#1 10-01-2022 16:06:01

Dessert
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[Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bonjour,

Après quelques années de lectures régulières de ce forum, je saute le pas et publie ce premier message.

Tout d’abord un grand merci à la communauté pour tous les conseils, récits et autres discussions rassemblés ici ! Ils ont significativement contribué à améliorer mon plaisir de randonner et à ouvrir mes horizons de balades smile

Voici donc le récit d’une randonnée au départ de Dijon et qui longe les marges vallonnées du plateau de Langres jusqu’à Chaumont, une centaine de kilomètres plus nord, en passant le plus de temps possible en forêt. La moitié du trajet chemine au travers de la réserve naturelle du Val-Suzon et du nouveau parc national de forêts (qui me faisait de l’œil depuis sa création fin 2019).
Cette balade date des premiers jours de mars 2021. La majeure partie de ce récit a été rédigé dans les semaines suivantes, et ce n'est que ces derniers jours que j'ai pris le temps (enfin !) de l'achever (en gros, le paragraphe "Jours 6 et 7 : Arc-en-Barrois – Chaumont" et le bilan).

La trace estime le parcours aux environs de 120 kilomètres. Le trajet est légèrement vallonné tout du long, mais à une altitude comprise entre 150 et 550 mètres environ. Vous trouverez en suivant ce lien la carte que je me suis préparée sur OpenStreetMap avant de partir, et que j’ai annotée à mon retour pour ajouter entre autres les lieux de bivouac.

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Quelques mots de légende :

- j’ai dessiné la trace plusieurs semaines après mon retour, un peu au jugé pour certaines portions effectuées hors-sentiers. Sur le moment, j’ai plus ou moins suivi une série de marqueurs (visibles en affichant le calque « Repérages ») qui sont davantage des points de repères que de passage obligé. J’improvise en partie mon itinéraire au fil de la marche.

- les épingles dans divers tons de bleu situent des points d’eau potentiels (fontaines, toilettes publiques, sources, rivières, etc ; cliquez sur le marqueur pour connaître le détail).
Leur couleur varie selon leur qualité, que j’estime en croisant des données dénichées en farfouillant un peu le web. C’est donc une évaluation toute personnelle, en aucun cas experte.
NB : en cette fin d'hiver, tous les points d’eau public (fontaines, robinets, toilettes) étaient fermés et/ou purgés.

- les épingles marrons situent des points de potentiels de ravitaillement (trois boulangeries et une épicerie).

- l’épingle jaune indique une prise électrique extérieure.

- Les marqueurs « carré » situent les points d’arrivée et de départ (en rouge) et de bivouac (en jaune).


Jour 1 : Dijon - Val-Suzon

Départ à 12h30 de la gare de Lyon à Paris et arrivée 1h30 plus tard à la gare de Dijon. Je pensais initialement commencer la randonnée à la gare, comme j’en ai l’habitude, mais décide dans le train d’emprunter les transports en commun pour m’épargner quelques kilomètres de trottoirs. Après quelques arrêts de tramway, je prends un bus jusqu’à son terminus à Ahuy.

45 minutes après mon arrivée à Dijon je commence enfin la marche par un petit chemin de terre suivant le fond d’une combe. Rapidement la joie m’envahit : je suis coupé de tous les bruits de la ville, la fraîcheur de l’air change agréablement de mon quotidien parisien, je ne croise plus personne, et les arbres couverts de mousse et de lierre plantent une ambiance toute particulière. Bref, je suis ravi d’être de retour sur les sentiers.

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Je rejoins rapidement le bois de Vantoux, traverse une autre combe puis un champ et me voici dans la réserve naturelle du Val-Suzon.

C’est la première fois que j’utilise deux bâtons, après avoir essayé avec un seul lors d’un tour de Belle-île-en-mer début février 2021. J’ai un peu de mal à m’y faire au début, je suis maladroit avec et cela m’empêche de trouver mon rythme de marche. Je reviendrai à plusieurs reprises sur cette première expérience.

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L’ambiance sonore est un peu polluée par le trafic de la départementale (heureusement pas trop fréquentée) qui traverse le val sur l’autre rive du Suzon, mais le coin est très joli, très serein. Je croise quelques couples ou petits groupes de promeneurs, notamment à la fontaine de Jouvence, une source qui coule toute l’année et où je fais une petite pause et le plein d’eau.

Il est 17h passée, le coin commence à se vider et je pars en quête d’un spot de bivouac. C’est tôt mais je m’astreins à respecter le couvre-feu de 18h en vigueur. Je m’installe quelques kilomètres plus loin à un croisement, entre quelques tables de pique-nique, et profite des dernières lumières du crépuscule pour lancer le dîner.

La nuit tombée la départementale est définitivement déserte et la forêt silencieuse ; je savoure un thé bouillant en écoutant un livre audio dans l’obscurité. Soudain une chouette hulule depuis un arbre pas loin de ma tente, le début d’une « discussion » entre trois hulottes (au moins !) qui va durer toute la soirée. Je termine mon thermos puis me couche, bercé par ces cris parfois entrecoupés par des grognements de sangliers. Je m’endors enchanté, cette balade s’annonce fabuleuse.


Jour 2 : Val-Suzon – Courtivron

Réveil à 9h passée (mes premières nuit de bivouac sont toujours très longues #marmotte), le temps est gris et humide, mais il ne fait pas trop froid. Je mange et range mes affaires rapido, et reprend la marche un peu avant 10h.

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Je fais quelques kilomètres en suivant le val, que je semble avoir pour moi tout seul, jusqu’à une première difficulté : au lieu d’emprunter le pont de la départementale, j’ai continué sur quelques centaines de mètres pour emprunter ce qui me semblait être un pont sur OsmAnd+, et qui s’avère en réalité être un vestige de pont (d’une ancienne voie de tramway fermée à la fin des années 40) barré par du fil barbelé.

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Quelques acrobaties plus tard, je franchis la départementale pour emprunter la combe de Goa qui va m’amener sur les hauteurs de Curtil-Saint-Seine. Avant je grignote un peu et remplis ma gourde à la source qui coule à l’entrée de la combe. Ça grimpe un peu, mais j’arrive désormais à bien synchroniser l’emploi des bâtons avec mon pas. Et surtout le coin est superbe : le sol est jonché de feuilles mortes, que percent des tapis de perce-neiges et quelques petites fleurs violettes. Conjuguées avec la mousse et le lierre, les couleurs sont magnifiques.

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Je longe une station radio militaire puis traverse le village de Curtil-Saint-Seine pour retourner sous la forêt jusqu’à la Fontaine aux Essarts. Autour de la source est construit un lavoir et une série de bassins permettant autrefois d’abreuver les bêtes et d’exploiter le chanvre. Il est 12h30, pause dej’.

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45 minutes plus tard de retour sur le sentier. On remarque l’ancienne activité humaine : beaucoup de vieilles ruines couvertes de mousses aux abords des chemins (de vieux fours à charbons ?). J’atteins rapidement une route forestière : ligne droite déboisée, longue de 3 kilomètres et bordée de dizaines de miradors de chasse. Pas vraiment ce que je cherche, je déteste ces routes dures qui esquintent pieds et genoux, d’autant plus quand elles n’offrent pour perspective qu’une interminable ligne droite. J’ai prévu dans les prochains jours de sortir de plus en plus des sentiers ; autant m’y mettre tout de suite, je m’enfonce sous le couvert des arbres et laisse la route à portée de vue à ma droite.

Moi qui commençais à marcher à l’aise avec deux bâtons, je découvre la marche avec bâtons sur un sol jonché de bois mort et parsemé de pierres, d’arbustes et de ronces. Je n’arrête pas de trébucher à cause de branches qui se prennent entre une jambe et un bâton, mais ne tombe jamais... grâce à l’autre bâton qui me permet de me rétablir. C’est un peu sportif, je passe plus de temps à regarder où je marche qu’à profiter de l’endroit, j’avance lentement, mais j’apprends. Et puis je n’aime vraiment pas les routes forestières.

Arrivé au bout de celle-ci, on retrouve un peu de relief et de simples chemins forestiers jusqu’au prochain village, 8 km plus loin. Je savoure.

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J’essuie plusieurs averses et arrive à Courtivron juste à temps pour m’abriter d’une grosse pluie sous un abribus. J’avise alors une boulangerie juste à côté et y achète un palmier et une sorte de fougasse bourguignonne (avec patates et fromage-qui-ressemble-à-de-l’époisses-mais-qui-n-a-pas-l’appellation).

Pause gourmande sous l’abribus en attendant la fin de la pluie, qui ne vient pas. 17h15, il me reste quatre petits kilomètres à marcher avant d’atteindre la zone de bivouac que j’ai repérée, je me résigne à mettre sursac et surpantalon. La pluie cesse tandis que je quitte Courtivron et suit la combe de Champ Vaut sur quelques kilomètres, pour finalement monter sur les hauteurs et installer mon bivouac dans la forêt.

Avec la tombée de la nuit le ciel se dégage et je profite de la voûte étoilée (qui me change agréablement de sa version parisienne) sur fond de chants de hulottes (qui accompagneront tous les bivouacs de cette balade).


Jour 3 : Courtivron – Grancey-le-Château

Réveil un peu avant 9h30, sous une pluie fine. Il fait plus frais que la veille, l’intérieur de la paroi extérieure de ma tente goutte et la toile intérieure est trempée. Un peu refroidi par la journée qui s’annonce humide, je traîne un peu au petit-dej’, sur fond de bruits d’exploitation forestière (pensais-je) au loin. C’est le piaillement des oiseaux, plutôt calmes jusque là, qui me fait douter : j’avais vérifié avant de partir et compris que la période de chasse avait été clôturée la semaine précédente, mais je me rends compte les « clacs !» *d’exploitations forestières* viennent toujours par deux. Je finis de manger et remballe mes affaires d’autant plus vite que les coups de feu se rapprochent et que j’entends désormais des cris et des coups de trompes. Lorsque je file à grandes enjambées, la forêt piaille comme jamais il ne m’a été donné de l’entendre (mais les cris et coups de trompes ne semblent ne plus s’approcher).

30 minutes plus tard, je n’entends plus rien. Suffisamment éloigné ? Fin de la chasse ? Je ne sais pas, mais je souffle un peu et prends un coup de flotte. Première fois que je suis confronté à ce genre de situation, petit coup de flip.

Enfin, je suis désormais bien réveillé et reprends (plus sereinement) la marche en parcourant le fond de plusieurs combes. La beauté des lieux m’enchante, en particulier les mélanges de couleurs.

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Au pied d’une des collines encerclant Avot, je repère les marquages d’un GR (le 7) que je n’avais pas aperçu en préparant mon tracé. Je le croiserai et le suivrai régulièrement jusqu’au lendemain, quand il bifurquera vers l’est en direction de Langres tandis que je continuerai vers le nord sur Chaumont.

Je déjeune au sommet de cette colline avant je descendre sur Avot, joli petit village qui a notamment la particularité d’avoir préservé le four d’une vieille scierie et surtout son ancienne cheminée ronde en briques (dont l’architecture me rappelle toujours cette planche de Gaston Lagaffe).

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Je remplis ma gourde au lavoir et profite un peu de la sympathique aire de pique-nique aménagée au bord de la rivière. En voyant quelques personnes passer dans la rue, je me fais la réflexion que le pays semble bien moins frappé par l’abandon et le déclin que le Morvan, où je m’étais promené à l’automne 2019. J’y avais traversé nombre de villages dont la moitié des maisons étaient à vendre et/ou délabrées, les aménagements inexistant. La différence est flagrante.

Reprise de la marche en m’éloignant de mon itinéraire initial pour éviter les champs et conserver la protection des arbres, car le vent souffle fort et froid désormais. Je sors un peu des chemins et suis des coulées tracées par les animaux (des sangliers ? Il y a des bauges et des arbres frottoirs partout) qui m’amènent bon gré mal gré dans la bonne direction.

A 16h j’attaque une épaisse colline boisée derrière laquelle se situe Grancey-le-Château. Je compte y faire le plein d’eau pour le bivouac, passer à la boulangerie et trouver quelque part un peu d’électricité. Car entre le ciel couvert et le temps passé en forêt, mon panneau solaire ne parvient pas à recharger ma batterie. Si le lendemain matin je veux prendre des photos et sortir des sentiers (donc utiliser davantage le GPS de mon téléphone), soit je trouve rapidement du courant, soit j’éteins mon téléphone à 18h. Je saurais faire sans, mais raison de de d’espérer que le temps s’éclaircisse à l’avenir.

Après avoir traversé la forêt, flanqué du haut et looong mur en pierre qui ceint le domaine du château de Grancey, je m’arrête à la petite église Saint-Germain qui domine le village. Une vieille église romane isolée qui a l’air d’avoir récemment été rénovée, mais qui est fermée. Tant pis, je profite de son porche pour m’abriter du vent, m’étirer et grignoter un peu. Au moment d’ouvrir la porte du cimetière pour repartir j’aperçois une prise contre le mur de l’église. Je branche mon téléphone et Alléluia ! Ça charge \o/

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Je prolonge la pause et en profite pour essayer de régler mon sac à dos différemment, car si les bâtons assistent nettement ma marche, j’ai l’impression depuis la matinée qu’ils gênent mon port de sac. Sur le volet de la marche, je ressens clairement leurs apports. Ils soulagent mes genoux (un peu fragiles) dans les montées/descentes, sur les chemins accidentés et « hors-sentiers ». Et je pense avancer plus vite : grâce à l’effet « propulsion » sur les terrains faciles, et grâce à la plus grande stabilité sur ceux plus accidentés/encombrés.
Par contre, quelque chose ne fonctionne pas avec le port de mon sac. (Très) lourd pour de la marche ultra-légère (1,4 kg), mon Gregory Zulu 40 est cependant fabuleusement confortable. Et au fil des années j’ai trouvé mes réglages « idéaux » des sangles que je modifie légèrement tout au long de la journée. Et maintenant les mouvements des bras effectués avec les bâtons perturbent cette mécanique bien huilée. Il me faudra presque deux jours de tâtonnements infructueux pour réaliser qu’allonger les bâtons de 3-4 cm règle le soucis.

Bref, mon portable un peu plus chargé, je descends à Grancey-le-Château en fin d’après-midi. Le château est très grand, et la place forte qui l’entoure imposante, juchée au sommet d’une excroissance au creux du vallon. Mais la boulangerie/épicerie est fermée. Dommage, j’aurais bien pris une viennoiserie et, avec un peu de chance, une boisson chaude (ça caille !). N’eusse été le couvre-feu, j’aurais également aimé déambuler un peu dans le village et la place forte. Je me contente de faire le plein d’eau dans le ruisseau qui traverse le village et pars en quête d’un spot de bivouac.

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Je marche un petit kilomètre et m’installe derrière une colline, à l’orée d’un bois, bien isolé du bruit des routes et très exposé au vent. Je dresse ma tente et commence à m’installer, puis me ravise et remballe tout. En effet, intéressé depuis quelques mois par la combinaison abri mono-paroi + polycree, je me décide à essayer un montage de ma tente (une Forclaz Trek 900 1P, première version) sans la tente intérieure : un étroit tapis de sol combiné avec la paroi extérieure (dont je laisse la porte entrouverte en espérant améliorer la ventilation).

Avant de me coucher je jette un coup d’œil à la météo. Le matin de mon départ, les prévisions annonçaient à trois jours un temps couvert avec des averses, elles prévoient désormais plus de soleil et moins de précipitations, un vent plus fort et des températures plus fraîches (entre -4°C et 8°C).


Jour 4 : Grancey-le-Château – Germaines

Réveil 6h30. Finalement l’absence de paroi intérieure ne me gêne pas, bien qu’il fasse un peu plus frisquet. Enfin, ça serait mieux avec quelque chose de plus large pour couvrir le sol. Côté condensation je n’ai pas l’impression d’en avoir moins, par contre elle a givré ! Je comprends mieux pourquoi, après une sortie à 3h du matin pour pisser, j’ai eu besoin de mettre la fine polaire en plus des collants, t-shirt ML et chaussettes de laine.

N’ayant pas encore faim je pars me promener sous les premières lueurs de l’aube. Combiné au froid le vent est mordant, mais le ciel parfaitement dégagé. Je savoure pleinement le grand air, la lumière, la quiétude des lieux. Définitivement, je suis ravi d’être venu crapahuter dans le coin.

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Quand le soleil pointe le bout de son nez, je range l’essentiel de mes affaires pour tout sortir de l’ombre et petit-déjeune au soleil pendant que ma tente dégivre/sèche.
Je repars et marche quelques kilomètres à travers bois et champs. Le temps est magnifique, les chemins déserts, et je sens que malgré le port un peu inconfortable du sac et une petite douleur au tendon d’Achille, je commence à trouver mon rythme de marche.
Bizarrement (?) cette douleur au tendon disparaîtra le surlendemain quand, faute d’idée, j’ai enlevé la semelle de la chaussure.

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J’arrive aux abords du village de Larmargelle-aux-Bois à 10h, et suis saisi par un mélange de souvenirs et d’émotions. Le paysage, le léger parfum de fumier, les cloches de l’église qui rythment la sérénité environnante : tout me rappelle le petit village de ma grand-mère où je passais les étés de mon enfance, à une petite centaine de kilomètres dans l’Auxois.

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Je m’arrête au lavoir pour faire une pause. A peine installé une mamie m’interpelle de l’autre côté de la rue et m’invite à prendre un café, rapidement accompagné de deux épaisses tranches de pain d’épice frais du matin, tartinées de beurre clarifié. Une tuerie, je suis aux anges. Je passe le reste de la matinée à papoter avec mon hôte et sa sœur, toutes deux jeunes (et très actives !) retraitées. Il est midi passé lorsque je les quitte (avec la moitié du pain d’épice restant). Ayant mis au soleil la toile extérieure de ma tente et mon panneau solaire en arrivant au lavoir, je repars avec un abri sec et un téléphone chargé.

Je marche une petite heure pour retrouver le couvert des arbres et déjeuner dans une clairière. Tout en restant en forêts, je raccourcis un peu mon itinéraire pour essayer de rattraper le retard engendré par cette chouette mais longue pause imprévue. J’alterne routes forestières, chemins et « hors-sentier » toute l’après-midi. Progressivement les forêts se font de plus en plus denses et les futaies de plus en plus hautes.
Ayant croisé deux 4x4 en peu de temps, je passe les dernières heures de marche en dehors des sentiers ou sur de vieux chemins abandonnés, ce qui se payent par un cheminement plus ardu. Je pense notamment à 500 très longs mètres dans les ronces et les arbustes en fin d’après-midi qui me feront arriver fourbu au bivouac.

Je dresse ma tente au sommet d’une colline, à une heure de marche d’Arbot, village aux environs duquel je prévoyais initialement de bivouaquer. Je réussi à me tromper de chemin en allant faire de plein d’eau dans le ruisseau qui coule 500 mètres plus bas, et la nuit est déjà tombée lorsque je finis ma polenta agrémentée de parmesan et de chorizo séché. Je range bien toute ma bouffe dans un sac car, entre les glapissements des renards et autres bruissements, je préfère me prémunir d’une visite nocturne.
Assis sous ma tente, je me délecte du thé chaud et du pain d’épice. La vie est belle, et l’ambiance fantastique : tout autour de la tente, ça marche, ça courre, ça saute, ça frotte, ça couine... Je n’ai jamais vécu un raffut pareil en forêt, c’est renversant.
Auditeur discret et attentif, je me laisse longuement porter par cette atmosphère avant de me coucher.


Jour 5 : Germaines – Arc-en-Barrois

Réveil un peu avant 9h ; pas de givre, peu de condensation, ciel immaculé : la journée s’annonce bien. Je plie bagage, repars et tombe rapidement sur une petite clairière traversée par un ruisseau. Il fait beau, pas trop froid, pas un souffle de vent : c’est l’heure de faire toilette et lessive. Petite nouveauté personnelle : c’est la première fois que j’utilise un carré en microfibre (30x30 cm) en lieu et place du gant et de la serviette en coton que j’utilisais jusqu’alors. Ça fonctionne bien : le carré se gorge d’eau suffisamment pour servir d’éponge et, au prix de fréquents essorages, on se sèche plutôt bien avec. L’eau est glacée mais la toilette délicieuse (après quatre jours de marche je l’attendais de plus en plus...)

Frais et dispos, je m’en retourne sur le chemin et suis bientôt une route qui m’amène jusqu’à Arbot. Son église et celles des villages avoisinants sonnent midi quand j’entre dans le village.

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Après une courte pause sur les bords de l’Aube, je monte vers la forêts et trouve un coin tranquille où déjeuner. Je passe l’après-midi à traverser la forêt qui me sépare d’Arc-en-Barrois. Au risque de me répéter, c’est magnifique, j’adore. Je profite d’autant plus que toutes les gènes liées au sac, aux bâtons ou au pied ont disparu.

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A mon arrivée à Arc-en-Barrois tous les commerces sont fermés, tant pis pour le ravitaillement. Je vérifie vainement les robinets publics et fais le plein d’eau dans le vieux lavoir du village ; je n’ai repéré aucun point d’eau avant 15 bons kilomètres. Puis je traverse la ville, file dans la forêt et installe mon bivouac tant qu’il fait encore jour, en lisière d’une vaste clairière. Cette dernière s’avère être un lieu de passage : j’ai la chance d’apercevoir deux renards et quelques cervidés avant que la nuit s’installe.


Jours 6 et 7 : Arc-en-Barrois – Chaumont

Levé à 8h, je commence la journée sous un ciel immaculé et qui le restera jusqu’au soir. Et de nouveau, je passe la journée en forêt et n’y croise personne. C’est délicieux.

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Je ne recroise des gens qu’en milieu d’après-midi en atteignant la fontaine de Saint-Libère, à une poignée de kilomètres de Chaumont, mon terminus. Un petit parking a été construit aux abords de la source et je vois plusieurs dizaines de promeneurs sortir des bois avant de repartir en voiture tandis que je profite du soleil sur un banc. Pas besoin de me presser j’ai prévu de prendre le train le lendemain.

Je finis par me secouer et pars installer un peu plus loin mon dernier bivouac. Ma cartouche de gaz montrait des signes de faiblesse pour le café du matin, elle se termine avant d’avoir pu chauffer mon dîner. Semoule froide, pas de thé chaud et températures autour de 0°C, je me réfugie dans mon duvet et m’endors très tôt.

Le lendemain je parcours tranquillement les derniers kilomètres qui me mènent à Chaumont et m’y offre un gros petit-déjeuner. La ville est jolie et j’y déambule un peu. Malheureusement Le Signe, le centre national du graphisme, est fermé. Dommage, j’avais très envie de le visiter.

Pour finir je gagne la gare et monte dans un bus qui me conduit à la gare de Troyes, où un train m’emmène vers mes pénates franciliennes.



Quelques mots de conclusion

Concernant la région d'abord (ou plutôt les régions, car je suis passé de la Bourgogne-Franche-Comté au Grand Est à mi-parcours). Boisée, "gentiment" vallonnée, (relativement) peu habitée et parsemée de sources et cours d'eau de plutôt bonnes qualités. Le tout accessible en train depuis Paris à prix et durée de trajet raisonnables, bref tout ce que j'aime.
Cette balade a confirmé mon amour de la Bourgogne (que je connais plutôt bien) et m'a donné envie de découvrir davantage le Grand Est. Je devrais y retourner dans les prochaines semaines, en traversant les forêts entre Joigny et Troyes, et la partie française de la vallée de la Meuse me fait de l’œil.

Côté matériel également cette randonnée fut une réussite. C'était la deuxième fois que je partais en hiver (après un tour de Belle-île en février 2021), et ça a confirmé que mes récentes acquisitions d'un matelas bien isolé (Un Sea to Summit Ultralight S.I. taille XS), d'un sac de couchage en duvet (un Cumulus Lite Line 400) et de quelques vêtements en laine mérinos me permettait désormais de me balader en toutes saisons tant que je ne grimpais pas trop en altitude (ou en latitude).
Et avec un total porté à moins de 15 kg, dont 4 kg d'eau et nourriture, j'ai réussi à m’alléger (un peu) par rapport à ma précédente balade.

Enfin pour terminer, voici ma liste :

LISTE RANDONNÉEPOIDS (en gramme)
Chaussures D4955
Pantalon D4520
Caleçon en laine mérinos (noir)64
Chaussettes51
Polaire (fine)356
Cache-cou40
Masque2
T-Shirt en laine mérinos (bleu)125
Foulard rouge16
Bâtons Forclaz MH500 (x2)478
Briquet22
Tabac110
Téléphone180
Écouteurs16
Argent, papiers et cartes61
Clé24
TOTAL « SUR MOI »3020
Sac à dos Gregory Zulu 40L1350
Chaussettes50
Caleçon en laine mérinos (bleu)64
T-Shirt en laine mérinos (vert)140
Chaussettes laine mérinos82
Sous-vêtements en laine mérinos (haut)216
Sous-vêtements en laine mérinos (bas)171
Doudoune Forclaz Trek 100339
Gants53
Bonnet laine mérinos37
Sac à vêtements59
Total « vêtements »1211
Veste de pluie Quechua MH900540
Surpantalon de pluie D4170
Sursac Gregory74
Total « protection pluie »784
Tente Forclaz Trek 9001617
Duvet Cumulus Lite Line 400810
Tapis Sea to Summit Ultralight SI (XS)408
Total « couchage »2835
Popote (200) + couvercle artisanal (9)209
Couvert11
Gourde 0,8 L97
Bouteille 1 L35
Thermos 0,7 L490
Boule à thé20
Couteau suisse100
Réchaud84
Cartouche de gaz187
Filtre à eau (39) + outre 0,6 L (21)60
Sac à bouffe44
Total « cuisine »1293
Carré microfibre26
Savon12
Brosse à dent + dentifrice44
Trousse de secours26
PQ10
Total « hygiène et secours »118
Frontale80
Cendrier portable7
Panneaux solaires Forclaz 10 W295
Batterie 2000 mAh70
Mousqueton (x2)22
Zoom H1 (avec pile)90
Carnet (116) + crayon (1)117
Livre232
Chiffon protecteur44
Masque (x3)+ sachet13
Cordelette10
Briquet10
Sac à déchets7
Total « divers »997
Saucissons 200 g (x2)421
Graines + fruits secs470
Barres chocolatées (x10)290
Abricots secs400
Semoule (x3)120
Semoule+parmesan (x3)285
Polenta+parmesan (x4)420
tranches de chorizo séchées62
Epices5
Sel4
Café soluble (x7)17
Thé12
Muesli+chocolat+poudre d’amande/noisette+sucre+raisins (x5)725
Sac « nourriture »30
Total « nourriture »3261
Eau800
TOTAL «  DANS LE SAC »10515
TOTAL « SAC + DANS LE SAC + SUR MOI »14885

Hors ligne

#2 10-01-2022 17:11:11

Phil82
Tortouille
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Messages : 2 241

Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bienvenue Dessert!

Sympa à cette période, tu as eu de la chance, pas vraiment de pluie en fait (et de gadoue), alors que tu avais du gros matos pour, tu aurais pu te contenter d'un bête poncho AE léger en fait?
Quand j'ai vu que tu disais porter 15Kg dans un Zulu 40 (j'en ai un), je me suis dit que tu devais avoir accroché un tas de trucs dehors... ben apparemment pas, à part le panneau solaire je ne vois rien, je suis étonné. neutral
Un panneau solaire si lourd en mars avec de nombreux passages en forêt avec une batterie 2000Mah, ça me semble inadapté, tu aurais pu prendre seulement une grosse batterie 20000Mah non?
Le Zoom H1 c'est pour juste pour enregistrer des notes (bien que tu ais un carnet), pour tes livres audios ou pour enregistrer des sons (forêt, sons pour une vidéo...)? Tu aurais pas pu faire avec ton smartphone?

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#3 10-01-2022 17:30:40

marcheur75
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Merci pour le récit qui donne des idées de balade !

Plus de 3kg de nourriture alors que la région n'est pas un désert. N'y avait-il pas moyen de se ravitailler dans les villages traversés afin de réduire ce poste, tous les jours ou deux jours ?


Je n'ai pas lu tous les livres, hélas ! Mais la chair est réjouissante...

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#4 10-01-2022 17:32:32

Serval
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bonjour Dessert et bienvenue ! smile

Belle entrée en matière qui donne des idées pour une randonnée de quelques jours en forêt, qui plus est en un endroit facile d'accès depuis Paris, merci.

J'aimerais savoir quels sont les critères qui t'ont fait indiquer "OK" ou au contraire "à éviter" pour les points d'eau ? (rivières en particulier). Craignais-tu plutôt une pollution chimique ou biologique (éventuellement contournable avec le filtre) ?

Ta liste encore lourde mérite quelques commentaires :
- ton sac à dos est quand même bien lourd... 1424 g avec la protection de pluie mais il est vrai qu'il vaut sans doute mieux attendre que tu n'aies plus 10 kg sur le dos pour envisager d'en acheter un plus léger. Ta tente aussi est lourde, mais le prix joue aussi bien sûr. En tout cas tu pourras à terme gagner largement un kilo en remplaçant ces deux items.

- Comme tu as pu le constater, un panneau solaire en Bourgogne en hiver ne sert à rien, et en outre le tien est vraiment très lourd. Voilà 295 grammes aisément gagnés, ou à peine moins si tu souhaites ne pas prendre le risque de ta batterie de 2.000 mAh (moins de 200 g pour une batterie de 10.000 mAh, 115 g pour une Nitecore 5.000 mAh à 30 euros).

- Je suis aussi un grand lecteur, mais en randonnée, je lis des livres numériques sur mon smartphone wink 300 grammes de gagnés. Celui-ci me sert aussi d'enregistreur numérique (prise de notes et chants d'oiseaux). Le Zoom H1 de 90 g te sert à quoi en pratique ?

- Dentifrice + Brosse à dents 44 g ? Brosse bambou 8 grammes (5 g en raccourcissant le manche c'est plus pratique à ranger et aussi facile à utiliser mais n'entrons pas dans la discussion wink ) ; le tube de dentifrice qui m'a servi pour mes 10 semaines de marche en Italie pesait 15 g... Tu peux faire sécher des petites rondelles de dentifrice qui pour une semaine pèseront à tout casser 3 grammes.

- Tu aurais pu compter le gaz en consommable, ne laissant que la cartouche en poids sec.

Je laisse nos "collègues" te donner d'autres idées wink Cordialement !

[Edit : précisions]

Dernière modification par Serval (10-01-2022 17:41:29)


(Modification non justifiée = orthographe, typo, etc.)
Trombi | GR34 : de Concarneau à Auray | De Paris au Salento : Liste 2020/Récit 2020/Récit+Liste 2021 |
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#5 10-01-2022 17:44:27

ludof
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Merci pour ton récit !


marcheur75 a écrit :

#638731Merci pour le récit qui donne des idées de balade !
Plus de 3kg de nourriture alors que la région n'est pas un désert. N'y avait-il pas moyen de se ravitailler dans les villages traversés afin de réduire ce poste, tous les jours ou deux jours ?

je me suis posé la même question : tu es parti pour être en autonomie totale sur la nourriture pendant 7 jours ?

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#6 10-01-2022 18:07:13

Magic Manu
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Merci pour ce retour, qui me donne quelques idées de balades. Vouloir être en autonomie de nourriture, y compris dans une zone assez fréquentée, peut être intéressant:
- sur le plan théorique
- afin de continuer à profiter de la solitude..
et 3.2 kg pour 7 jours, c'est même peu (j'ai du mal, pour ma part, à descendre sous les 650g/j!! lol)


"Il en faut peu pour être heureux" (Baloo, le Livre de la Jungle)
Le kilt? La meilleure façon d’être en « burnes out »!
Trombi

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#7 10-01-2022 18:25:41

marcheur75
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Oui, mais sur un forum dédié à la balade légère, la nourriture étant souvent dans nos sacs le poste le plus lourd avec l'eau, je pense que profiter des opportunités du tracé est bienvenu.

De même d'ailleurs pour le ravitaillement en électricité du téléphone. Indépendamment du fait que le panneau solaire de presque 300gr est inutile dans cette régions en cette saison, il doit y avoir quelques opportunités de recharger le téléphone et la batterie. Dans les églises, les mairies, les commerces et éventuellement chez l'habitant.

Il peut être possible de combiner les deux ravitaillements. Recharger son téléphone ou la batterie, à l'église par exemple, pendant les courses, et même rester casser la croûte dans le village pour que la charge soit complète.


Je n'ai pas lu tous les livres, hélas ! Mais la chair est réjouissante...

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#8 10-01-2022 19:10:05

brons07
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bonjour,
C'est un peu lourd à cause du tabac lol
Merci pour le retour, c'est une région que je ne connais pas.

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#9 10-01-2022 19:25:51

Nayana
Helix pomatia
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Les noms des villages traversés me parlent (j'ai habité pas loin) avec plaisir.
Le Val Suzon est magnifique au printemps  smile


Lentement mais surement...

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#10 10-01-2022 21:49:11

Dessert
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Damned, quel accueil ! Merci smile

@ Phil82

Effectivement, j'ai été très chanceux au niveau du temps. Un simple poncho (que signifie "AE" ?) aurait suffi pour la pluie. Le surpantalon et le sursac ne m'ont servi que quelques heures le deuxième jour, mais j'ai été content d'avoir ma veste lorsque je marchais en dehors des forêts : je transpire facilement dans la doudoune, et le vent perçait souvent ma polaire. La combinaison t-shirt + veste (éventuellement ouverte sous les aisselles) était idéale.

Attention, mon sac ne contenait que 10,5 kg. Les 15 kg incluent également le poids du sac (1,35 kg) et ce que je portais sur moi (environ 3 kg)

Oui, le panneau solaire aurait été avantageusement remplacé par une batterie de plus grosse capacité. Je ne m'en suis rendu compte que sur place, et j'ai acheté depuis une batterie de 10 mAh wink

Le Zoom H1 c'est pour enregistrer des sons d'ambiance. Dans la vie de tous les jours je travaille dans la radio et suis très sensible à mon "environnement sonore". J'enregistre régulièrement des cris des animaux, le gargouillis d'un ruisseau ou le son du vent : comme les photos je les inclue dans mes carnets de voyages numériques, et j'en fais des aussi des carnets de voyages sonores un peu plus travaillés.
C'est pourquoi je n'utilise pas mon smartphone : je tiens à l'enregistrement multicanal (et pour être honnête, j'ai regretté après coup de ne pas avoir pris mon Zoom H2, pourtant plus lourd et plus encombrant).


@ marcheur75

Sur mon itinéraire, j'ai traversé trois villages avec des commerces alimentaires : deux avec une boulangerie, un avec une boulangerie et une épicerie. J'ai songé à prendre moins de nourriture en comptant sur un ravitaillement à l'épicerie, mais ai préféré jouer la sécurité en embarquant une semaine d'autonomie (une épicerie fermée pour cause de maladie m'avait sacrément embêté lors d'une traversée de la Chartreuse, déjà bien fournie en termes d'aléas indésirables...) Et au final l'expérience m'a donné raison : seule la première boulangerie était ouverte, le reste était fermé lors de mon passage (ouvert que le matin ou fermé temporairement à cause de l'épidémie).
J'aurais pu tracer un itinéraire passant par de plus grands bourgs, mais au prix de moins de temps en forêt.


@ Magic Manu et ludof

Bien vu. J'apprécie la solitude quand je marche ; à quelques exceptions près moins je croise de monde, plus je suis heureux. D'ailleurs, mon premier réflexe lorsque je cherche un endroit où randonner, c'est de consulter la carte de densité de population sur Géoportail pour traverser les endroits les plus déserts !
Ce qui me pousse à songer envisager des balades plus longues et dans des zones encore moins peuplées (comme le Sarek suédois ou certains coins d’Écosse), et donc à travailler/tester mon autonomie alimentaire tant que j'ai des points de ravitaillement à proximité, afin d'y être prêt le jour où il n'y aura aucun commerce à des jours de marche. Une balade de 12 jours dans les Cévennes en octobre dernier m'a par exemple bien fait comprendre qu'il me faudra diversifier mes menus si je veux partir deux ou trois semaines dans des zones reculées.

Je suis conscient que cela paraît peu, mais cela me suffit. Et pourtant j'ai sérieusement augmenté mes doses par rapport à mes habitudes et me force à manger au-delà de la satiété, justement après avoir lu la page du forum consacrée (et rétribué par une plus grande forme, notamment le matin) ! Je suis rentrée avec 200 ou 300 g de semoule et mélange de graines/fruits secs, plus ou moins l'équivalent de ce que j'ai acheté à la boulangerie.


@ Serval

La notation de la qualité des cours est, j'insiste, une tambouille toute personnelle.
Je cherche des données sur la carte "Qualité Rivière" de la fédération des agences de l'eau (en consultant bien les bilans, souvent incomplets, de chaque station et leur historique), et celles que je peux trouver sur le site du BRGM, des comités scientifiques de bassin ; je consulte les réglementations et rapports des parcs nationaux, réserves biologique... bref, ce que je peux trouver sur le web. Je regarde aussi les amonts les rivières sur les cartes images aériennes de l'IGN (sur Géoportail ou OSM) pour estimer au doigt mouillé la présence des exploitations agricoles et des élevages.
Et depuis peu je jette un coup d'oeil à la presse locale pour voir s'il n'y a pas eu des scandales de pollution dans les dernières années.
En fonction de tous ça, je décide si je peux y boire sans crainte, si je dois l'éviter ou si je me l'interdis.

Concernant la lecture, je prends habituellement une liseuse, mais celle-ci était en réparation chez Bookeen wink Et de toute façon, je n'ai pas lu une ligne durant cette balade. A part le premier soir où j'ai écouté un petit morceau d'Harry Potter  à l'école des sorciers, "l'ambiance" de la forêt m'a contenté chaque soir.

Habituellement je prends un petit morceau de dentifrice solide, mais cette fois-ci j'ai pris le tube de dentifrice à moitié entamé que je garde au-cas-où-on-sait-jamais dans ma salle de bain. Merci pour l'astuce du dentifrice séché, j'y penserai pour la prochaine fois !

De même, je retiens la séparation gaz et cartouche dans les comptes.


@ Nayana

Oui, le Val-Suzon (que je ne connaissais pas) est superbe, me contenter de le traverser m'a un peu frustré sur le moment. J'y retournerai sans doute un jour, le temps d'un week-end prolongé, pour en faire le tour et monter sur ses hauteurs smile

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#11 10-01-2022 22:01:22

Dessert
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

J'ai oublié ma réponse à @Serval concernant les poids de la tente et du sac

C'est précisément ce que j'ai en tête : j'attends d'atteindre un sac à moins de 10 kg (pour une semaine de marche en autonomie) et à un volume voisinant les 30 L pour acheter un sac (beaucoup) plus léger.
Et cela passera par un abri plus léger et moins volumineux, d'où mon intérêt pour les systèmes bâtons + tarp/tente monoparoi. Mais bon, si j'y songe (et ai passé des heures à envisager les possibilités), je ne suis pas encore prêt à casser ma tirelire pour ça et ma tente, bien que lourde dans sa version complète, autorise des montages plus sobres  en partant sans la tente intérieure ou le tapis de sol.

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#12 10-01-2022 22:30:00

tolliv
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Salut Dessert, bravo et merci pour ce premier compte-rendu.
Réveillé à 9h30 !!!! Alors ça alors, cela ne doit pas être courant sur ce forum.

Il y a pas mal d'allègement possible, tu t'en doutes wink
Par exemple, le thermos est-il indispensable ? Prendre plus de gaz pour le remplacer ?


"La vie est trop courte pour être petite"

Mes récits désopilants publiés sur RL, mes bricolages et quelques idées saugrenues : >> ICI <<

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#13 10-01-2022 22:31:53

Adrienne
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bienvenue sur RL Dessert et merci pour ce chouette premier récit ! smile

Un coin de Bourgogne où je ne suis pas (encore) trop allée randonner, mais les noms me parlent et la possibilité de joindre et repartir en transports en commun, tout en étant assez isolé pendant la balade, est intéressante.

Une fois que tu auras trouvé des remplaçants à ta tente et ton sac à dos (d'occase ou en prenant le temps), tu va gagner en poids ! Les quasi 500g du thermos sont peut-être à réfléchir aussi ? (Finalement, est-ce qu'on a si souvent que ça besoin d'eau chaude en dehors des repas ?)

Tu as filtré ou purifié systématiquement ton eau tirée des rivières et lavoirs ? (je n'aurais pas super confiance...)

Encore bienvenue !


Si tu n'arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal, marche encore.
(Jean Giono)

Trombi

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#14 11-01-2022 08:13:49

anatta
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Bonjour Desssert et merci pour ce récit dans une région que je connais bien  smile

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#15 11-01-2022 08:56:06

marcheur75
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

Dessert a écrit :

#638798
...

Sur mon itinéraire, j'ai traversé trois villages avec des commerces alimentaires : deux avec une boulangerie, un avec une boulangerie et une épicerie. J'ai songé à prendre moins de nourriture en comptant sur un ravitaillement à l'épicerie, mais ai préféré jouer la sécurité en embarquant une semaine d'autonomie (une épicerie fermée pour cause de maladie m'avait sacrément embêté lors d'une traversée de la Chartreuse, déjà bien fournie en termes d'aléas indésirables...) Et au final l'expérience m'a donné raison : seule la première boulangerie était ouverte, le reste était fermé lors de mon passage (ouvert que le matin ou fermé temporairement à cause de l'épidémie).
J'aurais pu tracer un itinéraire passant par de plus grands bourgs, mais au prix de moins de temps en forêt.

...

En général je contacte le village que je traverserai, mairie ou directement commerce, pour obtenir les jours et horaires d'ouverture des commerces. Mon schéma pépère est : course avant la fermeture de midi, déjeuner tranquille quelque part dans le village pendant la charge du téléphone. En cas de pluie il est assez facile d'y trouver un abri.

Les villages traversés sont, en général, très peu animés, plutôt mort même, la solitude y est garantie.

Sur les photos, les arbres dans les forêts semblent clairsemés. Est-ce une impression visuelle due au fait que les feuilles en sont tombées, ou une réalité ?

Penses-tu qu'il soit possible d'effectuer cette promenade à VTC en été, quand les chemins sont plus secs ?


Je n'ai pas lu tous les livres, hélas ! Mais la chair est réjouissante...

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#16 12-01-2022 01:50:44

Dessert
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Re : [Récit + liste] De Dijon à Chaumont / ~120 km – 7 jours / mars 2021

@ tolliv

Merci smile Et oui, je suis un oiseau de nuit qui se transforme en marmotte en randonnée. Je mets souvent des réveils pour éviter de me réveiller trop tard...

Niveau allègement, je viens de loin et mesure les progrès encore à faire. Je prends les conseils avec plaisir smile
Oui, le thermos était de trop. Comme le souligne Adrienne, un demi kilo pour seulement une ou deux heures de plaisir le soir, c'est pas bien raisonnable.
Je suis donc parti sans et avec un peu plus de gaz lors d'une randonnée dans les Cévennes début novembre. Ça se fait, mais il m'a manqué lors des longues prises de son nocturnes, durant lesquelles je reste quasi-immobile et me refroidis vite. Dans ces moments j'ai regretté le thé encore bien chaud à portée de main. Du coup je pense acheter une petite tasse en métal, en lieu et place de mon gobelet en plastique, pour pouvoir réchauffer rapidement une petite quantité de thé.


@ Adrienne

Oui, à part les sources, les robinets et parfois des ruisseaux validés lors de ma préparation, je filtre à peu près systématiquement.


@ anatta

Merci, c'est avec plaisir smile


@ marcheur75

Je n'avais jamais songé à contacter les commerçants en avance (du moins, en France), j'y penserai, merci.

Je pense que l'absence de feuilles fausse les impressions. Mais il  m'a semblé que les forêts entre Arbot et mon dernier bivouac étaient un peu plus clairsemées ; où du moins plus exploitées, avec des alternances de parcelles "défrichées" et d'autres laissées telles quelles.

Je ne pratique pas le VTC, mais pour l'essentiel du parcours je pense que ça doit se faire, en empruntant parfois des chemins peu éloignés de ma trace.
Le seul passage qui me semble vraiment compliqué, c'est la traversée de la A5 entre Arc-en-Barrois et Chaumont. Après le pont, le chemin vire au sud, tandis que je partais au nord. A cet endroit la forêt est très dense et infranchissable en vélo.

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