens doit être une autre paire de manches que celle par Marla.

Je descends d'abord 500 mètres de dénivelé jusqu'à l'îlet des Salazes, très mignon, avec un stand tenu par une association où il est possible d'acheter de quoi boire et manger. Dans l'îlet, une belle aire de bivouac donnant sur Cilaos me donnerait presque envie de m'arrêter, mais il n'est que 13h !

Je poursuis donc ma descente vers Cilaos en prenant l'itinéraire le plus long, qui passe par la cascade de Bras Rouge.

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La cascade de Bras Rouge, qui jaillit de la falaise

Depuis le sentier, j'aperçois Cilaos au loin avant qu'elle ne se dérobe à mon regard et ce à de nombreuses reprises. Parfois à ma droite, parfois au dessus de moi. La ville paraît si loin ! Et c'est vraiment le cas. roll

Le chemin me fait monter, descendre puis remonter jusqu'à un parking le long d'une départementale. Il me faut encore la longer avant de descendre à nouveau jusqu'aux anciens thermes de Cilaos pour enfin remonter au centre-ville !

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L'église de Cilaos – la grisaille gagne et une fine pluie tombera ce soir

Le plan pour ce soir, c'est de bivouaquer à 15 minutes de là, sur les hauteurs de la ville, dans un lieu appelé le plateau de Chênes, pour retourner demain matin à Cilaos me ravitailler, mon stock de nourriture arrivant sur la fin.

Une fois au dit plateau, une légère déception. Le lieu est encore un peu trop "urbain" à mon goût : grand parking aménagé avec kiosques, barbecues, tables de pique-nique. Ces lieux sont très prisés des réunionnais qui y organisent de grands repas entre amis ou en famille le week-end, surtout l'été.

Actuellement le lieu est plutôt vide mais j'entends pas mal de bruit au dessus, non loin, avec des pétarades, puis je vois la gendarmerie tourner et m'interroge sur un éventuel risque de me faire déloger des lieux plus tard dans la journée une fois la tente plantée.

Je me pose pour réfléchir et mon instinct me pousse à chercher une autre solution pour ce soir. Objectivement rien ne justifiait véritablement de bouger, mais je trouve toujours important de s'écouter quand on ne le sent pas.

J'appelle donc un camping de Cilaos (le seul d'ailleurs), pour y réserver un emplacement pour cette nuit, et c'est parti pour 30 minutes de marche dans Cilaos. En fait de camping, une particulière a réalisé dans son jardin un bloc sanitaire et une cuisine, un auvent avec tables et chaises, c'est vraiment tout confort. J'ai accès à une douche chaude, de l'électricité et du gaz pour une somme assez modique.

Je rencontre sur les lieux Yann et Élodie, un couple de quinquagénaires marcheurs avec qui j'ai bien sympathisé, qui se montrera assez intrigué par ma X-mid. Je leur prêche la bonne parole et les renvoie vers Randonner-Léger après leur avoir présenté ma tente et mon quilt ! tongue

De leur côté, ils me font goûter un délicieux cake artisanal local que je me promets d'acheter demain matin si la boutique est ouverte.

À la nuit tombée, deux randonneuses nous rejoindront et il s'avère que ce sont les mêmes que j'ai croisé ce matin à la plaine aux Sables.

Nous passons tous ensemble une agréable soirée avant d'aller nous coucher vers 21h.

Édit : ajout photo

Dernière modification par Clem_Ly (17-08-2023 17:02:55)


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#20 17-08-2023 17:02:10

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 6 : de Cilaos au sommet du Piton des Neiges – 13,3 km, 2074 m de D+, 184 m de D-

La nuit a été plutôt bonne si ce n’est le passage improbable d’un camion (un camion-poubelle semblerait-il, selon mes colocataires) vers 2h du matin et sa sirène de recul stridente. Il faut également savoir que la grasse matinée est rarement possible à la Réunion : outre la lumière du jour qui se lève tôt, c’est bien souvent un coq ou un autre animal de basse-cour qui se chargera de vous réveiller, et cela commence parfois bien avant l’aurore, aux alentours de 4h du matin.

Je quitte le camping vers 8h pour rejoindre le centre de Cilaos et me ravitailler, d’abord à la boulangerie pour prendre un nouveau pain, sans oublier un café et une viennoiserie pour compléter mon petit-déjeuner de flocons d’avoine déjà avalé ce matin. J’enchaîne avec la boutique « Chez Rosine » et prend le cake à la banane goûté hier. Sans œuf et sans beurre, il n’en demeure pas moins délicieux. Je termine par un passage obligé au supermarché pour compléter mes rations avec un muesli, de la semoule, une boîte de sardine et une de pâté, et voilà mon sac qui « s’empâte » d’environ 1,5 kg de nourriture !

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Une publicité pour la fameuse bière locale, la Bourbon, plus connue sous le nom de La Dodo

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Vers le centre de Cilaos

L’objectif du jour est de monter au Piton des Neiges et si les conditions sont favorables, ce qui semblerait être le cas en consultant la météo, d’y bivouaquer.

Je me dirige à nouveau vers le plateau des Chênes, plutôt calme, et en allant contempler le point de vue sur Cilaos, j’entame une discussion avec une famille attablée à une table de camping, devant un van aménagé. Ce type de véhicule m’intrigue toujours par l’ingéniosité déployé pour y caser l’essentiel d’une petite maison portative. Ils me précisent qu’ils ne l’ont pas aménagé eux-mêmes mais qu’ils le louent à la semaine pour faire le tour de l’île. Je leur demande s’ils ont passé une nuit correcte au vu des bruits entendus la veille et j’ai droit à l’explication du raffut entendu : des militaires s’entraînaient et faisaient du feu plus haut vers la Roche Merveilleuse ; ils ne s’y sont d’ailleurs pas arrêtés pour cette raison.

Je fais une pause à la Roche Merveilleuse (une pierre dont le fait de la toucher favoriserait la fertilité, selon la légende) pour faire le plein d’eau, soit près de 4 litres, pour me tenir aujourd’hui ce soir et le début de la journée de demain, puisqu’aucun point d’eau ne sera disponible jusqu’au Piton des Neiges et un certain temps après.

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Cilaos vue de la Roche Merveilleuse

D’ici, il faut emprunter le Bloc pour rejoindre le Piton. « L’escalier » serait plutôt approprié car la montée se fait en zigzag sur 1120 m de dénivelé positif, et deux bonnes heures de marche. J’y croise au passage une troupe de militaires qui descend en une ligne bien ordonnée à n’en plus finir, armée jusqu’aux dents (fusils en tous genres, ce qui semblerait être des lance-roquettes et lance-grenades, mais je ne suis pas spécialiste…) et sacs militaires sur le dos, le tout sans bâtons de marche évidemment. Sacré exploit, mais que je ne m’infligerais pas pour rien au monde.

La priorité à la montée est scrupuleusement respectée chez eux, même si au vu de leur attirail, j’en laisse régulièrement passer, et ce d’autant plus que le sentier est assez étroit.

J’atteins la croisée du chemin entre le sommet du bloc et le coteau Kerveguen, à 2500 mètres d’altitude et y prend ma pause de midi, entre soleil et nuages.

Je descends vers le refuge de la caverne Dufour et la grotte de la caverne, sans m’y arrêter. La grotte est particulièrement sale, jonchée de papier toilette, c’est vraiment lamentable. Les sentiers ne sont pas en reste, du papier traînant sur les bords des sentiers, parfois à peine masqué.

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Le refuge de la caverne Dufour dans les nuages

Je grimpe donc vers le sommet, et plus je monte, plus le ciel bleu se révèle… c’est beau ! La montée de près de 600 mètres de dénivelé se mérite, surtout en ayant déjà pas loin de 1400 mètres dans les pattes. Je suis vraiment heureux d’être là-haut et d’avoir accompli cette montée aujourd’hui.

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Vue sur la couche nuageuse en cours d'ascension

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Au sommet du Piton des Neiges

Vers 16h00, je décide d’installer ma tente car elle est encore bien humide de la pluie et de la condensation de la nuit précédente et je soupçonne qu'ici le montage me prendra bien plus de temps que d'habitude. Après plusieurs essais infructueux dans deux cercles de pierres, j’en trouve finalement un adapté à la X-mid. En effet, elle est vraiment très grande et j’ai du mal à lui trouver un emplacement qui lui convienne. S’ajoute à cela l’absence de semi-auto portance, qui m’oblige à être rapide et précis au cours du montage pour éviter qu’elle ne s’écroule sous l’effet du vent. Les sardines MT500 s’avèrent salvatrices : leur poids (15 g l’unité) et leur solidité sont des avantages, je peux taper dessus pour les faire rentrer dans le sol – de la terre volcanique – mais même comme ça elles ont du mal à le pénétrer et je dois sécuriser les haubans avec des pierres. L’un des haubans des extrémités finit même enroulé dans l’une des roches du cercle de pierres par manque de place. Bilan : 45 minutes d’installation, peut mieux faire !

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La X-mid enfin montée, ça n'a pas été une partie de plaisir

Ce sera mon premier bivouac aussi haut, à 3070 m d’altitude, et je ressens un mélange d’excitation et de légère inquiétude si le vent se levait fortement cette nuit, car la X-mid n’est que moyennement taillée pour résister à de mauvaises conditions météorologiques.

Avant le coucher du soleil, deux couples de bivouaqueurs me rejoindront et nous ne serons donc que cinq ce soir.

Le vent est bien présent en cette fin de journée et j’empile quasiment toutes mes couches : t-shirt merinos 200 g/m², doudoune, veste imper-respirante pour le haut, buff merinos et bonnet pour la tête, collant et chaussettes pour le bas. Les jambes sont ici le point faible de mes vêtements et là où j’ai le plus froid, mais ça me paraît normal puisque je n'ai que le collant sur moi. Ne reste que la polaire que je n’ai pas (encore) revêtue.

Le coucher de soleil est vraiment magnifique et éclaire la ouate nuageuse qui dessine les contours des sommets alentours.

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Un superbe coucher de soleil

Une fois celui-ci descendu derrière les nuages, il commence à faire bien froid et je me presse de retourner dans ma tente pour y dormir et me reposer, dans l’attente maintenant du lever du soleil, des souvenirs plein les yeux.

Dernière modification par Clem_Ly (17-08-2023 21:31:27)


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#21 17-08-2023 19:20:58

ludof
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Lieu : Lyon
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Wow, quel bivouac de rêve cool

Je n’ai jamais eu à monter la Xmid dans ce genre d’environnement, mais de ce que j’ai pu voir sur les forums, le mieux quand on a beaucoup de pierres et des difficultés à planter les sardines c’est la méthode « Little Rock / big rock » qui est conseillée : positionner une petite pierre en lieu et place de la sardine, et mettre des grosses pierres par dessus pour que ça ne bouge pas.

Dans tous les cas c’est clairement pas simple, surtout avec la Xmid qui nécessite un positionnement précis des quatre coins.

Dernière modification par ludof (17-08-2023 19:41:13)

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#22 17-08-2023 21:18:27

Cabrette
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Bravo Clem_Ly pour ta forme, le récit très détaillé, les magnifiques photos et le partage de tes expériences de bivouac !
Le piton des Neiges fait rêver ! Dommage que tu n'aies pas pu aller dans la caldéra du piton de la Fournaise, ce sera pour une autre fois peut-être, en même temps s'il y avait des éruptions, ça doit être incroyable !
Nous allons avoir la chance d'y aller fin octobre, et pense m'inspirer de ton trajet (notre déménagement laisse peu de temps de préparation des itinéraires), même si je ne ferai probablement pas plus de 2000 m de D+ la première journée !!! big_smile

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#23 17-08-2023 21:28:26

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

@ludof : oui effectivement j'y avais pensé en plan B si vraiment les sardines ne rentraient pas. C'est d'ailleurs ce que j'ai fini par faire sur l'un des deux haubans latéraux que j'ai "incrusté" dans le muret de pierres avec un caillou.

Un sujet du Forum que je me garde sous le coude et qui est intéressant : Peut-on se passer de sardines ?

@Cabrette, merci pour ton message, j'espère que mon récit te sera utile !  smile  et n'hésite pas à m'écrire en message privé si tu veux des précisions ou mes traces gpx.

Pour le Piton de la Fournaise ça sera une autre fois pour moi en effet ! En plus l'actuelle éruption n'était pas si impressionnante que ça d'après les gens du coin. Je suis arrivé quand c'était quasiment terminé, mais pour des raisons de sécurité ils conservent les abords fermés un certain temps.

Tu devrais avoir l'occasion de monter là-haut en octobre en tout cas je te le souhaite ! Il paraît que c'est la meilleure période, un peu avant l'été austral.

Dernière modification par Clem_Ly (17-08-2023 21:29:52)


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#24 17-08-2023 21:51:33

ludof
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Merci pour le sujet sur comment se passer de sardines, très intéressant effectivement pouce

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#25 18-08-2023 16:18:37

Clem_Ly
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Re : [Récit + liste] Une quasi-traversée de la Réunion - juillet 2023

Jour 7 : du sommet du Piton des Neiges aux abords du gîte de Belouve – 12,6 km, 115 m de D+, 1593 m de D-

Dire que j’ai eu chaud cette nuit serait mentir, j’ai plutôt limité la sensation d’inconfort dirais-je. La nuit était annoncée à -3° au sommet avec un ressenti de -7°.

Les conditions ont été idéales puisque le vent n'a presque pas soufflé ou bien a été cassé par le cercle ou j'étais installé.

Pour me donner un maximum de calories à brûler en prévision de cette nuit froide, je m’étais servi un plat bien costaud, double ration de semoule avec des sardines « Robert » à l’huile piquante, agrémentée de cacahuètes grillées. Le mélange est quelque peu surprenant mais ce n’est pas mauvais. Évidemment je me dis ça pour quasiment l’ensemble des plats improvisés que je réalise en rando et auquel je ne songerais jamais un instant chez moi.

Assez rapidement, vers 19h, j’ai déjà besoin d’ajouter ma doudoune en complément du quilt censé être -2° confort, lui-même bien sanglé autour du matelas. Vers 4 ou 5h du matin, je rajoute même la polaire, chose que je n’ai quasiment jamais à faire, ce qui achève de me transformer en un Bibendum enroulé dans un wrap de duvet.

Dans la nuit, j’ai l’impression de sentir un très léger froid venant du sol et je me demande si je n’atteins pas ici la limite de température de mon matelas (R-Value 3.1), mais peut-être est-ce juste l’effet de la fatigue.

La température a dû rester légèrement positive dans ma tente grâce à la protection du cercle de pierres et d’ailleurs celle-ci ne présente aucune trace de givre. En revanche dehors, il y en a des plaques à différents endroits du sommet, de même que dans la descente.

A partir de 4h30/5h du matin, les premiers marcheurs venant du refuge de la caverne Dufour commencent à arriver.

C’est un petit florilège de la société humaine :

Les discrets : Ils chuchotent leur émerveillement.
Les expansifs : « Wouhooou !! »
Les beaufs se croyant drôles : « Allez dans la tente, faut se lever ! »

Pour ma part j’attends sagement les coups de 6h avant d’émerger du quilt pour prendre tranquillement mon petit déjeuner puis de sortir de la tente. Dehors, les loupiotes des lampes frontales forment une jolie chaîne lumineuse jusqu’en bas.

Je m’attendais à ce qu’il y ait du monde, mais sans me figurer exactement ce que ça donnerait sur place. Le refuge comporte 48 places (complet 1 mois à l’avance à peu près), auxquelles s’ajoutent les courageux qui démarrent du Bloc leur ascension nocturne.

C’est donc la foule en haut, mais heureusement le sommet est plutôt vaste et l’on n’est pas trop les uns sur les autres.

L’avantage du quilt, c’est que je peux m’enrouler dedans en attendant dehors le lever de soleil (en faisant attention à ne pas le frotter sur les rochers, tissu léger oblige).

Le lever de soleil est beau, mais j’en deviens presque difficile, j’ai préféré le coucher de la veille ! Sans la présence de nuages, j’ai ensuite droit à une vue à 360° sur toute l’île.

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Lever de soleil

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Vue sur le cirque de Cilaos

Je quitte les lieux à 8h du matin pour redescendre vers le refuge puis je choisis de partir sur le GR R3 au lieu du R2 pour me rendre dans la forêt de Belouve dont on m’a vanté la beauté, plutôt que de me diriger directement vers Bourg-Murat.

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Dans la descente du Piton - vue sur le refuge et sur la crête menant au coteau Kervéguen

Le début de la matinée se fait sur un sentier correct, mais avec beaucoup de pierres qui roulent auxquelles il faut faire attention. La suite me plaît nettement moins puisqu’au bout d’une heure de marche, j’ai affaire à un sentier boueux, ou plutôt (en exagérant certes un peu) de la boue avec la présence sporadique d’un sentier. A certains endroits, de belles planches permettent de franchir de grandes étendues fangeuses mais, la plupart du temps, je m’applique un bain de boue liquide régulier sur mes pieds (chaussés). Curieusement je ne ressens pas la sensation d’apaisement et de bien-être que je pourrais attendre d’un tel « soin ».

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Planche(s) de salut. Elles sont appréciées mais peu nombreuses.

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Dans la "jungle" réunionnaise

J’arrive en début d’après-midi sur un petit plateau avec un kiosque, donnant sur le cirque de Salazie et la ville d’Hell-Bourg, hélas presque invisibles sous les nuages. J’ai repéré un robinet au niveau du gîte de Belouve et je vais donc y faire le plein d’eau ; j’ai plutôt bien estimé mes besoins hier car il me reste à peu près 25 cl d’eau au moment de me ravitailler.

Il est 13h, c’est un peu tôt pour s’arrêter, mais rejoindre aujourd’hui Bourg-Murat me paraît délicat, il y a encore 22 km à parcourir et environ 500 m de dénivelé à la fois en positif et en négatif, dans un sentier qui s’annonce aussi boueux que celui précédemment parcouru, et sans plat bien identifié où bivouaquer entre deux.

Je remonte donc au kiosque à 15 minutes de là pour me poser pour le reste de l’après-midi, c’est une petite journée mais ce n’est pas plus mal pour récupérer de l’ascension du piton. Le soleil reviendra en fin de journée, se découvrant parfois devant un voile nuageux persistant.

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Mer de nuages vue de mon lieu de bivouac

Dernière modification par Clem_Ly (19-08-2023 19:45:04)


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