#1 04-09-2020 02:41:59

Ytreza
Têtu comme un mulet
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Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

... ou le Grand Ballon depuis la mer  wink

Je présentais l'année dernière ici un projet de traversée des Alpes : partir seul de Menton pour arriver quelque part. Où exactement, je ne sais pas, et je ne saurai probablement même pas avant de partir.
J'avais dans l'idée de traverser l'arc alpin jusqu'en Autriche, mais vu la situation j'ai jugé plus raisonnable de rester en France, ce qui ne change rien à "l'esprit". Je crois à postériori que cet esprit peut se cerner par trois points principaux :

i/ l'aventure : par exemple la liberté d'improviser un 3000 alléchant, avec ou sans carte... mais aussi affronter les petits imprévus, par exemple le renard qui chipe le sac de vivres à 5h30... et tracer ma propre route, sans suivre un GR en particulier ;
ii/ l'immersion en montagne : ce qui implique de ne pas prendre une douche chaude à l'hôtel toutes les semaines ;
iii/ la flânerie : prendre son temps selon l'envie, ne jamais se forcer à quoi que se soit, vivre au rythme lent de la nature, se laisser toute liberté d'aller ci et là, vite ou non.
D'où le "vagabondage". Qui fait aussi écho, dans les Alpes, aux multiples méandres de l'itinéraire. De Menton à la Dent d'Oche, je compte 690 km, et de Menton à la cluse du Rhône, qui termine véritablement la partie alpine, 820.

Voici l'itinéraire final, tracé à postériori puisque pas de GPS :  https://www.openrunner.com/r/11962557
C'est très personnel, je ne conseille globalement pas de le suivre, de nombreux détours ont été décidés sur le moment (par exemple le petit Mont Ruan et toute l'excursion en Suisse qui suit) et n'ont de sens que dans cet esprit d'improvisation. Tout à fait dans "l'esprit", je n'ai défini l'arrivée à Issenheim que 3h avant d'y entrer ! (3 raisons principales : j'ai un ami dans le coin qui a pu me récupérer puis me retaper, c'est esthétiquement satisfaisant de terminer au bord de la plaine d'Alsace, et j'y ai vécu quelques années de petite enfance donc c'était l'occasion d'aller revoir les lieux.
Il y a par ailleurs deux sections que je déconseille absolument en solo, des improvisations abusives ou, pour dire ce qui est, des conneries : l'escalade de la pointe de l'Echelle dans des schistes branlants et la descente de la Grande Sassière par le glacier.
Je ne précise pas les lieux de bivouac car ils n'ont rien d'intéressant : la plupart du temps je me posais quand j'étais fatigué en fin d'après-midi, n'importe où, pourvu que je déniche 3m² à peu près plats plus ou moins à l'abri du vent.

Au total j'ai traîné ma carcasse 61 jours, dont 42 dans les Alpes jusqu'à la Dent d'Oche. Sur cette partie alpine, plus difficile techniquement que le Jura (beaucoup de neige cette année, un vrai plaisir ! (sans ironie)) et sachant que je n'étais pas entraîné avant de partir, j'ai fait en gros des étapes de 20-30 km-effort (distance + dénivelé positif/100), tandis qu'une fois passé le Crêt de la Neige et le cap mis sur le Grand Ballon, j'ai un peu plus forcé avec des 30-40 kme.
Rien d'exceptionnel à part quelques très grosses journées (une journée "24h" dans le Jura avec 77 km et 1800 D+ de minuit à minuit...). L'itinéraire culmine à 3747m à la Grande Sassière, sommet sans difficulté sauf si l'envie vient de redescendre par le glacier, hum hum roll

Rapport aux points i/, ii/, iii/ susmentionnés, deux "règles du jeu" ont régi mes contacts avec le monde civilisé :
1/ ne rentrer que dans des commerces de base : supermarché, épicerie, boulangerie, fromagerie, boucherie/charcuterie, fermes. Notamment, refuges interdits.
2/ ne jamais se déplacer autrement qu'à pied.
Outre le jeu que ça représente, ça m'a semblé indispensable pour créer un esprit d'aventure, une sensation d'isolement, et une immersion plus intense.

Finalement, pari réussi à tous points de vue, c'était fantastique, chaque jour différent, je ne me suis pas lassé un seul instant. Belle météo, globalement beau en journée, orages fréquents en soirée, idéaux pour l'immersion, quelques averses bienvenues pour rafraîchir en temps de canicule, quelquefois de la grèle moins bienvenue, de la neige à 2000m une nuit sous le col de Salenton, diverses épaisseurs de brouillard... Physiquement rien à signaler, peut-être grâce à des étapes modérées, pas d'ampoules ni douleurs inquiétantes ni courbatures gênantes. Moral globalement excellent, les passages à vide se comptent sur les doigts de la main.

Ce que j'ai préféré : la traversée du refuge de Moëde-Anterne au refuge du Grenairon, avec d'abord une pluie glaciale qui m'a forcé à monter le camp à 14h tant j'avais froid aux doigts, ensuite une ascension du Buet dans 15 cm de poudreuse vierge de toute trace, couvrant les cairns, et dans un brouillard tel que le paysage n'était qu'un immense rideau blanc que je perçais de l'aiguille de la boussole - silence et solitude dans cette montée fantastique et quelle joie de voir l'énorme cairn sommital surgir au dernier moment devant moi ! - un bivouac au sommet pour un lever de soleil exceptionnel le matin sur la chaîne du Mont-Blanc tandis que la Lune tombait du côté de la chaîne des Fiz, puis la descente aérienne par l'arête nord heureusement bien câblée (et heureusement par grand beau temps !), de grandes langues de neige dévalées joyeusement piolet en main au-dessus du lac, et puis la descente jusqu'au Grenairon via cette crête où côté nord la vue s'étale jusqu'au Jura, avec les Dents Blanches au NE, à l'ouest la chaîne des Fiz, au sud le Buet et le Mont-Blanc qui se répondent, les Aiguilles Rouges en avant-plan, sans parler des bouquetins qui bronzent sur le sentier.

Quant au matos, puisqu'on est là pour ça, et bien il a tenu ses promesses en terme d'efficacité et de polyvalence, même si l'ensemble montrait de sérieux signes de faiblesse après 1000 km. Quasi pas de défaillance et rien besoin de remplacer, ce qui m'a permis de respecter la règle 1/. A part quelques bricoles rien n'a changé de la liste finale donnée ici que je ne reproduis donc pas dans ce fil. Quelques commentaires :

Sac à dos Osprey Talon 44 S : déçu étant donné la réputation de la marque, car trop fragile. 2-3 accrocs apparus dans la poche supérieure sans que je sache pourquoi (je fais attention à le poser dans le bon sens et pas n'importe où notamment en terrain haute montagne), et le système d'attache rapide des bâtons, que je trouvais super pratique, a complètement explosé dès la Vanoise. Moins surprenant, une des poches filets latérales a commencé à se déchirer au niveau de la couture, mais pour le coup j'abusais clairement en y stockant parfois à la fois une bouteille 1L et la katadyn remplie. Ce sont des détails et il est encore fonctionnel, mais je m'étais attendu à mieux. Peut-être que je peux faire jouer la garantie ? Ce n'est pas vraiment une solution mais bon. Ce qui est d'autant plus dommage c'est qu'à part ces fragilités, je le trouve vraiment pratique. Je pense avoir utilisé toutes les attaches à un moment ou un autre. C'est vraiment un sac polyvalent qui permet un coup de porter 8 jours d'autonomie (des Contamines à La Chapelle d'Abondance), et une autre fois de courir avec les 7 kg de base (sprint final le dernier jour).

Housse de sac étanche : finalement j'ai trouvé une mac kinley moins lourde. Pas vraiment concluant, le sac finit vite mouillé. Je me suis posé une question d'ailleurs, pour ceux qui utilisent un poncho : quand vous montez le camp sous la pluie, vous devez bien poser le sac par terre sans protection le temps de monter la tente non ?

Sacs congélation : ça se déchire assez vite. Sur une longue durée, avoir du rab n'est pas du luxe.

Tente Naturehike cloud-up 1 upgrade : j'ai subi deux "tempêtes" dans le Mercantour avec un vent qui pliait le mât principal sur le côté de sorte que la tente s'effondrait sur elle-même. Je pense que je ne l'avais pas monté droit, mais je n'ai jamais eu des vents aussi violents ensuite pour le vérifier. A part ça elle a parfaitement fait son job. Sa surface au sol réduite permet de la planter quasi n'importe où. Je lui ai tout fait subir, de la forêt aux 3000, sur des terrains souvent irréguliers, en pente, parfois caillouteux. Elle a tenu le choc jusqu'à 3 jours avant l'arrivée, où l'arceau s'est fendillé (sans se rompre). J'estime qu'à 100€ la tente, elle peut être fatiguée après 60 nuits donc satisfait et même surpris par sa qualité.
Je n'ai jamais eu aucun problème de condensation, même en zone humide, même après une nuit pluvieuse.
Nota : j'ai eu des moustiques quasi systématiquement, même à 2500 m, même dans des endroits très secs, et quand j'en compte une vingtaine agglutinés sur la moustiquaire, je suis bien content qu'elle soit là, cette moustiquaire ! Je ne parle même pas des tiques dans certains secteurs du Jura. Si j'avais opté pour un abri ouvert, je n'aurais pas tenu trois nuits. Donc vive les double-toits wink

Sac de couchage 0°C Cumulus Lite Line 400 : impeccable, top. Les nuits chaudes je m'en suis servi comme d'une couette, quasi systématiquement en fait dans le Jura et les Vosges, et je n'ai eu un peu froid qu'une fois, au sommet du Buet au petit matin, mais c'était à cause du matelas pas assez isolant (le froid venait clairement du sol). Ce jour-là tout ce qui était dans l'abside était complètement gelé (les semelles de chaussures scellées contre le tissu !), je pense que ça a dû descendre sous -5. Aucun accroc, après 60 nuits il est comme neuf.

Matelas Zlite Sol 9/14 + 2 pans d'appoint : pas mal affaissé et donc moins confortable après 60 nuits, mais je n'ai jamais rêvé d'un lit. Par rapport à un gonflable, pouvoir le sortir dehors sur n'importe quel terrain sans se poser de questions existentielles est un vrai luxe (par exemple sur de la caillasse pour regarder les étoiles). Avoir 2 pans d'appoint permet de compenser un peu la pente (en plus de l'utilisation classique pour moi qui est de renforcer les hanches comme je dors sur le côté).

Drap de soie D4 : je suis le seul à trouver qu'il est beaucoup trop ouvert en haut ce qui limite sérieusement son efficacité ?

Chaussettes D4 : elles sont robustes, une paire aurait suffi. Je persiste à croire que ce sont elles plutôt que les chaussures qui m'ont évité les ampoules.

Chaussettes bivouac : très rarement utilisées.

Doudoune synthétique Patagonia micropuff : utilisée en statique comme en dynamique (finalement je n'ai pas pris la polaire). 2 petits accrocs dont je suis responsable (escalade dans schistes). Pleinement satisfait, je n'ai jamais eu froid. J'ai rarement dormi avec dans le sac de couchage, mais quelquefois dans le Jura je ne dormais qu'avec elle, sans sac de couchage. Elle est très polyvalente.

Polaire : 2ème couche actif + oreiller + change de secours + couche supplémentaire en cas de froid polaire... : comme dit ci-dessus, pas emportée finalement, je suis revenu au TSMC synthétique. Si je reprends mes arguments initiaux : 2ème couche actif => doudoune synthétique fonctionne bien ; oreiller => doudoune ou sdc dans sac STS car très rare que je dorme avec doudoune + sdc ; change => TSMC ; froid polaire => rien affronté de tel.

Lunettes soleil : étonnamment je m'en suis servi très rarement, uniquement lors de traversées de grands névés (exceptionnels cette année début juillet !). Sinon le chapeau protège les yeux... Je crois que j'aurais pu m'en passer, et de l'étui du même coup !

Gaz : je n'ai jamais réussi à finir une bouteille de 230 g (mes parents, qui étaient en vacances en Haute Tarentaise, m'ont ravitaillé une deuxième bouteille fin juillet). A raison de 300 mL de thé le matin et 200 mL pour semoule le soir, et fondue les soirs de fête (fréquents wink ) !

Pot titane 550mL Toaks 550 : contenance un poil limite pour la fondue, 500 g c'est juste juste wink

Cuichette titane Sea to summit spork : les dents sont pratiques pour la fondue... et comme mes fondues improvisées sont toujours trop liquides, je récupère un peu de jus dans le creux en même temps que je trempe le bout de pain, mais quel bonheur ! big_smile

Gourde filtrante 1L    Katadyn befree 1L : j'ai l'impression que le débit a déjà bien diminué mais je me fais peut-être des idées. En tout cas, filtre indispensable dans le Jura et les Vosges (je ne compte plus le nombre d'abreuvoirs qui m'ont sauvé la mise, et ce en portant une réserve de 3.5L passé les Alpes !). A deux reprises j'ai aussi récupéré de l'eau de pluie en épongeant la toile de tente, ensuite filtrée.

Savon Alep : dentifrice concluant, shampoing non.

Pas de crème solaire : pas eu de problème en faisant attention à bien couvrir avant d'être bien bronzé.

Carte : finalement cartographie complète 1:100000 imprimée sur A4 et recoupée grossièrement, ~100g, utile pour savoir quel balisage on doit suivre. Le problème c'est que la topographie y est illisible. Je me suis fait avoir 2 fois en pensant que le chemin passait par un village en fond de vallée où je pourrais ravitailler, alors qu'en réalité il était balcon 300m plus haut... J'ai complété par des 1:25000 pour les sections difficiles (sentier haute montagne ou hors sentier). J'avais aussi dans l'APN les photos du topo GTA (GR5) qui ne m'a jamais servi car j'ai boudé le GR5 dans les Alpes, et les photos de l'excellent topo Trans'Alpes de J. Bonneaux, qui pour le coup m'a beaucoup aidé (j'ai trouvé le sommet du Buet dans le brouillard et la poudreuse vierge sans sortir une seule fois la carte 1:25000, juste en suivant les azimuths approximatifs et les indications "gagner le collet, suivre la crête etc."...). Le problème des cartes numérisées dans la liseuse n'est pas la lisibilité, même en noir et blanc (faible contraste => on lit les sentiers, fort contraste => on lit les courbes de niveaux) mais le fait que les distances sont complètement faussées attendu que le format est réduit. Ça m'a complètement foutu dedans à la Pointe du Grand Vallon, en Vanoise. Il faut vraiment faire l'effort de redéfinir une échelle dans sa tête.

Boussole    Suunto A30 : je l'ai fait tomber trop de fois, le pin qui soutient l'aiguille a lâché juste avant d'arriver à la Cluse du Rhône. Règle 1/ oblige, j'ai dû me contenter ensuite de l'aiguille toujours magnétisée, que je posais en équilibre sur mon aiguille à coudre... mais de toute façon dans le Jura et les Vosges il n'y avait plus aucun passage problématique. Les seules fois où je peux avoir envie de faire une visée sont quand je traverse un village, où les balisages ont la fâcheuse habitude de s'évanouir. Les églises sont alors parfois des points de repère salvateurs.

Piolet Petlz ride : très surpris par ce petit piolet. Ancrage étonnant à la fois dans neige dure et molle (pas testé dans glace vive, faut pas pousser...). Avec un peu de souplesse la ramasse est tout à fait jouable malgré le manche court. J'ai pu monter et descendre des couloirs dans les 40° en toute sécurité. J'ai dévissé 2-3 fois dans de la neige molle et aucun souci pour me rattraper. A se demander si je ne vais pas le prendre pour des courses d'alpi F/PD plutôt que mon bon vieux piolet droit...

Microcrampons Snowline chainsen light : vraiment pas mal. J'ai descendu le glacier de la Grande Sassière en restant le plus possible sur glace vive pour minimiser le danger objectif que représentent les crevasses, et je n'ai pas eu à contrôler des glissades intempestives (heureusement...). Ils montrent leur limite en neige moyennement dure, où ils ne mordent pas assez pour tenir correctement.
Nota : Je reste persuadé que c'est totalement dispensable pour une traversée classique restant plus ou moins sur sentier. Dès 9h du matin la neige est molle sous 3000 m, même face nord. Dans mon cas ça aurait presque été mieux de ne pas les avoir, car sans eux je n'aurais pas eu cette inspiration de m'engager seul sur un glacier.

Téléphone : finalement un Wiko à 60 g, ça fait bien l'affaire pour rassurer les proches, écouter de la musique, et capter la radio même en zone blanche (!), tout en ayant une autonomie quasi illimitée.

Carnet numérique / liseuse mobiscribe : une merveille de technologie pour ceux comme moi qui lisent et écrivent pendant des heures le soir. J'ai des centaines de pages de notes à mettre au propre... et elles ne pèsent rien. Vu mon utilisation, même si encre électronique, ça consommait quand même pas mal d'énergie mais ma petite batterie solaire suivait le rythme sans peine jusqu'à ce qu'elle me lâche, cf. ci-dessous.

Batterie solaire    Sunslice photon : tout allait bien, j'étais très satisfait, elle m'assurait très largement de quoi charger mon petit matériel tout en paraissant solide, jusqu'à ce qu'elle me lâche complètement au col de Coux, quelques jours avant d'arriver au Léman. Un court-circuit entre les panneaux et la batterie sans doute. Par chance (ou jeu du destin ?) il y a au col de Coux une borne de recharge solaire (un truc de Suisses...) qui m'a permis de tout charger à bloc pour tenir sur réserve jusqu'à la fin du périple. Je n'ai pas regretté mon choix de n'emporter que de l'électronique qui ne consomme rien ! J'ai dû cependant restreindre la musique, arrêter de trier mes photos le soir, et m'acheter un carnet car écrire sur la liseuse consomme significativement. Donc très contrarié sur le coup et très déçu. S'il y a un gros raté matériel, c'est celui-ci (même si toutes les batteries ont tenu sans problème jusqu'à la fin - il faut dire que je prenais moins de photos dans le Jura et les Vosges que dans les Alpes).

Frontale Nitecore nu25 : j'ai pu vérifier l'autonomie de 8h à 38 lm lors de journée "24h" : utilisée en continu de 0h à 6h, puis de 22h à 0h.

Chemise ML Forclaz Trek 500 : très bien, très polyvalente, je l'ai jetée au niveau du Rhône car le frottement des bretelles du sac avait fini par la déchirer aux épaules, et de toute façon à partir de là j'étais bien assez bronzé pour pouvoir passer au TSMC. J'ai donc fait les 2 dernières semaines sans change. Seul problème, peu de possibilité de se baigner / faire une lessive dans le Jura surtout en août cette année... Heureusement je suis seul à supporter l'odeur. Mais vive le Doubs quand même, le bonheur d'un bain chaud au détour d'un méandre smile

Tour de cou Buff mérinos : je me suis fait deux réflexions à son sujet : 1/ c'est vrai que c'est hyper polyvalent et que ça a plein d'usages. 2/ ces usages ne sont-ils pas tous dispensables finalement ? Il m'a sans doute évité des coups de soleil dans le cou (quoiqu'avec le chapeau et le col de chemise relevé...), et quand je grimpais dans la fournaise c'était pratique de le mettre en bandeau pour empêcher la sueur de me couler dans les yeux... j'ai dû l'utiliser deux fois comme bonnet (la capuche de la doudoune aurait fait l'affaire mais elle est bruyante) et sinon il a surtout servi de gant de toilette pour me débarbouiller dans l'eau glacée (mais un vêtement quelconque fait l'affaire) et de torchon pour essuyer la popote (mais un mouchoir en tissu fait l'affaire).

Pantalon short    D4 MH150 : un peu léger à 3500m dans le vent mais quitte à choisir je préfère avoir un peu froid 2-3 fois que trop chaud 99% du temps (entre les tiques et le soleil qui tape je le transforme rarement en short).

Bâtons Black Diamond carbon z : étonnamment solides, je leur en ai fait voir des vertes et des pas mûres, ils n'ont pas bronché. Je recommande. Je ne comptais pas leur poids dans mon calcul mais finalement j'ai apprécié leur légèreté quand je les avais sur le sac (quand je faisais de la grimpette foireuse, lors de progression sur neige, et surtout dans les moraines).

Gants D4 running : le gros problème c'est qu'ils ne sont pas étanches. Gravir ou descendre des névés raides en taillant des marches m'a souvent pris 30 min - 1h, et j'avais bien froid aux mains. Bon, je n'en étais pas à les envelopper dans des sacs congélation, mais pas loin.

Chaussures trail La Sportiva Akyra GTX : après 120 km à Ténérife (terrain volcanique abrasif) et 700 dans les Alpes (terrain haute montagne abrasif), la semelle était dangereusement lisse à l'avant et la descente de la Dent d'Oche a été assez pénible, sinon dangereuse. Il fallait que je me concentre pour ancrer le talon à chaque pas de sorte à ne pas déraper. Donc j'ai trouvé cette semelle un peu tendre. Ça l'a fait ce coup-ci, mais heureusement que je ne poursuivais pas dans les Alpes suisses ! Dans le Jura et les Vosges ça n'a que rarement posé problème.
Le GTX était bienvenu étant donné la quantité de neige que j'ai traversée. Elles sont du reste bien respirantes même si elles ne sèchent pas en une nuit après avoir été mouillées.
Passé 1000 km, le tissu a commencé à montrer des signes de faiblesse : il s'effilochait par endroit, des trous se dessinaient, et elles n'étaient clairement plus étanches. Une des attaches de lacet a sauté, mais vers l'avant donc je n'ai même pas pris la peine de réparer. Bref, elles ont fait l'affaire, je n'ai pas eu d'ampoules, c'était top confort, mais après ~1500 km de service, c'est poubelle.

Tout le matériel non mentionné a rempli son office sans dommage et rien d'extraordinaire non plus.

Consommables : après 1 mois je me suis rendu compte que je ne mangeais pas à ma faim (je me limitais inconsciemment) et je me suis forcé à augmenter le nombre de vrais repas pour arriver à satiété le soir. Typiquement :
Petit déjeuner (7h) : 150g céréales
Second petit déjeuner (10h) : pain + fromage + saucisson
Apéro (12h) : tucs + saucisson
Déjeuner (13h) : tucs + pain + charcuterie + fromage + gâteaux (brownie, madeleines, cookies...) + fruit si chanceux (pommes, prunes, framboises, mûres, poires...)
Second déjeuner (15h) : idem
Goûter (17h) : pain + fromage + gâteaux + fruit si chanceux
Dîner (19h) : soupe-semoule ou semoule-soupe selon si j'ai encore très faim ou pas, fromage, chocolat

+ amandes / noix de cajou / granys à volonté tout au long de la journée

Voilà pour l'essentiel. Je ne sais pas si j'aurai le courage d'écrire un résumé ici, et pour les photos faut encore que je les trie. En tout cas merci à tous ceux qui ont aidé à la préparation du périple, vous avez contribué à sa réussite et, en particulier, mes jambes et mon dos vous sont redevables wink

Dernière modification par Ytreza (04-09-2020 02:52:52)

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#2 04-09-2020 08:24:28

tolliv
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Salut Ytreza,
Merci déjà d'avoir fait ce retour même s'il n'y a pas encore de photos.


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#3 04-09-2020 09:35:51

06chamois
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Bonjour Ytreza

Effective comme le dit tolliv cela manque de photos yikes

Alors pour monter ma tente lorsqu'il pleut je m'y prends ainsi :

comme j'ai la house de pluie sur le sac a dos je le pose par terre
Moi j'ai le poncho sur moi donc j'écarte les jambes et ouvre mon sac entre mes jambes donc sous le puncho.

Je sors ma tente remets la housse de sac. Puis comme j'ai une tente double parois, je pose l'extérieur au sol, je passe en dessous la chambre en vrac pour fixer les 2 premiers piquets sur un côté du rectangle de cette 1 place.

Les mats montés je les glisse entre les deux toiles qui sont toujours au sol.
Je clipse l'extrémité de mon Y (armature) puis l'autre extrémité du bas du Y dans son oeillet.

Je clipse les crochets de la tente intérieur en tatonnant au travers de la toile extérieure puis je fixe grossièrement 2 sardines.

Je tends en dessous correctement mon double toit intérieur par 2 sardines puis refixe correctement  Mes 2 sardines de mon double toit extérieur.

Puis toutes les autres sardines et là  Je peux mettre mon sac a dos à l'intérieur et moi aussi.

C'est une certaine gymnastique mais après deux trois fois la paroi intérieur n'est pas mouillée.

Pour ma tente d'hiver c'est beaucoup plus simple puisque c'est une autoportante mono paroi et les mats se glissent a l'extérieur dans des fourreaux.

J'espère que tout cela est assez compréhensif  smile


La montagne entretient à la fois la tête et le corps, alors plus d’hésitation = vive la randonnée  big_smile

Mon trombi :   https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=35338

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#4 04-09-2020 14:54:28

laxmimittal
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Ytreza,

Merci pour ce retour très complet.

Je suis archi d'accord avec toi sur le petit piolet Petzl ride. je m'en sers été (en rando) comme hiver (en ski) et il est super pratique.

j'ai rajouté des grips sur la poignée pour qu'il ne me glisse pas des mains lorsque je porte des gants sur les névés l'été.

L.


La touche Majuscule de mon ordinateur fonctionne mal.

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#5 04-09-2020 16:27:14

marcheur75
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Ytreza a écrit :

#583233
...

et dans un brouillard tel que le paysage n'était qu'un immense rideau blanc que je perçais de l'aiguille de la boussole - silence et solitude dans cette montée fantastique et quelle joie de voir l'énorme cairn sommital surgir au dernier moment devant moi

...

Je me suis posé une question d'ailleurs, pour ceux qui utilisent un poncho : quand vous montez le camp sous la pluie, vous devez bien poser le sac par terre sans protection le temps de monter la tente non

Merci pour cette très belle phrase Ytreza, parlante et imagée. L'immense rideau blanc percé par l'aiguille de la boussole...

J'adore marcher dans le brouillard, pas trop souvent bien entendu. Les sensations y sont, je trouve, bien plus fortes que sous le soleil.

J'utilise pour protéger mon sac à dos et moi-même une cape de pluie Packa. Par mauvais temps, à l'approche du bivouac, je profite d'une éclaircie ou d'un abri pour extraire la tente du sac et l'accroche avec le cordon de sa housse à la courroie de poitrine du sac à dos. Cela permet de monter la tente le sac à dos et le bonhomme toujours protégés de la pluie. Je retire la cape de pluie uniquement quand je pénètre sous le porche de la tente.

Opération inverse lors du démontage le matin sous la pluie : j'enfile la cape de pluie, le sac à dos en place, avant de sortir de la tente, puis démonte celle-ci.


Je n'ai pas lu tous les livres, hélas ! Mais la chair est réjouissante...

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#6 04-09-2020 19:44:15

tolliv
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

06chamois a écrit :

#583241Pour ma tente d'hiver c'est beaucoup plus simple puisque c'est une autoportante mono paroi et les mats se glissent a l'extérieur dans des fourreaux.

C'est une tente d'approche ? Avec sol intégré ? Si oui, comment tu fais pour rentrer dedans avec une veste et un pantalon de pluie trempés ?
Ou alors, tu ne la sors que lorsqu'il fait vraiment très froid (neige)..


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#7 05-09-2020 20:29:15

Malgo
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Salut Ytreza !

Comment était le GR5 dans le Jura ? J'ai prévu de le faire un de ces jours  smile

Et est-ce que la veste Helium Rain arrive à être respirante et étanche ? Enfin plus ou moins étanche... En es-tu satisfait ?

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#8 05-09-2020 21:39:40

Ytreza
Têtu comme un mulet
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Tri des photos en cours... 800 restantes...

Malgo a écrit :

#583397Comment était le GR5 dans le Jura ? J'ai prévu de le faire un de ces jours smile

Hello,
Je l'ai récupéré aux Rousses, je ne sais pas vraiment ce qu'il fait avant, je suppose qu'il traverse la Suisse jusqu'au Léman qu'il traverse à la nage jusqu'à Thonon. Il me semble qu'après les Rousses il suit la GTJ quasi jusqu'à la fin. Je ne sais pas trop comment interpréter ta question : en terme de praticabilité, c'est impec (tant qu'on reste dessus*), sauf exception il est bien balisé (sauf comme toujours en ville et sur les pistes de ski, et notamment après les Alliés c'est du grand n'importe quoi, j'y suis allé au cap dans les alpages suisses, et deux autres randonneurs rejoints le lendemain m'ont dit qu'ils s'étaient aussi perdus). Globalement je l'ai trouvé agréable à suivre. C'est assez varié : crêtes dans le Haut-Jura, forêts jusqu'à Mouthe, hauts plateaux des Joux, les gorges du Doubs... Il propose des variantes qui me paraissent mieux que la GTJ.
En solo c'est moins palpitant que les Alpes et je me suis un peu lassé de la forêt à un moment (d'où la journée "24h") pour rebooster le moral avec un petit défi), puis ce sont les collines / alpages se succédant à l'infini qui ont éprouvé mon moral, mais les gorges du Doubs sont assez vite arrivées pour amener de la nouveauté. Gros coup de cœur pour ce fleuve d'ailleurs.
La sensation de liberté sur les hauts plateaux est formidable, et les jeux de lumière sont parfois extra, après une bonne averse par exemple, ou au lever et coucher du soleil, les collines prennent une teinte mordorée que je ne me suis pas lassé de regarder / photographier. Ca change des cimes vaguement roses des Alpes. Rien que pour ça, il faut y aller en bivouaquant ! smile Il y a aussi plusieurs sections assez ludiques sur des sentiers de bornes le long de la frontière suisse. Niveau difficulté c'est facile, même s'il ne faut pas négliger le dénivelé cumulé, il y a moyen de tirer des journées de 30 km avec un entraînement décent.
Si tu veux des renseignements plus précis n'hésite pas !

*sous le barrage du Châtelos, le balisage sud->nord est complètement merdique : côté sud des arbres on voit 2 traits, côté nord on voit une croix... en fait l'ancien tracé du GR5/GTJ n'a pas été supprimé dans le sens sud->nord. Du coup je me suis retrouvé au fond de la gorge au bord du Doubs (désormais chemin noir sur IGN), à progresser sur une sente plus entretenue depuis belle lurette, avec éboulis et arbres morts à franchir etc., et ce n'est qu'en retrouvant le nouveau GR que j'ai compris, puisque dans le sens nord->sud ils préviennent, à côté d'une belle croix blanche et rouge "attention danger éboulis suivre nouveau tracé GR5/GTJ". Bon perso je me suis bien amusé sur ce sentier merdique, mais niveau balisage c'était vraiment à chier pour le coup. D'un autre côté, quelle drôle d'idée de traverser du sud au nord me dira-t-on (m'a-t-on dit) !

Malgo a écrit :

#583397Et est-ce que la veste Helium Rain arrive à être respirante et étanche ? Enfin plus ou moins étanche... En es-tu satisfait ?

Etanche oui, je n'ai pas eu affaire à du mauvais temps souvent, mais ma chemise n'a jamais été mouillée même sous des grosses pluies de plusieurs heures ou des orages. Enfin, sauf quand je ne mettais pas la veste, ce qui est arrivé assez souvent tellement j'avais chaud... Vive la pluie ! big_smile
Respirante bof. Mais comme quand il fait chaud je reste en t-shirt... Et je ne transpire pas des masses, surtout quand il n'y a pas de soleil. Donc je n'ai pas été gêné.
J'ai apprécié la capuche bien couvrante, qui empêche notamment d'avoir les lunettes pleines de gouttes d'eau. Le serrage permet de la maintenir efficacement même par vent violent.
En revanche elle est fragile. J'y ai fait un accroc sous le coude sans savoir comment. J'aurais aussi aimé qu'elle descende un peu plus derrière pour éviter que la pluie ruisselle dans le caleçon.
All in all, quand il pleut et que je me décide à continuer, je mets ma playlist de musique symphonique épique et je fonce tête baissée en oubliant que je suis trempé big_smile

Dernière modification par Ytreza (05-09-2020 21:49:03)

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#9 06-09-2020 13:51:07

06chamois
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Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Tolliv

C'est une tente à trois euros six cent ( pour 3 francs six sous  roll)
De marque elementerre , il m'arrive de rentrer dedans avec le pantalon de pluie et puncho mouillés  en essayant bien sur de me secouer le plus possible avant.

J'ai un chiffon dédié pour essayer le sol de la tente une fois déshabillé.

En plus comme c'est une tente style dôme  pas vraiment  le temps de laisser la porte ouverte en temps de pluie ou neige.

Voila

Édit : orthographe mouillés

Dernière modification par 06chamois (06-09-2020 13:52:57)


La montagne entretient à la fois la tête et le corps, alors plus d’hésitation = vive la randonnée  big_smile

Mon trombi :   https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=35338

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#10 08-09-2020 10:38:02

Malgo
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Messages : 60

Re : Vagabondage de la Méditerranée aux Vosges...

Ytreza a écrit :

#583401 C'est assez varié : crêtes dans le Haut-Jura, forêts jusqu'à Mouthe, hauts plateaux des Joux, les gorges du Doubs... Il propose des variantes qui me paraissent mieux que la GTJ.
En solo c'est moins palpitant que les Alpes et je me suis un peu lassé de la forêt à un moment (d'où la journée "24h") pour rebooster le moral avec un petit défi), puis ce sont les collines / alpages se succédant à l'infini qui ont éprouvé mon moral, mais les gorges du Doubs sont assez vite arrivées pour amener de la nouveauté. Gros coup de cœur pour ce fleuve d'ailleurs.
La sensation de liberté sur les hauts plateaux est formidable, et les jeux de lumière sont parfois extra, après une bonne averse par exemple, ou au lever et coucher du soleil, les collines prennent une teinte mordorée que je ne me suis pas lassé de regarder / photographier. Ca change des cimes vaguement roses des Alpes. Rien que pour ça, il faut y aller en bivouaquant ! smile Il y a aussi plusieurs sections assez ludiques sur des sentiers de bornes le long de la frontière suisse. Niveau difficulté c'est facile, même s'il ne faut pas négliger le dénivelé cumulé, il y a moyen de tirer des journées de 30 km avec un entraînement décent.
Si tu veux des renseignements plus précis n'hésite pas !

Ah oui le tracé du GR le long du Doubs me fait rêver rien qu'en regardant la carte ! Super ça me motive bien pour faire la section Vosges-Jura du coup smile

Etanche oui, je n'ai pas eu affaire à du mauvais temps souvent, mais ma chemise n'a jamais été mouillée même sous des grosses pluies de plusieurs heures ou des orages. (...) Respirante bof. Mais comme quand il fait chaud je reste en t-shirt... Et je ne transpire pas des masses, surtout quand il n'y a pas de soleil. Donc je n'ai pas été gêné.

OK plus imper que respirante donc mais c'est déjà une bonne nouvelle de voir qu'elle a tenu dans la durée ! Merci

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