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Réservez vos dates pour le Camp d'été 2024 : 10 au 17 août dans le Queyras !

#1 05-09-2023 21:54:28

Cat 09
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[Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

J’ai neuf jours de liberté et le projet de retrouver, quelque part dans la montagne, Zaack et Fifi qui traversent les Pyrénées. L’idée première était de leur porter un ravitaillement quand ils passeraient en Ariège, mais j’ai proposé la balade à Clems qui n’est disponible que les 5 et 6 août, et Zaack et Fifi ont pris quelques jours de retard. La rencontre se fera donc dans le Val d’Aran, à l’Ouest de mon Ariège habituelle. Trois heures de voiture pour deux jours de promenade ?... Je n’en ai plus l’habitude et je n’en ai pas envie. Je roule déjà énormément dans ma vie de tous les jours, et j’ai le temps de faire autrement. Mon véhicule n’aura donc que deux roues et nul autre moteur que mes petites jambes : un vélo.

Le parcours :
En violet le vélo, en vert la marche à pied, en pointillé les trajets motorisés (car oui, au départ, j'ai triché un peu... oh, à peine, 1800 petits mètres de D+ et même pas 90 km wink ...)

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J1 - Mardi 1er août

J’ai un train à 11h00. Les derniers jours furent bien chargés : boulot, préparation du trajet, préparation du sac. Mais à 10h, ce matin, tout est prêt. Ah si, j’ai oublié le pantalon imperméable, en vélo ça peut servir ! Je cherche, je fouille, et ne trouve rien. Mais qu’en ai-je fait ? Il me revient le souvenir incertain de l’avoir jugé lourd et peu efficace, donc totalement inutile. M’en serais-je débarrassée? Mais l’heure tourne, et mon train n’attendra pas. Tant pis, je pars sans. Le vélo est équipé, sacoches à l’avant, sac à dos sanglé sur le porte-bagage arrière. Un souvenir me revient brusquement, provoque une illumination salvatrice, et, avant de les mettre en place, je glisse mes bidons d’eau dans de vieilles chaussettes de montagne.

Le casque bien arrimé sur la tête, mitaines aux mains, sourire aux lèvres, je pars. Direction Foix, par la route, trajet plus direct et rapide que le détour par la voie verte. Comme à chaque fois, je retrouve le plaisir de rouler.
Mais quel est ce bruit ? Ça frotte quelque part, je n’aime pas ça. Je regarde et ne vois rien. J’entame la grande descente vers la ville. Un clac, et le bruit de frottement s’arrête. Ça fait du bien ! Mais arrivée au premier village, je m’arrête et regarde à nouveau : aïe… C’était le bruit d’un des tendeurs tenant mon sac. Il devait toucher légèrement la roue, ça a frotté, et il s’est coupé. Un nœud d’un côté, je le refixe. Un tendeur pendouillant dans les rayons, les conséquences auraient pu être plus graves…

Bon, c’est parti pour de bon, je ne dois pas traîner ! Je suis partie de la maison avec quelques minutes de retard sur l’horaire prévu, cette histoire de tendeur m’a encore un peu retardée, et j’ai un train à prendre.

Foix 10h50. Je prends le temps pour une photo de cette si jolie ville. Ce n’est pas comme si j’y passais tous les jours….

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10h55, gare. Le train est à l’heure, il arrive, j’y grimpe. Et je me laisse emmener. Nous passons un tunnel, les montagnes apparaissent, se rapprochent. Ça commence à pétiller à l’intérieur. Toujours ce même bonheur de partir…

Latour de Carol, 12h30. Allons-y !

Très vite, la piste passe sous la voie ferrée par un tunnel sous lequel s’étend une flaque, ou plus exactement une mare : bain de pied obligatoire… Je souris : l’Espagne m’avait déjà joué ce genre de tour, avec la traversée d’un gué emporté par les flots…

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Pause repas en bordure de voie ferrée, sur une dalle en pierre, vue sur un pré vert vif et des saules magnifiques bordant la route. J’y trouve deux clés alènes oubliées là et je m’alourdis un peu. Passe un chien et son maître, puis deux cyclistes. Tout est calme.
Je poursuis avec une alternance de petites routes et de pistes bien roulantes. Des meules rondes et dorées parsèment les champs environnants. De ceux-ci s’envolent régulièrement des oiseaux que je n’identifie pas. Des alouettes ? Dans le ciel planent, majestueux, les milans royaux.

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Vue panoramique sur les montagnes alentours, dont la Sierra del Cadi péniblement gravie au printemps.

Dernière jolie vue sur Puigcerdà. J’enchaîne avec une piste qui monte et descend brutalement, très cassante, jonchée de gros cailloux qui me font tressauter de manière très désagréable. Je pousse souvent, sous un soleil écrasant.

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                Regard vers l'arrière

14h40. Arrivée au village de Baltarga. Drôle de village vide, maisons en bois sombre, fermées, haies opaques taillées au cordeau, l’ambiance est curieuse.
Mais ça va mieux, voici le vieux village, son église, et quelques humains.

Bellver est vite atteint. Je me mouille la tête, je fais le plein d’eau à la fontaine, je prends une petite pause sur un banc à l’ombre, et je repars, sur une piste et une petite route très agréables.

Ce qui suit est bien différent. Les pistes sont alors devenues franchement mauvaises, pierres sur lesquelles je tressaute, sable dans lequel je m’enlise, le vent de face est toujours aussi chaud, je pousse souvent, et je retiens parfois dans les descentes.

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Mon arrivée sur la grosse route est un soulagement.

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J’arrive à Martinet et snobe la première diversion, car je veux aller plus vite. Mais sur cette route se trouvent successivement trois tunnels, et, même si je peux sortir ma lampe frontale, je m’aperçois alors que j’ai oublié de prévoir un éclairage pour mon vélo.

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L’ancienne route me permet cependant de les esquiver (euh... ici par un magnifique sens interdit, que je n'ai vu qu'ensuite grâce à la photo... quoi? ... oui oui je sais, j'y ai appuyé mon vélo... mais je n'ai alors vu que le poteau m'évitant de poser le vélo au sol, pas le panneau roll ...).

J’arrive à la deuxième diversion, que je pense proche de la rivière. Je passe le pont, ça grimpe dur, et finalement la rivière est loin, là, en bas ; ah, en bordure de chemin, une vieille maison qui semble habitée : je me prépare au surgissement de l’inévitable chien, sans doute juste après ce tournant, je ralentis, je me méfie… et j’entends aboyer brusquement derrière moi. Ils sont au-dessus, enfermés, ouf !
Le chemin est beau, en corniche, il surplombe les vignes, mais il est très peu roulant et ça monte. Je souffle et je souffre…

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                Vue vers l'arrière : Aristot, village perché

Je retrouve enfin la route. La vitesse augmente, je roule à nouveau !

Un gros quart d’heure avant La Seu d’Urgell, un élargissement de la chaussée permet à plusieurs véhicules de se garer. Une source abondante sort de la falaise, de marbre, d'après mes bafouillantes connaissances géologiques,  et de nombreuses personnes y remplissent bouteilles et bonbonnes. Els Banys de San Vincenç. Je remplis mes bidons de cette eau fraîche et bienfaisante.

A 18h, j’arrive à La Seu par une piste ombragée très agréable. Je traîne, je visite la vieille ville, j’admire le séminaire concililiaire, l’imposante cathédrale, l’église Sant Miquel, je flâne dans les vieilles rues voûtées, je vais voir le stade d’eau vive, au kayak on m’en a tellement parlé, et pour finir je m’achète une glace artisanale, dégustée tranquillement sur la margelle d’une fontaine accueillant déjà quelques petits vieux du coin, sous d’imposants platanes, bien au frais.

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                Le séminaire conciliaire

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                L'imposante cathédrale

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                                Ruelle dans la vieille ville

Je repars à 19h et quitte la grosse route, pour couper par la montagne, direction Nord-Ouest. Ça monte, mais la route est facile, fort heureusement, car ce soir c’est le soleil qui est pénible, en permanence dans mes yeux, passant exactement entre le bord de mon casque et le haut de mes lunettes de soleil. J’ai mal à la tête, j’ai mal aux yeux, je n’en peux plus, il me semble être aveugle. Vers 20h je passe à l’ombre. Quel soulagement !

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                Le vallon que je remonte ensuite, soleil dans les yeux

Je guette un endroit pour dormir. La route est à flanc de montagne, et les prés suffisamment plats sont rares. A 20h30, juste avant Castellbò, je trouve enfin mon bonheur, en contrebas, près du ruisseau. Las ! Celui-ci est à sec, et le pré, fauché, est empli de tiges rêches. Mais il est tard, il me reste de l’eau, et j’ai déjà suffisamment roulé. Je m’en contente. Je m’installe en bordure de pré, sans monter la tente, et je mange froid, trouvant l’environnement bien trop inflammable pour oser sortir mon réchaud. Les tiges rêches trouent immédiatement mon tapis de sol.

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Bilan journée :
Chez moi – Foix : 16 km, 30 D+ et 350 D-
LTdC – bivouac : 66 km dont 15 de pistes, 510 D+



J2 - Mercredi 2 Août

Je me réveille à 6h15, avec le jour.
La première partie de nuit fut très mauvaise, j’avais chaud, des fourmis se baladaient et des moucherons piqueurs se régalaient. Je me suis protégée comme j’ai pu, transformant ma chemise en moustiquaire de tête et mon pantalon en moustiquaire de bras, ne pouvant m’enfouir dans mon sac de couchage sous peine d’ébullition.

Mais au réveil les insectes sont partis se coucher et il fait plus frais, je mets même un pull. Je suis fatiguée, je n’ai pas très faim. Je grignote quelques céréales à même l’emballage, je range tout, et je pars à 7h15.
Mes ischions, malmenés par les pistes tressautantes de la veille, se rappellent à mon souvenir. Heureusement, cela ne durera pas.
J’arrive rapidement à Castellbò, juste après une source de bord de route où je remplis mes bidons. Dans le village sont installés des panneaux indiquant les églises, les sites archéologiques, les fontaines, et même les coins à champignons ! Ils sont fous, ces Espagnols…

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                Castellbò dans l'ombre du petit matin

Vingt minutes plus tard, j’arrive à une nouvelle fontaine de bord de route, Font Murillo. Comme à chaque, fois, le geste est répétitif mais jamais il ne me lasse, je suis si heureuse de profiter d’une eau fraîche et limpide : je remplis mes bidons et je mouille les vieilles chaussettes dans lesquelles je les ai glissés. C'est mon réfrigérateur portatif : durant toute ma balade, j’aurai ainsi des boissons fraîches, même lors des journées les plus chaudes.

La route monte à l’ombre, m’épargnant quelques degrés. Un écureuil passe. Un chevreuil passe. Un écureuil passe. Je suis heureuse.

Peu après 8h, j’entends le bruit du torrent qui a retrouvé de l’eau, en amont. La pente s’est accentuée. J’alterne pédalage à 5,5 km/h  et poussé à 5 km/h aux endroits les plus raides. Malgré mes bonnes résolutions, j’enlève mon casque. Vu ma vitesse de progression et la très faible fréquentation automobile, je me dis que je ne risque pas grand-chose. La température a augmenté et je ne supporte plus d’avoir la tête couverte.
A 8h40, tout prétexte étant bon à prendre, je ressens une petite faim et m’arrête en bord de route pour un deuxième petit-déjeuner, de même nature que le premier. J’ai fait 300 m de dénivelée, et il m’en reste 700… J’ai mis 58 minutes au compteur, mais réellement 1h30 avec les multiples mini-pauses, pour 6,53 km effectués. Je m’encourage, du moins, j’essaie : « Ne déprime pas, Cat, ne déprime pas ! Malgré tout, tu avances, non ? »

Un quart d’heure plus tard, pressée par la chaleur qui ne va que s’accentuer, je repars.
A 9h15, j’arrive à Albet en poussant. C’est d'ailleurs ce que je fais depuis un temps infini… Le soleil est désormais bien fort et suffisamment haut dans le ciel pour que je mette en place, attachés sur mon sac à dos, le panneau solaire et la batterie tampon.
Heureusement, la suite est très agréable, la petite route monte régulièrement et tranquillement, je reste sur le vélo. Un véhicule trouble la pureté de l’air, mais ils sont rares, ce n’est que le troisième de la matinée.

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                Albet

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                Une portion presque horizontale, très agréable

Voici Santa Creu, altitude 1300. Il est 10h, j’ai parcouru 12,62 km, en 1h50 de vélo ou de poussé, et cela fait 2h45 que je suis partie. « Ne déprime pas, Cat, ne déprime pas… »

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                Santa Creu est dépassée

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                Je monte, je monte.... Vue en arrière sur la petite route

A Sant Andreu, ça recommence à monter raide. J’ai chaud, je me mouille les cheveux. Et je repars en poussant. Mais ça monte moins fort, alors je remonte sur le vélo et je roule un peu ; puis la pente s’accentue à nouveau, je descends de vélo, je pousse ; puis ça monte moins fort, je remonte sur le vélo, je roule un peu ; mais la pente s’accentue, je descends de vélo, je pousse… et ça n’en finit pas.
Alors que j’affronte une montée particulièrement raide, l’image d’un vélo électrique vient flotter devant mes yeux, mirage tentateur. Le petit mur est péniblement gravi, en poussant, bien sûr. Et il n’est pas midi mais comme écrit précédemment, tout prétexte est recevable, et j’ai une petite faim. Je décide qu’il est l’heure du déjeuner, je pose mes fesses au bord de cette route, les pieds presque sur le bitume, et je mange. L’endroit est très caillouteux et inconfortable, en pente, et je regarde passer les voitures comme les vaches regardent passer les trains. Mais au moins je ne m’épuise plus sur cette route interminable.

Il me reste encore 4 km et 200 mètres à monter jusqu’à Sant Joan de l’Erm…

Il est 11h45 et je repars. Je me donne 1h.

A 12h40, mon heure est tout juste passée et j’y arrive.

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Youhouou !!! Il y a là une sorte de col, un beau point de vue sur la vallée, une fontaine où je me rafraîchis, des grands pins, de multiples coins à sieste, et même une piscine !!! Ah non, dommage, c’est plutôt une réserve d’eau pour les incendies, on n’a pas le droit de se baigner...

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Je m’approprie un coin à sieste, ce qui n’est pas difficile car je suis complètement seule. Je sors matelas et sac de couchage, eh oui, à ma grande surprise il y a ici de l’air et il fait presque frais, et je dors profondément durant 45 minutes. Au réveil, deuxième repas de midi.

Départ en plein après-midi après un gros plein d’eau et le désormais rituel arrosage de tête et d'habits. J'ai mis manches longues et pantalon, car le soleil cogne fort.
Je roule sur des pistes très agréables et plutôt horizontales. Quel plaisir !

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Sant Joan de l’Erm Vell. C’est une belle et vraie ruine, il ne reste plus grand-chose de ce qui a été un centre religieux important. De multiples panneaux racontent l’histoire du lieu.
J’en comprends que la mention la plus vieille date de 1493 dans les écrits d’un notaire de de la vicomté, mais qu’il est certain que le lieu existait auparavant. L’endroit a été de tous temps un lieu de passage, de rencontre, de repos, et de culte. Dédié à Saint Jean Baptiste, ouvert de début mai jusqu’à la Toussaint car inaccessible à la mauvaise saison, il comprenait une église, des hébergements pour les habitants et les voyageurs, une ferme avec du bétail, des prés, des champs, des cultures. De nombreuses fêtes religieuses y étaient célébrées. A travers les siècles, des bâtiments furent agrandis, rénovés, ou détruits, notamment par les intempéries. Il est vrai qu’à cette altitude, 1750m, la neige pouvait tout recouvrir, montant parfois jusqu’au clocher de l’église ! Au XXe siècle, l’endroit fut le siège de plusieurs dégradations et reconstructions, pour cause d’incendies notamment, le plus important, probablement volontaire, étant survenu en 1935. Rien n’a ensuite été reconstruit. En juillet 1938, San Joan de l’Erm Vell et ses environs furent le théâtre d’une importante bataille de la guerre civile espagnole.
L’Histoire s’arrête ici, photos anciennes à l’appui, et celles-ci permettent de se rendre compte du nombre et de l’importance de ces bâtiments dont il ne reste que des fragments de murs.

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                Vue postérieure actuelle, à comparer avec la précédente...

Repue de ces connaissances historiques, je remonte sur mon vélo et je poursuis en direction de Romadriu. La descente est un vrai bonheur, dans l’ombre d’une belle forêt de pins, sur un tapis de mousse ou d’aiguilles aplanies. Cela descend parfois plus raide, j’en viens même, une fois, à mettre pied à terre. Les mains crispées sur les freins sont à la limite de la crampe. Mais je me régale !

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J’arrive en fond de vallée. Ruisseau, gué, pause. Et baignade-toilette-lessive, le tout sans savon.
Régénérée, je repars, suivant le ruisseau vers l’aval, sur une route magnifique revêtue d’un excellent bitume, au fond de ce très beau vallon. Les premiers kilomètres passent comme un rêve. Nul gravier, nulle fissure, aucune bosse, des virages d’une douceur presque sensuelle. Je roule, comme en apesanteur.

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                                La route de rêve

Ça traverse rive gauche et zut, ça remonte. J’ai raté la piste à droite qui passait à flanc. Ne désirant pas redescendre ce que j’ai déjà monté, je continue. Mais ça monte vraiment, et je ne m’y attendais pas. Le moral en souffre. Je pousse. J’y gagne une bonne suée, et l’espoir déçu d’une belle vue une fois en haut. M’y voici enfin, et je peux repartir… en descente, toujours sur du très bon bitume. Youhouou !!!
Plus loin, sous une ligne électrique, des arbres ont été coupés, et j’ai tout de même droit à mon point de vue sur la vallée de la Noguera Pallaresa, de son petit nom « La Palla », rivière que je remonterai demain, et encore le jour d’après, jusqu’à sa source.
J’aperçois en passant l’arrivée de ma piste manquée, à droite. Tant pis.

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                La vallée de la Palla

Un peu plus loin, mon lieu de bivouac prévu pour ce soir. Un panneau à l’entrée de la piste prévient : chemin privé, interdit. D’en haut il m’a bien semblé voir des plats herbeux, en bordure d’un petit lac, et je suis  vraiment fatiguée… Allons voir. Je descends quelques dizaines de mètres, et bute sur une grille fermée. Oh, dur ! Bon, je n’ai plus qu’à remonter, en poussant, les quelques dizaines de mètres.
Mais où dormir ? Je crains ne rien trouver avant d’arriver à la rivière en fond de vallée, et cette rivière est bordée d’une route importante probablement très passante, pas le meilleur secteur pour trouver un coin tranquille… On verra bien, avançons !
Je quitte la route pour une piste très secouante, pas du tout agréable, mes ischions se réveillent, les freins couinent affreusement, mes bras et mes mains se tétanisent. C’est long. Je ne dépasse pas les 8 km/h, au-delà j’ai vraiment peur de tomber.
J’atteins avec soulagement le fond de vallée et la route qui va avec. Et là, miracle, juste en face, un petit parking sur lequel trois ou quatre voitures sont garées, un coin plage, et même une passerelle suspendue que je franchis allégrement, allant trouver sur la rive droite un coin de bivouac idyllique et relativement discret.

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Petit moment de relations sociales par messages interposés. J’y apprends que Clems ne viendra pas, un espèce de sort l'empêche de toute randonnée en relation avec l'Ariège, même hors d'Ariège, semble-t-il. Je compatis, car la raison de son renoncement, si elle n’est heureusement pas dramatique, n’est pas plaisante, et je suis bien déçue. Zut de zut !
Bon, de mon côté, de toute façon, je continue. Clems continuera de faire le routage, pouvant suivre sur internet l’avancée de Zaack et Fifi dans leur traversée, alors qu’avec mon téléphone je n’y arrive pas, et il m'aidera donc à les retrouver si la communication par texto devient compliquée.

Ce soir, repas chaud, le réchaud posé sur le sable ne m’inquiète pas. Et dodo, sous les feuillages, accompagnée du bruit de l’eau qui court.

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Bilan journée :
43 km dont 16 de pistes, 1180 D+, 1210 D-



J3 - Jeudi 3 Août

Réveil à 6h30. J’ai encore très mal dormi. Les moucherons piqueurs étaient de retour, les fourmis aussi, j’ai eu trop chaud malgré la fraîcheur apportée par la rivière toute proche, et je me suis beaucoup questionnée concernant la suite de mon périple : Clems ne venant pas, je ne peux bénéficier de sa voiture pour y laisser mon vélo durant les deux jours de balade à pied. Qu’en faire ? Camping, hôtel ? Je ne pourrai pas, non plus, rejoindre rapidement Zaack et Fifi où ils se trouvent si ceux-ci sont en retard sur leur parcours, ce qui est probable, car la météo des deux prochains jours est très mauvaise. Et là je n’ai pas de solution. J’en prends mon parti : si nous ne parvenons pas à nous retrouver, j’aurai au moins fait une jolie balade en vélo !
Dernier point qui me préoccupe : toutes mes tentatives de charge sont infructueuses, et mon téléphone, après  seulement deux jours et malgré une demi-charge grâce à ma batterie tampon, est désormais à 20% de batterie. Même si j’ai pris, en secours, un bout de carte routière afin de me guider en cas de défaillance technique comme celle-ci, il est beaucoup plus confortable pour moi de continuer à me diriger avec Komoot, sur lequel bien plus de pistes sont visualisées. Sans parler de la possibilité de communiquer avec Zaack, Clems, et le père de mes enfants qui est censé prévenir des secours en cas d’absence prolongée de nouvelles de ma part.
Bref, je suis contrariée.

Mais partir, rouler, voyager me vide la tête, et mes questions finiront par trouver leurs réponses, je le sais. Je remonte sur mon vélo et ne doute plus alors de rien.

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                C'est reparti !

J’arrive rapidement à Llavorsì, sans avoir quitté cette route importante. Le diverticule rive droite proposé par Komoot était peu accessible, avec un panneau d’interdiction de tourner totalement justifiée car la manœuvre, en plein virage, serait dangereuse. Mais la route n’était pas désagréable, encore peu fréquentée à cette heure.

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                Llavorsi

Au premier bar, je m’attable en terrasse pour un deuxième petit déjeuner et je recharge mon téléphone. Je traîne jusqu’à charge complète. Voilà qui est fait, je suis bien soulagée.
Je consulte la météo : beau temps aujourd’hui, mais pluie et froid demain. Et demain est la journée que je passe le plus en altitude… Je prends donc la résolution d’avancer le plus possible.
Je repars enfin à 9h45.

Mes mains, seul endroit non protégé par mes moustiquaires de fortune, sont déformées par la présence de nombreux boutons qui me démangent maintenant terriblement. Essayons d’oublier ça…

Une demi-heure plus tard, je quitte la route pour une piste qui disparaît assez vite dans de grands champs, heureusement plats et fauchés, bien roulants. J’enchaîne avec un très joli petit chemin.

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Arrivée à Escaló à 10h40, je me prends une petite pause. La piste se perd de nouveau, je retrouve des prés plats, au milieu de l’un d’eux trône, imposant, un gros châtaignier. Roulant toujours, il me semble que le pneu arrière est un peu dégonflé. Arrêt, vérification, oui c’est bien le cas. Aurais-je crevé ? J’examine le pneu sans rien démonter, et oui, là, une épine de ronce est plantée. Je n’ai pas envie de réparer ici, j’aimerais avoir de l’eau à disposition et je vais bien finir par en trouver, après tout je longe la rivière, et je voudrais, également, un coin à l’ombre. Je continue en poussant.

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                Un autre grand pré plat

Arrive un pont, sous lequel se trouve un ruisseau, et juste après, un coin d’ombre. Je me pose et je répare. Ça me prends un temps fou alors que je n’ai même pas besoin de chercher la fuite. Je sais pourtant le faire ! Mais j’utilise pour la première fois, avec circonspection, une rustine autocollante, et ma pompe est un peu capricieuse. Regonfler mon pneu est très long… Je repars une heure après. Peut mieux faire…

Je retrouve la route, toujours assez peu fréquentée. Je la quitte définitivement vers 12h30, arrivée au barrage et au lac. Il sert de base de baignade et de loisirs. Une petite plage à l’ombre me tend les bras et je n’y résiste pas. J’y fais ma pause méridienne, avec pique-nique et sieste habituelle, mais sans dormir, juste en lisant, paisible, au bord de l’eau.

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Je repars à 13h50. Depuis mon départ de ce matin, il y a plus de six heures, j’ai pédalé deux heures pour 20 km. On s’y fait. Hier je vivais avec agacement et désarroi mon tout petit rythme. Mais je vois que malgré tout, j’avance, parcourant chaque jour la distance prévue, voire un peu plus. Alors à quoi bon me tracasser ?

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La petite route se transforme en piste très agréable qui continue à longer le lac. Je crois deviner la vallée d’Isil, dans laquelle je m’engouffrerai tout à l’heure. La suite me montrera que je me trompe. Le vent est encore et toujours de face, plutôt pénible.

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                Escalarre

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                                Estarri d’Àneu

A 14h30, me voici à Estarri d’Àneu, où je traîne un moment : le village est joli et animé, je trouve de l’eau dans un parc, j’admire les façades des maisons, le lit de la rivière, le vieux pont. Et pour finir, alors que je me crois repartie, je fais une pause en sortie de village, à la rivière. Je troque short et manches courtes contre pantalon et chemise préalablement trempés dans l’eau. Le casque aussi a droit à son bain, ainsi que bidons et chaussettes. Tout dégouline, me voici prête à attaquer la montée sous un soleil implacable. Il est désormais presque 15h.

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Je passe un pont. Face au vide, une femme s’apprête à sauter. Peut-être dois-je préciser qu’elle est équipée d’un harnais accroché à une corde, et même à deux cordes, ces cordes étant elles-mêmes accrochées de l’autre côté du pont sous lequel elles passent. Après un moment d’hésitation, elle sautera avec de grands cris alors que je serai déjà un peu plus haut. Je m’arrête le temps d’une photo. Tout ceci me rappelle mes jeunes années, car oui, j’ai fait ça, une fois, et je me rappelle très bien la sensation de chute, puis le pendule, et la sensation de chute à nouveau lorsqu’on arrive en bout de balancier, jusqu’à ce que le mouvement ralentisse ! Souvenirs souvenirs…

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Revenons au présent. Le vent reste gênant, mais je pédale et j’avance, sur cette route magnifique, qui ondule, serpente, épouse au mieux les courbes de cette vallée si belle. La Pallaresa, devenue sauvage, a creusé des gorges que la route surplombe.

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Petit arrêt photo à un pont génois. Passons sous silence cet homme qui vient d’arriver par l’autre côté et qui, sans me voir, s’apprête à satisfaire un besoin naturel, là, sur ce pont, face au vide et face à moi, son remballage rapide quand enfin il me voit, son excuse bafouillée, mon sourire gêné, puis, finalement, nos deux grands éclats de rire.
La photo finalement prise sans la présence du figurant, je repars en riant encore. La route est toujours aussi belle et facile à rouler.

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                                La Pallaresa, devenue torrent

A 16h, arrivée à Sant Joan d’Isil, chapelle construite au XIIe siècle. Le chevet, à l'est, est carrément construit dans le lit de la rivière. La façade méridionale, en pierres d’une belle couleur chaude, est ornée de multiples sculptures. Sans bouger, j’en découvre de nouvelles à chaque minute. J’y passe un moment.

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                                Je remonte encore et toujours le cours de la Pallaresa

J’atteins Alós d’Isil quelque temps plus tard. Photo rapide sur un autre vieux pont, mais je ne m’attarde pas, je veux avancer.

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La route est toujours très agréable. Mais j’arrive au bout. Me voici à proximité du Refugi del Fornet et un panneau me laisse pensive. Je convoque mon meilleur espagnol roll mais je ne parviens pas à comprendre si au-delà, le bivouac est autorisé ou non. Dans le doute…

Je trouve un coin sous un beau noisetier, en bord de rivière, à l’abri des regards. Mini-toilette à la rivière, habillage car il fait beaucoup moins chaud, ce soir je mets le collant, le pull, la doudoune, et même l’écharpe et le bonnet ; puis repas et installation pour la nuit, toujours sans monter la tente. Petite séance d’écriture, comme tous les soirs, et révision de l’itinéraire du lendemain. Puis je me couche, prête à dormir.

Le problème, c’est que sous les noisetiers, il y a des noisettes. J’en évacue quelques-unes de sous mon matelas. Là, c’est mieux !

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Bilan journée :
44 km dont 11 sur pistes et chemins, 1130 D+, 460 D-


J4 - Vendredi 4 Août

Après une nuit tout d'abord d’un bon sommeil réparateur puis plus agitée, je me réveille au son des ploc, ploc, ploc…
De la rosée, déposée sur les feuilles de mon noisetier, et qui finit par s’égoutter ? Une sortie pipi me permet de vérifier : non, il s’agit bien de pluie, une pluie très fine, qui s’accumule sur les feuilles et finit par tomber, en grosses gouttes. Montage de tente en vitesse. Il n’est que 6h45, je me recouche dans mon cocon, sans me rendormir.
La pluie est froide mais pas très forte, j’imagine pouvoir partir rapidement. A 7h15, le petit-déjeuner est pris, et maintenant il pleut vraiment. Je me recouche et m’assoupis. Une accalmie me réveille, je range tout, je m’habille comme je peux pour affronter une montée à 1800m puis une descente dans ces conditions, et je pars… alors que la pluie s’est remise à tomber plus fortement. Tant pis ! Il est 8h15.

Dans la précipitation du départ, j’ai à nouveau mal fixé un des tendeurs tenant mon sac-à-dos, et il s’enroule autour de mon moyeu arrière. Quelques minutes me sont nécessaires pour l’en déloger. Je râle contre moi-même.

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La piste est parfaite. Revêtement très compact, sans aucune pierres apparentes, tellement roulant que j’ai l’impression de descendre. Mais... suis-je vraiment dans le bon sens ? Je me rassure comme je peux : je continue à remonter  la rivière, et je crois me rappeler qu'une règle universelle veut que les ruisseaux, les rivières, les fleuves, coulent vers le bas.
Il y a quand même, parfois, de petits raidillons m'obligeant à pousser. Ça me manquait ! Je suis vraiment, maintenant, en montagne, au milieu des pins à crochets, dans cette haute vallée noyée d'écharpes de brumes. J’imagine, dans les nuages, les sommets alentours. C'est drôle : il me semble avoir beaucoup voyagé et être très loin de mes bases, mais en fait, je suis juste à l’envers du Valier.

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Durant toute cette matinée, longues ondées et courtes accalmies se succèdent. Je prends quelques rares pauses, tentant de réchauffer mes mains et mes cuisses. J’évite de penser à la descente, en short et sans gants…

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J’avance toujours, un panneau m’informe que j’arrive dans le Val d’Aran. Sur cette piste, je n’ai encore croisé personne. Une partie est une zone de silence, et je n’avais encore jamais vu cela. Toute activité bruyante y est proscrite. Zone de silence ou pas, aujourd'hui je n'aurais pas été dérangée : je n'ai encore croisé personne. Je n’entends que le vent dans les arbres et la pluie qui tombe, inexorablement.

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Montgarri, 10h. J’y retrouve un peu trop de présence humaine et je croiserai par la suite de nombreuses voitures.
Un rayon de soleil m’éclaire une dizaine de secondes, et disparaît. Faux espoir…
Au parking se trouve un panneau « Lieux de mémoire » : il y est expliqué que Montgarri, hameau où habitaient auparavant, à l'année, quelques familles, a longtemps été lieu de passage de troupeaux et de contrebandiers. Pendant la guerre, les alentours étaient occupé par le maquis et le village a servi de lieu de repos et d’hébergement pour des fugitifs qui « arrivaient exténués suite aux longues journées à pied par les chemins de montagne, pour se reposer et récupérer des forces avant de continuer leur trajet vers les villages principaux, généralement par la vallée d’Isil ou par le col de Bonaigua ». Il n'y a plus désormais aucun habitant à l'année, et le hameau se résume à quelques ruines, un refuge de montagne, et le sanctuaire Nostra Senyora de Montgarri.

J’apprécie énormément de découvrir l’histoire des lieux que je traverse, qu’elle soit récente ou plus ancienne. Comme si cela donnait un sens à mon voyage. Panneau après panneau, information après information, des liens s’esquissent entre les lieux traversés et avec d’autres lieux déjà connus, en diverses périodes. Il me semble parfois marcher ou rouler dans les traces de toutes celles et tous ceux qui m’ont précédée dans des conditions bien plus difficiles, et mon effort, pourtant si gratuit, si futile, est alors comme un hommage.

Je ne suis désormais plus en forêt et la piste est bordée de fleurs de montagne : d’énormes cirses, des aconits bleus ou jaunes, du bouillon blanc, des œillets rose vif. Tout est noyé de brume.

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Un beau et grand lièvre traverse en partie la piste, et se pose. Il y restera, immobile, jusqu’à l’arrivée d'une des nombreuses voitures que je croiserai par la suite, se rendant probablement au refuge, pour une balade suivie d'un bon repas.

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Il est 11h, et me voici arrivée au Pla de Beret. Il s’agit du haut de la station de ski de Baqueira.

S'y trouve la source de la Noguera Pallaresa, que je remonte depuis hier matin. Et je découvrirai en revenant chez moi que c'est également ici, sur le Pla de Beret, que la Garonne prend sa source, ou plutôt resurgit, après avoir disparu sous terre au Trou du Toro, sous l'Aneto. Ou plutôt, c'est ici qu'elle prend une de ses trois sources (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Garonne).
D'où je suis, deux fleuves partent. L'un vers l'Ouest et la France, pour se jeter dans l’Atlantique, après quelques centaines de kilomètres. L'autre vers le Sud, rejoignant l'Ebre et se jetant dans la Méditerranée au terme d'un millier de kilomètres.

Là, chez moi, alors que j'écris, me vient une violente envie de les suivre, ces fleuves et ces rivières, de leur naissance jusqu'à leur arrivée dans l'eau salée.  Rouler, me laisser guider, suivre le trajet de l'eau, au gré des vallées et des flots...

Mais foin de poésie. Car quand même, Beret, je suis bien obligée de dire que c’est moche : un plateau herbeux parsemé de bâtiments et remontées de station de ski. Je vais à gauche, à droite, un peu plus loin, puis je reviens en arrière, dans la quête désespérée d’un troquet où je pourrais me réchauffer devant un bon thé brûlant. Rien, hormis un restaurant où quelques serveuses, jupe noire et chemisier blanc impeccable, mettent sur les tables de beaux napperons d’un blanc pur et des couverts rutilants. Le restaurant est encore fermé mais de toute façon, je ne me vois pas m’y installer, dégoulinante et crottée comme je suis.

Finalement, à force d’errer sous cette pluie qui ne s’arrête pas, je trouve un lieu accueillant : les toilettes. C’est immense, spacieux, clair, et si propre qu’on y mangerait par terre. C’est d’ailleurs ce que je vais faire... Argument imparable, il y fait chaud. Je m’installe, je déballe mes affaires sèches, je me change, j’étale tout ce qui est mouillé, j’utilise le sèche-main pour me réchauffer les pieds et sécher un peu chaussettes, slip et short que je remettrai tout à l’heure, je charge mon téléphone sur une prise électrique. Le luxe ! Et donc, assise au sol, je pique-nique. Heureusement car j’ai tout de même un peu honte, seules deux personnes viendront utiliser les toilettes durant ma présence.

J’y passe presque deux heures, espérant que la pluie cesse. Mais comme depuis ce matin, les accalmies sont de très courte durée, me laissant juste le temps d’envisager de partir. J’attends.

Une accalmie semblant enfin se prolonger, je finis par redémarrer. Il est 13h. Ça monte encore un peu, sur un chemin embrumé traversant la prairie. Je ne vois plus ni bâtiments, ni remontées mécaniques, et l’endroit est beau.

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                D'où je suis, deux fleuves partent...

Je vais et viens ensuite durant vingt minutes à côté d’un départ de télésiège, sans comprendre d’où part exactement le chemin que Komoot m’indique. Je renonce à le chercher et finis par suivre la route, tant pis.

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La descente ne se passe pas si mal. Je garde une vitesse modérée, route mouillée oblige, d’autant qu’une mésaventure récente m’a rappelé que je ne suis pas invulnérable et je suis depuis devenue plus prudente. Je m’étais d’ailleurs promis de m’arrêter si freiner devenait difficile, mais finalement, je n’ai pas si froid et je conserve pleinement les sensations et la mobilité des mains. Je ne peux pas en dire autant de mes pieds et de mes cuisses...

J’arrive à Baqueira à 15h et me mets en quête d’un gîte ou d’un hôtel. Apparemment pas de gîte. Hôtel fermé. Hôtel fermé. Hôtel ouvert mais 4 étoiles. Zaack, depuis Vielha où ils se sont posés durant cette journée de pluie, vient à mon secours en m’indiquant le gîte de Tredos. Mais c’est bien plus bas. Il faudra bien, dimanche, que je rejoigne mon vélo, et j’ai peur que cela me fasse une trop longue journée, je préfère rester ici.
Je persiste donc, je tourne, je vire, et j’arrive au Tuc Blanc : hôtel 3 étoiles, ouvert. Allez ! A l’accueil, je sors mon plus bel espagnol mâtiné d’anglais, c’est assez drôle mais nous nous comprenons. Nuitée à 66 €, c’est pas donné, je trouve. Je retrouve le sourire lorsqu’on m’annonce que le petit-déjeuner est inclus. Et je pourrai leur laisser mon vélo durant les deux jours de balade. Ça va le faire !

Une bonne heure plus tard je suis enfin sortie de mon bain, j’ai retrouvé mes pieds, et la chambre est transformée en étendoir.

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Je sors faire un tour. Repérage des restaurants (fermés pour la plupart), recherche d’un endroit où je pourrais acheter quelques fruits (pas trouvé) et un petit réconfort pâtissier pour mon goûter (pas trouvé non plus…). Le supermarché semble définitivement fermé, ou peut-être n’est-il ouvert que durant la saison hivernale. En été, ici, apparemment, on ne mange pas. Par contre, on peut acheter des vêtements de ski.

Piteuse, toujours en contact avec Zaack, je lui demande s’il peut m’acheter un concombre, afin d’agrémenter un peu ma semoule de midi. Point de vue ravitaillement de HRPistes, j’ai déjà fait mieux…

Le rendez-vous de demain est calé, vers 9h. Ils arriveront soit en bus, soit avec Matt81, qui envisage de les rejoindre. Le soleil devrait être avec nous. Petite pensée pour Clems.

De retour à l’hôtel vers 18h, j’écris un peu et je m’endors… Réveillée par mon estomac, direction le resto repéré tout à l’heure. Seule cliente de la soirée, j’y serai accueillie avec une attention qui me touche. Au menu du jour, tagliatelles carbonara en entrée, puis deux escalopes milanaises avec des frites, et pour finir des pana cotta qui n’étaient pourtant pas au menu. Je n’en ai pas laissé une miette. Repue, je m’en vais dormir dans un lit.

Bilan journée :
35 km dont 20 sur pistes, 900 D+, 850 D-



Edit : le titre

Dernière modification par Cat 09 (07-09-2023 19:46:09)

Hors ligne

#2 06-09-2023 11:20:19

Cat 09
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Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Samedi 5 Août et Dimanche 6 Août

Samedi matin ; le buffet à volonté du petit-déjeuner m’a vue passer plusieurs fois, et maintenant je me prépare. La chambre est rangée et un peu nettoyée, je ne veux pas laisser de traces de mon grand déballage. Les affaires spécifiques au vélo restent dans les sacoches, les sacoches restent sur le vélo, et le vélo est laissé dans le local à skis. Le reste trouve place dans le sac à dos.

Il est 9h, voici Zaack et Fifi avec Matt et sa voiture, on y va. Départ du Port de la Bonaigua, où la voiture de Matt nous a amenés, afin d'éviter de longer les pistes de ski de Baqueira.

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Que dire de ces deux jours ? La compagnie est bien sympathique, les lacs reflètent le bleu du ciel, les hauts sommets nous environnent, nous prenons le temps de repérer et de contempler : Encantats, Maladeta, Maubermé, Mail de Bulard, Valier et Monts Rouch. Nous sommes bien entourés !

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En fin d'après-midi, Matt s’en est reparti, il ne reste pas pour la nuit. Nous la passons au refuge-cabane d’Airoto, en compagnie de HRPistes de pays lointains. Il me semble voyager très loin de chez moi !

Le lendemain, Zaack et Fifi continuent vers Alòs d’Isil, et nous nous séparons, bien contents de nous être rencontrés et du bout de chemin parcouru ensemble.

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                      La descente vers Isil. Bonne route, les amis !

Pour moi, retour à Baqueira, par un autre chemin que la veille, bien plus long, d’autant que je le rallonge involontairement, passant par des lacs absolument magnifiques mais que je n’aurais jamais dû voir. On va dire que c’est le vent, très froid, très fort, très désagréable, qui m’a poussée du mauvais côté…

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                      Interminable traversée de pierrier instable...

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                      Lac d'Airoto

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                      Vue sur Maubermé et Bulard

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                      et sur la Maladeta

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                      Un des lacs que je n'aurais pas dû voir

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                                            La crête empruntée à la descente, chemin noir sur Osmand, mériterait du rose pointillé...

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                      Dernier beau lac

La descente est longue… Je retrouve enfin l’hôtel et mon vélo. Rangement : le sac à dos s’allège à mesure que certaines choses prennent place dans les sacoches. Tout a retrouvé sa place, me voici prête, je ne veux pas dormir ici ce soir, je repars.


J’enfourche ma bécane, et retrouve instantanément le sentiment de liberté que j’éprouve, toujours, avec ce geste. J’attrape de suite une piste, rive gauche du Ríu Garona (ah, c’est déjà la Garonne, ici ? me dis-je alors, ignorante, alors que je l'ai longée depuis le Pla de Beret...)

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Ça descend. Mais rapidement une barrière fait obstacle. Camin tallat per obres, est-il écrit. Camin chemin, jusque-là je comprends. Tallat per obres, par contre… Une espagnole questionnée me renseigne, en traduisant en français parfait. C’est donc fermé pour travaux. Mais "con mi bicicletta ? Es possible ?" Un jeune espagnol répond « Creo que sí». Je fais confiance, j’y vais. Autre barrière une grosse dizaine de minutes et surtout une bonne descente plus tard. Je contourne une nouvelle fois. Et je descends de plus en plus, sur ce beau chemin pavé. Ah…. Voilà les travaux…. Un pont… Bien fermé par une haute barrière, avec palissade de chaque côté de la barrière pour empêcher tout passage. Je suis vraiment déjà beaucoup descendue et n’ai aucune envie de faire demi-tour. Hésitations, repérage. Passer ou rebrousser chemin ? J'hésite, j'hésite…

Je finis tout de même par arriver à Tredòs, où se tient un marché. J’y achète un peu de charcuterie locale. La ville est jolie.
Je roule jusqu’à Vielha sur des pistes très agréables et des routes pas désagréables.

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Peu après me voici de retour en rive gauche, sur une très belle piste le long de laquelle j’espère pouvoir dormir. Mais les Espagnols se promènent beaucoup, je l’ai déjà remarqué. A chaque endroit qui s’y prêterait, je me juge trop près d’un village, trop visible de la piste, trop visible de la route en face. J’ai déjà bien marché aujourd’hui et quoique cela descende globalement, je fatigue, et je voudrais m’arrêter. Ah, un lavoir, en bord de piste, dans une portion où je vois peu de promeneurs. Près du lavoir, un peu derrière, un espace plat… ayant servi de toilettes…. J’hésite, mais tout de même, l’odeur y est. Je repars en me donnant un kilomètre pour trouver un lieu accueillant, sinon je reviens là, tant pis. Coup de chance, avant la fin du kilomètre imparti, je trouve mon bonheur dans un pré en contrebas. La rivière est toute proche avec un magnifique coin baignade, le pré est doux, la route est peu visible même si j’en entends le bruit.

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Bilan rando du week-end :
Samedi : 9 km, 770D+ et 660D-
Dimanche : 17 km, 850D+, 1550D-

Bilan vélo du dimanche : 24 km dont 12 non goudronnés, 140D+, 820D-



Lundi 7 Août

J’ai très très bien dormi. Premier réveil à 6h30, mais je me rendors. Deuxième réveil à 8h. Pour la première fois depuis mon départ, j’ai des courbatures, souvenirs des efforts de la veille.
Petit rituel du matin et départ à 9h.

Cinq minutes après et juste en bord de piste se trouve un camping dit « ecologic », semblant très calme, très arboré, très agréable. Il ne m'aurait pas déplu d'y passer la nuit.

La piste est vraiment confortable, ça descend tranquillement, je roule vite. Bossòst est atteint en une demi-heure. Mon itinéraire longe un canal, croise une galerie d’entrée de mine, et arrive à Les, ville dédiée aux activités de plein air, me semble-t-il : raft, escalade (y compris sous un pont), via ferrata. J’hésite à faire le plein d’eau à la fontaine « Aigua Termal », mais il me suffit de la goûter pour en être dissuadée. L’eau est tiède avec un fort goût de soufre. De l’eau thermale, quoi…

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                      Bossòst

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Je rejoins la grosse route à 10h15. Elle me mène à la frontière en 10 minutes.

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Encore un panneau Lieux de mémoire, retraçant l’importance du Val d’Aran durant la guerre civile espagnole, car haut lieu de résistance au franquisme. Et, ensuite, lieu de passage de milliers de fugitifs juifs venus de toute l’Europe. L’Espagne, tout d’abord, les a accueillis et laissés passer. Puis, sous la pression allemande, les a emprisonnés. Triste période de notre histoire…

Je remonte sur mon vélo et, subitement, la petite boule au ventre habituelle réapparaît, c’est à cette occasion que je m’aperçois qu’elle m’avait quittée durant tout le trajet en Espagne. A la frontière exactement, la route s’est rétréci, ne laissant plus la place pour cette bande bitumeuse très roulante, située à droite du marquage au sol, présente sur toutes les grosses routes espagnoles que j’ai empruntées ces temps-ci, et sur laquelle je roulais. Des voitures et des camions de toutes nationalités me doublent donc désormais de trop près, sans ménagement, d’autant plus que les conducteurs espagnols, réellement attentifs aux cyclistes, sont sans doute plus rares, maintenant. Je suis prise d’une crise de francophobie aiguë.

Heureusement, voici déjà la bifurcation. Pause grignotage, et appel à tout mon courage. J’ai 800 mètres à monter sur une toute petite route, jusqu’au Col d’Artigascou.

Je repars, en mettant un point d’honneur à rester sur mon vélo jusqu’à Melles. Le GR10 passe par ici, et quelques marcheurs me croisent. Plus exactement, ils me dépassent….

A Melles, fontaine, remplissage et trempage des bidons. Je m’arrose des pieds à la tête et je suis prête à repartir. Mais tout orgueil a disparu, et le reste de la montée se fera le plus souvent en poussant. Avec un premier arrêt dès la sortie du village, au jardin botanique, que je prends le temps de visiter. Il s’agit d’un jardin associatif, géré et entretenu par des bénévoles. La plupart des fleurs sont fanées, dommage, j’arrive un peu tard en saison. Pique-nique au doux bruit de l’épareuse qui s’est mise en route dès mon arrivée, qui a fauché quelques dizaines de mètres de bord de route durant ma pause déjeuner, et qui s’arrêtera très exactement lorsque je fermerai le portail en repartant roll !

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Je reprends ma montée. Mais Komoot m’a fait des cachotteries : la route n’est plus entretenue. Plus je monte, plus la chaussée est dégradée. Je pousse, je pousse, je pousse, et je sue, je transpire, je dégouline. Devant une grange, un robinet. Surprise, je peux l’ouvrir ! Je m’arrose à nouveau et prends grand soin de bien le refermer. Merci à vous, ô propriétaire des lieux !

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La vue est magique. Les sommets se dévoilent, Maladeta et Posets d’un côté, Calabasse et Crabère de l’autre.

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Je suis presque au sommet (en vélo, les cols sont des sommets), et un magnifique plat herbeux et ombragé s’offre à moi. Je me pose. Lecture, repas, sieste à l’ombre. Je ne m’assoupis pas vraiment. Je suis bien, juste bien, là, sur cette herbe verte, sous ces grands arbres. L’air bruisse de mille petites choses : les feuilles qui s’agitent dans l’air, le bourdonnement des insectes, le pépiement des oiseaux. J’ai presque frais. Je suis bien.

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Allez, 15h30, il faut bien repartir.

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A 16h j’arrive au col, ayant réussi à pédaler un peu. Le relief s’est adouci, des prés et des bois de pins ponctuent ce qui ressemble à un plateau, des digitales ornent les bas-côtés.

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Pour la descente, je décide d’éviter le Col de Menté et de rouler sur ce que Komoot me présente comme une route. Ça commence par un raté : la soi-disant route est tellement peu visible que je ne la vois pas, et poursuis sur la piste à flanc. M’apercevant assez tôt de mon erreur, je rebrousse chemin. Mais cela aurait dû me faire réfléchir… La « route » est tout aussi défoncée, et peut-être même plus, que de l’autre côté. La descente est donc éprouvante : juchée sur le vélo, prenant garde à ne pas tomber, je freine en permanence, je tressaute, je cahote, j’ai mal aux bras, j’ai mal aux fesses, et les freins couinent, hurlent devrais-je dire, en permanence. Et il n’y a rien à voir que des plantations de pins et les multiples cailloux responsables de mes tressautements. Et c’est trèèèès long.

Cela s’améliore tout de même un peu en descendant, je peux me permettre des pointes à 13 ou 14 km/h.

Après une grosse demi-heure bien pénible, je retrouve une route. J’arrête de tressauter et je recommence à rouler. Encore une demi-heure, et c’est la bifurcation pour le Col de Portet d’Aspet.

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La suite est annoncée par un panneau : 4,4 km avec une pente moyenne de 9,7 %, 440 mètres à monter.
Jusqu’à présent, j’ai fait 43 km et déjà 950 mètres de dénivelée positive, en 4h10 de vélo ou de poussé.

Je rassemble à nouveau tout mon courage. Je n’ai jamais fait beaucoup de vélo, et très rarement gravi des cols, mais il me semble que 9,7 %, c’est raide….

Dès le début, c’est dur… Mais j’ai décidé que je ferai tout sur le vélo, et je m’y tiens. D’autant que je trouve la route dangereuse si je pousse, car j'occupe alors plus de place sur une chaussée pas très large, aux multiples virages sans visibilité. J’avance par à-coups. 300 mètres sur le vélo, un élargissement de la route, une pause. 350 mètres de vélo, une pause. 200 mètres de vélo, une pause. J’ai beau savoir qu’il faut accepter la lenteur, ne pas vouloir arriver plus vite en haut, rien à faire, je m’épuise. Mais bon... tant que je ne recule pas…

Un panneau vient me réconforter : j’ai déjà parcouru 1,4 km et monté 160 mètres ! Le tiers. Et le pouce levé d’un passager de moto m’encourage.

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La pente me semble s’adoucir légèrement. Au lieu des 14 ou 15 % précédent, nous serions plutôt aux alentours des 10 %. Je respire et en profite pour allonger un peu mes micro-étapes. Mais voici encore un bon raidillon.

Crispée sur le guidon, arc boutée sur mes pédales, je m’obstine, je tiens, et je monte, ne regardant  pas le compteur qui doit difficilement atteindre les 4 km/h. Et c’est alors qu’une toile d’araignée, volant au vent, m’atterrit en plein visage. Je sens de nombreux fils autour de mes yeux, sur mes joues, mon nez, mon menton. Hors de question de m’arrêter ici. Je respire un grand coup, et je continue. Un petit point noir et flou se met alors à bouger devant mon œil droit. Pffff…. Ecoute, araignée, ta présence ne m’est pas agréable, mais tu es là, alors vis ta vie, essaie juste de ne pas te faire avaler, s’il-te-plaît…
Fin du raidillon. Je n’ai pas inhalé d’araignée, c’est déjà ça. Un muret bienvenu accueille mon vélo et mes fesses, pour une pause boisson grignotage réconfortante. Mais d’abord, évacuer les fils arachnéens et leur propriétaire. Voilà qui est fait. Et je reprends mon souffle, tout en rêvant d'un steack-frites au camping qui se trouve là-haut, tout là-haut, juste au col.

Me voici repartie et bientôt dépassée par un vieux, puis deux jeunes cyclocampeurs en vélo de route. Suivront encore une jeune puis un autre vieux. Bon, « vieux », on se comprend… pas forcément beaucoup plus que moi… Je les vois parfois se mettre en danseuse. Le dernier semble peiner, n’empêche qu’il m’a doublé. Je les envie un instant, j'aimerais bien qu'ils me prêtent leurs jambes et leurs poumons pour les derniers mètres.

Mais l’arrivée est proche, la pente s’est un peu adoucie, je suis très fière de moi car je suis parvenue à avancer de 750 mètres sans m’arrêter, et me voici au col, où je retrouve les cinq cyclocampeurs. Nous nous congratulons mutuellement, tous heureux d’être arrivés. Il s’agit de cyclistes espagnols effectuant la traversée par les cols. Ils sont partis de Hendaye il y a 8 jours. Et ils l’ont trouvé dur, ce Portet d’Aspet. Voilà qui me réconforte !

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Je me pose dans un coin. Les jambes tremblotent. Détente et étirements obligatoires.
Au compteur : 48,05 km, 5h06 de vélo. Et il est 18h30. J’ai donc mis 1h20, dont 55 minutes de vélo, pour avancer de 4,4km. D’où une moyenne de 4,03 km/h sans compter les pauses, 3,02 km/h avec les pauses big_smile .

Mais pensons plutôt aux choses sérieuses : camping or not camping ? Le panneau Aire naturelle me plaît bien, je vais voir. Et je m’installe. Le camping est calme, plat, arboré, juste ce qu'il me faut.
Montage de la tente, recharge du téléphone, bonne grosse douche. Je me sens une femme neuve, prêt à engloutir la pizza commandée à l’instant !

Bilan journée :
46 km dont une quinzaine non goudronnés (ou très détériorés), 1390D+, 1120D-



Mardi 8 Août

J’ai dormi comme une souche, je me suis même offert une grasse matinée, et je ne pars qu’à 9h, après avoir dit au revoir à mes voisins espagnols.
Youhoouou !!! C’est parti pour la grande descente vers St Girons !

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A 9h10, je suis en Ariège. La route est large, propre, avec très peu de circulation. Et mes freins ne couinent pas, ce qui me fait échafauder une théorie au sujet d’une relation possible entre chaleur et couinements. A vérifier.

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                                            Luzenac en Couserans

A Engomer, arrêt obligatoire au Moulin Gourmand pour mon repas de ce soir : des ravioles au magret. Je craque aussi pour un bon bout de fromage, et pour des lasagnes au magret qui seront dévorées demain. En cinq minutes, je me suis alourdie de plus de deux kilos…

A Moulis je tente, sans succès, de trouver une boulangerie pour mon deuxième petit déjeuner, mais rien. Une école, un centre CNRS, de jolies maisons, mais aucun commerce. Tant pis.

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Je rejoins les bords de Lez, bucoliques à souhait. Un pont me fait traverser rive droite. Je crois d’abord qu’il est en travaux, bruit de disqueuse et nuage de poussière, mais en m’approchant, je découvre plusieurs personnes revêtues de combinaisons, masques, lunettes et casques antibruit, les unes avec une disqueuse, d’autres avec une meuleuse, d’autres encore avec une ponceuse, penchées chacune sur un gros bloc de pierre. Je passe au milieu. Personne ne lève la tête. Mais me voici presque bloquée par un véhicule garé au milieu du chemin. Arrive un homme souriant et s’excusant. C’est visiblement l’encadrant de ce stage de sculpture sur marbre, se déroulant à deux pas de la carrière dont sont extraits les blocs. « Le plus beau marbre », me dit-il, des étoiles dans les yeux.
Effectivement, quelques dizaines de mètres plus loin, je suis bien obligée d’en convenir. Noire veinée de blanc, la roche est magnifique.

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Le chemin continue à flanc, en longeant les champs. Un tracteur rouge passe et repasse sans se presser, il remue le foin doré, la lumière est belle, je reste en contemplation.

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Le chemin se fait de plus en plus beau. Je longe maintenant un canal d’amenée d’eau, servant sans doute à alimenter les usines de pâte à papier situées à Ledar. Passé industriel de Saint-Girons et sa vallée. Presque toutes ont fermé. Il n’en reste plus qu’une, je crois.

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Le chemin est plat, ombragé, très roulant. Il finit par descendre, et je croise alors une meute de gars accompagnée d’un groupe de chiens, à moins que cela ne soit le contraire. Je mets pied à terre, craignant le comportement de ces molosses de toute taille. Mais hommes et chiens, tous sont adorables, et blaguent gentiment en passant.

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J’arrive  à Saint Girons par ses HLM, ses petites rues tranquilles. Et là enfin, je trouve une boulangerie. Un croque-monsieur et trois pâtisseries dans les sacoches, je m’en vais m’installer sur la place du marché, sur le parapet, en bord de Salat, pour déguster le tout.  Et j’admire cette ville, comme si je la découvrais.

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Remplissage des bidons et mouillage de chaussettes, en prévision de la chaude après-midi qui s’annonce.

Je me dirige vers la voie verte, pas du tout indiquée, ce qui me fait râler. J’y suis. Faux-plat montant et léger vent de face. Je peine… Rouler ici n'est pourtant pas désagréable, à l’ombre, loin des voitures.

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Rimont. Un tunnel de 850 mètres de long. C’est long ! La lumière s’est allumée, heureusement sinon je n’y verrais rien. Il y fait un froid polaire. Mais c’est si beau…

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Arrêt à Segalas, aire de repos, pour une pause grignotage et microsieste. Ce n’est pas un endroit des plus agréable car la route est proche, mais c’est plat et ombragé. J’en repars à 15h.

A La Bastide de Sérou, une petite demi-heure plus tard, ça commence à sentir la fin. La maison approche. Me restent huit kilomètres et une bonne montée. Je vais essayer de ne pas pousser.

Une heure plus tard, je n’ai pas poussé. Je n'ai fait qu'une seule pause. Et je suis arrivée smile .


Bilan journée :
63 km dont 22 de piste cyclable gravillonnée, 710D+, 880D-

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#3 06-09-2023 11:45:54

karibou31
Membre
Inscription : 08-09-2021

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Hello Cat !
C'est top cette balade à vélo !
Comme à chaque découverte d'une chose que je ne pratique pas, ça me donne envie.. Tu as un VTT ou un Gravel ? Je vois que tu es en mode sac à dos sur le porte bagages, c'est parce que tu randonnais à pieds j'imagine ? Sinon c'est sacoches ?
Comment tu prépares ton parcours ? Parce que j'imagine qu'on ne regarde pas les chemins de la même façon que pour de la rando àpieds, comment tu détermines que ça passe ou pas sur les sentiers un peu mixtes ?

Si un jour tu cherche un compère pour t'accompagner, je suis bien motivé à tester de me mettre dans le TER et tester une petite vadrouille !


Edit sans précisions = corrections orthographiques

Trombi --- Liste montagne été
Liste printemps / automne

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#4 06-09-2023 11:50:25

Cat 09
Membre
Inscription : 04-03-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Coucou Karibou,

C'est un gravel. Et le sac-à-dos, oui, c'était parce que j'en avais besoin pour la rando mais franchement, je le referai, c'est beaucoup mieux (surtout quand on pousse beaucoup comme moi...). Je vais faire un petit retour matos, avec ma liste.

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#5 06-09-2023 11:52:18

karibou31
Membre
Inscription : 08-09-2021

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

ok
je n'y connais pas grand-chose en vélo, je pense qu'il y a plein de discussions là-dessus donc je vais éviter de pourrir ton fil, mais en VTT ce genre de circuit tu penses que ça serait passé pareil ?


Edit sans précisions = corrections orthographiques

Trombi --- Liste montagne été
Liste printemps / automne

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#6 06-09-2023 12:31:29

Cat 09
Membre
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Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Oui, tu trouveras d'autres infos bien plus pertinentes que les miennes sur d'autres fils, car je suis loin d'être une spécialiste... Je n'ai jamais fait de VTT mais je pense qu'en VTT, les pistes pourries seraient mieux passées, par contre c'est dommage de rouler sur route avec un VTT.
Komoot, l'appli que j'utilise pour définir le parcours, laisse le choix entre différents types de vélo : route, Gravel, VTT, vélo électrique je crois, et encore un ou deux autres. L'appli t'indique ensuite ce qu'elle pense être l'itinéraire le plus adapté à ton vélo. C'est vraiment pratique.

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#7 06-09-2023 12:45:06

karibou31
Membre
Inscription : 08-09-2021

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Ok merci.


Edit sans précisions = corrections orthographiques

Trombi --- Liste montagne été
Liste printemps / automne

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#8 06-09-2023 13:18:52

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
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Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Et un récit vélo de plus big_smile

Tu faisais comment pour t'orienter à chaque intersection ?

Cat 09 a écrit :

#689958A Moulis je tente, sans succès, de trouver une boulangerie pour mon deuxième petit déjeuner, mais rien.

La marque d'un⋅e vrai⋅e cycliste big_smile


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#9 06-09-2023 21:54:36

tolliv
Sérénitude
Lieu : Toulouse
Inscription : 06-09-2016
Site Web

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Merci Cat pour ce récit, il m'a bien inspiré et il a l'air faisable par quelqu'un possédant un mini-vélo.
Quelques remarques :
"je remplis mes bidons et je mouille les vieilles chaussettes dans lesquelles je les ai glissés. C'est mon réfrigérateur portatif"
En lisant trop vite, j'ai cru que tu mettais tes chaussettes dans les bidons pour les rafraichir (les chaussettes). Et je me suis dit "beurk, ça doit donner du goût à l"eau..".

"Passons sous silence cet homme qui vient d’arriver par l’autre côté et qui, sans me voir, s’apprête à satisfaire un besoin naturel"
Cela m'est déjà arrivé, j'étais accroupi dans un fourré en bord de route de campgne quand un agriculteur sur son tracteur s'arrête à mon niveau pour uriner sur le fourré. Quel est le pourcentage de chance que cela arrive ??? Et que ça tombe sur moi ???

"Je repars en me donnant un kilomètre pour trouver un lieu accueillant"
Je passe un temps fou pour trouver un endroit de bivouac qui me convienne. Alors je fais comme toi, je me fixe 20mn pour trouver LE coin idéal en retenant des coins "candidats" en passant.

"Rimont. Un tunnel de 850 mètres de long. C’est long ! La lumière s’est allumée, heureusement sinon je n’y verrais rien. Il y fait un froid polaire. Mais c’est si beau"
Je connais ce tunnel. La lumière s'allume toute seule quand tu rentres dedans. Mais aussi .. elle s'éteint toute seule au bout de 15mn. Je m'étais arrêté au milieu pour me prendre en photo : installation du trépied, cadrage, réglages, recadrage puis ... (plop) extinction des feux. Oups !

De belles photos mais J'aime beaucoup ta photo de St Giron en miroir !


"La vie est trop courte pour être petite"

Mes récits , mes bricolages et quelques idées saugrenues : ---->> ICI <<----

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#10 06-09-2023 23:49:25

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
Inscription : 27-04-2010

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Merci pour ce récit !

Moi aussi j'ai goûté l'eau de la même fontaine à l'entrée de Les (je roulais dans l'autre sens). Les petits vieux sur le banc à côté m'ont regardé vider mes bidons, les remplir d'eau imbuvable, la gouter et la recracher avant de me dire "es agua thermal". J'ai trouvé une fontaine qui crachait puissamment de l'eau bien fraiche et non soufrée à l'autre bout du village.

J'ai déjà rencontré ton problème de soleil qui entre pile poil entre le bas du casque et le haut des lunettes. J'ai fini par adopter une gapette dont la visière comble cet espace. Elle sert aussi de frigo pour crane, sur le même principe que tes chaussettes à bidons, et le tissu de la mienne étant très souple, je m'en couvre les oreilles pour les protéger du soleil et du bruit du vent. Je ne suis pas certain du look, mais c'est efficace. Il y a aussi des casques équipés de visière.

Moi qui emprunte plutôt des parcours linéaires, j'ai bien aimé découvrir ton parcours en boucle.

Eloi

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#11 07-09-2023 19:41:39

Cat 09
Membre
Inscription : 04-03-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Merci pour vos messages  smile .

Eloi, je retiens l'idée chapeau de soleil mouillé sous le casque. J'en avais un mais je n'ai même pas essayé, pensant avoir encore plus chaud... Pourtant en rando j'ai l'habitude de le tremper dans l'eau quand il fait bien chaud.

Tolliv, le mini-vélo je ne connais pas, mais ça doit le faire, oui, en évitant les pistes pénibles. Dans le tunnel, j'espère que tu avais ta frontale pas loin  big_smile !

Shanx, pour les intersections, j'ai Komoot : je ne l'utilise pas en guidage car ça mange la batterie en 3 heures, mais avec juste la carte et la localisation, ça va. Et j'ai vu qu'effectivement je ne suis pas la seule, à vélo, à m'arrêter à chaque boulangerie big_smile !


Et, grâce à l’œil de lynx d'un membre du forum, je corrige une bêtise que j'ai écrite. La Garonne a 3 sources reconnues : l'une d'elle se situe bien sur le Pla de Beret, mais ce n'est pas l'eau qui vient du Trou du Toro. Celle du Trou du Toro sort plus près de l'Aneto, aux Güells del Joeu, dans la vallée qui arrive pile en gros là où j'ai dormi le dimanche soir, après le lavoir de Es Bordes, entre Vielha et Bossost. (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Garonne)

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#12 07-09-2023 20:46:05

Cat 09
Membre
Inscription : 04-03-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Petit bilan trajet :

Total du trajet vélo : 337 km dont
-    103 km non goudronnés
-    45 km sur route importante d'après Komoot (63 km si je rajoute les 14 km de descente sur Baqueira, environ1/2h, et les 4,4 km de montée au Portet d'Aspet, 1h, classées comme petites routes par Komoot - je ne compte pas la descente du Portet d'Aspet, j'ai souvenir d'y avoir croisé des vélos, mais pas de voiture))
-    le reste sur petites routes en général agréables car avec peu de circulation

J’ai fait plus de kilomètres sur route que sur piste et chemin, mais j’ai certainement passé plus de temps sur des pistes que sur les routes. En tout cas, mon impression générale est d’avoir presque toujours roulé dans la nature.

Je suis ravie de mon parcours, même des endroits où j’en ai bavé :
- la montée pour Sant Joan de l’Erm, où j’ai tant souffert, trouve grâce à mes yeux : la première partie était jolie et pas si raide, et une fois là-haut, c’est magnifique.
- Artigascou et Portet d’Aspet, c’était pour m’éviter le détour jusqu’à la plaine, je savais que ce serait dur, mais je trouvais ça rigolo d'inclure un « vrai » col dans mon parcours ; passer par le Col de Menté plutôt que par Artigasou est sans doute bien plus roulant donc plus rapide, mais je ne regrette pas cette montée faite en marchant, car la vue est magique et il n’y a, bien sûr, presque aucune circulation ; par contre, la descente  du col d’Artigascou ne présentant à mon avis aucun intérêt, mieux vaut aller jusqu’au col de Menté afin de profiter d’une descente roulante
- les quelques grosses routes se sont révélées plutôt agréables, et la seule route désagréable n’a que peu duré, juste après la frontière, côté français

Et je radote, mais je veux dire encore une fois ma gratitude pour ces conducteurs et conductrices espagnols qui, vraiment, prennent un soin tout particulier à doubler les cyclistes. Sans doute est-ce l’une des raisons qui me pousseront à retourner rouler en Espagne. Un grand merci à eux.



Les listes

Vélo Rando
Le vélo avec ses porte-bagages, porte-bidons, porte-téléphone, compteur14400
Sur moi 1202 772
Chaussures basses North Face540540
Short long205
Short court pour rando100
1 slip2525
T shirt manches courtes marron7575
Chaussettes Hike 500 gris clair3232
Mitaines rouges40
Casque vélo285
Portage 2620 393
2 sacoches avant Ortlieb 2 x 12,5L1324
Sacoche de selle 1,3L remplie (réparations) (3 clés alène, 1 kit crevaison, 1 chb à air)580
Sacoche de guidon environ 4 L210
Tendeur vert85
Tendeur bleu multifils56
Sac à dos Montane TrailBlazer 28L365365
Nylofume2828
Couchage 1606 1606
Tapis de sol en bâche de jardin150150
Tente Nordisk Telemark 2 LW de 2019 sans tente intérieure660660
Matelas Plastazote 75 x 50 épaisseur 0,54545
Duvet Cumulus Lite Line 300 perso715715
Sac étanche StoS SilNano 8L3636
Pharmacie 219 219
Sifflet et cordelette1212
Ziplock pharmacie avec kits réparation (couture 5 g  / Ductape 7 g)144144
Tiretic - cigarettes - briquet dans tube étanche3030
Hauban de secours 4 - 1 lacet - 1 briquet auto3333
Orientation Sécurité Electronique-Divers 1550 414
Smartphone Wiko175175
Chargeur secteur et câble micro USB60
Panneau solaire Tomtop Classeur80
Chargeur Folomov21
Batterie tampon 18650B x 145
1 carte sur feuille A45
Lampe Nightcore NU25 allégée dans ziplock3232
App photo dans chaussette136136
Carnet dans Ziplock6565
Stylo Bic66
Assimil Espagnol96
2 Livres430
Antivol câble fin194
Pompe SKS205
Hygiène 140 90
Serviette ultralégère orange dans housse1515
Petit savon dans mini ziplock55
Brosse à dents55
Dentifrice poudre dans flacon1010
Baume lèvres1515
Contenant pour Crème solaire 20 mL77
Crème solaire1515
Crème hydratante avec son contenant50
Anti moustique avec son contenant1010
1 Mouchoir tissu88
Habits dans le sac 1166 1041
Chapeau de soleil orange4040
Sac étanche StoS SilNano 4L pour habits2727
1 slip2525
1 autre slip25
Chaussettes Hike 500 gris clair3232
1 Short Quechua violet léger100
Chemisier bleu100100
Pantalon rando beige très fin160160
1 collant chaud (HH)110110
T Shirt Merinos violet9595
Veste imper respi bleu-vert200200
Doudoune Cumulus Inverse Lady taille S sans capuche 50g de duvet 900 CUIN155155
écharpe beige clair DIY3535
bonnet Merinos noir2020
Lunettes de soleil dans gant microfibre4242
Papiers 50 15
CB + 1 chèques + 1 billet dans Ziplock1010
Porte-monnaie35
Carte Européenne d'Assurance Maladie55
Eau 406 91
Gourde vélo verte alu 75 cL125
Gourde vélo rouge 70 cL120
Réfrigérateur (les chaussettes)50
3 Bouteille 50 cL (2 en rando)6040
Filtre à eau sans poche ni tuyau avec bouchon percé pour le nettoyer5151
Repas 172 172
Mini P3RS99
Quart alu 350 mL (avec anses 9 g) D9mm5656
Contenant alcool Pompote 120 mL, poids corrrect calculé avec  nourriture22
Paravent alu métal1111
Couvercle silicone et sous-réchaud liège1010
1 cuillère plastique D477
Sachet à thé réutilisable dans MiniZiplock22
Mini Ziplock sel (y mettre 3 g = 21 pincées pour 21 repas)11
Eponge coupée55
Pot Mascarpone 500 g (17 g) avec couvercle (5 g)2222
1 petit pot Mascarpone 250 g avec couvercle pour faire tupperware1818
Opinel n°8 effilé2929
TOTAL SUR LE VELO / SAC SEC 7 929 4 041


Petit retour matos :
Vélo :
- Le vélo : comparé aux vélos d’un certain nombre d’entre vous, il est lourd. Mais il est tout neuf et je l’aime.
- Obligée d’emporter un sac à dos pour mes 2 jours de rando, j’ai eu l’idée de m’en servir comme contenant plutôt que de le ranger dans une sacoche. J’en suis ravie ! J’y mettais tout mon matériel de nuit (tente-matelas-SdC-vêtements de nuit) et 2 de mes bouteilles, plus quelques petits trucs annexes genre crème hydratante (utilisée une fois). Ne pas avoir de sacoches arrière est d’un grand confort quand on pousse. Maintenant, pour repartir, même si aucune rando pédestre n’était prévue, je reprendrai cette configuration. Je crois que cela semble évident à la plupart d’entre vous, je l'ai d'ailleurs vu écrit dans un post, mais ça ne l’était pas pour moi…
- La sacoche de guidon : convenable, toujours la même, me permet d’y ranger à portée de main ce qui le nécessite, même si dorénavant je n’y farfouille plus en roulant (depuis la mésaventure qui m'a rendue plus prudente wink )
- La sacoche de selle d’une contenance parfaite pour le petit matériel de réparation ; pas possible d’y accéder si le sac-à-dos est en place ; pas facile à mettre et à enlever avec l’antivol rangé enroulé dans le même secteur ; mais en cas de problème mécanique, de toute façon je m’arrête
- Les sacoches avant : des sacoches de porte-bagage, Ortlieb, achetées récemment ; l’une d’elle s’est abîmée dès la première utilisation (la fameuse mésaventure…), réparée avec de l’adhésif type double peau pour tenter de garder l’étanchéité ; ces sacoches contenaient toute la nourriture, les livres, le matériel de recharge du téléphone, et les habits que je mettais et enlevais au cours de la journée ; elles pourraient être moins grandes, et je lorgne avec envie sur les sacoches de fourche comme celles d’Eloi ; j’y gagnerais 700 g de sacoches, et le poids du porte-bagage avant qui deviendrait alors inutile.
- le panneau solaire : de retour à la maison, j'ai testé mon système avec un autre panneau, ça fonctionne, c'est donc le panneau qui a un problème ; j'ai vu sur le forum qu'il peut y avoir un faux-contact dans la prise USB, je regarderai et j'essaierai de bricoler. Entre ça et mes 2 chargeurs Folomov qui tombent en morceaux à peine utilisés, je ne suis pas ravie de mes chinoiseries...

Il me manquait un éclairage pour le vélo, un pantalon imper, des gants chauds et des surgants imper, et un gilet jaune réfléchissant, même si là je n'en aurais pas eu l'usage.

J'avais une bouteille 50cL en trop, prise car je craignais, sur le trajet vélo, de manquer d'eau. En fait j'en ai trouvé très souvent, y compris à Sant Joan de l'Erm, endroit que je pensais aride et pour lequel j'ai emporté cette 3e bouteille.

Je suis assez contente de ce poids de base. Pas du tout, par contre, de mon poids total, car j'ai réalisé en revenant que j'avais emmené de la nourriture pour les 8 jours ! Et en plus, reprise par mon "oh je suis en vélo, je ne porte pas !", j'ai emmené des aliments très lourds... Donc au départ, j'avais 5 kg de bouffe, sans compter l'eau. Alors que j'aurais pu ravitailler à Llavorsi ou Esterri d'Aneu (3e jour), et Vielha (6e jour).


Rando :
Pour cette balade, à cause du trajet vélo, j'ai réduit mon poids de base d'1 kg, passant de 5 à 4. J'avais l'impression de ne pas avoir de sac...
Le sac lui-même est un peu trop grand pour moi, les bretelles et la ceinture sont serrés au maximum, mais comme il est très confortable, ça va très bien. Cet été, ma fille l'a d'ailleurs utilisé aussi avec une grande satisfaction. Il était parfait pour ces 2 jours de balade ; je dois pouvoir y mettre 1 jour de bouffe en plus, voire 2 si je place mon plastazote à l'extérieur, et plus si j'arrive à réduire le volume de mon couchage. Par contre, le tissu est vraiment très fin, et j'ai peur de l'abîmer en le posant par terre comme j'en ai l'habitude. On verra bien... Pour mes randos habituelles, je pense garder mon Gossamer 42L.
Le SdC : trop chaud... Mais j'en ai déjà 3, je ne vais pas encore en acheter un eek ? Ou alors, passer au quilt ? Il faut que ça mûrisse...
La tente : montée 3 fois sur 7 nuits ; sans la tente intérieur, elle est plus légère ; et je prévois de me coudre un tarp un de ces jours.

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#13 07-09-2023 20:59:55

azerty
[i]RL
Inscription : 08-01-2018

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

J’ai lu en diagonale mais ton vélo est très photogénique wink


Profil / trombi ici

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#14 08-09-2023 07:27:25

patou
Membre
Inscription : 11-05-2014

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

pouce Chouette virée !
En plus, tu es passée par des coins que je connais bien : Portet, la Bellongue, la Bastide de S., Ségalas...(j'y serai d'ailleurs dans 2 semaines), ça fait remonter de très bons souvenirs. Merci

cool


Mul part ailleurs

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#15 08-09-2023 20:46:54

Jobig
Membre
Lieu : Breizh
Inscription : 01-07-2014

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Salut Cat,  smile

J'ai tout lu d'une traite et j'ai passé un bon moment à pédaler dans la montagne au rythme de ton style très fluide.

Question technique, j'ai une préférence pour le VTT, même si c'est un peu lourdaud sur route et que ça sollicite un peu plus les cuisses et les mollets. Au moins on est largement à l'abri des crevaisons intempestives. hmm

Jobig


From each according to their ability, to each according to their needs.

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#16 09-09-2023 10:59:06

clems190
Membre
Lieu : Vers Pau
Inscription : 02-10-2013

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Salut Cat,

Joli récit où tu exprimes bien le bonheur que tu as ressenti pendant ces quelques jours.

Désolé d'avoir fait faux bond mais j'ai confiance pour la prochaine sortie en Ariège, j'ai commencé à faire des incantations à la pacha mama et à sacrifier du miel pour papa ours  big_smile


"Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple."  Jacques PREVERT

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#17 12-09-2023 21:26:43

Joy Supertramp
Sempervirens
Inscription : 25-03-2019
Site Web

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

J'avais même raté ce récit vélo !!

En tout cas chapeau, venir ravitailler des copains et leur demander de t'acheter un concombre, ça c'est bien joué  lol


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

Liste montagne été top confort

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#18 13-09-2023 20:52:18

bernard_lyon
Μηδὲν ἄγαν
Lieu : Lyon
Inscription : 16-12-2015

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Salut Cat  smile

Je viens de lire tout ton récit d'une traite… et je me suis régalé !

C'est bien agréable à lire, tu as de vrais bonheurs d'écriture.
Les photos aussi sont souvent belles, j'en retiens deux comme ça qui m'ont beaucoup plu, mais il y en a plein d'autres : celle du lièvre dans les virages de la petite route, et celle de ton vélo légendée "D'où je suis, deux fleuves partent...".

J'ai appris des choses aussi… le coup des gourdes dans les chaussettes, intéressant ! Ça marche bien ?
Tu mentionnes un pont génois, je croyais que c'était en Corse qu'on en trouvait ?

Et le "réconfort pâtissier", ça, ça me parle  cool


"Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route." (Jean Giono, "Que ma joie demeure")

Mon trombi | Liste | HRP Banyuls-Alos d'Isil | GR738

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#19 13-09-2023 21:19:55

Cat 09
Membre
Inscription : 04-03-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Merci de votre passage par ici  smile !

Pour le vélo photogénique, ben oui... C'est ce que je vois avec le récit de Shanx où, sur les photos, il y a des cyclistes. C'est mieux. La route toute seule, ou la piste ou le chemin, c'est lassant, et le vélo aussi sad . (mais quand même, il est beau, hein ?)

Jobig a écrit :

Question technique, j'ai une préférence pour le VTT, même si c'est un peu lourdaud sur route et que ça sollicite un peu plus les cuisses et les mollets. Au moins on est largement à l'abri des crevaisons intempestives.

Si ça sollicite un peu plus les cuisses et les mollets, là je crois que ce n'est pas pour moi. Je préfère crever big_smile !

Bernard, les chaussettes comme frigo, oui, ça marche super bien ! Et la citronnade fraîche quand il fait 38°C, hmmmm, quel délice !
Pour le pont génois, par contre, je ne peux pas être aussi affirmative. Je crois que ce sont mes origines corses qui sont ressorties...

Patou, on dirait que tu t'es déjà baladée vers chez moi  smile . Et Clems, ben en fait, c'est grâce à toi que j'ai fait ce super joli tour. Sinon je serais bêtement allée porter à Zaack et Fifi un (vrai) ravito quelque part en Ariège...



Edit : en fait ils appellent ça des ponts romànics. Donc romans, a priori, et datant du XIIe siècle d'après ce que j'ai trouvé ailleurs.

Dernière modification par Cat 09 (13-09-2023 21:28:42)

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#20 14-09-2023 22:42:46

Rhomain
Membre
Inscription : 28-07-2012

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Super ce récit vélo+rando, ça fait plaisir à lire !

Le col d'Artigascou est vraiment chouette oui, belles vues, assez reculé, jamais personne…
La piste qui se dirige vers le col de Menté (via le Mourtis) est bien plus roulante que celle que tu as prise pour descendre, mais en faux plat montant par contre, pas sur que tu serais allé plus vite. Il faut choisir entre la fatigue dans les jambes ou les crampes dans les doigts tongue

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#21 16-09-2023 15:14:16

Cat 09
Membre
Inscription : 04-03-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Coucou (presque) voisin,
Pour la descente d'Artigascou, j'aurais préféré un peu de fatigue supplémentaire dans les jambes plutôt que cette descente en mode "shaker".
Je garde l'idée pour une autre fois (mais pas sûr que j'y repasse un jour).
Je suis retombée sur un de tes récits où tu passes au Portet d'Aspet et tu dis l'avoir trouvé dur. Ça m'a fait plaisir wink .

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#22 17-09-2023 19:59:43

Rhomain
Membre
Inscription : 28-07-2012

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Ben oui, je te le confirme smile.
Tu n'as pas choisi les routes et chemins les plus faciles pour ton périple !

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#23 18-09-2023 12:11:00

Opitux
Jeune padawan
Lieu : 06
Inscription : 13-01-2013

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

karibou31 a écrit :

#689960Je vois que tu es en mode sac à dos sur le porte bagages, c'est parce que tu randonnais à pieds j'imagine ? Sinon c'est sacoches ?!

Cat 09 a écrit :

#689961Et le sac-à-dos, oui, c'était parce que j'en avais besoin pour la rando mais franchement, je le referai, c'est beaucoup mieux (surtout quand on pousse beaucoup comme moi...). Je vais faire un petit retour matos, avec ma liste.

C'est aussi la solution vers laquelle je m'oriente après 1400km avec des sacoches DIY cet été...
Depuis, j'ai vu passer cette vidéo : https://bikepacking.com/plan/packing-fo … ing-video/ qui m'a conforté dans cette option. C'est totalement solidaire du vélo, ça ne peut pas bouger et si on s'arrête visiter un truc, ben on prend le sac avec soi sans se prendre la tête pouce

Et puis un seul sac à dos vélo/rando, c'est simple. J'aime bien rl


Plus je marche moins fort, moins j'avance plus vite...

rl  Si vous me contactez pour l'association, mieux vaut passer directement par là wink

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#24 18-09-2023 18:25:19

Pat85
Membre
Lieu : Les Herbiers
Inscription : 07-11-2020

Re : [Récit + liste] Vélo-Rando Ariège-Val d'Aran, août 2023

Merci beaucoup Cat’
J’ai bien ri du moment où tu deviens une spiderwomen...
Pour Komoot, sur un smartphone j’utilise le guidage : cartographie téléchargée au préalable, et passage en mode avion. Ça tient 10 heures je pense, si on n’allume pas l’écran trop souvent.


Moins c'est mieux

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