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#1 17-02-2019 22:24:10

Seraph'
Randonneur occasionnel et léger.
Lieu : St Maurice La Souterraine
Inscription : 08-02-2011
Messages : 732

Rando en raquette du CLAC dans la région du Sancy , les 2 et 3/02/19

Récit écrit par les protagonistes ayant effectués la sortie.

Participants : Clems190 et Seraph'

Trace effectuée :   https://www.openrunner.com/r/9537779 
   

Météo : vent fort venant du Nord, soufflant la neige poudreuse et précipitation de neige fine.



     Samedi, après une petite démonstration de Trophée Andros par Clems190, nous sommes heureux d'arriver au Mont Dore vers 10h00. La route est assez glissante, la prudence doit être maitresse sur le moment.  D'ailleurs il s'est avéré qu'elle a été mainte fois sollicitée lors de ce weekend, on verra plus tard pourquoi.

     La ville croule sous le monde malgré la météo défavorable et on galère un peu pour trouver une place de parking, on galère beaucoup pour avoir une place dans les navettes montant à la station du Mont Dore, mais vers 11h on peut enfin chausser les raquettes.
     Nous laissons les pistes de ski et entrons dans le Val de Courre en direction du col éponyme avec le vent dans le dos et la neige qui vole. La visibilité réduite nous fait penser que nous sommes seuls mais, arrivés dans la dernière pente, nous voyons qu'une quinzaine de personnes nous précèdent même si nos itinéraires vont bientôt diverger.
    Au col, le vent est très présent et ne nous autorise pas une pause déjeuner très longue. Nous ne pouvons même pas sortir l'appareil photo, car la visibilité est quasi nulle. D'ailleurs, nous nous concentrons au maximum pour garder le pas sûr. En effet, nous sommes descendus en deçà de la ligne de crête, un dizaine de mètres peut-être, de toute manière, nous ne la voyons pas. Nous essayons tant bien que mal de nous orienter avec le GPS de Clems190, mais celui-ci (le GPS, hein) ne capte pas bien et ne nous renseigne pas trop sur l'endroit exact où nous sommes. Nous remontons en direction de la crête, nous savons qu'elle est sur notre droite. Arrivés en vue de celle-ci, nous sommes littéralement assaillis par les bourrasques de vent qui balaient la neige en surface du sol. La situation est intenable, nous revenons en contre-bas.
     Une première concertation nous fait décider de rebrousser chemin et de reprendre le Col du Val de Courre et de rentrer sur la station. Mais là, nous nous confrontons à un problème, nous ne connaissons pas notre position exacte par rapport au col. Pour gagner de la stabilité dans les zones glacées nous posons les raquettes et nous longeons la crête tout en essayant de la garder à vue mais ce n'est pas tout le temps possible. Après quelques minutes nous faisons une nouvelle pause et Clems190 en profitera pour envoyer un de ses gants en explorateur droit dans la pente. Peu après des voix nous parviennent d'en haut... à gauche. Mince, nous sommes passés sous le col sans le voir. Clems190 trouve une bouteille d'eau plantée dans la neige. La dédaignant, ne voulant pas trop se surcharger, il s'avérera que c'était la sienne qu'il avait perdue! Nous somme revenus sur nos traces et nous ne les avons pas vues : le vent, la neige les ont recouvert en l'espace d'une vingtaine de minutes!
     Nouveau changement de direction mais les voix s'estompent et la pente se raidit de plus en plus. Nouvel arrêt, cela fait maintenant plusieurs dizaines de minutes que nous pataugeons dans de la neige profonde et il faut se rendre à l'évidence que nous ne retrouverons plus le col. Finalement nous décidons de reprendre le plan initial, à savoir descendre au fond du cirque de la Fontaine Salée, mais en allant droit dans la pente. Nous perdons peu à peu de l'altitude pour enfin passer sous la couche nuageuse, récupérer de la visibilité et rechausser les raquettes. 
     Le soulagement est palpable et même si la pente s'accentue encore un peu à l'orée d'un bois nous pouvons voir où nous allons et anticiper les mouvements de terrains. Un chamois nous honorera de son passage et nous pénétrons dans la forêt qui nous paraît enchantée (et/ou enchantante). Un dernier ruisseau à sauter, une dernière broussaille à franchir en mode sanglier-pataugeur et nous voici au fond du cirque. Il ne reste plus qu'à se laisser porter jusqu'à la cabane avec le vent dans le dos en gardant le secret espoir que la cheminée soit active.
     Elle l'est ! 3 personnes y sont depuis la veille, bref y'à plus qu'à s'attabler car on a beau dire, les émotions ça creusent. Pendant 4 heures on enchaîne thé/gâteaux, soupes, vin chaud (de Seraph'), saucisson, et plat en commun. Le tout entrecoupé par une amusante et réchauffante cession de collecte de bois avec tombage de tronc mort et une technique de brancardage assez efficace. Un bémol, même ici, l'incivisme fait des ravages : scie volée, évier explosé, robinet arraché, sans compter qu'il n'y avait plus de bois au sec.

     Pendant la nuit le vent continue de hurler mais nous sommes confortablement lovés sur les matelas, gagnant quelques instants de répit. A six heures du matin, la porte de la cabane est obstruée par un mur de neige de plus de 80 cm de haut!

     Au matin, la météo est toujours aussi mauvaise avec un fort vent du nord soulevant la neige et un plafond bas. Nous modifions les plans et choisissons de ne pas essayer de trouver le col du Val de Courre qui est dans le brouillard mais de contourner le massif par le nord et dans un premier temps la station de Chastreix. A l'abri de la forêt et dans la neige fraîchement tombée le cheminement matinale est agréable, seuls au monde.
     La sortie des bois et l'arrivée à la station seront un cruel rappel à la réalité. Le vent est omniprésent soulevant de grandes quantités de neiges que nous prenons frontalement. La visibilité a drastiquement chuté et il est impossible que nous continuions ainsi pendant 2 heures sur le plateau. Un restaurant nous ouvre les bras, pourquoi pas?
     Devant un chocolat chaud nous discutons des possibilités (bus, stop, marche, ...) et finalement optons pour contourner tout le massif en suivant un chemin de randonnée. Mais ça va être long!
     La partie entre la sortie de la station et l'entrée dans les bois ne fera absolument pas partie des moments les plus agréables que nous ayons vécu. Heureusement, nous rattrapons des pistes de ski de fond non damées des récentes chutes de neige qui nous facilitent la marche en évitant de trop brasser. Et c'est ainsi pendant près de 5 heures jusqu'à enfin descendre sur le Mont Dore et la voiture. Qu'il faut déneiger. Puis ouvrir un chemin dans les monticules de neiges créés par le passage des chasse-neiges. La nuit est tombée lorsque nous partons, épuisés mais contents, prêt à remettre ça. Enfin surtout s'il y a du soleil!!!


    Synthèse de cette sortie :    
 
     Les conditions météo étant très dégradées lors du passage du Col de Val de cours ou à la station de Chastreix, nous avons pu, à plusieurs reprises, nous "arrêter" pour prendre des décisions sages, après courtes consultations. Une expérience très enrichissante humainement, où les caractères de chacun se révèlent un peu plus face aux éléments déchainés (sans trop d'exagération).
    Une expérience tentée aussi sur le terrain : le repas commun du soir. Plutôt réussi, même si au niveau quantité, on aurait pu faire mieux. Le repas s'est composé d'une soupe en entrée, puis d'un plat en plat principal. Riz aux champignons-lardons-oignons-crème fraîche-vin blanc. Le riz était du "riz 3 minutes", les champignons déshydratés, réhydratés lors de notre  arrivée à la cabane. Les oignons, frits et déshydratés, mit directement à la préparation. Le dessert étant composé de biscuits et gâteau style cake. S'en est suivi une infusion ou un thé.
    Pour le portage du repas, nous avons partagé les poids. Clems190 : soupes, lardons, crème fraiche, biscuits, thé, (recharge de gaz) / Seraph' : (réchaud, gaz, popottes) riz, champignons, oignons, vin blanc ,gâteau, thé.
    Nous pensons que le repas commun est une expérience à renouveler et à approfondir. En effet, randonner à plusieurs pendant deux jours, nécessite-t-il l'emport de réchauds individuels?
   
    Un complément d'équipement hivernal assez important peut être nécessaire : un masque de ski. Afin de pouvoir affronter le vent fort en pleine face et gagner en visibilité?


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"L'essentiel dans la vie n'est pas de faire ce qu'on veut mais de faire ce qu'il faut. Et des fois ça prend plus qu'une vie".

"La moitié du monde rit de l'autre et la sottise gouverne tout. Selon votre point de vue, tout est bon ou tout est absurde. Ce qui passionne l'un, l'autre le méprise. Celui qui juge de toutes choses à l'aune de ses propres opinions est un insupportable idiot." Baltasar Gracián

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