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#1 26-09-2015 13:01:30

bohwaz
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[Récit + liste] Australie — Stirling Range : Stirling Ridge traverse

Le Stirling Ridge est une rando mythique dans le Western Australia, une traversée dans les seules montagnes à des centaines de kilomètres à la ronde, une véritable traversée alpine même, avec plusieurs sommets par jours, et un sacré dénivelé. Le tout avec des conditions météo imprévisibles : brouillard, pluie, vent, et même neige, le tout à seulement 1.000 mètres d'altitude. Le sentier n'est pas marqué ou balisé, pas de panneau, pas de carte, rien. On dit que seulement deux tiers des tentatives réussissent, et des centaines de personnes se sont perdues sur la crête dans le brouillard. Et évidemment c'est l'Australie donc il n'y a pas d'eau sur le chemin il faut tout porter soi-même, soit 6 à 9 litres par personne. Et ceci dans l'un des plus beaux coins d'Australie. Y'avait de quoi nous attirer dans un tel pitch.

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Il y a deux ans nous avons fait toutes les randos « officielles » du parc national de Stirling Range : ce sont toutes des aller-retour jusqu'à un sommet, donnant à chaque fois de superbes vues et un bon dénivelé, la plupart des sentiers partant de ~350 mètres jusqu'à rejoindre le sommet dans les 800-900 mètres, en général tout droit à travers la pente, parfois de manière très très raide. Et les conditions météo sur les sommets peuvent changer très vite. Même s'il fait beau au pied, au sommet il fait souvent froid, avec du brouillard, de la pluie et du vent à décorner les kangourous.

Vu que c'était déjà un de nos coins préférés on a décidé de revenir et faire ce qu'on n'avait pas fait la première fois : monter au sommet de Talyuberlup, et faire le Stirling Ridge. Il y a encore bien d'autres sommets et endroits à explorer mais la plupart sont fermés au public pour enrayer la propagation d'une maladie (dieback) qui décime les plantes locales.

Monter au sommet de Talyuberlup était facile et plutôt rapide, mais Stirling Ridge était un peu plus dur. D'abord pour trouver des infos : il n'y a que deux livres qui décrivent la rando. Le premier, Mountain Walks in the Stirling Range de AT Morphett, publié en 2 tomes en 1996 est impossible à trouver, épuisé depuis des années. Le second est le Lonely Planet "Bushwalking in Australia" de John Chapman, publié en 1997 et également épuisé. J'ai pu trouver le second à la State Library du South Australia à Adelaide, mais comme d'habitude (Chapman n'est pas mon auteur préféré) la description est plutôt imprécise, les distances un peu fantaisistes et évidemment ça a quasiment 20 ans ce n'est plus complètement à jour. J'ai aussi rassemblé des notes des gens du coin (auteur inconnu) et des récits sur des blogs, ainsi que deux traces GPS. La plus utile et précise est celle de WalkGPS : http://www.walkgps.com/useful_links_and_resources.htm

Au final j'ai donc finit par avoir assez d'infos, avec un sentiment général que bon ça va en chier, le sentier n'étant pas marqué, mais je me suis dit qu'en 20 ans depuis la publication de deux bouquins majeurs il doit quand même en voir passer du monde et qu'on pourra le suivre, le tout étant de suivre le bon chemin.

Localisation : 90 km au nord d'Albany, Western Australia
Longueur : 20 km (+12 km sur le fire trail, +8 km sur la route de Bluff Knoll = 40 km en circuit, John Chapman indiquait 28 km… bonjour la précision)
Dénivelé : environ +2300 m / -2600 m
Temps : 3 jours pour la traversée en général, 4 c'est mieux pour le circuit complet je pense
Matos nécessaire : pantalon, gants et manches longues pour traverser le sword grass si on ne veut pas finir avec de multiples coupures. 6 à 9 litres d'eau par personne (pas d'eau sur le parcours, il y a un tonneau dans une grotte à mi-parcours avec un tuyau, mais il n'est pas fiable, ne pas compter dessus).

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On avait prévu de le faire en boucle, comme indiqué dans le Lonely Planet, un parcours qui inclut donc de commencer ou terminer par 12 km de marche sur une piste sableuse (fire trail) plutôt plate en bordure du parc. Une partie un peu chiante donc, même si on peut y croiser des kangourous, émeus ou même un tiger snake de temps en temps.

Mais en arrivant au panneau d'info pour remplir le registration book on croise le ranger bénévole du parc qui nous dit qu'il faut qu'il aille de l'autre côté du parc et il propose donc de nous emmener directement au point de départ sur le fire trail, et comme ça on n'a plus qu'à revenir vers Bluff Knoll. Et bien on pouvait difficilement rêver mieux comme lift car les rangers sont les seuls autorisés à rouler sur ce trail donc aucun autre randonneur ne peut partir de là et devrait au moins marcher 6 km depuis la bordure est du parc national s'il s'y faisait déposer. En plus on bénéficie de conseils de premier choix de sa part, après qu'il ait vérifié que nous étions bien préparés et que nous ne laissions rien dépasser du sac à dos. En effet certains marchent sur le sentier avec un matelas mousse attaché à l'extérieur du sac à dos et la végétation australienne a vite fait d'en faire des confettis et dégueulasser le parc, ce que nous avons pu hélas constater (si vous êtes perdus suivez les morceaux de matelas mousse…).

Jour 1 : Fire trail à Pyungoorup saddle — 6,8 km — 5 h 30 — dénivelé +800 m -200 m

Après un trajet de 30 minutes en 4x4 il nous dépose au départ du sentier, ou un panneau indique la politique "Leave No Trace" du parc national : feux interdits, enterrez vos cacas… ce qui n'empêche pas plein de monde de laisser du papier toilette partout autour des campsites et d'y faire des feux. Bravo.

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Leave no trace, si seulement c'était vrai pour tout le monde…

Il est 10h30 et on vient juste de s'éviter 12 km de marche chiante à la fin, ça commence bien ! On commence le chemin qui nous emmène pendant quelques kilomètres sur du sable et des cailloux dans le bush. D'abord plat, le sentier facile à suivre grimpe progressivement puis assez raide jusqu'à un premier sommet à 600 mètres, après 350 mètres d'ascension. Il est 12h30 et on fait une pause repas, sous le soleil qui nous fait transpirer abondamment.

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C'est la saison des fleurs sauvages, du coup on n'a pas le temps de s'ennuyer, c'est superbe.

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Ellen Peak, ça a l'air bien raide. Le contournement par la face nord (visible) a l'air bien dur aussi.

Après un bol de couscous bien mérité on reprend le chemin qui après une petite descente remonte bien raide en direction d'Ellen Peak. On a un peu de mal à retrouver le chemin après qu'il se soit séparé en deux. La première option étant de contourner le sommet par une corniche au nord, que je trouvais un peu étroite et pentue de loin, coincée entre la falaise qui descend de Ellen Peak et celle qui descend dans la vallée. La seconde étant l'ascension d'Ellen Peak. Pas forcement plus facile mais il fait beau, le vent est faible, on y va. On a juste du mal à trouver le sentier, mais on finit par rejoindre une ravine étroite et humide qu'on grimpe jusqu'à un point un peu en dessous du vrai sommet. Puis il faut tourner un peu autour de l'amas de roche pour trouver le sentier qui grimpe au sommet. On y arrive vers 15h15, on laisse un mot dans le visitor book et on repart vers 15h30 poussés par le vent très frais. La descente est un peu raide, pas de sentier bien marqué, beaucoup de possibilités, on improvise du mieux qu'on peut.

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Ascension d'Ellen Peak, à la recherche du chemin perdu.

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Sommet d'Ellen Peak avec le visitor's book.

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La végétation du coin est très affectueuse, elle veut vous faire plein de calins, c'est gentil mais c'est épuisant.

On arrive dans un col avant Pyungoorup puis on voit le second marqueur depuis le début du sentier qui indique de passer à gauche. On ne fait pas l'aller-retour au sommet de Pyungoorup, un sommet par jour nous suffit. Le sentier est sympa, descend sur une corniche à mi-falaise, progression facile dans le sword grass jusqu'à une grande "camping cave", en fait un simple surplomb, peu abrité du vent qui vient du sud. Après cela la progression dans le sword grass est lente. La végétation est très fournie, épaisse, impression de traverser la jungle. On ne voit pas nos pieds, ça glisse, avec la vue du vide un peu plus bas ça ne rassure pas. Pas facile. On arrive au col au pied des falaises de Pyungoorup, juste avant Bakers Knob vers 17h30, fourbus.

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Le sentier passe sur le flanc des falaises de Pyungoorup, c'est raide, avec des passages un peu flippants.

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La "grotte" (un surplomb rocheux)

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La traversée du sword grass, les gants sont nécessaires, c'est joli mais ça coupe très bien, je confirme.

On installe la tente, on mange des nouilles chinoises et on se couche alors que le vent décuple de force.

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Le campsite au pied des belles falaises du sommet de Pyungoorup.

Jour 2 : Bakers Knob à Moongoongoonderup Hill — 6,1 km — 6h40 — dénivelé +510 m / -700m

La nuit a été agitée. Avec le vent, malgré les boules quies, impossible de m'endormir. Vers 22h je décide de prendre un somnifère mais il n'aura que peu d'effet et je ne dormirais que peu.

Au matin le vent souffle toujours violemment, on reste à l'ombre longtemps, il fait froid.

On commence la journée par grimper sur Bakers Knob, sans toutefois passer par le sommet. Dès qu'on est au soleil il fait chaud, malgré le vent. La montée pour Bakers Knob est facile, la descente un peu moins, assez raide, mais vite expédiée.

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Third arrow depuis le sommet de Bakers Knob

Pour passer Third arrow pas trop de souci, on traverse au milieu puis on descend en contrebas (à droite) sur la face nord, on passe visiter la camping cave et on rejoint le chemin qui descend de central gully, on y remonte un peu pour chercher le water barrel, mais il est en fait de l'autre côté du sommet. On y va, le sentier est très raide, et il n'y a pas d'eau... Heureusement qu'on ne comptait pas dessus. En même temps le ranger nous avait prévenu qu'il était percé et qu'il y avait souvent des chauve-souris mortes dans le tonneau.

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La "grotte" de Third Arrow, plutôt exposée au vent. Quelqu'un a oublié sa tente ou alors il compte revenir ?

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Le tuyau du water barrel. Pas d'eau ici.

On reprend le chemin, on traverse second arrow assez facilement, puis descente raide et remontée facile sur le sommet de first arrow. Et c'est là que ça devient plus compliqué. On arrive à négocier la première partie en descendant dans une ravine sur la droite, c'est très raide, puis en remontant aussi sec. Après ça il a fallut quelques tentatives...

On a suivi un chemin qui semblait bien emprunté qui menait en fait à une falaise impossible à descendre sans corde. On a fait demi-tour, remonté ce qu'on avait descendu, vu une intersection et descendu une ravine, qui menait à un surplomb sans intérêt, à part de voir que le sentier semble au niveau du dessous, inatteignable d'ici. Il faut donc rebrousser chemin, remonter, puis essayer un autre chemin et descendre une autre ravine très raide, avec un passage où il faut se tenir à une corde laissée là. Finalement on remonte aussi raide et on retrouve le pied de la falaise infranchissable de tout à l'heure. Il ne reste plus qu'une crevasse à descendre au milieu du châtelet et first arrow est derrière nous. Enfin ! Il nous aura bien fallu 2 heures pour traverser First Arrow...

On s'arrête dans le col juste après First Arrow, à l'abri des she-oaks pour se reposer et manger. Il nous a fallut 4h30 pour négocier Bakers Knob et les trois arrows. 4h30 pour 2,4 km. Pas de tout repos.

La suite de la journée est plus facile, mais on est quand même déjà bien crevés. La montée pour Isongerup Peak est plutôt facile et agréable, et la vue sur les sommets à l'ouest du parc simplement magnifique. La descente se révèle un  peu plus rock n roll : en suivant la crête on perd le chemin et on doit improviser une descente dans la végétation luxuriante jusqu'à rejoindre un cairn repéré au loin. Je réussis à glisser et à me couper encore une fois la main sur une sword grass. Le sentier est perdu dans la végétation, on ne voit pas ses pieds, donc sans le cairn impossible de le repérer si on n'est pas déjà dessus.

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Vue du parc à l'ouest depuis Isongerup, y'a plus moche…

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La crête à l'est depuis Isongerup, avec de gauche à droite First, Second et Third Mirlpunda Arrows, Bakers Knob et au dessus de Bakers Knob les falaises de Pyungoorup.

On atteint Isongerup South un peu plus tard et on voit bien  Moongoongoonderup Hill, 250 mètres plus bas. La descente est correcte par rapport aux autres de la journée : pas trop raide. Mais la végétation qui veut faire ami-ami avec notre tête, nos jambes et nos bras commence à nous épuiser. Les arbustes sont très solides et ont un effet ressort qui vous renvoie en arrière, il faut beaucoup de force pour avancer sans être déséquilibré, c'est épuisant. Et comme on ne voit pas ses pieds on bute parfois dans un trou, sur un caillou, etc. Parfois une branche se plante dans le ventre ou la cuisse. Le traitement est violent. D'ailleurs ça se voit aux accrocs dans nos vêtements, aux griffures sur nos mains et bras, et aux morceaux de matelas mousse qui jonchent le sentier...

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Après une courte ascension jusqu'à un pic rocheux sans nom on descend pour rejoindre un col couvert d'eucalyptus qui sera notre camping pour la nuit. On y arrive bien fatigués mais on espère que le plus dur est derrière nous. Alors que nous mangeons à la lueur du coucher de soleil je vois une silhouette féline se faufiler derrière nous, c'est probablement un chat. Ce qui expliquerait la tête d'oiseau décapité qui trônait au milieu du campsite. Ces nuisibles sont encore nombreux dans le parcs malgré l'utilisation de poison pour les éliminer ils sont encore là et continuent à faire des dégâts hélas. Pourtant posséder un chat domestique est très réglementé en Australie : ils doivent être castrés, pucés et avec un collier, dès la naissance, et les chats errants sont systématiquement euthanasiés mais ça ne semble pas suffire.

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Eucalyptus col

Jour 3 : Moongoongoonderup Hill à Bluff Knoll carpark — 6,8 km — 4h40 — Dénivelé : +630 m / -890 m

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Vue du sentier de la journée : Bluff Knoll East Peak au loin

Mal dormi cette nuit aussi, le vent fort s'est levé, faisant un bruit monstre dehors et secouant la tente. On est à l'abri des eucalyptus mais un abri tout relatif quand même.

On se lève vers 7h30 et on part vers 8h40, en avance aujourd'hui, d'habitude on part plutôt une heure plus tard ! On commence par remonter en altitude sur une colline, à se battre avec la végétation sur un sentier bien tracé mais relativement difficile, caché dans la végétation qui refuse de nous laisser passer aussi facilement.

On descend dans un petit col peu protégé avec un emplacement de tente et on remonte direct, assez raide, jusqu'au pic est de Bluff Knoll, à 1009 mètres d'altitude alors que nous étions redescendus à 620 mètres, il va donc nous falloir grimper de 400 mètres en 1 km, ouf. Puis on redescend un peu jusqu'à un col, on remonte et on redescend pour passer à côté de "the chasm", et enfin on remonte jusqu'à Bluff Knoll, où on arrive vers 11h45, nous laissant amplement du temps pour manger et admirer la vue pendant qu'un touriste prend des photos.

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Sommet de Bluff Knoll, fin du sentier "tout public"

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Le sommet en direction de l'ouest

Après un repas au sommet à l'abri du vent violent qui remonte le long de la falaise dans un bruit de turbine on entame la descente. Le chemin est bien tracé, avec des marches. Le grand luxe de ne pas avoir à se battre avec la végétation pour avancer. On y va quand même doucement pour ménager nos genoux. La descente est un peu longue et comme dans mon souvenir le chemin n'est pas très passionnant.

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Un sentier civilisé mais monotone. Enfin au moins la végétation ne tente pas de vous agripper tous les 10 cm.

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Les chaussures après 3 jours sur le ridge. Bon le Larapinta Trail les avait déjà bien amochées, mais là c'est vraiment le début de la fin. Et je ne parle pas des trous dans le sac à dos faits par la végétation qui s'y frottait sans cesse.

Au carpark on profite du luxe de la civilisation : toilettes et water tank. Puis on prend la route en espérant faire du stop mais on marche 45 minutes avant qu'une voiture ne passe. Ils n'ont qu'une place à l'arrière mais ils décident de nous prendre quand même, je me met donc sur les genoux d'Anne. Cela nous raccourcit cette marche sous le soleil sur la route, ouf, merci à ces sud-africains en vacances dans le coin. On note notre retour dans le walkers registration book et on va récupérer nos vélos à la résidence du ranger à qui on laisse un mot de remerciement.

Conclusion : c'était dur physiquement, et la navigation n'était pas toujours évidente, surtout à First arrow. Mais c'était beaucoup moins dur que ce que je pensais. Notamment il y a très peu de passages d'escalade, la plupart du temps c'est du sentier, parfois très raide, mais on peut s'accrocher aux plantes (qui sont très très solides ici, et ça se sent quand on se les prends dans les tibias ou le ventre !), du coup ça se fait bien avec un gros sac lourd. Pour comparer j'ai trouvé le Batier (côte d'or) plus difficile physiquement, et avec des passages d'escalade vraiment flippants, toute proportion gardée. Par contre en cas de white out (brouillard épais) comme c'est souvent le cas ici ce parcours doit devenir une toute autre paire de manche et ça semble correspondre à la majorité des abandons. Mais nous on a eu la chance d'avoir beau temps sur les trois jours. Le ranger nous a quand même conseillé en cas de white out de simplement attendre que ça passe, même si ça prend plusieurs jours. Il existe 2 possibilités de quitter la crête en cas de pépin (autres que de prendre le chemin vers l'est ou l'ouest), c'est de rejoindre les fire trails à Moongoongoonderup Hill ou à First Arrow. Je déconseillerais de quitter par First Arrow en cas de gros temps à moins de connaître le coin comme sa poche, car il est difficile de trouver le sentier qui descend sur le fire track, et c'est un coin particulièrement paumatoire, très raide, avec plein de passages exposés et de chemins qui mènent droit à des falaises…

Pour la navigation c'était pas bien compliqué, le sentier est bien tracé il suffit de le suivre et ne pas le perdre, surtout quand il est caché dans la végétation et qu'on ne voit même pas ses pieds. Parfois quand on atteint un sommet il est difficile de retrouver le bon chemin vu que plusieurs partent dans plusieurs directions, mais en regardant le tracé sur le téléphone on s'en sort rapidement. Par contre sur la traversée de First Arrow le GPS ne sert pas à grand chose car un écart de précision de 1 ou 2 mètres correspond à 40 ou 80 mètres d'altitude de différence et donc il est difficile d'avoir une précision suffisante pour trouver le bon chemin vu la multitude de mauvais parcours.

D'autres perspectives sur cette balade :
- https://theatlaschronicle.wordpress.com … idge-walk/
- http://www.summitpost.org/stirling-ridge-walk/507537
- https://hiking.topicwise.com/doc/page/?page_id=272381
- http://ramonfadli.com/2014/05/23/stirling-ridge-walk/

La liste

Le matos emmené est celui que nous trimballons en vélo pour notre (dé)tour d'Australie. Donc on n'a pas le choix on prend ce qu'on a.

Portage
Sac à dosQuechua Forclaz 50 Speed1080
Sac étancheX 2140
Couchage
TenteAdventure Ridge Wild Terrain 2 (Primus Companion Pro Hiker 2)1250
DuvetQuechua S0 Ultralight Down1060
Sac à viandeQuechua Silk Liner108
MatelasThermarest NeoAir Trekker Reg.558
Oreillergonflable80
Bouchons d'oreille10
Somnifères10
Vêtements
Haut + bas thermique260
Chaussettes45
PolaireQuechua160
DoudouneQuechua250
Veste goretexQuechua580
Divers
Cuisineréchaud, popote, couverts, etc.310
Pharmacie80
Pellecuillère30
Total6011

Sur moi
ChemiseH&M130
PantalonQuechua240
boxer50
ChaussettesLidl45
ChapeauBarmah200
ChaussuresQuechua570
Lunettestrouvées au bord de la route???
Total1235


Consommable
GazBouteille 220g longue330
Eau12750
Jus de fruit2000
Bouffe
Nutella400
Pain pita560
Nouilles chinoisesX 4400
Semoule500
Sachets soupe pour semoule100
Thon100
FromageCheddar100
GateauxWaffers250
Raisins secs50
Thé20
Trail mix200
Barres de céréales200
Muesli500
Total18460
Par personne9230

On a tout mangé sauf 100 g de pain et 2-3 barres de céréales, et il restait 1 litre d'eau à l'arrivée.

Dernière modification par bohwaz (26-09-2015 13:31:58)


Trombi: Australie, NZ, et les autres…
Some nomads are at home everywhere.
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and I was one of those.
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#2 26-09-2015 18:40:30

ventcalme
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Re : [Récit + liste] Australie — Stirling Range : Stirling Ridge traverse

Salut bohwaz. Merci pour ton récit.

bohwaz a écrit :

il n'y a pas d'eau sur le chemin il faut tout porter soi-même, soit 6 à 9 litres par personne

Pas de plan B malgré toute cette végétation ?

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#3 27-09-2015 04:02:46

bohwaz
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Re : [Récit + liste] Australie — Stirling Range : Stirling Ridge traverse

Non, tu trouvera des falaises qui gouttent à quelques endroits en hiver et printemps (compter quelques heures pour avoir 1L d'eau…), mais aucun cours d'eau, sauf un sur le fire break, mais uniquement en hiver et printemps, en été tout est à sec.


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