#26 12-10-2021 22:41:28

Joy Supertramp
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Salut Serval,
Dingue le porc épic !

J'ai fait comme toi moi aussi, il y a deux ans dans le Pyrénées, un coup de pas bien, une réflexion trop courte et un retour express à la maison, avant de repartir bien sûr ! Facile à analyser après coup mais sur le moment, les émotions sont contradictoires ! Bon, mais à mon avis, c'est une bonne expérience smile


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

Liste montagne été top confort

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#27 15-10-2021 12:39:25

Hobbit
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Salut Serval,
Je ne te remercierai jamais assez pour le recit saisissant de cette portion pénible de l'Italie !
Pendant le dernier confinement j'avais élaboré un vague projet de la via Micaelica en passant par Assise (ou Rome) jusqu'à Pouilles - mais vu ton descriptif de la situation actuelle des chemins pas du tout entretenus pour cause de crise sanitaire, je vais repousser ce projet à des jours meilleurs !
Sinon, le phénomène du moral dans les chaussettes lors d'une rando au long cours, je le connais aussi : dans mon cas c'est systématiquement lié à l'alimentation - ou plutôt au manque d'alimentation suffisante par rapport à l'effort fourni.
Après, il y a encore un autre aspect, peut-être plus mystique. En été 2019 j'ai abandonné une rando : Au moment précis de réfléchir à l'abandon "à la prochaine gare je pourrais peut-être bien prendre le train pour rentrer à la maison", j'ai fait une mauvaise chute (cheville tordu, jambe ensanglanté), façon de bien pouvoir justifier devant moi-même le fait d'effectivement abandonner. lol
Une semaine après, des fortes pluies ont causé des inondations graves dans la région dans laquelle j'étais supposé de me trouver si j'avais continué ma rando. Donc finalement c'était une bonne chose de rentrer chez moi, bien que j'aurais pu me passer de la chute - mais sans la chute j'aurai peut-être continué après tout.
Voilà  big_smile

Je m'exstasie aussi devant le porc-épic sauvage. Wow ! Seulement vu dans un zoo jusqu'à maintenant!

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#28 15-10-2021 14:53:50

pogo
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Merci Serval, et bravo : fantastique projet, vivement la suite du récit !

Serval a écrit :

« c’est le chemin qui compte, pas la destination »

Perso, je n'y arrive pas vraiment mais j'aimerais bien. Evidemment, si le chemin ne donne pas totale satisfaction, ce n'est pas la peine. Mais je ne sépare pas si facilement chemin et destination. C'est un tout, qui prend d'ailleurs vraiment forme au retour.
Ceci évidemment sans rien remettre en cause de ton ressenti et de tes choix. C'est sûr que parfois, ça ne passe pas. Mais je me console difficilement, manque de patience et de sagesse.
En tout cas, je suis très sensible à l'expression de tes difficultés et de tes doutes et reste admiratif de ton rebond pouilleux (pardon), ça me fait bien réfléchir.
Encore merci.

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#29 15-10-2021 15:27:27

Serval
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Coucou Joy et Hobbit smile

Joy Supertramp a écrit :

#629724Dingue le porc épic !

Oui, je ne savais même pas qu'il y avait des porcs-épics en Italie avant de tomber sur celui-là. Le bonhomme avait une allure très sympa et n'avait pas du tout l'air effrayé. J'aurais presque eu envie de le caresser lol... mais en réalité je ne me suis pas trop approché. Cette rencontre venant juste après mon retour difficile à la solitude, cela m'a fait une "piqûre de rappel" schoppenhauerienne – d'ailleurs pas forcément bonne pour le moral — en me rappelant cette anecdote tirée des Parerga et Paralipomena :

« Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit se séparer les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballotés de ça et de là entre les deux maux, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres. Mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau [...] Par ce moyen, le besoin de chauffage mutuel n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais en revanche on ne ressent pas la blessure des piquants. Celui-là cependant qui possède beaucoup de calorique propre préfère rester en dehors de la société pour n’éprouver ni ne causer de peine.

Hobbit a écrit :

#630019Sinon, le phénomène du moral dans les chaussettes lors d'une rando au long cours, je le connais aussi : dans mon cas c'est systématiquement lié à l'alimentation - ou plutôt au manque d'alimentation suffisante par rapport à l'effort fourni.

Je ne sais pas si l'alimentation est en cause dans mon cas, je pense plutôt que la solitude devient difficile à la longue ("manque de calorique" wink ), ce dont je n'avais jamais eu l'occasion de me rendre compte aupavant, n'étant jamais parti seul plus de deux semaines. Dans la règle des 3, apprise en son temps chez les "amis d'en face", j'avais bien retenu les dangers de "3 secondes d'inattention, 3 minutes sans oxygène, 3 heures sans régulation thermique, 3 jours sans eau, 3 semaines sans nourriture"... mais j'avais oublié "3 mois de solitude".

Hobbit a écrit :

#630019Après, il y a encore un autre aspect, peut-être plus mystique. En été 2019 j'ai abandonné une rando : Au moment précis de réfléchir à l'abandon "à la prochaine gare je pourrais peut-être bien prendre le train pour rentrer à la maison", j'ai fait une mauvaise chute (cheville tordu, jambe ensanglanté), façon de bien pouvoir justifier devant moi-même le fait d'effectivement abandonner. lol
Une semaine après, des fortes pluies ont causé des inondations graves dans la région dans laquelle j'étais supposé de me trouver si j'avais continué ma rando. Donc finalement c'était une bonne chose de rentrer chez moi, bien que j'aurais pu me passer de la chute - mais sans la chute j'aurai peut-être continué après tout.

On se dit parfois que finalement ce qui paraissait un mal s'est avéré un bien. Le yin et le yang... Il a fait très chaud quand j'étais dans les Pouilles (j'en parlerai bientôt) mais à l'époque, vers la mi-août, où j'aurais théoriquement dû arriver à Syracuse, tous les records de température y étaient battus (48,7°C) et j'ai d'autant moins regretté alors mon changement de destination.

pogo a écrit :

#630040Evidemment, si le chemin ne donne pas totale satisfaction, ce n'est pas la peine. Mais je ne sépare pas si facilement chemin et destination. C'est un tout, qui prend d'ailleurs vraiment forme au retour.

Salut Pogo smile

C'est bien sûr un tout puisqu'on définit son chemin en fonction de la destination, et je ne contesterai pas ma déception de ne pas avoir atteint Syracuse bien que j'aie finalement réalisé une alternative satisfaisante. D'ailleurs, je vais partir dans quelques jours passer les vacances de la Toussaint... en Sicile, et visiterai Syracuse pour compenser cela au moins partiellement. wink Cela dit, sur une longue distance, la destination finale est si lointaine qu'elle en devient presque irréelle, et au bout de plusieurs mois d'irréalité, elle perd de son importance par rapport à la réalité de chaque étape vécue et des souvenirs accumulés.

[Edit: mise en forme]

Dernière modification par Serval (20-10-2021 21:49:24)


(Modification non justifiée = orthographe, typo, etc.)
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#30 19-10-2021 12:28:44

Hobbit
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Bonjour Serval,

Serval a écrit :

#630045« Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit se séparer les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballotés de ça et de là entre les deux maux, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres. Mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau [...] Par ce moyen, le besoin de chauffage mutuel n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais en revanche on ne ressent pas la blessure des piquants. Celui-là cependant qui possède beaucoup de calorique propre préfère rester en dehors de la société pour n’éprouver ni ne causer de peine.

Je suis vraiment désolée, mais cette citation me pousse à poser une question complètement hors sujet, mais qui me turlupine depuis : Comment les porc-épics font-ils pour se réproduire ? Ou est-ce qu'ils trouvent leurs bébés porc-épics tout bêtement dans les roses (d'ailleurs aussi épineuses qu'eux-mêmes) ou les choux, comme le font tous les papas et mamans qui se respectent ? tongue
La même épineuse question se pose évidemment au sujet des hérissons ! big_smile

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#31 19-10-2021 12:34:17

Serval
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Hobbit a écrit :

#630498Je suis vraiment désolée, mais cette citation me pousse à poser une question complètement hors sujet, mais qui me turlupine depuis : Comment les porc-épics font-ils pour se réproduire ? Ou est-ce qu'ils trouvent leurs bébés porc-épics tout bêtement dans les roses (d'ailleurs aussi épineuses qu'eux-mêmes) ou les choux, comme le font tous les papas et mamans qui se respectent ? tongue
La même épineuse question se pose évidemment au sujet des hérissons ! big_smile

J'ai demandé à une amie cigogne, elle m'a conseillé ce lien. wink


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#32 20-10-2021 12:48:37

Hobbit
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

Merci Serval,
je m'endormirai bien moins bête ce soir !  lol

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#33 20-10-2021 19:48:44

Etimul
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Re : [Récit + liste] À pied de Paris... au Salento | 2ème partie (2021)

SAlut Serval.

Tu "ne sais pas si l'alimentation est en cause dans [ton] cas".
Moi je sais que j'aurais la même chose.
Les routes à ordures, c'est violent.

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