#26 14-09-2020 10:19:23

Shanx
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

En France c'est légal d'utiliser une photo récupérée sur internet dans certaines situation. Dans notre cas, on pourrait arguer :

Lorsque l'œuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
[...]
9° La reproduction ou la représentation, intégrale ou partielle, d'une œuvre d'art graphique, plastique ou architecturale, par voie de presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, dans un but exclusif d'information immédiate et en relation directe avec cette dernière, sous réserve d'indiquer clairement le nom de l'auteur.

(article L.122-5 du Code de propriété intellectuelle)

Bien sûr, comme ni RL, ni Palteza ne touchent d'argent où que ce soit, un photographe en colère n'aurait de toute manière aucune chance en justice. La situation serait plus grise si RL était un moyen pour quelqu'un de toucher de l'argent (par exemple via des publicités).

Je serais donc moins catégorique que Manche ; néanmoins, je ne vois que peu d'intérêt à utiliser des photos prises par autrui (d'autant qu'il y a déjà suffisamment de CR sur les Pyrénées sur le forum tongue ).

Par contre Palteza, merci beaucoup pour le retour détaillé sur le matos ainsi que les étapes ! smile


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#27 14-09-2020 10:56:07

Manche
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Bonjour Shanx,

L'article que tu cites ne s'applique pas ici.
Il concerne par exemple un journaliste de presse qui relate une exposition d'un photographe dans un article de presse.

Dernière modification par Manche (14-09-2020 10:56:52)

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#28 14-09-2020 18:26:02

Redfish
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

La question est, comment faire valoir ce droit, si on a pas pris la peine de "taguer" sa photo (sur la photo elle même: pseudo ou nom ou mail, permettant de retrouver l'auteur) ?

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#29 15-09-2020 22:12:38

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Jour 2 - Sare → Bidaray - AM beau, PM brumeux - Tente au gîte Aire Zabal - 9h - 32kms - 1150+ 1150-

La 1ère nuit a été fort passable, je suis habitué depuis quelques années. Quoi, même la grosse fatigue !? neutral Seules les dernières du séjour seront pas si mal. Mais là en plus je suis toujours en mode départ dans ma tête. Rush d'adrénaline. Ça durera pas mal de jours. Vous laissez pas griser par le phénomène !

On met en route vers 7h30, il fait déjà bon et beau. Les débuts sont bitumeux pendant un moment, de quoi bien "échauffer" les guiboles roll

La route menant à Ainhoa sera une alternance de passages bitumes et d'autres en sous-bois évidemment bien plus plaisants. Le topo est tout plat mais évidemment on est en pays basque, et le plat n'existe jamais bien longtemps. Ça tombe bien mes jambes n'aiment pas le plat. Et puis sinon on irait été se balader ailleurs hein ! Il y avait le choix !

On doit arriver sur les coups de 10h30-11h à Ainhoa. Je prendrai ici le 1er gâteau basque d'une (pas si tant) longue série. Nature d'abord. La carte du puriste. Cerone annonçait des "tourist prices", ça va, on s'est pas trop fait saigner.
Un coup d'eau de source dans les gourdasses, on inspire-expire bien comme on a vu dans les vidéos Youtube de yoga pleines de pouces vers le haut, et on repart frais avec comme objectif Bidaray pour la fin de journée.

A la sortie d'Ainhoa ça grimpe sec, et il fait lourd et chaud.
On passe le col des Trois Croix en pensant au Christ. Pauvre bougre, il avait pas mauvais fond pourtant. C'est ça les artistes, des incompris.
A Zuharreteaco je refais de l'eau en discutant avec un GRiste qui se met des pansements. Il a un tshirt du marathon de Pau. Combien il a fait ? Moins de 3h ? 6h47 ? J'aurais du demander. Regrets.

La chaleur entame bien l'organisme quand même. Bientôt je redescendrai assez clairement. Bizarre le topo n'indique pas ça. Ni même la bonne direction. Pourtant on suit bien les traces rouges et blanches du GR10 (il y a d'autres fois où ce sera pas le cas, teaser).
Je continue de descendre, là clairement je suis plus sur les indications de Cicerone. On arrive au niveau d'un replat, il y a 2 cabanes verrouillées, dont une qui offre généreusement de l'eau. Pas de panique, même si on se plante, on a du plat, de l'eau, des Cliff Bar qui dégueulent du sac. On est bien, on pourrait passer 4 jours ici à méditer en lotus.

Je continue de suivre comme une bestiasse les traces, jusqu'à tomber sur des bipèdes qui me confirmeront la bonne direction.
Soit le GR10 a été détourné depuis la rédaction du Cicerone, soit j'suis une grosse buse. C'est trop gros, 1ère option.

Par contre la suivante, belle, est pour moi.
Au col des Veaux (y sont pas là, arnaque !), au lieu de continuer à suivre les traces, je déciderai de faire un grand tout droit, et monter 100-150 de positif jusqu'à arriver en haut, plus trouver de traces, chercher, et finalement redescendre. En effet j'ai tiré un grand bout sans jamais voir de traces. Bravo !
Peut-être c'était cette scène qui m'a troublé pendant ce petit détour : j'entends un cheval hennir de façon alarmante. A l'oreille ça sonne panique. Quelques minutes plus tard, cachés par la pente, se révèle brusquement à moi à minima une 30aine de vautours. Ils sont en poste, le coup bien allongé. Tous dirigé vers la même direction, les cris du chewal. En effet, il doit pas être si bien le bourrin lol
Assez impressionnant de côtoyer de si près tant de vautours, on emmène pas large, puis on se rassure en se disant que la prévision d'un festin à base de cheval doit bien occuper les esprits. Un randonneur ça pèse pas lourd sur la carte des plats.

Bref on raccroche les traces du GR depuis Veaux. Entre temps ça s'est couvert, ça brume, on est chaffoin d'avoir perdu ce temps avec ce temps.

La descente vers Bidaray se fera dans le sec, tant mieux, c'est raide et c'est que de la pierre. On n'imagine pas ça sur le mouillé avec la fatigue de la journée.
Une fois en bas je croyais qu'on était rendu. Tu parles, il y aura une petite heure de bitume pour se rendre au centre de Bidaray. Ça pique !

Heureusement un groupe de 3 nanas + un mec qui gambadent bien me font le rythme sur le bitume en point de mire. Je les remercierai. Seul ça aurait foutument long ... faut dire qu'elles étaient jeunes et jolies, on va pas se mentir, ça pesait dans la balance.

Petit tour à l'épicerie. Je trouve pas ma saleté de masque dans les poches. Un autochtone m'en donne gentiment un. On peut enfin faire tourner le commerce local ! ... j'suis sur le type c'était le patron, il attend là les randonneurs sans masque toute la journée avec un stock de dépannage !

J'irai planter la tente au gîte Air Zabal. Bonne ambiance, ça papote entre randonneurs. Un GRiste s'est arrêté car il s'est fait les croisés. Il était trop lourd, évidemment. Je vous laisse deviner seuls la ligne de mon discours cool  big_smile
Je plante la tente juste avant une bonne petite averse bien épaisse. Fébrile je teste pour la 1ère fois la robustesse de la Pyramid Tent. Rien ne passe, ça a pas été fait par des ploucs, super ! Au prix où on paye en même temps m'sieurs dames !

Demain paraît que c'est très joli à Iparla mais qu'il y a pas un pet d'eau sur le chemin ! Ils annoncent du maussade. On va devoir se farcir de la route ? Humf. On verra demain.

Douche, manger, dodo, RAS.

Dernière modification par Palteza (15-09-2020 22:18:20)

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#30 16-09-2020 23:07:03

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Jour 3 Bidaray → St Etienne de Baigorry - Beau et très chaud - Bivouac - 5h - 16kms - 1300+ 1300-

Pour x raisons je me suis réveillé dans la nuit, rien d'inconnu jusque là, mais j'ai du allumer la frontale. Je découvre les fourmis qui ont investi mon ziplock de bouffe (les Auchan pas cher, vite déchiré roll ). Elles se sont ruées sur la pâte d'amande. L'offre était pléthorique. Je permute bouffe et feuilles de topo, et dorénavant rangerai en plus la nourriture dans le grand sac étanche StS. J'ai pas du bien lire Werber yikes

Nuit passable, je me réveille néanmoins en forme toujours excité comme un jeune premier.
Il a draché hier soir juste après le montage et surement un peu pendant la nuit : je découvre les joies du pliage mouillé.
On secoue la bâche histoire de bien réveiller tout le monde, on s'en fout partout, et on plie ça dans le sac qui m'a pas l'air trop étanche. Je cale ça au dessus du sac en isolant bien du reste du sac. On verra bien.

Vers 7h20 j'ai rempli la flotte pour toute la journée : apparemment pas d'eau jusqu'à St Etienne de Baigorry. J'ai pris 2,5 litres, je force pas apparemment il va faire mitigé au niveau du temps avec peut-être des averses. Et puis j'ai le Sawyer, faut bien qu'il me serve à quelque chose (au final je sais même pas si je croiserai un filet d'eau lol ) !!!

Des pancartes faîtes maison indiquent de revenir sur les pas d'hier. Pourtant en me retournant je vois des traces du GR10 qui me disent autre chose. Demi-tour, je monte dans le village, puis plus de traces du GR10, ou plutôt apparemment elles ont été recouvertes de noir. Je croise un couple qui dormait au gîte, ils n'en savent pas plus. Merde à 2 cerveaux de plus on n'y arrive pas roll
On reeeepart direction panneaux fait maison, puis on tombe sur Marathon de Pau boy rencontré la veille qui galère aussi. "Venez c'est par là", portable à la main. Re demi-tour. Une autochtone nous alpague en nous incitant fermement à suivre les panneaux faits mano. Elle a l'air d'y tenir. Marathon de Pau lui veut suivre le tracé initial du GR10. La dame nous dit "de toute façon, vous passerez pas!". Je décide de suivre les conseils de la locale. J'embarque dans ma roue le couple. Marathon boy lui fera à sa guise. Plus tard je le rattraperai et il me dira que certains locaux privatisent des portions du GR10 quand ils passent chez eux ou proche, surement par ras le bol des pollutions ? Je tente une explication. Je pourrais comprendre.

Bref il est 8h dans l'affaire, on doit du coup faire en plus un petit détour, mais la bonne nouvelle c'est que le temps est bien dégagé. Super, apparemment c'est le jour où les mirettes sont ravies.
Les jambes aussi le seront, un 900+ sec de bon matin. Ça monte assez raide mais régulier. Un régal, ça passe tout seul.
En effet en haut c'est magnifique, je rattrape Marathon man qui a failli emprunter le plan B par la route parce que les prévisions étaient aux averses. Il aurait raté quelque chose.

On prend un peu de temps en haut avec la jolie vue, il me décrit les pics qu'on voit ... il peut me dire n'importe quoi, j'suis une buse sur la reconnaissance du terrain roll
On commence à se suivre dans la descente pierreuse et raide. Il descend bien le bougre, et pourtant j'suis bon descendeur, et il est plus lourd que moi ! Je dois attraper un truc dans mon sac, j'en profite pour manger, pas folle la guêpe. Je le reverrai plus.

En bas au col d'Harrieta est indiqué un point d'eau en décrochant à peine de 300m. Je vérifie mes stocks, je suis large : je laisse la main Julien. J'apprendrai plus tard que la source était tarie depuis un moment.

Un bon ptit raidard dans les sous-bois comme on les aime.
De là je redescends une 1ère pente où je croise un duo de gars qui ont l'air d'en chier comme un taureau à la 8ème banderille. Devinez pourquoi ? Je me retourne, des sacs énormes. Vous voulez pas nous écouter les gars, c'est pas une fantaisie le léger bordel !!! cool  lol

Au replat juste avant d'entamer la grande descente vers Baigorry je profite que le seigneur Soleil nous offre ses plus beaux éclats pour me payer un luxe fort peu onéreux : sécher ses affaires de bivouac.
Je m'aperçois au déballage qu'en effet le sac de la Pyramid Tent n'est pas étanche. Sous la pression ça dégouline pas mal. Faudra faire gaffe.
En montagne le bonheur est pas cher : du soleil après la pluie, un bout de fromage et/ou de saucisson.

La descente ne m'a pas laissé beaucoup de traces.
Beaucoup moins que les fameuses fin d'étape sur bitume en descente. Un supplice bougre !
Je me fais la réflexion que, quand même, on va pas trop se plaindre, parce que si on peut ravitailler régulièrement c'est aussi grâce au bitume ... oh et puis merde, on est humain et surtout français, alors on continue de se plaindre ! On sabote pas un héritage millénaire comme ça cool

Je dois arriver à Baigorry sur les coups de 14h. Il fait très chaud, j'ai déjà gratté une étape sur Cicerone sur les 2 premiers jours : on va mettre le clignotant et gentiment rester ici. Direction la bière. On demande au barman des conseils pour du saucisson/fromage. "Intermarché ils ont un bon rayon charcuterie". "Euh, ya pas mieux !?". Si, ce sera saucisson à une petite boutique de producteur.

Je me dirige un peu automatiquement vers le camping. Le long de la route principale je croise des tables de pique-nique parées d'un plat "d'un fort beau gabarit" et d'une herbe soyeuse. Juste derrière coule le ruisseau ... hésitations, on est le long de la grande route, ça défile grave ... à défaut d'un spot qui fasse rêver tout le monde, on économisera au moins le camping. Et c'est mon 1er bivouac merde, faut bien commencer par quelque chose ! tongue

Je fais la lessive et une toilette, avec ces chaleurs on se sent quand même bien mieux comme ça. Puis je vais d'un pas sur en direction d'Intermarché pour rêver devant les rayons lumineusement achalandés. Ce sera (quasi) uniquement pour le repas du soir, on en a encore plein le sac !

Je mange tôt car avec mon couple sommeil bidon/digestion paresseuse c'est préférable.
Je crois que c'est ici que je commence à prendre quelques notes pour ces 3 premiers jours, vu que j'ai du temps pour poser l'esprit aussi. J'irai au lis assez tôt, histoire d'entamer tôt et gaillard demain.

Au programme demain ce sera Saint Jean Pied de Port, à minima.

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#31 17-09-2020 17:27:58

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Palteza a écrit :

#584608

Jour 3 Bidaray → St Etienne de Baigorry - Beau et très chaud - Bivouac - 5h - 16kms - 1300+ 1300-

Je me fais la réflexion que, quand même, on va pas trop se plaindre, parce que si on peut ravitailler régulièrement c'est aussi grâce au bitume ... oh et puis merde, on est humain et surtout français, alors on continue de se plaindre ! On sabote pas un héritage millénaire comme ça cool

big_smile big_smile big_smile big_smile

bon qu'est-ce que je fais moi à lire ton récit au lieu de retourner bosser. smile smile smile

encore encore.

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#32 17-09-2020 20:57:33

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Aaahhh j'étais pas sur que quelqu'un me lise à part les 1,5 personnes dans mes proches (la demie c'est sous la menace, du coup on lit mal avec la peur au ventre lol ).
Je sais c'est chiant il y a pas de photo, les prochaines on prendra ce qu'il faut j'espère. Et puis c'est du vu et revu le GR10, surtout partiel, tout le monde connaît. J'espère qu'il reste un peu d'intérêt à la lecture.

edit : en tout cas l'exercice est sympa rien que pour soi, ça fait puiser dans la mémoire, des moments qu'on pensait oublier mais qui reviennent en fait. Le fait de prendre des photos doit bien faciliter l'exercice, en plus de l'intérêt de prendre des petits temps morts et profiter pour admirer ... chose que j'ai mis du temps à faire (la dopamine dominant surement), j'étais trop en mode sportif (j'aime ça, mais c'est tellement beau autour que ça mérite des vraies respirations). Et même de prendre ces temps de respiration ça m'aurait aidé à me calmer et avoir "de meilleures perf", si on veut causer que sport. J'ai lâché trop de nerfs au début avec ça. Inspirez, soufflez, admirez, courez.
Enfin c'était une 1ère quoi smile

Dernière modification par Palteza (17-09-2020 21:13:17)

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#33 17-09-2020 22:43:09

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Jour 4 - St Etienne Baigorry → St Jean Pied de Port - Beau et très chaud - Camping municipal - 5h - 20kms - 900+ 900-

Nuit passable, tout va bien le corps est habitué depuis quelques années (vive la boulangerie).
Les routines de matin et de rangement commencent à se roder, je gagne au fur et à mesure du temps chaque matin, petit à petit.

Un point sur la forme : au lancement le pied droit fait légèrement mal, normal c'est mon pied faible (j'attaque un peu de biais, une jambe plus courte que l'autre), mais en montagne l'asticot ne peut pas s'échapper : pour faire avancer le bonhomme il doit s'aligner et faire sa part du travail sinon l'ami gauche va gueuler. Ça disparait le plus souvent après la chauffe. Ça durera les 10 premiers jours.

Au départ, vers 7h40, il y a du monde derrière les startings. Une nana qui part, un couple qui hier soir a failli bivouaquer à côté de moi (ils ont du changer d'avis quand ils ont vu qu'ils ne s'entendaient pas parler à cause de la route à côté du bivouac lol lol ), d'autres solistes. Tout le monde est motivé : Baille, go, rie ! ... neutral

Le rodage global de la machine est en train de se faire, les genoux montent de plus en plus facilement, la cheville se tonifie, on le voit dans les descentes, le pectoral et les avant bras pour pousser les bâtons se durcissent. Bref je fais ma prépa' sur ces 1ers jours de GR big_smile
Ce matin justement je me sens très facile quand ça monte, ça tombe bien on commence à jeun par 900+ pour aller jusqu'à Munhoa, cela dit très roulants et étalés sur 12kms, on est pas loin du goût du luxe en bouche (je suis en même temps les aventures des HRPistes, j'suis obligé de mettre des bémols partout lol ).

Je croiserai dans cette montée, dans l'ordre siouplaît :
- un rapace qui me fait des leçons de "je fais aucun effort et pas un coup d'ailes pour reprendre de la hauteur quand toi tu trimes avec en plus tes 2 bâtons bruyants qui nous emmerdent"
- un surement couple père/fille qui s'arrête ce soir au Pied du Port, ça m'émeut et quand je vois la taille de leurs sacs je me propose presque d'échanger avec le mien ... haha nan jamais ! Fallait connaître RL cool ... ptêtre à partir de 10 Clif Bars la transaction j'aurais pu faire un effort pour faire 1 ou 2 heures avec !
- 2 trailers qui peinent à me rattraper en montée ... ils devaient être à cloche-pied pour s'échauffer, ils me largueront ensuite tout en discutant après un bref échange avec moi. J'espère, ils ont rien sur le dos !!! On se rassure comme on peut, l'ego c'est vite fragile.

Ce matin il fait juste un peu frais, la température idéale pour le randonneur aventurier, et jusque là c'était ciel bleu.
Arrivé au col d'Urdanzia ça se couvre un peu, il faut garder le cœur a une certaine hauteur pour conserver la température mais sans être à fond pour pas arriver fatigué en haut et ainsi conserver une certaine réserve calorifique, n'est-ce pas. C'est une alchimie d'initiés laissez tomber.
Tout en haut à Munhoa on prend le vent de face en plus, on va pas traîner ici, tfaçon on voit rien on est dans les nuages.

En début de descente je fais tomber ma cape de pluie, fixée à l'avant de mon sac. Une fois, je refixe, mal, puisqu'une 2ème PUIS 3ème fois. Cette fois je me gratte la tête (ou les jambes c'est pareil, j'crois que toute mon énergie cosmique est située dans les jambes depuis ce début de GR roll ) et je refais une meilleure fixation. Ce sera bon (jusqu'au drame avant Logibar, teaser).

On redescend en dessous des nuages, et on attrape vite un sentier large carrossable en dur franchement pas excitant à descendre. Du coup mon crédo sur ce type de descente, quand j'aurais les jambes/articulations en forme, ce sera : courir. On sera plus vite au Pied du Port à saluer les bateaux qui partent !
Là encore on rattrape la route pour une beeeelle session bitume, qui nous mènera d'abord à Lasse.
Il fait de nouveau très chaud, je m'arrête dans le patelin sur un banc qui me tend les bras, juste à côté des WCs publics.
Souffler 10mins, bien boire comme à chaque point d'eau (pour éviter de charger le sac en eau), repartir.
Le bitume continuera évidemment jusqu'à Pied de Port. Ces longues portions de route commencent vraiment à faire mal à la bête, à chaque fois c'est un supplice pour la machine.

J'arrive à Saint Jean Pied de Port vers 12h30, on est dimanche. Merde j'avais pas calculé ça. Je dois ravitailler je vais être limite en sucre et demain il y a pas grand chose pour faire le plein sur la route.
Supermarché fermé, on avance dans la ville, trouve une épicerie ... en train de fermer neutral ... "je réouvre ce soir vers 17h30 18h" me dit la daronne. Rendez-vous pris.
Fait chier je me retrouve coincé à 13h ici à devoir ravitailler. En même temps j'suis pas hyper frais, j'ai peut-être trop attaqué les 2 premiers jours sans vraie prépa/expérience, et toute cette route me tue la carcasse.
Bah on va devoir s'arrêter ici aujourd'hui.
Je vais manger une crêpe salé en restau', plutôt bonne (jambon caramel beurre salé je crois), en plein centre ville bondé de monde. Je me sens un ovni. Je dévisage les gens comme le mec qui n'a vu personne depuis 8 mois.

Direction le camping, avec cette chaleur la douche va faire du bien.
Camping municipal anodin, sans charme, pour être poli.
Douche, lessive, on souffle.
Un peu avant 17h30 je décolle en direction de l'épicerie. J'ai la très bonne idée, les chaussettes séchant et ne voulant pas salir les autres, de partir pieds nus avec les pieds encore un peu trempés dans les chaussures de marche (rien d'autre). Évidemment je me ferai des échauffements qui m'emmerderont quelques temps. Énorme erreur du joueur français neutral
Je passe devant le fronton local où du monde s'affaire et achète des billets : à 18h match de pelote basque. De la balle ! J'ai des souvenirs de matchs tout petit dans les Pyrénées avec les parents, où les points étaient chantés en patois local. J'y serai, sans faute.

17h30, épicerie fermée, on fait un tour de ville (histoire de bien s'échauffer les pieds nus dans les godasses yikes ), 18h ... toujours fermée neutral
J'ai stoppé ici à 13h pour ravitailler et je vais pas pouvoir le faire!? Madame siouplaît ! ... La gérante fini par se pointer vers 18h05. Vite vite, ya match !
Tiens, on croise dans l'épicerie le couple sympathique de la veille au départ de Bidaray. Ils vont au match aussi, super. Ils prennent des bières ... bon bon ok je dois faire pareil, tant pis big_smile . Je rachète surtout des barres ""énergétiques"" pour le stock dans le sac.

Direction le fronton, un peu à la bourre, heureusement la présentation/début de match a été longue, j'arrive sur les 1ers points.
Le couple s'arrête ici ce soir, ils viennent de région parisienne, disent qu'à chaque fois ils arrêteront avec les Pyrénées ... mais n'y arrivent pas et reviennent toujours smile
Niveau pelota ya l'air d'avoir un sacré niveau, de la mémoire que j'en ai. Les 2 arrières font très peu d'erreur, les avants sont hyper agiles et se font des guerres pas possibles. J'apprendrai, où le "speaker" représentera les (jeunes) joueurs en fin de match, qu'on avait là du : champion de france, d'europe, du monde, un pro à Miami ... ah d'accord tout s"explique cool
Beaucoup apprécié ce petit moment bien accompagné.

Je rentre à la tente, rien de spécial. Manger, dodo tôt.
Je me dis que ça fait 2 jours que je traînasse (ah ces sportifs pressés roll ), et que demain va falloir avoiner un peu quand même !
Avec du recul, je suis parti trop vite, je marche trop vite, avec une prépa très légère, sur une nouvelle expérience pour moi. J'ai parfois mal au dos parce que je le sais pas encore, mais je constitue/règle mon sac parfois mal. Je fais trop peu de pauses, même petites, par rapport à tout ça. Bref normal qu'à la mi journée, où en général quand j'arrive vers la civilisation, je sois tenté d'arrêter là certaines fois. Qui va piano va sano, ou un truc par là.

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#34 18-09-2020 08:45:46

Boucles&Détours
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Merci pour ce compte rendu, hâte de connaître la suite  big_smile

Sur l'autre fil de la HRP fait cet été par plusieurs personnes du forum, une remarque a été faites sur la différence entre marche contemplative et marche active/sportive. C'est assez intéressant de te voir osciller entre deux envies, deux façons d'avancer en fonction de ton humeur et de ta forme.
Finalement les arrêts, les rencontres inopinés et les expériences comme le match de pelote font autant partie du voyage que les km avalés.

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#35 18-09-2020 13:53:39

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Je t'avoue que la contemplation ne trouvait sa place que quand l'action n'était plus trop possible par fatigue roll (aka si j'avais pu bouriner plus la plupart du temps je l'aurais fait) . Merci la fatigue du coup !
J'ai vraiment ""décompressé"" et admiré lors de mon jour off autour du Pic d'Ossau.

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#36 18-09-2020 22:05:11

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Jour 5- Saint Jean Pied de Port → après les chalets Pedro - Beau et chaud - Bivouac - 10h - 34kms - 2050+ 1100-

Au réveil ma 1ère préoccupation sera de vérifier l'état de mes pieds après mon exploit d'hier ... ça brûle, j'ai fait sauter de la peau neutral
J'ai bien des Compeed, mais l'inspection des panards laisse apparaître 2 points critiques, un autre moins : j''aurai pas assez de pansements si ça doit durer. Tout ça pour pas salir la 2ème paire de chaussettes après la douche neutral ... rester crade en randonnée longue c'est l'assurance tout risque (j'aurai un 2ème épisode où l'hygiène me fera des dégâts non négligeables, véridique lol ). Naaannn pas vrai, bouchez les oreilles des enfants.

Bref je décolle sous le beau temps, il fait déjà une température certaine, ça s'annonce chaud : j'aurais du prendre les glaçons rechargeables USB et une powerbank solaire.
Pour pas changer, tout excité d'aller me frotter aux grands éléments dressés face à l'homme petit, je cafouille au départ au niveau du repérage. Faut dire, qu'il y a un autre GR qui part, et un tas de Compostellards qui brouillent les cartes. En plus ils ont même des bâtons industriels, je pensais que sur Compostelle seuls les bâtons taillés en cours de route étaient autorisés : vous c'est la sagesse nous c'est le sport, on s'y retrouve plus sinon ! Ce serait cool de respecter l'ordre des choses, merci mad .
Du coup un petit 15min dans les dents, c'est rien en soi, mais c'est le principe qui agace. A chaque fois je me jure que c'est la dernière, mais quasiment à chaque jour sa petite erreur lol ... sans parler de l'énorme du jour 8 yikes yikes yikes yikes yikes

On part sur l'asphalte, toujours pareil le temps de s'extraire des lumières de la civilisation. Je rencontrerai pendant ces moments bitumeux un certain William. A la retraite, il se fait le GR en entier en prenant le temps. Il a du rester 3 jours à Pied de Port pour cause d'ampoules. Il a carrément changé les chaussures, doublé la paire de chaussettes, et tout ira mieux : serein William. On se recroisera et il me filera un bon service.

La montée au col d'Handiague ne me laisse aucun souvenir. Sa descente plus car on descend de nouveau sur une espèce de route cimentée/granuleuse. Bref c'est chiant et ça fait mal aux cannes. Je décide de la claquer en courant, bien bas ("je suis une chaise") en me concentrant à bien gaîner, j'ai toujours l'impression que ça me fait moins mal sur ce genre de revêtement car j'ai pas à allonger la jambe. Je saurai jamais si je ménageais vraiment la bête comme ça. En tout cas j'en avais la sensation, alors ça devait être ça.
En bas au patelin de Esterençuby je fais le magnifique achat de mon 1er sandwich sur ce GR : "jambon fromage siouplaît m'dame". Il sera bon, il l'était pas à l’œil. Tout est magnifié en ballade, surtout la nourriture. Là aussi on ne saura jamais. Enfin c'était meilleur que Sodebo, je jure smile

Juste le temps d'attente du sandwich et je repars fissa, la forme est là, il est bien tôt parce qu'on monte facile (une constante sur le séjour), et en plus on court parfois dans les descentes. Depuis que j'ai vu les chevaux et autres bêtes descendre en courant en montagne j'ai plus de remords. Mon côté bestial.
On monte un petit 300+ sur 4kms, roulant facile, pour arriver au gîte d'étape Kaskoleta. Fermé. Il est aux alentours de midi. Ça s'est couvert il fait frais. Dommage on n'aura pas le petit Coca boostant. Je me cale pour manger le fameux sandwich. Au milieu de celui-ci arrive la gérante du gîte avec son petiot. J'aurai mon cola, et même la version basque Euskola ! Maman confond les jouets de Hulk et Spiderman : le petit est chafouin. Maman quand même !
En tout cas elle était très sympa, ça m'aurait pas étonné qu'on y soit très bien dans cette piaule. Avis.

Avant de complètement refroidir (je mâche copieusement donc mange lentement sur ce GR, mon appareil digestif paresseux le commande instinctivement : faut que ce soit vite/facilement assimilable !), je repars. Pas entamé pour un sous par ces très roulants 17kms. "Qu'on m'amène la vraie montagne diantre !!!", songe le randonneur orgueilleux.

5kms plus tard je ferai une première et surement pas dernière pause mûres. Faut pas déconner, on est là aussi pour ça. La prochaine fois je pars plus tôt en été et je prends le peigne à myrtilles ultra light, et je fais les confitures en direct en gîte d'étape. Que je mangerai aussi en direct. Toujours MUL.
Bon ces pauses ne seront jamais trop longues, heureusement pour les timings le gout des baies n'aura jamais été fulgurant.

Les nuages sont partis, place de nouveau à la chaleur.
Un bon ptit raidard, le genre où on s'affale littéralement sur ses bâtons comme un malpropre, me mène au col d'Irau. Enfin des plateaux de belle étendue. Ça commence à sentir la Pyrénée  que j'aime yikes ... et la pancarte d'un fromager de brebis ! On y est tonton !!!
Apparemment je réveille Philippe, le berger, qui au début semble nier, mais révèlera finalement son jeu avec un très laconique : "ya pas d'heul pour la sieste".
Il est admiratif du parcours effectué (après la vente, je précise, il est correct), je lui dis que c'est pas grand chose, ajoutant que c'est moi qui l'admire de s'occuper des bêtes toute l'année. Après tant de mielleux compliments de part et d'autre on repart content d'avoir plutôt bien joué cette scène de la grande Comédie humaine. C'est beau la vie.

Ça commence à taper sec, et c'est pas le brebis dans le sac qui va m'aider à mieux ventiler. J'aurais du prendre une de ces casquettes avec mini ventilo solaire.
400+ pour arriver au sommet d'Occabé, on est rendu à 1400, ça commence un peu à ressembler à quelque chose.
La descente vers les chalets Pedro, au milieu des résineux et de la caillasse détonne avec ce que j'ai vu jusque là. On se croirait plus dans le sud-est (que je ne connais pas par ailleurs lol ). La chaleur doit beaucoup jouer dans la sensation.
En bas le topo indique plein de zones de bivouac possibles. Du coup quand on sait ça, on fait quoi ? On va descendre une bière, évidemment. Direction chez Pedro.
On commande une basque, une employé raconte qu'ils sont exténués, la saison a été dense. Elle me dit que je peux bivouaquer juste à côté du chalet. Il y a un peu de monde, j'ai le temps il doit être 16h-17h, je vais pousser plus loin.

En fait sur ce long plat il n'y aura rien de valable. Des zones de bivouac officiels avec déjà du monde, des bestiaux de partout. Bof. On continue plus loin.
La remontée d'à peine 200+ fait mal sous le cagna et après la bière. Pourtant c'est des céréales que j'ai ingurgité, ça devrait donner des forces ... j'ai du mal lire la notice.
Je redescends d'autant pour arriver de nouveau sur une grande zone de plat. Zone de bivouac déjà occupée, tfaçon ya les camping car juste à côté et je parle pas néerlandais big_smile (j'suis sur ça doit être la langue la moins parlée à l'extérieur de son pays, quelqu'un trouve joli le néerlandais !? lol )
Par contre il y a un joli ruisseau ici, on va essayer de trouver quelque chose par là. Je trouve finalement à peine plus loin de l'autre côté de la route, en sous-bois, un petit coin tranquille. C'est assez près de la route (grosse mais avec très peu de passage), mais ça fera l'affaire : rude journée sportive.

Toilette et lessive au ruisseau. Je décide de mettre les jambes dans l'eau froide un moment : la meilleure récupération.
Je rentre aux pénates, prépare la tambouille quand un bovidé de type vache commence à s'approcher de la tente, en restant néanmoins de loin. Je sors les bâtons, fait quelques figures de style à grande célérité dans les airs. Ça a marché, elle me prend pour un Shaolin et s'en va impressionnée. Les sœurs que j'entends au loin ne passeront pas par là. Ouf, j'ai plus la force pour mon numéro de bâtons pour toute la troupe neutral

Demain on passe par Iraty direction Logibar.

Dernière modification par Palteza (18-09-2020 22:11:01)

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#37 19-09-2020 16:53:09

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

keske je rigole.

lol  lol  lol

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#38 19-09-2020 17:32:39

Joy Supertramp
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Moi aussi, je dis rien mais je rigole bien ! Continues comme ça,même sans les photos, c'est vivant !


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

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#39 19-09-2020 19:55:51

Nayana
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Pas besoin de photos pour ce récit, tes mots font fleurir les images wink


Lentement mais surement...

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#40 19-09-2020 19:58:04

florencia
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Oui, c'est un régal à lire  smile

Flo


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_ _ _ _ _ _ _ _ _

"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#41 19-09-2020 20:07:53

Stéphane_33
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Salut,
Je suis également tes aventures depuis le début, les écrits font de très bon souvenirs  smile

Stéphane.

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#42 19-09-2020 20:13:11

Lou_is34
Lou_is
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Je rejoint ce qui a été dit plus haut. Tu nous régale !


Comme dirait Fauve « on s’en branle c’est pas important »
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#43 19-09-2020 21:49:45

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Arrêtez, je prends trop vite la confiance cool Content que le style un peu incisif et humoristique (on essaye, ça doit pas plaire à tout le monde, tant mieux haha) plaise à certains.

*La grosse bourde ""d'orientation"" roll  c'est pas au jour 8 mais au jour 12. Mais le jour 8 il y a quand même un évènement au moins autant rocambolesque, oui oui yikes yikes yikes
* William était évidemment trop lourd (18-20 kgs, sans eau), je lui ai évidemment fait le sermon sur le poids (je me sui réfréné pour ne pas le faire sur les bâtons qu'il n'avait pas ... j'ai frôlé l'abcès). Je précise parce qu'étant tout nouveau MUL (ou presque ?), les nouveaux convertis étant toujours les pires, j'ai l'impression que le MUL se transforme automatiquement en prêtre rigoriste de la légèreté. S'ils veulent porter lourd après tout, laissons les !

Jour 6 - Après Pedro → Larrau (Logibar) - Beau et très chaud - Camping Ixtila à Larrau - 5h - 20kms - 750+ 1400-

Réveil manqué, la montre D4 premier prix sonne décidément très faiblement. Peut-on avoir l'audace d'en conclure qu'un bon haut parleur est un surcoût dans une montre 1er prix ? Pas grave, on va pas se prendre pour un ingénieur on est juste un randonneur, de toute façon à partir de 3h, au mieux, je me réveille à peu près toutes les heures. Et sans haut-parleur intégré siouplaît ! Donc le retard n'est pas conséquent.
Aucune condensation alors que j'étais en sous-bois, je suis plutôt étonné. Soit il a fait très sec, soit je suis une buse et humidité et sous-bois n'ont jamais été liés. Fort probable, mes compétences se résument à peu près à marcher vite, et encore. En tout cas c'est toujours plaisant de replier (complètement) sec.
Il fait déjà très doux et le plafond est au bleu genre très bleu : ça va cogner encore aujourd'hui ?

On monte 200 de suite pour arriver sur un replat et quelques chalets occupés. Je suis à 2 doigts de m'arrêter pour demander un point sur la crise Covid qui me préoccupe tant à une dame qui me regarde passer. Non on s'en fout évidemment. Avec ce qu'on turbine dans les montées le Covid y peut toujours toquer, on le sèche dès le pas de la porte et il fait demi-tour au prochain stop pipi.
Ici à Heguichouria je trouverai une petite boutique très bien garnie, pas mentionnée sur Cicerone d'ailleurs, où je prendrai quelques barres et autres gâteaux basques, cette fois-ci cerise. Sans plus pour ces derniers. La vendeuse me cède gentiment un bout de baguette cassée pour manger avec le fromage de Philippe et le saucisson qui reste. On est les rois du Monde !
Je redescends à peine 10mins sur la route pour arriver au col de Bagargiak et ses gîtes d'étape chalets d'Iraty. Je m'arrête prendre un Coca au patron bien peu aimable. Bénéfice du doute, la saison a pu être dure, la fatigue pointe. Affiché 2,80€ il me fait payer 3€. On dit rien pas bien grave. Il devait plus avoir de pièces de 20 centimes. Ou dans la nuit quelqu'un a joué sur le cours du Coca et il a pas eu le temps de rectifier le prix neutral

Aujourd'hui les sensations sont moyennes, en montée ça va mais l'énergie générale n'est pas top. Il faut se faire violence pour garder un rythme respectable (aka continuer à marcher "vite" roll ).
On remonte par le pic des Escaliers qui porte bien mal son nom puisqu'il n'en a point, d'où en haut on choppe une très belle vue, comme vous pouvez le voir sur la photo.
On perdra alors 500- dans une succession de pierres/herbe/bitume. Comme annoncé par le topo dans cette partie et après, les traces ne sont pas franches, mais même si quelques pistes tracées par les vaches peuvent induire en erreur un étourdi (qui moi ?), on est très loin des pseudo-cairns espagnols de nos amis HRPistes (je dois les citer au moins une fois tous les 3 jours sinon mon sujet est supprimé : ils sont anciens et puissants ici méfiez vous).

Quid des gens rencontrés ? Ou rattrapés, c'est selon (melon big_smile ). C'est selon car je crois que sur la piste, à part les 2 trailers d'il y a 2 jours, je n'ai vu personne, chargée ou pas, me dépasser sur les 18 jours. Machine le type neutral ... bon j'ai bien croisé dans l'autre sens des trailers qui volaient littéralement sur les pierres, un ultra MUL qui turbinait tout autant. Mais ils étaient dans l'autre sens tongue ... bon je compte pas aussi le mec qui a du mettre 18 jours, comme moi, mais pour faire tout le GR, et qui me dépassait quand je m'arrêtais à la mi-journée où repartait avant moi parce que ma montre D4 à 2,53€ n'a pas sonné big_smile :
- Une dame, seule, "d'un certain âge" roll , qui a l'air plutôt légère et munie d'un camelback. Attention ça rigole zéro, pour un peu elle a son compte ici. Devant son inquiétude je la rassure sur la durée qu'il reste, d'un ton qui inspire la confiance absolue en l'avenir proche, en essayant de rester objectif. Je crois que j'aurais un peu exagéré à la baisse, je me voyais plus loin sur le tracé big_smile Pourtant, quand on me demande, je fais toujours gaffe à en rajouter un peu plus qu'il n'y a vraiment : en montagne le réalisme doit prendre le pas sur l'espoir je crois.
- un couple a qui je lâche une vanne en passant, pas + ... jeune couple que je recroiserai plus tard, et avec monsieur je ferai le tour du Pic d'Ossau sur une journée hors GR.
- un 3ème groupe parce qu'apparemment je l'ai posé sur mes notes big_smile

Plus on avance plus j'en chie sur cette journée. Il fait très chaud maintenant. J'ai pas de jus, vous savez la cheville lourde et le genou qui monte pas. J'ai un truc que j'ai pas digéré, je ballonne. Je me suis arrêté sur un filet d'eau pour la boire au Sawyer car les stocks commençaient à descendre, elle était vraiment fraiche et j'en ai bu pas mal. Ça a pas du aider. Le régime alimentaire sur ce type de séjour est pas dingue aussi, on mange assez mal (très peu de légumes), et avec mon système digestif en convalescence roll . Peut-être choppé un peu froid hier soir au ruisseau : chaud/froid/chaud ... bref si j'avais su je serais resté chez moi à manger des cookies super bio importés du Pérou en regardant des highlights de squash et des vidéos de matos rando à 500€ l'item que j'achèterai jamais (tout est humour sauf le squash)
En tout cas la fin de descente vers Logibar, assez raide, est laborieuse. Vous le savez, descendre avec les batteries à plat, c'est pas le plaisir absolu.

Il doit être vers 13h30 quand j'arrive à l'auberge de Logibar (ils pouvaient loger et servir des boissons : 20/20 le nom) où ils peuvent encore me servir une assiette. Celle-ci est quelconque pour le prix, association sans âme de frites/salade/piperade/jambon pays/fromage.
Il est 14h quand j'ai un choix à faire. Continuer sans grosse énergie, les ampoules qui me font chier, sous le cagna ? Mettre le cligno' et aller au camping de Larrau où on pourra y arriver tôt et bien s'affaler ? Non-choix, 2ème option.
Il y aura 2kms de montée pas anodine mine de rien, je m'y attendais pas, sur bitume avec pas mal de traffic et des bas côtés passables : on fait ça en "sprint" parce que c'est moche. Chaleur, repas, fatigue, cadence : on fait bien suer la bête sur 30mins, mais après on sait qu'on va pouvoir se vautrer lamentablement.

Arrivé à Larrau je prends l'option camping assez rapidement.
Ce camping est très joli, des fleurs de partout, de magnifiques haies pour délimiter les emplacements, un joli coin pique-nique, il fait vraiment petit univers à part. Je recommande.
Pour ne rien gâcher, il est tenu par 2 dames qui ont du passer la 60aine fort aimables. La gérante viendra me proposer gentiment des pansements, plusieurs sortes de Compeed s'il vous plaît yikes . Je lui en prends 2-3 en la remerciant bien (évidemment, j'allais pas lui cracher dessus), elle m'en proposait plus mais je savais que dans tous les cas il m'en faudrait beaucoup plus. Elle me conseille de faire du stop cette après-midi pour aller en bas à Tardets où j'en trouverai à la pharmacie. J'irai bien à Tardets, mais pas AUJOURD'HUI, ni même DEMAIN, mais APRES-DEMAIN (dit avec la voie de Pierre Bellemare version M6 Boutique), bien en stop, mais pas du tout pour les mêmes raisons. Et encore plus loin encore que ça même !!! Le roi du teasing
En attendant je sais pas, ces ampoules me préoccupent mais je repousse l'échéance de la prise de décision. J'ai juste envie de souffler cette aprem, je plante la tente, larve un peu à l'ombre sur l'herbe fraîche. Respirations étirements, comme régulièrement lors de ce GR. Surtout le soir, le matin quand j'ai le courage.
On profite d'être la tôt et sous le soleil pour faire la lessive. On va faire un tour à l'épicerie pour acheter à becter, on prend un Pago à la dame qui gère bar/hôtel/épicerie neutral

En fin d'aprem je vois pas débarquer l'ami William, ce retraité beau gosse grisonnante au bronzage indécent : Georges Clooney découvre le GR. Je me voyais pas le revoir si tôt avec la journée d'hier que j'ai claqué et vu son poids, il a bien cavalé l'ancien yikes ... par contre, et je lui demanderai pas pourquoi, il a eu l'info que le GR10 était détourné après le col d'Iraty où j'étais ce matin, et est donc descendu juuuuuusqu'ici sur l'asphalte. Vérification à l'instant sur Maps : 12,8kms pour 750- ... sur la route ... même pour 2h gagnées, je lui laisse ... MAIS TOOUUS LES JOOUURS
Je lui parle de mes problèmes d'ampoules, il en connaît désormais un rayon (si vous avez suivi mad ). Il me dépanne, une espèce de bétadine surement vu la couleur, pour faire sécher tout ça. J'hésite à la boire, doit bien y avoir un peu de betterave là dedans, ça fait envie par ces temps de cacahuètes/barres/saucisson
Je crois que c'est décidé, demain je fais journée off pour faire respirer les pieds. Ça sera bénéfique, et aussi pour tout le monsieur, on va pas s'le casher.
Bénéfique aussi de suivre son conseil de doubler la paire de chaussette pour la suite du séjour. Ça veut dire que mes chaussures étaient un peu trop larges si j'arrive à rentrer sans gêne avec 2 paires. Je me sens un peu serré au début quand je teste ça, mais en fait je serai bien, ça me tient bien le pied ... sinon j'ai maigri du pied pendant les 3-4 premiers jours big_smile
Cette rencontre n'était pas le fruit du hasard, c'était écrit, je devais rencontrer William, et il devait sauver le reste de mon séjour grâce au savoir qu'il a engrangé en cheminant patiemment. Je me sens un peu sur Compostelle vu la tournure mystique de la chose. Cool, comme ça j'ai qu'à dire que j'ai fait Compostelle, j'aurai pas à le faire vraiment, c'est chiant ça monte jamais et j'suis bon qu'à ça ... big_smile
Au passage j'ai bien fait de pas écouter les MULeux aguerris d'ici, j'ai pris une paire de rechange pour la marche (en + de la paire pour la nuit). Ils auront raison quand ils me diront que j'avais qu'à bien sélectionner mes chaussures et ma 2ème paire de marche serait restée inutile. Un MUL averti en vaut 2.

Le soir on troquera un peu de nourriture avec William, pêches (lui) contre brebis (moi), le fromage pas la bête, histoire de sceller un peu plus le pacte de cette rencontre mystico-mystique, dans un des coins les plus vierges et sauvegardés de cette planète.
Et je dormirai quand la nuit arrivera comme n'importe quelle personne normale le ferait. Ni + ni -

Demain, c'est un autre jour.

Dernière modification par Palteza (Hier 03:33:47)

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#44 Hier 21:28:51

Palteza
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

Jour 7 - Repos - Beau - Camping Ixtila à Larrau

Même en repos je fais une nuit passable, tant qu'à faire.
Rien de spécial aujourd'hui, le but c'est d'aérer les pieds toute la journée et bien faire sécher les échauffements/ampoules.

William repart plutôt tardivement en matinée après sa grosse journée d'hier. Un simple salut complice au passage devant ma tente. Je le reverrai plus. William si tu me lis au retour ! .... ben ça veut dire que tu vas peut-être t'alléger de moitié pour la prochaine. Merci pour toi.

Dans l'affaire je n'ai pas mon nombre de pansements suffisant pour la suite. Peut-être vais-je trouver une boîte tombée en route ? On a des stat' ? Si je dois aller péter à Tardets en stop je vais devoir mettre les pieds dans les chaussures, c'est pas le but neutral
Je crois que je vais assez tôt dans la journée à l'épicerie histoire de manger aujourd'hui (véridique), et ajuster les provisions pour la suite. Tant qu'à faire, je l'ai pas fais hier neutral , je vérifie s'il n'y a pas des pansements ici, ça me parait pas mal ... ah ben il y en a big_smile
Annoncés waterproof, il y en a un bon nombre pour un petit prix (pour le lieu). Je m'inquiète de la qualité. Ils feront très bien l'affaire et j'en aurai à peu près le nombre suffisant jusqu'à ce que les ampoules s'éteignent. Je prends aussi des bandes/pansements de base à découper en complément. On force.

Repos, repos, repos.
Je me fais, et referai, la réflexion que de n'avoir que les chaussures de marche c'est chiant. Le bon point c'est qu'on marche souvent pieds nus, et dans l'herbe, on se reconnecte à la terre. La science a prouvé que ça réduit les tensions musculaires, je me suis farci une étude de 30 pages en anglais sur le sujet (pour les curieux : ça réduit surtout le stress, via la régulation du cortisol, et plus à la marge ça réduit les tentions musculaires). Je conseille à tout le monde d'adopter cette routine au quotidien. On se "décharge" ainsi régulièrement ... Cymes, gare à tes fesses !
Par contre quand on est loin des WCs ("t'as qu'à bivouaquer !") et qu'on doit marcher sur les cailloux, bof. Ou dans mon cas aujourd'hui pour aller marcher un peu dans le village les pieds à l'air. Je vais plancher sur une solution pas trop lourde pour la prochaine.

On ronge un peu son frein (on ira plus vite dans les descentes!) quand on voit le beau temps aujourd'hui, et le camping vide de ses hôtes tous partis en ballade. Sachant qu'ils annoncent du mauvais entre demain et après-demain. Pas le choix, on choisit pas tout. Sinon on reste chez soi.
Pas grave, on se rattrapera demain vers Saint-Engrâce.

A la nuit bien tombée, un groupe de jeunes fout un peu le brin au niveau des toilettes ... quoi on trouve ça aussi en montagne !!!??? roll
Ça ne dure pas heureusement, sinon je sortais avec le lance-sardines.
Les pauvres voisins de ce groupe neutral

Allez demain on fout la boîte !

Dernière modification par Palteza (Hier 21:37:19)

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#45 Hier 21:57:10

laxmimittal
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Re : [Récit + liste] GR10 18j fin août2020, Hendaye-LuzStSauveur, débutant

" Je me fais, et referai, la réflexion que de n'avoir que les chaussures de marche c'est chiant. "

Je le dis tout le temps. personne m'écoute.

Moi j'ai choisi : je prends les tongs, ça me rajoute 100 g dans la liste mais... c'est 100 fois mieux...

L.


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