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#1 19-07-2008 21:29:20

Truella
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Lieu : Chez papa maman
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Messages : 376

MUL, plusieurs cheminements possibles

Bonjour a tous,

il y a plusieurs sujets qui circulent au bivouac en ce moment sur la méthode MUL, son bon sens, ses dérives, etc. A la lecture de ces sujets j'ai été amené à réfléchir sur la méthode que j'utilise pour réduire le poids de mon sac et une approche radicalement opposée m'est alors apparue.

Je m'explique. Partant d'un statut de randonneur MULET lambda, j'ai appliqué un fondement de l'approche MUL : la technique des 3 tas (indispensable/utile/au cas où) qui consiste à retirer de sa liste de base les items dont on peut se passer aisément. La constitution de ma liste MUL se constitue donc petit à petit par soustraction.

Or je suis un peu tête en l'air et il m'arrive fréquemment d'oublier un truc sur ma liste. Comme ma liste est normalement minimale (pour mon utilisation et mon expérience), cet objet me manque et le fait de ne pas l'avoir me gène. Mais je suis rentré et en bonne santé et avec le même plaisir. En effet, je me suis rendu compte que finalement ce manque m'avait obligé à développer mon imagination et ma créativité pour le combler. Je me suis si bien adapté qu'aujourd'hui je me pose la question de savoir si cet objet était vraiment indispensable et si je ne devrais pas le virer...

Le fait d'avoir tous ses objets sous la main en rando nous conduit à les utiliser naturellement. Lors de l'analyse on va conclure que ces objets sont utiles puisqu'on les a utilisés... Mais si on ne les avait pas dans son sac, comment aurait-on fait ? On se serait débrouillé avec autre chose ! C'est en situation de crise sur le terrain que l'on est capable de faire preuve d'une grande adaptabilité...
Sans me prendre pour Darwin, cette théorie se rattache à l'évolution : pour "survivre" (ici ne pas cloturer sa rando) on "évolue", on s'adapte à son environnement, on développe ses solutions...

En poussant le raisonnement à son extrême, on pourrait considérer de partir sans rien pour trouver ce qui nous a le plus manqué, puis on repart avec uniquement cet objet et on détermine encore ce qui nous manque le plus, etc. C'est-à-dire de construire sa liste par addition plutot que par soustraction et favoriser notre réflexion sur les multi-fonctions d'un unique objet.

Bon c'est de la théorie pure et dure puisqu'il serait évidemment dangereux de partir à l'aventure sans aucun matos... Mais il est possible de volontairement oublier un objet à chaque fois pour se forcer à s'adapter. D'un point de vue sécurité c'est aussi très intéressant puisque le jour où on perd ou casse cet objet en cours de route, on aura déjà une expérience de cette situation et on saura comment réagir...

Vous utilisez peut-être déjà consciemment ou inconsciemment cette technique puisque chaque fois que l'on se demande si un objet est indispensable, la question sous-jacente est "Si je ne l'avais pas, comment je ferais ?" Mais je viens de réaliser que devenir MUL ne passe pas forcément par la soustraction, il y a en réalité plusieurs front à explorer...


Désolé pour la théorisation à outrance, je sais, je me pose parfois trop de questions ! Mais si vous avez des commentaires ou que vous voulez bien exposer votre cheminement/théorie de la MUL, n'hésitez pas...


Truella


Ps : En quatre sorties d'afilée j'ai oublié un petit dej, ma popote, l'alcool à bruler+ ma polaire, mes sardines+ma cuillère...

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#2 19-07-2008 22:00:47

jpopeck
Ours marcheur
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Truella a écrit :

Ps : En quatre sorties d'afilée j'ai oublié un petit dej, ma popote, l'alcool à bruler+ ma polaire, mes sardines+ma cuillère...

Point commun : il te manque à chaque fois un truc pour manger. Du courage, du courage, du courage...


Traversée du GR5 Jura - Vosges - Alpes
http://www.gr5.fr

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#3 20-07-2008 01:13:20

oli_v_ier
Administrateur
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Je trouve ce post excellent Truella !
L'adaptabilité est la clé, oublier des objets est effectivement un très bon moyen d'être obligé de s'adapter ou de trouver des solutions wink . On peut se passer de beaucoup plus de choses qu'on pense. Le tout est que celà ne devienne pas pénible d'avoir à faire sans.

J'ai vu une très belle démonstration récemment: une rando en forêt, de l'eau à faire chauffer pour un café, quel réchaud utiliser ? La solution MUL trouvée: aucun. Une pastille esbit entre deux bouts de bois mis parallèles, la tasse dessus et voilà ! Simple, rapide, efficace, léger... MUL quoi ! smile
On pourrait faire sans pastille, avec un mini feu de bois, mais ce serait plus long, plus aléatoire par temps de pluie, bref, plus léger mais moins simple, moins rapide, moins efficace, moins MUL.

Construire sa liste par addition, c'est excellent. Le faire sur le terrain c'est osé smile, mais sur le papier c'est déjà pas mal. En partant des besoins essentiels: ne pas avoir trop froid ou trop chaud, ne pas se blesser, dormir...


La marche ultra-légère n'est pas un but, mais un moyen. "Un sac lourd est un sac bourré d'angoisse."
Mon équipement pour l'Islande 2008 en détail.

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#4 20-07-2008 08:44:34

snop
Marcheur vertébré invétéré
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Salut Truella, salut tout le monde !

J'aime beaucoup l'esprit de ton post.

Je trouve effectivement marrant et instructif, à partir du moment où l'on ne met pas inconsciemment sa vie en danger, d'oublier volontairement tel ou tel article de son équipement : cela permet de remettre en question leur utilité, leur validié, ou d'apprendre aussi à s'en passer (on en revient à "ce qui est le plus léger, c'est ce qui n'est pas dans le sac).
Cela permet un apprentissage de nouvelles pratiques, voir un changement de pratique tout court.

Le côté rassurant d'avoir trop de choses avec soi ? : le fameux "un sac trop plein est un sac bourré d'angoisses".

Parfois, l'oublie peut-être volontaire, parfois, involontaire.
J'ai en mémoire plusieurs oublis (involontaires) : parfois la cuillère, parfois le couteau... Pour des sorties à la journée, sur le moment , au dessert, je me suis déjà entendu lancer un petit "m**de" face à un yaourt à manger sans cuillère...ça à l'air tout con comme ça, et puis très vite t'en rigoles, et le yaourt à l'opinel n°6, finallement, ça le fait très bien ! Et puis il arrive le jour où, en même temps, il y a l'oubli de la cuillère et de l'opinel en même temps : et là, tu aprécies grandement la technique du gobage de yaourt ! (ça sent le vécu...:lol:)
Et aussi des oublis volontaires : par exemple se passer d'abri. Si je prends mon exemple personnel (qui randonnais avec un tente TNF Mountain Marathon), j'ai un jour commandé une tarp, pour voir...Et puis il s'avère que le temps pour l'avoir a été très très très long, plus long que prévu : sauf qu'entre temps, dans ma tête, j'avais déjà fait une croix sur la tente. Et que je faisais désormais une refus, comme les chevaux devant l'obstacle, et là, c'était un refus de mettre la tente dans le sac à dos.
Alors je me suis décidé à faire une première sortie de deux jours sans abri (sans prendre la tente, et la tarp, je ne l'avais toujours pas) : et puis ça a été la révélation ! la tente a définitivement trouvé sa place dans un placard.
Alors c'est peut-être une solution un peu trop radicale, mais c'est parce que j'ai laissé chez moi ma tente que je me suis rendu compte que je me portais très bien sans. Et je me sens tellement mieux et tellement plus léger maintenant (mais pas encore assez léger quand même wink)

Et puis une autre fois, sur une sortie de 6 jours, rebelotte : dans le sud de la France pour situer, donc risque de mauvaises conditions climatiques plus limité, météo annoncée clémente. Pas d'abri. 5 jours impeccables....et puis la nuit du dernier jour, un peu de pluie sur le coup des 5-6h du matin : 4 cailloux, 1 couverture de survie de 58g, et le sac de couchage et le matériel étaient bien protégés. Pas mal de condensation sur l'extérieur du sac, c'est clair, mais rien d'inconfortable pour finir la nuit. Et puis comme je n'avais pas d'abri, j'avais pris soin de rassembler toutes mes affaires dans un seul sac, donc cela a été plus rapide de tout mettre à l'abri.

Maintenant, comme le dit oli_v_ier, si on se passe de quelque chose, le tout c'est que cela ne devienne pas pénible de faire sans. Je rajouterias juste que cela ne devienne ni pénible, ni dangereux.

A toujours vouloir tout ou trop prendre avec soi, on en oublie comment on pourrait s'en passer. On en oublie de se remettre en question, on en oublie de se poser les bonnes questions. Qu'il est parfois difficile de combattre nos petites habitudes et les (faux) besoins que l'on s'est crée, ou que la société a crée pour nous (mais c'est un autre débat).
On en oublie de conserver le yeux ouverts et de composer avec notre environnement, cela nous met des oeillères.

Snop - y doit me rester encore des oeillères quelques part wink


"Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière". Ma liste 3 saisons montagne - X-lite 350 custom

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#5 20-07-2008 08:52:31

meo
Ours tendre
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Truella a écrit :

Désolé pour la théorisation à outrance, je sais, je me pose parfois trop de questions !

Je trouve au contraire ta réflexion très intéressante.

Mais si vous avez des commentaires ou que vous voulez bien exposer votre cheminement/théorie de la MUL, n'hésitez pas...

J'ai adopté une démarche soustractive au début, née de l'expérience de terrain et d'un budget plus conséquent. Lassé de rentrer avec des épaules en compote, j'ai retiré ce marteau à enfoncer les sardines, cette grosse gourde isotherme, remplacé sac de couchage, tente, réchaud par des modèles plus performants. Puis raffiné la démarche. Les gourdes SIGG ont cédé la place à des poches à eau. Le sac à dos a perdu en volume et en poids. Puis j'ai abandonné le réchaud pour en racheter un finalement (Esbit). Etc.

Mais il est possible de volontairement oublier un objet à chaque fois pour se forcer à s'adapter.

J'ai longtemps façonné des cuillères dans des opercules aluminisés de yahourts. Là j'ai investi dans une spork Light my Fire, façon rupin roll

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#6 20-07-2008 09:53:15

patlechauve
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Super ces arguments intellectuels! ça fait plaisir!.
Ma démarche n'est pas loin de la tienne même si elle est encore hésitante. Je marche depuis 99 et après avoir beaucoup acheté (pour revendre ensuite), je m'aperçois que je prends toujours les mêmes vêtements, la même tente et que j'ai dû racheter le matelas que j'avais bradé. Je fais des listes de plus en plus sophistiquées et au final, je reprends la première pour chaque type de rando. Pourquoi chercher alors? Suis je contaminé par la techno-recherche du forum? Serais je un RL addict? Le sommes nous tous?
Ne pas prendre de tente, je le fais chaque année sur le chemin de Compostelle en me disant qu'il faudra bien que je me débrouille. Partir en collant au Valier ne me parait pas un défi (même si les pécheurs peuvent trouver ça bizarre).
J'ai souvent supprimé des items( imper, rechange, savon, rasoir, pharmacie) mais la seule chose qui me fait encore peur c'est de ne pas emporter de nourriture et de la chercher dans la nature.

Mais sans doute devrais je faire un stage de survie?


Dépasse la tolérance, soit bienveillant!

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#7 20-07-2008 18:45:37

snop
Marcheur vertébré invétéré
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Un petit lien vers une belle quelques belles paroles de Ryan Jordan : "Necessity vs Importance"
Je pense que cet article peut avoir sa place dans ce fil.

http://www.backpackinglight.com/cgi-bin … ordan.html

PS : désolé, c'est en anglais...

Snop


"Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière". Ma liste 3 saisons montagne - X-lite 350 custom

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#8 21-07-2008 12:25:07

NThony
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Oui très bonne réflexion Truella, et très bien construite.

Sans le vouloir franchement c'est cette démarche qui m'a amenée aujourd'hui à ne plus prendre toute l'artillerie de cuisine (réchaud, briquet, popote, cuillère). Je suis parti sans, volontairement et par de bonnes conditions, pour voir si cela me gênait vraiment. Puis par des temps plus frais. Et aujourd'hui force est de constater que hors sorties 'neigeuses', tout cet ensemble ne m'est pas nécessaire : je gagne du poids, du temps et je mange tout aussi bien. Et par des conditions fraîches je préfère rentrer dans mon duvet que de prendre une soupe.

Mais cet oubli était volontaire à la base. Car comme le dit snop, il ne faut pas que cet oubli deviennent compromettant pour sa propre sécurité. Or en montagne rares sont les oublis qui ne le sont pas : je ne me vois pas partir sans ma doudoune par exemple !

Peut-être suis-je déjà trop formé à cette démarche soustractive, mais je ne me vois pas partir sans un objet de ma liste. Certes si je vois que j'ai oublié ma frontale je ne vais pas rebrousser chemin pour autant mais je vais bien changer mes plans (dormir plus proche d'un refuge par exemple).

En bref je dirais que c'est une bonne méthode mais limitée à une partie de son équipement. C'est mon point de vue en tout cas !

PS : comment tu fais pour oublier ta doudoune truella ? Moi c'est 1/3 de mon sac wink

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#9 21-07-2008 12:45:29

Peyo
PRO
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Yep, la réfléxion à le mérite d'être intéressante, effectivement.

Oublié volontairement des affaires dans l'absolu, euh oui mais dans ce cas là c'est justement une approche survie, on teste ses capacités.

Par contre savoir ne pas emporter du matos que l'on pourra trouver facilement sur place, oui je crois que ça va mieux avec l'idée de MUL.
Prenons l'exemple des piquets de tente, vous partez en montagne en été, vous pouvez prendre des cailloux pour faire l'amarrage mais c'est assez contraignant.
Partez dans une zone boisée où la terre est meuble, dans ce cas, le fait ne pas prendre les piquets prend tout son sens, car une branche morte non retaillée fait bien l'affaire sans plus de fatigue que de sortir un piquet.

En fait, ça me rappelle une reflexion que j'avais pompeusement théorisée comme "effet Yoyo" https://www.randonner-leger.org/forum/v … php?id=598

Bien souvent un fil bien mince nous sépare de la MUL et de la Survie. Aprés le tout réside aussi dans nos impératifs: mobilité, confrontation à des éléments difficiles, rando longue, envie de profiter d'un lieu en particulier...

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#10 21-07-2008 15:01:30

wax
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Je pense qu'une meilleure approche pour tester "l'indispensabilite" d'un objet serait de l'emporter avec soi mais de ne l'utiliser que si on y est vraiment obligé. Comment ca, on se force a être créatif tout en ayant une marge de sécurité. Puis, au bout de 5-6 sorties, ayant développé a la fois de nouvelles techniques et un capital confiance, on laisse définitivement l'objet a la maison.

Cette démarche est facile a mettre en place lorsqu'on essaye de retirer un objet de sa liste mais fonctionne un peu moins bien lorsqu'on veut le remplacer par un autre, puisque dans ce cas il faudrait emporter les deux objets (exemple le plus difficile: Tente et Tarp).

w.

PS: Tres beau post initial de réponses intéressantes wink


"Life is known only by those who have found a way to be comfortable with change and the unknown. Given the nature of life there might be no security but only ... adventure"

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#11 23-07-2008 09:33:31

Truella
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Lieu : Chez papa maman
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

D'abord toutes vos réponses sont vraiment très intéressantes et constructives. Ca me pousse à explorer encore quelques pistes :

En préambule je tiens à signaler que mon intention n'est pas de révolutionner la démarche MUL, ni de dicter une « bonne » méthode d'allègement. Mais ayant commencé une réflexion sur le sujet, il me semble intéressant de pousser les raisonnements jusque dans leurs retranchements. La théorie qui suit n'est donc pas du tout appliquée à la pratique mais reste dans le cadre très général de la théorie pure. De plus elle s'applique finalement difficilement à la randonnée qui fait intervenir des besoins très spécifique par rapport à la vie « normale ». Enfin, comme le souligne Peyo, ce genre de réflexions nous pousse indubitablement vers la survie (ou ce que je préfère appeler la capacité à réagir en situation de crise) plutôt que la MUL. Et bien sur comme souligné plusieurs fois, il faut faire très attention à sa démarche sur le terrain qui ne pardonne pas les faux pas du style : je vais essayer de partir randonner à 2500m en hiver sans duvet. Pour cela la proposition de wax me paraît tout à fait judicieuse.

Par avance désolé si ça part en théories fumeuses.

J'ai donc essayé de construire ma liste par addition sur le papier en partant de besoins essentiels comme l'explique oli_v_ier. Mais très vite se pose alors la question, quels sont mes besoins essentiels ? Et ensuite, comment différencier un besoin essentiel d'un besoin de confort ?

Je suis donc retourné dans mes cours de philo (c'est là que ça devient délirant wink ) pour retrouver un passage sur la pyramide de Maslow. Il s'agit d'un schéma qui hiérarchise les besoins en fonction de leur importance.
** Au premier étage on trouve les besoins physiologiques : respirer, boire, manger, faire ses besoins, dormir, se réchauffer (et faire l'amour mais c'est controversé smile ).
** Au second étage, il y a les besoins de sécurité : besoin d'un abri, sécurité des ressources, sécurité physique et morale et sécurité affective.
** Au troisième étage les besoins de reconnaissance : besoin de communication, d'intégration et d'appartenance à un groupe.
** Viennent ensuite les besoins d'estime (des autres et de soi-même) et finalement le besoin d'accomplissement personnel.

Ensuite il faudrait lister tous ces besoins et essayer de trouver des solutions matérielles pour les satisfaire sur le terrain en démarrant du plus important vers le moins important. A chaque besoin on essaie de trouver une solution avec les items déjà utilisés pour les besoins précédents, etc. Déjà ça c'est pas toujours évident.

Il faut alors être capable de déterminer sa « barrière mentale » pour savoir à partir de quel besoin je suis prêt à prendre sur moi. On garde tout ce qui est plus important que ce besoin.

Enfin, il faut encore explorer les besoins rejetés et là ça se complique vraiment parce que sur le terrain ça n'est pas aussi manichéen. On peut avoir un besoin très spécifique et très important mais très ponctuel. Il faut donc être capable de bien se connaître en amont pour répondre à ces dernières questions.

Et c'est finalement rassurant, puisque toute cette démarche qui aurait tendance à uniformiser les réponses à des besoins exprimés différemment selon les personnes, se conclue par une question que l'on se pose tous : «Qu'est-ce que mon expérience me permet de satisfaire comme besoin à elle seule ? ».
Pour conclure, cette méthode doit permettre de définir une base commune à tous en répondant au besoins fondamentaux, puis une partie variable en fonction de la « barrière mentale » de chacun qu'il est prêt à faire tomber (ce qui découle de l'expérience).
On peut légitimement s'attendre à retomber sur le même genre de liste qu'à l'habitude puisque théorie et expérience, raisonnement et pragmatisme convergent souvent vers la même solution.

Voilà je vais essayer d'appliquer ça pour construire une liste « survie ». Je vous tiens au courant. wink

Truella

EDIT : paragraphage pour plus de clarté

Dernière modification par Truella (23-07-2008 09:38:14)

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#12 23-07-2008 09:35:41

NThony
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Truella a écrit :

je vais essayer de partir randonner à 2500m en hiver sans duvet

Il doit manquer une négation non ?

Truella a écrit :

Voilà je vais essayer d'appliquer ça pour construire une liste « survie ». Je vous tiens au courant. wink

Tu t'es pas encore inscrit sur DM ? wink

Dernière modification par NThony (23-07-2008 09:41:27)

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#13 23-07-2008 09:44:36

Truella
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Lieu : Chez papa maman
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

NThony a écrit :
Truella a écrit :

je vais essayer de partir randonner à 2500m en hiver sans duvet

Il doit manquer une négation non ?

En fait c'était un exemple de faux pas à ne pas faire mais si tu l'as compris dans le mauvais sens c'est que ça n'est pas clair... Enfin, le bon sens corrigera à ma place wink

NThony a écrit :

Tu t'es pas encore inscrit sur DM ? wink

Non mais j'y traine régulièrement, c'est interessant d'avoir un autre regard sur la rando même si ils sont parfois un peu barrés là-bas wink lol

NThony a écrit :

PS : comment tu fais pour oublier ta doudoune truella ? Moi c'est 1/3 de mon sac wink

Ca n'était qu'une polaire légère mais c'est vrai que j'ai fait fort ce coup là ! En fait comme je ne sais toujours pas vraiment comment remplir mon sac, le volume peut varier très fortement d'un jour à l'autre. Généralement ça augmente au fur et mesure de la rando wink

EDIT : réponses à Nthony par modif interposées big_smile

Dernière modification par Truella (23-07-2008 09:48:57)

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#14 23-07-2008 10:56:03

NThony
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Truella a écrit :

En fait c'était un exemple de faux pas à ne pas faire mais si tu l'as compris dans le mauvais sens c'est que ça n'est pas clair... Enfin, le bon sens corrigera à ma place wink

Autant pour moi je viens de relire la phrase dans son intégralité et c'est moi qui ai mal lu dsl !


Mes remarques inutiles à part, tu nous as encore gâté d'un post bien chiadé wink Quand je te lis je vois cette addition :
-> on détermine le minimum de survie qui est une base commune et universelle
-> puis chacun ajoute à ce minimum les items qu'il veut pour atteindre ce que tu appelles la "barrière mentale"

Dis-moi si je me trompe !

Mais formulé ainsi la "barrière mentale" n'est ni plus ni moins que le confort que chacun veut avoir dans ses randos. Et là j'ai plein d'exemples : des chaussures de bivouac , des 'compeed', un appareil photo... sont des éléments qui, s'ils sont amenés, vont "forcément" servir dès que le besoin se manifestera. Je ne vois pas quelqu'un ayant emené ses chaussures de bivouac, le soir venu, se dire 'oh non tiens je vais voir si je peux m'en passer' : j'aurais tendance plutôt à me dire 'je l'ai emmené donc je m'en sers' ! Donc c'est finalement en le soustrayant de la liste (volontairement ou non) qu'on va se rendre compte si on en a réellement besoin.

Et au final ce ne sera pas vraiment l'expérience qui parlera mais plutôt une canalisation du besoin...

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#15 23-07-2008 11:38:57

Truella
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

NThony a écrit :

(...)
Quand je te lis je vois cette addition :
-> on détermine le minimum de survie qui est une base commune et universelle
-> puis chacun ajoute à ce minimum les items qu'il veut pour atteindre ce que tu appelles la "barrière mentale"

Dis-moi si je me trompe !
(...)

Oui c'est la conclusion de l'étude des besoins, il y a les besoins les plus contraignants communs à tous et les besoins de conforts dont chacun définit la nécessité.


NThony a écrit :

(...)
Mais formulé ainsi la "barrière mentale" n'est ni plus ni moins que le confort que chacun veut avoir dans ses randos. 
(...)
Et au final ce ne sera pas vraiment l'expérience qui parlera mais plutôt une canalisation du besoin...

Il y a un peu de ça mais je dirais quand même que expérience et besoins sont liés. La notion de "barrière mentale" c'est un concept que Peyo reprend souvent. Je te conseille de lire sa réflexion sur "l'effet yoyo" (il en parle déjà plus haut) il fait justement ce lien entre expérience, besoin et confort. Il explique qu'après avoir vécu des conditions plus rudes, ce qui était un élément standard devient un élément confort. (ex: du matelas de sol).
A mon avis, on peut dire que l'expérience permet de mieux se connaître donc de mieux définir ses besoins "survie" et ses besoins "confort". Et c'est là que c'est magique puisqu'avec l'expérience, un besoin primordial devient un confort donc avec le même matériel on se fait encore plus plaisir... smile


Pardon Peyo si je travestis ta reflexion qui ne se résume pas à cet exemple, elle est en fait bien plus complète sur l'équilibre à trouver entre besoin de confort, de sécurité, de poids...
On trouve d'ailleurs dans ce fil de 2005 quelques idées d'oli_v_ier pour partir de ses besoins wink Flute j'arrive 3 ans trop tard lol


Truella

Dernière modification par Truella (23-07-2008 11:43:44)

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#16 23-07-2008 11:52:37

Truella
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Après avoir relu mes posts, je veux repréciser que c'est uniquement théorique et que la MUL doit avant tout être un moyen de se faire plaisir et non en but en soi.

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#17 23-07-2008 12:52:55

NThony
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Re : MUL, plusieurs cheminements possibles

Oui j'avais lu ce post il y a un moment et je dois dire que j'ai bien aimé le relire à l'instant (il m'était sorti de la tête).

Si l'on pousse ta démarche à l'extrême on peut prendre le cas de Walter Bonatti qui a passé une nuit à 8100m sur le K2 sans tente et qui en est sorti... indemne ! Pourquoi prendre un sac dans ce cas ? wink (bon ok son compagnon Madhi s'en tirera avec plusieurs amputations...).

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