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#51 15-09-2015 06:47:09

wax
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Les photos sont magnifiques.
Le texte est très divertissant.

La foule en délire crie "La suite, la suite, la s..." wink

Un grand merci.

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#52 16-09-2015 19:40:57

Shanx
Sanglier MUL
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci wax. smile

Bon, par contre là je suis vraiment à sec au niveau suite, donc je ne sais pas quand ça sortira. Bon, il reste que deux parties, donc je vais quand même essayer de me bouger.

Et après on parlera nourriture. Un grand moment en perspective. big_smile


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Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
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#53 18-09-2015 16:29:29

Shanx
Sanglier MUL
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Partie 6 : Modane – Larche
Environ 143km, 10000km, 7 jours

La météo prévue pour la fin de journée est plutôt moyenne, et celle de demain assez catastrophique. Comme je n'ai pas encore pris de jour de repos, je décide de m'octroyer des journées tranquilles pour ne pas avoir à marcher sous la pluie. Oui, le temps que j'ai eu a été si bien que je peux même me permettre de ne pas marcher sous le mauvais temps. De toute façon, j'avais prévu depuis le départ de dormir au sommet du Thabor, pour me rappeler une de mes randos précédentes.

Ceci dit, le matin je pars tôt pour me permettre de passer du temps à Modane. Après une descente rapide, je me retrouve dans l'affreux centre de la ville la plus moche de ma traversée. Je passe dans une boulangerie me renseigner :  “La Poste ?” “À la gare.” “L'Office du tourisme ?” “À la gare.” “Un supermarché ?” “À la gare.”. En gros, y'a rien dans le centre-ville “officiel”, tout est à la gare. Super la ville… Alors que je repars, le client qui était derrière moi me propose de m'y amener en voiture. C'est plus rapide…

À la gare, je passe à l'OT utiliser un ordi pour lire des cartes (c'est là qu'on sent à quel point j'ai bien préparé mon parcours), puis à la poste pour renvoyer mon piolet. Comme ils n'ont pas de cartons adaptés, que c'est cher et que le piolet ne pèse “que” 250g, je décide de le garder. Enfin, je passe au supermarché (chocolaaaaaat !), et je repars. Il est déjà 11h, et il fait chaud.

Le début n'a rien de fantastique, surtout que je suis déjà passé par là. Au moins, je n'ai pas besoin de me poser de questions et je carbure. Je dépasse le fort du Lavoir, trouve de l'eau dans le jardin d'une maison et continue. Je rattrape un couple qui fait le GR5 et je marche quelques minutes avec eux. Ils sont cools, mais leur pratique de la rando ne correspond pas du tout à la mienne ou à celle qui a majoritairement cours sur ce forum. Ils ont la tente et tout, mais leur programme est fixé, limite à la minute près, malgré le fait qu'ils ont déjà un peu d'expérience sur la rando au long cours. Je trouve ça triste.

Je passe le col de la vallée étroite alors que le ciel se couvre petit à petit. Au lac sous le Thabor, je croise un jeune couple (mon âge), elle se faisant belle dans le lac. Ils m'indiquent une voie alternative pour rejoindre le sommet. En coupant dans les éboulis, on peut rejoindre la crête en s'évitant un détour. J'apprécie. Comme la journée est finie et que demain est un jour de repos, je mets la machine à fond et fais du 7 ou 800m de D+ à l'heure.

J'arrive à la chapelle alors que quelques gouttes tombent. Je m'y installe et commence à lire (pour changer), mais finalement le ciel se dégage en fin d'après-midi. Ça me permet d'admirer un paysage magnifié par les nuages qui tournent autour.

Au moment de me coucher, je me rends compte que la porte ne ferme pas, et que je suis en plein dans un courant d'air. Après quelques hésitations (vraiment, j'ai pas la foi pour ressortir de mon lit douillet), je bouge mon camp de l'autre côté de la petite pièce, au second endroit où le sol est le moins penché.


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La nuit a été affreuse. Beaucoup, beaucoup de vent, de l'orage, de la pluie… Près de la moitié de la pièce est mouillée malgré la porte repoussée. Je suis quand même content d'avoir eu un abri en dur pour la nuit. J'attends une amélioration avant de partir, ce qui me permet de lire jusqu'à 11h. Je pars ensuite dans le brouillard. À part des nuages et de la pluie, je ne verrais pas grand chose de la journée. Dommage, le parcours a l'air superbe. La descente vers je ne sais plus quel refuge est longue, limite tout en faux-plat descendant. À la fin un petit mur me donne quelques frayeurs, car mes chaussures plates n'aiment pas trop la terre trempée.

C'est donc plus ou moins humide que je finis ma journée, après à peine 10km et 400m de D+. Je me pose au camp des Rochilles, qui laisse une pièce à diposition des randonneurs. C'est glauque à souhait, mais sec et avec des matelas (luxe ultime). J'y passe une aprem tranquille à lire. Avec une feuille de polycree, les matelas sont parfaits pour rattraper mon sommeil en retard.


Réchaud de qualité (et pub pour Coca)
Réchaud de qualité (et pub pour Coca)


Durant la nuit, une voiture vient se poser à côté. Ça me fait plus ou moins flipper, mais (bien entendu) ce n'est qu'un couple de randonneur qui arrive “un peu tard”. Merci pour le coup de stress. Mais ça me permet de voir la lune éclairant mieux qu'un phare le paysage de falaises. C'est assez sublime.

Au petit matin, les nuages se sont fait la malle. C'est mieux comme ça, donc aujourd'hui je peux marcher. Je pars assez tard, retenu plus que de raison par le matelas. Je passe au lac des Cerces où des bivouaqueurs se réveillent. Un peu plus loin, à la faveur d'un patou hargneux, je rencontre un petit groupe. Ils ont bivouaqué au lac, et le regrettent. La suite se fait sur un GR, où je croise un peu de monde. Finalement, quand je tourne vers le col de l'Aiguillette, je me retrouve seul. De là, je prends un long sentier en balcon jusque sous le col de Granon. Je continue avec trois kilomètres de bitume sous le cagnard pour rejoindre le col.

Enfin, je rejoins la superbe crête de Peyrolle. L'eau se fait rare, je sens que je viens d'entrer dans “le sud”. Je dois donc continuer assez bas pour retrouver une fontaine. Je dors juste au dessus de Briançon, près pour attaquer le Queyras demain.


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Je passe assez tôt dans Briançon endormie. Le temps d'acheter des cartes postales et de me poser devant un délicieurs chocolat chaud pour les écrire, les supermarchés ont ouvert, donc je passe me ravitailler (chocolaaaaaat) et doubler ma capacité en eau (je passe à 2l). J'en profite pour jetter mes restes de purée en poudre, mon réchaud et mon alcool : j'abandonne officiellement la cuisine chaude.

Je dois ensuite marcher longuement en ville pour rejoindre Villar. Je ne suis pas le GR5, qui fait n'importe quoi, mais je le retrouve à la sortie de Villar et le suis jusqu'au col. La longue montée sur la piste n'améliore pas mes sentiments envers les GRs. Sous les chalets des Ayes, je croise un berger qui fait une mii-transhumance en 4x4. Décidément, tout se perd. tongue

Après les chalets, je retrouve un bon sentier pour monter au col, ça fait du bien. Après une courte descente, je quitte le GR et sa foule pour retrouver un PR et sa foule. Après un petit moment, je coupe dans la pente pour rejoindre le sentier du col du Lauzon, une belle brêche dans la falaise. Plus bas, le lac du Lauzon fait grise mine, mais à côté se trouve une bonne fontaine. Alourdi par l'eau, je descends dans Belle Combe, qui porte bien son nom et où se trouve une petite cabane bien sympa. Je continue à travers les impressionnants mélézes bien droits et remonte vers le plan du vallon. 30km, 2000m de D+, du vent et une cabane : je m'arrête là pour la nuit.


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Les beaux mélèzes du Queyras


La météo annonce un temps maussade, donc j'ai la flemme de me lever. Je ne pars que vers 8h, mais avance d'un bon pas et avale rapidement le col. Des patous m'aboient dessus, mais ils sont beaucoup moins impressionnants avec la petite gorge qui nous sépare.

Au refuge de Furfande, je vais à la pêche aux infos météo, sans succès. Mais bien que nuageux, le ciel n'est pas menaçant et laisse même apparaitre du bleu. Toute la journée, ce sera alternance de nuages lachant quelques gouttes avec des moments de soleil. Je dois redescendre dans la vallée pour remonter en face. J'y vais d'un bon pas, mais je perds le GR (je ne sais toujours pas comment j'ai pu rater l'intersection) et fais un petit détour.

De l'autre côté je monte au col Fromage. C'est assez long, mais je croise deux chevreuils qui me contournent dans un bruit de tonnerre. Enfin, je m'attaque au dernier col de la journée. En chemin, je croise un patou désœuvré et des randonneurs qui pensent que c'est mon chien. Du col des Estronques, je plonge dans la vallée de Saint-Véran en m'arrêtant en chemin pour reprendre de l'eau dans des suintements.

Déjà 2000m de D+. Je débranche le cerveau et prend le rythme de la lente montée vers le lac de la Blanche. Je n'avais pas prévu y bivouaquer avec huit (!) autres tentes, mais je n'ai pas la foi d'aller voir ailleurs.


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Une journée sympa m'attend aujourd'hui, donc je pars assez tôt. Une franche montée plus tard, et je suis au col de la Noire, d'où j'atteins facilement la petite tête de la Noire. Superbe vue sur la haute Ubaye, et notamment les objectifs de la journée : Mont de Salsa et Bric de Rubren. Ça me permet de repérer un cheminement logique pour la suite. Je redescends et contourne les lac de Longet. Juste après, je marche presque sur une femelle lagopède et ses petits, qui s'éparpillent dans tous les sens. J'espère que la famille s'est reformée.

Je discerne des sentes, mais impossible de savoir si elles sont humaines, animales ou aquatiques. Au dessus du beau lac du Loup, je me retrouve face à un gros pierrier qui fait peur. Heureusement, une sente bien cairnée me permet de le remonter assez facilement jusqu'au pas de Salsa. Après avoir contourner une petite barre, je peux monter au sommet moyennant un passage fatiguant dans du sable gravilloneux. Je suis en haut juste avant la fameuse nebia. La descente dans le sable est super rapide, et je suis rapidement au bivacco du lac de Rubren. Y passer une nuit doit être fantastique, mais il y a toujours du monde.

J'enchaine avec le Bric de Rubren, mais au sommet la nebia vole la vedette au paysage. Je discute rapidement avec le petit groupe au sommet, qui m'apprend la prononciation italienne d'un des cols que je veux faire le lendemain : le col de Ciaslaras, à prononcer “Chiasse la race”. Classe.

La descente est longue (j'ai l'impression de souvent dire ça). Je croise un adepte de la rando-nue, qui se pose rapidement contre un rocher en mettant son t-shirt devant lui quand il me voit. Pas sûr qu'il ait choisi le bon coin pour en faire, vu la fréquentation. Au niveau de la cabane de Rubren, je surprends un patou à moitié endormi alors que le troupeau de mouton est contre le chemin. Ça le vexe, et il se venge en m'aboyant violemment dessus. Gros coup de stress.

Un peu avant Maljasset se trouve le sublime plan de Parouart, qui fait penser à une mangrove, ou à un marécage d'eau vive. J'adore.

Enfin, j'attaque la dernière montée, assez lentement. Je ne suis pas dans une forme olympique, et je suis plutôt content d'arriver aux lacs Marinet. C'est là que se trouve le dernier glacier rencontré durant ma traversée. Je me pose dans la cabane, où se trouve déjà un couple. Je ne serais pas seul, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Au final, il s'avère que lui est un MUL (ou l'a été tongue) inscrit sur RL : c'est Moumou, qui a converti sa copine E. à la grande randonnée. Nous passerons une soirée très sympathique, à peine perturbée par le passage d'un immense troupeau de moutons qui fait peur à certaines personnes. tongue

Alors que je m'inquiète de les réveiller le lendemain matin, il s'avère qu'ils vont se lever vers 4h pour aller voir le lever du soleil depuis un col. Il est convenu que si je suis réveillé (ce que je serais forcément) et si j'ai la foi (ce qui est bien moins sûr), je les accompagnerai.


En face : mont de Salsa (centre gauche, 3315m) et Bric de Rubren (3340m), mes objectifs du jour
En face : mont de Salsa (centre gauche, 3315m) et Bric de Rubren (3340m), mes objectifs du jour


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Au passage, je dérange une lagopède et ses oisillons
Au passage, je dérange une lagopède et ses oisillons


Le "chemin", c'est en face
Le "chemin", c'est en face


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Dernier glacier...
Dernier glacier...


Palace pour la nuit
Palace pour la nuit


Je me suis levé ! Et après 1h30 d'effort dans un terrain pas toujours bon, nous assistons à un lever de soleil superbe depuis le sommet du Ciaslaras (3002m). Pour la suite, j'ai prévu une journée assez tranquille pour arriver tôt à Larche et avoir le temps de recharger mes batteries. Pour le moment, nous continuons ensembles et frachissons le Colle del Infernetto. Il est raide, exposé, mais équipé et finalement assez facile. En haut, nous nous séparons (1ère édition des adieux) et je continue en direction du col de la Gypière, où j'arrive en même temps que la nébia. Une bande de scout gueule à tout va son amour pour Dieu, ça fait un peu peur. Je monte à la tête de la Fréma (12ème 3000), d'où le paysage est beau. Il serait superbe si les nuages allaient voir ailleurs.

Je descends vers le pas de la Couletta. En dessous, je passe devant une cabane de berger et m'arrête demander de l'eau à la bergère. Elle m'indique leur source, un peu en contrebas du chemin, et nous restons un bon moment à discuter. J'apprends que lors du dernier recensement, sept loups ont été comptés dans le secteur. Elle me donne aussi des indications pour monter au Massour et au bivacco du sommet. J'ai vraiment envie de le faire.

Je repars en coupant par des drailles pour rejoindre le col du Vallonnet. J'y retrouve Moumou et E., et nous repartons ensembles. Finalement, ils changent un peu leurs plans et viennent avec moi jusqu'à Larche. Dans la descente finale, nous doublons un groupe. Petite incompréhension avec eux, car nous ne leur disons pas bonjour. (Bouh, méchants les MULs).

À Larche, nous prenons une conso réparatrice. E. commande l'omelette au fromage qui la fait fantasmer depuis quelques jours. Nous blaguons sur la micro-nano-épicerie du camping, et sur qui la dévalisera en premier. Ce sera probablement eux, vu que je passe d'abord m'installer au gîte. Nous réitérons nos adieux, 2ème édition.

J'ai réservé le gîte hier, mais il n'y avait plus de place (décidément…). La gérante m'avait quand même dit de venir, en disant qu'on s'arrangerait. En effet, elle me trouve une place dans une mezzanine, où finalement je serais probablement mieux que dans un dortoir. Elle me prévient qu'il y aura peut-être l'accompagnateur d'un groupe qui dormira avec moi en haut.

Ensuite je pars faire quelques petites courses (chocolaaaaaat) à la petite épicerie. Le gérant est très froid, le choix minimal et les prix dignes de la Suisse : je ne recommande pas. J'y croise Moumou, qui attend E. qui est aller prendre une douche avant qu'ils repartent bivouaquer plus loin. Troisièmes adieux.

Au gîte, je retrouve le groupe de la descente. J'ai un peu du mal avec eux, car ils ont un état d'esprit un peu bizarre. Des taxis leur portent leurs valises (oui oui, des valises entières) de gîtes en gîtes pendant qu'ils font le GR5 avec l'accompagnateur. C'est un autre monde… Mais ils me donnent leur surplus de riz, ce qui me va bien. Je décide de prendre le petit déjeuner au gîte, et vais me coucher à 20h. À partir de demain je rentre dans le Mercantour, la dernière ligne droite. Je ne peux m'empêcher de compter les jours jusqu'à la mer.


Un vrai 5*
Un vrai 5*


Lever de soleil depuis le Monte Ciaslaras (3002m)
Lever de soleil depuis le Monte Ciaslaras (3002m)


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Au centre, le Colle Del Infernetto
Au centre, le Colle Del Infernetto


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Dernière modification par Shanx (19-09-2015 16:54:03)


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#54 18-09-2015 17:22:49

snop
Marcheur vertébré invétéré
Lieu : LA YAUTE
Inscription : 06-06-2007

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Shanx a écrit :

La nuit a été affreuse. Beaucoup, beaucoup de vent, de l'orage, de la pluie… Près de la moitié de la pièce est mouillée malgré la porte repoussée. Je suis quand même content d'avoir eu un abri en dur pour la nuit. J'attends une amélioration avant de partir, ce qui me permet de lire jusqu'à 11h. Je pars ensuite dans le brouillard. À part des nuages et de la pluie, je ne verrais pas grand chose de la journée. Dommage, le parcours a l'air superbe. La descente vers je ne sais plus quel refuge est longue, limite tout en faux-plat descendant. À la fin un petit mur me donne quelques frayeurs, car mes chaussures plates n'aiment pas trop la terre trempée.

Ca devait être le refuge des Drayères smile
La descente depuis le col est un peu longue, effectivement, ça descend très tranquille, mais le coin est joli et parsemé de lac. Enfin, c'est plus joli quand il fait beau. Et puis ça tranche avec la dernière descente, pas longue, mais ça descend bien, et puis à droite le ruisseau-cascade devait gronder un peu s'il pleuvait. Vraiment pas de chance de passer là accompagné de la pluie.

C'est donc plus ou moins humide que je finis ma journée, après à peine 10km et 400m de D+. Je me pose au camp des Rochilles, qui laisse une pièce à diposition des randonneurs. C'est glauque à souhait, mais sec et avec des matelas (luxe ultime). J'y passe une aprem tranquille à lire. Avec une feuille de polycree, les matelas sont parfaits pour rattraper mon sommeil en retard.
Durant la nuit, une voiture vient se poser à côté. Ça me fait plus ou moins flipper, mais (bien entendu) ce n'est qu'un couple de randonneur qui arrive “un peu tard”. Merci pour le coup de stress. Mais ça me permet de voir la lune éclairant mieux qu'un phare le paysage de falaises. C'est assez sublime.

Ah...? J'aurais parié pourtant que la route était interdite à tout circulation... hors le régiment du 93ème RAM qui a ses quartiers aux Rochilles... Il faut croire que non donc (cependant, parfois, la barrière est fermée). Les matelas au Rochilles, c'est pas de la gnognotte hein ! Sont pas tout jeunes, mais le confort est là ! C'est pas des mousses de 5mm...


"Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière". Ma liste 3 saisons montagne - X-lite 350 custom

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#55 18-09-2015 21:31:30

Shanx
Sanglier MUL
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Inscription : 22-04-2012
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

C'est bien le refuge des Drayeres.

En effet, les matelas du camp des Rochilles sont super confortables. Le lendemain ils m'ont mis en retard. big_smile


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#56 18-09-2015 21:38:59

zorey
HRP addict
Lieu : Pyrénées, Aure et Louron
Inscription : 07-06-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Hey !  smile  smile  smile

Récit wikifié, maintenant faut te grouiller de finir, la suiteuh ! tongue


La nature nous a donné deux oreilles et une bouche pour écouter le double de ce que l'on dit.

Ourson Power

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#57 19-09-2015 09:27:49

Moumou
MSL (Marcheur Semi-Léger)
Lieu : Alpes-Maritimes
Inscription : 25-08-2006

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Salut Shanx !

Shanx a écrit :

Bon, mon récit n'a pas tellement de succès… sad J'espère que la suite motivera les foules, parce que j'ai du mal à me motiver pour l'écrire.

Oh si, encore, encore !

Shanx a écrit :

Au final, il s'avère que lui est un MUL (ou l'a été tongue)

De temps en temps, j'ai besoin de porter un sac de 50 l pour me souvenir que 30 l c'est mieux....

Et sinon, belle photo de la cabane Marinet sous les étoiles, avec la Grande Ourse pile au dessus. C'est pas un photomontage ?

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#58 19-09-2015 16:48:17

domweb
Membre
Lieu : Marseille / Jausiers (04)
Inscription : 19-10-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Euh, ya un bug : moumou, c'est le diminutif (?) de Ginette, mon teckel-avatar lol .

Shanx, pas mal le contournement du maxi imposé pour les photos > 200ko (cette immense photo du mélèze) wink .


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

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#59 19-09-2015 17:04:05

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
Inscription : 22-04-2012
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Moumou a écrit :

Et sinon, belle photo de la cabane Marinet sous les étoiles, avec la Grande Ourse pile au dessus. C'est pas un photomontage ?

T'as vu la qualité de la photo ? C'est pris à main levé, à ISO 3 milliards et sans retouche. Pour tout te dire, j'avais même pas remarqué la grande ourse. tongue

domweb a écrit :

Shanx, pas mal le contournement du maxi imposé pour les photos > 200ko (cette immense photo du mélèze) wink .

Techniquement parlant, la limitation ne compte que pour les photos hébergées sur le site. tongue
J'ai mis les photos sur mon serveur parce qu'un simple copié-collé à fait le taf ; tout mettre sur RL manuellement me prendrait environ 2 jours. tongue

Par contre, comme tu l'as remarqué, y'a un problème avec les photos en portrait. Je vais terminer le récit (il ne reste qu'un partie), et je verrais ce que je peux faire.


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#60 20-09-2015 00:02:00

Gigi
Dahumûle vive les mélanges !
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Super récit  merci ! courage !

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#61 20-09-2015 07:19:57

martie
Membre
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Et oui, c'est sympa ton récit...  et les photos sont vraiment superbes.
Merci encore pour ce retour
Prendre le temps de le faire, nous faire partager ces instants, merci

martie

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#62 20-09-2015 15:16:51

SAB5-83
Membre
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Super récit, photos magnifiques et celle de la cabane avec la Grande Ourse au dessus, tout simplement magique !

Format des photos "portrait" : quand tu les héberges sur le forum, as-tu essayé de choisir le format en dessous ?
Par ex si tu les héberges en 800x600 en "paysage", tu les mets en 640x480 quand c'est du "portrait".
Idem, si tu les charges en 640x480 en "paysage", tu les mets en 320x240 en "portrait".
Tu me suis ?

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#63 23-09-2015 13:35:45

Shanx
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci pour vos messages. smile

SAB5-83 a écrit :

Super récit, photos magnifiques et celle de la cabane avec la Grande Ourse au dessus, tout simplement magique !

Format des photos "portrait" : quand tu les héberges sur le forum, as-tu essayé de choisir le format en dessous ?
Par ex si tu les héberges en 800x600 en "paysage", tu les mets en 640x480 quand c'est du "portrait".
Idem, si tu les charges en 640x480 en "paysage", tu les mets en 320x240 en "portrait".
Tu me suis ?

Oui oui, mais ça nécessite d'uploader toutes les photos une par une (du moins celles en portrait en premier). J'ai un peu la flemme. tongue
Je termine la dernière partie et je m'y mets. La liste et la nourriture attendront.


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Mon trombi
"Heureusement qu'il y a RL pour m'éviter les genoux qui craquent et le dos en compote" - C. Norris
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#64 23-09-2015 20:36:47

Shanx
Sanglier MUL
Lieu : Probablement au boulot :(
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Partie 7 : Larche – Menton
Environ 150km, 10500m D+, 6 jours

je me lève assez tôt après une bonne nuit, prêt à me lancer dans la partie finale de mon parcours. Mais avant ça, je m'octroie un petit déjeuner gargantuesque. Juste avant de partir, je règle ce que je dois. Pour une raison inconnue, la gérante m'offre gentiment le petit déj'. Est-ce parce que j'ai dû dormir dans la mezzanine (où j'étais très bien) ? En tout cas, je conseille le gite, l'accueil y est très bon, même si je suis passé un soir où il y avait plus de monde qu'habituellement.

Je pars en même temps que le groupe, un peu avant 7h. Cependant, eux laissent une impressionnante pile de valises, et partent en voiture pour éviter les quelques kilomètres de bitume qu'emprunte le GR5. Il faut avouer que le chemin n'est pas top, mais ça me permet de me mettre en route, et j'avance bien en prévoyant une journée plus difficile ensuite.

La route s'arrête en bas du vallon du Lauzanier, où on rentre officiellement dans le parc du Mercantour. Le secteur est beau, mais très aménagé. Heureusement, il est tôt et je suis presque seul. Je passe les lacs du Lauzanier et de Derrière la Croix, au niveau duquel je redouble le fameux groupe. Une bonne montée plus tard, et je passe le pas du Diable.

Je suis encore le GR au début de la descente, jusqu'aux lac d'Agnel. J'y croise pour la dernière fois Moumou et E., avec qui je discute quelques instants avant de leur dire au revoir. Quatrième adieux, rien que ça. Mais là, nous partons sur des chemins très différents, donc si nous nous revoyons c'est qu'il y a un problème.

À partir de là, je quitte le GR pour rejoindre le pas de Morgon. La traversée du Salsa Moreno et le début de la montée se font en hors-sentier, avant que je ne distingue une sente sur la gauche. Au début j'hésite à la rejoindre, mais quand je vois un grand troupeau de moutons en face et les patous qui l'accompagnent, je prends la sente qui me mène aux lacs de Morgon. La suite jusqu'au pas est simple, et j'enchaine rapidement avec le col du Fer et le collet de Tortisse, avant de redescendre vers le refuge de Vens. Je mange derrière le refuge, puis m'engage sur la sente du pas de Vens. Le début est tranquille, la fin fatiguante car dans les gros blocs.

J'avais envisagé de dormir dans la cabane du pas de Vens, surtout que des orages sont prévus, mais j'ai la forme et le temps se maintient à peu près, donc je continue. Une traversée dans un pierrier plus tard, je franchis la brêche Borgonio et attaque l'affreuse descente. Tous les deux pas, je crois d'énormes araignées qui tissent leurs toiles entre les blocs. Miam.

Il y a de très beaux spots au lacs de Ténibre, mais j'ai envie d'avancer malgré les quelques gouttes qui tombent. Le ciel est clair, donc je ne m'inquiéte pas et ataque la montée vers le Ténibre. De ce côté c'est assez impressionnant, et la fin se fait dans un décor minéral qui respire la solitude. L'ambiance de haute montagne couplée avec les nuages noirs me fait accélérer ; j'arrive au sommet alors que le tonnerre roule doucement contre les falaises. J'avale rapidement la descente, et arrive au lac Chaffour vers 18h alors que la pluie commence. Il y a déjà une famille installée, mais je me pose à côté, à l'endroit exact où j'avais planté mon tarp lors de ma sortie avec Dom et Jjondalar.

Finalement, la pluie ne dure que quelques minutes, et je passe la soirée avec la famille qui m'invite à partager son repas. Ils viennent de passer quelques jours en bivouac dans le coin, redescende le lendemain et ont beaucoup trop à manger. Je me fais un plaisir de les introduire à la MUL en les débarassant de leurs vivres superflus. Ils avaient du melon et du chocolat…


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Le Mont Ténibre (3031m), douzième et dernier 3000 de la traversée
Le Mont Ténibre (3031m), douzième et dernier 3000 de la traversée


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La météo prévoit de bons orages pour aujourd'hui, c'est pourquoi je décide de changer légérement de plans pour éviter de me retrouver sur les crêtes au moment où ça pête. Je descends au refuge de Rabuons, d'où je prends le sentier des balcons du Mercantour, récemment construit mais déjà abandonné. Quel gâchis. Finalement, il est moins moche que ce à quoi je m'attendais, même s'il n'est pas forcément hyper agréable car très caillouteux. En chmin, je croise une horde de mouflons qui cavale à toute allure dans les rochers, puis des chamois. Au final, c'est un chemin très sauvage qui offre de beaux points de vue.

Je rejoins la crête et passe la frontière sous le pas de Colle Longue, d'où je prends un ancien chemin militaire pour rejoindre le col de la Guercha. Malgré les importants aménagements (murs de soutainement) créé lors de sa construction, on sent qu'il est maintenant très peu utilisé. Dommage, car le secteur est superbe. Au col de la Guercha, toujours pas un seul nuage, sauf au loin vers le Viso. Autant pour les orages. Je me pose pour manger en faisant face à la France. Un groupe d'italiennes me tape la discut'. Quand je leur dit ce que je fais, elles sont impressionnées mais ont surtout peur que je manque d'eau. Elles me remplissent donc une de mes bouteilles avec de l'eau (un peu contre mon gré, c'est de l'eau pétillante et je ne suis pas fan). Finalement, dans l'après-midi, je serais bien content de l'avoir… Au moment de repartir du côté italient, 30 minutes plus tard, je fais face à un immense nuage noir qui avance rapidement. Ah bon…

Je mets donc un coup d'accélérateur pour passer le pas du Bœuf (dont le nom sonne bien mieux en italien : passo del Blu) et rejoindre le col du Saboulé. La séparation du ciel est impressionnante : devant moi il fait magnifique, derrière moi un orage noir se forme. En descendant vers les lacs du Lausfer les premiers coups de tonnerre retentissent. Je décide donc de jouer la sécurité et de descendre dans la vallée, quitte à rejoindre Isola 2000 en stop. Descente rapide mais au sec jusqu'à la route alors que l'orage se déchaine côté italien, puis je commence à remonter en faisant du pouce aux quelques voitures qui vont vers la station. Je n'ai pas beaucoup de succès, je dois attendre près d'une demie-heure pour être pris. Heureusement d'ailleurs, car à peine dans la voiture l'orage éclate.

À Isola, je fais quelques courses (chocolaaaaaaaat) et passe à l'OT faire un point météo. Le temps pour les jours suivants est plutôt mitigé, le surlendemain étant prévu spécialement mauvais. Je dors à l'abri d'un auvent d'un restaurant sur les pistes.


Mouflons craintifs
Mouflons craintifs


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Anciens sentiers militaires
Anciens sentiers militaires


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Je pars assez tôt pour éviter les orages éventuels. J'ai prévu une courte journée, et une nuit dans un bivacco côté italien. J'espère éviter la pluie, même si le ciel est couvert. Au début de la montée, je vois un bout de soleil levant sur les montagnes en face ; ce sera la seule manifestation du soleil avant la fin de l'après-midi. Plus haut, vers les lacs de Terre Rouge, un agneau égaré bêle son désespoir avant que le brouillard ne vienne l'engloutir. Je passe la Baisse du Druos dans le brouillard. Dans la descente, je passe par un énorme baraquement abandonné, autour duquel trainent chamois et bouquetins.

Au lac de Valscura, le brouillard se lève, se qui a deux conséquences : je peux voir la fameuse Argentera, point culminant du massif, et il commence à pleuvoir. Heureusement, l'averse est courte et me laisse tranquille alors que je continue sur les larges chemins pavés de pierres.

Lorsque je rejoins le chemin qui monte au Passo del Valasco, je croise deux traileurs (qui marchent, mais quand même). Vu que ma journée est finie après le col, je décide de les suivre. C'est le col que j'ai franchi le plus rapidement de ma traversée.

Juste au sommet, il commence à pleuvoir à grosses gouttes. Je vois le bivacco sur un monticule en contre-bas, donc je me dépêche. Je monte la butte, pressé d'arriver. Alors que je commence à être trempé, je vois le bivacco… sur la butte suivante. Une descente à l'arrache dans la pente plus tard, je remonte au bon endroit pour atteindre le bivacco en même temps qu'une famille d'italiens.

Nous nous installons dans le bivacco pour manger. Ils sont là à la journée, et vont redescendre après. Ils ont beaucoup à manger, et me proposent de manger avec eux. J'accepte avec plaisir quand je vois leurs pizzas, fougasses et autres gourmandises. Ils n'arrivent pas à croire que je traverse les Alpes avec mon petit sac et mes baskets. Pendant que nous mangeons, la pluie se calme, un groupe arrive, puis un autre… Finalement, la famille libère la place, non sans me laisser une quantité impressionnante de nourriture : pizza,fougasse, mikados, sandwichs au nutella… Sympas les italiens.

Le groupe suivant s'installe et mange rapidement. Nous parlons assez peu. Puis ils laissent la place au 3ème groupe, alors que d'autres arrivent encore. Décidément, ce bivacco a du succès. Les nouveaux occupants ont discuté avec le premier groupe (la famille), qui leur a parlé de moi. Du coup, ils m'offrent encore à manger et des coups à boire (du rouge, beaucoup de rouge, et un coup de digestif). Vraiment, je deviens fan des italiens.

Finalement, le dernier groupe s'installe. Là encore, j'ai droit à des barres céréales et à du pain (frais) avec de la confiture maison. Je termine avec le ventre tendu comme jamais depuis plus d'un mois. J'adore à quel point la montagne peut rapprocher des gens qui ne se connaissent pas et qui ne partagent même pas une langue en commun.

Je passe une après-midi tranquille à terminer mon dernier livre. En début de soirée arrive un couple d'italiens. Lui est réalisateur et a un contrat pour faire un film de promotion du grand parc Alpi Marittime et Mercantour. Il est en repérage avec sa copine (médecin urgentiste qui a un tour de garde le lendemain à 10h dans une ville à plus d'une heure de route). Durant la soirée il réalise un timelapse des nuages avec son impressionnant appareil photo ; le résultat est sublime, et me donne honte de mes photos. tongue

Le brouillard revient et tourne autour de nous. Un chamois en profite pour s'approcher, et nous pouvons l'observer à notre aise. Je me couche tôt pour profiter du lit.


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Casernement abandonné, palace pour les bouquetins


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Nourriture que m'ont donnée des italiens. C'est ce qu'il reste après deux repas...
Nourriture que m'ont donnée des italiens. C'est ce qu'il reste après deux repas...


Petit bivacco
Petit bivacco


Avant dernière journée avant la dernière journée. En gros, il me reste trois jours, mais je ne compte pas le dernier jour, car il s'agira simplement de relier Sospel à Menton.

Comme prévu, le soleil n'est pas au rendez-vous, même si pour le moment il ne pleut pas. Sur les conseils de Bruno, j'avais prévu de passer par le col Cerise, mais le balisage et mes pauvres cartes ne sont pas d'accord et il y a du brouillard, donc je joue la sécurité en passant par le col du Préfouns pour arriver plus rapidement en France. Au col, comme toujours, il y a un baraquement lugubre comme tout. Je ne trouve pas le chemin pour descendre de l'autre côté (le brouillard me laisse environ un mètre de visibilité), donc je me lance dans la pente. Rapidement, je trouve le bon sentier et descend d'un bon pas.

Comme hier, le brouillard se lève. Je vois du ciel bleu, et je commence à reprendre espoir. Espoir vite douché par l'averse qui s'abat quand je passe le col de Salèse. Le ciel ne fait pas semblant, et la pluie forte ne s'arrêtera pas avant plusieurs heures. J'avance sur le GR comme un robot. Passage sur la route, arrivée au Boréon. Je me souviens que la carte indique que la vacherie des Erps, un peu au dessus, offre un abri. Je monte rapidement pour l'atteindre ; le chemin n'est plus, tout est ruisseau. En guise d'abri, j'y trouve une ruine dont le toit n'abrite jamais plus d'un mètre carré consécutuf et qui est surmonté d'un beau panneau "Danger – Entrée interdite". Je me sens l'âme rebelle, et surtout le corps trempé, donc je m'y abrite le temps d'une accalmie.

Il est hors de question que j'y reste dormir, donc quand ça se calme un peu je me lance. Le but est d'aller jusqu'au col de Fenestre, où selon refuges.info des baraquements peuvent m'abriter. L'accalmie se maintient et je marche rapidement. Au lac de Trécolpas, la pluie revient, encore plus forte que le matin. Alliée avec le vent, elle rend ma progression difficile. Je passe le pas des Ladres et continue jusqu'au col de Fenestre. J'ai l'impression que le jour tombe alors qu'il est encore assez tôt ; le vent s'engouffre dans la faille du col et me repousse. Je descends à l'aveugle côté italien en espérant trouver le baraquement. Il est une dizaine de mètres en dessous.

Bon, c'est glauque, lugubre, humide, les murs sont verts et les fenêtres cassées ; mais c'est un abri contre la tempête. Je me couche tôt. Sospel est à environ 45km et 2000m de D+. Une petite journée m'attend demain.


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Dernière vraie journée, donc. 37 jours de marche, et la mer est enfin à portée de pas. Enfin, c'est ce que je me dis, parce que je vais m'arrêter à Sospel, à une dizaine de kilomètres de Menton. Le but est d'arriver tôt à Nice demain pour acheter un change avant un potentiel train (qui n'est toujours pas réservé, je vais douiller).

En attendant, il faut que j'arrive à Sospel. Je me lève un peu avant 5h et qui rapidement le baraquement. Ça n'aura pas été le bivouac le plus romantique, mais au moins j'ai dormi au sec. Il fait nuit et il y a du brouillard ; j'avais pensé à couper dans la pente pour rejoindre le GR sous le Pas du Mont Colomb, mais finalement je préfère passer par la madone de fenêtre. Ça me rajoute quelques centaines de mètres de D+, je ne suis plus à ça près. tongue

Si la montée du pas se fait sans soucis, la descente est moins cool. La caillasse me ralentit pas mal, heureusement que le soleil fête son retour. Un contournement de lac plus tard, je passe au refuge de Nice prendre de l'eau et me renseigner sur la météo. La guardienne, très sympa, va sur internet pour me donner le dernier bulletin de météo france : grand beau !

C'est rassuré que je repare : plus rien ne me sépare de Sospel, à part une grosse trentaine de kilomètre et quelques cols (3 vrais cols à monter). le premier est la Baisse du Basto, très jolie mais là encore pleine de caillasse donc pas bonne pour le rythme. Montée, descente, puis montée à la Baisse de Valmasque qui me fait rentrer dans la vallée des Merveilles. Comme attendu, il y a pas mal de monde dans ce secteur. Au refuge des Merveilles, je reprends de l'eau une dernière fois avant Sospel.

Je monte au pas du Diable sur un chemin bien plus tranquille. Au milieu, une horde de chamois se prélasse à côté du chemin. Tant que je reste à plus de 5m d'eux, je ne semble pas les déranger ; ça change du Vercors. Au pas, je me pose pour manger. Un randonneur vient discuter : il finit le GR5, mais ne sait pas encore jusqu'où il ira ce soir. On se reverra peut-être (en fait non, mais je ne sais pas pourquoi).

La suite de la journée est assez longue. Sospel est à 25km environ, sans grosse montée mais au soleil. Et le soleil est là, et il donne l'impression de vouloir se rattraper de ses deux journées d'absence. Assez rapidement je passe en mode robot pour avancer, reconnectant mon cerveau uniquement pour savourer quelques framboises, dont je croise des champs entiers. En début de soirée, dans la brume au loin, je vois la mer. Ou je crois la voir, je ne sais pas. En tout cas, je sais que je ne suis pas loin.

Finalement, après une longue descente, j'arrive à Sospel vers 20h. J'ai la flemme de chercher un emplacement, donc je vais au camping, histoire d'avoir une douche. Bon, encore une fois j'suis pas fan, ça m'embête de payer 10€ pour un emplacement où je ne peux pas planter les sardines. Mais bon, maintenant que je suis là.

Dernière rencontre avec des italiens : alors que je vais prendre ma douche, un couple voisin m'interpelle pour m'offrir une bière. Je ne sais pas pourquoi. Ils font un road-trip jusqu'à Barcelone et sont super cool. Lui ne parle pas anglais, donc c'est surtout elle qui fait la conversation. Le moment où il ne croit pas ce qu'elle lui dit, à savoir que je viens de traverser les Alpes, me fait bien rire. Moi non plus je n'y crois pas trop.

Douche tardive et dodo à la belle étoile. Demain, j'ai un train à 11h.


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Un aigle curieux
Un aigle curieux


Je me retourne sur les montagnes
Je me retourne sur les montagnes


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Départ tôt, pour être sûr de ne pas rater le train et pour marcher à la fraiche. Je perds un peu le GR mais continue sur la piste qui me semble aller dans la bonne direction. Des renards effarouchés me suivent de leurs yeux brillants. Passage à une belle petite fontaine, puis dans une chaaigneraie,avant de finir l'avant dernière montée de la traversée. Elle est là.

La mer.

Cette fois-ci plus de doute. Le pas se fait aérien, les pensées légères. J'avale le col du Berceau. Dernier col, dernière montée… Et dernière descente. C'est long, et il fait déjà chaud. Aux alentours de 9h j'entre dans les faubourgs de Menton. Je tourne un peu avant d'arriver au centre-ville, où j'achète des tongs et un t-shirt avant de me diriger vers la gare. Quelques heures de train, et je serais chez moi.


La mer, ENFIN ! (ou déjà, je ne sais pas trop...)
La mer, ENFIN ! (ou déjà, je ne sais pas trop...)


Dernière descente dans la chaleur méditerranéenne
Dernière descente dans la chaleur méditerranéenne


Je ne suis pas le seul fatigué...
Je ne suis pas le seul fatigué...


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#65 23-09-2015 20:39:16

Shanx
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Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

J'ai fait une galerie avec toutes les photos du récit (plus justement, j'ai mis les photos de la galerie dans le récit, mais on ne va pas chipoter). Les photos sont légérement moins compressées et plus grandes, je vous déconseille le smartphone. C'est ici.


Épilogue

Ça n'a pas été facile d'écrire tout ça. Souvent, alors que je marchais, je pensais à ce que je voulais dire, à comment je pouvais le dire. Je ne sais combien de bonnes formules me sont venues alors que je suais dans une montée ; mais je sais que la plupart se sont envolées à la première marmotte rencontrée.

Mais au moins, le récit en lui-même est facile à construire : il s'agit de se rappeler des moments mémorables et de les mettre en forme. Pensant que mon récit serait déjà assez long comme ça, j'ai décidé de rester assez succinct. Et en effet, j'en suis à presque 16000 mots ; je n'ose pas imaginer ce que ça aurait été si j'avais tout raconté dans le menu détail. N'étant pas un écrivain, je n'ose pas non plus imaginer à quel point ça aurait été rébarbatif pour les quelques lecteurs qui m'ont suivi. Ceci étant dit, j'ai quelques remarques plus personnelles que je n'ai pas incluses dans le récit, mais que je souhaitais partager. Voilà qui sera fait ici.

Donc voilà pour le récit. Et l'épilogue ? Une rando de cette envergure doit avoir une conclusion. En chemin, cette conclusion fut la petite étape Sospel – Menton. Je vous laisse imaginer le tourbillon de pensées qui a accompagné mes derniers kilomètres, cette sensation de réussite, cette fierté qu'il m'était impossible de ne pas ressentir. Et pourtant, depuis que je suis rentré, et que je (re)vois ce que certains font ou ont fait, je relativise. J'avais toutes les cartes en main pour réaliser quelque chose qui, a posteriori, n'était pas si dur : la jeunesse, la forme physique (plus ou moins), le bon matériel, et surtout le beau temps. Soyons honnête : une traversée des Alpes telle que la mienne, essentiellement sur chemins balisés, n'est techniquement pas difficile. Physiquement, tant que le corps tient et qu'on va à son rythme, ce n'est pas insurmontable non plus.

Non, le plus dur pour moi fut du côté de la tête. Le premier quart de la traversée, jusqu'à Airolo, fut difficile sur ce plan là. La solitude, que pourtant je recherche en montagne, a parfois été lourde. Sur la partie suisse, je ne me souviens pas de discussions autres que purement pratiques avec des locaux. Les rares fois où la discussion a dépassé les 3 minutes, c'est quand je croisais un étranger. Sur quelques jours, ça va ; plus longtemps, ce n'est pas facile, surtout conjugué à d'autres facteurs. Je pensais que le problème venait de moi ou de la barrière de la langue ; le fait que ça ne se soit pas présenté avec les italiens me fait maintenant penser que c'est la Suisse qui ne m'a pas réussi.

En plus de la solitude, ma forme chancelante ne m'a pas aidé. Marcher comme un damné pendant plus de 10h pour me rendre compte que je n'ai même pas atteint les 30km alors que mon corps me crie que j'en ai fait 50, ce n'est pas bon pour le moral. Ajoutez à cela une maladie tenace qui, bien que pas très grave, m'a bien fatigué, et vous imaginez que mon humeur n'était pas toujours au beau fixe. Heureusement que la météo l'était ! Si je n'ai jamais pensé à abandonner, je sais que c'est parce que je ne voulais pas m'arrêter alors que le soleil accompagnait toutes mes journées. Je savais que ma déception de ne pas avoir fait ce que je voulais m'aurais ensuite rongé, surtout si la météo ne me fournissait aucune excuse. Il était hors de question de permettre à ma démotivation passagère de vaincre la motivation qui m'avait lancé à l'assaut des chemins. Une fois dépassé les 250km, le déclic a eu lieu, et j'allais beaucoup mieux. Pourquoi ? Peut-être parce que je n'étais plus malade, parce que j'avancais mieux…  Ou parce que mon cerveau est un débile qui a eu besoin d'être dressé.

Si c'était à refaire, je partirais depuis une région un peu plus propice, avec des refuges à prix abordables pour les jours de moins bien, afin d'aborder la Suisse avec au moins le physique déjà rodé. Là, même les jours les plus déprimants, il m'était impossible de m'arrêter dans une hütte, à moins de trucider mon maigre budget en un seul coup.

Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que c'est ça, la rando. Ce n'est pas que les belles photos de sommets ensolleillés ou de cabris ensorcelant. Les moments de souffrance, on sait qu'on va les rencontrer ; les doutes, la motivation, on en parle moins, et c'est tout aussi important.

Finalement, là où je veux en venir, c'est que tout ça n'est pas si difficile dès lors qu'on a la motivation. Il est possible de partir avec une préparation minimale et sans logistique (la preuve). Si la motivation est là, et un minimum d'expérience en rando, il n'y a aucune raison de ne pas y arriver. Le plus important est de vouloir aller au bout. J'espère qu'avec ça, j'arriverais à en motiver à se lancer dans de longues randos.

J'ai un peu parlé de solitude. Maintenant, je me dois de parler des belles rencontres qu'on peut faire en chemin. La montagne a ça de bien qu'elle rapproche des gens qui, sans elles, ne se rencontreraient jamais ou, pire encore, s'ignoreraient. Je pense que je me souviendrais toute ma vie de la gentillesse de certaines personnes. Ceux qui, sans me connaitre et sans le savoir, m'ont redonné le sourire quand il le fallait. J'ai toujours pensé que j'étais un solitaire, que la solitude ne me dérangeait pas ; cette rando m'a prouvé le contraire. Non pas que la compagnie des marmottes soit lassante ; mais quelques minutes de discussion de temps à autre font du bien.

Et que dire de toutes ces personnes qui m'ont donné à manger ? C'est simple, le randonneur au long cours (était-ce du long cours ?) ne pense qu'aux choses les plus basiques, l'une d'entre elle étant le remplissage de son estomac. L'une des meilleures manière de gagner son amitié est donc de lui offrir à manger. Je peux vous garantir que ça marche. Toutes ces personnes, que je croisais pour seulement quelques minutes, au maximum quelques heures, et qui m'ont offert des choses, je ne peux que les remercier du fond du cœur. Elles représentent un état d'esprit qui se perd beaucoup trop. J'aime l'idée qu'il perdure encore dans les montagnes, en espérant que le tourisme de masse ne le tue pas définitivement.

En plus de tous ces anonymes, qui ne liront probablement jamais mon pavé, je peux citer quelques personnes (qui le liront… peut-être tongue ) :
  - Bruno : probablement celui à qui je dois le plus. Merci pour ton tracé, tes traces GPX, tes renseignements, ta disponibilité par mail, ton scotch cuben. Merci, merci, merci. J'espère que ta traversée t'auras procuré autant de plaisir qu'à moi.
  - GLaG : le prêt n'est pas tellement à la mode. La location, la vente, oui. Alors franchement merci pour m'avoir prêté crampons et piolet et m'éviter un achat de plus.
  - Scal : merci pour le lyo et surtout la boite de pellicule, qui m'a beaucoup servi (jusqu'à ce que je la perde, après Briançon). Et merci pour la rando dans le Vercors, durant laquelle tu as pris soin de ma motivation en me racontant ton amour de la montagne (ainsi qu'une certaine anecdote à propos d'un de tes pieds durant une HRP, anecdote que je suis content de ne pas avoir rencontrée moi-même tongue ).
  - Moumou et E. : j'avais besoin de parler. Merci d'avoir été là. tongue Encore bravo à E. pour sa première rando aussi longue. J'ai passé un très bon moment avec vous. smile
  - tous les intervenants de mon fil de préparation, pour vos conseils avisés (notamment de prendre le piolet, qui m'a tant servi tongue )

D'une manière plus générale, merci RL et ses membres. smile

Pour finir, une dernière remarque. Honnêtement, j'étais assez pressé de finir. Assez tôt dans la traversée je me suis donné pour objectif de terminer avant le 15 août (je suis rentré le 13), et j'ai marché en conséquence. J'aurais probablement pu passer plus de temps sur le chemin et flâner un peu, mais je fais partie de ces randonneurs qui estiment que la rando, c'est fait pour avancer (sauf quand il pleut, faut pas abuser non plus). Ça passera avec l'âge. Surtout que je me connais : si je me force à avancer, c'est que je sais que dès que je m'autorise des journées tranquilles, ma moyenne journalière passe à 15km. Bref, tout ça pour dire que j'étais heureux d'arriver, de rentrer chez moi. En marchant, je me disais que 40 jours (38 au final), c'était bien, mais il ne fallait pas plus.

Et pourtant, depuis que je suis rentré, je ne pense qu'à “la prochaine”. Te Araroa, PCT, CDT… Étonnant cette capacité que j'ai eu à “oublier” les moments délicats au point de vouloir déjà repartir. Cet épilogue est donc aussi pour moi un moyen de me souvenir que tout n'a pas été rose. Sans ça, je sais que dans six mois j'aurais oublié tout le négatif, de la même manière que quand je pense à mon chemin de St Jacques je ne me souviens que du positif, alors que je sais pertinemment que certains jours je me maudissais de m'être lancé là-dedans. Décidément, drôle de cerveau…

Voilà, je pense qu'après ce gros pavé (félicitation à ceux arrivés jusqu'au bout), je peux m'arrêter et clore définitivement ce récit. Maintenant, il ne me reste plus qu'à parler de la nourriture (ça va être rapide) et de ma liste.


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#66 23-09-2015 20:59:00

azer
Membre
Lieu : Romans sur Isère
Inscription : 20-11-2010

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci et bravo.

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#67 23-09-2015 23:11:27

SAB5-83
Membre
Inscription : 04-09-2015

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

"félicitation à ceux arrivés jusqu'au bout"

Non, félicitations à toi ! Nous, on n'a qu'à s'asseoir et lire, acquiescer, comprendre, admirer.
Chapeau, pour le trajet, le récit, les photos, et le recul.

Bon retour sur terre après cette marche si près du ciel bleu et des nuages !

(modif : ortho)

Dernière modification par SAB5-83 (23-09-2015 23:12:45)

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#68 23-09-2015 23:33:31

Gigi
Dahumûle vive les mélanges !
Lieu : belleville
Inscription : 04-02-2006

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci beaucoup ! c'était super !

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#69 24-09-2015 04:40:44

ventcalme
Membre
Lieu : Bzh
Inscription : 29-10-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Belle aventure, illustrée par des photos qui retiennent l'attention et font découvrir de jolis points de vue. J'ai particulierement apprécié ton épilogue. Merci.

Dernière modification par ventcalme (24-09-2015 08:17:50)

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#70 24-09-2015 09:43:39

Magic Manu
Magicien itinérant
Inscription : 12-11-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci pour ce retour. Et très grand merci pour l'épilogue, que je vais relire 2-3 fois, qui, de façon très honnête, explique les difficultés que l'on peut avoir en rando longue. Tiens, d'ailleurs, cela pourrait être une idée de post spécial, non? A moins que cela n'est déjà été fait!


"Il en faut peu pour être heureux" (Baloo, le Livre de la Jungle)
Le kilt? La meilleure façon d’être en « burnes out »!
Trombi

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#71 24-09-2015 10:23:11

Caroline73
Membre
Lieu : Savoie
Inscription : 06-12-2012

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Comme j'ai (enfin) fini mon retour j'ai tout plein de temps pour lire tous les supers récits de la rentrée. J'ai commencé le tien hier soir façon binge watching, puis la batterie à lâché et je me suis endormie il était plus de minuit. Du coup tu m'as fait rêver des Alpes!

Les photos sont très très belles. Quelle beauté ces montagnes! Il y a plein de magnifiques massifs dans le monde mais les Alpes sont irremplaçables. On ressent bien dans ton récit à quel point tu y étais plongé. Chapeau pour l'itinéraire qui a permis cette immersion.

Un sacré exploit physique! Quand tu annonces les altitudes de tes descentes en vallées et tes remontées ça fait peur! yikes

Et un bel épilogue pour clôturer le tout, c'est intéressant d'avoir ton premier ressenti avec un peu de recul. Je n'aurais pas put brider mon côté flâneur et rester à fond aussi longtemps, c'est aussi une sacrée perf mentale en plus de physique.

J'aimerais bien faire un parcours de ce style un jour, mais avec mon aile pour pouvoir voler et randonner alternativement. Mais bon, faudrait que j'allège vachement mon matos parce que rien que mon aile fait dans les 4 kilos, du coup j’attends ta liste avec intérêt pour l'étudier. En tout cas ton récit et tes photos motivent à fond!

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#72 24-09-2015 10:26:18

kodiak
Pas assez léger, mon fils!
Inscription : 09-06-2014

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Merci de ce super CR, qui m'a fait vivre cette belle ballade. Je crois que cette fois-ci je ne suivrai pas ton itinéraire (contrairement à ta ronde des Cévennes, que j'ai pompé sans vergogne).
Merci aussi d'avoir partagé tes réflexions sur la solitude. Et de confirmer que les chamois du Vercors sont des grands trouillards comparés à leurs cousins du sud.
Je suppose que les framboises du dernier jour n'ont pas eu le même effet que l'eau des ruisseaux du premier jour!
Un grand bravo pour tes photos. Elles racontent une histoire à elles seules. Et certaines sont très, très belles.

Shanx a écrit :

Souvent, alors que je marchais, je pensais à ce que je voulais dire, à comment je pouvais le dire. Je ne sais combien de bonnes formules me sont venues alors que je suais dans une montée ; mais je sais que la plupart se sont envolées à la première marmotte rencontrée.

Ca me rassure, je ne suis pas le seul.

Shanx a écrit :

Décidément, drôle de cerveau…

---
EDIT: orthographe

Dernière modification par kodiak (24-09-2015 14:09:27)


Lâche ce clavier, attrape ton sac et pars marcher!
Il y a toujours un objet plus léger que celui que tu portes dans ton sac : celui que tu as eu le courage de laisser chez toi.
« Strong, light, cheap, pick two » (*)

| k

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#73 24-09-2015 13:12:20

bruno7864
partir, partir et découvrir
Lieu : toujours dans la Lune
Inscription : 11-10-2012

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Salut Shanx,

bravo pour ce CR complet, et toutes ces photos.....  sur ta lancée pourrais-tu faire le mien? wink

Shanx a écrit :

Et pourtant, depuis que je suis rentré, je ne pense qu'à “la prochaine”. Te Araroa, PCT, CDT… .

tu oublies la partie Autrichienne magnifique qu'il te faudra absolument faire un jour  smile

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#74 24-09-2015 16:44:25

domweb
Membre
Lieu : Marseille / Jausiers (04)
Inscription : 19-10-2011

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Eh bien, j'ai tout lu, et je me suis régalé, merci smile .

On avait bien vu, avec JJondalar, que tu étais un sacré bestiau, mais sur cette durée, chapeau !

Et puis surtout, tu as gratté le vieux (le message juste avant) pour le CR, et ça, c'est pas rien lol .

J'ai beaucoup aimé l'épilogue.

A demain smile .


Si j'avais une pensée profonde à exprimer ici, je serais déjà couché. Alors, je veille...

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#75 24-09-2015 16:57:12

wax
Membre
Inscription : 29-08-2006
Site Web

Re : Liechtenstein – Menton : une traversée des Alpes

Une fois de plus super CR. Encore merci d'avoir pris le temps de l'écrire.  wink

w.


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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