#1 31-05-2016 18:08:01

Seraph'
Randonneur occasionnel et léger.
Lieu : St Maurice La Souterraine
Inscription : 08-02-2011
Messages : 741

Sortie CLAC n°3: Errance en Val de Creuse du 14 au 16 mai 2016.

Comme à l'accoutumé ce récit est rédigé par  les personnes présentent à la sortie.

L'annonce est ici.


Présentation de la randonnée:   

          Pour la 3ème  randonnée organisée par le CLAC, il a été possible d'emprunter partiellement le GRP du Val de Creuse. Ce GRP dans son ensemble totalise quelques 108 kms décrivant une boucle de part et d'autre de la Creuse; celle-ci fait une frontière naturelle entre les départements de l'Indre et de la Creuse. Il est possible néanmoins de traverser le cours d'eau à trois ou quatre reprises, ce qui nous a permis de raccourcir le véritable tracé du circuit et de faire ainsi trois tronçons de 20 à 25 kms. Nous aurons marché 68,500 kms sur trois jours.

          Une autre particularité de cette randonnée  étant qu'il a été possible, à qui le voulait (et il aurait été bête de ne pas en profiter), de s'alléger d'une partie de son portage dans un véhicule qui a été envoyé sur les lieux du bivouac. Ce qui a donné à la personne utilisant complètement ce système de ne porter que son repas de midi, son eau, une protection contre la pluie et une couche chaude pour les arrêts prolongés (midi). Il va sans dire que les repas du soir de chaque participant étaient entreposés avec le reste de leur affaires. Il y avait aussi les entrecôtes pour le soir du premier repas dans une glacière (+ou- 3 kg de viande limousine et "sanguinolente"). T'as raison, ma Brenda...


Trace: http://www.openrunner.com/index.php?id=5918807



Jour 1, de Fresselines au Pont des Piles en passant par Crozant. 22,500kms/ 6h30 de marche

Samedi matin


          Doc, Nathy et Seraph' arrivent à Fresselines sur les coups de 9h15. Peu de monde dans ce village creusois à cette heure. Le temps est plutôt triste mais il ne pleut pas. Sur la place de l'église quelques voitures sont garées, mais pas de mul à l'horizon, il est encore tôt par rapport à l'heure de départ qui est 9h45. Au bout de quelques minutes Clems190 apparaît et leur dit qu'il est avec Richardu63, au café situé sur la place. Ils sont aussitôt rejoints par les trois arrivants, qui  commandent  à leur tour un café chacun et un bol de wiskhy pour Exell, oui les alcools forts ne font pas peur aux Samoyèdes, c'est bien connu. La tenancière du bistrot étant prête à nous prendre au mot, la commande pour Excell est annulée in-extremis.
          Quelques minutes plus tard, des voitures font leur apparition aux abords de l'église, Thierry et sa fille, puis Xavier et Élodie se présentent au rassemblement des muls qui s'opère sur cette petite place. Diesel, suivi de Yoyo et Olivier_91370 (les Pifiens) rejoignent le groupe. Enfin Bielsa et Marine accompagnées d'Elton complètent le groupe.
          Nous partîmes 500... Euh non, nous étions 15 sur la place de Fresselines, petite bourgade du Val de Creuse, ce samedi matin. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver entre MULs : retrouver des têtes connues, mettre un visage sur un pseudo... Les ouahouah font connaissance, Excell reste placidement à côté de son maître alors que Chewbacca commence à courir partout, comme d'habitude. Yoyo doit même aller le chercher alors qu'il est en train de rentrer dans une maison dont la porte d'entrée reste ouverte... Nos hôtes nous accueillent chaleureusement avec un délicieux "Creusois" produit du terroir local, car oui, nos régions ont décidément du talent.
          Chacun profite du système de "dépose" imaginé par Seraph' pour se délester d'une partie de son équipement  ou presque. Et oui, que nenni, quelques MULs résistent à la facilité en gardant leur sac sur le dos insensibles aux sirènes de l'allégement maximal proposé par Seraph' et oui, celui-ci n'oblige pas les MULs à ne pas s'alléger . Un Mul qui refuse de s'alléger pour la beauté du geste,  voilà qui laisse pantois!  (ou qui peut en dire long sur les barrières mentales)
          Après une photo de "famille", le groupe prend la direction du balisage du GRP qui se fait facilement voir aux abords de l'église. Et c'est en mode décontracté que la randonnée débute. Chacun est content de se retrouver et discute allègrement. Des "tékitoi?" et des "céquoitonpseudo" fleurissent de temps en temps et les connaissances se font. Même les chiens s'y mettent, notamment Chewbacca  le seul à être libre et qui navigue entre Excell la réservée et Elton qui ne tardera pas à lui montrer de l'intérêt. Enfin, Chewchew et Elton sympathiserons bien eux aussi au grand désespoir de Yoyo et de Seraph' qui verra son rêve d'une portée de chiots s'éloigner. Excel n'est pas une demoiselle qui se laisse approcher comme ça par le premier canin velu .... oups pardon, venu.
          Des discussions sur le bienfait des chaussures étanches sont déclenchées par quelques passages dans de hautes herbes humides. Plus tard c'est la boue qui sert de prétexte à parler chiffon.
          Après deux heures de marche environ, nous arrivons à Crozant. Nous nous mettons en quête d'eau et pour ce faire nous trouvons assez aisément le cimetière du village. Chacun remplit son contenant d'eau et nous décidons de nous arrêter pour la pause déjeuner. Nous gagnons un endroit situé au bord de  la place de l'église. Malgré le ciel couvert et le vent qui nous refroidi vite, la vue est chouette : nous dominons les ruines du château féodal. Plus tard, on apprendra que ces ruines feront ressurgir des souvenirs pour certains : aventuriers chercheurs d'or, chevaliers...ou simplement  de maçonnerie vu l'état du site.... wink

Samedi après midi

          La météo n'invitant pas à la sieste, la troupe se remet en marche  avant même que Richard ait pu prendre son thé qu'il boira  en faisant la boucle sur le sentier des peintres. C'est beau, c'est bucolique et des reproductions de toiles des divers impressionnistes ayant séjourné à Crozant parsèment le parcours. Mais au final ce qui intéressent le MUL ce n'est pas les ruines du château du Xème siècle, ni les méandres de la Creuse, ni le jardin médiéval et encore moins les peintres. Non ce qui intéresse le MUL c'est : le cimetière ! C'est grave Docteur ? Déjà des défections ? Une blessure ? Suspens .....  Ou est-ce simplement encore une histoire d'eau ...
          Et bien oui, une fois les pleins d'eau refaits, la troupe continue sa descente au bord de l'eau sous un ciel toujours couvert. Les incessantes montées et descentes et la boue commencent à avoir raison de quelques jambes et c'est avec un grand soulagement que nous arrivons au barrage d'Eguzon. Yoyodesso le trouvera tout petit vu d'en haut, beaucoup moins vu d'en bas.

Samedi soir

          Après les kilomètres de la journée, chaque MUL est heureux de trouver le lieu de bivouac avec à proximité un point d'eau et  le choix de son emplacement : herbes hautes et humides ou sous bois avec quelques ronces mais avec l'assurance (née de l'expérience de certains)  d'avoir un peu moins d'humidité la nuit. Une fois les tarps, tentes, abris montés pendant que les chiens récupèrent de leur journée, nous nous mettons tous à la recherche de bois pas trop humide (pas évident avec les pluies de la semaine passée) et  nous laissons Diesel nous montrer comment on allume et entretient un beau feu.... Il a effectivement matière à faire et rattraper son échec de la dernière fois. Il faut dire que son orgueil de Mulvivor manisiano-errélien en avait pris un sérieux coup lors de la dernière tentative à la précédente sortie du CLAC, et en plus il jouait à domicile....(Note de Diesel, c'est un coup bas, je n'avais récupéré que de l'amadou naturel la dernière fois, je ne me suis pas fait avoir 2 fois). Avec ce foyer chaleureux émergeant, tout le monde se rassemble autour, les discussions vont bon train en attendant le moment idéal pour la cuisson des entrecôtes. Seraph' en profite pour faire sécher ses chaussettes témérairement accrochées à une branche, Richardu63 teste la résistance au feu de ses chaussures et Doc préfère marcher pieds nus. Pour accompagner ces délicieux morceaux de viande limousine, Xavier et Elodie avaient eu la bonne idée de préparer des pommes de terre (précuites) au fromage réchauffées au bord du feu.... La soirée s'est terminée avec une chamallow party...Et nous avons même eu droit à un concours des blagues les plus foireuses possibles entre Seraph' et, plus surprenant,  .... Thierry  ! Il sera resté en mode très décontracté ce jour là. Très loin du Thierry encyclopédique de la première sortie du CLAC. Comme l'avait dit Coluche en son temps, la connerie, c'est le repos de l'intelligence. C'est tout dire du niveau des blagues qu'on évitera de citer ici pour tenter de préserver la qualité de ce compte rendu.
          Peu de temps après avoir rejoint nos abris, une voiture s'arrête, c'est l'arrivée de Hayduke qui monte son tarp à la nuit tombante. Tellement tombante qu'on y voit rien, que nenni.


Jour 2, du Pont des Piles au.... Pont des Piles en passant par Gargilesse. 25 kms/ 6h40 de marche

Dimanche matin

          Au réveil, les oiseaux chantent, un chevreuil aboie, le soleil brille et la rivière ... coule. On découvre que le soleil rayonne aussi en Creuse et le paysage prend de suite un nouveau visage. Les premiers levés ravivent le feu dont profite sans aucune honte les derniers réveillés. Peu de condensation sous tarp cette nuit-là.... mais toujours des ronflements à diverses tonalités, puissance et rythme...se sont fait entendre au milieu de la nuit et même sur les bords....
          Chacun se prépare pour un départ vers 9h00 en laissant Thierry et sa fille qui ne continuent pas la marche avec nous. Nous sommes donc maintenant toujours une quinzaine (à 2 ou 3 près). Nous saluons une dernière fois Thierry sur la berge en face, puis nous continuons de descendre la rivière jusqu'à être bloqué par un grenadage en règle à base d'amorce à poissons et c'est en force que nous passerons à travers le concours de pêche de Montcocu (pas de mauvais esprit SVP, certes nous ne savons pas ou étaient les femmes des pêcheurs, il est vrai ... Mais quand même !). Notre détermination (et l'envoi d'Excell et de Chewbaca en éclaireur) auront raison du barrage de cannes qui obstruaient le chemin, même si certain pêcheurs font du mauvais esprit et nous font clairement sentir que nous les dérangeons. Nous sommes par ailleurs plusieurs à nous dire que les poissons sont vraiment (mais alors vraiment) stupides de se laisser berner par l’appât au bout de l'hameçon étant donné la quantité de bouffe lancée dans l'eau par les pécheurs pour les faire venir.. Une succession d'ascensions et de descentes permettront à certains d'apprécier le paysage et à d'autres de se baigner (enfin surtout les chiens). Et c'est toujours sous le soleil que nous traversons la rivière en empruntant (avec la ferme décision de le rendre)  le Pont Noir. Pour la petite histoire ce pont est désigné par ce nom car son accès est défendu par un chevalier vêtu de noir à qui on doit donner un mot de passe pour traverser. Ce mot de passe est..., bon personne n'a crû l'histoire. Nous longerons quelques minutes la rivière. Et à un endroit où elle décrit une large courbe, l'herbe y est accueillante, des tables y sont même disposées pour une pause repas bien mérité.
          Certains muls entâment un ballet consistant à exposer son matériel afin de le faire sécher sous ce magnifique soleil printanier. Comme à l'accoutumée, quelques échanges de nourriture se font dont en particulier un fromage de chèvre présenté par Hayduke, encore une tuerie de son fromager (à Melun, petite vile au sud de Paris, "moins surfait que la côte... sans pyramide inca, ni temple hindou" ) et un mélange de graines au curcuma de Richard.
          La pause déjeuner durera presque 2 heures (séchage et sieste). Une petite photo prise par Seraph' sur son portable est aussitôt envoyée à Big_Cactus, l'éminent quatrième pilier fondateur du CLAC qui n'a pas pu se rendre à ce rassemblement  ayant préféré quelques semaines avant, jouer les fakirs en se logeant une pointe (rouillée?) dans le pied. Une pensée pour Rémyt qui a opéré une situation similaire....
          La plupart des randonneurs fait le plein d'eau et c'est ce qui donne finalement le départ pour continuer l'épopée fantastique.

Dimanche  après midi

          Avant de reprendre le GR, un petit détour par Gargilesse s'impose : c'est un village classé parmi les plus beaux de France qui  a accueilli de nombreux peintres impressionnistes et où se trouve la maison de Georges Sand ...  La petite église possède une crypte plutôt spacieuse et recouverte de magnifiques fresques. Ce petit aller retour valait le coup, ce petit village est vraiment de toute beauté. Sans oublier des toilettes propres qui feront vite oublier celles croisées le midi. Un bel exemple de manque d'hygiène ou il fallait vraiment avoir envie pour s'y risquer. La parfaite illustration de la fameuse blague sur les français: pourquoi dit-on les toilettes en France ? Parce qu'il faut en faire plusieurs pour en trouver une de propre ! Pas faux finalement ...
          Après avoir dépassé le barrage de la Roche aux Moines, certains muls prennent la décision de couper un peu le circuit pour reposer les chiens car ils fatiguent. En effet le circuit peut être un peu tronqué de 2 kms au niveau du village du Cerisier en passant par la route pour rejoindre le village des Chérons. Les quelques vaillants qui décident de rester fidèle au tracé du GR se lâchent un tant soit peu et c'est le pied léger et vif, et même d'une foulée plutôt sportive qu'ils arpentent le chemin qui rejoint les bords de la rivière.
          La randonnée se poursuit dans des paysages bucoliques... Au détour d'un sentier, au bord de la Creuse, nous tombons nez à nez  avec une bande de pécheurs patibulaires, qui nous regardent de bien mauvaise manière; nous empiétons sur leur territoire...Illico, le film "Délivrance"  vient à l'esprit de Hayduke ! Heureusement, les sacs sont légers, la foulée rapide...Personne n'aura à imiter le cochon!!! Un classique ce film, incontournable avant toute sortie canoé pour se mettre dans l'ambiance. Pensez-y !
          Et c'est avec un certain soulagement que tout le monde arrive sur les lieux du bivouac.

Dimanche soir

          Pour la préparation du feu, il n'a fallut qu'une poignée de minutes à Seraph' pour faire repartir la flambée. En effet, il restait un tison avec encore un peu de braise incandescente de la taille d'un pouce. Il lui a suffit de rapprocher un morceau de charbon d'une branche et souffler dessus. Quelques brindilles posées sur l'ensemble et le feu a pu démarrer.... sous les coups d’œils sporadiques du manisien de service (occupé à monter son abri) qui ne devait pas y croire...  (Note du manisien: pas du tout, en plus c'est grâce à Nathy qui a bien compris le principe des brindilles ....)
          Viendra alors le second point d'orgue culinaire de ces trois jours : après cette nouvelle journée de marche, nos randonneurs ont amplement mérité une bonne soupe à l'oignon préparée avec maestria par Seraph', ce dernier n'ayant pas hésité à apporter marmite et trépied surdimensionnés pour assouvir les appétits les plus insatiables. Il fallait bien ça, il y en a qui en ont repris trois fois.  Une précision cependant: chacun y a mis du sien, il y avait un atelier découpe des oignons (chaque participant ayant amené sa part), un autre de ramassage d'ail des ours.  Cette soirée est à peine perturbée par l'arrivée impromptue de deux dignes représentants de la maréchaussée venus signaler à la joyeuse assemblée que le feu n'est pas le bienvenu et que plus tard dans la saison cela eut été passible de quelque amende. Malgré l'invitation de Yoyo à venir partager un bol de soupe, ils repartent, néanmoins avec la promesse faite par l'assemblée que le feu sera correctement éteint et même le foyer camouflé afin de ne pas attirer d'autres personnes voulant camper à cet endroit. A noter que Diesel dénoncera courageusement Seraph' à la maréchaussée afin de sauver le reste du groupe. Ce qui est correct finalement car si c'est bien lui qui a allumé le feu la veille, c'est bien Seraph' qui l'a relancé (Diesel: "grâce à Nathy, mais chut, elle je l'aime bien! Oui, il est fourbe le manisien"). La soupe, agrémentée de quelques pieds d'ail des ours, croûtons et fromage fera le délice de chacun et il ne sera pas nécessaire d'insister pour que tout disparaisse.
          La nuit s'installe et prend ses aises, certains ont déjà regagné leur abri, quand surgit de l'obscurité Yno. Il a eu la bonne idée d'agrémenter sa venue d'une ou deux bières et d'un paquet de marshmallow qui sont accueillis avec le plus grand plaisir. En effet ceux de la veille (les marshmallows) ont été finis avec voracité, et les seuls qui auraient été disponibles étaient sous le contrôle de Hayduke. Ce dernier se sentant au plus mal (ou au plus content* message 112) a préféré se coucher afin de récupérer assez de vitalité pour le lendemain. Les rires résonnent et s'éternisent ce soir-là, malgré une autre journée de marche qui attend la petite troupe.

Jour 3, du Pont des Piles à Fresselines en passant par le Barrage d'Éguzon, Bonnu. 21 Kms/ 6h30 de marche

Lundi matin

          C'est au champ du coq, pardon, aux aboiements de Chewchew, très en forme ce matin là que nous nous levons la tête dans le ..... quilt pour certains. Sans cette sommation, on en connait bien un qui serait resté sous sa gatewood bien au chaud, sans faire de bruit pour faire la grasse mat. Mais chut, c'est un secret.
          La brume ne se lèvera pas au lever du jour pour accompagner le réveil des muls, car de brume il n'y eut point : la seule humidité visible étant la condensation (Note de Doc : Vous n'aviez qu'à dormir dans les bois)+(Note de Diesel: Parfaitement !). Les habitants du champ de tarps et les quelques asociaux isolés s'activent doucement, celui-ci prend le petit dèj', celui-là camoufle le feu, quelqu' autres démontent leur abri ...
          Les sacs sont enfin sur le dos, les dernières gourdes se remplissent à la fontaine et le groupe s'ébranle, y'a juste une paire de bâtons qui a failli rester en arrière, presque une habitude chez les muls, c'est comme quand on partage sa pitance, ça permet de s’alléger en cours de route ... Alors que les chiens sont plutôt attirés par l'avant, eux. Nous laissons XaVier et Elodie qui s'arrêtent ici et nous partons à une ... quinzaine (on s'en fiche du nombre exact, de toute façon Seraph' a brûlé la liste) accompagné par le bruit de faucons crécerelles. En effet sur une petite falaise sur la gauche, nous avons pu apercevoir le vol d'un jeune rapace et son atterrissage un peu hésitant.... les premiers vols au sortir du nid.
          Après une première transhumance vers la première poubelle rencontrée pour se délester de quelques grammes (spécialité de Richardu63, le moindre gramme inutile ne devant aucunement être porté, même par de robustes épaules... l'extrémiste!!!) nous accédons au pied du barrage pour une session de photos de groupes, oui, un "s" à groupe, il y avait un groupe sans Yoyo, un autre sans Seraph'. Il faut dire que ce barrage semble un colosse lorsqu'on se trouve à son pied. il y a de quoi : 300 m de couronnement supérieur, une base de plus de 50 m de large et quelques 220000 m³ de maçonnerie pour l'édification de cette retenue d'eau.
          Le parcours proposera de nombreux points de vue, un passage par Bonnu (son château, sa fontaine Saint Luc, à laquelle il faut descendre quand on manque d'eau, et où une seconde paire de bâtons a failli rester). Quelques temps plus loin (hein, ça se dit)?, le groupe longe la plage des Fougères. Sur le lac, des vedettes de ski nautique passent en trombe et vont jusqu'à créer comme un mini ressac, les muls qui marchaient au bord de l'eau (oui, il y en a qui ont préféré rester sur le bitume) se croient quelques instant au bord de la mer (du Nord). Une demie heure plus tard, une arrivée sur un belvédère surplombant un méandre de la Creuse détermine le moment de faire la pause déjeuner.
          Malgré un soleil plus rare, les abris sont mis à sécher, les pieds prennent l'air et les sacs se vident. Les fromages, charcuterie, et autres victuailles passent des uns aux autres sous le nez des chiens, il faut tout finir mais quand même. Excell profitera de ce moment pour démontrer que ses talents de terrassier ne se sont pas évanouis depuis la dernière sortie du CLAC, en commençant à déraciner l'arbre auquel elle est attachée.

Lundi  après midi

          Nous reprenons notre marche après une très -trop- courte sieste. Nous préférons arriver assez tôt à Fresselines pour pouvoir en partir tôt aussi, vu qu'il y a de la route à faire pour rentrer dans nos demeures....
          Les courtes parties de bitume sont bien vite oubliées lorsque l'on suit ce sentier qui alterne les petits coups de cul et les parties plus roulantes, ce doit être bon pour le cardio d'y passer en mode footing ... d'ailleurs ça a l'air d'être l'attraction du coin, y'a même un artiste qui a fait quelque chose, mais on ne saura jamais quoi car, comme ça ne faisait pas l'unanimité parmi la population locale, l’œuvre principale a été "déposée". Il reste bien quelques bouts de bois peints pendus aux arbres, (et un panneau revendicatif, quelqu'un l'a lu je crois) mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Les pattes de Chewbacca , elles, commencent à montrer les premiers signes de fatigue.
          Au détour du sentier, se dressent subitement les ruines de Crozant bien ancrées sur leur presqu'île rocheuse. Comment était cette vallée au 12ème siècle? Le Lac d'Éguzon n'existant pas, les abords déjà abrupts de cette presqu'île devaient former un véritable éperon rocheux coincé entre 2 rivières, impressionnant pour le voyageur se trouvant par ces chemins, imprenable pour les chevaliers les plus téméraires de l'époque.... Voilà les questions que se posent Clems190 et Seraph' à la vue de ce majestueux ensemble.
          La pause s'est faite d'elle-même, ce panorama sur l'ancienne forteresse ne peut laisser le passant (ni le MUL contemplatif ) sans admiration pour le mariage entre la nature et l'imagination guerrière de l'Homme, la verticalité architecturale en face de nous répondant à celle des piliers rocheux sur lesquels nous sommes juchés.
          Yno se penchant un peu trop dans le vide remarque qu'il y a des voies équipées dans le secteur. Ni une, ni deux, il s'élance en contre-bas des rochers, et disparaît de notre vue.... ce n'est que quelques minutes après, qu'il revient l'air tout joyeux, il a fait sa petite séance de grimpette creusoise... ( qui l'eût crût, de l'escalade dans ce coin presque  complètement paumé?)
          Nous dépassons l'Auberge du Lac, où quelques muls se ravitaillent en eau pour la plus grande désillusion du sympathique serveur qui ne verra pas un seul MUL lui acheter quoique ce soit. Non seulement le MUL squatte ou grapille ce qu'il peut et en plus il ne fait pas l'effort de porter quelques piécettes de monnaie de peur de s'alourdir un peu. Qui dit troisième ravito de flotte dit troisième tentative d'abandon de bâtons. Les muls se suivent et se ressemblent. La prochaine fois on prendra de la bière, c'est moins dangereux.
          Puis nous entamons la dernière portion (de 7 km, quelque soit le moment où l'on s'en préoccupe, 7 c'est un beau chiffre)  qui nous amène à notre point d'arrivée, ou la dernière portion qui nous ramène à notre point de départ... qu'importe, vu que c'est le même point....De toute façon, c'est le principe de la boucle, la boucle est bouclée quand on la boucle ! Cela marche-t-il aussi avec la ferme?
          Pour cette dernière section des écarts deviennent fort variables entre le premier randonneur et le dernier.  Le groupe devient très élastique, entre ceux qui commencent à fatiguer et ceux qui sont  chauds et semblent ne pouvoir être arrêtés que par la fin du week-end. Chacun ayant ses propres capacités physiques, tout le monde n'est pas forcément  en situation d'attaquer dans les montées et de trottiner dans les descentes ...
          En bon camarade les arrêts fréquents des premiers permettent aux derniers de recoller à la troupe, car le mul est mélomane et adore jouer à l'accordéon.
          Chewbacca, qui, comme son maître au pas chaloupé, commence les journées plein d'enthousiasme, finit comme lui un peu moins en forme. A chaque pause (auprès de Marine, bien sûr !!) le départ est un peu plus difficile ... Sur la fin, Clems190, yoyo et Yno le porteront tour à tour, il est bien courageux mais il arrivait au bout de sa réserve d'énergie.
          Cela fait un moment que la rivière, que l'on remonte depuis dimanche midi a un aspect beaucoup plus sauvage avant qu'elle ne soit ralentie par le barrage d'Éguzon. Elle est beaucoup plus vivante, chantante, elle joue avec les pierres, les branches échouées dans son lit. La lumière aussi a un aspect bien particulier, les rayons du soleil filtrent à travers les feuillages naissant et donne un air un peu irréel par moment... Pas étonnant que les peintres impressionnistes de la fin 19ème début 20ème aient été "impressionnés" ici. (pour les fauvistes faudra revenir en automne ?)

          Cette rencontre de 3 jours de randonnée a permis de laisser plus de temps pour échanger avec les autres, elle a permis aussi de profiter plus longtemps des paysages de cette jolie campagne parfois peu connue. Par ailleurs, 3 jours de randonnée permettent de mieux amortir la distance des trajets pour arriver sur zone notamment pour ceux qui habitent à plusieurs centaines de kilomètres.

Remerciements:   

    - à Jean-Yves, le pote à Seraph' qui a pris de son temps (de travail) pour amener le véhicule de "dépose" sur les lieux du bivouac.
    - aux membres du PIF présents... p'tit plus pour Hayeduke qui nous a rejoint en cours de route.
    - un autre pouce levé pour Yno qui a fait le déplacement pour une seule journée.
    - à tous d'avoir pu supporter le peu de dénivelé (bravo, Élodie!) annoncé sur le fil de la sortie. 

     
          Et la prochaine rencontre se trouve là:       

        https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=30852


"MULisez"-vous l'esprit, vous aurez gagné la moitié de votre vie.

"L'essentiel dans la vie n'est pas de faire ce qu'on veut mais de faire ce qu'il faut. Et des fois ça prend plus qu'une vie".

"La moitié du monde rit de l'autre et la sottise gouverne tout. Selon votre point de vue, tout est bon ou tout est absurde. Ce qui passionne l'un, l'autre le méprise. Celui qui juge de toutes choses à l'aune de ses propres opinions est un insupportable idiot." Baltasar Gracián

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#2 01-06-2016 20:49:20

Doc
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Re : Sortie CLAC n°3: Errance en Val de Creuse du 14 au 16 mai 2016.

Ça serait pas mal de rapatrier les photos sur ce fil du coup.


Commence par faire ce qui est nécessaire, puis ce qui est possible, et subitement, tu te surprendras à réaliser l’impossible
- Saint François d'Assise -

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#3 01-06-2016 22:01:34

Seraph'
Randonneur occasionnel et léger.
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Re : Sortie CLAC n°3: Errance en Val de Creuse du 14 au 16 mai 2016.

"On" s'en occupe.... wink


"MULisez"-vous l'esprit, vous aurez gagné la moitié de votre vie.

"L'essentiel dans la vie n'est pas de faire ce qu'on veut mais de faire ce qu'il faut. Et des fois ça prend plus qu'une vie".

"La moitié du monde rit de l'autre et la sottise gouverne tout. Selon votre point de vue, tout est bon ou tout est absurde. Ce qui passionne l'un, l'autre le méprise. Celui qui juge de toutes choses à l'aune de ses propres opinions est un insupportable idiot." Baltasar Gracián

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#4 02-06-2016 13:39:55

Diesel
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Re : Sortie CLAC n°3: Errance en Val de Creuse du 14 au 16 mai 2016.

Merci pour le récit Seraph'. big_smile

Désolé de ne pas avoir plus participé au récit, je suis en manque de temps en ce moment. roll


"The more you carry in your head, the less you carry on your bag"
"War is peace
Freedom is slavery
Ignorance is strengh"

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#5 03-06-2016 14:56:55

Yno
Suseïa
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Messages : 1 237

Re : Sortie CLAC n°3: Errance en Val de Creuse du 14 au 16 mai 2016.

Toujours sympas ces récits coécrits !   smile

Et toujours sympa aussi ces petites balades avec le CLAC, à ne surtout pas louper quand on habite dans le coin !  smile

(et bon we à tous)  smile


Je lève les yeux vers les hauteurs ...
Débarrassons nous de tout ce qui n'est pas nécessaire. Voyageons légers. [Grand-Pas]

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