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Mise à jour 12 mai 2019 : les inscriptions pour le camp itinérant de cet été 2019 sont closes ! Les nouveaux inscrits seront désormais sur liste d'attente.
7 jours de randonnée légère itinérante dans les Pyrénées avec l'association Randonner léger, pour se rencontrer et partager notre passion.
La discussion sur le forum.

#1 05-02-2009 01:12:07

jeronimo
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Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Autant le dire tout de suite : j'aimerais bien un jour grimper au sommet de l'Aconcagua (6962 m.).
Cette envie n'est pas étrangère au petit projet que j'ai réalisé autour du nouvel an, ayant quelques jours de libre à Santiago du Chili où je me trouvais pour le boulot.

Les livres comme le web (forums de voyageurs ou d'alpinistes, sites des agences qui proposent des trekkings ou des ascensions) étaient formels : pour entrer dans le Parc provincial de l'Aconcagua il faut un permis et ce permis ne peut être acheté que dans la capitale de la province, Mendoza, en Argentine, à 400 kilomètres de Santiago.
J'ai pourtant bien cherché s'il n'y avait pas une possibilité d'obtenir ce permis à Santiago, car l'Aconcagua ne se trouve qu'à 150 kilomètres de là, et on passe devant pour aller à Mendoza.

J'ai dû me résigner à faire les 7 heures de bus entre Santiago et Mendoza.
La traversée de la cordillère des Andes confirme l'impression déjà eu en la survolant : elle est extrêmement aride et minérale, du côté Pacifique comme du côté argentin. Il n'y a pas d'étage forestier, et seulement de rares arbres (surtout des eucalyptus) dans les fonds de vallée qui apparaissent comme des oasis dans le désert. Ceci dit, les paysages sont magnifiques, ma préférence allant au côté argentin.

Après tant d'aridité, gag ! Le sort a voulu que je passe toute la journée du nouvel an sous la pluie, à Mendoza. En effet, j'avais l'information que le permis de l'Aconcagua pouvait être acheté les jours fériés ; cette information était d'ailleurs affichée sur la porte du bâtiment où ces permis se vendent, mais malheureusement j'ai appris que ce n'était pas vrai le 25 décembre et le 01 janvier… Pas de chance pour Mendoza : je ne recommande à personne d'y être bloqué sous la pluie, un jour où la ville est totalement morte !
Le lendemain, j'étais devant les portes du bureau des permis à 8h, selon l'horaire indiqué d'ouverture ; nous étions d'ailleurs une bonne vingtaine à poireauter quand les agents de la province sont arrivés, une heure plus tard ! Tout ça pour nous donner un ticket, et nous renvoyer vers une officine privée de téléphonie où l'on pouvait payer (seulement en liquide !) le permis dans un guichet de type ticketmaster, avant de revenir au bureau faire une troisième fois la queue pour remplir le dossier de demande de permis… Là, j'ai dû m'énerver un peu car les agents se transmettaient dossiers et passeports dans le plus grand désordre, donc pas dans l'ordre où les dossiers avaient été déposés. J'ai aussi commencé à soupçonner que les demandes des voyageurs indépendants n'étaient pas traitées avec la même diligence que celle des groupes accompagnés par un guide…

J'ai donc payé 170 pesos argentins (approx. 50 USD) pour le permis de trekking de 3 jours. Il y a un permis de trekking de 7 jours qui coûte le double mais qui a mon avis ne sert à rien, car comme on a pas le droit de dépasser les camps de base avec ces permis, il n'y a rien d'autre à faire que ce que l'on peut faire en 3 jours. Pour dépasser l'altitude de 4300 m., il faut le permis d'ascension, qui dure 21 jours et coûte 1500 pesos (450 dollars).
Voir sur le site officiel http://www.aconcagua.mendoza.gov.ar la rubrique « montañismo y trekking » et la sous-rubrique « tarifas ».

Heureusement en courant à la gare routière j'ai attrapé juste à temps le bus Upsallata Express de 10h15 (direction Puente del Inca), qui m'a déposé vers 14h15 à l'entrée du parc d'où l'on a déjà une vue splendide sur l'Aconcagua (photo 1). En fait, le bus dépasse le village de Puente del Inca et monte jusqu'au dernier village avant la frontière chilienne, Las Cuevas. L'entrée du parc se trouve 2 km. en amont de Puente del Inca.

En passant près de l'accueil du parc, deux gardiennes me disent que ce n'était pas la peine d'aller à Mendoza, qu'il était possible d'acheter ici le permis de trekking. Je crois rêver ! J'étais furax, mais je ne suis pas entré pour vérifier si c'était vrai.

A 10 minutes de la route et de l'accueil, on arrive au premier poste de garde où l'on va vérifier et tamponner mon permis. Il est 14h40, je suis à 2820 m. d'altitude, il fait grand bleu, la randonnée peut enfin commencer….

1-20090102-1515.jpg

J'ai fait ce petit périple de 4 jours/3 nuits avec le matos que je décris à la fin, soit un sac de 8kg minimum et 12 kg au départ avec les consommables.
Il faut préciser :
1)    Je devais transporter avec moi tout jusqu'à mon départ en avion (d'où les vêtements de rechange)
2)    J'espérais monter jusqu'à 5500 m. (Nido de Condores) pour y dormir ; j'avais l'information que les nuits étaient à -10°C/-15°C d'où le sursac de couchage, les surmoufles, le collant, les pastilles Esbit pour réchauffer le gaz ainsi que les « grosses » Salomon (trop grandes car achetées pour usage hivernal avec de grosses chaussettes ; pour ce que j'ai fait finalement mes trails auraient parfaitement fait l'affaire).


Premier jour

14h40, 2820m, premier poste de contrôle (Horcones) : départ avec le sac à ordure numéroté qu'il faudra rendre à la sortie.

16h40, 3400m, deuxième poste de contrôle (campement Conflencia) ; les gardes me disent qu'il est interdit de camper en dehors des emplacements prévus aux postes de contrôle, et qu'il faut minimum 7 à 8h pour atteindre le suivant. Je me résous donc à camper ici (photo 2). Petite balade autour du camp, puis discussion avec les deux Italiens de la tente voisine.

2-20090102-1759.jpg


Deuxième jour

06h00 : début d'une longue remontée du fond plat et caillouteux de la vallée de Horcones.
Il faut parfois se méfier des nombreuses traces de mules, qui peuvent détourner du sentier et emmener dans le lit du torrent. Je ne vois absolument personne jusqu'à 9h, moment où commencent à me doubler des trains de mules chargées des affaires des randonneurs pris en charge par les agences. Je croise vers 10h les premiers marcheurs qui descendent du camp de base de Plaza de Mulas. Il y a aussi les restes de plusieurs mules mortes, et même un cadavre assez frais qui dépasse d'un tumulus improvisé. Pas cool ! Le sentier est presque horizontal jusqu'au raidillon qui précède immédiatement l'accès à Plaza de Mulas, situé sur un verrou rocheux au centre d'un vaste cirque englacé (photo 3).

3-20090103-1012.jpg

12h00, 4350m : passage au troisième poste de contrôle du permis, à l'entrée du camp de base ;
celui-ci est situé sous la face ouest de l'Aconcagua, au point de départ de la voie normale qui monte au col visible au centre gauche de la photo 4 (Cambio de pendiente, 5200m). Ensuite, cette voie s'élève sur la face nord-ouest.

4-20090103-1442.jpg

J'apprends au poste de contrôle qu'il m'est interdit de dépasser le camp de base, même en campant là et juste pour une balade ; première déception !
Deuxième déception : les gardes me disent qu'il n'y a pas de WC public et qu'il est obligatoire de louer des WC à l'une des agences qui en ont installés sur place ; après les mésaventures pour l'obtention du permis, ça me met en rogne contre l'administration du parc, qui cherche à décourager les randonneurs individuels pour favoriser les entreprises des muletiers.
Désarçonné, j'erre dans le camp et là : troisième déception ! En fait il m'apparaît comme une concentration de bars et de cybercafés où des frimeurs, randonneurs ou grimpeurs, boivent des bières après avoir fait monter leur matos par des convois de mules. Pour dire l'ambiance pas du tout « paix de la montagne » : musique à fond jusqu'à minuit ! Merci pour les copains qui veulent se lever tôt…

5-20090103-camp2.jpg

Dans l'après-midi, je décide d'aller visiter le refuge qu'on voit sur la photo 5 à l'extrême-droite, et je ne le regrette pas : d'une part il y a des toilettes publiques, d'autre part il y a une équipe de jeunes très gais qui tient une agréable cafétéria où j'avale une salade composée.
Je recommande donc chaudement d'éviter de camper à Plaza de Mulas et de dormir au refuge, ou de camper à proximité.
Le reste de l'après-midi, je musarde le long du glacier qui tapisse le fond du cirque.


Troisième jour

06h15, il fait -2°C sous l'abri : départ sans regret vers l'aval. Là encore, j'ai toute la vallée pour moi seul jusqu'à 9h et les premiers convois de mules.

10h30, 3300m, pont de Conflencia : juste avant d'arriver au camp de Confluencia, c'est le point de départ pour remonter la vallée qui mène au pied de la face sud de l'Aconcagua. En fait, le sentier emprunte sur 13 km. la moraine latérale gauche (est) d'un glacier rocheux, c'est-à-dire entièrement recouvert d'une épaisse couche de graviers rougeâtres (photo 6). L'ambiance de cette vallée est très impressionnante, avec la barrière glacée de l'Aconcagua au bout et les flancs totalement minéraux sans la moindre trace d'un arbuste. Moi j'aime, mais je comprends que d'autres trouvent cela… austère !

6-20090104-1234.jpg

14h30, 4150m, arrivée à Plaza Francia : il s'agit du camp de base pour la face sud de l'Aconcagua ; j'ai bien croisé une poignée de randonneurs qui en redescendaient, mais il n'y a absolument personne là-haut, c'est génial, j'ai cet environnement grandiose et terrible pour moi tout seul. J'installe mon abri et savoure… (photo 7) En fait, je ne l'apprendrai que le lendemain, il est interdit de camper à Plaza Francia ! J'aurai tendance à conseiller aux MULs de transgresser cet interdit et de s'installer discrètement en fin d'après-midi, car comme aucun convoi de mules ne monte ici (ce qui est déjà appréciable en soi), et bien aucun des courageux qui ne veulent pas porter leurs affaires ne vient y camper (en fait, les gens font l'aller-retour dans la journée depuis Confluencia).

7-20090104-1817.jpg

Vers 20h30, alors que seul le sommet de l'Aconcagua est encore au soleil, une chute de sérac déclenche dans un bruit d'enfer une avalanche qui dévale la face sud… (photo 8) Je me sens tout petit !

8-20090104-1942.jpg


Quatrième jour

6h25, il fait -4°C sous l'abri : départ alors que le soleil commence à rosir cette magnifique face sud de 2800 m de haut et 7000m de large (photo 9).

9-20090105-0636.jpg

9h10/9h20, 3400m : je fais la pause à Confluencia, alors qu'il fait plus chaud (vaisselle et toilette)

10h45, 2850m : sortie au poste de contrôle (remise du sac à ordures numéroté), puis descente tranquille vers Puente del Inca par le chemin des mules.

A Puente del Inca, je choisis de m'installer dans le refuge aménagé dans l'ancienne gare du chemin de fer abandonné (photo 10) ; il est géré par une équipe de jeunes andinistes enthousiaste, qui essayent de créer un musée de l'Aconcagua dans l'ancien atelier de réparation des locomotives. Si vous passez par là, ne manquez pas d'aller voir ça !

10-20090105-1140.jpg

C'est juste à côté de la grande attraction touristique du lieu, le pont naturel créé par des eaux thermales au dessus du torrent (photo 11).

11-20090105-puente1.jpg

Si j'étais raisonnable, après ma douche au refuge et mon repas à un des restaurants quelconques du village, je partirai tout de suite pour Santiago, pour être sûr de ne pas rater mon avion pour Paris demain…
Mais je ne suis pas raisonnable, et je suis tellement heureux du moment de grâce que j'ai connu à Plaza Francia que j'ai envie de rester pas loin !
Le lendemain, j'aurai quelques sueurs froides à cause de l'auto-stop qui ne marche pas très bien, mais j'arriverai à l'aéroport de Santiago trois heures tout juste avant le départ de mon avion….

ANNEXES:

CONDITIONS RANDO:
Saison et région: été, Andes sèches
Altitudes mini et maxi: 2700-4300m
Conditions météo: très sec, vent, une petite averse de neige à Plaza de Mulas, -5°C à +15°C
Durée totale: 4 jours
Autonomie maxi: 3 jours
Niveau/difficulté: difficulté: altitude, froid
Nombre randonneurs: 1

2617: SUR SOI (minimum)
1400: chaussures Salomon Revo SCS GTX (T45)
0170: chaussettes Patagonia Heavyweight mountaineering socks (L)
0345: pantalon Quechua
0060: boxer Kalenji
0172: maillot ML+zip Craft Pro Zéro (L)
0050: montre-altimètre Casio Protrek
0420: bâtons de marche Dynastar Nepalight 8 sans rondelles

3954: CONSOMMABLES (maximum):
0390: cartouche gaz 200 CL+ 10 pastilles Esbit
1000: eau
2424: nourriture (700g*3,5 jours)
0050: savon/lessive Care Plus Clean Soap 100ml
0020: PQ
0050: lotion solaire 50ml La Roche-Posay Anthélios XL 50+
0010: tube lèvres protection 20
0010: cartographie et topos (photocopies recto-verso)

8311: SAC SANS CONSOMMABLES
0646: sac à dos Golite Jam2 (M)
0027: sac à dos "fil"
0057: sac de rangement étanche :Seatosummit Ultra-Sil Dry Sack 20L
0060: sac poubelle
1610: sac de couchage Orion (TNF) +Sursac thermique Quechua (ce dernier n'a pas servi)
0440: matelas Thermarest Z-Lite
0860: abri MSR Twin Sisters+6 sardines UL DK
0055: couverture de survie fine
0022: cordelette long. 10m, diam. 2mm (Millet)
0180: Gourde Nalgène 1L (goulot large)
0030: gourde souple Platypus 2,4L (bouchon solidarisé par fil)
0030: couteau Opinel N°6 à virole
0022: 2 bols 300 ml (récup.)
0012: cuillère à soupe (plastique solide)
0010: éponge microfibre découpée 8x8cm
0150: bouilloire Primus Litech 90CL
0140: réchaud MSR Superfly
0011: mini-bic
0240: imper Vertical Manda MP+ (L)
0226: pantalon Lafuma Protect goretex (M) (pas utilisé)
0103: collant Wolford mérinos (L)
0400: anorak thermolite Millet (taille M)
0240: micropolaire Patagonia Capilène 4
0095: maillot MC Kalenji (M)
0060: boxer Odlo
0050: chaussettes DK Diosaz Raid 500
0160: surmoufles isolantes BH (T10) (pas utilisé)
0072: moufles-mitaines LAFUMA polartec
0020: sous-gants Décathlon en soie
0040: cagoule ARVA en polypropylène
0035: bandana en coton 55x55cm
0050: chapeau Lafuma
0020: lunettes de glacier
0054: serviette de toilette serpillière microfibre, 46x60 cm
0002: gant de toilette microfibre découpée 4x8cm
0014: brosse à dent avec capuchon
0035: Désinfectant Bétadyne
0062: pharmacie: Elastoplaste (6cmx1m), bande souple (6cmx1m), 4 compresses stériles, pansement (2 à découper, 3 anti-ampoule), Ibuprofène 400 (10), Micropur forte (30)
0730: chaussures trail New Balance 708 (T43)
0060: guêtres Integral Designs eVENT Shortie Gaiters (pas utilisé)
0730: crampons Camp Magix 8  (pas utilisé)
0060: lampe frontale PETZL Zipka 4xLED (élastique)
0005: sifflet
0035: boussole plaquette Azteq avec cordon
0050: protège-carte topo étanche (poids avec mousqueton)
0006: crayon porte-mine
0040: papiers-argent (CB+passeport+billets)
0010: kit couture
0245: appareil photo Finepix F100FD avec pochette

Dernière modification par jeronimo (18-11-2009 13:20:10)

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#2 05-02-2009 01:25:02

Compte supprimé 4
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

http://picasaweb.google.fr/JeroniMUL/Ac … irectlink#

Ce lien marcherait mieux, je crois. Très beau, vraiment.

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#3 05-02-2009 01:38:19

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Merci Laurentmoinsec, en fait j'étais en train de chercher à insérer les photos dans le récit; on peut gommer cet écange si tu veux.

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#4 05-02-2009 04:18:53

Alex85
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Magnifique reportage, ça donne envie!
Merci


Au hasard des chemins

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#5 05-02-2009 07:24:31

coyotte26
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Alex85 a écrit :

Magnifique reportage, ça donne envie!
Merci

Les photos oui, l'organisation sur place beaucoup moins... Existe-t-il encore un massif de très haute altitude où l'on peut se promener tranquillement sans avoir besoin de courir à droite à gauche pour des permis, où l'on ait le droit de bivouaqué dans le strict respect de la nature ??

Ceci étant dit, l'eau du torrent n'a pas l'air vraiment consommable alors où trouvais-tu ton eau ?

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#6 05-02-2009 10:29:21

Herdubreid
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

coyotte26 a écrit :

Les photos oui, l'organisation sur place beaucoup moins...

Mon dieu ... le cadre et les photos sont superbes, mais le reste me dégoûte carrément. Certes organiser une sortie en des lieux aussi éloignés me dépasse un peu, mais je dois dire que de telles conditions m'en ôtent définitivement l'envie.

Heureusement que tu as pu "voler" ce moment de grâce à Plaza Francia...

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#7 05-02-2009 10:54:19

coyotte26
microbiologiste montagnard
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Herdubreid a écrit :
coyotte26 a écrit :

Les photos oui, l'organisation sur place beaucoup moins...

Mon dieu ... le cadre et les photos sont superbes, mais le reste me dégoûte carrément. Certes organiser une sortie en des lieux aussi éloignés me dépasse un peu, mais je dois dire que de telles conditions m'en ôtent définitivement l'envie.

Heureusement que tu as pu "voler" ce moment de grâce à Plaza Francia...

Je suis bien d'accord....

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#8 05-02-2009 11:16:30

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Merci à tous des félicitations, ça m'encourage pour le prochain compte-rendu (cette fois rando a 2 en Patagonie).

En fait, entre les camps et points de contrôle et aux heures où j'ai marché (de l'aube au milieu de journée), il n'y a personne dehors et l'ambiance reste grandiose partout. Donc je ne veux décourager personne qui passerait par là de faire cette petite excursion. Il est clair qu'elle ne mérite pas d'organiser un voyage depuis la France (la Patagonie oui!), sauf si on veut faire le sommet (mais là je crois qu'il faut prévoir un minimum 7 a 8 jours).

Je crois que si l'on est prévenu des désagréments liés au permis et aux campements obligatoires, on peut s'organiser en conséquence, on en souffre moins et on peut profiter du paysage.

Pour l'eau: chaque fois directement prise dans les filets de fonte en bas des névés, sauf à Confluencia où il y a un point d'eau aménagé (c'est aussi pour ça que j'y ai fait ma toilette).

A+

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#9 05-02-2009 11:57:18

velox
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Il a la belle vie, le jero! wink

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#10 05-02-2009 12:22:57

Askelon
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

En effet, le récit et les photos sont magnifiques !!!

Par contre le reste représente exactement ce qui m'énerve dans la rando organisée, permis, zones restreintes, etc ... du coup je ne peux m'empêcher de poser la question : disons qu'on les emmerde royalement les guides, gardes, mules et leur permis à la noix, c'est toujours possible d'entrer dans le parc et de se balader ou l'on veut ? (en prenant évidemment soin d'éviter les postes de garde et autre point de contrôle)

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#11 05-02-2009 14:36:23

guy62
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Qu'il y ait des endroits pas géniaux où on croise trop de gens et pas ceux qu'on souhaite, soit. Qu'on ne fait pas ce qu'on veut, c'est embêtant.

Par contre, je n'encouragerais pas non plus le fait de ne rien payer du tout et quant aux conditions d'obtention du permis, ça ne me choque pas. Après tout, on est dans un pays étranger et il est normal de se conformer aux usages du pays. ( D'ailleurs, en France, tout ne va pas non plus aussi vite qu'on le voudrait ).
Il ne faut pas oublier que si l'on paye pour un permis, on peut penser que ça sert aussi à protéger la nature.

Sinon, très belles photos. J'attends avec impatience ton reportage sur la Patagonie ( souvenirs, souvenirs... )

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#12 05-02-2009 16:22:18

maxouklod
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Hé bien à mon tour de te dire un grand merci l'ami Jeronimo !
Supers photos, mais aussi un récit plein de bons conseils ; ça c'est de l'info, les mauvais plans à éviter et tout ce qu'on peut faire. C'est devenu trop rare sur les forums pour ne pas le signaler.

Pour le reste, moi suis d'accord pour "payer" afin de pouvoir accéder à certains endroits (exemple Chemin de l'Inca au Pérou). Cela permet une rentrée d'argent, parfois nécessaire à l'entretien de certains sites. Mais il est vrai que dans certains pays les démarches administratives sont parfois d'une lenteur extrême; quoique chez nous c'est pas toujours mieux...... (je ne citerai personne).

Par contre, je me fais également l'échos de ceux qui pensent que ceux qui "pourrissent" tout, ce sont les mecs bourrés de fric, incapables de porter leur propre sac et qui se la pète en sirotant une bière. Et qui sont là, juste pour pouvoir dire "je l'ai fait". Un grand Mer*e à ceux là.
Mais hélàs, on les retrouve de partout, pas uniquement en montagne : au milieu du désert dans des 4X4 qu'ils sont incapables de piloter ou de réparer(avez-vous vu les images du dernier Dakar -quand les concurrents bataillent, là où les locaux passent avec des 4X4 de série. A pouffer de rire).

Tout ce que cela rapporte, c'est une inflation des tarifs : bientôt il n'y aura plus que les riches pour ce payer du dépaysement, des gens qui n'en on rien à foutre des autochtones.....
Aller j'arrête là.

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#13 05-02-2009 18:41:18

Carn mor Dearg
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

jeronimo a écrit :

Il est clair qu'elle ne mérite pas d'organiser un voyage depuis la France (la Patagonie oui!), sauf si on veut faire le sommet (mais là je crois qu'il faut prévoir un minimum 7 a 8 jours).

J'ai failli participer à une ascension de l'Aconcagua en 2006 (financièrement un peu trop lourd à mon goût).  Au total, l'expé durait 3 semaines.


"C"est juste l'éthique britannique. On garde les montagnes vierges, sans spits. Beaucoup de voies sont faciles, tu peux te protéger avec des coinceurs. Alors pourquoi mettre des spits? Pour abaisser la montagne à ton niveau?" Andy Turner

"Nager. C'est ce que l'on recommande en cas d'avalanche. Nager? Ceux qui écrivent les guides de survie sont des rigolos." Joe Simpson

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#14 05-02-2009 20:03:33

denq
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Intéressant de voir à quel point les autorités "organisent" la randonnée pour ce grand sommet... Enfin, il doit bien rester des sommets de second ordre gratuits et "libres" dans les Andes?
Sympa de voir la Twin Sisters dans ces paysages, ça aide à s'identifier à l'auteur;-)


Vaut mieux être un peu titane qu'un grand mulet...

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#15 05-02-2009 20:46:56

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

@Carn mor Dearg: je sais que les agences vendent des ascensions de trois semaines, mais je suis convaincu qu'elles exagèrent pour pouvoir gonfler la note.
Elles sont en cheville avec les services du parcs qui énoncent les recommandations suivantes MINIMALES concernant l'acclimatation à l'altitude:
- il faut passer 2 nuits à Puente del Inca (2700m)
- 2 ou 3 nuits à Confluencia (3400m) et un aller-retour dans la journée à Plaza Francia (4200m)
- 3 ou 4 nuits à Plaza de Mulas (4300m) avec ascension de petits sommets aux alentours de 5000m
- 1 nuit à 5500m
- 2 nuits à 6200m avec AR au sommet
- 1 nuit à Plaza de Mulas
- 1 journée de retour
- journées supplémentaires en réserve.
Avec un programme pareil, vous aurez besoin de mules, non seulement pour monter toute la bouffe nécessaire, mais aussi de quoi camper par -20°C ou plus froid.... Et puis il vous faudra des jeux de société ou de la musique, pour passer le temps!

Attention, il y a des chiffres contradictoires sur les altitudes des divers camps supérieurs...

Voilà sur quoi je me base pour dire qu'on doit pouvoir faire le sommet en 7 à 8 jours en mode MUL (c'est à dire en portant tout de l'entrée du parc au sommet et retour):
- jour 1: 2h de montée de 2800m à 3400m et acclimatation 1 nuit
- jour 2: 6h de montée de 3400m à 4300m et acclimatation 1 après-midi et 1 nuit
- jour 3: 4h de montée de 4300m à 5500m (Nido de Condores) et acclimatation 1 après-midi et 1 nuit
- Jour 4: 8h pour l'AR au sommet (1500m+)
- jour 5: Plaza de Mulas
- jour 6: retour à Puente del Inca
- jours 7 et 8 pour s'adapter aux conditions météo ou rallonger l'acclimatation.
Je crois que ma liste est bonne pour ce programme, y compris pour le campement à 5500m par -10°C
Grâce à la possibilité de se ravitailler à Plaza de Mulas, on peut ne porter que 4 jours de nourriture, mais c'est plus cher.

Pour mémoire, des coureurs auraient fait l'aller-retour au sommet depuis Horcones (le premier poste de contrôle) en moins de 20h (87 km horizontalement et D+4150m.). Il y a un débat sur l'authenticité du dernier record, qui serait de 14h!

Je pense qu'on doit pouvoir faire cela seul, et en indépendant, donc à moindre coût; je ne dirais pas en solitaire, puisqu'en haute saison les gardes estiment qu'il y a 400 à 800 personnes sur la voie normale.

D'après les topos il s'agit d'un trekking, avec aucune difficulté d'escalade, seulement un éboulis pénible et parfois des névés qui nécessitent d'emporter des crampons.
Mais il y a des morts tous les ans, à cause de l'altitude (oedèmes et crises cardiaques) ou du froid (ce sont surtout des gens qui ont été désorientés par une tempête et sont redescendus du mauvais côté puis se sont retrouvés coincés dans une paroi avec des difficultés d'alpinisme).
Concernant l'altitude, il est frappant dans les récits détaillés de constater que presque toujours la victime ne se sentait pas bien mais a continué à monter au lieu de redescendre.
De mon côté, avec l'altitude  (à partir de 3900 m pour moi) j'applique les règles suivantes: 1) ne pas m'essoufler ni laisser mon coeur s'emballer, donc ralentir dès que cela menace; 2) si ça s'emballe quand même, je m'arrête jusquà avoir retrouvé le calme; 3) si je ne retrouve pas la paix du coeur et de l'esprit, je redescends. Avec ce régime je suis allé plus d'une quinzaine de fois de 4000 à 5700m, parfois avec des allers-retours dans la journée, parfois avec des nuits à plus de 5000m. Je serai curieux de voir comment ça se passe au-delà, comptant que je ne continuerai pas si je ne me sens pas bien.

Dernière modification par jeronimo (05-02-2009 22:22:53)

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#16 05-02-2009 20:50:47

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

denq a écrit :

Intéressant de voir à quel point les autorités "organisent" la randonnée pour ce grand sommet... Enfin, il doit bien rester des sommets de second ordre gratuits et "libres" dans les Andes?
Sympa de voir la Twin Sisters dans ces paysages, ça aide à s'identifier à l'auteur;-)

Tout ce qui est dans le parc est soumis au régime du permis.

Mais il semble que depuis Puente del Inca vers le sud, il y a un très beau 4000m à faire (dixit les gens du refuge).
Ensuite, plus au sud il y a le Putungato, volcan de 6550m apparemment d'accès totalement libre.

Enfin, je n'ai rien lu à ce sujet, mais j'ai eu l'impression visuelle que depuis le dernier village avant la frontière (Las Cuevas), il y a des tas de belles balades à faire.

Le reste des Andes s'étend sur des milliers de km, alors, oui, il y a l'embarras du choix!

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#17 05-02-2009 21:07:40

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

à tous ceux qui commentent au sujet du système de permis:

sur le principe, dans une zone vulnérable soumise à une très forte demande comme l'Aconcagua, je ne suis pas défavorable à un système de régulation.
Donc pourquoi pas un permis, qui permet:
- de faire participer les bénéficiaires au coût de la chose (tarifs différents pour les Argentins et les étrangers, ce qui est juste vis-à-vis des européens ou des nord-américains, mais injustes vis-à-vis des chiliens dont le pouvoir d'achat est inférieur à celui des argentins...)
- d'organiser la sécurité (on sait où est qui; j'ai oublié de mentionner les va-et-vient de l'hélico qui emporte un coup des déchets, un coup des blessés)
- de contrôler la pollution (système du sac de déchet numéroté, campements obligatoires).

Mon problème, ici, ce fut plutôt:
1) la mauvaise information et organisation pour la délivrance du permis
2) le fait que les convois de mules détruisent les sentiers, que les cadavres de mules polluent autant que les crottes d'humains, que les mules permettent d'amener en altutude autant de consommables qui deviendront des déchets, et que le confort qu'elles représentent permettent à des gens qui n'ont ni la forme physique, ni l'expérience, ni le respect des autres, de venir polluer l'ambiance (le tout entraînant plus de vols de l'hélico)
3) le laxisme des gardes vis-à-vis des comportements dans les campements
4) le fort soupçon que la rigueur environnementale et sécuritaire qu'on m'imposait ne valait pas pour les agences parce qu'elles représentaient de l'argent pour les entrepreneurs de la région et de l'emploi pour les muletiers locaux...

Donc, peut-être qu'une régulation plus subtile pourrait réduir le portage par mules aux consommables (alimentation, combustible) et ne laisser monter aux camps de base que les gens capables de porter tout leur matériel... Probable que ceux-ci alors se comporteraient autrement.

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#18 05-02-2009 21:12:51

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

velox a écrit :

Il a la belle vie, le jero! wink

OUI! J'ai l'avantage, comme Mad, que mon boulot m'amène à voyager (moins que lui quand même, moi c'est 2x/an), et j'en profite pour rajouter des bouts de vacances et faire ce genre de projet.

Sinon, quand je prends mes grandes vacances, je vais plutôt dans les montagnes proches comme les Alpes.

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#19 06-02-2009 10:44:05

guy62
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

jeronimo :
- concernant le permis, c'est bien ça que j'avais compris de ta part. La mauvaise organisation, c'est plutôt étonnant de la part des Argentins, vu comme c'est organisé en Patagonie. Par contre, si tu ne laissais monter que les gens qui peuvent porter leur matériel, il y aura beaucoup moins de monde. L'éternel problème...
- l'acclimatation, je trouve que tu pourrais rajouter un ou deux jours vers 4000m. Ce qu'on m'a dit pour une acclimatation plus facile ( au Népal ), c'est en cas de journée facile, monter un peu plus haut l'après-midi, puis redescendre... Mais je crains d'être hors-sujet là.

Dernière modification par guy62 (06-02-2009 10:45:46)

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#20 07-02-2009 16:22:42

jeronimo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Guy62,
je ne trouve pas que ton commentaire est HS, car j'attendais une discussion sur le système de permis et sur l'acclimatation à l'altitude avec ce sujet. Je crois qu'en joignant les expériences des uns et des autres on peut tous apprendre quelque chose de ces discussions (c'est pour ça que j'aime RL!).
Tu as sans doute raison, il faut sans doute avoir 1 ou 2 jours en réserve pour dormir plus longtemps au camp de base si on ne se sent pas au mieux lors de la première montée au delà de 5000m.
Inversement, et bien que je ne sois jamais monté à plus de 5700m., à lire d'autres récits et forums j'ai l'impression qu'il vaut mieux ne pas traîner plus haut, à cause du froid et des risques d'évolutions météorologiques très rapides. Donc pour l'Aconcagua, dont le sommet a été temporairement pris dans des nuages tous les jours où je m'y suis trouvé, alors que le reste de la région était au beau sec, j'envisagerais (pour moi-même, je n'en suis pas à le recommander à quiconque) d'essayer de faire le sommet en AR depuis 5500m, en partant avant l'aube et en faisant demi-tour à midi, même si je ne suis pas encore arrrivé au sommet.

Il y a un récit sympa de l'ascension en solo sur camptocamp:
http://www.camptocamp.org/outings/13488 … ie-normale

En fait, la seule nouveauté serait de faire ce sommet en mode UL, c'est-à-dire en portant l'intégralité de ses affaires du début jusqu'à la fin.

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#21 07-02-2009 19:48:36

Carn mor Dearg
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Je ne prendrais pas à la légère l'acclimatation...  l'Aconcagua est quand même plus un 7000m qu'un 6000m... roll
Sur les 8-10 membres de l'expédition dont je parlais, un seul et un guide sont parvenus au sommet (avec des orteils gelés...) hmm


"C"est juste l'éthique britannique. On garde les montagnes vierges, sans spits. Beaucoup de voies sont faciles, tu peux te protéger avec des coinceurs. Alors pourquoi mettre des spits? Pour abaisser la montagne à ton niveau?" Andy Turner

"Nager. C'est ce que l'on recommande en cas d'avalanche. Nager? Ceux qui écrivent les guides de survie sont des rigolos." Joe Simpson

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#22 08-02-2009 00:27:37

Volo
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Tes photos sont superbes wink
Celle de l'avalanche est impressionnante, on doit vraiment se sentir petit dans ces moments là

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#23 08-02-2009 19:13:07

maxouklod
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Moi j'ai une question toute bete : croyez vous que jusqu'à 4000m on ait besoin d'acclimatation ?
Je précise ma question : ne confond-t-on pas acclimatation et condition physique ?

J'ai passé 2 mois sur l'altiplano andin; entre 3800 (lac Titicaca) et  4200m avec une tentative de sommet avortée à 5500m.
En Bolivie, par curiosité je suis allé skier un aprés midi sur ce fameux glacier avec le CAF local (je ne me rappelle plus l'altitude exact mais probablement autour de 5000m.

Je ne suis resté que 2 jours à Lima, au niveau de la mer avant de rejoindre l'altiplano ! D'ailleurs pour le rejoindre il faut passer la première barrière de la cordillère des Andes à plus de 4800m. Sur le chemin de l'Inca, on passe un col à 5200m.

Donc pour reprendre je n'ai pas eu de probléme d'acclimatation, genre rythme cardiaque qui s'emballe (est-ce que cela survient à plus haute altitude ?? ou est-ce que cela est propre à la condition physique de chacun ? à son propre métabolisme ?? relation avec l'âge aussi ???).

Comment mon organisme réagissait à cette altitude : tout simplement pas de "jus", des pates en coton qui ne répondent plus aux sollicitations. Le souffle est un peu court, mais guère plus que lorsqu'on pique un 400m à froid : phénomène d'anaréobie tout simplement. Mais pas cet emballement cardiaque dont vous parlez.

Faites moi partager votre avis.

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#24 09-02-2009 11:15:08

guy62
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Pour moi l'acclimatation, c'est de rester un ou deux jours tranquillement au même endroit. Je suppose que tu es resté quelques jours à Cuzco où tu avais le souffle court. Eh bien, moi aussi et je pense que c'est normal. L'acclimitation, pour moi c'est cela.

Pour le MAM, les premiers symptômes sont plutôt un fort mal de tête ( je n'ai jamais eu de mal de tête, sauf en Bolivie le premier jour et c'était léger ).

Il y a quelques années, on est allés au Pérou et on a été sur le sentier de l'Inca. Le seul qui avait un mal de tête, c'est le plus sportif d'entre nous.

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#25 09-02-2009 11:55:46

Bison
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Re : Un MUL au camp de base de l'Aconcagua

Bonjour,

Moi j'ai une question toute bete : croyez vous que jusqu'à 4000m on ait besoin d'acclimatation ?
Je précise ma question : ne confond-t-on pas acclimatation et condition physique ?

J'ai l'impression que c'est très personnel ... une question de "réactivité" de l'organisme face à un changement de milieu.
Nous ne naissons pas vraiment égaux/identiques ...

Pour info, et juste pour alimenter la réflexion personnelle :  les test (sérieux :  source = FAA) ont démontré que la vision nocturne commençait à se dégrader dès 1.500 m. (Début de sous-oxygénation des photo-récepteurs spécialisés - les bâtonnets.)


La balance n'est pas un maître, mais un serviteur

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