#1 28-10-2017 01:48:48

Adrienne
Apprentie MULe
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[Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour à tous,

Cela fait 2 mois pile aujourd'hui que je suis arrivée au phare du Cap Wrath, tout au nord-ouest de l'Écosse !

Même si l'automne et le travail sont revenus, je me dis que ce serait bien de faire un petit retour ici. C'est mon 1er message sur ce forum, mais cela fait plusieurs années que je suis, en lectrice silencieuse, les récits et conseils donnés. MERCI à tous !

C'est même grâce aux retours de terrain d'autres marcheurs que je suis partie sur ce merveilleux itinéraire, donc je vous livre un peu mes impressions, avec quelques photos pour vous donner envie de partir, j'espère !

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L'itinéraire

Il y a déjà de bons récits détaillés de l'itinéraire, notamment celui de Simon qui m'a beaucoup inspirée (merci à lui !), et des conseils sur ce site, donc je vais passer vite sur l'itinéraire, pour parler plus de la marche, si vous voulez bien.

J’avais envie (et le temps !) cet été de marcher un peu en prenant mon temps, en partant seule (ce que je fais souvent), en allant explorer un endroit inconnu. L’Écosse me tentait depuis longtemps, alors go ! Même pas peur de la pluie, j’ai cherché un itinéraire assez long pour plusieurs semaines, et suis tombée un peu par hasard sur ce site de randonnées en Écosse où le Cape Wrath Trail m’a tout de suite attirée. En me renseignant un peu, en lisant des récits comme celui de Simon, je me suis décidée.

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Je suis partie de Paris pour Glasgow en avion, puis en train de Glasgow à Glenfinnan (les 4h30 de train offrent un paysage splendide !). Et à Glenfinnan, j’ai démarré une marche de 19 jours, entrecoupée de 3 jours de pause, jusqu’au Cap Wrath, le point le plus au Nord-Ouest de l’Écosse. Cela représente un peu plus de 370km de marche.

Je reviendrai un peu plus tard sur les conditions de marche en elles-mêmes, mais un petit point sur l’itinéraire ci-dessous : la particularité du Cape Wrath Trail est de n’être absolument pas balisé. Rien à voir avec un GR à la française, où on est guidé en permanence par le balisage. Ici, il faut partir avec une carte, une boussole et un altimètre ou un GPS, de solides connaissances en lecture de carte et orientation, et ne pas avoir peur d’être lâché dans une nature vide d’hommes et d’habitations. Marcher 3 ou 4 jours sans un village en vue est la norme.

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Autre particularité : une partie non négligeable de l’itinéraire se fait sur des sentiers à peine visibles, voire en hors-piste complet (là encore, un bon sens de l’orientation est nécessaire !). Cela complique évidemment la marche, ce qui explique le temps que j’ai mis à effectuer ce trail en entier. Les conditions météo n’ont pas aidé non plus, j’en reparlerai.

En réalité il n’y a pas *un* itinéraire pour le Cape Wrath Trail, il y en a autant que de marcheurs. Lorsque David Paterson a publié en 1996 un livre intitulé The Cape Wrath Trail: A New 200-mile Walking Route Through the North-west Scottish Highlands, « inventant » ainsi le Cape Wrath Trail, il n’a imposé aucune route. Dans les années qui ont suivi, et jusqu'aujourd'hui, des propositions d'itinéraires ont été faites par plusieurs auteurs de livres, de sites internet ou de cartes (Cape Wrath Trail South / Cape Wrath Trail North, chez Harvey Maps). La principale variante à choisir sur l'itinéraire se place dès le début, où le randonneur doit faire le choix de passer par Glenfinnan et donc par l'Ouest et la péninsule du Knoydart, ou par l'Est et le Great Glen, les deux voies se retrouvant à Morvich, après environ 5 jours de marche. Ensuite, des variantes locales sont proposées pour certaines portions, mais la grande ligne court globalement via les villages de Strathcarron, Kinlochewe, Oykel Bridge, Kinlochbervie et enfin vers le Cape Wrath.

J’ai fait moi-même fait des choix - sans doute discutables parfois - au cours de ma marche, pour adapter l’itinéraire à mon état de forme, au terrain, au temps etc.

Voici donc pour commencer l’itinéraire, brossé à gros traits après mon retour, suivi entre Glenfinnan et le Cap Wrath. Attention : c’est une reconstitution, pas des traces GPS ! Ce n’est donc là qu’à titre indicatif… La carte est en ligne ici (zoomez dessus pour voir le détail).

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Et voici la liste de mes étapes :

- 1/ Glasgow / Glenfinnan en train, puis Glenfinnan - A Chuil Bothy
- 2/ A Chuil Bothy - Sourlies Bothy
- 3/ Sourlies Bothy - Inverie (bunkhouse)
- 4/ Inverie - Barisdale Bothy
- 5/ Barisdale - petite cabane près de la rivière Allt a'Coire Reidh
- 6/ cabane - Shiel Bridge (camping)
- [7/ repos à Shiel Bridge, ravitaillement et nuit en B&B]
- 8/ Shiel Bridge - campement au bord du Loch na Leitreach (après les
chutes de Glomach)
- 9/ Loch na Leitreach - Bendronaig Lodge (bothy)
- 10/ Bendronaig Lodge - Coire Fionnaraich Bothy
- 11/ Coire Fionnaraich Bothy - Kinlochewe (camping)
- 12/ Kinlochewe - campement 3-4 km avant Corriehallie
- [13/ Stop sur la route à Corriehallie jusqu'à Ullapool (repos,
ravitaillement et nuit à l'auberge de jeunesse)]
- 14/ Ullapool - Duag Bridge Bothy
- 15/ Duag Bridge Bothy - campement après Benmore Lodge le long de
l'Oykell River
- 16/ Oykell River - Inchnadamph (bunkhouse)
- 17/ Inchnadamph - Glendhu Bothy
- 18/ Glendhu Bothy - Richonich (campement)
- [19/ Richonich - Kinlochbervie, ravitaillement et repos en B&B]
- 20/ Kinlochbervie - Sandwood Bay (campement)
- 21/ Sandwood Bay - Cape Wrath (nuit au café pour cause de tempête)
- 22/ Cape Wrath - fond du Kyle of Durness, puis stop jusqu'à Inverness

[entre crochets les journées de pause]

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Le sac

C’est une question importante lorsqu’on part pour plusieurs semaines à pieds. Partir avec un sac trop lourd, j’ai déjà fait. Avec trop d’affaires, ou pas assez, ou pas les bonnes, j’ai déjà fait aussi. Cette fois-ci j’y avais porté un soin tout particulier, et je suis assez contente du résultat !

Il me faut une fois encore remercier Simon, qui a publié sa liste de matériel (pdf). Mais il était parti accompagné, et moi seule. C’était donc à adapter.

J’essaie depuis plusieurs années d’alléger mon sac pour atteindre les 12kgs, un poids raisonnable à porter avec ma taille et ma corpulence. Ce n’est pas un absolu, c’est ce qui me convient pour marcher longtemps et surtout j'ai du mal à descendre en dessous. Comme tout le monde je fais des compromis qualité/poids/prix, et j’essaie chaque fois que je me rééquipe d’alléger. C’est forcément plus cher mais petit à petit, j’y arrive.

Sur le chemin j’ai croisé des marcheurs qui pour la plupart avaient des sacs bien plus lourds que moi. Et même meilleurs marcheurs, il était évident que cela leur pesait. Évident aussi qu’ils avaient des choses en trop, que d’autres leur manquaient, bref que leurs sacs avaient été préparés trop vite. Nous en discutions le soir (tous les randonneurs discutent de leurs chargements, #ceuxquisaventsavent), et j’espère en avoir convaincu certains de prendre des mesures drastiques !

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Pour le Cape Wrath Trail, les points importants pour moi étaient :

- le couchage : j’ai une bonne petite tente individuelle légère en tunnel, parfaite. Sauf pour les soirées et matinées pluvieuses, où l’absence d’abside et la faible hauteur rendent le confort plus que sommaire, et interdisent de cuisiner abrité. Un sac de couchage que j’ai inauguré cet été, en plume, super léger et d’un confort très appréciable. Mon tapis de sol basique est en revanche à éliminer : je n’ai plus l’âge de dormir sur un matelas de 4mm sur les planchers des bothys (refuges non gardés) et de me réveiller avec le dos et les hanches endolories. La prochaine fois je m’achète soit un bon matelas alvéolé, soit un matelas autogonflant léger. J'ai alterné les nuits sous tente, en bothy, et quelques bunkhouses et B&B pour me laver/sécher.

- les vêtements de pluie : une bonne veste de pluie est indispensable, un sur-pantalon également. Des chaussures les plus étanches possibles aussi (même si vu le terrain, j’en reparlerai, il est illusoire de penser garder les pieds secs). J’avais hésité à prendre mes guêtres, je les ai regrettées… Le sur-sac est indispensable pour le sac à dos. C’est important d’en choisir un qui s’accroche bien au sac, à cause du vent. Le dernier jour j’ai eu une telle tempête qu’il a fallu que je renforce la fixation à la ficelle pour ne pas perdre mon sur-sac où le vent s’engouffrait, et garder mes affaires au sec.

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- la nourriture : j’ai essayé d’avoir toujours sur moi environ 5 jours de nourriture, et un fond de soupe, café et thé. Je me suis ravitaillée dans les petits villages sur la route, ce n’était pas nécessaire de porter davantage. J’ai eu beaucoup de chance pour l’eau : il pleuvait tellement et il y a tellement de rivières que je me contentais d’une bouteille d’1/2L sur le côté du sac, que je remplissais au fil de la route. J’ai systématiquement bivouaqué près d’une rivière ou d’un Loch, pour avoir de l’eau. Je ne me suis pas servi de mes pastilles de purification d’eau, puisqu’il n’y avait aucune culture ou élevage (sources de pollution d’eau).

Il ne m’a rien manqué à part les guêtres. Je me suis servi de tout sauf de ma poche à eau de 2L, du short, des lunettes de soleil et de la crème solaire, mais je n’ai pas eu de chance avec la météo… (vous me direz, l’Écosse ! Mais parfois il y a du soleil, si si !)

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Voilà donc ci-dessous l’inventaire de mon sac. En portant une partie sur moi (vêtements, chaussures, veste etc) j’avais un sac d’environ 12 kgs. C’était parfait, sauf à la fin des journées vraiment éprouvantes.

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Le terrain

Alors, ça donne quoi de marcher dans les Highlands ?

Ça donne un mot anglais que je ne connaissais pas, mais que j’ai appris à utiliser à toutes les sauces pendant mon périple : boggy

Boggy, ça signifie marécageux, boueux. Le terrain peut donc être un peu, beaucoup, vraiment très, affreusement : boggy.

Je m’attendais évidemment à rencontrer de l’humidité en Écosse, mais je n’avais pas du tout imaginé que ce serait à ce point.

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Dès mon premier jour de marche, je me suis rendu compte que ça n’était pas le relief qui serait dur, ni la longueur. Non, la raison pour laquelle le Cape Wrath Trail est considéré comme le trail le plus dur de Grande-Bretagne, c’est le terrain.

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Premier jour, donc. Je grimpe mon premier col, vue splendide sur une vallée ouverte, je n’ai qu’à descendre le long du torrent. Mon cœur exulte devant tant de beauté, de solitude (la photo ci-dessus est prise à cet endroit). Et je commence la descente. Et mes pieds s’enfoncent. Et les grenouilles sautent dans les herbes hautes comme ailleurs des sauterelles sauteraient devant mes pas. Je mets trois heures à descendre ce que je pensais avaler en une heure, en tombant deux fois. Une troisième fois mon pied s’enfonce dans une flaque de boue qui semblait presque solide, mais qui était en fait une tourbière. Jusqu’au genou. Mon bâton s’est enfoncé aussi, en le ressortant je vois qu’il s’est clairement plié, le métal n’a pas résisté à la pression de la boue. Ok, j’ai compris.

Une fois en bas de la vallée, je marche encore pendant presque une heure dans des marécages pleins d’eau, trempée jusqu’aux genoux. J’apprends, très vite, à marcher sur les mottes. Tous les jours jusqu’à la fin du trail, ce sera la même chose : poser ses pieds avec précaution sur le sol détrempé, parfois marcher dans les eaux ruisselantes plus que dans la boue qui glisse. Sur la photo ci-dessous, c’est un petit bois qui est au milieu d’un marécage. On peut essayer ce qu’on veut, on finit avec de l’eau aux genoux !

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Il est illusoire de vouloir garder ses pieds secs. Inévitablement, une fois au moins dans la journée, je finis avec les pieds enfoncés au moins jusqu’aux chevilles. Même en haut des montagnes, le sol est spongieux. La beauté du paysage permet de supporter ce terrain abominable, qui explique l’absence totale de culture et le peu de troupeaux. La solitude et la nature sauvage en échange de l’humidité, c’est un peu le deal.

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Heureusement, dès qu’il ne pleut pas (trop) pendant 24h, le sol sèche assez vite. Et puis au fur et à mesure de la route, les standards de confort baissent. J’apprends à faire sécher mes chaussures avant tout autre chose le soir, en enlevant les semelles intérieures. Idem pour les chaussettes. Et si je n’ai pas réussi tous les matins à enfiler des chaussettes et chaussures sèches, cela a quand même réduit le risque d’ampoules (une seule en 3 semaines !).

Autre difficulté du terrain : les rivières. Le Cape Wrath Trail traçant au milieu des Highlands dans les endroits les plus isolés, il n’y a que rarement des ponts pour traverser les rivières. Certaines sont larges, avec un courant important, et une profondeur qui dépend de la quantité de précipitation des heures précédentes. Parfois passer de rocher en rocher ne suffit pas, il faut déchausser, remonter le pantalon au genou, voire l'enlever (ça m'est arrivé en plein mois d'août!), rechausser de l'autre côté etc. Les traverser en faisant attention au courant (ne pas faire de grands pas, garder les pieds au ras du sol), ne pas hésiter à remonter ou descendre un peu la rivière pour trouver le bon endroit pour passer.

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D'autres rivières (ou torrents) ne sont pas indiquées sur les cartes, pour la simple raison qu'elles ne sont pas pérennes : elles se forment ou grossissent au gré des précipitations, mais peuvent constituer quand même des barrières importantes à la marche. Tel petit torrent de montagne anodin peut se transformer, après une nuit de pluie intense, en un gros torrent qui va être compliqué à passer. Au-delà de cela, le chemin est parsemé de cours d'eau d'importances très variables qu'il va falloir franchir tout au long de la marche. Une journée normale, c'est par exemple une vingtaine de petits cours d'eau temporaires à passer facilement, trois torrents qui nécessitent de réfléchir où on met les pieds, et une à deux rivières où il faut déchausser.

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J’ai appris à dominer ma peur des rochers glissants, à estimer où traverser, à me lancer quel que soit le temps, le courant, ma peur (merci à P., avec qui j’ai marché trois jours, qui a eu la patience et la gentillesse de m’apprendre à dominer ma peur de perdre l’équilibre !). J’avais eu la bonne idée d’acheter une paire de sandales de randonnée en synthétique, qui ont été parfaites pour traverser les rivières profondes sans craindre, en plus du courant, de me faire mal aux pieds. Je conseille vraiment de faire de même. En plus (attention, point mode) c’est parfait à porter le soir avec une bonne paire de chaussettes sèches pendant que les chaussures de randonnée sèchent !

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Le terrain marécageux et les rivières à traverser sont deux des facteurs de ralentissement de la marche. Le relief en est un autre, mais moins important : les montagnes des Highlands ne sont pas très hautes, et le trail monte rarement au dessus de 800m d’altitude. Mais on démarre très souvent du niveau de la mer, et les côtes sont raides. Il n’est donc pas à négliger, surtout combiné au sol spongieux et aux rivières, permanentes ou temporaires : grimper 500m de dénivelé dans les Highlands, c’est comme en monter 700 ou 800 ailleurs. Surtout s’il pleut et qu’il y a du vent, et pas de chemin tracé.

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Si vous voulez vous lancer dans le Cape Wrath Trail, le terrain est donc une donnée à ne pas négliger. C’est le côté sauvage de l’itinéraire qui entraîne cette difficulté : puisque la moitié (au moins) se fait sur des minuscules sentiers ou en dehors de tout chemin, il faut faire avec la nature dans son ensemble, avec les conséquences de la météo. Je l’avais sous-estimé, mais finalement une fois que je l’ai accepté j’ai adapté mes étapes, ralenti le rythme, assumé ma lenteur (environ 15-20km par jour au lieu de 30 en général) et profité de la solitude, du paysage, des panoramas d’une splendeur que je n’avais que rarement vu ailleurs, de la beauté de l’effort.

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C’est dur, mais ça vaut le coup.

Pour ceux qui voudraient se lancer, je dirais que l'essentiel est sans doute le mental. Je suis partie avec une certaine habitude de la marche solitaire, ce qui m'a beaucoup aidé, et l'esprit très libre de toute contrainte, avec un peu de marge devant moi en temps. Cela me semble essentiel. Une bonne condition physique évidemment, mais je ne suis pas une très grande marcheuse, juste "normale". C'est surtout la combinaison solitude/météo/terrain qui attaque le physique, sinon c'est une marche à la portée d'un bon randonneur.

Je suis partie en août pensant éviter le pire temps écossais, il semble que je me sois trompée : tout le monde m'a dit que mai-juin et septembre sont les meilleurs mois, d'autant que cela évite les midges, ces horribles petites mouches qui se jettent sur le marcheur isolé pour lui sucer son sang (moustiquaire de tête, manches longues et spray indispensables en été !). J'ai surtout pris des photos lorsqu'il faisait beau, mais en réalité j'ai eu seulement 3 jours sans pluie sur tout l'itinéraire. Même si visiblement il pleut moins au printemps, il faut  avoir en tête qu'il pleuvra, et beaucoup.

J'ai croisé pas mal de randonneurs dans la partie sud de l'itinéraire (jusqu'à Strathcarron), beaucoup moins au nord. Il n'y a quasiment de réseau mobile nulle part, donc il faut vraiment avoir conscience de sa solitude en partant, si on part seul. Je me suis perdue une fois pendant quelques heures, rien de dramatique mais cela peut vite attaquer le moral.

La fin de l'itinéraire traverse une zone de "free bombing" de l'armée britannique : en gros cela veut dire que c'est un camp d'entraînement aux bombardements aériens et navals, sur certaines périodes. Cette zone est donc strictement interdite d'accès par moment. Il faut se renseigner un peu avant pour avoir les dates de fermeture, sinon on reste bêtement coincé 15km avant le Cape Wrath... Normalement en été il n'y a pas trop d'utilisation militaire mais cette année la zone est restée fermée 10 jours début août... à anticiper !

La beauté isolée des Highlands est vraiment magique, malgré les quelques difficultés particulières de ce trail (par rapport à ce que je peux pratiquer d'habitude) c'est probablement la plus belle marche de ma vie à ce jour, franchement allez-y smile 

Et n'hésitez pas à me poser des questions !


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#2 28-10-2017 08:01:41

domweb
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour Adrienne, et bienvenue sur le forum smile

merci pour ce retour, je suis toujours impressionné par le courage tranquille de ces dames qui partent seules en vadrouille dans des conditions de confort quelque peu relatives wink .

Cette destination me fait de l'oeil depuis longtemps, mais j'avoue que les conditions de terrain peuvent freiner un peu l'enthousiasme roll .

Je retiens qu'il vaut mieux éviter le mois d'août.

Un peu plus de détails sur la cartographie ?


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

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#3 28-10-2017 09:38:09

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour Adrienne. Bienvenue sur RL!
Merci pour ce super CR qui donne envie... et rédigé tard le soir!
J'ai tout de même un peu mal aux épaules rien que de lire que tu es partie avec un sac à 12 kg vivres inclus.


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
k | « Strong, light, cheap, pick two » (attribué à Keith Bontrager [x])

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#4 28-10-2017 09:54:33

nomadecueilleur
Long cours, plaine, Europe
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour et bienvenue,

Merci pour le récit, je préfère quand y'a pas de chemin balisé, ni chemin d'ailleurs et plusieurs jours sans croiser quelqu'un.

Un détail : la partie où tu avais de l'eau jusqu'aux genoux, perso, je l'aurais pas fait. Déjà, dès que je vois des plantes qui doublent de taille-volume par rapport aux mêmes vues un peu avant (présence d'eau dans le sol), je cherche à contourner.
Donc là, aux genoux, perso, c'est danger.

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#5 28-10-2017 11:19:39

Adrienne
Apprentie MULe
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Merci pour vos retours ! smile


kodiak a écrit :

J'ai tout de même un peu mal aux épaules rien que de lire que tu es partie avec un sac à 12 kg vivres inclus.

Je suis preneuse de conseils pour alléger. Sachant que je ne suis pas du genre à manger 3 barres de céréales dans la journée et c'est tout ! wink
Les villages étant assez éloignés les uns des autres, 4-5 jours de vivres étaient prudents pour ne pas se retrouver à court de nourriture au fond d'une vallée. Et le repas chaud le soir était plus que bienvenu après l'humidité de la journée... J'ai clairement de la marge de progression sur le matériel, mais je ne sais pas toujours où commencer, et mes moyens financiers ne sont pas extensibles. Je me sens incapable de me contenter seulement d'un sursac sur plusieurs jours de randonnée (et clairement ici ça n'aurait pas été adapté). Donc je prends vraiment des conseils sur la base de ma liste publiée : qu'aurais-je pu modifier / remplacer ?


domweb a écrit :

je suis toujours impressionné par le courage tranquille de ces dames qui partent seules en vadrouille dans des conditions de confort quelque peu relatives

Merci domweb, mais les dames, comme tu dis, ne sont ni plus ni moins courageuses que les messieurs wink Je marche seule depuis mon adolescence, et même si en général c'est sur de plus courts itinéraires, je me connais bien. Et je lutte férocement contre l'idée qu'il faudrait du courage / de l'inconscience / de l'audace supplémentaire pour les femmes : les mauvaises rencontres sont rares passés une certaine altitude / un certain degré d'isolement. Pour le reste, les dangers sont les mêmes pour H et F. Ça ne sert à rien de demander aux femmes un courage supplémentaire, elles n'en auront pas besoin et ça risque de les brider pour partir.

domweb a écrit :

Un peu plus de détails sur la cartographie ?

Avec plaisir, que souhaites-tu savoir ?
Je n'ai pas relevé de traces GPS, déjà parce que plusieurs sont disponibles sur le web, ensuite parce que j'ai bêtement perdu mon GPS au bout de 5 jours... (oui, bon...)
Sur le descriptif du terrain : La partie Sud est plus haute que la partie Nord, plus humide aussi. L'extrême Nord des Highlands est assez minéral, ce qui n'empêche pas de marcher essentiellement sur des herbes mi-hautes et un sol spongieux.
L'itinéraire que j'ai emprunté était typiquement construit autour de montées de cols / longer des lochs d'altitude / descendre les rivières s'écoulant de ces lochs / arriver sur des lochs de mer (fjords).
Pour ce qui est des chemins, je dirais que c'est divisé grosso modo en 4 types de chemins :
- 1/4 sur des pistes vraiment confortables, genre pistes de 4X4. D'habitude je n'aime pas ça, mais en fait c'est assez appréciable de marcher sans s'enfoncer dans le sol, de temps en temps...
- 1/4 sur des sentiers bien visibles d'environ 40cm de large, ce qui ne les empêche pas d'être boueux ou de servir d'écoulements d'eaux de ruissellement. On ne cherche pas son chemin, mais ça reste un peu difficile en cas de grande humidité.
- 1/4 sur des sentes tout juste perceptibles, qui passent au milieu des herbes hautes. Parfois il faut un peu deviner le chemin, et ne pas partir en se trompant sur une sente animale (ça m'est arrivé plusieurs fois). Là, on commence à patauger sérieusement.
- 1/4 sans chemin du tout, au début j'essayais de chercher des sentes ou de suivre les traces GPS que j'avais, mais très vite j'ai préféré y aller à l'azimut en me basant ensuite sur l'état du sol pour adapter mon itinéraire. En cas de grosse pluie ou brouillard, ou grand vent, ou les trois à la fois, ça peut être assez éprouvant. C'est d'ailleurs comme ça que je me suis perdue un jour, dans le brouillard. Pour ça le GPS / altimètre est utile.
Les cartes que j'ai indiquées (chez Harvey Maps) sont vraiment bien faites, elles indiquent grossièrement l'état du chemin entre les 4 types que j'ai décrits. On sait donc à peu près quand on peut chercher une sente, et quand c'est inutile. Il y a pas mal de variantes proposées qui permettent de choisir parfois le niveau de difficulté, et les bothys sont bien indiqués (et tous en très bon état ! À noter qu'il n'y a pas de bois dans les Highlands, donc pas de feu possible !)
J'ai pris quelques libertés avec les itinéraires proposés sur les cartes, lorsque j'étais particulièrement fatiguée : un peu de route goudronnée (peu passante) un jour, et même une journée de stop un jour de grosse déprime/temps épouvantable. Je l'assume et ne regrette pas, c'est ce qui m'a permis de me reposer et de repartir jusqu'au bout.

Si tu as des questions précises n'hésite pas smile

nomadecueilleur a écrit :

Un détail : la partie où tu avais de l'eau jusqu'aux genoux, perso, je l'aurais pas fait. Déjà, dès que je vois des plantes qui doublent de taille-volume par rapport aux mêmes vues un peu avant (présence d'eau dans le sol), je cherche à contourner.
Donc là, aux genoux, perso, c'est danger.

En fait l'option "contourner" n'existe pas smile
Si tu ne peux pas avoir les pieds trempés, il ne faut pas y aller. Bien sûr ça dépend de la météo le jour J, et en discutant à mon retour avec Simon, il semble que lui ait eu beaucoup moins d'eau que moi. Mais je pense qu'on ne peut pas couper aux marécages. Et comme ces zones très humides sont quasi la norme, tu peux essayer de contourner mais tu vas juste te perdre là-dedans... Le petit bois que j'ai mis en photo, je l'ai abordé dès mon 1er jour. En voyant que je progressais dans l'eau aux genoux, je me suis dit que c'était certainement une erreur, que la carte se plantait, que mes traces GPS déconnaient. Bref, je suis ressortie du bois et j'ai tenté de le contourner : c'était encore pire, j'ai mis plus d'une heure à faire un petit km alors que la partie dans le bois aurait duré sans doute un quart d'heure seulement... Idem un autre jour : sortie d'un bothy au bord d'un loch de mer après une nuit de forte pluie constante, j'avais un estuaire de rivière à remonter. La rivière elle-même avait triplé de volume, des dizaines de torrents temporaires descendaient des pentes et arrosaient le fond plat de l'estuaire, le sol était complètement détrempé, aucun sentier visible et des herbes à hauteur des cuisses sur un fond spongieux où tu t'enfonces aux genoux : tu mets 4h à faire 3km, mais tu n'as pas vraiment le choix. Le contournement par des sommets ne sert pas à grand chose : le sol peut être aussi spongieux en haut, c'est tellement humide que l'eau ne s'écoule pas.
En tous cas c'est un excellent moyen de tester ses limites mentales smile


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#6 28-10-2017 17:53:09

bruno7864
partir, partir et découvrir
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bienvenu Adrienne,

félicitations pour t'être lancé sur RL en plus par l'écriture d'un CR, bravo. C'est en plus courageux, sachant que tu ne nous proposes pas une liste vraiment MUL, mais tu as le mérite de nous la proposer. Chaque retour lorsqu'il est un peu documenté  est enrichissant pour la communauté, je dirai même indispensable pour la vie du site.

Coté allègement, lorsque je suis arrivé sur RL le poids de mon matériel était à peut près similaire au tiens. Que de l'indispensable à l'époque big_smile
Petit à petit à force de fréquenter le site et de randonner, le poids de mon matériel  a nettement diminué, me permettant de pouvoir transporter plus de nourriture et ainsi augmenter mon autonomie.
Mais ce ne sont pas pour la plus grande partie mes dépenses qui m'ont permis d'y arriver, mais des choix. Et c'est lors de sorties de groupe que j'en ai appris le plus sur ce sujet, comme quoi le partage est important.

En tout cas merci pour ce retour qui fait rêver, et encore bravo  smile

Dernière modification par bruno7864 (28-10-2017 17:54:52)

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#7 28-10-2017 18:00:07

Pétrocorien
Invité

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

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Dernière modification par Pétrocorien (13-09-2019 05:18:47)

#8 29-10-2017 08:58:55

nomadecueilleur
Long cours, plaine, Europe
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Adrienne a écrit :

En fait l'option "contourner" n'existe pas smile

Première rando, j'avais suivi un GR qui avait été barré. Je n'ai pas voulu marcher dans les marécages, j'ai mis beaucoup de temps à contourner.

Suite à ce type d'obstacle, j'ai vu une autre option ; ne plus faire d'itinéraire.
Au lieu de préparer un trajet, j'étudie un peu les "zones" ; si urbanisées, s'il y a des cultures et quoi, la densité de population, le type de paysage, l'eau, etc. Je regarde ce qu'il faut éviter. Ensuite je randonne dans les zones les plus "hospitalières" et je m'oriente ensuite en montant sur une hauteur et par l'attractivité des paysages, sans aucun itinéraire donc.

Une fois, après une demi journée de marche, je suis arrivé à une impasse : une vallée fermée par une forte pente. Très franchissable, mais un peu risqué. Sauf que seul au milieu de nulle part, je ne prends pas le moindre risque. J'ai fait demi tour, et refait le bivouac au même endroit que le précédent. Et j'ai remarqué que je n'avais pas eu la sensation d'avoir "perdu du temps", ni d'ennui de faire "marche arrière". Car je n'ai pas marché au même endroit et le paysage dans l'autre direction, avec un autre angle d'ensoleillement, était complètement différent.

Depuis que je ne suis plus d'itinéraire, plus aucun danger d'aucune sorte.

Pour le poids du sac, effectivement, c'est beaucoup. Par contre, ce n'est pas une critique, quand on passe de sédentaire à "nomade", il est impossible de se passer brusquement du confort quotidien pour du bivouac très léger et spartiate. Et le confort, c'est du poids.
C'est la régularité des randos ou la durée qui impose de s'alléger de plus en plus.

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#9 29-10-2017 11:21:25

Oeuf
Membre
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Messages : 176

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Salut Adrienne !
Pour l'allègement, le mieux - au début du moins - c'est de parcourir les "réçits + listes" des plus expérimentés du forum, elles donnent envie au premier coup d’œil, puis des idées dans un second temps. Plus tu en vois plus tu imagines ce que pourrait être ton nouveau confort de marche en revoyant un peu la définition de ce qui t'est indispensable. Tu vas vite perdre plusieurs kilos avec un peu de travail sur ta liste.
Juste une remarque au niveau de la forme, généralement dans nos listes, nous séparons les vêtements portés en permanence dans une autre petite liste, ce qui permet d'avoir le poids net du sac à dos, c'est une sorte de "convention tacite" quoi smile

Cela dit, ton récit est très impressionnant, je ne connaissait pas du tout ce trek, je suis impressionné par sa sauvagerie ! En revanche c'est vrais qu'un mois d'aout pareil... brrrrr  big_smile Il faut partir l'hiver au soleil pour compenser  big_smile  big_smile Avec ce que tu en dis effectivement ça à l'air d'être parfait pour une deuxième partie de printemps ou un début d'automne. J'ai déjà randonné quelques jours sans pouvoir faire sécher entièrement mes affaires, et j'ai trouvé ça très usant mentalement, mais 20 jours là chapeau !

Mention spéciale à la jolie photo de "l'arc-en-ciel lac" !

Antoine

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#10 29-10-2017 11:38:50

Nayana
Helix pomatia
Lieu : Cote d'Or
Inscription : 05-10-2010
Messages : 1 465

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour Adrienne et merci pour le retour et les photos. J'avais beaucoup aimé l’Écosse et ce sont des paysages qui méritent sans hésiter un peu d'inconfort smile

Pour alléger la liste sans investir, il y a a faire sur les vêtements :
- 5 paires de chaussettes, c'est 3 de trop. 1 toujours sèche pour la nuit, indispensable et 1 pour marcher. Dans cet environnement, l'option d'un 2ème paire de marche fait peu de sens parce que même lavée, tu ne pourras probablement pas la sécher.
- 2 pantalons de toile : pendant la lessive en milieu civilisé, tu peux porter le pantalon de pluie.
- 2 t-shirt jour : 1 de trop. Les t-shirts "respirants" sèchent généralement très vite donc si l'odeur devient insupportable entre 2 lessives, un coup de lavage à la main le soir. Idem, tu as la veste de pluie à porter pendant la lessive en milieu civilisé.
- short : en Écosses ?
- sous-vetements : 1 soutif, 2 culottes et un bout de savon.

Ca fait déjà 913g de gagné.

Sur le poste cuisine, la fourchette ne sert à rien et le quart est un confort dont on se passe très bien. -70 g.

Couverture de survie : les sols Ecossais sont spongieux mais pas agressifs. Pas besoin de protéger la tente. -65g.

Trousse de toilette : couper la serviette en 2 au minimum, remplacer la brosse par un peigne ou au minimum la remplacer par un truc comme ça (Brosse en plastique). -150g ?

Après, il faut tailler dans le poids des items (sac à dos, veste de pluie, réchaud...) et l'électronique. Pas de miracle.


Lentement mais surement...

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#11 29-10-2017 14:17:33

Adrienne
Apprentie MULe
Lieu : Région parisienne
Inscription : 27-10-2017
Messages : 601

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Wow, que de réponses !

Merci smile

Et merci notamment pour les pistes d'allègement. C'est vrai que j'ai sans doute pris un peu trop systématiquement en double des vêtements (avec le bémol des chaussettes : je marche toujours avec 2 paires de chaussettes sur moi). J'ai acheté pendant mon détour à Ullapool (seule "ville" sur le parcours) un tshirt respirant qui m'a permis de laisser un de ceux en coton sur place, parce que oui, la vitesse du séchage devenait cruciale. Cependant ça ne séchait pas pendant la nuit... Pour le short je ne sais pas ce qui m'a pris, je l'ai rajouté dans le sac au dernier moment, ça devait être pour forcer le sort, je ne sais pas big_smile (ça m'a servi d'oreiller, c'est déjà ça !)

Si je repars dans des coins comme ça, je suis assez intéressée par des suggestions de pantalons de pluie que je puisse mettre sans rien en dessous (ce qui me permettrait d'enlever un pantalon de mon sac). Là j'avais juste un surpantalon type kway, acheté chez D4, vraiment pas agréable à porter tout seul. Qu'est-ce qui existe en pantalons imperméables et respirants mais un peu chaud quand même (j'avais environ 15°C en journée, parfois avec beaucoup de vent, ça caillait un peu dans les cols) ?

Pour l'électronique j'ai tenté de réduire, mais par exemple la liseuse est le type de petit confort qui m'est vraiment précieux dans les marches solitaires : 3 semaines de bivouacs seule, parfois coincée dans la tente à 18h quand il pleut trop ou que les midges attaquent, c'est quand même mieux quand on a de quoi lire... Pour le reste j'avais un seul câble d'alimentation pour tout. J'aurais bien supprimé le téléphone portable mais mes proches n'auraient pas apprécié du tout sad

Je continue à lire les récits et listes en tous cas, c'est très instructif et je suis certaine que ça va tranquillement infuser pour m'aider à alléger.

Oeuf a écrit :

Juste une remarque au niveau de la forme, généralement dans nos listes, nous séparons les vêtements portés en permanence dans une autre petite liste, ce qui permet d'avoir le poids net du sac à dos, c'est une sorte de "convention tacite" quoi

Je note ! À la pesée de l'aéroport mon sac faisait 11.3kg wink

Ma démarche d'allègement est assez récente, il y a 3 ans je partais encore avec plus de 15kgs sur le dos... Je n'ai pas non plus comme objectif principal d'être la plus légère à tout prix : c'est davantage une réflexion sur l'accessoire et l'essentiel, et ce que je peux faire pour être toujours plus à l'aise dans la marche. 12kgs ça me convient assez bien, j'aimerais descendre encore pour être plus à l'aise sur des terrains accidentés, mais par exemple sur des chemins corrects et sans trop de dénivelés, ça ne m'empêche absolument pas de faire des étapes de 35km par jour. J'aime d'ailleurs assez le fait d'avoir un certain poids sur le dos, ça stabilise et me force à tenir un rythme régulier. Mais comme j'aime les sommets et les zones un peu difficiles... il me faut encore travailler ! Mais je tiens à ce que mes sorties soient des moments de plaisir et des bons souvenirs, donc je n'oublie pas ce qui peut sauver le moral quand on est crevée, trempée, isolée : un pantalon sec, une liseuse ou une tablette de chocolat, ça peut faire des miracles... On s'en passe sur 5 jours, sur 3 semaines ça n'est pas la même chose.

Pétrocorien a écrit :

Oui et non, déjà y'a la faune sauvage, les déjections et cadavres qui vont avec. Mais bon visiblement t'a eu aucun soucis, alors...

Je n'ai pas senti le besoin de purifier mon eau notamment parce que les cours d'eau avaient un débit très rapide et important : c'est plutôt bon signe pour éviter trop de soucis... Cela dit, de façon générale je purifie assez peu (je dois avoir un estomac en béton armé...). Quand j'ai un doute ou que je dois prendre de l'eau dans un lac, je fais bouillir. Je fais la même chose en France en altitude au-dessus des troupeaux et cultures, et je n'ai jamais eu de souci. J'ai toujours des pastilles au cas où mais je m'en sers peu.

Pour ce qui est de l'itinéraire et des conditions qui peuvent sembler un peu dantesques : j'avais lu avant de partir tous les récits du Cape Wrath Trail sur ce forum, et tous soulignent cette difficulté. Je ne voudrais pas que cela rebute ! C'est vraiment une rando magnifique et qui vaut le coup d'être faite. Autant je dissuaderais des marcheurs très débutants de se lancer dedans, surtout seuls, autant j'imagine qu'ici on a affaire plutôt à des randonneurs confirmés et typiquement dans le type de population qui peut vraiment s'éclater sur ce genre de terrain. Il y a moyen de n'en faire qu'une partie, ou de s'extraire du chemin tous les 4-5 jours (à chaque village en gros, le stop marche super bien). Il faut juste accepter l'humidité constante.

Pour ceux qui sont intéressés, j'ai mis pas mal de photos ici.


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#12 29-10-2017 21:57:54

Myrtille88
Membre
Lieu : Provence
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Messages : 1 555

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Bonjour Adrienne,

Merci pour ton récit plein de détails sur le terrain et de réflexions personnelles sur tes difficultés

Les photos de crépuscule , entre autres sont très jolies.
J'aime beaucoup l' Ecosse et je comprends que l'on puisse être séduit par cette ambiance d'un milieu peu habité mais où l'on sent des présences roll

Je pense que le climat peut être meilleur hmm , je confirme pour Juin
maintenant ça reste aléatoire
en tout cas j'imagine que cette humidité pèse sur le voyage

En fait pour l'allègement, pour l'avoir constaté, on n'a pas forcément moins de confort,  moins de poids ne veut pas forcément dire moins de confort, peut-être c'est aussi adapter son itinéraire, ses lieux de bivouacs, à son matériel.

Myrtille

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#13 01-11-2017 00:15:14

Opitux
Jeune padawan
Lieu : 06
Inscription : 13-01-2013
Messages : 5 211

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Roooo

Adrienne C. s'est inscrite sur RL smile

Un chaleureux bienvenue tongue

Après avoir suivi les versions courtes, c'est avec plaisir que je me réserve la lecture de ce récit pour demain. J'espère que nos remarques te seront utiles.
Le premier qui est méchant, je l'étrille  lol


Plus je marche moins fort, moins j'avance plus vite...

Si vous me contactez pour l'association, mieux vaut passer directement par wink

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#14 01-11-2017 00:33:25

laxmimittal
Membre
Inscription : 23-10-2016
Messages : 1 640

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

adrienne,

non seulement tu as fait un chemin super beau et super dur, mais tu as réussi à mettre toutes tes belles photos sur ton fil.

chapeau et bienvenue.

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#15 01-11-2017 17:02:12

florencia
Membre
Lieu : 71
Inscription : 11-11-2011
Messages : 4 693

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Salut Adrienne,

Merci pour ce retour et cette balade qui donne bien envie smile

Pour un pantalon imper et bien respirant, j'ai testé cet été avec port quasi permanent pendant 5 semaines, celui de chez Montane, le minimus, il existe en version femme et différentes longueurs de jambes. Il est donné pour une respirabilité de 7 000 g/m2/24h et une imperméabilité a 10 000 mm schmerbers.
Pas désagréable à porter seul, passer la première minute pour le réchauffer wink, même si cela n'a pas été le mode de portage le plus fréquent dans mon cas.
Par contre, ce n'est pas le même ordre de prix que le D4, peut être chopper en dessous de 100€ quand soldé...

Flo


Réalisations DIY
_ _ _ _ _ _ _ _ _

"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#16 01-11-2017 19:40:22

René94
Membre
Lieu : Mont Griffon (du 9-4)
Inscription : 30-12-2009
Messages : 1 293

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Une liste à 12 kilos avec une tente de 65 cm de haut dans le nord de l'Ecosse... Pour avoir marché 1 semaine en Ecosse, je comprends que cela a été un bon test pour ton mental. Bravo !

Pour le pantalon de pluie, j'utilise un DriDucks de 100g, sous lequel tu peux éventuellement mettre ton legging s'il fait froid.


"Je ne suis pas ce qui brille..." (F. Marchet)
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#17 02-11-2017 12:43:34

simon
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Lieu : France
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Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Merci Adrienne d’avoir partagé ton expérience, c’est toujours un plus pour la communauté smile
Et pour toi, ca te permet d’avoir des retours d'extérieurs sur ton équipement, ca te seras utile pour la prochaine fois wink


Carnets d'aventures : mon trombi
Laisse ton esprit s'évader et tes pieds suivre tes rêves.

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#18 02-11-2017 13:44:04

YannickBBman
Membre
Lieu : Lorris, Loiret, France
Inscription : 21-04-2017
Messages : 43

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Merci pour ce récit sur cette belle destination.
J'ai prévu d'aller dans les Highlands en 2018, en mai - juin, je vous lis donc avec intérêt.


     Yannick


"Là où il y a une volonté, il y a un chemin"
     Hudson et Kennedy, 1856

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#19 03-11-2017 19:24:07

Adrienne
Apprentie MULe
Lieu : Région parisienne
Inscription : 27-10-2017
Messages : 601

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Merci à tous pour vos réponses, et notamment les conseils de pantalons de pluie (même si pour la prochaine marche je pense que je vais choisir un endroit un peu moins humide big_smile)

Opitux a écrit :

Le premier qui est méchant, je l'étrille

Merci ! (tout va bien, les gens sont très gentils ici ! big_smile)


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#20 10-11-2017 16:53:53

Ezequiel54
MULimaliste
Lieu : Lorraine
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Messages : 1 446
Site Web

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Encore un truc à ajouter sur ma liste des destinations possibles... Merci hein ! Merci !! big_smile

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#21 10-11-2017 18:58:24

eraz
multimedia
Lieu : Sancy
Inscription : 26-08-2007
Messages : 5 415

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Kikoo Adrienne wink

Bienvenue sur le forum!

Je viens de m'apercevoir que j'ai oublié de te remercier... J'ai lu tout ton retour à sa publication et j'ai oublié de laisser un mot = Alzheimer me guette wink.
Merci pour ton excellent retour, ton engagement, tes petites déboires/anecdotes et la mine d'information que cela représente pour ceux qui auraient envie de se laisser tenter par cette magnifique destination.

J'adore quand au bout d'à peine 2 messages, un membre à autant apporté à l'enrichissement du forum smile.

eraz

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#22 11-11-2017 09:25:24

luccio33
MUL sans grade
Inscription : 24-11-2005
Messages : 954

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Salut Adrienne,

Merci pour ce récit, et bravo pour avoir mené à bien cette belle randonnée !
J'ai eu l'occasion de parcourir le sud du parcours l'an dernier entre Kinloch Hourn et Glennfinan et c'est vrai que le côté "boggy" est assez déroutant... smile

J'y étais à peu près à la même période que toi mais j'ai eu plus de chance que toi sur la météo avec presque pas de précipitation pendant 3 jours et demi. J'ai même eu le privilège de faire un petit bain dans un lac ! big_smile
Malgré cela, j'avais quand même bien pataugé dans la tourbe !

Là-bas, les randonneurs que j'avais croisé étaient surtout des Allemands avec un bon sac de 20-25kg...
Avec tes 12kg pour 5 jours d'autonomie, tu es déjà dans un bon processus d'allègement !
Ensuite on peut toujours améliorer bien sur... smile

Pour les pieds j'avais opté pour la solution : "ok, quitte à avoir les pieds mouillés, autant avoir des chaussures légères qui sèchent vite"
J'étais parti avec des sandales de type que je portais avec ou sans chaussettes...
Sur 4 jours c'était parfait mais sur une longue durée c'est peut-être moins pérenne car les pieds s'irritent au bout d'un moment...

Cette randonnée est fantastique ! big_smile
Merci pour les photos.

A+


petit poids,
avec joie!

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#23 28-11-2017 19:54:12

Leni
Membre
Lieu : 83/06/05
Inscription : 22-03-2016
Messages : 443

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Ayant par curiosité suivi ton lien (sur un autre fil)  pour voir ce que ton Sony a fait, je trouve que c'est un très très bon résultat vu que l' Ecosse c'est bcp de bouillabaisse au sol et de la purée de pois par dessus.
Mais ce sont des paysages prenants (c'est le cas de le dire) , et tu en parles très bien. Merci pour ton beau retour smile

Comme les autres, je trouve que 12 kg de sac + 2 kg de nourriture = 14 kg,  ça pèse pas mal - Mais j'enlève ma suggestion précédente ...  car ta tente ne pèse que 1,3kg donc je n'ai rien à proposer en dessous qui soit à peu près confort dans des conditions aussi humides.
Les conseils de Nayana sont précis (je profite aussi de la justesse de ses raisonnements) +  y'a pas de miracle.


modif : changt de texte !  je n'avais pas bien lu ton tableau

Dernière modification par Leni (29-11-2017 00:03:36)

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#24 28-11-2017 20:12:16

Jobig
Membre
Lieu : Breizh
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Messages : 1 172

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Hallo, Adrienne !

J'ai parcouru bien des tourbières et des landes en Bretagne et mon rêve c'est de partir en Ecosse (I guess I'm fitted to that kind of travel...), aussi ton retour très vivant et bien documenté vient-il renforcer encore un peu plus cette envie ! cool

D'accord avec Leni : l'allègement du poste abri/tente, mais aussi celui du SàD, serait un plus incomparable pour évoluer plus commodément sur des terrains aussi difficiles. smile

Beanneachd leat !

Jobig


From each according to their ability, to each according to their needs.

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#25 29-11-2017 00:06:59

Adrienne
Apprentie MULe
Lieu : Région parisienne
Inscription : 27-10-2017
Messages : 601

Re : [Récit + liste] Cape Wrath Trail (Écosse) en solo - août 2017

Merci pour vos retours, encore ! smile

Je suis ravie si ce retour donne envie à d'autres d'y aller...

luccio33 a écrit :

Là-bas, les randonneurs que j'avais croisé étaient surtout des Allemands avec un bon sac de 20-25kg...
Avec tes 12kg pour 5 jours d'autonomie, tu es déjà dans un bon processus d'allègement !
[...]
Pour les pieds j'avais opté pour la solution : "ok, quitte à avoir les pieds mouillés, autant avoir des chaussures légères qui sèchent vite"
J'étais parti avec des sandales de type que je portais avec ou sans chaussettes...
Sur 4 jours c'était parfait mais sur une longue durée c'est peut-être moins pérenne car les pieds s'irritent au bout d'un moment...

Je confirme pour les allemands à 20kgs wink
En fait je n'ai croisé qu'une personne en 3 semaines qui avait un sac qu'on pourrait qualifier vraiment de MUL. Tellement MUL que le type n'avait même pas de réchaud ou quoi que ce soit pour manger chaud, et vues les températures fraîches et la pluie, j'ai trouvé ça un peu hardcore... Je lui ai offert une soupe chaude, j'ai eu l'impression que c'était Noël pour lui big_smile

Pour les pieds, en effet certains optaient pour des chaussures de trail légères (je n'ai vu personne en sandales). Je ne sais pas si c'est vraiment mieux. Déjà parce que parfois, il était possible de rester plusieurs heures sans être totalement trempée (incroyable !) et sur certains terrains j'étais contente d'avoir la cheville bien tenue, quand ça glissait un peu. Ensuite effectivement sur deux ou trois semaines ça peut être un peu mauvais pour les pieds. Mais je crois que surtout l'important c'est d'avoir 1) de quoi se mettre les pieds au sec le soir 2) des chaussettes et chaussures les plus sèches possibles au matin (pas toujours facile)

Leni a écrit :

Comme les autres, je trouve que 12 kg de sac + 2 kg de nourriture = 14 kg,  ça pèse pas mal - Mais j'enlève ma suggestion précédente ...  car ta tente ne pèse que 1,3kg donc je n'ai rien à proposer en dessous qui soit à peu près confort dans des conditions aussi humides.
En fait en revoyant ta liste je vois mal en effet comment l'alléger, elle est complète mais sans superflu. C'est difficile.

Je vois ta correction tout en répondant wink
Oui ma tente est probablement une des plus légères du marché pour une double paroi... J'ai repris aussi pas mal ma liste depuis tous vos retours, je ne vois pas grand chose à enlever à part certainement le short, et sans doute un des 2 pantalons et le surpantalon si j'avais un imperméable un peu confortable pour le porter sans rien en dessous, parce que j'ai souvent marché toute la journée avec le surpantalon. Je peux sans doute rogner sur 2-3 trucs, un réchaud plus léger, des choses comme ça mais pas des masses.

J'ai réfléchi au tarp ou abri monoparoi : pour les conditions météo que j'ai eues, c'était un peu aventureux. J'ai quand même eu des nuits très très pluvieuses, avec un sol spongieux. J'ai apprécié d'être bien au sec au-dessus, sur les côtés et en dessous, avec toutes mes affaires dans la tente. Et clairement ma dernière nuit aurait été un enfer en tarp vue la tempête. Partir avec un abri moins "sécurisant" m'aurait sans doute obligée à dormir plus souvent en bothys, à faire parfois des journées très longues alors que j'étais fatiguée. J'ai apprécié de pouvoir planter ma tente sans trop me poser de questions, à part celle du sol en dessous.

Petite précision : j'ai mal présenté ma liste, j'avais 10kgs dans le sac environ, 2kgs sur moi (en fringues, bâtons etc), et environ 2kgs de nourriture. Donc "seulement" 12kgs sur le dos véritablement.


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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