#1 14-09-2021 17:38:44

Noiky
Couscous lover
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[Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Préambule
Nous sommes un couple de deux jeunes randonneurs habitués aux randonnées à la semaine. Nous souhaitions depuis quelques temps nous lancer dans une randonnée au plus long cours. Après un projet Menton-Bruxelles avorté en 2020, nous avons finalement choisi la traversée de l’arc alpin pour réaliser ce rêve en 2021.

Avant d’entrer dans le vif du sujet - l’itinéraire, la liste et le récit - nous souhaitons remercier l’ensemble des MULs de ce forum pour la richesse des échanges et l’inspiration qu’ils nous ont donnée! En particulier, nous avons suivi les traces (et les aventures!) de Bruno et de sa traversée de l’arc alpin en 2015, lu avec intérêt le retour de Shanx sur ce même itinéraire et suivi de près la préparation et la liste minimaliste d’Hervé pour son projet similaire cette année. Merci à vous! smile


Sommaire
La liste
Partie 1 - La Slovénie: 8 jours, 248km, de Trieste à Thorl Maglern
Partie 2 - Les Alpes Carniques et les Dolomites: 8 jours, 222km, de Thorl Maglern à Valdaora


L’itinéraire
Nous ne sommes pas des passionnés de cartographie et ne voulions pas passer des heures à préparer l’itinéraire. Par contre, nous trouvions le tracé rouge de la Via Alpina trop long et avec des choix parfois discutables. Suite aux retours de Bruno et Shanx, nous avons finalement choisi comme trace de base de suivre les 600 premiers kilomètres de l'itinéraire rouge de la Via Alpina jusqu’à Airolo, puis de reprendre telle quelle la trace proposée par Bruno en 2015 jusqu’à Menton.

Bien évidemment, nous avons adapté cette trace sur le terrain en fonction des aléas météos et des conseils prodigués par les locaux et gardiens de refuge, même si l’itinéraire de base n’était finalement pas loin d’être idéal! Nous avons finalement bouclé la traversée en environ 1800km et 105.000m de dénivelé et sommes très satisfaits des chemins empruntés. Il nous a fallu 60 jours pour parcourir cette trace, dont 3 zéros (J9, J18 et J27) et 4 demi-journées de moins de 5h (J17, J34, J52 et J60). Les journées furent par ailleurs de plus en plus longues et rapides, le corps se renforçant de jour en jour et les jambes finissant par ne plus vraiment se fatiguer.

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Pour la cartographie, nous avons utilisé 3 applications sur téléphone:

  • OsmAnd pour l’Italie, l’Autriche, la Slovénie et les différents commerces dans les villages

  • SwissMobile pour la Suisse: l’application est juste fantastique et il serait dommage de se priver d’un tel outil

  • IphiGéNie pour la France: idem, cela serait dommage de ne pas avoir accès aux IGN

Nous n'avions pas de backup papier mais bien un deuxième téléphone avec également les cartes OsmAnd hors ligne.

Nous conseillons, en plus de ces trois applications, PeakFinder qui est vraiment très sympa pour identifier les sommets qui nous entourent et qui fonctionne hors connexion dans sa version payante.


Logement et ravitaillement
Nous avons finalement passé 59 nuits sur les chemins: 41 bivouacs (36 sous tente, 5 en abri), 8 en refuge et 10 en hôtel ou guest house. Cela représente plus de nuit en « dur » qu’anticipé, mais la météo maussade de fin juillet et les quelques jours offs nous ont souvent poussés à opter pour ce confort.

Le parcours est parsemé de villages et nous avons fait le choix de redescendre relativement souvent en vallée pour éviter de porter trop de nourriture et avons ainsi pu limiter les ravitaillements entre 2 et 4 jours maximum. Nous complétions souvent ces ravitaillements avec des desserts et des boissons en refuge.

L’eau est abondante et souvent de bonne qualité: nous n’avons jamais porté plus d’un litre chacun au cours de cette traversée!

Enfin et pour donner une idée, le budget total de cette traversée est de 2500€ par personne environ, hors matériel mais incluant les billets de train, l’envoi d'un colis, les abonnements aux applications cartographique et à Garmin inReach, la nourriture et les nuitées en dur. Cela constitue probablement une fourchette haute de dépense puisque nous avons pas mal dormi en refuge et guest house et avons très souvent consommé dans les refuges rencontrés.

Dernière modification par Noiky (22-09-2021 13:53:02)

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#2 14-09-2021 17:40:23

Noiky
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

La liste

Nos listes sont à lire ensemble, puisque certains items sont communs: abri, polycree et piquets, pharmacie, kit réparation, recharge électrique. Le fait d’être à deux permet d’économiser environ 200g chacun en mettant en commun ces équipements.

Remy4036Alix3274
Portage803476
Sac à dos3F UL Gear Trajectory 35 (modifié)725ALD Hybride 30399
Sac étancheSea-to-summit UltraSil 13l40ALD Sakasek34
Sac bouffeSea-to-summit M (9L)23Sea-to-summit S (6L)20
Stuff bagSea-to-summit XS (4L)15Ziplock Ikea 1.2L7
BoiteBoite pour bouchons d'oreilles16
Bivouac1478912
AbriTarptent toile ext.580
Piquets8 en alu + étui70
Tapis de solPolycree, 1 feuille non recoupée53
Sac de couchageCumulus x-lite 300 custom (+20g duvet)558Cumulus x-lite 300 custom (+50g duvet), dans sa housse573
MatelasNeoAir Xlite Small217NeoAir Xlite Women339
Vêtements9781062
Vest imper-respiOR Helium Rain167Patagonia Storm Racer207
DoudounePatagonia Micropuff250Patagonia Down Sweater Hoody374
T-shirt MLPatagonia Capilene Thermal Zipneck165Icebreaker ML Merino 260224
Pantalon de pluieMontane Minimus Pants135OMM Womens Halo69
Collant nuitRab Merino 120120Icebreaker Culotte Siren36
ChaussettesNo-name, sport34Stance Womens Fluorite Hike Socks70
BonnetBuff Midweight Merino Wool32North Face léger33
GantsPatagonia Capilene24Montane W Prism Gloves49
MouflesMontane Prism Mitts51
Cuisine et eau9489
Boite pour bouffe froidePot fromage blanc 500g x232
CuillèreD4 plastique x216
Ziplocksx816x48
Contenant huileBouteille jus de citron20
Micropur50 pastilles5
GourdeBouteille PET 1L17Bouteille PET 0,5L x228
Reserve eauPlatypus 2l41
Hygiène & Pharmacie44312
Brosse à dentsEn bambou x2, dans sac congelation20
DentifricePastilles Lush Ethifrice x40 + contenant32
PeigneBrosse à cheveux Barbie5
Coupe-onglesVictorinox11
Baume lèvreLabello rempli14
Crème solaireFlacon 50ml rempli70
PharmacieQuelques médicaments (détails plus bas)18
Pince à épilerPrise sur un couteau suisse Victorinox1
Pilules contraceptivesEn vrac dans ziplock dédié9
Cup menstruelleDans ziplock14
SakacacaTrowel The Deuce + 3 ziplocks32
PQ18
Pee-ragMouchoir en tissu + ziplock24
MouchoirMouchoir en tissu10
EssuieNabadji Small40Nabadji recoupé 40x40cm30
Gant de toiletteDIY microfibre4DIY microfibre4
Recharge électrique2110
PowerbankAnker 6700mAh123
PriseAnker double USB rapide43
Cables USBGarmin14
Iphone (1m)19
MicroUSB (30cm)12
Divers428423
FrontaleNitecore NU25 élastique modifié31Nitecore NU25 élastique modifié30
Boule quies1 paire dans ziplock4
Lunettes de soleilClip solaire (8g) + coque (29g)37Etui lunettes33
PapiersZiplock mini, CI, CB, masque18Sac congelation, CI, CB, masque15
SmartphoneiPhone 11 (202g) + coque (36g)238iPhone SE (118g) + coque (17g)135
Kit réparationDétails plus bas24
LiseuseKindle186
Balise satelliteGarmin inReach Mini100

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Portage

Deux sacs à dos très différents:

  • Un ALD Hybride 30 pour Alix, qu’elle a trouvé extrêmement pratique et confortable jusqu’à 6kg, un peu moins au-delà (mais cela n’arrivait presque jamais)

  • Un 3F UL Trajectory 35 pour Rémy, plus lourd mais qui contient une vraie armature et reste donc confortable au-delà des 8kg

Pour le rangement dans le sac, nous avions :

  • Un sac étanche chacun pour y mettre notre duvet et vêtements de bivouac

  • Un sac pour la nourriture, respectivement des STS UltraSil 9l et 6.5l

  • Un autre stuffbag : STS UltraSil 4l pour Rémy, Ziplock 1.2L pour Alix dans lequel elle range le nécessaire d’hygiène, de pharmacie et le kit de réparation

  • Une petite boite de bouchons d’oreilles pour y loger les ciseaux et les aiguilles pour qu’ils n’abiment rien, ainsi que les médicaments sous blisters pour qu’ils ne s’ouvrent pas.


Bivouac

L’abri deux places est une toile en sylnilon qui offre un espace habitable très spacieux pour deux personnes. Les sardines alu carrées fonctionnent bien (9g / pièce). Elles ont été remplacées puisque perdues et 3 des nouvelles sardines ont été pliées. Nous en portons 8 puisque l’abri en nécessite 6 + 2 optionnelles que nous n’avons cependant jamais mises.

La bâche de sol en polycree a tenu l’ensemble de la traversée et n’a nécessité que 4 réparations au ducktape. Elle était cependant pliée en 8 dans le sens de la largeur puis roulée dans le sens de la longueur soigneusement chaque matin pour la préserver.

Les matelas NeoAir X-lite Small et Woman nous donnent entière satisfaction, et Rémy se contente très bien des 120cm du sien en posant ses genoux et pieds sur le sac à dos.

Les sacs de couchage Cumulus X-Lite sont chargés respectivement à 320g et 350g, ce qui nous semble le compromis idéal pour ce genre de projet. Nous avons dormi par des températures d’environ 0 degré (rosée gelée autour de la tente le matin) mais nous n’avons jamais eu froid avec le baselayer chaud et avions encore les doudounes comme marge de sécurité supplémentaire en cas de température négative.


Vêtements

Nous sommes extrêmement satisfaits de tous nos choix et de tous les items utilisés: hormis le T-shirt d’Alix (loin d’être neuf au départ), tout est en très bon état et prêt à nous accompagner pour nos prochaines aventures! Nous discutons donc ici plutôt des choix de ‘systèmes’ utilisés plutôt que de revoir les références choisies.

Pour le haut:

  • T-shirt MC léger, toujours porté en première couche en actif, seul lorsque la météo le permet afin d’être le plus aéré possible

  • Baselayer chaud ML, utilisé en première couche au bivouac et pendant la nuit, mais également en micropolaire en actif ou pendant les pauses de la journée

  • Veste imper-respi

  • Doudoune, exclusivement portée le soir au bivouac mais qui offre également une marge de sécurité en cas de conditions vraiment difficiles la journée ou de températures négatives la nuit

Pour le bas:

  • Un short court et léger avec caleçon intégré: très respirant, toujours porté en première couche en actif

  • Un pantalon de pluie, contre la pluie mais aussi le matin contre le froid ou porté par-dessus les vêtements de bivouac pour les protéger le soir. Il peut même être porté nu lors des lessives en ville.

  • Un collant + chaussettes légères pour Rémy et une culotte + chaussettes épaisses pour Alix, réservées exclusivement au bivouac; le collant peut probablement être remplacé par un caleçon court plus léger

Chaussant:
Nous sommes très satisfaits des baskets Altra (modèles Timp et Lone Peak) et des chaussettes à doigts Injinji. Cette combinaison empêche les frottements entre les orteils et permet à l’avant du pied d’avoir beaucoup de place. Aucune douleur ni ampoule aux pieds n’est à déplorer sur l’ensemble du parcours.

La durée de vie des chaussures et des chaussettes est de 1000km environ. Ces items ont donc été remplacés à mi-distance via un colis préparé avant notre départ.

Accessoires:

  • Une casquette, pratique pour le soleil et la pluie vu le port de lunettes

  • Un bonnet léger, complété au besoin par les capuches des vestes de pluie et de la doudoune d’Alix

  • Des gants/moufles chauds, coupe-vent et relativement résistants à la pluie: gants Montane Prism avec Primaloft Gold et membrane en Pertex pour Alix, moufles du même modèle pour Rémy avec des gants fins en première couche.


Cuisine et eau

Nous avons fait le choix depuis plusieurs années de manger froid et non varié lors de nos randos, et nous sommes végétariens. Le menu est donc toujours le même:

  • Petit-déjeuner: muesli sec agrémenté de pépites de chocolat

  • Déjeuner: Tortillas (ou pain/crackers si non disponible) avec tartinade (hummus, guacamole, tapenade, Philadelphia, …) ou fromage en tranche

  • Dîner: couscous réhydraté à froid avec mélange d’épices, huile d’olive et mélanges d’oléagineux et fruits secs

  • Snacks: barres chocolatées, bonbons, cacahuètes ou noix de cajou grillées et salées

Nous n’avons ressenti aucune lassitude par rapport à ce menu et avons apprécié chacun des 45 couscous de cette traversée ? Nous avons néanmoins profité de nos passages en villes pour quelques restos et avons pris deux fois un repas du soir en refuge. Nous complétions également cette liste par des soupes, strudels et tartes à la myrtille dans les refuges où nous nous arrêtions.

L’avantage de ce menu est qu’il nécessite très peu de matériel: une dizaine de ziplocks pour repackager l’ensemble (hormis le déjeuner et les barres), un pot de fromage blanc 500g chacun pour le couscous (16g pièce), et une cuillère en plastique chacun (8g pièce).

Pour l’eau, nous étions partis avec un filtre BeFree que nous avons renvoyé au 18e jour et remplacé par des Micropur Forte: le débit du filtre était trop faible et son utilisation souvent dispensable, puisque nous trouvions de l’eau dans les fontaines des villages, des refuges ou dans des sources propres. La solution Micropur s’avère donc plus pratique et plus légère pour nous. Les contenants sont de simples bouteilles en plastiques qui ont tenu toute la traversée: 2x50cl dans les poches du gilet pour Alix, 1x1l pour Rémy sur le côté de la poche filet du sac. Nous avions également une Platypus 2l pour deux mais ne l’avons jamais utilisée. Ceci est également possible grâce à une consommation réduite au bivouac: nous buvons peu le soir pour ne pas à avoir à nous lever la nuit, le couscous ne demande que 125ml par personne et la vaisselle n’est pas nécessaire puisque nous mangeons toujours le même plat dans nos gamelles.


Hygiène et pharmacie

Quelques commentaires en vrac sur cette partie plutôt classique :

  • Nous utilisons lors de toutes nos randos des pastilles de dentifrice solide Lush – 1 pour 2 suffit pour un brossage et nous avions mis la moitié des pastilles nécessaires dans le colis envoyé à mi-distance

  • La pharmacie est plutôt sommaire : Compeed x4 (9g), Immodium x2 (1g), Paracetamol 1g x2 (2g), Ibuprofen 600mg x4 (5g), stéristrip x2 (1g). Nous avons utilisé sur la traversée un Compeed et 1g de paracétamol, et aurions donc pu partir plus léger.

  • Le sakacaca permet d’être le plus « Leave No Trace » possible lors de la grosse commission : une pelle pour creuser un joli trou, un ziplock avec le papier propre, un pour le papier sale (jeté aux prochaines toilettes rencontrées), le tout dans un sac plastique. Nous ne l’avons utilisé que 5 fois en tout, tant nous rencontrions chaque jour des toilettes (refuge, village, bar/restaurant) qui sont à la fois plus confortables et traitent mieux les déchets organiques.

  • Le gant de toilette permet de se laver les pieds et les jambes avec très peu d’eau (~250ml par personne) le soir avant d’enfiler les vêtements de bivouac et de se mettre dans les duvets. L’essuie est suffisamment grand et absorbant pour se sécher entièrement lors d’une douche.


Recharge électrique

Nous avons opté pour la recharge par prise (supermarché, bars, restaurants, refuges) plutôt que solaire, et avions une seule solution de recharge pour deux. Les appareils électriques emportés étaient les deux smartphones, une Kindle, deux lampes frontales, une montre GPS et une balise satellite.

Le matériel utilisé était composé d’une prise double USB recharge rapide, une batterie 5200mAh, et trois câbles : un microUSB court, un Apple Lightning 1m et le câble propriétaire de la montre GPS Garmin. Nous avons toujours trouvé de quoi charger à temps.


Divers

Pas grand-chose à dire: nous emportons quand même une frontale chacun pour plus de confort dans les refuges et s’il faut monter l’abri ou marcher la nuit.

Le kit de réparation contien de la cordelette (7g), du tenacious tape (10g), des mini-ciseaux (4g), une mini-boite d'allumettes (2g), et du fil + 2 aiguilles (1g). Nous nous sommes servis uniquement du tenacious tape pour le polycree et des mini-ciseaux.

La liseuse et la balise satellite sont bien entendu dispensables, mais la liseuse permet de lire plus confortablement que sur l’iPhone SE tout en étant moins énergivore, et la balise permet aux proches d’être rassurés et de pouvoir suivre notre périple en temps réel.


Changements en cours de route

Les deux changements effectués en cours de route furent le renvoi de nos micro-crampons finalement jamais chaussés (Vargo Titane – 138g et ChaisenTrail – 173g) ainsi que la Katadyn BeFree (88g) remplacée par des Micropur Forte (5g) et une bouteille en plastique 0.5L (15g).

Nous avons également reçu à mi-parcours un colis en poste restante, préparé avant notre départ et qui contenant de nouvelles chaussures et chaussettes ainsi que des ziplocks de remplacement et la seconde moitié de nos pastilles de dentifrice. Nous avons également dû remplacer les sardines (par un modèle équivalent) pour cause de perte.

Dernière modification par Noiky (14-09-2021 18:04:08)

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#3 14-09-2021 18:21:09

Serval
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Chouette ! big_smile

Listes très abouties, rien à redire de ma part (et quelques idées à prendre comme la boîte de bouchons d'oreilles pour protéger aiguilles et médocs, merci).

Maintenant, la suite !


(Modification non justifiée = orthographe, typo, etc.)
Trombi | GR34 : de Concarneau à Auray | De Paris au Salento : Liste 2020/Récit 2020/Récit+Liste 2021 |
« Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans [les voyages] que j'ai faits seul, et à pied. » (J.-J. Rousseau)

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#4 14-09-2021 20:16:35

WouinWouin
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Je me réjouis de lire votre récit !

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#5 15-09-2021 09:36:41

tolliv
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Merci pour ce retour de matériel.
Par contre, je suis surpris par le coût de 2500€ par personne sans le matériel. Je le trouve important.


"La vie est trop courte pour être petite"

Mes récits désopilants publiés sur RL : la liste ici
Mes bricolages et idées saugrenues : la liste ici

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#6 15-09-2021 09:55:03

Shanx
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Ah tiens, voilà un récit qui va me rappeler quelque chose. big_smile

tolliv a écrit :

#626407Merci pour ce retour de matériel.
Par contre, je suis surpris par le coût de 2500€ par personne sans le matériel. Je le trouve important.

Sur le CDT j'avais calculé 1000€/mois, là ils sont à 1250€ avec proportionnellement plus de nuits en dur que moi et des prix probablement plus élevés (surtout que j'avais souvent partagé la chambre à 3).


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
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#7 15-09-2021 13:32:57

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Bravo pour avoir complété votre programme smile , et impatient de lire votre récit wink !


Sitôt sorti de maladie, on oublie son médecin. La gratitude est la mémoire du cœur, merci  smile ... encore hmm

Liste 3 kg - 3 saisons en tableau
Liste en images (à mettre à jour)
Trombi & récits

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#8 17-09-2021 15:50:25

Noiky
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Partie 1 - La Slovénie: 8 jours, 248km, de Trieste à Thorl Maglern
Jour 1: Trieste - Après Matavun

Après une photo prise sur l’avancée du quai, nous lançons la montre GPS et nous élançons. L’aventure commence. Nous traversons la ville pour vite rejoindre un parc qui nous en fera sortir. Ces premiers kilomètres sont donc plus agréables que ce que nous avions imaginés puisque nous sommes rapidement seuls et relativement isolés du bruit urbain. Nous prenons vite de la distance et nous retrouvons dans les bois. Une fois la frontière slovène passée, nous progressons au milieu des champs, traversant régulièrement de petits villages. Nous profitons de l’ombre d’un arbre dans un pré ouvert pour faire la pause midi. La deuxième partie de la journée est marquée par la vue sur un splendide village slovène au bord d’une falaise. Une cascade est visible en contre-bas, ce qui attire de nombreux touristes : marchant sur des passerelles, ils observent l’eau brune dévaler avec force. Nous installons l’abri dans une clairière, loin de toute civilisation. Le couscous est préparé et dégusté sous la lumière déclinante : le premier d’une longue série.

Stats du jour: 33km, 883 D+, 369 D-, 7h10 de marche.

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Au départ, à Trieste

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Village slovène typique

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Un joli village sur un promontoire rocheux

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Premier bivouac de la traversée!



Jour 2: Après Matavun - Avant Hrusica

Nous replions l’abri et partons en prenant soin de ne pas laisser de trace. Nous traversons un hameau avant d’opter pour un arrêt dans un village pour boire un café et un thé et se brosser les dents. Nous parvenons difficilement à communiquer avec les locaux : nous accompagnons nos paroles de signes. Rémy parvient toutefois à capter le nom d’un coureur cycliste slovène : c’est le tour de France et les messieurs attablés à côté de nous, doivent débattre de l’étape de la veille.

Le muesli ingéré, nous prenons le chemin vers le Mont Nanos, premier véritable montée du périple. Nous remplissons les gourdes au robinet d’un cimetière au pied avant de nous lancer. Il y a plusieurs itinéraires possibles pour cette ascension. Nous choisissons le plus raide et le plus rapide: nous ne manquons jamais une occasion de bien transpirer. Il n’y a pas de véritable difficulté technique à part une petite section avec quelques poignées et câbles. Le sommet est assiégé d’antennes de télévision et la vue est loin d’être mémorable. Dégoulinants et affamés, nous profitons de la présence de tables et de bancs pour dévorer un lunch bien mérité avant d’entamer la descente à travers la forêt.

Pris dans nos pensées, nous loupons une intersection et nous retrouvons sans chemin clair. Il nous faut rebrousser chemin et couper à travers le bois avant de retomber sur le bon sentier. Une fois en bas, nous évoluons à nouveau à travers champs et hameaux. Nous profitons d’une source d’eau dans un village pour une toilette de chat. Plus loin, nous découvrons le château de Predjama, magnifique: il est flanqué contre une paroi rocheuse, partiellement érigé à même une grotte. Les touristes se déplacent jusqu’à ce patelin pour admirer la construction.

La quête du 2eme bivouac est plus ardue. Nous pensons tout d’abord nous installer dans une prairie mais celle-ci est pleine de tiques. Après en avoir compté une vingtaine en train de remonter le long des jambes d’Alix, nous fuyons l’endroit. Ceci s’avère une excellente décision puisque nous débusquons une belle aire bien camouflée dans la forêt et surélevée par rapport à la piste. Des troncs sont même disposés comme sièges de fortune.

Stats du jour: 31km, 1493 D+, 1235 D-, 7h37 de marche.

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Le chateau de Predjama

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Bivouac en forêt



Jour 3: Avant Hrusica - Après Ledine

Après une bonne nuit, nous passons un col avec quelques ruines romaines. Nous traversons quelques villages dont les maisons arborent toutes de magnifiques potagers bien rangés. Nous profitons de la disponibilité des toilettes publiques d’une petite station de ski pour se débarbouiller : quel luxe ! Malgré quelques gouttes de pluie, nous décidons de pousser jusqu’à Idrija, une ville plus grande avec des magasins et des restaurants, avant de s’arrêter pour manger. Nous subissons une pluie tolérable et intermittente jusque-là.

Alors que nous sommes à moins de 500m d’une maison et que nous parlons activement, un animal imposant se presse bruyamment dans les buissons. Nous nous arrêtons net et observons : un très bel ourson traverse le chemin une dizaine de mètres devant nous. Nous sommes heureux mais apeurés sans savoir de quel côté du chemin se trouve la maman. Nous faisons du bruit et nous nous décidons finalement à avancer. Nous n’apercevons plus d’ours et nous éloignons rapidement.
La descente est ensuite escarpée ; le chemin dessine des lacets serrés à travers la forêt jusqu’à déboucher sur une cascade. Les derniers lacets jusqu’à Idrija s’effectuent le long d’un petit ruisseau sur une belle piste piétonne bordée d’arbres. La petite ville est entourée de collines abruptes, verdoyantes. Une église surplombe le centre de toute sa superbe. Un chemin de croix la jouxte.

Nous effectuons à Idrija une très longue pause “all-you-can-eat” dans une échoppe : pizza, toasts végétariens et part de gâteau nous comblent. Nous faisons le plein de provisions et nous nous remettons en route. La pluie retombe brusquement pour s’interrompre quelques minutes plus tard. Nous nous sommes heureusement mis à l’abri sous un porche. Ca y est, nous pouvons commencer l’ascension raide pour sortir de la ville. Le chemin sillonne tout d’abord entre les jardins des citadins pour débusquer ensuite sur la forêt. Nous prenons rapidement de la hauteur.

Après quelques erreurs d’orientation dans les bois, nous retrouvons les champs et les hameaux. La lumière décline et il nous faut trouver un endroit où dormir. Après un long temps sur une route et la succession de deux villages, nous résistons à la tentation de dormir dans un abribus ou une église et nous trouvons enfin à 20h30 un lieu tranquille de bivouac dans les bois.

Stats du jour: 40,4km, 1405 D+, 1325 D-, 9h07 de marche.

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L'église et le chemin de croix qui surplombent Idrija



Jour 4: Après Ledine - Petrovo Brdo

Il pleut mais nous sommes d’humeur chantante ce matin. Nous nous extasions face aux magnifiques potagers qui bordent chaque maison et aux églises bien entretenues qui dominent chaque village.

Nous profitons de l’escalier abrité d’une grange isolée pour déjeuner à l’abri de la pluie. C’est alors qu’un vieux monsieur sort de la maison adjacente et s’assoit devant sa porte en nous regardant. Nous avons enfin appris comment dire bonjour en slovène et en profitons pour sortir un enthousiaste “Dober Dan” (bonjour en slovène) auquel le local ne répond pas. Nous décidons de vite terminer notre muesli, remettre nos capuches et poursuivre notre route. Nous ne savons pas si nous le dérangions ou non.

Le paysage devient de plus en plus vallonné et nous devinons au loin le profil des premières montagnes. Au détour d’un chemin en arrivant près Dolenji Novaqui, nous tombons sur Renou, un canadien de Terre-Neuve qui vit actuellement à Stuttgart en Allemagne. Nous décidons de manger ensemble dans une auberge. Le repas est délicieux. Nous prenons des plats typiques : une soupe d’asperge, des zlikrofi aux champignons et un gibanitsa de Prekmurje en dessert.

Nous avons l’occasion de digérer ce copieux lunch lors de l’ascension du Porezen: 1000m de dénivelé positif qui grimpent sec. La vue au sommet est splendide mais le vent froid nous mord le visage. Nous trouvons refuge sur un petit banc où notre trio en profite pour s’abreuver et manger une barre chocolatée. Renou aère également ses pieds qui sont dans un état catastrophique, lié à des chaussures inadaptées et humides.

Nous croisons le très beau refuge du mont Porezen, à peine plus bas que le sommet dont la vue sur le Triglav doit être incroyable par temps clair. Nous ne nous y arrêtons pas et redescendons de 1000m pour gagner un refuge-camping. Le tenancier haut en couleur nous accueille chaleureusement et nous indique l’aire de bivouac. Nous sommes impressionnés de découvrir la tente de Renou qu’il a lui-même cousue. De retour près du tenancier pour se renseigner concernant la météo et la montée du lendemain au refuge de Crna Prost, il nous offre à tous trois un shot de vodka que nous n’osons refuser. Une bonne douche chaude nous décrasse avant que nous nous attablions pour le couscous du soir. Nous ne tardons pas à aller dormir car nous avons avancé l’heure de réveil du lendemain suite aux recommandations du gardien.

Stats du jour: 33,5km, 1896 D+, 2000 D-, 8h32 de marche.

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La campagne slovène

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Un des premiers élevages bovins du tracé

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Au mont Porezen, premier passage à plus de 1500m!



Jour 5: Petrovo Brdo - Koca na planini Razor

Renou s’est réveillé à 5h pour prendre un peu d’avance. Nous quittons les lieux seulement à 6h40 pour une ascension raide jusqu’au refuge de Crna Prst à 1818m d’altitude. Le sentier est étroit, entourée d’arbustes et de fleurs. Nous entrevoyons les oreilles d’un chevreuil sur une petite crête. Nous arrivons rapidement au refuge en un peu plus de 3h et nous sommes étonnés de ne pas y croiser notre ami - celui-ci arrivera 40min plus tard après s’être trompé de chemin. Entretemps, nous avons englouti un apfelstrudel chacun, tortillas et muesli. Nous n’avions mangé que deux biscuits depuis le réveil.

Après une bonne pause, nous quittons le refuge car nous avons encore un long trajet à parcourir. Le parcours est technique et escarpé. Il suit une crête sur plusieurs kilomètres. Renou nous rejoint rapidement, ne voulant pas faire cet itinéraire périlleux seul. Nous sommes assaillis par moment par de violentes bourrasques de vent. Il nous faut rester bien cramponner à nos bâtons et continuer à avancer. Les paysages sont fantastiques sur les Alpes Juliennes - seul le Triglav reste dans les nuages.

Nous faisons peu de pauses et ne perdons pas de temps en espérant échapper aux intempéries prévues fin d’après-midi. Nous observons la table d’orientation au sommet du Rodica puis filons rapidement jusqu’au mont Sija où nos chemins avec Renou se séparent. Celui-ci doit acheter de nouveaux souliers et descend donc en direction du lac de Bohinj, alors que nous restons sur la crête.

Nous poursuivons notre chemin jusqu’au sommet du Vogel où le temps se gâte et le tonnerre se met à gronder. Nous descendons aussi vite que possible sous la pluie les 600m de dénivelés qui nous séparent du refuge Koca na Planini Razor. Nous sommes seuls pour la nuit dans cette auberge - pas l’ambiance de refuge espérée mais nous sommes au sec.

Stats du jour: 25,7km, 2305 D+, 1835 D-, 8h16 de marche.

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Apfelstrudel au refuge de Crna Prst

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Un joli sentier qui longe la crête

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Jour 6: Koca na planini Razor - Koca na Dolicu

Nous passons dès le matin le col de Globoko. La matinée est époustouflante: nous longeons seuls une crête avec une vue directe sur le Triglav enfin visible et son massif. Nous nous arrêtons au refuge Dom na Komni après 3h pour une pause apfelstrudel. Nous partons ensuite sur l’itinéraire des sept lacs. Nous croisons alors plus de randonneurs à la journée. Nous nous arrêtons ensuite au refuge Triglavski pour la pause midi et retrouvons par surprise notre ami Renou. C’est donc à trois que nous continuons la route et nous lançons dans la dernière ascension de la journée. Après le passage du col, nous arrivons sur un plateau enneigé où nous observons de petites perdrix de montagne. La descente vers le refuge Koca na Dolicu est ardue, mêlée de passages rocailleux abruptes et de traversées de névés. Nous arrivons néanmoins sans incident au magnifique refuge pour profiter des derniers rayons autour d’un verre. Nous renonçons à poursuivre la descente au vu de la lumière déclinante et de la bonne ambiance du refuge dont nous souhaitons profiter, et décidons d’y loger. Nous mangeons le soir avec un charmant couple de français en vacances dans la région. Lorsque nous leur expliquons notre projet, ceux-ci répondent « Eh bien, il faut aimer ça ! ». Cela nous fait sourire et nous passons une chouette soirée à discuter avec eux.

Stats du jour: 27,1km, 2013 D+, 1234 D-, 8h02 de marche.

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Le Triglav et son massif

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Les magnifiques chemins

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Le refuge Trivlaski

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Avec notre ami Renou



Jour 7: Koca na Dolicu - Slimenova spica

Après une bonne nuit dans une chambre commune, nous partons rapidement pour une longue descente de 1500m vers la petite ville de Trenta. Le début de la descente est escarpé et marqué par la traversée de plusieurs névés, mais la suite est beaucoup plus roulante. À Trenta, nous restons presque 3h30 pour prendre un café́, nous ravitailler et déjeuner. L’épicerie est petite mais comporte tout ce dont nous nécessitons. Nous y prenons un bon lunch composé de pain frais, tomates cerises et fromage local.

Nous remontons ensuite aux abords d’une rivière aux eaux turquoise ; ce lieu semble renommé au vu des quelques touristes que nous y croisons. La chaleur et la clarté de l’eau finissent par nous convaincre de nous y rafraîchir! Quel bonheur de se sentir frais et moins sale ! Nous terminons la montée par le passage du col routier du Vrsic où nous retrouvons Renou. Quelques moutons se baladent sur la route et empêche les voitures de progresser : la scène est amusante.

Nous poursuivons pour atteindre le col du Vratca à 1800m, et nous nous arrêtons finalement pour souper au sommet du Slemenova Spica. Nous sommes avec Renou mais isolés du reste du monde et avec une magnifique vue à 360 degrés sur les montagnes et la vallée. Nous y installons notre bivouac une cinquantaine de mètres en contrebas, toujours dans cet environnement magique. La lumière couchante offre un spectacle grandiose sur les parois rocheuses.

Stats du jour: 27,1km, 1418 D+, 1669 D-, 6h34 de marche.

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Les eaux du Isonzo

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Les montagnes se font plus marquées

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Un magnifique spot de bivouac



Jour 8: Slimenova spica - Thorl Maglern

Nous sommes réveillés vers 3h du matin par deux lampes frontales. Les deux personnes se dirigent vers le sommet d’où̀ on entend de la musique: probablement des artistes venus tourner un clip!

Vers 6h30, d’autres personnes arrivent déjà̀ alors que le réveil sonne. Nous nous levons et nous empressons de démonter le camp et de démarrer l’étape. Le début du sentier nous offre une magnifique vue sur une mer de nuages en contre-bas. Nous descendons rapidement par un sentier dont une partie emprunte un large ébouli, et atteignons Dom Planica, un centre d’entrainement important pour le ski nordique. Nous nous arrêtons pour prendre notre petit-déjeuner devant les tremplins de saut à̀ ski où des jeunes s’entrainent: c’est vraiment impressionnant!

Cinq kilomètres plus loin, nous rejoignons Podkoren où nous profitons de la terrasse d’un charmant hôtel pour boire un thé et un café et profiter des sanitaires. Ensuite, une longue ascension nous emmène au point des 3 frontières entre l’Italie, l’Autriche et la Slovénie. L’endroit est touristique puisqu’un télésiège permet d’y accéder sans effort. Nous y déjeunons, puis quittons pour de bon la Slovénie et entrons en Autriche.

Nous décidons de nous arrêter à Thorl Maglern et de s’accorder une journée off le lendemain. Les deux hôtels du village sont fermés, mais nous découvrons un écriteau devant une maison et dégotons une chambre chez l’habitant. C’est un charmant couple d’octogénaires autrichiens qui nous accueille. Il nous faut recourir à̀ Google Translate pour échanger avec eux car malheureusement ils ne parlent pas anglais et nous pas allemands. Après une agréable (et nécessaire) douche chaude et l’ensemble de nos vêtements donnés à lessiver à notre hôte, nous partons en pantalon de pluie et doudoune pour diner. Nos hôtes nous ont recommandé une pizzeria à 700m du logement mais en Italie ; il suffit de traverser la frontière austro-italienne à pied. La pizza est absolument délicieuse, et nous y ajoutons même une pizza au Nutella – qu’il appelle ‘antidepressiva’ – en guise de dessert. Quelle aubaine ce logement, et ce repas!

Stats du jour: 30,6km, 880 D+, 2043 D-, 6h57 de marche.

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La mer de nuages

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Descente dans la caillasse le long d'un épais névé

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Les tremplins de Dom Planica

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La triple frontière!



Jour 9: Thorl Maglern (journée off)

Nous nous occupons comme nous pouvons en laissant récupérer nos muscles, un peu fatigués quand même par cette première semaine de marche. Nous passons ainsi le plus gros de la journée allongé dans le lit à donner des nouvelles via les réseaux sociaux et à téléphoner à nos proches.

Nous en profitons également pour nous faire plaisir en retournant une deuxième fois à notre pizzeria préférée le midi, avec à nouveau une antidepressiva au menu. Cette fois-ci, nous y allons avec des vêtements propres qui sortent de la lessive : tout de même plus agréable !

En guise de repas du soir, nous mangeons la traditionnelle semoule: de quoi nous préparer pour le lendemain!

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[center]La fameuse antidepressiva

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#9 17-09-2021 16:30:07

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Salut Noiky,

Mince, après seulement un post de retex, vous avez presque déjà rattrapé mon récit  lol !

Que je regrette de n'avoir pu rester sur les crêtes après Crna Prst, mais vos photos viennent combler ce manque ...

J'ai découvert la pizza au nutella à Sillian au bout des Alpes Carniques : la mienne était nappée de chantilly et décorée de framboises  tongue  tongue  tongue

Dernière modification par Hervé27 (17-09-2021 16:30:44)


Sitôt sorti de maladie, on oublie son médecin. La gratitude est la mémoire du cœur, merci  smile ... encore hmm

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#10 22-09-2021 13:06:42

Noiky
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Partie 2 - Les Alpes Carniques et les Dolomites: 8 jours, 222km, de Thorl Maglern à Valdaora
Jour 10: Thorl Maglern - Avant Egger Alm

Le début de journée est marqué par plusieurs ascensions raides dans les bois. Ici, pas de lacets : on monte droit dans la pente ! Celui qui passe en premier a également la chance de nettoyer le sentier de ses toiles d’araignée. Nous passons ensuite la journée à slalomer dans les alpages entre les petites bornes de délimitation de la frontière austro-italienne.

Nous déjeunons à Feistritzer sur la terrasse d’un refuge. Nous reprenons ensuite le chemin en passant par de petits hameaux d’alpage aux jolis chalets tout en bois. Vers 17h, une violente averse s’abat sur nous. Nous nous abritons sous des arbres et y restons une vingtaine de minutes, le temps que la pluie cesse. Nous poursuivons et plantons finalement l’abri dans un alpage, à distance raisonnable du bétail et à proximité des arbres pour être peu visibles. Nous terminons notre plus grosse journée depuis le départ : près de 32km et 2400m de dénivelé !

Vers 3h du matin, le bruit d’une sonnaille proche réveille Rémy. Nous sortons pour tenter de repousser la vache, mais rapidement ses copines rappliquent. Une trentaine de vaches sont regroupées autour de la tente, museaux presqu’au contact de la toile. Ne sachant pas quoi faire, nous nous écartons de la tente en espérant que les vaches nous suivent et n’abiment pas nos affaires. La stratégie fonctionne. Nous décidons finalement que Rémy va replier la tente et les sacs pendant qu’Alix maintient les vaches à distance - en culotte, seins nus et en baskets à galoper dans les prés en pleine nuit. Mission accomplie, nous fuyons la prairie et terminons notre nuit deux km plus loin sur le long banc du petit hameau de Egger Alm.

Stats du jour: 31,7km, 2436 D+, 1689 D-, 8h29 de marche.

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Jour 11: Avant Egger Alm - Kleinekordinalm

Après cette fin de nuit agitée, nous nous réveillons à 6h du matin par les activités débutantes du village, notamment la traite des vaches. Nous remballons nos duvets, refaisons les sacs et remplissons nos gourdes avant de repartir sur les sentiers. Le premier objectif du jour est la station de ski de Nassfeld où nous avons prévu de nous ravitailler. Le sentier varie, commençant par une piste puis par un sentier étroit rocailleux à flanc de colline pour terminer dans les bois et les alpages. Cela nous permet de retrouver nos charmantes amies les vaches qui mugissent pour une raison inconnue. Nous frissonnons au souvenir de la nuit passée.

Nous devons passer un petit col avant de plonger sur la station. Grâce à notre départ précoce, nous gagnons tôt la station. L’endroit est très touristique. Nous optons pour un café-restaurant afin de regarder la fin de la course cycliste sur route olympique – où le Belge Wout Van Aert  termine 2è ! – et se délecter d’un succulent burger végétarien sur le coup de 11h! Après avoir fait le plein d’énergie (pour nos corps et nos appareils électroniques), nous nous dirigeons vers la supérette qui se trouve à deux pas. Notre déception est grande: il n’y a pas ni tortillas, ni couscous ou ramen ou purée en flocons. Nous nous rabattons donc sur du pain, du fromage et des noix comme repas pour les 4 prochains jours. Nous sommes déçus car cela pèse plus lourd mais aussi car le nombre de couscous du voyage est en jeu!

La sortie de Nassfeld n’est pas agréable: la station est fort peuplée, des gens en VTT descendent à toute allure après être montés via le télésiège. Une fois deux cols franchis, nous retrouvons le calme et l’isolement. Nous changeons totalement de décor en parcourant un chemin en balcon puis en crête. Les nuages sont de plus en plus menaçants et nous avançons d’un bon pas pour quitter la crête avant l’orage. Finalement, la pluie ne vient pas et nous posons le bivouac pour la nuit à l’écart du chemin en veillant bien d’être en dehors de l’enclos des vaches! Nous soupons en admirant un petit sommet orné d’une croix juste en face.

Stats du jour: 30,7km, 1544 D+, 1291 D-, 8h14 de marche.



Jour 12: Kleinekordinalm - Almgasthof Vanletinalm

La nuit fut bonne et sèche mais marquée par de belles bourrasques de vent. Le camp démonté, nous descendons à une auberge-crèmerie à Staniger Alm où nous agrémentons notre petit-déjeuner d’un thé et d’un café. La toile, mouillée par la rosée, sèche rapidement sur la balustrade à côté de nous. Nous repartons ensuite, direction la Zollnersee. Après une portion plus marécageuse à passer les portes “anti-vaches”, nous longeons le refuge de la Zollnersee et sa belle petite chapelle arrondie. Nous y refaisons le plein d’eau, engloutissons une barre au chocolat et repartons de plus belle à la quête du sommet du Koderkopf à 2150m. Nous faisons tout le tour d’une vallée afin de l’atteindre. Au sommet, la vue est partiellement bouchée par des nuages mais nous sommes heureux: une belle ascension est déjà derrière nous et nous n’avons pas encore de pluie!

La descente qui suit n’est pas agréable avec des passages en dévers et des herbes hautes qui cachent des trous dans le chemin ; les articulations sont fortement mises à contribution. Plus loin, le sentier est barré par un troupeau de vaches confortablement installées au milieu de hautes feuilles semblables à des plans de rhubarbe. Alix fait fuir les vaches en tapant sur ses bâtons et à coup de vocalises « pllouuute ». C’est un succès, plutôt surprenant vu notre passé avec le bétail. Nous nous élançons rapidement en remerciant les vaches et non sans se faire piquer par quelques orties. Cette descente nous semble interminable et nous désespérons un peu. Le chemin plonge enfin vers la vallée en même temps que la pluie fait son apparition. Par deux fois nous nous réfugions à l’abri des arbres vu les averses abondantes. Nous gagnons la vallée à Plockenhaus puis remontons vers Valentinalm et son auberge. Trempés et après déjà huit heures effectives de marche, nous pénétrons dans l’auberge pour prendre une pause, nous sécher et manger une soupe bien chaude.

Dehors, la pluie et le vent se déchaînent et nous entendons le tonnerre gronder. Il ne nous en faut pas plus pour nous décider à rester dormir sur place. Les tenanciers sont assez sympathiques et nous passons une soirée et une nuit de rêve: salade géante avec 2 knoedels (petits burgers de pain, fromage et épinards) comme repas du soir, douche chaude, lit douillet et petit déjeuner buffet - le grand luxe!

Stats du jour: 28,3km, 1488 D+, 1927 D-, 8h10 de marche.

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Jour 13: Almgasthof Vanletinalm - Hochweisssteinhaus

Nous partons de bonne heure le lendemain en espérant devancer la pluie pour monter à la Wolayersee et profiter du panorama. Malheureusement, les nuages sont bien présents. Après ce lac, nous sommes rejoints par Renou que nous retrouvons après plusieurs jours - ce dernier a aussi pris un jour off entre-temps. Nous commençons la descente et la pluie se met à tomber, d’abord doucement puis une grosse averse nous trempe complètement. Heureusement, celle-ci est de courte durée et le soleil fait rapidement son apparition pour nous réconforter. Nous nous arrêtons une dizaine de minutes pour sécher les vestes et profiter des rayons puis reprenons le chemin alors que les nuages reviennent rapidement. Nous franchissons les cols Giramondo et Sissanis avant d’atteindre la Casena Sissanis di Sotto. Juste avant de l’atteindre, un petit chiot noir magnifique apparaît à nos côtés au détour d’une petite cascade. Nous le surnommons rapidement Tyrol! Ce dernier nous suit jusqu’à une cabane où nous trouvons deux gamelles remplies de croquettes devant la porte. Il n’y a pas de doute, il a bien un maître et un splendide terrain de jeu pour grandir. Nous profitons du banc devant la cabane pour luncher. Tyrol à nos pieds, fait une sieste. Son frère du même âge, plus apeuré, finit par débarquer également.

Le lunch englouti, un adieu aux deux chiots et un nouveau col franchi, nous atteignons le refuge  Hochweissteinhaus. Malheureusement, le temps est bouché et il se remet à pleuvoir. La suite du parcours prévoit une section de 20km en crête où le bivouac semble difficile, et nous décidons donc d’en rester là et de prendre une nuit au refuge malgré qu’il soit encore tôt.

Le dortoir est spartiate: la chambre comprend 2 étages de 6 matelas posés les uns à côté des autres. La douche est froide. Une vraie ambiance de refuge! Nous passons une excellente soirée avec Renou, en savourant une bière locale pour Renou et Rémy ainsi qu’une délicieuse soupe au potiron très bien assaisonnée avec de la crème, de l’huile et des épices.

Stats du jour: 22,3km, 1876 D+, 1255 D-, 6h50 de marche.

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Jour 14: Hochweisssteinhaus - Tscharrehutte

Nous sommes parmi les premiers réveillés du refuge. Nous descendons remettre de l’ordre dans les sacs et prendre le petit déjeuner avant de partir. La météo est plutôt bonne mais le chemin classique est fermé, ce qui n’est indiqué qu’après quelques centaines de mètres. Nous devons donc repasser par le refuge et demander le chemin à un des gardiens. Nous nous attendions à mieux de l’organisation germanique.

Nous avançons d’un bon pas et essayons de gagner la course contre les nuages qui nous suivent. En haut, la vue est grandiose et pas encore bouchée devant nous: nous sommes heureux du lever matinal et de la décision de prendre la crête et non l’itinéraire alternatif par la vallée. Nous progressons bien sur la crête où nous évoluons pendant près de 6h entre 2200 et 2500m d’altitude. Quelques passages sont délicats avec de hautes marches vertigineuses et un câble fixé auquel il faut se cramponner pour descendre.

Nous arrivons sans véritable pause au refuge de Neue Porze, où nous avons prévu de déjeuner. Cinq minutes après notre arrivée, la pluie commence à tomber… Nous nous commandons une salade, un plat typique au fromage, une soupe et deux gros morceaux de gâteau que nous partageons. Rémy est très fatigué et nous prolongeons un peu la pause alors que Renou repart. Finalement, nous repartons également vers le prochain refuge, l’objectif étant de pouvoir arriver à Sesto pas trop tard le lendemain. Une belle montée nous amène au refuge Filmoor, sous une petite averse. Ce refuge est beaucoup plus intime et chaleureux que les autres croisés depuis le départ. Les hôtes cuisinent à même la pièce commune qui comporte tout au plus une vingtaine de places assises. Renou y prend son souper et nous décidons de prendre un thé au curcuma. L’ambiance est tellement conviviale que nous souhaitons dépenser un peu d’argent auprès de ces chouettes tenanciers!

Nous nous remettons en route pour une courte descente qui mène à la Tscharrehutte, un petit abri non gardé qui est bien ouvert. Dès le début de la descente, des trombes d’eau s’abattent sur nous et nous regrettons déjà la chaleur du refuge… Nous arrivons trempés à l’abri du soir. La cabane fait environ 3x3m et comporte deux bancs en L attachés aux murs ainsi qu’une table. Nous nous réchauffons, gagnons directement les duvets et mangeons. Après avoir perdu à « roche-papier-ciseaux », nous nous installons au sol et Renou sur le banc. Celui-ci a prévu de se lever avant 5h pour gagner Sesto en fin de matinée. Nous fixons le réveil à 6h30.

Stats du jour: 29,6km, 2134 D+, 2094 D-, 9h15 de marche.

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Jour 15: Tscharrehutte - Rifugio Fondovalle

Nous sommes réveillés à 5h du matin par Renou qui replie ses affaires et quitte la cabane. Nous nous rendormons un peu mais à 6h30 le réveil sonne déjà. Nous avons bien dormi et il ne pleut plus. Cependant nos chaussettes et chaussures sont détrempées comme jamais et c’est en faisant la moue que nous les enfilons. Après avoir passé une rivière, nous débutons la première ascension de la journée. Le chemin est un peu technique de bon matin. Après le col, une descente rapide nous conduit au refuge de l’Obstansersee. Celui-ci propose même des pédalos à la location pour découvrir le lac!

Après un bref passage aux sanitaires, nous partons à l’assaut de la crête qui nous mènera jusqu’au refuge Sillianerhutte - la dernière ligne droite avant la descente sur Sesto. Le sentier est de plus en plus fréquenté. Il nous faut souvent nous arrêter pour céder le passage aux personnes que l’on rencontre car le chemin est assez étroit. Nous croisons notamment une famille avec deux petites filles d’environ 6 et 8 ans ; la petite arbore fièrement un talkie-walkie sur la bretelle de son sac. Nous sommes admiratifs qu’elle soit à 2400m d’altitude en train d’enjamber des pierres souvent hautes, même pour nous. Un autre personnage nous marque au cours de cette crête : un homme construit une cabane en bois, seul à 2300m d’altitude. Le temps est nuageux mais nous apercevons par intermittence les sommets voisins et bientôt ce que nous reconnaîtrons comme les Dolomites. Les Alpes Carniques sont déjà terminées !

Arrivés au refuge, l’endroit est remplis de touristes sexagénaires et est plutôt un restaurant panoramique qu’un véritable refuge. Nous nous arrêtons pour déjeuner une soupe chaude aux légumes et une part de sachertorte pour deux, puis nous désertons vite l’endroit et la foule. Un petit chemin forestier charmant pour permet de rapidement dévaler les 1000m qui nous séparent de Sesto. Les cimes des Dolomites se découvrent davantage.

La ville est très sympathique et reste authentique malgré l’attrait touristique des lieux. Quel bonheur d’entendre parler italien autour de nous! Nous gagnons le magasin Despar pour se réapprovisionner et s’offrir un goûter de roi! Nous croisons Renou qui décide de rester sur place une nuit pour poster un colis le lendemain, la poste étant fermée aujourd’hui. Après une bonne pause, nous poursuivons la marche pendant 1h30 afin de profiter pleinement de la météo magnifique pour la traversée du parc des Dolomites prévue le lendemain!

Le bivouac étant interdit dans le parc national et ayant à cœur de respecter la réglementation, nous trouvons contre toute attente deux places dans un dortoir du refuge Fondovalle, qui est plutôt un hôtel qu’un refuge. Nous dénotons parmi les locataires avec nos vêtements de sport et nos semoules puisque les autres mangent à la carte au restaurant. Nous partons dormir tôt, après une petite toilette à l’eau chaude, bien décidés à profiter pleinement de la journée du lendemain.

Stats du jour: 25,8km, 1426 D+, 1807 D-, 7h16 de marche.

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Jour 16: Rifugio Fondovalle - Lago di Braies

Nous nous levons, prenons notre petit-déjeuner dans le refuge pendant que l’hôte prépare son buffet et nous mettons en route de bonne heure. La vue est complètement bouchée. Mais au fur et à mesure que nous grimpons, nous passons au-dessus de la brume et c’est un grand ciel bleu qui est bien présent! Après 1h30 de montée et 900m de dénivelé avalé, nous atteignons le Rifugio Locatelli qui fait face aux fameuses Tre Cime, trois pics dont le plus haut culmine à 2999m avec une paroi rocheuse verticale de plus de 500m: absolument magnifique! Il y a un peu de monde – des randonneurs qui ont dormi au refuge – mais ce n’est pas du tout dérangeant. Après une pause et un shooting photo de 5 minutes par une experte asiatique, nous commençons la descente et nous retrouvons rapidement seuls pendant plusieurs kilomètres. Des vaches tentent de nous barrer la route et nous sommes obligés de monter sur les bas-côtés afin de les éviter, malgré les « brrroooot » répétés d’Alix. Un peu plus bas, c’est un joli papillon qui vient nous rendre visite et se pose sur la main d’Alix: il semble ne pas vouloir y déloger pendant quelques minutes puis change d’avis.

Dans le dernier tiers de la descente, nous croisons beaucoup de gens qui montent et nous comprenons pourquoi une fois arrivés en bas au Dreizinnenblick, où il y a un hôtel et un grand parking. Une grande piste cyclable s’y trouve également où les cyclistes affluent en tous sens. Le midi doit être bien moins tranquille au Rifugio Locatelli ! Une fois la route traversée, nous sommes à nouveau seuls sur un beau sentier “single-track” à travers la forêt. Il est marqué sur les cartes comme difficile : la pente est abrupte et certains passages sont aménagés car à flanc de falaise.

Après 700m d’ascension pendant lesquels nous croisons seulement deux personnes, nous apercevons pas mal de gens sur un sommet au-delà du col que nous gagnons. Malgré la faim et la soif qui nous suggèrent de redescendre en direction du Refugio di Vallandro pour déjeuner, nous sommes intrigués et décidons d’effectuer l’aller-retour vers le sommet du Monte Specie affiché à 20 minutes. Nous sommes heureux de notre choix car vue est absolument spectaculaire: nous y voyons les Tre Cime mais également bien d’autres sommets des Dolomites. C’est une carte postale! Nous trouvons un petit spot à l’écart des autres randonneurs et nous y installons pour manger nos tortillas. Pour les deux jours de nourriture, deux garnitures sont prévues: mozzarella et pesto. Nous décidons finalement de consommer les deux lors du même repas et le résultat est délicieux. Un bon repas dans un cadre si magnifique: difficile de repartir après ça!

Cependant, la soif a raison de nous et nous gagnons rapidement le Rifugio di Vallandro où nous prenons chacun une grande limonade pour nous remettre d’aplomb. Nous repartons ensuite en direction du Rifugio Biella ; l’hypoglycémie réactionnelle nous gagne rapidement et vient s’ajouter à la grosse matinée réalisée avec déjà 22km et 1800m de dénivelé positif au compteur. Nous passons outre l’envie de faire une sieste et poursuivons jusqu’à aboutir sur un petit plateau incroyablement silencieux au pied d’une roche dans laquelle semble être taillé un amphithéâtre romain ; l’imagination d’Alix est sans limite. L’hypoglycémie est passée et nous voilà repartis de plus belle, passant par plusieurs jolis cols où la vue porte à chaque fois jusqu’au Tre Cime. Un dernier effort nous permet de basculer enfin vers le Lago di Braies. La descente est longue – 1000m à descendre – et nous y croisons quelques personnes qui grimpent tardivement. Il faut dire que nous sommes désormais sur l’Alta Via 1, probablement le sentier le plus fréquenté des Dolomites!

Arrivés au lac, nous trouvons une table de pique-nique pour manger notre couscous du soir face à celui-ci, et nous allons nous rafraîchir rapidement au bord du lac. De multiples personnes passent devant nous à pied ou à vélo alors que d’autres terminent leur balade en barque sur le lac. Juste avant que la nuit tombe, nous nous éloignons du lac pour y trouver un endroit de bivouac: nous dégotons une parcelle qui fera l’affaire, bien qu’un peu en dévers. De nombreux moustiques nous entourent mais aucune piqûre ne sera heureusement à déclarer. Nous nous endormons rapidement, éreintés par cette longue journée de près de 40km et plus de 2400m de dénivelé positif.

Stats du jour: 39,3km, 2453 D+, 2461 D-, 9h51 de marche.

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Jour 17: Lago di Braies - Valdaora

Le réveil sonne tôt et nous quittons le campement rapidement. La nuit fut bonne malgré le dévers. Nous retournons sur la même table que la veille pour le muesli matinal. Le bord du lac est plus calme, et seuls quelques autres lève-tôt se promènent. Nous longeons le lac et arrivons rapidement à l’immense hôtel qui est de l’autre côté. Des touristes arrivent en nombre, parfois par bus entiers. Nous cherchons de l’eau mais aucune fontaine n’est disponible. Nous trouvons cependant un court tuyau relié à un robinet et nous empressons de remplir les bouteilles et de partir le long du sentier numéro 20 a l’assaut du Monte Pra della Vacca.

A nouveau, nous sommes absolument seuls sur ce sentier. Le point de vue au sommet est très joli et nous nous y arrêtons longuement pour faire sécher l’abri et manger quelques barres. Nous prévoyons une journée courte, avec un arrêt le midi à Valdaora qui n’est plus qu’à une dizaine de kilomètres. Une longue descente nous y emmène et, après avoir visité un restaurant-pizzeria qui malheureusement ne fait des pizzas que le soir, nous jetons notre dévolu sur le supermarché Conad pour un lunch sans limite dans le parc d’à côté. Nous retournons d’ailleurs à 3 reprises pour y chercher toujours plus de cochonneries à manger.

A la fin du repas, nous nous rendons subitement compte que nos piquets de tente ne sont plus dans la poche extérieure du sac de Rémy. Après avoir fouillé nos affaires et refait le fil de ces dernières heures, nous concluons que nous avons dû les oublier à l’endroit de notre bivouac de la veille. Nous tergiversons sur la marche à suivre mais finalement, nous décidons que Rémy retournera en train et bus au lac de Braies pendant qu’Alix trouvera un logement en ville pour la nuit.

Rémy prend donc le chemin de la gare mais le trajet n’est pas aussi fluide que prévu: le train a 30 minutes de retard et le premier bus en correspondance lui refuse l’accès car il fallait acheter un ticket en ligne au préalable. Finalement armé de son ticket, Rémy se rend au lac et retrouve rapidement l’endroit du bivouac. Malheureusement, les piquets n’y sont pas. Sur le chemin du retour, il contacte près de 10 magasins de sport, dont un seul affirme avoir des sardines. Il s’y rend, pour constater que les sardines proposées sont de véritables enclumes de 25cm de long et minimum 100g chacune. Il rentre finalement bredouille à Valdaora après 4h30 de valeureuses recherches.

Pendant ce temps, Alix a pu rapidement trouver un logement chez l’habitant après s’être renseignée dans un hôtel où on lui indiqua que tous les hébergements de la ville étaient complets. Elle a ainsi pu se laver et effectuer une lessive avec un nouveau shampooing acheté pour l’occasion. Ensuite, elle s’installe sur la terrasse qui donne sur le golf et les montagnes pour bouquiner en attendant Rémy. Le soir, nous allons dîner à la pizzeria Panorama recommandée par notre hôte avant de nous coucher rapidement.

Stats du jour: 14,8km, 691 D+, 1116 D-, 3h54 de marche.

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Jour 18: Valdaora (journée off)

Sans réveil, nous ouvrons les yeux vers 6h - l’horloge biologique commence à être calée sur ce nouveau rythme. Nous continuons cependant à somnoler jusque 9h et Alix part chercher le petit déjeuner: pain frais de la boulangerie, viennoiserie, quelques nectarines et surtout un petit pot de 200g de Nutella, dont nous vidons les 3/4 sur ce seul repas!

Nous partons ensuite pour Brunico, ville plus importante à 15mn de train de Valdaora où un commerçant nous a affirmé avoir des sardines en stock. Nous y trouvons notre bonheur, trouvons également quelques Micropur et envoyons un colis vers la Belgique avec nos crampons et la BeFree que nous avions jusqu’ici pour filtrer l’eau. Celle-ci a un débit très limité et est très souvent superflue: les Micropur feront parfaitement l’affaire en cas de besoin.

Ces quelques devoirs réalisés, nous parcourons la ville, visitons son magasin Patagonia et déjeunons dans le restaurant en face de celui-ci. Au menu: hugos, pizza et gnocchis - tout est délicieux! Nous passons l’après-midi sur la place de la ville en profitant du Wifi, faisons les courses pour le repas du soir, prenons une glace – la première en Italie! – et rentrons.

L’orage s’abat alors violemment et grondera toute la soirée dans les montagnes environnantes avec des quantités de pluie impressionnantes. Nous dînons dans la chambre, écrivons ce récit et nous couchons de bonne heure: nous reprenons la route demain matin!

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#11 22-09-2021 19:25:19

Hervé27
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Salut les Noikys (sympa le récit à 2 mains  wink )

J'adore la cocasserie de la mésaventure face aux vaches trop curieuses ... Dans des conditions similaires (dans le même coin d'ailleurs ...) je m'en étais mieux sorti en apprenant "sur le tas" à les diriger ...


Sitôt sorti de maladie, on oublie son médecin. La gratitude est la mémoire du cœur, merci  smile ... encore hmm

Liste 3 kg - 3 saisons en tableau
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#12 23-09-2021 11:09:18

Phil82
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Re : [Récit + liste] Arc alpin en couple de Trieste à Menton - 1800km, 60j

Il sont superbes tous ces petits chalets et magnifiques tous ces coins, je découvre merci! smile
Je suis déçu je m'attendais à voir la cabane que le bonhomme était en train de construire... sad
Vous avez fait de grosses journées parfois je vois.

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