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#1 15-09-2008 23:05:54

snop
Marcheur vertébré invétéré
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7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Coucou à tous !

De retour des Pyrénées, donc, après 7 jours passés dans le magnifique secteur du Néouvielle, du dimanche 7 au samedi 13 septembre inclus.
La route pour arriver se fera presque sous la pluie tout du long. Parti le vendredi soir de Haute Savoie, et arrivé le samedi, en fin d'après-midi, tranquillement.
Il faut aussi avouer que je suis passé faire un petit détour par Revel (je n'étais pas à 20km près…) et du coup, début octobre, je devrais recevoir un gros colis avec dedans un Petit Astazou 600…  ) Oui, j'ai craqué finalement ! ! ! ! Au passage, très sympa Louis ! Juste un regret donc de ne pas pouvoir tester le sac de couchage pendant cette virée de 7 jours. Il arrivera en octobre : diantre, fichtre, idéal pour l'arrivée de l'hiver tout de même, et de quoi encore se faire des belles sorties !

La Vallée d'Aure, je la découvre en voiture, sous la pluie et les nuages, ce n'est pas très engageant. Mais le beau temps est annoncé pour le dimanche. Chouette !
Le samedi, à Orédon, le parking est vide, le temps est assez sinistre. La gentille demoiselle qui travaille à l'accueil s'ennuie comme un rat mort. On discute un moment pour passer le temps.

Comme les mots ne suffiront pas à décrire cet endroit merveilleux qu'est le Massif du Néouvielle, je vais tâcher d'y ajouter quelques photos. Voici le récit du périple (en quelques mots…).

Jour 1 : dimanche 7 septembre
Lac d'Orédon - Pic de Néouvielle - Brèche de Chaussenque - Lac Det Mail

Départ depuis le Lac d'Orédon à 9h du mat pétante. Je choisis de ne pas suivre le GR10 mais de passer par les Laquettes, il paraît que c'est zoli !
Comme je n'ai pu me procurer la carte IGN du coin que très tardivement (le mercredi avant mon départ), je n'ai pas eu bien le temps de tout planifier, et cela a été très bénéfique : je suis parti avec une vague idée en tête du circuit que j'envisageais, et puis j'ai décidé d'aviser sur place, presque au jour le jour, suivant les endroit « où ça passe » et « où ça passe pas ». Pas de lieux de bivouacs prédéfinis, pas d'étapes délimitées. Mes jambes me porteraient là ou elles voudraient bien m'emmener.
Donc, les Laquettes, c'est super chouette, très bucolique. Je me dis en moi-même que ça commençait rudement bien, et que si ce n'était pas une réserve où le bivouac est interdit, je me serais bien laissé tenté par un plantage de tarp dans le coin…et je ne serai pas allé plus loin ! Mais bon, j'ai décidé d'être sérieux et sage pour cette fois…

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Aux Laquettes

Après 1h30 de marche, soit le temps exact noté sur les panneaux (mais après avoir fait 10 000 pauses photos et m'être extasié comme un benêt devant les Laquettes), j'arrive au barrage du lac d'Aubert. Je traverse le barrage, et arrive au pied d'une grande pente. Voilà, c'est là que les choses un peu plus sérieuses commencent : sur la carte IGN, plus de chemin noté, c'est cool, juste un itinéraire de ski de rando.
Je m'engage dans la pente, et commence à monter. Le sac à dos n'est pas encore complètement Mul (surtout le sac à dos en fait !) et je parts avec 3 litres d'eau, presque 5kg de miam pour 7 jours (21 repas), au total, j'ai donc 15,5kg sur le dos. Le sac se fait un peu sentir dans la montée, rien d'affolant. C'est vrai que même si j'ai la chance d'habiter dans une région de montagne et de faire de la rando très souvent (une fois pas semaine si possible), je ne parts pas tous les jours pour 7 jours d'autonomie compète.
Le petit chemin contourne la Crête de Barris d'Aubert, et s'engage dans un immense éboulis de rochers plus gros les uns que les autres. Je tombe sur un jeune couple, et on commence à faire la route ensemble. Il n'ont qu'une carte au 1/50 000, et le chemin est quasi inexistant, il faut se fier au cairn, qui ne sont pas toujours très visibles. La montée est lente au milieu de ce dédale de rochers, il faut lever la tête presque à chaque pas pour suivre les cairns, pas toujors très évidents. Ma carte IGN ne donne qu'une vague idée de l'endroit où il convient de passer. Le mieux est de se fier directement au terrain, c'est encore ça le plus fiable. On y va au felling.

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Dans la montée au Pic de Néouvielle : Aumar, Aubert et les Laquettes

On arrive vers 2600m-2700m, on a la Brèche de Chaussenque en visu. Ok, cette après-midi, il faudra s'engager par là…En attendant, il reste encore environ 500m de D+ pour atteindre le sommet du Pic de Néouvielle. Le vent est bien présent. Le coupe-vent Magic Anorak de Camp fait merveille (je ne m'en sépare plus jamais en fait, il est toujours dans mon sac…97grammes).
La montée est assez pénible au milieu des rochers. J'ai le sentiment de ne pas avancer, il est presque 14h et je n'ai pas vu le temps passer, pourtant, il me reste encore 200m de D+ avant le sommet. Sauf que j'ai faim, et que mon estomac est prioritaire. Je fait une pause pic-nic sur un gros cailloux à peu près plat (ça tombe bien, des cailloux, y'a que ça). Même les pins à crochets refusent de s'installer ici, c'est pour dire !).
Je repars un peu avant 15h, bien plus en forme et avale les 200m restant en une foulée. Je croise un gros groupe de sexagénaire (pour les plus jeunes…) qui redescend du sommet. Ils ont tous une sacrée pêche, ça fait plaisir à voir.
Il y a pas mal de vent au sommet. 2 gars arrivent côté « Les 3 Conseillers », en escalade. 3091, ce sera le point culminant de mon circuit.

La descente est moins pénible que je ne pensais. Je croise le groupe de sexagénaire, toujours aussi sympas, et vers la côte 2700, je coupe et suis la ligne de pente pour ne pas perdre trop de dénivelé par rapport à la Brèche de Chaussenque (2790m). J'aperçois le jeune couple du matin, déjà dans la Brèche. On se retrouve au sommet. Philippe me propose de descendre ensemble. Sa copine, Laurence, est, comme il l'appelle, une vraie chèvre en descente. C'est vrai, on n'arrive pas à la suivre ! Un vrai cabri. Pourtant, la descente est assez pénible au milieu de rochers plus gros les uns que les autres, sans le moindre cairn, sans la moindre trace. On s'engage, on tire sur la droite, côté Crête d'Espade, ça descend fort. Philippe pense en être sorti « dans peu de temps ». Je le ramène à la réalité : « dans une bonne heure, on y sera encore en plein milieu ! » On prend comme ligne de mire le lac Vert et le lac Det Mail. La journée avance, 15h, 16h, 17h…On est tous encore bien en forme quand on atteint enfin quelques morceaux d'herbe verte, mais aussi très soulagés que cet éboulis interminable soit derrière nous. On pousse tous un gros « ouf » de soulagement. Ca se sent dans les jambes quand même, et pourtant, ce n'est que de la descente (j'ai déjà dit que je n'aimais pas descendre ?). Ils étaient tous les deux en trail, et m'avouent regretter de ne pas avoir pris leurs montantes. Pour ma part, je leur avoue bien volontiers que si j'avais fait ça en trail; je me serais tué une bonne dizaine de fois.

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Vue Depuis la Brèche de Chaussenque. Au fond un peu à gauche, le lac Det Mail

On continue à avancer, je commence pour ma part à rechercher un petit coin sympa pour le bivouac. Laurence et Philippe dorment au refuge de la Glère, on se quitte juste au dessus du Lac de la Mourelle, et on se souhaite bonne route.
Le vallon ne me plait pas trop pour le bivouac où je risque de perdre trop rapidement le soleil. Je tourne un peu, et finalement je m'avance encore un peu, et tombe en arrêt sur le lac Det Mail…et j'aperçois alors mon petit coin de paradis pour la nuit : une petite presqu'île, accessible par quelques cailloux, qui me fait planter la tarp au milieu du lac ou presque….comme sur une île. C'est vraiment chouette et idyllique le coin. Il est 18h30. Ce sera un bivouac paradisiaque.

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Bivouac paradisiaque sur une presqu'île au lac Det Mail (la tarp est centre de l'île sur la photo, on y accède par un étroit passage que l'on distingue complètement à gauche sur la photo)

Ca fera 9h30 de marche pour aujourd'hui, j'ai ma dose pour la journée ! Une bonne nuit s'impose.


Jour 2 : lundi 8 septembre
Lac Det Mail - Aygues Cluses

La nuit a été un peu venteuse, 7°C, donc certainement un peu moins avec l'effet éolien. Une sardine s'est déracinée et m'a obligé à une remise en place de la tarp dans la nuit, rien de grave, rien n'est abimé, juste un bâton qui est tombé. J'ai été un peu trop confiant sur le montage, et j'aurais dû sécuriser la sardine avec un gros caillou (une des 2 sardines principales en plus).
Le coin était vraiment super, je le quitte à regrets.
Départ 9h30 ce matin là, pas pressé. L'idée aujourd'hui est de passer la hourquette de Mounicot (2547m), pour passer dans l'autre vallon. Il n'y a pas d'itinéraire, je monte en face du lac Det Mail, en hors piste, passe à côté de quelques mares, passe à côté d'une petite dépression, remontre une cheminée herbeuse bien pentue mais facile (pas d'escalade). Derrière, je tombe sur une grand dépression que je contourne par la droite, en redescendant légèrement, d'où j'aperçois le col. (50 mètres sous le col, je retrouve d'ailleurs une trace et un petit balisage jaune, qui arrive sur ma gauche, depuis le Lac de la Mourelle).Depuis le col, la vue est superbe sur les lacs Estagnol et Nére, et dans le fond, celui de Dets Coubous.

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A la hourquette de Mounicot, panorama sur les lac Estagnol, Néré et Det Coubous au fond

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Le Lac Blanc

Encore une fois, le panorama vaut le coup d'œil.
Je flâne paisiblement, je ne suis pas pressé. Je déambule calmement dans cette vaste « plaine » d'altitude.

J'avance jusqu'au lac Néré sur un petit chemin très agréable et me paye le luxe d'une petite baignade jusqu'à la taille dans le lac (elle est quand même pas bien chaude, et il me manque un peu de soleil et de courage pour aller plus loin). Dommage, mais c'étais cool ! Hop, une toilette de faite ! J'en profite pour laver une paire de chaussette et un slip, il sècheront dans la journée.

Je continue en direction de plusieurs lac, chacun ayant sont charme : le lac Blanc, de la Jonchère, et enfin le lac Det Coubous et son barrage. La cabane du même non, censée être une cabane pour randonneur, est en fait devenue une cabane à ordures, c'est une honte. J'envisageais de passer la nuit dans les parages, mais finalement, le coin ne m'attire pas plus que ça. Vive la rando légère…le sac à dos est moins chargé qu'hier (moins d'eau, un peu moins de bouffe déjà…) et donc je redescends en direction du Pontou, et reprends le GR10 en remontant en direction d'Aygues-Cluses. Et puis il est encore tôt, j'ai le temps ! Le petit chemin dans le Vallon de la Pègue qui remontre jusqu'à la cabane d'Aygues-Cluses serpente entre les pins, à côté d'un ruisseau, quelques replats sont colonisés par des chevaux. Dans la foulée, je m'aperçois que j'ai loupé la cabane de la Pègue ! Je ne l'ai pas vue. Le destin m'y ramènera… Le coin est encore une fois un plaisir pour les yeux, et du coup, je marche tranquillement, sans me presser, pour profiter.. J'atteins Aygues-Cluses, il est 17h30, je plante la tarp pas très loin de la cabane. Un allemand y est installé. Pas de chance, mon allemand est assez rudimentaire (à l'époque, étudiant, j'ai fait anglais et espagnol…) et lui parle très peu le français. Enfin, on arrive à se comprendre malgré tout. Cela faisait déjà une paye qu'il était parti. Il arrivait de Luz Saint Sauveur (le samedi), et il lui restait encore 40 jours de marche pour faire le GR10… Lorsque que je le vis partir vers 7h30 le lendemain matin, je me suis dis que la randonnée légère ne devait pas lui être étrangère, son sac était vraiment peu volumineux.
Nuit sympathique sous la tarp montée cette fois ci en demi tipi semi ouvert. Il n'y a pas de vent (du moins il n'y en avait plus à la fin du montage), c'est plus clément ce soir.

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Tarp plantée vers la cabane d'Aygues Cluses

Environ 6h de marche ce jour.

Jour 3 : mardi 9 septembre
Aygues-Cluses - Crête du Pain de Sucre

Je flâne, je flâne, et ce n'est que vers 10h du mat que je suis enfin paré à partir. Le temps est assez indécis, comme moi : va-t-il pleuvoir ? La météo annonce quelques averses isolées.

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Lacs d'Agalops, de Coueyla Gran et la petite cabane d'Aygues-Cluses sur la droite

Je parts en direction du lac d'Agalops (2196m), et monte au Pas de la Crabe (2477) par un itinéraire peu marqué. Quelques cairns de-ci de-là. Le ciel est assez couvert. Il fait un peu de vent.
Au Pas de la Crabe, je bascule sur le lac de Porteilh, et je manque de vomir en voyant les saignées des pistes de ski et des télésièges. Quelques gouttes m'accueillent dans la fin de la descente, même pas assez pour laisser des gouttes sur le Dri Duck version 2XL qui me couvre en même temps que le sac à dos. Malheureusement, je ne peux pas la fermer sur le devant (c'est la sac ou le bonhomme qui doit encore être un peu trop gros donc)
Je mange vers la petite cabane du télésiège des Quatre Termes, faute de mieux. Quelques gouttes de pluie encore, mais vraiment en très faible quantité.
L'après-midi (du moins le début) ne sera vraiment pas terrible question panorama, mais sera heureusement rattrapée par la fin de journée. Je descends une large piste de ski, pas le choix, jusqu'à la côte 1792m, car il semblerait que les 2 pistes qui partent à droite, bien plus hautes, n'existent plus (cela aurait permis d'éviter de perdre 200 à 300 mètres de déniv). Pas grave, j'ai le temps.
Je me dirige ensuite vers le Pain de Sucre et envisage la montée à Hourquette Médette. La montée est bien franche pour la fin de journée, les courbes de niveau rivalisent à qui mieux mieux pour être le plus proche les unes des autres. J'arrive à 2260m, dans une pente très marquée, soit une trentaine de mètres sous le Col. La pente est tellement forte que les mains peuvent toucher facilement le sol sans se baisser.
2260m donc et la petite crête sur ma droite m'intrigue (celle qui monte au Pain de Sucre), je ne saurais dire pourquoi…je coupe dans la pente, en essayant de ne pas perdre d'altitude afin de rejoindre cette crête. Il faut faire un peu gaffe, la pente est marquée, et il n'y a pas de chemin d'accès.
Je me retrouve alors à cheval sur une crête, entre deux immenses « cirques » rocheux. Il est 16h30. Un coin d'herbe attire alors mon attention. Mon sang ne fait qu'un tour : et pourquoi pas planter la tarp ici !
Le coin est assez peu ordinaire, assez original, et sur la crête, c'est le seul et unique endroit possible pour dormir en sécurité. Certes, ce n'est pas totalement plat, mais je fais quelques concessions vu l'endroit.

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Un petit coin pas très fréquenté pour dormir...Je crois que personne ne viendra me déranger pendant la nuit !

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Le bivouac vu de la crête côté Pain de Sucre. En face, un peu à  gauche, la trace marron, très pentue, qui mène à hourquete Médette

Je plante la tarp, abritée par un gros rocher. Je pars aussi à la chasse aux gros cailloux, même si la météo n'annonce pas de vent, il existe un petit risque d'en avoir, vu l'endroit. Je mettrais un moment à peaufiner le montage en A-frame, cherchant le meilleur point d'ancrages pour les sardines. Certains haubans seront à plus de 4m de la tarp (j'ai avec moi du surplus de cordage). Tout est bien amarré et sécurisé. Mais le montage ne s'est pas fait en 10 minutes, ça c'est clair ! Mais rien ne presse, au contraire, j'ai tout mon temps.
Dans le cirque en face de moi, un bouquetin me nargue dans des pentes folles semi verticales. Il semble fuir, mais quoi ? Je ne suis pas une menace pour lui, vu l'endroit où je me trouve…

Pas de vent cette nuit là, seulement plusieurs averses, dès le soir, et par intermittence toute la nuit. Vers 4h du matin, je me rends compte que le bout de mon sursac en tyvek côté pieds est bien mouillé (la pluie devait tomber bien en biais). Je vérifie en dessous, le sac de couchage est bien sec. Je me « rendors » (enfin, je somnole) jusqu'à 7h. Dans l'intervalle, tout a séché ! Génial !



Jour 4 : mercredi 10 septembre
Crête du Pain de Sucre - Lac sans nom sous Hourquette Bracque

Lever 7h du matin, petit déj. Le temps de tout remballer, il est 9h. L'efficacité n'est pas mon truc pour tout ranger, j'ai tendance à prendre mon temps. Et qu'est-ce qui me presse ? Rien…ouf !
Je quitte la crête avec beaucoup de prudence à cause de la pluie qui a rendu les buissons de myrtille et l'herbe glissante. Faut tout de même faire gaffe. En plus, le bonhomme est ses articulations sont encore froids. Faut mettre la bête en route…
Je gravis les quelques dizaines de mètres qui me séparent de hourquette Médette, dans cette fameuse pente très marquée. Au sommet, je me retourne, et pose un regard sur la crête où j'ai dormi :

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De l'autre côté se dévoile le Lac de Gréziolles, dans ses couleurs matinales. Superbe.

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Lac de Gréziolles depuis hourquette Médette

Le cheminement de la descente n'est pas du tout indiqué, ou alors je ne l'ai pas vu. La descente est très facile, même si ça descend assez fort aussi, la montagne ayant taillé semble-t-il du haut en bas de la descente des petites terrasses de terre entrecoupées de terrasses d'herbes. De vrais petits escaliers naturels. Reste à choisir soit même son chemin. La descente est sympa, face au lac. Quelques éboulis à franchir en fin de descente, toujours à passer avec attention : la chute n'est pas permise.

Je retrouve le GR10 (tiens, une autoroute !) ce qui me change un peu des cairns et des éboulis. Je contourne le joli lac de Gréziolles et sa laquette du même non, croise la petite cabane de Gréziolles (ultra simpliste) et monte rapidement les quelques 100m de D+ qui me séparent du refuge de Campana de Cloutou, situé à côté de son grand lac presque rond du même nom.

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Le lac de Campana de Cloutou et le refuge du même nom sur sa gauche

Le refuge, un petit bonnet pointu, le gardien est bien sympa. Il me confirme que l'on peut monter au Lac de Cloutou, et je valide aussi avec lui que l'on peut passer et naviguer dans « Cloutou » et rejoindre hourquette Bracque. Il me parle d'une « terrasse », qui passe là, là, juste en face….devant le refuge. Une terrasse, mouais, vu ce que je vois, j'ai un peu de mal à me rendre compte ! Faudra voir une fois sur place.

Au début, le chemin est bien net, facile à suivre, je mange au mini lac avant le lac de Cloutou. Il est bien mignon, avec sa couleur un peu turquoise / émeraude.

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Petit lac au nom inconnu juste avant le lac de Cloutou

Je repars, arrive au lac de Cloutou, continue une vague trace dont les cairns sont de moins en moins présents. Je suis sorti de la trace, ou alors il n'y a plus de trace.
J'avais repéré sur la carte le point côte 2350m, qui me paraissait être le meilleur point de repère. En effet, cette ligne permet de donner un point de franchissement entre 2 sommets, le Campana de Cloutou, et le Pic de Cloutou.
Je me cale sur cette ligne de côte, et traverse un beau gros pierrier comme on en trouve quelques uns dans le coin (un de plus !) ! Magnifique aussi ce pierrier, avec des beaux blocs de calcaires enchâssés façon « Tétris râté ».

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Au milieu de l'éboulis de Cloutou

Je parts à gauche, direction sud-sud-est, vers ce qui ressemble à un faux col. Je reste calé sur la ligne de côte 2350m, et aperçois le creux qui me dévoile le lac de Campana et le refuge. Un peu plus loin, je retombe sur ce que je suppose être la « terrasse » dont m'a parlé le gardien, un endroit assez étonnant qui tranche dans ce dédale de rochers : une vaste plateforme assez large et presque régulière (la fameuse ligne de côte 2350m), herbeuse en grande partie, très facile, presque plate bien entendu. Je suis agréablement étonné de trouver ce type de terrain très régulier à cet endroit, vu les pierriers que je viens de ma taper, dans ce relief très tourmenté.

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"La terrasse"

Il n'est pas très tard, mais les pieds ont tendance à commencer à chauffer un peu. C'est vrai aussi que c'est ma journée la plus chaude depuis dimanche. J'ai sorti les lunettes de soleil. Il est 16h, je me mets en quête d'un petit coin pour le bivouac. Après quelques hésitations, je m'arrête à quelques pas du GR10, vers un petit lac mignon tout plein, à 2335 m, sauf qu'il n'a même pas été baptisé. Pas de chance pour lui. A coté se trouve le lac d'Arédoum.

Je n'ai encore presque croisé personne aujourd'hui. Mon coin pour le bivouac est très proche du passage du GR10, ce qui n'est pas dans mes habitudes. J'aime bien m'éloigner des chemins en général. Mais le coin me plait bien. C'est décidé, je reste.
En tout et pour tout, je verrais passer sur le chemin 1 randonneur dans toute la fin de journée et de la soirée. Il me souhaite un « bon bivouac ! ». Sympa le gars ! Quelques rares et timides gouttes de pluies en fin d'après-midi. Un oiseau qui s'est oublié en route probablement… Lessive et toilette sont les occupations du soir. Et aussi un peu de raccommodage des Nylons Mesh Shoes, car celle de droite a eu un loupé à la fabrication et je ne m'en suis pas rendu compte avant de partir (la paire était toute neuve). Depuis le temps que je le transporte ce fil et cette aiguille au cour de toutes mes randonnées, c'est bien la première fois que je l'utilise, ça fait plaisir.

Montage de la tarp en A-frame. J'ai un max de place pour la nuit. La doudoune Montbell UL Down parka me procure une douce chaleur. Je suis face au lac, face à la lune. La nuit est calme, très peu de vent, et condensation encore presque inexistante, sauf un peu sur la face exposée ouest de la tarp.

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Un petit lac sans non, à proximité du lac d'Aredoun, idéal pour le bivouac


5h30 de marche ce jour environ. Ca ne représente pas grand-chose comme trajet sur la carte… Quelques circonvolutions pour visiter le pays…et pas mal de temps passé à Cloutou dans un terrain qui ne permettait pas d'avancer bien vite.


Jour 5 : jeudi 11 septembre
Lac sous hourquette Braque - Cabane du Laquet de Coste Queillère

Jeudi…la météo annonce une nette dégradation pour le début d'après-midi. Orages…et vigilance jaune pour le département…pour la nuit aussi, et vendredi des averses, et samedi pareil avec de la neige aussi éventuellement qui pourrait même s'inviter.

Bon, je regarde et mémorise la carte: je prends la décision de rallier le refuge de Bastan, mais en passant par la hourquette de Cadérolles (2495m), et en passant par le lac de Port Bielh. Je suis en super forme, et j'ai tellement bien regardé ma carte que je commence à m'engager en direction du lac de la Hourquette, sur le GR10, alors que je me disais 5 minutes avant qu'il fallait que je quitte le GR10. Je venais même de laisser passer une jolie croix rouge et blanche…Grosse erreur de débutant, je me félicité de ma connerie, et redescend le petit bout du col de Bastanet que j'avais commencé à gravir, pour me rediriger sur la Hourquette de Cadérolles. Le soleil est bien présent en ce début de matinée. Je suis parti depuis 9h, et les petits lacs s'enchaînent joliment.
Le lac de Port Bielh n'est pas encore totalement sous le soleil, je passe ensuite entre les laquets du même nom, et remonte ensuite tranquillement en direction des 2 jolis lacs du Bastanet. Le soleil est déjà un peu moins présent. Quelques gros nuages font leur apparition au sud ouest…

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L'un des deux lac de Bastanet (le deuxième, le plus petit)

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4 vaches couchées sur 5, ok, c'est signe de pluie ça non ? 5 sur 5 cela voudrait dire orage alors…

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Ben faut pas se gêner, hein !

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Pause repas du midi au dessus du Lac Supérieur

Arrivé au niveau du lac Supérieur, je me retourne vers le Pic du Portarras. Il est 12h. J'hésite. Le ciel est immobile. Les nuages ne sont pas menaçants…Montera, montera pas au Pic…Je me donne le bénéfice du doute, et décide de manger vers quelques sapins avec une jolie vue plongeante sur le lac Supérieur pour me laisser le temps de la réflexion. Le ventre plein, je réfléchis mieux…

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Pins et Lac Supérieur

Le ciel s'assombrit enfin franchement. Le Pic de Portarras se détache sur un fond gris violacé qui n'augure rien de bon. Je termine de manger rapidement, et me remets en route, le refuge de Bastan est en vue. Pour le Portarras…on oublie ! Les gouttes se mettent à tomber, j'enfile la Dri Ducks. L'averse est de faible durée et peu intense. Le temps hésite et n'est pas franc. J'arrive au refuge de Bastan sous un beau soleil finalement, et profite d'un superbe panorama sur ces petits lacs paradisiaques.

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Lacs de Bastan : un petit coin de paradis sur terre.

Je m'arrête un moment au refuge, histoire de refaire le plein d'eau. Je ne sais que faire : continuer ma route ? M'arrêter là pour aujourd'hui ? Il n'est pas tard, je tergiverse et perd un peu de temps. Le soleil continue à illuminer les lacs. Il est 14h.
Bon, je me remets en route, et contourne les lacs de Bastan par la rive ouest où il y a un joli chemin non marqué sur la carte. Arrivé au milieu du lac, la surface de l'eau se met à crépiter. Non, ce n'est pas l'eau qui prend feu mais le ciel qui commence à abattre une bonne pluie. Le ciel vire au violet, ça commence à craquer…l'orage est là, et avec le vent, il tourne très vite. Arrivé depuis le Portarras, il tourne autour de moi, mais je ne serais jamais complètement dessous. Il pleut. Il pleut. Il pleut. Je m'abrite un moment sous un arbre (quand l'orage est parti) et attends que la pluie se calme un peu. Puis je repars sous la pluie malgré tout, en direction de la cabane de Bastan, pensant y trouver un abri. Que néni, c'est la cabane du Berger, elle est fermée.

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Ca doit souffler parfois par ici...

La Dri Ducks (1er test en vrai condition) est bien efficace, pas une goutte ne me mouille, c'est vraiment génial, je jubile, et continue à marcher sous la pluie presque avec le sourire (non, je ne me drogue pas).
En fait, j'ai fait l'association suivante pour la pluie : mon tee-shirt manche longue, ensuite le coupe vent Magic Anorak de Camp avec les manches relevées (très important pour éviter ou limiter la condensation). Ensuite, j'enfile le sac à dos, et enfin, j'enfile la Dri Ducks en faisant descendre le dos de la veste jusqu'au bas du sac à dos (elle y arrive tout juste). Au final, tout est bien protégé, et je n'ai jamais trop d'épaisseurs qui se superposent. La DriDuck n'est en contact avec moi qu'au niveau des bras, le reste ne me touche pas. Seul regret, je ne peux pas la fermer (c'est là que le Magic Anorak joue son rôle de protection sur la partie torse). La combinaison marche vraiment bien. Je coince les deux pans avant de la Dri Duck dans la ceinture abdominale du sac à dos, comme ça, rien ne vole au vent. La visière de la casquette, elle, maintient la capuche du coup-vent et / ou de la Dri Ducks suivant l'intensité de la pluie. La capuche de la Dry Duck est un peu trop grande, il faudra que je rajoute un petit scratch pour pouvoir diminuer son volume et éviter ainsi qu'elle me tombe trop sur les yeux.
Cette solution m'a donnée entière satisfaction. Il était dit que ce ne serait pas la dernière fois que je sortirais la DriDuck avant samedi, le dernier jour…

La pluie s'arrête, je conserve tout de même un moment l'équipement pluie sur le bonhomme : je n'ai pas trop chaud, je ne transpire pas trop, tout va bien. Je descend tranquillement en direction du lac de l'Oule et remonte toute la magnifique sapinière de Bastan. Un petit coin joli à souhait. Comme il a bien plu, je ne sais plus trop parfois si je suis encore sur le chemin, si le chemin est plein d'eau, si je marche dans le torrent, ou si c'est le torrent qui a pris la place du chemin…
Il me reste 300m de D+ pour arriver à la Cabane du laquet de Coste Queillère. Je m'imagine déjà trouver une petite cabane 3 étoiles. Hum…on se berce parfois de douces illusions !

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Au milieu de la sapinière de Bastanet, même sans soleil, le coin est très joli

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La faune locale de la sapinière...


Plus que 100m de déniv', le ciel s'obscurcit de nouveau, je force l'allure. Trop tard. Je ressorts la Dri Duck, et je ferais la fin de la montée sous la pluie, en ne me pressant pas plus que ça, je ralenti même le rythme, bien protégé que je suis maintenant sous la DD.
Lorsque j'aperçois l'abri, je ne sais si mon rire était un rire de dépit ou sarcastique, ou tout simplement narquois. Je me marre, hésitant entre le côté « saloperie d'abri spoutnik en tôle » ou « génial abri pour passer la nuit tranquille et éviter l'orage qui arrive ». Finalement, je prends ces 4 bouts de tôle en amitié, et me décide même à lui refaire une toute petite beauté : je ramasse ce qui traîne, brûle ce qui peut l'être, récupère une petite branche de sapin et balaye partout…Tout d'un coup, elle a plus de caractère. Dommage que ce soit une décharge à ciel ouvert tout autour de la cabane.
Au moins, chose étrange, l'intérieur est plutôt sain et pas humide, ce qui m'étonne pour un abri entièrement en tôle.

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Dans l'histoire des 3 Petits Cochons, il y avait la cabane en paille, la cabane en bois, et la cabane en briques.
A Coste Queillère, c'est la cabane en tôle... solide, contruite pour durer lol. Pour le style, faudra repasser plus tard...

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Entre deux averses, et quand les nuages le veulent bien, on aperçoit la laquette de Coste Queillère depuis l'abri

Au fond de la cabane, un peu de bricolage me permet de fabriquer rapidement un sommier d'aplomb, il y a même quelques tissus et couvertures. Quelqu'un a eu la bonne idée de laisser le gros matelas en mousse dehors. Probablement cela partait d'une bonne intention…mais l'eau, il n'a pas aimé du tout ! Je m'en passerai. Les couvertures et mon Prolite 3 short font très bien l'affaire.
Mes chaussures et chaussettes sont tout de même mouillées. Quelques bouts de métal de récup font de bons « porte manteau » pour accrocher les chaussettes, la DD et le Magic Anorak, car il n'y a rien sinon pour accrocher des affaires dans la cabane. A noter que l'extérieur de la DD sèche extrêmement vite.
Dans la cabane, il manque cependant une chaise. Je ne vais pas me plaindre, il y a une table, c'est grand luxe !
Je passe la fin de soirée porte ouverte, à regarder le Laquet se dégager et se couvrir au gré des bancs de nuages et à compter les gouttes de pluie. Moi, je suis au sec, j'ai bien chaud avec la Thermawrap Montbell, je suis bien, je me sens bien, et oui, je dirais même presque heureux, malgré le peu de charme de l'abri (c'est cela qui m'attriste le plus en fait, maintenant que j'y repense, c'est le manque de charme de cet abri).
Un nouvel orage passe. Qu'il est bon de regarder tout cela depuis ma petite cage de Faradet !

La nuit sera calme dedans, humide dehors. Une très bonne nuit de sommeil en ce qui me concerne.
6°C toute la nuit.

5h de marche ce jour. Encore peu d'avancée sur le terrain. J'ai presque tourné en rond aujourd'hui…Mais les paysages en valaient vraiment la peine, je ne regrette pas. Que de lacs encore !

Jour 6 : vendredi 12 septembre
Cabane du Laquet de Coste Queillère - Cabane d'Aygues-Cluses

C'est une mini étape que ce vendredi, je fais au mieux, vu le temps pourri annoncé. L'objectif est de s'occuper, et je n'ai pas envie d'écourter la sortie. 7 jours ne sont pas 5 ni 6. Non, je ne redescendrai pas dans la vallée. Il reste certainement quelques belles surprises encore avant samedi soir…

Vu le temps toujours très humide, je flemmarde un peu dans le sac de couchage. Un peu avant 10h, tout est prêt et je suis sur le départ. A ce moment, un petit groupe d'espagnols arrive (partis depuis le refuge de Campana). On discute quelques instants ! Et puis j'adore l'espagnol, alors ça aide ! Ils sont déjà bien trempés avec ce qui tombe depuis ce matin. Tiens, mes portes manteau de fortune trouvent déjà des adeptes pour faire sécher les vestes…
Je me mets en route, sous un crachin très fin, avec ma DD qui est devenue mon compagnon de route que je ne quitte plus.

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L'abri s'éloigne. Le ciel, lui, tend toujours à se rapprocher un peu plus de la terre depuis hier

Je décide de remonter le col de Barège (2469m), et d'atteindre cette fois ci Aygues-Cluse par ce côté. Comme j'ai loupé la cabane de la Pège la première fois, je suis bien décidé à la trouver cette fois-ci, quelque soit le temps que j'y passe (elle est pourtant notée comme étant assez proche du GR10, comment ai-je pu la louper la première fois ?). Ca ne fait que 150m de D-, une broutille donc, et ça occupera un petit bout de la journée.
Le temps s'est nettement rafraîchi. Je monte, je monte, et plus je monte, plus le crachin devient épais…et se transforme en grésil. Au col, il vente un peu, et le grésil laisse place à des mini flocons de neige…

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Sous le Col de Barèges (2469m)...Le Canon A610 commence à prendre goût à la pluie...même pas peur !

J'entame une descente cool en direction de la cabane d'Aygues-Cluses. Quelqu'un s'y est abrité. Je passe devant la cabane, on se salue. La personne me donne alors une info surprenante, et me mets en garde : il y a un type dans les parages qui agresse les gens, criant, vociférant, et apparemment armé d'une hache ! Il s'en est apparemment pris à un randonneur qu'il a même quelque peu agressé. Le type serait parti en direction de la descente….le chemin que j'emprunte aussi…Quelqu'un a même appelé la gendarmerie…
Bon, merci pour l'info…
Un peu plus bas, je croise deux randonneurs d'un certain âge, un jurassien et un suisse. Je leur transmets l'info qu'on vient de me donner. Je descend le vallon de la Pègue, je crois un type, jeune, cheveux un peu longs,le regard bizarre, habillement pas vraiment adapté à la rando, sans sac à dos, juste une sorte de petit sac de voyage à la main. Je lance un grand « bonjour » avec un grand sourire, et je reçois en retour à peine un simple regard noir…Hum, bizarre le type, ou alors c'est moi qui fabule vu ce que l'on vient de me raconter…
Je continue à descendre, tranquillement. Je trouve rapidement la cabane de la Pège : en fait, je suis passé à côté sans la voir la première fois ! Il y avait un troupeau de vache qui la cachait !

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La "cabane" de la Pège

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Les deux tombeaux funéraires au fond de la cabane-grotte...

Le nom cabane est un peu usurpé tout de même, tout au mieux, il s'agit d'une caverne, aller, une grotte ! Faut être vraiment motivé pour dormir là dedans ! Tout au moins, on peut dire que le terrain a servi de base à la construction, dont un pan de mur entier est en fait constitué d'un immense bloc de rocher.
Bon, comme il pleut un peu, pour ma part, cela me servira à manger au sec le midi tout de même ! Rustique la caverne, pas certain qu'Ali Baba ait eu envie d'y mettre une once de son trésor…
Je commence à manger, j'entends un hélico dans le lointain, je me marre : « ouais ; ouais, viendez-nous sauvez du méchant monsieur qui agresse les randonneurs messieurs les gendarmes» me dis-je en rigolant.

Et puis il me prend une petite envie de pisser, ça ne se commande pas… Je sors tranquillement de la cabane, et sans vous faire de dessin, me campe à pisser ! Je n'ai presque pas le temps de finir…derrière la petite butte là où passe le chemin, je vois une tête apparaître, puis deux puis trois. Les 3 hommes sont à 20 mètres de moi, se mettent face à moi, l'air tendus… L'un, un talkie walkie dans la main lance « on a un individu à la cabane de la Pègue »… Ce sont 3 gendarmes en fait. Au même moment, l'Hélico déboule de je ne sais où, tourne au dessus de moi, les gendarmes s'avancent, je m'avance vers eux aussi.
Imaginez juste la scène un instant : je suis à peine en train de finir de pisser, comme il pleuvait un peu, et que j'étais en train de manger, mes chaussures étaient dans la cabane, j'avais les Nylons Mesh Shoes aux pieds, le pantalon TNF en corsaire, le Magic Anorak de Camp sur moi, avec la capuche et une barbe de 6 jours ! Voyez le tableau…
Premier réflexe, je retire ma capuche, pour qu'ils voient mon visage, je m'avance tranquillement vers eux. Je leur dis ce qu'ils recherchent, un type qui aurait agressé un randonneur (n'est-ce pas messieurs ???). Un gendarme demande à voir mes affaires. Je l'accompagne jusque dans la cabane. Mon sac à dos, mes bâtons, mes chaussures sont là. Ouf, rien ne lui semble suspect, il ne prendra pas la peine d'ouvrir mon sac à dos… Ils me demandent si le type m'a agressé, je leur dis que non, et que je ne l'ai pas vu non plus. Sur ce, ils repartent rapidement tous les trois remonter le vallon. Je pense que l'espace d'un instant, j'ai été le coupable idéal...
L'hélico, lui, tournera encore pendant près d'une heure dans tout le vallon, en long, en large et en travers...

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Déplacement des forces de l'ordre...avec appui aérien...

Enfin de retour dans la cabane, je déguste mon saucifflard aux chanterlles sur quelques bonnes tranches de pain beurré, et quelques tranches de Beaufort. Diantre qu'il était bon ce saucisson ce jour là ! Quelques minutes plus tard, je ris un peu plus jaune en me rendant compte que je n'avais même pas une pièce d'identité sur moi à présenter au cas où. Pourtant, je l'emporte toujours avec moi, c'est la première fois que je ne la prends pas. Heureusement, pas eu besoin…
[Si quelqu'un de la région a des infos sur le fin mot de l'histoire (cf Les Dépêches dans les faits divers…) sur ce qui s'est passé dans le vallon de la Pègue ce vendredi 12 septembre en milieu de journée, je suis preneur. Il y avait au moins 5 gendarmes et un hélico dans l'histoire, et je ne pense pas qu'ils déplacent de telles moyens inutilement. Merci pour les infos que vous pourrez trouver.]

Il pleut toujours un peu, entre quelques timides rayons de soleil. Je remontre le vallon pour retrouver la cabane d'Aygues-Cluses, et m'y pose tranquillement. Il n'est même pas 16h. Allez, hop, « la fée du logis » frappe encore, un petit coup de nettoyage dans la cabane, ça lui fait du bien. Je bouquine (un mini livre de fables en espagnol de 400 pages pesant 57g, 6cm x 5cm x 2cm dans le sac à dos, c'est pas la mort et ça occupe bien). Le temps se rafraîchit nettement dans l'après-midi. Je ne vois plus aucune randonneur (ils sont peut-être tous morts d'ailleurs !) Il tombe de mini flocons de neige pendant toute la fin de la jounée. Dehors, il fait glacial. Dans la cabane, il fait 6°C, je n'éprouve même pas le besoin de faire du feu (et peu de matière première à disposition aussi, et puis tout est mouillé dehors). J'ai bien chaud dans la doudoune Montbell, un régal, vraiment un super test qui me rassure sur ce que je peux en attendre en conditions fraîches.
Je potasse un peu la carte IGN : demain, dernier jour ! Ca s'annonce folklorique…

Je mange bien, mes rations alimentaires étaient en bonne quantité, idéal, j'arrive sur la fin d'à peu près tout. Mes 250ml d'alcool m'auront permis de faire 12 chauffes (je ne ferai pas la onzième du samedi soir en fait), une le matin, une le soir. Au menu ce dernier soir : Bolino de tagliatelles à la carbonara, avec rajout de Beff Jerky, de soupe Royco (pardon, c'est Liebig maintenant...), quelques carrés de Beaufort (j'arrive au bout des 500g), 2 carrés de chocolat Côte d'Or aux noisettes, noix de macadamia, noix, gâteau pour le dessert… Impeccable
Je me couche le ventre bien plein.

Petite journée d'à peine 3h30 de marche, avec en prime la visite des gendarmes, ça a pimenté un peu cette journée plutôt pluvieuse !


Jour 7 : samedi 13 septembre
Cabane d'Aygues Cluses - Lac d'Orédon

La nuit est un peu venteuse, mais peu importe, la cabane en pierre est bien solide ! A 4h du matin, je jette un œil curieux, me doutant un peu du spectacle qui m'attendait : ça a bien blanchi dehors ! Et ça tombe encore à petits flocons…
Je me lève à 7h. Le panorama n'a guère changé, c'est juste encore un peu plus blanc.

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7h du matin...Brrrr...

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8h,c'est guère mieux, ça ne s'arrange pas ! Mais un peu plus lumineux quand même

Dehors, ça pèle bien !
Le petit déj termine les dernières rations du matin. Le sac à dos paraît bien vide. Il me reste un peu plus d'1 litre et demi d'eau, ça suffira bien. Je prépare deux gros sandwichs « pain-saucisson-beaufort » à l'avance, avant de partir, me doutant que je ne trouverais pas vraiment d'endroit où me poser pour manger tranquillement, vu le temps.

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Je quitte Aygues-Cluses et m'en vais chatouiller la neige...

Il est 9h, je me mets en route. Dehors, il neige bien, mais ça ne fait pas semblant. Je parts équipé de la même manière que pour la pluie : tee-shirt + Magic Anorak (manches relevées) + DD et rajoute une paire de gants en soie. Dans la poche kangourou du Magic Anorak, la carte IGN dans une pochette plastique et une autre paire de gants en polaire, si besoin.
Au programme, montée au lacs de Madamète puis au col du même nom, à 2509m d'altitude, pour redescendre ensuite sur Orédon.

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Le GR10 ne pose pas de problème pour la trace pour le moment...

Le chemin est le GR10, je ne me fais guère de soucis concernant le tracé. Pourtant, à plusieurs reprises, je sorts nettement du tracé, qui parfois disparaît sous la neige. Je passe même par le lac d'Aygues-Cluses en contournant trop à gauche un petit éperon rocheux. La visibilité n'est pas mauvaise, ce n'est pas la tempête tout de même. Ce n'est pas un jour blanc non plus, sinon, là, j'étais mal !

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Vers le Lac d'Aygues-Cluses. Il continue à neiger...

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Oui, bon, si la nature se met contre moi aussi ! C'est le panneau du haut qui m'intéresse moi ! lol
Déjà qu'on croise un panneau une fois tous les 36 du mois...

Certains se sont trouvés un hypothétique abri...
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Je passe aux lacs de Madamète :
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Le chemin est de plus en plus difficile à distinguer. La neige colle bien à tous les rochers, recouvrant les marques. Il faut y aller au feeling, au visuel sur le terrain. 2300m, 2400m, le dénivelé s'égrène. 100m sous le col, plus aucune trace, sur la gauche, un amas de rocher, à droite, une grande pente (ex)herbeuse devenue blanche de chez blanche. Mais le passage du col reste bien visible, pas de soucis.

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Encore un petit effort, le col est en vue...

A ce moment, j'enfile les guêtres, chausse les raquettes, car l'épaisseur de neige est bien réelle.
Non, je blague, je n'ai pas les raquettes, ni de guêtres d'ailleurs, faut pas pousser quand même. J'en vois qui s'endorment là et qui ne suivent plus ! smile Cela dit, sous le Col de Madamête, vers 11h du matin ce jour là, il y avait une bonne quinzaine de centimètres de neige…tout de même !

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Ca enfonce déjà bien pour un 13 septembre. Heu...la station de ski ouvre à quelle heure ?

Au col même, la neige est soufflée et du coup, le col est peu enneigé.
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Col de Madamète (2509m), 11h du matin...

La trace de la descente disparaît rapidement elle aussi. La stabilité de la neige sur les touffes d'herbe est très bonne. Peu à peu, dans le loin, j'aperçois le Gours de Rabas, qu'il faudra contourner par la gauche (par la droite, c'est de toute façon pas possible).

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Le Gourg de Rabas, ou Gourguet de Madamète

Les rochers qui bordent le lac sont recouverts de neige. J'avance à pas feutrés, mais l'accroche est plutôt bonne. Je me méfie tout de même. Quelques rochers sont à l'aplomb du bord du lac. Surtout pas d'excès de confiance. Une petite touffe d'herbe sous le pied droit manque de me trahir lorsqu'elle s'affaisse, je manque de peu de basculer dans l'eau glacée du lac, depuis deux mètres de haut, et justement ce n'est pas très profond à cet endroit ! Ouf, une petite suée sur le moment. Je reste concentré.

Je croise les premiers être humains juste après le passage du lac. Il montent sous la neige voir le lac. C'est vrai que le spectacle est sympathique. On se croirait au début de l'hiver.

Mes gants en soie sont biens mouillés avec la neige qui a fondu dessus. Seulement, je n'ai froid nulle part, les mains sont bien chaudes, et les gants sont mouillés mais chauds aussi. Je les garde donc aux mains.
Les berges du  lac d'Aumar sont elles aussi peu à peu colonisées par le neige.

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Je décide de contourner le lac par la rive qui monte au Col d'Estoudou, et y monterai d'ailleurs aussi finalement, même si la vue n'est pas très dégagée.
Sur les bords du lac d'Aumar, le spectacle est assez saisissant : il tombe de la neige sur un fond de soleil qui illumine tout le lac.

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Il est 13h15 quand j'arrive au Lac d'Orédon. La boucle est bouclée. Je suis accueilli par un rayon de soleil, avant que des petites averses intermittentes reprennent le dessus.
Il m'aura fallu 4h15 depuis Aygues-Cluses, et la Dri Ducks est toujours parfaitement imperméable, malgré la neige qui a fondu dessus. Je n'ai pas de trace d'humidité à l'intérieur de la veste. Elle est même totalement sèche au moment où j'arrive (elle a séché avec les quelques rayons du soleil). Les gants, avec la chaleur dégagée par les mains ont eu aussi eu le temps de sécher. Les gants en polaire n'auront pas été nécessaires. Il est vrai que je ne me suis pas arrêté non plus, sauf pour faire quelques photos, donc je n'ai pas eu le temps de me refroidir. Je n'ai pas encore mangé non plus.

Fin d'après-midi un peu nostalgique. Je repasse à la maison d'accueil du Parc dire un petit coucou à la demoiselle que j'avais vue il y a une semaine. On discute un long moment. C'est bien sympa.

Je reprends Titine, descends la vallée doucement, il pleut toujours un peu, et je ne comprends pas, à travers le pare-brise, je vois des lacs défiler sous le soleil…ah…ça doit être ça ce qu'on appelle la persistance rétinienne…Je mets un peu de musique, mais même cela ne me sort pas de cette espèce de « torpeur » (le mot est certainement trop fort) où je me réfugie. Il faut pourtant que je me rende à l'évidence, c'est fini, et bien  fini, c'est belle virée…

Bilan

Pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'ici, déjà, merci ! Je me suis éclaté comme il y a bien longtemps que je ne m'étais pas éclaté en montagne. C'est aussi pour cela que je prends la peine de faire ce récit. J'ai pris un plaisir immense à me balader et à sortir des sentiers traditionnels. Je n'avais jusqu'à présent fait que 2 petites balades, il y a déjà longtemps, du côté de Cauterets, autant dire que je ne connaissait pas du tout les Pyrénées. Très agréable aussi de marcher avec presque personne sur les chemins !

Le massif du Néouvielle mérite le détour, et je ne pensais pas qu'en tant que Haut Savoyard, je verrais ma première neige de la saison dans les Pyrénées ! Et puis à cette période de l'année, en septembre, le massif est très peu fréquenté. C'était génial de se sentir un peu seul.
Un des gros contrastes avec mon terrain de jeu habituel est la présence des arbres, les fameux pins à crochets, qui poussent jusqu'à 2600m dans les Pyrénées. En Haute Savoie, passés les 1500m, faut pas s'attendre à voir encore beaucoup d'arbres. Du coup, parfois, on oublie que l'on est en montagne ! Ainsi, au lac de Bastan, on se croirait en plaine, à côté d'un petit lac…sauf qu'on est à plus de 2000m et que l'orage arrive, et donc, il faut se méfier !
Les paysages constellés de lac jouent pour beaucoup dans le plaisir que j'ai pris à me balader. Au total, je crois en avoir vu plus ou moins 41. Il paraît qu'il y en a presque 80 dans toute cette partie du Massif.
Je garde un très bon souvenir des 4 bivouacs, tous très différents les uns des autres, avec une mention spéciale pour le premier à la presqu'île du lac Det Mail, et celui de la Crête du Pain de Sucre.

Passé le premier jour, le poids du sac s'est peu à peu fait oublier. Même s'il n'est pas encore complètement Mul, je dois dire que les derniers jours, je ne le sentais plus guère sur les épaules, tout juste me paraissait-il avoir le poids d'un sac prévu pour une sortie à la journée.

Grosse déception concernant la « qualité d'accueil » dans les cabanes non gardées. Heureusement que j'avais ma tarp et que j'avais prévu de ne pas compter sur les abris. Leur qualité est assez déplorable, celle de Det Coubous est un local à poubelles. Pour moi, la vocation d'une cabane n'a pas à être un hôtel 3 étoiles, mais au moins le strict minimum : un bas flanc en bois ou de quoi dormir, une table, une chaise, des ouvrants qui ferment bien. Cela n'a été le cas dans aucunes. Mention spéciale à la Cabane-Grotte-Caverne de la Pègue, qui ne fait vraiment pas envie… Celle d'Aygues-Cluse rattrape un peu la moyenne tout de même, de part sa situation, et son côté rustique et brut. Je ne crache pas dans la soupe, car j'ai été bien content de trouver celle de la Laquette de Coste Queillère pour m'accueillir et éviter l'orage. Mais là encore, l'environnement ressemble à une vaste décharge à ciel ouvert.

Les refuges gardés semblent eux vraiment sympas (comme celui de Bastan par exemple, un petit bijou).


J'ai pu tester ma récemment reçue Montbell UL Down inner Parka (avec la capuche donc) et aussi la Thermawrap jacket (sans la capuche celle-ci) : rien que du bonheur sur les deux tableaux, exactement ce que j'en attendais en terme de confort et d'apport thermique au bivouac, le soir.
Cerise sur le gâteau, la Montbell Down Parka fait 236g (de pure douce chaleur…) et la Thermawrap 276g, toutes les deux en taille L. Les sacs de compression font entre 7 et 9 grammes si ma mémoire est bonne
Le seul reproche que je pourrais faire c'est la coupe peut-être un peu trop courte dans le dos, lorsque l'on est assis, et la capuche de la Montbell Down qui a tendance à tomber un peu devant les yeux (parfois gênant avec la frontale). Bon, je cherche vraiment la petite bête, hein, sinon, je n'ai rien à leur reprocher.
Quelques pertes de petites plumes de duvet aussi à signaler, mais bon, elle est toute neuve, et puis j'ai souvent dormi avec aussi…
Je n'ai que très rarement eu besoin d'enfiler les deux vestes l'une sur l'autres. Mais en taille L, la superposition marche très bien. Il faut prendre en compte que les tissus sont assez fins, donc gare aux accrocs et éventuelles déchirures si l'on n'est pas un minimum soigneux avec.

La Dri Duck version 2XL (180g) est vraiment géniale question imperméabilité et respirabilité. Elle m'a permis de protéger intégralement le sac à dos, qui est arrivé totalement sec lui aussi tous les jours où la pluie a croisé mon chemin, pas la moindre trace d'humidité, j'ai été bluffé. J'ai fait un accrocs en bas de la veste, à l'arrière, en tirant moi-même un peu fort dessus : c'est peut-être ça sa faiblesse, elle est un peu fragile lorsqu'on l'étire. Et bien entendu, il faut éviter le la râper contre des rocher abrasifs, cela va de soi.

Aucun regrêts de ne pas avoir emporté de pantallon imperméable : mon TNF a mouillé un peu, mais pas tand que ça, et le séchage se faisait sur le bonhomme (ce sont surtout les bas du pantallons qui ont bien reçu dans la neige).

Rien ne m'a manqué question nourriture, j'ai toujours mangé à ma faim, c'était agréable, cela fait parti du plaisir de la rando aussi pour moi, c'est essentiel. Toujours aussi satisfait du PRS (je dis bien PRS, pas le P3RS), qui est le seul que j'utilise. Celui qui a fait cette virée de 7 jours tourne déjà depuis bientôt 2 ans, il est comme neuf malgré une utilisation assez intensive été comme hiver. 9g plus la coupelle d'allumage à 1g, rien que tu bonheur, et seulement quelques minutes pour faire chauffer l'eau (entre 5 et 8 minutes suivant les conditions de temps et la quantité d'eau).

Le seul élément de mon équipement que je n'ai presque pas utilisé (sauf quelques temps, un soir, au bivouac, histoire de dire justement que je ne les avais pas transporté pour rien, ce sont mes gants en polaire, donc 75g dont j'aurais pu me passer. C'est pas la mort.
A la fin de la rando, les derniers jours, je sentais à peine le sac à dos, ce n'était que tu bonheur. Je sautais de rocher en rocher comme un jeune bouquetin fougueux ! wink

Bon, c'est pas tout ça, mais il faut que je me prévois une autre belle sortie prochainement. J'ai les pieds qui me démangent…Je ressens déjà un certain manque…

A plus sur les chemins !

Snop – incitation volontaire à la découverte de Pyrénées.


"Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière". Ma liste 3 saisons montagne - X-lite 350 custom

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#2 16-09-2008 02:48:19

byalex
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Salut snop,

Bon, 3h du matin, je me lève par ce que je n'arrive plus à dormir et le vent fait claquer les lamelles du store... Un peu grinche, j'allume le PC, je clique sur forum RL, et là je tombe sur ton récit. La page mets qq secondes à s'afficher, ... des photos, pleins de photos..., une tartine de commentaires en fait... Bref, je lis tout ça d'un trait et me trouve propulser dans la réalité de ta rando. Génial! Comment ne pas être de bonne humeur après 1/2 heure de lecture de cette riche aventure?

Alors tout simplement merci pour la qualité du récit, le partage et la conclusion. La journée ne commence pas si mal pour moi wink

alex

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#3 16-09-2008 07:33:27

highpictv
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Bien que je n'ai pas le temps, j'ai quand même pris 1/4 d'heure pour lire ton beau récit. Je ne pouvait pas passer à coté, c'est un peu chez moi la bas wink

Super balade que tu as faite là. Je suis content de voir que l'hiver est déjà là !

Pour les cabanes, effectivement le secteur est un peu trop fréquenté par les touriste et GRistes qui confondent montagne et poubelle, c'est bien dommage hmm

La prochaine fois fait un petit détour vers les vallons autour du pic long, c'est encore plus sauvage et joli : le lac tourrat est a voir wink


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Mes randos dans mon trombino.

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#4 16-09-2008 08:31:35

wax
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Merci pour ce tres beau récit et de belles images aussi big_smile. Une petite pensée pour l'ami Scal qui doit être au milieu de sa HRP.

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#5 16-09-2008 08:51:21

highpictv
dit "Hichpyche"
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Au fait ton "bouquetin" est un isard wink (c'est a dire un chamois avec une croix occitane tatouée sur la fesse gauche)

Il n'y a pas de bouquetin dans ce secteur ou alors c'était un mouton ou une chèvre lol

Dernière modification par highpictv (16-09-2008 08:52:01)


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#6 16-09-2008 11:07:57

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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

salut snop,
Je vois que les conditions météo n'ont pas anéanti le plaisir que tu as pris durant ton escapade. J'ai pris un vrai plaisir à voir tes toffs et de me replonger deux semaines en arrière big_smile.
Je suis encore étonné que la neige puisse tombé fin juillet comme début septembre, dans les pyrénées.
Nous n'avions pas pris nos gants nous non plus, mais je crois bien que nous l'aurions regretté si nous nous étions pris un coup de froid comme toi.
Je suis étonné que tu aies pris deux hauts thermique (un en plume et un en synthétique), sans doute en as-tu deux pour plus de polyvalence ?

C'est amusant de lire ton ressenti, ça me rappelle le mien il a quinze jours.
Par exemple l'absence de chemin m'avait fait mieux comprendre une remarque que m'avais faite highpictv. Nous avions donc compris sur le terrain ce qu'était un cairn, et si c'est assez rassurant de savoir que quelqu'un est déjà passé par là, même si cela n'indique pas forcément les passages les plus propices.
Je me rappelle une montée sur je ne sais plus quel col,  durant lequel nous suivions des cairns, ma louve me dit : 'c'est un fou qui est passé par là !!" big_smile et c'est vrai que n'importe qui peut mettre des cairns...


Exagérer c'est être libre.

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#7 16-09-2008 14:23:18

yafou
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

superbe périple avec un final "blanc' époustouflant

génial de s'évader là-haut le temps d'un récit....depeche toi de remettre ton nez dehors pour la suite ! big_smile


"Yurk donne épée à Satan"

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#8 16-09-2008 14:45:32

NThony
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Ouai je ne connais pas trop les Pyrénées mais c'est une bien belle sortie.

En plus ça prend du temps à lire donc au boulot c'est parfait wink

Un beau récit sincère agrémenté de belles photos, un régal smile Tellement prenant que j'avais presque froid sur la fin !!

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#9 16-09-2008 15:58:41

LeNovice
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

merci pour ton récit.
LeNovice dit Michel.


devise de la MUL fanatique : "rien c'est déjà trop"  tongue
devise d'Audiard (je crois)  : "la brute qui marche va beaucoup plus loin que le sage qui réfléchit." wink

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#10 16-09-2008 15:59:38

Eroes
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

merci pour le recit et les photos.
bon et bien je crois que voici un nouvel amoureux des Pyrenees big_smile


portez vous bien, tenez vous mal!

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#11 16-09-2008 18:12:53

oli_v_ier
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Super récit, j'ai adoré ! Bien raconté, belles photos, quelques détails sur le matos et surtout le plaisir de marcher léger. smile

Pour les cabanes des Pyrénées, c'est vrai qu'il y a de tout, du grand luxe au confort minimaliste, faut parfois savoir se contenter de peu. Ca ne me dérange pas, que ce soit une toue, un abri sous roche ou simplement un creux sous un caillou, quand les éléments se déchaînent je suis toujours heureux de les trouver. C'est vrai que quelqu'un qui s'attend au confort d'une "cabane" au sens commun du terme peut être déçu, mais je suis sûr que dans un vent violent en pleine tempête de neige cette "cabane" de la Pège t'aurai semblé plus confortable wink . D'accord avec toi par contre sur la propreté, le fait que ce soit très rustique ne me dérange pas, mais plein de déchets ou puant, ça pas glop.


La marche ultra-légère n'est pas un but, mais un moyen. "Un sac lourd est un sac bourré d'angoisse."
Mon équipement pour l'Islande 2008 en détail.

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#12 16-09-2008 20:11:05

snop
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

highpictv a écrit :

Au fait ton "bouquetin" est un isard wink (c'est a dire un chamois avec une croix occitane tatouée sur la fesse gauche)

Il n'y a pas de bouquetin dans ce secteur ou alors c'était un mouton ou une chèvre lol

Salut Highpictv
Voui, mes plus plates excuses, je me suis enflammé un peu vite. J'ai eu le "reflexe Haute Savoie", désolé.
Bon, à ma décharge, je dirais qu'il était un peu loin, et qu'en fin de journée, avec l'ombre, j'ai pas bien fait la différence. Et puis avec mes lunettes, ça aide pas. wink
Donc, ça devait être un Isard effectivement, de la taille d'un jeune bouquetin donc...
En tous les cas, il avait une sacrée pêche, et, bien sûr, il était d'une agilité déconcertante.

Et puis donc il faudra que je prenne rdv avec le Pic Long et le Lac Tourrat aussi...merci Highpictv !

(profil supprimé) a écrit :

salut snop,
Je vois que les conditions météo n'ont pas anéanti le plaisir que tu as pris durant ton escapade. J'ai pris un vrai plaisir à voir tes toffs et de me replonger deux semaines en arrière .
Je suis encore étonné que la neige puisse tombé fin juillet comme début septembre, dans les pyrénées.
Nous n'avions pas pris nos gants nous non plus, mais je crois bien que nous l'aurions regretté si nous nous étions pris un coup de froid comme toi.
Je suis étonné que tu aies pris deux hauts thermique (un en plume et un en synthétique), sans doute en as-tu deux pour plus de polyvalence ?

C'est amusant de lire ton ressenti, ça me rappelle le mien il a quinze jours.
Par exemple l'absence de chemin m'avait fait mieux comprendre une remarque que m'avais faite highpictv. Nous avions donc compris sur le terrain ce qu'était un cairn, et si c'est assez rassurant de savoir que quelqu'un est déjà passé par là, même si cela n'indique pas forcément les passages les plus propices.
Je me rappelle une montée sur je ne sais plus quel col,  durant lequel nous suivions des cairns, ma louve me dit : 'c'est un fou qui est passé par là !!"  et c'est vrai que n'importe qui peut mettre des cairns...

Déjà, je répare un oubli, puisque j'ai oublié de te citer dans mon récit (profil supprimé). (Re)merci donc pour l'aide et les quelques infos que tu m'as données lors de ton retour des Pyrénées, ça m'a bien aidé avant mon départ.
La météo est allée en se dégradant, mais il faut quand même dire que j'ai eu une sacrée belle période entre le dimanche et le jeudi 14h...sauf quelques petites averses très faibles (et plutôt en fin de journée, ou la nuit, donc pas bien dérangeantes). Je ne suis pas du genre à adorer à toute force la marche sous la pluie, je ne m'amuserais pas pour le plaisir à faire une sortie d'une journée en sachant par exemple qu'il va pleuvoir sans discontinuer.
Sur plusieurs jours, l'état d'esprit est différent : du genre "j'y suis j'y reste" ! Du coup, les conditions météo, comme tu le dis, n'ont pas du tout anéanti le plaisir immense que j'ai pris, ça c'est bien vrai. J'irais même jusqu'à dire que plus il faisait mauvais, plus je jubilais, car je n'étais pas mouillé, et c'était un vrai bonheur ! Ca gâchait un peu le paysage il faut bien l'avouer, quoique, sous les nuages, l'athmosphère n'était pas désagréable. L'apothéose a été l'arrivée de la neige, en fin d'après midi le vendredi, puis dans la nuit, puis tout le samedi. Il faut dire que le réveil a 4h du mat le samedi matin pour jeter un coup d'oeil dehors était du genre: "bon, j'espère que je vais trouver un peu de neige".  Puis re-coup d'oeil à 7h... Et bien entendu, il était encore plus plaisant de marcher sous la neige que sous la pluie. Un max de plaisir donc, pire qu'un gamin qui voit la neige pour la première fois. Ouais, ça me fait le coup tous les ans, je sais lol. Dire que j'habite en Haute Savoie...;)
En fait, ce passage de neige n'est pas étonnant dans les Pyrénées à cetté époque, c'est même fréquent (on en a discuté avec la demoiselle au chalet d'accueil de la résèrve, cela ne l'a pas étonné). Comme il peut neiger en plein mois d'août à Chamonix, il neige aussi parfois en août dans les Pyrénées. Bon, c'est la montagne.

Pour les deux hauts thermique, tu as raison (profil supprimé), l'objectif était double (ou triple ou plus en fait).
Premièrement, effectivement, c'était pour une question de polyvalence : lorsqu'il faisait humide, je privilégiais la Thermawrap en synthétique, et dans l'autre cas, la petite doudoune en duvet (seulement 60g de duvet, mais quel plaisir et quelle douce chaleur !). bon, c'est pas vraiment Mul comme démarche, c'est vrai.
Deuxièmement, je venais de les recevoir toutes les deux. Alors c'était le plaisir de les prendre aussi toutes les deux dans le sac à dos pour voir effectivement ce qu'elles donnaient sur le terrain. Et puis vu le peux de place qu'elles prennent dans le sac à dos... Encore une fois, c'est pas très Mul comme démarche.
Troisièmement, j'ai parfois enfilé les deux l'une sur l'autre (celle en duvet contre moi, la Thermawrap par dessus) lorsque la température baissait bien. J'ai jamais bien chaud quand je suis à l'arrêt, alors cela me donnait une bonne marge par rapport au temps.
Et puis par exemple, la dernière nuit, à la cabane d'Aygues-Cluses, la température à chuté de plus de 10°C en journée par rapport aux jours d'avant. J'avais un timide 6°C la nuit, et j'ai utilisé la Thermawrap zip fermé pour renforcer l'isolation de mon sac de couchage au pieds, et j'ai dormi avec celle en duvet.
A voir ce que cela donnera cet hiver :  je pense que j'atteindrai leur limite de protection, ce ne sera certaiement pas suffisant en terme de protection thermique. A voir, à tester, à étudier...

Pour les gants, de simples gants en soie m'ont suffi, mais je les ai utilisé très régulièrement presque tous les soir à l'approche de la nuit. Généralement, quand je mange, je les enfile de manière à pouvoir prendre ma popote (chaude) à pleine main : comme ça, double effet kiss-cool, je ne me brûle pas, et cela me réchauffe les mains pendant que je mange. Les gants ont aussi été utilisé en journée, mais uniquement celle du samedi, le fameux jour de neige. Les gants en polaire (75g) je les ai presque transporté pour rien, car très peu utilisés (une seule fois). C'était une petite marge de sécurité que j'aurais peut-être fortement apprécié si j'avais été obligé, pour n'importe quelle raison, de m'arrêter longuement le samedi sous la neige

Pour les cairns, cela peut-être à la fois rassurant, déroutant ou même trompeur. Effectivement, chacun peut y aller de son petit cairn personnel. J'ai apprécié parfois de ne pas en avoir, pesté aussi de ne pas en avoir à certains autres moments où j'en aurais eu besoin. En tous les cas, j'ai adoré sorti un peu des sentiers battus, c'est une chose plus difficile à faire ici en Haute Savoie, le massif est plus "restreint" dans ce domaine. J'ai  adoré me plonger beaucoup plus dans la carte IGN, d'y faire une lecture beaucoup plus précise du terrain, d'autant plus sur un terrain de jeu que je ne connaissais pas du tout. Ca aussi ça a été du bonheur.
Au passage, une question pour les Pyrénéns : est-ce que la Brèche du Contade (entre le Pic des Quatre Termes et le Pic du Contade) passe pour un randonneur ? J'avais envisagé un moment de passer par là, mais ce que j'ai pu en voir depuis le Pas de la Crabe ne m'a pas incité à me lancer, et m'a même un peu refroidi. Côté Pain de Sucre, par exemple, on voit bien que l'on peut remonter en direction de Cot Brac et du Col de Guihembrume, mais on ne voit pas le reste du cheminement ni la Brèche finale, qui est caché par Pène Nègre. Passe ou passe pas ?


Désolé d'avoir troublé votre quiétude pendant vos horaire de boulot au fait... Si cela a permis à certains de moins s'ennuyer au travail, j'en suis ravi ! smile

Eroes a écrit :

bon et bien je crois que voici un nouvel amoureux des Pyrenees

Ce n'est pas moi qui vais de dire le contraire effectivement smile


Oli_v_ier a écrit :

Super récit, j'ai adoré ! Bien raconté, belles photos, quelques détails sur le matos et surtout le plaisir de marcher léger.

Pour les cabanes des Pyrénées, c'est vrai qu'il y a de tout, du grand luxe au confort minimaliste, faut parfois savoir se contenter de peu. Ca ne me dérange pas, que ce soit une toue, un abri sous roche ou simplement un creux sous un caillou, quand les éléments se déchaînent je suis toujours heureux de les trouver. C'est vrai que quelqu'un qui s'attend au confort d'une "cabane" au sens commun du terme peut être déçu, mais je suis sûr que dans un vent violent en pleine tempête de neige cette "cabane" de la Pège t'aurai semblé plus confortable  . D'accord avec toi par contre sur la propreté, le fait que ce soit très rustique ne me dérange pas, mais plein de déchets ou puant, ça pas glop.

Merci Oli_v_ier, j'avoue pour ma part ne pas avoir encore totallement lu ton magnifique récit de ton périple en Islande.

Je partage ton opinion sur le confort minimaliste et la simplicité agréable des cabanes et abris que j'ai croisés sur ma route.
J'avoue avoir été un peu dur avec la cabane de la Pègue et celle du lac de Coste Queillère, mais finallement, je m'y suis senti bien (une fois que je faisais abstraction de la déchèterie présente à l'extérieur de la seconde cabane par exemple). Disons que le terme cabane, pour celle de la Pègue, et tout de même un peu usurpé. lol
Maintenant, il est clair que sous un magnifique orage, je suis certain que j'aurai effectivement béni tous les Dieux de la création en croisant la grotte-caverne de la Pègue, et que dans un élan de foie profonde, je puisse même y voir, sait-on jamais, une apparition de la Vierge Marie, histoire de faire concurrence à une autre grotte locale pas très éloignée dans la région (d'ailleurs, le samedi, c'est bizarre, y'avait personne dans le Néouvielle, tout le monde était parti voir la Papamobile.............;)).
Je crois que mon ressentiment venait aussi beaucoup du manque de respect accordé à ces lieux ouverts à tous, qui, sous prétexte que c'est gratuit où je ne sais quoi, sont livrés peu à peu aux exactions de quelques uns, pour la tristesse du plus grand nombre (du moins, j'espère que le rapport de quantité est bien dans ce sens là).
J'aurais trouvé les cabanes et abris que j'ai croisé exempts de bouteilles, cannettes (oups...peut-être des PRS en devenir sait-on jamais !), papiers, morceaux de mousses, vieux radiateurs (si, si !), parapluies échevelés, détritus divers, mon sentiment aurait été différent. Simple et propre, ça me suffit bien.
Et puis je compare avec les cabanes que je connais aussi ici, en Haute Savoie : les cabanes libres d'accès me paraissent bien plus respectée, bien plus propres, moins autères, et de manière générale mieux "entretenue".

Et puis si je ne suis pas content, j'ai de toute façon toujours la liberté de dormir dehors aussi (autoflagellation...) smile
C'était de toute façon l'idée pour ce périple de 7 jours. Les condition climatiques ont fait que j'ai finallement dormi 4 fois sous tarp, et 2 fois dans deux abris différents (qui étaient là au bon endroit et au bon moment).

Snop


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#13 16-09-2008 20:35:45

highpictv
dit "Hichpyche"
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

snop a écrit :

Salut Highpictv
Voui, mes plus plates excuses, je me suis enflammé un peu vite. J'ai eu le "reflexe Haute Savoie", désolé.
Bon, à ma décharge, je dirais qu'il était un peu loin, et qu'en fin de journée, avec l'ombre, j'ai pas bien fait la différence. Et puis avec mes lunettes, ça aide pas. wink
Donc, ça devait être un Isard effectivement, de la taille d'un jeune bouquetin donc...
En tous les cas, il avait une sacrée pêche, et, bien sûr, il était d'une agilité déconcertante.

La prochaine fois tu le reconnaitra wink

isard.jpg


snop a écrit :

Au passage, une question pour les Pyrénéns : est-ce que la Brèche du Contade (entre le Pic des Quatre Termes et le Pic du Contade) passe pour un randonneur ? J'avais envisagé un moment de passer par là, mais ce que j'ai pu en voir depuis le Pas de la Crabe ne m'a pas incité à me lancer, et m'a même un peu refroidi. Côté Pain de Sucre, par exemple, on voit bien que l'on peut remonter en direction de Cot Brac et du Col de Guihembrume, mais on ne voit pas le reste du cheminement ni la Brèche finale, qui est caché par Pène Nègre. Passe ou passe pas ?

Snop

Alors je suis sur que ça monte depuis le vallon des 4 termes, c'est cairné. La descente coté gréziolle doit passer aussi mais surement gros bloc de granites.


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#14 16-09-2008 21:03:52

snop
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

ah....mais sa tête me dit quelque chose à ton p'tit animal !
Je me demande si c'est pas lui que j'ai vu finallement dans les pentes de Pène Nègre filer à toute vitesse ! smile
Cool le tatouage lol !

Pour la Brèche de Contade, c'est justement ce que j'en ai vu côté "Quatre Termes" qui m'a fait renoncé : ça m'apparaissait vraiment très vertical depuis le Pas de la Crabe. Illusion d'optique probablement. J'ai du coup préféré ne pas m'y engager, en plus, la météo était couci-couça question pluie.
Le midi, lorque je mangeais vers la cabane du télésige des Quatre Termes, j'ai vu passer quelques personnes, et deux petits groupes qui descendaient de par là. Je pense qu'il n'arrivaient pas du Pas de la Crabe, mais d'ailleurs. Probablement donc arrivaient-ils effectivement des Quatres Termes ou de Contade (car ils suivaient la piste de ski).

Il faudra que j'y retrourne pour me rendre compte sur place alors ! Mince, c'est pas la porte à côté... wink

Merci pour ta réponse Highpictv


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#15 16-09-2008 21:22:29

QuUnOeil
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Un beau récit, de belles photos, un bivouac en crête qui me laisse songeur...  wink  En tous cas, un plaisir qui se ressent et que je te remercie de nous faire partager smile

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#16 16-09-2008 21:34:36

oli_v_ier
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

J'oubliais: j'aime particulièrement les photos de ton tarp minuscule dans ces paysages grandioses.


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#17 16-09-2008 21:39:40

Clem
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Bien raconté, très agréable à lire ! merci smile

j'ai été du côté du Néouvielle cet été mais alors, où précisément, je ne saurais dire puisque je n'étais là "que" pour l'encadrement de nos (vos?) chers bambins que l'on a emmenés en bivouac. Les gens étaient d'ailleurs très étonnés, ce n'est pas courant.

Enfin paysages magnifiques c'est sûr, avec les lacs partout, et nous avons eu de la brume épaisse les soirs, ce qui finalement avait son avantage : on peut aller faire sa toilette en face des autres tranquillement... sans qu'ils n'y voient quoi que ce soit !! ^^

En tout cas belles photos et très belle balade c'est certain.

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#18 16-09-2008 22:22:37

snop
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

oli_v_ier a écrit :

J'oubliais: j'aime particulièrement les photos de ton tarp minuscule dans ces paysages grandioses.

Ah, voui, illusion d'optique.
La tarp fait quand même 2,50m par 3m. wink. Un taille qui me permet de pas me soucier de la pluie, de manger assis dessous sans problème. En contrepartie, je paye ce "confort" (ce luxe ?) lorsque le vent se met à souffler : un peu plus de prise au vent, un peu plus de claquement de la toile même si elle est bien tendue. Si beaucoup de vent, montagne demi tipi presque impératif.

Personnellement, j'adore me retrouver "paumé" au milieu de quelque part (ou nulle part ?). J'adore, le soir, m'éloigner de mon petit "camp de base temporaire" et m'offrir une petite vision d'ensemble de la tarp dans ce que je considère être son milieu naturel. Et j'aime bien le côté non choquant de la couleur de la tarp qui s'intègre plutôt bien dans le paysage, sans le brusquer.
Sur la presqu'île du Lac Det Mail, je me suis senti un peu seul au monde, c'était agréable. Bon, faut pas être agoraphobe... Et puis il fallait être certain de ne pas subir une grosse montée des eaux ! Sinon, c'était la mise en quarantaine forcé (ou le bain obligatoire !).

QuUnOeil a écrit :

Un beau récit, de belles photos, un bivouac en crête qui me laisse songeur...    En tous cas, un plaisir qui se ressent et que je te remercie de nous faire partager

Le bivouac sur la crête était une expérience très sympa, un peu à l'écart du traditionnel. Ca m'a bien plu. J'avais l'impression d'être un peu comme un gardien en haut de son phare, avec une vue panoramique sur 2 cirques rocheux de part et d'autre de la tarp. Je surveillais...pas grand chose en fait, deux grandes immensités de vide, mais c'était bien beau !
Le montage en A-Frame était le seul à peu près réalisable. Pour les haubans, il a fallu naviguer entre les racines, les gros rochers, et le relief un peu tourmenté du terrain, donc le montage m'a pris un peu de temps. Je me suis bien amusé finallement !

Le Pain de Sucre, à droite, tel qu'on le découvre en montant depuis le côté La Mongie (j'ai donc bivouaqué juste derrière):
img2381lapaindesucre233yc6.jpg

Vu d'en bas, avant que je n'y monte, voilà comment m'apparaissait la crête (j'ai planté la tarp juste un peu à gauche du premier arbre que l'on voit en haut, à gauche sur la crête :
img2382crtemystrieuseja2.jpg

img2385bivouacoriginalsvh5.jpg

Je me demande bien encore ce qui m'a poussé à aller voir là-haut. Peut-être de la curiosité, ou aussi pour essayer de voir un éventuel passage pour accéder à la Bèche de Contade, peut-être (que l'on vient d'évoquer brièvement avec Highpictv).


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#19 17-09-2008 08:46:31

sebastien74
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Merci snop, j'ai passé un agréable moment à lire ton récit. Concernant les photos j'en suis fan.

Bravo !!!!


Les gens ont peur de l'inconnu.
Plus on explore et découvre,
moins on a peur.
JF Clervoy

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#20 17-09-2008 09:25:40

Profil supprimé
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

snop a écrit :

ça m'apparaissait vraiment très vertical depuis le Pas de la Crabe. Illusion d'optique probablement.

big_smile c'est vrai que vue d'en bas on se demande souvent comment est-ce possible de monter en haut. Sans avoir fait validé notre itinéraire par les connaisseurs du forum, nous aurions surement changer d'itinéraire à plusieurs reprise...

clem a écrit :

je n'étais là "que" pour l'encadrement de nos (vos?) chers bambins que l'on a emmenés en bivouac. Les gens étaient d'ailleurs très étonnés, ce n'est pas courant.

J'ai fait la même chose pendant des années, malheureusement jamais dans les pyrénées. Après notre escapade dans ce coin, je me suis dit qu'il fallait que j'en parle à mon paterne (il organise des colos itinérantes) pour qu'il en envisage par là-bas.

Dernière modification par Profil supprimé (17-09-2008 09:27:03)


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#21 18-09-2008 17:30:34

snop
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Mince, une photo toute bête que j'ai oubliée de mettre dans le récit initial :

img2526lacdemadamtevs0.jpg

C'était au lac de Madamète (2299m) le samedi, jour de neige.
En passant, je me suis dit  :  Où là là....il y a tentative d'usurpation d'identité ! Ce charmantes petite plantes aquatiques ne profiteraient-elles pas des conditions météo pour se prendre pour des Linaigrettes ? hmm
Mais n'est pas Linaigrette qui veut !
La tentative de tromperie a échoué. smile
Mais bel essai tout de même, je note l'effort. Chaque petite herbe était recouverte d'un peu de givre et de neige, et de loin, l'effet était très proche des Linaigrettes du coup !

Snop - amoureux des Linaigrettes en septembre (les vraies Linaigrettes du Néouvielles avaient particulièrement bien soigné leur panaché cotonneux la semaine dernière...)


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#22 19-09-2008 09:16:46

Bipbip
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Bonjour, Snop ! Merci pour ton récit.

La brèche du Contadé passe sans problème. Côté Est, il n'y a pas vraiment de difficulté, sauf en ce qui concerne l'orientation (souvenir d'une descente à deux, dans le brouillard, chacun persuadé que l'autre se trompait en estimant notre position. Au final nous avions tort tous les deux roll).

En venant de l'Ouest, j'ai trouvé plus agréable, plutôt que de monter directement à la brèche, de passer par le pic du Contadé, en montant droit dans la pente depuis la dernière cabane du télésiège (quelques cairns).

Je ne peux pas m'empécher de faire le prof, à la suite d'highpictv : les blocs de calcaire dont tu parles, du côté de Cloutou, sont probablement du granite (pas sûr, je ne peux pas voir les photos, mais je ne crois pas qu'il y ait du calcaire dans ce coin, et puis le calcaire, contrairement au granite, fait rarement des blocs).

Dernière modification par Bipbip (19-09-2008 09:17:04)

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#23 19-09-2008 14:51:54

highpictv
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Bipbip a écrit :

Je ne peux pas m'empécher de faire le prof, à la suite d'highpictv : les blocs de calcaire dont tu parles, du côté de Cloutou, sont probablement du granite (pas sûr, je ne peux pas voir les photos, mais je ne crois pas qu'il y ait du calcaire dans ce coin, et puis le calcaire, contrairement au granite, fait rarement des blocs).

Oui bien sur, c'est du granit, j'ai les doigts qui ont fourché, plates excuses wink


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#24 19-09-2008 20:19:40

snop
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Bipbip a écrit :

Je ne peux pas m'empécher de faire le prof, à la suite d'highpictv : les blocs de calcaire dont tu parles, du côté de Cloutou, sont probablement du granite (pas sûr, je ne peux pas voir les photos, mais je ne crois pas qu'il y ait du calcaire dans ce coin, et puis le calcaire, contrairement au granite, fait rarement des blocs).

Salut Bipbip (heu...salut prof...) !

Tu sais, il a fallu que je relise mon premier post pour me rendre compte, effectivement, que j'avais écrit le mot "calcaire". J'ai lu de mes yeux lu que j 'avais écrit ça... (au départ, j'y croyais pas !) roll
Aie aie aie, le massif est un massif granitique, oui, bien entendu. Je me suis encore laissé emporté par mon élan. Ces bons gros blocs de granite, qui m'ont amusés et / ou cassés les bonbons parfois... Et dire que je le savais !

Bon, me voilà rassuré : il y en a au moins deux qui suivent ! lol
Et désolé pour les deux bourdes (la première étant l'Isard).

Et comme on dit jamais deux sans trois, je m'attends au pire maintenant...ouille ouille ouille !

Snop - dans le Bl...isard total !


"Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière". Ma liste 3 saisons montagne - X-lite 350 custom

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#25 28-08-2009 10:45:33

ju_belledonne
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Re : 7 jours dans le Massif du NEOUVIELLE

Sympa ce compte rendu!!
Je suis tombé sur ce post après une recherche sur la veste montbell light down parka.
Est ce bien celle ci que tu possèdes si oui après tout ce temps quels retours?
Merci d'avance smile


Apprenti MUL ayant pris gout aux périples aux "longs cours".
Liste 1400km en laponie https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=18111
Récit 1300 km dans les rocheuses canadiennes https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=24005

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