#101 01-01-2015 13:07:53

ambrose chapelle
*
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci pour ce beau récit plein d'humilité devant la beauté de la nature et pour tes photos qui nous ont fait voyager avec toi.


Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais équipement

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#102 01-01-2015 13:32:25

wax
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Toujours aussi sympa ce récit ! Ce qui me frappe le plus c'est la solidarité des Thru-hikers. On a l'impression que c'est une aventure qui se vit au sein d'une communauté ou les principes d'entre-aide et de camaraderie existent encore. La richesse humaine est au moins aussi belle que les paysages. wink

Du coup je me posais la question suivante: est-ce que ça aurait du sens de faire ce PCT en mode "alternatif" ?

C'est a dire alterner des périodes de quelques jours de marche "rapide" avec des Thru-hikers que l'on trouverait sympathiques, avec des périodes de "repos" ou on se poserait quelque part pour profiter du lieu et se reposer un peu ? Par exemple on pourrait marcher 5 jours puis se (re)poser 2 jours, puis remarcher 4 jours ...

Comme ca, on passerait un peu de temps avec des personnalités différentes, des philosophies de rando différentes, des rythmes differents ... Bref, maximiser l'humain au détriment de la "performance physique".

Ce mode permettrait aussi de ne pas se stresser au sujet de la météo, des incendies ou même de l’arrivée de l'automne.

Et finalement, au niveau physique, ca serait peut-être plus facile de gérer les petits bobos.

Évidemment, a ce train-la, on aurait du mal a finir le périple sur une seule saison mais est-ce vraiment le plus important ? wink

En tous cas, un grand merci pour ce magnifique CR ! big_smile

w.

Dernière modification par wax (01-01-2015 13:44:29)


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#103 01-01-2015 14:19:30

mulgaelle
telle la chenille, un jour papillon...
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci pour ce beau récit qui fait écho au livre "wild" que je viens de finir wink

Est il possible de couper tout droit parfois pour éviter les ziz zag?


L'important n'est pas au bout du chemin, l'important c'est le chemin...

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#104 01-01-2015 16:18:48

andre1980
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

mulgaelle a écrit :

Est il possible de couper tout droit parfois pour éviter les ziz zag?

Il semble que non pour éviter de "créer" des sentier parallèles et donc endommager le sol. C'est d'ailleurs déconseiller de marché juste à côté du chemin pour la même raison.

gregca a écrit :

je viens de tomber par hasard sur la bande annonce du film "wild" qui va sortir le 15 janvier prochain avec Reese Witherspoon tongue.

Le film nous montre une jeune femme qui se fait le PCT seule... ça tombe pas trop mal je trouve... juste après la fin de ton récit!

Elle n'a pas commencé depuis le début donc "triche" hmm
Je viens de commencé le livre. wink

Sinon Anish semble être une fashion victim
Day-122_This-speedster-herself.-Anish.-Who-averaged-45-miles-a-day-for-two-months.-Think-about-that-one..jpg

Dernière modification par andre1980 (01-01-2015 16:22:55)

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#105 01-01-2015 16:29:46

Nolok
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

guichen a écrit :

Serait-ce Anish que tu évoques dans ton retour?

Oui! Sa robe de rando est célèbre maintenant. J'ai quelques anecdotes sur elle qui m'ont été contées par Lint, mais je ne les divulguerai pas ici big_smile

wax a écrit :

Toujours aussi sympa ce récit ! Ce qui me frappe le plus c'est la solidarité des Thru-hikers. On a l'impression que c'est une aventure qui se vit au sein d'une communauté ou les principes d'entre-aide et de camaraderie existent encore. La richesse humaine est au moins aussi belle que les paysages.

Tu m'obliges presque à écrire l'épilogue en avance. Effectivement, le fait que tous ces gens aient tous un objectif commun dans des situations plus difficiles que la vie de tous les jours tisse un véritable lien fraternel dès les premiers regards. On peut y voir un lien avec l'article la tribu de David Manise.

wax a écrit :

Du coup je me posais la question suivante: est-ce que ça aurait du sens de faire ce PCT en mode "alternatif" ?

C'est a dire alterner des périodes de quelques jours de marche "rapide" avec des Thru-hikers que l'on trouverait sympathiques, avec des périodes de "repos" ou on se poserait quelque part pour profiter du lieu et se reposer un peu ? Par exemple on pourrait marcher 5 jours puis se (re)poser 2 jours, puis remarcher 4 jours ...

Comme ca, on passerait un peu de temps avec des personnalités différentes, des philosophies de rando différentes, des rythmes differents ... Bref, maximiser l'humain au détriment de la "performance physique".

En fait, c'est plus ou moins comme cela que je perçois ma rando (et le long cours en général). Entre les phases de marche où je marchais à un bon rythme, j'ai fais pas mal de "pauses prolongées" telles que tu les décris : 5½ jours  à Wrightwood (forcée celle-là tongue ), 2 jours à Mammoth Lakes, 2 jours à Sierra City, 2½ jours à Mount Shasta, 2 jours à Ashland, 2 jours à Portland.
Certains hikers marchent beaucoup plus "en continu", c'était le cas de Breeze par exemple, qui n'a pris aucun jour de repos complet yikes

mulgaelle a écrit :

Est il possible de couper tout droit parfois pour éviter les ziz zag?

Non, jamais. Cela s'inscrit dans la philosophie "Leave no trace" qui tient une place importante sur les trails américains, et qui est très bien respectée. Il y a souvent des écriteaux demandant justement à ne pas couper ou à ne pas créer de second sentier parrallèle au premier. De toute façon, de manière générale, la végétation est trop dense pour y trouver un quelconque avantage à couper tout droit.

Dernière modification par Nolok (01-01-2015 16:32:36)

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#106 01-01-2015 17:41:51

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

gregca a écrit :

...film "wild" qui va sortir le 15 janvier...

Pas franchement MUL, Cheryl Strayed...

Cheryl_and_Josh_2-210.jpg


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
Il y a toujours un objet plus léger que celui que tu portes dans ton sac : celui que tu as eu le courage de laisser chez toi.
« Strong, light, cheap, pick two » (*)

| k

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#107 02-01-2015 10:51:57

E Pericoloso Sporgersi
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

.

Dernière modification par E Pericoloso Sporgersi (26-03-2020 13:50:20)

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#108 02-01-2015 21:08:07

beb71
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Cela ne devrait pas être permis ....

Je me demande déjà chaque matin si je plaque tout et pars loin...

Très beau récit qui soulève plein de questions.  smile

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#109 02-01-2015 21:14:10

highpictv
dit "Hichpyche"
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci pour la fin du récit et en plus on a vu un être humain lol


- Mieux vaut être mort en vallée d'Aure que vivant en vallée de Campan (proverbe local) -
Mes randos dans mon trombino.

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#110 04-01-2015 12:57:13

Nolok
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Épilogue

Divers éléments contribuent à faire du thru-hike du PCT ce que les anglophones nomment "a spoon-fed adventure" (une aventure à la petite cuillère) :
- le sentier est très bien marqué, bien entretenu, facile et sans obstacles ;
- le tracé a été dessiné pour être praticable par les chevaux et sa pente ne dépasse jamais les 8%, en s'étirant sur de (trop?) nombreux lacets. On a donc jamais vraiment l'impression de monter ou de descendre réellement ;
- la planification est facilitée par la disponibilité de cartes complètes et commentées gratuitement, ainsi que de listes complètes des points de ravitaillement et de nombreux comptes rendus ;
- les trail angels sont là pour veiller à ce qu'on ne manque de rien (et c'est un euphémisme) ;
- la météo est facile à gérer puisqu'elle tend à toujours revenir au beau fixe.
Le Pacific Crest Trail est donc particulièrement adapté à une première expérience de la randonnée au long cours, surtout qu'il permet de le faire dans des environnements exceptionnels et de découvrir des paysages spectaculaires et très bien préservés. Cependant même grâce à toutes ces "aides", les difficultés sont bien réelles et il est important de ne pas les sous-estimer. Je pense en particulier aux pépins physiques, qu'il faut être capable soit de guérir, soit de supporter durant de longues durées, ainsi qu'à l'alimentation, qui est la source de beaucoup d'abandons à cause de perte de poids excessive. L'aspect mental est également un point à prendre en considération : des journées entières seront consacrées à traverser des forêts interminables ou à atteindre le fond d'une vallée (ou une crête) qui semble proche, mais est en fait éloignée à cause des zigzags du trail.

Au niveau des paysages, j'ai adoré le sud de la Californie pour son côté dépaysant, les chaînes de montagnes de la Sierra Nevada, des Marble Mountains et des North Cascades, et l'état d'Oregon pour ses paysages volcaniques remarquables. Mais ce qui fait la véritable unicité et l'originalité de ce sentier et que l'on ne rencontre nulle part ailleurs (à part peut-être sur l'Appalachian Trail), est la communauté de marcheurs qui l'arpentent. Tous ces gens qui ont exactement le même but et la même façon de l'atteindre, en dépit des difficultés, forment le patrimoine immatériel du PCT. En faire partie durant quelques temps est extrêmement enrichissant, tant au niveau du partage humain que des techniques et styles de randonnée. Dans mon cas, le plus intéressant fut les interactions avec des personnes qui avaient la même conception de la marche et le même rythme de progression que moi, même s'il m'a fallu un certain temps pour les débusquer.

Bien que je n'exclus pas de refaire le PCT un jour, cette aventure ne fut que le début du voyage et je m'en vais à présent marcher vers de nouveaux horizons.


Jueli,
PCT thru-hiker, class of 2013.

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#111 04-01-2015 12:59:10

Nolok
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Matériel

Liste complète du matériel

Poster une liste de matériel pour un trip tel que celui-ci est un exercice difficile, puisque celle-ci n'a pas cessé d'évoluer tout au long de la randonnée. Entre les objets perdus, cassés, abandonnés ou remplacés par des alternatives, j'ai moi-même du mal à m'y retrouver. J'ai donc pris le parti de présenter la liste complète des objets qui m'ont accompagnés la majorité du temps.
À titre d'exemple, j'ai quitté le Mexique avec une casquette et un bandana comme protection pour la tête, mais je les ai perdus après 2 semaines et remplacés par un chapeau à bords larges. Puisque je l'ai gardé pendant 3 mois, c'est donc le chapeau qui figure dans la liste.

L'approche MUL convient bien à ce périple, mais il ne faut faire attention à ne pas sombrer dans les extrêmes. La météo risque de vous le faire payer très cher : il se peut qu'il ne pleuve pas pendant des mois, mais quand ça pète, c'est vraiment violent et il faut savoir y faire face avec ce qu'on a dans son sac.

ndlr : tous les poids sont en grammes

Portage472
Sac à dos DIY X-Pac 30L280
Poche ceinture DIY X-Pac13
Sac étanche DIY silnylon 8L30
Stuffsack bouffe 16L + ziploc poubelle35
Bouteille 1L (x2)74
Poche à eau 2L40
 
Couchage1687
Abri Gatewood Cape (toile+élastiques+haubans)360
Sardines alu (x7)64
Bâton280
Revêtement de sol 200x90cm38
Matelas Z-lite 105x50cm220
Matelas évazote 170x50x0.5cm120
Couette Yet modifiée 175x110cm 400gr@800cuin605
 
Vêtements1026
Chaussettes de rechange27
Caleçon de rechange36
Chaussettes nuit36
Pantalon nylon supplex152
Polaire ML225
Gilet à capuche DIY Primaloft 133g/m2175
Veste imper-respi Marmot Mica195
Gants polaires50
Surmoufles imper-respi DIY20
Chapeau à bords larges90
Moustiquaire de tête DIY20
 
Cuisine90
Cuillère titane12
Tasse titane 750ml78
 
Soins167
Kit pharmacie48
Kit réparation (Duct Tape sur bâton)6
Couteau (+ciseaux)20
Brosse à dents8
PQ16
Pince à épiler + miroir15
Pastilles purification eau4
Anti-moustiques DEET50
 
Autres813
Appareil photo Panasonic Lumix LX3266
Chargeur + batterie + mémoire suppl. APN99
Téléphone81
Montre37
Lampe frontale80
Briquet10
Papiers + argent70
Cartes (~40xA4) + porte-cartes DIY170
 
Total sac sans consommables4255
 
Hors sac744
T-shirt MC86
Short135
Caleçon36
Chaussettes27
Chaussures Inov-8 Roclite 268460
 
Total général, sans consommables4999

Spécificités par section

En plus de cette liste de base, certaines sections ont nécessité quelques ajustements, visibles dans le tableau ci-dessous. Quand je n'utilisais pas ces objets, ceux-ci étaient placés dans la boîte postale (à part la serviette et les lunettes de soleil, perdus).

DénominationDésert(~1100km)Sierra Nevada(~630km)Washington(~800km)
Anti-moustique DEET-50g
Water report (2xA4)+10g
Serviette microfibre+18g
Manchettes DIY+20g
Lunettes de soleil+26g+26g
Boîte à ours+1247g
Bouteille 1L-37g-37g
Parapluie+230g
Tasse titane 750ml-78g
Récipient plastique étanche 475ml+40g

Contenu du carton postal

Le système de boîte postale est une manière d'organiser les aspects logistiques d'une randonnée au long cours lorsque l'on se situe dans un pays étranger ou que l'on ne dispose pas d'une tierce personne. Il consiste à s'auto-envoyer un carton postal en poste restante à un point du parcours. Là, on l'y récupère et on effectue des tâches nécessitant le contenu du carton, telles qu'un changement de chaussures ou un rechargement de batteries, avant de le refermer et de l'envoyer au point suivant.
J'ai récupéré ce carton cinq fois en tout et je l'ai également utilisé comme bagage en soute lors du trajet aller. Pour le retour, l'envoi direct en Suisse revenait à peine plus cher que l'envoi au Canada, ce qui m'a permis de revenir d'un voyage de 4 mois avec un unique bagage à main de 4 kg!

GénéralConsommablesRéserves matériel
Scotch pour fermer le cartonCartesPiolet
Étiquettes postalesKit "douche" (dentifrice, savon, Q-tips)Habits de ville (chemise, pantalon)
StyloKit pharmacieCarte SD
Photocopies papiers d'identitéKit réparation (colle forte, duck tape, colle silicone)Matériel spécifique par section
Chargeur téléphoneSachets ziploc
Adaptateur prise USChaussures (x2)
Chaussettes (x2)
Piles pour lampe et montre

Retours

  • Portage
    Le sac à dos DIY en X-Pac VX03, dont les dimensions (30x15x80cm) étaient adaptées pour y stocker une boîte à ours, bien que déjà bien abouti, avait encore quelques défauts de jeunesse. Le filet en 60g/m2 a beaucoup souffert et s'est déchiré en plusieurs endroits. Mais le principal défaut fut la mauvaise conception de l'angle d'attache et de la forme des bretelles. La mousse s'y est très vite retrouvée compressée de manière irréversible, et le sac est devenu inconfortable à cause des cisaillements engendrés au-dessus des épaules. J'ai tenté de les modifier en cours de route, mais cela a eu un impact négatif sur la solidité de l'ensemble et n'a pas arrangé le problème. Seules de nouvelles bretelles, reçues par la poste, et une réparation à la machine ont résolu la situation... Après 1700 miles. sad
    J'avais également une pochette de ceinture DIY destinée au stockage de l'APN. Le système de fermeture par scratch s'est révélé très peu protecteur face au sable et à la poussière, omniprésents jusque tout au nord. L'écran de l'APN en a beaucoup souffert.
    La capacité de portage en eau maximale était de 4 litres et s'est révélée suffisante, même dans les sections les plus désertiques.
       

  • Abri
    Les raisons qui ont motivé le choix de cet abri sont la protection à 360° et le fait qu'il se monte à l'aide d'un seul mât (je randonne sans bâtons). Pourtant, je vais y aller franchement : la Gatewood Cape est une pièce d'équipement que j'ai détesté. Pourquoi? Car selon moi, elle cumule tous les défauts qu'un abri peut avoir :
    - Beaucoup trop petit, et pourtant je ne suis pas grand (1m65). Combiné au défaut n°2, il est impossible de ne pas toucher la toile lorsqu'il y a un peu de vent.
    - La réalisation ne tient pas compte de l'orientation trame/chaîne du tissu. Résultat : la tension est inégale et une des arêtes reste détendue alors même que l'abri est tendu comme un string. Vive la condensation qui vole à l'intérieur!
    - La conception est médiocre et la réalisation peu solide. Le zip placé sur l'arête avant prend une grosse tension et n'est pas renforcé : il est sur le point de s'arracher. D'autre part, les renforts des points d'attaches n'ont pas d'ourlets et le fil y cisaille le tissu.
    - Le tissu employé (silnylon) est de mauvaise qualité. L'effet spray (gouttes qui traversent le tissu, scindées en micro-goutelettes) est important, même sous une légère pluie. Effet "Comment se mettre en danger d'hypothermie en une seule nuit?" garanti.
    Je ne parle même pas du mode poncho qui est une véritable blague.
    L'abri n'a été utilisé que 6 nuits au total (!!). En effet, je l'ai utilisé uniquement lorsqu'il était strictement nécessaire, et en ce sens, je remercie sa médiocrité car elle m'a permis de passer 85 nuits magiques à la belle étoile.
       

  • Couchage
    Utilisation de deux matelas : un Z-Lite recoupé à 105cm (8 sections) pour isoler les points de pression épaules-bassin-genoux, et un matelas pleine longueur en évazote 5mm, pour le confort. Le Z-Lite sert également d'armature pour le sac à dos. Je n'ai jamais ressenti le froid par le sol.
    La couette Yet (1ère génération de la couette CSC) a été amputée de deux caissons pour réduire sa longueur à 175cm (210cm à la base). Après fermeture de la footbox, elle forme un quilt de 160cm de long. Garnie de 400g de duvet polonais 860cuin, je l'ai complétée avec les habits que j'avais pour les nuits les plus froides. Le système de couchage complet (T-shirt + pantalon + polaire + gilet + veste imper-respi + sac de couchage) m'a permis de dormir confortablement à la belle étoile par -3°C avec une fatigue importante.
       

  • Vêtements portés et rechanges
    Un short casual, un T-shirt, un caleçon, une paire de chaussettes (tout en synthétique bien entendu) et une paire de chaussures basses, sont tout ce qu'il faut pour marcher pendant des mois.
    À cela viennent s'ajouter une paire de chaussettes et un caleçon de rechange, afin d'effectuer des lavages, ainsi qu'une paire de chaussettes pour la nuit. Le caleçon n'était finalement utilisé que lorsque j'effectuais une lessive en ville, et les chaussettes de nuit étaient très peu utilisées, puisque je préférais sécher mes chaussettes de marche en dormant.
    J'effectuais une rotation de mes chaussettes de marche selon la règle suivante : "si la paire en cours peut tenir debout toute seule, il est temps de la laver et de changer de paire". Je disposais donc toujours d'une paire sèche et pas trop sale. J'en ai utilisé au total 4 paires, dont 2 qui sont encore en bon état.
    Au niveau des chaussures, j'ai utilisé 3 paires de Inov-8 Roclite 268. La première paire (modèle 2012) avait 500km avant de partir et la semelle a tenu environ 500 miles. Les deux autres paires (modèle 2013) ont été portées respectivement sur 1100 et 1000 miles et les semelles auraient chacune pu continuer un bon moment. La principale usure constatée était les trous dans le mesh sur le dessus de la chaussure au niveau des points de flexion.
       

  • Protection thermique
    La réflexion derrière l'emport de mes couches thermiques fut la suivante : j'ai besoin d'une couche thermique à l'effort qui me permette de garder une bonne chaleur aux mains, d'où le choix d'une polaire à manches longues. Et j'ai besoin d'une couche thermique pour les phases statiques et capable de venir compléter le sac de couchage occasionnellement, ce qui s'est matérialisé par un gilet à capuche garni de primaloft.
    Dans les faits, j'ai utilisé uniquement la veste imper-respi et le pantalon comme couches thermiques. Utilisés à toutes les sauces : je les portais la nuit dans le sac de couchage, le matin, le soir, à l'ombre, dans le vent, lors des pauses, etc... La polaire et le gilet ne m'ont servi que durant les nuits froides passées dans la Sierra Nevada, afin de compléter le sac de couchage, au sommet du Mount Whitney, ainsi que durant la tempête pour éviter l'hypothermie causée par une protection pluie défaillante (voir paragraphe suivant).
       

  • Protection pluie
    Comme protection contre la pluie, une simple veste imper-respi Marmot Mica (2.5 couches) et le revêtement de sol utilisé comme jupe de pluie. Pas convaincu par l'un ni par l'autre. J'irais même jusqu'à dire que la veste est une véritable daube : l'utilisation de la veste comme protection thermique et vêtement à tout faire l'a rapidement détériorée et l'a rendue inefficace sous la pluie! En effet, la perte des propriétés déperlantes suivi de la délamination totale (!) et de l'arrachage partiel de la membrane (!!) font que le tissu extérieur se gorge d'eau et que celle-ci s'infiltre par capillarité par les endroits où la membrane est en pièce. Le fait que certaines coutures se déchirent littéralement n'améliore pas le bilan. Cette veste était donc à jeter avant même d'avoir rencontré la moindre goutte de flotte... sad
    Le concept de la jupe de pluie est intéressant, mais malheureusement inadapté aux sentiers bordés par des buissons de grande taille. Elle ne prévient en rien les infiltrations par capillarité dûes aux frottements avec les branches détrempées. Un pantalon imperméable ou imper-respi aurait été une solution bien plus efficace.
    Au moment de me lancer dans l'état de Washington, où la quantité de précipitations annuelles est la plus importante de tous les États-Unis, je me suis interrogé sur la pertinence de n'emporter que ma veste de pluie défaillante. C'est pour cette raison que je me suis doté (ou plutôt, on m'a gracieusement offert) d'un parapluie pour cette section. Avec son revêtement aluminisé, il peut également servir d'ombrelle et est utilisé par nombre de randonneurs dans le désert à la place d'un chapeau. Je ne reviendrai que sur son usage parapluie : la protection est excellente en milieu forestier et/ou en l'absence de vent et dispense d'utiliser la capuche de la veste de pluie. Il m'a permis de marcher bien plus sereinement sous la pluie qu'en Californie.
       

  • Protection solaire
    Je dispose par chance d'une peau qui bronze vite et peu sujette aux coups de soleil. Dans mon cas, la meilleure protection solaire est mon bronzage. Seul bémol, celui-ci était inexistant au moment où j'ai commencé ce voyage. J'ai pourtant fait le choix de n'emporter aucune protection particulière pour les jambes (seulement un short), RàS. Pour les bras, un système de T-shirt à manches courtes combiné avec une paire de manchettes DIY m'a apporté suffisamment de protection afin d'acquérir mon précieux bronzage sans risque de coup de soleil. Portées à partir de 10h du matin au début, puis 11h, puis midi, etc... Pour la tête et la nuque, je suis parti avec une casquette saharienne composée d'une visière et d'un bandana. Cette solution s'est montrée peu efficace à cause du vent permanent et violent qui souffle dans le désert. Ce vent entraîna d'ailleurs la perte de ces deux items, remplacés par le premier chapeau trouvé, à bords larges (overkill pour le coup) et disposant d'un cordon qui passe sous le cou afin d'éviter qu'il ne s'envole. Une paire de lunettes de soleil que je n'avais pas peur de maltraiter pour les yeux. À moitié détruite après la Sierra Nevada, je n'ai aucun souvenir de ce qui a pu lui arriver et ne l'ai pas remplacée, la majorité du reste du tracé s'effectuant en forêt.
    Un point intéressant à noter est que la couche d'ozone m'a paru plus protectrice là-bas que dans les Alpes. Les coups de soleil que j'ai eu juste après être rentré en témoignent, alors que je pouvais enchaîner les journées sans protection sur le PCT.
       

  • Protection moustiques
    Les moustiques ne présentent finalement pas un problème insurmontable tant qu'on est en mouvement. Un flacon d'anti-moustique DEET bien concentré et/ou une tenue coupe-vent (dans mon cas : veste imper-respi + pantalon en nylon supplex) permettent d'être plutôt tranquille. Les pauses sont plus problèmatiques. En journée, je consacrais mes pauses à manger, et donc la moustiquaire de tête était inutilisable dans cette situation. La meilleure solution était de faire les pauses diurnes dans des endroits non fréquentés par les moustiques (éloignés des étendues d'eau, avec du vent, ...). Pour la nuit, la moustiquaire de tête combinée à la capuche de la veste imper-respi (dotée d'une petite visière rigide) offrait une protection suffisante.
       

  • Cuisine
    Après avoir cassé 3 modèles de cuillères (ou sporks) en plastique en 900km, je me suis décidé à en acheter une en titane. Rien à signaler depuis.
    La tasse est une MSR Titan Kettle sans anses ni couvercle. Elle m'a servi à préparer de la purée, des nouilles chinoises, des flocons d'avoines et du muesli/céréales. Durant les 600 derniers kilomètres, je l'ai remplacée par un récipient en plastique à fermeture étanche sur les conseils d'un ultralighter américain afin d'essayer la réhydratation d'aliments (principalement du riz).
       

  • Soins
    Kit pharmacie composé de :
    - Leukotape : m'a littéralement sauvé la rando, principalement pour soigner un problème de frottement entre les orteils (qui aurait d'ailleurs pu être évité avec le second composant). Remplace efficacement sparadraps et pansement de petite taille. Colle vraiment (mais vraiment bien) pendant plusieurs jours, même avec la peau mouillée. Au début, j'avais beaucoup d'appréhension à le coller directement sur une plaie ouverte, mais tout va bien si on attend qu'il se décroche de lui-même.
    - Pommade triple-antibiotique : m'a littéralement sauvé la rando aussi! Permet de prévenir ou guérir une infection de surface. Peut servir également de corps gras pour nourrir la peau, lors de frottements, d'irritations ou de sécheresse (pieds par exemple).
    - Bande élastique auto-adhésive : de la gaze qui colle sur elle-même pour faire des pansements protecteurs ou compressifs de taille moyenne. Bien utile pour soigner diverses éraflures.
    - Anti-diarrhéique : en cas de troubles d'estomac.
    - Anti-inflammatoire : en cas de début de tendinite ou de maux en tout genre.
    - Pince à épiler : pour désinfecter une plaie et enlever les éventuelles tiques.
    - Bouchons pour oreilles : peuvent vous éviter de passer une mauvaise nuit à condition de ne pas les perdre.

    Kit réparation composé d'une bobine de fil polyester 50 Nm, aiguilles, épingles, épingles de sûreté, mini-tube de colle forte et d'un peu de Duck Tape (celui-ci est en général enroulé autour du bâton).

    J'ai utilisé tous les éléments de ces deux kits au moins une fois au cours du voyage.
    Pour la purification de l'eau, quelques tablettes de pastilles Micropur (Forte) sont suffisantes. Je les ai utilisées principalement dans le désert et dans les plaines de Californie du Nord. Le reste du temps, le PCT traverse des montagnes où l'eau est très propre : récoltée près des sources (ou directement à celles-ci), ou dans des ruisseaux en aval des lacs (méthode SODIS, l'eau est purifiée par le soleil dans les lacs).
       

  • Électronique
    Vraiment bluffé par l'automomie de l'APN (Panasonic Lumix LX3), dont j'avais emporté à la fois une batterie supplémentaire et le chargeur (câble raccourci et modifié avec prise US). Je crois n'avoir rechargé les batteries qu'une seule fois (après 1600 miles). Idem pour la lampe et la montre, un seul jeu de piles a suffit pour tout le trajet.
    Contrairement à ce que je pensais avant de partir, avoir un œil sur l'heure régulièrement est extrêmement utile sur ce genre de parcours. En effet, c'est le meilleur moyen de retrouver l'endroit précis où on se trouve sans avoir à regarder la carte toutes les 2 minutes. Il peut également servir à ne pas rater un élément important (point d'eau, bifurcation, ...) : il suffit de rapporter le temps écoulé depuis la dernière pause à un rythme de marche correspondant au terrain (le plus souvent, 3 miles par heure). Le chemin est parfois tellement sinueux et sans repère clair sur la carte que cette méthode est la seule qui fonctionne. J'ai ainsi pu marcher sur des dizaines de miles en mémorisant simplement les distances entre les points d'eau, sans prêter attention à la carte puisque je savais que j'allais y retrouver facilement mon emplacement courant.
    Aussi, je n'avais la plupart du temps absolument aucune idée de la date courante et parfois même pas du jour de la semaine. Ces deux informations m'étaient parfois très utile pour planifier mes ravitaillements car je devais tenir compte des horaires de fermeture des magasins et des bureaux de poste.
       

  • Autres
    Les papiers comprenaient:
    - Passeport : prendre seulement une photocopie de son passeport est une très mauvaise idée si on doit récupérer un colis en poste restante (qui contiendrait l'original), puisque les employés réclament une version originale d'une pièce d'identité et sont généralement très bornés. Pour tester, j'ai essayé autant que je le pouvais de ne présenter qu'une photocopie, toujours refusée. Peut s'avérer nécessaire aussi si l'on veut ne serait-ce que boire une bière (bon, ça c'est si vous avez l'allure d'un gamin, comme moi big_smile ).
    - Carte de crédit : mon unique moyen de paiement. Voyant qu'elle tirait la gueule (tordue) à partir de la deuxième semaine seulement, j'ai pris la sage décision de la stocker directement à l'intérieur du passeport.
    - Plan de ravitaillement : pour se rappeler où et comment se ravitailler.
    - Liste complète des points de ravitaillements : en cas d'arrêt inopiné ou pour planifier une modification du plan de ravitaillement. Des informations figurent également sur les cartes.
    - Permis : un permis délivré par la PCTA permettant de visiter tous les parcs nationaux traversés par le PCT.
    - Aide-mémoire pour unités de mesure : là-bas, on compte en inches, feet, yards, miles, ounces, pounds et autres degrés Farenheit. Pour ne pas être totalement perdu au début.
    Les cartes étaient imprimées recto-verso en couleur, puis recoupées au minimum. À chaque récupération du carton postal, je récupérais les cartes pour un cinquième du parcours environ (~170g). Stockées derrière le matelas, contre le dos, à l'intérieur du sac. Les cartes de la journée étaient pliées en huit dans la poche du short, dans un ziploc les jours de pluie. Je m'en débarrassais dès que je rencontrais une poubelle.
    Les cartes Halfmile regorgent d'annotations utiles (et inutiles) concernant les points d'eau, les sites de bivouac, les chemins de détour, la présence de plantes urticantes, les routes, les bifurcations, les points de ravitaillement, etc...
       

  • Un petit mot sur la boîte à ours
    Obligatoire dans les parcs nationaux de Sequoia, Kings Canyon et Yosemite en Californie.
    La méthode traditionnelle pour protéger sa propre nourriture de l'appétit des ours consiste à la suspendre à une branche d'arbre inaccessible par les ours, mais elle est très controversée car la plupart des randonneurs est incapable de l'appliquer correctement. La boîte à ours, un contenant théoriquement impossible à ouvrir par un ours, est la solution qui a été retenue par le gouvernement car c'est la plus facile à mettre en oeuvre et la plus sûre pour le randonneur lambda. Bien évidemment, ce n'est pas la solution la moins contraignante puisqu'elle oblige chaque visiteur à se trimballer une boîte de plus de 1kg pour y stocker sa nourriture. Il faut chaque soir la placer à bonne distance de son campement de manière à ce que l'ours soit interessé en premier lieu par la boîte et son contenu inaccessible. Car évidemment, le volume interne des boîtes homologuées (10 litres) n'est souvent pas suffisant pour y placer plus de 5 jours d'autonomie. On se retrouve donc la plupart du temps avec de la nourriture en trop, à placer dans un sac de préférence anti-odeur. À noter que des containers résistants aux ours sont présents aux abords des sites de bivouacs importants, généralement dans les fonds de vallées.
    Le choix du site de bivouac est également un élément important pour éviter le vol de nourriture. En effet, il est préférable d'éviter les zones fréquentées car les animaux savent que c'est là qu'ils y trouveront des victimes faciles. J'ai toujours dormi seul et à l'écart, et j'ai ainsi eu le soulagement de constater que ma boîte n'a jamais été déplacée : aucun ours n'a fait joujou avec.
    Je n'ai pas choisi le modèle le plus léger (BearVault 500), car même si celui-ci est homologué, il ne me paraît pas vraiment indiqué. En effet, il est transparent et je pense que l'ours est un animal intelligent qui est au moins autant attiré par la vue d'aliments que par leur odeur. De plus, cette boîte s'ouvre simplement en dévissant le couvercle, et après seulement une semaine d'utilisation, le mécanisme en plastique devient vraiment très très lâche et pourrait être ouvert par n'importe quoi... Pour seulement 80g et 5$ de plus, le modèle que j'ai acheté (Garcia Backpacker's cache) est un cylindre opaque noir qui requiert un outil et une certaine coordination pour l'ouvrir. En effet, il faut dévisser deux vis à l'aide d'un jeton (autant utiliser une cuillère! En plus, lorsque l'on ouvre la boîte, c'est généralement le moment de manger!) et il faut ensuite pousser un bouton pour soulever le couvercle et l'attraper en même temps.
    Le poids de la boîte est compensé par la surabondance d'eau dans les régions concernées, qui permet de porter au minimum un litre de moins.
       

  • Conclusions du retour matos
    Ce PCT m'a permis de cerner certains éléments qui découlent directement de ma pratique de la randonnée :
    - Je suis très économe sur ma consommation électrique et donc peux économiser du poids sur les batteries de rechange et autres accessoires électroniques.
    - Le fait de marcher du matin au soir en faisant peu de pauses me permet de me passer de couches thermiques durant la journée. Dans mon cas, il est préférable d'en diminuer le nombre et l'efficacité et d'emporter un sac de couchage permettant de descendre plus bas en températures.
       
    D'autres observations qui relèvent plutôt d'erreurs de "débutant" :
    - Certains matériels pourtant adulés sur RL se révèlent en fait être des daubes sans nom.
    - Le fait d'avoir un abri fermé n'est pas forcément gage de sécurité. La conception et la réalisation de l'abri, ainsi que la qualité des matériaux jouent un rôle beaucoup plus important que ce que je ne pensais. Et cela est valable pour toutes les pièces d'équipement : un seul défaut de conception peut ruiner la capacité d'un objet à remplir sa fonction. Et je peux jurer qu'être confronté à du matos défaillant pendant des mois est assez pesant. Heureusement, le PCT est un parcours qui pardonne beaucoup.
    - On a l'air malin lorsqu'une pièce d'équipement attend sagement dans la boîte postale et qu'on rencontre un problème sur le terrain nécessitant justement et urgemment cet équipement précis (un rouleau de leukotape par exemple).
    - En ce qui concerne la fabrication DIY, ce n'est pas parce qu'une réalisation semble tenir la route qu'elle sera efficace sur des milliers de kilomètres. Mieux vaut être vraiment sûr de soi (par exemple avoir fait plusieurs itérations) avant de remplacer définitivement une pièce d'équipement commerciale par du fait maison. Cependant, le fait d'avoir traversé les États-Unis avec un sac à dos que j'ai moi-même cousu m'apporte une satisfaction supplémentaire. smile
       
    Pour les plus assidus, l'évolution de cette liste de matériel peut être étudiée en la comparant avec une version plus récente, celle du P'tit Tour des Alpes Suisses. Pour un poids similaire, celle-ci me fournit beaucoup plus de sécurité et corrige un bon nombre de faiblesses constatées sur le PCT.


PS: Des précisions supplémentaires ainsi que des illustrations peuvent être apportées à la demande sur n'importe quel aspect du matériel présenté.

Dernière modification par Nolok (07-01-2015 10:48:03)

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#112 04-01-2015 13:01:25

Nolok
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Nourriture

Quelle approche choisir?

Une des étapes inévitable de la préparation est de choisir une approche pour se faire à manger. Chaud ou froid? Quel réchaud et quel combustible? Le climat sec et propice aux incendies élimine d'emblée l'utilisation du réchaud à bois, et diminue l'intérêt des réchauds à alcool. Tandis que les aspects logistiques rendent très contraignant le réapprovisionnement en gaz et en alcool, à moins de se faire envoyer des colis par une tierce personne. En définitive, le choix est assez simple et l'approche du repas froid m'est tout simplement apparu comme une évidence.

Menu journaliers

J'essayais de changer les goûts le plus souvent possible afin de ne pas m'habituer à un certain type de nourriture et ainsi ne pas provoquer de rejet.
Je ne parlerai cette fois pas de quantités, sinon j'en connais qui vont encore grimper au plafond. Cependant, je suis quasiment persuadé que le fait que je n'ai perdu "que" 7 kilos (54 au départ), et que ce "poids de forme version thru-hiker" se soit stabilisé après environ 1 mois de randonnée, tient aux quantités importantes de nourriture ingurgitée durant les 2 mois et demi restants.

  • Petits déjeûners
    - Du muesli et des céréales : au chocolat, aux fruits, aux noix, ...
    - Des cheerios au miel. Assez volumineux mais excellents.
    - Du instant oatmeal (flocons d'avoine) : plein de parfums.
    - Des biscuits : surtout des sablés au beurre et des cookies.
       

  • Snacks
    - Beaucoup de barres céréales. Les meilleures sont les barres bio, par exemple les barres Clif.
    - Des snickers.
    - Du trail mix, qui est à la base un mélange de cacahuètes, de noix et de raisins secs. Certains marcheurs y ajoutent n'importe quoi (sucreries, bonbons, smarties, ...), et j'en ai goûté qui étaient vraiment à vômir... Rien ne vaut le bon vieux mélange original.
    - Toujours des biscuits.
    - De la compote de pommes. Le petit truc frais qui fait du bien. Le 6-pack de pom'pottes avait en général du mal à dépasser les deux premières journées.
    - Du café soluble en petits sachets, en dépannage lorsque j'avais besoin d'un coup de fouet.
       

  • Repas de midi et du soir
    - De la purée instantanée. La marque Idahoan fait vraiment des trucs intéressants (au beurre, fromage, basilic, ail, ...) et on la trouve absolument partout.
    - Des nouilles chinoises. Après environ 1 mois et demi, j'ai fait un rejet et ai été incapable d'en remanger.
    - Du fromage. Beaucoup de cheddar, de swiss, de peppered jack et de monterey jack. Les fromages non-américains sont hors de prix et quasi-introuvables.
    - Des tortillas. Elles font office de pain et se gardent bien. Il y a des rayons entiers de "mexican food" dans chaque magasin en Californie, autant en profiter!
    - Du thon en sachet. Pendant une période, j'ai même trimballé des pots de mayonnaise afin de me faire des burritos thon-mayo... Jusqu'à ce que j'aprenne que c'est une très mauvaise idée à cause des salmonelles.
    - Des chips pillées, à manger à la cuillère. Les meilleures sont les "kettle cooked", mais beaucoup plus chères.
    - Du chorizo.
       

  • Pause énergétique de la fin d'après-midi
    Une tradition instaurée dès la fin de la première semaine, qui consistait à s'empifrer de nutella... À la cuillère, et sans aucun accompagnement. Miam! tongue Le jour où j'ai enchaîné 42 miles en Californie du Nord, j'ai carrément dû me forcer à ne pas dépasser la moitié du pot de 750g en me rappelant que celui-ci était sensé durer au minimum 3 jours. Mon excuse principale est que les pots sont en plastique, contrairement à chez nous où ils sont en verre. Le rapport des kcal/100g était donc diablement élevé.
       

  • Flops et déceptions alimentaires
    1. Il y a du chocolat partout, mais je n'ai jamais réussi à trouver du bon vieux chocolat en plaque.
    2. Pas convaincu par le beurre de cacahuète, pourtant les américains ne jurent que par ça.
    3. Impossible de trouver du saucisson autre que du chorizo. J'ai essayé plusieurs sortes de jerky (boeuf séché), mais n'ai pas été enchanté.

Town Food

Ahh, l'appel du burger... Passer des journées entières à cavaler en n'ayant que pour unique objectif le saint graal du thru-hiker... Il faut le vivre pour le comprendre! Le burger n'est d'ailleurs pas le seul objet de convoitise : il en va de même pour les pizzas, les breakfasts, les burritos, les omelettes, les cafés, les sodas, les bières, les pots de crème glacée, et... les fruits et légumes bien sûr!

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#113 04-01-2015 13:12:43

Magic Manu
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Anti-diuretique pour des problèmes d'estomac?!


"Il en faut peu pour être heureux" (Baloo, le Livre de la Jungle)
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#114 04-01-2015 13:29:44

Rannnnn
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Nolok a écrit :
Épilogue

Divers éléments contribuent à faire du thru-hike du PCT ce que les anglophones nomment "a spoon-fed adventure" (une aventure à la petite cuillère) :
- le sentier est très bien marqué, bien entretenu, facile et sans obstacles ;
- le tracé a été dessiné pour être praticable par les chevaux et sa pente ne dépasse jamais les 8%, en s'étirant sur de (trop?) nombreux lacets. On a donc jamais vraiment l'impression de monter ou de descendre réellement ;

J'ai l'impression que le parcours est en fait plus adapté aux vélos (VTC) ou à l'équitation qu'à la marche à pied. Un parcours très bien marqué, pas ou très peu de difficultés techniques, des pentes douces prévues pour les animaux de bâts, de longues distances. Dommage que les vélos soient justement interdits. sad

Tu as rencontrés des personnes effectuant tout le parcours à cheval ? Çà se pratique ?

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#115 04-01-2015 13:37:06

René94
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci, Nolok, pour ce retour très complet smile

Pour le chocolat, tu n'as pas trouvé de Ghirardelli en ville ?


"Je ne suis pas ce qui brille..." (F. Marchet)
Mon trombi

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#116 04-01-2015 13:54:26

Nolok
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Magic Manu a écrit :

Anti-diuretique pour des problèmes d'estomac?!

Oups big_smile Anti-diarrhéique pardon.

Rannnnn a écrit :

Tu as rencontrés des personnes effectuant tout le parcours à cheval ? Çà se pratique ?

Tout le parcours, je ne pense pas. Mais j'ai rencontré pas mal de section-hikers équestres. D'ailleurs, il paraîtrait qu'un cheval soit tombé dans un ravin le jour avant que je passe à Chikamin Ridge, dans la réserve des Alpine Lakes. neutral
Et effectivement, c'est dommage que le chemin soit fermé aux vélos. Il y a de quoi s'amuser.

René94 a écrit :

Pour le chocolat, tu n'as pas trouvé de Ghirardelli en ville ?

Ah ben tu m'apprends un truc là. Pourtant il me semblait avoir cherché à de nombreuses reprises. Rappelle-moi de vérifier quand j'y retourne wink

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#117 04-01-2015 13:54:32

Shanx
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci Nolok smile
Tes deux CR sont de vrais mines d’or pour la rando au long cours (et les randos plus courtes). Des retours si détaillés sont précieux.

Le PCT, ça fait quand même rêver… Il est peut-être « facile », mais quels paysages ! Et j’ai l’impression de retrouver l’ambiance que j’avais trouvée sur le chemin de St Jacques (à une échelle plus petite, bien entendu), avec une vraie communauté et des amitiés qui se tissent en cours de route. Le combo super paysages + super ambiance ferait presque pardonner la facilité (toute relative du chemin).
Puis bon, parler de facilité quand tu es à plus de 40km/jour de moyenne… big_smile


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"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

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#118 04-01-2015 14:12:27

Magic Manu
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci pour tes excellentes remarques sur le matériel, le DIY à tester impérativement avant une longue rando, le fait qu'un abris fermé ne soit pas forcément une garantie...
Il y a des notions qui se mettent en place lentement dans ma tête, puis de les voir ensuite clairement écrites et exprimées me font gagner pas mal de temps!! Mais, d'un autre côté, si j'avais lu cela plusieurs mois plus tôt, je ne les aurais pas forcément bien comprises et assimilées! big_smile
Quelle pommade"3 antibiotiques" as tu utilisée?


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#119 04-01-2015 14:51:47

thierry
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Rannnnn a écrit :

[...]Dommage que les vélos soient justement interdits. sad[...]

Heureusement que les vélos y sont interdits. smile

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#120 04-01-2015 15:09:15

Rannnnn
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

thierry a écrit :
Rannnnn a écrit :

[...]Dommage que les vélos soient justement interdits. sad[...]

Heureusement que les vélos y sont interdits. smile

Pourquoi ?

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#121 04-01-2015 15:24:40

Shanx
Sanglier MUL
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Pour la tranquillité ?
Je pratique (occasionnellement) le vtt, et j’admets que je suis frustré quand un sentier est interdit (et ayant grandi dans une réserve naturelle, ça arrivait souvent). Mais quand je suis à pied, c’est le contraire : je suis rarement heureux de voir débouler un vttiste pleine balle.


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#122 04-01-2015 15:39:44

beb71
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Merci pour le retour matériel !

Pour l'abri fermé, j'utilise aussi la gatewood cape (mais sur des randos plus courtes, bien-sûr !!).

Je comprends qu'elle ne soit pas adaptée aux longs trajets pour les raisons que tu énonces. Néanmoins elle résiste bien aux mauvaises conditions et permet de rester au sec.

Quels sont pour toi, les points importants pour le PCT : résistance, confort, gestion de l'humidité ....??

On ne peut pas tout avoir, il faut sûrement établir une priorité pour des voyages si longs ??

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#123 05-01-2015 12:51:55

andre1980
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

JJ avait utilisé un haut à manche long avec capuche comme toi pour ton "P'tit Tour des Alpes Suisses".
Si tu devais le refaire, utiliserais-tu ce type de haut comme idem principal ?

Que penses-tu d'un combo :
- haut fin à manche long avec capuche + lunette de soleil (pour la journée => protection solaire)
- polaire D4 (pour les moment statique => en gros, durant la phase repas du soir avant de vite se mettre dans son duvet 600g à 800 de CUIN)

Cette solution me semble la plus approprié tant niveau poids que niveau efficacité. Mais j'ai un doute sur le faire d'avoir trop chaud en journée si le haut n'est pas assez fin.

Tu aurais une petite liste de lieu de ravitaillement (boutique alimentaire) "normal" compatible avec les goût européen (de quoi avoir le choix dans les aliments). C'est une information que j'ai du mal à trouver. Il y a peu de description sur le volume de marchandise des "point de ravitaillement".

Nolok a écrit :
Nourriture

Town Food

Ahh, l'appel du burger... Passer des journées entières à cavaler en n'ayant que pour unique objectif le saint graal du thru-hiker... Il faut le vivre pour le comprendre! Le burger n'est d'ailleurs pas le seul objet de convoitise : il en va de même pour les pizzas, les breakfasts, les burritos, les omelettes, les cafés, les sodas, les bières, les pots de crème glacée, et... les fruits et légumes bien sûr!

Je pense que j'ai bien compris cette phrase en écoutant cette enregistrement  lol

PCT 2009 : écouter le son du 9 août. C'est vraiment très drôle.  lol   lol   lol

Dernière modification par andre1980 (05-01-2015 12:54:10)

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#124 05-01-2015 14:18:29

wax
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

Excellent !!!  lol

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#125 05-01-2015 15:02:34

Ontheroad33
Pandabruti
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Re : [Récit + liste] Pacific Crest Trail

La vache. Si ça ce n'est pas de l'émotion !
Personne ne veut me croire que je dis qu'un bon plat est plus efficace qu'un anti-dépresseur... lol


"Je ne sais pas où je vais. Ouh ça je ne l'ai jamais bien su. Mais si jamais je le savais, je crois bien que je n'irais plus." La Rue Kétanou, Où Je vais, Album En Attendant Les Caravanes, 2000.

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