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#1 12-02-2022 14:03:45

Grands Pas
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[Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Plusieurs fois repoussé par divers désagréments, employeurs indélicats, pandémie indélicate etc. Nous arrivons enfin à prévoir notre retour dans le Grand Nord !
Trois ans après avoir parcouru le lac Inari en raquette, nous avons cette fois-ci prévu de partir du même point de départ, Ivalo, au nord de la Finlande et comme point d'arrivée Tromsø, en Norvège.
Distance à vol d'oiseau 350km, distance à parcourir estimée 450km, temps de voyage prévu 25 jour.
Après deux mois de préparatifs sous forme de déshydratation massive de nourriture, amélioration de notre équipement, bricolage de pulkas (traîneaux à équipement), nous sommes enfin prêts à oublier pour un mois le monde et ses turpitudes pour nous plonger dans les splendeurs glacées hyperboréennes. Celles-ci se paient cher et, vous le verrez, le voyage ne s'est pas nécessairement passé comme prévu, mais chaque chose en son temps !

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Bricolage minipulka inspiré de plusieurs posts du forum... Hélas, les gravillons auront rapidement raison du tapis.

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La matériel en préparation : un mois de nourriture déshydratée.


Je vais livrer ici jour par jour le récit de notre voyage, donnant essentiellement mon propre point de vue, mais intégrant quelques commentaires de mes camarades de voyage connus ici sous les pseudonymes de Doc et de Gand'. Les images proviennent indistinctement de nos trois appareils.
Chaque jour, j'ai pris les notes une fois le bivouac installé et ai indiqué notre position pour donner une idée de notre progression. Les coordonnées donnent donc notre position en fin de journée.
J'y ai également ajouté des notes techniques, fruit de nos réflexions sur le terrain et une fois rentrés, résumant nos impressions sur le matériel, le terrain, l'environnement etc..
Finalement, nous proposons notre liste de matériel ainsi que la liste des avaries que celui-ci a subi au cours de nos aventures.

Sans plus tarder, le récit !


Lundi 24/01/2022 - 68.60667° N, 27.44723° E

Enfin le départ tant attendu ! Après une soirée raclette et une dernière douche chaude, nous sommes en route.
Départ 7h45 en taxi jusqu’à l’aéroport Charles de Gaulle, un trajet surprenamment sans encombre. Le vol pour Helsinki part à 10h50 et arrive à 14h heure locale. Quel plaisir de retrouver cet aéroport et ses banquettes dures.
Nous y rejoignons Gand' et tentons de recharger nos téléphones aux prises qui pendent du plafond.
Le vol pour Ivalo part à 16h20 et arrive à 18h. Première surprise du voyage : le bagage de Gand' n’a pas été apporté par l’avion. Nous avons donc passé la soirée à l’aéroport à attendre le bagage venant avec l’avion suivant, trois heures plus tard.

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En attendant, on s'installe à l'aéroport d'Ivalo, suscitant l'incompréhension du personnel.

Nous en avons néanmoins profité pour nous peser sur les pèse bagages (cf. annexes)
Une fois le bagage dûment récupéré, nous nous sommes éloignés de l’aéroport et installés à la belle étoile, sous de superbes aurores dansantes qui auguraient un super voyage.

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Premier soir, premières aurores, quelle chance de pouvoir dormir à la belle étoile!


Mardi 25/01 - 68.66933° N, 27.42520° E

La nuit fut tranquille et nous nous réveillons à 8h, avec les premières lueurs de l’aube. La matinée est très agréable et légèrement fraîche (-6°C au compteur). Nous nous rendons à pieds à Ivalo, à 10km de l’aéroport et pouvons apprécier le soin apporté au sablage des chemins sur lesquels raclent les fond de nos pulkas. Résultat à l’arrivée, le tapis de glisse de la mienne est troué et les patins de celle de Gand' particulièrement usés. Seule l’authentique pulka de Doc tient bien le coup. Nous faisons les dernières courses, prenons du combustible (essence) et en profitons pour acheter un traîneau à buche qui fera guise de pulka de fortune.

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Mini-pulka V2, plus si mini ni MUL...

Let’s go to Tromsø… ou pas !
Après quelques kilomètres dans les chemins s’éloignant d’Ivalo, nous réalisons qu’il nous manque de quoi allumer du feu. Sur notre trajet, le prochain village est à 160km et nous n’avons qu’un petit briquet en poche… Nous mettons nos affaires au bord de la route et faisons demi-tour.

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Sur la rivière en quittant Ivalo.

Aller-retour, les affaires sont toujours là et nous repartons les poches emplies de briquets et allumettes. A ce moment apparaît la seconde aurore du voyage, qui barre le ciel d’une grande traînée verte oscillant mollement. Nous marchons un peu avec la lumière verte du ciel nocturne et trouvons une clairière idéale pour camper.

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Second soir, secondes aurores, décidément, nous sommes chanceux.

J’adore l’installation du bivouac, on cesse de marcher pour faire des activités plus variées. Il faut damer la neige, rassembler du bois pour les corps-morts et le feu, monter l’abri, lancer la fonte de neige et démarrer le poêle… Celui-ci chauffe du feu de Dieu et nous oblige même à ôter des couches dans un abri qui n’est pourtant pas du tout isolé. Nous passons une nuit chaude et agréable.

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Vive le poêle dans l'abri !

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Qu'on est bien au bivouac !

Notes techniques :
Faire une liste de courses pour ne pas oublier de matériel important.
Trouver un site de bivouac avec une densité d’arbres plus élevée afin de le rassembler plus vite.


Mercredi 26/01 - 68.70407° N, 27.10073° E

Lever 8h après une soirée un peu longue, nous traînons notamment à démonter le camp. En effet, nous n’avons pas complété le remplissage des gourdes la veille, il a donc fallut prendre du temps à terminer cela. Nous avons une grosse marge de progression en terme d’optimisation du bivouac…
Journée tranquille, un peu fraîche. Nous nous éloignons d’Ivalo en suivant les pistes de motoneige sur lesquelles nous progressons rapidement. Je suis vite contraint de bricoler ma pulka et y ajouter un frein car celle-ci me tape les talons à chaque descente… Il faut également que j’apprivoise mes chaussures de ski de rando : celles-ci me serrent à quelques endroits et font mal, mais je mitige la douleur en gérant les attaches et en laissant le chausson se thermoformer.
Nous marchons un peu moins de 20km, n’apercevant comme présence humaine que deux motoneiges au loin sur un lac et deux cabanes hélas fermées.

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Suivre les pistes dans la forêt...

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... Et sur les lacs.

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On rencontre de drôle de structures, ici un gros champignon endémique qui pousse sous la glace.

Nous installons le bivouac vers 18h30, au sommet d’une petite colline. Il fait plus chaud qu’hier : le vent, en particulier, est stoppé par la forêt alentour. Nous mettons bien moins de temps à installer le camp en répartissant mieux les tâches. Un ramasse le bois, un monte l’abri puis aide au bois et le dernier commence d’emblée la production d’eau au réchaud. Une fois l’abri monté, l’on lance le feu en terminant le remplissage des gourdes et faisons la cuisine sur le poêle.
Attention tout de même au fameux poêle, j’ai brûlé la manche de la doudoune en rattrapant par réflexe une chaussure qui a basculé sur celui-ci. Rien de grave ni d’irréparable avec un bout de scotch, mais elle était quasiment neuve...

Notes techniques :
Bien faire ses chaussures de ski de rando sur plusieurs jours et non seulement sur des sorties à la journées avant de partir.
Mettre un frein à sa pulka si les traits sont souples.
L’optimisation de la répartition des tâches fait gagne énormément de temps à l’installation.
Faire un périmètre autour du poêle chaud où il ne faut rien poser !


Jeudi 27/01 - 68.61912° N, 26.88073° E

Levés vers 8h30, nous démontons le camp plus efficacement. Notamment, nous n’avons pas à faire de l’eau au matin, juste chauffer de l’eau liquide pour préparer un thé et nous réchauffer.
En route à nouveau vers l’ouest, toujours en suivant les traces de motoneige. Nous avançons bien quand celles-ci dévient par rapport à notre itinéraire pour ne pas passer sur une colline. Nous décidons de couper droit en traversant… avec un bilan mitigé. Nous pataugeons dans une épaisseur de fine poudreuse, devons franchir une barrière (déchaussage, passage des pulkas etc.) et prenons environ 45min pour faire 200m. Tout cela pour retomber sur les pistes de motoneige, qui ne faisaient que contourner : nous réalisons à quel pont nous sommes dépendant de celles-ci pour progresser efficacement, en particulier en dehors des lacs…

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Un lac battu par le vent, la progression ici est idéale.

Nous alternons entre piste et hors-piste vers l’ouest jusque déboucher sur un lac. La carte indique la présence d’une cabane située tout au sud de celui-ci et nous décidons d’aller y passer la nuit. Celle-ci tombe alors que nous marchons. Nous avançons donc à la lumière du crépuscule puis de nous frontales jusqu’à ce que la neige au dessus d’une petite rivière connectant deux lacs se casse sous mes skis. Heureusement, seul une partie du pied et du ski sont mouillés, et instantanément gelés et nous rions de l’incident… jusqu’à ce que l’on mesure que la profondeur de l’eau dépasse 1m40. Nous nous rapprochons alors rapidement et sans geste brusque du bord du lac…
Nous reprenons ensuite la piste vers la cabane. Celle-ci sort du lac vers le site mais, très vite, se met à tourner autour de l’abri ! 35 minutes durant, nous en restons à la même distance et décidons finalement de couper droit vers l’abri, à l’azimut, en vérifiant tout les 50m notre direction. Nous découvrons alors une petite masure vétuste, sans réserve de bois. Après un peu de bûcheronnage et de ramonage, celle-ci se révèle bien isolée et le poêle la rend très vivable. C’est tout de même agréable de dormir entre quatre murs…
Nous faisons alors un point carte et réalisons que nous ne progressons pas du tout assez vite vers Tromsø par rapport à notre planning. Déjà parce qu’en suivant les pistes de motoneige, nous avançons guère plus que ce que nous avons prévu quotidiennement, mais aussi parce que celles-ci nous emmènent vers le sud, loin de notre objectif. Nous décidons alors de viser une route où se trouve une série d’arrêts de bus afin de nous avancer pour tout de même atteindre notre objectif.
La rivière Ivalo y mène et a l’air jalonnée de cabanes, c’est donc le chemin que nous choisissons pour les jours suivants.

Note technique :
Réaliser à quelle point la progression peut être ardue dans la neige, en particulier hors des pistes et prendre ça mieux en compte dans l’estimation de la distance couverte chaque jour.


Vendredi 28/01 - 68.50608°N, 26.68220° E

Attention, longue journée !
Nous nous levons tranquillement vers 9h, plions bagage et quittons l’abri. En route, donc, vers la rivière Ivalo. Dans un premier temps, nous progressons en suivant un piste qui nous amène vers un sommet.
C’est superbe : une grande butte blanche, presque chauve, juste parsemée de quelques arbres. Ceux-ci sont complètement givrés par le vent et se détachent en négatif, en blanc sur le fond noir des sapins en contrebas. La vue depuis le haut de la colline est également remarquable : on y voit de longues bandes blanches et noires qui s’étendent à l’infini dans un paysage tout en nuances de gris. Nous y croisons même un groupe de perdrix des neiges affairées à picorer à travers la fine couche de neige et à peine dérangées par notre passage.

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Du haut de la colline, la vie est superbe.

Après une montée bien sentie, les traces redescendent. Commence alors un véritable labyrinthe de pistes, montant et descendant sur le bord de la colline. Là où les motoneiges prennent visiblement beaucoup de plaisir, nous peinons une bonne heure pour couvrir 1,5km, en tentant à chaque croisement de deviner quelle est la piste la plus efficace. Nous finissons par laisser tomber et tracer notre propre voie vers un col en nous disant que nous aurions du avancer tout droit d’emblée…
Cela s’avère être une excellente décision : nous passons de col en col, dans une végétation clairsemée et givrée, éclairée par la lumière rosée du soleil couchant et, cerise sur le gâteau, la neige est royale pour marcher.

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La série de cols au début du coucher.

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Les lueurs du soir (à 14h30).

Le jour décline vite (nous sommes partis tard…) mais nous progressons bien en direction d’une cabane sur la rivière Ivalo.
Les ennuis commencent une fois la nuit tombée, alors que nous approchons. La cabane est encore à un gros kilomètre et en contrebas. Nous rencontrons soudainement un ruisseau qui n’est pas indiqué sur la carte et qui descend droit vers l’abri. Nous avons alors le choix entre le descendre, ou remonter et dépasser la cabane pour rejoindre un petit chemin tracé sur notre carte, qui y mène ensuite en redescendant. Nous optons pour la voie directe. Très vite, nous tombons sur un vallon qui nous barre la route. Il est 19h30 et il reste 850m à vol d’oiseau lorsque nous commençons à descendre le long tu talweg. Cette descente est déjà une plaie en soi, Doc doit déchausser et laisser la pulka descendre seule pour ne pas se faire emporter. Nous arrivons ensuite au fond d’une combe plus large mais aux murs escarpés. La rivière affleure en de nombreux points et nous en profitons pour remplir nos gourdes, économisant autant du temps pour le soir.
Commence alors la descente de la combe. La neige est mauvaise et épaisse, la rivière sinue et affleure, la végétation et les rochers est dense, tout cela rend particulièrement pénible de faire la trace. Nous progressons alors très lentement, les pulkas se coincent dans les obstacles ou se renversent, il faut serpenter pour éviter la rivière : le temps passe et nous n’avançons pas dans ce fichu vallon qui ne descend pourtant que doucement. Pour couronner le tout, ma frontale s’éteint et, mes batteries étant froides, je n’ose pas en remettre une de peur qu’elle se décharge trop vite, je dois donc compter sur la lumière de mes camarades derrière moi pour m’orienter.

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Au fond de cette maudite combe...

Me prend alors un étrange sentiment d’impuissance et de d’angoisse sourde, comme si quelque chose allait se produire : la fatigue et la faim prennent leur tribut… Nous remontons notre moral à coup de chocolat mais ne descendons toujours que très lentement cette combe. A force de persévérance, nous arrivons enfin au fond de la combe : un cul de sac fait de rochers et d’éboulis, de plusieurs mètres de haut et infranchissable à ski qui nous laisse désemparé. Que faire ? Bivouaquer ici, dans des conditions vraiment mauvaises ? La cabane est pourtant si proche, à peine 150m à vol d’oiseau… Nous décidons de continuer, déchaussons les skis, escaladons l’obstacle et montons une par une les pulkas à l’endroit le moins élevé. Nous nous retrouvons à flanc de pente et la progression est, encore, affreuse, mais d’une autre manière : nos petites pulkas versent, se prennent dans les arbres ou nous entraînent dans la pente tous les trois pas. Bien décidés à terminer cette journée au chaud, nous nous relevons à chaque fois, changeons l’organisation du poids pour améliorer le comportement des traîneaux et, après une dernière descente, arrivons ENFIN à la cabane. Il est 22h10, nous sommes épuisés mais la cabane est luxueuse et chauffée en un tournemain grâce au poêle et à la réserve de bois, ce qui nous permet de finir la journée de bonne humeur.

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Notre palace à la lumière du jour.


Note technique :
La faim, la fatigue et le moral influencent considérablement l’état mental et physique, c’est la première fois que je ressent un tel désemparement en rando.
Ne pas hésiter à remplacer les piles de la frontale même si elles sont froides : la lumière vaut bien une petite perte d'autonomie


Samedi 29/01 - 68.50608°N, 26.68220° E

Après notre épopée d’hier, nous décidons de rester à la cabane pour la journée. Quel pied ! Lever tranquille, café au petit déjeuner, chaleur du poêle, brin de toilette etc.
Entre deux parties de cartes, nous regardons celle des environs et décidons de remonter la rivière sur 40km puis de bifurquer vers la route en parcourant les 5km d’affluent jusqu’au passage de la route.
L’après midi, nous allons explorer la fameuse rivière. Nous la remontons sur quelques kilomètres et la progression est infiniment plus aisée qu’hier ! Cela nous conforte dans notre plan de continuer dessus.
Au moment de rejoindre la rivière, nous remarquons un thermomètre à côté de l’entrée et Gand' nous fait deviner la température. Je propose -5°C, Doc -10°C… il faisait -17°C, confirmé par la vitesse à laquelle ont gelés nos barbes. Nous rencontrons enfin le froid que nous étions venu chercher.

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Exploration de la rivière et eau vive à travers des fractures.

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Test de solidité de la glace : ~5cm suffisent.


De retour à la cabane, nous profitons de l’abri pour faire une lessive et quelques bricolages de pulka, ainsi que pour répartir le chargement de manière plus intelligente. Cela nous aidera beaucoup par la suite. Nous récupérons également des morceaux de bois de renne en vue d’en faire des manches de couteau à notre retour. Finalement, nous demandons à notre téléphone satellite un point météo qui nous indique des températures plutôt clémentes pour les jours suivants, prévoyant environ -15°C le lendemain. Surprenamment, le bulletin nous annonçait -14°C pour cette journée alors qu’en début de soirée, la température est descendue jusque -23°C. Nous faisons néanmoins confiance à la météo et nous préparons à affronter un froid légèrement plus sévère que les jours précédents. Afin de profiter au plus de la lumière du jour, nous décidons de nous coucher tôt et avec un réveil pour se lever avant les premières lueurs.

Note technique :
Nous n’avions pas de thermomètre sur nous et nous avons du en trouver un sur la cabane pour avoir une mesure de la température, cf. suite.
Nous n’avons pas fait particulièrement attention à la différence entre la température au thermomètre et celle annoncé par la météo (plusieurs sources météo, cohérentes entre elles mais pas avec le terrain), cf. suite.
Profiter de ce genre de moments d’accalmie pour réparer le matériel.
Ne pas charger au hasard les pulkas à l’aéroport et se poser intelligemment la question de la répartition des poids.
Pas hésiter à souffler après une dur journée si possible.


Dimanche 30/01 - 68.44073° N, 26.55115° E

Levés à 7h30, nous rangeons et nettoyons la cabane en attendant que le jour se lève. Le ciel est gris et le thermomètre indique -13°C, plus chaud qu’attendu. Nous nous mettons en route aux alentours de 9h20 (raté pour le départ tôt) et rejoignons la rivière, notre nouvelle piste pour les 45 prochains kilomètres. Nous progressons vite sur la rivière dans la trace que nous avons fait la veille. Cependant, dès lors que l’on dépasse celle-ci, la neige devient plus épaisse et nous ralentit.
En pratique, l’avancée se fait au rythme de l’alternance glace-neige croûtée. Concrètement, dans les passages linéaires de la rivière, la neige s’accumule et forme une croûte qui casse sous les skis et demande un gros effort pour y avancer. Ce plus, les traîneaux se coincent dans la croûte hors de la trace ou bien sont trop larges pour la trace et se mettent de biais, ce qui complique la progression. Cependant, si l’on trouve où le ruisseau coule sous la glace, on remarque une neige moins épaisse. Concrètement, le jeu est de deviner à la forme du terrain et de la surface de la neige où se situe le cours d’eau et d’essayer de le suivre le plus longtemps tout en limitant la sinuosité de la trace. Dans les méandres et les rapides de la rivière, cependant, se forment des plaques de glace, certaines brisées et pointées vers le haut, d’autres bien plates et recouvertes d’une fine neige qui sont très agréables à pratiquer. D’après Gand' : « L’ascenseur émotionnel est inversement proportionnel à l’épaisseur de la neige ». Malgré cela, Gand' et moi nous relayons pour faire la trace tandis que Doc tire le gros du chargement et, globalement, nous avançons bien.
Ce fut également une journée riche en rencontres : une envolée d’oiseaux et trois rennes, deux vivants traversant la rivière devant nous et un fraîchement mort sur la rive, dévoré par les renards.

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Restes de rennes fraichement visités par des renards.

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Impressionnantes cassures de la glace sur la rivière, avec l'eau vive en dessous.

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Paysage de rivière (non, ce n'est pas de la désaturation partielle, couleurs originales garanties)

Marcher sur une rivière est impressionnant. Par endroit, à travers des brisures dans la glace tapissées de cristaux de givre, l’eau apparaît, courant sous des ponts de glace effondrés. Parfois, l’on ne fait que l’entendre son grondement sourd.
Cependant, malgré des heures à marcher dessus, nous n’avons rencontré aucun souci avec la couche de glace, qui a l’air largement assez épaisse… Sauf au niveau d’un ruisseau affluant, passant sous une fine couche de glace sur laquelle j’espérais quelques enjambées plus faciles que dans la neige alentours. En y appuyant mon ski, la glace céda partiellement et, en essayant de me dégager, mes pieds passèrent sous l’eau. Je me laisse alors tomber sur le côté, retire mes pieds du trou d’eau puis ôte rapidement ce qui est sur mes pieds pour les sécher. Gand' récupère mon ski resté dans l’eau : tout est gelé, skis comme chaussures et nous ne pouvons pas avancer avant d’avoir fait fondre tout cela. De plus, bien que je sois encore chaud sous l’effet de l’adrénaline (je propose même de continuer à marcher…), je me refroidis et le contrecoup a été un peu sévère.

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Mon chausson après son passage sous l'eau.

Heureusement, j’ai eu la bonne idée de traverser la glace à 50m d’un abri d’été et nous y allons rapidement se réfugier. Celui-ci est équipé d’un poêle et d’une réserve de bois : vive la culture finlandaise des cabanes !
Cependant, nous nous rendons vite compte que ce n’est pas une cabane d’hiver : les planches du sol et de la porte ne sont pas jointives, les murs sont pleins de trous et le simple vitrage est complètement gelé. L’abri est glacial et tout ce qui n’est pas dans un rayon d’1,5m autour du poêle gèle rapidement. Néanmoins, nous parvenons à faire fondre la glace des skis, à sécher les affaires et à me réchauffer. La nuit ayant largement eu le temps de s’installer, nous décidons d’y passer la nuit.

Note technique :
Faire très attention à la glace au dessus de l’eau courante !
Faire le moins de geste possible au dessus une glace fragilisée.
Détacher la pulka avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Se sécher rapidement les pieds en s’isolant un maximum du froid.
L’adrénaline fait des merveilles mais gare à la redescente !
Même si ce ne sont que les pieds qui passent dans l’eau, l’on perd une grosse quantité de chaleur qu’il faut ensuite reconstituer avant de pouvoir continuer.


Lundi 31/01 - 68.38643° N, 26.39557° E

Nuit affreuse dans l’abri : celui-ci a gardé toute l’humidité de l’ébullition de l’eau et du séchage des affaires tout en laissant fuir la chaleur par tout les interstices, donnant un sommeil moite et froid.
Nous nous sommes réveillés tôt et, heureusement, nous avons malgré la température réussi à faire sécher toutes les affaires. Nous nous mettons en route après avoir rangé l’abri et, rapidement, nous constatons qu’il fait vraiment froid. Très vite, les barbes gèlent ainsi que les cils et les poils de nez. En contrepartie, la croûte de neige est plus solide et nous progressons plus vite que la veille.

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Notre abri d'été et ses milles et un trous, pas du tout fait ni pour l'hiver, ni pour y dormir, mais tout de même bienvenu!

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Non, ce n'est pas le Père Noël mais votre humble serviteur.

En nous rapprochant d’un petit hameau indiqué sur la carte, nous retrouvons des pistes de motoneige. En fin de matinée, à proximité de celui-ci, nous remarquons un cottage au bord de la rivière et décidons d’y faire une pause sur la terrasse. Nous y trouvons un thermomètre et Gand' nous fait une fois de plus deviner la température. Je propose -20°C, Doc -25°C. Le thermomètre indique -31°C, mazette ! Pas étonnant que nous ayons eu si froid la nuit dernière et dans la matinée. Et moi qui mangeait mes noix la main à l’air…
Nous repartons après s’être un peu gelé les mains et marchons d’un bon rythme pour rester bien chauds. Nous passons le hameau en saluant de loin un habitant curieux et ses rennes et continuons à remonter la rivière sur laquelle s’étendent les longues ombres portées par le soleil pourtant au zénith.

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-31°C au compteur, nous n'y croyons pas nos yeux.

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Les goûts décoratifs des locaux.

Alors que nous progressons à travers le froid mordant nous est porté un sérieux coup à nos ambitions norvégiennes : la chaussure de Doc casse au niveau de la fixation du ski. Un retour à Ivalo s’impose pour en changer…

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La casse fatale de la chaussure.

Cependant, il faut agir : il fait -30°C et l’on ne peut plus se déplacer que très lentement. Nous décidons de monter le camps sur place, bien qu’il ne soit que 14h30. L’installation se déroule bien malgré le froid intense et un Doc en proie à un coup de fatigue. Cependant, une fois le camp installé, nous avons froid. En effet, le poêle, qui chauffait correctement au début se refroidit brutalement lorsque l’on y ajoute du bois gelé: pour récupérer un tapis de sol afin de nous isoler, nous avons versé dans la neige le bois posé dessus, qui s’est alors gorgé d’humidité. S’ensuivent alors deux heures à batailler pour relancer le feu, incluant de dangereuses expériences avec de l’essence menant à un pantalon en duvet partiellement brûlé. Finalement, en faisant sécher le bois sur puis à proximité du poêle, nous avons réussi à obtenir à nouveau un feu qui chauffe et le bivouac devient confortable. Nous en profitons même pour tenter un bricolage de la chaussure cassée. En revanche, notre réchaud à essence montre des signes de faiblesse en commençant à crachoter, nous rappelant qu’il faut l’entretenir. Nous parvenons malgré ça à faire toute l’eau nécessaire et nous couchons en faisant confiance à nos duvets pour passer la nuit.

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L'installation du bivouac par -30°C.

Note technique :
En l’absence de thermomètre, nous ne nous sommes pas rendu compte que la température était si basse.
Nous n’avons pas non plus calculé que, la prédiction météo étant 10°C au dessus de la valeur mesurée, il aurait fallu se méfier du -20°C annoncé pour ce jour.
Ne surtout pas mettre du bois directement au contact de la neige. Nous aurions du le déplacer précautionneusement et le surélever avant de récupérer le tapis de sol.
Ne pas jouer avec de l’essence et un feu allumé, surtout dans une tente, on a été très chanceux qu’il n’arrive rien d’autre.
Toujours faire l’entretien des pièces dès que l’on en a l’occasion (cabane) au lieu d’attendre le dysfonctionnement, même si le défaut se révélera ne pas être lié à l'entretien du réchaud mais à autre chose.


Mardi 01/02 - 68.41497°N, 27.42228° E

La nuit a été très froide et, malgré nos duvets, nous manquions un peu de chaleur au matin. Le réveil à 8h fut compliqué et dès la sortie du couchage, le froid devient mordant. Nous plions lentement le camp sans parvenir à nous réchauffer. En particulier, pas moyen de faire fonctionner le réchaud, ce qui nous prive d’une boisson chaude au matin. Personnellement, dès l’enfilage de mes chaussures, je me gèle les pieds. Le temps passe et je me refroidis petit à petit, l’hypothermie s’installant dans le déni. Alertes, Gand' et Doc essayent d’allumer un feu, mais malgré des litres d’essence, seule une petite flammèche perce, pas de quoi se réchauffer. A 11h, nous n’avons toujours pas bougé et la situation devient de plus en plus critique alors que je réponds d’une manière de moins en moins cohérente. Malgré la confusion, j’entends au loin une motoneige que Gand' arrête.

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Combattre le froid : réchauffer les pieds de ses camarades.

Un jeune Sami nous rejoins à motoneige et me récupère, grelottant. Il me recouvre de son manteau et me fait enfiler ses sur-chaussures puis m’emmène jusqu’à un parking près du hameau que l’on a dépassé la veille. Il m’explique sommairement qu’il fait -35°C et que je dois appeler les secours et rester actif puis repart. Un peu ébahi, je tourne en rond en agitant les bras et en attendant le retour des autres, sans trop parvenir à me réchauffer. Lorsque mon téléphone m’annonce que ma batterie faiblit, je réalise qu’il faut toujours que j’appelle les secours et contacte le 112. 
Pendant ce temps, Doc et Gand' rangent les affaires en vrac et se mettent en mouvement vers le hameau. La chaussure bricolée de Doc ne tient que sur 1km et il doit continuer à pieds.
Pendant mon appel aux secours, le Sami revient et, après discussion en finnois avec la secouriste, celle-ci m’explique en anglais qu’il va m’amener au chaud chez lui et prendre une remorque pour ramener les deux autres et le matériel. Avec une économie d’interaction sociale typiquement finlandaise, notre ami m’amène jusqu’à sa ferme à rennes et me dépose dans une remise légèrement chauffé puis repart de suite.

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Combattre le froid : se faire secourir par un local.

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Devinez lequel a les doigts et les pieds gelés...

Ma perception du temps est un peu défaillante mais 30-45min plus tard, celui-ci revient avec mes compagnons alors que mes pieds sont encore durs et froids et que des engelures apparaissent sur mes doigts. Le Sami repasse une dernière fois avec du café pour nous trois, s’assure que nous avons à manger et nous indique que les secours arrivent puis nous abandonne là. Après une grosse heure à se réchauffer progressivement, l’ambulance arrive et les secouristes constatent que nous n’avons aucune lésion sérieuse. A leur demande, nous leur expliquons nos plans : changer les chaussures de Doc (cassées) et de Gand' (trop serrées et donc froides) et repartir sur le lac Inari si les températures redeviennent plus clémentes, rentrer sinon. Ils ont l’air satisfait et nous embarquent en nous recommandant d’aller voir un médecin si les plaies deviennent laides. Ils nous déposent à la station de ski Saariselkä, juste devant un magasin de sport et nous laissent là.

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Les engelures apparaissent.

Malheureusement, malgré la visite de plusieurs boutiques, pas moyen de mettre la main sur une paire de chaussure adaptée pour ce type de fixation de ski. Errant dans la ville, la nuit tombe, tout comme notre moral. Nous décidons de passer la nuit à l’hôtel ici et de manger au restaurant pour se réchauffer et reprendre du poil de la bête.
Effectivement, cela fait du bien de manger posé au chaud mais, malgré les températures d’intérieur, je ne parviens pas à me réchauffer et grelotte encore régulièrement. Heureusement, l’hôtel est muni d’un sauna et nous finissons la soirée en nous faisant rôtir puis en se roulant dans la neige.

Note technique :
Dans notre préparation, nous avons prévu des températures allant de -15 à -25°C, ce à quoi nous étions parfaitement préparés. Cependant, en l’absence de thermomètre, nous n’avons pas réalisé le froid. Or, le plan en cas de température très basse était justement de ne pas bouger, voire si possible de rester en cabane. Ainsi, nous avons rencontré la vague de froid au dépourvu, d’où la panique. De plus, l’absence de réchaud au matin a largement contribué à précipiter l’hypothermie, puisque quelques bouillottes bien placées auraient pu aider à combattre le froid.
L’hypothermie met du temps à partir, il faut reconstituer le capital chaleur du corps.
Prendre des chaussures suffisamment larges pour plusieurs paires de chaussettes et prendre en compte le gonflement du pied.
Le tirage des affaire est infiniment plus facile que le portage, je m’en suis rendu compte dès que j’ai tiré une pulka chargée à 25kg. Même en montée, c’est plus aisé qu’un sac. Ignorant cela, j’ai préparé ma rando avec un maximum d’économie de poids, notamment en vêtements chauds, comptant sur ma précédente expérience et sur le poêle. Du coup, par -35°C et en l’absence de feu efficace, j’étais clairement trop peu couvert, notamment au niveau des jambes.
Comme Gand' me l’a fait remarqué, j’ai été trop résilient vis à vis du froid, refusant de m’occuper de ma température alors que je sentais le froid en me disant que ça va passer.


Mercredi 02/02 - 68.69808°N, 27.59084° E

Après une bonne nuit réparatrice, nous quittons l’hotel et vaquons dans la ville, tentant de trouver une solution pour les chaussure en attendant le bus de midi pour Ivalo. Nous montons dans le bus sans solution et tentons les magasins de sport d’Ivalo. Chou blanc pour les chaussures de ski de rando nordique adaptées… Doc et Gand' décident alors de se rabattre sur une paire de chaussures classiques et des mini-skis à fixation universelle (450 euros de budget en plus chacun…). Après quelques courses au supermarché et l’essai des mini-skis, nous nous quittons Ivalo pour la troisième fois, mais vers le lac.
Nous avons décidé de suivre la route plutôt que la rivière en espérant une progression plus facile mais rapidement, plus moyen de marcher sur la route et il faut faire une trace à côté. De plus, marcher avec les mini-skis s’avère être plutôt désagréable, peu efficace et très décevant. Au crépuscule, nous rejoignons finalement la rivière et suivons une piste de motoneige jusqu’à trouver un point de bivouac correct. Nos thermomètre nouvellement achetés nous indiquent -18°C.
Alors que nous montons le camp avec Gand', Doc se prépare à faire fondre de la neige et découvre avec stupéfaction que, malgré l’entretien réalisé la veille, le réchaud refuse de fonctionner. Nous passons alors plusieurs heures à essayer diverses astuces, à le démonter et le remonter, à changer le filtre etc. en vain, pas moyen de faire chauffer de l’eau. De dépit, Doc annonce que si le réchaud ne fonctionne pas et que l’on doit retourner à Ivalo, on n’en repartira qu’en avion et vers la France. Démoralisés une fois de plus, nous passons une soirée morose à manger froid et nous couchons en espérant pouvoir réparer le réchaud à la lumière du jour.

Note technique :
C’est compliqué de changer sur le vif de matériel, surtout si on ne sais pas trop à quoi s’attendre.
Nous aurions du prévoir deux réchauds au cas où un nous lâche : un c’est zéro, deux c’est un…
C’est d’autant plus vrai que le poids est beaucoup moins une limite en tirage qu’en portage.


Jeudi 03/02 - Aéroport d'Helsinki

Au matin, le moral n’est pas bon. Doc a passé la nuit à ressasser la situation et maintient sa décision. Malgré une certaine envie de continuer, Gand' et moi commençons aussi sérieusement à en avoir marre des avaries matérielles et des allers-retours à Ivalo. Nous tentons tout de même de réparer le réchaud. Nous y passons toute la matinée, à lire sur le net les soucis des gens, lire les FAQ, lire les plans du bousin et les procédures de nettoyage, rien n’y fait. Nous finissons par conclure que ce n’est pas un problème normal d’encrassement, mais visiblement un défaut de mise en pression de la bouteille d’essence. Nous tentons alors de réparer la pompe de diverses manières, notre inventivité culminant dans la tentative de graisser le cuir du piston avec de la graisse de magret de canard et, malgré quelques bruits caractéristiques de pompe qui fonctionne, nous n’arrivons pas à mettre sous pression le carburant.

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Dernière tentative héroïque de sauver notre réchaud... avec de la graisse de canard.

Dépités, nous plions le camp et nous en tenons à notre mot : retour à Ivalo et fin de balade. Le long de la route, au retour, nous faisons le bilan de la sortie et en tirons les leçons à mieux appliquer la prochaine fois. Le grand froid nous reverra, mieux préparés et équipés, ce n’est que partie remise !
Petit réconfort tout de même, Gand' parvient grâce à ses yeux de cocker à rendre les mini-skis, ôtant ainsi un partie de l'amer poids financier

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Retour au bercail, les nuits à l'aéroport ne sont pas vraiment meilleures que dans la neige...


J'espère que ce compte rendu aura été autant inspirant et instructif que le voyage l'a été pour nous malgré les nombreux ennuis rencontrés !

Annexes

Pesée au départ
Doc : 98,5kg
Gand' : 83,4kg
Grands Pas : 89,4kg

Pesée au retour:
Doc : 96.2kg
Gand' : 82,6kg
Grands Pas 87.5 kg

Avaries matériel:
24/01
  Doc : Le VBL n'est absolument pas étanche.
25/01
  Grands Pas: Sous gants légèrement brûlés sur le poêle
  Grands Pas: Tapis de glisse de la pulka déchiré par les gravillons
  Gand' : Fond de la luge-pulka poncé par les gravillons ; ça n'empirera quasi pas du reste du voyage
26/01
  Grands Pas: Manche de doudoune ouverte, brûlée sur le poêle
27/01
  Grands Pas: Rivet de dragonne de bâton qui saute
  Grands Pas: Chausson en duvet percé sur le sol de l'abri
28/01
  Grands Pas: Sac de pulka déchiré
01/02
  Gand' ou Doc : Nalgene déformée par la chaleur sous le poêle
  Doc : Chaussure de ski gauche qui casse au niveau de la fixation 3 pin.
02/02
  Tout le monde : Le réchaud ne marche plus.
03/02
  Tout le monde : Même après entretien, le réchaud refuse définitivement de démarrer.


Les listes de matériel commentées par leur propriétaire suivront.

[Edit: ajout de légendes aux figures & orthographe]

Dernière modification par Grands Pas (12-02-2022 15:12:40)

Hors ligne

#2 12-02-2022 14:29:11

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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Liste matériel et retour d'utilisation

1. Sac à Dos Montagne 45
521g
Gros volume, léger, une armature minimaliste redoutablement efficace. « One bag to rules them all ». Le gros du matos et toute la bouffe était dans la pulka du coup je n'avais pratiquement rien dedans, juste les affaires de jour (doudoune, veste & co.), j'aurais dû partir avec un truc plus petit, mais comme il est trop bien, je n'ai que celui-là, donc c'est celui-la que j'ai pris.

2. Sac étanche Ultra Sil 35L
72g
Pour ranger les chaussettes, le duvet et les batteries, elles-mêmes rangées dans le duvet. Tout tiendrait dans un 20L, mais le volume supplémentaire simplifie énormément le rangement le matin et le déploiement le soir.

3. Grand Barbat 900FL
1431g
Je maintiens tout ce que j'en ai dit dans mon précédent retour, il est au top. Sauf que cette fois-ci, il a vu quelque chose qui devait tourner autour des -35°C, deux nuits de suite (-36°C relevés dans la journée) et qu'il a tenu ça à merveille ! je dormais habillé woolnet + chaussettes dedans, les nalgènes pleines enveloppé dans la doudoune au fond, prêtes à servir en cas de besoin. Je n'ai jamais eu besoin de rajouter ni la doudoune, ni le pantalon en duvet pour dormir, j'ai dormi deux nuits avec la polaire, sinon le reste du temps, je ne gardais que la première couche mérinos pour dormir. Si je devais le racheter aujourd'hui, je le prendrais sans doute sans fermetures pour gagner du poids, dans sa fourchette d'utilisation (T < à -15°C), elles sont un peu superflues.

4. Matelas RidgeRest SOLAR
477g
Je me suis remis à bien dormir sur les matelas mousses. Du coup, sur une sortie longue comme ça, pas besoin de prendre de risque avec un gonflable, surtout avec le poêle dans la tente. Je l'aurais bien pris en Large, mais il est devenu suffisamment difficile à trouver comme ça, donc je n'ai pas fait de chichi, merci florencia de me l'avoir vendu smile

5. Tapis Evazote 2x1m
320g
Un sitpad deluxe, qui sert aussi et surtout de sol et de complément pour le SOLAR la nuit et qui minimise grandement l'inconvénient de la taille Regular de celui-ci. Le cumul des deux donnes une R-value de 4, exactement ce qu'il faut pour dormir sur la neige big_smile

6. VBL Western Moutaineering
160g
En revenant de ma précédente sortie, un VBL était l'un des trucs qui m'avaient manqué, pour être plus autonome et pouvoir dormir plus dehors et moins dans les cabanes en préservant le duvet. C'est un échec, j'ai fait confiance à son appelation VBL, mais ce n'en est pas un ! Le matin au réveil le duvet était humide à chaque fois (perspiration), j'ai dormi une nuit dans le sursac, au matin j'avais une couche de givre entre le sursac et le duvet. Après vérification, j'arrive à respirer à travers le tissu et en remplissant le sac d'air puis en le comprimant, il se vide comme si de rien n'était. Un échec donc ! J'ai contacté la boutique qui me l'a vendu, apparemment ce n'est pas normal, ils vont me l'échanger, on verra si son remplaçant changer quelque chose.

7. Bonnet Polaire DIY
87g
Un cadeau de ma belle-sœur. Un gros bonnet orange, presque aussi flashy que celui de Nayana, bien long qui couvre bien les oreilles mais aussi les yeux pendant la nuit. Porté en quasi-permanence, je ne l'enlevais que pour ventiler pendant l'effort. J'avais prévu de partir avec un petit bonnet en duvet en complément, mais je l'ai retiré de mon sac au dernier moment, il ne m'a pas manqué. En cas de besoin, j'avais la capuche de la polaire en complément.

8. Buff Polar
80g
Un buff long, un tiers polaire, deux tiers synthétique classique, utilisé pour se couvrir le visage en actif et pour capter un maximum d'humidité pour protéger le haut du duvet pendant la nuit. La dernière fois j'étais partie avec un buff en mérinos avec une capuche. Le synthétique reprend beaucoup mieux sa forme en dégelant que le merinos.

9. Veste Haglof LIM III
249g
Toujours en goretex, comme la dernière fois un simple coupe vent aurait suffi. Je ne l'ai porté que deux jours, le reste du temps la polaire était suffisante, mais il n'y a jamais eu beaucoup de vent. Elle n'est pas vraiment adapté pour l'hiver, elle ne descend pas assez dans le dos.

10. Veste Patagonia R2
582g
À remplacer le pull polaire que j'avais la dernière fois, plus simple à ventiler, avec des poches, notamment deux poches filets à l'intérieur très pratiques pour garder au chaud les Nalgènes et les moufles (bon, par -30°C l'eau gelait quand même dans les bouteilles, il faut que je me bricole une poche filet à garder encore plus proche du torse pour la prochaine fois).

11. Aclima Woolnet Combinaison
494g
Ce truc est génial ! À la fois chaud en statique sous la polaire et la doudoune et frais/respirant à l'effort. Je l'ai porté en quasi continue pendant 11 jours. Aucune rougeur ou échauffement n'a déploré sur la peau. J'ai pris une taille L qui correspond parfaitement à mon gabarit (1m85, 90+kg) et fait rare, les manches ne sont pas trop courtes : D. J'avais oublié d'ajouter des petits cordons sur les curseurs des fermetures éclair.

12. Black Diamond Guide Finger.
319g
Une moufle pince de homard, ce qui offre un petit gain de dextérité pour des manipulations simples (resserrer les languettes des chaussures, tenir les bâtons, ...) mais avec suffisamment de place pour mettre les quatre doigts dans le compartiment principal pour garder les mains au chaud. Les sous-moufles sont amovibles, maintenues par un velcro tour de poignet, très facile à mettre et à enlever, très appréciables big_smile.
Malheureusement, j'ai perdu une des sur-moufles et les sous moufles seules sont adaptées pour un usage ponctuel. Bilan, il m'en manque un bout et elles sont trouées, encore une fois, je finis la sortie sans moufles.

13. Gants Racer Ceramic
42g
Un gain appréciable de chaleur, même si un peu trop épais pour être porté dans les moufles. Ils leur manquent aussi une compatibilité avec le tactile du téléphone. Et j'ai renversé de l'essence dessus le premier jour sad, ils sont donc beaucoup rester dans mes poches, hors manipulations de la dîte essence. Je pense les convertir en mitaine.

14. Bâtons Komperdell Titanal II et Rondelles Hiver
420g + 67g
« Trusty old friends ». Mes bâtons quatre saisons. Le système d'attache quart de tour pour les rondelles permet de les monter et démonter facilement, pratique pour convertir les bâtons en mat pour le tipi. À part ça, rien à en dire, ils sont solides, fiable et pas trop lourd.

15. Karpos - Signal Pant
460g
Un super pantalon de ski, hyper confortable et respirant avec des poches très bien foutu (sur l'avant des cuisses, avec une fermeture éclair très facile à ouvrir/fermer à une main. Je suis plus mitigé sur les bretelles, à l'arrière elles sont maintenues par un zip, qui permet de les enlever pour laver le pantalon, à l'avant ce sont deux pinces crocodile qui accrochent deux petites excroissances de tissu, facile à mettre et à enlever, trop facile, la pince manque de grip et les bretelles ont tendance à se décrocher quand on tire sur son pantalon pour pisser.

16. Boxer Alpin Loacker
75g
Un boxer en merinos à couture plate, plus confortable que le modèle décathlon.

17. X-socks Ski Touring Silver
98g
Ca doit faire bien cinq ans que je porte des chaussettes X-socks en hiver, je change souvent de paire, Excell (un de mes chiens) ayant tendance à les manger quand elle s'ennuie. Ce sont des valeurs sûres, même si j'ai largement préféré les Teko

18. Chaussettes Teko EcoSki All-Mountain
85g
Acheté parce qu'il me fallait une deuxième paire et que j'avais besoin de compléter une commande pour avoir les frais de port offert. Très très content de mon achat, je vais probablement abandonner les X-socks pour cette marque, je trouve la tenu aux pieds de celles-ci plus agréable.

19. Doudoune Triple Zero Ibon²
630g
Stocké en vrac dans le sac, attrapé et enfilé à chaque pause, 200g de plume suffise de mon point de vue pour la vie de bivouac, avant d'aller se coucher et avant de démarrer le matin.

20. Moufles Triple Zero Ukerdi
140g
Le luxe et le confort d'une paire de moufles en duvet ! Elles sont oranges pour être bien visible, pour limiter le risque de les oublier en partant.

21. Chaussons Triple Zero Ukerdi
200g
Le luxe et le confort d'une paire de chaussons en duvet ! La semelle permet de marcher confortablement autour du bivouac.

22. Pantalon Cumulus Basic Down
190g
Bien chaud et assez confortable. Juste avant de partir, j'avais posté un message sur le forum disant que le mieux pour le bas c'était du synthétique et des zips pleines longueurs pour pouvoir l'enfiler et le retirer facilement (et du coup ne pas avoir de scrupule à démarrer la journée avec quitte à l'enlever 5min plus tard). Celui-là ne remplit aucun des deux critères et je le regrette parce que du coup je ne l'ai mis pratiquement que le soir. Je l'ai bien abîmé en faisant des bêtises avec de l'essence (je savais que c'était une bêtise, je l'ai fait quand même, j'ai été punis, heureusement sans gravité big_smile)

23. Guêtre Snowline Pro Event
182g
Il leur faudrait un zip à la place du velcro pour les rendre pratiques. Mais le velcro à le mérite d'être de bonne qualité, une fois en place, elles ne bougent plus, même avec la neige.

24. Frontale Nitecore HC30
80g (poids à vérifier, avec ou sans bandeau)
Je me sers de la lampe à la fois sur mon vélo et en tant que frontale, du coup, j'ai oublié le bandeau en faisant mon sac, pour pouvoir l'utiliser en frontale, je la glissais dans un revers sur mon bonnet, ça tenait étonnamment bien. Je n'aurais pas fait de ski de descente avec, mais quand même. J'ai commandé une Nitecore HU60 pour la prochaine fois, pour n'avoir à gérer qu'un seul type d'accu/powerbank.

25. Téléphone Pixel 5
186g
Dans une coque antichoc. Pour la navigation avec Osmand. Un très bon photophone dans sa gamme de prix. Et une autonomie très raisonnable.

26. Nitecore NB20000 x2
324g x 2
À l'origine, on partait pour un mois entier d'où les grosses réserves d’électricité.

27. Accu 18650 Nitecore x 5 + Etui de transport Nitecore
49g x 5
Pour la lampe. Une dans la loupiotte, quatre dans l'étui. Un petit morceau de Gaffer pour marqué celle déjà utilisé au moment de les ranger.

28. Chargeur Nitecore F1
32g
Faisais doublons avec les Power banks mais l'idée était de pouvoir se servir des accus comme backup ou au contraire de pouvoir les recharger pour ne pas se retrouver à devoir marcher dans le noir. N'a pas servi.

29. Câble USB A - USB C
11g
Pour charger le téléphone.

30. Câble USB A - Micro USB
8g
Pour charger l'InReach et brancher le Nitecore F1.

31. Passeport + CB + Certificat Vaccin
43g
Rangé dans un ziploc, dans la poche poitrine de la veste. Le passeport est plus lourd qu'une carte d'identité, mais j'ai perdu la mienne, il y a un bout de temps.

32. Boussole Silva
28g
Accroché à la bretelle du sac à dos.

33. Kit Pharmacie & Hygiène
101g
Pince à épiler, stick à lèvre solaire, brosse à dents en bambou, lime à ongles et boule quiès en cire (une boîte quasi pleine, beaucoup trop smile), dentifrice en pastille. L'expérience du dentifrice en pastille n'est pas complétement satisfaisante, je repartirais avec un mini tube de dentifrice en pâte à la place la prochaine fois.

34. Cuillère en bois
12g
Plus solide que du plastique, moins grave pour l'environnement si on la perd. Pas froid comme le métal. Stocké dans la housse de la popote.

35. Nalgene x2
108g x 2
Goulot large pour le remplissage depuis la popote, Avec un pas de vis fiable, pour pouvoir les ranger dans le duvet sans risque de tout inonder, rigide pour limiter les risques de perçage si on s'appuie dessus pendant la nuit (ma Nalgene souple avait commencé à fuir juste après notre retour la fois précédente).

36. Briquet & Allumettes
43g
Ceinture et bretelle. À trois, on avait cinq briquets (dont deux piezos) et une boîte d’allumettes

37. Snow Peak Bol
51g
Ma popote pour manger, on cuisine dans la grande, on mange chacun dans la sienne.

38. DVA, Pelle, Sonde
421g + 518g + 117g
DVA et Sonde inutile puisqu'on n'a pas atteint les montagnes. Du coup la pelle était overkill, une Snow Claw aurait complètement fait l'affaire (voir rien du tout, mais c'est tout de même assez confortable pour aménager l'abri)

39. Masque Salomon Aksium Access
120g
Une paire de lunettes de soleil/mauvais temps aurait suffi.

40 Chaussette Pro Skin CollTex
72g
Pour ranger les peaux, elles ont servi de serviette (microfibre) le reste du temps. Ce ne sont pas de bonne serviette microfibre, mais ça fait le taf et ça évite d’emmener un item de plus.

41. Ski Madsush Annum
3127g
Un peu large et lourd, mais du coup ils portent très bien dans la neige et ils se tiennent assez bien en descente (sans la pulka).

42. Crispi Svartisen 75mm
2348g
Très confortable. Mais j'ai eu de la casse, L'excroissance de la semelle (dans laquelle se logent les 3 pins) à casser net. Je pense que la chaussure avait un défaut. Mais sur le coup, quel moment de déprime ! Le genre de truc imprévisible, auquel tu ne peux rien et qui te stoppe complètement le temps de trouver une solution ou de bricoler un truc si possible (dans mon cas, le bricolage, qui a consisté à attacher la chaussure au ski avec de la cordelette a tenu un peu plus d'un kilomètre).
Après avoir rejoint Ivalo, on a acheté des minis skis et des chaussures de marche pour continuer (impossible de trouver du 75mm là-bas), mais c'était bien nul (et ça a participer au fait que l'on ait abandonné au bout de dix jours).

43. Peaux Colltex
356g
Des peaux pleines longueurs recoupées. Nécessaire pour avancer avec la pulka.

44. Tipi Aston XL
743g
Customisé avec une ouverture pour la cheminée du poêle. On l'avait déjà emmené la dernière fois. Globalement assez satisfait :
    - Ultra confort et spacieux une fois monté. Le format tipi offre une très bonne protection contre les éléments (même si on n'a pas vraiment eu des soucis à ce niveau-là).
    - Par contre le montage devient assez laborieux par grand froid, beaucoup de point d'ancrage, donc beaucoup de corps mort à trouver et installer. Autant, il se monte en 5 minutes en temps normal, autant avec la neige on est plus proche de la demi-heure.

45. Poêle Winnerwell Fastfold
1945g (dans sa housse) + poids des haubans (inutilisé)
Quel confort d'avoir du chauffage dans l'abri ! Par contre même dans un poêle, le feu reste une contrainte assez importante et chronophage. Et par -30°C, entretenir le feu peut être assez laborieux, il faut l'alimenter très régulièrement au risque de l’étouffer complètement en y ajoutant trop de bois froids d'un coup (et ceux même s'il a bien démarré et qu'il y a de belles braises). Et il faut faire attention, il prend de la place dans l'abri et avec le synthétique, ça ne pardonne pas, ça fait des trous...

46. Garmin InReach Mini
115g
Utilisé pour envoyer des messages du genre : "Coucou on dort là" quand il n'y avait pas de réseaux. Il aurait pu servir à appeler les secours si on n'avait pas intercepté la motoneige et s'il n'y avait pas eu de réseaux téléphoniques à ce moment-là (il n'y en avait pas les jours précédents). Le bulletin météo est aussi intéressant, même s'il faut le mettre en perspective avec la réalité du terrain (une dizaine de degrés d'écart entre la prévision et la réalité, ça commence à faire beaucoup).

47. Popote Toaks Titane 2L
260g
Pour faire fondre la neige, la dernière fois on l'avait gardé propre, en cuisinant dans une autre popote, cette fois-ci non... Du coup certains jours, l'eau avait un goût bizarre... J'aimerais bien une popote encore plus grande, mais je n'ai rien trouvé de nettement plus grand (au moins 3L) qui ne soit pas trois fois plus lourd.

48. Uki Buck Saw
138g
Autant une scie n'est pas indispensable quand on fait un feu ouvert, autant c'est vraiment pratique avec le poêle. Le tranchant de la lame a pris un coup après que l'on ait découpé des bois de rennes avec.

49. Couteau Wild Steer WildTech
100g
Dans un étui custom à base de Gaffer (5g plutôt que les presque 60g de l'étui "tactique" fourni d'origine), Il a servit pour bâtonner et pour couper de la cordelette.

50. Réchaud Primus OmniLite Ti & Outil d'entretien
419g + 38g
J'ai longuement hésité entre prendre un réchaud à essence ou un réchaud à gaz avant de partir. Au dernier moment j'ai pris l'essence. Bien mal m'en a pris ! Il a très bien fonctionné pendant la première semaine. Puis il s'est mis à crachoter un peu. On s'est dit qu'il avait besoin d'entretien, comme il faisait vraiment froid, on a préféré attendre un peu pour le faire au sec et au chaud dans une cabane. Il est tombé en panne, le matin où il faisait -35°C, sans ça, on aurait pu faire chauffer de l'eau et éviter le début d'hypothermie du potos. Quand on a été bien à l'abri, j'ai fait l'entretien, comme il faut.
Mais quand il a fallu le faire redémarrer, rien, niet, nada ! La pompe ne pompe plus rien, on n'a plus aucune montée en pression... La panne matérielle de trop, celle qui a déclenché la décision de rentré plus tôt ! La prochaine fois, retour au gaz et même en prenant deux réchauds "au cas où", on restera moins lourd qu'avec un seul à essence, même si celui-ci fait partie des plus légers.
Aussi, pour ceux qui partiraient quand même avec de l'essence, ne cherchez à grappiller des grammes sur le poids de la bouteille réservoir, prenez la plus grosse possible : avec une bouteille de 350ml, on devait faire le plein une à deux fois par soir, ça prend du temps, on en fout partout, on se gèle les doigts, moins de manipulation c'est moins de problème !
L'essence était stockée dans un bidon d'eau de 10L acheté au S. Market d'Ivalo. Il aurait mieux valu prendre deux bidons de 5L pour deux raisons : le traditionnel "un c'est zéro, deux c'est un", en cas de soucis avec un des bidons, il nous en serait resté un. Mais aussi pour l'équilibrage de la charge dans les pulkas.

51.  Pulka Acapulka Expedition 135
9kg avec brancard et ceinture.
On partait pour un mois, en autonomie complète. Elle a dû être chargé au plus fort d'une grosse cinquantaine de kilos. Très confortable à tirer, la pulka avançait quasiment tout le temps sans problèmes, sauf une journée où on a enchainé des traces de motoneige bien profonde et étroite dans une bonne épaisseur de neige bien dure, le tout en faisant des zigzags dans la pente, et ou du coup elle s'est coincé deux ou trois fois (et soixante kilos coincés dans la neige en montée, c'est lourd à dégager).
J'ai aussi eu quelques difficultés dans les descentes en forêt ou mon niveau de ski de rando nordique combiné à la poussée de la pulka m'ont incités à lancer la pulka seule dans la pente une ou deux fois avant de comprendre que ce n'était pas forcément une bonne idée après quoi j'ai préféré déchausser les skis en gardant la pulka quand la situation le nécessitait.

Bilan général

    Je suis globalement satisfait du matériel emmené, tout n'est pas parfait, mais à l'exception du réchaud, du VBL et des chaussures, tout a fonctionné correctement. Je mets les chaussures à part car c'est le genre de casse impossible à anticiper et autant je veux bien envisager de partir avec deux réchauds, autant deux paires de chaussures, c'est non, parce que si on prend deux paires de chaussures, il faut aussi surement deux paires deux skis, on ne sait jamais... Ou alors pour une traversée de l'Antarctique.
    Néanmoins, si je devais repartir dans les mêmes conditions (autonomie longue, probabilité importante de rencontrer du -30°C ou moins), je changerais malgré tout quelques petites choses :

  • Je ne prendrais ni tipi, ni poêle, la scie. Très confortable à -15°C/-20°C dans de bonnes conditions, l'installation du tipi est trop contraignante avec tout ses points d'ancrage qui nécessitent chacun un corps mort. Il est trop long à monter en cas de mauvais temps ou d'urgence. À la place, j’emmènerais une tente tunnel, avec beaucoup moins de point d'ancrage nécessaire mais en conservant un bon volume habitable et une bonne résistance aux éléments.

  • Je prendrais du gaz et pas de l'essence, certes l'essence continue de fonctionner à plus basse température, mais pour tout le reste, le gaz est nettement plus avantageux : il n'y a pas d'entretien à faire sur le terrain, on n'en fout pas partout et on n'a pas de risque de se geler les mains en remplissant la bouteille. Avec un réchaud à gaz déporté/inversé, on peut arriver à garder les bouteilles suffisamment au chaud pour arriver à s'en servir par basse température (avec une bougie chauffe plat, en gardant les bouteilles sous la veste avant usage, ...).

  • Je partirais aussi peut-être avec un réchaud de secours, ça reste malgré tout une pièce fragile et vitale pour faire de l'eau/faire chauffer de l'eau. Et en partant à plusieurs, ça ne me parait pas complètement déconnant de doubler une partie du matériel.

  • Je prendrais un pantalon thermique avec des zips latéraux pour pouvoir l'enfiler et le retirer plus facilement. Celui que j'ai emporté n'en avais pas, parce que je l'ai acheté au dernier moment...

  • Il y a probablement d'autre trucs qui méritent d'être simplifier, parce que c'est vraiment le maître mot dans le froid, tout doit pouvoir s'utiliser sans avoir besoin de réfléchir.

  • Et il faut que je trouve une solution pour arrêter de flinguer/perdre une paire de moufle à chaque fois !


He likes it cold !

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#3 12-02-2022 15:01:42

Gand'
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Inscription : 28-11-2021

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Liste matériel et retour d'utilisation

Sac à dos                 Forclaz 50 UL Speed
1085g
Le volume et le portage sont bons, petites SRB sont difficiles à manipuler avec des gants, les ouvertures à chaque extrémités sont bien pratiques.

Sacs étanches          Osprey 30L Bleu  (Duvet) : 70g
                                  Osprey 12L Corail (Doudounes nuit) : 41g
                                  Sea to Summit 2L Orange (Vêtements) : 23g
Bien utiles pour le rangement, mais j'aurais pu prendre seulement le 30L et mettre le reste en vrac dans le sac. C'était quand même pratique et sécurisant de pouvoir mettre les sacs dans la pulka avec la bouffe et les ziplocks qui cassent sans craindre de dormir "saveur poulet au curry". le pump-sack du matelas m'a aussi servi à protéger le matelas et le VBL de ces parfums.

Matelas                      Thermarest Neoair Xlite RW + pump-sack + pompe électrique
435g + 52g + 70g
Super confortable ; la pompe électrique permet d'installer le reste du bivy pendant que le matelas se gonfle, puis 2 ou 3 coups de pump-sack et foilà. Un petit luxe ...

Duvet                         Triple Zero Petit Astazou 800 SF
1200g
On me l'a prêté, j'en ai été content, pas eut froid une seule fois même par -35°C. Je n'ai pas réussi à déterminer si la collerette était à classer dans le confort ou la gène.

VBL                           VBL DIY
155g
Je n'avais jamais dormi dans un VBL. J'ai été très satisfait de ce premier essai, il s'est avéré bien étanche et le duvet parfaitement sec (sauf au niveau de la capuche/collerette). Il ferme avec un élastique autour du cou, à serrer par dessus un tour de cou. La première nuit, je ne savais pas et j'ai dormi jambes nues, en accord avec la température clémente : cruelle erreur, j'étais moite comme pas permis et c'était très désagréable. Les nuits suivantes en merinos haut et bas : impec; La nuit la plus froide j'ai ajouté la sous-combi polaire par prudence (et pour la tester en situation).

Sursac                       OR Helium Bivy
530g
On me l'a prêté. La capuche est très mal conçue (ou alors j'ai mal compris comment la caler) : j'ai eut toutes les peines à bloquer la partie étanche en position haute pour n'avoir que la moustiquaire au dessus de la tête, quand la partie étanche se rabat, ça fait de la condensation qui gèle et il neige DANS le sursac, pile sur la tête.

Veste active             Buffalo Active Shirt
720g
J'ai acheté cette veste sur les conseils d'internet sans en avoir jamais vu une seule.
JE SUIS FAN, C'EST EXTRAORDINAIRE COMME VÊTEMENT !
De tout le voyage je n'ai porté que cette veste en actif, avec des températures entre -6 et -36, je n'ai jamais eut froid, je n'ai jamais eut à rajouter une couche (j'ai quand même sorti la grosse doudoune lors de certaines pauses), j'ai parfois transpiré ponctuellement mais tout était évaporé rapidement. J'ai porté une journée un T-shirt ML Woolnet dessous pour tester, par environ -20 : j'ai plus ventilé le Buffalo ... Je pense qu'il y a une sacrée marge en température.

TS ML "repos"         Merinos DIY
191g
L'inconvénient du Buffalo, c'est qu'au bivouac c'est vite trop chaud et ça ne va pas pour dormir, j'en changeais donc pour TS ML fait maison, ce fut un bon compromis en terme de chaleur.

Doudoune              Valandre Troll XXL
905g (pesée avec la housse, que je n'ai pas emportée, donc un peu moins)
Allons y pour le seul point négatif : les poches intérieures ne sont pas pratiques pour y mettre des Nalgenes.

Vêtements bas       Bergans Sirdal + fuseau Odlo Merino
733g + 190g
Le Dermizax, c'est super, et avec du merinos en dessous c'est parfait. Ni trop chaud ni froid de tout le voyage, pas d'humidité (et pourtant j'ai tendance à transpirer des jambes)

Gants                       Black Diamond Guide Finger L
334g
Des gants 3 doigts (avec l'index séparé) pour la dextérité mais de la place pour mettre les 4 doigts ensemble pour un peu de chaleur en plus. Super gants, mais j'aurais du prendre une taille au dessus, ce qui m'aurait permis de pouvoir garder les sous-gants dessous.
Les sous-moufles peuvent s'enlever et s'utiliser sans la doublure en cuir, ce qui permet de se réchauffer les mains plus vite. Le scratch qui se retrouve alors est extrêmement agressif, ça a abîmé le bout des manches de ma doudoune sad

Chaussures Ski RN  Fisher BCX675 44
2175g
Le matériel dont j'ai le moins été content alors que c'est celui que j'ai depuis le plus longtemps : je les avais utilisées en confort jusqu'à -10 (quoique, vu qu'il s'est avéré qu'on était très mauvais pur estimer le froid, peut être moins) avec des chaussettes fines et légères vu que les chaussures sont chaudes. Partant pour plus froid, j'ai pris des plus grosses chaussettes, j'ai eut très (trop) chaud aux pieds les premier jours, puis quelques jours de confort, puis il a fait très froid, et là : problème ! La chaussure était suffisament rigide pour compresser les orteils, orteils qui ne se réchauffaient pas, ne réchauffaient pas la chaussure qui restait rigide, et voilà comment j'aurais pû me geler les pieds ...

Lampe                    Nitecore NU25
54g (Je l'ai reçue au dernier moment, pas eut le temps de l'alleger big_smile)
Avis mitigé pour l'hiver :
    + les différents niveaux de luminosité sont bien adaptés, tout comme la largeur du faiseau
    + la lumière rouge est bien pratique
    - les boutons sont vraiment trop petits et difficiles à manipuler avec les gants
    - la batterie intégrée qui force à recharger la lampe à un moment où on en a pas besoin

Bilan Général

Je suis globalement très satisfait du matériel, avec un bémol pour les pieds et les mains où une taille au dessus aurait été bien mieux. Et il me manquait une paire de gants légers mais un peu plus solides et chauds que les sous gants.

Un certain nombre de choix matériel ont été orientés dans une recherche de légèreté, alors que le froid (et les pulkas) auraient dû permettre de privilégier la simplicité !

  • Comme le dit Doc, vu qu'on était 3 on aurait pu/dû prendre deux réchauds

  • J'ai hésité à renforcer ma pulka luge avec des patins et à ajouter une jupe en tissu, je ne l'ai pas fait à cause du surpoids ... J'aurais dû !

  • On aurait VRAIMENT dû avoir chacun une vraie pulka pour que la charge transportée soit plus répartie

Dernière modification par Gand' (12-02-2022 15:49:18)

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#4 12-02-2022 15:19:15

Serval
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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Wouah... Même pour quelqu'un qui n'a pas l'intention de jamais aller tutoyer de telles températures, vos récit + retour de matériel sont passionnants et extrêmement instructifs. Merci, bravo et tous mes vœux pour les prochaines fois !


(Modification non justifiée = orthographe, typo, etc.)
Trombi | Lighterpack 2022 | De Paris au Salento : Liste 2020/Récit 2020/Récit+Liste 2021 |
« Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans [les voyages] que j'ai faits seul, et à pied. » (J.-J. Rousseau)

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#5 12-02-2022 15:33:34

Magic Manu
Magicien itinérant
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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Super retour, très instructif, merci!!un fan de Buffalo de plus smile !!


"Il en faut peu pour être heureux" (Baloo, le Livre de la Jungle)
Le kilt? La meilleure façon d’être en « burnes out »!
Trombi

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#6 12-02-2022 15:49:55

Gand'
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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Magic Manu a écrit :

#643142un fan de Buffalo de plus smile !!

J'en parle à tout le monde autour de moi depuis !

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#7 12-02-2022 17:10:15

Singh
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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Super retour, plein d'enseignements.

Pour la galère de chaussure, j'ai l'impression que là haut tout le monde utilise des fixations NNN BC et des chaussures idoines.

J'imagine que les minis skis décevants achetés en urgence sont des Altai Hoks ou OAC 127/147. Comme leurs fixations universelles sont compatibles avec les perçages pour 3-pin 75mmm, si elles avaient été vendues seules, elles auraient pu être une solution, même si c'est un pis-aller.

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#8 12-02-2022 17:10:16

Grands Pas
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Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Liste de matos commentée :

Sac à dos 3FUL Gear Qui Dian 880g   
Acheté sur chez les chinois de chez 3FUL, annoncé 46L mais contenant bien plus avec ses poches latérales et ventrales, et son filet, je suis super content de ce sac, surtout vu son prix. L’armature est assurée par le tapis de sol, ce qui économise du poids et de la place. Cependant, par grand froid, pas moyen de caler un tapis de sol large dans le dos, j’ai donc emporté mes deux tapis, trois saisons et hiver. Cela dit, vu le peu que l’on portait sur le dos, prendre un sac plus petit aurait été une bonne option.

Sac étanche polycree    31g
Je ne sais plus où j’ai mis la main dessus. Il m’a permis de stocker tout ce dont j’avais besoin rapidement dans mon sac (doudoune, moufles duvet, lampes et batteries etc.)

Sac etache ultrasil sea to summit 20L
50g
Prêté par Doc, j’y rangeais toutes les affaires relative au camp (duvet, chaussons, change etc.) Faisait un peu doublon avec le sac polycree : un seul sac 35L aurait fait l’affaire.

Pulka custom
1050g
Traîneau à bûche ~4000g
Bricolé en s’inspirant surtout des plans de Florencia, la pulka initiale était effectivement légère, mais je n’ai même pas eu le temps de la tester en situation vu que le gravillonnage a tout ravagé. Cela dit, je soupçonne que l’absence de patin aurait mené à des mouvements très erratiques à la moindre pente. C’est probablement efficace sur la glace plate, mais j’ai quelques réserves sur les reliefs.
Concernant le traîneau à bûches, c’est un achat de dépannage, beaucoup trop lourd, mais qui a remarquablement fait le travail. Il a tout de même pas mal fallu le bricoler pour ajouter un frein (il m’a attaqué plusieurs fois les talons en descente) et une fixation de la charge (il avait tendance à verser dans le pentes). Cependant, nous ne pouvions rien faire pour la largeur, plus grande que l’écart entre mes jambes, qui faisait que le traîneaux se coinçais ou se mettais de biais dès que la neige était un peu haute.
Moralité : vu la facilité du tirage par rapport au portage, tant que l’on ne s’attend pas à des pentes trop fortes (et un portage de la pulka), mieux vaut une vraie pulka en dur.
Concernant le sac de pulka (RAB 112L), celui-ci tombait à chaque fois que la pulka versait et, en le rechargeant, il s’est largement déchiré alors qu’il contenait ~25kg, ce qui me rend plutôt mécontent de celui-ci...



Duvet Triple Zéro Ansabère 800 1220g
Acheté d’occasion à Pala2, fait très bien l’affaire. La collerette a été un peu pénible à gérer parfois, surtout avec le VBL. J’ai dormi en caleçon tous les jours sauf la nuit la plus froide et n’ai eu aucun problème particulier de température.

Matelas RidgeRest SOLAR large 705g
Déjà testé la fois dernière sur le lac Inari, il fait très bien l’affaire avec une R value de 3,5. Cependant, c’est un peu la plair à ranger/porter et il a gracieusement été tiré par Doc dans la grande pulka.

Matelas D4 mousse MT500
376g
Mon matelas trois saison qui sert d’armature au sac. Il se défend très bien avec sa R value de 2,4, soit presque 6 en combinaison avec le SOLAR, ce qui est tout a fait suffisant.

VBL RAB hooded
166g
Pas à m’en plaindre. J’ai dormi en caleçon dedans presque tous les jours : l’humidité est désagrable mais pas insupportable. Par contre, j’ai pas encore trop compris la gestion de la capuche : laisser la tête dans le VBL sature tout en eau et la laisser dehors crée des courants d’air froid dans le VBL depuis l’extérieur. J’ai moins eu ce problème la nuit où j’ai porté mon tour de cou, peut-être la bonne solution...


Blouson D4 Hiver SH 100 X-warm 1200g
La fois dernière, j’étais parti avec la grande sœur SH500 U-warm, qui m’avait tenu trop chaud, je suis donc parti avec un modèle plus léger. Je n’en =suis pas très content. Déjà, le changement de couche est laborieux (s’arrêter, enlever le sac, le manteau, l’attacher sur le sac, remettre le sac, repartir ……), il vaut mieux un vêtement chaud directement modulable et une couche coupe vent à mettre qu’en cas de mauvais temps. Ensuite, contrairement à U-Warm, la X-Warm ne couvre pas les fesses et mine de rien, quand il faisait -30, je me pelais littéralement le c**… En fait, dès qu’il a commencé à faire froid, je perdais de la chaleur par le fondement, ce qui a probablement contribué à mes déboires thermiques. De plus, les poches filets internes sont toutes petites et pas pratiques.
Du coup, je pense passer sur une veste buffalo, en me passant par la même occasion de polaire.

Polaire D4 plus éditée 400g
Content de celle-ci la fois dernière, je suis reparti avec. Cependant, là où la grande parka couvrait tout le haut et le milieu du corps la fois dernière, et permettait d’assurer aux températures vraiment froides, cette fois-ci, la polaire fine qui ne couvre pas les hanches est un peu légère. Combiné au manque de poches filet, je ne repartirai pas en expé grand froid avec cette polaire.

TShirt Mérinos D4 travel 100 manche longues
166g
Il me fait toutes mes sorties un peu froides, j’en suis très content. Il m’a servi de première couche et a effectivement mitigé les odeurs et n’a crée aucune rougeur.

TShirt Merinos D4 MT500
  238g
Plus épais que mon Tshirt habituel, je l’ai pris pour avoir du change, ayant eu des rougeurs la fois dernière. A la réception, j’ai été un peu dubitatif devant le positionnement et l’épaisseur des coutures sur les manches, qui passent à l’intérieur du pli du coude. Je ne l’ai pas porté pendant la balade mais au quotidien ensuite et n’ai pas ressenti de gêne particulière.

Sous gants céramique Racer 41g
J’en suis bien plus content que les sous gants D4 en soie de la fois dernière qui se sont déchirés au bout des doigts. Un couture au tranchant de la main a commencé à lâcher, mais j’ai probablement abusé d’eux en faisant le bûcheronnage en sous gants et non en moufles.

Collant mérinos D4 190g
Pareil, très content de ces collants qui ne frottent pas du tout. Le bémol serait qu’ils sont peut-être un peu fins pour ce que j’avais par dessus.

Boxer merinos D4 80g x2
Très content du boxer : pas de frottement non plus. J’en ai pris deux pour faire du change car j’ai la peau sensible à l’entrejambe et les irritations avaient été une plaie la fois dernière.

Moufles Black Diamond Spark 207g
Moufles courtes annoncées pour -12°C. J’en suis plutôt content, même si je ne me réchauffais pas instantanément les doigts par -30°C. Pas de souci pour les enfiler par dessus les sous gants. Le bémol serait leur absence de manchon : j’avais parfois un peu de neige qui passait au niveau du poignet, mais c’était assez rare. Après, nous n’avons jamais eu mauvais temps

Sur-moufles étanches D4
55g
Je les ai prises en cas de gros temps vu que je me sentais léger avec les moufles. Ca n’a servi que de moufle intermédiaire au dessus des sous gants quand la température n’était pas assez froide pour les moufles. Cela dit, enfiler les trois couches sous- sur- et moufles était un peu compliqué à la maison, je n’imagine pas en situation de stress.

Chaussettes LCF Ski Bio Céramique    68g
Chaussette fines et chaudes, content dans l’ensemble. Un peu légère par -30°C dans les chaussures de ski de rando et vraiment légères par -35°C

Chaussette ski Monnet Energy High-performance 85g
Prise comme change, elles sont encore plus fines que les précédentes. Cependant, elles se glissaient en dessous sans trop compresser le pied, ce qui aurait été top par -30, si les chaussures de ski de rando ne venaient pas tout écraser…

Chaussette en laine militaires
130g
Prises pour le bivouac, ces chaussettes remontent jusque sous le genou et ont bien fait le taf en conditions normales. Peut sans doute être optimisé en prenant des chaussettes mérinos thermiques spécifiques pour la rando.

Bonnet D4 Wedze
95g
Je n’ai retrouvé mon grand bonnet de la fois dernière qu’une fois rentré, j’ai donc repris un bonnet D4, mais il n’y en avait que des petits, qui se tirent difficilement sur les oreilles et les yeux. Du coup, en marche, le bas des oreilles était exposé tandis que la nuit, le moindre mouvement fait remonter le bonnet des yeux. Cela dit, je ne l’ai porté que durant les journées les plus froides. La doublure en polaire en fait cependant un bonnet bien chaud… pour les petites têtes.

Tour de cou buff
56g
Au tiers polaire et deux tiers synthétique, j’en suis très content. Il garde sa forme malgré le gel, bien que je l’aie peu porté sur la bouche.

Pantalon alpinisme D4 Simond
727g
J’étais parti avec lui la fois dernière et ai fait toutes mes sorties montagne en France avec lui… mais force est de constater qu’au dessous de -25°C, il est trop léger, surtout avec rien de plus sur les fesses. Il m’a manqué une couche thermique, comme un pantalon polaire à mettre en dessous ou un short synthétique à mettre au dessus. Sinon, au dessus de -25°C, il est top : costaud, poches bien placées et aérations.

Komperdell titanal II+rondelles
497g
Achat inspiré de Doc, je suis très content de ces bâtons légers dont le système de fixation des rondelles permets un démontage facile.

Polaire simple D4
177g
Polaire toute bête ajoutée au dernier moment suite à une crainte du froid, n’a presque pas servi, sinon à enrober ma polaire pour faire un oreiller tout doux.

Doudoune Triple Zero Ibon² 630g
Rien à redire, super matos, je suis vert d’avoir abîmé la manche, bien que la réparation Duct Tape tienne étonnamment bien.

Moufle Triple Zero Ukerdi 140g
Le grand luxe, c’est incroyable la chaleur gardé par ces moufles pour leur poids et leur volume !
Franchement, ça m’a sauvé le bouts des doigts d’engelures plus sévères !

Chaussons Triple Zero Antza 90g
Alors… grosse déception, mais c’est ma faute. J’étais persuadé de commander les Ukerdi, qui remontent sur le mollet et ont une semelle… mais non, ce sont des chaussons pour mettre dans un duvet, plutôt pour l’alpi… Du coup, je n’osais pas trop me déplacer hors de mon tapis de sol (et les ai d’ailleurs percé plusieurs fois en refuge ou lors du sauvetage, rien qui n’aie pu être réparé avec un petit patch de nylon ripstop). Pour sortir, je devait mettre mes chaussons de chaussure de ski de rando, qui du coup serraient pas mal le duvet. Finalement, la quantité de duvet dans les Antza est un tiers plus faible que dans les Ukerdi… Bref, bien que confortables en soi, ce n’était pas adapté pour ce que je voulais faire.



Skis de rando Atomic Backland 177cm
3060g
J’en suis très content en qualité de ski de rando, mais c’est un peu overkill pour une sortie en Finlande. En effet, très rares étaient les pentes nécessitant une peau large et des cales de montées et je n’ai jamais dépeauté pour une descente. Cependant, je n’avais pas de ski de rando nordique alors je suis parti avec ça.

Peaux ski Backland
500g
RAS, sinon qu’elles ont plutôt bien supporté la balade et la colle a tenu les deux occurrences de gel.

Chaussures ski rando Scott Cosmo
3360g
Alors… Je les avait largement testées avant le départ, sur des sorties de quelques heures et je pas eu d’autre problème qu’une légère pression sur le dos du pied droit. Cependant, il s’est vite avéré que marcher une journée entière avec m’a dans un premier temps fait vraiment mal. Au point où j’envisageais le demi tour. J’ai du apprendre à mitiger la douleur en jouant avec les différents serrages. Au bout du troisième jour, la douleur s’est largement dissipée. Probablement que mon chausson commençait à se faire à mon pied. Cela m’a soulagé mais, quand les températures vraiment froides sont arrivées, déjà, je me suis senti plus serré (était-ce le chausson plus rigide à cause du froid ou mon pied gonflé?) et ensuite, impossible de rajouter une couche sans écraser le pied. Cela a largement contribué à me refroidir insidieusement les pieds au cours de la balade et à mener à l’hypothermie. Je ne sais pas trop ce qu’il y a d’autre à faire sinon soit de changer de chaussures de ski de rando pour ce genre de sorties, ou passer sur une paire de skis de rando nordique et faire particulièrement attention à la taille des chaussures.



DVA black diamond 303g
N’a pas servi puisque nous ne sommes pas allés jusqu’à la montagne. Cela dit, on est toujours heureux quand le DVA ne sert pas...

Pelle Black Diamond 664g
Bien que relativement lourde, a été très pratique pour l’établissement des bivouacs. Cela dit, toujours dans une optique où l’on est pas en montagne, une pelle par personne est inutile vu qu’au moins une personne s’occupait de faire de l’eau et non de creuser.

Sonde Black Diamond
343g
N’a pas servi.

Masque ski D4
118g
N’a pas servi, bien que par gros temps, aurait pu être pratique pour limiter les effets du blizzard.

Chaussettes à peaux Colltex
72g
RAS.



Telephone Pocophone F1
205g
Mon téléphone de tous les jours avec sa coque fine. Rien à redire sinon que je suis content de son appareil et mécontent de son GPS.

Lampe Nitecore  HC60 V2
115g
Rien a redire. Fonctionne avec des accus, ce qui oblige à en transporter. Après ma panne inopinée, je l’ai gardé dans ma polaire durant la journée pour que la batterie reste bien chaude.

Batterie Nitecore NB 10000 mAh
150g
J’ai fait le choix mix powerbank/accu, ce qui n’est pas forcément le plus judicieux. Je m’en suis servi deux fois pour des recharges dans le duvet, sans souci particulier. Le jour de la recharge, j’ai gardé la batterie sur moi et ne l’ai branchée que le soir, une fois chaude.

Accus Nitecore 3200mAh
40g x7
J’ai probablement vu un peu large, surtout que le trajet a été raccourci. Ils étaient stockés dans un petit ziplock et sortis une fois vides.

Cable USBC
24g
Bricolé avec un élastique à cheveux pour tenir sur mon téléphone malgré un port de charge un peu large. A bien tenu sur le terrain.

Chargeur nitecore micro USB
33g
Servait avec les accus en backup de la powerbank s’il fallait charger le téléphone.

Passeport, CB, masque FFP2
51g
Dans un ziplock, et j’ai pris le passeport parce que j’ai perdu ma CI…



Popote alu D4
337g
Bon, il faut que je passe au titane. Je n’aime pas jeter, mais l’alu, ça fait geler les lèvres et ça colle la langue, ça oblige à finir vite son thé et ses plats là ou la bourgeoisie titane prends le temps de savourer. J’avais tenté de faire un cozy en tapis de mousse. Effectivement, ça évite le contact des mains avec le métal et permet d’isoler un peu, mais ça brûle à proximité du (comment vas-)tuyau de poêle.

Spork outdoor edge chowlite
39g
En acier et relativement lourd, son seul avantage est d’être pliable et rangeable dans la popote facilement. Je vais probablement passer à une cuiller titane pliable, la fourchette n’apportant strictement rien.

Briquet
10g
Notre seul source de feu avant que l’on se décide à faire demi-tour pour en acheter un assortiment.

Flasque 1L D4
132g
Je me disais qu’avoir une bouteille flasque permettrait de gagner de la place. En fait, elle a vite fini vide dans la pulka parce que je craignais trop d’ouvrir le biberon en pressant avec mon corps dans le duvet. Privilégier une bouteille rigide à large goulot.

Bouteilles de jus 1L 100g x2
Achetées sur place, ont fait le taf.



Stick à lèvre
23g
Entouré de 2m de Duct tape, a été très utile et pour mes lèvres et mon nez, et pour réparer les trous dans les vêtements et dans mon sac de pulka.

Savon & shampooing solide 30g
J’ai la peau sensible, on ne badine pas avec l’hygiène. Sert à la lessive et là la douche.

Antalgique
7g
Paracétamol

Bouchons oreille
9g
trois en mousse, dans une petit boîte. Le troisième en cas de perte de l’un des deux autres. Les couleurs vives limitent aussi la perte. Indispensable pour dormir parmi les ours !

Brosse à dents
4g
Coupée

Brosse à cheveux
38g
N’étant pas fan des dreadlocks ni des coupes militaires, je dois  me peigner la crinière… De plus, la brosse contient un miroir qui peut être utile pour repérer les engelures au visage.

Couverture de survie
56g
Je l’emporte toujours avec moi et viens de me rendre compte que j’ai complètement oublié de m’en servir quand j’en avais besoin...

Élastiques à cheveux de rechange
<0,5g x2
Pour un brushing parfait (ou pas...)

Lingette antiseptique 0.8g

Dentifrice
30g
Dans un tube d’échantillon de dentiste (je le remplis en vidant le petit tube et en le collant à un gros tube plein que je presse).


Globalement, je suis plutôt mitigé sur mon matériel... Concernant le portage, une "vraie" pulka, faite pour ou alors un bricolage conçu en connaissance de cause et plus robuste, aurait été nécessaire. Concernant les vêtements, je pense que j'étais plutôt équipé pour du -20°C, un peu au dessus de mes compagnons. Le mix polaire trois saison et blouson marche pas terrible et laisse les fesses au froid, je pense que c'est le premier gros point d'amélioration. Passer à une polaire plus épaisse et longue, et un coupe vent fin, ou à un vêtement hybride type Buffalo me paraît une bonne idée. Le second problème a été les chaussures, mais surtout parce que je ne les connaissaient pas en rando sur le long terme... A voir si j'arrive à modeler le chausson avec de plus grosses chaussettes, sinon il faudra réfléchir à un changement. Finalement, le manque de chausson en duvet utilisable et, surtout, de pantalon thermique pour le bivouac a été frappant. Là où mes comparses se roulaient dans le duvet à l'arrivée au camp, je restais les jambes dans mon pantalon d'alpi et avait plus de mal à me réchauffer. Rien de grave par -20, mais par -30...
La plus grosse découverte a été la facilité de portage: j'ai préparé mon sac comme une rando sac à dos, à chasser le moindre gramme, et ai recalé certains articles, notamment un pantalon en polaire ou un short en synthétique, qui m'auraient sacrément aidés. Le tirage étant très permissif (2kg à porter et à tirer, ça n'a rien à voir), il vaut mieux jouer la sécurité, surtout quand on voit ce qui peut nous tomber dessus!

[Edit: orthographe et ajout du bilan]

Dernière modification par Grands Pas (12-02-2022 17:28:18)

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#9 12-02-2022 19:05:06

Joy Supertramp
Sempervirens
Inscription : 25-03-2019
Site Web

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Salut les gars, il est super votre retour, on s'y croirait. C'est très appréciable d'avoir tous vos commentaires dans la foulée !

Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'heureusement que toutes ces galères ne sont pas arrivées à un seul homme ! Sans réchaud, sans ski, et en hypothermie... Ça faisait beaucoup, vous avez bien fait de répartir les tuiles  smile


Edit sans précision : ortho ou faute de frappe !

Liste montagne été top confort

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#10 12-02-2022 19:15:04

Phil82
Tortouille
Lieu : Montauban
Inscription : 22-08-2019

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Ah oui, supers galères mais super récit et supers retours, tout est super à lire quoi! smile

par -30°C l'eau gelait quand même dans les bouteilles, il faut que je me bricole une poche filet à garder encore plus proche du torse pour la prochaine fois

Je découvre pleins de trucs que j'aurais pas imaginé... eek

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#11 12-02-2022 19:48:59

Nayana
Helix pomatia
Lieu : Cote d'Or
Inscription : 05-10-2010

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Doc a écrit :

#643135Un gros bonnet orange, presque aussi flashy que celui de Nayana, bien long qui couvre bien les oreilles mais aussi les yeux pendant la nuit.

Quand tout est blanc et gris, un peu de couleur fait du bien au moral wink

47. Popote Toaks Titane 2L
260g
Pour faire fondre la neige, la dernière fois on l'avait gardé propre, en cuisinant dans une autre popote, cette fois-ci non... Du coup certains jours, l'eau avait un goût bizarre... J'aimerais bien une popote encore plus grande, mais je n'ai rien trouvé de nettement plus grand (au moins 3L) qui ne soit pas trois fois plus lourd.

Sea To SUmmit Alpha Pot 3.7L, 337g


Lentement mais surement...

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#12 12-02-2022 20:28:44

Nicolas36
Marcheur léger
Inscription : 04-03-2021

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

J'ai bien aimé les récits dasn le Grand Nord de Jack London ou de Bernanrd Clavel, mais ni leurs aventures ni les vôtres ne m'incitent pas à y aller.
Bravo pour votre récit et vos analyses.


Modifications non signalées = Corrections de français

Récits-Listes : Brenne - Ecrins et Queyras - HRP par section

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#13 12-02-2022 23:08:46

Doc
Membre
Lieu : Vercors :D
Inscription : 19-04-2015

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

@Nayana :
3,7L absolument parfait, merci big_smile


He likes it cold !

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#14 13-02-2022 00:58:53

Ruz boutou
Traîne-savates tout-terrain
Lieu : Brest
Inscription : 02-10-2019

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Bravo à tous les trois pour ce superbe retour. C'est une vraie mine d'informations.
On a plaisir à vous suivre dans votre récit et la réflexion sur le matériel, les choix, l'organisation et les déconvenues est super enrichissante.
Nul doute que la prochaine virée dans le grand froid sera la bonne.


Moins on porte, mieux on se porte !

Liste lighterpack 2022

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#15 13-02-2022 07:19:50

Palacios
Membre
Inscription : 06-12-2021

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#16 13-02-2022 07:51:37

Chat Mauve
Membre
Lieu : Pas trop loin de Fontainebleau
Inscription : 25-07-2019

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Merci beaucoup. C'est bô, et… on apprend de ses erreurs, mais aussi des erreurs des autres si elles sont partagées. Merci de l'avoir fait.


La paresse est mère de l'ingéniosité (maxime MUL)

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#17 13-02-2022 10:21:15

fab
Membre
Inscription : 02-02-2006
Site Web

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Super retour. Je vais largement re-checker tout mon matériel ;-)

J'ai quelques petites questions :
- sur les sacs Triple zéro et la capuche (j'ai un Astazou 800 FL et du mal à me faire à la capuche lorsque je suis sur le côté). Vous dormiez avec la capuche fermée et la collerette ? Vous n'aviez pas trop de givre autour ?
- Quel était le problème avec les mini skis ? C'était de OAC 147 ou des Altai Hok 145 ?
- Vous n'aviez pas de VBL pour les pieds ?
- j'ai aussi une pulka roulable, c'était de gros gravillons ? C'était juste lorsque vous étiez en ville ?
- Est-ce que des chaufferettes chimiques auraient pu vous aider ?

et suggestions ou remarques pour la prochaine fois :
- pour les tentes tunnel, il y en a chez Aliexpress
- pour le réchaud à essence, cela jette un froid sur ce genre de matériel. Une autre marque aurait-elle été mieux ? Sinon en terme de fiabilité, il existe des réchauds à essence sans pompe (SVEA 123R). Après par moins 30 je ne sais pas ce que ça vaut. Est-ce que le gaz inversé descend si bas ?
- pour le sac à pulka, vous pouvez utiliser des housse de transports de sac à dos en avions. Il y en a chez décathlon, sinon chez Deuter. Pour un volume plus important, le sac à gibier de chez décathlon a été utilisé par Simon du forum.
- dans le même style que les vêtement buffalo, il y a ceux de chez RAB : rab vapour rise summit. Peut-être que c'est plus facile à trouver et à réutukuser ensuite dans des activité de montagne.
- Le woolnet, je trouve ça génial aussi.
- Pour la météo avec le Garmin InReach, il y a aussi ce site : https://wx2inreach.weebly.com/ la source météo est celle ci : https://darksky.net/forecast/68.42,27.4115/uk212/en à voir si à la date où vous êtiez elle était plus précise : en bas de la page on a accès à l'historique.

En tout cas bravo pour ce récit et cette aventure.

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#18 13-02-2022 10:46:59

Bilbox
Membre
Inscription : 17-04-2013

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Bah il s'agit d'un réchaud et d'un seul, j'hésitais à revendre le mien, mais ils m'ont grillé, du coup je vais le garder big_smile

Vous étiez en zone "urbaine", donc avec les secours, un sami et un sk(oub)i-doo...  potentiellement, ça aurait pu déraper salement en zone plus sauvage et je crois que dans le très grand froid et/ou en zone isolée, vous avez raison, c'est la redondance pour certains objets cruciaux qui est préférable! (dont les gants amha, chaussettes)


Peut-être une gourde titane ou inox pour faire office de bouillotte?

Dernière modification par Bilbox (13-02-2022 10:48:02)

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#19 13-02-2022 10:49:29

florencia
Membre
Lieu : 71
Inscription : 11-11-2011

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Un grand merci à tous les 3 pour ce retour très riche en information.
Vraiment la poisse d'avoir cumulé autant d'aléas matériel  roll
+1 pour le back-up réchaud à essence, dans mes lectures de balades à ski sur la durée, beaucoup font le choix d'emmener un joint de rechange et même une pompe entière, en plus de pièces pour le réchaud.

Grand Pas a écrit :

je soupçonne que l’absence de patin aurait mené à des mouvements très erratiques à la moindre pente. C’est probablement efficace sur la glace plate, mais j’ai quelques réserves sur les reliefs.

C'est justement pour quoi a été conçu ce tapis de glisse à l'origine, le lac d'Inari, une surface glacée et plate wink
Et je confirme qu'il mène souvent sa vie derrière, mais ce n'est pas gênant dans ce cas.

(Même si perso, je l'ai emmené avec succès dans des zones plus vallonnées avec des passages entre 10-15 % max et plusieurs centaines de mètres de dénivelés (Parc UKK ou Pallastunturi entre autre), sa faible largeur permet de rester dans les sillons creusés par une motoneige ou de ses propres skis. Sa limite, ce sont les passages en dévers sur neige dure.

Flo


Réalisations DIY
_ _ _ _ _ _ _ _ _

"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle !" -Paulo Coelho.

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#20 13-02-2022 10:54:05

Doc
Membre
Lieu : Vercors :D
Inscription : 19-04-2015

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

fab a écrit :

#643179Super retour. Je vais largement re-checker tout mon matériel ;-)

J'ai quelques petites questions :
- sur les sacs Triple zéro et la capuche (j'ai un Astazou 800 FL et du mal à me faire à la capuche lorsque je suis sur le côté). Vous dormiez avec la capuche fermée et la collerette ? Vous n'aviez pas trop de givre autour ?
- Quel était le problème avec les mini skis ? C'était de OAC 147 ou des Altai Hok 145 ?
- Vous n'aviez pas de VBL pour les pieds ?
- j'ai aussi une pulka roulable, c'était de gros gravillons ? C'était juste lorsque vous étiez en ville ?
- Est-ce que des chaufferettes chimiques auraient pu vous aider ?

et suggestions ou remarques pour la prochaine fois :
- pour les tentes tunnel, il y en a chez Aliexpress
- pour le réchaud à essence, cela jette un froid sur ce genre de matériel. Une autre marque aurait-elle été mieux ? Sinon en terme de fiabilité, il existe des réchauds à essence sans pompe (SVEA 123R). Après par moins 30 je ne sais pas ce que ça vaut. Est-ce que le gaz inversé descend si bas ?
- pour le sac à pulka, vous pouvez utiliser des housse de transports de sac à dos en avions. Il y en a chez décathlon, sinon chez Deuter. Pour un volume plus important, le sac à gibier de chez décathlon a été utilisé par Simon du forum.
- dans le même style que les vêtement buffalo, il y a ceux de chez RAB : rab vapour rise summit. Peut-être que c'est plus facile à trouver et à réutukuser ensuite dans des activité de montagne.
- Le woolnet, je trouve ça génial aussi.
- Pour la météo avec le Garmin InReach, il y a aussi ce site : https://wx2inreach.weebly.com/ la source météo est celle ci : https://darksky.net/forecast/68.42,27.4115/uk212/en à voir si à la date où vous êtiez elle était plus précise : en bas de la page on a accès à l'historique.

En tout cas bravo pour ce récit et cette aventure.

Quelque réponse dans l'ordre :

Pour la capuche des sacs triple zéros, j'ai dormis avec et sans la collerette selon les nuits, la capuche toujours non resserré autour du visage. La collerette ne me dérange pas, je dort aussi sur le côté en bougeant pas mal pendant la nuit). Oui il y avait du givre le matin autour de la capuche (chez tout le monde, pas que chez moi, sans VBL), mettre le buff sur la bouche et le nez pendant la nuit, limite pas mal le soucis.

Pour les mini skis, ce n'était ni des Altaï, ni des OAC, une autre marque acheté au S-market d'Ivalo, absolument pas representatif du concept de ski-raquette (il y a d'ailleurs pas mal de monde ici qui apprécie), mais il s'agissait d'une dépense complétement imprévu donc on a aussi essayé de faire des économies.

Gand' avait des VBL pour les pieds, il ne s'en ai pas servi. Je n'en ai pas ressenti le besoin. Je n'ai jamais eu de problème pour réchauffer mes chaussures dès que l'on commençait à bouger.

Pour les gravillons, oui en ville et aussi (et surtout) sur le trottoir entre l’aéroport d'Ivalo et Ivalo.

Des chaufferettes chimique auraient surement aidé, avoir un réchaud fonctionnel encore plus big_smile

Pour la tente tunnel, je suis entrain de voir ça, j'ai une idée assez précise de ce que je veux big_smile

Pour le réchaud à essence : on a regardé sur internet, il y a en effet quelques cas de panne similaire recensé avec celui-là. Primus n'est pourtant pas une marque inconnu, ni bas de gamme. Le MSR Whisperlite a une bonne réputation (et même si la pompe est en plastique, elle inspire confiance... mais j'aurais dît la même chose de la pompe du Primus).

Bilbox a écrit :

#643181Bah il s'agit d'un réchaud et d'un seul, j'hésitais à revendre le mien, mais ils m'ont grillé, du coup je vais le garder big_smile

Vous étiez en zone "urbaine", donc avec les secours, un sami et un sk(oub)i-doo...  potentiellement, ça aurait pu déraper salement en zone plus sauvage et je crois que dans le très grand froid et/ou en zone isolée, vous avez raison, c'est la redondance pour certains objets cruciaux qui est préférable! (dont les gants amha, chaussettes)


Peut-être une gourde titane ou inox pour faire office de bouillotte?

Oui, on a eu de la chance pour les secours, après le trajet en lui même n'est pas très sauvage, même si l'on ne croise personne, il y a des routes, des cabanes et des petits hameaux assez régulièrement et on était survolé quasiment tout les jours par un hélicoptère à basse altitude (probablement le même). Mais on serra mieux préparé la prochaine fois. On avait tous deux paires de gants (trois en comptant les sous gants) et au moins deux paires de chaussettes.

Pour les bouillottes, les nalgènes fonctionne bien dans ce rôle, le problème c'est qu'au moment ou on en a eu besoin, le réchaud ne fonctionnait pas.

Dernière modification par Doc (13-02-2022 11:06:20)


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#21 13-02-2022 11:11:55

Pau_k
Membre
Inscription : 10-04-2021

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Super intéressant comme retour ! smile J'ai déjà hâte que vous repartiez pour relire un récit avec moins de soucis matériel cette fois-ci !

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#22 13-02-2022 11:12:34

florencia
Membre
Lieu : 71
Inscription : 11-11-2011

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

doc a écrit :

Le MSR Whisperlite a une bonne réputation (et même si la pompe est en plastique, elle inspire confiance

Il existe une version métallique pour le grand froid.

Flo


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#23 13-02-2022 11:21:02

Doc
Membre
Lieu : Vercors :D
Inscription : 19-04-2015

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

J'ai trouvé ça : MSR Arctic Fuel Pump, mais pas en metal.


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#24 13-02-2022 11:27:46

florencia
Membre
Lieu : 71
Inscription : 11-11-2011

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Ah oui, mea culpa, je savais qu'il y avait une version hiver et du coup je croyais qu'elle était en métal ...

Flo


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#25 13-02-2022 11:47:05

Gand'
Membre
Inscription : 28-11-2021

Re : [Récit + liste] De Ivalo à Tromsø à ski... ou pas

Un copain qui a fait de belles expés hivernales dans les années 80 m'a conseillé (après notre retour) de remplacer le joint du piston en cuir par un morceau de néoprène.

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