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#276 02-04-2014 19:18:57

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Genial, l'une des deux seules catastrophes naturelles qui manquait a ma liste. Me restera plus qu'a me taper une eruption apres ca. big_smile

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#277 02-04-2014 21:42:58

cernunos
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

smile Va au Yellowstone...


"Marche, marche ! Tu verras..." Henri Vincenot - Les Etoiles de Compostelle
"Le recours aux forêts — ce n'est pas une idylle qui se cache sous ce mot. Le lecteur doit plutôt se préparer à une marche hasardeuse, qui ne mène pas seulement hors des sentiers battus, mais au-delà des frontières de la méditation." Jünger

"Marcher dans une forêt entre deux haies de fougères transfigurées par l’automne, c’est cela un triomphe.
Que sont à côté suffrages et ovations ?"   Cioran

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#278 16-04-2014 02:49:03

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Toujours a attendre mon kayak, je commence a saturer la... Bref en attendant, nouveau retour matos.

Ce qui m'a manque par rapport a la liste de base: pas grand-chose. Des lunettes de soleil (altitude, neige, trou dans la couche d'ozone...), et un baton, uniquement au-dessus de la limite des cactus.

Ce que je changerais (au niveau fonction ou materiaux: je sais bien que Sawyer a par exemple sorti un filtre plus leger depuis, mais c'est des details), quatre trucs:

- Doudoune: le duvet est pour moi ingerable par temperatures positives. Synthe (probablement) ou polaire a la place, donc. En plus je n'aime pas m'em***er avec le matos, devoir le sortir pour qu'il reprenne son gonflant, etc. Par contre, toujours aussi fan du gilet avec capuche. Un peu moins de la coupe "tonneau" de Triple Zero, qui fait que le bas du gilet a tendance a remonter la nuit.

- Sursac: le fond etanche en Cuben est une mode stupide et genere de la condensation. En dehors de cela, une version tout en eVent serait tout simplement parfaite (meilleur sursac imper sur le marche AMHA - bon apres, le prix...). Et je prefere porter 75g de sursac en plus que le meme poids en humidite dans mon sac de couchage de toutes facons.

- Poncho: la c'est different. Il fait son taf, il est parfait en tant que tarp, mais j'ai deux idees de bricolage en tete a tester au retour. Bref... a suivre. wink

- Electronique: trop de trucs. Je cherche toujours une tablette eink avec APN, prise casque et batterie eventuellement remplacable pour moins de 200g, mais la j'imagine que je reve...

Sinon, encore plus content de MLD qu'avant de partir. Ils ne lesinent pas sur la solidite pour etre encore plus legers sur leur catalogue, les produits sont testes et retestes sur le terrain et ca se sent, ils sont bourres de details utiles (example trivial: pas besoin d'appuyer sur les tankas pour les serrer), et les materiaux utilises sont vraiment au top (mention speciale pour la deperlence du quilt).

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#279 16-04-2014 03:19:58

ventcalme
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Kam a écrit :

- Poncho: la c'est different. Il fait son taf, il est parfait en tant que tarp, mais j'ai deux idees de bricolage en tete a tester au retour. Bref... a suivre. wink

Parfait en tant que tarp ? C'est tout de meme un tres petit tarp, donc pas si facile que ça à utiliser (en tout cas, moi, j'ai du mal avec le mien : ça passe pour un soir ou deux, pour dépanner, mais je suis épaté par ton utilisation sur du long cours).

Meme sans les avoir experimentées, peux tu en dire un peu plus sur tes idées de bricolage ? Un point d'attache supplémentaire ? Un systeme permettant de raccorder temporairement un kilt de pluie ou un coté de tapis de sol ?

Dernière modification par ventcalme (16-04-2014 03:21:13)

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#280 16-04-2014 03:42:15

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Je l'utilise avec un sursac imper. wink Mais meme comme ca, bien monte, le sursac sert plus a ne pas se prendre la tete quand tu touches la toile. Je crois que dans 95% des cas, je pourrais meme m'en tirer avec un sursac deperlant quand j'utilise le tarp (monte en demi-tipi).

Pour les idees de bricolage... Premier truc (juste pour voir, pas ce qui me convainc le plus sur le papier): une cape de pluie-tarp. Dimension identiques au MLD, mais avec la capuche en haut sur un bord.

Deuxieme truc, bien plus complique a faire: un manteau-tarp en Cuben ou autre materiau imper. En gros un manteau type Highlander ou Matrix avec deux pans se rabattant a l'interieur de chaque cote pour l'utiliser en tarp (ou tipi). Meme chose pour les dimensions, a une vache pres. lol

Sinon, j'oublais, mais autant j'adore les Solar, autant les Solite ne tiennent pas la route. Je detaillerai dans le sujet dedie a l'occasion.

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#281 14-05-2014 23:32:05

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Cusco

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Je repars d'Aguas Calientes comme j'y suis venu: la ligne de chemin de fer, les gringos (un peu moins - c'est surement trop tot), Santa Theresa... J'attends toujours un coli de France pour pouvoir poursuivre mon voyage, sans surprises bloque a la douane. J'ai du temps a tuer... je repasse la nuit la histoire d'aviser. Mon premier plan etait de partir quelques jours a travers la montagne pour rejoindre Choquequirau, des ruines recemment decouvertes au Sud-Ouest du Machu Picchu, perdues dans la montagne et accessibles uniquement a pied, mais vu le temps de merde, j'y renonce. Pas le courage de passer un col a 5000m sous la neige, ou pire: sous la pluie.

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Je passe au plan B. J'avais repere quelques villages sympas entre Cusco et Santa Maria, je vais en faire tranquilement le tour. Ollanta en particulier m'avait vraiment tape dans l'oeil. Super touristique - c'est l'un des points de depart des aventuriers de l'Inca Trail - mais magnifique. Un vieux village inca, des fortifications sur les hauteurs... L'un des derniers coins ou les incas ont casse du conquistafiore. La victoire a ete courte: les valeureux bouchers sont revenus en nombre et ont tout defonce. Les fortification sont toujours la, et peuvent etre visitees pour un prix qui frise franchement le foutage de gueule. La magie des boletos turisticos de Cusco... Pour voir un site, tu es oblige de prendre un ticket qui les couvre tous - sauf que tu n'auras pas le temps ou l'envie d'en visiter les deux tiers.

Je suis a la terrace d'un resto sur la place. Un type vient me voir. Il veut me vendre un truc. Il s'adresse a moi en anglais - c'est encore pire que sur la Plaza de Armas de Cusco ici...

- No hablo ingles.
- Ah, frances?

J'explose de rire. Je suis repere.

- Canada?
- Non, juste francais.

Faut croire que les quebequois sont encore pire...

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Je bouge a Pissaq sur la route de Cusco apres avoir pris comme il se doit le temps de glander ici. Y a des ruines impressionantes, qu'il parrait. Ouais, elles le seraient surement si elles etaient degagees, mais la, ca ressemble plus a un paturage abandonne qu'a autre chose. Le site est enorme, mais je crois que je l'aurais plus apprecie si on ne m'en avait pas fait tout un foin avant. Et puis juste entrer dans ce site a releve du defi insurmontable:

- Boleto.
- Voila mama.
- Il est perime ton truc.
- Arrete ton delire, il est valable une semaine!
- Non, c'est le boleto completo qui est valable une semaine, celui-la, c'est deux jours...

Le foutage de gueule continue. La nana me prend en pitie...

- Allez, c'est bon, passe. Par contre, j'annule toutes les entrees qu'il te reste pour les autres sites.

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Et puis c'est le retour a Cusco, l'imperiale, la majestueuse - la pluvieuse aussi -, la gringita... Deja une semaine que je suis la. J'attends mon kayak de France. Les journees se ressemblent - elles ne ressemblent a rien. Je glande. J'ai encore change d'hotel ce matin. Histoire de bouger, juste comme ca. J'en ferai une quinzaine. Je n'en peux plus d'etre la.

Deux semaines. Je suis repasse a la poste aujourd'hui. On me serre la main quand j'arrive et l'on m'appelle par mon prenom. La douane de Lima avait encore une "notification" pour moi. Des papiers. Toujours des papiers. A croire qu'ils le font expres. Les douaniers peruviens remontent d'un cran dans le classement. Et puis c'est pas n'importe quels papiers, qu'ils veulent, mais des biens propres, tout beaux tout blancs, avec des tampons dessus - c'est important pour les douaniers ca, les tampons. Mais du coup aussi, me v'la en quete d'un notaire pour ajouter de l'encre sur la paperasse et faire plaisir aux glorieux gardes des frontieres peruviennes...

Les etudes sont toutes fermees... Je retourne dans un bistrot ou j'ai mes habitudes. Enfin... surtout avec la serveuse. Une argentine s'assoit a cote, avec trois grosses et grasses ricaines - le genre bestiau de compet, de celles qui paient un supplement sur Easyjet. Je la regarde un moment... c'est pas possible.

- T'as pas une frangine a Buenos Aires qui s'appelle A.?
- Euh... si, mais comment tu sais ca?
- J'ai fait un bout de route avec dans le Nord-Ouest argentin... Tu as exactement la meme gueule. Je savais qu'elle avait grandi au Perou, mais elle ne m'avait pas dit qu'il lui restait une soeur ici...

Ca se finit du coup a l'argentine, avec du pisco, du coca, et une peña. Les grosses ricaines n'ont pas suivi. Deja qu'elles avaient du mal a passer la porte, alors la nuit avec nous...

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Trois semaines. Toujours a attendre. Je traverse la Plaza de Armas...

- Masaje, friend?
- Cigarettes?
- Une photo avec le lama?
- Masaje?
- Machu Pichu?
- Weed?
- Jungle trail?
- Restaurant?
- Masaje?

Et encore, beaucoup me reconnaissent maintenant, c'est plus soft. Et puis comme si j'allais acheter de l'herbe a un gonze qui gueule ca a cinq metres des flics... Un jongleur de rue me taxe une clope. On discute un peu... Ca se finit chez lui autour d'un sac rempli de beuh. Le gars est un genie. Si la weedologie etait une science, il aurait un Nobel. Rien a voir avec la daube que l'on trouve en France ou en Argentine, la on donne dans le bio, dans le commerce de proximite, dans le Max Avlar... On frole du doigt le sublime.

- Merde, je ne voulais pas faire un allez-retour en Bolivie pour remettre a zero mon visa, moi? Je vais faire comment avec les provisions que je rammene? Bon, j'aviserai plus tard.

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Quatre semaines. Une nouvelle hospedaje. Une de plus. Des gonzes finissent leur soiree sous ma fenetre. Je rigole de leurs conneries dans mon aquarium. Je voulais le garder pour la jungle, mais il faut que je le torche avant, ce sac. Je suis repasse a la poste aujourd'hui. Le coli est toujours a Lima. J'ai fait une reclamation. Encore une semaine a attendre. Je n'en peux plus. Tout cela ne rime a rien. J'etais deja dans la jungle dans ma tete, et je me retrouver a ramper depuis un mois a Cusco. Il n'y a pas grand sens en general a ce que je fais, je me laisse porter, mais au moins il y a du mouvement. La, je n'ai meme plus ca. Lundi, je me tire. Que mon kayak soit arrive ou non, je me tire. Finies, les conneries.

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#282 28-05-2014 20:51:33

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Puerto Bermudez

- Ah, D., je te cherchais! Il est arrive!

C'est la miss de la poste. J'ai ENFIN mon kayak! Je n'aurais pas attendu de toutes facons. Et puis bonne surprise: je n'ai rien eu a payer alors qu'ils m'avaient fait miroiter du 130$ la premiere fois...

Je file a la gare routiere. Je suis a la frontiere une bonne vingtaine d'heures plus tard. Le Chili... Pourquoi la-bas plutot que la Bolivie plus proche? Je n'ai pas envie de revenir sur mes pas. Et surtout, surtout, ils ont des supermarches, avec du saucisson en rayon. Et accessoirement, du chocolat qui ne coute pas un bras. J'y ferai mes provisions pour tenir au moins jusqu'a Pucallpa. Le trafic de sifflar... faut vraiment etre francais pour se lancer dans ce genre de choses. Ceci dit, je n'ai pas besoin de ca pour me faire reperer. J'entame un bout de gras au terminal...

- T'es francais, non?
- Euh... oui.
- Ca se voit a ton visage, les italiens n'ont pas la meme tronche.
- Bah... il n'y a pas que des francais ou des italiens qui viennent ici...
- Oui mais les autres ne parlent pas espagnol.

C'est heureusement exagere, mais ca fait peur, ce genre de generalites. Enfin... c'est surtout le fait qu'elles soient fondees qui fait flipper.

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Le Chili... c'est marrant de retourner dans un pays quatre ou cinq mois plus tard. Certains trucs paraissent completement differents avec le recul. D'autres, pas du tout. Rien que physiquement, les chiliens me paraissent blanc comme un cul maintenant, alors qu'ils faisaient super bronzes en arrivant d'Argentine. Ils semblent un peu moins coinces que dans le Sud aussi, meme si ce n'est pas non plus l'eclate franche dans les rues. Ou c'est peut-etre juste parce que je suis en ville. Par contre, je suis aussi de retour a Umpa Lumpa land - ca, ca n'a pas change. Le royaume du cubique... M'etonnerait pas que Picasso ait traine ses guetres dans le coin, tiens.

Je reste a Arica quelques jours histoire de donner le change. Pour ca, mais aussi parce que j'avais trouve une petite hospedaje bien sympa. Une chambre super propre, de l'eau chaude au robinet sans avoir a utiliser ces pommeaux de douche electriques qui ne chauffent rien une fois sur deux... Et surtout, une cuisine. Et de quoi faire ses provisions. Raah, je l'ai rentabilisee, celle-la... J'en salive encore. Je ne sais pas dans combien de temps je pourrai me preparer un nouveau poulet gongbao. Je savoure...

J'y croise aussi un couple de francais bloques la depuis des semaines. Ils avaient achete une voiture a Santiago avec laquelle ils avaient bourlingue en Argentine et au Chili, mais ce coup-ci, ils sont tombes sur des teigneux a la douane:

- Elle est pas a vous la voiture, la!
- Hein?

Le notaire a Santiago avait oublie de renvoyer un bout de papier, du coup l'Etat n'avait pas fait le changement de proprietaire. Et vu comment les administrations sont reactives des qu'il s'agit de paperasse, m'est d'avis qu'ils ne sont pas prets de quitter le Chili, mes parigots.

Et puis c'est le retour au Perou, et a Tacna. Ils me remettent 90 jours a la frontiere. Ca m'evitera d'avoir a demander une extension. Je vais directement au terminal et je chope un bus pour Lima. C'est le terminal le plus flique que j'ai vu de ma vie. Meme les compagnies de bus participent au fichage collectif: prise d'empreintes digitales avant de monter, un mec te filme avec son camescope a l'entree... Heureusement que j'avais vu autre chose du Perou avant.

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Les paysages defilent... Le desert... Les dunes a perte de vue se sont couvertes de couleurs pastels... Il a quelque chose de surrealiste. Il faudra que je revienne le voir, celui-la. Les compagnons de voyage se succedent egalement. La grand-mere impotante cede sa place a un naturista. Non, il n'est ni naturaliste ni naturiste, c'est juste un vendeur de remerdes miracles contre le mal de dos et les hemoroides d'apres ce que j'ai compris. Il m'explique tour sur tout sur l'Amerique Latine et le reste du monde... J'arrete rapidement d'ecouter.

Lima... Je n'en vois rien. Je fonce vers le terminal d'une compagnie qui va vers la selva. Un flic me fait un sermon sur la clope. Je somnole dans le bus en contemplant ma bouteille se deformer avec le changement d'altitude. Je quitte definitivement la cordiliere. La Merced... j'y retrouve la meme atmosphere que dans le Sud-Est asiatique, c'est etonant. La meme lourdeur dans l'air, les memes odeurs - celles des gaz d'echappement des tricyclos -, les memes chairs qui se denudent aussi, et qui se gorgent de graisse, ici. Le temps ralentit. Je retrouve le rythme. Le rythme lent et etouffant de la jungle.

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Il est quatre heures du mat'. Les aventuriers se levent tot. Ou ne se couchent pas. Je trouve un collectivo pour Puerto Bermudez. Les routes sont completement defoncees. Je cesse de compter le nombre de rivieres que l'on traverse. L'eau s'infiltre par le bas de la portiere et vient me rafraichir les panards. Mon voisin tente de prouver qu'il est le male dominant en ecartant autant que possible les jambes, bouffant tout l'espace...

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J'arrive enfin. Je regarde ma pagaie, c'est de la que je partirai. Je pourrais embarquer d'ici pour un voyage jusqu'a l'Atlantique... Je vais commencer par essayer de rejoindre Pucallpa, ca sera deja ca. Je debarque chez Jesus. Non, je ne tappe pas l'incruste chez les bonnes soeurs de la place: Jesus, c'est un basque espagnol qui tient une albergue pres du rio. Un grand monsieur. Tout vieux, tout maigre et tout barbu, qui survit grace au cafe et a la clope. L'accueil est... surprenant:

- Il vient d'y avoir une catastrophe!
- Euh...

Le fleuve est entre en crue pendant plusieurs jours. Tout etait innonde. Ca arrive souvent pendant la saison des pluies, mais pendant la saison seche, c'est une premiere. Les paysans du coin ont perdu leurs recoltes, ils ne pourront pas rembourser leurs prets et ont deja les banquiers sur le dos...

- En meme temps, faut pas s'etonner. Ils coupent tout, ils defoncent la selva, alors forcement, ca degouline, et le rio regurgite tout ca. Enfin bref... tu fais quoi la, sinon, tu es en vacances ou tu voyages?

Rien que pour la facon dont il a pose cette question, je l'aime deja. Je caresse le chat en lui racontant mon histoire. C'est un survivor, ce chat, il a du passif. Il s'est refugie dans un arbre quand l'eau est montee. Ils ont tout essaye, mais pendant trois jours, il n'a pas voulu en descendre. Trois jours sans boire ni manger. Jesus a du abattre l'arbre pour ne pas avoir un cadavre felin en guirlande.

Je m'attendais a ce qu'il me prenne pour un fou, le Jesus, qu'il me crucifie sur la croix de la connerie... Et bien pas du tout. Il trouve tout ca genial. Et puis c'est son tour de me raconter la sienne, d'histoire. Vingt ans sur la route. 7000 bornes d'une traite a pied en Bolivie et au Perou. Quatre ans a velo du Mexique au Bresil. Des bouquins aussi, pour raconter tout ca, et des articles. Un grand monsieur rencontre par hasard dans un bled endormi au fond de la jungle. La magie des voyages..

Il me presente le soir venu a des conducteurs de bateau qui parcourrent tous les jours le rio. Je ne sais plus quoi penser... Oh, je vais la faire, cette traversee, ce n'est pas le soucis, mais dans quelles conditions? Je suis dans le flou complet. Au niveau navigation, il ne devrait pas y avoir de soucis: l'est pepere, ce rio. Mais il y a le reste. Et dans ce reste, on a par exemple des trafiquants d'organes qui font leur marche sur la riviere. Les propos alarmistes, les "on va t'egorger si tu vas la", j'ai l'habitude, et je les tempere en general. Mais il y a aussi des coins ou il n'y a rien a temperer, si ce n'est tes ardeurs, parce que ce qu'on te raconte, pour une fois, c'est du vecu. Et la, comme en Afghanistan, comme dans les zones tribales, c'est le cas. Ce qui se passe dans la selva reste dans la selva.

Ca ne sera pas la premiere fois que je me retrouverai dans des coins completement craignos, dans ce genre de trous qui font passer tous les concepts de self defense pour de l'onanisme, voire du suicide, parce que ton Street Ju Ji Sambo, tu peux te le carrer bien profond quand tu as dix barbus la kalachnikov a l'epaule qui t'entourent. Et le cote "je me mefie de tout", "je considere par defaut que les autres sont des hostiles en puissance", c'est le meilleur moyen d'attirer les emmerdes. Les gens sont comme les chiens: ils sentent, inconsciemment, lorsque tu es nerveux, lorsque tu les consideres comme de potentiels "ennemis". C'est ce qui fait que le parisien qui flippe d'aller dans une banlieue merdique sera le premier a se faire aggresser. Au Pakistan, je comptais sur la tchatche et mon naturel tres cool pour ne pas avoir de problemes. Et ca marchait. Comme au Nepal ou je me suis pris une mousse avec les maoistes au lieu de devoir payer l'impot revolutionnaire. Mais la, c'est different.

En France, quoi qu'en disent certains presentateurs de journeaux tele, c'est quand meme vachement plus soft, mais il y a deux types d'aggresseurs potentiels: celui qui a decide de se faire quelqu'un, et si ca tombe sur toi, il n'y a pas grand chose a faire pour l'eviter, mais c'est heureusement tres rare. L'autre cas, beaucoup plus courrant, c'est le fouteur de merde, qui ne s'est pas leve en se disant qu'il allait tabasser quelqu'un, mais qui sort les griffes des qu'il pense que tu l'as regarde de travers. Et contrairement au Nepal, contrairement au Pakistan, la, on est dans le premier cas. Ca s'est arrange depuis quatre ou cinq ans, mais reste a esperer que je passerai au travers des mailles du filet, meme si un gringo sur un kayak gonflable, ca se repere a des kilometres a la ronde.

Apres, la bonne nouvelle, c'est que le type auquel Jesus m'a presente connait tout le monde, et que des les jours a venir, tous les villageois jusqu'a Puerto Inca seront au courrant des mes projets. En esperant aussi que ce soit plus un avantage qu'un inconvenient. Je devrais d'ailleurs le revoir demain. Je vais me roder un peu sur ce rio, et il m'a propose de me prendre en bateau-stop pour le retour. Que du bon... j'imagine.

Je me lance le lendemain, pas au mieux de ma forme. Un groupe de termito... philes? a reserve toutes les chambres, du coup j'ai pionce dans un hamac en bas. Sauf que ca se leve tot, un fan de termites, et ca ne se gene pas pour faire du bruit.

La riviere est encore bien agitee mais ca passe sans soucis, meme si c'est la premiere fois que je le teste, ce kayak, et que je ne sais pas trop a quoi m'attendre. Pas super stable, et ca part un peu dans tous les sens a chaque coup de pagaie si je ne fais pas gaffe, mais la technique que j'acquiers petit a petit me permet de compenser. Et puis l'equilibre, sentir son centre de gravite, c'est un truc que je connais, meme s'il s'agit la d'un nouvel element. C'est surement le seul avantage a avoir habite une ville ou les trottoirs sont en permanence recouverts de verglas l'hiver. Par contre, va falloir que je me muscle serieusement les moignons, mais ca, je m'y attendais.

Mais j'aime cette tranquilite - cette serenite presque - que degage ce milieu. Quand tu marches, meme comme une chevre, chacun de tes pas fait fremir cette terre, laissant son empreinte, et raisonnant jusque dans tes articulations. Mais sur l'eau, tu glisses, en silence, sans laisser de traces. Bon apres, tu te fous aussi de la flotte partout et tu crees la panique au royaume de la poiscaille a chaque coup de rame, mais c'est un detail.

Le retour par contre est infernal. Il est encore tot, donc je decide de ne pas attendre le pote de Jesus. Mais il y a trop de courrant parfois pour avancer. Je change de plan. Je mets cinq minutes pour rejoindre une berge a quelques dizaines de metres, et je me jette a l'eau pour acoster. Une de mes sandales est avalee par la boue au fond du rio. Je ne pourrai pas la recuperer. Ca commence bien. Il n'y a plus qu'a se debarasser de l'autre je crois... Je degonfle le kayak, j'escalade les berges, et une electrocution plus tard en sautant une cloture, je me retrouve sur la piste du retour. Pleine de graviers. Pieds nus. Pleine de putains de graviers qui me torturent la plante des pieds. Je souffre pendant plus de deux heures, jusqu'a ce que je trouve enfin un tricyclo qui me ramenera chez Jesus.

Mes termites ricaines me refont la meme au petit matin. 5 heures du mat... est-ce que l'on peut meme appeler ca le matin? C'est pas une heure pour les macaques, ca, c'est un moment de la journee qui appartient aux moustiques, aux piquants, a toutes ces bestioles si tendres et si amicales qui sont venues toute la nuit voir si ta chair etait assez gouteuse pour leur delicat palais. Il faut bien se l'avouer, c'est pas une terre pour les babouins, ca. Oh, c'est joli les tropiques, y a pas a dire, mais c'est fait pour les crocos et les moustiques, pas pour les grands singes imberbes. Chacun sa place, et des armees d'insectes viennent gentiment, affectueusement, paludiquement te le rappeler chaque nuit. Alors quand en plus tu as un groupe de ricains qui te gueulent leur langue dans les oreilles comme ils savent le faire, nasalement, beuglement, tu l'as moyenne au matin. Dire que c'est ca qu'on appelle la civilisation... Faudrait vraiment revoir le concept d'etres civilises.

Dernière modification par Kam (09-06-2014 23:41:33)

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#283 28-05-2014 22:44:19

wax
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Kam a écrit :

J'y croise aussi un couple de francais bloques la depuis des semaines. Ils avaient achete une voiture a Santiago avec laquelle ils avaient bourlingue en Argentine et au Chili, mais ce coup-ci, ils sont tombes sur des teigneux a la douane:

- Elle est pas a vous la voiture, la!
- Hein?

Le notaire a Santiago avait oublie de renvoyer un bout de papier, du coup l'Etat n'avait pas fait le changement de proprietaire. Et vu comment les administrations sont reactives des qu'il s'agit de paperasse, m'est d'avis qu'ils ne sont pas prets de quitter le Chili, mes parigots.

Euh ... Il ne s'agirait pas de Laurent et Delphine par hasard ?

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#284 29-05-2014 17:35:25

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Non: Max et Geraldine. smile

Ceci dit, ca aurait ete possible. Je ne compte plus les coincidences comme ca sur la route. Pas plus tard qu'hier par exemple, un couple de Turin debarque dans le trou ou je suis, ils me demandent d'ou je viens; ils ont un apart a Briancon et ont croise un couple de brianconnais que je connais il y a quelques semaines...

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#285 29-05-2014 17:47:30

wax
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Merci pour ta réponse. A priori, acheter une voiture au Chili c'est une vraie galère.  hmm

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#286 09-06-2014 19:00:43

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Rio Pachitea

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- Gringo!

On me balance ca avec un grand sourire sur le meme ton qu'un "hola" en sortant de chez Jesus. J'avais vraiment ete epargne depuis mon premier passage de frontiere au Perou. En fait, les gens etaient meme super cools en general sur l'altiplano, mais la, ca commence... et ca me gonfle deja. Je lui fais la version zen:

- Non, gavacho. Et sinon, "bonjour", ca marche aussi et c'est quand meme vachement plus sympa...

Il ne s'arrete ni ne se retourne lorsque je lui dis ca. Ca me rappelle la connerie de beaucoup de viticulteurs de ma Champagne natale. Ils devraient monter une ONG. "Racistes sans frontieres", ca sonnerait bien, meme si c'est plus de l'ignorance et de la connerie toute bete qu'autre chose. C'est comme des gamins en fait. Des qu'un truc sort de l'ordinaire, on se moque, que ca soit parce que ta peau est d'une autre couleur ou parce que tu es le rouquin de service dans la cour de recre. Sauf qu'a 40 ans, ca fait un peu attarde. Et puis l'art de la baffe et du martinet s'est perdu... J'te debarraserais de la connerie humaine a coup de torgnoles, moi, ca ferait pas un pli! Je n'ai plus la patience... Je dois me forcer.

Je regarde le chat avaler son vomi. Faut pas gacher... Et puis il a l'air d'aimer. Un vrai Bear Gryll, ce chat, depuis ses aventures rocarbolesques. Toute la journee, il bouffe des insectes; tout y passe: araignees, cucarachas, papillons... Faut pas s'etonner que ca resorte ensuite. Ca va un instant, la trempette dans les sucs gastriques, mais c'est pas stupide, un cafard, au bout d'un moment, ca prend la fuite.

Un couple de Turin arrive. Deux ans sur la route. Ils ont un studio a Briancon. J'habitais a trente metres. Ils rentrent bientot. On se reverra la-bas, mais ils profitent de m'avoir sous la main pour m'extirper la liste de tous les sentiers et des coins sympas de la region, facon guide de voyage improvise. Si j'me fais pas embaucher par l'office de tourisme apres ca... Jusqu'au Perou, que leur fait de la pub!

Jesus me prepare un troisieme cafe... Je traine vraiment pour partir ce matin. C'est bien beau de dire que l'on va partir pagayer en Amazonie, mais va falloir assumer, maintenant!

Je manque de me vautrer dans la boue en descendant sur les berges.

- Fais gaffe, c'est des terroristes, ces tongs, elles tuent plus qu'Al Qaida, qu'il me lance, le Jesus!

Il voulait me voir partir. C'est la premiere fois qu'il voit un kayak gonflable, il ne voulait pas rater l'occasion.

Je disparais rapidement derriere un virage. Adieu, Bermudez. Il ne sait faire que ca, ce rio, serpenter. Pas foutu d'aller droit comme la route, faut qu'il fasse son interessant, et te rajoute des kilometres. Mais je suis deja dans un autre monde. Je transpire comme vache qui pisse. Le soleil est a son zenith. Je suis encore a me roder, je decide de ne pas pousser trop loin aujourd'hui. Je trouve une petite ile au bout de quelques heures sur laquelle je pourrais squater.

Je planque mon kayak sur la plage, et je m'installe sur les hauteurs. Les arbres sont recouverts de sacs plastiques - c'est la meme depuis que je suis parti; le resultat des innondations. Je me fais bouffer par les moustiques. Je rentre dans mon sursac, histoire d'etre protege... je me retrouve immediatement transporte en Inde. La chaleur etait supportable avant cela, mais la, je ne sais pas en quoi se compte le taux d'humidite, mais ce n'est meme plus en pourcents.

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Le fond de l'air est encore frais lorsque je repars au petit matin. Un truc sort de la flotte en courrant, effraye par mes coups de pagaie. Croco? Non, juste une loutre. L'eau est trop poluee et les moteurs trop bruyants pour ces relicats de la prehistoire. Je ne vais pas m'en plaindre. Ce genre de rencontres, c'est bon pour les touristes qui paient 1000$ pour une sortie de trois jours dans l'enfer vert, pour voir la mort reptilienne dans les yeux, mais avec une assurance survie de trente pages couvrant chacune des terreurs du milieu.

Les petites pirogues a moteur defilent... Des gens allant au village voisin. Je deviens la curiosite du rio. Je leur fais vaguement signe de la main... Un type sur le rivage me beugle quelque chose. Je ne comprends rien. Et puis c'est pas comme si je pouvais m'arreter en un claquement de doigts pour faire la causette de toutes facons. Pas grave.

Pas grave pour moi, mais il avait l'air d'y tenir, lui, a sa bavette. J'le revois debouler dix minutes plus tard avec un autre gus, a toute blinde, facon Starsky et Hutch du rio sur sa pirogue a moteur (de mob', le moteur). Il se met a tourner autour de moi, a se mettre en travers de mon chemin pour me bloquer le passage (ce qui soit dit en passant est tres con vu que meme s'il s'etait arrete a un metre de moi, j'aurais toujours eu assez de mobilite pour l'eviter).

- Arrete-toi la! Sur la berge!
- Y a truc qui ne va pas?
- Arrete-toi, ch'te dis!

(Il a un accent de chti apres une fracture de la machoire - je comprends un mot sur trois.)

- Tu fais quoi, la?!
- Bah... ce que j'ai l'air de faire: je pagaie. J'vais a Pucallpa.
- Pourquoi t'y vas par le rio?

Elle est violente, celle-la... Je vais en avoir des plombes pour lui expliquer, et il y a une chance sur deux pour qu'il ne comprenne rien de toutes facons. Heureusement, il me tend la perche:

- Tu fais du tourisme?
- Ouais, si on veut...

J'apprendrai plus tard que tourisme, c'est le mot magique dans le coin:

- Pourquoi t'es dans une banlieue craignos?
- Tourisme.
- Ah, ok.
- Pourquoi t'es en train de te faire bouffer par les moustiques dans la jungle, sous une bache plastique?
- Tourisme.
- Cool.
- Pourquoi tu te mouches comme les cyclistes, a te coller de la morve partout?
- Tour...

Ah non, elle marche pas, celle-la. Bref... mon molosse. Il revient a la charge:

- Viens avec nous jusqu'au dernier village. On va controler tes papiers et ton sac.

Je n'ai pas le temps de reagir que mon kayak est deja sur leur pirogue.

- Merde, je ne les sens pas, la, les deux. Le teigneux a une tronche qui ne me revient pas. Et puis le tatouage sur son bras, genre militaire le truc, c'est pas bon signe. Je fais quoi, bordel? Un coup de reins, et j'la chavire, leur pirogue, et si je fais vite, je repars en kayak avant qu'ils ne puissent reagir... Nan, c'est tres con, comme plan. Deja, il y a peu de chances pour que je sois assez rapide, et meme si j'y arrivais, j'irais ou ensuite? A part ce rio, y a nulle part ou aller. Je vais devoir les suivre.

Les berges font plusieurs metres de hauteur. J'etais passe devant leur bled sans le voir. Tout le village se rammene lorsque je debarque. Enfin... la dizaine de femmes et l'abuelo quoi.

- Fais-voir ta carte d'identite, qu'il me lance, le teigneux.

Je lui tends mon passeport.

- T'as pas de carte d'identite?
- Bah... je ne suis pas peruvien, qu'est-ce que je ferais avec une carte d'identite? Deja qu'en France je ne l'utilise jamais...

Heureusement, il voit des tampons qui ont l'air officiels. Ca le calme. Il doit avoir des genes de douanier. Mais du coup, il veut aussi que je vide mon sac. Et chacun des habitants du village se met a scrupuleusement, meticuleusement, inspecter un unique objet que le gringo transporte. C'est comme le debalage des cadeaux a Noel.

- Ca y est, je suis tombe sur un vivier de douaniers! C'est de la qu'ils viennent, les saligots!

Une petite vieille s'enamourache des cartes topographiques de la region de Cusco que je trimbale encore. Il faut l'aide de tout le village pour lui arracher des mains. J'hesite a lui dire de les garder...

Ca se calme un peu. Y a que l'abuelo qui est super cool depuis le debut. J'en profite pour me renseigner un peu...

- Puerto Inca, c'est a combien de jours?
- On sait pas, nous autres. On ne va jamais aussi loin.
- Compte une semaine a la rame, qu'il me lance, l'abuelo.

C'est sans doute le seul qui a assez de memoire pour se souvenir du temps ou il n'y avait pas de moteurs...

Le teigneux finit par me laisser partir, mais il en remet une couche:

- A Bermudez, il t'as pas affranchi, le Jesus?

Je leur en avais parle quand ils m'avaient demande ce que j'avais fait la-bas, et si j'y connaissais du monde. Ca les avait calmes.

- Niet.
- Dans chaque village, faut que t'ailles te presenter au chef, sinon, on va te prendre pour un delinquant...
- Okaaaay...
- Nous on est plutot cools, mais les autres, ils tirent d'abord et posent les questions ensuite.

Super cools, en effet. Et puis c'est pas gagne, leur truc. Comment je peux savoir si c'est une maison isolee ou un village, moi? Tu ne vois rien du rio. Et si je dois perdre une demi-heure pour leur delire toutes les heures, je ne suis pas rendu...

- Bon, je vais faire des signes de la main et un sourire crispe un peu plus prononces quand je croiserai des pirogues, en esperant que ca passe. Il n'y a pas grand-chose d'autre a faire de toutes facons.

Je m'arrete en milieu d'apres-midi. En retirant les pauses, je dois avoir pagaye sept heures. Pas si mal pour un debutant. Je m'attendais a morfler plus que cela. Comme hier, je planque mon kayak, et je m'installe sur les hauteurs. J'apprends a utiliser la vegetation pour inventer de nouveaux montages de tarp. Le coin est blinde de fourmis. Pas juste le coin ou je me suis installe. Toute la zone. Elles decouvrent le cuben. Mon tarp est noir par endroits. Il doit y avoir une dizaine d'especes, allant de deux milimetres a deux centimetres.

- Bon bah c'est l'heure du sauna dans le sursac, je crois.

Il a pas dure longtemps, le sauna. J'entends du bruit en bas, sur la plage, et un moteur qui redemarre.

- Bof, surement un type qui s'est arrete pisser.

D'autres bateaux arrivent une demi-heure plus tard.

- Merde, ce coup-ci, c'est pour moi.

Je vois des types arriver en file indienne par la petite sente qui vient de la plage. Un, deux, cinq dix, quinze...

- Euh... salut les gars... Ca fait chier si je passe la nuit la?

Je parlais de sourires crispes, celui-la il est de classe internationale.

- Je sais pas, attends, il y a le chef qui arrive.

Le chef, il est chef parce qu'il a une bache pour proteger de la pluie sur sa pirogue. Et un tricyclo, aussi, ca en jette. Bon, apres, son village, on en fait le tour en exactement 571 pas. C'est pas super utile du coup, alors pour le rentabiliser, il fait le tour du terrain de foot au centre de celui-ci a la nuit tombee, quand le village a fini sa partie de volley. Il promene ses gamins a l'arriere, ca les fait marrer. Et puis ca fait une raison de plus pour economiser sur le budget capotes pour rembourser le pret.

- T'es arme?
- Bah... non.
- Bon, tu ne peux pas rester la, tu viens avec nous au village.

Ca recommence... Mais au moins, ils ont l'air plus penards, eux. Enfin, je dis ca... Je me retourne, un type le fusil a la main me fait un grand sourire. Ca ne m'etonne ou ne m'inquiete meme plus.

Le village est juste a cote, sur un bras secondaire cache par la vegetation. Les gamins sont les premiers a arriver. Puis les femmes. Puis l'unique grand-pere. Une colonie de fourmis avait elu domicile dans mon kayak entre temps. Les niños entreprennent de les extirper une par une. Comme celles qui sont sur moi. On apporte trois chaises, une pour moi, une pour le chef, et une pour l'abuelo. Tout le village est en cercle autour.

- Faut nous excuser, une femme en pirogue avait vu ta pagaie et l'avait prise pour un fusil.
- Ouais, et puis on pouvait pas savoir pourquoi t'etais la, si ca s'trouve, tu v'nais voler nos affaires la nuit.
- Oui, faut que tu te presentes aux chefs des communautes, sinon ca l'fait pas.
- Bah, j'veux bien, moi, mais j'en savais rien qu'il y avait un village, la.

C'est l'heure du controle du passeport apres le jus de coco fermente. On me file une cabane pour la nuit, et chacun retourne a ses occupations. Je fais un foot avec les gamins jusqu'a la tombee de la nuit. Ils sont tres fiers, les gamins, l'Etat leur a envoye un ordi portable, comme dans plusieurs miliers de villages. Ils tiennent absoluement a me le montrer. Sauf qu'il n'y a pas l'electricite et encore moins internet, du coup il sert juste a decorer.

Je passe une nuit de merde sur une planche en bois. J'ai presque envie de sortir pour aller dormir dans mon kayak. Il n'y a pas grand-monde au petit matin. Je fais mes adieux...

- Salut, et fais gaffe plus bas, hein, ils ont des arcs et ils vont te butter.
- OK, ca roule.

Oui, on a des conversations surrealistes dans la jungle des fois. Ici ils pratiquent l'art du "plus haut, ils pissent dans la riviere". Eux, ils sont super cools quand tu les ecoutes, mais les villages en aval sont tous peuples de psychopathes.

On me regarde moins de travers ce matin. On me prend meme en photo. L'acces a la route le plus proche est en aval, du coup, c'est la que les pirogues vont, et le bouche a oreille fonctionne. Une embarcation s'arrete a mon niveau alors que je fais une pause et que je chasse la dizaine de grosses blattes planquees dans mon sac a bouffe. Nouveau controle des papiers, version Hari Krishna cette fois.

- Desole, on n'a rien contre les touristes, mais on a eu des problemes. Pendant un temps, y avait des blancs qui venaient voler les organes des gamins, du coup, on a du s'organiser.

C'est la premiere fois qu'on me la sort, c'te version. Apres, c'est vrai qu'ils ont morfle dans le coin. Fin 80, debut 90, le Sendero Luminoso a tente de recruter dans la region.

- Vous vivez deja en communistes, les gars, v'nez avec nous!

Sauf qu'ils en avaient rien a carrer de la politique, les locaux, du coup le Sendero est passe au plan B: intimidations, et massacres des indigenes par dizaines. Par contre, il y a bien des blancs voleurs d'organes, mais c'est au cerveau qu'ils s'attaquent. Ils arrivent en hydravion, et viennent precher la sainte parole des Temoins de l'Apocalypse du Huitieme Jour. Et ca marche. Mon flic improvise me ressort toutes leurs conneries. Il m'offre un cours de cathe gratuit en m'expliquant tout des dix commandements.

- Et "tu ne raconteras pas de conneries a ton prochain", ca n'y est pas dans ton bouquin?

Il m'invite a venir voir leur eglise dans son village.

- C'est cool, mais je vais passer je crois.

Ils finissent par me lacher. Je continue la tournee des sourires crispes. Ca en devient usant. Y a vraiment trop de monde dans le coin. Vivre dans l'une de leurs communautes, je ne pourrais pas. Pas de vie privee, jamais de temps pour soi...

Je m'engage sur un petit bras secondaire. Le courrant disparait completement, et les arbres forment un dome protegeant du soleil. Il y a un bled par la, normalement, mais je ne suis pas certain qu'il s'agisse du bon chemin. Des gamins jouent a plonger dans la riviere, je vais leur demander. Ils fuient en me voyant. Peur panique.

- Bon bah le blanc, c'est toujours le Pere Fouettard ici...

Je finis par arriver au bled en question, un bras secondaire plus loin. Fallait vraiment le trouver, celui-la. Je suis dans un autre monde; je ne le comprends plus. La route y passe, et avec elle, son cortege de gens, d'electricite, de lumiere, de motos et de gaz d'echappements. Ca ressemble a n'importe quel autre trou cradingue du Perou, mais quand tu debarques du rio, tu ne comprends pas. Tu es sur une autre planete.

Je replie mon kayak sous le regard amuse des chauffeurs de tricyclos, et je vais me prendre une chambre. Gringo. C'est devenu mon deuxieme prenom. Je n'y prette meme plus attention. C'est ca le pire en fait: ils te font assimiler le truc. Je n'ai meme pas la force de commenter. Et puis je finirais par faire des comparaisons avec la France et me mettre a dos 20% des lecteurs... Ma chambre est crade et defoncee; je m'ecroule sur le lit miteux. C'est un palace.

---------------------

(Pas beaucoup de photos: l'ecran de mon APN ne marche plus et je les prends a l'aveugle, et puis comme mon appareil n'est pas etanche, il reste la plupart du temps bien protege dans mon sac.)

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Dernière modification par Kam (09-06-2014 19:05:01)

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#287 09-06-2014 19:28:54

oli_v_ier
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Mon épisode préféré !
Merci.

- Chéri ?
- ...
- Chéri !?
- ...
- Oh tu m'entends ?
- Chuuut je lis les aventures de Kam

big_smile


La marche ultra-légère n'est pas un but, mais un moyen. "Un sac lourd est un sac bourré d'angoisse."
Mon équipement pour l'Islande 2008 en détail.

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#288 09-06-2014 21:24:06

Ontheroad33
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Grave ! big_smile Le fleuve est long encore... Ca promet ! lol


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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#289 08-07-2014 20:04:12

zorey
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Trop bien ce dernier épisode ! smile
Kam ?
Quelqu'un a des news ?


La nature nous a donné deux oreilles et une bouche pour écouter le double de ce que l'on dit.

Ourson Power

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#290 22-07-2014 21:12:44

Joris
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

J'ai 12 pages a lire! j'suis content!


Le charme de voyager, c'est d'effleurer d'innombrables et riches décors et de savoir que chacun pourrait être le notre et de passer outre, en grand Seigneur
Cesare Pavese

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#291 22-07-2014 21:17:35

totobus38
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

zorey a écrit :

Kam ?
Quelqu'un a des news ?

C'est la question que je me posais il y a quelques jours neutral
Ça fait un bail qu'on n'a pas de nouvelles ...

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#292 23-07-2014 22:33:46

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Yo. Y a pas de sushis. Le trip est en stand-by, comme ça se présageait, la suite dans quelques mois / un an.

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#293 23-07-2014 22:48:33

totobus38
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Content d'avoir de tes nouvelles  big_smile
T'es en Guyane du coup ?

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#294 23-07-2014 22:53:04

JJondalar
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Kam a écrit :

Yo. Y a pas de sushis. Le trip est en stand-by, comme ça se présageait, la suite dans quelques mois / un an.

Tant que ça ? En tout cas tout tes fans le forum t'espère en bonne santé.


La mésange à tête noire et la sittelle sont d'une compagnie bien plus vivifiante que celle des hommes d'État ou des philosophes; au retour on va considérer ces derniers comme de bien piètres compagnons."
H.D.Thoreau, Une promenade en hiver.

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#295 24-07-2014 01:01:48

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

En Champagne (oui... pas glop). La Guyane coûte une fortune quand tu dois rester en ville (et malgré ma Laos connection, c'est pas dans les villages autour de Cacao que j'allais trouver du taf), donc je ne me suis pas éternisé.

Et ouais, tant que ça. Voire même, je risque de repartir dans le sens inverse la prochaine fois (du Québec), sinon ça me retarderait encore plus (je dois gérer les saisons aux US si je veux faire un thru-balade). Sac de 2.5 Kg avec plus de confort par contre la prochaine fois.

Dernière modification par Kam (24-07-2014 01:04:10)

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#296 25-07-2014 20:06:53

jubiii14
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Bonjour à tous !

Je lis depuis longtemps ce fofo avec plaisir mais sans besoin de poster ...  je me suis juste inscrit pour te remercier pour ce report !

Beaucoup m'ont fait voyagé mais le tiens m'a fait réfléchir ... pourquoi je ne sais pas mais merci beaucoup  smile

amicalement

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#297 26-07-2014 17:33:53

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Merci à toi. Ca fait toujours plaisir, surtout quand quelqu'un s'inscrit spécialement pour cela. smile

Bon sinon, en conclusion, la liste prévisionnelle pour la suite (départ du Canada à la fin du printemps... j'espère). En jaune, ce qui, pour une raison ou une autre, a été changé ou ajouté, ou dont certains éléments ont été retirés (et donc poids estimé, même si ça devrait assez correspondre au poids final). A la fois pas grand-chose et beaucoup au final.

NB: Il s'agit d'une liste "idéale", mais il y a de fortes chances pour que je garde tout de même certains trucs (par ex: garder la Houdini au lieu de prendre la version sans capuche) histoire de ne pas jeter l'argent par les fenêtres. wink

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1. A changer (ou raccourcir) pour quelque chose de moins haut et adapté à la profondeur du sac.
2. Ou un unique sac en silnylon pour tout le bordel (je viens de me rendre compte que j'en avais un de 12g faisant exactement la même taille que le sac avec roll top en Cuben .75 que je viens de faire pour mettre la liseuse et tout le petit matos... Du coup, poids économisé sur la liseuse aussi: il comprend un sac rembourré fait sur mesure).
3. Ou la version Cuben. Si je pars là-dessus, j'aurais plus confiance en du Cuben 1.5 (en commande spéciale) comme sur mon sac en eVent que le Cuben .75 par défaut. Pas question de prendre une protection pour au sol en plus.
4. Je reprends le même, mais le mien est une crêpe. Grosse différence de durabilité entre Solar et Solite.
5. Remplacé par du plus fin - je ne vois pas l'intérêt de prendre du 3mm comme j'avais.
6. Appareil génial, mais le mien a pris la flotte et l'écran ne marche plus. Je reprendrai le même, sauf si Sony met ses modèles à jour d'ici là.
7. Juste pour prendre un modèle avec des fiches US.

Pour ce qui a été retiré, je vous laisse jouer au jeu des 7 erreurs. smile

Dernière modification par Kam (26-07-2014 17:37:07)

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#298 27-07-2014 18:13:23

Le porc
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Salut

Tu prends le même fute que celui que t'avais sous les vents patagoniens ? En partant fin de printemps du Québec tu risques de cuire là-dedans, non ?

Dès Juin les moustiques sont là en masse, même en journée et ils te traquent alors fais gaffe à ton système de fringues. Le tout est de pouvoir se protéger des bêbêtes sans crever de chaud...

T'as peut-être les nerfs solides pour résister à un assaut de moustiques en continu, mais moi je les ai pas alors je me permets de te projeter mes peurs sur ce coup-là  lol

Au lieu d'un pantalon béton et d'un haut mérino, perso j'irais avec un fute en toile le plus léger possible et une chemise synthétique manches longues pour résister aux moustiques. Je sais pas ce que tu prévois comme itinéraire, mais bon fin printemps - début été y fait déjà chaud au Québec.

Merci pour le récit en tout cas, on attend le dernier chapitre  wink

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#299 28-07-2014 07:02:23

fafouille
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Faut pas non plus exagérer à propos des moustiques au Québec, car en fait c'est très variable d'un endroit à l'autre. Le seul enfer que j'ai vraiment connu cet été c'est au parc de la Mauricie vers le 10 juin. Au parc Mont Tremblant qui est légèrement au sud de celui de la Mauricie, il n'y en avait pas tellement un mois plus tard et j'ai réussi à ne pas mettre de répulsif durant 3 jours. Par contre ça commence dès mai à éclore massivement, mais tout ça dépend evidemment du temps qu'il fait. Après la Mauricie j'en étais tout traumatisé puis je me suis rendu compte qu'il y a même des endroits où ils sont absents comme au parc de la Gaspésie dès qu'on monte un peu (du moins à ce moment-là). Je rentre des Rocheuses et là j'ai découvert qu'il y en a même en dessus de 2000m...

Moi qui espérait te croiser en canot Kam c'est raté

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#300 28-07-2014 12:51:24

Kam
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Re : [Récit + liste] Petite virée aux Amériques

Oh, merci des conseils, mais j'ai encore le temps de voir. On n'y est pas encore, et j'ai d'autres trucs à tester avant. wink

Et juste au passage: j'avais ce futal en Patagonie, mais je l'avais aussi en été au Chili. Et en plus de rimer, c'est aussi vachement chaud comme coin (même si je dois avouer que ce n'était pas ce qu'il y avait de plus adapté).

Sinon pour le trajet, l'idée serait de partir sur le sentier international des Appalaches. Mais encore une fois, j'ai vraiment d'autres trucs à régler avant d'y penser.

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