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#26 25-08-2020 21:12:23

Stéphane_33
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Très bon accueil en tout cas, et la cuisine aussi   smile

Dernière modification par Stéphane_33 (25-08-2020 21:12:39)

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#27 25-08-2020 21:16:37

florencia
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

seb0b0 a écrit :

Il garde maintenant le refuge d'Arrémoulit semble-t-il.

Depuis 2016, je confirme, et oui, un couple fort sympathique smile

Merci Rhomain pour ce beau parcours et le récit  cool

Flo


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"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#28 25-08-2020 21:43:00

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

seb0b0 a écrit :

#582087

Stéphane_33 a écrit :

#582086J'ai rencontré une gardienne au refuge d'Arrémoulit.
Stéphane.

Sa femme Rozenn sans doute.
https://refugedarremoulit.ffcam.fr/le-m … rdien.html

EDIT: Rozenn, et pas Rozen

Non c’est pas rozenn la gardienne c’est un autre prénom. C’est Raoul qui me l’a dit (Le gardien de Respomuso) mais je l’ai oublié  hmm


«L’humain mène une guerre contre la nature. S’il gagne , il est perdu» – Hubert Reeves

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#29 25-08-2020 21:45:41

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Phil82 a écrit :

#582022Je crois qu'il devait y avoir des spores de champignons hallucinogènes dans l'air pour que tu te mettes à penser tout ça ! lol

Oui, car pour le coup je ne pouvais pas avoir trop picolé tongue

ester a écrit :

#582035Le refuge a brûlé en octobre 2014. neutral
J'y suis passée l'été 2015, les lieux avaient l'air sinistres, malgré la beauté du site.

Ça ne paraissait plus trop sinistre à mon passage, les traces de l'incendie se voyaient à peine (plus trop de pierres noircies, plus de débris…), en 6 ans ça a du avoir le temps de s'estomper. Il ne restait que les fondations en béton et quelques bouts de murs blancs, presque une ruine comme une autre. Mais ça fait quand même bizarre de se dire qu'il y avait un refuge à cet endroit, et d'imaginer le drame qui s'y est produit neutral

seb0b0 a écrit :

#582083Voici un film documentaire sur la vie et le métier de gardien de refuge de montagne :
film documentaire sur la vie et le métier de gardien de refuge de montagne
raconté par le gardien chevelu (Eric Courgeon) du refuge de Barroude. Un homme bien sympathique avec qui j'avais discuté un hiver avant l'incendie.
Il garde maintenant le refuge d'Arrémoulit semble-t-il.

Super, merci seb0b0 pour le documentaire, je vais regarde ça, ça à l'air super intéressant !

Et merci kodiak et florencia smile

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#30 25-08-2020 21:54:32

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J12 / 22 juillet 2020 : Lacs de Barroude, Rioumajou, Bachimala

Je remonte au port de Barroude et, de là, je suis la crête frontalière sur une bonne dizaine de kilomètres : crête de Port Vieux, crête de Bataillence, je contourne la crête de Moudang et monte au pic de Lia. C'est beaucoup de montagnes russes, le terrain est constitué essentiellement de schistes et de touffes de gispet bien jaunies, et les vues de part et d'autre de la crête sont moins spectaculaires que ce que j'ai pu voir les jours précédents. J'imaginai cette portion plus jolie.

Forcement en marchant vers l'est, j'ai le soleil dans la face le matin. Mais lorsqu'il y a des nuages ça peut donner de beaux jeux de lumières :
7FVtDzET6.DSC06123.jpeg

Regard en arrière sur Barroude :
7FVtDDMLJ.DSC06126.jpeg

La redescente sur l'Hospice de Rioumajou depuis le pic de Lia est très pénible. Il y a une mini sente marquée par des grosses tâches de peinture orange, mais globalement c'est tout droit dans le gispet et les rhododendrons. Je constate d'ailleurs que le gispet, ça ne glisse pas qu'un peu : lors d'une chute à force de marcher dedans, je glisse sur plusieurs mètres sur l'herbe avant de réussir à m'arrêter !

Pile en face, à une centaine de mètres de moi, j'aperçois tout plein de vautour perchés sur un piton rocheux, juste au dessus d'une combe. Ils s'envolent tous à mon approche, et je constate que je les ai dérangé en pleine digestion : les restes de ce qui ressemble à un mouton baigne dans le ruisseau au fond. Ça me conforte bien dans l'idée de systématiquement filtrer l'eau, même à 2500 m et même si le ruisseau n'a pas fait 50 m. Je ne sais jamais ce qui peut y avoir (eu) dedans…

L'hospice de Rioumajou ressemble à Bujaruelo en moins grand. C'est très touristique mais comme il y a quand même quelques kilomètres de marche à faire depuis le stationnement (et 25 m de dénivelé à tout casser), c'est moins la foule. Il est 14h et je décide de me prendre un bon repas (aaah, la revanche d'hier soir !). C'est aussi une excuse pour pouvoir recharger mon appareil photo, et surtout emprunter leur téléphone pour prendre des nouvelles de mon père (qui, pour rappel, devait me rejoindre quelque part après Isil pour marcher quelques jours ensemble), et lui dire que moi, j'y serai bien dans les temps prévus.
Sinon l'accueil à Rioumajou c'est pas terrible, j'ai droit à une leçon de morale sur le fait qu'on ne mange pas à 14h (même si c'est écrit « Assiette composée servie à toute heure », visiblement sauf après 14h…). Ça se voit qu'ils sont plus habitués aux touristes qui viennent se promener qu'aux randonneurs, ce n'est pas du tout l'ambiance d'un refuge, juste un restaurant en pleine montagne sad. Bon, je laisse mon estomac décider et prend sur moi. J'aurai payé 17 € pour une omelette, 2 tranches de melon, une portion de fromage que même une souris serait restée sur sa faim et la moitié de l'assiette remplie de frites.

Malgré tout, ce repas qui me change un peu de mes noix et biscuits secs m'a fait un gros regain d'énergie, et après une sieste digestive à cause des frites, je remonte à plein régime vers le port de Madèra. C'est fou comme avoir manger quelque chose qui me sort de l'ordinaire me procure d'un coup autant d'énergie. Pourtant depuis le début je ne me rationne pas du tout et ne manque jamais de nourriture.
Il faut dire aussi que pour remonter j'ai droit à un vrai sentier bien marqué, ce qui me permet de marcher plus rapidement avec moins d'efforts. Je profite pour pousser encore et redescendre dans la vallée suivante, la valle de Bachimala. Là encore, par un beau sentier.

Peña Castillón au port de Madèra :
7FVtDI6Xb.DSC06127.jpeg

Vue sur les Posets :
7FVtDMcBn.DSC06128.jpeg

C'est un des passage pas très optimisé de ma HRP, dans le sens où je dois redescendre successivement au fond de deux vallées perpendiculaires (nord-sud) qui me barrent la route vers l'est (donc descente, montée, descente et montée). Je n'ai pas trouvé mieux en préparant mon itinéraire.
La dernière montée sera pour demain, un bivouac au milieu des arbres sous les 2000 m est sympa aussi de temps en temps. En revanche les vaches sont en surpopulation ici et je galère un peu à trouver un endroit épargné de leurs excréments… J'ai d'ailleurs la brillante idée de shooter dans une vielle bouse séchée pour faire de la place, manque de bol, seul le dessus était sec mad

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#31 26-08-2020 14:12:05

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J13 / 23 juillet 2020 : Bachimala, Gourgs Blancs, Refuge du Portillon

Le sentier qui remonte sur le versant d'en face est un peu délicat à trouver au début au milieu des pins à crochets mais est bien là, il y a même un balisage couleur vert forêt/vert clair jusqu'au Paso de la Gatera. De là je coupe en devers jusqu'au port d'Aygues Tortes. Je monte trop haut au début, voulant m'aligner au plus tôt sur l'altitude du col, mais je me retrouve à devoir franchir des barres rocheuses qui compliquent un peu ma progression. Le mieux est de ne pas chercher à monter de suite, de toute manière on finit par retomber sur le sentier qui monte au col si on est reste trop bas.

Je suis à 11h au port d'Aygues Tortes et ça bourgeonne déjà dans le ciel, Oh nooon ! Il faut que je passe au moins les cols des Gourgs Blancs et du Pluviomètre avant que ça n'éclate. Après une courte pause je redescend rapidement la vallée d'Aygues Tortes au lac de Pouchergues. C'est dommage la vallée est très belle mais je n'ai pas beaucoup de temps pour l'apprécier. S'ensuit la montée quasiment verticale au lac de Clarabide (je prends +600m en a peine 1,5 km). Ce n'est pas de tout repos, mais le lac de Clarabide vaut mille fois cet effort. La teinte bleutée de son eau est d'une intensité exceptionnelle, probablement un des plus beau lac que j'ai pu voir dans cette traversée !

7FWydmqug.DSC06130.jpeg

Courte pause encore une fois avant de repartir, le ciel m'inquiète un peu. Je bascule dans les Gourgs Blancs après pas mal de sauts de chèvre sur les gros blocs d'éboulis au pied de la pyramide de Pouchergues. De part et d'autre du col, c'est encore bien enneigé mais peu pentu et pas glacé, les névés se traversent sans grande difficulté. Par contre les premières gouttes arrivent ainsi que des nuages bas.

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Au col du pluviomètre je fais une petite erreur d'orientation. Au lieu de viser la crête et le Tusse de Montarqué, je descends direct sur le lac du Portillon. Peut-être qu'il y avait des cairns qui indiquaient cette direction, je ne me rappelle plus. Toujours est-il que je me retrouve coincé par des grandes falaises à pic qui tombent dans le lac. Je ne vois plus grand chose, les nuages ont envahi le lieu. J'essaye de trouver un passage, je monte, je descend, je remonte à nouveau… sans vraiment bien avancer. Je finis par retrouver quelques cairns et descend sur le refuge, caché dans un renfoncement de la roche.

À temps avant l'orage (qui n'aura pas lieu) et la pluie. Je ne me vois pas m'engager sur le col de la Literole par ce temps, d'autant plus que la gardienne me dit qu'il est bien enneigé (comme toujours) côté espagnol. Le refuge est sympa, le cadre autour est très moche et austère (merci EDF pour tout ce béton !), le temps pluvieux n'arrangeant pas les choses et je ne vois pas trop où est ce que je pourrai dormir dans toute cette caillasse. Bref, vous l'aurez compris, je retourne voir la gardienne pour réserver repas et nuit au refuge smile.

7FWydOalU.DSC06142.jpeg

J'en profite pour faire un peu de couture (le porte-bouteille en mesh sur mon sac était plutôt fait pour des bouteilles de 500 ml, que j'ai pour la première fois remplacées par une seule de 1 L, et le surpoid a déchiré certaines coutures).
Je me régale d'un repas simple mais délicieux et copieux, suffisamment pour satisfaire notre table de randonneurs affamés. Je discute notamment avec un groupe de randonneurs qui s'organisent une rando à chaque année dans les Pyrénées. Ils ont sont déjà à parler de celle de 2021, après leur avoir parlé des lieux que j'ai traversé lol.

Pas de douche au refuge par contre, à cause du COVID (pour des raison sanitaire, ne vous lavez plus tongue ). Je l'aurai apprécié mais ça ne me manque pas plus que ça, ces derniers jours j'arrivai à me baigner dans des lacs presque tous les jours, ça suffit à me sentir suffisamment propre.
C'est la première fois que je dors en intérieur et sur un vrai matelas depuis que je suis parti, eh bien je n'ai jamais aussi mal dormis sad. Trop chaud et trop sec, j'avais l'impression d'étouffer, matelas trop mou… Alors qu'en bivouac, même si je fais quasiment toujours des nuits hachées (je me réveille à chaque fois que je me retourne), je récupère quand même très bien.

Je me rends compte que (involontairement, c'est plus un concours de circonstances) j'alterne depuis plusieurs jours 1 grosse journée de marche suivie d'une petite journée. Je ne saurai pas dire si c'est plus efficace, j'aurai plus tendance à privilégier une certaine régularité mais il faut faire avec les contraintes du terrain et de la météo smile.

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#32 26-08-2020 18:24:39

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Rhomain a écrit :

#582149...pour des raison sanitaire, ne vous lavez plus

lol lol


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
Il y a toujours un objet plus léger que celui que tu portes dans ton sac : celui que tu as eu le courage de laisser chez toi.
« Strong, light, cheap, pick two » (*)

| k

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#33 29-08-2020 12:15:56

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J14 / 24 juillet 2020 : Refuge du Portillon, Benasque

Départ un peu plus matinal que d'habitude, je quitte le refuge à 7h. Aujourd'hui c'est jour de ravitaillement, mon deuxième depuis le départ. J'ai un colis qui m'attend en poste restante à Benasque.

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Je réfléchis tout en montant au col de la Literote dans les éboulis. Je suis à l'ombre et il fait bien frais encore, j'ai même mis mon coupe-vent. Le bureau de poste fermant à 14h (et ne réouvre que lundi suivant), si je ne veux pas passer mon week-end à Benasque il faut que j'y sois avant la fermeture. Dans mon plan de route, j'avais noté un bus que je peux prendre à l'Hospital de Benasque et qui descend à la ville. Il passe à 10h par contre, ce qui est un peu tôt. Sinon c'est du pouce, ce que je pensais à la base, mais à l'heure où j'y serai je doute qu'il y ait grand monde qui descende à cette heure, et j'ai un peu de doute si je vais pouvoir être pris facilement avec le contexte actuel côté espagnol… Du coup je me met en tête de choper le bus à 10h, c'est plus sûr pour arriver à la poste dans les temps. Je n'ai vraiment pas envie de perdre 2 jours à attendre à Benasque.

Je passe le Col Inférieur de la Literole, effectivement côté espagnol c'est encore bien enneigé.

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Les premiers 200 m sont délicats à descendre, c'est abrupte et encore gelé de la nuit. Il y a quelques vieilles traces qui m'aident un peu, j'alterne entre assurer chaque pas et de la glissade plus ou moins contrôlée à l'aide des bâtons suivant ce qu'il y a en bas. Ça va mieux en dessous des 2800 m. Je passe le très bel Ibón Blanco de Literola, avec une vue sur l'Aneto au loin, avant de descendre dans la vallée. Je perds de vue les quelques cairns (que je ne suivais pas vraiment depuis le début il faut dire, préférant adapter mon chemin en fonction des névés et éboulis), et je pense être descendu trop au nord. C'est d'abord très abrupte, puis je me retrouve à devoir désescalader des barres rocheuses faute de pouvoir les contourner. J'arrive enfin en bas et retrouve un sentier, et même un randonneur qui monte. Pfiou, plus de 2h que je suis parti déjà… et il ne me reste plus qu'une petite heure pour attraper le bus ! Je force le pas, mais maintenant ça avance plus vite sur le sentier.

Au fur et à mesure que je descend, je me rend compte que ça ne va pas le faire, je commence à cavaler. Le bus part de la Besurta à 10h, j'ignore combien de temps il va mettre pour atteindre mon arrêt, ça doit me laisser un 5 ou 10 minutes de marge. Je perds le sentier à un moment sur un plat marécageux, le retrouve plus loin. Il est 9h45, ça n'en fini pas de descendre mais la vallée de Benasque est encore loin. 9h50, je garde l'espoir. 9h56, là je me dis que c'est mort, je n'y arriverai pas, je suis trop loin encore. De rage je lance mes bâtons sur le sentier en contrebas. Je continue à courir à défaut de mieux, mais sans aucun espoir. 9h59, je vois… la route en contrebas ! Regain d'espoir, je me dis que j'ai encore une chance, j'accélère. Je suis même certain de l'avoir maintenant. Dans ma tête, je l'ai déjà. 10h00, ça y est le bus est parti. Je croise plein de randonneurs qui montent, je leur adresse juste un ola!, ils doivent me prendre pour un taré à cavaler comme ça. À 10h02, je suis sur la route. Mais ce n'est pas là que le bus passe. Petit point d'orientation, je sors ma carte. L'arrêt se trouve à l'entrée du stationnement sur une autre route en contrebas encore (j'avais noté le waypoint sur ma carte sur mon téléphone, mais je me rappelle suffisamment bien de la localisation exacte). Pour rejoindre cette route, 2 solutions, soit je vais chercher un sentier un peu plus loin en continuant au nord la première route, soit je dévale 80 m de dénivelé droit dans le remblais qui sépare les 2 routes. Le choix est vite fait. Je repars 10 secondes plus tard. Je fais tomber plein de caillasse, j'imagine les promeneurs sur le stationnement me regarder en pensant que je suis bien maladroit pour un chamois (et ils ont raison lol ), mais j'ai pas le temps de faire attention à eux. 10h03 je suis sur le stationnement, je le traverse en sprint. L'arrêt de bus est clairement visible avec un abri en bois rond, ouf. 10h04, j'y suis, il y a des promeneurs qui attendent, gagné ! Le bus arrive à 10h10 : j'ai eu 6 minutes d'avance sur lui \o/

Quel stress, mais rétrospectivement, qu'est ce que je me suis régalé tongue !!

Le chauffeur me demande où je descends quand je lui dis que je vais à Benasque. Ben j'en sais rien moi, c'est si grand que ça Benasque ? Où vous voulez, ça m'est égal, je peux marcher 3 km dans la ville vous savez, après ce que j'ai cavalé. Je sais même pas où est la poste de toute façon. Mais je ne sais pas dire tout ça en espagnol. Je lui répond en anglais, il fait la moue. Pourtant je dois être loin d'être le seul touriste étranger dans cette vallée.

Je suis à Benasque à 11h. Benasque c'est assez particulier. Il y a le centre tout en pierre (maisons, édifices, rues, fontaines… tout est en pierre) C'est très beau et bien conservé. Comme s'ils voulaient prendre la petite ville en siège, les hôtels, restaurants, magasins de location de ski/VTT et appartements de vacances pullulent et l'encercle en l'étouffant, et relarguent continuellement une masse de touristes qui vont et viennent dans chaque petite rue du centre historique.

Je trouve non sans mal (après m'être résolu à aller demander à l'office du tourisme roll ) le bureau de poste. Je demande mon colis à l'agente. Elle fouille un moment dans ses colis et revient : « je ne le trouve pas ». C'est pas possible, ça fait 15 jours que je l'ai posté, il ne peut pas mettre autant de temps à arriver, même depuis la France. Je lui demande de me confirmer l'adresse qui apparaît sur mon reçu. C'est bien la bonne. Elle me propose de revenir lundi matin, elle l'aura peut-être. C'est bien le « peut-être » qui m'embête. Déjà que passer 2 jours et demi à Benasque de m'enchante pas, mais en plus si je ne suis pas certain d'avoir mon colis après ça…
Il contient toute ma bouffe mais aussi les cartes imprimées jusqu'à Banyuls. Ça va être compliqué de faire sans, vu que je n'ai déjà plus de téléphone…

J'achète un peu de quoi manger, fait une sieste et réfléchi. J'essaye aussi de trouver du Wi-Fi ET une prise électrique à côté pour pouvoir utiliser mon téléphone et avoir des infos sur mon colis. Pour info la seule prise électrique publique que j'ai trouvée se situe sur la Plaza Ayuntamiento (pile en face de la poste) en hauteur dans un boîtier électrique qui alimente la borne Wi-Fi de la place. Le service de suivi de colis de La Poste est en panne, super. Je suis pas bien plus avancé. J'arrive à prévenir mon père que c'est mort pour moi le rendez-vous, j'aurai 2 jours de retard. De toute manière lui ne pouvait plus non plus finalement. C'est dommage mais d'un côté je suis rassuré.
Ah et aussi mon câble USB marche plus. C'est vraiment de la merde ces câbles, ils tiennent jamais plus qu'un an avec moi, pourtant j'essaye de pas les tordre dans tous les sens. J'en rachète un qui doit être 4 fois plus lourd dans un magasin de bricolage.

Je vais me trouver un endroit sur les hauteurs de Benasque pour passer la nuit.

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#34 29-08-2020 12:27:01

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

2 jours 1/2 moi je serai retourné attendre au portillon  big_smile J’ai vu l’hôpital surpeuplé de benasque ça m’a suffit, pas besoin de voir la ville. En plus tu aurais récupéré tes bâtons smile

La montée d’adrénaline normalement c’est au col de literole pas en arrivant à la route  lol

Quelle aventure !


«L’humain mène une guerre contre la nature. S’il gagne , il est perdu» – Hubert Reeves

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#35 29-08-2020 12:40:26

seb0b0
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

lol  lol  lol

Ça me rappelle une même course contre la montre en solo en descendant du Rhule vers l'Hospitalet-près-l'Andorre pour choper un bus. Après avoir essuyé brouillard, grêle puis neige (au mois d'août !) qui m'ont ralenti énormément dans les gros blocs, je suis très en retard et je fonce. Je n'ai jamais couru aussi vite en manquant de me casser la gueule plusieurs fois.

17h15 au guichet, essoufflé mais c’est bon.
« – Bonjour,
– Bonjour, un billet pour Toulouse s’il vous plaît. Le bus part bien dans 5 minutes c’est ça ?
– Ah non, ça c’était avant. Maintenant il y a un train à 17h52.
– C’était pas la peine de courir, alors !
– Ben non
– … »


Quelque part entre le bas de la montée et le sommet se trouve la réponse au mystère de la raison pour laquelle nous grimpons. - Greg Child

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#36 29-08-2020 15:18:15

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

azerty a écrit :

#5824292 jours 1/2 moi je serai retourné attendre au portillon  big_smile J’ai vu l’hôpital surpeuplé de benasque ça m’a suffit, pas besoin de voir la ville. En plus tu aurais récupéré tes bâtons smile

Je les ai récupéré après coup mes bâtons, je les avais pas jeter dans un ravin non plus smile. Je n'aurai pas eu le courage de remonter tout là-haut !

seb0b0 a écrit :

#582431Ça me rappelle une même course contre la montre en solo en descendant du Rhule vers l'Hospitalet-près-l'Andorre pour choper un bus. Après avoir essuyé brouillard, grêle puis neige (au mois d'août !) qui m'ont ralenti énormément dans les gros blocs, je suis très en retard et je fonce. Je n'ai jamais couru aussi vite en manquant de me casser la gueule plusieurs fois.

Les joies des transports en commun lol. Départs toujours à heures fixes, mais entre les changements d'horaires, les retards et autres imprévus, on ne sais jamais quand il passera vraiment. Faut faire avec, ça fait des bons souvenirs smile

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#37 29-08-2020 15:30:45

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J15 et J16 / 25 & 26 juillet 2020 : Benasque…

2 jours que je dois passer à Benasque donc… Enfin pas à Benasque même, sinon je deviendrais fou. Je vais dans un camping à 1/2 heure de marche en amont dans la vallée, le camping Ixeia (juste après le camping Aneto). C'est plutôt bien, tout le monde va au camping Aneto 5 étoiles-piscine-tennis-etc, et le petit camping Ixeia est bien plus tranquille comme ça. J'ai un grand pré en friche que je partage avec quelques autres tentes, il y a une terrasse, des livres, c'est sympa.

Je mange, fait la sieste, une grosse toilette, grosse lessive, lis. Bon finalement ça passe vite. Mais je n'ai qu'une envie c'est de repartir pour avancer. Je pourrais faire des rando aux alentours en attendant mais ça ne m'intéresse pas tant que ça ne me fait pas avancer vers l'est.

Je me dis que ça me fait aussi du repos pour ma cheville : la douleur suite à mon entorse n'est jamais revenue heureusement, mais elle est toujours plus enflée que ma cheville droite, même si ça diminue. Si bien que la première dizaine de jour je marchais avec une chaussure très peu lacée (sinon ça me faisait mal du côté opposé).

Le samedi soir le suivi de colis de la poste remarche. J'apprends que depuis le 16 juillet mon colis est bloqué quelque part car il ne trouve pas l'adresse. C'est à dire l'adresse de leur bureau de poste quand même. Et que l'agente hier m'avait confirmé être correcte. Gros soupir… Je ne l'aurai donc pas lundi non plus. Il m'attendra sagement chez moi à Toulouse à mon retour. Chouette, après un mois de rando j'aurai tellement envie de manger… des trucs secs smile.

Il faut donc absolument que je trouve à faire réimprimer mes cartes (ou acheter les 3 kg de carte IGN/espagnoles jusqu'à Banyuls big_smile). Et là je suis chanceux, il se trouve qu'il y a une bibliothèque à Benasque, bien cachée dans les petites rues, et ouverte le dimanche matin. Et avec un jeune gars très aimable qui m'imprime gratuitement mon PDF avec toutes mes cartes (jusqu'à Andorre, j'allais pas trop lui en demander non plus).
Pour la bouffe je trouve pas grand chose, ça sera flocons d'avoine matin/midi/soir (et ça sera dur à vivre lol). Je complète avec un pot de curry et un pot d'herbes de Provence que je vide dans le sachet, ça fera l'assaisonnement. Plus des noix, du chocolat et des biscuits quand même. Mais je suis loin de mes bonnes préparations que j'aurai dû récupérées.

Tout est prêt, je prévois de repartir lundi matin à la première heure.

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#38 29-08-2020 17:37:02

Joy Supertramp
Sempervirens
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Haha, l'angoisse du colis ! J'ai moi aussi dû attendre à Merens un jour et demi, j'avais les foies.... Mais je l'ai eu au final, et heureusement sinon j'aurai du partager le dernier paquet de prince du camping avec ma chienne pendant une semaine  lol


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

Liste montagne été top confort

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#39 30-08-2020 08:11:00

florencia
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J'apprends que depuis le 16 juillet mon colis est bloqué quelque part car il ne trouve pas l'adresse. C'est à dire l'adresse de leur bureau de poste quand même. Et que l'agente hier m'avait confirmé être correcte. Gros soupir…

Exactement la même mésaventure il y a quelques années de ça sur une HRP aussi, même motif et conséquences, rétour à l'envoyeur quelques semaines plus tard, il s'agissait de la poste de Vielha me concernant.
Décidément, les postes sont difficiles à trouver en Espagne big_smile
Bon celui envoyé à Benasque, lui, était bien arrivé, pour ne pas généraliser wink

Flo


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"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#40 30-08-2020 08:42:19

Stéphane_33
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Rhomain a écrit :

Pour la bouffe je trouve pas grand chose, ça sera flocons d'avoine matin/midi/soir

Alors là je compatis   lol

Belle traversée, certaines étapes sont impressionnantes en durée / dénivelé, en tout cas pour moi !
C'est comment le passage du lac de Clarabide vers les Gourgs Blancs, pas trop casse-gueule ?

Stéphane.

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#41 30-08-2020 10:50:12

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J'adore comment tu raconte.

Qu'est-ce qu'on rigole (dans notre canapé).

Mais il ne faut pas lâcher le récit.

Dès qu'on manque un épisode, tu as fait 100 kms  big_smile  big_smile  big_smile

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#42 01-09-2020 13:47:16

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Jusqu'à présent je croisais les doigts, je n'avais jamais eu de problème avec la poste restante. Ben voila big_smile


Stéphane_33 : entre le lac de Clarabide et le col de Pouchergue (avant de basculer dans les Gourgs Blancs), c'est un éboulis de gros blocs de rochers. Ça se fait bien à pas de géant de rocher en rocher. Le devers n'est pas trop important car il y a un petit replat. Après le col de Pouchergue pour rattraper la HRP, il faut forcement redescendre au plus direct et ne pas espérer pouvoir suivre les courbes de niveau, la pente est plus raide et avec des schistes qui s'effritent facilement, donc pas évident d'adhérer là-dedans. Tout le long il n'y a pas de cairns par contre.

Je tablais sur des journées de 20 à 25 km et 2000m à 2500m de dénivelé, parfois un peu plus mais rare. Ça me remplissait bien mes journées. Rien à voir avec les bolides azerty/Pala2/Hervé27 big_smile big_smile

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#43 01-09-2020 13:52:37

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J17 / 27 juillet 2020 : Benasque, Tuc de Molières, Estany de les Monges

Enfin, je reprends ma route !

Après avoir repris le bus pour remonter à la Besurta, je traverse le Plan d'Aigualluts, au fond de la large vallée du rio Ésera. C'est plat et facile et joli et touristique.

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Je passe devant une cavité dans laquelle une bonne partie du rio Ésera s'engouffre pour aller resurgir dans une vallée voisine. Puis je prends enfin de la hauteur, direction le Tuc de Molières, le glacier de l'Aneto en fond. Qu'est-ce que je suis heureux de remarcher à nouveau !

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La montée via la moraine se fait bien, le rocher est stable et c'est bien plus agréable que dans de l'éboulis. Je double pas mal de monde, ça ne m'empêche pas de trouver encore beaucoup de monde au sommet. Décidément, c'est touristique par ici.

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Avant de passer le tunnel de Vielha, je traverse une magnifique tourbière avec une incroyable diversité de fleurs. Il y a tellement de pâturage par les vaches, chevaux et moutons partout ailleurs que je trouve les estives globalement assez pauvres, c'est toujours les mêmes herbes et plantes que je vois. Alors que là, plein de fleurs différentes !

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Il fait soudainement très chaud et étouffant alors que je monte en direction du parc national d'Aygüestortes, dans un chemin de roches blanches se faufilant à travers les pins à crochets, les massifs de rhododendrons et la bruyère. La végétation est bien différente. Il n'y a pas de ruisseau ou de torrent, l'eau coule partout entre les pierres. Ça y est, je suis entrée en Catalogne, dernière province espagnole avant la mer (bon, elle est encore loin hein).

C'est bête, mon espagnol commençait à me revenir à force de l'entendre parler. Maintenant, je ne comprends à nouveau plus rien avec leur catalan tongue.

Aygüestortes, c'est essentiellement des lacs, il y en a partout. Au milieu d'un paysage granitique qui me fait penser au Mercantour. C'est aussi extrêmement fréquenté, notamment car je suis le Carros de Foc, itinéraire de randonnée qui en fait le tour en passant par les différents refuges. J'y vois beaucoup de fleurs blanches, parfois tachetées de marron, qui fleurissent un peu partout le long du sentier. Loin d'être une espèce protégée, elles sont assez envahissante dans certains endroits. Elles sont communément appelées PQ neutral.

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Je passe devant le refuge de la Restanca. Il est 19h et je sens la fatigue qui s'est installée depuis un moment, mais je pousse quand même plus loin. Ça grouille de monde et les refuges des Encantats ont plutôt mauvaise réputation pour leur accueil.

J’atteins le beau lac deth Cap deth Pòrt, qui reflète de belles lumières du soleil en contre-jour. Puis arrive à l'estany de les Monges, lieu de bivouac prévu. Et là, à ce lac (précisément entre le Coret de Uelhicrestada et le Port de Caldes), je pensais être temporairement à l'extérieur du parc (le bivouac y est interdit). Mais c'est l'inverse, jusqu'à présent je n'étais que dans la zone d'adhésion du parc, et je viens d'entrer dans le cœur du parc. Ces 2 limites de zones m'avaient mélangé en regardant les cartes, mais il me semble bien avoir lu cette info aussi dans un des récit de ce forum, que le lac de les Monges était à l'extérieur.

Bon ben tant pis, il est tard, je suis crevé, je ne sais pas si on peut bivouaquer dans la zone d'adhésion, donc tant qu'à faire je m'installe là où je suis, au lac de les Monges, et pas trop en vu du sentier. Seules les vaches et les isards seront témoins de ma présence ici smile.

Un orage éclate dans la nuit, venu de nul part. Dire que j'avais hésité à monter mon abri pour être plus discret, j'aurai eu une belle surprise !

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#44 01-09-2020 22:06:12

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

on va bientôt se croiser. smile


«L’humain mène une guerre contre la nature. S’il gagne , il est perdu» – Hubert Reeves

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#45 01-09-2020 22:12:12

seb0b0
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Rhomain a écrit :

#582864Je passe devant une cavité dans laquelle une bonne partie du rio Ésera s'engouffre pour aller resurgir dans une vallée voisine.

La cavité que tu as vue (Forau dels Aigualluts), c'est la "vraie" source de la Garonne.

La source de la Garonne était sujet à polémique, située soit au Pla de Beret dans le Val d'Aran près de Baqueira, soit au Forau dels Aigualluts (en Aragon) qui aurait une résurgence le ruisseau Guelh de Joèu dans la vallée de l'Artiga de Lin voisine.
Les spécialistes s'écharpaient sur cette question depuis la fin du XIXeme.

Il y a aussi la source dite orientale de la Garonne près du port de la Bonaigue d'où la Garonne forme un bras plus long, mais la source d'un fleuve est définie par le point le plus haut en altitude, pas par la plus grande distance.

Vers 1930, une compagnie espagnole envisageait de détourner les eaux du Forau dels Aigualluts pour un projet hydro-électrique.

Nobert Casteret, célèbre pyrénéiste - spéléologue, convaincu que la Garonne y prenait là sa source, craignait que le projet abaisse  considérablement le débit de la Garonne, et nuise aux intérêts français.

En 1931, Casteret a déversé de nuit de manière illégale une quantité énorme de fluorescéine dans le Forau dels Aigualluts (c'est un colorant puissant qui est utilisé en hydrogéologie). Au petit jour, le Guelh de Joèu était devenu vert fluo. La tâche colorée était encore visible dans la Garonne à Saint-Béat.

Il faut dire que Casteret avait mis le paquet : 60 kg de fluorescéine. En kayak de mer, on peut utiliser ce produit en secours en mer pour se faire repérer par un avion/hélico  : un pot contient 20 grammes de fluorescéine... Quant au rio Esera, il était resté clair (il est en fait alimenté par d'autres ruisseaux tout proches).

Casteret avait prouvé ainsi que les eaux de la Garonne étaient alimentées par le glacier de l'Aneto via le Forau dels Aigualluts, situé plus haut en altitude et constituant donc la "vraie" source de la Garonne en Aragon. Le projet hydro-électrique espagnol a été arrêté. Les Aranais par fierté ne reconnaissent pas le Forau dels Aigualluts comme source de la Garonne et la placent toujours au Pla de Beret...

Dernière modification par seb0b0 (21-09-2020 22:26:25)


Quelque part entre le bas de la montée et le sommet se trouve la réponse au mystère de la raison pour laquelle nous grimpons. - Greg Child

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#46 21-09-2020 21:19:02

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

Merci seb0b0, j'étais loin d'imaginé qu'il s'agissait des eaux de la Garonne !

Il me semble qu'il y avait un panneau d'interprétation à l'endroit du gouffre, ça mentionnait effectivement que l'eau s'en allait en France, mais sans plus de détail sur sa destination.

Bon, après ces 2/3 semaines de déconnexion, promis je reprends le fil du récit demain smile

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#47 22-09-2020 18:40:29

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J18 / 28 juillet 2020 : Estany de les Monges, Port de Bonaigua, Estany d'Airoto

Bon, je dois faire un choix : je pensais passer plus au centre du massif par les cirques de Colomèrs et de Saboredo, mais ça me rajoute pas mal de kilomètres et de dénivelé. Comme je marche avec 2 jours de retard à présent, je veux minimiser les détours. Je reste donc sur la HRP, avec un petit détour quand même au sud du refuge de Colomèrs pour passer par plus de lacs.
Aygüestortes et les Encantats sont réputés pour la beauté de leurs lacs, mais j'ai du mal à apprécier l'environnement. J'ai traversé des endroits bien plus beaux à mon goût, notamment de l'Ossau jusqu'à Gavarnie, je trouve la couleur des lacs bien plus éclatante là-bas.

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En passant devant le refuge de Colomèrs pour prendre un peu d'eau, je vois un énorme buisson de menthe. Chouette, ça améliorera un peu mes pauvres flocons d'avoine (et plus tard je trouverai à nouveau de la ciboulette sauvage).

La montée au Còth deth Tuc Gran de Sendrosa m'épuise complètement. Il n'y a rien de difficile pourtant, quelques centaines de mètres à grimper, sur un sentier raide mais un sentier quand même. J'ai plus d'énergie et j'ai très chaud depuis hier, il fait 30 °C à ma montre en journée.

En redescendant je manque le sentier qui plonge vers le plat de la vallée (le Val de Ruda) et fait donc un mini-détour par le refuge de Saboredo. Bien que je finis par rejoindre une piste de pierres blanches en pleins cagnard, le val de Ruda est très joli avec de l'eau et de l'herbe verte et ombragée de partout. Je mange sous des pins à crochets, assis dans l'herbe, les pieds dans l'eau et les yeux sur le Tuc Gran de Sendrosa. Ça fait du bien, difficile de trouver meilleur endroit smile.

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Surtout avec ce qui m'attend après : le port de la Bonaigua, avec ses pylônes de partout, sa route taillée dans la falaise, des machines qui broient du gravier sur les pistes de ski, générant des nuages opaques de poussière et d'odeur de diesel. Bref, c'est moche, ça sent mauvais, c'est bruyant. Je monte vite fait vers le col de l'Estany Pudo. C'est bien mieux, mes oreilles apprécient le chant des grillons et mes narines l'odeur des cytises (qui me rappellent que je suis plus proches de la méditerranée que de l'atlantique). Et mes yeux en prennent plein la vue, comme toujours :

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Au dessus de l'estany Pudo, au lieu de passer le col normal (à 2343 m), je passe (enfin je crois) celui un peu plus au nord-ouest (à 2391 m). Il était censé être plus facile. Mais une fois de l'autre côté, je me perd et n'arrive pas à voir où rattraper l'itinéraire normal. Il est censé avoir un petit lac juste en dessous que je ne vois pas. Après pas mal de tergiversations je retrouve une sente à travers les rhododendrons et les blocs granitiques vers l'estany de Garrabea. Je manque de peu de marcher sur un gars qui faisait la sieste sur la sente au bord du lac (en même temps il n'y a pas vraiment de place ailleurs, là où il n'y a pas des rochers il y a des massifs de rhododendrons).

La sente est de toute manière éphémère et je la perds vite en remontant vers l'Estany Superior del Rosari. Grosse galère, pas de cairn, et tout est envahi par la végétation, y compris des gros trous entre les blocs. Au moment de regarder une nième fois ma carte, je me rend compte que je ne l'ai plus ! J'ai dû mal la remettre dans ma poche et elle a dû s'accrocher dans la végétation. Je pose mon sac et fais demi-tour, elle ne peut pas être très loin. Mais j'abandonne vite, je ne sais même plus par où je suis passé exactement, et elle est peut-être tombée entre des blocs de rochers… Elle couvrait mon parcours de ce soir et demain matin jusqu'à Isil. Bon ben maintenant il va falloir faire sans, le terrain étant déjà pas évident… Ça fait un bon exercice.

Je fais avec ce que je me souviens de la carte et du paysage que j'ai vu depuis le dernier col. J'arrive à l'Estany Superior del Rosari finalement sans trop d'hésitations, gagné ! Par contre maintenant j'ai 2 cols en vu, et je n'ai aucune idée de celui qu'il faut viser. Je vais avec celui le plus au sud, qui semble le plus facile. Sur le coup je ne sais pas si c'était le bon mais en tout cas j'aperçois le toit orange vif de la cabane d'Airoto. Super, plus qu'à descendre et m'y installer pour la nuit. Et avec une petit baignade dans le lac quand même avant smile.

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Jeu : mais où se cache la cabane d'Airoto dans le paysage ?

Il y a du monde à la cabane, un peu trop même : un groupe de 5 ou 6 personnes et au moins 2 ou 3 couples qui ont monté leur tente à côté. Bon ben il ne me reste plus de place, bonsoir et… au revoir. Je vais m'installer plus bas.
L'endroit est un peu exiguë, sur une parcelle d'herbe entre les rochers et la végétation, mais s’avérera très confortable pour dormir.

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#48 23-09-2020 11:57:11

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J19 / 29 juillet 2020 : Estany d'Airoto, Isil, Refuge Eric Pujol

Alors qu'azerty remonte en ce moment le vallon de Moredo, l'itinéraire normal, moi je m'apprête à descendre dans le vallon d'Airoto vers Isil. À cause de cette petite variante, on se sera manqué de peu !

Je descend sur Isil en suivant le torrent d'Airoto. Ça devrait pas être très compliqué sans ma carte. Au début il n'y a pas de sentier mais je finis par en retrouver un (en fait il aurait fallu que je remonte à la cabane pour le prendre). Ça tape dur de bon matin et je me retrouve dans une végétation bien plus sèche : des genêts, de la bruyère, de la sarriette (hop, ça avec mon avoine, je vais finir par avoir quelque chose de suffisamment varié finalement tongue) et encore plus bas je traverse un sous-bois de noisetiers (trop tôt pour les noisettes par contre).

À Isil, j'avais l'intention de ravitailler un peu au bar-épicerie. En fait j'ai réalisé que je n'ai rien de vraiment salé dans ce que je mange depuis Benasque, et vu tout ce que je transpire du matin au soir, je me dis que ma fatigue viendrait peut-être d'un manque de sel. Un ou deux paquets de chips devrait faire l'affaire.

Isil est un très joli hameau, tout en pierre et tout en fleur, et toujours bien habité. Le bar lui n'ouvre qu'à 11h par contre, zut. Ça fait un peu long à attendre. Tant pis, je poursuis en remontant jusqu'à Alós d'Isil rive gauche par un GR ombragé le long de la rivière. Par contre à partir d'Alós, c'est de la route.

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Isil

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Paysage déjà très méditerranéen

Au départ du ravin de Comamala, j'ai un petit doute au moment où je suis censé passer une barrière, enchaînée et cadenassée, il y a quelques maisons et des véhicules (donc des gens y habitent), je passe discrètement, mais les maisons plus haut s'avèrent être juste des granges abandonnées.

La remontée au Coll de la Comella est encore une fois éprouvante. Alors qu'une semaine ou 2 auparavant je m'amusais à grimper toujours plus vite, essayant de battre la vitesse ascensionnelle que je tenais de ma précédente montée, là je suis plus à regarder désespérément l'altitude sur mon altimètre qui augmente bien trop lentement. Je pense que c'est là où j'en ai le plus arraché de ma traversée. La fin à trouver un passage dans les éboulis de gros blocs a été vraiment dur, il aura fallu que je fasse des pauses toutes les 5 minutes. Je suis assez inquiet pour la suite, ma motivation pour rejoindre Banyuls et le plaisir que j'ai à randonner sont toujours bien présents, mais je n'ai plus d'énergie dès qu'il s'agit de monter dans des terrains difficiles.

J'en ai assez de mes flocons d'avoine, et puis je n'ai pas vraiment faim (ce qui m'étonne beaucoup de moi d'ailleurs). Je ne mange plus que mes noix, biscuits et chocolat pendant la journée.

La redescente par les Estanys de la Gallina est superbe : l'eau glisse le long des roches rougeâtre et polies par les glaciers, s'arrête dans des vasques, puis repars à nouveau. Ça fait un mini parc d'attraction aquatique.

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J'arrive au Refuge Enric Pujol/Mont Roig. Il est tôt cette fois ci, pas comme la veille à la cabane d'Airoto, et il n'y a encore personne. Chouette, j'aurai une place ! Et puis j'ai largement le temps pour apprécier une baignade/détente dans le lac. Le temps passe, et je ne vois personne arriver. Je fais chauffer mon repas, puis mange seul au pied du refuge, sur le rocher surplombant l'estany Inferior de la Gallina. Le soleil s'est couché et je m'installe sur un des matelas. Toujours personne, et personne ne viendra… c'est bien dommage. Hier c'était complet, aujourd'hui je suis seul. J'espérai pouvoir échanger un peu avec d’autres randonneurs, c'est ma principale motivation à m'arrêter à une cabane. Sinon autant dormir dehors, je dors généralement mieux.

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Vue sur mon parcours de demain matin depuis le refuge : le petit replat herbeux pour éviter Noarre, collet sur l'arrête boisée où se trouve l'Estany de Flamisella et Coll de Certascan tout au fond.

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#49 23-09-2020 22:36:30

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

J20 / 30 juillet 2020 : Refuge Eric Pujol, Certascan, Circ de Baborte

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La boite à sardine/module spatial Enric Pujol. L'intérieur était bien plus accueillant !

Au matin, alors que je m'apprête à partir, je vois un front nuageux arriver du nord-ouest. Il pleut pendant 3 minutes, c'est vraiment pour dire, puis le front nuageux s'en va. Ça n'aura pas rafraîchi l'air d'un brin…

Je coupe par l'Estany del Port pour m'éviter la redescente sur Noarre. Ça se fait bien, le terrain n'est pas du tout en devers. Un peu avant l'Estany Xic, se trouvent de très jolis marécages. À partir de l'orry de l'Estany Xic ça se corse un peu. Je ne vois aucune indice d'une quelconque sente qui monte sur le versant ouest du Tuc de Marterat. J'attaque dans les éboulis mais pars trop vite plein sud sans avoir pris assez d'altitude. Je me retrouve à tailler droit dans une pente devenue très raide. Heureusement que des pins à crochets sont là pour rendre le terrain plus stable. Puis j'arrive à l'Estany de Flamisella, un lac complètement isolé et sauvage. Un troupeau de chevaux paît aux alentours, c'est magique.

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Je rejoins un GR assez fréquenté en direction du Coll de Certascan, ça monte tranquillement (ou c'est moi qui suis plus en forme qu'hier ?). J'atteins le refuge gardé de Certascan de l'autre côté sur les coups de 13h, ça tombe bien, j'avais comme un petit creux smile. Le refuge ne paye pas trop de mine de l'extérieur, mais c'est un petit refuge familial et le gardien est bien cool (et parle français). Il me sert un délicieux tajine de poulet, riz et haricots avec une bonne bière de microbrasserie. Je me régale !
J'ai vu un peu de tout jusqu'à présent dans les refuges gardés, allant de l'interdiction de rentrer si pas de réservation (refuge de Pombie par exemple) à masque obligatoire mais en fait aucun randonneur ne le porte. Mais là je me crois revenir 5 mois en arrière, comme si ils n'étaient pas du tout au courant de la pandémie : personne n'a de masque, pas d'affiche de partout, on peut circuler comme on veut…

Je repars en pleine forme vers les Estanys de Romedo (celui du haut est beau, celui du bas est bien moche, c'est une retenue). Sans surprise, même si je ne suis pas affamé, un bon repas qui change de l'ordinaire me redonne plein d'énergie.
C'était à l'Estany de Romedo de Baix que j'aurai du retrouver mon père et y bivouaquer. Je ne vois pas vraiment de place où on aurait pu poser nos abris…
À partir de là aussi, je décroche complètement de la HRP pour rejoindre tranquillement plein sud le GR11, que je suivrai à peu près jusqu'à Puigcerdá. La HRP passe dans des endroits que je connais un peu plus (où plus facilement accessible depuis Toulouse). Ça fait bizarre de se dire que « mes montagnes » sont maintenant plus qu'à quelques pas. J'ai du mal à me rendre compte, à me représenter tout ce que j'ai pu parcourir depuis le début. Ça reste très flou en fin de compte.

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Bien que l'estany de Romedo de Baix soit renforcé à coup de béton et qu'une route de gravier y mène, le riu qui en sort coule dans une vallée complètement sauvage. Je la descend jusqu'au Pla de Boavi. C'est clairement la vallée la plus sauvage que j'ai parcourue de toute ma traversée. Tellement que ça me rappelle la Colombie-Britannique : une végétation basse de bleuets (dont je me régale au passage), bruyères et rhododendrons qui couvre tout (pas de grandes étendues d'herbe verte typique des estives/alpages), le torrent qui chute dans des vasques encombrées de bois mort, un sentier qui apparaît et disparaît au grès de la végétation puis, une fois dans le fond de la vallée, tellement encombré d'arbres tombés et envahi par la végétation qu'il faut batailler dedans pour avancer. Que de bons souvenirs !
J'ai cherché mais je n'ai trouvé aucune crotte d'ours. Ça ne m'aurait pas du tout étonné d'en voir ici, surtout vu la quantité de bleuets !
Pas de photos de cette vallée, il n'y avait rien de « beau » à photographier, c'était plus un tout qui fait que je l'ai appréciée.

Initialement j'avais prévu de terminer ma journée au Pla de Boavi, mais il est encore tôt. Après une courte pause dans la fraîcheur du torrent (inutile de préciser qu'il fait toujours très chaud, ça n'a pas changé) je remonte le riu de Sellente par un bon sentier. Alors que je fais une autre pause, à mi-chemin avant le col, pour reprendre de l'eau, je vois un gars sur le sentier qui monte aussi. C'est un allemand, il avait mangé au refuge de Certascan aussi, on s'était croisé, lui arrivait et moi je partais. Il a très probablement du passer par la cabane de la Borda et non par la vallée du riu de Romedo pour m'avoir rattrapé. Ou il marche vite. Mais on ne me dépasse pas comme ça moi ! Je le laisse aller pendant que je filtre mon eau, mange un bout tranquillement, et repars à sa poursuite. Je me dois le rattraper avant le col.

Défi réussi, alors qu'il s'arrête à son tour. Et il ne me repassera plus devant après, l'honneur est sauf smile. Nos chemins se séparent demain de toute manière, puisque mois je rejoins le GR 11.

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Riu de Sellente

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Tres Pics

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Bivouac dans le Circ de Baborte
Au final j'ai pu prendre 6 km/1000 m d'avance, sur mes 2 jours à rattraper.

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#50 24-09-2020 00:20:11

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP − Haute Route vers la Plage, juillet 2020

ça fait bizarre de lire la HRP dans l'autre sens. j'ai l'impression de marcher à reculons. La menthe à Colomèrs, Airoto, Flamisella, Certascan, c'était cool  roll  tout ça me manque déjà.


«L’humain mène une guerre contre la nature. S’il gagne , il est perdu» – Hubert Reeves

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