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#1 09-06-2021 16:10:58

pap35
Membre
Lieu : Rennes
Inscription : 29-02-2020

[Récit + liste] 3/4 de Tour du Larzac

Bonjour à tous,

comme je ne crois pas qu’il soit fréquemment référencé dans les récits de RL, je partage avec vous mon 3/4 de Tour du Larzac effectué ces derniers jours. J’ai en fait emprunté un mix du GR71D « Tour du Larzac » et du GR71C « Tour du Larzac Templier et Hospitalier ».

Voici la trace finale reconstituée : https://www.openrunner.com/r/13209826
98 km, 2000 de D+ 1850 de D- en 3 jours.

Et voici ma liste à 5,5 kg : https://lighterpack.com/r/em8f4f

L’objectif était de tester mon état de forme pour ma HRP de cet été, ainsi que certains changements matériels faits cet hiver (panneau solaire, matelas, chaussures de trail…). On verra que, sur le premier objectif, j’ai été servi mais pas dans le sens attendu...

Jour 0 vendredi 4 juin : Rennes à Millau

Rennes départ 7h40 passage par Lyon et Montpellier et arrivée à Millau à...18h00. Mon car a été pris dans des embouteillages liés à un accident dans Montpellier et est arrivé avec pas mal de retard.  Il pleut des cordes quand j’en descends. Initialement, mon idée était de monter sur le Causse et de trouver un point de bivouac entre les km 8 et 10 d’après mes repérages.

Mais arrivée tardive + pluie + risque d’orages jusque minuit, je prends la décision d’aller dans un des campings au bord du Tarn, car le bivouac sur le Causse me semble très exposé en cas d’orage. Il y a des campings corrects, je vais me chercher un truc à manger à emporter dans Millau et dodo

Jour 1 samedi 5 juin: Millau à quelque part au-dessus du gîte d’étape de La Baraque

Je pars dès 7h00, c’est que j’ai du retard sur le plan de marche que je m’étais fait et qu’une longue journée m’attend. La montée sur le Causse est assez facile, on quitte vite la ville, et les vues sur le viaduc de Millau, qui s’impose à tous les regards dès qu’on est aux abords de Millau, sont splendides. Je ne suis pas spécialement fan de ces grandes traces de l’activité humaine moderne dans le paysage, mais là franchement, je trouve qu’il y a une beauté qui pourrait presque magnifier le site (je partagerai plus loin dans le récit mes réflexions différentes sur les autoroutes et les éoliennes).

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Dans un virage, à 10m devant moi, je surprends un vautour qui décolle. Un peu plus loin, au niveau du site de vol libre qui surplombe la falaise du Causse, c’est étonnant de voir les parapentistes et les vautours se côtoyer, fort logiquement, et voler les uns à côté des autres ou presque.
Je prends un raccourci au tracé officiel du GR, d’une part pour ne pas avoir à traverser et longer l’autoroute, et d’autre part rattraper un peu le temps perdu hier soir.

Là, cette fois, on entre dans l’immensité du Larzac tel qu’on se l’imagine. Les pistes sont souvent rouges, cette teinte tropicale me surprend un peu, le ciel est immense, les fleurs sont présentes par millions. Il y a quelques amas rocheux semblables aux chaos du Montpellier-le-Vieux. Un chevreuil détale et court longtemps devant moi, coincé par les barbelés de chaque côté de la piste qu’il n’arrive pas à sauter.


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J’arrive à La Cavalerie. Pour éviter une traversée certes bien dangereuse de la grande route qui mène à Millau, le GR fait un bon détour d’1 km dans une zone artisanale à l’ambiance post-apocalyptique bien glauque. Dans le village, la moitié des humains que je croise portent un képi de la légion étrangère, faut pas oublier où on est. Le chemin qui descend vers Sainte-Eulalie-de-Cernon est plutôt charmant, avec de belles vues bien ouvertes sur la vallée du Cernon. Le bourg templier est tout petit mais très mignon. Bien claqué par les plus de 30 bornes que j’ai dans les pattes, j’y fais une longue pause prenant un demi à la terrasse du bar local. J’adore l’ambiance, que des locaux qui racontent les affaires du plateau, refont le monde et le passé. Il y a un gîte d’étape, pour ceux que ça intéresse, je pense que l’endroit vaut le coup pour une halte reposante.

Moi je repars monter l’autre versant de la vallée. Le ciel s’étant débarrassé des nuages qui le couvraient ce matin, il fait chaud, et je dois monter aussi vite que le ferait ma petite dernière de 6 ans, c’est dire… Je passe sous le vélo-rail du Causse, dépasse le gîte d’étape de La Barraque et, plus haut, je trouve un coin tranquille à l’écart du chemin pour bivouaquer.

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Aïe, mon réchaud ne marche pas. Je m’étais bien dit que je devais le tester avant de partir après qu’il ait traîné des mois dans sa caisse, mais non j’ai procrastiné et voilà ! Je teste 10 fois, vérifie les filetages, rien n’y fait. Ben ça va être disette ou semoule froide en dernière extrémité car il n’y a pas de ravitaillement possible avant le surlendemain midi voire soir.

Bilan de la journée : 36,8 km + 1000 m – 600 m

Jour 2 dimanche 6 juin: de quelque part au-dessus du gîte d’étape de La Baraque au plateau du Guilhaumard.

Grasse mat’, je pars à 7h50 seulement. J’ai bien dormi, il y a eu de drôles de cris non identifiés dans la nuit pas loin, probablement un oiseau mais qui faisait un bruit et une sonorité de moi inconnus.

Le chemin jusqu’au Viala-du-Pas-de-Jaux est charmant, entre deux murets. Je suis totalement seul au monde. Le hameau abrite une énorme tour-grenier fortifiée templière, fermée à cette heure matinale.

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La section de chemin qui suit est un peu plus monotone ; on est proche du rebord du Causse mais on marche en général enserré au milieu des arbres, sans vue particulière. A la ferme expérimentale de La Fage, je me trompe de chemin pour la traverser et crois ma dernière heure venue : un molosse bondit vers moi en hurlant mais ouf je me rends compte qu’il a une chaîne, mais ces deux secondes ont bien fait monter mon taux d’adrénaline. Le chemin devient ensuite plus joli, avec de belles vues sur la vallée de La Sorgue, une belle ambiance champêtre, et toujours des fleurs plein les yeux. A cette saison, le Causse est très vert et j’imagine qu’il en est autrement en juillet-août, où la chaleur doit en outre être insupportable.

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