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#1 21-08-2023 20:26:35

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
Inscription : 27-04-2010

[Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Salut,
J’avais préparé cette sortie ici.

En 2013, je me lançais sur la HRP Est-Ouest avec Sonicflood, et nous nous sommes arrêté à peu près à mi-chemin pour rejoindre le camp de base.
En 2016 je me lançais de nouveau sur la HRP dans le même sens avec Anthony50, avec cette fois-ci le projet d’aller jusqu’au bout, mais j’ai dû m’arrêter avant le pays Basque pour cause de tendinite.
Ce coup-ci, en 2023, je me dis qu’à vélo j’arriverais peut-être à aller de la Mer à l’Océan. L’itinéraire va d’Argeles-sur-Mer à Hendaye, en passant uniquement sur des routes goudronnées, à de rares exceptions près. Le choix du tracé était guidé par le souhait de rouler le plus proche possible de la crête frontière, mais aussi de rouler le plus loin possible des gros axes avec beaucoup de trafic.

Quelques mois auparavant, j’assemble un vélo qui me plaît. Une sorte d’auto-cadeau pour mes 40 ans, sur base d’un cadre gravel en Titane Van Nicholas Rowtag. Je le termine suffisamment tôt pour avoir quelques occasions de rouler avec, histoire de peaufiner les réglages et tester la bagagerie. L’idée est de me tester également. J’ai déjà roulé un peu en montagne, gravi quelques cols, mais jamais plusieurs jours d’affilée.

J-1 (Sam 05/08) : Le vélo a eu droit à sa petite révision il y a quelques jours. J’ai tout empaqueté, je n’ai plus qu’à monter dessus et rouler.
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J1 (Dim 06/08) : Argeles sur Mer → La Bastide
Distance : 69km ; D+ : 863m
Vers 7h je suis dans le TER. J’en sors vers 10h. Je fais un saut jusqu’à la mer pour une première photo ratée en contre-jour, et puis je pars dans les terres. Une fois qu’on a réussi à quitter Argeles, il y a un itinéraire balisé qui mène au Boulou. Il est à l’écart de la circulation, sur des voies secondaires qui longent souvent un axe fréquenté. Donc on n’est pas en pleine nature mais on se sent en sécurité. Entrer dans le village du Boulou est aisé. En sortir l’est beaucoup moins car le balisage laisse à désirer. Il y a un vent fort qui diminue à mesure que je m’éloigne de la côte.
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C’est par une voie verte suivant le tracé d’une ancienne voie ferrée que j’arrive à l’entrée d’Amélie Les Bains. Je ne m’y attarde pas. J’y suis déjà passé lors des 2 HRP, ça m’a suffi. Alors que la route commence à grimper, je fais une pause pique nique sur un banc ombragé à l’entrée de Palada. En repartant je fais le plein d’eau au cimetière. Le soleil tape bien, mais avec ce vent il ne fait pas si chaud, c’est plutôt agréable. Je franchis le Col Xatard (752m), le premier de la traversée, en milieu d’après-midi. Juste après le col, je suis pris dans un groupe de cyclistes qui a démarré du col, probablement pour faire le Col de Palomère. Je roule derrière eux tant que ça descend, et dès que ça re-grimpe, je les dépasse  et roule jusqu’à La Bastide. C’est un petit village doté d’un camping minuscule et pas cher du tout. 4€. J’ai eu droit à un jeton de douche gratuit au motif que l’encombrement de ma tente et de mon véhicule sont ridicules. En montant la tente, je vois passer le groupe de cyclistes sur la route qui surplombe le camping. Le soir, j’ai dîné dans le seul restaurant du village. J’étais le seul client à dîner car une fête dans un village voisin drainait toute la population locale. La patronne du resto, apprenant que j’allais jusqu’à l’Océan, m’a demandé d’y jeter un objet. Il s’agit d’un porte-clé touristique italien. J’ai dit que je le ferai mais je n’ai pas eu la présence d’esprit de lui demander ce que ça signifiait pour elle. Ce petit bout de métal dans mes bagages, il est bien commode. Je ne savais pas vraiment pourquoi je me lançais dans cette traversée, et voilà que dès la première étape, on me confie une mission qui donne un peu de sens à mon voyage.
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Dernière modification par Eloi (02-09-2023 11:50:43)

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#2 21-08-2023 20:42:22

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J2 (Lun 07/08) : La Bastide → Col de Garabeil
Distance : 76km ; D+ : 1901m
Le camping est très calme, j’y dors bien. Le matin, je me réveille naturellement à 6h30, replie discrètement mes affaires puis prends mon petit déjeuner près de la salle des fêtes du village. A 7h30 je roule vers le col de Palomère (1036m), puis je suis la route quasi déserte jusqu’à la vallée de la Têt. J’ai bien étudié la portion de route nationale N116 que je vais devoir emprunter. Je me suis arrangé pour que cette portion soit la plus courte possible : 800m. J’ai quand même bien flippé. Les automobilistes du coin ont peu de considération pour la vie des cyclistes. Je me suis fait frôler à de nombreuses reprises, doublé par des automobilistes au moment où ils en croisaient d’autres. Je suis tout de même arrivé vivant à Marquixanes. J’y ai grignoté un second petit déjeuner près de la gare, sur un banc à l’ombre, puis j’ai pris la petite route du Col de Jau. Ici quand je dis « Petite route », je parle de sa largeur et de sa fréquentation. En fait cette ascension est infinie. Il faut monter pendant une 30aine de km depuis Marquixanes pour gravir les presque 1300m de dénivelé. En chemin je m’arrête à la boulangerie de Catllar pour m’assurer un 3ème petit déjeuner et prendre un sandwich pour midi. En attendant que la boulangère termine de préparer le sandwich, je m’adresse aux 3 autres clients qui attendent derrière moi. Je leur demande où je pourrais trouver de l’eau potable pour remplir mes bidons. C’est un monsieur qui prend l’initiative de me répondre. Il tente de m’expliquer comment atteindre une fontaine dans le village. Au bout de quelques secondes, ça se complique. Il est bègue et ses explications sont interminables. Mon sandwich est prêt. J’abrège les souffrances du bègue en demandant s’il y a de l’eau au cimetière qui se trouve juste à côté de la boulangerie et c’est une autre cliente qui me le confirme.
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Je roule à peine 2km et je vois un canal d’irrigation à l’ombre en contrebas de la route. Je m’y arrête pour prendre mon 3ème petit déjeuner les pieds dans l’eau fraîche. Ça fait un bien fou. Chez moi, le pied est un des organes offrant le plus de surface d’échange thermique. Autant dire qu’après ça, j’étais rafraîchis pour un moment.
A midi, je trouve un banc à l’ombre à Mosset et j’y déjeune. Un chien très tranquille me rejoint et se couche à mes pieds. Ça me fait de la compagnie. Je refais le plein d’eau avant de repartir (dites-moi si c’est répétitif). Nouveau bain de pied dans un ruisseau qui coule en forêt, un peu avant le Col de Jau. C’est un endroit très agréable, frais et ombragé, avec des tables de pique nique. Je termine l’ascension du col de Jau, mais c’est pas là que je dors ce soir. En début de descente du col, je tombe sur ce panneau original m’invitant à ne pas emprunter cette route. Comme je n’ai pas envie de redescendre tout ce que j’ai monté ni de réfléchir à un autre itinéraire, je descends sur plusieurs km de gravillon. C’est un peu frustrant de ne pas pouvoir descendre librement après avoir atteint le col si péniblement.
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Quand la route ne descend plus, c’est parce qu’elle remonte vers le Col de Garabeil, c’est à dire là où j’ai prévu de bivouaquer. Je fais le maxi-plein d’eau à Roquefort de Sault, parvenant à faire tenir une poche Platypus de 2L dans un porte-bidon avec l’aide d’une sangle. Ça tient plutôt bien. (l'expérience m'apprendra plus tard que ça ne sert à rien d'emporter autant d'eau au bivouac). J’arrive au col. Le pré dans lequel je prévoyais de bivouaquer est fraîchement fauché, il semble parfait pour bivouaquer, mais il y a un événement festif rural. Des tables sont dressées, des enfants jouent au foot, il y a plein de voitures garées sur le bord de la route… ça a l’air bien, mais je n’ai pas été invité. Je continue alors à rouler, doucement, scrutant les abords de la route en quête d'un coin pour planter la tente. Je trouve assez rapidement un pré en contrebas de la route. Il est clôturé mais l’entrée n’a pas été fermée. Ce soir là, j’ai eu la visite de deux chevreuils qui sont passés à 30m en m'ignorant complètement, puis plus tard de quelques sangliers.
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[EDIT] : Aurtografe

Dernière modification par Eloi (23-08-2023 11:32:03)

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#3 22-08-2023 21:10:55

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J3 (Mar 08/08) : Col de Garabeil → Appy
Distance : 69km ; D+ : 1816m
Il fait froid au réveil. 7°C. Je remballe ma maison, et alors que j’ajuste les sacoches sur le vélo, les deux chevreuils de la veille (ou d’autres, je ne suis pas très physionomiste) passent cette fois à 10m de moi. Je dois être invisible. Enfin, ils finissent par réaliser que j’existe et descendent plus bas dans le pré en aboyant. Je roule en doudoune et gants longs ce matin. Je descends un peu puis remonte jusqu’au Col des Moulis (1099m). La montée n’a pas été assez longue pour me réchauffer. C’est toujours en doudoune que je poursuis ma route vers le fond de la vallée de l’Aude, fleuve que je longe sur un km par la D118 qui est très calme ce matin puisque je n’y croise absolument personne. A Escouloubre Les Bains, je remonte sur l’autre versant, ce qui m’amène à Carcanières, puis Le Pla (qui n’en a que le nom) et enfin Mijanes dont le seul commerce semble être le restaurant où j’ai acheté le sandwich de mon prochain déjeuner.
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Mijanes, c’est aussi le départ du Col de Pailhères. J’ai le sentiment que les choses sérieuses commencent maintenant, mais j’appréhende car je ne me suis pas senti très vaillant dans les précédentes ascensions. Je démarre à un petit rythme, c’est à dire souvent sur le plus petit rapport en me disant qu’à force, j’arriverai en haut. Et puis voilà que dans le rétro, je vois arriver un cycliste en lycra sur un vélo de route. Je tente de maintenir la distance. Je passe quelques pignons et continue à pédaler au même rythme, ce qui fait que je vais plus vite qu’avant, mais je force aussi un peu plus sur les jambes. A ma grande surprise, c’est supportable et j’ai l’impression de pouvoir tenir ce rythme pendant un moment. Le cycliste que je tente de garder à distance finit par me dépasser, se mettant en danseuse. Avec mon chargement et mon inexpérience, je ne peux pas lutter, mais je tente de rester dans sa roue, et j’y arrive un bon moment. Je constate que dès que je passe quelques vitesses, c’est à dire quand la pente varie, il jette un œil derrière lui. Il faut dire qu’il a sa chaîne tout à gauche, c’est à dire sur le rapport le plus court et quand ça pente s'accentue, vu qu’il n’a pas de vitesse plus courte, il est forcé de se mettre en danseuse, ce qui semble épuisant. Je fais une petite pause photo et grignotage qui me permet de le laisser partir devant tout en préservant mon égo (j’observerai plus tard que l’égo de cycliste est quelque chose d’assez fragile). Arrivé au col de Pailhères (2001m), je retrouve ce cycliste et ses potes en train de se prendre en photo devant le panneau du col. Et là, j’entends un hurlement féroce dans une langue que j’ai du mal à définir : Un couple de motards italiens veut lui aussi sa photo du col et la dame n’est pas du genre patiente. Elle gueule en faisant de grands geste pour que tous ces gueux s’écartent de sa photo. Je discute avec les cyclistes, on parle transmission et titane, et puis une jeune cycliste blonde moulée dans son Lycra arrive de l'autre versant. En un instant, je n’étais plus au centre de l’attention, et je devais me farcir leurs réflexions douteuses. J’ai alors décidé que c’était le moment de trouver un coin à l’abri du vent pour dévorer mon sandwich. Un peu sous le col, il y a d’étranges cylindres bâtis en pierre. Je ne sais pas à quoi ils servent ou servaient, mais ils abritent du vent.
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Ensuite, c’est la descente vers Ax Les Thermes. Première vraie descente de col, sans gravier cette fois. Ça va vite, c’est très chouette. A Ax, je prends un très agréable bain de pieds tiède, je fais quelques courses puis je monte vers la route des corniches par Vaychis et Tignac. Il fait très chaud, il n’y a pas de vent. J’entends les barrières de sécurité se dilater au soleil, les genêts crépiter. Une fois la route de la corniche atteinte, c’est moins pénible. C’est vallonné mais jamais très raide. Avec un ami que je nommerai ici P, on a prévu de se rejoindre par là, et de rouler ensemble demain jusqu’à chez B à Soueix. Je retrouve donc P près d’Appy et on bivouaque dans un pré.
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J4 (mer 09/08) : Appy → Soueix
Distance : 68km ; D+ : 1140m
On quitte notre pré et on termine la route des corniches. On aura de nouveau droit à une longue portion gravillonnée. On passe à Tarascon sur Ariège sans s’y arrêter, puis on monte vers le Col de Port. A mesure qu’on monte, la route se désertifie. On atteint le Col de Port (1249m) vers 11h. Comme il y a un resto, on s’y attable pour boire une limonade, et quand arrive midi, on reste pour un bon repas. La descente est chouette jusqu’à Massat, mais ensuite il y a plus de circulation et moins de pente. C’est le genre de descente où il faut pédaler.
Bref, on arrive tôt à Soueix où la fête du village commence à se mettre en place. Au programme, retrouvailles, rafraichissement dans la rivière, hamburgers, concert et couché tard, mais dans un vrai lit.
Il n'y aura qu'une seule photo de cette journée, prise à Col de Port. En roulant à deux, on bavarde et on prend moins de photos.
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[EDIT] : Syntaxe

Dernière modification par Eloi (23-08-2023 11:42:35)

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#4 23-08-2023 09:53:48

cajba
Membre
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Salut Eloi, smile

Excellent ce retour !
Je vois que ton bagage de selle est assez gros, il ne ballotte pas trop ?
tu avais quoi comme rapports sur pignon et cassettes ?
hâte de lire la suite, et le retour matos !
  big_smile

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#5 23-08-2023 10:49:51

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

La sacoche de selle est une Topeak Backloader de 15L. Elle contenait des choses assez légères : une couette en duvet de 700gr, une tente de 750gr, un matelas de 500gr, 70gr de polycree et environ 500gr de vêtements de pluie. Même bien serrée, elle peut bouger de droite à gauche, mais je n'ai pas trouvé ça gênant. Sur les premières photos, elles est positionnée très à l'horizontale. C'est parce que les rails de ma selle partent loin derrière la tige de selle. Par la suite, j'ai fait un bricolage avec un voilé strap pour avancer les sangles de fixation aux rails, et jai abaissé le point de fixation sur la tige de selle. ça lui a donné une allure plus conventionnelle. J'ai aussi, peu à peu, appris à la remplir correctement. Dans les derniers jours, j'ai parfois eu l'impression que le pneu arrière était dégonflé alors qu'il ne l'était pas. Je pense que cette impression était due au ballottement de la sacoche de selle. Et si je ne l'ai ressenti qu'à la fin, je pense que c'est parce que peu avant, j'ai eu une crevaison un peu compliquée que j'ai eu du mal à réparer, et que je suis devenu très attentif au moindre indice d'un pneu mou.
Avant de me mettre au bikepacking, j'avais des craintes quant au ballotement de la sacoche de selle. C'était clairement exagéré. Je roule la plupart du temps assis. Quand je tente de me mettre en danseuse, il y a des choses qui me gênent bien plus que la sacoche de selle : les repose bras des prolongateurs réglés très en arrière, et la petite sacoche de top-tube.

J'ai monté un groupe Shimano GRX 810, en 2x11 vitesses, avec un pédalier 46-30 et une cassette 11-40. J'ai trouvé ça parfait pour cette traversée.

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#6 23-08-2023 20:35:37

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J5 (jeu 10/08) : Soueix → Col de Portet d’Aspet
Distance : 53km ; D+ : 1570m
Ce matin, après un vrai petit déjeuner attablé avec du thé chaud, on roule à trois, P, B et moi, d’abord à plat jusqu’à Seix en passant près d’Oust (je le dis surtout parce que les noms de bleds ariégeois me font marrer), puis ça grimpe sous le nuage puis dans le brouillard jusqu’au Col de la Core d’où on ne profitera pas de la vue.
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Je descends seul vers Castillon où je me ravitaille, puis je remonte la vallée de la Bouigane. Là, je commence à trouver ça moche. Peut-être parce que d’un coup je me retrouve de nouveau seul, parce que le ciel est gris, je ne sais pas, mais la végétation et l’architecture ont changés. Ça me plaît moins.
A Aucazein, je pique nique sur une pelouse parfaitement verte au bord de la rivière. Le soleil est revenu, mais il y a de l’ombre et même des toilettes, que demander de plus ?
Le fond de vallée est en faux plat montant jusqu’à Saint-Lary, puis ça grimpe plus sévèrement jusqu’à Portet d’Aspet village, et enfin le col de Portet d’Aspet. Là haut il y a un camping assez sympa, avec des emplacements ombragés et des pizzas.
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Après la pizza, je mange un cornetto chocolat en étudiant mon plan de vol. C'est la que je réalise que je n'arriverai pas samedi 19/08, mais la veille à Hendaye. J'avais du mal compter. Du coup, mon train réservé pour le dimanche matin, je l'attendrai plus longtemps que prévu. J'hésite à tenter de décaler mon train d'une journée. ça ne m'enchante pas de prolonger mon séjour à Hendaye. D'un autre côté, si je décale mon train au samedi et qu'un imprévu me fait perdre une journée, je serais bien embêté. Je décide de me re-poser ces questions plus tard, puis je pars au Col pour observer les lumières du soir avant d'aller me coucher.
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#7 23-08-2023 21:27:34

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J6 (ven 11/08) : Col de Portet d’Aspet → Col de Peyresourde
Distance : 80km ; D+ : 2810m
Ce matin, je veux voir le lever de soleil. Je quitte le camping vers 7h et mange les gateaux qui me servent de petit déjeuner. J’y rencontre un italien avec qui on a un peu de mal à se comprendre en anglais. Lui aussi il fait du bikepacking, entre Perpignan et Bayonne, mais, ayant dormi plus bas et sans tente, son duvet est trempé et il s’est mis à rouler tôt pour se réchauffer.
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Je le laisse là et quitte le col, descends le long de la Bareille, puis remonte le cours du Ger. Je fais une pause à Ger de Boutx, et en repartant, je suis juste derrière un cycliste équipé un peu comme l’italien, en bikepacking. Il roule un poil trop vite pour que je tente d’engager la conversation. Je vois, quelques virages plus bas, l’italien de ce matin. Je ralentis pour l’attendre et on roule côte à côte en essayant de se comprendre en anglais. Le type qui roule devant, c’est son pote autrichien. Ils voyagent ensemble. Ce soir, ils comptent dormir au Col de Peyresourde. Moi pas, car après les cols de Menté et du Portillon, je n’aurai sans doute pas le courage de dépasser Bagnères de Luchon. Enfin c’est ce que je crois à ce moment là. Il me casse un peu le rythme alors je le laisse derrière et pars au mien. Arrivé au Col de Menté, je discute avec l’autrichien qui a la bonne idée d’être prof de français en autriche. Ça facilite la conversation. On parle de la route qu’on a fait jusqu’ici, on compare nos itinéraires. Il me parle des Dolomites qui grouillent de motos et de vans. En comparaison, les Pyrénées lui paraissent désertiques. L’italien arrive au col et fait sécher ses affaires au soleil tout en se débarbouillant dans un abreuvoir. Ils vont rester là un moment. Je repars en disant que si j’ai la force, j’irais peut-être dormir à Peyresourde.
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Au cours de la descente, je passe en plein coeur du village de Boutx. C'est la que me mène la trace GPS calculée par Brouter, pour me faire une éviter une route pas bien passante. J'y fais la rencontre d'un chien qui court vers moi en aboyant, mais qui ne semble pas menaçant. Il m'accompagne. Dès que je commence à rouler, il court autour du vélo et me force à m'arrêter. C'est assez pénible. A un croisement de ruelles, voilà un autre chien. Ils n'ont pas l'air de s'apprécier. Le deuxième chien, en voulant fuir le premier, me percute car il ne regarde pas où il court. Rien de grave, j'étais à l'arrêt. Quand je rejoins enfin la route, le 1er chien m'accompagne toujours et je pique un sprint (facile en descente) pour le semer.
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En bas de la route, il y a St Béat. J’avais prévu de suivre la grosse route à camions qui part vers l'Espagne. Mais je savais qu’il y a maintenant un itinéraire bis, sans en connaître le tracé exact : c’est la Trans-Garona, un itinéraire vélo qui va de Toulouse à l’Espagne. Sur la portion St Béat – Espagne, il reste toujours à l’Ouest de la route principale, et il ajoute du dénivelé. Il est plein de pentes raides parfois goudronnées, parfois pavées. J’ai descendu une rue pavée à 30 %, puis monté une autre à 25 %, en poussant le vélo. Mais il y a aussi des passages « gravel » en forêt, très agréables. Après Arlos, la Trans-Garona pique droit sur la grosse route, puis la longe à l'abris d'un muret en béton, avant de la quitter rapidement pour longer une déviation de la Garonne, canalisée pour des besoins hydroélectriques. Ensuite, l'itinéraire longe un lac artificiel (Barrage du Plan d'Arem).
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J'aperçois un panneau de fin de piste cyclable. Je suppose que j'arrive à la frontière. Après ce panneau, je roule d'abord sur une voie étroite revêtue de béton, puis sur des passerelles métalliques au-dessus de l'eau, et après, il n'y a plus qu'un sentier étroit, raide, caillouteux et plein de ronces d’abord en montée, puis en descente jusqu’à la route principale que je suis bien heureux de retrouver.
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La route est large, avec des bas-côtés très roulants et assez larges eux aussi. Je roule jusqu’à Les où je pique nique dans un recoin ombragé moche coincé entre deux clôtures, puis à Bossost, je quitte cette satanée route pour en prendre une qui, au début, me semble plus calme. En fait, elle est assez fréquentée par des touristes, en voitures de sport, à moto ou en van. Je fais une petite pause au col du Portillon, puis descends à Luchon. Plus je descends, et plus il fait chaud. Une enseigne de pharmacie affiche 30°C tandis que le compteur du vélo, exposé au soleil affiche 40°C. Il est encore tôt, ce qui signifie que si je m’installe là pour la nuit, je vais passer des heures désagréables dans cette chaleur écrasante. Je fais quelques courses puis me réfugie sous le porche du cimetière, où il y a un banc et de l’ombre. C’est décidé, je dors là haut. En plus de me permettre de dormir au frais, ça réduira l’étape du lendemain qui devait être la plus dure avec 2200m de dénivelé.
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Je m’attaque à l’ascension du Col de Peyresourde sous un soleil de plomb et dans une circulation continue. Dès que je croise une fontaine, j’y trempe ma gapette et mon t-shirt. C’est assez efficace. Je fais autant de pauses que nécessaire. Arrivé à Garin, je vois que la route qui passe en rive gauche est beaucoup moins fréquentée que celle qui passe en rive droite. Je roulerai donc rive gauche, à l’écart de la circulation. Les deux routes se rejoignent en bas des derniers virages avant le col. Arrivé au col de Peyresourde, je retrouve l’italien et l’autrichien et je me demande à quel moment ils me sont passés devant. Je suppose qu’ils ont pris la route principale là où je jouais aux montagnes russes sur la Trans-Garona. En fait ils m’expliquent qu’ils n’ont pas pris le col du Portillon. Ils laissent sécher leurs affaires sur une barrière en bois et partent dîner à la crêperie du col, celle qui affiche « 12 crêpes = 7€ ». Pour ma part, j’ai transporté mon dîner depuis Luchon : taboulé et Houmous. Ce soir j’aurai droit à un beau coucher de soleil, puis à un ciel étoilé avec quelques étoiles filantes.
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Dernière modification par Eloi (27-08-2023 11:02:43)

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#8 24-08-2023 11:30:56

clems190
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Donc si je comprends bien, pour éviter une étape à 2200m de D+, tu en as fait une à 2800  big_smile

Sinon sympa de voir la traversée des Pyrénées sous un autre angle  pouce


"Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple."  Jacques PREVERT

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#9 24-08-2023 11:37:20

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

clems190 a écrit :

#689124Donc si je comprends bien, pour éviter une étape à 2200m de D+, tu en as fait une à 2800  big_smile

Ouais, je sais, faut pas vraiment chercher la logique. Au même moment, j'ai passé des heures à grimper le Col de Peyresoudre sous le cagnard pour éviter de passer des heures sous le cagnard à Luchon.

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#10 24-08-2023 13:51:33

Shanx
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Du coup si tu arrives à faire des étapes de 2800m, est-ce que tu t'es dit que tu aurais pu faire de plus grosses étapes ou tu étais content de ton découpage initial ?


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#11 24-08-2023 14:52:27

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Shanx a écrit :

#689128Du coup si tu arrives à faire des étapes de 2800m, est-ce que tu t'es dit que tu aurais pu faire de plus grosses étapes ou tu étais content de ton découpage initial ?

Je ne savais pas de quoi je serai capable. J'avais commencé par planifier la traversée sur 8 ou 9 jours, mais ça me semblait trop dur. Je suis assez content du découpage en 13 jours. Jai fini avec seulement un jour d'avance. C'est agréable de terminer les étapes assez tôt et sans être épuisé. On peut faire sa lessive et avoir encore du soleil pour la faire sécher, par exemple. Ou éviter de rouler quand le soleil tape dur.
La grosse étape de 2800m, il m'a fallu 12h pour la boucler. J'ai commencé à rouler vers 7h et je suis arrivé au bivouac vers 19h. je ne me voyais pas refaire la même le lendemain.
Si j'ai l'occasion de refaire le même genre de sortie, mais hors saison, peut-être que j'augmenterai un peu les étapes. J'ai l'impression que j'étais plus limité par la chaleur que par mes capacités.

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#12 24-08-2023 20:38:19

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J7 (sam 12/08) : Col de Peyresourde →  Artigues
Distance : 64km ; D+ : 1820m
Je suis réveillé vers 6h par des froissements de couverture de survie. Ce sont mes potes européens qui remballent. Je les imite et je pars un peu après eux. Inutile qu’on roule ensemble : ils descendent jusqu’à Arreau pour enchaîner les cols d’Aspin et du Tourmalet, tandis que je passerai plus au Sud par le col d’Azet et la Hourquette d’Ancizan avant de faire le Tourmalet demain. Je descends jusqu’au Lac de Loudenvielle, m’arrête à Genos pour faire ma lessive dans des toilettes publics au bord du lac, puis je prends mon petit déjeuner en regardant le jour se lever et les lumières changer.
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Ensuite, je monte au Col d’Azet. Dans la deuxième moitié de la montée, je vois approcher un cycliste, de ceux qu’on appelle « Raymond » en hommage à Poulidor. Les Raymonds sont reconnaissables à leur tenue en lycra, et leur vélo de route léger. Ce Raymond s’approche peu à peu. Je décide qu’il ne me rattrapera pas. Comme au Col de Pailhères il y a quelques jours, j’accélère un peu sans changer ma cadence de pédalage. Je trouve une allure à laquelle il ne s’approche pas. Mais on dirait que lui aussi accélère, alors j’en fais autant. A Pailhères, je n’avais pas pu jouer bien longtemps à ce jeu là, mais aujourd’hui je suis plus en forme. A quelques virages du col, je le vois se mettre en danseuse et accélérer encore. J’en fais autant mais sans me déhancher, juste en changeant de vitesse et en gardant la même cadence, puis accélère encore dans la dernière ligne droite. Arrivé en haut, je fais comme beaucoup de cyclistes qui ont gravi un col : je photographie mon vélo devant le panneau du col. Lorsqu’il arrive, essoufflé, je le salue et n’obtient absolument aucune réponse ni même un regard. Je pense avoir perçu la fragilité de l’égo du cycliste de route. Dur d'accepter de s'être fait distancer par un cycliste chargé qui roule en vêtements flasques et pédales plates.
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Comme il y a du soleil au col, je fais sécher mon linge en regardant décoller des parapentes, puis je descends sur St Lary Soulan. J’y fais des courses et prends un 2ème petit déjeuner. Je planifie la suite de la journée. Initialement, je devais dormir vers la Hourquette d’Ancizan, mais comme hier je me suis avancé de 15km et 1000m de dénivelé, je peux pousser jusqu’au camping d’Artigues, afin de démarrer la journée de demain par le Tourmalet.
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Je quitte donc St Lary par la route tranquille en rive gauche. A Guchen, je vois un atelier de vélo. Je m’y arrête pour échanger quelques mots avec un confrère, puis repars en direction de la Hourquette d’Ancizan. De nouveau, voyant arriver un couple de cyclistes derrière moi, je m’efforce de maintenir la distance qui nous sépare, mais ceux-ci ne sont pas joueurs. Ils bavardent sans arrêt. Ils n’ont pas l’air très essoufflés, contrairement à moi. Dans la dernière ligne droite ils accélèrent, me rattrapent et on discute jusqu’au col. Je mange mon sandwich, m'assoupis un peu puis, voyant des nuages bas arriver du Sud, je repars.
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Le début de la descente est très joli, il y a des chevaux, des vaches et des ânes. Je dépasse le Lac de Payolle puis prends à gauche une petite route qui me permet de rejoindre Artigues en passant par la zone pastorale de Campan, sans descendre jusqu’à Ste Marie de Campan. Après coup, je pense que j’aurais gagné du temps et de l’énergie en ne prenant pas ce « raccourcis », mais c’était très joli. Ça se termine par une descente sur chemin, puis une montée super raide dans le dernier km avant le camping.
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Le camping d’Artigues a l’air abandonné. Les bâtiments du centre de vacances qui est à côté ont l’air désaffectés, avec des déchets par ci par là. Les sanitaires du camping m’ont rappelé des jeux vidéos d’épouvante. Dans les toilettes comme dans les douches, l’éclairage s’éteint et s’allume de façon totalement aléatoire. Les murs sont décrépis. L’emplacement qu’on m’a attribué est penché, comme tout le camping. J’ai choisi avec soin la zone la moins inclinée de l’emplacement et y ai planté la tente de façon à avoir la tête en haut. Le vieux monsieur qui occupe le mobil-home d’à côté se tient debout, les mains dans le dos et me regarde attentivement m’installer. Quand je reviens de la douche, il est toujours là à me regarder. C’est flippant. Quand je lui dit bonjour, il ne me répond pas. Et une fois que je suis dans la tente, il passe à plusieurs reprise en travers de mon emplacement. C’est tout juste s’il ne se prend pas les pieds dans les haubans. Ce soir, le ciel est couvert, il n’y aura pas d’étoiles.

Dernière modification par Eloi (27-08-2023 11:03:46)

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#13 24-08-2023 21:08:47

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J8 (dim 13/08) : Artigues → Gourette
Distance : 80km ; D+ : 2750m
Le Col du Tourmalet est presque central dans les Pyrénées. Il est aussi assez central dans mon imaginaire. Je n’ai jamais regardé une étape du tour de France, mais son nom sonne comme un col mythique, alors je m’en suis fait une montagne. Je décide de l’affronter tôt, pour avoir moins de circulation et moins de soleil. Il fait nuit, il est 6h20. Mon phare éclaire la route devant moi, tout est calme, je n’entends que mon souffle. Pour le moment je suis sous les nuages. Et puis après quelques virages, je suis dans le nuage. Je me retrouve dans un brouillard assez épais. Il fait maintenant un peu jour, mais je ne vois pas bien loin. Au moins c’est rafraîchissant. Pour augmenter ma visibilité, en plus de l’éclairage du vélo et d’un harnais réfléchissant que je porte presque en continu depuis le début, j’oriente ma lampe frontale vers l’arrière en mode clignotant rouge. Je suis en plein brouillard au niveau des paravalanches. Arrivé à La Mongie, je vois que je suis presque en haut du nuage. Je me ravitaille en eau puis je repars, croise deux lamas (ce qui n'a rien d'étonnant à la Mongie) et puis je sors du brouillard en même temps que je sors du village. En fait c’est parfait. J’étais bien au frais pendant le gros de l’ascension, et arrivé en haut, la vue se dégage. J’arrive au col du Tourmalet, fais la traditionnelle photo de mon vélo devant la sculpture de vélo, puis me pose un moment pour prendre un petit déjeuner à base de figolu et m&m’s. Je suis rapidement rejoint par un autre cycliste, qui lui aussi vient de monter par le même côté, et il pense que c’est moi qui l’ai doublé à toute vitesse. J’aimerais qu’il ait raison, mais j’ai fait toute la montée « tout à gauche » (c’est à dire la chaîne à gauche, sur le petit plateau et le grand pignon) à 5 ou 6 km/h et je n'ai vu aucun cycliste durant toute l'ascension. Lui, il est parti de Ste Marie de Campan avec un vélo de location et il faut maintenant qu’il redescende pour prendre le petit déjeuner avec sa femme et son fils.
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De mon côté, je descends côté Luz-St-Sauveur. Jusqu’à Luz, la descente est plaisante, mais ensuite ça traine en longueur avec beaucoup de circulation et peu de pente.
A Pierrefitte Nestalas, je dévalise une boulangerie. Je reprends un petit déjeuner à la sortie du village puis je prends la route qui remonte le vallon du Gave d’Azun. Arrivé à Bun, j’observe le terrain de camping où je devrais m’arrêter aujourd’hui si je respectais les étapes planifiées. Il n’est que 11h. A Aucun (c’est le nom du village), il est midi et je tombe sur un food truck appétissant. J’y mange du boudin noir à l’oignon avec des frites. Du coup, je garde le sandwich acheté à la boulangerie pour ce soir.
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La route est plate jusqu’à Arrens Marsou, et ensuite c’est la route du Col du Soulor que je monte d’une traite et à vive allure. Je dépasse d’abord une paire de Raymonds, puis je ne suis pas rattrapé par les deux qui re-démarrent après une pause, et enfin, alors que je suis à mi-hauteur et que j’évolue dans le brouillard, j’entends derrière moi le craquement caractéristique d’un vélo de route en carbone. Avec le brouillard, pas moyen de le voir. Je joue à rester devant. Par moment, le brouillard est moins dense et on se voit, ce qui permet d’évaluer la distance qui nous sépare. Je m’efforce d’augmenter progressivement cette distance. J’accélère à mesure qu’il accélère. A quelques virages du col, il semble donner tout ce qu’il a mais ne parviens pas à s’approcher significativement. Arrivé en haut, j’ai eu droit à la même réponse qu’au Col d’Azet quand je l’ai salué, c’est à dire aucune réponse ni aucun regard. Au col, il y a des restaurants, donc plein de voitures et de motos. Et puis il y a un brouillard assez dense. Il ne fallait pas monter là pour la vue.
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Je ne m’attarde pas et file vers le col d’Aubisque. La liaison entre ces deux cols est vraiment sympa. On passe sur une route en corniche avec quelques tunnels. Par moment je sors du brouillard et j’ai droit à un peu de vue, puis j’y replonge et en ressors plus loin. Le col en lui même est en plein cagnard. Il a aussi son lot de bagnoles et de motos. Je n’aime ni le soleil, ni cette foule, mais je reste quand même là haut parce que j’ai une tente et une couette à faire sécher, et ce n’est pas dans le brouillard que j’y arriverai. Ça cogne tellement fort que tout est sec en quelques minutes.
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Je me suis bien avancé par rapport à mon plan initial. Il faudrait que je trouve un coin pour dormir par ici, pour ne pas être sous les nuages. Je descends lentement en cherchant de l’eau et un spot de bivouac. Je ne trouve que de l’eau d’un torrent que je filtre, puis j’arrive à Gourette. Il me semble qu’il n’y a pas de camping ici, mais je vais quand même poser la question à l’office de tourisme. J’y apprends que l’hôtel du tremplin, au pied des pistes, propose une aire de bivouac pour les gens qui traversent les Pyrénées, que c’est gratuit et qu’on peut profiter des sanitaires de l’hotel à prix libre. Je trouve ça cool alors je me présente à l’hôtel, me douche, mange mon sandwich en guise de goûter, et m’installe là. L’aire de bivouac, c’est une bande d’herbe au raz de la station. J’y passerai la pire nuit de la traversée. Déjà à l’heure où je me couche, vers 20h30-21h, c’est l’heure de la promenade, avec des enfants qui jouent autour de la tente, avec encore quelques VTT qui font des sauts sur les tremplins de bois à 3m de la tente, puis quand il commence à faire nuit, on entend encore les terrasses, et même quand tout est fermé, t’as les deux mecs bourrés qui viennent pisser à 2m de la tente en se racontant leur dernière conquête amoureuse, puis jusqu’à 2h du matin, 4 ou 5 poivrots qui hurlent. J’aurais mieux fait de bivouaquer.
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Dernière modification par Eloi (21-01-2024 18:50:37)

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#14 25-08-2023 20:20:23

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J9 (lun 14/08) : Gourette → La Pierre St Martin
Distance : 80km ; D+ : 2430m
Je quitte Gourette rapidement. Pas vraiment envie de m’attarder ici. Je descends jusqu’à Eaux Bonnes puis Laruns où j’aurais bien fait quelques courses, mais le seul commerce ouvert à cette heure matinale semble être la boulangerie et il y a une file d’attente. Ensuite, la descente de la vallée d’Ossau se fait non pas sur la route, mais sur une voie verte qui semble suivre une ancienne ligne de chemin de fer. A Bielle, je repère une boulangerie qui sert des petits-déjeuners en terrasse. Je m’y arrête pour un chocolat chaud, un jus d’orange, une patte d’ours et quelques autres viennoiseries pour les prochains petits déjeuners de la matinée. 3 voyageurs à vélo s’arrêtent aussi pour se ravitailler. On échange un peu. Ils sont partis de Carcassonne et vont jusqu’à Bayonne ou St Jean de Luz.
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Quand j’ai fini mon petit déjeuner, je repars sur la route du Col de Marie Blanque. C’est marrant parce que le gros du dénivelé se fait dans la première moitié, et ensuite on arrive sur une sorte de plateau avec des prés et des haies, c’est très joli. Arrivé au col, je retrouve les 3 voyageurs rencontrés à Bielle. Je n’ai pas bien dormi alors je m’accorde une heure de sieste à l’ombre.
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Puis je repars pour Escot. Ensuite je remonte la vallée d’Aspe. La route est passante, ce n’est pas très agréable. Dans mon plan de vol, j’avais prévu de passer la nuit au Col de Marie Blanque, mais j’avais aussi repéré une aire de bivouac à Sarrance. Je ne l’ai pas trouvée, et en même temps je n’avais pas trop envie de la chercher parce que ça ne m’aurait pas enchanté de dormir à proximité d’une route aussi passante. A partir de là, je roule en cherchant un endroit pour prendre mon déjeuner, mais aussi un spot de bivouac. C’est compliqué dans ce secteur. Les routes sont étroites et le moindre pré est cloturé, parfois cadenassé. Si j’avais voulu manger au Col d’Ichère, j’aurais eu le choix entre de l’herbe dense et humide sur un pan vertical, de la boue ou une route étroite. A Lourdios, j’aurais pu déjeuner, mais j’ai retrouvé les 3 voyageurs de ce matin, du coup je roule un peu avec eux, et j’apprends que nos routes se séparent dans très peu de temps. En effet, ils partent vers Arette tandis que je grimpe au col de Labays. A un moment, j’en ai marre d’avoir faim. Il est 14h et je trouve enfin une zone qui n’est ni une route ni un pré clôturé. Par contre c’est glauque. Je pose mon sitpad sur le sol un peu boueux et pour ajouter du glauque au glauque, je mange du paté Hénaf étalé sur du pain de supermarché. J’ai oublié d’acheter un sandwich ce matin à Bielle. Je reprends la route et au bout de 15mn, coup ultra classique, je tombe sur un petit coin de paradis avec de l’ombre, des tables, une rivière … Je m’y arrête quand même pour faire ma lessive et ma toilette. Par contre je n’envisage pas d’y rester pour la nuit car il y a des vaches et des chevaux dans le coin.
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Je repars en portant mes fringues propres, mais mouillées. La route longe la rivière, et à peine plus haut, je vois un couple de cyclovoyageurs qui profite également de la rivière. On se salue. Je continue à monter vers le col de Labays, péniblement, lentement, en quête d’un coin d’herbe pour poser ma tente. Tant que je ne trouve pas, je continue à rouler. La route serpente en pleine forêt. Il y a très peu de circulation. J’arrive finalement au col de Labays dans un brouillard épais. Je m’apprête à m’y installer pour la nuit quand le couple de cycliste arrive au col à son tour. Je leur demande s’ils vont dormir ici. Ils me disent que le col du Soudet ou celui de la Pierre St Martin devrait être au-dessus des nuages. J’hésite un moment. Je n’ai plus envie d’avancer. Mais je n’ai pas non plus envie de dormir dans le brouillard. Ils avaient raison. Ça se dégage au Soudet, et la station de La Pierre St Martin est au dessus de la mer de nuages. Et il y a un camion pizza. J’arrive justement à presque 19h, c’est l’heure de la pizza. Ensuite je monte au dessus de la station en direction du col de la Pierre St Martin. Je plante la tente 1 ou 2 km avant le col. C’est fini pour aujourd’hui. Dans ma planification, je devais dormir au col de Labays la nuit suivante. J’ai donc maintenant un peu plus d’un jour d’avance.
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#15 25-08-2023 20:45:13

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J10 (mar 15/08) : La Pierre St Martin → Col d’Orgarate
Distance : 73km ; D+ : 2180m
La mini-épicerie de la station n’ouvre qu’à 8h30. Je me réveille assez tôt pour avoir le temps de faire l’aller-retour au Col de la Pierre St Martin avant l'ouverture. La mer de nuages vient lécher mes roues et le soleil émerge tout juste. J’ai droit à un spectre de brocken (arc en ciel circulaire autour de mon ombre projetée dans la brume). Au col,je constate qu’il n’y a pas de nuage côté espagnol. Je descends à la station et y arrive à l’heure de l’ouverture de l’épicerie. Il y a un peu de tout mais très peu de choix. Ça simplifie les choses. Une fois les courses emballées dans les sacoches, je replonge dans le brouillard. La descente du col du Soudet vers l’Ouest est raide. Je ne prends pas de vitesse. La chaussée est mouillé car cette nuit sous les nuages, il pleuvait, et à chaque virage, il faut s'attendre à trouver des crottes de mouton étalées sur la chaussée. ça m'a l'air glissant.
La route passe devant le camping Ibarra et son bar. Je m’y arrête pour prendre un petit déjeuner. J’y trouve un jeune couple de bikepackers qui roulent de St Gaudens à Bayonne. Ils ont passé une mauvaise nuit au camping car ils dorment en hamac sans rien pour s’abriter de la pluie. Ils ont pu dormir dans la voiture d’un résident du camping. Pendant que je petit-déjeune, le ciel se dégage et je me retrouve en plein soleil, il n’y a pas de vent, il fait chaud. Sacré contraste, j’étais transit de froid en arrivant.
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Je descends encore un peu cette route, puis bifurque à gauche pour remonter le Gave de Larrau, ce qui me mène en toute logique à Larrau. J’y fais une pause, à l’ombre du fronton, et je réajuste le niveau des bidons, puis je repars vers les Chalets d’Iraty ou Col Bagargiak. Avant la montée, il faut d’abord descendre 140m. C’est comme ça, j’y peux rien, la route passe là où elle passe, mais ça me donne l’impression que les derniers 3km d’ascension n’ont servi à rien. Puis ça monte. La route est peu ombragée et peu ventilée. Le soleil tape dur. En cours de montée, je regarde vers le bas et aperçois, plusieurs virages en dessous, le couple d’hier, ceux qui m’ont conseillé de monter jusqu’à La Pierre St Martin. Il sont facile à reconnaître. Elle roule sur un vélo de route sans autre bagage qu’une petite sacoche de guidon, et lui, il a un porte-bagage arrière avec deux grosses sacoches et une tente enroulée dans un matelas mousse aluminisé sur le porte-bagage. Vers 13h, à 300m du col, je trouve un coin d’ombre au bord de la route et m’y arrête pour manger. Le couple s’arrête à ma hauteur, on échange quelques mots, puis ils repartent vers le col. Ils ont dormi à Larrau et eux aussi, comme le jeune couple de ce matin, on eu de la pluie toute la nuit. J’étais bien là haut, au dessus des nuages.
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Quand je me remets en mouvement, les nuages cachent le soleil et un petit vent se met à souffler. C’est beaucoup plus agréable ainsi. Au col, je retrouve le couple rencontré au camping Ibarra ce matin, en train de manger. Ils ont fait une longue pause au col, pour faire sécher des trucs et rattraper leur déficit de sommeil.
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Je quitte le col de Bagargiak pour rejoindre le col d’Heguichouria, à quelques coups de pédale de là. J’y trouve une salle hors sac pour randonneurs avec un coin cuisine et de l’eau potable. Je remplis les bidons et je repars, quittant la route « principale », par une petite route goudronnée qui monte vers les cols Mehatze et Leherra Murkhullako. C’est tomi qui m’a recommandé cette variante et je l’en remercie : ça s’est presque bien passé. Ça me fait passer rapidement au-dessus du nuage, et je profite que le soleil donne sa pleine puissance pour faire sécher en quelques minutes la tente et la couette. Arrivé au Col Leherra Murkhullako, la route, toujours goudronée, descend vers une bergerie, traverse une rivière et se transforme en piste forestière qui descend un bon moment. Comme annoncé par tomi, c’est peu fréquenté.
Je n’y croise personne. Je descends lentement, en choisissant entre les cailloux la trajectoire la plus douce, quand soudain j’entends un « shhhhhhh-blblblblbl-shhhhhh-blblblbl ». Vous aurez reconnu le bruit d’un trou dans mon pneu arrière, tubeless garni de préventif. Il me semble bien trop gros pour s’auto-réparer. Je m’arrête, maintiens le vélo droit, la selle contre mon torse. De la main droite, je bouche le trou, et de la gauche, je décroche la sacoche de fourche, l’ouvre, la vide au sol, ouvre le sac à outils, fouille dedans jusqu’à sortir le kit de réparation tubeless. Je place une mèche dans le pneu, ça a l’air de colmater suffisamment. Je regonfle le pneu, j’entends que ça fuit un peu. Le préventif devrait coaguler et boucher ce trou. Alors que j’étais seul au monde sur cette piste jusque là, au seul moment où il ne fallait pas me déranger, une voiture arrive derrière pendant que je fais la manip délicate que je viens de décrire. Je pousse un peu mes affaires pour qu’elle puisse passer, mais elle ne passe pas. Le conducteur descend et me demande comment est la piste plus loin. Il a été guidé là par son GPS, et comme sa voiture n’est pas vraiment adaptée à ce type de terrain, il ne sait pas s’il doit continuer ou faire demi-tour. Je lui dis que je ne sais pas et que là, je suis très occupé. Il retourne dans sa voiture et fait demi-tour.
Je repars. Et parfois, j’entends que ça fuit à nouveau. Il faut dire que le trou, et donc la mèche, se trouve en plein milieu de la bande de roulement. A chaque tour de roue, je roule sur la mèche, ça doit la faire bouger et empêcher une bonne cicatrisation. Mais pour le moment, ça ne m’empêche pas d’avancer. Un peu plus loin, je tente de découper le surplus de mèche avec un opinel, mais il n’est pas assez aiguisé et je finis par arracher la mêche. Le pneu se vide complètement. Le bon côté, c’est que je pour le re-réparer, je peux utiliser mes deux mains et je ne suis plus aussi pressé que tout à l’heure. Je tente de placer une plus grosse mèche, mais le trou n’est pas assez gros. Je remets donc une mèche fine, en m’appliquant, regonfle le pneu et repart. En roulant, je laisse une petite tache blanche de préventif sur le bitume à chaque tour de roue, puis ça se colmate. Je regonfle encore un peu, puis reprends ma route sans y penser. La piste me mène à un pont sur l’Urbeltza. A partir de là, la chaussée est de nouveau goudronnée. Je monte cette route jusqu’au Col d’Orgarate, tout en cherchant un spot de bivouac. J’entends pas très loin des cloches de brebis (en fait dans cette région, dès qu’on tend l’oreille on en entend) et un chien qui aboie comme s’il était enfermé. J’arrive au col dans un brouillard léger. A droite, il y a quelques bâtiments et véhicules d’une bergerie. C’est de là que proviennent les aboiements. Au col, il y a du monde. Plusieurs camions aménagé dont un camion de pompier tout terrain. Des enfants jouent au rugby. Trop de monde et trop de bruit ici, je décide de rouler encore un peu. Il n’y a plus de route. C’est de nouveau une piste en moins bon état que la précédente, mais il y a peu de pente. Je trouve un endroit pour la tente dans un virage de cette piste, sous les arbres. J’entends des cloches de bétail pas très loin, des bêlements et des hennissements. Ici il y a des déjection de ces deux espèces, mais peu abondantes et assez anciennes. J’en déduis que j’ai des chances de ne pas me réveiller en plein troupeau. Je n’ai pas très bien géré mes ravitaillements. Pour ce soir, je n’ai qu’une boite de rillettes de thon qui ne me fait pas très envie, du pain sous plastique de chez Carrefour et des chips concassés dans un ziplock. En dessert, il me reste une compote et des m&m’s.
Le sol est assez irrégulier, mais je ne fais pas le difficile. Il y a une cassure de pente au milieu de la tente. Je la corrige en plaçant le sitpad sous les jambes et le sac à vêtements de pluie sous les pieds. C’est parfait.
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#16 26-08-2023 12:15:00

Bilbox
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Je suis ton retour avec intérêt. Sur ce parcours de montagne est-ce que tu t'es servi du guidon aéro? Ou juste comme support de sacoche.

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#17 26-08-2023 12:26:07

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Bilbox a écrit :

#689186Je suis ton retour avec intérêt. Sur ce parcours de montagne est-ce que tu t'es servi du guidon aéro? Ou juste comme support de sacoche.

C'était une de mes interrogations avant le départ. Et bien oui, je me suis souvent servi des prolongateurs. Jamais dans les descentes raides, bien sûr, mais souvent dans les faux plats descendants, sur le plat et dans les montées. Je ne pensais pas que ça arriverait, mais je me suis surpris à m'accouder dans les prolongateurs dans des côtes assez raides où je roulais à 5km/h. j'arrivais même à opérer une certaine traction sur les mains dans cette position.

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#18 26-08-2023 18:02:34

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J11 (mer 16/08) : Col d’Orgarate → Erratzu
Distance : 56km ; D+ : 940m
Je suis réveillé vers 6h par le passage d’un pickup sur la piste embrumée, à quelques mètres de la tente. Je replie ma maison. L’avantage d’avoir dormi sous les arbres, c’est que la tente et la couette sont parfaitement sèches. Je roule dans le brouillard. Rapidement je sors des bois et la piste disparaît. Je roule maintenant dans une prairie. Je suis en plein brouillard. L’herbe est détrempée et le semblant de chemin est fait de terre sombre et boueuse mélangée à une bonne quantité d’excréments de bétail. Je passe à côté de plusieurs troupeaux de moutons. A chaque fois, je redoute la présence d’un patou, surtout dans le brouillard. Mais chaque troupeau est surveillé par un berger, un vrai humain qui mord pas et dit bonjour. C’est vraiment cool. Si ça pouvait se généraliser dans le reste des Pyrénées, j’y randonnerais plus sereinement. Je finis par retrouver une route bitumée. Elle reste sur les hauteurs, montant et descendant au gré du relief, avec toujours des animaux d’élevage : chevaux, moutons, vaches, et même deux énormes cochons rencontrés en travers de la route.
Je m’arrête au bord de la route, dans l’herbe mouillée pour prendre mon petit déjeuner. Au moment de repartir, le pneu arrière est complètement dégonflé. Je le regonfle, il n’a pas l’air de fuir. Les pneus tubeless, c’est assez aléatoire. J’ai l’impression qu’il tient la pression tant que je roule. Je ne dois pas m’arrêter.
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La vue est super quand je ne suis pas dans le brouillard. Au col d’Arharburu, La route suit une crête dont je ne verrai pas grand-chose, du sud ver le nord, puis descend à l’Ouest  vers la Nive d’Errobi, ce qui représente 800m de dénivelé négatif. J’avais prévu de remonter 900m pour retrouver brièvement des routes de crête avant de replonger vers St Jean Pied de Port, mais deux choses me font renoncer : la probabilité de ne rien voir à cause du brouillard, et mon moral qui fluctue au même rythme que la pression de mon pneu arrière. C’est à dire jamais gonflé à bloc et avec par moment des gros coups de mou. Je descends donc directement sur St Jean Pied de Port, en passant par Estérençuby. St Jean me fait le même effet que la plupart des villes que je traverse. Trop de circulation, trop de monde, je n’ai qu’une envie, c’est d’en sortir. Je m’arrête quand même pour prendre de l’eau, et je tombe nez à nez avec un pompe à vélo en libre service. Elle semble fonctionner. Comme j’en ai marre d’avoir le pneu arrière légèrement sous-gonflé, je le regonfle à 3,5 bar, et je prends la route pour rejoindre St Etienne de Baïgorry. Entre ces deux localités, la route est assez passante. A peine arrivé à St Etienne, mon pneu arrière se défonfle d’un coup. Il semble avoir recraché la mèche. Je n’aurais peut-être pas dû refaire la pression. Je porte le vélo jusqu’à un large trottoir à quelques dizaines de mètres de là, et je me résout enfin à mettre une chambre à air. Plus loin dans le village, j’achète des viennoiseries, un sandwich et du gateau basque, et je mange tout ça encore un peu plus loin dans le village, attablé à une terrasse qui semble inutilisée.
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Ensuite, je monte au col d’Ispeguy. Le ciel est couvert, il fait chaud et moite, mais au moins le soleil ne tape pas. C’est à ce col que j’avais prévu de passer la dernière nuit de la traversée. Ça ne s’y prête pas, entre le restaurant, le parking bondé et le bétail. Je finis l’étape dans un camping à Erratzu, premier village traversé en descendant du col côté espagnol. J’ai envie d’une douche et tout mon linge est sale. Je ne suis peut-être pas attentif, mais depuis quelques jours que je roule, il ne m’a pas semblé voir le moindre endroit en dehors de la route, avec de l’eau et pas de barrière, où j’aurais pu laver le bonhomme et ses vêtements. Le camping est un peu cher. 28€ la nuit pour un emplacement si étroit que pour monter une tente mono-place, je dois empiéter sur l’emplacement voisin. Je me douche et lave tout mon linge. Je ne suis alors vêtu que de mon short de pluie qui ne m’aura finalement servi que dans ces circonstances. Je sieste, lis, écris, visite le village, puis dîne au resto du camping. Comme on est en Espagne, je dois attendre le début du service à 20h. C’est presque l'heure à laquelle j'ai pris l'habitude de me coucher ces derniers jours. On me sert des escalopes de poulet excessivement salées. Je me dis qu’avec tout le sel que perds en transpirant, c’est peut-être pas plus mal.
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(Je ne suis pas capable d'épeler correctement mon prénom en espagnol)

Dernière modification par Eloi (27-08-2023 11:05:42)

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#19 26-08-2023 18:24:11

Eloi
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

J12 (jeu 17/08) : Erratzu → Hendaye
Distance : 70km ; D+ ; 1045 (mais en parcouru 105km à cause de la visite d’Hendaye et du retour au bivouac)
Comme la parcelle est minuscule, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’installer juste sous la fenêtre entrebâillée de la caravane d’à côté. J’ai été bercé toute la nuit par le ronflement de mes voisins. J’ai quand même bien dormi. Le règlement du camping interdit de faire du bruit entre minuit et 7h. Le matin, j’attends donc 7h00 avant de commencer à replier la tente, dégonfler le matelas, secouer le polycree. Puis je pars. Le parcours est en montagnes russes, ce qui fait que je n’avance pas très vite. Je ne suis pas pressé. Mon objectif aujourd’hui, c’est de couper l’étape en deux. J’ai pu modifier mon train pour partir samedi 19 matin, ce qui fait que si je termine aujourd'hui, j'aurai 2 nuits à passer sur place. J’aimerais trouver un endroit où passer la nuit, voir deux car je sais qu’il sera difficile voir impossible de me loger à Hendaye. Les quelques campings que j’ai contacté sont complets ou ne proposent pas d’emplacements pour tentes. Aujourd’hui, donc, je roule lentement, pas pressé du tout, et l’œil attentif au moindre coin chouette.
Je prends mon petit déjeuner sur un banc à Arizkun. Arrivé à Elizondo, je souhaite faire des courses, seulement il est bien trop tôt et à part une boucherie, il n’y a rien d’ouvert. Je quitte donc le village par une route qui grimpe bien au Nord. Après quelques lacets, je réalise que j’ai du pain et que j’aurais pu acheter quelque chose à la boucherie pour mettre dessus. Je ne fais pas demi-tour. Dans pas super longtemps, je serai à Etxalar puis Lesaka où je pourrai manger quelque chose.
Entre le fait que je ne suis pas pressé, que je n’ai pas trop la patate et que le terrain est très vallonné, j’avance assez lentement. Le revêtement de la route alterne entre goudron et béton. Je ne croise pas grand monde. A Etxalar, ça doit être la fête du village. Dans la rue que je veux prendre, deux géants dansent au rythme d’un petit orchestre. Je fais demi-tour et prend une autre rue où il y a une compétition junior de pelote basque. T’en veux du folklore ?
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La petite route m’amène à une plus grosse qui longe la Bidasoa. Une grosse route en Espagne, c’est beaucoup moins flippant qu’une grosse route en France. Je ne m’y sens pas en danger. Je la quitte rapidement pour faire un aller-retour à Lesaka, dans l’espoir d’y trouver un camping, mais aussi de quoi manger. Pour le camping, c’est rapé, il n’y en a pas. Et comme il est tout juste midi, les restaurant ne servent pas encore. J’achète quelques victuailles dans une épicerie minuscule, et je vais les manger sur un banc à l’ombre dans un parc. En quittant Lesaka, je prends la voie verte qui longe la Bidasoa sur la rive gauche. Ce n’est pas goudronné mais c’est très roulant. Je continue à rouler le plus lentement possible et à chercher un éventuel spot de bivouac. Je finis par en trouver un 8km avant Hendaye. C’est une grande zone d’herbes hautes avec quelques tables de pique nique, au bord de la voie verte et en contre-haut de la Bidasoa. Il y a des arbres derrière lesquels je pourrai cacher ma tente.
(photos ci-dssous : picnic à Lesaka et spot de bivouac)
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L’endroit étant trouvé, je continue de rouler vers Hendaye. L’itinéraire cyclable pour rejoindre les plages d’Hendaye est très bien fait. Une fois qu’on a traversé la Bidasoa, on se retrouve sur une promenade en rive droite, où les piétons et les cyclistes sont séparés la plupart du temps. Il y a des arbres, des bancs, des fontaines. Par moments on roule sur une passerelle en bois construite au-dessus de l’eau. Je jette le porte-clés dans l’eau, mission accomplie, puis je trouve difficilement une supérette à proximité de laquelle je peux attacher mon vélo, j’y fais quelques courses puis je passe à la gare pour être sûr que je ne peux pas avoir un train plus tôt que samedi. Je visite les rues de la ville. Elles ont deux particularités qui compliquent tout trajet : Étant donné le relief de la ville, beaucoup de rues sont en pente, et la plupart sont en sens unique strict, c’est à dire sans double-sens cyclable. Du coup, pour aller d’un point à un autre, on fait beaucoup de dénivelé.
Le soir, je cherche un restaurant au centre-ville. Ils sont comme les campings et les trains : tous complets. Je me rabats sur un food truck au bord de la Bidasoa. La vue est sympa et la bouffe est bonne. Puis je rejoins le spot de bivouac repéré plus tôt. J’y monte la tente à la tombée de la nuit.
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Inutile que je vous raconte en détail ce que j’ai fait les jours suivants. Disons que j’ai attendu mon train pendant deux jours. consolidé mon pneu arrière par l'intérieur en y collant une rustine. Je craignais que le trou s'agrandisse, que la chambre se perce et que ça me fasse manquer mon train.
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Dernière modification par Eloi (27-08-2023 11:06:34)

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#20 26-08-2023 21:21:36

Eloi
Bigfoot
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Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Un petit retour sur le matériel :

Vélo

Il m'a apporté entière satisfaction, si on met de côté la crevaison. J'ai trouvé la transmission adaptée au programme. Pour rappel, c'est un groupe GRX 11 vitesses en double plateau avec 30-46 côté plateaux et 11-40 côté cassette.
Je pense que je finirai par m'habituer aux pédales VTT à picots. mes jambes cicatrisent.
Avec ces fréquentes et longues descentes, j'étais très content des freins à disque hydrauliques. Ils demandent beaucoup moins de force dans les mains que les freins à disque à câble de mon précédent vélo.

Bagagerie

j'avais une capacité totale d'environ 35 litres, répartie comme suit :

  • Sacoche de selle :

C'est une Topeak Backloader 15L (515g). La sacoche n'est pas étanche, mais elle contient un sac étanche de la même forme, avec une valve pour faciliter la compression. Je rangeais la couette (Cumulus/CSC L430 de 710g) dans le sac étanche, et je complétais avec la tente et ses mâts (Tarptent Notch sans la chambre, mais avec ses mâts : 750gr), le matelas (TAR Néoair Xlite Large : 480g avec housse et sac de gonflage), une feuille de polycree (70g) et un sac contenant mes vêtements de pluie (couvre-casque, veste, short, surchaussures et manchons : 510g).
Sur la sacoche, je plaçait tantôt une paire de tongs, tantôt un sitpad pliant sous le cordon élastique. Souvent, il y avais un boxer et une paire de chaussettes qui y séchaient.
On le voit sur les premières photos, la sacoche était très à l'horizontale au début. C'est lié au fait que la selle est beaucoup reculé, et que ses rails vont loin en arrière. De ce fait, les attaches supérieures de la sacoche, qui se fixent aux rails de selle, vont trop en arrière et cela bascule l'ensemble vers l'arrière. J'ai utilisé un voile strap pour empêcher ces sangles de fixation d'aller trop en arrière. ça a assez bien marché.
La sacoche est assez mobile par rapport au vélo, même quand on serre fort les sangles. Je n'ai pas trouvé ça gênant. Cela dit, je ne me mets quasiment jamais en danseuse.

  • Sacoche de prolongateurs :

Il s'agit de la Restrap Race Aero Bar Bag (265g). C'est un harnais qui reste fixé aux prolongateurs, et un sac étanche de 7L qui peut être retiré du harnais. Même quand le sac étanche est rempli à bloc, il y a encore beaucoup de marge sur les sangles de serrage du harnais, ce qui fait qu'on peut facilement ajouter des choses. Au début je plaçais le sitpad sous le sac étanche dans le harnais, puis j'y ai mis les tongs. La sangle principale, sur l'avant, a un système de fermeture aimantée très facile à manipuler. Sur le dessus du harnais, c'est à dire entre les prolongateurs, il y a un cordon élastique que je trouve très pratique pour coincer le coupe-vent.
Dans le sac étanche, je rangeais mes vêtements.

  • Sacoches de fourche :

Ce sont des Ortlieb Fork Pack de 5.8L chacune. poids : 300g par sacoche, en incluant le poids du support fixé à la fourche. Elles sont très facile à retirer du vélo, même d'une main. Un peu moins facile à installer car il y a un risque de la mettre un peu de travers et qu'elle ne soit pas correctement placée. Avec l'habitude, on finit par les installer correctement du premier coup.
Dans celle de droite, je rangeais la nourriture et une cuiller longue en titane ainsi qu'une poche platypus de 2L et un filtre Befree d'1L.
Dans celle de gauche, il y avait un sac contenant les outils pour le vélo, un autre contenant plein de petites bricoles comme la brosse à dents, la lampe frontale, un chargeur secteur... Il y avait aussi un ziplock contenant mon plan de vol imprimé en recto-verso sur pas mal de feuilles A4, un antivol en U (Kryptonite Evolution Mini-6 : 686g) et le surplus de nourriture qui n'entrait plus dans la sacoche droite.

  • Sacoche de Top Tube :

C'est une Restrap Top Tube Bag de 0.8L et 90g. Elle couvre à peu près la moitié du top tube auquel elle est fixée par deux vis. Quand j'ai les pieds à terre, j'ai le cul entre la selle et cette sacoche, et elle ne me gène pas. Je la frotte un peu avec les genoux en pédalant, mais sans que ce soit très gênant. On peut l'ouvrir d'une main en roulant, par contre au début, il me fallait deux mains pour la refermer, puis j'ai compris que je pouvais fixer l'arrière de la sacoche au tube à l'aide d'un collier de serrage. Ainsi, on peut également la fermer d'une seule main.
j'y logeais mon portefeuille (un simple ziplock), un chargeur USB connecté au moyeu dynamo (Sinewave Revolution), une powerbank connectée au chargeur par un cordon très court, quelques barres de céréales, quelques emballages de barre de céréales car cette sacoche faisait office de poubelle, ma gapette lorsqu'elle n'était pas sur ma tête, un paquet de mouchoirs, rarement mon téléphone, quand je ne jugeais pas utile de le mettre sur son support de cintre.

  • Food Pouch :

il pèse 50gr, a un volume assez ridicule. C'est un modèle que Décathlon vendait il y a quelques années à 6€ en tant que porte-bidon. En effet, on pourrait y placer un bidon, mais je préférais y ranger un tube de crème solaire, un opinel, parfois quelques barres de céréales, un petit ziplock contenant des stickers aux couleurs d'un groupe informel de cyclistes toulousains auquel j'ai la prétention d'appartenir.
J'ai monté cette sacoche sur le vélo au tout dernier moment avant le départ. Je n'étais pas sûr d'avoir besoin de ce volume supplémentaire. Finalement, je l'ai trouvée pratique car elle m'a permis d'avoir moins de bordel dans la sacoche de top tube.

Bilan : Si je n'avais pas les genoux si près du cadre quand je pédale, j'aurais pris une sacoche de cadre à la place des sacoches de fourche. Je n'ai pas été gêné par le poids embarqué sur la fourche et les prolongateurs. ça donne un peu d'inertie à la direction, mais ça ne rend pas le vélo instable. Je suis plutôt content du ressenti, autant sur route que sur chemin.

Vêtements

Je randonne à vélo avec presque les mêmes vêtements que lorsque je randonne à pieds. Je porte un T-Shirt à manches longues en Mérinos fin, un boxer D4 synthétique sans couture, une paire de chaussettes tantôt en mérinos, tantôt synthétiques car je n'ai qu'une paire ne mérinos, et à vélo, j'ai remplacé mon pantalon long par un short convertible en pantalon prévu pour la pratique du gravel, de chez Endura. Je roulais la plupart du temps en short. Je ne mettais les jambes que le matin à la fraiche ou le soir au bivouac.
Pour le haut du corps, je n'ai pas à me plaindre, mais en bas, je suis souvent amené à repositionner le boxer pour éviter les plis car depuis 10 ans que je l'ai, il n'est plus très ajusté. Le short a tendance à s'imbiber de transpiration et il met du temps à sécher. Pour de prochaines virées, je réfléchis à adopter un cuissard sans peau de chamois, mais ça ne m'a pas l'air évident à trouver.

Recharge en roulant

Un peu avant le départ, j'ai acquis un chargeur Sinewave Revolution. Il est alimenté par le moyeu dynamo du vélo, et il dispose d'une prise USB. Je n'y branchais pas directement le téléphone, car l'expérience m'a montré que mon téléphone est un peu perdu quand l'intensité du courant varie. Il va jusqu'à se décharger au lieu de se charger si je roule sur terrain vallonné. Je chargeais donc une petite powerbank de 3000mAh, que j'utilisais pour recharger mon téléphone lors des pauses.
Je n'étais pas sobre dans l'utilisation du téléphone : je l'utilisais comme GPS, et comme je roulais seul, je sentais le besoin de partager des photos sur divers support. J'uploadais parfois 3 fois les mêmes photos. Le soir, je m'endormais parfois en écoutant un podcast. Avec cet usage du téléphone, et sachant qu'une bonne partie de la journée, je roulais trop lentement pour que la powerbank charge (en dessous de 7km/h, ça ne charge pas), je n'étais pas complètement autonome, mais la charge du téléphone décroissait lentement. Je crois me souvenir qu'à la première prise élecrique rencontrée, à Soueix chez B, la batterie du téléphone était à 75% et la powerbank vide. J'en suis reparti avec les batteries pleines, et 4 jours plus tard, quand j'ai de nouveau pu recharger, à Gourette, j'étais descendu à 65% dans le téléphone et dans la powerbank, je devais avoir de quoi remonter le téléphone à 75 ou 80%.
Avec une utilisation plus sobre du téléphone (juste GPS et photos), j'aurais pu faire toute la traversée sans prise murale et avec de la marge.

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#21 27-08-2023 15:18:55

ester
Membre
Lieu : Bzh
Inscription : 23-08-2011

Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Bonjour Eloi,  smile

Je t'ai suivi au fil de l'écriture, j'ai bien aimé ta traversée, ta façon de la raconter et l'esprit qui va avec.
Merci beaucoup pour le partage. smile


Grâce à vous, j'avance ! merci !  smile

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#22 27-08-2023 18:27:25

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
Site Web

Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Du coup je vais reposer une question à propos du découpage et de la planification : comme tu savais que tu avais de l'avance, pourquoi tu n'as pas modifié ton parcours pour ajouter un ou deux cols bonus plutôt que de devoir attendre à Hendaye ? J'aime bien le vélo parce que je trouve que c'est toujours très facile d'improviser (contrairement à la rando à pied il y a moins de contraintes de ravitaillement vu qu'on en croise tous les jours), mais j'ai l'impression que tu es resté très fixé sur ton itinéraire prévisionnel, c'était volontaire ?


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Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
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#23 27-08-2023 19:00:39

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
Inscription : 27-04-2010

Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Au camping du Col de Portet d'Aspet, quand j'ai réalisé que j'avais un jour de bonus, je me suis dit que je pourrais en profiter pour faire un aller-retour dans une vallée en cul de sac, comme Gavarnie ou Cauterets, ou monter dans les Lacs du Néouvielle. Gavarnie et Cauterets, il m'a semblé que ce serait sur des routes fréquentées et peu agréables. Les lacs u Néouvielle, j'y suis déjà monté à la fin de l'hiver dernier. Mais je me suis aussi dit qu'avoir un jour de rab pouvait me permettre de laisser passer une journée orageuse à l'abris, ou résoudre un pépin mécanique imprévu. J'ai aussi envisagé d'annuler mon train et de faire le retour à vélo sur Toulouse.
Finalement, arrivant vers la fin, je cherchais un endroit dans les terres où j'aurais pu avoir envie de rester une journée. Je n'ai pas trouvé.

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#24 27-08-2023 21:41:53

Stéphane_33
Membre
Lieu : Bordeaux
Inscription : 05-12-2018

Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Bonjour Eloi,
Merci pour ton récit qui nous donne une autre vision de la traversée des Pyrénées, et bravo pour la performance smile
Stéphane.

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#25 28-08-2023 11:51:13

Eloi
Bigfoot
Lieu : Toulouse
Inscription : 27-04-2010

Re : [Récit + liste] Route des cols Pyrénéens 2023 d'Est en Ouest

Après coup, je me dis que si j'avais eu plus de temps, ça aurait pu être intéressant de faire le trajet retour, en variant éventuellement là où ça s'y prête. Dans certains cols, je me disais qu'il y avait un bon sens pour les franchir. Par exemple, je suis monté au Col de Pailhères par une route étroite, sinueuse et parfois un peu raide, et avec un très beau paysage qu'on a le temps de regarder quand on monte. La route de la descente vers Ax-Les-Thermes était bien plus large, moins sinueuse et moins raide, donc parfaite pour foncer en descente, mais plus passante également. Je pense donc avoir franchi ce col dans le sens le plus agréable. Mais ça aurait été intéressant et assez différent de passer dans l'autre sens.
Une prochaine fois peut-être.

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