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#26 07-01-2016 20:44:21

You
Ptit lapin givré
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Iksarfighter a écrit :

Très bon le coup de la cuillère titane qui te gèle les doigts malgré les moufles... Peut-être prévoir un autre matériau davantage approprié.

Oui : cuillère ou baguettes en bois (taillées à l'arrache si en milieu boisé), ou juste pas de cuillère du tout.
Le "sans cuillère" fut testé et approuvé par ma pomme en Laponie, suite à la perte de ma cuillère en alu.
Il suffit de noyer sa pitance dans l'eau chaude et de boire le tout en touillant le fond de temps en temps.
Un peu rustique mais ça hydrate.


There is a curse. They say : "May You Live in Interesting Times" (Terry Pratchett)
"Le froid est pour moi le prix de la liberté" (Elsa, Reine des Neiges) / "La météo, c'est dans la tête" / φ / (⧖)

Hors ligne

#27 07-01-2016 21:51:05

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Avant-propos et jour 0

Même si je préparais cette sortie depuis longtemps, j'ai bien failli tout annuler au dernier moment. Mon année 2015 a été particulièrement pénible, et je ressens une fatigue généralisée. Depuis 2010, je fais beaucoup de choses, je suis toujours à courir à droite à gauche, j'ai fait tellement de trajets en avions, trains, bus, covoiturages, etc que je n'ai plus vraiment l'impression de vivre, de prendre le temps. Je ne sais plus quel est le dernier roman que j'ai lu, ou de quand date ma dernière soirée bière/pizza/film avec les potes. Pas le temps. Jamais le temps, y'a toujours un projet, un voyage, une rando à bosser.

Ma carte bancaire s'est faite pirater la veille du départ. Le pote qui devait m'emmener à l'aéroport perd le pot d'échappement de sa bagnole le même jour. Fatigué, je ne suis pas sûr de vraiment avoir envie de partir. Allez, tout est déjà payé ! J'ai encore une sortie au nord de la Finlande prévue le mois prochain, puis j'arrête tout. Faut voir que j'avais déjà une liste de projets qui m'emmenait jusque début septembre...
Besoin de vacances, simplement de ne rien faire. On me fera sûrement remarquer ici aussi que je suis toujours « en vacances ». Oui, mais à quel prix... Absolument tout mon argent passe là-dedans, et je ne parle même pas de mon énergie. Stop !

Vous l'aurez saisi, mon état d'esprit n'est pas des meilleurs. Les quelques jours avant le départ, je suis encore à courir dans tous les sens, vite, terminer de coudre mon sursac, apprendre à farter des skis, faire les derniers tests, et déjà, se projeter dans l'après, réfléchir au matériel qu'il faudra que j'emmène pour le prochain projet.
2 nuits pratiquement blanches avant le départ pour l'aéroport de Bruxelles, j'ai même pas eu le temps de faire mon sac à dos, dont les plans sont pourtant prêts depuis des mois. Je pars un peu comme je retournais dans le Caucase un mois après la mort de mon père, sans la moindre excitation. Je sais bien qu'une fois sur place, je serai heureux, mais en cet instant, je crois que je préfèrerais être affalé dans un canapé avec un paquet de chips.
Embarquement sans problème avec Brussels Airlines, la seule compagnie du coin qui accepte de transporter les skis gratuitement.
Dodo à Oslo, toujours la même routine, je vais aux toilettes remplir ma petite bouteille d'eau, j'ai mon matelas et mon sac de couchage dans mon bagage cabine, et regarde d'un air un peu dédaigneux ces gens qui n'ont pas anticipés qu'il leur faudrait dormir à l'aéroport, et n'ont rien planifiés. Moi je commence à avoir mes habitudes dans cet aéroport. Le coin à l'étage à côté des escalators. A coté de la box internet. Il y a des prises pour recharger son téléphone. Et toujours le même sdf dans le coin. Un habitué, lui aussi.

Départ le lendemain matin pour Oslo. Le visitor center est juste à côté de la gare. Il faut sortir par la porte principale, il y a un hotel juste à côté, sur la gauche, il est à l'intérieur. On m'indique une boutique XXL pas loin.
Marcher. Avec ces putains de skis sur l'épaule. Impossible de les accrocher au sac, ils ne passent pas les portes. Le sac pèse une blinde. Le magasin n'ouvre qu'à 10h. Un employé à qui je demande où trouver du gaz dans ce magasin me laisse tourner pendant 15 minutes à l'intérieur. Toujours avec ces putains de skis. Finalement, ils ne sont vendus qu'en caisse. Comme d'habitude chez XXL, ils n'ont que des petits et moyens modèles de chez Coleman, des 70/30. 39 couronnes la cartouche moyennes, pratiquement le même prix qu'en France. Je pense qu'avec 3 je suis à peu près bon, j'en prends 4 okazou. 1 kilo 300 de plus sur le dos, et toujours ces skis... Retour à la gare. Non, décidément, avant même de les avoir enfilés, je sais que ma prochaine sortie à ski, elle ne se fera pas seul. Juste pour pouvoir laisser tout ce merdier au collègue pendant que je vais faire les emplettes en ville.
Les gens m'énervent avec leurs doudounes alors qu'il pleut. Qu'est-ce que je fous là ? Test de toutes les cartouches, faudrait que je réorganise mon sac du mode voyage au mode rando, mettre de côté tout ce que je vais planquer dans la neige. Trop chiant à porter, j'ai pris des sacs poubelles et du scotch pour un régiment. Tant pis, on verra sur place.
Départ du train pour Finse. Je repère un autre gars, avec des chaussures en N 75. Il a l'air encore plus aigri que moi. Il est russe, pas étonnant. Fatigué, la nuit à Oslo n'a duré que de 2 à 6h. Je sens que mon premier jour va une fois de plus être « n'importe quoi ».
Les paysages sont superbes une fois quitté Oslo. Mais la nuit tombe rapidement.
De plus en plus de neige, du vent qui souffle à mesure que j'approche de ma destination. Température extérieure -7, je descends. On est le 23 au soir, train de retour le 30 dans la nuit, décollage d'Oslo le 31 au soir, avant de vite vite regagner la France et les potes pour un réveillon qui sera fêté en 4e vitesse, avant de retourner sur Strasbourg passer mes examens. Encore un bel emploi du temps que je me suis là concocté...


Je ne fais pas attention que la gare est ouverte, je déballe mes skis dehors, en essayant que rien ne s'envole et de ne pas laisser entrer trop de neige dans mon sac. Car evidemment, il vente, il neige, et on n'y voit rien dès qu'on s'éloigne des quais.
J'enfile mon premier ski. J'écrase le talon pour vérifier que les écailles permettent vraiment de « grimper aux arbres » comme je l'ai lu. Je manque de me vautrer, mais attendrait d'avoir enfilé le second ski pour cela. Bah heureusement qu'il y a des écailles ! Et quelle galère pour se relever avec ces machins avec mon sac à dos plein...
Je longe les quais pour tester un peu le bouzin. Je recule d'un demi-pas à chaque pas. 10 contre 1 que j'ai pas assez brossé les écailles de leur fart. Ma brosse était pas assez dure, et j'avais « plus le temps ». Une bute d'environ 15 cm de haut. Impossible de la passer, je glisse en arrière. « une histoire de technique », sûrement. J'écrase les talons autant que je le peux. Je glisse encore en arrière, et tombe. Je retire les skis, gratte un peu la zone des ecailles avec mon ongle. Du fart. Partout. Evidemment, crétin... J'utilise les carres d'un ski pour retirer le maximum de cette merde sur l'autre. Je rechausse, ça ne change rien. Zut, on verra demain !

Je pars sud ouest en passant par le lac. Avant y'a une zone d'accumulation à passer, je m'enfonce jusqu'aux nombril. « N'importe quoi », tu disais ? Et ce vent, punaise...
Je planque mon sac, enfin sur une zone plate, je peux rechausser les skis. Je recule toujours d'un demi pas à chaque pas. Je glisse en arrière au plus petit faux-plat montant, tombe au plus petit faux plat descendant.
A peu près un kilomètre parcouru, le vent se fait de plus en plus fort. Je pense à me mettre à l'abri derrière une des barraques un peu isolées au bord du lac. Elles sont situées en hauteur. Je repense à une vidéo de tutos de skis. « la marche en canard ».
Ça passe ! Zone verglacée en haut. Vent de côté. Je dérape, le vent me balance par terre.
Je laisse là mes skis, et vais voir s'il y a une zone un peu plus à l'abri derrière la maison.
Il y a une énorme congère totalement à l'abri du vent. Bingo, je pose la tente et dodo, faut vraiment que je dorme...

Tente facilement montée, je prépare l'endroit où je ferai fondre ma neige, à bonne distance de ma tente, comme d'habitude. Je tasse la neige, déplie le réchaud, et retourne dans ma tente chercher mon eau.
Vu le peu de distance que je pensais couvrir ce soir, je n'ai pas gardé ma Nalgene au chaud, elle a un peu de glace à l'intérieur.
En environ une demie seconde, une rafale arrive du côté opposé à la direction d'où le vent venait jusque là, amenant avec lui de la poudreuse. Je me précipite pour attraper mon réchaud, s'il se fait recouvrir de neige il va me falloir le nettoyer...
Trop tard. En revenant à la tente, de la neige a réussi à entrer dans la chambre par les quelques parties en moustiquaire qu'elle comporte. Le vent a totalement changé de sens, j'ai la méga flemme de me prendre la tête ce soir. Mon eau file au fond de mon sac de couchage (couette+sursac apex), dans un sac étanche tout de même, parano parano... Je retire le plus possible de la neige qui est entrée dans la chambre, et dodo. Avec boules quies, parce que ça souffle bien. Et dans toutes les directions on dirait.

Jour 1

J'ouvre les yeux. Il fait vachement sombre quand même, le soleil n'est pas encore levé j'imagine.
Le vent n'a pas faibli, et semble même de plus en plus fort, la tente est plutôt agitée. Je relève la tête et me cogne au plafond. Mmmh ? Ah bah d'accord, j'ai environ 45 cm de neige dans l'abside, et encore plus à l'extérieur qui écrase les parois. Mes pompes sont totalement sous la neige, ainsi que tout ce qui s'y trouvait. Et j'ai eu le réflexe « 3 saisons » de laisser ma brosse à dent et mon thermomètre à l'extérieur du sac, à portée de mains. Chier...

*flic floc* fait mon matelas. Hum ? Y'a de l'eau et de la glace plein le tapis de sol de la chambre. Meeeeeeerde ! J'attrape le sac étanche dans lequel se trouvait ma nalgene. Il est plein d'eau. La nalgene était mal fermée, Sûrement un glaçon qui m'a fait croire qu'elle était bien fermée. Première fois que ça m'arrive, et pourtant c'est pas comme si j'ignorais le phénomène. Le sursac apex est gelé aux pieds, la couette n'a pas trop de dommage. La prochaine et première cabane est à une vingtaine de bornes, mais j'avais pas prévu de m'y arrêter. Déjà que j'ai un timing hyper serré pour faire l'aller retour à Trolltunga (environ 200 bornes -en réalité je pense même que c'était encore plus, totalement irréaliste vu mon « niveau » à skis-). Bon, déjà voir ce qui se passe dehors, je remballe mes sacs de couchage dans leurs sacs étanches, mais laisse le matelas gonflé, au cas où le temps serait trop mauvais pour bouger. Je retire les boules quies, c'est vrai que ça gueule. Il est 10h 15.

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Je déneige un peu, essaie de prendre une photo. L'apn avait pourtant été gardé hors du sac, mais il se couvre immédiatement de condensation, qui gèle. Je dégage autant de neige que je peux, et sors de la tente pour évaluer la situation. Ça souffle très fort, et même dos au vent et à la neige amenée par celui-ci, je me fais aveugler, les flocons réussissent quand même à atteindre mes yeux.
Celle que j'appelle « la grande dame » est fâchée on dirait. Avant de partir, j'avais envisagé cette situation, évidemment le premier jour, ça m'avait fait penser aux paroles de cette chanson « moi, je n'ai pas d'amour pour les hommes lourds, aux piétons je dis non, aon aon ! ».
« j'te jure madame, mon sac il est pas si lourd, j'suis MUL ! Pis je suis pas piéton, j'suis skieur ».

Je rentre enfiler mon masque. C'est vrai qu'on est bien protégé avec ça, je vois tous les petits flocons qui arrivent dans ma tronche ! J'entreprends de dégager la tente. Mon masque se couvre de condensation gelée. Tache terminée, y'avait un paquet de kilos sur la toile ! Je me redresse et me fait renverser par une rafale. Je crois que je suis au pire endroit de bivouac possible, le vent est canalisé et amplifié dans cette congère. J'y vois rien, ça pue !
Au moins, j'ai pas froid. Quelques secondes de réflexion, le vent souffle dans une seule direction, donc je serai à l'abri de l'autre côté de la maison. Je vais y voir, c'est effectivement très calme à cet endroit.
J'ai alors l'idée à la con du siècle. Si j'amenais toutes mes affaires ici pour tranquillement faire mon sac ? Aussitôt formulé, aussitôt appliqué. D'autant que le vent forcit encore. Si, c'est possible.
Je devine à peu près où je mets les pieds par les quelques cm² non encore couverts de buée gelée.
Une nouvelle rafale m'emmène sur plusieurs mètres, je finis par me coucher par terre pour que ça s'arrête, et profite d'une acalmie pour déposer mon sac à moitié rempli dans la congère calme, puis m'attelle au démontage de la tente.
Les points opposés au vent sont faciles à retirer. Viens le côté au vent. La neige a des formes totalement folles, il y a une échelle métallique qui mène sur le toit de la maison. Depuis cette échelle, il y a une ligne de neige, comme une ficelle qui serait tendue, qui va jusqu'à mes skis à un mètre de là. Il n'y a pourtant aucune ficelle à cet endroit, je ne comprends pas.


Je retire le premier point d'ancrage de ce côté, et comprends instantanément ma connerie. Le vent s'engouffre sous la toile et fait parachute. Je retire encore deux points d'ancrage, le bras enroulé autour d'un morceau de sangle de la tente pour qu'elle ne s'envole pas. Je fais tomber l'arceau (honnêtement je ne sais plus à quel moment, si c'était au début, ou plus tard), me couche sur la tente, le bras toujours enroulé autour de la sangle, aggripant aussi fort que je le peux ma pelle à neige qui tente de s'échapper, au point que je me demande si je n'aurais pas aussi du lui coller un leash.
Un de mes bâtons s'envole, tant pis, je ne peux pas tout gérer. Ça n'a pourtant pas une énorme prise au vent...
Deuxième partie de la tente dégagée, il me faudra encore plusieurs minutes, couché sur la toile, pour réussir à tout attraper sans risquer de tester le kite surf plus tôt que prévu.

Je me maudis de ne pas avoir dégonflé ce putain de matelas à l'intérieur de la chambre. C'est une galère à transporter. Je balance le tout à côté de mon sac, attrape la valve à l'intérieur de la chambre pour dégonfler le x therm, et pose le sac par dessus. Je vais chercher ce qu'il reste, pelle, arceau, skis, et mon deuxième bâton. Plusieurs voyages me seront nécessaires. Une nouvelle rafale de neige m'aveugle pendant quelques instants. Il fait entre 0 et -5 je pense, la neige et humide, collante sur le masque et les vêtements. Pas grave, je connais le chemin ? Je prends une toute autre direction, faut vraiment pas espérer marcher à l'aveugle dans ces conditions. Coup de chance, je marche sur mon bâton, il est déjà enterré à hauteur de mollet.

Retour dans la congère calme, qui est de moins en moins calme, on dirait que le vent a encore changé. Alors, j'avais posé mon arceau à côté de ma pelle... Pelle qui n'est déjà plus visible. Heureusement que je me souvenais à quelle distance du mur elle se trouvait.
C'est bien ça, le vent change de plus en plus et commence à aussi envahir cette congère-ci. Je balance tout en vrac dans le sac, y'a des quantités de neige folles à l'intérieur. Je ne suis plus sûr que j'ai bien embarqué ma bouilloire, avec le réchaud à l'intérieur. Pareil pour mon gps. Ma brosse à dent est définitivement perdue, j'espère qu'il ne manque rien d'autre.
Le sac n'a jamais été aussi mal fait, il pèse un poids de voleur, il est 13h30 j'ai mis plus de 3h à lever le camp. Tout ça a cause de cette idée stupide de bouger l'ensemble de mon abri. Crétin va ! Et un argument de plus pour ne plus partir seul à ski dans ces conditions, un coéquipier m'aurait soit dissuadé, soit aidé à démonter la tente.
Impossible de skier, ou même de faire quoi que ce soit. Je n'arrive même pas à enfiler les skis, les rafales vont dans tous les sens. De toute façon ils sont beaucoup trop glissants. Retour vers la civilisation, y'aura bien quelqu'un pour me laisser entrer et me permettre de réfléchir au calme à ce que je vais faire. Voire me prêter une brosse pour virer le fart des écailles.
Il me faudra plus de 2h pour retourner à la gare et faire mon petit kilomètre. Je suis sans arrêt balayé à droite à gauche, et mon bricolage à base de ficelles pour accrocher les skis n'est pas suffisant, mais j'ai « pas eu le temps » de faire mieux et coudre des sangles. Alors, je fais 30 mètres, pose le sac, vais chercher les skis, et recommence...
Vers 15h30, j'arrive à la gare et découvre l'existence d'un tout petit local chauffé. Je m'y étale en mode « camp de rom ». N'importe quoi, n'importe quoi, j'ai jamais fait aussi fort ! Joyeux Noël !

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Je fais tout sécher, procède à mon inventaire, ne me manque que ma brosse à dent. Je cherche de quoi virer le fart de mes écailles, en l'état c'est vraiment pas possible. Préférant éviter les objets en métal, j'utilise un coin de mon sifflet. Et mes ongles pour aller dans les coins. De chaque écaille. Oui, c'est long. Et chiant.
Y'a un panneau « no camping », mais vu la situation et la météo, je ne pense pas qu'on me mettrait dehors. J'arrête de gratter mes skis à 2h du matin, nettoie tout le bazar par terre, et me couche.
Au niveau moral, je suis un peu dans le flou. Je viens de prendre une belle claque, je sais que j'ai eu de la chance qu'il ne fasse pas -30. Mais je savais que ce genre de situations pouvait se produire.
Et puis y'a pas à dire, l'ambiance me rappelle furieusement les musiques (clic, clic -attention c'est un peu violent musicalement parlant, réglez le son de votre ordinateur-) qui m'ont bercées quand j'étais ado.
Je suis quand même content de ne pas être dehors, la météo ne s'améliorant pas. smile

Jour 2

Le temps dehors est toujours le même. A côté de «  mon  » local, il y a une seconde pièce, avec pleins de panneaux en norvégien. Il y a un horaire, 8h30-20h30, la porte est ouverte, bien que l'on soit le 25. J'espérais pouvoir me renseigner sur la météo, mais le guichet est fermé, et le sera jusqu'au 27.
C'est une très grande salle d'attente, avec des toilettes, une table, des bancs, et même une petite étagère avec des bouquins.

Je déjeune tout en regardant une carte punaisée au mur, affichant les environs, les refuges, et les distances. Comme j'ai déjà un jour de retard, je peux faire une croix sur Trolltunga au sud ouest. Le vent arrive majoritairement de l'ouest, je regarde ce qu'il y a comme possibilité à l'est du glacier du  Hardangerjøkulen. Il y a un refuge indiqué comme se trouvant à 28 km, Kjeldebu je crois. Par un chemin qui me semble cependant un peu trop direct, beaucoup de dénivelés. Tout est relatif, je crois que le point culminant est à 2400 m, alors que je me trouve à 2200, mais les courbes de niveau m'inquiètent vu mon manque d'équilibre sur mes skis.
Je me concocte un itinéraire passant de lac en lac, un maximum de plat qui me permettra d'avancer vite.
Un vieil homme entre. C'est un suédois qui me voyant à l'intérieur vient s'assurer que tout va bien. Son anglais est très mauvais, mais il n'y aurait à priori aucun train aujourd'hui, ce qui explique qu'il se soit étonné de me voir là.
J'en profite pour me renseigner sur la météo, lui parle de mon projet. Il me fait répéter, me regarde avec des grands yeux en me disant que la météo est très mauvaise, que je devrais attendre demain. Comme je lui explique que je n'ai pas fait tout ce voyage pour rester dans la gare, il me montre la maison qu'il loue, en me disant qu'au moindre pépin, je pouvais aller le voir. smile
Il vérifie que j'ai bien gps, téléphone, sacs de couchage.

Je sors, le temps est dégueulasse. Un employé de la ligne de chemin de fer sort justement de son local pour déneiger les rails. Je lui demande si la météo va s'améliorer, il me dit qu'il fera beau demain, et voyant mon paquetage, me demande si je pars camper. Il me conseille lui aussi d'attendre demain, et de faire très attention.

J'ai le récit de Sahid qui me trotte dans la tête. Lui non plus n'avait pas écouté les locaux, toi, fais pas le con... Je ne sais pas si mon employé de chemin de fer était un vrai local, mais travaillant ici, il a déjà du en voir...

Une zone d'accumulation à traverser pour atteindre le lac, je la passe péniblement, et enfile un ski. Le vent me pousse alors que je donnais une impulsion pour sortir ma seconde jambe de la neige et la poser sur l'autre ski. Je tombe en arrière, mon ski se plante à peu près verticalement, l'autre ski part dans la descente. J'aurais pu me faire très très mal au genou, heureusement que la neige est fraîche...

C'est décidé, je passerai une autre nuit à la gare. Au point où j'en suis, de toute façon...

Je descends récupérer mon autre ski, et réussis à l'enfiler. C'est comme si mes heures de défartage de la veille n'avaient pas existés, je recule un peu moins à chaque pas, mais la plus petite montée est une galère sans nom, et alors la moindre descente, si un norvégien m'observe à la jumelle, il doit bien rigoler  ! Il suffit que mes skis glissent tous seuls plus d'une seconde pour que je commence à me sentir déséquilibré. Mes bâtons servent à me ralentir en les plantant devant et m'arc-boutant dessus.
Au fil des chutes, je prends peu à peu confiance, la neige est légère, je ne me fais pas mal. Ce qui est plus compliqué, c'est de se relever...
Sur les zones planes, je m'efforce de penser aux tutos que j'ai lu sur le pas de patineur, en poussant avec les bâtons. Rien à faire, je ne suis pas à l'aise, je réussis même à tomber parce que mes bâtons sont mal positionnés, ou parce que ma poussée n'était pas parfaitement droite. Je chute aussi parce que mes pieds ne sont pas strictement parallèles. Au moment où les deux skis se touchent, je suis déséquilibré, j'ai le réflexe de planter un bâton devant moi, un ski touche le bâton, je tombe.

Une catastrophe ambulante le mec  ! A retenir, savoir faire du vélo n'est d'aucune utilité à skis  !

Je retourne à la gare alors que le soleil se couche, le temps commence à se calmer, je suis rincé. Pas parce que c'est dur physiquement, plutôt parce que je suis crispé sur mes skis. J'ai bien conscience d'utiliser mes bâtons n'importe comment, mais je n'arrive pas à faire autrement.
Je passe l'ongle sur les écailles, et ramasse encore plein de fart.
Pour frotter je vais successivement utiliser  : le bord de ma boussole, le bouchon de ma Nalgene, la petite bande tenant le bouchon de ma Nalgene, le sac de rangement de mon réchaud, le manche de ma cuillere, puis mes ongles. Quand j'ai vraiment trop mal aux doigts, je pense à la loupe qui est sur mon sifflet thermomètre. Ça marche très bien  ! Mais je finis par la casser. Finalement, je me rendrais comptes que les bouclettes d'une chaussettes attrapent très bien le fart qui reste.
Enfin c'est totalement nettoyé  !

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Le moral est sacrément en berne, déjà ma 3e nuit ici, je suis encore à mon point de départ, il est beau l'aventurier. Je me requinque en avalant le lyo que je gardais pour le retour. Et m'enchaîne tous les titres de Scorpions que j'ai, parce que Scorpions, c'est toujours bien.

AND THE BEST IS YET TO COME §


Jour 3

Lever avant le soleil, dehors il fait beau ! Température quelque part entre -10 -15, encore un peu de vent, mais plus de neige. Les gens commencent déjà à s'activer pour dégager les quais, je file avant qu'on ne me demande où j'ai passé la nuit, direction la cabane déjà indiquée, est sud est.

J'enfile mes skis, un peu anxieux, les écailles me semblaient dégagées, est-ce que c'est vraiment le cas ? Yes, cette fois je ne recule plus à chaque pas, c'est bon ça.
Il y a une petite montée que je pourrais contourner, je vais droit dedans pour voir ce que ça donne. Les écailles accrochent. Mwahahaha, enfin, la journée commence bien !

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Le soleil se lève derrière moi, c'est beau.

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Descente de quelques mètres en très faible pente. Je tombe, en profite pour prendre ma tronche en photo.

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Je contourne lentement le glacier, pour l'instant le relief est surtout constitué de petites montées.
J'apprends à reconnaître les différentes neiges, les plaques de glaces, celles fondues puis regelées, essaie de deviner les endroits où se trouvent les cailloux.
Mes montées sont assez laborieuses, impossible d'aller tout droit comme en raquettes, je suis plutôt à longer les courbes de niveau en prenant très progressivement de l'altitude. Je me fais parfois piéger sur des plaques de verglas dans des pentes trop raides pour pouvoir manœuvre. Appui maximal sur les carres, je déchausse les skis, les mets sur mon épaule, et enfin je peux accélerer!
Jamais très longtemps, dès qu'arrive une neige plus molle je patauge, remets les skis, et leur portance est suffisante pour me permettre de flotter. smile

Protégé par le glacier, il n'y a plus un pet de vent. Passage en plein soleil, la neige est totalement verglacée, et mon masque a du givre entre les deux parois. Je préferais les avoir sur le nez que de les porter, à priori il ne faut jamais les mettre sur le front. Tant pis, hop, dans le sac, je dormirai avec cette nuit. Ne pas surchauffer, je prends mon temps, et m'évertue à ne pas retirer les skis, je suis là pour apprendre.
Les descentes... Je les évite, quitte à faire des détours de plusieurs centaines de mètres. Mes chutes précédentes m'ont légèrement échaudé.
Outre mon équilibre plus que précaire, on passe souvent d'un état de neige à un autre, ou racle la végétation sous la neige, ou un sastrugis nous déséquilibre. Ce serait dommage de se rompre le cou par une journée si agréable.
J'essaie aussi d'éviter les portions en plein soleil, et celles un peu trop raides pour mes skis sans peaux.
Détour après détour, je progresse lentement, espérant apercevoir à l'horizon un troupeau de rennes. Leurs traces sont très nombreuses ici, mais aucune tache sombre, aucun rocher ne semble s'animer.

J'ai atteint mon point culminant à 1400 ou 1500 m. Descente.

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Maman ! Vous avez saisis l'idée ! lol lol lol

Petit coup d'oeil au thermomètre, il fait 0°, pas étonnant que je pète de chaud. Toujours pas envie de faire la moindre pause, je m'amuse trop. Penser à s'hydrater, cependant...

Je longe la courbe de niveau en prenant une trajectoire légèèèèèèrement descendante. Ça n'empêche pas mes skis de se mettre à … glisser ! J'affine ma technique d'arrêt d'urgence : se jeter sur le côté avant d'avoir pris trop de vitesse.

Je pose mes spatules sur le lac, à l'ombre. Paf, poils du nez gelé. Il fait -20.
C'est une sensation absolument géniale, et pas assez extrême pour que ce soit inconfortable, comme c'est j'imagine le cas lorsque les parois du nez collent entre elles. Plus bas...

Je ne suis pas sur le bon lac, j'ai dérivé de 3 km par rapport au trajet prévu, à force de détours. Mais qu'est-ce que je m'en fous !

Montée au milieu de la caillasse, où je suis obligé de déchausser. Je surplombe un lac de plus d'un kilomètre de long. La neige est immaculée, blanche. Vierge. Y'a toujours un bonus quand c'est vierge.

Descente tout droit sur le lac en portant les skis, après une chute sur de la glace. La phrase du jour, mes seules paroles prononcées à voix haute de la journée : « Tiens, ta splendeur immaculée, je te la défonce à grands coups de godillots ». Sic. J'allais quand même pas faire un détour, d'autant que cette chute stupide m'a vexé.

Le vent des derniers jours a totalement lissé la neige. C'est une véritable piste, sans doute les meilleurs conditions possibles pour skier. Je carbure à fond les ballons sur le plat, un régal.

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Par contre, j'ai totalement abandonné l'idée de me servir de mes bâtons de façon efficace. Ils me servent à me relever, m'aider dans les montées et descentes, je les plante comme lorsque je les utilise sur un terrain sans neige. Ce sont donc mes jambes qui font tout le boulot, y'a sûrement de la vitesse à gagner en s'en servant correctement. Bon, j'ai déjà appris à garder mes skis parrallèles, c'est pas si mal !

Petite grimpette facile, grosse descente derrière. La luminosité commence à diminuer. Je me fais quelques frayeurs, hésiterait entre la fatigue physique de porter mes skis et la fatigue nerveuse de descendre en skis. Je ferai un mix des deux. Et des chutes.

Nouveau lac. Le soleil est couché, je suis à 8 km à vol d'oiseau de la cabane, mais mon trajet n'est pour le moins pas direct, il y a encore au moins une douzaine de bornes, et un passage « montagneux » sur la fin. Je suis parti à 8h30 ce matin, aucun pause de toute la journée, il est 16h15, mais seulement 20 à 25 km parcourus. Pas terrible dis donc, faudra que j'améliore ma technique. Ceci dit, c'est toujours mieux qu'en raquettes, où dépasser les 15 bornes par jour est souvent crevant!
Je ne suis pas particulièrement fatigué, mais je m'enjoins à m'arrêter maintenant, pour tranquillement poser la tente.
Coup d'oeil au thermomètre, il est sous les -25. Bien sûr, le simple fait de l'attraper avec mes moufles chaudes pour le prendre en photo le fait remonter, faudra me croire sur parole.

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Petite présentation de me façon de poser le camp : Déjà, j'ai arrêté d'essayer de faire des murets de neige, c'est chiant, et difficile d'avoir un bloc qui ne parte pas en miette dès qu'on le sort.
Je me pose à un endroit qui ne soit pas au dessus de l'eau, donc sur une petite île. Je choisis un coin à peu près plat, retire les skis, et tasse un rectangle d'environ 3m50 par 2m.
Une fois que c'est fait, je pose le sac dans un coin, et place entre mes deux vestes tout ce qui a besoin d'être chaud pour ce soir : la cartouche de gaz (me suis jamais embêté à la garder au chaud, pas besoin), les chaussettes de nuit, les moufles en laine, le bonnet.
Je ferme les écoutilles de la veste, enfile mes moufles imper par dessus mes moufles buffalo, et c'est parti.
Je pose le côté opposé à l'ouverture de ma tente contre le bord du rectangle. Une fois que tout est tendu, je mets de la neige contre la toile afin que les ouvertures au bas de la paroi soient recouvertes. Comme mon rectangle tassé fait déjà entre 20 et 40 cm de haut, je ne suis pas trop mal protégé du vent.

Une fois la tente montée et bien tendue (avec difficulté, si vous avez lu le retour matos, le tissu en polyester se rétracte à ces températures, et il m'est très difficile d'enfiler l'arceau), je constate que le tissu de la tente fait un bruit de papier cuisson.

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J'enchaine par le gonflage du matelas, très chiant, très long, mets arkmat et matelas dans la chambre, sors les 3 sacs de couchage en vrac afin qu'ils aient le temps de gonfler.

Je continue mon entreprise de terrassement en préparant la plate forme pour mon réchaud. Toujours à plus d'un mètre 50 de ma tente. Je n'aime vraiment pas les réchauds, surtout celui-là, si puissant. D'ailleurs, j'avais emporté son pare vent, je ne l'ai jamais utilisé, préférant toujours pouvoir surveiller le bruleur.

Quand la terrasse est faite, je fais un autre petit chemin qui sera mon coin WC, et enfin, un petit cercle qui me servira à faire les 100 pas le lendemain matin, le temps que mes pompes gelées se réchauffent.

Une fois cela fait, je vais m'asseoir dans la tente, retire pompes, vbl et chaussette de jour. Je laisse le pied à l'air libre le plus longtemps possible afin qu'un maximum d'humidité s'évacue, tout en le massant. Puis j'enfile mes chaussettes de nuit. Woolpower 400 d'abord, et par dessus les chaussettes first heat de chez D4. Choisies parce qu'elles sont hautes, je me souvenais qu'elles contenaient 72% de coton, donc l'idée était qu'elles pompent l'humidité des chaussures tant qu'elle est liquide (même avec les vbl, il y en a toujours un peu, neige qui passe sous le pantalon notamment). En réalité elles ont 72% d'acrylique, qui n'absorbe que peu l'eau. Petite erreur de ma part.

Ensuite, je n'aurai plus besoin de toucher de neige, je retire donc les moufles buffalo, désormais sèches, enfile mes woolpower en laine, avec toutefois les moufles imper par dessus, on ne sait jamais.
Sitpad, réchaud, nalgene et outre contre le ventre, c'est parti pour la fonte.

J'ai arrêté d'utiliser un briquet par températures basses, vivent les allumettes ! Pour passer les contrôles de sécurité aux aéroports sans problèmes, elles sont sensées être sur nous, dans les poches.

Le réchaud me lache un petit rot enflammé au démarrage, attention à bien être sur le côté en l'allumant. Pas d'autre souci à signaler.
Puisqu'un fil récent évoquait l'utilisation bouilloire vs popote pour faire fondre la neige, voilà comment je procède : j'ajoute de la neige au fur et à mesure, mais n'en ajoute pas tant qu'elle ne fond pas immédiatement. Je fais tout avec la cuillère : avec son long manche, je taille des morceaux dans la neige, toujours avec le manche, je retire le couvercle que je place sur la cartouche retournée, et avec la cuillere, je mets la neige petit à petit. Ca me permet de ne jamais trop approcher les mains du réchaud, et aussi de pouvoir rapidement touiller au cas où la neige ne fondrait pas immédiatement, afin d'éviter que ne se forme un point chaud.
La tournée de fonte ne me semble pas si longue que ça avec cette méthode. Je n'ai jamais regardé le temps exact, mais je dirais une grosse trentaine de minutes pour obtenir 3 L d'eau, dont un demi chaud.

Ce demi litre chaud est utilisé pour faire sécher mes chaussettes de jour. Je glisse simplement la gourde dans les chaussettes, et rêvasse en regardant la fumée s'envoler.
Initialement, cette eau chaude devait aussi me servir à chauffer le repas du soir, puisque je mange dans ma Nalgene.
Alors l'idée peut sembler bizarre, ou pénible, mais elle est pour moi cohérente avec l'utilisation d'une bouilloire. Et concernant le nettoyage, étant une grosse flemme, je n'aurais pas adopté ce système si c'était contraignant : une fois le repas terminé, ajouter un petit fond d'eau. Secouer, boire, re-remplir, l'eau est claire. Essayez, j'ai été surpris.
Après, si vous êtes fan de purée, ce sera peut-être plus compliqué à nettoyer.:)

Je disais donc que cette eau chaude devait me servir à faire mon repas du soir. Cependant, n'ai jamais eu envie de manger chaud. Mes mélanges sont pourtant très bons, j'avais même un lyo de riz poulet au curry real turmat vraiment excellent, mais non, bof, j'en veux pas.
Je me suis donc contenté tous les soirs de biscuits, et de mon ziploc chips/arachides/ fruits secs/chocolat. J'ai très très peu mangé durant cette semaine, étonnant...

Une fois le repas avalé, brossage des dents (avec une allumette), et au dodo.

Instant de rêverie maximal, l'ambiance est extraordinaire. Dehors, les étoiles brillent comme des milliards d'yeux de zombies. La lune est très lumineuse, je pourrais marcher sans lampe.

Et je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

La chambre est déjà couverte de givre, je laisse les deux portes ouvertes pour essayer de ventiler. Ca ne semble rien changer au phénomène. De toute façon, c'est moi le plus givré de tous !

Incroyable à quel point tout me semble simple. Je remange pour fêter ça. Mes derniers bonbons crocodiles et mes miettes de cookies à la cuillere. Je sens le froid du titane à travers mes moufles. Coup d'oeil au thermomètre, il est à -30, il ne peut pas descendre plus bas. J'essaie de prendre des photos, le focus n'y arrive plus. Appuyer sur le déclencheur finit par ne plus rien faire, l'écran se couvre de givre. Tant pis, les gens n'avaient qu'à être là.
Je réenfile mes chaussures et sors. Pas un bruit, même pas une mouche qui pète, je me sens sur une autre planète. Je me sens là où j'ai toujours voulu être.

Je retourne me coucher, j'ai eu la flemme de mettre le pantalon imper.
Mais difficile de m'endormir tant je suis excité. Je passe la tête dehors toutes les 10 minutes pour regarder s'il n'y aurait pas une aurore boréale, si « la grande dame aura revêtu sa robe de bal. Ou sa dentelle fine, selon le degré de perversion de l'esprit ». Rires.
C'est pas la Laponie. Mais c'est bien.
Je m'endors. Me fais réveiller par un bruit semblable à un réacteur d'avion. Je crois que je rêvais de l'embarquement de Tadashi/Ramis sur l'Arcadia/Atlantis. Est-ce qu'Albator se sera posé avec son vaisseau à côté de ma tente pour me proposer de parcourir l'océan de l'univers ?

Rien.

Mais comme je suis réveillé, je scrute de plus belle le ciel. Pratiquement aucune chance d'avoir une aurore ici, mais ce serait si bien...

Plus tard, j'entends marcher autour de ma tente. Je me relève lentement. C'est un renne que mon campement intrigue. Il s'approche à moins d'un mètre de l'ouverture, recule, revient. Je suis comme un gamin. Salut Rudolph !
Il s'en va, et je finis par m'endormir, non sans avoir refermé les portes. Le givre est omniprésent, et je sens un léger courant d'air assez désagréable à ces températures.


Jour 4

Au matin, j'ai du givre absolument partout sur les parois de la chambre, de petites plaques qui se décrochent quand la tête vient toucher les parois. La tente est trop basse au niveau des épaules, j'ai frotté ce givre toute la nuit chaque fois que je me retournais. Ça m'a pas empêché de dormir sur mes deux orteils, mais le premier compartiment de ma couette est raplapla.

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La fermeture éclair de la chambre est prise dans la glace, je m'en étais rendu compte pendant la nuit, mais j'ai préféré me couper de la petite brise que je sentais souffler. Enfin, mon oreiller (doudoune enfilée dans mon gilet polaire) est collant et rigide par endroit. Glacé, lui aussi.

Je dégèle la fermeture avec les mains, attrape mon ziploc de chips (mmmmmh, les chips!) en jetant un œil dehors, et arrache se faisant le petit clip au bas de la fermeture éclair, qui évite qu'elle subisse une trop forte tension. J'avais heureusement prévu le coup, un bout de ficelle dans la sangle au pied de l'arceau, c'est réparé.
J'esperais pouvoir prendre en photo les empreintes du renne. La neige est tombée pendant la nuit, une vingtaine de cm de sucre glace, très léger. Et les nuages sont bas, on ne voit pas grand-chose. Pas de vent, c'est bien, température entre -15 et -20.

Petit déjeuner expédié, j'enfile mes pompes avec mes chaussettes de nuit, pour les réchauffer, et sors faire quelques flexions. Au bout de quelques minutes, je les retire pour mes chaussettes de jour (gardées au chaud pendant la nuit). Sac rapidement fait, merci l'organisation, je n'ai que peu de paquets. Ce que j'ai pu râler sur la quantité de mes ziplocs bouffe lors de mes précédentes sorties au frais. Un sac fourre-tout, et y'a plus de souci.
Tout ce qui me servira au soir est mis sur le dessus du sac. Mon ziploc de bouffe pour la journée ira contre moi.

Départ

La vue porte relativement loin, mais les détails sont difficiles à distinguer. Un détail en particulier, oh, un tout petit détail : ça monte, ou ça descend ? C'est blanc partout, les repères sont faussés, mes skis font sous-marin. Je découvre que ça descend lorsque mes skis se mettent à glisser. Parfois je tombe, me dit que c'est vraiment trop raide pour descendre à skis. Alors je les retire, et en réalité je suis déjà en bas. Le fond de carte sur mon gps n'est pas très précis.

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Je continue ma progression sur un lac. Je repère une tache brillante une petite dizaine de mètres devant moi. De l'eau. J'étais confiant pour ne pas en trouver à ces températures, sûrement une histoire de courant.
Mais du coup, je rejoins rapidement (mais prudemment) les bords du lac. Le doute, c'est insidieux, le bruit que fait la neige qui s'écrase sous les skis me fait penser au bruit de la glace qui craque.
L'heure avance, je passe de lac en lac, le vent commence à se lever.
A l'un de ces passages, je préfère rester en hauteur plutôt que de descendre, puisqu'il me faudra remonter ensuite. Je suis la courbe de niveau, mais c'est de plus en plus raide de chaque côté, je sens que ça pue. J'amorce une légère descente, sans trop de crainte, avec cette neige mes skis s'enfoncent quand j'écrase le pied à chaque pas, me ralentissant assez pour que je ne flippe pas.
Passage glacé, je descends tout droit et beaucoup trop vite en restant je ne sais comment sur mes skis. Je ne vois presque rien à ce qu'il y a devant moi, masque de ski augmentant les contrastes ou pas, c'est pas fameux.
Je distingue une crevasse, ou un trou ou je ne sais quoi juste devant moi, je me jette de côté pour m'arrêter. Grosse grosse frayeur ! Je reste quelques instants le cul dans la neige. Même si c'est une toute petite crevasse, un tout petit trou, c'est un coup à se péter une jambe. Il peut y avoir une pierre au fond également.

Je ne m'approcherais même pas de l'endroit en question pour regarder si j'ai eu raison de flipper, je mets les skis sur l'épaule et fais un crochet pour me barrer de ce coin merdique. De la glace avec de la neige fraîche par dessus dans une pente assez raide, avec un skieur qui se vautre dedans, j'ai pas envie de me retrouver sous plusieurs kilos de neige.

Une fois en sécurité, instant réflexion : j'avance pas, à cette allure je ne serai au refuge que tard dans la nuit. D'autant que la fin du trajet est toute en montées/descentes. Et j'aurai alors 2 jours et demis pour faire un trajet que j'ai accompli en deux jours dont un de temps parfait. Et sans savoir si la cabane est ouverte. Risqué.
Le vent se fait de plus en plus fort, j'improvise un itinéraire de retour.

A la nuit tombée, le vent s'est calmé, le ciel est dégagé, il fait -22 ou -24, je tente une petite évolution dans ma façon de poser le bivouac, en ne retirant pas mes chaussettes de jour+vbl le temps de faire fondre mon eau. C'est pas très agréable, mais ça se supporte.

Le sursac apex que je sors de son sac étanche est un gros glaçon. Et comme je n'ai pas mis de tissu intérieur, les fibres d'apex sont collées entre elles. Je glisse une bouillote au milieu, ça dégèle suffisamment pour que je puisse le mettre en place. Un vrai piège à humidité, l'apex !:)

Une fois que tout est prêt pour la nuit, je peux prendre un peu le temps. Je boirais bien une Hoegaarden framboise glacée ! J'en ai pas dans le sac, alors je bois un thé vanille en imaginant que c'est une Hoegaarden framboise glacée.

Est-ce que la vie n'est pas simple ? Un peu d'envie, un peu de réflexion, et on peut aller partout.

Hiver tu ne sais pas que les nuits sans soleil
Que je vis loin de toi sont tristes et pareilles,
Hiver tu ne sais pas que ce grand couloir froid
Qui m'éloigne de toi me glace et m'émerveille.

Bon, ça caille quand même, vite au dodo !

Jour 5

Lever super tard, j'ai la méga-flemme de bouger. Quand je me mets un pied au cul, aouch, ça pique, 11h30, il fait entre -26 et -28. J'ai pas utilisé mon x lite 250 cette nuit, ni la doudoune ou la polaire, donc le système couette+sursac+fringues est validé pour du -25, même humide.

Tout est givré à l'intérieur, le moindre petit fil qui dépassait est couvert de cristaux. La fermeture de la chambre est totalement prise dans la glace, pas uniquement au niveau de ma tête. Dégeler avec les mains...

Comme toujours j'enfile mes frigos aux pieds avec mes chaussettes de nuit. Sauf qu'elles ont un peu d'humidité à l'intérieur, impossible d'entrer avec les deux paires de chaussettes. Les woolpower 400 passent.
Là, je me félicite d'avoir fait mon petit cercle pour faire les 100 pas. Quelques séries de flexions en sus, je constate que tout, y compris mes skis, est recouvert de cristaux de givre. Sûrement un petit brouillard pendant la nuit.

J'essaie de prendre des photos.

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Allez !

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ALLEEEEEZ !

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RHAAAAAAAAAAA §


Bon, tant pis, j'ai les orteils qui gueulent, rien à avoir avec la matinée de la veille, faut dire qu'il faisait au dessus des -20. Vite, viiiiite, se mettre en route !

Je me réchauffe rapidement, pas de problème. Pour me tranquilliser l'esprit, je me disais que tant que ça faisait mal, c'est que j'avais encore de la sensibilité.

*remue les orteils*

Ouais, c'est bon, tout roule.

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Si le temps est dégagé quand je me mets en route, ça se dégrade à mesure que la journée avance. C'est très beau, mais je commence à en avoir plus que marre de tomber au moindre petit dos d'âne, faut vraiment que je travaille mon équilibre.

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Alors que le soleil se couche, je vois les lumières de la ville, à 9km environ. Hé, défi à la con, t'es cap d'y arriver ce soir ? Sachant que c'est que de la descente, et que comme c'est exposé au vent, le sol est couvert pour moitié de glace.

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Chiche ? Allez !

Encore une belle séance de « nimporte quoi » comme j'en fais souvent. Ma lampe n'est pas assez puissante pour éclairer confortablement. C'est une lampe de proximité avec un faisceau de 120°. Choisie pour sa bonne restitution des couleurs (ils sont beaux mes skis, quand même), et parce que même si l'environnement dans lequel je suis ne me déplait pas foncièrement, j'ai quand même une très nette préférence pour les environnements de taiga. Le charme des sapins couverts de neige, le petit feu avant d'aller se coucher, faire fondre son eau sur les braises (ne pas se trimballer un réchaud dangereux, lourd et encombrant), ça c'est mon truc !
Je n'ai pas encore testé, mais ce type de lampe devrait être très intéressant sous les arbres.

En milieu dégagé par contre, que je sois à 2 lumen comme à plus de 100, je vois à quelques mètres devant moi. Du blanc. C'est troublant, mais je ne sais pas si une lampe avec un faisceau plus focalisé aurait fait beaucoup mieux.
Je passe au milieu des rochers, monte des pentes verglacées skis sur l'épaule.
Tiens, à mesure que je me rapproche des lumières, j'ai l'impression que la neige est plus humide sous la lumière de ma lampe.
Je continue à avancer, le vent hurlant dans mes oreilles. Non attend, ça c'est pas le vent, c'est une rivière en furie, que je n'aperçois que quelques mètres avant son bord !

Crochet, j'arrive au niveau d'une passerelle qui ne devrait pas se trouver là. J'essaie de l'enjamber sans retirer les skis, me retrouve le cul dans la neige.

J'arrive à destination en étant bien crevé, la gare est  encore ouverte. Une occasion de poser sa pêche au chaud à ne pas manquer !

Il y a deux hollandais à l'intérieur en train de faire sécher leurs sacs de couchage. Forcément, en me voyant entrer avec la cagoule pleine de glace, j'ai droit à des questions.
On papote jusqu'à la fermeture, ils me disent qu'ils campent à quelques « miles » de là. Trop fatigué pour encore faire tant de chemin et poser la tente dans les bourrasques, je retourne simplement sur le lac.
Dans le vent, ma tente est un peu chiante à monter. En la bourrant dans mon sac, je mets toujours un des haubans sur le dessus, pour pouvoir facilement l'attraper le soir venu. Je passe le hauban dans le fix du ski, et plante le ski, la tente ne peut plus s'envoler. Sauf qu'avec la forme de cette tente, je suis obligé de passer l'arceau avant que tous les points d'attaches ne soient ancrés. En s'asseyant dessus, ça va, mais il faut être méticuleux.
Cette fois je ne fermerai pas la fermeture de la chambre. Pas de corvée de fonte ce soir, j'ai pris de l'eau à la gare, tant mieux, ça souffle, et étant fatigué, j'aurais pas voulu utiliser le réchaud dans la tente.

Jour 6

Ça a venté toute la nuit. Et comme j'ai paumé une de mes boules quies la première nuit, c'est chiant.
-10 en me réveillant, la période de froid est terminée. Je suis quand même assez content, j'estime toujours qu'une liste est adaptée à des conditions données lorsqu'elle permet de dormir confortablement pendant 3 jours sans être séchée. Le vrai test étant la 3e nuit, car j'ai déjà remarqué que je pouvais accumuler de la fatigue et supporter de l'inconfort pendant 2 nuits, pas plus.

Pas très envie de bouger, dehors, c'est le même temps que le premier jour, vent fort et neige.
Je finirais par me motiver en voyant des kiteurs sur le lac. C'est vrai que ça va vite !
L'occasion aussi de voir que même à 3, replier une voile, c'est pas facile. Donc pas une expérience à faire seul.

Je fais un petit tour autour du lac pour passer le temps, retourne à la gare vers 17h retrouver mes hollandais et faire sécher le matos.

Ils sont très sympas, mais je sens bien qu'ils n'ont pas trop réfléchis à leurs listes. D'énormes sacs à dos de 23 kilos, un duffel bag à la main, ils marchent avec leur doudoune en duvet (pas un problème en pouvant la faire sécher tous les soirs), et je suis effaré par le matériel qu'ils me montrent. Il y a des especes de hot socks faites par rab, mais pour les mains. Des hot gloves je suppose. C'est très épais, ça doit avoir une isolation en synthétique. Et je ne vois pas ce qu'on peut faire avec ça. Je ne vois même pas à quelle température ça peut être utile, il doit vraiment falloir aller vers les conditions polaires pour que ça ait un intérêt.
Mon œil de MUL remarque aussi l'énorme étiquette sur leurs sacs de couchage. Ils l'ont laissés pour inscrire leurs noms dessus. Au moins 10 grammes ça, les mecs !
Tous leurs repas sont constitués de lyo.

De mon côté, je sens une fois de plus que je fais un peu pitié. Ils regardent en particulier mon sursac avec l'apex apparent, et s'inquiètent « il s'est passé quoi » ?
Ma snow Claw les laisse dubitatifs, le poids de mon sac les intéresse par contre, vu que c'est la fin, même avec toute mes cartouches de gaz surnuméraires, je suis sans doute largement sous les 10 kilos.

Mon train part demain soir, j'ai la flemme de ressortir mouiller mon matos dans la tempête. Je demande au guichet si je peux rester ici cette nuit, il me dit simplement que je ne dois laisser la place aux gens qui viennent attendre les trains de nuit.

Jour 7

Pas mal de gens sont venus attendre le train de nuit, et je n'ai de toute façon presque pas dormi tellement ça souffle dehors.

Je fais un petit tour, 3h pas plus, la météo est pourrie. Tous les touristes s'en vont car le temps est annoncé comme mauvais pendant les prochains jours.
Ça fait bien rigoler le guichetier quand je lui demande si mon train de cette nuit ne risque pas d'être annulé à cause de la météo. « Pour Finse, il fait beau là ». Je regarde dehors, les gens qui attendent le train se font emporter par des rafales. La gare est secouée. Il y a deux portes pour entrer, une hermétique pour que la neige n'entre pas, puis une seconde, normale. La seconde fait du bruit à chaque rafale. La hampe du drapeau dehors est vachement éloignée de la verticale. C'est quoi cette région de malades ?

Retour sans encombre, les trains norvégiens n'ont rien à voir avec ceux de la sncf...
A l'aéroport d'Oslo, Brussels Airlines n'est pas au courant que le transport des skis est gratuit. C'est pourtant sensé être enregistré dans ma réservation. On me demande de payer, je ne peux pas, pas de carte bancaire, je n'ai plus que des euros. Et de toute façon je ne veux pas. Je manque de louper mon avion à cause de ça, l'année ne pouvait pas se terminer tranquillement. Un responsable me donnera finalement raison après fouillé dans le règlement. Fichus skis, je les aurais autant apprécié sur le plat que je les aurais détesté en montée comme en descente, et vomis dans les parties urbaines.

Conclusion

J'en connais quelques uns qui doivent se féliciter de ne pas m'avoir accompagné.  big_smile
D'un point de vue sportif, la sortie est un échec, peu de km parcourus, 3 nuits à la gare, lamentable.
Sauf que je souhaitais tester ma liste dans des conditions pourries, découvrir le srn (ça j'aurais pu le faire en France, même si pas à la période de Noel), et tester des températures basses. Bah ça, c'est fait !
Je sais maintenant qu'il vaut mieux éviter les périodes de météo trop mauvaises pour vraiment en profiter à fond. J'ai tendance à partir la fleur au fusil en me disant qu'on verra bien. Ça passe jusqu'à un certain point de mauvaise météo. Plutôt que de partir quand j'ai des vacances, je vais plutôt essayer d'avoir des vacances quand c'est la période pour partir.  wink

Dernière modification par Archimboldi (10-01-2016 15:39:38)


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#28 07-01-2016 21:57:22

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Personnellement je me sers de ma cuillère en titane pour remplir ma bouilloire (je taille directement dans la neige avec le manche). Et elle a pile la bonne taille pour manger au fond de ma popote, qui est en fait ma gourde Nalgene. C'était pas particulièrement pénible de devoir la lâcher entre chaque bouchée, au pire j'ajouterai un morceau de duck tape avant de partir la prochaine fois.

Bon, vous avez réussis à me faire culpabiliser d'avoir ouvert ce fil sans y poster grand-chose, donc premier jour du récit posté, celui duquel il y a le plus d'enseignements à tirer à mon avis. Je le mettrai à jour au fil de l'écriture, puis terminerai le retour matériel. En espérant que cela vous plaira.  wink


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#29 07-01-2016 22:15:04

florencia
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Ah, oui, effectivement, le début est plutôt mouvementé yikes

Pfff, quel planning roll Je comprends que tu aspires à un peu de farniente big_smile

Beaucoup, je crois, ne farte pas la zone des écailles, sauf évidemment à parfaitement nettoyer le pourtour ensuite, ce qui est assez laborieux, surtout sans brosse. En tout cas, c’est ce qu’on m’avait conseillé wink

Vivement la suite tongue

Flo

Dernière modification par florencia (07-01-2016 22:18:07)


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#30 07-01-2016 22:32:47

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Pour le fartage des écailles, j'avais lu sur un forum de srn qu'il fallait justement que je les farte parce que le ski était neuf, pour nourrir la semelle. Le problème est venu de ce que je n'avais pas de brosse assez dure sous la main pour bien gratter. Et que je n'avais déjà plus de temps à consacrer au fartage des skis.

Autrement, farter seul est très facile, pas besoin de passer par un professionnel pour peu qu'on ait deux chaises, un fer à repasser, quelques journaux pour protéger le sol, une règle en plastique comme racloir, et donc une brosse assez dure.  big_smile


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#31 07-01-2016 23:00:30

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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

1. Bravo pour la plume, on le sent, ce p*tain de vent mouillé et cette foutue neige à la c*n !
2. Merci pour ce récit, riche d'expérience - un récit comme celui-ci vaut tous les conseils du monde  wink
3. Merci pour l'accompagnement musical rafraichissant, c'est toujours un plaisir que d'écouter la musique folklorique locale  big_smile


There is a curse. They say : "May You Live in Interesting Times" (Terry Pratchett)
"Le froid est pour moi le prix de la liberté" (Elsa, Reine des Neiges) / "La météo, c'est dans la tête" / φ / (⧖)

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#32 08-01-2016 00:07:18

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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Cela n'aurait peut-être pas consommé beaucoup de gaz de faire fondre le fart déposé avec une infime délicatesse ( lol ) sur les écailles, et de l'essuyer zone par zone avec le PQ du "camp de rom" ! Mais y'aurait pas fallu farter le carrelage et le réchaud yikes

C'est pas les talons qu'il faut écraser, c'est les orteils !

Dire que tu vas si loin pour vivre des moments comme ça... roll


Raclure de Latrine

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#33 08-01-2016 01:37:16

xROMUx
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

J'ai lu tes première journée...dans mon canap, affalé, avec un paquet de chips et un tasse de choco amer.  lol  (et c'est vrai).

Niveau matos, tu es, très, comment dire...? Woolpower big_smile.

Jamais eu froid au pieds ? Je me pose toujours la question, comme c'est un de mes gros gros soucis.

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#34 08-01-2016 08:59:13

velox
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Je dois dire que tout ça me laisse un peu perplexe, jusqu'à...

Archimboldi a écrit :

Et puis y'a pas à dire, l'ambiance me rappelle furieusement les musiques (clic, clic -attention c'est un peu violent musicalement parlant, réglez le son de votre ordinateur-) qui m'ont bercées quand j'étais ado.

... et là, d'un coup, je comprends mieux. lol

Dernière modification par velox (08-01-2016 08:59:29)

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#35 08-01-2016 10:23:14

eraz
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Kikoo Archimboldi wink

Archimboldi a écrit :

Pour le fartage des écailles, j'avais lu sur un forum de srn qu'il fallait justement que je les farte parce que le ski était neuf, pour nourrir la semelle. Le problème est venu de ce que je n'avais pas de brosse assez dure sous la main pour bien gratter.

Je ne suis pas un pro du fartage, mais comme on a peu de retour sur le fartage SRN, je te dis comment je procède : je farte les écailles, les brosse bien mais il reste toujour un max de fart entre les écailles. Je racle donc l'arrière de celles-ci (c'est l'arête qui va accrocher la neige), une par une, avec la pointe d'un couteau. La glisse est fortement améliorée avec un fartage (surtout sur des skis usagés) mais par contre l'accroche se réduit avec le temps (et l'usure des écailles).

Pour avoir une bonne accroche (et grimper aux arbres) il te faut des peaux! Sinon n'espère pas grimper des pentes supérieures à 10-15% sans en baver un max...

Merci pour le début du récit wink.

L'enseignement que j'ai retiré de ma sortie hivernale en Islande est qu'il faut toujours ranger toutes ses affaires dans son sac à dos avant de se coucher... et ne pas laisser trainer du matos partout qui ne demande qu'à se retrouver sous une bonne couche de neige si cela tourne vinaigre pendant la nuit wink.

eraz

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#36 08-01-2016 11:32:05

jeanjacques
.
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Idem que Eraz pour le fartage de mes SRN. Il faut également savoir que certaines neiges n'accrochent pas du tout et que même une très faible pente nécessitera les peaux. D'autre fois, on passera des murs sans les mettre. Donc sachant que le fart a une tenue relativement réduite quand il n'est pas bien raclé, je ne m'embêtes pas trop, je sais que la semelle sera parfaitement brossée après 30km.

Concernant ton récit, cela me fait penser que je n'insiste pas assez sur les miens sur tous ces petits détails qui font la différence quand la situation se dégrade. Cela devient tellement normal que ce n'est même plus conscientisé: tout est rangé par tas ou par paquet, chaque chose à une place bien définie et dans l'ensemble, tout est à peu près prévu pour la pire situation: la tente qui se décroche en plein milieu de la nuit.
Et quelque soit le problème, toujours un temps de réflexion avec la visualisation des étapes avant de bouger. Olivier pourrait en témoigner après notre nuit de la semaine dernière qui ressemblait pas mal à celle que tu décris big_smile (avec certes moins de vent mais sans tente !)


Super poney

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#37 08-01-2016 12:22:29

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

@N75 : j'y ai pensé au réchaud pour faire fondre le fart. Mais à 230€ la paire, plus 140 pour les fix, hors de question.
Finalement, j'ai été un peu trop soigneux avec mes skis je pense. Je n'ai pas voulu utiliser mon couteau pour dégager les écailles, mais quand je regarde l'état des écailles après quelques jours de skis, elles ont des entailles profondes dues à des chutes sur de la glace, ou a des cailloux cachés sous la poudreuse.

@xROMUx : j'aime bien les mélanges de woolpower, c'est chaud, solide et sèche assez vite.
Pour le froid aux pieds, jamais en activité. Par contre au bivouac y'a pas de miracle et il m'a souvent fallu un peu de temps pour réchauffer mes pieds après les avoir otés des vbl (attention à la température de l'eau que vous faites fondre d'ailleurs. Ma gourde placé contre mes pieds me semblait bouillante, même un peu douloureuse, alors qu'elle n'était qu'à peine tiède.), et pareil le matin lorsqu'on enfile ses chaussures.
Lorsque je monte la tente le soir, si la neige et le temps le permettent, je trace un petit circuit dans la neige, un petit cercle où je peux circuler à pieds sans m'enfoncer. Ça me permet de faire les 100 pas le matin, en alternant avec des séries de flexions, pour réchauffer mes pieds le temps que tout sont démonté et que je puisse partir.

@Eraz et JJ : pour les peaux, j'ai fait sans, plus les moyens d'en acheter, et pas le temps d'en fabriquer. Mais ça m'a clairement manqué pour pouvoir passer certaines montées, et me ralentir dans les descentes...

Autrement, mon bordel dans l'abside était tout de même un minimum organisé, j'ai justement regroupé tous les objets en catégories pour cette sortie, donc finalement assez peu de paquets. La nourriture en particulier, j'avais un ziploc par jour, à ouvrir chaque soir, et tous les ziplocs allaient dans mon petit sac à dos pliant D4. Qui en aura décidément vu, des choses. big_smile
Les seules objets à l'extérieur du sac, c'étaient mes pompes, le sitpad, la brosse à dent et le thermomètre, utilisés juste avant de me coucher.
J'insiste sur la brosse à dents parce que j'ai pris conscience que c'était un objet important. Pour l'hygiène, mais j'aurais peut-être pu brosser mes skis avec. Et si mon réchaud s'était bouché, comment aurais-je pu le nettoyer ?

Les jours suivants, j'ai chaque soir attaché les chaussures à mon sac à dos. Parce qu'une chaussure perdue, et c'est la catastrophe...

La plus grosse erreur, c'est vraiment de ne pas avoir fait mon sac à l'abri. Je ne m'explique pas comment j'ai pu avoir cette idée. Si le sac avait été fait proprement, le démontage de la tente aurait été bien plus facile puisque je n'avais qu'à la bourrer au fur et à mesure dans la poche extérieure. Au lieu de ça, le sac était hors de ma vue, je ne pense pas qu'il aurait pu s'envoler, chargé comme il était, mais il aurait pu se faire recouvrir, et moi le chercher un petit moment. Toujours en tenant ma tente comme je le pouvais.
Disons qu'il faut être pris pour être appris, mais tous les récits et projections mentales du monde ne vaudront jamais de se faire avoir sur le terrain, et on ne m'y reprendra plus.

Cette nuit avec Olivier, c'était à la sortie du nouvel an ?  smile

Dernière modification par Archimboldi (08-01-2016 12:23:05)


"Life is full of wonders for someone who is prepared to accept them." Moominpappa

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#38 08-01-2016 12:39:32

Iksarfighter
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Premier jour = Archim : 0 Hardanger : 1 ...  wink

Les stats du mois écoulé à Finse, 1200m d'altitude issu de http://www.yr.no/place/Norway/Hordaland … stics.html

mnd.eng.png

Dernière modification par Iksarfighter (08-01-2016 14:30:44)


Randonnez en Norvège !

Plus on part doucement et plus on va loin !

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#39 08-01-2016 14:54:39

eraz
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Kikoo Archimboldi wink

Archimboldi a écrit :

Si le sac avait été fait proprement, le démontage de la tente aurait été bien plus facile puisque je n'avais qu'à la bourrer au fur et à mesure dans la poche extérieure.

Pour le montage et démontage de la tente (ou tu tarp), j'ai l'habitude de la monter/démonter face au vent => je creuse en premier une tranchée profonde d'une vingtaine de cm entre mes 2 skis plantés. Je fixe en premier les 2 attaches extrêmes gauche et droite à mes skis, la tente ou le tarp (roulé) est protégé du vent dans la tranchée (pas de prise au vent et de flap/flap très violent). Il ne me reste qu'à la dérouler et à accrocher ensuite le point central opposé (pas forcément applicable avec tous les modèles de tente).

Pour le démontage, je procède à l'inverse (si les conditions le permettent, il arrive parfois que le vent ai tourné, que les conditions soient trop pourries : dans ce cas je plie en boule comme je peux wink) : je déterre ma tranchée pour dégager la toile pourrie, je roule mon abri et le décroche de mes skis => rangement en l'état prêt à être posé au prochain bivouac.

eraz

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#40 08-01-2016 14:56:43

eraz
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

jeanjacques a écrit :

Et quelque soit le problème, toujours un temps de réflexion avec la visualisation des étapes avant de bouger.

+1000

eraz

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#41 08-01-2016 15:02:47

Jobig
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Salut Archi,  smile

"Oh ! quand j'entends chanter Noël
J'aime revoir mes joies d'enfant
Le sapin scintillant, la neige d'argent
Noël mon beau rêve blanc"

Le noël blanc, Tino Rossi wink tongue

Qu'est-ce que ça pelle dans ton morceau de Scandinavie ! A ne pas y sortir un singe dans la toundra... surtout en hiver. Bon, je n'ai aucun avis sur les SRN, le fartage, les écailles machin-chose, de toute façon je ne sais même pas de quoi il s'agit ! Ce que j'apprécie dans ton récit, c'est son côté vivant, "vécu" quoi ! avec le sens des petits détails vrais (qui peuvent être utiles aux amateurs comme le souligne à juste titre JJ), des petites digressions (c'est çà la littérature : trouver de quoi raconter, apporter de la profondeur et de la consistance au lecteur) qui donnent du sel et du piment à un CR bien ficelé. cool

Merci pour le dépaysement et remets-en une couche ! On attend que ça ! big_smile

Jobig


From each according to their ability, to each according to their needs.

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#42 08-01-2016 16:49:30

ith
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

eraz a écrit :

L'enseignement que j'ai retiré de ma sortie hivernale en Islande est qu'il faut toujours ranger toutes ses affaires dans son sac à dos avant de se coucher... et ne pas laisser trainer du matos partout qui ne demande qu'à se retrouver sous une bonne couche de neige si cela tourne vinaigre pendant la nuit wink.

+1

Une bonne raison aussi de ne pas prendre un sac à dos trop petit. Personnellement je range mes affaires dans des sacs étanches (sac1bouffe ; sac2 fringue ; sac3matériel). Le sac de fringue me sert d'oreiller mais je peux le rentrer très vite dans le sac.

Le sitpad ne reste jamais "seul", il est sous moi, sur mon sac en route ou contre moi comme isolation supplémentaire si je suis debout au bivouac. La règle c'est que tout ce qui peut s'envoler dans le vent va s'envoler et ce qui peut disparaitre dans la neige poudreuse va disparaitre. Le blizzard c'est poudreuse+vent.

Les chaussures (pieds) le soir en hiver c'est juste la préoccupation n°3, sans chaussure on ne bouge plus. Le réchaud (hydratation) c'est la préoccupation n°2 : sans lui on meurt vite de soif. Les gants (mains) c'est la priorité n°1 : "l'homme pense parce qu'il a une main" Anaxagore.


JJ a écrit :

Et quelque soit le problème, toujours un temps de réflexion avec la visualisation des étapes avant de bouger

+1

Et pour s'offrir ce temps de réflexion, il faut pouvoir penser (cf. la priorité n°1 et suivantes).


JJ a écrit :

tout est à peu près prévu pour la pire situation: la tente qui se décroche en plein milieu de la nuit.

Quand j'ai planté la tente lors de la dernière sortie, tout le monde se foutait de moi parce que j'avais construit un muret autour de la tente et  bétonné les attaches. "Chat échaudé craint l'eau froide".  lol


"The more you carry in your bag, the less you carry on your head"

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#43 09-01-2016 17:39:56

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Va falloir que vous vous organisiez pour raconter ces sorties igloo ! Un récit à plusieurs mains comme l'an dernier ?  smile

Jours 2 et 3 postés.  wink


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#44 09-01-2016 20:19:13

anthony50
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Vraiment chouette, merci  smile

Dingue comme l' histoire s' améliore. J' ai l' impression que la nuit à moins de - 30 compense toutes les galères des premiers jours, à ce moment là j' ai oublié le début catastrophique du récit et je me dis que tu as une sacrée chance d' être là bas.

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#45 09-01-2016 21:12:12

N_75
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

T'es dans l'éducation nationale toi ? ...chapeau pour le côté pédagogique ! cool
Le début faisait dans le burlesque, mais non, mais non, pour voir Charlot ou Laurel et Hardy, fallait changer de chaîne ! roll

échange cours de SRN contre cours de bivouac hivernal !
et merde, ça va gueuler, me suis trompé de sous-forum !   lol

Dernière modification par N_75 (09-01-2016 21:13:01)


Raclure de Latrine

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#46 09-01-2016 22:30:08

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

@N_75 : Le côté pédagogique, c'est parce que je suis sûr que beaucoup de personnes aimeraient faire du bivouac hivernal, mais n'osent pas parce que c'est compliqué, risqué. Ou cher (même si au fil des années, ma liste commence à valoir son pesant de cacahuètes, ce n'est plus ma liste d'il y a 2 ans pour la Finlande).
J'essaie de donner des infos qui peuvent servir à ces gens qui aimeraient se lancer. Quelle routine installer au bivouac, quelles petites choses posent problème dès que les températures passent sous les -15.
Et tant qu'à faire, les quelques spécialistes de ce forum pourront aussi pointer les erreurs que j'ai pu commettre et à côté desquelles je serais autrement passé. Je suis sûr qu'en ce qui concerne le SRN, tu dois t'arracher les cheveux.  smile

@Anthony50 : c'est sûrement aussi une question d'état d'esprit. Beb71 en parlait à la page précédente, je n'avais aucune appréhension à cette nuit à -30, j'espérais même qu'elle arriverait. En plus la météo était clémente, me laissant sereinement préparer ce bivouac. Donc une fois que je m'étais assuré que j'étais confortable partout, il n'y avait plus rien d'autre à faire que profiter.

Tant que j'y pense, un petit mot sur les gelures, et la fameuse règles des "30 secondes". J'ai du mal à voir comment il est possible de ne pas la respecter, en tout cas en ce qui concerne les mains.
6593_img_0598_09-01-16.jpg
Sur cette photo au flou artistique prononcé ( wink ), je me suis très rapidement caillé les doigts. Il y a une petite chainette en métal sur ce sifflet, je l'ai touché en prenant cette photo, j'ai instantanément senti que c'était glacé (bordel y fait plus froid qu'dans ton frigo), j'ai vite réenfilé mes moufles.
Tant qu'on a des couches chaudes et sèches, que le corps tourne bien et que l'on n'est pas excessivement fatigué, on ne perdra pas ses doigts sans s'en rendre compte pendant la nuit, le raisonnement se vaut aussi pour les orteils.  wink
édit : je sais que ma dernière phrase est une évidence, "si t'as de quoi avoir chaud et que t'as pas froid, tu perdras pas de doigt". Mais on m'a tant répété "s'il fait froid, faut pas que tu dormes, ou tu ne te réveilleras pas" qu'il y a une vérité à rétablir.

Dernière modification par Archimboldi (09-01-2016 22:39:03)


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#47 09-01-2016 22:46:06

florencia
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Une paire de sous gants type Arva céramique ne serait pas intéressant, par si grand froid, pour les petits gestes au bivouac. Cela éviterait justement ces contacts directs avec des matières métalliques ou équivalents, potentiellement dangereux. Ils permettent à priori de garder la dextérité et plus chauds et solides que des gants en soie. Certes, un objet en plus à gérer wink, mais qui pourrait toujours être sur soi, comme une 2° peau.

Flo

Dernière modification par florencia (09-01-2016 22:48:53)


Réalisations DIY
_ _ _ _ _ _ _ _ _


« Chaque jour de plus est un jour en moins. Vis chaque jour à fond, tu n’as rien à perdre alors voyage, explore, profite, crie, cours, et ne t’arrête surtout pas. Demain, il sera trop tard » D.Flori

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#48 09-01-2016 23:46:44

Archimboldi
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Je n'y connais rien en sous gants, juste essayé des modèles en soie dans un D4. C'était pas pratique pour faire les lacets, du coup je suis resté aux gants polaires aux doigts recoupés.
Si je suis en mitaine sur cette photo, c'est parce que j'avais attrapé le thermomètre pour vérifier la température alors que j'étais couché, autrement je me suis arrangé pour pouvoir presque tout faire avec mes moufles buffalo, qui sont chaudes bien que pas très épaisses.
Les seules taches où je dois les retirer sont l'allumage du réchaud, faire mes lacets, et enfiler la valve du matelas dans le sac de gonflage. A cette liste, il faut encore ajouter le passage de l'arceau de la tente dans son fourreau, du fait des températures.

En fait je compte régler le problème d'une autre façon, en ne prenant plus d'appareil photo. Ca fera 3 objets et 300 grammes de moins ; de toute façon ça fonctionne mal quand le thermomètre descend, et j'ai la flemme de l'utiliser parce qu'il faut garder les batteries au chaud, et l'apn à un autre endroit, facilement accessible.

Dernière modification par Archimboldi (09-01-2016 23:51:26)


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#49 10-01-2016 01:55:55

Iksarfighter
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Je reste dubitatif sur le fait d'attendre de se trouver en plein hiver par -30°C sur un plateau désertique en Norvège pour débuter le srn à partir de 0 ! Mais bon c'est pas mal non plus si les risques sont calculés.


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#50 10-01-2016 14:26:18

eraz
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Re : [Récit + liste] Le Hardangervidda en décembre

Kikoo Archimboldi wink

Archimboldi a écrit :

Je n'y connais rien en sous gants, juste essayé des modèles en soie dans un D4. C'était pas pratique pour faire les lacets, du coup je suis resté aux gants polaires aux doigts recoupés.

J'ai utilisé des sous gants en mérino très fins en permanence, qui sont maintenus par le passe pouce de ma base layer en mérino également, ce qui fait qu'ils ne bougent jamais quand j'enlève la paire de gants supérieure. Je recommande.

eraz

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