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#1 02-05-2013 19:23:09

µµ
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[Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

8 jours de randonnée (150km environ) sur le Cape Wrath Trail, mi avril, de Fort William à Strathcarron cool

Liste

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Nourriture

Alors, je n’ai pas pesé/fait les calculs avant de partir, mais voici ce que j’ai mangé, sachant que j’étais 8 journées à randonner :
Matin : un petit sachet de muesli lyophilisé + 2 ou 3 tranches de barre bretonne, éventuellement avec quelques carrés de chocolat lait/noisettes
Midi : 4 tranches de pain brioché biscotte avec du saucisson et du grana padano et quelques carrés de chocolat lait/noisettes.
Soir : deux paquets de lyophilisés (un végétarien pâtes+légumes et un plat un peu plus sympa : paëlla ou gratin pommes de terre et jambon fumé ou poulet et riz à l’indienne)
En chemin : barres de céréales. J’en avais prévu trois par jour, j’en ai mangé une par jour donc je suis rentrée avec une grande partie du stock.
J’avais pris 400gr de chocolat aux noisettes, c’était parfait. Ma barre bretonne pesait 500gr et m’a fait 6 matins, en gros. J’avais 450gr de saucisson environ, largement suffisant. A peu près autant de fromage (j’ai fait don de quelques grammes à une chienne, voir le récit).
J’ai pris un petit déjeuner dans un B&B en route et c’était cool.
Arrivée à Shiel Bridge je n’ai racheté qu’un paquet de finger, que je me suis enfilé en dessert le soir et un paquet de shortbread censé être mangé avec le fromage. Ils ont remplacé ma biscotte que j’avais terminée.
Je pense que j’ai été à un peu plus de 2000 calories par jour.


Infos diverses

La littérature existante sur le Cape Wrath Trail :
Un récit en français de 2010 : http://cape-wrath-trail-2010.actinovision.ch/
Le site dont j’ai récupéré la trace gps pour mon propre parcours (sauf la première journée où j’ai fait ma sauce) : http://capewrathtrailguide.org/
Divers sites, sur lesquels il est possible de récupérer des traces gps de variantes différentes : http://www.capewrathtrail.co.uk/ , http://www.capewrathtrail.org/ , http://www.walkhighlands.co.uk/cape-wrath-trail.shtml , http://www.walkingenglishman.com/capewrathtrail.html
Récits sur randonner-léger : https://www.randonner-leger.org/forum/v … p?id=21200 et (je trouve plus l'autre discussion mais je suis quasiment sûre qu’elle existe !)

Commentaires divers

Les cartes :
J’avais imprimé mes cartes avec un SIG (fonds de carte et lignes de niveau récupérés via Ordnance Survey et trace gps récupérée sur le site ci-dessus). Mes cartes manquaient de détail dans le sens où les lignes de niveau étaient nickel, l’échelle très bien mais je n’avais en fait ni les sentiers ni les petits chemins dessus. Les avoir m’aurait permis de ne pas me perdre une ou deux fois. Cependant, rien de bien grave.
Je mettais la carte du jour dans un grand ziploc : très bon système, une simple pochette plastifiée de classeur n’aurait pas suffi à les protéger. Attention cependant, ça s’envole vite un ziploc…

La bouffe :
J’avais prévu large mais pas tant que ça. Mon sac était un peu lourd les deux premiers jours mais ensuite je me suis vraiment sentie bien. Je n’avais jamais testé les lyo et j’ai profité d’une promo en ligne pour tenter. J’ai été déçue par la paëlla, beaucoup trop salée à mon goût mais sinon, c’est tout de même bien pratique. J’ai presque consommé ma bouteille de gaz medium achetée à Fort William, en faisant bouillir environ 1,5l par jour (ce que je ne mettais pas dans les lyo, je le buvais chaud ou tiède).

Le matos :
Très contente des chaussures (elles étaient neuves) mais malgré toute l’imperméabilité de mon matériel, impossible d’éviter d’être mouillée.
Les bâtons m’ont semblé indispensables (ils m’ont sauvé la mise plus d’une fois lorsque le sol se dérobait).
Tente pas utilisée du tout puisque je n’ai pas eu le courage de camper et ai préféré me rabattre sur les bothy et accomodations en dur. Pas de regret de l’avoir trimballé pour autant. Ça m’a permis d’avoir l’esprit tranquille, de me dire qu’en cas de soucis (genre, complètement perdue), j’avais toujours un abri de secours qui tenait la route. Je me demande cependant si, en réservant éventuellement selon la saison, il n’est pas possible de prévoir une assez longue portion de CWT sans avoir à prendre d’abri.

Fringues :
Bon, la membrane MP+ de Vertical n’est pas un modèle d’imperméabilité mais comme j’ai pu me sécher dans les bothys, ça a été. Mon pantalon Gore-tex nickel, très bonne protection contre la pluie et le vent, il m’a permis de rester au chaud. Mon pantalon de rando D4 très bien aussi, fin, séchant vite.
Si c’était à refaire, je prendrai probablement une fringue thermique de plus, je n’ai pas eu super chaud en soirées. Soit ma doudoune sans manche duvet (mais il faut réussir à la garder absolument sèche) soit mon gilet polaire D4. Ceci dit, quand j’avais froid je me suis mise dans mon duvet.
En journée j’avais donc mon tee-shirt et un haut à manche longue mérinos sur moi, plus la plupart du temps ma polaire et ma veste.
La nuit, je dormais avec le haut thermique HH + le haut manches longues en mérinos, et en bas mon collant en mérinos.


Le récit

A venir dans un post séparé. (demain sans doute)
(je reprendrai ce que j’ai écrit pour mon blog, il ne me semble pas avoir vu que ce soit contraire à la charte du forum, si c’est le cas, vous m’en voyez désolée d’avance)

EDIT : ajout du récit au fur et à mesure.

D’abord, résumons brièvement le contexte : l’hiver et le début de printemps français ont été froids et humides. Alors qu’une petite piste d’amélioration météorologique se profile et que j’ai du temps à occuper, j’ai la bonne idée de partir prendre l’air. Et quoi de mieux pour ça que de choisir un pays où je suis à peu près sûre que le temps sera bien pourri, encore plus, s’il en était possible, que ce qu’il a été en France. Après un dimanche parisien sur le thème « 24°C/pique-nique au bois de Vincennes/que la vie est difficile », me voici donc un mardi d’avril à m’envoler pour Glasgow grâce à la magie des compagnies lowcost. Mon retour est prévu 11 jours plus tard. Le programme entre ces deux vols : parcourir un petit bout du non-officiel Cape Wrath Trail. Il s’agit d’une randonnée partant de Fort William, dans les Highlands, et qui rejoint le Cape Wrath, tout au nord des Highlands. Comme c’est une randonnée non officielle, il existe des variantes mais, grosso modo, il faut marcher entre 15 et 20 jours pour parcourir ce bout de terre pas mal sauvage. Je n’ai pas tout ce temps là donc j’ai décidé de me focaliser sur le premier tiers qui correspond à Fort William – Strathcarron, soit environ 150km.

J-1

Me voici donc, arrivée à Glasgow en ce début d’après-midi, avec mon sac à dos plein d’une semaine de bouffe et de mes affaires de camping. Au vu du temps dehors, je décide, comme première action, d’enfiler mon surpantalon imperméable. J’achète mon billet au point d’information et vais sagement attendre mon bus à l’arrêt B9. Vers 15h20, mon bus arrive et… me passe devant sans s’arrêter ! Je saisis mon sac et me mets aussitôt à lui courir après, jusqu’à l’arrêt 9 (ch’ais pas, j’ai cru que le « B9  » voulais dire « bay 9  » et que j’étais au bon endroit, fallait croire que non…). In extremis, le chauffeur charge mon sac et je monte. Bon, bon, bon, ça commence bien.

Arrivée à Fort William juste après 18h. Il faut préciser que je n’ai rien réservé pour la nuit et que je sais juste que l’auberge de jeunesse SAYH est hors de portée car vraiment en dehors de la ville dans une direction qui ne m’arrange pas. Je prends donc la direction du centre-ville et me retrouve à parcourir la rue piétonne centrale. Bien entendu, il pleut. Et l’office de tourisme est fermé depuis plus d’une heure. La plupart des magasins aussi. Mais, tout de même, je trouve une boutique d’outdoor ouverte, ce qui me permet d’acheter une bombonne de gaz pour mon réchaud, ce sera toujours ça à ne pas faire demain.

Je me décide à entrer dans le Best Western pour demander le prix d’une single room. £50. No way comme on dit ici. Je ressors et me dirige vers un autre hôtel qui a l’air sympa. £30 la single room avec petit-déjeuner inclus, emballez c’est pesé ! Je passe donc ma soirée tranquillement devant la télé et, refaisant le compte des lyophilisés en stock, me rend compte que j’ai largement assez d’autonomie. Du coup, Paëlla pour le dîner !

J1 : Fort William - Corryhully bothy

Le lendemain, les choses sérieuses commencent. Déjà, avant de commencer à marcher, il faut que je traverse le Loche Linnhe. Pour ça, il y a un petit bateau qui fait office de traversier pour les piétons. Il y en a un à 7h (y’a pas moyen…) et un à 10h notamment. La météo est fidèle à ce qu’on attend d’elle : grise. Comme je suis sur le quai un peu en avance, le capitaine me permet de monter pour attendre à l’abri de la pluie.

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A 10h15 finalement, me voici sur la rive ouest. C’est parti mon kiki !

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On m’avait déconseillé de commencer à Fort William, l’étape étant considérée comme sans intérêt et on m’avait recommandé plutôt de prendre le train jusque Glenfinnan. Mais je me suis dit que ça pouvait être sympa une petite journée d’échauffement. Les choses démarrent en effet sans grande difficulté, par de la route rurale. Je vois une voiture toutes les 15 ou 20 minutes, pas plus. Globalement, à part le bruit de la petite pluie qui tombe, je ne suis pas dérangée. De voir les montagnes, enfin, de les deviner à travers les nuages, est plutôt sympa et augure bien de la semaine à venir. Bon, y’a juste un moment où la route passe près d’une décharge et, en conséquence, je suis ensuite un peu plus dérangée par le ballet des bennes à ordure qui passent régulièrement. Je commence aussi à avoir faim et grignote donc mon saucisson/biscotte/fromage debout, dos à la pluie en essayant tant bien que mal de ne pas mouiller l’intérieur de mon sac de biscottes (mon stock doit me faire 6 jours, faut pas que le fasse moisir dès le premier jour !).

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Arrivée au bout du Loch, je suis censée suivre la route sur 6 à 7 km environ, jusque Glenfinnan, avant de bifurquer vers le Nord. Je dois avouer que ça m’emmerde un peu de marcher le long d’une route qui sera un peu plus fréquentée que celle dont je viens. Et là, apparaît devant moi une chemin forestier qui semble aller à peu près dans la bonne direction. J’ai donc la merveilleuse idée de le suivre. Il n’est pas vraiment sur ma carte car celle-ci ne montre pas les petits chemins mais il y apparaît tout de même sous la forme d’une trouée dans la forêt qui me permet de rejoindre in fine mon chemin. Je m’engage donc assez confiante. Las, quelle idée alakon j’ai eu là ! Au début, le chemin est en effet une route forestière tout à fait honorable. Mais, bientôt, il disparaît et à la place je me retrouve là-dedans.

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On ne voit peut-être pas bien sur la photo mais en fait c’est pas des herbes qu’on voit, je suis sûre que c’est des algues ! Autrement dit, c’est bien beau d’avoir des chaussures imperméables, des guêtres, un surpantalon mais, franchement, impossible d’éviter d’être mouillée. Je progresse tant bien que mal, à rythme très réduit, tentant vaguement de ne pas mettre trop franchement les pieds dans l’eau. A mon avis, je ne fais pas beaucoup plus que du 1 ou 2 km/h. Avec ma boussole et ma carte, j’arrive tant bien que mal à comprendre à peu près où je suis et je prends donc les bonnes bifurcations parmi les « trouées dans les arbres » qui font office de chemin (ne vous faites pas avoir par les photos, ça a l’air praticable mais en vrai ça ne l’est pas). L’endroit est accueillant, y’a pas de doute.

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Arrive un moment où je dois traverser un carrefour de trouées. A vu de nez, j’estime le profondeur de l’eau à 80/90cm minimum. Je me vois mal m’engager là-dedans avec mon sac à dos, surtout que, sous l’eau, c’est pas mal vaseux et c’est un coup à y perdre ses chaussures. Je le sais bien puisque j’ai fini par les enlever pour enfiler mes crocs, que j’ai failli paumer une ou deux fois, et remonter mes pantalons. Après de longues tergiversations, je me décide à jouer les équilibriste/contorsionniste sur des arbres déracinés afin de passer la zone la plus profonde et rejoindre une zone plus sécuritaire. L’opération est un succès et je n’ai par la suite de l’eau que jusque mi-mollet ! Bon, malgré le tableau que je brosse (et qui n’est pas exagéré), le moral est bon. De toute façon, j’ai tout mon temps, j’ai de quoi manger pour 8 jours dans mon sac et le temps n’est pas si pourri (ben oui, il pourrait en plus faire encore plus froid ou y avoir encore plus de pluie).

Après quelques heures passées dans ce marécage, je retrouve enfin la route. Continuer à progresser en crocs ne me semble pas sérieux, je rebaisse donc mes jambes de pantalon et remets mes chaussettes et chaussures. Le meilleur est que je sais exactement où je suis puisque le point est facilement repérable sur ma carte où se croisent la route et la ligne de chemin de fer. Je parcours d’un bon pas les quelques kilomètres de route qui mènent au chemin de montagne où je finis enfin par m’engager. Toute cette marche sur le bitume le matin a bien fait chauffer la plante de mes pieds et j’ai donc quelques ampoules. Je trace tout de même bien mon chemin et me voici, à 18h, arrivée au Bothy de Corryhully. J’ai ma tente, bien sûr, mais j’ai tout de même prévu mes étapes en fonction des possibilités de refuges. Et je dois avouer que je suis bien contente de trouver une large pièce au sec où je peux étaler mes affaires et, surtout, allumer un feu !

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J2 : Corryhully bothy - Glendessary

Après une bonne nuit (enfin, je me suis un peu pelé le cul en fait, donc j’ai rajouté un haut pendant la nuit, mais pour le reste, c’était une bonne nuit), je me lève et prend mon temps pour petit déjeuner et ranger mon sac. Me voici donc sur le sentier vers 10h. Le ciel n’a pas beaucoup changé depuis la veille : il est bas, gris et mouillé.

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Ceci dit, mes chaussures ont séché (même si elles ne resteront pas sèches bien longtemps), je suis bien couverte et ce que je peux voir du paysage en jette grave. Il n’y a bientôt plus de sentier donc c’est freestyle dans les touffes de mousse et d’herbe, à essayer d’éviter les pièges des trous d’eau.

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Je suis assez contente de moi cependant puisque je traverse la rivière quand il faut, ce qui me permet de passer le pont pour passer le seconde rivière et retrouver le chemin forestier final. J’ai un peu faim mais j’en ai aussi un peu marre de la pluie et surtout du vent qui souffle bien fort également donc je préfère avancer jusqu’à mon étape pour me poser tranquillement et manger au sec. Je croise quelques ouvriers dans les bois, sur leurs tractopelles. L’un d’eux trouve spirituel de me lancer un « Hey, nice day to hike ! ». M’en fous, je suis de bonne humeur (mais j’ai la dalle). Finalement, c’est à 14h30, sans pause, que j’arrive au bothy de Glendessary. Encore une fois, pas le goût de planter la tente. Je suis un peu déçue tout de même parce qu’il n’y a pas de bois sec. Mon feu ne brûle donc pas longtemps et ne sera pas suffisant pour sécher mes affaires.

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Après avoir déjeuné (mes biscottes restent sèches, ouf), je me résous à voir mon feu mourir et je me glisse dans mon duvet pour bouquiner. Un peu plus tard dans l’après-midi, je reçois de la compagnie. Un groupe de quatre zurichois (un français, un suédois, un anglais et un allemand) vient également passer la nuit ici. Les petits malins, qui se sont arrêtés ce matin au bothy où j’ai passé la nuit, on eu le culot d’y prélever quelques bûches. Je n’aurai pas eu le courage de me trimballer du bois en plus de mon sac juste pour le plaisir d’une bonne flambée le soir, mais ils l’ont fait donc pas de raison de ne pas en profiter. Ils se prennent l’autre pièce du bothy et allument un feu. Je me joins à eux à l’heure du dîner pour papoter et profiter aussi un peu, je l’avoue, de la chaleur. Ils m’offrent même une place devant la cheminée pour y mettre mes chaussures. Je vais me coucher avant eux et nous convenons de nous voir au petit-déjeuner et, pourquoi pas, faire le chemin ensemble le lendemain. Ils envisagent de se lever vers 8h, ce qui me semble raisonnable.


J3 : Glendessary - Sourlies bothy

Le lendemain à 8h, je suis bien réveillée mais aucun bruit dans la pièce d’à côté. Je prends mon temps mais finis tout de même par me lever, petit-déjeuner, ranger. Dehors, il fait un temps magnifique. Grand ciel bleu !

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Je récupère mes chaussures dans la chambre des gars et les mets au soleil pour finir de les sécher (elles sont encore un peu humides). Je libère également Steve, leur chienne.

Bon, alors là, il faut donner quelques explications. Lorsque je les ai vu arriver la veille, ils étaient accompagnés d’une chienne. J’étais étonnée qu’ils aient fait le voyage depuis Zürich en avion avec un chien pour randonner quelques jours. En fait, la pauvre bête les a adoptés à Glenfinnan et ne les a plus quittés. Elle a donc fait toute la journée de la veille avec eux et est adorable. Par ailleurs, ils auraient du être 5 à randonner mais leur pote Steve les a lâchés au dernier moment, d’où le baptême de la chienne. Fin des explications.

A 10h, je les entends vaguement commencer à bouger, je leur souhaite bon matin et leur dit rapidement que j’y vais sans les attendre, avant de renfermer la chienne dans leur chambre. Sauf que je ne suis pas assez rapide. Le temps que je mette mes chaussures et que je parte, ils la libèrent et elle décide donc de me suivre. Je m’en rend compte en lui filant un coup de bâton parce qu’elle me suit de trop près… Que les amoureux des animaux se rassurent, je ferai plus attention le reste de la journée.

Malgré mes quelques ampoules, je marche bien, le temps me sourit enfin et le chemin est agréable, montant tranquillement le long de petites rivières.

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Toutes les bonnes choses ont une fin, il paraît. Bientôt, il n’y a plus vraiment de chemin et je me retrouve à suivre de nouveau un vague sentier parmi les mottes de mousse. Pas grave, il fait beau ! J’en arrive même à enlever ma veste, c’est dire.

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Une fois n’est pas coutume, je me fais une vraie pause déjeuner aujourd’hui, sur un rocher au soleil, près d’un petit loch. La chienne est d’une éducation irréprochable et s’allonge sagement à mes pieds.

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Il a beau faire beau, il ne fait pas si chaud que ça et je remet donc polaire et veste sans trop tarder et finis par repartir. En chemin je croise (comme les jours précédents) pas mal de cerfs, que je ne vois cependant que de loin aujourd’hui, Steve cherchant à s’en faire des copains à grand renfort d’aboiements et de course-poursuite. Je vois également confirmation du climat plus qu’humide de l’Écosse puisque des pontes de grenouilles ont été soigneusement posées sur des rochers. J’en conclus qu’il pleut tellement en Écosse que les grenouilles n’ont pas besoin de pondre dans les mares !

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Bientôt, je suis en vue du Loch Nevis, le bras de mer au bout duquel je prévois de m’arrêter.

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Vers 14h30, j’arrive au bothy de Sourlies. Je prépare tout pour un feu afin que nous puissions l’allumer dès que mes camarades zurichois seront arrivés mais étale l’ensemble de mes affaires dehors au soleil et au vent. Je m’installe moi-même sur une chaise, les pieds sur un caillou, pour bouquiner. J’ai le sentiment que la vie n’est pas si dure que ça. Et en plus, pour parfaire le tableau, je réalise bientôt que je suis dans un coin à crapauds. Disons qu’au troisième que je vois déambuler devant moi, je ne peux que me résoudre à l’évidence. Les quelques mares entre le bothy et la mer sont le lieu des habituelles partouzes parades nuptiales. Je me régale donc à observer et faire quelques photos des eaux cristallines et leurs occupants. (Ici, je dois préciser au lecteur de RL que je suis une pro des amphibiens et que chaque année je suis bénévole sur un dispositif temporaire de sauvetage : en gros, je passe quelques matinées au printemps à leur faire traverser la route par milliers et j'adore ça !)

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Mes amis zurichois finissent pas faire leur apparition (j’en étais arrivée à craindre qu’ils se soient perdus) en fin d’après-midi. Nous passons la fin de journée à discuter tranquillement dehors d’abord, puis à l’intérieur à profiter du feu. Un écossais qui randonne tout seul arrive également dans la soirée mais se couche tôt (et partira bien avant nous le lendemain).

Je ne me couche pas trop tard également, tandis que nos amis suisses continuent leur soirée. Avec mes bouchons d’oreille, je ne suis cependant pas dérangée. Alors que je dors profondément toutefois, je suis réveillée par un truc qui me tombe sur la tête. Le temps de réaliser, de me dire que j’ai du rêver, j’ai tout de même un sérieux doute et je préfère allumer la lampe de poche pour vérifier ce que ça pourrait être.

Je m’assois dans le noir et allume donc.

Je trouve une sorte de petit sachet plastique avec quelque chose dedans. Je m’en saisi et, punaise ! Y’a une souris morte dedans. Voilà, à 2h du matin une souris morte vient de me tomber sur la tête. Un peu surprise, je l’avoue, je balance par réflexe le truc derrière une planche, ne comprenant pas trop s’il s’agit d’une suicide ou d’un meurtre maquillé en suicide. Ma théorie est que le sachet devait traîner quelque part sur une poutre ou une étagère au-dessus de moi et qu’une souris est allée s’y coincer et s’y étouffer en cherchant à bouffer ce qu’il pouvait encore contenir.

Remise de ma surprise, je me questionne du coup sur ma nourriture, restée posée sur la table du bothy. Je dirige donc la lumière vers cette dernière et vois se refléter, à quelques mètres, deux petits points brillants dans le noir. Et merde ! sont en train de grailler mes provisions ! Ni une ni deux, je m’extraie de mon duvet et vais passer en revue mon stock. Le saucisson et le fromage sont intacts dans leur ziplock, ouf, par contre, l’une des tablettes de chocolat aux noisettes a pris cher. C’est un carnage, y’a des petits bouts de papier d’alu partout ! La plaquette est entamée sur un côté, le long de 4 carrés et ça me fend le cœur. En plus, Steve n’a pas réagi, moi qui la croyait de bonne éducation… Mais bon, il est deux heures du matin et je n’ai pas que ça à faire alors je fourre tout ça dans un sac que je suspends à un clou et vais me recoucher. Étonnamment, je mets pas mal de temps à me rendormir mais y arrive finalement.

J4 : Sourlies bothy - Barrisdale

Le lendemain, comme d’habitude, je ne me presse pas pour me lever. L’Écossais est parti se faire une promenade matinale en laissant quelques affaires et les trois suisses pas suisses prennent leur temps comme moi pour petit déjeuner et ranger. Je suis tout de même prête avant eux et pars vers 10h. Cette fois-ci toutefois, je ne me fais pas avoir. J’ai bien compris que Steve suivrait le premier à partir mais était un chien très bien élevé. Alors que je me mets en route, elle se prépare donc à me suivre. D’un geste ferme je lui indique qu’elle doit rester au bothy et je m’en vais tandis qu’elle est sagement assise. Je me demande bien comment les suisses s’en seront accommodés pour la suite, vu que le lendemain ils devaient prendre un bateau pour rentrer récupérer leur voiture à Glenfinnan…

Aujourd’hui, la météo est juste grise, mais le plafond nuageux n’est pas trop menaçant et il ne pleut pour l’instant pas.

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Après avoir traversé un petit estuaire un peu marécageux (on ne change pas des conditions gagnantes, n’est-ce pas…), je poursuis en remontant une rivière toujours plus encaissée, sans croiser un seul péquin (excepté les habituels cerfs). Il tombe quelques averses régulières. Je profite d’une accalmie pour me faire une pause déjeuner avant d’attaquer un bon petit raidillon sans sentier, à peu de choses près à la verticale de la rivière que je suivais jusqu’alors.

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Malgré la météo mitigée, les vues sont tout de même dégagées et splendides. Après avoir commencé à redescendre, j’aperçois le Loch Hourn, près duquel j’ai prévu de passer la nuit. La journée se termine par un beau chemin qui serpente au milieu des moutons.

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Il est 15h30 et je m’apprête donc à passer une soirée tranquille dans mon bothy de Barrisdale, avec aussi peu de monde que j’en ai croisé dans la journée. C’est sans compter que nous sommes samedi soir et qu’un groupe de 14 mecs en weekend de cohésion d’entreprise débarque et envahit les lieux. Certains vont planter leur tente et d’autre s’installent sur les lits. Tous se retrouvent pour dîner dans la petite pièce commune où ma soirée tranquille habituelle est nettement moins calme que les soirs précédents. Ils prennent de le place mais ne sont cependant pas chiants et je vais finalement me coucher (avec mes bouchons d’oreille quand même).

J5 : Barrisdale - Kinloch Hourn

Je dors comme une marmotte et me réveille plutôt tardivement. Du coup, me voici sur le sentier à 10h40 seulement. La pluie de la nuit a en fait été de la neige quelques centaines de mètres au-dessus de nous et ce qu’on peut apercevoir des petits sommets environnant est blanc (et pas seulement à cause des nuages qui sont toujours là).

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Mon étape de la journée n’est pas très longue et consiste à suivre le Loch Hourn jusqu’à son bout, par un petit sentier qui, à défaut d’être sec (on peut toujours rêver), a au moins le mérite d’exister. Il monte et il descend le long du fjord, tandis que les averses, parfois assez fortes, s’enchaînent. Je profite d’un moment au sec pour me faire une pause déjeuner. J’arrive à Kinloch Hourne un peu avant 14h30 et, comme les jours précédents, ne suis aucunement motivée à planter la tente (le camping aquatique en pays froid, finalement ça ne doit pas être mon truc).

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Heureusement, il y a un B&B où je suis la seule et donc un lit de libre. Je m’offre ce petit plaisir et commande même le petit déjeuner pour le lendemain ! Il y a un poêle dans la chambre, que je fais carburer à fond pour sécher toutes mes affaires et parce que c’est également lui qui alimente le ballon d’eau chaude. Et oui, je me paie même le luxe d’un bain chaud avant une soirée à bouquiner au coin du poêle !

J6 : Kinloch Hourn - Shiel Bridge (Ratagan)

Le petit déjeuner est prévu à 8h et est très british : bacon, oeuf poché, saucisse, tomates, champignons et quelques toasts pour faire passer ça. Au moins, ça tient bien au corps, plus que mon petit muesli et mes deux tranches de barre bretonne habituels.

A 9h25, me voici partie, pleine d’entrain. Il fait un temps dégueu, soyons honnêtes. Et rapidement le chemin monte jusqu’à atteindre le nuage où ma visibilité se réduit donc nettement. Assez rapidement en fait je me rends compte que je ne vais pas dans la bonne direction. Sauf qu’il est difficile de me repérer par rapport au relief environnant donc je corrige tant bien que mal le tir à la boussole, en faisant avec le vent et le pluie qui ne me laissent pas de répit. Finalement, j’arrive à redescendre sous le nuage et, d’un seul coup, la vue se dégage vers le bas. Je vois la rivière qui se trouve sur ma carte et repère très exactement l’endroit où je serai sensée me trouver, quelques centaines de mètres plus bas. Toute à la joie de savoir où je suis, mon attention se relâche et une grosse rafale de vent en profite pour emporter ma carte.

Mon unique carte, imprimée avec amour, glissée dans un ziploc avec tendresse… Et là, sans carte, je suis un peu dans la mouise.

Vu la rafale qui l’en emportée, je me demande si ma carte n’est pas déjà en dessus de la mer du Nord. Finalement, après une seconde d’hébètement/réflexion, je décide de tenter de lui courir après. Mais il faut bien comprendre que je suis dans une pente assez raide et que « courir après » est très théorique. D’ailleurs, je ne manque pas de glisser comme il faut sur une belle plaque de granit qui se trouve entre deux mottes de mousses. In extremis, je me rattrape d’une main à l’un de ces bouts de mousse. De nouveau quelques secondes d’hébètement/réflexion. Me voici donc suspendue à une très incertaine motte de végétation, avec possibilité de dévaler 100 à 200 mètres de dénivelé un peu trop rapidement à mon goût et, à une grosse dizaine de mètres de moi, mon ziploc avec ma carte qui est miraculeusement tenu par le vent contre trois brins d’herbe. Bon, bon, bon…

Je me ressaisis, décide d’arrêter mes conneries et, aussi rapidement que je peux tout en restant un peu plus prudente, parviens à me remettre d’aplomb, à contourner cette saleté de plaque de granit et à chopper ma carte avant qu’elle ne risque d’être de nouveau emportée. Autant me perdre ne m’inquiète pas plus que ça (j’ai encore pas mal de bouffe, de quoi m’abriter), autant je serai bien coincée si je me blessais vu la fréquentation des lieux et la couverture gsm incertaine. Je descends donc vers la fameuse rivière avec un peu plus de prudence que précédemment et récupère le chemin que j’aurai du emprunter dès le départ.

Moi, je suis arrivée par là (la pente la plus, raide, c’est par là que je suis descendue) :
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Et le chemin, là, à droite, bien plat, c’est celui par lequel j’aurai du arriver :
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Histoire de fêter cette petite victoire, il faut traverser la fameuse rivière. J’ai le choix. Soit je décide que de toute façon j’aurai les pieds mouillés à un moment ou un autre donc autant que ce soit maintenant et y aller franco. Soit, je décide qu’il est encore un peu tôt dans la journée pour se rafraîchir les petons et marcher dans des éponges et donc j’enlève chaussures et chaussettes pour chausser mes crocs le temps de traverser le gué. Finalement, j’opte pour l’option deux. L’eau est freezing cold ! Le gué n’est pas long à passer et pas trop profond donc j’ai pu remonter suffisamment mes pantalons pour les épargner. De l’autre côté, je rechausse rapidement avant de repartir.

Vers 13h30, je me fais une pause déjeuner en profitant d’une petite accalmie dans la pluie et en me trouvant un endroit abrité du vent. Puis je repars, de motte en motte et de trou d’eau en trou d’eau. Je savais bien que mes pieds finiraient par être mouillés de toute façon… Ce que j’arrive à voir du paysage environnant est superbe mais le vent souffle très fort, particulièrement sur les hauteurs. Avec parfois le crachin qui se transforme en averses de grêle, je vis quelques moments un peu pénibles physiquement, sans pour autant regretter un instant d’être là. Mais bon, je fais gaffe car les rafales me forcent parfois à me décaler de plusieurs mètres de ma trajectoire voulue.

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Vers 17h, j’arrive au village de Shiel Bridge et sa station essence qui fait office de boutique (et de seul possibilité de ravitaillement de ma semaine). Finalement, j’avais prévu large dans mes provisions donc je n’achète qu’un paquet de gâteaux et un paquet de shortbreads salés. Il y a aussi un camping mais le vent souffle bien fort pour que je souhaite faire ma première nuit sous tente. Je pars donc en direction de l’hôtel local, un mile plus loin, afin de voir s’ils ont un lit de disponible dans leur bunkhouse ou, à défaut, une single room. Malheureusement, ils sont complets. Ils n’ont absolument plus un seul lit de libre. Je fais donc demi tour et me dirige vers Ratagan et son auberge de jeunesse. Je commence à en avoir plein les pattes et j’y arrive à 18h. Il y a plein de place, l’auberge est située en bord de Loch dans un cadre très sympa. Je ne suis pas mécontente de me prendre une douche et de me poser pour dîner. Je ne serai pas longue à m’endormir.

J7 : Shiel Bridge (Morvich) - Maol Bhuidhe bothy

Après avoir pris mon petit déjeuner face au Loch, je quitte l’auberge à 9h30. Pour ne pas avoir à refaire les quelques miles de la veille le long de la route, je fais du stop. La première voiture qui passe me prend et me dépose à Morvich d’où je prends le sentier à 9h40. C’est une affaire qui roule ! Le temps est nuageux mais on aperçois quelques coins de ciel bleu. Une fois n’est pas coutume, le sentier est bien existant et bien balisé puisque je dois passer par les chutes de Glomach, les plus hautes du Royaume-Uni et qui constituent visiblement une destination de balade à elles-seules. Du coup, j’avance bien et sans trop avoir à réfléchir. La preuve que le sentier est fréquenté est que je double un groupe de 4 personnes vers le début et croise un couple en fin de matinée. Tellement de monde, j’en ai le vertige (en fait, c’est même carrément la première journée depuis le début où je croise du monde !).

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Un peu après midi, je suis au chutes et en profite pour faire ma pause déjeuner.L’endroit étant un peu encaissé, je suis abritée du vent, même si parfois des rafales me brumisent un peu une partie de l’eau censée tomber des chutes. Puis, je repars sur le sentier qui descend dans la gorge. Bon, après avoir descendu 20 mètres, je me trouve à un joli pour de vue sur la chute mais, surtout, à un cul de sac. Visiblement, ce n’est pas par là qu’il fallait repartir. Je remonte donc et arrive à trouver mon propre sentier, en effet beaucoup moins visible.

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Mon sentier me mène à un fond de vallée où je retrouve un chemin plus large qui longe le Loch, puis la rivière avant de remonter vers des petites hauteur et passer un petit col. Le temps est toujours variable et les grosses averses venteuses alternent avec de belles éclaircies. Par contraste avec la « foule » du matin, je suis de nouveau absolument seule dans un large panorama.

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J’arrive finalement en vue de mon bothy quotidien, celui de Maol Bhuidhe, petite maison blanche face au Loch et à la montagne. Ça fait envie mais il reste un petit obstacle à franchir avent de pouvoir m’y installer. Ah ben oui, y’a la rivière à traverser, zut. Je parcours un peu la rive vers l’aval et vers l’amont afin de me décider sur la façon de traverser. Finalement, je trouve un passage qui me paraît bien et je tente le coup sans enlever les chaussures. Je passe l’obstacle sans soucis et me voici donc installée dans ma petite chambre. Je fais brûler un peu d’allume-feu et de journal dans l’espoir d’allumer l’unique bûche semi calcinée du refuge mais ça fait long feu, hélas. J’étale tout de même mes affaires pour qu’elles sèches un minimum. Dehors, les conditions météo se dégradent et la pluie et le vent se font plus présents.

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J5 : Maol Bhuidhe bothy - Strathcarron

Le lendemain matin, il pleut toujours lorsque je me réveille. Mais la pluie s’arrêt au moment où je pars. Je prends le sentier vers le sud et, à quelques centaines de mètres du bothy me voici à devoir traverser une rivière. J’avais espérer un gué praticable de caillou en caillou mais je dois me résoudre, après avoir bien réfléchi, au fait que ça va pas être possible comme ça. Après quelques hésitations, je me décide donc : hop ! en petite culotte et en crocs et c’est parti. Je dois avoir l’air fine dans cette tenue avec mon sac sur le dos… Ceci dit, je fais bien car le courant est fort et j’ai de l’eau jusqu’aux cuisses. L’eau est super froide et je dois encore marcher un peu avant de pouvoir me rhabiller car le terrain tient plus du marécage que de la terre ferme une fois la rivière traversée.

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Une fois rhabillée, je me réchauffe assez vite et c’est parti plein ouest, en longeant la rivière. Le temps ne fait que s’améliorer et est globalement à l’éclaircie, malgré quelques petites averses. La pluie de la nuit était en fait de la neige un peu plus haut et les sommets environnants montrent un petit voile blanc du plus joli effet. Par contre, le chemin est bien chiant. En fait, il n’y a pas de chemin. C’est l’habituel marécage, avec les mottes de mousse traîtres qui se dérobent parfois sous mes pas pour laisser la place à des trous d’eau.

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Je finis par rejoindre une chemin un peu plus marqué qui rejoint plus tard un vraie route de gravelle. J’en profite pour m’arrêter déjeuner, en profitant de la vue superbe. A partir de là, je n’ai plus qu’à suivre la route, d’un bon pas, d’autant plus que je sais que c’est là ma dernière journée.

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Lorsque de ma route de gravelle je commence à apercevoir le Loch, j’ai toutefois une petit inquiétude. Certes, je suis globalement allée dans la bonne direction par rapport à ma carte mais je ne devrais pas voir le Loch, encore moins me diriger vers lui puisque je suis censée aboutir à l’embouchure de la rivière qui s’y jette, plus à l’ouest. Ceci dit, je vois à peu près où je suis mais je ne comprends pas comment j’y suis arrivée et comment je vais rejoindre ma destination théorique puisque je suis visiblement sortie de l’étendue de ma carte.

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J’arrive finalement aux jardins d’Attadale, définitivement pas indiqués sur ma carte. Heureusement, ils sont semble-t-il un haut lieu touristique et, sur le parking, une belle carte du coin est affichée. Elle me permet de voir que je suis à environ 4 ou 5 km de Strathcarron et que le seul moyen de m’y rendre maintenant est de marcher le long de la route. Et bien allons-y alors. Les bas côté ne sont pas bien larges mais la circulation reste raisonnable et je fais bien gaffe (les quelques voitures arrivent en effet assez vite). Un peu après 16h30, je suis donc à Strathcarron et m’enquiers à l’hôtel local des disponibilités. Il n’y a plus de single room, je me rabats donc sur une double un peu plus chère. La vue de ma chambre est plutôt sympa (pas les maisons au premier plan, les montagnes).

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Je me paie le luxe d’un burger au resto de l’hôtel et profite d’une très bonne nuit.

Épilogue

Le lendemain, je quitte l’hôtel pour aller à la gare, juste en face. C’est le genre de gare qui a un certain charme, la vue pendant l’attente est plutôt sympa et quelques moutons font une bande sonore tout à fait adaptée.

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Le trajet de la voie de chemin de fer est également sympa et offre de belles vues sur les montagnes. Nous passons également près de quelque hordes de cerfs, ce qui enchante un australien de mon wagon. Moi, je trouve ça chouette mais je suis un peu plus blasée avec tout ceux que j’ai vu en une semaine.

J’arrive à Inverness en milieu d’après-midi. L’office de tourisme me recommande une auberge qui s’avère en effet très peu chère et très sympa. Petite balade en ville et soirée tranquille. Je passe chez Marks & Spencer me prendre de quoi manger. Mon beau morceau d’agneau grillé et sa poêlée de légumes font quelques jaloux dans la cuisine de l’auberge (et je me régale).

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Le vendredi, la journée se passe entre réveil tranquille, bus puis petite balade dans Glasgow où j’ai pris une nuit en auberge également. Samedi, avion retour ! Dans l’avion, je repère les randonneurs, c’est ceux qui se reniflent entre eux en trouvant qu’ils puent. Bien deviné, un couple près de moi s’est fait une partie de la West Highland Way. A parler avec eux, je n’ai aucun regret sur mon choix d’itinéraire. Visiblement ils ont eu surtout de la route de caillasse qui leur a bien tué les pieds et des paysages moins sauvages que ce que j’ai eu. Il faut aussi avouer qu’ils m’avaient l’air chargés comme des bœufs, ce qui n’a pas du aider à leur bien-être. Mais bon, globalement pour moi : de bien belles vacances.

Je suis presque étonnée, vu les conditions que j’ai eu, aussi bien météorologiques que concernant l’état des chemins, de ne pas en avoir eu ras le bol un seul instant. Randonner toute seule, c’est chouette en fait, on fait absolument ce qu’on veut, en terme de rythme, d’itinéraire, d’horaires et ça allège énormément le poids des emmerdes potentielles. Si je devais changer quelque chose, je prendrais peut-être une couche thermique de plus, je n’ai pas eu chaud le soir en général. Pour le reste : nickel !

Et pour la lecture, histoire d’être dans l’ambiance Highlands, je recommande Robert Louis Stevenson « Kidnapped » (un peu ardu en vo, je ne suis pas encore complètement fluent en écossais…) et, pour la suite, juste pour le plaisir de connaître la fin de l’histoire même si l’intrigue se passe alors plutôt à Edinmburgh et sur le continent, « Catriona ».

Voilà, voilà !

Dernière modification par µµ (03-05-2013 14:06:56)


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#2 02-05-2013 19:48:48

fredlafouine
Fouinez!
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

"Chérie, tu me passes les jumelles? Faut que je regarde une liste." lol


´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

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#3 02-05-2013 20:02:59

Nayana
Helix pomatia
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Mauvaise langue. Suffit de cliquer dessus  wink


Lentement mais surement...

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#4 02-05-2013 20:11:02

fredlafouine
Fouinez!
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Mauvaise langue ou langue de p*te, je ne sais que choisir... Allez, les 2! tongue

µµ a écrit :
Le récit

A venir dans un post séparé.

Bin pourquoi il sera parfait là, avec une liste et un retour matos contextualisé. D'où le tag [Récit+liste] justement!

Hâte de te lire en tout cas. smile


´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

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#5 02-05-2013 20:30:38

makhno
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Nayana a écrit :

Mauvaise langue. Suffit de cliquer dessus  wink

meme en cliquant dessus elle
est minuscule.


Paix dans le monde

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#6 02-05-2013 20:34:01

fredlafouine
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

IL faut zoomer un peu (CTRL + roulette souris), la def est nickel. smile


´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

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#7 02-05-2013 21:13:46

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Bon, alors en effet il suffit de cliquer et de mettre en taille réelle (je ne voulais pas surcharger le chargement de la page et c'est le système d'hébergement de photos de RL qui permet ça tongue ).
Et quand je dis post séparé, je parle bien de post, pas de discussion séparée smile C'est juste que c'est long à remettre en forme avec les photos hébergées sur RL pour la pérennité.


Z'avez le droit de m'appeler Mumu si vous trouvez pas le µ.

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#8 02-05-2013 21:20:21

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

D’abord, résumons brièvement le contexte : l’hiver et le début de printemps français ont été froids et humides. Alors qu’une petite piste d’amélioration météorologique se profile et que j’ai du temps à occuper, j’ai la bonne idée de partir prendre l’air. Et quoi de mieux pour ça que de choisir un pays où je suis à peu près sûre que le temps sera bien pourri, encore plus, s’il en était possible, que ce qu’il a été en France. Après un dimanche parisien sur le thème « 24°C/pique-nique au bois de Vincennes/que la vie est difficile », me voici donc un mardi d’avril à m’envoler pour Glasgow grâce à la magie des compagnies lowcost. Mon retour est prévu 11 jours plus tard. Le programme entre ces deux vols : parcourir un petit bout du non-officiel Cape Wrath Trail. Il s’agit d’une randonnée partant de Fort William, dans les Highlands, et qui rejoint le Cape Wrath, tout au nord des Highlands. Comme c’est une randonnée non officielle, il existe des variantes mais, grosso modo, il faut marcher entre 15 et 20 jours pour parcourir ce bout de terre pas mal sauvage. Je n’ai pas tout ce temps là donc j’ai décidé de me focaliser sur le premier tiers qui correspond à Fort William – Strathcarron, soit environ 150km.

J-1

Me voici donc, arrivée à Glasgow en ce début d’après-midi, avec mon sac à dos plein d’une semaine de bouffe et de mes affaires de camping. Au vu du temps dehors, je décide, comme première action, d’enfiler mon surpantalon imperméable. J’achète mon billet au point d’information et vais sagement attendre mon bus à l’arrêt B9. Vers 15h20, mon bus arrive et… me passe devant sans s’arrêter ! Je saisis mon sac et me mets aussitôt à lui courir après, jusqu’à l’arrêt 9 (ch’ais pas, j’ai cru que le « B9  » voulais dire « bay 9  » et que j’étais au bon endroit, fallait croire que non…). In extremis, le chauffeur charge mon sac et je monte. Bon, bon, bon, ça commence bien.

Arrivée à Fort William juste après 18h. Il faut préciser que je n’ai rien réservé pour la nuit et que je sais juste que l’auberge de jeunesse SAYH est hors de portée car vraiment en dehors de la ville dans une direction qui ne m’arrange pas. Je prends donc la direction du centre-ville et me retrouve à parcourir la rue piétonne centrale. Bien entendu, il pleut. Et l’office de tourisme est fermé depuis plus d’une heure. La plupart des magasins aussi. Mais, tout de même, je trouve une boutique d’outdoor ouverte, ce qui me permet d’acheter une bombonne de gaz pour mon réchaud, ce sera toujours ça à ne pas faire demain.

Je me décide à entrer dans le Best Western pour demander le prix d’une single room. £50. No way comme on dit ici. Je ressors et me dirige vers un autre hôtel qui a l’air sympa. £30 la single room avec petit-déjeuner inclus, emballez c’est pesé ! Je passe donc ma soirée tranquillement devant la télé et, refaisant le compte des lyophilisés en stock, me rend compte que j’ai largement assez d’autonomie. Du coup, Paëlla pour le dîner !

J1 : Fort William - Corryhully bothy

Le lendemain, les choses sérieuses commencent. Déjà, avant de commencer à marcher, il faut que je traverse le Loche Linnhe. Pour ça, il y a un petit bateau qui fait office de traversier pour les piétons. Il y en a un à 7h (y’a pas moyen…) et un à 10h notamment. La météo est fidèle à ce qu’on attend d’elle : grise. Comme je suis sur le quai un peu en avance, le capitaine me permet de monter pour attendre à l’abri de la pluie.

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A 10h15 finalement, me voici sur la rive ouest. C’est parti mon kiki !

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On m’avait déconseillé de commencer à Fort William, l’étape étant considérée comme sans intérêt et on m’avait recommandé plutôt de prendre le train jusque Glenfinnan. Mais je me suis dit que ça pouvait être sympa une petite journée d’échauffement. Les choses démarrent en effet sans grande difficulté, par de la route rurale. Je vois une voiture toutes les 15 ou 20 minutes, pas plus. Globalement, à part le bruit de la petite pluie qui tombe, je ne suis pas dérangée. De voir les montagnes, enfin, de les deviner à travers les nuages, est plutôt sympa et augure bien de la semaine à venir. Bon, y’a juste un moment où la route passe près d’une décharge et, en conséquence, je suis ensuite un peu plus dérangée par le ballet des bennes à ordure qui passent régulièrement. Je commence aussi à avoir faim et grignote donc mon saucisson/biscotte/fromage debout, dos à la pluie en essayant tant bien que mal de ne pas mouiller l’intérieur de mon sac de biscottes (mon stock doit me faire 6 jours, faut pas que le fasse moisir dès le premier jour !).

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Arrivée au bout du Loch, je suis censée suivre la route sur 6 à 7 km environ, jusque Glenfinnan, avant de bifurquer vers le Nord. Je dois avouer que ça m’emmerde un peu de marcher le long d’une route qui sera un peu plus fréquentée que celle dont je viens. Et là, apparaît devant moi une chemin forestier qui semble aller à peu près dans la bonne direction. J’ai donc la merveilleuse idée de le suivre. Il n’est pas vraiment sur ma carte car celle-ci ne montre pas les petits chemins mais il y apparaît tout de même sous la forme d’une trouée dans la forêt qui me permet de rejoindre in fine mon chemin. Je m’engage donc assez confiante. Las, quelle idée alakon j’ai eu là ! Au début, le chemin est en effet une route forestière tout à fait honorable. Mais, bientôt, il disparaît et à la place je me retrouve là-dedans.

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On ne voit peut-être pas bien sur la photo mais en fait c’est pas des herbes qu’on voit, je suis sûre que c’est des algues ! Autrement dit, c’est bien beau d’avoir des chaussures imperméables, des guêtres, un surpantalon mais, franchement, impossible d’éviter d’être mouillée. Je progresse tant bien que mal, à rythme très réduit, tentant vaguement de ne pas mettre trop franchement les pieds dans l’eau. A mon avis, je ne fais pas beaucoup plus que du 1 ou 2 km/h. Avec ma boussole et ma carte, j’arrive tant bien que mal à comprendre à peu près où je suis et je prends donc les bonnes bifurcations parmi les « trouées dans les arbres » qui font office de chemin (ne vous faites pas avoir par les photos, ça a l’air praticable mais en vrai ça ne l’est pas). L’endroit est accueillant, y’a pas de doute.

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Arrive un moment où je dois traverser un carrefour de trouées. A vu de nez, j’estime le profondeur de l’eau à 80/90cm minimum. Je me vois mal m’engager là-dedans avec mon sac à dos, surtout que, sous l’eau, c’est pas mal vaseux et c’est un coup à y perdre ses chaussures. Je le sais bien puisque j’ai fini par les enlever pour enfiler mes crocs, que j’ai failli paumer une ou deux fois, et remonter mes pantalons. Après de longues tergiversations, je me décide à jouer les équilibriste/contorsionniste sur des arbres déracinés afin de passer la zone la plus profonde et rejoindre une zone plus sécuritaire. L’opération est un succès et je n’ai par la suite de l’eau que jusque mi-mollet ! Bon, malgré le tableau que je brosse (et qui n’est pas exagéré), le moral est bon. De toute façon, j’ai tout mon temps, j’ai de quoi manger pour 8 jours dans mon sac et le temps n’est pas si pourri (ben oui, il pourrait en plus faire encore plus froid ou y avoir encore plus de pluie).

Après quelques heures passées dans ce marécage, je retrouve enfin la route. Continuer à progresser en crocs ne me semble pas sérieux, je rebaisse donc mes jambes de pantalon et remets mes chaussettes et chaussures. Le meilleur est que je sais exactement où je suis puisque le point est facilement repérable sur ma carte où se croisent la route et la ligne de chemin de fer. Je parcours d’un bon pas les quelques kilomètres de route qui mènent au chemin de montagne où je finis enfin par m’engager. Toute cette marche sur le bitume le matin a bien fait chauffer la plante de mes pieds et j’ai donc quelques ampoules. Je trace tout de même bien mon chemin et me voici, à 18h, arrivée au Bothy de Corryhully. J’ai ma tente, bien sûr, mais j’ai tout de même prévu mes étapes en fonction des possibilités de refuges. Et je dois avouer que je suis bien contente de trouver une large pièce au sec où je peux étaler mes affaires et, surtout, allumer un feu !

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#9 02-05-2013 21:41:00

Josp1
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

ALALA rien que l'évocation du nom fort william m'invite à la randonnée...

J'y retournerai a coup sur l'année prochaine...

Pour la bouffe ca ressemble terriblement aux promo falières nutritions smile https://www.randonner-leger.org/forum/v … 22#p292822

C'est peut être mon sujet qui t'as inspiré qui sait... smile

Sinon pour les autres il est encore temps d'en profiter...



Les bothies que tu as squatté tu as du les partager ou tu étais seule ?


Par contre, là, tu lis ma signature...

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#10 02-05-2013 21:49:10

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Josp1 a écrit :

Les bothies que tu as squatté tu as du les partager ou tu étais seule ?

Alors, je vais spoiler un peu la suite du récit mais tant pis : ça dépendait des soirs.
Globalement, en journée je n'ai croisé personne (mais alors vraiment personne). Ensuite, les bothys : N1, seule ; N2 avec 4 mecs de Zürich qui étaient également dans le même bothy à N3 (avec un écossais qui s'est joint à nous), N4 je me suis retrouvée avec 14 mecs en weekend de cohésion d'entreprise plus un couple, N5 j'ai fait un B&B, N6 une auberge de jeunesse, N7 j'étais seule en bothy et N8 à l'hôtel à Strathcarron.
Je pense que j'y étais à une période vraiment calme (et avec un temps vraiment dégueu).


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#11 02-05-2013 22:31:45

Nayana
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Pour Fort Williams, il y a le Bank Street Lodge Bunkhouse en plein centre ville. Dortoirs de 3 à 7 personnes (hommes, femmes, familles, couples, mixte pour remplir les places restantes). 14.5 £ et pour 3 £ vous pouvez récupérer votre lessive propre et sèche après avoir flâné l'après-midi dans FW.
C'est propre, gardé la journée, bouclé la nuit et il y a une cuisine et une petite pièce pour manger.

Pour ceux qui arrivent trop tard ou qui n'ont pas réservés, ils ont un deal avec le B&B d'à côté qui fait aussi le petit déjeuner.

Edit : petit détail, la dame de l'accueil à un pur accent écossais. Ouch !

Dernière modification par Nayana (02-05-2013 22:33:05)


Lentement mais surement...

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#12 03-05-2013 13:20:38

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

J2 : Corryhully bothy - Glendessary

Après une bonne nuit (enfin, je me suis un peu pelé le cul en fait, donc j’ai rajouté un haut pendant la nuit, mais pour le reste, c’était une bonne nuit), je me lève et prend mon temps pour petit déjeuner et ranger mon sac. Me voici donc sur le sentier vers 10h. Le ciel n’a pas beaucoup changé depuis la veille : il est bas, gris et mouillé.

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Ceci dit, mes chaussures ont séché (même si elles ne resteront pas sèches bien longtemps), je suis bien couverte et ce que je peux voir du paysage en jette grave. Il n’y a bientôt plus de sentier donc c’est freestyle dans les touffes de mousse et d’herbe, à essayer d’éviter les pièges des trous d’eau.

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Je suis assez contente de moi cependant puisque je traverse la rivière quand il faut, ce qui me permet de passer le pont pour passer le seconde rivière et retrouver le chemin forestier final. J’ai un peu faim mais j’en ai aussi un peu marre de la pluie et surtout du vent qui souffle bien fort également donc je préfère avancer jusqu’à mon étape pour me poser tranquillement et manger au sec. Je croise quelques ouvriers dans les bois, sur leurs tractopelles. L’un d’eux trouve spirituel de me lancer un « Hey, nice day to hike ! ». M’en fous, je suis de bonne humeur (mais j’ai la dalle). Finalement, c’est à 14h30, sans pause, que j’arrive au bothy de Glendessary. Encore une fois, pas le goût de planter la tente. Je suis un peu déçue tout de même parce qu’il n’y a pas de bois sec. Mon feu ne brûle donc pas longtemps et ne sera pas suffisant pour sécher mes affaires.

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Après avoir déjeuné (mes biscottes restent sèches, ouf), je me résous à voir mon feu mourir et je me glisse dans mon duvet pour bouquiner. Un peu plus tard dans l’après-midi, je reçois de la compagnie. Un groupe de quatre zurichois (un français, un suédois, un anglais et un allemand) vient également passer la nuit ici. Les petits malins, qui se sont arrêtés ce matin au bothy où j’ai passé la nuit, on eu le culot d’y prélever quelques bûches. Je n’aurai pas eu le courage de me trimballer du bois en plus de mon sac juste pour le plaisir d’une bonne flambée le soir, mais ils l’ont fait donc pas de raison de ne pas en profiter. Ils se prennent l’autre pièce du bothy et allument un feu. Je me joins à eux à l’heure du dîner pour papoter et profiter aussi un peu, je l’avoue, de la chaleur. Ils m’offrent même une place devant la cheminée pour y mettre mes chaussures. Je vais me coucher avant eux et nous convenons de nous voir au petit-déjeuner et, pourquoi pas, faire le chemin ensemble le lendemain. Ils envisagent de se lever vers 8h, ce qui me semble raisonnable.


J3 : Glendessary - Sourlies bothy

Le lendemain à 8h, je suis bien réveillée mais aucun bruit dans la pièce d’à côté. Je prends mon temps mais finis tout de même par me lever, petit-déjeuner, ranger. Dehors, il fait un temps magnifique. Grand ciel bleu !

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Je récupère mes chaussures dans la chambre des gars et les mets au soleil pour finir de les sécher (elles sont encore un peu humides). Je libère également Steve, leur chienne.

Bon, alors là, il faut donner quelques explications. Lorsque je les ai vu arriver la veille, ils étaient accompagnés d’une chienne. J’étais étonnée qu’ils aient fait le voyage depuis Zürich en avion avec un chien pour randonner quelques jours. En fait, la pauvre bête les a adoptés à Glenfinnan et ne les a plus quittés. Elle a donc fait toute la journée de la veille avec eux et est adorable. Par ailleurs, ils auraient du être 5 à randonner mais leur pote Steve les a lâchés au dernier moment, d’où le baptême de la chienne. Fin des explications.

A 10h, je les entends vaguement commencer à bouger, je leur souhaite bon matin et leur dit rapidement que j’y vais sans les attendre, avant de renfermer la chienne dans leur chambre. Sauf que je ne suis pas assez rapide. Le temps que je mette mes chaussures et que je parte, ils la libèrent et elle décide donc de me suivre. Je m’en rend compte en lui filant un coup de bâton parce qu’elle me suit de trop près… Que les amoureux des animaux se rassurent, je ferai plus attention le reste de la journée.

Malgré mes quelques ampoules, je marche bien, le temps me sourit enfin et le chemin est agréable, montant tranquillement le long de petites rivières.

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Toutes les bonnes choses ont une fin, il paraît. Bientôt, il n’y a plus vraiment de chemin et je me retrouve à suivre de nouveau un vague sentier parmi les mottes de mousse. Pas grave, il fait beau ! J’en arrive même à enlever ma veste, c’est dire.

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Une fois n’est pas coutume, je me fais une vraie pause déjeuner aujourd’hui, sur un rocher au soleil, près d’un petit loch. La chienne est d’une éducation irréprochable et s’allonge sagement à mes pieds.

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Il a beau faire beau, il ne fait pas si chaud que ça et je remet donc polaire et veste sans trop tarder et finis par repartir. En chemin je croise (comme les jours précédents) pas mal de cerfs, que je ne vois cependant que de loin aujourd’hui, Steve cherchant à s’en faire des copains à grand renfort d’aboiements et de course-poursuite. Je vois également confirmation du climat plus qu’humide de l’Écosse puisque des pontes de grenouilles ont été soigneusement posées sur des rochers. J’en conclus qu’il pleut tellement en Écosse que les grenouilles n’ont pas besoin de pondre dans les mares !

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Bientôt, je suis en vue du Loch Nevis, le bras de mer au bout duquel je prévois de m’arrêter.

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Vers 14h30, j’arrive au bothy de Sourlies. Je prépare tout pour un feu afin que nous puissions l’allumer dès que mes camarades zurichois seront arrivés mais étale l’ensemble de mes affaires dehors au soleil et au vent. Je m’installe moi-même sur une chaise, les pieds sur un caillou, pour bouquiner. J’ai le sentiment que la vie n’est pas si dure que ça. Et en plus, pour parfaire le tableau, je réalise bientôt que je suis dans un coin à crapauds. Disons qu’au troisième que je vois déambuler devant moi, je ne peux que me résoudre à l’évidence. Les quelques mares entre le bothy et la mer sont le lieu des habituelles partouzes parades nuptiales. Je me régale donc à observer et faire quelques photos des eaux cristallines et leurs occupants. (Ici, je dois préciser au lecteur de RL que je suis une pro des amphibiens et que chaque année je suis bénévole sur un dispositif temporaire de sauvetage : en gros, je passe quelques matinées au printemps à leur faire traverser la route par milliers et j'adore ça !)

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Mes amis zurichois finissent pas faire leur apparition (j’en étais arrivée à craindre qu’ils se soient perdus) en fin d’après-midi. Nous passons la fin de journée à discuter tranquillement dehors d’abord, puis à l’intérieur à profiter du feu. Un écossais qui randonne tout seul arrive également dans la soirée mais se couche tôt (et partira bien avant nous le lendemain).

Je ne me couche pas trop tard également, tandis que nos amis suisses continuent leur soirée. Avec mes bouchons d’oreille, je ne suis cependant pas dérangée. Alors que je dors profondément toutefois, je suis réveillée par un truc qui me tombe sur la tête. Le temps de réaliser, de me dire que j’ai du rêver, j’ai tout de même un sérieux doute et je préfère allumer la lampe de poche pour vérifier ce que ça pourrait être.

Je m’assois dans le noir et allume donc.

Je trouve une sorte de petit sachet plastique avec quelque chose dedans. Je m’en saisi et, punaise ! Y’a une souris morte dedans. Voilà, à 2h du matin une souris morte vient de me tomber sur la tête. Un peu surprise, je l’avoue, je balance par réflexe le truc derrière une planche, ne comprenant pas trop s’il s’agit d’une suicide ou d’un meurtre maquillé en suicide. Ma théorie est que le sachet devait traîner quelque part sur une poutre ou une étagère au-dessus de moi et qu’une souris est allée s’y coincer et s’y étouffer en cherchant à bouffer ce qu’il pouvait encore contenir.

Remise de ma surprise, je me questionne du coup sur ma nourriture, restée posée sur la table du bothy. Je dirige donc la lumière vers cette dernière et vois se refléter, à quelques mètres, deux petits points brillants dans le noir. Et merde ! sont en train de grailler mes provisions ! Ni une ni deux, je m’extraie de mon duvet et vais passer en revue mon stock. Le saucisson et le fromage sont intacts dans leur ziplock, ouf, par contre, l’une des tablettes de chocolat aux noisettes a pris cher. C’est un carnage, y’a des petits bouts de papier d’alu partout ! La plaquette est entamée sur un côté, le long de 4 carrés et ça me fend le cœur. En plus, Steve n’a pas réagi, moi qui la croyait de bonne éducation… Mais bon, il est deux heures du matin et je n’ai pas que ça à faire alors je fourre tout ça dans un sac que je suspends à un clou et vais me recoucher. Étonnamment, je mets pas mal de temps à me rendormir mais y arrive finalement.


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#13 03-05-2013 13:33:09

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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

J4 : Sourlies bothy - Barrisdale

Le lendemain, comme d’habitude, je ne me presse pas pour me lever. L’Écossais est parti se faire une promenade matinale en laissant quelques affaires et les trois suisses pas suisses prennent leur temps comme moi pour petit déjeuner et ranger. Je suis tout de même prête avant eux et pars vers 10h. Cette fois-ci toutefois, je ne me fais pas avoir. J’ai bien compris que Steve suivrait le premier à partir mais était un chien très bien élevé. Alors que je me mets en route, elle se prépare donc à me suivre. D’un geste ferme je lui indique qu’elle doit rester au bothy et je m’en vais tandis qu’elle est sagement assise. Je me demande bien comment les suisses s’en seront accommodés pour la suite, vu que le lendemain ils devaient prendre un bateau pour rentrer récupérer leur voiture à Glenfinnan…

Aujourd’hui, la météo est juste grise, mais le plafond nuageux n’est pas trop menaçant et il ne pleut pour l’instant pas.

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Après avoir traversé un petit estuaire un peu marécageux (on ne change pas des conditions gagnantes, n’est-ce pas…), je poursuis en remontant une rivière toujours plus encaissée, sans croiser un seul péquin (excepté les habituels cerfs). Il tombe quelques averses régulières. Je profite d’une accalmie pour me faire une pause déjeuner avant d’attaquer un bon petit raidillon sans sentier, à peu de choses près à la verticale de la rivière que je suivais jusqu’alors.

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Malgré la météo mitigée, les vues sont tout de même dégagées et splendides. Après avoir commencé à redescendre, j’aperçois le Loch Hourn, près duquel j’ai prévu de passer la nuit. La journée se termine par un beau chemin qui serpente au milieu des moutons.

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Il est 15h30 et je m’apprête donc à passer une soirée tranquille dans mon bothy de Barrisdale, avec aussi peu de monde que j’en ai croisé dans la journée. C’est sans compter que nous sommes samedi soir et qu’un groupe de 14 mecs en weekend de cohésion d’entreprise débarque et envahit les lieux. Certains vont planter leur tente et d’autre s’installent sur les lits. Tous se retrouvent pour dîner dans la petite pièce commune où ma soirée tranquille habituelle est nettement moins calme que les soirs précédents. Ils prennent de le place mais ne sont cependant pas chiants et je vais finalement me coucher (avec mes bouchons d’oreille quand même).


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#14 03-05-2013 14:05:40

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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

J5 : Barrisdale - Kinloch Hourn

Je dors comme une marmotte et me réveille plutôt tardivement. Du coup, me voici sur le sentier à 10h40 seulement. La pluie de la nuit a en fait été de la neige quelques centaines de mètres au-dessus de nous et ce qu’on peut apercevoir des petits sommets environnant est blanc (et pas seulement à cause des nuages qui sont toujours là).

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Mon étape de la journée n’est pas très longue et consiste à suivre le Loch Hourn jusqu’à son bout, par un petit sentier qui, à défaut d’être sec (on peut toujours rêver), a au moins le mérite d’exister. Il monte et il descend le long du fjord, tandis que les averses, parfois assez fortes, s’enchaînent. Je profite d’un moment au sec pour me faire une pause déjeuner. J’arrive à Kinloch Hourne un peu avant 14h30 et, comme les jours précédents, ne suis aucunement motivée à planter la tente (le camping aquatique en pays froid, finalement ça ne doit pas être mon truc).

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Heureusement, il y a un B&B où je suis la seule et donc un lit de libre. Je m’offre ce petit plaisir et commande même le petit déjeuner pour le lendemain ! Il y a un poêle dans la chambre, que je fais carburer à fond pour sécher toutes mes affaires et parce que c’est également lui qui alimente le ballon d’eau chaude. Et oui, je me paie même le luxe d’un bain chaud avant une soirée à bouquiner au coin du poêle !

J6 : Kinloch Hourn - Shiel Bridge (Ratagan)

Le petit déjeuner est prévu à 8h et est très british : bacon, oeuf poché, saucisse, tomates, champignons et quelques toasts pour faire passer ça. Au moins, ça tient bien au corps, plus que mon petit muesli et mes deux tranches de barre bretonne habituels.

A 9h25, me voici partie, pleine d’entrain. Il fait un temps dégueu, soyons honnêtes. Et rapidement le chemin monte jusqu’à atteindre le nuage où ma visibilité se réduit donc nettement. Assez rapidement en fait je me rends compte que je ne vais pas dans la bonne direction. Sauf qu’il est difficile de me repérer par rapport au relief environnant donc je corrige tant bien que mal le tir à la boussole, en faisant avec le vent et le pluie qui ne me laissent pas de répit. Finalement, j’arrive à redescendre sous le nuage et, d’un seul coup, la vue se dégage vers le bas. Je vois la rivière qui se trouve sur ma carte et repère très exactement l’endroit où je serai sensée me trouver, quelques centaines de mètres plus bas. Toute à la joie de savoir où je suis, mon attention se relâche et une grosse rafale de vent en profite pour emporter ma carte.

Mon unique carte, imprimée avec amour, glissée dans un ziploc avec tendresse… Et là, sans carte, je suis un peu dans la mouise.

Vu la rafale qui l’en emportée, je me demande si ma carte n’est pas déjà en dessus de la mer du Nord. Finalement, après une seconde d’hébètement/réflexion, je décide de tenter de lui courir après. Mais il faut bien comprendre que je suis dans une pente assez raide et que « courir après » est très théorique. D’ailleurs, je ne manque pas de glisser comme il faut sur une belle plaque de granit qui se trouve entre deux mottes de mousses. In extremis, je me rattrape d’une main à l’un de ces bouts de mousse. De nouveau quelques secondes d’hébètement/réflexion. Me voici donc suspendue à une très incertaine motte de végétation, avec possibilité de dévaler 100 à 200 mètres de dénivelé un peu trop rapidement à mon goût et, à une grosse dizaine de mètres de moi, mon ziploc avec ma carte qui est miraculeusement tenu par le vent contre trois brins d’herbe. Bon, bon, bon…

Je me ressaisis, décide d’arrêter mes conneries et, aussi rapidement que je peux tout en restant un peu plus prudente, parviens à me remettre d’aplomb, à contourner cette saleté de plaque de granit et à chopper ma carte avant qu’elle ne risque d’être de nouveau emportée. Autant me perdre ne m’inquiète pas plus que ça (j’ai encore pas mal de bouffe, de quoi m’abriter), autant je serai bien coincée si je me blessais vu la fréquentation des lieux et la couverture gsm incertaine. Je descends donc vers la fameuse rivière avec un peu plus de prudence que précédemment et récupère le chemin que j’aurai du emprunter dès le départ.

Moi, je suis arrivée par là (la pente la plus, raide, c’est par là que je suis descendue) :
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Et le chemin, là, à droite, bien plat, c’est celui par lequel j’aurai du arriver :
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Histoire de fêter cette petite victoire, il faut traverser la fameuse rivière. J’ai le choix. Soit je décide que de toute façon j’aurai les pieds mouillés à un moment ou un autre donc autant que ce soit maintenant et y aller franco. Soit, je décide qu’il est encore un peu tôt dans la journée pour se rafraîchir les petons et marcher dans des éponges et donc j’enlève chaussures et chaussettes pour chausser mes crocs le temps de traverser le gué. Finalement, j’opte pour l’option deux. L’eau est freezing cold ! Le gué n’est pas long à passer et pas trop profond donc j’ai pu remonter suffisamment mes pantalons pour les épargner. De l’autre côté, je rechausse rapidement avant de repartir.

Vers 13h30, je me fais une pause déjeuner en profitant d’une petite accalmie dans la pluie et en me trouvant un endroit abrité du vent. Puis je repars, de motte en motte et de trou d’eau en trou d’eau. Je savais bien que mes pieds finiraient par être mouillés de toute façon… Ce que j’arrive à voir du paysage environnant est superbe mais le vent souffle très fort, particulièrement sur les hauteurs. Avec parfois le crachin qui se transforme en averses de grêle, je vis quelques moments un peu pénibles physiquement, sans pour autant regretter un instant d’être là. Mais bon, je fais gaffe car les rafales me forcent parfois à me décaler de plusieurs mètres de ma trajectoire voulue.

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Vers 17h, j’arrive au village de Shiel Bridge et sa station essence qui fait office de boutique (et de seul possibilité de ravitaillement de ma semaine). Finalement, j’avais prévu large dans mes provisions donc je n’achète qu’un paquet de gâteaux et un paquet de shortbreads salés. Il y a aussi un camping mais le vent souffle bien fort pour que je souhaite faire ma première nuit sous tente. Je pars donc en direction de l’hôtel local, un mile plus loin, afin de voir s’ils ont un lit de disponible dans leur bunkhouse ou, à défaut, une single room. Malheureusement, ils sont complets. Ils n’ont absolument plus un seul lit de libre. Je fais donc demi tour et me dirige vers Ratagan et son auberge de jeunesse. Je commence à en avoir plein les pattes et j’y arrive à 18h. Il y a plein de place, l’auberge est située en bord de Loch dans un cadre très sympa. Je ne suis pas mécontente de me prendre une douche et de me poser pour dîner. Je ne serai pas longue à m’endormir.

J7 : Shiel Bridge (Morvich) - Maol Bhuidhe bothy

Après avoir pris mon petit déjeuner face au Loch, je quitte l’auberge à 9h30. Pour ne pas avoir à refaire les quelques miles de la veille le long de la route, je fais du stop. La première voiture qui passe me prend et me dépose à Morvich d’où je prends le sentier à 9h40. C’est une affaire qui roule ! Le temps est nuageux mais on aperçois quelques coins de ciel bleu. Une fois n’est pas coutume, le sentier est bien existant et bien balisé puisque je dois passer par les chutes de Glomach, les plus hautes du Royaume-Uni et qui constituent visiblement une destination de balade à elles-seules. Du coup, j’avance bien et sans trop avoir à réfléchir. La preuve que le sentier est fréquenté est que je double un groupe de 4 personnes vers le début et croise un couple en fin de matinée. Tellement de monde, j’en ai le vertige (en fait, c’est même carrément la première journée depuis le début où je croise du monde !).

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Un peu après midi, je suis au chutes et en profite pour faire ma pause déjeuner.L’endroit étant un peu encaissé, je suis abritée du vent, même si parfois des rafales me brumisent un peu une partie de l’eau censée tomber des chutes. Puis, je repars sur le sentier qui descend dans la gorge. Bon, après avoir descendu 20 mètres, je me trouve à un joli pour de vue sur la chute mais, surtout, à un cul de sac. Visiblement, ce n’est pas par là qu’il fallait repartir. Je remonte donc et arrive à trouver mon propre sentier, en effet beaucoup moins visible.

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Mon sentier me mène à un fond de vallée où je retrouve un chemin plus large qui longe le Loch, puis la rivière avant de remonter vers des petites hauteur et passer un petit col. Le temps est toujours variable et les grosses averses venteuses alternent avec de belles éclaircies. Par contraste avec la « foule » du matin, je suis de nouveau absolument seule dans un large panorama.

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J’arrive finalement en vue de mon bothy quotidien, celui de Maol Bhuidhe, petite maison blanche face au Loch et à la montagne. Ça fait envie mais il reste un petit obstacle à franchir avent de pouvoir m’y installer. Ah ben oui, y’a la rivière à traverser, zut. Je parcours un peu la rive vers l’aval et vers l’amont afin de me décider sur la façon de traverser. Finalement, je trouve un passage qui me paraît bien et je tente le coup sans enlever les chaussures. Je passe l’obstacle sans soucis et me voici donc installée dans ma petite chambre. Je fais brûler un peu d’allume-feu et de journal dans l’espoir d’allumer l’unique bûche semi calcinée du refuge mais ça fait long feu, hélas. J’étale tout de même mes affaires pour qu’elles sèches un minimum. Dehors, les conditions météo se dégradent et la pluie et le vent se font plus présents.

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J5 : Maol Bhuidhe bothy - Strathcarron

Le lendemain matin, il pleut toujours lorsque je me réveille. Mais la pluie s’arrêt au moment où je pars. Je prends le sentier vers le sud et, à quelques centaines de mètres du bothy me voici à devoir traverser une rivière. J’avais espérer un gué praticable de caillou en caillou mais je dois me résoudre, après avoir bien réfléchi, au fait que ça va pas être possible comme ça. Après quelques hésitations, je me décide donc : hop ! en petite culotte et en crocs et c’est parti. Je dois avoir l’air fine dans cette tenue avec mon sac sur le dos… Ceci dit, je fais bien car le courant est fort et j’ai de l’eau jusqu’aux cuisses. L’eau est super froide et je dois encore marcher un peu avant de pouvoir me rhabiller car le terrain tient plus du marécage que de la terre ferme une fois la rivière traversée.

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Une fois rhabillée, je me réchauffe assez vite et c’est parti plein ouest, en longeant la rivière. Le temps ne fait que s’améliorer et est globalement à l’éclaircie, malgré quelques petites averses. La pluie de la nuit était en fait de la neige un peu plus haut et les sommets environnants montrent un petit voile blanc du plus joli effet. Par contre, le chemin est bien chiant. En fait, il n’y a pas de chemin. C’est l’habituel marécage, avec les mottes de mousse traîtres qui se dérobent parfois sous mes pas pour laisser la place à des trous d’eau.

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Je finis par rejoindre une chemin un peu plus marqué qui rejoint plus tard un vraie route de gravelle. J’en profite pour m’arrêter déjeuner, en profitant de la vue superbe. A partir de là, je n’ai plus qu’à suivre la route, d’un bon pas, d’autant plus que je sais que c’est là ma dernière journée.

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Lorsque de ma route de gravelle je commence à apercevoir le Loch, j’ai toutefois une petit inquiétude. Certes, je suis globalement allée dans la bonne direction par rapport à ma carte mais je ne devrais pas voir le Loch, encore moins me diriger vers lui puisque je suis censée aboutir à l’embouchure de la rivière qui s’y jette, plus à l’ouest. Ceci dit, je vois à peu près où je suis mais je ne comprends pas comment j’y suis arrivée et comment je vais rejoindre ma destination théorique puisque je suis visiblement sortie de l’étendue de ma carte.

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J’arrive finalement aux jardins d’Attadale, définitivement pas indiqués sur ma carte. Heureusement, ils sont semble-t-il un haut lieu touristique et, sur le parking, une belle carte du coin est affichée. Elle me permet de voir que je suis à environ 4 ou 5 km de Strathcarron et que le seul moyen de m’y rendre maintenant est de marcher le long de la route. Et bien allons-y alors. Les bas côté ne sont pas bien larges mais la circulation reste raisonnable et je fais bien gaffe (les quelques voitures arrivent en effet assez vite). Un peu après 16h30, je suis donc à Strathcarron et m’enquiers à l’hôtel local des disponibilités. Il n’y a plus de single room, je me rabats donc sur une double un peu plus chère. La vue de ma chambre est plutôt sympa (pas les maisons au premier plan, les montagnes).

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Je me paie le luxe d’un burger au resto de l’hôtel et profite d’une très bonne nuit.

Épilogue

Le lendemain, je quitte l’hôtel pour aller à la gare, juste en face. C’est le genre de gare qui a un certain charme, la vue pendant l’attente est plutôt sympa et quelques moutons font une bande sonore tout à fait adaptée.

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Le trajet de la voie de chemin de fer est également sympa et offre de belles vues sur les montagnes. Nous passons également près de quelque hordes de cerfs, ce qui enchante un australien de mon wagon. Moi, je trouve ça chouette mais je suis un peu plus blasée avec tout ceux que j’ai vu en une semaine.

J’arrive à Inverness en milieu d’après-midi. L’office de tourisme me recommande une auberge qui s’avère en effet très peu chère et très sympa. Petite balade en ville et soirée tranquille. Je passe chez Marks & Spencer me prendre de quoi manger. Mon beau morceau d’agneau grillé et sa poêlée de légumes font quelques jaloux dans la cuisine de l’auberge (et je me régale).

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Le vendredi, la journée se passe entre réveil tranquille, bus puis petite balade dans Glasgow où j’ai pris une nuit en auberge également. Samedi, avion retour ! Dans l’avion, je repère les randonneurs, c’est ceux qui se reniflent entre eux en trouvant qu’ils puent. Bien deviné, un couple près de moi s’est fait une partie de la West Highland Way. A parler avec eux, je n’ai aucun regret sur mon choix d’itinéraire. Visiblement ils ont eu surtout de la route de caillasse qui leur a bien tué les pieds et des paysages moins sauvages que ce que j’ai eu. Il faut aussi avouer qu’ils m’avaient l’air chargés comme des bœufs, ce qui n’a pas du aider à leur bien-être. Mais bon, globalement pour moi : de bien belles vacances.

Je suis presque étonnée, vu les conditions que j’ai eu, aussi bien météorologiques que concernant l’état des chemins, de ne pas en avoir eu ras le bol un seul instant. Randonner toute seule, c’est chouette en fait, on fait absolument ce qu’on veut, en terme de rythme, d’itinéraire, d’horaires et ça allège énormément le poids des emmerdes potentielles. Si je devais changer quelque chose, je prendrais peut-être une couche thermique de plus, je n’ai pas eu chaud le soir en général. Pour le reste : nickel !

Et pour la lecture, histoire d’être dans l’ambiance Highlands, je recommande Robert Louis Stevenson « Kidnapped » (un peu ardu en vo, je ne suis pas encore complètement fluent en écossais…) et, pour la suite, juste pour le plaisir de connaître la fin de l’histoire même si l’intrigue se passe alors plutôt à Edinmburgh et sur le continent, « Catriona ».

Voilà, voilà !


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#15 03-05-2013 15:09:18

Tatam
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Merci pour le récit, ça donne envie de traîner se guêtre dans le coin.

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#16 03-05-2013 18:20:25

fiannae
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

µµ a écrit :

Randonner toute seule, c’est chouette en fait, on fait absolument ce qu’on veut, en terme de rythme, d’itinéraire, d’horaires et ça allège énormément le poids des emmerdes potentielles.

C'est à dire ? Hormis les potentiels désaccords sur un sentier à suivre ou la nourriture,  ou l'un qui va plus vite que l'autre et fonce dans les mauvais sentiers faute de coordination, ou les plantages au milieu d'un bivouac pour cause de bobos à l'âme, ou.... non,non, je ne vois pas. lol En fait, randonner seule/avec un-e- autre présente des + et des - et les apprécie tout autant dans leur différence. En fait, tout dépend du partenaire. wink

µµ a écrit :

Si je devais changer quelque chose, je prendrais peut-être une couche thermique de plus, je n’ai pas eu chaud le soir en général.

Pourtant il me semble avoir vu au moins 3 hauts thermiques dont une polaire. Peut être un gilet en duvet/primaloft ou une doudoune en remplacement de l'un.

Sinon, pourquoi avoir emporté une aussi volumineuse popote (1400 ml) ?

Merci pour ce récit ponctué de pointes humoristiques, pour les photos d'amphibiens en gestation, et de nous avoir fait découvrir les bothies. M'ont l'air plus propres que les cabanes alpines. En revanche je suis étonnée de voir des cheminées, vu le peu de forêts en Ecosse ou me trompe-je ?

Premier récit sur l'Ecosse qui me donne envie d'y aller car sans midges, réalisé nez au vent comme une promenade, avec des êtres vivants.

Dernière modification par fiannae (03-05-2013 18:53:54)

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#17 03-05-2013 18:56:45

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

fiannae a écrit :

En fait, randonner seule/avec un-e- autre présente des + et des - et les apprécie tout autant dans leur différence. En fait, tout dépend du partenaire. wink

Toutafé !
Là, dans ces conditions j'étais en tout cas très bien toute seule smile

fiannae a écrit :

Pourtant il me semble avoir vu au moins 2 hauts thermiques. Peut être un gilet en duvet/primaloft ou une doudoune en remplacement de l'un.

Sinon, pourquoi avoir emporté une aussi volumineuse popote (1400 ml) ?

Merci pour ce récit ponctué de pointes humoristiques, pour les photos d'amphibiens en gestation, et de nous avoir fait découvrir les bothies. M'ont l'air plus propres que les cabanes alpines. En revanche je suis étonnée de voir des cheminées, vu le peu de forêts en Ecosse ou me trompe-je ?

Pour le haut, je ne sais pas trop, peut- être quelque chose de plus chaud en remplacelent d'un des haut ou un supplémentaire... j'ai toujours eu tendance à préférer empiler, pour la modularité

La popote c'est ce que j'ai en stock. Sinon c'était une msr 1100ml mais... en inox !

Pour le cheminées, ils n'en ont pas tous mais pour ceux qui en ont ça veut pas dire qu'il y a de quoi se fournir en bois e encore moins en bois sec. Le premier bothy avait du bois sec. Le second était près d'une forêt mais absolument impossible de trouver du bois sec. A Sourlies y'avait de quoi faire un feu correct, à Barrisdale pas de cheminée. Mon dernier bothy était au milieu de nulle part et impossible de trouver plus de trois brindilles.


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#18 03-05-2013 20:16:36

CLeC
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Merci pour le CR ; courageuse en tout cas !


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#19 04-05-2013 09:15:14

ester
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Merci pour le partage.  smile
J'avoue avoir éprouvé du plaisir à lire ton compte-rendu tout en étant à l'abri...
Quel moral !   smile

J'apprécie aussi beaucoup cette liberté-là :

µµ a écrit :

Randonner toute seule, c’est chouette en fait, on fait absolument ce qu’on veut, en terme de rythme, d’itinéraire, d’horaires


Grâce à vous, j'avance ! merci !  smile

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#20 04-05-2013 09:53:44

Ralf7500113
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Merci pour ton récit! On a envie d'y aller!
PS : j'aime beaucoup le ton employé  wink


"Une heure d'ascension dans les montagnes fait d'un gredin et d'un saint deux créatures à peu près semblables. La fatigue est le plus court chemin vers l'égalité, vers la fraternité. Et durant le sommeil s'ajoute la liberté."
Friedrich Nietzsche

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#21 04-05-2013 14:21:52

ventcalme
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

µµ a écrit :

On ne voit peut-être pas bien sur la photo mais en fait c’est pas des herbes qu’on voit, je suis sûre que c’est des algues !

Jolie trouvaille pour les phycologistes et les botanistes big_smile

Je note aussi ta bonne technique pour éviter les bivouacs aquatiques smile

J'ai beaucoup aimé ton récit. Tes photos m'ont rappelées de très bons souvenirs.

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#22 04-05-2013 15:05:14

µµ
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Oh, j'ai oublié de mentionner aussi que j'ai réussi à chopper deux tiques. Je m'en suis a priori rendu compte rapidement et n'ai eu aucun signe infectueux au niveau des piqûres mais bon, ça veut dire qu'il faut se méfier... j'en ai eu une à côté du nombril et une au dessus de l'aine, au niveau de la hanche et j'ai pu facilement les enlever à la main. Aucune idée de la façon dont elles sont errivées là par contre.


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#23 04-05-2013 20:43:01

Tjaktja
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Récit et idée de randonnée en Ecosse sympas.

Tu n'as pas une idée du poids de ton sac à dos au départ avec la nourriture et autre consommable ?


fred

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#24 04-05-2013 20:57:31

Nayana
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Sympa le récit. La météo n'a pas été très clémente mais tu t'es fait plaisir c'est le principal  smile Et puis ce n'est pas vraiment pour le soleil qu'on y va donc...

Eurk pour l'épisode de la souris yikes Je ne sais pas si je me serais rendormie rapidement.

Pour les tiques, il y en a partout du aux "élevages" de cerfs (on a les sangliers, les écossais ont les cerfs). C'est important de faire l'inspection tous les soirs voir le matin en s'habillant.


Lentement mais surement...

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#25 04-05-2013 21:42:44

Phil67
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Re : [Récit + liste] CWT partiel (Fort William-Strathcarron) Avril 2013

Chouettes photos : on se croirait en novembre ! lol

(Au sujet de la 6ème photo : il y a visiblement de sacrés charognards dans le secteur vu les restes de ce qui devait déjà être un beau mâle de ~3 ans ?)


Concernant les tiques : aucun risque d'encéphalite (MET) dans le secteur mais la maladie de Lyme (borréliose) y est présente (apparemment moins que dans le nord-est et l'est de la France) => http://en.wikipedia.org/wiki/Lyme_disea … ed_Kingdom

Dernière modification par Phil67 (04-05-2013 21:43:12)


Le contenu de ce message ne reflète pas nécessairement le point de vue de son auteur. wink

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