#151 22-09-2020 19:31:52

Lou_is34
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Hervé27 a écrit :

#585269et pendant ce temps-là, je me traine pour publier les vidéos des 1ers jours : le Jour 2 est tombé !

Salut Hervé, Pierre et Azerty smile

Merci pour la vidéo qui complète le récit déjà top.

J’ai une remarque peut-être bête cependant quand je lis votre récit et d’autres où vous faites des journées de 30-40-50 km par jour je m’imaginais un rythme de marche plus rapide. Sur la vidéo j’ai l’impression de me voir marcher tranquillou et béa face à ce qui m’entoure.

C’était parce que c’était le début de votre traversée avec la chaleur ou tout simplement le rythme « normal » mais sur des journées à rallonge.

Ps: ta voix est étouffée sur la vidéo chez moi c’est difficilement compréhensible, dommage hmm


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#152 22-09-2020 20:07:56

Hervé27
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Lou_is34 a écrit :

#585354

Hervé27 a écrit :

#585269et pendant ce temps-là, je me traine pour publier les vidéos des 1ers jours : le Jour 2 est tombé !

Salut Hervé, Pierre et Azerty smile

Merci pour la vidéo qui complète le récit déjà top.

J’ai une remarque peut-être bête cependant quand je lis votre récit et d’autres où vous faites des journées de 30-40-50 km par jour je m’imaginais un rythme de marche plus rapide. Sur la vidéo j’ai l’impression de me voir marcher tranquillou et béa face à ce qui m’entoure.

C’était parce que c’était le début de votre traversée avec la chaleur ou tout simplement le rythme « normal » mais sur des journées à rallonge.

Ps: ta voix est étouffée sur la vidéo chez moi c’est difficilement compréhensible, dommage hmm


Salut Lou_is34 smile

Sur les 1ers jours, entre la mise en jambes et la chaleur, il était hors de question de vouloir (trop) forcer sur les organismes. Toutefois, en démarrant tôt au lever du Soleil, on peut se permettre de marcher ~10h, de faire un total de 3 à 4 h de pauses et d'avoir encore un peu de temps au bivouac. On peut alors faire nos journées à 50 km (plutôt km-effort, d'ailleurs).

Comme Azerty le décrit bien dans son récit, il a par la suite peu à peu limité (comme moi) le nombre et la durée des pauses en journée. Quand on porte les journées à 12h de marche et qu'en plus le rythme s'accélère, on explose alors les compteurs ...

La prise de son de mon téléphone était vraiment dégueulasse, et je dois en plus faire avec les conversions audio qui donnent un résultat final très différent du montage sur mon PC. Je suis obligé de faire des manips pour à la fois booster le niveau sonore et limiter les bruits de fond insupportables. Une galère ...


Sitôt sorti de maladie, on oublie son médecin.
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Merci  smile

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#153 22-09-2020 20:30:59

Lou_is34
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Merci pour les infos. smile
Je vais consulter le kilomètre effort sur le forum. J’avais lu ça un peu de loin il y a quelques temps   big_smile


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#154 23-09-2020 23:51:01

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

J15 - 01 aout 2020 - Un jour sans 
Du refuge du Portillon à la Cabane d'Anes Cruzes

Il a fait très chaud toute la nuit dans le refuge, l'air est limite respirable. Je ne dors pas mieux que d'habitude et je compte les heures qui s’égrenèrent. Cela dit c'est la méga flemme quad il s'agit de se lever à 6 heures. Je sais que la famille qui dort juste en dessous prévoit de se lever à 6h30, allez 30 minutes de rab. En plus c'est compliqué dans le refuge car les sacs doivent rester dans un local au RDC, il va donc falloir faire des aller/retour.

Départ à 7h, direction le Tusse de Montarqué juste au dessus du refuge. Et déjà c'est le bordel. La trace part vers je ne sais ou, en tout cas pas vers le haut, ni vers quoi que ce soit de matérialisé au sol. Je n'ai pas décollé depuis 10 minutes que je suis déjà en train de galérer à chercher un cairn ou une sente. Allez, ras le bol, on monte tout droit, paye ta mise en jambe.

Le soleil va se lever sur le lac du portillon, au dessus le Col et la pointe de Literole
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La matinée commence mal niveau orientation, ça me sape un peu le moral. et c'est dommage car le coin est magnifique, très minéral, des roches de toutes les couleurs, de la neige, des lacs d'un bleu sublime.

Ca va encore continuer autour du pluviomètre et jusqu'au col des Gourgs Blancs. A moins d'avoir le nez rivé sur le GPS je ne parviens pas à trouver mon chemin. Et ça me gonfle d'avoir tout le temps le nez sur le GPS, j'aimerai bien le laisser dans ma poche.

Sérieux comment tu veux trouver un cairn en pierre dans un tas de cailloux ? Ils pouvaient pas les mettre d'une autre couleur ? En mer pour se repérer on a fait des balises avec du vert, du rouge, du jaune, et même avec des lumières.Tu imagines si on les avait peintes en bleu ?

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Passé la zone "glacière" le sentier entame une longue portion sans dénivelée au dessus de la Soula. L'itinéraire fait tout le tour de la montagne. Réjouissons nous, je ne me suis pas perdu depuis 2 heures, mais pour le coup ça devient monotone.

L'ambiance change quand on arrive en vue de la cabane de Prat Cazeneuve puis du vallon D'aygues Tortes. C'est splendide. Il est environ 12:30 quand j'arrive à la cabane et je m'y installe pour déjeuner.

Un groupe important arrive devant le refuge. Ils sont hyper chargés. L'un d'entre eux tente d'endosser le rôle de leader, mais personne ne l'écoute, je dirais même qu'il a l'air de souler ses copains (moi en tout cas il me soule déjà rien qu'à l'entendre). Les autres sont en train de transvaser des objets d'un sac à l'autre pour répartir les charges. La rando à une dizaine ça a l'air compliqué. Quand je pense à notre groupe de trois ou nous avions déjà chacun notre conception de la marche, des pauses et du rythme. Je discute un peu avec eux, ils sont sympa mais bien trop nombreux. Le "chef" est déjà parti depuis 10 minutes quand d'autres arrivent tout juste au refuge et posent les sacs pour une pause, je n'ose pas imaginer l'inertie d'un tel équipage.

L'étage de la cabane est équipé de matelas, je ne vais pas résister à la sieste. Ça fera une grande pause d'une heure et demi mais de toute façon je n'ai pas trop la tête à marcher aujourd'hui, alors autant satisfaire un besoin primaire, dormir. Si je ne dors pas la nuit, essayons le jour.

Pendant ma petite demi heure de sieste j'ai compté pas moins de 4 groupes qui ont visité la cabane, sont monté jeter un œil à l'étage, et on gueulé en bas "chut il y a quelqu'un qui dort".

Une fois n'est pas coutume, le redémarrage dans la chaleur est laborieux, mais pour une fois ça ne monte pas trop fort avant d'arriver au fond du vallon, ça laisse une petite heure pour se chauffer.

à l'arrivée au col, la trace part tout droit à flanc de montagne. Sur la carte il y a bien un itinéraire de référencé. Je reste là 10 minutes mais je ne vois rien, et sérieusement j'en ai ras le bol aujourd’hui de courir après des traces invisibles. Je fais alors le choix de descendre le vallon. Au final tous les chemins mènent à Bielsa.

Quand j'arrive en vue de la cabane d'Anes Cruzes, le temps commence à se couvrir. Je décide de faire une pause. Comme la cabane est bien au dessus du cours d'eau je fais un plein d'eau avant dy monter, on ne sais jamais, des fois que l'orage éclate et que je me retrouve bloqué là.

L'orage ne viendra pas mais j'y resterai quand même. La cabane n'est pas terrible mais pendant quelques heures j'alterne entre sieste à l'intérieur et petit tour à l’extérieur. C'est la première fois que j’arrête à 17h, j'ai l'impression d'avoir posé ma journée. mais comme l'envie n'y est pas aujourd'hui, je préfère ne pas insister, je n'ai pas envie de me dégouter.

Plus la fin de journée arrive et plus il y a de personnes à s'installer autour de la cabane. D'abord un couple d'allemands, puis un groupe d'espagnols, et enfin un français, Yoann qui arrive de Parzan, il a l'air crevé. On discute un peu, il part se changer et faire le tour du refuge pour trouver ou mettre son abri. Mois j'ai la flemme, je compte dormir dans la cabane, aussi moisie soit-elle. Yoann ne semble pas non plus emballé pour planter, je lui propose de partager la cabane.

On discute un peu et il me demande rapidement si je suis de Rando léger wink

Comme j'ai déjà mangé et que je veux me coucher tôt je lui laisse la place dans le "salon" et je vais me mettre dans l'autre pièce, plus sombre, du coté de la piaule du berger. Il y a un lit en métal avec un matelas en mousse. je mets mon polycree sur le matelas car il est tout crado et quand je m'allonge dessus j'ai presque les fesses qui touchent le sol.

Bref, c'est pas la frite aujourd'hui.

Topo J15
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Dernière modification par azerty (23-09-2020 23:51:18)


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#155 24-09-2020 00:20:24

Rhomain
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Sérieux comment tu veux trouver un cairn en pierre dans un tas de cailloux ? Ils pouvaient pas les mettre d'une autre couleur ? En mer pour se repérer on a fait des balises avec du vert, du rouge, du jaune, et même avec des lumières.Tu imagines si on les avait peintes en bleu ?

lol  lol
Pour que la comparaison soit tout à fait exacte il faudrait même imaginer des balises transparentes avec de l'eau de mer dedans. Avec ça, bon courage aux marins !

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#156 24-09-2020 01:11:28

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

J16 - 02 aout 2020 -  adelante
De la Cabane d'Anes Cruzes au refuge de la Larri

Départ à 6h23 ce matin. Je suis réveille depuis un moment et j'ai le nez dans les cartes, je compte délaisser Bielsa pour parzan. Comme je suis descendu hier soir plutôt que de rester à flanc de montagne je vais en profiter pour rejoindre l'autoroute. Il a des pistes en fond de vallée  et je me demande si je pourrais en profiter pour  refaire une partie de mon retard. Sans suspens la réponse sera non. Les journées sont déjà bien chargées - nous visions initialement les 10 heures de marche par jour. C'est deja compliqué à tenir, alors imaginer rattraper 2 jours de retard, même si ça me paraissait simple à envisager il y a encore quelques jours, c'est désormais une utopie.

En tout cas une chose est certaine, je n'ai pas envie de voir un seul cairn de la journée. Juste marcher, sans chercher son chemin, sans me poser de question.

Je rejoins le refuge de Viados ou je délaisse le chemin pour la piste. Après 1 ou 2 km je bifurque à droite en direction du Col de Urdiceto. ça change des montées raides des derniers jours, je profite de ce chemin roulant pour accélérer. Avant le col la piste laissera quand même sa place à un sentier, je tente de rester sur un rythme élevé, juste pour voir, je rattrape un couple de marcheurs, malgré leurs sacs énormes il montent d'un bon pas, mais je continue à monter sans ralentir et je les rattrape 50 mètres avant le col, je suis à bout de souffle mais je lâche rien, sauf que  ... c'est pas encore le col, il est là bas au loin. Grand moment de solitude, je me vois forcé de conserver le rythme jusqu'au bout, j'arriverai au col dans un sale état. Pire qu'un gosse. 

Après le col longue descente jusque Parzan, sans intérêt si ce n'est d'avancer vers l'ouest.

Quand certains rêvent d’aplatir les montagnes à grand coup de compactor
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Quand je retrouve du réseau je tente d’appeler Zorey, on aurait pu se rencontrer hier soir si je n’étais  pas resté là haut. Finalement notre tentative de rendez-vous tombe définitivement à l'eau.

Arrivée à Parzan à midi, pour manger, comme de par hasard.

C'est moche mais après 5 jours sans ravito on ne fait pas le difficile
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Parzan pour ceux qui ne connaissent pas c'est un bled tout prêt de la frontière française, on n'y vient juste pour acheter du gazole et des bouteilles d'alcool de 1 litre. Je vous laisse imaginer dans le supermarché quelle place est laissée aux produits de première nécessitée. Je vais sortir avec des yum-yum, du chocolat, un fromage et un saucisson. Sans oublier 1 kg de fruits à manger de suite et un coca parce que j'ai l'impression que ça file de l'énergie cette saleté.

le truc le plus joli que l'on peut trouver ici
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après le passage express au supermercado je traverse la rue pour déjeuner au routier d'en face. Elle est déjà loin la montagne, j'ai déjà l'impression d'être sur une aire d'autoroute sur le chemin du retour.

La bouffe est quelconque et j'ai sous le nez un spectacle qui me coupe l’appétit.

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Le bide bien rempli et sous la chaleur de ce fond de vallée (1190m) je me remets en route. Il faudra 2 heures et 10km pour revenir à une altitude de 2000m en arrivant à la plaine de Pietramula. Je peux enfin quitter la piste pour revenir sur un sentier.

Cette section roulante depuis 7h du matin m'a permis de parcourir 30 km. J'ai eu ce que je voulais, une petite coupure d'une journée sans orientation, maintenant je suis à nouveau disposé à remonter plus haut en altitude.

En passant le col de Pietramula on découvre un paysage somptueux. au premier plan une estive littéralement barricadé par une barre rocheuse, et au second plan le massif impressionnant du monte Perdido.

au col de Pietramula
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le terrain de jeu de demain
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Ma montre s'affole, l'alarme orage se déclenche, pas de soucis, il y a une cabane pas loin d'ici. Je vais me poser devant, et je descend faire un plein d'eau à l'abreuvoir en contrebas, toujours au cas ou l'orage me coince ici.

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Je reste un moment à contempler le massif devant moi, Il y a un nuage qui coule à travers un col comme si il était liquide, c'est sublime. Et la vue sur le cirque et la cabane cascade de la Pineta est exceptionnelle.

Après 30 minutes au pied de la cabane, il semble que l'orage ne viendra pas. Je peux me remettre en route. Je n'irai pas bien loin mais au moins descendre à la Larri, il suffira de 45 minutes de marche.

Il y a là une cabane, un peu sombre et qui sent la fumée. Mais il y a plein de vaches partout et je n'ai pas envie d'être embêté, alors j'opte encore une fois pour la cabane.

Je descend à la rivière pour la toilette, j'y retrouve une Espagnole qui bivouac juste à coté de la cabane, je n'avais pas vu son abri. On pourra discuter de nos parcours. Elle est toute menue mais a un sacré palmarès de rando derrière elle. Elle était partie en couple pour faire le GR11 mais son ami a abandonné dès le premier jour. Sans se démonter elle ira seule jusqu'au bout. Encore une fois je me rends compte que 1 mois et demi après mon retour j'ai également oublié son prénom. Je suis sur d'avoir aussi oublié plein de détails des 3 semaines passés là bas. Peut être que la peur de l'oubli est une des raisons qui me poussent à consigner tout cela par écrit.

Toujours est il que je la trouve sympa alors on partage un thé et une tablette de chocolat. la tête qu'elle fait en voyant ce trésor sortir de mon sac à dos, même pas fondue dans la fournaise de Parzan. y'a pas à dire, la tablette de chocolat en rando ça fait toujours son petit effet.

à 22h, au moment de rejoindre chacun son couchage, on assiste à un lever de pleine lune. trop classe.

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Voilà, je voulais évacuer vite fait bien fait le récit de ces deux journées un peu moyennes au point de vue motivation. Il reste encore 5 jours de marche, ça sera 5 chouettes journées.

Topo J16
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EDIT - orthographe (et il en reste encore beaucoup à corriger  mad )

Dernière modification par azerty (24-09-2020 11:02:57)


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#157 24-09-2020 08:39:06

Joy Supertramp
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Tu nous gâtes smile T'as eu du bol de trouver anescruzes ouverte, l'année dernière j'y ai vu un panneau : "réservé au berger du 1 au 31 août"

Sinon pour l'orientation, je trouve que c'est souvent le problème quand on suit une trace : on manque facilement les départs de sentes et après on se retrouve a vouloir absolument coller au trait rouge sur notre écran...et c'est chiant !

J'adore l'histoire de la fille dont le mec a abandonné le premier jour big_smile


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

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#158 24-09-2020 11:43:08

Hervé27
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

Rrrhooo roll !

Et moi qui avais préparé une belle trace avec amour pour éviter toutes ces pistes hmm ... que j'avais moi aussi emprunté pour la même raison que toi : pouvoir dérouler du kilomètre sans plus me poser de questions  cool  !


Sitôt sorti de maladie, on oublie son médecin.
La gratitude est la mémoire du cœur

Merci  smile

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#159 24-09-2020 23:17:19

azerty
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Re : [Récit + liste] HRP2020 - J17 - La tarte aux Myrtilles

J17 - 3 aout 2020 - La tarte aux Myrtilles
Du refuge de la Larri au refuge de Baysselance

Je me lève tard ce matin, départ à 7h. La nuit a été calme, assez bonne même. Je suis sorti deux fois et la pleine lune était exceptionnelle.

Déjà que je suis tard, je ne vois pas sur la carte le sentier qui part de la cabane vers la cascade et je redescend une centaine de mètres de dénivelé pour mieux les remonter ensuite. Tout cela ne m'avance gère et m'amène dans une situation inédite jusqu'alors, je ne suis pas tout seul sur le sentier au matin. Quand je lève la tête je vois qu'il y a deja plusieurs groupe qui arpentent le chemin devant moi.

La montagne devant moi est un mur de 1000m de hauteur, je ne vois même pas par ou il faut passer.

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Je monte tranquillement, il fait très froid et il y a beaucoup de vent. Lors d'un virage je me retrouve avec un fort vent de face et je dois faire un pas en arrière. Normalement face au vent je ne bouge pas d'un poil, est ce que je n'aurais pas perdu du poids ?

Je reste à mon rythme de sénateur mais je vais quand même rattraper un à un tous les marcheurs qui me précèdent. Non pas que je marche plus vite mais parce qu'ils s’arrêtent.

à 9h30 j'arrive au Balcon de Pineta, déjà 1000m de D+.

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Les tous derniers mètres du sentier, ambiance cailloux garantie.

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Au dessus de ma tête le Monte Perdido. Le ciel est toujours aussi bleu, le spectacle est total.

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La vue est magnifique du balcon, et le changement de paysage est net à partir d'ici, on arrive dans un désert de pierre. Je passe devant un groupe qui a bivouaqué ici, ils ont tous les pull, doudoune et bonnets, moi je fais le fier en TSML mais avec ce vent il ne faut pas que je m’arrête trop longtemps. Je m’engouffre dans le vallon, sous la protection du Monte Perdido, du pic Marboré et de deux Astazou, le petit et le grand.

J'arrive au lac du Marboré et je tombe en admiration face au spectacle. La brèche de Turquerouye devant moi et le  refuge éponyme qui a été imbriqué dedans. Vu de l'autre coté du lac c'est très beau.

Je contourne le lac en direction du refuge, il y a un passage sur un névé en devers, la trace est évidente mais je n'ai pas du tout envie de finir dans l'eau. La montée vers le refuge est raide et ça glisse pas mal dans les éboulis.

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Vue sur le lac depuis le refuge
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De l'autre coté de la brèche, c'est la France.

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La vu panoramique donne cela, bien sur c'est déformé mais le refuge est vraiment perché dans la brèche.

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Le refuge comprend deux pièces, la salle à manger coté Espagne et la chambre avec lucarne et vue sur la France.

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Il est 10h20 mais quitte à être là je ne résiste pas à une petite pause pour profiter de ce joyaux. Bon je dis un joyaux mais il y a quand même une ombre au tableau, comme c'est tout petit autour et que les gens sont négligents, ça pue la pisse. Passé ce détail je visite les lieux et le m'installe dans la salle pour prendre un thé et finir quelques réserves. Chocolat, fromage, tout y passe.

Quand je sors du refuge 30 minutes plus tard, l'ambiance a changé, on ne voit plus rien.

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Je commence la descente, c'est très raide, je range mes bâtons pour garder les mains libres. En voile on dit « Une main pour l'homme, une main pour le bateau. » ici je veux les deux pour moi. Je me retrouve à un moment dans la purée de pois à me demander si je dois marcher sur la roche ou sur la neige, aucun des deux ne m'inspire plus que l'autre, je descendrai à la limite des deux jusqu'à trouver un passage plus avenant.

Après avoir descendu 200m j'arrive sous le nuage et le paysage s'ouvre enfin, le température remonte aussi. Je croise un père et son fils qui montent, j'essaye de les mettre en garde sur la difficulté du chemin, ils prennent un peu ça à la légère. Que dire ?

Je me dirige vers la Hourquette d'Alan, après quoi je vais pouvoir descendre sur Gavarnie. Lors de la montée je laisse les bâtons sur le sac dos, j'y pense depuis quelques jours, j'ai parfois l'impression que les bâtons me gênent plus qu'ils ne m'aident. Qu'ils m'imposent un rythme qui n'est pas le mien. Je voudrais essayer de m'en passer dans les montées. Et  je dois dire que cette petite montée sans bâtons ne se passe pas trop mal. Par contre arrivé au col je les ressort pour la grande descente, pas moins de 1000m de D- jusqu'au village.

Une souris verte
Qui courait dans l'herbe
Je l'attrape par la queue,
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent :
C'est pas une souris c'est un mouton !

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A partir du refuge des Espuguettes il commence à y avoir beaucoup de monde. Comme il est midi je me retrouve plutôt à contre courant. Il me faudra une heure et quart pour arriver au village depuis le col. C'est noir de monde mais je m'en fout, je savais à quoi m'attendre. Je retire un peu d'argent car je suis à court de liquide et je file m'installer en terrasse d'une brasserie. Entrée/plat/dessert/coca/café, la totale.

ENFIN !! une tarte aux myrtilles. ça fait 8 jours que j’attends ce moment.

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Après ce repas un peu trop copieux - burp - il faut bien se remettre en route. Rapide visite à la mini épicerie, pas super bien achalandée pour la rando itinérante, je rachète des barres de céréales - des trucs grand public pas terrible- et des fruits, pour le deuxième dessert. Puis une nouvelle visite rapide en magasin de sport pour l'achat d'une frontale, des fois que j'essaye de gratter mon retard en marchant la nuit. j'y crois encore apparemment.

Il doit être pas loin de 15h 30 quand je ressort de Gavarnie après 2 bonnes heures de pause. Pour certains la journée est deja fini et les bivouac sont deja montés. Que nenni, hors de question de s’arrêter, la journée de fait que commencer.

Des lève tard ou des couche tôt ?
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Comme l'autre jour, après la recharge alimentaire le démarrage est un peu lourd et j’attends impatiemment le début de la digestion pour le regain d'énergie.

Je remonte la belle vallée d'Ossou, le sentier déroule super bien, la pente est faible avec 400m de D+ étalés sur 10 km de distance jusqu'au lac du barrage d'Ossoue.

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Je ferai juste une rapide pause à la cabane de Sausse Dessus pour filtrer 2 litres d'eau depuis le ruisseau. Et j'arrive au barrage vers 18h. Juste avant le barrage j'aperçois une grosse vipère en bordure du chemin, là ou elles aiment bien se cacher, entre la chaleur du chemin et l'abri que procure la végétation.

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Il y a de beaux spots de bivouac tout autour du lac, mais il n'est pas encore l'heure, et puis si en plus il y a des serpents ...

Arrivé au bout du vallon , il ne reste qu'un seule issue possible, monter.

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Le refuge est 700m au dessus. Je continue la montée sans les bâtons, j'arrive à trouver un bon rythme, ils ne me manquent pas du tout.

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Vers la fin de la montée je ressens un petit coup de mou, plus d'énergie. Pourtant j'ai un doute, j'ai digéré l'entrée c'est sur, les pâtes carbo aussi, mais il manque encore quelque chose, ah oui, la tarte aux myrtilles et toute sa chantilly. Allez n'essaye pas de m'arnaquer, mets moi tout ça en digestion et on continue d'attaquer jusqu'en haut.

J'arrive au niveau du refuge à 20h. J'ai réussi à caser 11h de marche depuis 7h du matin et cela malgré une grosse pause gavage à Gavarnie. pas mal.

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Par contre c'est la grosse désillusion. Il doit y avoir une centaine de tentess autour du refuge, et comme j'arrive tard il est certain que j'aurai le meilleur emplacement. Tout le monde a sa tenue et ses accessoires d'alpinisme, sauf un dingue qui vient d'arriver en short avec son petit sac. Ils doivent bien se demander ce que je fais avec mon Piolet, peut être que je vais monter au Vignemale demain matin avec mes microspikes, entre tous ces gugus équipés comme pour l’Himalaya.

N’empêche que moi aussi je me demande ce que je fais encore ici avec piolet et crampons. J'ai complètement oublié de les ré-expédier depuis Gavarnie. Désormais je suis bon pour les porter jusqu’au bout.

Pour mon grand tarp 3x3 il me faut de la place, et comme je n'en trouve pas j’essaye de m'installer dans un emplacement tout pourri et en pente. Je casse deux sardines et j'arrache une sangle du tarp dans la manœuvre, ça n'est pas brillant. Et pendant ce temps que je galère à monter mon abri j'ai froid car on est dans un nuage. Cette arrivée ne sera as une partie de plaisir. Une fois l'abri installé je me change sans faire de toilette puis je mange vite fait. C'était quand même une sacré journée. bonne nuit.

Topo J17
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