Aller au contenu

Annonce

Le Camp d'été 2024 se tient du 10 au 17 août dans le Queyras ! Plus d'infos sur ce fil. Les inscriptions sont ouvertes et se font sur ce lien

#26 06-09-2015 22:01:00

Myrtille88
Membre
Lieu : Provence
Inscription : 30-09-2009

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Ca en fait des montagnes! Les Alpes suisses sont belles. smile  (leurs prix nettement moins..)
Sympa le petit mot pour Bruno

A bientôt pour la suite...

Hors ligne

#27 09-09-2015 20:31:25

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci pour vos messages. smile
Je rentre du Vercors, c'est sympa aussi…

4551f712ba4af60d7cd1785010d8533c64addc.jpg


Bon, mon récit n'a pas tellement de succès… sad J'espère que la suite motivera les foules, parce que j'ai du mal à me motiver pour l'écrire.


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

Hors ligne

#28 09-09-2015 22:34:23

Yno
Suseïa
Inscription : 20-05-2009

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Shanx a écrit :

Je suis officiellement grenoblois. smile

Félicitations ! cool


Et comme les autres, j'attends la suite de ton récit et tes magnifiques photos avec impatience (mais t'as raison, faut craquer quand tu sens l'appel des montagnes, surtout quand elles sont à portée de main)

Les commentaires c'est une chose, le nombre de lecteurs silencieux en est une autre ...

J'espère qu'il pleuvra ce we pour que t'écrives la suite (pourtant je serai à Gre aussi, mais pas de montagne pour moi en ce moment  sad )


Je lève les yeux vers les hauteurs ...
Débarrassons nous de tout ce qui n'est pas nécessaire. Voyageons légers. [Grand-Pas]

Hors ligne

#29 09-09-2015 23:13:14

ester
Membre
Lieu : Bzh
Inscription : 24-08-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Bonjour Shanx,  smile

C'est tout le contraire de ce que tu crois.
Tu es parti sur les chapeaux de roue, ton récit est super, les photos aussi !
C'est juste qu'on attend tous la reprise !  big_smile

La souiiiiiiite !  tongue  big_smile


Grâce à vous, j'avance ! merci !  smile

Hors ligne

#30 09-09-2015 23:41:03

martie
Membre
Inscription : 04-03-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Belles photos de magnifiques paysages...
mais que si qu'on attend la suite...

Tout le monde n'habite pas Grenoble pour pouvoir contempler la montagne de sa fenêtre et y aller faire un tour comme ça!

Pour moi, comme pour d'autres, c'est loin la montagne!
alors les retours et récits avec des belles images permettent de rêver... mais aussi de faire des projets!

merci Shanx pour ton retour!

Hors ligne

#31 10-09-2015 00:29:34

Guybrush84
Threepwood
Lieu : Aix en Provence
Inscription : 02-08-2010

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Mais oui on lit ton récit, et il est super !
Sacré exploit sportif !

La suite s'il te plait  smile

Hors ligne

#32 10-09-2015 00:51:04

nobru75
Membre
Inscription : 17-01-2010

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

merci , de nous montrer une facette des Alpes moins connue et si belle ...
j'aime ta marche et ta demarche  smile
keep going!

Hors ligne

#33 10-09-2015 07:32:32

E Pericoloso Sporgersi
Membre
Inscription : 28-01-2013

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

.

Dernière modification par E Pericoloso Sporgersi (26-03-2020 12:54:37)

Hors ligne

#34 10-09-2015 13:58:07

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci pour vos messages. C'est vachement plus motivant comme ça. big_smile

La suite arrive bientôt. Par contre, la suite de la suite risque de se faire attendre, j'ai plusieurs journées assez chargées (malgré le mauvais temps, content Yno ? tongue).


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

Hors ligne

#35 10-09-2015 14:06:20

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Partie 3 :  Lago Ritom – Les Haudères
Environ 171km, 11680m D+, 6 jours

Je profite du lit pour faire une grasse matinée, et je ne quitte le gîte que vers 9h. Les nuages sont encore bien présents, mais il fait lourd. Je décide de ne faire qu'une petite journée pour me reposer un peu.

Après deux heures de descentes, je suis à Airolo. Je fais mes courses (réglement par carte, en euros), puis je passe à la banque prendre du liquide. “Pas de crédits disponible sur cette carte”. Ouch. Et c'est pareil dans les trois banques que je visite. Me voilà bien avec mes 20 centimes en liquide… Après des coups de fil, il s'avère que je n'ai pas activé ma carte pour une utilisation à l'étranger. Heureusement, ma banque est compréhensive et l'active à la demande de mon père, qui n'a pourtant pas de procuration. Sauvé, je peux continuer ! (mais sans liquide pour le moment, il faut attendre deux jours).

J'ai un bon rythme, c'est agréable. Le chemin est facile, il s'agit de suivre une piste en balcon qui passe par plusieurs alpages. En début d'après-midi je commence à remonter le beau Val Torta en direction du Passo di Cristallina. Les nuages sont de plus en plus là et m'encouragent de quelques goutte. Je crains l'orage, et je me dépêche jusqu'à trouver une cabane accueillante pour la nuit. En fin de soirée, les nuages s'en vont voir ailleurs, ce qui est de bon présage pour le lendemain.

Je passe la soirée à lire, au point d'avoir la flemme de me faire à manger : je mange des cacahouètes…

Au final aujourd'hui j'ai pris peu de photo : quand il faisait presque beau le chemin était moche (piste classique), et inversement, quand le chemin était sympa le temps ne l'était pas.


Surveillé
Surveillé


Comme espéré hier soir, le soleil est au rendez-vous, même si quelques nuages jouent les retardataires. Le secteur est très sympa, avec beaucoup de lacs (artificiels pour la plupart). Le refuge Cristallina est neuf et futuriste, dommage qu'une ligne haute-tension passe si près. Ce col marque mon (premier) passage en Italie.

Dans la descente, je dois passer plusieurs névés dont certains bien raides. Ça m'inquiète pour la suite du chemin, où je dois emprunter une crête. Mais en lisant la carte, je vois que je reste assez bas (2440m), bien loin de la crêtes que je vois en face (3000m ou presque). Au final, malgré une altitude plutôt moyenne, c'est la journée avec le plus de neige depuis le départ.

Après la crête, je me perds un peu, et décide de descendre tout droit, en pensant retrouver le sentier plus bas. Bon raisonnement, si on omet la grosse ravine qui me coupe la route. La montée vers la Bocchetta di Val Maggia (c'est quoi, une Bocchetta ?) est probablement magnifique sans brouillard. Quelques trous dans les nuages me montrent le grand glacier de Basodino, sur l'autre flanc de la vallée.

Sur l'autre versant, les nuages sont très noirs. Je vais me prendre une petite saucée avant d'arriver en bas de la vallée. De toute façon, dès qu'on redescend le paysage est moins sympa car très aménagé (beaucoup de lacs artificiels, et les pistes qui vont avec).

Je mange en bas, à l'abri d'un batiment qui héberge les ratracs en hiver, puis je repars. Pour la première fois depuis le début, j'ai du mal à trouver le chemin. Pour la première fois aussi, je suis en Italie : coïncidence ?

Après quelques instants d'hésitation, je retrouve le sentier, bien caché sous les herbes trempés. La suite du chemin est sympa, mais je la parcours sous une alternance d'averses et d'éclaircies un peu désagréable. Je vois qu'en avancant bien, je peux atteindre un bivacco, donc je carbure. Ce soir, ce sera nuit à l'abri et avec un matelas. En guise de repas je finis mes cacahouètes. Une addiction est réglé, il me reste l'autre : la lecture.

Les nuages s'en vont dans la soirée et me laissent admirer le coucher de soleil, c'est gentil.


2d1862985177f2eac3ee00597f572bfaf77941.JPG


c09eb13ca125dde1d96307c509dcda104f55f5.JPG


dc89440d382cd375348c425d9f637d1d5a1f0d.JPG


caeecd11cdd7659a65fc4cf3a7af1995988581.JPG


2ff0c7966058312b9b8a805f663ebf7072fabc.JPG


c8ed0060ddd2186b16306f9f440aeb866849e3.jpg


c47b4ad7b2b37a5861536d4dbbd6cd678c0f9a.JPG


Un bivacco italien
Un bivacco italien


Un vrai palace
Un vrai palace


Avec - luxe ultime - des matelas !
Avec - luxe ultime - des matelas !


a4661ddb2891ab8c4972ccc9e26d9426fbed07.JPG


bc5dc9d9998253fdf261a3a1046ef21399da8f.JPG



Aujourd'hui, il fait beau, bien qu'un peu brumeux. Une bonne journée m'attend.

Je me lance dans la longue descente jusqu'au hameau de Crampiolo, où une pancarte proclamme fiérement “Free Wifi“. J'hésite un peu, puis je m'assois pour en profiter. Bien entendu, je n'arrive pas à me connecter. J'ai cédé à la tentation, mais elle m'a résisté.

Passage par Alpe Dèvero, puis montée sympa vers la Scatta d'Orogna. Un veau quitte ses congénères pour me suivre un bout de temps, ça m'embête. À la scatta, les panneaux indiquant la suite de mon itinéraire (Passo di Valtendra) avertissent de la difficulté du chemin. En réalité, à part un petit passage cablé et un sentier en dévers car effondré dans la pente, y'a rien de bien compliqué. Le plus dur est de croiser une horde d'une cinquantaine de séniors allant dans l'autre sens.

Je décide de manger en-haut, avant la pluie. D'après la carte, en changeant mon itinéraire je peux dormir à un autre Bivacco, au niveau de la Chaltroasserpass (retour en Suisse germanique, ça se voit). Il semble y avoir un glacier en contre-bas, mais aucun des panneau que je croise indique une quelconque difficulté, donc je me laisse tenter. Je demande à un italien posé au bord du chemin ce qu'il en pense. À grand renforts de gestes, il me dit que le chemin est à peine plus dur que celui sur lequel on se trouve. Ou du moins, c'est ce que je comprends.

Parce que le glacier est bel et bien là (mais encore en neige, heureusement), et bien raide. Ce sera la seule fois de la rando où je me servirais de mon piolet. Après coup, au vu de la frayeur que je me suis donné sur ce passage, je n'aurais pas du passer par là. La fin se fait dans une barre rocheuse équipée, mais dont l'équipement vieillot n'inspire pas confiance. Les échelons branlants, c'est bon pour l'adrénaline, moins pour l'espérance de vie…

J'arrive à mon Saint Graal, le bivacco, avec les jambes qui tremblent. C'est une boite métallique exigue, avec officiellement 8 places, une gazinère et de quoi manger. Top. Le paysage autour est sublime. J'ai à peine le temps de visiter les environs et de reprendre de l'eau dans un lac glaciaire que l'orage éclate. Qu'est-ce que je suis bien, dans cette boite de conserve, alors que la pluie se déchaine !


81abbceab611d0ed06b4ed9cc8762095bd9a44.JPG


7cbef9f9874f8115476250c40956cbe1fb99f3.JPG


Repas typique
Repas typique


f4a71b9b5154f9c3c1fdd4d0e7b398c8c50616.JPG


28b9c7198c1f4be4542816081db5430d7a3334.JPG


La montée du glacier fut délicate. Merci le piolet.
La montée du glacier fut délicate. Merci le piolet.


On termine par une via ferrata
On termine par une via ferrata


Mais au sommet, un autre palace
Mais au sommet, un autre palace


Au matin, plus un nuage, donc j'en profite pour mitrailler. C'est vraiment magnifique. À un quart d'heure du bivacco, juste à la frontière, se trouve un refuge suisse. J'étais aussi bien dans mon refuge.

Dans la descente, je suis impressionné par les marques de recul des glaciers. Ça fait peur pour la suite. Je descends tranquillement sur Simplonpass, gros col routier, et je continue en face, vers la Bistinepass. Je ne me presse pas, je suis largement dans les temps pour dormir au dessus de Stalden. Après manger, j'enchaine avec la Gibidumpass, puis suis un sentier en balcon bien roulant. Littéralement, car j'y croise plusieurs VTTs. Je me pose un peu avant Gspon (prononcer “Gspon”, c'est facile pourtant ! …) pour lire au soleil. Sans que je fasse attention, le ciel se couvre rapidement. Finalement, je repars en vitesse alors que des nuages noirs s'invitent. Je ne couperais pas à pluie. Forcément, à Gspon je m'égare et prend le mauvais chemin. Je remonte sous la pluie battante, et descend en vitesse vers Stalden en cherchant un spot pour bivouaquer dans cette pente sévère. Rien de rien, et la pluie ne s'arrête pas… Finalement, je trouve un coin, alors que par chance la pluie se calme. Je passe 10 minutes à retirer les branchages, sors l'abri, plante la première sardine… qui s'enfonce de 2 cm. Il n'y a qu'une fine couche de terre, dessous c'est de la caillaisse. Impossible de m'arrêter là…

Je repars en vitesse (et la pluie revient). Finalement, juste avant Staldenreid, je trouve une grange ouverte. Ouf. C'est pas un palace, loin s'en faut, mais au moins je serais au sec.


Bivacco typique (8 places de couchage, quand même)
Bivacco typique (8 places de couchage, quand même)

8e8fed4b380b5e0563611868bb84c4ae5d97bc.JPG

f69d4bd3be8bf1705919d57a452f337eee37a0.jpg


693e6238c4c3fe29a6cfe29dfd6915388684ab.JPG


Les glaciers disparaissent à un rythme effrayant
Les glaciers disparaissent à un rythme effrayant


09a1e37f622f21d080bf716b7221bb47f186a7.JPG


35afd5396b4f395237eef72ec299ee53ebd054.JPG


4d4d58611a734ba30fb4ec3ce6179e3e0e700e.JPG


Dans la nuit, je suis réveillé en sursaut par un bruit d'enfer. Bombardement ? Largage de rucher plein d'abeilles dans ma grange ? Après une investigation digne de Sherlock (endormi, le Sherlock), il s'avère simplement que ma grange est sur le passage des arroseurs des prés alentours. Je retourne me coucher l'esprit tranquille, et le combo fatigue + bouchons d'oreille me fait vite oublier l'attaque sonore que je viens de subir.

Au matin, je descends à Stalden (altitude 700m : c'est bas !) pour y faire quelques courses et retirer enfin de l'argent. Ensuite, je dois remonter à l'Augstbordpass (altitude 2900m : c'est haut !). La journée promet. Du coup, j'achète sans mauvaise conscience 2kg de cacahuètes pour la suite et des gaufrettes au chocolat que je mange sur place.

J'attaque la montée vers Embd, charmant petit village où les morts ont une vue plus belle que le commun des mortels. Je m'y arrête longuement et profite des toilettes publiques pour me rafraichir. J'aime les toilettes suisses.

Je reprends la montée. C'est long, mais je marche à mon rythme et j'atteins le col pas trop tard. Par contre, niveau paysages, c'est un peu monotone. À par les glaciers de l'autre côté de la vallée, y'a pas grand chose à voir. Oui, après deux semaines de marche, je commence à faire mon difficile.

Forcément, qui dit longue montée dit longue descente. Et sur la partie suisse, y'a pas tellement de plat entre les deux. C'est ainsi que je me retrouve rapidement à Meiden, 1000m plus bas. On peut dire une chose, c'est que le chemin n'est pas optimal niveau dénivélation…

Comme je me sens bien, je décide de continuer un peu : 500m de montée de plus. Je ne suis  plus à ça près aujourd'hui. Je continue à la recherche d'un bon spot sur un chemin en balcon, où je croise un autre randonneur. Nous engageons la conversation, qui porte sur nos parcours respectifs et sur son envie de faire le même genre de trucs que moi (il a fait les Alpes françaises il y a quelques années, mais sur le GR5). Alors qu'intérieurement je me félicite d'avoir ENFIN une vraie conversation avec un suisse… il m'apprend qu'il est français. Ce n'est pas aujourd'hui que les suisses remonteront dans mon estime… Alors qu'on va se séparer, il m'apprend qu'un petit kilomètre plus loin se trouve un bon spot. Effectivement, pour un bon spot, c'est un bon spot, avec vue panoramique et eau courante. Je termine la journée à poil dans le ruisseau, face aux glaciers. C'est aussi ça, la rando.



Les morts ont une belle vue
Les morts ont une belle vue


f4d3a6210af775af45f54190c50ee22faabbf8.JPG


cbb6f438bd1f7f60dbcbf5b63f24136f58f409.JPG


4e232ba1c86292f96146fd6d13401593b4b28f.JPG


018dd992a67fe5f24d1a4c8a0ac3b34ed0ad1d.JPG



J'ai dormi juste sous le col de la Forclettaz (ou Forclettapass, ou Forgili, les trois noms sont indiqués). Il marque mon arrivée dans une zone où les gens commencent à parler français, enfin.

Du col, long sentier en balcon jusqu'à la descente finale sur Zinal, que je descends comme une balle au risque de passer pour un animal (peu banal) auprès des touristes qui ont du mal à monter (ok, j'arrête là). À Zinal, y'a un supermarché bien achalandé, donc j'en profite. J'y entre acheter des fruits frais, j'en ressors avec du pains et du chocolat (chocolaaaaat). Et des bananes, pour faire semblant de manger équilibré.

La suite est moins marrante, vu qu'il s'agit de remonter au sommet de la station. Lorsque je passe sous le téléphérique, petite pensée émue pour ces touristes qui ne savent pas la joie qu'on peut éprouver à monter des raidillons en plein cagnard en slalomant entre les bouses de vaches. Vraiment, si je n'étais pas occupé à maudire les concepteurs de stations de ski, je plaindrais bien les occupants des cabines qui me survolent sans effort.

Après une longue montée inintéressante qui se termine, comble du malheur, sur une large piste, je me retourne une dernière fois sur les glaciers de la vallée de Zinal avant de plonger (pas littéralement, malheureusement) vers la grande retenue du lac de Moiry. Le barrage est impressionnant, la foule qui le parcours aussi. Je m'arrête pas et fonce vers la montagne en face. Je fonce tellement vite que j'en perds mon chemin, et je dois redescendre, coincé entre deux hordes de zombies. Je sais, je suis plutôt dur avec les touristes, mais je reprends mes notes écrites à chaud…

Au passage, je croise des vaches noires qui se courent après. J'apprendrais qu'il s'agit de vaches d'Hérens, mauvaises laitières mais bonne pour le folklore : traditionnellement, les villageois du coin organisaient des combats de vaches pour élire "la reine". J'espère que leur agressivité ne se dirige que vers leurs congénères (où vers les touristes *sifflote*) (non, je ne suis pas un touriste).

Au lieu de remonter directement vers le col et de changer de vallée, je décide de rester de ce côté, où le paysage est magnifique, et de prendre le col suivant. Me voilà donc à remonter la vallée sur un beau sentier en balcon. Comme ce n'est plus une piste, il est désert, ce qui me convient bien.

Finalement, après avoir bien profité du spectacle que m'offrent lacs, glaciers et moraines, je passe le col du Tsaté et vais poser mon bivouac à côté d'un lac. La vue y est mirifique (je commence à épuiser les superlatifs). Il y a un ruisseau, donc je fonce faire mon naturiste et vais barboter dans l'eau. C'est donc dans le plus simple appareil que je me retrouve face à un traileur qui descend le col à toute allure.

Naturiste, oui (quand les conditions l'imposent, hein), mais pas exhibitionniste, donc je mets rapidement mon short (sale) sur moi (tout propre). Finalement, je crois qu'il ne m'a pas vu, mais il s'arrête surpris devant mes affaires déballées à côté du sentier. Il me voit alors et vient me taper la discut’. Forcément, un gars qui vient me parler, il est pas suisse : il est anglais. Il st super cool et me donne quelques conseils pour mon lendemain. Il me dit que l'eau du ruisseau vient des lacs marécageux du Tsaté, et il m'indique une belle source cachée derrière un mamelon.

Superbe coucher de soleil. Les quelques nuages drapent de rose les montagnes, et je me retrouve au cœur d'un tableau impressioniste du plus bel effet, de quoi rendre jaloux Cézanne.



9126660eaa5efb3ed65952e885218b3a220051.JPG


97b71e67429a1562e8b59bfe89dd8411efd2ee.jpg


79f986234f465430bc2175fd8d6800be9a93b1.JPG


Vaches d'Hérens, les vaches de combat du Valais
Vaches d'Hérens, les vaches de combat du Valais


fae61df20eb643a918eadd408c2f5f0ad547bf.JPG


66ede79381f8a351cd06b428ed5f90642982a9.JPG


38d8de98704af9fc6a6a712f25b05dd457e222.JPG


65b2eb0add33a014916b95c2082a1a0bf20dbe.jpg


Sympa le spot de bivouac
Sympa le spot de bivouac


eb8a87541945f37ea797bf83b665932e1907fb.JPG


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

Hors ligne

#36 10-09-2015 20:14:54

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
Inscription : 09-06-2014

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Si, si, y'en a qui lisent. Moi je suis scotché depuis le premier jour ("Haha… Ce sera con...")!

Shanx a écrit :

c'est quoi, une Bocchetta ?

Ben, un col! (on est en Suisse, quand même)

Shanx a écrit :

j'achète sans mauvaise conscience 2kg de cacahuètes

Ou comment doubler le poids de son sac sans hésitation.


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
Il y a toujours un objet plus léger que celui que tu portes dans ton sac : celui que tu as eu le courage de laisser chez toi.
« Strong, light, cheap, pick two » (*)

| k

Hors ligne

#37 10-09-2015 20:39:21

domweb
Membre
Lieu : Marseille / Jausiers (04)
Inscription : 19-10-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Super, ces glaciers, ces lacs gelés et ces bivacchi  smile


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

Hors ligne

#38 10-09-2015 20:52:38

ester
Membre
Lieu : Bzh
Inscription : 24-08-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Bonjour Shanx, smile

Shanx a écrit :

Forcément, un gars qui vient me parler, il est pas suisse : il est anglais. Il st super cool et me donne quelques conseils pour mon lendemain. Il me dit que l'eau du ruisseau vient des lacs marécageux du Tsaté, et il m'indique une belle source cachée derrière un mamelon.

Doublement super cool, la rencontre ! big_smile

Shanx a écrit :

Les échelons branlants, c'est bon pour l'adrénaline, moins pour l'espérance de vie…

Oups ! neutral


Grâce à vous, j'avance ! merci !  smile

Hors ligne

#39 11-09-2015 21:51:51

Myrtille88
Membre
Lieu : Provence
Inscription : 30-09-2009

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci pour vos messages. C'est vachement plus motivant comme ça.

ah! il fallait le dire, on t'aurait boosté avant smile

Dis donc, ton coin d'Italie est vachement plus beau que le mien hmm  et des passages montagne extra cool  Bravo
La partie Suisse aussi est super jolie, en tout cas ça se voit sur les photos
et super spots de bivouac

les bivaccos restent ouverts, chouette! Et personne?

quel est ce livre qui te fait manger des cacahuètes au lieu de te préparer un repas?

Dernière modification par Myrtille88 (11-09-2015 21:52:14)

Hors ligne

#40 11-09-2015 22:22:56

nobru75
Membre
Inscription : 17-01-2010

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Il parait qu'en Italie , je crois que c'est pire en Suisse...le bivouac n'est toléré qu' a des endroits précis ( a proximité des refuges ) .
As tu ressenti cette nuance avec la France ?

merci , on a envie de mettre une croix sur une carte de chacun de tes spots tellement qu'ils sont beau  big_smile

Hors ligne

#41 12-09-2015 17:17:50

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Myrtille88 a écrit :

quel est ce livre qui te fait manger des cacahuètes au lieu de te préparer un repas?

J'ai beaucoup lu. Tellement que j'ai lu tout ce que j'avais sur ma liseuse, et que les derniers jours j'avais plus rien à lire. sad

Au début j'avais de la Fantasy : Memory, Sorrow and Thorn, de Tad Williams, en 4 tomes. Un classique (il parait…), mais franchement pas top. Ceci dit, c'est le genre de bouquin (roman d'initiation un poil épique) que je suis incapable de lacher une fois commencé, quitte à rager toutes les trois pages devant la piètre qualité du machin.

Ensuite, j'avais beaucoup de Giono, mais ils était globalement assez courts (une centaine de pages à chaque fois). Mentions spéciales pour Collines, Un de Beaumugnes et Les Grands Chemins. J'ai aussi beaucoup aimé Un Roi sans Divertissement, mais je crois que j'ai pas trop compris la fin. hmm

J'avais aussi Le Capital au XXIe siècle de Thomas Picketty, que je lisais parallèlement aux Giono (ça fait 900 pages). C'est pas mal, très instructif et bien écrit. Pour moi qui n'avait aucune base en économie, ça m'a donné quelques notions utiles.

Enfin, j'avais quelques babioles, la plus marquante étant Walden, de Thoreau. Il avait de bonnes idées, mais il est parfois un peu déconnecté ("holala je vis à 3km de mes voisins, j'suis trop un rebelle"), et puis c'est quand même un peu chiant.

nobru75 a écrit :

Il parait qu'en Italie , je crois que c'est pire en Suisse...le bivouac n'est toléré qu' a des endroits précis ( a proximité des refuges ) .
As tu ressenti cette nuance avec la France ?

En Suisse je me suis pas posé de question. J'ai bivouaqué une fois juste à côté d'un alpage après avoir demandé, ils avaient pas l'air choqués.
En Italie je ne savais même pas que c'était interdit, et j'ai eu aucune remarque.

merci , on a envie de mettre une croix sur une carte de chacun de tes spots tellement qu'ils sont beau  big_smile

Je ne montre que les plus beaux. tongue


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

Hors ligne

#42 12-09-2015 17:31:05

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Partie 4 : Les Haudères – Morgex

Même si moins impressionnant, le lever de soleil est sympa aussi. La descente est quelconque, mais le pain au noix (accompagné de d'une tablette de chocolat, forcément) que j'achète aux Haudères est excellent. Je ne dirais pas le prix de ma gourmandise, c'est indécent… (Franchement, 7 euros pour ça ?!)

La montée vers Arolla alterne entre piste et sentier et croise réguliérement la route. Je n'en vois pas le bout. Je traverse rapidement la station, pase devant un hôtel “historique” et de drôle de souches peinturlurées, et retrouve les montagnes. Et les pistes. Et les téléskis. Et les nuages noirs qui s'invitent au dessus des glaciers.

Ils arrivent vite, mais plein d'espoir j'accélère le pas pour passer le col avant eux. Finalement, ils ne feront que passer en lachant quelques gouttes au passage, et je passe le col des chèvres tranquillement. La vue sur les langues des glaciers y est sympa. Tout est gris : la glace sale, les rochers, le ciel… La descente se fait sur des échelles. C'est rigolo, jusqu'à ce que le sentier traverse une moraine plus grande que le Liechtenstein. C'est long, et les nuages sont de retour.

Après quelques zig-zags, je perds patience et je demande à une jeune (occupée à faire un thé, alors que l'orage arrive. Pas de pression.) si je suis sur le bon chemin. Il semble, alors je fonce.

Arrivé au bord du lac, je me retrouve face à un mur d'eau qui descend de la vallée d'en face. C'est plus de la pluie, c'est le déluge qui s'abat sur moi. Mes pieds sont trempés au bout de 100m ; les bras mouillés à travers ma (vieille) rain-cut après 1km. Et toujours ces seaux d'eau qui tombent du ciel. Toute la pluie que je n'ai pas eu depuis deux semaines arrive d'un coup. Je vois une cabane à l'écart du chemin, et vais de son côté en espérant un abri. Il y a un auvent, avec une tables et des bancs, et un couple déjà installé. On se sert un peu et on attend que ça passe.

On discute peu, mais je leur fait pitié avec mes cacahuètes que je picore et, en partant, ils me laissent une barre et du pain presque frais. Ça change des cacahuètes, et je me régale. Le couple est remplacé par la jeune qui faisait du thé. Elle fait un tour du Valais, et son itinéraire (fait maison) est quasiment le même que celui de Bruno. Par contre, ce qu'elle et son sac de 20kg font en cinq jours, je le fais en moins de deux…

Elle décide de planter le bivouac pas loin en profitant du retour du soleil, pendant que moi je vais voir si le chalet plus haut peut m'accueillir. Il est fermé, mais l'ancienne étable est ouverte. Plutôt que de dormir sur le sol détrempé, je m'y installe pour la nuit.



849bc8cb550fb8e7d4aa29054c9efd4459a3a1.jpg


8642921c29481aa639193da2fb551b161bb1af.JPG


a79803cca52f0f27c9018378f702c882f4b5b7.JPG


08a65d8adff263d20c4afe70b2edf06bb27cf4.JPG


e2269a76c7da48462b708b6c7f9752945ff4b4.JPG


a20f104f08519d2d7a8f779c52a1c5b5c7d041.JPG


d1c216048b2ea511efc259e141a0b289d30bea.JPG



J'ai bien fait de rester à l'abri : durant la nuit, le ciel s'est déchainé et à largué l'équivalent de la mousson indienne sur notre secteur. Je plains la suissesse sous sa tente. Plus tard, je me lève pour satisfaire la nature. Les étoiles disputent aux nuages l'apange du ciel. La brume est sur le lac, et la lune éclaire le tout d'une lumière surréaliste. Je resterais presque dehors pour admirer le tableau. Presque.

Au petit matin, les nuages ont gagné, mais au moins il ne pleut pas. Remettre les chaussettes et chaussures trempées est difficile. Après moins d'une heure de marche, je passe par la Barmaz, où se trouve un refuge non gardé des plus accueillants (16€ quand même…). Tant pis… J'enchaine ensuite trois cols dont le plus bas est à 2800m. Le paysage est en tons de gris : neige blanche, rochers noirs et nuages gris. Un bouquetin prend la pause au milieu des chaos rocheux. C'est le premier “gros” animal que je vois, il était temps.

Je pensais avoir une journée tranquille, avec un dénivelé moindre que d'habitude. Oui, mais le terrain n'est pas roulant, loin s'en faut. J'avance lentement à travers les pierriers, bien plus lentement que ce que j'avais espéré. Heureusement, les nuages s'écartent petit à petit, et me laissent admirer un paysage qui vaut bien la peine de se retrouver trempé au milieu des montagnes suisses.

Lors de la dernière descente (longue, comme toujours), je décide de m'arrêter manger un truc à la cabane de Louvie (ici, les refuges sont des cabanes. C'est un poil plus cher que les cabanes françaises.). Mais à ladite cabane, aucun prix n'est affiché, du coup je me pose devant et dévore mon repas gastronomique à base de galettes, saucisson et fromage.

Je reprends la route, avec comme objectif les 500km. Une fois la vallée atteinte, je dois la redescendre un peu avant de monter en face. Les nuages reviennent en force sur les crêtes, alors quand je trouve un abri je n'hésite pas, même si ça sent plus la vieille bique que la vieille pierre. 496km (officiels) au compteur : j'ai le moral.



c0179e47d42fd63ec7fb5556264e011c20653c.JPG


69149fd6a6f494d968203bac6533f48ebff6b4.JPG


b8f31c3e42d9f6620577833b8f006e54201b63.JPG


aaa6230324a6ab371bfd81e74cceeb0f332f5c.JPG


8d294722c66f23088c976988635833e49ca4fd.JPG


c446b16948af06bd009cdf65c18b5531827308.JPG


1588e449be30b1fdec4f6b8323dc2ed1569165.JPG


7e1272dd23f9c149c6e92eccd74a3f1e901846.JPG


34e8765c676c7f157a485d81fe194df6e8dff7.jpg


a311bc765ecaa93caac7be643ced4870fdb4c3.jpg


b161524f343d5a4f73d15b287fddea960fc3e9.jpg


La reine des Alpes
La reine des Alpes


deca6f72c8be6adcac3d2cdbfb398f18d7a116.JPG


017e88f49e20335e1af55cfb83544e57cfec28.JPG



Les nuages d'hier sont la brume de ce matin. Je décolle tôt et fonce vers l'Italie. Petit col rapide mais fatiguant, descente à l'ombre, et chocolaaaat à Liddes. Ensuite, faut remonter la combe de l'Â. Certes. Mais faut aussi l'atteindre, et avec toutes ces pistes forestières je tourne un peu. Finalement, en suivant le balisage raquettes pour l'hiver, ça passe. La combe est magnifique, dommage que le début (jusqu'à 2000m quand même) se fasse sur piste… Je m'arrête à la buvette de la tsissette demander la météo (ils ont la 3G !). Beau avec nuages. Yes ! Italie, me voici !

La suite est magnifique, sur un sentier peu marqué. Très bel abri à la Vouasse, le genre de coin où j'aurais adoré passer la nuit. Plus haut, des sables blonds-roux donnent son nom au col du névé de la rousse. Le massif du Mont-Blanc me fait face. Malgré les glaciers qui font grise mine, la vue est toujours impressionnante.

Je descends sous le soleil jusqu'à rejoindre le parcours du TMB. Je n'y coupe pas, je croise les premières hordes de mulets de la journée. Alors que je vais commencer à monter le col du Grand Ferret, en moins d'un quart d'heure les nuages noirs s'ammoncellent au dessus. Je mets le turbo et monte 300m en une vingtaine de minutes. L'orage éclate au moment où j'atteins l'alpage de la Peulaz, qui fait aussi refuge. Je rentre pour m'abriter. Renseignements pris, la nuit (avec douche et électricité) ne coûte “que” 23€. C'est moins cher qu'en France, donc j'en profite. L'orage est court et le soleil revient vite, mais plus tard dans la soirée la pluie me confortera dans mon choix.

Du coup, je ne suis pas en Italie (mais pas loin). Je me débarrase du reste de ma monnaie suisse en achetant tout ce que je peux de tome. Même avec mes 4 francs, j'arrive à avoir un bon morceau, et ils me donnent du pain avec. Dans la soirée, j'emprunte à des TMBistes leur topo de la FF rando : les temps indicatifs sont de 300m de D+ et 450m de D- à l'heure. Wow, ils prennent leur temps. Je discute avec le mec qui me prête son topo. À l'écouter, on croirait qu'il a fait mieux que Lewis et Clarke. Calme-toi, c'est juste le TMB hein… Je ne sais comment, mais il croit que je fais une portion du TMB (peut-être parce que je lis le topo), et commence à me donner des conseils quant à mon équipement. En même temps, je ne paie pas de mine, avec mes baskets et mon petit sac. Son discours change légérement quand il apprend que j'en suis à 500km de marche et que c'est seulement ma deuxième nuit en refuge.



56203684b408a72beba0e281eec26a9d663dba.JPG


c2a35959f4ce8464396401d53b5b432257a7dc.JPG


f0c5f39dd16cf453171c7d01a75c68ee94a6f5.JPG


7aeb4e0181d9e6adecc8375e309bf2f8e24a4f.JPG


ca2ff527cfdb53b8808f3bc7dc107220622039.JPG


3686ba808c3dc15f1cd85fc5d34f15003e8220.JPG


4594e43900b77db854c6910566b7efb9e1121b.JPG


e24c5891f31d9b9ea5f7b8c2b13b49a7aac3f9.JPG


288a19cb7b58c4d875bcc6070d99ec316a7334.JPG


81a6c8ac3eeee586a15de8d572d26a49cd253d.JPG


5ebf4c55a001aead085621f87d38b93344ea00.JPG


234851ac2f8a6995988ea4ce5e81da3b9d9914.JPG


Première vue sur le massif du Mont-Blanc
Première vue sur le massif du Mont-Blanc


d3dcf82aaa8addad10d48f95a9bf0eb3be5c15.JPG



Bon, aujourd'hui, Italie ! En même temps, la frontière est à une heure, et le temps semble se dégager. Je compte aller jusqu'à Morgex pour me ravitailler et dormir dans le coin. Initialement, j'avais prévu de dormir en gite à Morgex (pour recharger les batteries), mais ayant dormi en refuge ça n'est plus nécessaire.

Au col du Grand Ferret, je surplombe le beau Val Ferret. Je suis le premier au col, mais dans la descente je croise tous les TMBistes qui partent à la même heure du refuge en contre-bas. J'ai vraiment du mal avec ces randos pré-formattées, où des moutons suivent aveuglément leurs topos et “le bon sens”, bon sens faisant généralement 70l et 20kg. Pas de MULs dans le lot…

En bas, il y a foule, bitume et voitures. Je remonte rapidement vers le col d'entre deux sex (?), puis je coupe pour rejoindre le col du Bataillon d'Aoste. Je quitte enfin le TMB, mais me retourne réguliérement pour admirer le Mont-Blanc. Le sentier du col du Bataillon d'Aoste est impressionnant : il a été (il y a longtemps) aménagé, probablement par les militaires, et des petits murs de soutènement en pierre supportent ses lacets serrés. Au col, je mange et passe un coup de fil à un ami. J'apprends que ma rentrée, qui devait supposément se faire vers le 24 août se fera le 14 septembre… Bon, j'avais raccourci mon parcours à cause de ça (sinon je serais parti d'Autriche, pour faire encore plus comme Bruno), donc je l'ai un peu mauvaise. Mais au moins, j'ai le temps de profiter de la fin.

Longue descente vers Morgex. En chemin, je me perds. Mes notes : “Descente affreuse. […] Saleté de balisage italien à la con”. Les 1000 derniers mètres de descente se font sur une piste à moitié goudronnée, on a vu mieux.

À Morgex, c'est jour de fête. Je profite du marché traditionnel pour acheter des saucissons bizarres (très tendres, et super bons) et du parmesans 18 mois presque sucré et fantastique. J'achète aussi une nouvelle paire de chaussette pour le bivouac, pour pouvoir marcher avec ma paire encore en bon état qui jusque là ne me servait que pour la nuit.

Je reviens un peu sur mes pas et pose mon bivouac au dessus de Morgex. Aujourd'hui, c'était mon 20ème jour de marche (pour 550km) ; demain, c'est la France ! Par contre, pour y aller je n'ai que des cartes OCM de mauvaise qualité, ça va pas être rigolo…



7e9ec043a2ae83d79b89d6f9f9fb811c6c47d3.JPG


87e65f6ef117d3f6f154fb7a436367620eefd4.JPG


f37f173aadc6097dd1462a10e154a4d0c1d85d.JPG


44997ad5d25334897d0ec6fe60b9a3deefc968.JPG


88dd3e800f3e59509587e22946209599c4d198.JPG


4806e0b356cd764e7d81758e336049ee269ab0.JPG


acb9e4fcc55930c43e89fd29bbc8592b23c903.JPG


ccc6e89dea278a1c820b36492aa344e330fc8e.JPG


Le Mont-Blanc fait son timide
Le Mont-Blanc fait son timide


ce9bb903c880ae7fa0c658075928dfda8bf537.JPG


3e0e0922c29481fd52dca57f4c327793c14c2a.JPG


197e5f64c966c8612138f955337368902990fe.JPG


Mont-Blanc, face italienne
Mont-Blanc, face italienne


87e70c09bb2da2bcc29280bca2d08566e8a92e.JPG


La chaine du Mont-Blanc
La chaine du Mont-Blanc


Dernière vallée italienne, et derrière... La France, enfin !
Dernière vallée italienne, et derrière... La France, enfin !


d498bafb02cd8575f3dfc80209a47d34186608.JPG


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

Hors ligne

#43 12-09-2015 18:31:10

domweb
Membre
Lieu : Marseille / Jausiers (04)
Inscription : 19-10-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Mention particulière pour deux photos : celle de la montagne noire dans les nuages, et celle avec la terre blanche en premier plan  tongue

Bravo, et merci !


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

Hors ligne

#44 12-09-2015 19:01:21

kodiak
Pas assez léger, mon fils!