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#1 24-10-2016 18:03:16

Goulven
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[Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

TROIS SEMAINES A LA BELLE ETOILE DANS LES CYCLADES

I – Présentation
II – Andros
III – Tinos
IV – Îles branchées
1 – Mykonos et Delos
2 – Ios
V – Petites Cyclades
1 – Heraklia
2 – Koufounissi
3 – Donoussa
VI – Naxos
VII – Santorin, Rome et conclusion

I - PRESENTATION

J'avais posté en début d'année un sujet sur la randonnée en Grèce, dans le Mont Athos et les îles des Cyclades. Sur cet archipel, j'exposais la possibilité de dormir à la belle étoile, en profitant du parvis des chapelles. Dans la discussion qui suivit, j'évoquai un projet de voyage de trois semaines en mai 2016, durant lequel mon frère et moi comptions systématiser cette technique de bivouac minimaliste, en évitant tout passage à l'hôtel.

A vrai dire, le fait de bivouaquer exclusivement à la belle étoile ne constituait qu'un des deux objectifs du séjour; l'autre consistait à achever notre tour des Cyclades, en finalisant l'exploration de trois des cinq îles majeures (Andros, Tinos et surtout Naxos) tout en visitant brièvement celles que nous avions laissé de côté jusque-là car moins intéressantes, les îles de fêtards (Ios et Mykonos) et les petites Cyclades (Donoussa, Heraklia et Koufonissi). Ayant visité les autres îles de fond en comble, nous aurions ainsi achevé la découverte de l'archipel, si on excepte l'île d'Anafi, très isolée, trop mal desservie en mai et que nous réservons comme île de départ d'un prochain voyage axé autour du Dodécanèse.

Voilà le planning final de notre projet, dont je présentais une version intermédiaire dans le sujet de janvier:

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Projet accompli depuis, et si on excepte une fuite précoce de l'exécrable Mykonos, nous l'avons respecté, voir augmenté sur certaines îles, en dormant tous les soirs en plein air et en nous lavant tous les jours dans les sources d'eaux croisées ou la méditerranée, avec un rinçage à l'eau plate.

Ce croquis cartographique résume nos deux principaux voyages, en septembre 2014 et mai 2016:

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Avant de faire le récit du dernier en date, je vais m'efforcer, même si ce n'est pas mon truc, de détailler un minimum notre matériel, celui de mon frère étant similaire au mien; matériel que nous avons, depuis nos dernières expéditions grecques, amélioré au fil de nos autres randonnées (principalement en Bretagne).

- sac à dos: KS 40, avec un revêtement en dyneema, une poche en mesh et quelques customisations comme une ceinture ventrale renforcée et un dos en mesh renforcé.  Un super sac qui doit peser un peu plus de 300 grammes que nous rigidifions en faisant un cylindre à l'intérieur avec notre tapis de sol. Quelques photos prises lors d'une randonnée sur la côte bretonne, entre Lannion et Morlaix, donnent une idée de son look:
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-tapis de sol: ArkMat 127, réduit à une longueur d'1m60.

-matelas autogonflant: Therm-a-rest Prolite Small.

-sac de couchage: Ultralight S15 Decathlon, une daube, mais préférable a nos Cumulus Liteline 300 en duvet vus les risques de pluie, et suffisant vues les températures acceptables la nuit.

-chaussures: Meindl Bornéo 2 MFS pour moi, Asolo Revert GV MM pour mon frère

-polaire: Icepeak.

-le reste c'est du D4, que ce soit le très bon pantalon Forclaz 500, les chaussettes double-peau, les t-shirts, la cape de pluie, la mini-serviette, le coussin gonflant, la casquette... Nous n'avons qu'un set de vêtements de rechange, et conservons celui que nous portons jusqu'à avoir trouvé un point d'eau ou le laver pour le remplacer par l'autre.

-nourriture: un repas au restaurant chaque jour, l'autre avant de bivouaquer; ne prenant pas de réchaud, on se base sur de la semoule, qu'on prépare dans l'eau froide et qu'on agrémente de chorizo/thon/maquereau, de citron, de légumes glanés dans la journée, poivron, tomage, concombre, et de feta. Problème: la semoule est ultra-rare dans les Cyclades, et après avoir vidé celle qui remplissait notre bouteille d'un litre, nous n'en avons pas retrouvé... Tous les repas suivants en bivouac ont été des dérivés de la salade grecque, la feta se conservant somme toute assez bien sur un ou deux jours.

-hygiène: le minimum syndical, avec un savon de Marseille pour le corps et le linge.

-électronique: outre notre appareil photo de base et nos deux smartphones, sur lesquels nous avons l'habitude de bouquiner le soir des livres en PDF, nous avons embarqué deux batteries légères, avec lesquels nous rechargions lesdits smartphones, et que nous rechargions dans les restos où nous nous arrêtions.

-n'ayant pas de bagage en soute, nous n'avons pas pu embarquer de couteau. Il s'agissait d'en dégoter sur place!

Munis de toute ce matériel, nous voila, au soir du 10 mai, fin prêt à partir, direction les Cyclades!

Dernière modification par Goulven (27-10-2016 22:53:26)

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#2 24-10-2016 18:04:30

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

II – ANDROS

Un train, un bus, un premier bivouac dans l'aéroport d'Orly, un avion matinal pour Athènes, un car pour le port de Rafina, quelques heures de glande et de baignade et nous prenons enfin le bateau qui nous embarque pour la première île de notre périple: Andros.

Andros est la deuxième plus grosse île des Cyclades après Naxos, mais peut-être la première pour la randonnée, sur le plan quantitatif. Les circuits sont en effet nombreux et parfaitement indiqués. La super carte Anavasi suffit amplement pour vous diriger. L'eau abondante, les ponts magnifiques, les sentiers préservés et le relief marqué rendent les randonnées splendides ; un bémol toutefois : les toitures rouges, les églises assez laides et la végétation particulière font qu'on ne se sent pas vraiment dans les Cyclades, plutôt dans les îles ioniennes ou en Italie.
La nuit tombe quand nous débarquons dans le port de Gavrio. Un taxi nous conduit au départ d'une randonnée de cinq jours à travers l'île, dans un hameau doté d'une chapelle au bord de laquelle nous nous installons.
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Le périple démarre mal, car pour la première fois de notre existence, un pope débarqué de son habitation nous expulse du parvis ! Faute de mieux, nous pénétrons dans l'école locale, où une fine bande de béton nous sert de lit.
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La marche commence le lendemain, sur des sentiers parfaitement balisés, comme ce sera toujours le cas a Andros.
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Très vite, la sente laisse place a un chemin pavé, les escaliers se succédant.
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Nous nous trouvons bientôt entourés des murets typiques d'Andros, ou les amas de petites pierres sont entrecoupés de grandes plaques placées à la verticale. A part sur Kythnos, on n'en trouve pas de plus beaux et préservés.
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Un segment de toute beauté s'achève près d'une source d'eau où nous faisons notre toilette et notre linge.
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Les points d'eau de ce genre sont légions sur Andros, et présents dans une moindre mesure sur Tinos et Naxos, trois îles où nous pourrons conserver une bonne hygiène. Il en ira autrement à Ios et dans les petites Cyclades.. Un premier repas dans une taverne locale, un segment de jonction moins intéressant, et nous entamons l'ascension vers le monastère de Panachrantou, qui démarre après le franchissement de ce splendide pont.
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Une montée en escalier pourrait nous mener jusqu'au monastère...
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Mais l'ayant déjà parcouru autrefois, nous faisons un détour par quelques petits villages nichés dans les collines, afin de le rejoindre par un autre accès.
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L'office vespéral ayant commencé, nous ne pouvons aller au-delà de la cour centrale.
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Nous grimpons donc sans attendre jusqu'au col, afin de redescendre vers Ormos Korthyou terme d'une longue journée de marche.
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Le temps est inhabituellement couvert, si bien qu'arrivés au bord de la plage, nous cherchons un endroit ou dormir abrités d'une éventuelle pluie, qui tombera en effet durant la nuit. Nous trouvons finalement une terrasse idéalement protégée dans une résidence secondaire désertée.
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Deux nuits dans les Cyclades, et toujours aucune sur le parvis d'une chapelle ! C'était deux exceptions: toutes nos autres nuits se dérouleront sous la protection du Christ orthodoxe. Le lendemain, nous entamons ce qui constitue sans nul doute la plus belle randonnée de l'île, entre Ormos Korthyou et la Chora. La section entre Ormos Korthyou et Sineti par la vallée de Dipotamata est incontournable quand on visite Andros à la marche. Nous l'entamons en gravissant les pentes menant au Paleokastro par de superbes escaliers.
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Nous dépassons vite Kochilou...
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Et faisons bientôt face au sommet où se trouve le Paleokastro, un ancien château fort vénitien en ruine.
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Quelques vues sur ces ruines, depuis l'église qu'elles surplombent...
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Et le sommet qui les surplombe.
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La descente dans la vallée suivante de Dipotamata est une section inoubliable !
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On la conclut en franchissant un cours d'eau sur ce pont ancestral parfaitement intact.
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Avant de continuer, nous lavons notre corps et nos fringues dans ledit cours d'eau.
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Une remontée moins captivante et nous plongeons dans la vallée suivante vers la Chora, capitale de l'île bâtie sur un éperon rocheux.
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Nous nous y restaurons et hésitons à acheter un paquet de semoule que nous trouvons dans une des superettes. Nous en avons encore suffisamment, et préférons attendre avant de recharger la bouteille. Bien mal nous en a pris, nous n'en avons plus jamais trouvé jusqu'au terme du séjour ! Gros raté donc; le repas que nous prenons au bord de la mer est par contre une franche réussite. Le ventre plein, nous grimpons en direction du Profitis Ilias, le sommet de l'île, à environ 1000 mètres de hauteur ; c'est le second sommet des Cyclades, derrière le mont Zeus de Naxos. Arrivés près d'Apikia, dans un vallon riche en eau, nous cherchons une chapelle au bord de laquelle bivouaquer. Celle que nous visions en premier lieu est jonchée de crottes, mais heureusement, le frérot en dégote une deuxième en suivant à l'instinct un chemin peu évident. Nous y passons notre première véritable nuit sur un parvis.
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Le lendemain, nous traversons Apikia, franchissons un col a huit cent mètres de hauteur, avec vue sur la Chora en arrière...
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Et débarquons a Vourkoti, village perché en haut d'un luxuriant vallon.
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Le seul restaurant du coin est fermé ; nous devons nous rabattre sur la semoule. Bonne surprise totuefois, une grand-mère vient à notre rencontre et agrémente notre repas avec du sel, de l'huile, du pain frais.
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Nous pourrions continuer notre ascension vers le sommet, mais décidons plutôt, puisque nous sommes en avance sur notre timing, de descendre jusqu'à la plage d'Achla pour y passer la nuit. La première partie du trajet s'effectue sur un sentier pierreux chaotique.
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Nous atteignons bientôt un cours d'eau abondant, qu'on traverse sur un vieux pont cerné par la végétation.
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Un peu plus loin, c'est une vraie piscine naturelle qui s'offre à nous !
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Une brève remontée nous amène a dépasser le monastère d'Agios Nikolaos.
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La descente reprend alors, et nous conduit jusqu'à la plage d'Achla.
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Elle était encore voilà peu coupée du monde et accessible à pied uniquement, mais des promoteurs ont flairé le bon coup et ont commencé a y construire quelques baraques. Bien dommage ! Néanmoins, l'endroit est idéal pour bivouaquer, puisqu'une jolie chapelle bordant la mer nous offre un parvis plat, protégé du vent et surplombant un cours d'eau douce où nous pouvons laver nos fringues...
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Avant de les étendre et de s'installer.
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Regardez comme ils sont fiers de leur coup, les deux larrons !
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Le lendemain, machine arrière, il faut remonter les huit cent mètres descendus depuis Vourkoti. Après une première partie tranquille, nous nous arrêtons au bord du cours d'eau rencontré à l'aller. Nouvelle lessive :
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Et surtout baignade mythique dans la piscine naturelle :
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La suite de la grimpe est plus rude et nous ne sommes pas mécontents d'atteindre Vourkoti.
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Le final de l'ascension vers le Profitis Ilias, sommet de l'île, est assez décevant, car le sentier se transforme bientôt en un carrossable bien laid. Nous ne sommes pas mécontents d'atteindre le sommet !
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Autre déception, la chapelle ruinée que nous atteignons après avoir longé la crête pendant une heure est devenu un site de recherches archéologiques ; nous qui comptions y dormir ! Nous repartons sur nos pas, avant d'entamer à mi-chemin la descente vers le nord ouest de l'île ; coupant à travers la nature dans un éreintant hors-piste, nous arrivons bientôt vers deux chapelles plantées sur un piton rocheux.
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A mille mètres de haut, mi-mai, il fait assez froid, plus que ce que nous avions prévu ; nous nous refusons a dormir sur le parvis, et préférons pénétrer dans la chapelle humide pour nous préserver du vent.
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Malgré tout, nous passons une nuit assez moyenne. Au petit matin, je grimpe au sommet du piton pour prendre quelques photos de l'autre chapelle.
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Puis nous entamons la descente ; plus loin, nous croisons un berger juché sur son âne, se dirigeant vers la chapelle pour y rallumer l'encens et prier. Nous nous satisfaisons d'être partis de bonne heure, car si nous ne craignons pas les réactions des Grecs lorsque nous dormons sur le parvis d'un édifice religieux, il en va autrement quand en nous squattons l'intérieur. Une dernière photo des deux chapelles...
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Et nous descendons vers Arni.
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Le village dépassé, un superbe sentier balcon nous permet de franchir la vallée.
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Et bientôt, nous voyons au loin Batsi, le terme de notre randonnée !
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Arrivés a Batsi plus tôt que nous l'avions prévu, nous prenons le bus pour le port Gavrio. Manger et lire ne suffit pas à tuer le temps qui nous sépare du départ pour Tinos; en attendant le bateau, nous décidons de faire le tour intégral de la baie, une plage paisible ayant attiré notre regard. Baignade, retour à la hâte, enfournage de pitas et nous sautons dans un paquebot qui a failli partir sans nous!

Dernière modification par Goulven (07-02-2017 21:56:17)

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#3 24-10-2016 18:05:34

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

III - TINOS

Nous arrivons en pleine nuit dans le port de la Chora, prenons un taxi vers Kambos, où démarre notre seconde randonnée, et vadrouillons dans les alentours pour dégoter un parvis de chapelle adéquat. Entreprise assez facile, Tinos étant l'île des Cyclades comptant le plus d'édifices religieux, et parmi les plus beaux des Cyclades! L'odeur de thym, les toits blancs, la végétation plus éparse font dire à mon frère qu'on est enfin arrivé dans les Cyclades. Il s'endort bien vite ; pour ma part, la nuit parfaitement étoilée me pousse à longuement rêvasser. Je m'assoupis tard et me réveille tôt, écoutant de la musique en le photographiant dans son sommeil.
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Il se lève bientôt ; nous pénétrons dans Kambos, où une femme sans âge nous sert un café grec et un jus d'orange frais.
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S'ensuit la lessive dans le lavoir du village.
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Le linge mouillé est ensuite disposé scientifiquement autour du sac.
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Un dernier coup d'oeil sur Kambos..
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Et nous filons vers Tarampados. S'y trouvent les plus célèbres pigeonniers des Cyclades. Une vue de près...
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Et une vue d'ensemble !
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On les longe sur un joli sentier, avant de gagner l'asphalte pour joindre une randonnée traversant l'île, dont nous connaissons déjà la zone orientale, vers la partie occidentale encore inexploré. Quelques segments de sente et de goudron, et nous entamons une longue section sur un sentier balcon plus ou moins en état...
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Une bonne heure de marche, un dernier coup d’œil en arrière...
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Et nous arrivons a Kardiani, ou plutôt au-dessus de Kardiani. Il faut dévaler la pente en hors-piste, dans la buiscaille...
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Avant d'atteindre enfin le splendide village.
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Nous y avons mangé notre meilleur repas du séjour, dans cette taverne :
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Au menu : aubergine farcie avec frites maison, tarte aux épinards, beignet à la tomate et au fenouil, et un coca bien frais !
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Kardiani surplombe de quelques centaines de mètres une petite plage. Nous y descendons sur un sentier abrupte.
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Pendant que nous nous baignons, les affaires sèchent.
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Il faut ensuite remonter en semi-hors-piste jusqu'à un monopati qui nous conduit au monastère de Lakkotiani. Son esplanade, où l'on se réunit les jours de fête, est un parfait endroit de bivouac.
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On étend les affaires de plage...
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On cale la literie...
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Et c'est parti pour une salade grecque !
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Le lendemain, un sentier toujours aussi obstrué par la végétation...
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Nous conduit à Ysternia.
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Un escalier défoncé nous permet de descendre jusqu'au port du village...
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D'où nous remontons vers le col sur un kalderimi byzantin incroyablement préservé.
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Pour avoir fait le tour des Cyclades, nous n'en avons foulé aucun de plus impressionnant, même si celui de Kea est plus charmant encore. Arrivé au col...
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S'achève notre traversée du centre de Tinos. Nous pénétrons dans la partie ouest proprement dite, centrée autour du village en marbre de Pyrgos. Nous nous dirigeons d'abord vers Platia, que nous traversons.
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Laissant le village en arrière...
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Nous entamons la plus belle section de notre randonnée sur Tinos, vers Agia Paraskevi, au travers de collines désertes émaillées de bergeries en ruines.
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Une pause à Agia Paraskevi...
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Et nous descendons vers la plage de Rochari, avant de remonter vers Pyrgos à travers un joli vallon.
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La place centrale de Pyrgos, tout en marbre et axée autour d'un gros platane.
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Le ventre plein, nous replongeons vers la côte, avant d'entamer la remontée vers Mamados, durant laquelle nous nous égarons complètement. C'est à ce pont que nous retrouvons notre chemin, au terme d'une heure hors-piste.
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La nuit tombe, le temps presse et il nous faut trouver un lieu où dormir; la situation est incertaine, d'autant plus que le monastère de Kyra Xeni ne convient pas à mon frère.
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Alors que nous sommes pressés par le temps, il propose soudain de grimper au sommet du piton rocheux menaçant qui constitue le sommet de cette partie de Tinos, et dont la chapelle nous toise depuis des heures, en suivant une pseudo-piste indiquée sur les cartes. Malgré mon scepticisme, j’emboîte le pas, et nous faisons le tour de l'énorme bloc rocheux verdâtre pour entreprendre son ascension par l'arrière.
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Arrivés de l'autre côté, nous surplombons une côte hostile, et longeons une falaise étrange.
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Puis nous entamons l'ascension, guidés par des cairns.
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Au sommet apparaît bientôt la chapelle indiquée sur les cartes, plus facilement accessible depuis le village de Marlas, que nous visions au départ.
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L'initiative de mon frère est récompensée ; nous arrivons, soleil couchant, dans un endroit magique.
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La vue sur Tinos est imprenable...
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Et la chapelle ouverte.
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Le vent soufflant très fort, nous décidons de dormir à l'intérieur.
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Le lendemain, une descente casse-gueule nous emmène à Marlas puis Mamados.
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Après avoir failli toucher une vipère en posant sa main sur un muret, mon frère reprend ses esprits, et nous prolongeons la marche jusqu'à la pointe nord ouest de l'île, où se trouve l'admirable hameau de Mali. Nous l'atteignons au terme d'un hors-piste involontaire, la sente indiquée ayant disparu dans la végétation.
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Quand nous arrivons à Mali, des locaux sont en train de pêcher. Un filet est dressé tout au long de la plage, vers lequel ils rabattent des poissons en les effrayant avec des pierres depuis le rivage, ou des coups de pagaie. depuis un bateau.
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Une petite pause, et il faut retourner vers Mamados, d'où nous rentrons à Pyrgos.
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Nous y prenons un bus vers la Chora, où nous visitons la Panagia Evangelista, un haut lieu de pèlerinage annuel des Grecs...
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Avant d'embarquer pour notre troisième île, la célébrissime Mykonos !

Dernière modification par Goulven (07-02-2017 21:57:35)

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#4 24-10-2016 18:06:34

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

IV - LES ILES BRANCHEES

1 – Mykonos et Delos

Après huit jours inoubliables sur les sentiers désertés d'Andros et Tinos, où nous n'avons croisé quasiment personne, l'arrivée à Mykonos est un coup derrière la nuque. Puants de sueur, portés par une marée humaine, nous pénétrons dans une Chora envahie de touristes, de bars et de magasins. D'autant plus déprimant que nous mettons une heure au moins à trouver une supérette où recharger nos vivres, et une demi-heure de plus à repérer le départ de la randonnée qui nous permettrait d'échapper à cet enfer. Randonnée qui est censée nous faire traverser l'île en quatre heures de marche, et nous conduit, sur de l'asphalte et des carrossables pollués, vers un point en hauteur d'où nous voyons la suite du parcours, de longues étendues de terres presque entièrement construites. Cette vision d'horreur achève la motivation du frérot, qui veut voir cesser le calvaire. Nous décidons de visiter Delos dès le lendemain matin, plutôt que le surlendemain, et de partir pour Ios dans la foulée. Et dans l'immédiat, nous bivouaquons sur le parvis de la première chapelle croisée, bien minable, que je photographie  le matin.

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Nous retournons illico en arrière, traversons la Chora...
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Et embarquons pour Delos, île uniquement habitée par des archéologues, et centre politico-religieux de la Grèce antique.
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Une visite exhaustive des ruines...
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Et nous revenons a Mykonos. A peine arrivés, nous comprenons que le bateau que nous avions ciblé la veille sur l'internet de nos smartphones et qui part sous peu n'embarque pas du vieux port, mais du nouveau, situé a cinq bornes. Au terme d'une course intense, nous parvenons a dégoter un taxi et chopons in extremis le speedboat qui nous permet de quitter la démoniaque Mykonos pour Ios.

2 – Ios

Le port d'arrivée d'Ios est banal, mais après notre passage a Mykonos, il nous paraît magnifique. Plus généralement, l'île d'Ios, dont nous attendions peu, sera une aussi bonne surprise que Mykonos fut une mauvaise. Un bon repas et nous nous enfonçons dans l'île, dont l'arrière-pays est assez mignon.
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Les bad beats continuent toutefois : l'orage guette, et la chapelle d'Agios Prokopios que nous visons a été privatisée par un gars qui a construit sa baraque à côté. Heureusement, il est absent. Après avoir fait notre lessive et rechargé nos gourdes dans sa réserve d'eau, nous décidons de dormir sous sa pergolas...
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Mais elle n'est pas étanche, et quand la pluie s'annonce, nous nous faisons un peu arroser. Le tonnerre gronde bientôt, et d'énormes éclairs explosent sur le sommet du Profitis Ilias, a quelques centaines de mètres à vol d'oiseau. Ça sent la nuit galère, mais après deux heures de doute, la pluie se calme; nous pouvons nous allonger tranquillement, et au petit matin, sommes plutôt secs et bien reposés.
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Ayant zappé le gros de la randonnée de Mykonos, nous avons un jour d'avance sur notre planning ; nous décidons donc d'aller explorer le Paleokastro, sur la côte est de l'île, avant de rentrer à la Chora. Une randonnée d'abord agréable, puis éprouvante, puisqu'une fois descendus sur la plage d'Agio Theodoti...
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Nous entamons un long hors-piste en bord de mer, vers la colline du Paleokastro.
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Commencent trois cent mètres d'ascension sans la moindre piste, dans la rocaille et les buissons. Les murs du château en ruine mettent du temps à apparaitre...
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Et derrière, surgit soudain l'église qui a été construit au niveau de l'ancien donjon.
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Pause, redescente technique de la bosse et retour à la chapelle d'Agios Prokopios, d'où nous partons pour la Chora sur un superbe monopati.
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Le sentier balcon nous conduit tranquillement...
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Jusqu'à la capitale de l'île.
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Nous y mangeons et, la nuit tombée, trouvons une chapelle dans les hauteurs ou dormir tranquillement. Le bivouac pris au coucher...
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Et au lever.
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Une longue ascension démarre le lendemain, nous conduisant au Profitis Ilias (les deux tiers des sommets des îles cycladiques s'appellent comme ça).
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Passé le sommet, descente puis remontée vers le monastère d'Agios Ioannis Prodromos par un semi-hors-piste éreintant.
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Le monastère vaut le détour.
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Nous regrettons de ne pas avoir passé la nuit dans l'une des anciennes cellules de moine, sur cette colline perdue au milieu de nulle part. A faire si vous allez à Ios!
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Une longue redescente sur un monopati défoncé nous ramène a la Chora, surplombé d'un piton rocheux ou pullulent les églises.
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De son sommet, on a la plus belle vue de la ville.
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Un excellent repas et nous nous installons sur le parvis d'une autre chapelle bordant la ville.
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Le lendemain, un papi grec nous réveille. Il s'excuse de nous avoir dérangé, pénètre la chapelle et chantonne quelques prières en répandant de l'encens. En redescendant vers le port où nous attend notre bateau pour Naxos, nous avons un beau point de vue sur quelques uns de la douzaine de moulin qui tournaient à plein régime autrefois.
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Le bateau matinal nous emmène à Naxos, pour l'instant simple halte dans notre trajet vers les Petites Cyclades.  Nous trouvons un lavomatique où laver notre linge, et après un repas et une baignade, embarquons pour Heraklia !

Dernière modification par Goulven (07-02-2017 21:57:09)

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#5 24-10-2016 18:08:06

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

V - LES PETITES CYCLADES

Les îles habitées des Petites Cyclades sont au nombre de quatre ; nous n'en avons visité que trois, la dernière, Schinoussa, ayant pour principal intérêt le farniente. Koufonissi est également bien médiocre, si ce n'est les particularités géologiques de sa côte est ; Donoussa dispose de quelques endroits magiques, mais les routes asphaltées construites sans aucune logique par les locaux ont détruit une partie de son intérêt pour les marcheurs ; Heraklia par contre est une pépite malgré sa petitesse, un peu comme Kimolos, et c'est par elle que commence notre cycle.

1 – Heraklia

Heraklia est une petite île presque inhabitée : on n'y trouve qu'un hameau dans les hauteurs, Panagia, et le village d'Agios Georgios, s'étendant sur les deux plages bordant le charmant port où un petit bateau, le Skopelitis, nous débarque depuis Naxos.
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A peine à terre, nous entamons le tour de l'île, direction le Papas, sommet des petites Cyclades, à environ quatre cents mètres de haut. Un petit détour vers la plage Vorini Spilia nous permet de découvrir un spot de saut idéal.
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J'en effectue quelques uns, dans le style désarticulé qui me caractérise.
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Le frérot les enchaîne, avec bien plus de grâce...
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Ou de puissance.
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Nous partons ensuite en direction de Panagia.
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Une fois dans les hauteurs, la vue panoramique sur les îles alentours, les petites Cyclades mais aussi les autres, est époustouflante. L'une des plus belles de nos divers voyages grecs. A l'ouest, nous voyons incroyablement loin, jusqu'à l’île de Serifos, située à plus de cinquante kilomètres ! Nous croyons même distinguer Kythnos au-delà, à presque quatre-vingt! Mais c'est à l'est que la vue sur l'ensemble des petites Cyclades est la plus charmante:
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Nous atteignons le Papas au soleil couchant ; le frérot est en pleine forme, moi j'ai un coup de mou, le sol composé de roches éclatées et pointues, un peu comme sur les bords de côte de Sinfos, ne me convenant pas du tout. Il m'attend sur le poteau géodésique lorsque je le rejoins au sommet.
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Il nous faut ensuite rejoindre l'une des seules chapelles de l'île, située sur un autre sommet nommé le Profitis Ilias (pour changer). La nuit tombe et, lorsqu'au terme d'un petit hors-piste, nous arrivons à la chapelle, le parvis est bosselé et couvert de crottes. Heureusement, nous parvenons a ouvrir la porte et nous installons à l'intérieur après avoir ingurgité notre salade grecque.
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La chapelle en question, prise en photo le lendemain.
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Au matin nous progressons vers le sud-est de l'île...
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Dont les falaises apparaissent bientôt.
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Une boucle nous ramène à Panagia.
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Sur le chemin, nous croisons une petite chèvre qu'on avait déjà vu la veille. Sa mère avait fui devant nous en sautant en contrebas d'un mur d'au moins deux mètres. La fille avait longuement hésité, et mon frère s'était jeté vers elle pour l'en empêcher ; paniquée, elle avait sauté juste devant lui, et à notre soulagement, avait atterri sans rien se casser. Et voilà que nous la recroisons le lendemain, alors que notre boucle nous ramenait dans la même zone, et cette fois encore en difficulté : sa mère avait franchi on ne sait comment un grillage, et incapable de la rejoindre, la petite chèvre bêlait son désespoir. Elle n'eut pas cette fois la force de fuir lorsque nous l'avons approché, et s'est laissé agripper.
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Mon frère a ainsi pu la déposer de l'autre côté du grillage, où elle a rejoint sa mère en jubilant.
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Après un petit déjeuner a Panagia, nous sommes cette fois parti vers le sud ouest, empruntant de larges portions de kalderimi.
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Sur notre passage, la grotte d'Agios Ioannis, où les habitants de l'île ont coutume de se réunir un jour dans l'année.
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Arrivant a l'extrémité ouest de l'île, couverte de junipérus, nous voyons loin en contrebas des kayakistes qui entreprennent le tour de l'île. Une activité assez fréquente dans les Cyclades.
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Les chemins qui nous ramènent progressivement à Agios Georgios sont très rocailleux.
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A force d'avance sur un revêtement si pourri, j'en ai plein les Meindl; je vis le creux physique du périple. De son côté mon frérot est en grande forme ; c'est à Naxos qu'il sera dans le dur, au moment où je me serai refais la cerise. Au terme de notre boucle, nous glandons toute une après-midi à la terrasse d'un restaurant d'Agios Georgios, rechargeant nos batteries électroniques en se remplissant la panse. Le bateau qui va nous transférer vers Koufounissi n'arrive en effet qu'à une heure du matin, nous extirpant d'une courte sieste.

2 – Koufounissi

Le paquebot nous dépose à Koufinissi au milieu de la nuit, en pleine tempête. Le vent souffle terriblement, on se croirait sur la pointe du Raz. L'île est toute petite, assez plate et très touristique, si bien que tout son bord sud ouest est construit. C'est assez moche; il n'y a donc pas de regret à y avancer de nuit. Nous visons la seule chapelle de l'île en dehors des villages, et, sortant progressivement des zones habitées, l'atteignons après une heure de marche. Mauvaise surprise: ce n'est pas une chapelle, plutôt une sorte de ruine aménagée dont le sol est caillouteux. Tant pis, nous y dressons tout de même notre bivouac, à peine protégés des bourrasques de vent.
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Au petit matin, la tempête est terminée. Nous nous réveillons dans un coin qui ne manque finalement pas de charme.
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La suite est plus que médiocre. La partie nord de l'île est sans intérêt, et il faut arriver sur la côte est, faite de roches volcaniques étranges et découpées, pour retrouver le sourire. Nous y découvrons un spot propice aux sauts.
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Mon frère ne se fait pas prier !
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Nous empruntons ensuite en joli sentier en bord de mer, le long duquel se succèdent les anomalies géologiques parsemant la côte, comme cette cavité...
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Où l'on peut observer une piscine bouillonnante nommée l’œil du diable.
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Plus loin, une piscine naturelle assez classe.
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De retour au village au terme de notre boucle, nous passons devant l'un des seuls  édifices religieux de toute l'île.
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3 - Donousssa

Un restaurant et nous embarquons pour Donoussa, la plus grande île habitée des petites Cyclades, dont nous comptons faire le tour. Dès notre arrivée, nous nous nous enfonçons dans le joli village, dépassons l'église...
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Et grimpons dans les collines. Collines qui étaient jolies avant que quelques plaisantins entreprennent de saccager le flan opposé au chemin d'une route carrossable qui, d'une part, ne mène nulle part, puisqu'elle s'arrête soudain au sommet sans desservir aucune habitation, et d'autre part, est si mal foutue qu'elle s'est effondrée, amenant les nigauds qui l'ont entamé à en entreprendre une autre juste en dessous. Voilà ce que ça donne le carnage, vu depuis l'autre flanc:
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Il faut atteindre le sommet pour entamer une portion superbe du parcours, un chemin en bordure de crête...
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Descendant jusqu'au village de Kalotaritissa.
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Kalotaritissa est un bled minuscule, où les rares habitants ne disposent que de scooters ; une route asphaltée très large le dessert néanmoins, en faisant tout le tour de l'île , très souvent sur l'ancien kalderimi, ce qui va partiellement pourrir notre randonnée du lendemain. Surprise, nous y trouvons une taverne, qui nourrit les nombreux plaisanciers mouillant dans cette crique superbe.  Un repas chaud et nous nous installons sur le parvis de la chapelle locale.
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Le lendemain, nous partons sur un chemin longeant la côte, tout en contemplant les eaux turquoises de la méditerranée.
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Malheureusement, il n'y a bientôt plus d'autre choix que de progresser sur l'asphalte. Nous y avançons pendant une petite heure, sans croiser aucune voiture, la route étant de toute évidence strictement inutile. Passé Mersini et sa jolie fontaine, nous retrouvons de beaux sentiers, qui nous conduisent jusqu'à la plage de Livadi.
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Pour continuer notre boucle, il n'y a pas d'autres choix qu'une montée en hors-piste assez physique. Depuis les hauteurs, nous jetons un dernier coup d’œil sur Livadi...
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Avant de sauter de sentiers en sentiers, jusqu'à rejoindre la route asphaltée, si peu utilisée que des chèvres la squattent tranquillement.
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Notre boucle s'achève dans l’église surplombant le port de Stavros.
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Nous nous installons sur son parvis, impatient d'embarquer le lendemain pour le plus gros morceau du séjour : un tour complet des randonnées majeures de l'île de Naxos.

Dernière modification par Goulven (27-10-2016 23:35:34)

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#6 24-10-2016 18:09:11

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

VI - NAXOS

L'île de Naxos est la plus grande des Cyclades : son massif montagneux s'élève a plus de mille mètres et comprend de nombreuses vallées assez riches en eau, où la production agro-pastorale est encore un élément moteur et les chemins de bergers parfaitement préservés et balisés. Pour les randonneurs que la privation de baignade n'indispose pas, c'est une destination incontournable, que nous plaçons derrière Amorgos mais devant Tinos, Andros et Sifnos dans notre panthéon personnel.

Si c'est en parcourant Amorgos, sans aucun matériel et dans des conditions ubuesques, qu'est née en nous la passion de la marche, c'est sur Naxos que nous avons entrepris notre première randonnée sérieuse, en 2010. Pourtant le voyage s'était mal fini : après deux jours de marche, nous avions du rentrer à Paros, dans la maison du paternel, à cause d'ampoules énormes criblant le pied du cadet. Il faut dire que les pompes  D4 à 35 euros que nous avions acheté en vue du voyage était plus qu'insuffisantes pour marcher toute la journée dans des sentiers caillouteux.

En revenant de ce périple avorté, nous avions examiné la carte Anavasi de Naxos en détail, et imaginé un tour de l'île intégral, empruntant les plus beaux sentiers et les joignant par des hors-pistes improbables. Le concept nous semblait alors délirant ; c'est dans le but de le réaliser et de conclure ainsi nos périples dans les Cyclades que nous y sommes retournés en 2016, avec le niveau physique, l'expérience et le matériel adéquat.

Nous étions partis vers Andros le couteau entre les dents ; nous débarquâmes dans la Chora de Naxos assez usés par seize jours de marche parfois éprouvants. Une lessive finale dans le lavomatique que nous avions déjà repérés avant de partir pour les petites Cyclades, et nous rejoignons le départ de notre randonnée intensive de quatre jours, à Melanes, dans un car bondé a craquer mais ne comptant pas un touriste, comme c'est souvent le cas sur cette île très vivante.

L'arrivée a Melanes nous fait oublier la fatigue ; finie l'aridité d'Ios, Donoussa et Heraklia, retour de la verdure !
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Petite erreur au démarrage : alors que nous avions déjà enfourné deux pitas a la Chora, nous enchaînons avec un repas très bon mais trop copieux : outre deux pièces de viande, nous mangeons un assortiment des fromages du coin, avec du caviar d'aubergine et des pains imbibés d'aïl et de citron.
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Il faut du temps pour digérer tout ça, et la première heure de marche est laborieuse. Très vite, nous faisons une courte pause digestive aux abords d'une chapelle.
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Suivent plusieurs phases de grimpe, jusqu'à un beau sentier balcon. Au loin, nous apercevons les premiers sommets de Naxos.
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Nous faisons un détour pour observer les Kouroi, deux sculptures antiques abandonnées en cours de taille.
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Puis nous rejoignons la vallée de Potamo par un sentier exceptionnel. On grimpe d'abord sur une section pavée...
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Puis on suit une sente sablonneuse surplombant les collines alentours, avec des vues panoramiques  splendides.
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Vues dont profite tous les jours un paysan du coin juché sur sa mule..
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Et enfin on redescend doucement vers Ano Potamia, pendant de longues minutes, sur un kalderimi idéal bordé d'arbres. Assurément l'un des plus beaux sentiers de toutes les Cyclades.
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Passé Ano Potamia, où nous rechargeons nos bouteilles dans l'une des nombreuses fontaines de Naxos, nous obliquons vers Tsikalario, en n'oubliant pas de grimper au passage au sommet du Paleokastro.
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Depuis le château en ruines couronnant cette bosse centrale de l'île...
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On bénéficie d'une vue panoramique impressionnante sur les vallées alentour.
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Le frérot ne manque pas de signaler que c'est notre troisième passage sur ce sommet, puisque qu'après 2010, nous l'avions gravi une seconde fois en 2013, lorsque nous avions fait découvrir l'île a notre meilleur ami.
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Nous visons un bivouac au Kastro Apalirou, afin d'arriver le lendemain soir à Apiranthos, le seul village touristique du centre de Naxos, où nous espérons trouver un bar qui diffuse la finale de Ligue des Champions, immanquable vu que l'un des deux protagonistes est le Real Madrid. Pas le temps de traîner ! Nous redescendons la bosse par l'autre flanc, dépassant une ancienne tour de garde.
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Un dernier coup d’œil sur le Paleokastro...
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Et nous déboulons dans la plaine de Tsikalario.
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Arrivés au hameau, nous rechargeons les gourdes dans une fontaine du coin et partons plein sud vers Ano Sagri.
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La randonnée inégale nous mène au-delà du village, et nous atteignons bientôt le temple de Demeter.
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Visite payante ou pas, l'accueil est de toute façon fermé. Ce qui ne nous empêche pas de jeter un coup d'oeil.
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Je propose que nous dormions ici, sur le pavage du temple, mais mon frère tance mon audace, et préfère viser le Kastro Apalirou, château en ruine couronnant une colline proche. En nous approchant sur des routes asphaltées, puis carrossables, nous distinguons soudain une grande muraille jusque-là indétectable. Nous entreprenons l'ascension en hors-sentier, dans une jungle de juniperus truffée de toiles d'araignées.
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Au fur et à mesure, la muraille nous paraît de plus en plus imposante.
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L'ancestrale chapelle indiquée sur les cartes n'est plus qu'une ruine où logent araignées et vipères; impossible d'y dormir.
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Nous grimpons donc au-delà de la muraille, et atteignons le sommet, qui domine royalement les alentours. La vue panoramique nous permet d'admirer, à l'ouest, la plaine de la Chora...
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A l'est, notre objectif du lendemain midi : le mont Zeus, que nous avons comptons atteindre au terme d'un hors-sentier intégral suivant approximativement le parcours fléché suivant:
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Enfin loin au nord, l'autre chaîne principale de l'île, le massif du Koronos, que nous avons prévu de rejoindre le surlendemain par des sentiers et grimper en hors-sentier également.
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Pour l'heure, il s'agit de trouver un endroit où dormir sur ce sommet bosselé, rocailleux et balayé par les vents.
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Finalement, nous redescendons au niveau de la muraille...
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Et calons notre literie contre elle, dans une zone relativement plate, afin de se prémunir du vent d'ouest.
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La nuit est moyenne; pas idéal avant entamer notre projet de hors-piste, qui commence dès six heures du matin par la descente du Kastro Apalinou.
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La montée en hors-sentier démarre, rendue éprouvante par l'alliage classique caillasse/épineux. A mi-chemin, un coup d’œil permet de jauger ce qu'on a déjà fait.
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Arrivés près du premier sommet, nous sommes récompensés par le passage d'un aigle juste au-dessus de nos têtes. J'arrive vaguement a le photographier.
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Le premier sommet franchi, nous redescendons dans un vallon, toujours en hors-sentier, afin d'atteindre les pentes nous menant à la crête du mont Zeus.
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Notre aigle en rejoint quelques autres, qui tournoient au-dessus de nos têtes, dans une chorégraphie légèrement inquiétante.
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Nous entamons une montée raide vers la crête.
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Et bientôt nous coupons vers le nord par une section très pentue, mon frère étant décidé à surpasser son vertige.
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Le segment le plus raide est dépassé, et nous atteignons bientôt la crête.
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Commence une longue ascension vers le sommet, sur une pente douce. Mon frère préfère ce segment au précédent, pas moi, car des épineux rigides obstruent le passage et on ne peut souvent les empêcher de lacérer nos jambes.
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Après une section interminable, nous laissons derrière nous la mer de buissons en entamons la dernière partie de l'ascension.
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Sur son flanc sud, la pente formée par le mont Zeus lui donne la forme d'un ample cirque.
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Nous atteignons le sommet pour la troisième fois, la première de cette façon peu conventionnelle.
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Passée la joie de notre accomplissement et l'ingestion d'une salade grecque, la fatigue se fait ressentir, et la descente vers  Danakos est éprouvante ; d'autant plus que notre isolement habituel est brisé par la présence de nombreux randonneurs, le sentier normal menant au mont Zeus étant l'un des plus arpentés des Cyclades.
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Arrivés à Danakos, nous rechargeons notre eau dans la fontaine jouxtant le platane.
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Malgré une longue pause dans la taverne, nous repartons fatigués. L'ascension du kalderimi vers le monastère fortifié de Fotodotis se fait au ralenti.
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Nous y parvenons tant bien que mal.
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Un dernier coup d’œil en arrière pour l'admirer...
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Et nous plongeons dans la vallée suivante, où une mauvaise surprise nous attend, puisque le sentier qui mène à Apiranthos, et que nous avions emprunté sans souci autrefois, semble avoir été sabordé. L'égarement, la fatigue et la chaleur rendent l'arrivée à Apiranthos chaotique.
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Nous y parvenons toutefois ; miracle, le bistrot que nous visions depuis deux jours diffuse bien le match, et après une victoire du Real au bout de la nuit, nous pouvons installer notre bivouac sur l'une des chapelles du village.
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Le lendemain, nous passons sous le sommet du Fanari, que nous avions franchi en 2013, en direction de Moni, ce qui nous avait permis de conclure notre boucle d'alors autour de Chalki.
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Mais cette fois nous partons vers le nord, en direction du massif du Koronos, qui se découvre à nous lorsque nous passons le col.
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Nous entamons dans la foulée la descente d'un escalier sculpté de toute beauté.
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Le joli sentier qui suit n'est pas éternel...
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Et bientôt nous débarquons sur l'asphalte. Au creux du vallon, nous apercevons vite le village de Keramoti, notre prochain objectif, que nous rejoignons plus loin par un beau monopati.
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Y démarre un sentier splendide vers une cascade locale, au milieu des roches volcaniques et des oléandres et que les photos retranscrivent mal.
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Ça et là, des pitons rocheux.
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Au bout du sentier, un chemin oblique descend vers la cascade presque à sec, qui se découvre bientôt à nous.
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Même de près, elle n'est pas très impressionnante.
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Elle échoue dans un bassin d'eau où nous nous lavons longuement.
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Puis démarre une ascension de six cent mètres vers  Mavrovouni, le sommet du massif, en complet hors-piste.
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Très physique, mais moins éprouvante que le long périple de la veille. Les épineux sont plus épars, les roches plus grosses...
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La progression est rapide...
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Et s'il faut parfois faire un peu d'alpinisme...
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Le sommet approche à grand pas.
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Nous jetons fréquemment des coups d’œil sur le parcours accompli. Ici, après un des passages les plus périlleux :
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Bientôt nous arrivons assez haut pour pouvoir contempler tous les sommets alentours...
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La crête n'est plus qu'à quelques mètres.
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Elle est jonchée de roches découpées.
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Depuis la crête, nous voyons au loin le sommet du mont Zeus ; difficile d'imaginer que nous y étions la veille.
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Quelques minutes de marche, et nous voilà au Mavrovouni, le deuxième plus haut sommet de Naxos.
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En redescendant, nous découvrons les village de Koronos et Skado:
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De près, Koronos semble assez délabré.
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Nous nous attablons au premier restaurant, et buvons assez de vin pour que nos corps affaiblis n'y résistent pas ; première et dernière cuite du séjour. Il fait nuit noire lorsque nous atteignons en tâtonnant une chapelle nichée dans le vallon luxuriant séparant Koronos de Skado.
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Au petit matin, un paysage superbe se découvre à nous. La chapelle est située au milieu d'un vallon, sur un petit promontoir qui est comme la scène d'un vaste amphithéâtre constitué par les collines alentour; une photo prise plus tard le montre bien:
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De son parvis, nous pouvons contempler Skado à droite...
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Et à gauche, Koronos.
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Un des plus jolis bivouacs de notre séjour. Nous le quittons avec regret pour entamer un aller-retour vers la plage de Lionas, sur un joli sentier.
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Joli, mais très pentu, casse-patte en montée comme en descente.
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Les falaises bordant le sentier sont impressionnantes.
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Le sentier descend, remonte, redescend...
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Et court ainsi dans une vallée profonde jusqu'à la magnfique plage de Lionas, où nous nous restaurons et baignons, après trois jours loin de la mer.
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Grand luxe, nous trouvons une douche rudimentaire dans les sanitaires bordant la plage ; la première depuis presque trois semaines, nous la savourons. Le chemin du retour est esthétique...
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Mais mon frère a du mal à en profiter, la fatigue prenant le dessus, surtout après qu'on se soit égaré à un croisement, perdant une petite heure à tourner au rond dans des sentiers sans issue. Finalement nous retrouvons le fameux pont franchi à l'aller...
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Et grimpons lentement jusqu'à Koronos, d'où nous sommes partis le matin.
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Depuis le village,  nous nous hissons jusqu'à la route, partons plein sud, franchissons le col, puis nous dirigeons, en hors-piste, vers la vallée d'Entria.
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Problème, la zone où j'avais prévu que nous rejoignions une randonnée balisée est une quasi-falaise. Les cartes ne laissaient pas supposer une pente si forte. Heureusement, nous trouvons une sorte de lit de rivière asséché, qui nous permet de descendre sans trop de problèmes jusque dans la vallée. Arrivé en bas, un point de vue sur la descente accomplie :
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Face à nous, une mine abandonnée, avec le téléphérique par lequel remontait les pierres extraites.
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Nous retrouvons un sentier balisé, que nous empruntons vers la chapelle ancestrale d'Agia Kiriaki, où j'ai prévu de bivouaquer.
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De loin, nous devinons déjà que ce monument byzantin plus que millénaire ne pourra nous servir de bivouac.
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Cela se confirme de près. Une semi-ruine entourée de caillasse et de crotte de chèvres, magnifique mais pas squattable.
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Pas de bivouac, la nuit tombante, nous décidons de finir notre boucle au nord de Naxos le soir même, et fonçons à six kilomètres à l'heure vers Apiranthos, où s'achève notre périple avec une demi-journée d'avance.
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Le kalderimi est magnifique, mais nous n'avons pas le temps de l'admirer.
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Quant on le désire vraiment, on peut toujours se ménager un peu de temps, et je prends quelques photos des plus beaux passages, celui-ci par exemple:
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Au terme du Kalderimi nous nous enfonçons dans un monopati enfoui dans la végétation; malgré l'obscurité grandissante, nous marchons à toute allure, trébuchant parfois. Mon frère, exténué quelques heures plus tôt dans la montée vers Koronos, a trouvé un troisième souffle et mène un rythme d'enfer, si bien que la nuit n'est pas encore totale quand nous déboulons dans le village d'Apiranthos. Nous avalons trois excellentes pitas devant la finale du championnat de basket grec, avant de nous coucher sur le même parvis de chapelle que deux jours plus tôt.
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Notre trek est presque terminé. Pas tout à fait, cependant !

Dernière modification par Goulven (07-02-2017 21:55:21)

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#7 24-10-2016 18:11:12

Magic Manu
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Super retour! Merci. Idée marrante de décider de dormir sur les parvis! Et pourquoi pas en pleine nature?Cette rando a bien eu lieu au mois de mai?

Dernière modification par Magic Manu (24-10-2016 18:12:31)


"Il en faut peu pour être heureux" (Baloo, le Livre de la Jungle)

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#8 24-10-2016 18:11:31

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

VII – SANTORIN, ROME ET CONCLUSION

En ayant ras le bol du final habituel de nos voyages en Grèce, à savoir rentrer en bateau à Athènes, de passer une nuit dans cette ville pourrie, pour prendre un avion qui nous débarque dans l'enfer parisien, où il faut encore choper un RER puis un train pour enfin arriver à Rennes, au terme d'un voyage retour aussi long qu'ennuyeux, nous avons conçu un plan alternatif, et notre randonnée en fonction. Il s'agit de randonner d'île en île vers Naxos, puis d'embarquer pour l'île toute proche de Santorin, d'où nous joindrons Rome en avion, afin de passer un jour à visiter cette ville pour nous inconnue, avant de rentrer directement à Rennes grâce à Vueling.
Ce plan machiavélique s'est révélé bien plus agréable que l'habituel. Il supposait toutefois que nous passions une nuit à Santorin, et comme nous avions déjà parcouru les deux seules randonnées vraiment intéressantes, celle longeant la Caldera et celle menant au sommet de l'île, nous en avons programmé une troisième au sud ouest, entre Megalochori et Akrotiri.
Pas le meilleur moment du séjour, assurément. Quelques beaux sentiers toutefois, pavés de la roche volcanique noire typique de l'île :
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Deux trois jolis villages, comme celui de Megalochori :
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Des vues charmantes sur la fameuse Caldera :
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Mais bon, on alterne surtout entre carrossables et sentiers poussiéreux assez désagréables entre les vignes locales :
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Après une agréable baignade a Mesa Pigadia, nous nous installons sur le toit d'un monastère.
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Content de pas y avoir croisé des bestioles du genre de celle qui rodait dans l'arrêt ou nous attendions le bus qui nous emmena le lendemain à l'aéroport !
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Arrivés a Fiumicino, nous filons vers Rome, ou une balade de cinq heures au pas de course nous permet de contempler toutes les places fameuses et monuments mythiques d'une ville qui, fait assez rare pour être signalé, m'a beaucoup plu. Très bonnes pizzas achetées dans une échoppe près du Panthéon, nuit dans une chambre d'hôtel jouxtant le Vatican (un cadeau de noël), et nous embarquons le lendemain, direct pour Rennes !

Notre périple a rempli son rôle : d'abord conclure nos aventures cycladiques, puisque nous avons l'impression d'avoir fait le tour de la question, et que nous ne sommes pas prêts de marcher à nouveau dans les îles grecques ; enfin dormir trois semaines sans tente ni recours à l'hôtel, sans aucune entorse à la règle.

J'avais évoqué en janvier un livre que j'ai conçu à partir des tracés de Raymond Verdoolaege et mis sur le net, Nos plus belles promenades. Notre séjour ne le rend pas caduque ; si nous devions l'actualiser, nous nous contenterions de densifier les parties consacrées a Naxos, Andros et Tinos, et ajouterons deux sections secondaires, consacrées aux arides mais belles îles d'Ios et d'Heraklia.

Dernière modification par Goulven (24-10-2016 18:14:47)

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#9 24-10-2016 18:19:04

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

A Magic Manu:

Magic Manu a écrit :

Super retour! Merci. Idée marrante de décider de dormir sur les parvis! Et pourquoi pas en pleine nature?

En premier lieu parce qu'il est presque impossible de localiser un coin ou dormir en pleine nature dans les montagnes grecques, qui sont presque exclusivement couvertes de caillasses et d'épineux. Trouver un coin plat, terreux ou herbeux et abrité du vent relève du miracle. Certains optent pour des nuits sur les plages, ce n'est pas notre truc, parce qu'elles sont balayées par le vent, qui refroidit, empêche de dormir et transporte sables et poussières.

Magic Manu a écrit :

Cette rando a bien eu lieu au mois de mai?

Tout à fait, j'ai oublié d'implémenter le planning dans le post introductif, je le rajoute, ainsi qu'une carte sommaire résumant nos deux principaux périples.

Dernière modification par Goulven (28-10-2016 14:32:37)

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#10 24-10-2016 19:25:47

Magne2
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

beau retour , cela fait plaisir de revoir Andros et Naxos


kalo taxidi alias bon voyage en Grec bien sur

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#11 24-10-2016 19:26:14

domweb
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Voilà un retour qui change agréablement de l'Islande (je les ai tous lus wink ) lol !

C'est intéressant, très dépaysant, très beau.

Merci pour le partage smile


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

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#12 24-10-2016 21:25:47

raphus
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Excellent, merci beaucoup pour ce CR !

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#13 26-10-2016 23:46:13

thanjuzo
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Merci pour ces photos et récit (tu as du passer du temps à poster tout ça).
J'ai bêtement visité Santorin en bus, quelle erreur.

Et dire que demain il pleut.

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#14 27-10-2016 06:55:05

MFrançois
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Magnifique récit, bravo !

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#15 27-10-2016 09:55:04

JJondalar
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

domweb a écrit :

Voilà un retour qui change agréablement de l'Islande (je les ai tous lus wink ) lol !

Takayaler  lol

Sympathique CR ! La morsure d'un scolopendre est très douloureuse. J'aurais toujours peur d'en trouver un dans mon SDC.
Quelques petites questions : combien de kilomètres parcourus ? (si possible). Le KS 40 litres me tente. Vous en êtes contents ? Les coutures des chaussures Asolo Revert on tenus ? car les miennes non.


La mésange à tête noire et la sittelle sont d'une compagnie bien plus vivifiante que celle des hommes d'État ou des philosophes; au retour on va considérer ces derniers comme de bien piètres compagnons."
H.D.Thoreau, Une promenade en hiver.

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#16 28-10-2016 00:35:55

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

A JJondalar:

JJondalar a écrit :

La morsure d'un scolopendre est très douloureuse. J'aurais toujours peur d'en trouver un dans mon SDC.

Pareil, un vrai flip ces bestioles. Faut voir la taille des araignées aussi, qui obstruent souvent le sentiers, surtout dans les hors-pistes. Mais l'animal le plus dangereux en Grèce, c'est le serpent. Faut avouer qu'il y a  beaucoup de vipères. Nous en avons repéré au moins six, sur une douzaine de serpents, les autres étant des couleuvres. Et à trois reprises ça a été bien stressant, la première fois à Tinos, que je raconte; la deuxième a Ios, où la vipère était loin de nous quand nous l'avons vu, mais super grosse, alors qu'elles sont petites d'habitude; la troisième fois, la pire, dans la montée de Naxos vers le Kastro Apalirou: dans une phase de semi-escalade où nous utilisions les bras, mon frère a posé sa main sur une pierre, en-dessous de laquelle se terrait une vipère, qui a eu la bonne idée de fuir plutôt que de le mordre! Les deux jours suivants, dans les deux longues grimpes en hors-piste vers le mont Zeus et dans les Koronos, on avait de l'appréhension dans chaque passage où il fallait s'aider des mains.

JJondalar a écrit :

combien de kilomètres parcourus ? (si possible)

Super dur de te répondre. La randonnée dans les Cyclades, c'est de la grimpe en permanence, et vu le denivelé et les revêtements si tu fais du hors-piste, pas de la grimpe facile. Faut considérer que les randonnées cycladiques sont de type montagnard, résultat c'est plutôt en heures de marche qu'en kilomètres que tu juges l'affaire.

Nos journées étaient très irrégulières; sur Andros et Tinos, notre temps pur de marche était de 5h30, sur Naxos plus de 6h, voir 7h; par contre, dans les petites Cyclades, nous avons marché entre 3h et 4h. En moyenne, je dirai que nous avons marché un peu plus de 5h par jour, ce a quoi il faut ajouter les baignades, au moins 1h par jour, parfois physiques, quand nous nageons au large ou cherchons des spots de saut.

Un peu plus de 5h par jour, à un peu moins de 4km/h vu la lenteur dans les hors-pistes joignant les randonnées balisées, ça fait du 20 kilomètres par jour environ. Sur 21 jours de marche, on atteint les 400 kilomètres, peut-être un peu moins, pas plus en tout cas.

JJondalar a écrit :

Le KS 40 litres me tente. Vous en êtes contents ?

Difficile d'avoir un avis objectif, car nous sommes passés directement du sac D4 au KS 40. Il est évident que nous sommes très satisfaits de l'évolution, toutefois notre sac est-il meilleur qu'un sac plus lourd mais mieux armaturé et parfaitement respirant, comme par exemple le Osprey Exos 58litres? Je ne pourrais pas te le dire! Car le KS 40 a deux petits défauts que n'a probablement pas ce dernier: ayant une armature moins solide, je pense qu'il supporte de moins grosses charges avant d'être inconfortables, et à mon avis il faut éviter de porter plus de 10-11 kilos avec un KS 40; d'autre part, il colle au dos, donc niveau sueur, c'est pas optimal, malgré le mesh qu'on a ajouté.

Pour le reste, nous le trouvons excellent:
-avec une dizaine de kilos sur le dos, il se fait discret, il est parfaitement stable, sa forme fait qu'il ne gêne jamais dans les passages étroits, les ronces, les hors-pistes, et nous n'avons jamais ressenti de douleurs significatives, même après 45 bornes de marche dans la lande bretonne;
-avec un arkmat 127 roulé en cylindre à l'intérieur, il est bien rigidifié, se moule impeccablement à la forme du dos, et il reste largement la place de mettre tout ton matos + 3-4 jours de bouffe + 3 litres d'eau dans les deux renfoncements des côtés, ou une bouteille d'1,5 litres tient parfaitement. Le KS 40 a vraiment 40L de contenance.
-après un an d'usage intensif (80 jours de marche), il est comme neuf, grâce à des finitions impeccables, un revêtement en dyneema super résistant à l'abrasion et une facilité à laver (30 degrés en machine).
-bien que le revêtement en dyneema ne soit pas très imperméable, j'ai passé une semaine en Irlande durant lequel je me suis fait copieusement arroser en avril, simplement couvert d'une cape de pluie D4: et bien jamais la flotte n'a pénétré l'intérieur du sac.
-enfin Kinpu San, le concepteur du sac, est à ton écoute; il te répond direct, conçoit le sac selon les proportions de ton corps, le customise selon tes souhaits et accepte tes exigences spécifiques, par exemple dans notre cas le fait d'avoir des fils plus longs pour les ajuster nous-mêmes a posteriori.

JJondalar a écrit :

Les coutures des chaussures Asolo Revert on tenus ? car les miennes non.

Non elles n'ont pas tenu! D'ailleurs c'est le vrai problème des sentiers grecs et particulièrement des hors-pistes: la caillasse est vraiment exigente, les épineux omniprésents, résultat les pompes en mangent plein la gueule, bien plus par exemple que sur des sentiers alpins. Le cuir de mes Meindl, qui était comme neuf après cinq mois d'usage, est revenu lacéré des Cyclades, et si mes pompes tiennent encore la route, ce n'est pas le cas des Asolo du frérot, dont les coutures ont commencé a lâcher, ainsi que la semelle, et qu'il va devoir jeter à la fin de l'année, après même pas 70 jours de marche. Elles vont faire leur baroud d'honneur la semaine prochaine, dans une randonnée de quatre jours Brest - Conquet - Tour de Ouessant, puis direction poubelle!

D'autant plus frustrant que mon frère aime le confort de ces pompes, mais aussi leur largeur, lui qui a des pieds super large de hobbit (comme beaucoup de Bretons). Elles sont vraiment agréables à porter, rapide à casser, mais manquent clairement de résistance.

Dernière modification par Goulven (28-10-2016 01:35:36)

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#17 28-10-2016 10:08:48

denq
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Ah les Cyclades, ça fait rëver! Pour ma part, plutôt en kayak et sur les plages... Par contre, pour trouver un endroit plat, plutôt que les chapelles, avez-vous pensé à un hamac?


Vaut mieux être un peu titane qu'un grand mulet...

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#18 28-10-2016 10:56:41

Magne2
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

les forets dans les Cyclades sont .....rares , pour le kayak il faut tenir compte du Meltemi , les iles Ioniennes seraient plus adapté il me semble

pour en revenir aux Cyclades un bon site  en français Belge   l'intégrale des randos balisés un peu pas du tout ou beaucoup y est  smile pas le hors piste bien sur

les meilleures cartes sont les Anavasi en papier ou en numérique


kalo taxidi alias bon voyage en Grec bien sur

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#19 28-10-2016 13:54:42

JJondalar
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Merci pour vos réponses détaillées  smile
(HS) Si je pense au KS40 c'est que j'utilise déjà le KS27Z. Je retrouve dans ta description leur défaut (peut-être le seul) : le dos transpire.


La mésange à tête noire et la sittelle sont d'une compagnie bien plus vivifiante que celle des hommes d'État ou des philosophes; au retour on va considérer ces derniers comme de bien piètres compagnons."
H.D.Thoreau, Une promenade en hiver.

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#20 07-02-2017 21:32:24

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

JJondalar a écrit :

Merci pour vos réponses détaillées  smile
(HS) Si je pense au KS40 c'est que j'utilise déjà le KS27Z. Je retrouve dans ta description leur défaut (peut-être le seul) : le dos transpire.

Ce problème de transpiration reste secondaire lorsque le climat est doux ou que la randonnée ne dure que quelques jours. Je me demande s'il ne sera pas plus problématique à l'avenir, sur une randonnée plus ambitieuse, telle que celle que je compte entreprendre au printemps 2018 dans le massif central et qui devrait s'étaler sur un mois et demi. J'hésite, dans cette perspective, à m'orienter vers un sac plus lourd mais plus respirant, tel que le Osprey Exos 46.

Dernière modification par Goulven (07-02-2017 21:33:17)

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#21 09-02-2017 22:16:53

René94
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Il me plaît beaucoup votre voyage !
Merci pour le partage et les infos précises smile

Je l'ai ajouté dans le wiki Récits

Dernière modification par René94 (09-02-2017 22:22:30)


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#22 10-02-2017 18:39:52

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

René94 a écrit :

Il me plaît beaucoup votre voyage !

Moi c'est celui que vous avez effectué à Ténérife en 2014 qui m'a beaucoup plu! A tel point que, cherchant à faire quelque chose durant les deux semaines de vacances que mon employeur m'impose à noël, j'y suis parti à mon tour du 21 décembre 2016 au 5 janvier 2017, en m'inspirant grandement de votre tracé et des multiples conseils que vous aviez prodigué au travers de votre récit, et pour lesquels je ne saurais assez vous remercier !

Tout comme vous, j'ai commencé mon périple dans le massif du Teno, l'ai poursuivi dans le massif du Teide et achevé dans celui de l'Anaga, avec Igueste de San Andres comme destination finale. J'ai fidèlement suivi la partie de votre tracé qui va, sur quatre jours, du sommet du Teide jusqu'à Punta del Hidalgo. J'ai fait la même étape a San Cristobal de la Laguna, avec l'idée similaire de m'y reposer une demi-journée, dans la même auberge de jeunesse, que je ne saurais trop recommander ! J'ai arpenté de nombreuses autres parties de votre tracé, ou de celui que vous auriez aimé faire et que vous recommandiez, entre le phare du Teno et le sommet du Teide.

Ce qui m'a distingué de vous, c'est que j'ai désiré faire une randonnée continue, et donc que je me suis refusé à prendre un seul bus intermédiaire entre le premier et le dernier jour de marche. Autre contrainte, je désirais passer une nuit dans le refuge d'Altavista, or il ne restait qu'une place sur l'ensemble des vacances hivernales, le 27 décembre ; cela a conditionné mes autres choix.

Plutôt que de partir comme vous du sud ouest de l'île, j'ai finalement décidé de zapper la zone et d'entamer mon trek par la plage de Masca, que j'ai rejoint en zodiak depuis Los Gigantes. C'est en remontant les gorges de Masca que j'ai pénétré dans le massif du Teno, que j'ai arpenté quelques jours en long et en large, avant de gravir le Teide jusqu'à son sommet. J'ai ensuite entrepris la longue descente de trois jours vers San Cristobal et sa fameuse auberge de jeunesse. Restait alors cinq jours de marche, durant lesquels j'ai pu découvrir le massif de l'Anaga. En tout 14 jours de marche,  ou plutôt 12 journées et 2 demi-journées, avec 20 bons kilomètres et plus de 1000 mètres de dénivelé positif par jour.

Une petite carte Openrunner pour vous donner une idée du parcours:

1486747999-parcours.png

Sur mes 15 nuits sur l'île, j'en ai passé :
-10 en tente ;
-1 dans une chambre louée avec airbnb à Los Gigantes, avant d'entamer mon trek, nuit réparatrice indispensable pour récupérer du long voyage et des trois jours de travail qui l'avaient précédé ;
-1 dans le refuge d'Altavista, au soir du sixième jour de marche ;
-1 dans l'auberge de San Cristobal, au soir du neuvième jour de marche ;
-1 dans la salle municipale du village de Taborno, alors que la tempête frappait le massif de l'Anaga, au soir du onzième jour de marche ;
-1 dans l'aéroport sud de Ténérife, avant de prendre le vol retour en direction de Beauvais.

Un voyage marquant, dont je ferai un jour, quand j'aurai du temps et une balance, le récit détaillé sur ce site. Si l'architecture, les villages, les églises et la nourriture de l'île n'ont pas été au niveau de celles des Cyclades et m'ont clairement laissé sur ma faim, les paysages m'ont chaque jour coupé le souffle, par leur grandeur, et plus encore leur diversité, puisque j'ai traversé moults gorges, dont chacune avait sa couleur spécifique; des massifs déchirés, à la végétation parfois dense, parfois éparses mais toujours changeante ; des zones volcaniques lunaires, nappées d'une brume oppressante ; une montagne complètement enneigée ; un désert chaud de type mexicain ; des forêts incroyablement variées, parfois de pins, parfois de feuillus, parfois constellées de plantes exotiques étranges... Je suis passé, en quelques jours, du sommet de l'Espagne, atteint de nuit avec un thermomètre à -10 et un vent glacial, à des chemins côtiers arpentés par temps estival... Je suis passé d'un soleil de plomb à des averses de grêle, d'une brume opaque à des bourrasques de vents a décorner un bœuf...

Jamais je n'ai connu une telle variété de paysages et de climats ! Seul constante, le dénivelé !

Dernière modification par Goulven (10-02-2017 18:41:05)

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#23 11-02-2017 10:10:46

kodiak
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Whaoh.
Il y a pire à faire quand ton boss ferme l'usine 2 semaines (c'est pas le cas du mien...). Démarrer à partir d'une plage rejointe en zodiac, voila qui est cool. C'est un peu comme prendre un bateau pour aller toucher la borne 602...

Goulven a écrit :

...j'ai traversé moults gorges, dont chacune avait sa couleur spécifique; des massifs déchirés, à la végétation parfois dense, parfois éparses mais toujours changeante ; des zones volcaniques lunaires, nappées d'une brume oppressante ; une montagne complètement enneigée ; un désert chaud de type mexicain ; des forêts incroyablement variées, parfois de pins, parfois de feuillus, parfois constellées de plantes exotiques étranges... Je suis passé, en quelques jours, du sommet de l'Espagne, atteint de nuit avec un thermomètre à -10 et un vent glacial, à des chemins côtiers arpentés par temps estival... Je suis passé d'un soleil de plomb à des averses de grêle, d'une brume opaque à des bourrasques de vents a décorner un bœuf...

J'en ai l'eau à la bouche. Faut-il t'envoyer une balance pour te décider? smile

Goulven a écrit :

Seul constante, le dénivelé !

Une légende rapporte que Confucius aurait dit (après son premier GR): "pour descendre il faut monter".


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher! |k|
« Strong, light, cheap, pick two' » (Keith Bontrager)

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#24 13-02-2017 12:09:06

René94
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

Tu as fait un super parcours à Tenerife smile
Moi aussi, j'avais prévu d'aller à Masca en bateau mais la mer était trop forte ce jour-là et les bateaux ne sortaient pas...


"Je ne suis pas ce qui brille..." (F. Marchet)
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#25 04-04-2018 16:14:15

Goulven
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Re : [Récit + liste] Trois semaines à la belle étoile dans les Cyclades

kodiak a écrit :

J'en ai l'eau à la bouche. Faut-il t'envoyer une balance pour te décider? smile

Finalement je me la suis procuré moi-même! Voilà ce que donne ma liste:

70-3-1.png

Quant au récit complet de la traversée de Tenerife, je l'ai fait sur mon site (voir ici). Probablement mon périple le plus fatigant, j'ai un coup de barre rien qu'en y repensant!

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