#451 01-08-2021 10:41:13

Nayana
Helix pomatia
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Chouette balade et tant pis pour la FD, partie remise. Comme Bruno (https://www.randonner-leger.org/forum/v … 96#p620396), parfois il faut savoir renoncer pour mieux profiter  smile


Lentement mais surement...

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#452 01-08-2021 11:22:26

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Voilà, à un moment faut arrêter de s'acharner... je reviendrai !


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#453 01-08-2021 12:26:09

vogesus
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

320 km de VTT en 3 jours, rien que d'y penser, j'ai déjà le fessier irrité  lol

Bravo, mais vous êtes des malades  tongue  wink

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#454 01-08-2021 15:48:17

N_75
hamacoeur
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Ouep, déjà soulevé lorsque Shanx est revenu de Corse, les distances parcourues par les cyclistes d’aujourd’hui me laissent sur le c*l.
Chapeau le boulanger ! cool
A toi et à d'autres, c'est bien sympathique vos récits de balades dans le Limousin  tongue

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#455 02-08-2021 09:54:53

Popop
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Décidément quand ça ne veut pas pour la FD... belle sortie dans le Limousin en tout cas. Tu étais avec ton vélo FD ?

Tu pars toujours sur la GTB ?

Une petite question sur les rekon race, tu les trouves comment ? Pas de problème d'accroche avec ? Je suis sur des Ikon pour l'instant mais ayant déjà une mèche dans l'arrière, j'hésite  à passer sur le rekon race avant+arrière (ou seulement en monte arrière avec ikon ou ardent race devant)

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#456 02-08-2021 11:44:09

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Pour le Limousin j'ai pris stricto sensu le vélo en configuration FD oui, puisque j'étais sur le site de départ à Dunkerque vendredi dernier, avant de passer ma nuit le nez dans la cuvette des toilettes à l'hôtel... du coup j'ai traîné un vélo chargé pour un trip de 12 jours, alors que je partais pour 3. J'ai notamment trimballé mes éclairages (quasiment 1 kg en tout) pour rien puisqu'on n'a pas roulé de nuit... idem pour le moyeu dynamo, je ne m'en suis pas servi puisqu'on a pu recharger les équipements chaque soir au camping. Dans les faits, hormis mon téléphone je n'ai pas eu besoin de recharger, d'ailleurs : le GPS avec sa batterie additionnelle tient plus de 40h, en rentrant après 21h de pédalage il me restait 56% de batterie. Et idem pour la batterie AXS, pas eu besoin de recharger.

La GTB je suis inscrit oui, si le boulot me le permet je pars le samedi 4/09.

Le Rekon Race je ne roule plus qu'avec ça depuis 2 ans maintenant : c'est un pneu bon partout et mauvais nulle part je trouve, bande de roulement assez roulante et pas trop énergivore, cramponnage latéral suffisant pour un usage pas trop engagé, bonne résistance à l'usure et aux crevaisons... donc pour de l'itinérant sur des terrains variés (sec / humide, sable / terre / rocaille), je trouve que c'est le bon compromis pour moi. Plusieurs copains m'ont maintes fois recommandé l'Aspen, il faudrait que j'en achète une paire pour essayer. A priori l'Aspen est encore plus roulant et moins énergivore que le Rekon Race, sans être moins accrocheur et tout en étant aussi résistant : à confirmer...


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#457 09-08-2021 11:56:10

QuentinLL
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Bon courage Tib !
Profite bien de cette pause à Fismes big_smile
Je t'ai ajouté en favori pour te suivre, tout comme 2-3 autres fada

7OTpJls0L.Sans-titre.png

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#458 09-08-2021 12:06:17

Shanx
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

QuentinLL a écrit :

#622480Bon courage Tib !
Profite bien de cette pause à Fismes big_smile
Je t'ai ajouté en favori pour te suivre, tout comme 2-3 autres fada

https://www.randonner-leger.org/forum/u … -titre.png

Ce n'est pas le bon Tib wink
Si je ne me trompe pas il n'a malheureusement pas pu prendre le départ...


← Mon blog : traversées à pied des Alpes, de l'Islande, de la Corse, des États-Unis - Japon en vélo
Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
"La liberté est fille des forêts. C'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle revient se cacher, quand ça va mal." - Romain Gary

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#459 09-08-2021 15:16:43

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Hello à vous,

Non, en effet ça n'est pas moi : coincé au travail, je n'ai pas pu prendre le départ. J'ai tenté l'aventure fin juillet seul, mais j'ai dû renoncer après une nuit de calvaire passée dans les toilettes de ma chambre d'hôtel à Dunkerque. Quand ça veut pas, ça veut pas.

Mais merci Quentin pour tes encouragements aux participants : je suis l'épreuve à distance, sur Facebook, et ce que j'en vois me fait dire que cela doit être très, très dur (conditions météo difficiles et terrain extrêmement boueux).


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#460 10-08-2021 11:02:10

QuentinLL
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Ha mince, j'avoue n'avoir pas parcouru les derniers messages et avoir vu un Thibault qui avançait bien  big_smile
Désolé pour toi, ce n'est que partie remise !

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#461 13-08-2021 09:54:17

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Parce que mes aventures à VTT ne sont pas toujours "rêve, bonheur et volupté", je vous raconte aussi ma virée d'hier dans le Morvan, assez laborieuse et que je pourrais résumer par les conseils d'un marin ou d'un guide de montagne : "ne jamais présumer de ses capacités, toujours rester humble". Même si cette sortie ne restera pas dans les annales, sauf peut-être les miennes (voire le mien), j'ai pensé que la seule beauté des paysages traversés méritait un récit.

Un club du coin a mis en ligne début juin un challenge : 5 traces VTT à suivre en forme de boucle, pour une distance totale de 210 km et 5000 de D+ annoncé. Le truc m'a émoustillé, j'ai voulu tenter à plusieurs reprises mais la météo m'en a dissuadé. Et puis mardi soir, un alignement de planètes s'est produit : possibilité pour moi de poser ma journée, et météo faborable. Ni une, ni deux : je remonte en vitesse le TS, je charge mes affaires dans l'auto et programme mon réveil à 4h le mercredi matin.

A l'heure dite je me lève, je décolle dans la foulée. J'ai un peu de route, ça me laisse le temps de grignotter dans la voiture. J'ai fusionné les 5 traces, mon idée est de partir juste avant le lever du soleil et de tenter de boucler le tour avant la nuit. J'ai simplement modifié le lieu de départ : la boucle part normalement de Château Chinon, j'ai positionné le départ à Quarré les Tombes car c'est plus proche de la sortie A6. J'arrive donc sur place, prépare mes affaires, et décolle "à l'éclairage". Faux départ, dans la pénombre j'ai mal monté ma roue arrière, la chaîne est coincée entre le petit pignon et la base arrière... ça commence fort.

Cet incident réparé, je m'élance, surpris par la douceur : 17°C ! En sortant du village, en surplomb d'une vallée, je comprends vite qu'une fois en bas ça n'est pas la même histoire... en bas de la première descente, une nappe d'air humide et glacial me cueille. Heureusement, ça remonte vite, le plat est une denrée rare dans le coin. J'enclenche la première montée, et... pschhhh, le pneu arrière vient de percer. Je roule depuis à peine 5 bornes, la nuit est encore noire, cooooooool ! Je m'arrête, place la perforation vers le bas, par chance le préventif rebouche sans besoin de poser une mèche. Je repars, mais je déteste ça : je sais pas vous mais moi, dès que j'entends "pschhh", le reste de la sortie j'ai l'impression d'être crevé du pneu incriminé. Bref.

En haut de la première bosse, le soleil pointe le bout de son nez, et la féérie naturelle commence :

7OZEFyZ1W.20210811_054908.s.jpeg

Le jour se lève donc, l'atmosphère se... refroidit. Je n'ai pas froid, mais c'est limite. J'ai la flemme de sortir le coupe-vent du sac, donc ça ira bien comme ça. La trace arrive sur le site de l'abbaye de La Pierre qui Vire :

7OZEGMHCM.20210811_062526.s.jpeg

Pour les éventuels catholiques pratiquants, j'y passe pile à l'heure de l'office des Laudes, à 6h05. C'est le deuxième office de la journée, après Vigiles à 2h05. Je me dis qu'il faut certes être un peu barré pour décoller de chez soi en pleine nuit pour aller faire du VTT, mais qu'il ne faut pas l'être moins pour se lever à 2h prier un dieu dont on a des "preuves d'existence" somme toute assez relatives ! Les abords de l'abbaye, site très touristique, sont déserts à cette heure matinale. Je file et emprunte un chouette sentier, déjà arpenté en mai dernier. S'en suit un single qui descend à un torrent, avec des blocs bien techniques et trialisants :

7OZEHTd6O.20210811_063152.s.jpeg

Je reprends peu à peu mes marques avec le TS, pas utilisé depuis septembre dernier, et m'amuse comme un cabri... puis me résouds à me calmer, car la journée va être longue. La trace rejoint ensuite le lac de Saint Agnan, une retenue d'eau artificielle de 140 hectares créée en 1969. A cette heure matinale, le cliquetis de ma roue libre dérange à peine les campeurs disséminés sur le bord du lac :

7OZEJgG3I.20210811_064907.s.jpeg

La trace emprunte une bonne moitié du tour du lac, long de 9 km au total. Au bout d'un moment, je pense à une blague de mon Garmin, la trace coupant en plein milieu du bleu de la carte, mais en fait non :

7OZEKEKFq.20210811_070013.s.jpeg

Immédiatement après ce passage, au détour d'un sentier je me sens obligé de m'arrêter pour capturer cette fabuleuse lumière, malheureusement assez mal restituée par la photo :

7OZELBjrb.20210811_070230.s.jpeg

Dans le Morvan, les bosses sont courtes mais souvent raides, et font toujours mal ! Au sommet de l'une d'entre elles, après avoir franchi un chemin obstrué par un engin forestier en plein travail (compliqué de me signaler au chauffeur, j'ai un peu flippé), récompense avec ce superbe panorama :

7OZEMJ6Gm.20210811_072125.s.jpeg

Il doit être aux environs de 8h, et je sue déjà à grosses gouttes... la trace se poursuit, et déboule sur une nouvelle portion en single qui débouche sur cette jolie cascade, bien alimentée par les pluies des 800 derniers jours dans le coin :

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Puis vient ensuite le "lac majeur" du Morvan, le lac des Settons. Quand la mer est calme, on a l'expression "calme comme un lac", eh bien on comprend bien d'où ça vient ! la surface du lac est un véritable miroir, et ce lieu habituellement si touristique est absolument désert à cette heure matinale. Tant mieux, le sentier qui en fait le tour est plutôt sympa et je peux en profiter en toute liberté. Je tombe sur des sanitaires publics à la propreté irréprochable, ce qui me permet de refaire les niveaux d'eau.

7OZEP8H8K.20210811_084107.s.jpeg

Pour la petite histoire, le lac des Settons est apparu au milieu du XIXème siècle, créé initialement pour réguler la circulation de l'Yonne et favoriser la flottaison des bois jusqu'à Paris (eh oui, à l'époque il n'existait pas de grumiers !). D'une superficie de 366 hectares, c'est le plus grand lac du Morvan : son tour fait 13 km. Bref, j'ai encore de la route !

En haut d'une bosse, je fais une pause. L'occasion de me rendre compte que j'ai mal aux lombaires... après quasiment un an et pas loin de 5000 km en tout rigide, je n'avais jamais eu aucune douleur nulle part. Et là, en 50 bornes de TS, j'ai mal au dos. Un comble ! sûrement ma position qui est mal ajustée, ou la façon de pédaler différente, ou bien le Camel sur le dos (je n'en avais pas porté depuis un an), ou bien tous ces facteurs combinés... bref, ça me fait suer. Mais pour le reste, le vélo remonté à la va-vite la veille dans mon garage tourne comme une horloge, il me manque juste les spirgrips laissés sur le TR (qui me manquent vraiment, j'ai passé la journée à les chercher).

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La chaleur grimpe, je bois énormément, mes 2 bidons de 770 ml sont justes et j'ai du mal à trouver des points d'eau. Je m'arrête donc refaire le plein dès que j'en trouve un, mais les fontaines publiques sont bien plus rares qu'en Limousin... mon voyage se poursuit, les kilomètres défilent, je me sens bien :

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Et puis en fin de matinée, vers 11h30, d'un coup : plus de jus. Je n'ai plus rien dans les jambes, ça m'a pris d'un coup, en 10 minutes. Pourtant j'avais du suvre dans mes bidons, j'ai forcé sur l'alimentation en ingurgitant 2 barres par heure, à intervalles réguliers... les bosses deviennent un suplice, au moindre faux-plat je dois mettre "tout à gauche", la chaleur m'écrase (il doit faire 25°C pourtant)... je suis surpris, je tâche de gérer et cherche à m'arrêter manger salé. Je finis par tomber sur une épicerie aux rayons vidés, à Arnost. Je décide malgré tout de faire ma pause là : sandwiches Sodebo dégueulasses, bâton de berger idem, coca... ça fera l'affaire, j'avais besoin de salé. J'en suis pile à la moitié du parcours (105 km, 2600 de D+), la pause est bienvenue, je m'arrête une grosse vingtaine de minutes :

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En me forçant à manger mes sandwiches qui collent au palais j'observe le monument au mort situé en face de la terrasse de l'épicerie, et à lire la répétition de certains noms parfois au-delà de la dizaine je me dis que certaines familles du village ont payé un très lourd tribut lors de la première guerre mondiale :

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Bref, j'en profite pour relubrifier un peu la chaîne (le terrain est globalement sec mais dans le Morvan, les "mares à cochons" sont très, très profondes) et je repars, regaillardi.

A compter de maintenant, vous aurez moins de photos, parce que le reste de la journée s'est déroulé "dans le dur"... après 15 minutes de digestion, je sens que je vais mieux. Je monte à Château Chinon, j'achète un bon dessert (pudding aux pommes) et reprend une canette ultra sucrée, que je garde pour déguster au calvaire, d'où le point de vue sur le sud Morvan est splendide :

7OZEUW7br.20210811_133100.s.jpeg

Pendant une heure, je me sens vraiment mieux, j'ai l'impression que le "second souffle" est arrivé. Les sentiers monotrace imaginés par le club local sont un plaisir. Puis, à nouveau, je cale. Je m'arrête, j'avale la canette de Perrier de réserve pour me désaltérer, la chaleur m'étouffe... je re re mange, et re repars. A compter de là, une montée interminable sur une ancienne voie de tram en faux-plat "facile" m'assomme, souvent en plein soleil je lutte. Dans certains raidards insignifiants, je mets pied à terre, incapable de forcer sur les pédales. Je m'aperçois que marcher me permet au moins de me détendre, j'ai le sentiment que ça me fait du bien. La trace m'amène à la Chapelle St Roch de Montbois, je suis à sec d'eau. Je trouve une source, pas du tout engageante mais tant pis, j'ai trop soif : je fais le plein, m'arrose la nuque et le visage.

Je me sens mieux et repars, avale le pétard suivant avec une relative facilité. Je croise alors un gars en VAE qui connaît l'ami d'un ami. Dingue. On discute, il en chie, je monte plus vite que lui ! Puis en faut d'une barre rocheuse, après un petit moment d'escalade, nouvelle pause. Le gars en VAE me reprend, je lui dis en rigolant que depuis une heure je passe plus de temps allongé dans l'herbe que sur le vélo, il dit que lui n'a pas ma dignité et en fait de même mais en s'écartant du chemin pour se cacher...

Puis je me sens mieux, je dévale une belle descente et suis de retour au lac des Settons, pour longer l'autre rive (la trace est en 8) :

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C'est pas du tout la même histoire que le matin, là c'est blindé de touristes, difficile de rouler sur le sentier en se faufilant entre les familles de vacanciers. Je croise un couple en bikepacking, dont lui est en... Bullitt. On se croise à plusieurs reprises (eux sont sur route), on discute, sympathise : belle rencontre ! Ensuite, transition plate, je roule bien, j'ai le sentiment que le coup de moins bien est derrière moi. La grosse bosse suivante passe bien, celle d'après aussi, puis la troisième re paf, je cale. Je commence à en avoir marre, je m'arrête pour re re re remanger. Je dévore mon bâton de berger (chaîne du froid impeccable !) comme un goinfre préhistorique :

7OZEX3ztV.20210811_164231.s.jpeg

J'en suis dans un état tellement second que j'en viens à trouver super beau l'arbre qui m'abrite du soleil, au point de le prendre en photo :

7OZEXX9RN.20210811_163946.s.jpeg

Et puis après, plus de photos... je finis par échouer au kilomètre 171, j'ai curieusement encore des jambes mais dans ma tête mes différentes pannes de la journée m'ont lessivé. Il me reste 38 km sur la trace, la voiture est à 27 km par la route. J'ai 4200 de D+ au compteur, j'estime vu mon état avoir encore 2h30 de pédalage minimum, je n'ai plus grand chose à manger et tout est désormais fermé... résigné, je décide de rentrer par la route. Après quelques kilomètres sur la route, nouveau coup de calgon : je pose le vélo et m'affale dans l'herbe, j'ai du mal à tenir debout. Je tire du sac un Twix et un Snickers, leur goût en bouche me fait du bien. A nouveau, je n'ai quasiment plus d'eau, je m'arrête dans une ferme pour me dépanner. Je reste allongé 10 minutes, le jour est tombé et la fraîcheur avec, donc je me relève pour ne pas me refroidir. Je finis par tomber sur une fontaine, à 15 bornes de l'arrivée : je me rince abondamment, je bois beaucoup, et d'un coup ça va mieux.

Je finis vers 21 heures. Heureux de retrouver ma voiture. J'ai quand même pris du plaisir, les paysages sont superbes, nature à perte de vue, sauvage. Au final, 202 km et 4650 de D+. Je n'ai pas bouclé la totalité de la trace, mais comme je suis têtu, j'ai prévu d'y retourner, mieux armé.

Si vous la tentez, prenez un VTT : en gravel c'est chaud, certaines portions sont réellement du pur VTT. En TR j'aurais bien galéré je pense. Attention, les possibilités de ravitaillement en eau sont assez rares (sauf en comptant sur les riverains), les ravitaillements en alimentation sont très, très rares, sauf à s'écarter copieusement de la trace. La trace est disponible en 5 portions d'environ 45 km, je pense que l'idéal est de la faire en 2 fois 105 bornes, pour profiter au maximum.


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#462 13-08-2021 17:23:37

QuentinLL
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Super ton CR, j'aime beaucoup l'idée et le plan de dernière minute. Dommage qu'on n'habite pas à côté, je serais un bon compagnon pour ce genre d'idée.

Côté coup de mou, cela peut être la combinaison de plein de choses. Cela m'est souvent arrivé ce que tu cites.
A chaque fois, soit je n'avais pas fait d'effort longue distance depuis longtemps (bcp de spécifique et intensités courtes), soit c'est que j'ai trop forcé (sans m'en rendre compte) et ai tapé dans le sucre au lieu du gras.

On a environ 2 000kcal de réserve de sucre dans le corps naturellement. Environ 30 000kcal de gras lorsqu'on est sec (10% de gras). Le sucre est consommé à intensité forte, le gras à intensité faible. On peut apprendre à son corps à repousser le stade d'utilisation du sucre. Mais cela se fait progressivement.

On peut réussir à tourner à intensité moyenne (70% FTP), pendant des heures voire des jours sans trop manger.
A ce sujet je te conseille le très bon podcast de Jean-Yves Couput sur Spotzle, je l'ai écouté aujourd'hui et ça a vraiment fait écho à mon expérience perso.

C'est tellement kiffant de partir à jeun et pouvoir rouler toute la journée sans un seul coup de mou et sans rien manger... Cela enlève un vrai poids.

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#463 13-08-2021 18:18:42

Nayana
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Salut Tib, c'est beau le Morvan smile
Tu aurais un lien vers les traces ?
A lire ton récit, j'ai l'impression que tu as pris un coup de chaud. Tu avais quelle capacité d'emport d'eau ?
Je sais qu'a pied l'eau est problématique dans le coin mais je suis surprise du problème a vélo.

Dernière modification par Nayana (13-08-2021 18:19:03)


Lentement mais surement...

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#464 13-08-2021 21:40:51

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

QuentinLL a écrit :

#622822Côté coup de mou, cela peut être la combinaison de plein de choses. Cela m'est souvent arrivé ce que tu cites.

Merci, c'est super intéressant. Je vais aller écouter le podcast. Sur mes soucis de mercredi, réflexion faite et en partageant les "symptômes" avec des amis vététistes, ça ressemble fort à la combinaison de 2 facteurs essentiellement :
- parti trop vite
- coup de chaud

Nayana a écrit :

#622828Salut Tib, c'est beau le Morvan smile
Tu aurais un lien vers les traces ?
A lire ton récit, j'ai l'impression que tu as pris un coup de chaud. Tu avais quelle capacité d'emport d'eau ?
Je sais qu'a pied l'eau est problématique dans le coin mais je suis surprise du problème a vélo.

Les 4 traces dissociées sont téléchargeables ici. Je t'envoie ma trace retravaillée au départ de Quarré par email. Pour l'eau, je parlais de points d'eau publics, j'ai fait l'erreur de ne pas tenter ma chance chez l'habitant. J'avais 2 bidons de 770 ml.

Dernière modification par Tib (14-08-2021 15:04:46)


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#465 14-08-2021 14:33:46

moby59
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Salut Tib

Je reviens et je vois qu'à défaut de course officielle, tu t'es bien défoncé quand même avec des bonnes blagounettes au passage (matériel, santé...), sinon ça ne serait pas drôle !

Pour ma part j'étais quelques jours en rando vélo famille, je vais voir si je fais un CR ou pas (ça n'avait rien de léger)... j'avais gardé ta sacoche de cadre parce que j'avais envisagé la possibilité de la prendre pour cette expédition pour voir... et puis finalement elle est restée au garage, j'avais déjà assez avec (planquez les cœurs fragiles de RL) : 2 sacoches avant, 2 sacoches arrière, une petite sacoche de toptube, une poche à eau de 5L pour les bivouacs... et une remorque avec 2 sacs de... 60L chacun (pas forcément remplis non plus). A ma décharge je portais globalement l'intégralité du matos pour une famille de 4 (Madame avait la remorque avec numéro 2) et numéro 1 avait juste 1 bidon et 3 barres de céréales sur son guidon.

Du coup toujours pas plus avancé sur le choix "demi-hauteur" ou plein cadre... mais Apidura vient de sortir une poche à eau de fond de sacoche plein cadre, ça va peut-être orienter ma décision...  A suivre...

Dernière modification par moby59 (17-08-2021 13:37:08)

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#466 24-08-2021 09:59:17

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Merci pour les infos, curieux de découvrir la poche à eau Apidura !

Sinon, petite sortie de 3 heures sur la côte de granit rose dimanche, quels paysages !

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Malgré les limitations de circulation VTT sur le côtier (de toute façon trop encombré en plein été), il reste quelques portions autorisées sur lesquelles les adeptes de pilotage peuvent se faire énormément plaisir.


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#467 08-09-2021 17:25:56

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Hello !

Récit de ma Gravel Tro Breizh (avortée). J'abandonne tellement d'épreuves en ce moment, que je pense finir par ouvrir un cabinet d'avortement : chuis sûr qu'il y a moyen de rentabiliser le concept ! je couche mes impressions "à chaud", je viens juste de rentrer. On verra si mon discours sur mon ressenti évolue dans le temps...

J'étais inscrit, l'épreuve initialement prévue en mai a été reportée pour les raisons qu'on connaît. Vague du dimanche, je décolle de chez moi le samedi pour arriver sur le site du Lac de Trémelin, qui ressemble fort à la Breizh Riviera rennaise.

J'y retrouve Fred, l'organisateur, que j'ai connu il y a... quasiment 20 ans, à la grande époque du forum Vélovert et des VV Camps. Dingue comme le temps passe vite ! Hormis quelques kilos en plus, il n'a pas vraiment changé, avec toujours cet humour bonhomme et cette jovialité trahie par ce sourire qui ne quitte jamais son visage. Ce mec sourie même quand il râle ! Ca m'a fait super plaisir de le revoir.

Je pose la voiture sur le parking du site de départ entre 3 autres autos de participants, en train de partager une bière. Magie du hasard, je me rends compte rapidement qu'il s'agit... des 3 gars de "ma" vague de départ ! Pour les raisons que vous devinez, on part espacés de 3 minutes, par vague de 4. On improvise un dîner en partageant le peu de victuailles qu'on a amené, Kevin (j'en reparlerai) sort une mini table de camping et des tabourets du camping-car de ses parents, c'est super bon enfant. C'est une première pour chacun de nous, on discute des options et choix techniques... il fait chaud, beau, ça s'annonce super bien. Vers 21h chacun va se coucher, je dors dans la voiture contre mon vélo. Le lendemain, lever 7h pour un départ à 7h54, chacun émerge et se prépare en silence.

Avant le départ, photo du vélo devant Excalibur :

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Dans cette configuration, le vélo affiche 16,8 kg tous pleins faits, avec 24h de nourriture. En résumé, c'est "léger mais pas trop". J'ai quand même pris quelques options de confort :
- une tenue vélo complète de rechange, la météo s'annonçant clémente d'abord puis changeante ensuite
- double éclairage avant et double batterie
- en revanche j'ai décidé de partir sans moyeu dynamo, imaginant un parcours plutôt typé VTT sans possibilité de recharger à pleine puissance

Au départ j'ai 2 objectifs : finir, et si possible en 6 jours. Ca donne environ 200 km par jour.

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Le matin du dimanche, on décolle donc à 7h54, la trace débute par un tour du lac dans une ambiance comme seule Brocéliande a le secret : de la fraîcheur, de la brume mystérieuse, un silence de cathédrale, des odeurs de bruyère...

Rapidement, "ma" vague s'éparpille : l'un des gars (Mario) part en flèche devant, Guillaume (en pédales plates, guidage smarphone et 3,5 jours d'autonomie eau + nourriture) reste à l'arrière. Kevin et moi roulons un peu ensemble puis je me détache à l'avant. Au bout de quelques kilomètres, je double un participant, Popop, "connaissance virtuelle" du forum RL ! Reconnaissant mon vélo, il m'interpelle, on fait les présentations, il se cale à mon rythme et on se met naturellement à rouler ensemble. On roulera (boîte) de conserve tout le premier jour, encore merci à toi pour ce bout de chemin bien sympathique !

Premier moment saugrenu, après 20 bornes on traverse un marché, masque et pied à terre obligatoires :

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Il est à peine 9h mais les odeurs de poulet à la broche me donnent déjà faim. Le vigile à l'entrée du marché (celui qui demande de mettre pied à terre) nous demande d'où on vient et où on va : le lieu de départ est à 20 bornes, facile de l'indiquer. Mais de mon côté, la destination paraît tellement éloignée et incertaine que je préfère répondre "on essaie d'aller le plus loin possible".

Je m'attendais à un début plutôt ennuyeux avant les monts d'Arrée, mais d'emblée les chemins et paysages sont sympas :

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L'itinéraire est imposé, si tu quittes la trace il faut la reprendre où tu l'as quittée, sous peine de disqualification. La distance cette année est annoncée à 1270 km, à parcourir en moins de 7,5 jours. Une balise GPS nous localise en temps réel et enregistre notre progression. Ca n'est donc pas totalement une randonnée pépère, si bien que j'ai pris très peu de photos.

En tant qu'ancien cheminot, j'ai quand même tenu à immortaliser les nombreux passages sur d'anciennes voies ferrées reconverties en voies vertes

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Ces axes désormais cyclables sont les témoins d'un passé pas si vieux, quand notre pays était maillé d'un réseau ferré dense. Quand on y repense... bref. Ca nous aura au moins permis Popop et moi de lancer une discussion "aménagement du territoire" !

La journée vire rapidement de "douce" à "chaude", voire "très chaude" : 31°C vers 12h30. Les passages le long d'un autre ouvrage breton, le canal de Nantes à Brest, offre une petite fraîcheur bienvenue :

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Puis, premier arrêt boulangerie dans la meilleure boulangerie de l'ou(e)st ! Alors forcément, quand 60 gus s'arrêtent dans la même boulange pour acheter les mêmes choses, et que toi t'es le 59ème, ben tu prends ce qu'il reste, c'est à dire pas grand-chose :

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Avec "mes" compères de la "vague de 7h54", on se croise, se re croise. A chaque fois on échange un petit mot, dans l'effort des "amitiés éphémères" se forment vite. Avec les boulangeries, l'autre point de rencontre ce sont... les toilettes publiques :

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Pour remplir les bidons, vu la chaleur c'est un sport très fréquent (les fontaines sont rares en Bretagne, mieux vaut viser juste entre cimetières, WC publics et recours à l'autochtone, au demeurant très accueillant). Et au-delà du point d'eau, la règle (pour moi au moins) en itinérance est de faire usage des toilettes dès qu'il s'en présente des à peu près propres. Ce moment où tu découvres qu'aller à la selle sans choisir le moment, ben ça n'est pas forcément évident ! c'est l'un des intérêts de ce type d'épreuve : t'aider à prendre du recul pour te faire (re)prendre conscience à quel point des gestes du quotidien paraissent naturels dans notre confort moderne, mais peuvent très vite s'avérer compliqués.

Bref, sans transition, voici un aperçu des plus moches chemins bretons arpentés :

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L'épreuve fait la part belle (un peu trop à mon goût) à la route, mais les rares passages sur sentier sont magnifiques. C'est ce que j'ai trouvé sympa : t'es sur une route de campagne sans grand intérêt, et paf, soudain le GPS te dit de tourner à droite et tu te retrouves sur un monotrace d'anthologie ! En particulier ce sentier "VTT Lizio", je veux absolument rencontrer son traceur ! bonheur pour moi qui suis pur vététiste, enfer pour d'autres issus plutôt de la route et chevauchant des vélos vraiment pas adaptés. C'est aussi le sel de ce genre d'épreuve : il n'y a pas de "bon" choix matériel universel, chacun essaie de trouver le meilleur compromis pour lui. Et certains ne le trouvent jamais, comme moi !

La suite de la journée se déroule tranquillement, j'ai quelques baisses de régime mais rien d'alarmant. On fait un stop "supérette" pour ravitailler, je dévore mes carottes râpées et ma salade de thon à la piémontaise (pas vraiment compris la notion de piémontaise d'ailleurs, c'était surtout du thon et des patates...). Popop ressent une douleur naissante au genou en fin d'après-midi, il baisse le rythme et je pars devant pour essayer d'être au CP1 vers 20h30, car c'est l'horaire convenu avec ma famille pour l'appel téléphonique quotidien. Le CP1 est prévu au Faouet, en plein pays du Roi Morvan (clin d'oeil suite à ma mésaventure début août, sûrement) :

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Une quinzaine de participants sont présents, profitant du kebab d'en face. J'y arrive vers 20h15, Popop arrive quelques minutes après moi. Lui décide de passer la nuit dans le coin, avec Kevin (vous savez, mon camarade de la vague de 7h54) on décide de poursuivre. Et on ne se lâchera plus jusqu'à mon abandon. Avec Philippe, un autre compère rencontré en chemin, on veut profiter de la douceur pour rouler encore une heure (plaisir de la rime), mais le redémarrage se fait sur un sentier très technique qui bride un peu nos intentions... on finit par échouer sur le splendide site de la chapelle Sainte Barbe, un porche médiéval sera notre abri pour la nuit. J'ai couvert quelque-chose comme 205 km pour 2600 de D+. Je m'installe pile sous la cloche qui doit peser 500 kg, je croise les doigts pour qu'elle ne me tombe pas dessus. Bon, en réalité j'aurai le temps de la surveiller : nuit blanche pour moi. On se couche vers 22h30, lever 5h, j'ai à peine fermé l'oeil... on lève le camp avant l'aube Kevin et moi : Philippe ayant moyennement goûté sa première nuit sous une simple couverture de survie (il n'avait jamais testé avant), il préfère se donner un peu plus de temps.

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Au moins 2 points de satisfaction :
- je suis réglé comme un métronome, je plie le campement en 20 mn montre en main
- mon matelas UberLite ne perd pas d'air, pour l'instant !

On repart donc, avec d'entrée un sentier descendant ultra technique, sur 5 km. On se dit avec Kevin que, rétrospectivement, on a bien fait de ne pas le taper de nuit ! L'air est doux mais des poches d'humidité glacent nos corps encore endormis (enfin, façon de parler).

Pas beaucoup de photos, le chrono tourne et on n'est pas là pour faire du tourisme. Je suis tout content de moi, en faisant un peu plus connaissance j'avais deviné à la vue des mollets et de la moustache de Kevin qu'il était coursier à vélo. On s'entend bien, lui roule plus fort que moi sur le roulant, je suis devant dans le technique, au final on se complète. La communication est naturelle, j'apprécie sa compagnie. Première boulangerie, café et croissant au jambon (et pourquoi pas ?) un peu avant 8h. Je suis les conseils de certains ici : manger tout le temps, en privilégiant ce qui te fait plaisir. Mais surtout, manger !

La trace attaque un coin cher à mon coeur, les Monts d'Arrée avec sa mythique (pour moi) chapelle St Michel :

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Je suis ému à cet endroit car je l'ai arpenté à mes débuts à VTT, notamment sur le roc des Monts d'Arrée. Curieusement un coin dans lequel je viens très peu, mais je connais les sentiers par coeur... émotion un peu troublée par un groupe d'enfants d'une école primaire du coin, accompagnés d'un guide nature au discours un poil baroque : "oui alors ici, vous savez on est à 350 mètres d'altitude, altitude par rapport à quoi d'ailleurs ? oui, voilà, par rapport à la mer. Pour vous aider à comparer, le point culminant de la Terre c'est l'Everest, à 10000 mètres d'altitude, en France c'est le Mont Blanc, à 6000". J'hésite à ramener ma science pour corriger les énormités, mais un touriste retraité s'en charge à ma place...

Il est 12h30, il fait très, très chaud. La descente sous la chapelle est technique à souhait, je me régale autant que certains en bavent. En bas, WC publics, plein d'eau, toilette sommaire, latrines. La presque routine... la route se poursuit, je me sens bien. Arrêt repas vers 14h à Châteaulin, j'essaie de trouver (sans succès) un câble pour recharger mon smartphone (comme un con j'ai pas pris le bon), mais on est lundi et tout est fermé. Tant pis, Kevin me prête le sien (en théorie c'est interdit par l'organisation, chut !). Je gaze, je veux être à Crozon avant 20h30 pour l'appel à ma famille. J'ai un passage à vide un peu avant Locronan, je retrouve mes jambes dans la terrible (enfin, pour la Bretagne et pour moi s'entend) ascension du Menez Hom, un gros tas de cailloux dont tu te demandes comment l'ascension peut te faire mal à ce point pour une colline d'à peine 300 mètres d'altitude... c'est bien simple, le sentier pour y monter c'est un escaler : un mur, un bout de plat, un mur, un bout de plat... bref, au sommet la récompense est chouette :

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S'en suit une encore descente techique à souhait, Kevin y va prudemment avec son Kona acier tout rigide. Je décide d'accélérer la cadence pour atteindre Crozon, il reste un peu plus de 30 bornes. Dans une belle bosse, j'ai un coup de moins bien, je me pose dans le fossé pour avaler une banane. Une automobiliste s'arrête et me demande si elle doit appeler les pompiers. Je la rassure en lui disant que je pense mourir, mais pas tout de suite. J'arrive à Corzon à 20h15, content de respecter pour la deuxième journée consécutive mon objectif journalier : couvrir 200 bornes et être arrivé pour 20h30. Sauf qu'aujourd'hui, j'ai mis 2 heures de plus pour la même distance que la veille ! un début d'explication : j'ai plus de 3600 de D+ au compteur, 1000 de plus que la veille. On dirait pas comme ça, mais ça grimpe ! encore beaucoup de route sur cette journée, mais quelques passages sur des sentiers magiques.

Je commande une pizza face à la plage de Crozon, une Regina vraiment délicieuse... mais je n'arrive pas à la manger, j'ai l'estomac en vrac à force de manger n'importe quoi n'importe quand. C'est très frustrant pour moi car je déteste gâcher, j'adore la pizza, je pensais en avoir envie, mais rien à faire ça ne passe pas. J'ai les boyaux retournés, envie de vomir... bizarre. Avec Kevin on essaie de trouver un coin pour dormir, j'aimerais bien un vrai lit mais tout est complet, on essaie de trouver un espace de bivouac mais en pleine ville c'est impossible : il y a des jeunes partout qui boivent des bières, on se résigne à reprendre la route... pour gravir une belle bosse, bim ! on finit par échouer dans un hameau non loin de là, trouvant derrière la salle des fêtes une dalle béton propre avec (comble du luxe) des toilettes publiques PROPRES, avec eau et prises électriques en nombre. Une première pour moi, à 23h sous une voute céleste splendide, je prends une douche "au bidon" pour tenter de me décrasser... la "douche" me donne presque l'impression de sentir bon.

On se couche, on repousse le réveil de 15 mn le lendemain pour s'offrir une grasse matinée. Youhou ! Seconde nuite blanche. Faut que je creuse ce souci que j'ai, mais je n'arrive pas à dormir sur mon matelas. Couchage trop chaud, pas d'oreiller, je transpire sur le plastique et ça m'agace, je n'arrête pas de me retourner... le lendemain matin j'ai comme qui dirait "la gueule en vrac". Je n'ai pas dormi depuis 48 heures, j'ai 400 bornes dans les jambes, à 5h30 il fait déjà 18°C et le seul fait de plier notre campement me fait suer au propre comme au figuré. On repart, sous une voute toujours aussi céleste, et avec Kevin on blague en se disant que comme des cons, on va faire le tour de la presqu'île de Crozon, l'un des "clous du spectacle" de la trace point de vue paysage, intégralement de nuit... au loin on aperçoit la lumière du phare de Corsen, à l'autre bout de la baie, qui est mon objectif du soir (spoiler : que je n'atteindrai jamais).

Ce matin du mardi, les sensations sont mauvaises : j'ai mal au crâne, le bide retourné (je ne peux toujours rien avaler), rien dans les jambes. Je repars avec difficulté, même si par chance le profil est plutôt plat et facile. Après 30 bornes, un peu avant 8h on s'arrête à Camaret. Par chance la boulangerie a déjà des jambon-beurre, j'arrive à en manger un avec une canette d'Orangina. On repart sur une grosse bosse (j'ai l'impression qu'on s'est bien débrouillés pour systématiquement s'arrêter avant une bosse pour bien se casser les pattes au redémarrage). Et là, lente descente aux enfers pour moi : rien dans les jambes, je peine à avancer, multiplie les arrêts. Au moins, les points de vue et paysages sont vraiment chouettes dans le coin !

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Pour ne pas le retarder, je laisse Kevin partir devant. Je prends mon temps, tâche de ne pas m'énerver en acceptant le fait que je ne tiendrai pas mon objectif de distance du jour... puis, peu à peu, les jambes reviennent, laissant place à une douleur naissante au niveau du talon gauche. Douleur que je n'ai jamais ressentie, je ne m'inquiète pas outre mesure... jusqu'au moment où je n'arrive plus à pédaler tellement j'ai mal. La tendinite est évidente, je ressens des décharges électriques dans tout le mollet. Chaque tour de pédalier devient une épreuve. Je m'arrête, me masse, essaie de m'étirer, me détendre... rien à faire. Je vise Brest, au kilomètre 525, pour trouver une pharmacie. Je tombe sur un pharmacien lunaire qui me conseille des patches chauds et un repos complet d'au moins 3 jours. Je lui achète un spray "froid", des straps, m'installe dans un jardin public pour essayer de soigner le truc. Je décide de faire une longue pause pour réfléchir (pas bien !). Je m'achète à manger, le seul truc dont j'ai envie : un Mc Do. Après 2h30 d'arrêt dont la moitié passé à me masser, je repars... la douleur est pire, je n'arrive plus à poser le pied sur la pédale. Même si je sais que c'est ma grande faiblesse, je bascule du mauvais côté mentalement, et au fond de moi je sais que j'ai décidé de renoncer : la douleur ne va pas s'envoler, mon objectif de 200 km ne sera pas tenu aujourd'hui. J'hésite à prendre un hôtel pour la nuit, histoire de me laver pour me débarrasser de cette odeur de crasse, dormir dans un vrai lit, prendre un vrai repas assis à une table... mais dans ma tête c'est fait, j'ai abandonné.

Voilà. Encore une fois, d'une certaine manière mon mental a cédé. Je ne me rentranche pas derrière la blessure, car j'aurais pu dormir à l'hôtel et attendre le lendemain. Dans ma tête, je m'étais bâti un schéma à 200 km par jour dont je n'ai pas réussi à sortir : la blessure m'a contrarié, je n'ai pas accepté l'hypothèse de m'arrêter pour essayer de guérir et repartir, car j'ai uniquement considéré la perte de temps sur le chrono.

Je retiens de cette épreuve plusieurs choses. D'abord les aspects négatifs :
- je supporte mal de rouler 3 jours de suite avec la même tenue puante, sans douche, avec une hygiène sommaire
- je supporte mal les arrêts dans des WC publics au confort très sommaire
- je n'arrive pas à dormir avec mon organisation actuelle, sans trop comprendre ce qui cloche (peut-être prendre un oreiller ? je dois modifier mon organisation pour tester d'autres configurations
- je n'aime probablement pas assez le vélo pour réussir ce type d'épreuves, qui comportent beaucoup de route certes agréable pour "borner gratuitement" mais qui ne correspondent pas exactement à ce que je considère comme du "vélo plaisir"
- j'ai mal géré mon alimentation, non pas en quantité ni régularité, mais en qualité : j'aurais dû davantage varier pour briser la monotonie et préserver mon appareil digestif
- je supporte finalement assez mal cet impératif de temps inhérent à ce type d'épreuve, qui me force à rouler par obligation plutôt que par plaisir, j'ai l'impression de passer à côté de quelque-chose

Je retiens néanmoins les aspects positifs :
- d'abord et avant toute chose, les rencontres avec des gens simples, adorables, bienveillants les uns envers les autres
- ensuite, l'opportunité de déconnexion totale qu'offre ce type d'aventure, totalement coupé du monde (par choix, me concernant) et concentré uniquement sur ma passion, le vélo
- les paysages traversés, magiques
- le fait que je rentre en me connaissant un peu mieux

En conclusion, heureusement que je n'ai pas terminé sinon vous auriez eu 8 pages de compte-rendu supplémentaires à lire ! Plus sérieusement, mon sentiment à date est qu'avec cette GTB partielle, la balance souffrance / plaisir est défavorable pour moi, et je ne suis pas certain que terminer l'épreuve aurait suffi à inverser la vapeur, au-delà de la fierté de pouvoir me dire "je l'ai fait". J'ai le sentiment d'avoir entrouvert la porte de l'ultra-cyclisme, juste pour me rendre compte que ce type d'épreuve n'était tout simplement pas fait pour moi. Je n'ai plus rien au programme. Je vais y repenser à froid, une fois la blessure à la cheville guérie.

Bilan en chiffres :
- 525 km "officiels" parcourus (541 en incluant les kilomètres "Mc Do & pharmacie")
- 8100 de D+
- 30h20 de pédalage (pauses exclues)

Merci de m'avoir lu !

Dernière modification par Tib (08-09-2021 17:46:38)


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#468 08-09-2021 17:49:21

Shanx
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Bah t'auras pas trainé pour faire ce CR !

Dommage pour toi, j'espère que ton talon va vite se remettre en place.

Par contre quand je lis :

J'ai le sentiment d'avoir entrouvert la porte de l'ultra-cyclisme, juste pour me rendre compte que ce type d'épreuve n'était tout simplement pas fait pour moi. Je n'ai plus rien au programme. Je vais y repenser à froid, une fois la blessure à la cheville guérie.

sad

(mets-toi au vélo de route, c'est tellement plus simple big_smile )


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#469 08-09-2021 18:07:27

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Merci à toi pour tes encouragements en tout cas ! je ne peux pas poser le pied par terre, ça me donne du temps pour rédiger...

cool

Pour l'ultra, j'ai du mal à gérer l'inconfort. Sur la GTB j'ai croisé un gars qui roulait sans sacoche : il s'arrête à l'hôtel, il n'a sur lui qu'un peu de nourriture et une veste de pluie. Il me disait qu'il ne sait pas dormir ailleurs que dans un lit, lui a déjà fini plusieurs ultra avec cette organisation. C'est assez contraignant, mais pourquoi pas. Faudra que j'essaie !


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#470 08-09-2021 19:53:41

Oscar
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Tib a écrit :

#625360Hello !


Je retiens de cette épreuve plusieurs choses. D'abord les aspects négatifs :
- je supporte mal de rouler 3 jours de suite avec la même tenue puante, sans douche, avec une hygiène sommaire
- je supporte mal les arrêts dans des WC publics au confort très sommaire

- je n'aime probablement pas assez le vélo pour réussir ce type d'épreuves, qui comportent beaucoup de route certes agréable pour "borner gratuitement" mais qui ne correspondent pas exactement à ce que je considère comme du "vélo plaisir"

- je supporte finalement assez mal cet impératif de temps inhérent à ce type d'épreuve, qui me force à rouler par obligation plutôt que par plaisir, j'ai l'impression de passer à côté de quelque-chose

J'ai le sentiment d'avoir entrouvert la porte de l'ultra-cyclisme, juste pour me rendre compte que ce type d'épreuve n'était tout simplement pas fait pour moi. Je n'ai plus rien au programme.

L'impression que cela me donne, c'est que tu t'alignes sur ce genre d'épreuves pour des mauvaises raisons, qui certes flatteront ton égo si tu termines ces parcours (et si possible avec une meilleure moyenne que le commun des participants), mais au fond ne correspondent pas à tes envies profondes avec un vélo.

Par exemple, si tu aimes les parcours exigeants, avec des journées physiques en distance et en dénivelée, avec nuits à l’hôtel et sur des périodes courtes (2 à 4 jours), pourquoi ne pas te tracer des itinéraires ainsi. Qui vers l'arrivée à l’hôtel comportent des boucles si jamais  tu as trouvé la journée trop courtes, mais qui restent optionnelles pour ne pas signifier aller trop loin physiquement si la forme n'est pas là.

On dirait que tu cherches le challenge et une forme de reconnaissance/comparaison aux autres via des épreuves calibrées, mais que celles ci in fine ne répondent pas en totalité à tes attentes profondes, et que le plaisir que tu devrais avoir sur le vélo peut se transformer en contrainte.

Après, je sais que certains ont besoin d'un but élevé pour trouver la motivation pour se préparer, s'entraîner, etc, et que sans challenge à l'horizon, c'est plus difficile de garder l'envie suffisante qui conduit à beaucoup rouler.

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#471 08-09-2021 20:34:31

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Ah mais tu m'as parfaitement cerné ! J'ai voulu me tester pour faire comme ceux de mon entourage qui réussissent et terminent, et à qui quelque part je cherche à me comparer. Je cherche une reconnaissance à travers ça. Mais en réalité je force ma nature et ne prends pas vraiment de plaisir sur ce type d'épreuve.

Le format que tu écris avec pur VTT et nuits en hôtel correspond exactement à ma formule plaisir, donc je vais laisser reposer tout ça et arrêter de m'inscrire sur des événements sur lesquels je n'ai rien à faire.

Bravo pour ton analyse en tout cas ! Il m'a fallu du temps pour faire la même sur moi-même...

smile

Dernière modification par Tib (08-09-2021 20:36:35)


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#472 08-09-2021 20:41:37

Shanx
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Personnellement j'ai mis très longtemps (plus de 30 nuits) avant de bien dormir en bivouac. Même maintenant, mes premiers bivouacs après quelques temps sans y aller sont souvent de piètre qualité.

Bon par contre j'avoue qu'en vélo j'ai tendance à bien dormir (mieux qu'à pied) parce que ça me permet de plus me fatiguer. big_smile


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#473 08-09-2021 20:50:09

marcheur75
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Juste une petite remarque au sujet du sommeil, tirée de mon expérience. Quand je marchais beaucoup, de 7 heures à 20 heures, je ne trouvais jamais le sommeil. Peut-être trop d'endorphine généré par l'activité physique. En m'imposant de m'arrêter avant 17 ou 18 heures, je dors bien, même crasseux, même s'il fait chaud. Manger irrégulièrement n'importe quoi doit jouer aussi probablement, comme avoir des horaires différents.

Il existe quelque part une ancienne discussion sur le sommeil en randonnée.

Nous sommes tous différents, et limiter la durée de l'effort n'est pas forcément facile tellement on se sent bien dans l'effort long, une drogue en quelque sorte.


Je n'ai pas lu tous les livres, hélas ! Mais la chair est réjouissante...

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#474 08-09-2021 21:03:22

Tib
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Un ami spécialiste de l'ultra distance à VTT m'explique l'inverse, peut-être que je me fixe trop de contraintes : faire 200 km par jour, s'arrêter à telle heure pour dormir... lui ne se fixe pas ce genre d'objectif, il roule jusqu'à ressentir une fatigue de sommeil, et du coup s'endort dès qu'il s'est arrêté. Là j'ai ressenti le double effet en forme de cercle vicieux :
- je m'arrête à telle heure même si je ne me sens pas fatigué parce que je pense raisonnable de dormir maintenant
- je n'arrive pas à dormir et j'en viens à me dire que je perds mon temps vu que je ne roule pas

J'en conclus qu'il ne faut rien en conclure... sinon que chacun son biorythme et que je dois trouver le mien. Sur l'épreuve, un gars a roule d'une traite depuis le départ jusqu'à couvrir 350 bornes, en 24 heures. Il s'est arrêté dormir 2 heures au petit matin, puis est reparti.

Sachant que dans ma vie de tous les jours, j'ai un rythme ultra normé (je mange et me couche toujours aux mêmes horaires), et que depuis mon adolescence je mets toujours beaucoup de temps à m'endormir le soir. Ma douce me conseille de me mettre à la médiation pour essayer de gérer ça, mais clairement chuis pas prêt !

cool

Dernière modification par Tib (08-09-2021 21:06:36)


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#475 08-09-2021 21:30:12

repi83
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Re : Pérégrinations cyclistes de Tib

Bonsoir Tib,

Je me suis régalé à lire ton témoignage. Voilà un discours empreint d'humanité, de franchise et d'humour.
Je ne sais pas si ce genre de format de course te convient mais je trouve très sain de se poser des questions. Nous sommes bien souvent perclus de certitudes, alors lire un récit émanant d'un spécialiste du vélo qui partage ses galères et ses doutes me réconcilie avec " l'homo forumus ".

Pour la gestion du sommeil, il n'y a pas de miracle. Il faut tester beaucoup de configurations différentes pour trouver le set-up qui nous convient. Pour te donner une idée j'ai un poids de base qui tourne autour de 4 kilos mais j'embarque un vrai coussin de près de 200g...

Cependant ça me semble être une solution peu envisageable en bikepacking où la notion d'encombrement compte au moins autant que le poids.


Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. Mark Twain.
Jesus is my Airbag !

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